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Teletubbyland et Réalité...

par Hyarion 18 Octobre 2007, 22:59 Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)

Je ne sais ce qu'il en est pour vous, mais, pour ma part, je commence être à nouveau quelque peu agacé par l'ambiance d'anarque générale qui règne, plus que jamais, un peu partout en ce moment, dans ce monde de Teletubbies qu'est devenu la France de Qui-vous-savez...
Vous souvenez-vous des Teletubbies, chers lecteurs ? Pour ceux qui l'ignorerait, ou l'aurait oublié, il s'agit des attendrissants personnages d'une célèbre série télévisée britannique en 365 épisodes de 25 minutes, destinée aux très jeunes enfants de 0 à 2 ans. Produite par Ragdoll Productions,
tournée dans le comté de Warwick ou Warwickshire, en Angleterre, et diffusée à l'origine entre mars 1997 et janvier 2001 par la BBC, cette série a connu un succès international et a été diffusée notamment en France sur Canal+, au Québec sur Télé-Québec et en Suisse sur la Télévision Suisse Romande. Encore aujourd'hui, dix ans après sa création, la série est toujours présente sur diverses chaînes de télévision dans 120 pays du monde - dont, en France, la chaîne thématique TiJi, depuis 2002. Les Teletubbies, conçus par leurs créateurs comme des "bébés technologiques", se présentent comme de sympathiques créatures ressemblant à de grosses peluches de couleurs vives, répondant aux doux noms de Tinky Winky (en violet), Dipsy (en vert), Lala (en jaune) et Po (en rouge), tous les quatre vivant en communauté à Teletubbyland, dans un dôme futuriste appelé "Tubbydome Supertronic" ou "Tubbytronic Superdome", et situé au milieu de collines verdoyantes où l'on trouve des lapins, des fleurs et des périscopes parlants. Dans le monde joyeux et apaisant de Teletubbyland, les gentils Teletubbies jouent, dancent, font des bêtises, et se nourrissent de TubbiToasts, biscuits ronds avec un sourire, ou de TubbyDélice, sorte de boisson rose qu'ils boivent dans un bol à paille intégrée. On se souvient qu'en 1999, les Teletubbies ont été pris pour cible par l'écrivain américain Bret Easton Ellis, qui, dans un texte, les considérait comme "maléfiques", la série télévisée présentant, selon lui, l'image lénifiante d'un monde aseptisé et planifié, déconnecté de la réalité, né de l'hypocrisie des adultes et conforté par elle.
Hasard du calendrier, les Teletubbies ont effectué, tout récemment, dans le cadre d'un "Teletubbies Tour" international pour célébrer leur 10e anniversaire, une visite à... Paris, où on a notamment pu les voir lundi dernier, 15 octobre, sur la place de la Concorde...
Que la série des Teletubbies soit censée être adaptée aux enfants encore à l'âge du berceau, passe encore... Mais que les beaux discours si éloignés du réel, et les gesticulations sur-médiatisées au service du vide, tels que ceux adressés aux Français par Sarkozy de Nagy-Bocsa, puissent avoir les mêmes effets décérébrants sur les citoyens que peuvent avoir les innocentes tribulations télévisées des Teletubbies sur les adultes, voila qui est aussi affligeant que désespérant. Quand ouvrira-t-on enfin les yeux sur la réalité de la présidence sarkozyste ? Quand prendra donc fin cette ambiance d'apesanteur politique qui dure depuis trop longtemps ? Le réveil viendra bien un jour, mais la chute dans le réel sera d'autant plus dure qu'elle n'aura que trop tardé...

