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  • : Blog politique et culturel, par un citoyen français. Ni capitaliste, ni marxiste, je suis juste anarcho-monarchiste, et résolument anti-sarkozyste. Au menu : réflexions, lectures, écriture, discussions, le tout avec un zeste d'humour satirique.
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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)



(Jacques Chirac, par Kiro)

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* "Douter de toute chose (De omnibus dubitandum)"

* "Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux."

* "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."
(F. Nietzsche)

* "Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi."
(J. Cocteau)

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Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)

Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 21:33
undefined Hier, 12 mars 2008, j'ai envoyé au siège du MoDem à Paris, un lettre informant que j'étais, à compter de ce jour, démissionnaire de la qualité d’adhérent du Mouvement Démocrate qui était la mienne depuis le 31 mai 2007 au sein de ce parti. J'ai renvoyé ma carte d'adhérent à cette occasion. Dans la foulée, j'ai également démissionné de ma qualité de membre de l'association des Jeunes Démocrates - le mouvement des jeunes adhérents du MoDem... âgés de moins de 32 ans... J'ai également pris la peine de démissionner aussi de ma qualité de membre du Conseil National des Jeunes Démocrates issu du mouvement fédéral départemental des Jeunes Démocrates de Haute-Garonne, qualité qui était la mienne depuis le 25 janvier 2008, et que le nouveau président des Jeunes Démocrates de Haute-Garonne, Alexandre Labarthe, dit "Lex", avait eu la gentillesse de me proposer à l'occasion de l'Assemblée générale des jeunes de la fédération haute-garonnaise qui, ce jour-là, à Toulouse, l'avait élu à son poste de président.
Cette décision de démisionner du MoDem, qui n'a pas forcément été très facile à prendre, a été motivé par plusieurs raisons, que je vais essayer de développer ici...

Le 25 avril 2007, dans une conférence de presse tenue entre les deux tours de l'élection présidentielle, François Bayrou avait annoncé la création d'un Parti Démocrate - il ne s'appelait pas encore Mouvement Démocrate alors - avant le mois de juin, et que ce nouveau parti, tout à fait indépendant de la droite UMP sarkozyste, serait libre, central, et ouvert notamment au centre-gauche. Le 8 mai, après l'élection de Sarkozy de Nagy-Bocsa à la plus haute charge de l'Etat, j'ai pré-adhéré à ce nouveau parti du centre, en espérant avoir affaire à un parti central, et non centriste, représentant, enfin, une possibilité d'ouverture politique pour la jeunesse de ce pays, et une véritable alternative politique, libérée des carcans idéologiques, opposée à la confiscation du pouvoir par Sarkozy de Nagy-Bocsa, et oeuvrant pour le changement des pratiques politiques en France. Le 31 mai, j'ai confirmé mon adhésion au Mouvement Démocrate. Ce n'était pas une adhésion à l'UDF, parti de centre-droit, fortement lié au souvenir de Valéry Giscard d'Estaing, et qui, pour moi, appartient à la droite. J'ai d'ailleurs bien précisé, à l'occasion de mon adhésion au MoDem, les motivations de mon engagement, à savoir que je n'abandonnerai pas le terrain de la politique tant que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa resterait au pouvoir, et je resterai toujours opposé à la droite qui le soutient et qu'il représente. C'était alors un engagement ferme de ma part, et cela l'est d'ailleurs toujours aujourd'hui. En septembre 2007 a eu lieu un Forum des Démocrates, sorte d'université d'été du nouveau parti - c'est à cette époque-là que j'ai reçu ma carte d'adhérent -, puis, au début du mois de décembre dernier, a eu lieu le Congrès de Villepinte, à l'occasion duquel le Mouvement Démocrate a été fondé, ses statuts adoptés et son président, François Bayrou, officiellement élu. J'ai assisté à ces évènements. Après la clôture du Congrès fondateur, j'avais écrit  : "on verra bien de quoi l'avenir sera fait pour le MoDem... Pour ma part, je suivrai le pari politique qu'il représente, aussi longtemps qu'il le méritera." Aujourd'hui, environ trois mois après, force est de constater que les conditions ne sont plus réunis pour que mon engagement politique soit lié au MoDem, si tant est qu'elles aient jamais été réunis...

Durant les mois qui ont suivis mon adhésion au MoDem, je n'ai cessé de ressentir un malaise de plus en plus important vis-à-vis de mes convictions politiques. Je n'ai jamais voté pour François Bayrou, et pourtant je ne voyais partout que des gens faisant référence à la "dynamique" né avec la candidature dudit Bayrou à l'élection présidentielle et à son score du premier tour, le 22 avril dernier. Lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, voulant soutenir la démarche d'indépendance du nouveau parti auquel je venais d'adhérer, je me suis résigné à voter, dans la première circonscription de l'Aveyron, pour une candidate qui, certes, savait fort bien réciter son catéchisme démocrate - en prétendant se situer au delà des clivages traditionnels -, mais que je savais néanmoins être de droite et viscéralement hostile aux "idées de la gauche" qui, selon elle, ne seraient, de toute façon, plus "dans l'air du temps". Bien vite, alors que cette candidate, éliminé dès le premier tour, espérait officieusement un report de ses voix vers la droite, j'ai tout naturellement voté socialiste au deuxième tour, sans hésiter une seule seconde. Déjà, à l'époque, je me rendais bien compte que l'entente entre les membres du MoDem risquait d'être difficile à long terme, face aux rendez-vous politiques décisifs que sont les élections, tant la stratégie politique choisie par Bayrou dès l'origine - celle d'un engagement aléatoire entre la gauche et la droite -, ne pouvait satisfaire tout le monde...

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Rappelons un fait essentiel, en ce qui me concerne : en tant que citoyen électeur - ce n'est pas un secret - je viens de la gauche. En dehors du cas particulier des référendums, et de ce premier tour des dernières législatives, j'ai toujours voté à gauche. C'est, d'ailleurs, toujours le cas aujourd'hui, à l'occasion des élections municipales et cantonales, sur lesquelles j'aurais l'occasion de consacrer un article après le second tour de dimanche prochain, 16 mars. Or, depuis mon adhésion au MoDem, j'ai toujours eu l'impression de ne représenter qu'une infime minorité venue de la gauche, au sein d'un parti qui semble être finalement resté un parti de centre-droit. Le fait est que ce parti est mené par un homme - François Bayrou - incapable de penser à autre chose qu'à la mission qui lui aurait été confié (par Dieu ?) de devenir un jour président de la République, et surtout, incapable de renoncer aux liens politiques qui ont toujours été les siens avec la droite. En fait, pour être tout-à-fait franc, il me semble que, en venant à la rencontre des démocrates, j'ai fait des efforts pour faire preuve d'ouverture d'esprit et pour aller au-delà des clivages idéologiques, mais que, finalement, j'ai toujours eu l'impression que la démarche se faisait à sens unique : j'ai été bien accueilli, certes, mais je n'ai trouvé finalement, au MoDem, que des personnes essentiellement orienté dans un seul sens, celui d'une négation - souvent hypocrite - du clivage gauche-droite, d'un attachement assez exclusif aux idées du seul centre-droit, et d'une activité politique se résumant à donner plus ou moins raison, de facto, à Bayrou et à son aventure personnelle. Au sein du Mouvement Démocrate, j'ai trouvé, bien entendu, de nombreux adhérents qui, de façon sincère et exemplaire, ont pris en main, du mieux qu'ils ont pû, le destin de leur parti en s'efforçant de faire vivre la démocratie en son sein dès le début et en s'efforçant de contribuer à doter leur Mouvement de bases solides. Mais cela n'a pas été suffisant, à mes yeux, pour compenser les défauts de ce parti, en particulier son positionnement et sa stratégie électorale, tout deux finalement très ambiguës, et surtout, de facto, beaucoup trop opportunistes à mon goût, voire, in fine, beaucoup trop orientés à droite...

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J'aurais l'occasion de revenir plus tard, de façon générale, sur les élections municipales et cantonales qui se termineront dimanche prochain, mais j'aimerai tout-de-même dire quelques mots ici au sujet de la position du MoDem, dont l'attitude lors de ces élections constitue la goûte d'eau qui a fait déborder le vase, et qui m'a définitivement poussé à la démission. Le MoDem, ces jours derniers, entre les deux tours des élections, a été, comme c'était prévisible, courtisé aussi bien par la droite que la gauche, se trouvant ainsi souvent au centre des négociations. Cela a été une occasion pour François Bayrou de réaffirmer sa stratégie désormais bien connue : pas d'alliance avec quiconque au niveau national, mais des accords au cas par cas au nom de l'"affirmation d'une indépendance". Dès lors, le MoDem n'a pu que proposer le spectacle tragi-comique d'un parti-girouette qui, sous prétexte d'avoir affaire à des scrutins aux enjeux purement locaux - ce qui n'est pas faux, mais qui n'est entièrement vrai non plus -, a conclu des alliances, selon les circonstances, tantôt à gauche, tantôt à droite, et trop souvent à droite à mon goût, que ce soit avec le maire UMP sortant Jean-Luc Moudenc à Toulouse - mis en ballotage au premier tour -, ou avec le maire UMP sortant Alain Juppé à Bordeaux - réélu dès le premier tour avec le soutien personnel de Bayrou -, pour ne prendre que des exemples dans le Sud de la France... A Toulouse, j'ai constaté que le ralliement du Mouvement Démocrate local à Moudenc a suscité, au sein du parti, une profonde division : une partie de la liste MoDem - menée par Jean-Luc Forget, tête de liste au premier tour - ayant choisi de rejoindre le maire UMP sortant, tandis que 17 colistiers (sur 68) de ladite liste MoDem ont choisi, eux, d'exprimer très clairement "leur total désaccord pour tout rapprochement avec la liste de Jean-Luc Moudenc", certains membres du MoDem ayant même appelé à voter pour le candidat de gauche Pierre Cohen - adversaire de Moudenc au second tour -, qui, pour sa part, a refusé toute alliance, que ce soit avec la liste du MoDem ou avec les autres listes de gauche, éliminées au premier tour. Ce déchirement du MoDem toulousain illustre, hélas, assez bien la mésentente désormais clairement affichée, au sein du parti, à laquelle je m'attendais depuis le mois de juin dernier...
Bien sûr, ailleurs, comme il y a eu des accords locaux avec la droite, il y a eu aussi des accords locaux entre le MoDem et la gauche de gouvernement, comme par exemple à Marseille, où le chef de file local des démocrates, Jean-Luc Bennahmias (ex-Verts), a accepté la fusion de ses listes avec celles du socialiste Jean-Noël Guérini pour tenter d'arracher la ville à l'UMP Jean-Claude Gaudin, mais apparemment, dans ce cas précis, François Bayrou s'est dit "fort mécontent" de cette alliance ainsi conclue entre les démocrates et les socialistes marseillais :

"Plutôt que Guérini, j'aurais préféré qu'on se rallie à Gaudin en souvenir d'une vieille tendresse [sic]."

(François Bayrou, le 11 mars 2008, cité par Didier Hassoux et Jean-Michel Thénard, in Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)

Si c'est cela, "changer définitivement la politique française", comme l'avais annoncé Bayrou le 25 avril dernier, je crains de ne pas être d'accord du tout. Plus les choses paraissent changer, et plus elles restent les mêmes. Cette "stratégie à géométrie politique variable" du MoDem, pour reprendre l'expression qu'Alain Juppé a lui-même employé et qui a été reprise dans le journal Le Monde daté du 12 mars, je ne pouvais pas la cautionner, et dans la mesure où elle ne faisait que se rajouter au malaise que je ressentais de plus en plus fortement ces dernières semaines en restant adhérent de ce parti - en marge d'autres problèmes plus personnels -, je n'avais pas d'autre choix que de quitter le MoDem, et de donner ma démission, comme le prévoit l'article 4 des statuts du Mouvement démocrate (alinéas 5 à 7) : "L'appartenance au Mouvement Démocrate est exclusive de toute adhésion à une autre formation politique au sens de l'Article 4 de la Constitution et de l'article 1 des présents statuts. Tout manquement à la présente disposition entraîne la radiation automatique. / La qualité d’adhérent se perd par la démission, la radiation ou l'exclusion prononcées par le Comité de conciliation et de contrôle. / La radiation intervient pour tout adhérent n’ayant pas renouvelé sa cotisation pendant au moins deux années consécutives. Elle devient effective si dans un délai de six mois, après notification à l'intéressé, celui-ci n’a pas régularisé sa situation." J'aurais pu attendre de ne plus être à jour de cotisation, à partir du 31 mai prochain, mais attendre deux ans avant d'être radié ne me paraissait pas être très honnête, et j'ai donc préféré en finir le plus rapidement possible en démissionnant, afin que l'on ne puisse pas me reprocher de ne pas avoir agit dans les formes, et avec le plus de franchise possible.