« Les mots qui enflent

Quand on en sera revenu, de l'omniprésident, quand il sera possible à chacun de reprendre ses esprits, sans doute se demandera-t-on : comment nous sommes-nous laissé prendre ? Comment avons-nous pu le laisser pérorer ainsi, effectuer sa tournée sur tous les écrans, pareil à un catcheur s'autocongratulant bras levés sur le ring, immodeste et fier de l'être ? Surtout : comment a-t-on pu le laisser ainsi dire n'importe quoi sans réagir ? Sans doute est-ce qu'il ne nous en laisse pas le temps. Une énormité chasse l'autre. On en oublie de s'arrêter une minute. Arrêtons-nous une minute.
 C'est une déclaration pas si vieille que ça (elle n'a même pas dix jours), faite à Sofia [pendant la visite officielle de Sarkozy en Bulgarie, le 4 octobre dernier], lors de son grand raout humanitaire : "Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, a lâché Sarkozy, il devient automatiquement français." Bon. Il y a de quoi se taper le cul par terre, non ? Non, disent certains : il nous l'a déjà faite, celle-là, pendant sa campagne électorale. Certes. Bonjour les blasés. Mais il y a un détail : nous n'y sommes plus, en campagne électorale. Il est président, maintenant. Le temps des folles promesses et des discours ronflants destinés à entourlouper l'électeur est derrière nous.
 Du moins, il est censé être derrière nous. Et le Président est censé maintenir un certain contact avec le réel. Or le réel, c'est quoi ? C'est, depuis cet été, la traque des sans-papiers avec objectif chiffré. C'est, à Amiens, un enfant tchétchène qui en fuyant la police tombe du 4e étage [le 9 août dernier] et se retrouve dans le coma. C'est une Chinoise sans papiers paniquée qui se jette par la fenêtre et meurt [le 20 septembre]. C'est un sans-papiers égyptien qui tente de s'immoler par le feu à Paris [le 5 octobre] (ça faisait vingt-deux ans qu'il essayait de régulariser sa situation). C'est l'amendement Mariani sur l'ADN [ajouté au projet de loi du ministre Hortefeux relatif à la maîtrise de l'immigration] et l'indignation massive qu'il déclenche, au point que SOS-Racisme, "Libération" et "Charlie Hebdo" remplissent un Zénith là-dessus [le 14 octobre], avec en prime un député UMP (François Goulard). Ce sont les nombreux Africains, et pas qu'eux, qui n'ont toujours pas avalé le discours Banania de Sarkozy à Dakar [lors de la visite officielle du président français au Sénégal, le 26 juillet dernier]. Le réel, c'est aussi la main qu'il a tendue au dictateur Kadhafi, preneur d'otages et oppresseur de son peuple. C'est la main serrée à Poutine et l'acquiescement à la "spécificité" de sa conception des droits de l'homme [lors de la visite officielle de Sarkozy en Russie, les 9 et 10 octobre derniers]. C'est le soutien du bout des lèvres au peuple birman, dont on sait bien qu'il a beau être "humilié, persécuté, opprimé", on ne va pas lui sacrifier les intérêts de Total [bien que la société pétrolière et gazière française soit, depuis longtemps, accusée de collusion avec la junte militaire au pouvoir en Birmanie]...
 Bref, le réel, c'est la Real Politik à la Sarkozy. Mais ce n'est pas cette France mythifiée, toute d'amour et de chocolat, dégoulinante de "droits-de-l'hommisme" qu'il essaie de nous faire gober. Ce n'est pas cette atmosphère de campagne électorale permanente qu'il fabrique sciemment.
 La règle est inflexible : plus les mots du pouvoir sont gagnés par l'enflure, plus ses formules se font grandiloquentes, et plus c'est le réel qui morfle.
Nous y sommes.
»

(Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné N°4538, 17 octobre 2007)

Aujourd'hui, jeudi 18 octobre, a débuté la première grande épreuve sociale pour Sarkozy et son gouvernement, avec le déclenchement d'un mouvement de grève massif contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, mouvement de grève qui a été largement suivie, surtout dans les transports publics, la mobilisation à la SNCF ayant été particulièrement forte, avec plus de 73% de grévistes, soit 10 points de plus qu'en 1995, à l'époque des grèves anti-Juppé. La France est-elle enfin sur le point de sortir de sa torpeur ? Pas sûr, car la seule question qui intéresse vraiment les Français, à en croire les médias, c'est une information d'ordre anecdotique, sans intérêt véritable, mais sur laquelle, une fois n'est pas coutume, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'avait pas cherché à communiquer jusqu'à aujourd'hui... Voilà, en effet, le chef de l'Etat dépassé par sa propre logique de sur-communication au service du vide, car la France est maintenant sous perfusion sarkozyste, dépendante du feuilleton pathétique que Sarkozy a créé pour elle, la créature ayant depuis échappé au maître... Du coup, il a bien fallu finir par lâcher du lest...

Nicolas et Cécilia Sarkozy "ont divorcé par consentement mutuel"

Nicolas et Cécilia Sarkozy "ont divorcé par consentement mutuel", a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué, environ deux heures après la diffusion d'un premier communiqué évoquant une "séparation par consentement mutuel".
Deux heures plus tôt, un communiqué de l'Elysée évoquaient une "séparation par consentement mutuel", une situation totalement inédite pour un président français, mettant ainsi fin à plusieurs mois de rumeurs et de spéculations.
Par ce communiqué lapidaire de 15 mots,le couple présidentiel a officialisé ce qui faisait presque quotidiennement la une des médias.
Encore jeudi matin, " l'affaire Cécilia " éclipsait dans plusieurs journaux dont Libération la grève nationale sur les régimes spéciaux de retraite.
"Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire", déclare le communiqué rendu public à 13H20 par l'Elysée.
Le mot de divorce n'apparaissait pas dans ce premier communiqué, alors que des constitutionnalistes avaient débattu tout au long de la semaine sur la possibilité pour le chef de l'Etat de divorcer, en raison de son statut qui le protège de tout acte en justice.
Juste après cette annonce, le président a quitté la France pour un sommet européen à Lisbonne.
Premier divorcé élu à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, 52 ans, est donc également le premier chef d'Etat français à se séparer officiellement de son épouse pendant son mandat.
Pressé depuis plusieurs semaines par les médias de clarifier sa situation de couple, M. Sarkozy a mis fin à une incertitude qui pesait sur ses activités présidentielles. Les journalistes le questionnaient sans relâche sur sa vie privée, et avaient lundi encore interrogé son porte-parole sur la présence ou non de Cécilia à une visite d'Etat au Maroc, la semaine prochaine.
Traditionnellement, la Première dame accompagne le chef de l'Etat dans ces visites.
Mariés depuis 1996 - leur anniversaire de mariage tombe le 23 octobre -, le couple a un fils, Louis, agé de 10 ans. Il offrait l'image d'une famille recomposée, avec les deux filles Judith et Jeanne-Marie nées d'une première union de Cécilia avec l'animateur Jacques Martin, et Pierre et Jean, issus du premier mariage de Nicolas Sarkozy.
Cécilia n'était plus apparue en public depuis le 20 septembre, jour des obsèques de Jacques Martin.
Elle est cette semaine à la une des principaux hebdomadaires, avec deux photos posées dans Paris Match, prises dans un grand hôtel parisien par l'auteur de la photo officielle du président.
Nicolas Sarkozy, et son épouse, 49 ans, s'étaient déjà séparés en 2005, avant de se retrouver un an plus tard.
Après avoir été très présente à ses côtés dans la vie politique - elle fut notamment sa chef de cabinet à l'UMP - Cécilia Sarkozy s'était mise en retrait, n'apparaissant quasiment pas en public pendant la campagne présidentielle. Mais on lui prêtait une influence importante dans l'ombre.
Le président, qui n'a jamais fait mystère de l'importance de son épouse à ses yeux et qui multipliait publiquement hommages et attentions, avait affirmé pendant la campagne et depuis son élection que son épouse "aurait un rôle", encore à définir, auprès de lui à la présidence.
Le couple ne s'était toutefois pas installé à l'Elysée et Mme Sarkozy n'avait fait que très peu d'apparitions officielles.
Elle était en revanche intervenue de façon aussi spectaculaire qu'inattendue dans le dossier des soignants bulgares détenus en Libye, faisant deux fois le voyage de Tripoli comme "émissaire personnel" de son époux et raccompagnant les infirmières à Sofia dans un avion officiel français.
Ses absences répétées alimentaient les rumeurs. Cet été, en vacances aux Etats-Unis, elle avait renoncé au dernier moment à un déjeuner chez le président George Bush, officiellement pour cause "d'angine blanche", avant d'être photographiée le lendemain faisant du shopping.
En 2005, avant leur première séparation, elle avait lancé dans le magazine Télé Star: "Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte".
Depuis la présidentielle, la rivale socialiste de M. Sarkozy, Ségolène Royal et son compagnon François Hollande, numéro 1 du PS, ont également annoncé leur séparation.
Un des premiers à réagir à l'annonce de l'Elysée, le député socialiste Arnaud Montebourg a lancé: "La France se moque comme d'une guigne des peines de coeur de ses dirigeants politiques."