Voila, c'est donc terminé. Pour moi, l'épisode MoDem aura duré moins de 10 mois, assez cependant pour que je constate que mes idées sont toujours, majoritairement et avant tout, des idées de gauche, et que ma place n'est donc pas dans un parti qui prône le centre pour le plaisir d'être au centre. Le clivage gauche-droite structure la vie politique française depuis 1789, et s'il peut sans doute être dépassé pendant une courte période, dans le cadre d'une Union Nationale pour effectuer les réformes dont le pays a besoin, il ne peut pas être nié systématiquement, même au nom du changement des pratiques politiques. Les valeurs de la droite sarkozyste ne sont pas les miennes. Elle ne peuvent pas l'être. Si cela ne pose aucun problème pour certains démocrates de venter les mérites d'Alain Juppé, de Jean-Luc Moudenc, ou de Jean-Claude Gaudin, c'est sans doute très bien pour eux, mais pour moi, cela pose un problème, un vrai, même dans le cadre d'élections locales. Malgré toute ma volonté d'ouverture, et mon rejet de tout sectarisme, je persiste à penser que gauche et droite ne sont pas la même chose. C'est ainsi.
Je remercie les camarades bloggeurs démocrates de m'avoir accueillis, sans préjugés, dans le même esprit avec lequel j'ai accepté d'aller à leur rencontre. Aujourd'hui, nos routes se séparent, mais je ne regrette pas d'avoir ainsi rencontré des jeunes gens fort sympathiques, et que j'aime bien, mais sans que cela soit toutefois suffisant, hélas, pour que je reste dans le même parti qu'eux. Je leur souhaite bonne chance, en particulier à Quitterie Delmas et à Virginie Votier, qui sont des jeunes femmes courageuses, sincères, animées d'une profonde volonté de changement, et qui auront fort à faire pour réduire l'influence, écrasante, d'une certaine conseillère sortante de Paris, éminence grise de Bayrou, au sein du MoDem parisien. Quitterie Delmas, je n'en doute pas, fera parler d'elle dans les mois et les années qui viennent, et elle ira loin, j'en suis convaincu. J'ai été enchanté de la connaitre, de même que tous les camarades démocrates bloggeurs que j'ai rencontrés, qui sont venus laisser des commentaires ici, et qui pourront, bien entendu continuer à le faire, s'ils le souhaitent... :-)

Pour ma part, je reprends ma route de barbu errant... Vais-je, à présent, succomber à la tentation du nihilisme cosmique, ou bien adhérer à un autre parti ? La réponse à cette question viendra dans un prochain article...

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : Caricature de François Bayrou, par Kiro, publiée dans Les Jeux de l'actu et de l'été, Les dossiers du Canard Enchaîné N°104, juillet 2007 ; Caricature de François Bayrou en Vache qui rit, par Kiro, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008 ; Caricature de François Bayrou en girouette et de François Fillon, par Cabu, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /Fév /2008 23:59
Hier, jeudi 31 janvier 2008, le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste a discrètement célébré son premier anniversaire. D'abord simplement intitulé "Blog de l'Anarcho-Monarchiste", il est né le 31 janvier 2007, dans le contexte du début de la campagne électorale présidentielle française de l'an passé. A l'occasion de mon premier message/article, j'avais alors écrit que "ce blog, créé à l'occasion des élections présidentielle et législatives d'avril-mai et juin 2007 en France, n'[avait] pas d'autre but que d'exprimer une opinion sur les choix que le peuple français [devait] faire pour l'avenir de ce pays, dans les tout prochains mois... Il n'[avait] pas d'autre but que d'essayer, fort modestement, de susciter un minimum de réflexion chez des citoyens empêtrés, depuis plus de trente ans, dans le même bourbier, et qui semblent persister, pour un grand nombre d'entre-eux, à vouloir croire encore aux beaux discours de nos chers politiciens."
J'avais ensuite précisé, dans le même message inaugural, que le présent blog "a été créé par quelqu'un qui a eu du mal à supporter d'être "enfermé" cinq ans dans un pays de droite, mais qui ne supporterait pas de devoir vivre cinq autres années dans un pays gouverné par un politicien parmi les plus détestables que je connaisse. On l'aura compris, la création de ce blog a, avant tout, été motivée par la détestation qui est la mienne à l'égard de l'actuel ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, candidat de la droite à l'élection présidentielle. [...] Pour qui est-ce que je vais voter en 2007 ? Contre Sarkozy, contre lui et tout ce qu'il représente. La perspective de le voir triompher, lui et ses sous-fifres, les Devedjian, les Fillon, les Copé, les Gaudin, les Estrosi, les Hortefeux, et autres Balkany, m'est absolument insupportable !"
Depuis, Sarkozy de Nagy-Bocsa a été élu à la plus haute charge de l'Etat, et, malgré celà, il a bien fallu faire avec... même si mon opinion à l'égard de l'actuel président de la République reste celle qu'elle était avant l'élection présidentielle. Après tout, Sarlozy a été élu, et nous n'en sommes pas morts. Or, comme chacun peut le constater, en arrivant devant le présent blog, l'une des devises dudit blog est empruntée à Nietzsche : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."
Du reste, en un an, il s'est passé bien des choses... Sarkozy a été élu, et il a bénéficié pendant des mois d'une forte popularité auprès d'une majorité de l'opinion publique, dans une atmosphère d'apesanteur politique par ailleurs assez sidérante tant elle était digne de Teletubbyland. Mais, ainsi que celà était prévisible, les sempiternelles gesticulations médiatiques, au service du vide, de l'actuel chef de l'Etat ont fini par ne plus faire recette, et même s'il a connu un "état de grâce", vis-à-vis de l'opinion, un peu plus long que ne l'avait été celui de Jacques Chirac en 1995, Sarkozy a fini par subir une baisse assez significative de popularité depuis quelques semaines... La chute dans le réel a donc bien lieu, et elle ne manquera pas, sauf imprévu, de se poursuivre après les prochaines élections municipales du mois de mars...

Sondages : la baisse de Sarkozy surtout liée au pouvoir d'achat

A cinq semaines des municipales, premier grand rendez-vous électoral de son mandat, Nicolas Sarkozy est confronté à une détérioration de son image dans les enquêtes d'opinion qui témoigne, selon les sondeurs, d'une "frustration" de l'électorat sur le pouvoir d'achat.

Mercredi, un sondage Sofres a confirmé la spirale descendante du chef de l'Etat: 55% des Français contre 48% un mois auparavant ne lui font pas confiance. 41% émettent un jugement inverse, en baisse de huits points en un mois.

Depuis la mi-janvier, la cote du président de la République s'inscrit en négatif avec une majorité de mécontents: 52% contre 37% selon CSA, 52% contre 47%, selon l'Ifop, 48% contre 45% selon BVA, 51% contre 48% selon Opinion Way. Pour Ipsos, les deux camps s'équilibrent à 49%.

En un mois, M. Sarkozy perd entre 5 et 7 points de satisfaits, les avis négatifs progressant d'autant. Sur deux mois, la chute atteint voire dépasse les 10 points.

Pour Brice Teinturier (Sofres), "le décrochage s'est produit dès la fin novembre, avec une baisse de sept points à 49% de popularité", principalement en raison du "mécontentement extrêmement puissant ressenti par les Français sur le pouvoir d'achat".

Selon lui, la difficulté du président à répondre à cette question "a directement atteint ce qui a structuré son image: l'action et les résultats". Les Français ont "le sentiment d'avoir été dupés" et M. Sarkozy, du fait de sa forte implication dans l'action de l'exécutif, "prend de plein fouet cette frustration".

Même analyse pour Frédéric Dabi (Ifop). "En affirmant, le 8 janvier, qu'il ne peut vider des caisses déjà vides, Sarkozy est en rupture avec ce qui faisait sa force: la cohérence entre ses promesses et son action".

"Il y a une dissonance forte entre cette impuissance - qui rejoint les phrases de Jospin "l'Etat ne peut pas tout" à propos de Michelin ou de Mitterrand "contre le chômage on a tout essayé" - et ses promesses de campagne, qui a produit le sentiment qu'il avait laissé tomber les Français".

La chute de Nicolas Sarkozy se produit dans les catégories les plus sensibles à la question du pouvoir d'achat : les classe populaires, ouvriers et employés, et les 50-64 ans, "qui ont eu une grosse déception sur le montant des pensions", selon M. Dabi.

Jean-Daniel Lévy (CSA), nuance quelque peu l'analyse. Pour lui, "c'est seulement à partir du moment où Nicolas Sarkozy donne le sentiment qu'il se détache de l'action au service des Français, ce pour quoi il a été élu, pour mettre en avant son bonheur personnel qu'il commence à être jugé négativement sur la question du pouvoir d'achat. Avant, il était jugé sur le dynamisme, après il l'est sur la réalité".

"Je ne crois pas à l'explication Carla ou aux vacances bling-bling, même si cette exposition trop forte apparaît en décalage avec ce que vivent les Français", lâche M. Dabi.

Pour Brice Teinturier, "les événements de décembre avec l'exposition de la vie privée mais aussi la visite de Khadafi n'ont été que des facteurs aggravants, en donnant le sentiment que le président était moins près des préoccupations des Français".

Une chose est sûre, selon lui, "il sera difficile au président de remonter à court terme s'il ne donne pas de signaux forts sur le pouvoir d'achat".

Quant à un vote sanction aux municipales, les sondeurs restent prudents, soulignant que ce scrutin est avant tout local. "Mais on commence à entrer dans une phase où l'impopularité de l'exécutif peut produire une nationalisation du vote", souligne le responsable de la Sofres.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 janvier 2008, 19h17)

On dit que Sarkozy n'a pas tenu toutes ses promesses de campagne, et que, de ce fait, beaucoup de Français sont déçus. C'est vrai. Mais, après tout, Sarkozy lui-même avait prévu, dès février 2007, que celà se passerait ainsi...

"C'est vrai que ça va être difficile, et même quasi impossible, de tout faire [...]. C'est toujours comme ça, une campagne : on promet pour être élu, et après on déçoit."

(Sarkozy, en déplacement dans l'île de la Réunion, le 16 février 2007, cité dans le Canard Enchaîné N°4504, 21 février 2007)

Celà dit, bien entendu, maintenant qu'il est au pouvoir, Sarkozy de Nagy-Bocsa fait tout ce qu'il peut pour se donner une contenance...

"Tous ces cons qui me font un procès en incompétence après huit mois, ça me laisse froid. J'ai cinq ans devant moi : ce que je veux, c'est transformer la France de fond en comble. C'est ce que j'ai déjà commencé à faire."

(Sarkozy devant ses fidèles réunis à l'Elysée, le 23 janvier 2008, cité dans le Canard Enchaîné N°4553, 30 janvier 2008)

Comme je l'ai déjà écrit, on verra bien à quoi ressemblera la France à la fin du quinquennat de l'actuel chef de l'Etat, et si l'action de ce dernier aura été une non-rupture avec Chirac, ou une entreprise de démolition, ou bien, finalement, les deux à la fois...

Revenons, pour l'heure, à ce premier anniversaire du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste. Je m'étais promis de communiquer à mes lecteurs les quelques données statistiques à ma disposition concernant la fréquentation du présent blog et je les présente donc ici aujourd'hui.
Au bout d'un année d'activité, le présent blog représente 60 717 pages vues au total et 23 696 visiteurs uniques depuis sa création. La fréquentation du site a connu une progression discontinue, mais sans subir toutefois des périodes de baisse très importantes...