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 octobre 2007, 14h56)

Décidément, quoi qu'en dise ce gros malin de Montebourg, entre apesanteur politique - avec évaporation cérébrale "télétubbistique" - et informations anecdotiques mais censées être "généralistes" et présentées comme telles, les Français semblent trouver leur compte, dans ce qui semble être, pour la plupart d'entre-eux, le meilleur des mondes possibles... Le réel, lui, reste en grande partie à la marge... mais que voulez-vous, la concierge qui est censée sommeiller en chacun de nous n'a pas besoin de grand-chose pour s'épanouir, juste de quoi alimenter ce fameux partage social des émotions dont nous sommes si dépendants, dans une société où la place des médias est si importante... comme celle des rumeurs et des commérages.

Quand on sait que Cécilia Sarkozy n'a même pas pris la peine d'aller voter au deuxième tour de la dernière élection présidentielle, en mai dernier, il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner de la rupture - véritable, celle-là - du couple Sarkozy. Je n'ai, pour ma part, rien d'autre à dire sur ce divorce présidentiel, si ce n'est qu'il tend à confirmer que Sarkozy de Nagy-Bocsa aura décidément tout sacrifié sur l'autel de l'ambition personnelle et du pouvoir. C'est triste pour sa famille, mais plus encore pour le pays, qui n'avait vraiment pas besoin d'avoir un tel homme à sa tête... Maintenant, pour nous, comme pour lui, le vin est tiré, et il faut bien le boire... même s'il a un goût de mauvais vinaigre...

Passons donc à autre chose, en attendant le réveil des Français, encore majoritairement endormis dans Teletubbyland...


Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Les Teletubbies [Lala en jaune, Tinky Winky en violet, Po en rouge et Dipsy en vert], photographies, entre 1997 et 2001, © BBC ; Caricature de Sarkozy, par Kiro, sans date [vers 2005] ; Nicolas et Cécilia Sarkozy à Paris le 14 juillet 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Clemens Bilan AFP/archives ; Les Teletubbies à Paris, place de la Concorde, le 15 octobre 2007, photographie anonyme, diffusée sur le site "100 % Séries !" [http://www.public.fr/blog-series/], © DR)

commentaires

lemminka 23/10/2007 17:33

Cette histoire de lettre me donne vraiment l'impression d'un retour a une sorte d'histoire "officielle", de la manipulation politique du symbole au service d'une sorte de religion civilo-sentimentale... Du partage social des émotions comme le dit bien Hyarion...
Heureusement que nos profs d'histoire-géo disposent encore de leur conscience pour soit la contextualiser adéquatement (version Sauron) soit refuser d'obéir aux directives présidentesques tout en explicitant les raisons de ce refus... (bien que je doute que les élèves saisissent les raisons (ou s'y intéressent) meta-antisarkozistes de cette attitude, a savoir historiques, comme Sauron en a visiblement fait l'expérience !).

Hyarion 23/10/2007 23:56

Sauron >>> "Après le massacre à la tronçonneuse (version grecque sous titrée) que fut le rendu de notes ce matin, j'ai donc pu aborder cette grande question de Guy Mocquet, avec petits films de contexte (Le triomphe de la volonté, Les dieux du stade) et débat à la clef ("le nazisme, cool ou pas cool?" "coco = caca, réalité ou construction anticommuniste primaire?").Ce fut bien, d'autant plus que tout cela finit en propagande antisarkozyste non moins primaire." Par tous les dieux de l'Olympe ! Voilà un vrai pédagogue ! ;-) Celà dit, tout de même, pauvres élèves de seconde : hier, ils pensaient avoir affaire à Adolf Hitler, et ils ont été finalement confrontés à... Périclès ! J'imagine à quel point la correction des copies a dû être sanglante... ;-)Cela dit, tu t'es bien rattrapé aujourd'hui : montrer les films de propagande de Leni Riefenstahl, Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens ; 1935) et Les Dieux du stade (Olympia ; 1936), tout deux si ouvertement à la gloire du IIIe Reich hitlérien, il fallait oser... mais, après tout, pourquoi pas, si le contexte est bien expliqué ? ;-) J'aime bien aussi les grandes problématiques de ton débat : "le nazisme, cool ou pas cool ?" "coco = caca, réalité ou construction anticommuniste primaire ?" Que voilà d'excellentes questions de fond ! ;o) Quant à la propagande antisarkozyste finale, c'est la cerise sur le gâteau : franchement, que demander de plus ? ;-) Lemminka >>> "Heureusement que nos profs d'histoire-géo disposent encore de leur conscience pour soit la contextualiser adéquatement (version Sauron) soit refuser d'obéir aux directives présidentesques tout en explicitant les raisons de ce refus..." Oui, en effet, heureusement qu'il y a encore des professeurs pour rattraper les bêtises de certains politiciens... Je crois que, dans cette histoire, Sauron a eu raison de "rebondir" sur l'actualité dans une perspective civique, vu que les élèves regardent la télévision comme tout le monde et qu'au moins un certain nombre d'entre-eux ne pouvaient ignorer la polémique suscitée par la lecture de cette fameuse lettre de Guy Môquet... Raison de plus pour crever l'abcès, et essayer de clarifier les choses... Mais il est vrai que l'on pouvait aussi refuser de lire cette lettre... Dans tous les cas, on ne pouvait faire l'économie d'explications, tant le coup médiatique de Sarkozy s'est révélé très ambiguë dès le départ... Les élèves retiendront-ils quelque-chose de ce que leur auront dit leurs professeurs ? Espérons-le...Amicalement, :-)Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