Bien qu'un pic de fréquentation ait été atteint le mois dernier, avec 3711 visiteurs, la fréquentation du présent blog reste évidemment très modeste. Il est vrai que ce blog est très personnel et que je n'ai pas d'ambition démesurée concernant son audience. Politiquement, il ne s'agit pas d'un blog militant à proprement parler : j'exprime mes opinions, ne cache ni mes sympathies ni mes antipathies, mais ne fait campagne pour personne. Sur le plan culturel, là aussi, je fais la promotion de ce qui me plait, mais sans forcément chercher le consensus ou, à l'inverse, la provocation gratuite. J'accueille des lecteurs venus de tout bords, et ne censure les commentaires que très légèrement, uniquement lorsque j'ai affaire à de purs messages de propagande (un bonapartiste, un ségoléniste, et un illuminé adepte de la théorie du complot planétaire m'ont déjà fait le coup), ou à des messages orduriers et insultants, ce qui, heureusement, arrive rarement. En ce qui concerne la fréquentation quotidienne, les moyennes relevées suivent logiquement la progression du nombre de visiteurs mensuels, pour finalement arriver à un peu moins de 120 visiteurs en moyenne par jour durant le mois de janvier dernier...


Il y a donc un an que j'ai commencé à écrire sur ce blog, et à l'époque, j'aurai été bien incapable de dire ce à quoi celà allait aboutir, ni même combien de temps cette petite aventure allait durer. A la fin de la période des élections présidentielle et législatives, j'aurai pû m'arrêter, mais puisque ce blog avait des lecteurs et que j'avais noué des contacts divers avec d'autres acteurs de la blogosphère durant les mois précédents, je me suis dit que celà valait peut-être la peine de continuer... Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste - devenu, au mois de mai dernier, Le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste, suite à mon adhésion au Mouvement Démocrate - a été conçu, à l'origine, comme étant un blog politique et culturel. Après avoir, pendant plusieurs mois, alimenté ce blog en articles essentiellement politiques, du fait de l'omniprésence de l'actualité électorale durant les six premiers mois de l'année 2007, j'ai voulu, depuis le mois d'octobre dernier, faire de ce journal personnel en ligne, un blog où la culture aura désormais davantage de place, même si la politique restera présente, par ailleurs : voilà pourquoi, après avoir longuement suivi la campagne électorale présidentielle de 2007, réalisé une petite galerie des présidents de la Ve République, et tandis que je continue aujourd'hui d'observer les turpitudes de la vie politique, je parle également désormais de littérature, de musées et d'expositions, lorsque celà est possible. J'espère que cette année sera propice à la réalisation d'une série d'articles consacrés au cinéma, et plus précisément à l'ensemble des films ayant atterri dans ma vidéothèque, et que j'aimerai évoquer ici, même si je me doute bien que mes goûts personnels en matière cinématographique ne sont sans doute pas de nature à faire l'unanimité... Nous verrons bien, en tout cas, si le temps me permet de faire celà, car je suis fort occupé en ce moment...

Je remercie bien sincèrement les lecteurs qui ont pris la peine de parcourir ce site, de lire et de commenter les articles qu'il contient.
Je remercie également les collègues et amis blogueurs qui ont bien voulu me référencer sur leurs sites. J'espère pouvoir continuer l'aventure encore quelque temps - toujours en m'efforçant de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux -, et que les visiteurs apprécieront la suite de ladite aventure...

Cordialement, :-)


Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : "Platon et Aristote", détail de la fresque l'Ecole d'Athènes [1510-1511] par Raffaello Sanzio dit Raphaël, Rome, Palais du Vatican, Salle des Signatures ; Nicolas Sarkozy, le 28 janvier 2008 à l'université Paris-Sud 11, photographie de l'Agence France Presse, ©Jean Ayissi/AFP ; Tableau présentant le nombre de visiteurs uniques par mois durant un an [2007-2008] du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste ; Tableau présentant les moyennes mensuelles du nombre de visiteurs uniques par jour durant un an [2007-2008] du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
Voir les 4 commentaires
Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 04:56
Ainsi que l'annonce en a été faite le mois dernier, la première République des Blogs a eu lieu hier, samedi 26 janvier, à Toulouse. Conçu comme un rendez-vous où les blogueurs plus ou moins intéressés par la politique, ainsi que leurs lecteurs, se retrouvent pour discuter, échanger, se voir en vrai... Ainsi que celà est indiqué sur le site Internet RepubliquedesBlogs.net, "la République des blogs a été initiée à Paris, où la première édition a eu lieu en juin 2006. Elle réunit depuis régulièrement des blogueurs dans plusieurs lieux de France (et d'ailleurs), selon un même principe :
- l'événement est ouvert à tous
- il s'adresse avant tout aux blogueurs politiques, ceux qui se reconnaissent dans cette appellation
- il est non partisan
- le format est libre : on y discute, travaille, débat, boit, ou on regarde juste. Il n'y a pas d'agenda imposé."

La première République des Blogs de Toulouse a donc eu lieu hier, dans l'après-midi, au café le Buena Vista, place Occitane, dans le centre-ville. Le thème de ce premier rendez-vous étaient celui des transports. Dans le contexte des prochaines élections municipales, qui auront lieu au mois de mars, les candidats lancés dans la course à la mairie de la quatrième ville de France avaient été invités par les blogueurs à présenter leurs projets respectifs en matière de transports et à débattre avec les participants. Le contournement routier de Toulouse, le projet controversé d'un deuxième aéroport, la question du TGV à Toulouse, les transports en commun dans la Ville Rose et son agglomération - bus, métro, tramway -, le vélo et les pistes cyclables : les sujets ne manquaient pas dans le cadre de ce thème des transports, qui, par définition, concerne tous les citoyens, ce qui m'a décidé à venir à ce rendez-vous, même si je n'envisage pas, personnellement, de m'impliquer dans la campagne électorale des municipales.

Les candidats, ou leurs représentants, présents à ce rendez-vous étaient :

- Pierre Cohen, candidat du Parti Socialiste (PS), à la tête d'une liste d'union entre le PS, le PCF, les Verts, le PRG et le MRC ;
- Jean-Luc Forget, candidat du Mouvement Démocrate (MoDem) ;
- Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse, chargé des transports, venu représenter le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, candidat de l'UMP à sa propre succession ;
- François Simon, ancien membre du PS, candidat à la tête d'une liste de "gauche alternative", appelée "l'autre liste" - se voulant "altermondialiste, écologiste et citoyenne" -, accompagné d'une de ses co-listières écologiste.

Le rendez-vous a commencé en abordant la question des transports dits courts, concernant Toulouse et son agglomération. Chaque candidat a pris a la parole successivement, dans un ordre fixé après tirage au sort.

Jean-Luc Forget, le candidat du MoDem, a évoqué une menace d'asphyxie de la ville de Toulouse en matière de transports, et a expliqué que la méthode qui s'imposait sur cette question, comme pour les autres, était celle de la concertation avec la population, et du développement des partenariats avec les différents acteurs concernés par ladite question.
Il a ensuite abordé les différents axes de son programme. Pour lui, l'aménagement, souvent incohérent, du centre-ville de Toulouse doit être reconsidéré dans sa globalité. Forget, au passage, a évoqué l'aspect pour le moins "discutable" sur la forme, des récents aménagements avec blocs de béton colorés autour de la sortie "Capitole" de la ligne A du métro, dans la rue d'Alsace-Lorraine - une des principales voies du centre-ville -, aménagements décidés par la municipalité sortante et qui, il est vrai, ont tendance à être plus dignes du monde merveilleux et coloré des "Teletubbies" que de la capitale de la région Midi-Pyrénées, même si l'on peut apprécier, bien entendu, le fait que, par ailleurs, la rue Alsace-Lorraine soit devenu, dans le même temps, davantage réservée aux piétons ces derniers mois...


Forget a ensuite abordé, dans la foulée, la question des vélos. Approuvant la mise en place, ces derniers mois, d'un service toulousain de location de vélos semblable à celui existant à Paris, il souhaite que le vélo soit toutefois davantage favorisé, avec un réseau cyclable plus cohérent et plus sécurisé qu'il ne l'est actuellement... Puis, il a évoqué le problème de la future ligne de tramway Toulouse-Blagnac, en construction, allant des Arènes à Beauzelle, mais qui oublie de déservir l'aéroport de Blagnac alors qu'elle passe pourtant à côté... Il a souligné le fait que jusqu'à présent, sous l'actuelle municipalité, on a trop souvent tendance à mettre des équipements, mais que l'on se préoccupe qu'après-coup du problème des infrastructures de transports censées permettre aux usagers d'accéder aux équipements en question... Forget a terminé son intervention en souhaitant que soit mis en place des bus permettant de circuler de quartiers en quartiers sans forcément passer par le centre-ville de Toulouse - le réseau étant organisé essentiellement en étoile, vis-à-vis du centre-ville -, et en souhaitant également plus de cohérence en ce qui concerne les horaires des transports en commun par rapport aux besoins des usagers. Sur la forme, Jean-Luc Forget est un bon orateur, bien meilleur que beaucoup de personnalités du MoDem, pour autant que je puisse en juger. Sur le fond, s'il n'a pas voulu se lancer comme ses concurrents dans l'énumération d'un "catalogue" de promesses, il a pû peut-être donner l'impression de manquer de propositions précises. Mais il est vrai que le temps de parole imparti ne permettait pas forcément d'entrer dans les détails...

Jean-Michel Lattes, l'adjoint du maire UMP Jean-Luc Moudenc, en ensuite pris la parole. Il a énuméré les priorités qui seront celles de la majorité municipale sortante si elle est réélu cette année, en matière de transports : développer le réseau de tramway, prolonger les lignes, affiner l'offre de transports par rapport aux besoins des usagers - en mettant notamment en place une "multimodalité du ticket de transport", et s'inscrire dans la logique du développement durable. Employant une formule à la manière de Moudenc, il a appelé à une "paix des braves" sur la question des transports en commun, autrement dit à un consensus...
Sans surprise, le représentant de la majorité municipale sortante assume le bilan de celle-ci, et a pû le dire sans être interrompu outre mesure. S'il avait hésité à venir au rendez-vous, il a sans doute pû se rendre compte que la première République des Blogs de Toulouse n'avait rien d'un traquenard, même si l'assistance était surtout composé de personnes a priori peu favorable à Moudenc, dont l'absence a toutefois été regrettée... ;-)

Est venu ensuite le tour de François Simon et de sa jeune co-listière écologiste, prénommée Aurélia mais dont j'ai, hélas, oublié le nom. Simon a commencé par se réjouir que l'idée, qu'il avait déjà défendu par le passé, de mettre en place un tramway dans l'agglomération de Toulouse fasse aujourd'hui l'objet, finalement, d'un certain consensus, après avoir été longtemps négligée. Il place sa candidature et "l'autre liste" qu'il représente sous le signe de "l'exigence écologique et sociale", tout particulièrement en matière de transports, en affirmant notamment que dans vingt ou vingt-cinq ans, le déplacement individuel en voiture à Toulouse ne pourra plus être possible. Sa co-listière Aurélia a ensuite détaillé les propositions de "l'autre liste" : le développement des réseaux de bus inter-quartiers, et dans les banlieues, sans qu'il soit obligé de passer par le centre-ville de Toulouse ; l'aménagement d'horaires de transports nocturnes afin de répondre aux besoins des usagers allant dans ce sens, car il y a aujourd'hui un manque ; le dévelopement d'un projet de tramway circulaire ; le contournement ferrovière de Toulouse, afin de détourner notamment de la gare Matabiau les marchandises dangereuses - comme le chlore - qui y passent ; le développement du co-voiturage ; l'amélioration des pistes cyclables, en particulier leur sécurisation et leur prolongation. Elle affirme enfin que les représentants de "l'autre liste" sont d'accord avec le travail des associations concernant les transports et notamment avec le travail du Collectif PDU (www.collectifpdu.com), Collectif associatif sur le Plan de Déplacements Urbains de l'agglomération toulousaine, qui rassemble depuis 1997 des associations militant pour une politique des déplacements plus ambitieuse et durable dans l'agglomération qu'elle ne l'est actuellement. François Simon a ensuite repris la parole pour affirmer qu'il souhaite une mise en place de la gratuité des transports en commun, pour inciter à l'arrêt de la voiture. Il achève son intervention en disant que le centre-ville de Toulouse doit devenir piéton, pour qu'il n'y ait plus d'affrontements et d'accidents entre les cyclistes et les piétons, notamment dans la rue d'Alsace-Lorraine, comme l'a évoqué précédemment Jean-Luc Forget.
François Simon a été candidat du PS à l'élection municipale toulousaine de 2001, avant de quitter le parti et de se tourner vers la mouvance de la gauche dite alternative. C'est un vieux routier de la vie politique locale, qui connait son métier, et sans doute aussi le terrain. J'ai pû noter, comme d'autres, que son constat sur la situation des transports toulousains ainsi que plusieurs propositions de son programme paraissent relativement proches des positions de Jean-Luc Forget, ce qui prouve bien qu'un consensus peut être trouvé au delà des étiquettes partisanes en ce qui concerne une question comme celle des transports...


Enfin, Pierre Cohen, le candidat socialiste, a pris la parole. Il a d'abord évoqué le bilan de la majorité municipale sortante, qu'il juge paradoxal, puisque c'est au moment où l'on vient d'inaugurer la ligne B du métro - en juin dernier - que l'on s'aperçoit, derrière cette innovation longtemps attendue, que beaucoup de rendez-vous ont été manqués... Il évoque ainsi le manque de développement du transport en commun à Toulouse, et notamment l'absence de maillage - avec les autobus - pour le déplacement autour du métro, soulignant qu'un plan d'urgence est nécessaire pour régler ce problème, car il y a de fortes lacunes au niveau du réseau de bus... Evoquant la récente mise en place du service toulousain de location de vélos appelé VélôToulouse, peu de temps après les fameux Vélibs chers au maire de Paris - Bertrand Delanoë -, il a dénoncé un "plan com" de Moudenc. Cohen déclare vouloir créer un PDU (Plan de Déplacements Urbains) pour l'agglomération, compléter les deux lignes de métro par le tramway et faire une "circulaire intra-muros Garonne-Canal"... Evoquant le fait qu'on pourrait lui répondre qu'il n'y aurait pas de moyens pour financer un tel programme, il dénonce la volonté politicienne du maire UMP sortant de se couper de la possibilité d'un partenariat avec le Conseil Général de la Haute-Garonne, majoritairement à gauche. Pour se donner les moyens de s'occuper efficacement de la question des transports, Cohen appelle à un partenariat de la mairie avec le Conseil Général de la Haute-Garonne et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Il trouve le ticket de metro trop cher, et se déclare favorable à la gratuité allant de pair avec une augmentation de l'offre, mais avec une logique d'entrée dans la concurrence notamment vis-à-vis de la voiture : il propose ainsi d'inciter les usagers, avec des "tickets civiques" à ne plus utiliser systématiquement leur voiture. Il termine son intervention en évoquant la nécessité de mettre tous les acteurs de la ville autour de la table, vis-à-vis de cette question des transports, affirmant la nécessité d'une volonté politique pour faire avancer les choses...
Pierre Cohen se pose en principal adversaire de Jean-Luc Moudenc. Lui aussi est un vieux routier de la politique, qui, sans surprise, s'appuie sur le traditionnel clivage gauche/droite pour se positionner vis-à-vis du maire sortant...

La première République des Blogs de Toulouse s'est poursuivie ensuite par une séance de questions posées aux candidats par l'assistance. Quel coût pour les mesures proposées ? Quel mode de gestion des transports publics ? Quel place pour l'eau, et en particulier pour le fleuve, la Garonne, qui traverse Toulouse ?

François Simon répond que le développement du déplacement sur le canal du Midi pourrait être intéressant. Concernant le mode de gestion, il se prononce pour le retour à une régie directe des transports en commun. Concernant le coût, il déclare qu'il vaudrait mieux destiner le milliard d'euros consacré au projet de périphérique - le fameux grand contournement - au financement des transports en commun toulousains...

Jean-Michel Lattes, l'adjoint de Moudenc, se prononce contre la gratuité totale dans les transports en commun, affirmant que 40% des usagers bénéficient déjà de la gratuité, et que si celle-ci était étendue à toute la population, celà pèserait lourdement sur le dos du contribuable...

Pierre Cohen, sur la question du financement, rappelle simplement la nécessité de rétablir le partenariat de la mairie avec le Conseil Général de la Haute-Garonne, qui n'aurait pas dû être exclu du syndicat mixte Tisséo-SMTC qui organise les transports en commun...

Jean-Luc Forget, concernant le coût, souhaite une concertation plutôt que d'imposer un schéma pré-établi, et, en cas d'urgence, la possibilité d'un recours à la dette pour combler le retard accumulé depuis plusieurs années en matière d'aménagement des transports. Concernant la gratuité des transports en commun, Forget souhaite qu'elle existe pour les jeunes, les enfants, les sans-emplois, les personnes âgées, mais qu'elle ne soit pas générale, car celà aurait des effets pervers. Concernant la gestion, il se déclare que des délégations de service public sont possibles, mais à condition qu'elle soient bien préparées et encadrées... Enfin, concernant le canal du Midi, il ne considère pas que celà soit susceptible de constituer un axe majeur de circulation, mais précise que le devenir du canal est un sujet qui lui tient à coeur, et que ledit canal "mérite autre chose que d'être une poubelle".

Le rendez-vous s'est poursuivi en abordant le sujet des transports longs, au delà de la seule agglomération toulousaine. Je ne mentionne ici que l'intervention de Gérard Onesta, député européen Vert de la grande circonscription du Sud-Ouest, vice-président du Parlement européen et co-listier de Pierre Cohen, qui n'avait pas pris la parole jusque-là, et qui a tout simplement déclaré qu'"il faut sevrer Toulouse de la came de la bagnole", et donc qu'il ne faut pas de rocade supplémentaire, comme celà est envisagé... Concernant le projet du deuxième aéroport, il s'oppose également, car "Toulouse n'est pas déconnecté de la biosphère" et qu'un aéroport coûte très cher, en plus de poser des problèmes environnementaux : il vaudrait mieux un TGV pour Toulouse. Il conclut en insistant sur la nécessité d'aborder les problèmes dans une perspective globale.

Il y a eu d'autres questions, d'autres interventions, mais je ne pouvais pas tout noter... Voilà, mon compte-rendu touche donc à sa fin. Cette première République des Blogs de Toulouse m'a paru être un moment de débat politique intéressant, dépassant les clivages, et consacré à un sujet qui concerne tout le monde. Je craignais, au début, en entendant les conversations précédant le débat lui-même, que le MoDem soit un peu trop omniprésent lors de cette rencontre, mais finalement, l'affirmation, très claire, du caractère non partisan du rendez-vous par les organisateurs, a permis de ne pas se sentir comme étant dans une réunion de parti politique en campagne, les applaudissements ayant été, du reste, finalement très mesurés. Il y a eu quelques prises de becs avec un intervenant nourrissant peut-être quelque rancune personnelle avec certains intervenants invités, mais rien de bien grave... Ce rendez-vous m'a donc paru, dans l'ensemble, plutôt réussi. Félicitations aux organisateurs. Je regrette seulement de n'avoir guère eu l'occasion de discuter avec les autres blogeurs présents, à l'exception notable du
Petit Grognard. Un prochaine fois, peut-être ?
J'étais venu avec un de mes lecteurs, l'alias Dante, qui aura sans-doute des choses à dire en commentaire sur l'évènement. Je terminerai en disant que les interventions des candidats et les discussions de cette première République des Blogs toulousaine ont par moments été accompagnées, en fond sonore, par les sonneries débiles de téléphones portables reproduisant le générique musical du film La Soupe aux choux et celui de Magnum, p.i., la fameuse série américaine des années 1980 : celà a été l'occasion de franches rigolades... pour ceux qui savent rire du comique de situation, notamment lorsqu'il est involontaire... encore que, pour avoir des sonneries de portables pareilles, je me pose la question... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Pallas Tolosana, huile sur toile [1898] par Casimir Destrem, Salle des Illustres, Capitole, Toulouse ; La rue d'Alsace-Lorraine, à Toulouse, en janvier 2008, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; La rue d'Alsace-Lorraine, à Toulouse, en octobre 2007, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; Bannière électronique animée de la première République des Blogs de Toulouse du 26 janvier 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 23:55

"Je vis ma vie et je me fous des commentaires des uns et des autres. Ils ont eu l'habitude d'avoir à l'Elysée, depuis douze ans, Papi et Mamie. Moi, j'ai un nouveau style. Il va falloir que tout le monde s'adapte. Maintenant, les Français ont un vrai mec, à l'Elysée, qui en a et qui s'en sert."

(Sarkozy à un de ses amis par téléphone, cité in Le Canard Enchaîné N°4549, 2 janvier 2008)

Voilà le language qu'a tenu Sarkozy de Nagy-Bocsa à un de ses amis par téléphone, suite aux critiques qu'ont suscité son récent voyage en Egypte, durant les derniers jours du mois de décembre 2007, en compagnie de la chanteuse et ex-mannequin Carla Bruni, avec laquelle il entretient une relation amoureuse - grand bien leur fasse ! - depuis la fin du mois de novembre, relation qui a été rendue publique juste après la tapageuse visite de Kadhafi à Paris, comme pour essayer de faire oublier précisemment cette dernière... Il est vrai que l'actuel chef de l'Etat n'a, parait-il, pas apprécié que l'on puisse parler de "comportement ostentatoire" - l'expression a été employée par Ségolène Royal - à propos de son attitude lors de son séjour au pays des pharaons et des pyramides. Il n'y a pourtant que la vérité qui blesse, dans une situation comme celle-ci, serait-on tenté de dire...

Que pourrais-je, pour ma part, vous dire à propos de l'actuel président de la République et de sa relation avec Carla Bruni, qu'il a donc emmenée fin décembre en voyage dans la vallée du Nil et le week-end dernier en visite privée en Jordanie ?
Rien. Ou si peu. Carla Bruni est une très belle femme. Vraiment très belle. Un point, c'est tout. Que voulez-vous, je ne suis pas chroniqueur mondain. En ce qui concerne l'attitude de Sarkozy évoquée dans le Canard Enchaîné du 2 janvier, en vérité, les propos cités par ledit Canard reproduits plus haut résument très bien à eux seuls - surtout la dernière phrase - toute la vulgarité de Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout son égocentrisme, toute sa bêtise aussi, sans que j'ai besoin d'en rajouter... Je n'ai que faire de ce Sarko-show permanent, qui est, hélas, bien parti pour se prolonger durant l'année 2008, et auquel j'ai été à nouveau confronté dès mon retour de Belgique, la semaine dernière... Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à en avoir soupé de ce tourbillon médiatique permanent, et à ne pas vouloir désormais accorder d'importance excessive aux faits et gestes de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Du reste, je m'y engage : l'année 2008 ne verra point d'inondation médiatique sarkozyenne envahir intempestivement le présent blog !
Seulement voilà : en tant que citoyen électeur, il me faut bien me tenir un peu au courant de l'actualité politique, même si celle-ci a un peu tendance, depuis l'année dernière, à se confondre régulièrement avec ce que l'on appelle l'actualité "people" - je déteste ce mot, mais je me résigne à l'employer afin d'être compris de tous...
Ainsi, j'ai donc fait un gros effort hier, 8 janvier 2008 : j'ai pris connaissance de l'évènement politique du jour, à savoir la conférence de presse de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et des propos que l'actuel chef de l'Etat y a tenu pendant plus de deux heures... Sarkozy a notamment beaucoup parlé d'un nouveau concept qui lui tient à coeur, emprunté au sociologue Edgar Morin, la "politique de civilisation", qu'il avait déjà promis de mettre en oeuvre, parait-il, lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre - étant alors à l'étranger, j'ai râté cette première prestation télévisée de la St-Sylvestre du nouveau chef de l'Etat, mais j'avoue que celà ne m'a pas manqué... ;-). De cette "politique de civilation", je ne sais trop que penser, sinon que, sur la forme tout du moins, le concept me fait l'effet d'un nouveau hochet que Sarkozy s'applique à agiter frénétiquement devant les yeux du public, en espérant peut-être que la majorité des citoyens va encore vouloir, en buvant ses paroles, rester endormi dans le Teletubbyland qu'a été la France durant ces derniers mois (voir l'article intitulé "Teletubbyland et Réalité..." du mois d'octobre dernier)... Pour le reste, rien de nouveau sous les projecteurs du Sarko-show, si ce n'est un contexte de baisse de popularité - enfin ! - pour l'actuel président de la République... reproduits plus haut résument très bien à eux seuls - surtout la dernière phrase - toute la vulgarité de Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout son égocentrisme, toute sa bêtise aussi, sans que j'ai besoin d'en rajouter... Je n'ai que faire de ce Sarko-show permanent, qui est, hélas, bien parti pour se prolonger durant l'année 2008, et auquel j'ai été à nouveau confronté dès mon retour de Belgique, la semaine dernière... Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à en avoir soupé de ce tourbillon médiatique permanent, et à ne pas vouloir désormais accorder d'importance excessive aux faits et gestes de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Du reste, je m'y engage : l'année 2008 ne verra point d'inondation médiatique sarkozyenne envahir intempestivement le présent blog !