Sauron 23/10/2007 11:11

Je dois avouer avoir lachement donné une interro écrite sur Athènes au Veme siècle à mes gamins hier.Après le massacre à la tronçonneuse (version grecque sous titrée) que fut le rendu de notes ce matin, j'ai donc pu aborder cette grande question de Guy Mocquet, avec petits films de contexte (Le triomphe de la volonté, Les dieux du stade) et débat à la clef ("le nazisme, cool ou pas cool?" "coco = caca, réalité ou construction anticommuniste primaire?").Ce fut bien, d'autant plus que tout cela finit en propagande antisarkozyste non moins primaire.Bon, au-delà de la boutade, j'ai fait le choix (contrairement à l'intégralité des profs que je connais : me suis senti un peu seul), j'ai donc fait le choix de leur faire étudier cette lettre, en la contextualisant à l'aide d'images d'époques et d'explications des positions jésuitiques du PCF en 39-41... Dur, dur, mais l'histoire et la mémoire y sont passés, ainsi que l'instrumentalisation de la seconde par la première... pour moi, le principal a été vu, reste à espérer que les élèves en ont retenu quelque chose...Ce choix s'est imposé à moi car je considère que le prof d'histoire-géo doit rebondir sur certaines actualités, non pas pour rebondir, mais dans une optique civique qui reste à mon sens le premier but de mon métier... J'ignore sincèrement si ce choix était le bon!Sauron, depuis l'accès internet du lycée (pas bien!)

Dante 21/10/2007 12:02

Cher Hyarion,
Ce sentiment d' "arnarque" dont tu parles au début de ton article se confirme de plus en plus. Voilà que l'Union Européenne entérine le " Traité simplifié ", qui ne fait que reprendre en version plus courte la nocivité de l'original. Quid de ceux qui se sont exprimés démocratiquement? Rien, justement. Car l' "arnaque" avait déjà commencée dès le départ: la ratification du TCE (Traité Etablissant une Constitution pour l'Europe) n'a pas été effectué de la même manière dans les pays membres. De plus, aucune Assemblée Constituante n'a été élu, conformémemt aux dispositifs prévu au sein même de l'ONU, pour élaborer cette constitution! Les dés, somme toute, étaient pipés depuis le départ. L' "anarque" ne date donc pas d'aujourd'hui. Elle est un processus continu qui acquiert plus au moins de visibilité selon les moments. Elle prend de mutiples formes et divers supports pour son exercice. L'ennui réside dans l'adhésion, plus ou moins tacite, qu'elle suscite. Ce qui est à craindre est le profit qu'en retire les extrêmes, quels qui soient. Ainsi que la forme du réveil.
Cordialement,
Dante.