En baisse dans les sondages, Sarkozy s'explique face à la presse


En baisse dans les sondages, le président français Nicolas Sarkozy s'explique mardi [8 janvier] au cours d'une conférence de presse fleuve pendant laquelle il s'est engagé à répondre à toutes les questions, y compris celles sur sa relation avec l'ancien top-model Carla Bruni qu'il pourrait bientôt épouser.
En ce début d'année, si M. Sarkozy affiche son bonheur et son idylle avec Carla Bruni, sa popularité recule. Il perd 7 points en un mois, à 48% contre 45% de mauvaises opinions, selon l'institut CSA, alors qu'un autre sondage LH2 le donne en baisse de deux points, conservant toutefois une opinion positive auprès de 54% des Français.
Un troisième sondage confirme cette tendance: selon l'Ifop, le chef de l'Etat français perd 4 points par rapport à décembre, même s'il recueille toujours l'approbation de 53% des Français contre 46% qui le désapprouvent.
C'est dans ce contexte de "trou d'air" que M. Sarkozy devrait défendre son bilan, huit mois après sa conquête de l'Elysée.
Face à près de 500 journalistes d'une quarantaine de pays, il devrait, pendant deux heures, évoquer notamment la question du pouvoir d'achat, devenue la préoccupation essentielle des Français, les délicates négociations sociales à venir, un éventuel remaniement ministériel et les grandes questions internationales.
Mais une question pourrait éclipser en partie toutes les autres: celle sur sa vie privée et les rumeurs d'un mariage -la date du 9 février a été avancée par un journal- avec Carla Bruni.
Le chef de l'Etat, 52 ans, a d'ores et déjà averti qu'il évoquerait ses vacances en Egypte avec Carla Bruni, 39 ans, qui ont provoqué une polémique.
L'opposition s'interroge en effet sur la générosité de l'ami du président, l'homme d'affaires Vincent Bolloré, qui a prêté à M. Sarkozy son jet privé pour ce déplacement après avoir mis à sa disposition son luxueux yacht pour une croisière à Malte immédiatement après son élection en mai.
Selon l'enquête du quotidien Libération qui titre sur une "fin de la lune de miel dans les sondages", une grande majorité de Français désavoue désormais la manière dont leur président étale sa vie privée, deux mois après son divorce avec Cécilia. Ils sont 63% à juger qu'il "affiche trop sa vie privée".
"La médiatisation de la vie personnelle du président, touchant à l'image de la fonction présidentielle, heurte visiblement des secteurs traditionnels de soutien de la majorité", a analysé dans la presse le politologue Stéphane Rozès.
"Il a le droit d'être heureux comme tout le monde", a répliqué une de ses conseillères, Catherine Pégard. "Il a fait le choix d'assumer tout ça".
Au-delà de sa vie privée, le président qui a mené campagne avec le slogan "travailler plus pour gagner plus" déçoit ses compatriotes sur la question de l'amélioration de leur pouvoir d'achat. Ils sont désormais 62% à juger que ses mesures dans ce domaine "ne sont pas suffisantes".
Le moral des Français est d'ailleurs en berne. Pour le cinquième mois consécutif, il a poursuivi sa baisse en décembre, atteignant son plus faible niveau depuis mai 2006.
"Au moment où les Français font leurs comptes et redoutent les hausses des tarifs, la question du pouvoir d'achat est réactivée. Or, Nicolas Sarkozy est attendu sur ce terrain", estime encore M. Rozès.
Mais la marge de manoeuvre du chef de l'Etat est limitée en raison des incertitudes économiques et d'une croissance de moins de 2%. M. Sarkozy a lui même reconnu que les caisses étaient "vides", tout en affichant sa volonté de poursuivre tambour battant son programme de "rupture".
Pour le Parti socialiste, M. Sarkozy chute dans les sondages parce qu'il "n'obtient pas" de résultats. Le PS a estimé que le président pourrait être contraint à un plan de rigueur après les élections municipales de mars.
Le quotidien Le Monde, dans un éditorial titré "le roi est nu", estime que M. Sarkozy devrait "surtout cesser de faire cavalier seul" car la France ne "s'en sortira pas sans ses partenaires européens".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 8 janvier 2008, 7h22)

Sarkozy souhaite la fin des 35 heures et évoque son possible mariage

Nicolas Sarkozy a souhaité la fin des 35 heures en 2008 et laissé entendre qu'il pourrait épouser Carla Bruni, affichant une volonté de réforme et de rupture intacte, lors d'une conférence de presse-fleuve mardi [8 janvier] à l'Elysée.
"J'ai été élu en promettant un changement en profondeur, une véritable rupture", avait lancé le président de la République dans un propos liminaire d'une quarantaine de minutes, évoquant à nouveau "la politique de la civilisation" qui est pour lui "la politique de la vie".
S'avançant sur ce terrain éthique, il a promis de faire inscrire avec l'aide de Simone Veil, l'égalité entre hommes et femmes, le respect de la diversité, l'intégration et les questions de bioéthique dans le préambule de la Constitution.
Après cette entrée en matière au cours de laquelle il a notamment cité "l'amour, l'ouverture aux autres, l'humanisme, le respect", le chef de l'Etat a tenu à montrer, sur fond de sondages moroses, qu'il abordait 2008 avec une volonté de réforme intacte.
A un journaliste qui lui demandait s'il voulait "la fin au moins réelle des 35 heures", il a répondu: "Pour vous dire les choses comme je pense, oui".
Le président a été à peine moins clair sur sa relation avec l'ancien top-model Carla Bruni. Avec elle, a-t-il dit, "c'est du sérieux", mais en cas de mariage, "il y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait".
Comme promis, le président a abordé tous les sujets.
Il a ainsi réclamé qu'en matière d'immigration, la France aille "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas". Il a aussi souhaité la création d'une juridiction spécialisée dans le droit des étrangers.
Sur le plan économique et social, il a annoncé avoir chargé deux Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, de réfléchir à changer les instruments de mesure de la croissance. Il a souhaité que le niveau de la participation et de l'intéressement aux résultats des entreprises, pour les salariés, soit "fortement relevé". Un "doublement ou un triplement de la réserve de participation" ne le choquerait pas.
Affichant son volontarisme dans le domaine de l'industrie, il a souhaité faire de la Caisse des dépôts "un instrument de la politique de défense" des entreprises face à la montée des fonds spéculatifs. Nicolas Sarkozy a appelé à un "changement complet de gouvernance de l'hôpital, de fond en comble" en 2008 parce "que l'hôpital n'est plus gouverné".
Sur le terrain des médias, il a déclaré vouloir "réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" de télévision.
Dans le domaine de l'éducation, il a promis le lancement de dix "projets de rénovation universitaire" pour lutter contre le "délabrement" des universités françaises. Le président souhaite donner "la priorité à l'école primaire", mais "cette politique prendra du temps", pour "être mise en oeuvre" et "produire ses effets".
Il s'est encore dit prêt à "recourir à la clause de sauvegarde" sur les OGM, s'il y a des "doutes sérieux" sur ceux qui sont cultivés en France.
Il a aussi défendu l'idée d'un "Grand Paris", promettant de ne pas "laisser (le) projet s'enliser", car "la situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable".
En matière de diplomatie, il a répété que la France "se fera l'avocate" de l'Allemagne, du Japon, du Brésil, de l'Inde et d'un pays africain pour qu'ils deviennent membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le gouvernement au grand complet avait pris place avec 600 journalistes dans la salle des fêtes du palais présidentiel.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 8 janvier, 13h42)


Parler pour ne rien dire, ou presque... C'est ainsi qu'on pourrait résumer à grands traits la prestation sarkozyenne... Rien de nouveau sous le soleil, en effet... Sarkozy de Nagy-Bocsa veut la suppression des 35 heures de temps de travail par semaine ? Quelle surprise ! Il veut la "rupture" partout, dans tous les domaines ? Quelle révélation ! Et il affirme une volonté sans faille de réformer le pays pour un "changement en profondeur" : non, vraiment, il n'y a rien de nouveau depuis la campagne électorale présidentielle de l'année dernière... Sarkozy reste, en outre, très attaché à l'évocation des bons sentiments, de l'amour, de la vie, et de formules creuses sur lesquelles je ne m'étendrais pas... Bref, le chef de l'Etat a parlé, multiplié les déclarations d'intentions, et, comme d'habitude, son habileté de politicien, réelle, n'a pas pû dissimuler le néant derrière le flot de paroles...
Rien de neuf, donc. Le discours est toujours le même, et il est, du reste, toujours aussi énervant...
Disons-le donc très clairement : en pratiquant ces sempiternelles gesticulations devant les journalistes, les cameramen et les photographes, en passant son temps à occuper le terrain politique avec des formules creuses et sans avoir de vraies solutions aux vrais problèmes du pays, en mettant médiatiquement en scène sa vie privée comme sa vie publique, en usant et abusant de tout celà sous prétexte de "rupture", Sarkozy de Nagy-Bocsa prends les citoyens électeurs pour des imbéciles et, en plus, se croit très malin d'agir comme il le fait. Dès lors, bien que je pense avoir été suffisemment bien élevé pour ne pas être, d'ordinaire, publiquement grossier,  je suppose qu'aujourd'hui, il me faut le dire, en toute franchise, et avec honnêteté, une bonne fois pour toutes, pour ne plus avoir y revenir : Sarkozy est un con et sa logorrhée, je le crains, n'est pas autre chose que de la merde verbale. Voilà, c'est dit. Evidemment, si je prononçait ces mots devant lui, peut-être aurais-je quelques problèmes avec la justice, et connaissant le personnage public, sans doute l'actuel chef de l'Etat prendrait un malin plaisir, devant les caméras, à souligner - peut-être en me tutoyant - combien je suis grossier, bien que lui-même ne se prive pas d'insulter et d'humilier son prochain lorsque l'occasion se présente. Il me faut donc essayer d'emballer mes mots grossiers avec un peu de poésie... Voici donc quelques "vers", peut-être mal assortis sur la forme, mais tout-à-fait sincères sur le fond, et qui sont fort modestement et largement inspirés de la lettre d'adieu radiophonique à Plantier, lue par Jean Yanne interprétant le rôle d'un animateur de radio - Christian Gerber - confronté à son supérieur hiérarchique - Plantier - dont il dénonce la politique médiatique d'instrumentalisation de la religion et des bons sentiments à des fins mercantiles, dans le film satirique Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972) dudit Jean Yanne. Voici ce que celà donne, pour le meilleur et pour le pire :

Sarkozy, vous êtes un con. Vous me trouvez grossier ?
Et bien moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire.
Vous ne comprenez pas ? Je vais vous expliquer :
Dire "merde" ou "gros con", c'est simplement grossier.
Maintenant voyons donc tout ce qui est vulgaire.
Prendre une voix assurée et avec surenchère,
Vendre, avec des slogans, au bon con d'électeur,
Sa prétendue "rupture" ou ses histoires de coeur.
Connaissant leurs effets sur les foules apathiques,
Faire appel aux médias pour vanter sa boutique.
Employer les plus bas et les plus sûrs moyens,
Faire des beaux discours sur la vie, sur l'humain,
Sur l'amour. Enfin, jouer sur les bons sentiments,
Afin de mieux fourguer son programme affligeant,
Tout cela c'est vulgaire, ça pue, ça intoxique
Mais cela fait partie de votre jeu médiatique
Vendre la merde, oui, mais sans dire un gros mot.
Tout le monde est gentil, tout le monde il est beau.
Mais là, mon cher Sarkozy, vous ne pouvez comprendre,
Et dans un tel combat, je ne puis que me rendre,
Alors Sarkozy, salut, je préfère me taire,
Je crains, en continuant, de devenir vulgaire.

Voilà. Cette fois-ci, le sac est bien vidé. On l'aura compris, j'en ai soupé de ces gesticulations sarkozyennes qui ne sont que du vent, et j'espère bien ne plus avoir à y revenir de sitôt... même si, durant les prochaines années, il risque d'être, hélas, encore longtemps difficile d'essayer de discerner ce qui est important de ce qui ne l'est pas, dans les actions et les beaux discours de l'actuel chef de l'Etat, pour qui essaye de jouer son rôle de citoyen et de faire preuve d'esprit critique... Tyrannies de l'urgence et des apparences, encore et toujours... Peu à peu, cependant, le vent tourne, la chute dans le réel tant attendue se produit, et on commence enfin à prendre progressivement la mesure de ce que nous avons "gagné" avec le résultat de l'élection présidentielle de l'an passé... Ce n'est pas trop tôt. Et croyez-moi, ce quinquennat, on va le sentir passer, d'une manière ou d'une autre, car pour peu que l'on utilise un peu sa cervelle, la vacuité du discours sarkozyen, et l'investissement dans le seul court terme que représentent l'action politique de l'actuel président de la République, apparaîtront finalement, tôt ou tard, pour ce qu'elles sont : au mieux, la non-rupture avec Chirac, au pire, une entreprise de démolition.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Khaled Desouki/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008 au palais de l'Elysée, à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, © Khaled Desouki/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008 au palais de l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée à Paris, le 7 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 15:58
Alors que je m'apprête, ce soir même, vendredi 28 décembre, à quitter une nouvelle fois Midi-Pyrénées par train de nuit, pour aller passer le réveillon du Nouvel An au bord de la mer du Nord - dans la région d'Ostende, en Belgique -, c'est sans doute le moment ou jamais de faire un petit bilan de l'année qui s'achève. Sans vouloir entrer dans les détails - je n'en ai pas le temps -, je dirais simplement que l'année 2007 aura été une année... franchement pas terrible - si vous me permettez cette expression -, surtout sur le plan politique. A qui la faute, me direz-vous ? A Sarkozy de Nagy-Bocsa bien sûr, et à ceux qui ont voté pour lui au printemps dernier. Maintenant, les dés sont jetés, et on verra bien à quoi la France ressemblera dans cinq ans... Ce qui est certain, c'est que l'année 2008 ne pourra pas, a priori, être pire que ce qu'aura été, politiquement, l'année 2007... Pas de doute, donc : il y a encore de l'espoir, et pour ma part, je n'oublie pas l'une de mes devises, empruntée à Nietzsche : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts." Nous ne sommes pas morts : donc, l'histoire continue...

Je ne hais pas Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il y a longtemps maintenant que je ne le hais plus. Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, j'éprouve à l'égard de l'actuel président de la République française un subtil mélange de détestation, de pitié et de mépris. Je le déteste, lui et tout ce qu'il représente, et en même temps, j'ai pitié de cet homme, de la pauvre vie qu'il mène, de ses gesticulations sur-médiatisées, et j'éprouve également un certain mépris vis-à-vis de ses discours qu'il adresse aux citoyens et de ses tentatives, assez minables, pour essayer de détourner l'attention de l'opinion publique des vrais problèmes du pays...
Pas de haine, donc, mais des sentiments mêlés, et, en tout cas, une volonté citoyenne, toujours présente, de m'opposer résolument à Sarkozy. Ni plus, ni moins.

Alors que 2007 touche à sa fin, j'ai une pensée "émue" pour celui qui nous a quitté, politiquement, en mai dernier : une pensée pour Jacques Chirac... ;-)


Son portrait officiel, réalisé en 1995 par la photographe Bettina Rheims, n'orne plus les mairies, les ambassades de France, les commissariats de police, les ministères, les écoles, et autres établissements publics, ledit portrait ayant été remplacé par celui de la Honte, c'est-à-dire, bien entendu, par celui de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Il y a longtemps que, pour sa part, Bettina Rheims est retourné à son activité habituelle, celle de réaliser des photographies sensuelles des célébrités de notre époque, ainsi qu'elle l'a prouvé encore récemment en photographiant l'actrice Monica Bellucci pour un numéro du magazine Paris Match paru en octobre dernier...


Quant
à Jacques Chirac, après quelques mois d'éclipse médiatique, suite à son départ de l'Elysée, il est revenu quelque-peu sous les projecteurs de l'actualité en novembre dernier, deux jours avant son anniversaire...

Rendez vous compte, chers lecteurs : pendant des années,
j'en ai rêvé, et le mois dernier, une juge l'a fait... ;-)

Jacques Chirac inculpé de détournement de fonds

Six mois après son départ du pouvoir, l'ex-président de la République Jacques Chirac, 74 ans, a été inculpé mercredi [21 novembre] pour "détournement de fonds" dans une affaire remontant à l'époque où il était maire de Paris, une décision sans précédent en France.

C'est en effet la première fois qu'un ancien président de la République française est ainsi mis en cause par la justice.

M. Chirac a été mis en examen dans le dossier des chargés de missions de la mairie de Paris, une affaire d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris avant 1995, au bénéfice de proches du RPR (Rassemblement pour la République), le parti de Jacques Chirac devenu l'actuel UMP (Union pour un mouvement populaire) au pouvoir.

M. Chirac, entendu pendant trois heures au pôle financier du palais de justice de Paris, n'a pas été soumis à un contrôle judiciaire.

Les faits qui lui sont reprochés sont passibles de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Justifiant son action, l'ex-président a souligné qu'il ne s'était jamais personnellement enrichi, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde au moment ou tombait l'annonce de son inculpation.

Mais cette décision, qui signifie que la juge Xavière Simeoni considère avoir des "indices graves et concordants" contre M. Chirac, a fait l'effet d'un coup de tonnerre.

Après 12 années à la tête de l'Etat, M. Chirac a été remplacé le 16 mai par Nicolas Sarkozy. Il a perdu le 17 juin l'immunité liée à sa fonction présidentielle pour retrouver un statut de justiciable ordinaire.

Depuis, l'épée de Damoclès des "affaires" pesait sur l'ex-président, qui s'est montré discret depuis sa retraite et siège de droit parmi les "sages" du Conseil constitutionnel en tant qu'ex-président.


Son nom était apparu à plusieurs reprises dans des dossiers qui ont valu à plusieurs de ses proches, dont l'ex-Premier ministre Alain Juppé, d'être déjà condamnés.

L'avocat de M. Chirac, Me Veil, a tenté de minimiser la portée de l'inculpation, décrite comme un acte de procédure logique. "On ne peut pas interroger quelqu'un dans un dossier qui dure depuis autant d'années sans qu'il soit mis en examen", a-t-il fait valoir.


Vingt personnes sont soupçonnées d'avoir attribué des emplois de complaisance ou d'en avoir bénéficié dans les années 80-90, du temps des maires Jacques Chirac (1977-1995) et de son successeur Jean Tiberi (1995-2001).


Dans sa tribune au Monde, M. Chirac reconnaît avoir "souhaité ou autorisé" les recrutements de chargés de mission car ils étaient "légitimes autant que nécessaires".


Et, surtout, "jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis aux services d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et Parisiens. Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel", écrit M. Chirac.


Dans cette affaire, les policiers s'intéressent aussi à la fille de M. Chirac, Claude, conseillère à la mairie de Paris de 1989 à 1993.


M. Chirac avait déjà été entendu en juillet dans le cadre d'une autre affaire liée à la mairie, concernant des emplois fictifs (sans aucune prestation réelle pour les Parisiens) et non simplement de complaisance.


Les proches de M. Chirac ont salué sa "dignité" et rappelé qu'il bénéficiait de la présomption d'innocence, certains prônant une amnistie.


Le Parti socialiste a joué la discrétion, son chef François Hollande jugeant qu'il fallait éviter "une polémique inutile".


Le député Arnaud Montebourg a néanmoins estimé que cette décision arrivait "trop tard".


La ministre du Logement, Christine Boutin, a elle parlé d'une décision "tragique" pour "l'image de la France".


"Une fois encore, l'image de la France est salie par celui dont la fonction était de la valoriser", a réagi le leader d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen, vieil ennemi politique de M. Chirac.


M. Chirac, qui aurait traversé un moment de dépression après son départ du pouvoir, selon des médias, prépare le lancement d'une fondation sur l'environnement et le développement. Son épouse Bernadette l'a décrit comme "un retraité comme d'autres retraités" qui "veut se rendre utile".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 novembre 2007, 18h13)

Chirac veut se battre pour "la vérité" et pour son "honneur"


Jacques Chirac, ancien président de la République mis en examen dans l'affaire des chargés de mission de la mairie de Paris, a affirmé jeudi [22 novembre] sur TF1 qu'il se battrait "pour la vérité" et pour son "honneur".
Mis en examen mercredi pour "détournement de fonds publics" dans l'affaire des chargés de mission de la ville à l'époque où il en était le maire, M. Chirac a déclaré dans une courte interview enregistrée à son bureau: "mon état d'esprit, c'est d'abord la sérénité et ensuite la volonté de me battre".
"Je vais me battre, avec le respect que l'on doit naturellement à la justice", a-t-il poursuivi.
"Je n'accepte pas qu'on dise n'importe quoi sur cette affaire, que l'on foule aux pieds le principe de la présomption d'innocence et par conséquent, je vais me battre à la fois pour la vérité et pour mon honneur", a lancé l'ex-chef de l'Etat.
"Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel et d'ailleurs personne ne le prétend, que les choses soient claires", a-t-il réaffirmé. "Revenons sur terre", a-t-il dit.
"Dans cette affaire, il s'agit d'une vingtaine d'emplois répartis sur une période de 18 ans", a insisté M. Chirac.
"Naturellement, il n'y a aucun détournement de fonds publics, puisque ces emplois étaient nécessaires au bon fonctionnement de la ville de Paris, et qu'ils ont été autorisés par délibération votée par le conseil de Paris", a-t-il répété.
Interrogé sur la lettre de ses anciens directeurs de cabinet détaillant leur mission auprès de lui, M. Chirac a répondu: "j'ai eu connaissance bien sûr de la lettre de mes anciens directeurs de cabinet. Tout ce que je peux dire, c'est que je souscris totalement à ce qu'ils ont écrit".
Dans cette lettre que l'AFP a pu consulter, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled expliquent qu'à l'exception de quelques collaborateurs qu'ils recrutaient personnellement, ils ne pouvaient en aucun cas ordonner "de procéder à un recrutement de chargé de mission".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 novembre 2007, 20h48)

Sarkozy de Nagy-Bocsa, de son côté, semble moins soucieux qu'avant de "passer au Karcher" les dossiers judiciaires dans lesquels est impliqué son prédécesseur à la plus haute charge de l'Etat, et il semble désormais être davantage préoccupé par le fait que Jacques Chirac siège au Conseil constitutionnel alors qu'il fait l'objet, en même temps, de poursuites judiciaires...

Chirac vu de l'Elysée


Dans un style très peu présidentiel, Sarko a réglé en deux phrases le cas Chirac, mis en examen, comme on sait, pour détournement de fonds publics.
 "Il ne pourra pas continuer à siéger au Conseil constitutionnel, a-t-il dit le 21 novembre à ses collaborateurs. Le Conseil ne peut se permettre de laisser siéger des mecs poursuivis par la justice." Le "mec" en question appréciera.
 Sarkozy a profité de l'occasion pour souhaiter à nouveau, comme le préconise la commission Balladur, que les anciens présidents de la République ne soient plus membre de droit du Conseil constitutionnel.
 "Il faut au Conseil, a-t-il affirmé, des gens qui sont des experts en droit, pas des politiques qui ont des comptes à régler."
 Pour cela, rien ne vaut l'Elysée.