Hyarion 22/10/2007 23:57

Dante >>> "Ce sentiment d' "arnarque" dont tu parles au début de ton article se confirme de plus en plus. Voilà que l'Union Européenne entérine le " Traité simplifié ", qui ne fait que reprendre en version plus courte la nocivité de l'original. Quid de ceux qui se sont exprimés démocratiquement? Rien, justement."En effet, cher Dante, vendredi dernier, 19 octobre, le traité de 256 pages remplaçant la Constitution européenne a été approuvé par les dirigeants des 27 pays membres de l'Union Européenne réunis à Lisbonne, lesquels espèrent maintenant une ratification rapide dudit traité qui, tout en reprenant sur le fond la majeure partie de l'ancien traité constitutionnel, a été spécialement rédigé pour permettre une ratification par les Parlements nationaux plutôt que par référendum. Sarkozy a, le jour même, tenu à déclarer qu'il voulait que la France, qui avait dit "non" à la Constitution par référendum, "montre l'exemple" en ratifiant la première le nouveau texte, si possible avant fin décembre, par voie parlementaire, bien évidemment... Et hier soir, dimanche 21 octobre, le Premier ministre Fillon a annoncé que le gouvernement français entendait engager le processus de ratification du traité "simplifié" européen dès le 14 décembre, soit dès le lendemain de la signature prévue du texte par les 27 pays de l'Union... Ratification rapide, sans débat, sans référendum - sauf pour l'Irlande, qui est légalement tenue d'en organiser un -, pour un traité au moins aussi illisible que le précédent et dont la préparation aura été encore moins démocratique qu'avec la Convention ayant préparé le traité constitutionel : il ne faudra pas s'étonner si la défiance des citoyens européens vis-à-vis de l'Union Européenne persiste dans les années à venir...Mais chut : n'oubliez que nous vivons à Teletubbyland, un monde merveilleux où rien n'est compliqué et où il ne se passe jamais rien de grave... De toute façon, tout le monde te dira que ce n'est pas le moment de parler de ces choses-là : franchement, qui s'intéresse encore à l'Europe aujourd'hui ? ;op Mieux vaut, sans doute, se concentrer sur la fameuse lettre de Guy Môquet, et sur la lamentable confusion entre histoire, mémoire et politique dont elle fait l'objet aujourd'hui... Souvenez-vous, en effet : Nicolas Sarkozy, toujours soucieux d'entretenir le fameux partage social des émotions, a annoncé solennellement le jour de sa prise de fonction, le 16 mai dernier, que la lettre d'adieux que Guy Môquet, résistant communiste arrêté par la police française et fusillé à 17 ans par l'occupant allemand le 22 octobre 1941, a écrite à ses parents, serait "lue en début d'année à tous les lycéens de France". Eh bien, la lecture de cette lettre, certes très émouvante, mais néanmoins personnelle, et n'ayant guère d’intérêt historique en tant que telle, a eu lieu aujourd'hui dans la plupart des lycées, en ce lundi 22 octobre qui a été décrété Journée de commémoration du souvenir du jeune résistant communiste. J'ose espérer que la plupart des professeurs d'histoire-géographie auront eu à coeur de faire leur métier, en rattrapant le mieux possible ce coup médiatique du pouvoir sarkozyste, c'est-à-dire en lisant cette lettre à leurs élèves, certes, mais en l'accompagnant de la lecture d'autres textes de l'époque, plus significatifs en ce qui concerne l'histoire de la Résistance française sous l'Occupation, et, surtout, en expliquant le contexte de cette période de l'histoire de France à des élèves trop souvent coupés d'un passé qui est pourtant aussi leur héritage... Mais encore une fois, avec Sarkozy de Nagy-Bocsa, c'est toujours la même chose : un beau discours officiel à la gloire d'une France mythifiée, plein de bons sentiments, mais qui n'a pas de prise avec la réalité, une réalité - historique ou présente - forcément plus complexe que les prises de position simplistes propres aux politiciens en campagne électorale permanente...Amicalement, :-)Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

Dante 20/10/2007 12:06

Cher Hyarion, Nous avons donc enfin trouvé ce "personnage défouloir" que je proposait dans un de mes commentaires. On devrait l'appeler "Jo le Beauf". Explications: Sarko me fait penser à Jo Dalton. Ce personnage, président de Beaufland, cristalliserait tous les éléments d'une personnalité qui varierait selon l'humeur des blogeurs. Jo le Beauf propose des "réformes" à ses concitoyens qui sont toujours d'accord hormis un groupuscule "néo-lucidesque". Cependant, les beaufs se réservent le droit d'aller tapiner dans la rue des slogans tout fait pour gueuler un bon coup et rentrer chez soi pour le journal de 20h de la "chaîne officielle", Torture et Fortune 1. L'histoire pourrait commencer ainsi...aura-t-elle une suite? :). Etant donné que le beaufisme posséde une certaine pérennité, il va sans dire que tous les scénarios sont possibles ! :) Contre la beaufisation ambiante, prenons les armes de la comédie ! Cordialement, Dante