(Le Canard Enchaîné N°4544, 28 novembre 2007)

"Revenons sur terre" a donc dit Chirac, il y a quelques semaines... Revenir sur Terre, politiquement, oui, il serait grand temps, pour ceux qui n'auraient pas encore été réveillés par les divers mouvements de grève du mois dernier, dirigés - trop tard, et en vain, il est vrai - contre la gouvernance sarkozyenne... Et pour ce qui est de Chirac, bien que j'ai ardemment souhaité son inculpation pendant des années, il y a longtemps que j'ai anticipé ma chute dans le réel : de fait, je ne me fais pas de souci pour l'avenir judiciaire de l'ancien président de la République, car il est fort probable qu'il réussira, cette fois encore, à s'en sortir, comme d'habitude...
Retour sur Terre, "Back to the Earth" en anglais... celà ferait un bon titre de SF... ou de fantasy... ;-)


Bonne Année 2008 à tous ! :-)

Amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy posant devant le Bund de Shanghaï, en Chine, le 27 novembre 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Détail du portrait officiel de Jacques Chirac, président de la République, photographie par Bettina Rheims, 1995 ; Photographie de l'actrice Monica Bellucci, par Bettina Rheims, 2007, publiée dans Paris Match N°3048, 18 octobre 2007 ; Jacques Chirac le 6 juillet 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Patrick Kovarik ; Valéry Giscard d'Etaing, Jean-Louis Debré et Jacques Chirac le 15 novembre 2007 au Conseil constitutionnel, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP ; Capture d'écran réalisée le 22 novembre 2007 de Jacques Chirac s'exprimant sur la chaîne de télévision TF1 ; Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le 21 mars 2007, lors d'une cérémonie pour honorer Lucie Aubrac, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /Déc /2007 23:51
Voilà. Il est enfin parti. Hier après-midi, samedi 15 décembre, au terme d'une visite d'une durée exceptionnelle - cinq jours -, le colonel Mouammar al-Kadhafi a quitté la France, où il avait été invité par Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il s'agissait de son premier voyage de ce genre dans notre pays depuis 1973. Bien qu'une actualité chasse l'autre en permanence, dans la France du sarkozysme omnipotent, je suppose qu'il faut tout-de-même que j'en dise quelques mots... Deux dépêches de l'Agence France Presse peuvent suffire à résumer, à grands traits, cette visite qui, c'est le moins que l'on puisse dire, a fait beaucoup de bruit...

Le colonel Kadhafi arrive à Paris pour une visite très controversée


Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi arrive ce lundi en France pour une visite officielle de cinq jours scellant la réconciliation entre Paris et Tripoli mais dénoncée par l'opposition, qui fustige l'accueil d'un "dictateur" et la "realpolitik" du président Nicolas Sarkozy.

La Libye a annoncé son intention d'acheter pour plus de 3 milliards d'avions Airbus, un réacteur nucléaire et de nombreux équipements militaires lors de cette visite, la première de M. Kadhafi en France depuis 34 ans.


Le "Guide" libyen arrivera en début d'après-midi à Paris, où il sera immédiatement reçu par M. Sarkozy au Palais présidentiel de l'Elysée. Un dîner sera donné en son honneur dans la soirée. Un second entretien est prévu mercredi. Au sommet UE/Afrique de Lisbonne ce week-end, M. Sarkozy a assuré au dirigeant libyen être "très heureux" de le recevoir.


La libération des infirmières bulgares détenues en Libye en juillet, dans laquelle M. Sarkozy a joué un rôle central, a ouvert la voie à une normalisation des relations entre Paris et Tripoli.


La France considère désormais que M. Kadhafi, longtemps placé au ban des nations occidentales, s'est engagé sur le chemin de la "respectabilité", après avoir notamment renoncé à soutenir le terrorisme et à développer des armes de destruction massive.


M. Sarkozy a espéré que cette visite permette de conclure une série d'accords économiques avec le 3e producteur de pétrole africain, important marché potentiel pour les industriels français. Paris négocie notamment la vente d'une dizaine d'avions de combat Rafale, que Dassault Aviation n'a encore jamais réussi à exporter.


Mais l'opposition tire à boulets rouges sur l'accueil réservé à M. Kadhafi, surtout après ses dernières déclarations à Lisbonne où il a justifié le recours au terrorisme par les "faibles". Le chef du Parti socialiste François Hollande a accusé M. Sarkozy de recevoir un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes".


Les critiques se sont étendues jusqu'au sein du gouvernement. Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, venu de la gauche, a pris ses distances et la jeune secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade a déclaré que Paris ne devait pas "recevoir le baiser de la mort" de Kadhafi.


Durant son séjour, M. Kadhafi résidera à l'hôtel Marigny, près de l'Elysée. Fidèle à son image, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de cette résidence officielle pour y recevoir ses hôtes.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 décembre 2007, 07h17)

Le colonel Kadhafi boucle en France une visite en forme de coup d'éclat


Le colonel libyen Mouammar Kadhafi a bouclé vendredi une visite en France en forme de coup d'éclat qui a soulevé une bronca rarement vue malgré la promesse de milliards d'euros de contrats civils et militaires.

Pour son dernier jour, le "guide" libyen s'est offert une visite au château de Versailles, où il a pu longuement poser devant le trône de Louis XIV, le "roi Soleil" qu'il dit admirer.


A tous points de vue, cette visite aura été hors normes: par sa durée, cinq jours, le torrent de critiques suscitées, et surtout la personnalité encombrante de l'hôte du président Nicolas Sarkozy.


Pour son retour en France après 34 ans d'absence, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de sa résidence officielle. A la tête d'une imposante délégation, il a sillonné Paris dans une longue limousine blanche, escorté par ses célèbres "amazones" en treillis.


Il est surtout resté fidèle à son image de leader imprévisible quand il a démenti le président Sarkozy en affirmant ne pas avoir discuté avec lui du sujet ultra-sensible des droits de l'Homme. Puis, quand il a demandé à la France et aux Européens de mieux respecter leurs immigrés avant de lui donner des leçons.


Après la signature de contrats bouclée dès lundi soir, un double entretien avec Nicolas Sarkozy et une visite à l'Assemblée nationale, boycottée par l'opposition, M. Kadhafi a consacré son séjour au tourisme: promenade sur la Seine, visites du musée du Louvre puis du château de Versailles.


L'opposition socialiste a raillé le "circus Kadhafi" et accusé M. Sarkozy d'avoir donné une légitimité à un "dictateur". Même dans les rangs de l'UMP, beaucoup ont jugé que Paris en avait trop fait.


"Il faut parfois dîner avec le diable, oui, mais avec une longue cuillère et sans lui servir la soupe", a assuré le député PS Pierre Moscovici.


M. Sarkozy a rejeté les critiques, expliquant qu'il fallait "parler à tout le monde" et encourager la marche de la Libye vers la "respectabilité", cinq mois après la libération des soignants bulgares détenus en Libye.


Il a souligné que cette visite était profitable à la France, grâce à des retombées commerciales qu'il a chiffrées à plus de 10 milliards d'euros. Mais des interrogations entourent ce chiffre, une partie des contrats relevant de lettres d'intention ou étant des confirmations.


"Ce genre de gros contrats est négocié longtemps à l'avance. Et ce sont des investissement de très long terme", relativise l'analyste Nicolas Bouzou. Mais "si entre 5 et 10 milliards sont récupérés au final ce sera pas mal", ajoute-t-elle.


Dans la corbeille, la vente d'au moins un réacteur nucléaire civil, 21 Airbus, et de gros espoirs de ventes d'armes, notamment de 14 avions Rafale de Dassault.


Cette moisson n'a pas suffit à apaiser les réserves des Français qui, à 52%, ont désapprouvé la visite, selon un sondage paru vendredi.


Pour le politologue Naoufel Brahimi el-Mili, enseignant à Sciences Po Paris, "Kadhafi est le gagnant" de cette tournée qui l'a aussi conduit à Lisbonne, pour le sommet UE-AFrique, avant Madrid où il sera samedi.


"Il use du pétrole. Sa légitimité internationale est renforcée", explique-t-il.


Selon lui, il tire aussi "profit" de sa visite au plan intérieur: "La presse officielle expliquait que le 'guide' a dit aux Français leurs quatre vérités sur les droits de l'Homme."


Ce sujet aura été au coeur de la controverse. La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a dénoncé un "baiser de la mort", avant de rentrer dans le rang.


Quant à Mouammar Kadhafi, il a qualifié sa visite d'"historique", en se félicitant de l'accueil "chaleureux" du président Sarkozy.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 14 décembre 2007, 17h19)

Cette visite en grande pompe de Kadhafi a été jugée "indigne" par François Bayrou, qualifiée de "spectacle désolant" par François Hollande, et, pour sa part, le "philosophe" Bernard-Henri Lévy a déclaré que l'"on n’invite pas en visite d’Etat un grand terroriste et un preneur d’otages international comme Kadhafi". Comme celà était prévisible, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas manqué de réagir aux nombreuses critiques que l'évènement a suscité :

"S'ils ne comprennent rien à la "real-politik", tant pis pour eux. [...] De toute façon, plus ils gueulent et plus je leur ferai un bras d'honneur. Plus longtemps je serrerai la main de Kadhafi. [...] J'ai dit que j'irai chercher le point de croissance qui nous manque avec les dents. Eh bien ! c'est ce que je fais. Dix milliards de contrats pour les entreprises françaises, ce n'est pas rien. [...] Depuis 2003, il [Kadhafi] a renoncé au terrorisme. Il a toujours été contre les fondamentalistes. Depuis le début, il a demandé l'arrestation de Ben Laden. Et il peut jouer un rôle important dans le dénouement de la crise du Darfour. [...] Même si c'est un personnage complètement fantasque, ce n'est pas mal de contribuer à le réinsérer dans le concert des nations. [...] Il n'y a rien que je déteste plus que les donneurs de leçons en salon. [...]"

(Sarkozy, devant ses conseillers, à propos des critiques relatives à la réception en grande pompe du colonel Kadhafi à Paris, cité in Le Canard Enchaîné N°4546, 12 décembre 2007)

Quelle est mon opinion vis-à-vis de cette affaire ? Avant de répondre, je me permets de rappeler qui est l'actuel dirigeant libyen, afin que tout le monde sache bien de qui on parle.

Né à Syrte en 1942, officier dans l'armée libyenne, Mu'ammar al-Kadhafi ou Qadhdhâfî, a été, en 1969, le principal instigateur du coup d'Etat qui a renversé le roi de Libye Idris Ier, qui régnait depuis 1951. Président du Conseil de la révolution libyen de 1969 à 1977, puis du Secrétariat général du Congrès général du Peuple libyen en 1977, Kadhafi a abandonné ses fonctions officielles en 1979, et ne se reconnait aujourd'hui que le titre de "guide" de la révolution libyenne. En réalité, il est toujours resté le véritable chef de l'État, la Libye étant officiellement devenue, en 1977, la Grande Jamahiriya (Etat des masses ou populocratie) arabe libyenne populaire et socialiste, où la loi islamique - charia - est appliquée depuis 1994. Voulant unir les peuples arabes à travers une "révolution culturelle islamique", Kadhafi s'est essayé à une politique de rapprochement avec la Syrie, l'Egypte, et la Tunisie, sans succès, et à une politique d'expansion au Tchad, en vain. Soupçonné de soutenir de nombreuses rébellions dans le monde et d'être impliqué dans plusieurs actes terroristes, notamment contre les Etats-Unis d'Amérique (attentat de Lockerbie en Écosse contre un avion de ligne civil américain - un Boeing 747 de la PanAm - ayant explosé en plein vol en 1988) et contre la France (attentat de l'avion DC-10 de la compagnie française UTA ayant explosé au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, en 1989), Kadhafi a longtemps été mis au ban de le communauté internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant imposé à la Libye des sanctions en 1992, notamment un embargo aérien et une interdiction de vente d'armes, sanctions qui ont été levées en 1999, lorsque les agents des services secrets libyens suspectés de l'attentat de Lockerbie ont enfin été livrés à la justice. En 2003, la Libye a reconnu officiellement "la responsabilité de ses officiers" dans les attentats de Lockerbie et du DC-10 d'UTA, s'engageant à indemniser les familles des victimes, et a renoncé officiellement à son programme d’armes de destruction massive. De fait, Kadhafi s'est efforcé, ces dernières années, de retrouver une forme de respectabilité internationale, mais l'affaire des infirmières bulgares, dont le dénouement, avec l'intervention sur-médiatisée de Sarkozy de Nagy-Bocsa, est survenue cet été - voir notamment l'article intitulé
"Un Mois de Sarkozysme appliqué..." - a, jusqu'à récemment, continué d'attirer l'attention sur le fait que le "guide" libyen est à la tête d'un régime dictatorial, dans un pays où les opposants politiques sont emprisonnés, et où des otages étrangers - cinq infirmières bulgares et un médecin bulgare d'origine palestinienne - ont été maintenus en captivité et torturés pendant de longues années, avant d'être finalement libérés en juillet dernier, en échange d'une contre-partie financière faisant office de rançon, accompagnée de la signature de contrats divers avec la France...