Dante 20/10/2007 00:14

Merci Hyarion pour ton article !
Le sens de la réalité, en effet, s'exprime toujours par son absence. C'est peut être cet aspect qui nous invite à comprendre à quel point le plus monstrueux des visages est celui qui porte un masque. Dans un de ses dessins au crayon, Francisco Goya écrit cette phrase saisissante: "el sueno de la razon engendra monstruos". Traduction: "Le sommeil de la raison engendre les monstres". Sur le dessin plane une ombre menaçante au-dessus d'un homme endormi. Près de lui, dans un angle du dessin, se concrétise les conséquences de son sommeil...Cet article m'a fait pensé à ce dessin incroyable et aussi à cette magnifique phrase que lâche Beckett dans les lèvres de Vladimir qui attend Godot: "Est-ce que j'ai dormi pendant que les autres souffraient ?" Oui, la question s'adresse à tous, et bien au-delà de la souffrance...Cependant, je crois que cette "déconnexion" du réel n'est pas définitive. Et qu'elle recouvre d'autres aspects. Les gens cédent certes facilement à de bas instincts mais au nom de quoi? Est-ce forcément pour céder à la facilité? Je n'en suis pas si sûr. Il manque des prospectives et une orientation commune dans tout cela. Les inquiétudes et les frustrations se téléscopent dans un mélange de "beaufisme" (spécial dédicace à Hyarion) décomplexé qui refuse de regarder autre chose que le nombril de ses préoccupations. Mais, comme le disait Beckett: "ne disons pas de mal de notre époque. Elle n'est pas plus malheureuse que les précédentes. N'en disons pas de bien non plus"....
Merci pour cette réflexion. Et restons éveillés !
Cordialement,
Dante.

Hyarion 20/10/2007 03:44

Réponses groupées, pour tout les trois...Sauron >>> "cette déconnexion me terrifie... moins que les Teletubbies, mais quand même..."Heureux de te voir de retour par ici, mon cher Sauron, malgré les contraintes techniques qui sont encore actuellement les tiennes... :-) Et désolé de constater que les Teletubbies, pourtant si gentils et si innocents, te terrifient à ce point... ;-)Lemminka >>> "Et au Canada aussi, on en parle !! oui oui !"Je te crois volontiers, cher Lemminka. J'ai appris, en effet, que la nouvelle du divorce du couple Sarkozy a attiré l'attention bien au delà des frontières de la France, et a été diffusée et commentée dans plusieurs médias étrangers, en Grande-Bretagne, en Suisse, en Italie, en Suède, et même aux Etats-Unis d'Amérique, où la coïncidence - réelle ou non - entre l'annonce de la séparation du couple présidentiel et le jour de grève nationale n'a pas échappé à un journaliste de CNN... Qu'une telle information ait été diffusée à une si grande échelle doit sans doute être une preuve de l'étendue du rayonnement de la France dans le monde... ;-)Lemminka >>> "Ah si, un reportage au Téléjournal, aprés bien sûr les papotages cancaniers..."Ah ? Le bulletin d'information national canadien de la télévision de Radio-Canada a tout de même parlé du mouvement de grève en France ? Par tous les dieux de l'Olympe ! Vive la francophonie ! ;-)Dante >>> "Les inquiétudes et les frustrations se téléscopent dans un mélange de "beaufisme" (spécial dédicace à Hyarion) décomplexé"Merci pour cette dédicace, cher Dante. J'ai, en effet, récemment essayé, ailleurs que sur ce blog, de théoriser le "beaufisme", cette mouvance tentaculaire dont les membres sont caractérisée, entre autres, par une grande étroitesse d'esprit, des préjugés chevillés au corps, un conservatisme borné, une attirance prononcée pour les profits financiers égoïstes - même les plus petits -, des tendances phallocrates, une préférence pour les solutions de facilité aux problèmes qui se présentent, un conformisme exemplaire selon les tendances du moment, des goûts culturels au raz des paquerettes, et surtout, une formidable bêtise donnant, à elle seule, une idée de l'infini... On notera que, ainsi caractérisé, le "beaufisme" a ceci de particulier qu'il transcende les frontières, qu'elles soient géographiques, sociales, générationelles, idéologiques ou politiques... Dès lors, aujourd'hui, compte-tenu du contexte actuel, je pose la question : le premier parti de France ne serait-il pas, tout simplement, le parti "beaufiste" ? ;-)A tous, amicalement, :-)Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

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