Voilà pour les informations sur le personnage. Maintenant, venons-en à ce que je pense de tout celà, de cette visite en France, et tout le barouf médiatique qui l'a accompagné : ma position, en vérité, tient en assez peu de mots...
Fallait-il accueillir le colonel Mouammar al-Kadhafi à Paris comme l'a fait Sarkozy de Nagy-Bocsa, en lui déroulant le tapis rouge pendant cinq jours ? Assurément, non. Mais, indépendemment de celà, la France doit-elle, en fonction de ses intérêts, discuter et traiter avec le colonel Kadhafi sur un certain nombre de sujets, qu'ils soient économiques ou politiques ? La vérité est qu'elle serait bien peu avisée de ne pas le faire, dans le contexte géopolitique actuel, où l'Afrique redevient, après avoir été délaissée pendant des décennies, un centre d'intérêts pour les grandes puissances mondiales. Celà dit, et j'insiste là-dessus, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'était vraiment pas obligé d'en faire à ce point des tonnes avec le "guide" libyen, et il aurait fort bien pû épargner à la France une aussi tapageuse visite d'Etat de Kadhafi, pendant cinq longs jours. Mais que voulez-vous, Sarkozy aime les excès : comme d'habitude, il en a trop fait. Un jour, ces excès se retourneront contre lui, d'une manière ou d'une autre. Mais néanmoins, en dépit de celà, il me parait absurde de vouloir faire croire, comme certains ont tendance à le faire, que la diplomatie, et la politique en général, doivent se pratiquer avec des bons sentiments, en brandissant un "droits-de-l'hommisme" plein de naïveté . Voilà, en définitive, tout ce que j'ai à dire vis-à-vis de toute cette polémique suscitée par cette visite de Kadhafi en France. Après, tout est évidemment une question de point de vue. On peut, à titre individuel, être très attaché, comme je le suis, aux droits de l'homme, à l'humanisme, à la démocratie, mais pour autant, lorsque l'on se pique de politique, il me parait bien évident qu'il convient de bien se garder d'être naïf, car la naïveté, même si elle est parfois invoqué comme excuse, n'est pas autre chose qu'une faute, en matière de politique. Ainsi, les parangons du "droits-de-l'hommisme", tous les donneurs de leçons moralisateurs de tous ordres, tous ceux qui considèrent que la morale doit tenir lieu de politique, tous ceux-là feraient bien, une bonne fois pour toutes, d'accepter ce fait : la politique est une affaire d'intérêts, et non une affaire de morale.

Voilà. J'en ai terminé. Je le répète encore une fois : la politique est une affaire d'intérêts, non de morale. Un point, c'est tout.

Mais je m'en voudrais de laisser mes lecteurs sur ce simple constat. Pour finir, je me permets de reproduire ci-après, afin de nourrir la réflexion de chacun, de larges extraits d'une conférence que le philosophe social-démocrate athée André Comte-Sponville est venu prononcé en Midi-Pyrénées, en 1993-1994, à l'invitation de l'association culturelle GREP (Groupe de Recherche pour l'éducation et la prospective) de Midi Pyrénées, et dont le thème était "Ethique, Morale et Politique".

André Comte-Sponville - [...] [N]ous avons quatre ordres : l'ordre techno-scientifique,  l'ordre juridico-politique, l'ordre de la morale, enfin l'ordre éthique ou de l'amour. L'ordre techno-scientifique est structuré par le possible et l'impossible, mais incapable de se limiter lui-même, il est limité par l'ordre juridico-politique. Celui-ci est structuré par le légal et l'illégal, mais incapable de se limiter lui-même, il est limité par l'ordre de la morale, lequel est structuré par le devoir et l'interdit. Et cet ordre de la morale, à son tour, est complété et ouvert par un quatrième ordre, l'ordre éthique ou de l'amour.

A quoi bon cette distinction des ordres ? Comme toute distinction des ordres (et vous savez que j'emprunte l'expression à Pascal) ça sert à ne pas confondre des ordres différents. Quand on confond des ordres différents, explique Pascal, on est ridicule. Par exemple celui qui confond l'ordre de la raison et celui de l'amour. L'homme qui dirait à une femme (l'exemple est chez Pascal) : Madame je vais vous démontrer que vous devez m'aimer. La femme lui rirait au nez en lui disant : vous êtes ridicule, relisez Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Autre exemple, le roi qui dit (toujours chez Pascal) : je suis fort, donc on doit m'aimer. Il est ridicule, puisqu'il confond l'ordre de la force et l'ordre du cœur. Tu es fort, donc on doit te craindre. Tu es fort, donc on doit t'obéir. Mais pourquoi est-ce que tu veux en plus qu'on t'aime ? Tous les rois sont ridicules, toujours en ce sens. Il n'y a pas de roi, que ce soit dans une entreprise où on l'appelle président-directeur-général, ou dans une République où on l'appelle Président de la République, il n'y a pas de roi qui ne veuille être aimé. Il n'y a pas de roi qui ne soit pas ridicule. C'est pourquoi c'est au citoyen à se défendre du ridicule, comme on s'en défend toujours, par le rire et par la lucidité.

Ce ridicule a un autre nom quand il est au pouvoir chez Pascal : il s'appelle la tyrannie. Qu'est-ce que c'est que la tyrannie ? C'est, dit Pascal, le désir de domination universel et hors de son ordre. Le tyran ce n'est pas celui qui gouverne avec autorité, là où il a titre à le faire. Le tyran c'est celui qui veut gouverner là où il n'a pas titre à le faire. C'est le roi qui veut en outre être aimé, en outre être cru. Ou c'est la personne très belle qui veut être obéie ou crue. Ou c'est le savant qu'on peut bien croire dans sa compétence, mais qui voudrait être obéi ou aimé. Ils sont tous tyranniques. Et la tyrannie est légion.

Simplement, chaque époque a ses ridicules de prédilection, chaque époque a ses ridicules qui menacent davantage. Je voudrais, pour terminer, évoquer les deux tyrannies principales qui me semblent nous menacer. Je les appellerai la barbarie d'une part et l'angélisme d'autre part. Je vais les évoquer à propos de mes quatre ordres, bien sûr, et pas à propos des ordres de Pascal.

Qu'est-ce que j'entends par barbarie ? C'est un ridicule. Autrement dit une confusion des ordres. C'est une tyrannie. J'entends par barbarie le fait de soumettre un ordre donné à un ordre inférieur. C'est la tyrannie de l'inférieur.

Par exemple, soumettre la politique, l'ordre numéro 2, à l'ordre techno-scientifique, et spécialement à l'économie. Barbarie technocratique : tyrannie des experts. Ce sont les experts qui font la politique. Ou bien barbarie libérale : tyrannie du marché. C'est le marché qui fait la politique. Tyrannie des experts, c'est plutôt ce qui se passe à Bruxelles, tyrannie du marché, c'est plutôt ce qui se passe chez nous. Autrement dit ces deux tyrannies peuvent fonctionner fort bien de pair. Et sont ridicules, au sens pascalien du terme, et tyranniques l'une et l'autre. Le fait qu'elles fonctionnent ensemble redouble la tyrannie.

Autre exemple de barbarie : soumettre la morale, l'ordre numéro 3, à la politique, l'ordre numéro 2. C'est la barbarie du militant. Chez Lénine et Trotsky, qu'est-ce que la morale ? Lénine répond : j'entends par morale ce qui sert les intérêts révolutionnaires du prolétariat. Cela a le mérite de la simplicité, mais, évidemment, c'est passablement dangereux. Quant à Trotsky, il cherche un exemple et se demande : est-ce qu'on a le droit de fusiller des otages qui n'ont rien fait ? Réponse nuancée : en règle ordinaire, en situation de paix civile, non, parce que politiquement c'est néfaste et donc moralement c'est condamnable, mais en revanche, en situation révolutionnaire, ça peut être politiquement nécessaire et alors c'est moralement bon. Soumission de la morale à la politique : barbarie du militant.

Ça peut être aussi, plus près de nous, la barbarie démocratique, qui consistera à soumettre la morale à la majorité, au peuple, et à considérer que tout ce que la loi autorise est forcément bon et sans problème morale, et que tout ce que la loi interdit est forcément mauvais. L'euthanasie est donc alors toujours moralement condamnable puisqu'elle est légalement interdite, et l'avortement toujours innocent puisqu'il est légalement toléré.

Je suis parfaitement pour la loi Veil, mais la loi Veil nous dit justement que ce n'est pas le problème de l'Etat parce que c'est notre problème à nous, couples concernés. Et que forcément ça va dépendre des cas : il n'y a que des cas singuliers. Et tout aussi évidemment il y a des avortements qui ne posent aucun problème morale tandis que, vous le savez bien, il y a des avortements qui posent des problèmes moraux.

Toujours est-il que si l'on considère que la démocratie tient lieu de morale, on est dans la barbarie démocratique. On ne vote pas sur le Bien et le Mal. Cela ne relève pas du peuple, cela relève de la conscience individuelle de chacun.

Dernier exemple de barbarie : soumettre l'amour à la morale. Là il y aurait un risque, peut-être, d'ordre morale, au sens cette fois du mac-cartysme, de dérive moralisatrice.

Deuxième grande tentation, deuxième grande tyrannie, c'est la tyrannie inverse, c'est le ridicule inverse (mais le ridicule n'est guère soumis au principe de non-contradiction, et on peut donc être dans les deux à la fois) : c'est ce que j'appelle l'angélisme.

Qu'est-ce que c'est que l'angélisme ? C'est le fait de prétendre soumettre, annuler ou déstructurer un ordre donné au nom d'un ordre supérieur. L'angélisme c'est la tyrannie du supérieur.

Exemple : prétendre annuler les contraintes économiques, techniques ou scientifiques, ordre numéro 1, au nom de la politique, ordre numéro 2. Angélisme politique. Concrètement, ça ressemble à quoi ? Le plus souvent on appelle ça le volontarisme. Souvenez-vous de la gauche en 1981 (j'ai voté pour elle, et pas seulement en 81, mais peu importe) : "vaincre le chômage c'est une question de volonté politique". Résultat des courses : le nombre de chômeurs a doublé entre 1981 et 1993. Est-ce que c'est par manque de volonté ? Non. C'est aussi bête que ça : pour combattre le chômage, il ne suffit pas de vouloir. On aurait bien pu voter une loi supprimant le chômage, mais quand même ils n'ont pas été ridicules à ce point (rires). Parce que combattre le chômage c'est un problème technique, scientifique, économique. Il relève du premier ordre, évidemment.

J'ai vu récemment des manifestants défiler sous la banderole "Vaincre le sida c'est une question de volonté politique". Je comprends bien ce qu'ils veulent dire. Plus on votera de budget, plus on aura de chances de guérir le sida un jour. D'accord. Mais à la lettre le slogan est évidemment idiot. Vaincre le sida ce n'est pas une question de volonté politique. On peut voter une loi supprimant le sida, ça ne fera pas guérir un seul malade.

Autre exemple d'angélisme : annuler les exigences du combat politique, ses contraintes propres, au nom de la morale. Angélisme morale. Et voilà la fameuse génération morale que j'évoquais : contre la misère, les restaurants du cœur ; en politique étrangère, l'action humanitaire ; en matière d'immigration et d'intégration, l'anti-racisme. La morale qui tient lieu de politique.

Enfin dernier exemple d'angélisme : prétendre annuler la morale, ordre numéro 3, au nom de l'amour. "Moi, je n'ai pas de morale, je n'en ai pas besoin : l'amour me suffit". Idéologie baba-cool, Peace and Love des années 60. Il faut leur répondre : arrête de te prendre pour Jésus-Christ et commence par faire ton devoir et par t'inscrire sur les listes électorales.

Je voudrais conclure en disant un mot sur le problème de la hiérarchie entre ces quatre ordres que je vous ai proposés. Vous comprenez bien que je les ai énoncés selon l'ordre d'une hiérarchie croissante, du moins pour ce qui concerne leur valeur et pour les individus que nous sommes. J'entends par là que du point de vue du sujet, du point de vue de l'individu, et quant à la valeur, la politique a une plus grande dignité que les sciences et les techniques, la morale a une plus grande dignité que la politique, et l'amour a une plus grande dignité que la morale.

C'est ce que j'appellerais la primauté, entendant par primauté la plus grande valeur subjective dans une hiérarchie d'évaluation. Je dirais donc : primauté de la politique sur les techno-sciences, primauté de la morale sur la politique, primauté de l'amour sur la morale.

Et je distinguerai encore, me servant d'une distinction que la langue propose, la primauté du primat. Primauté, c'est la plus grande valeur subjective dans une hiérarchie d'évaluation. Primat c'est la plus grande importance objective dans un enchaînement de déterminations.

Et là, me semble-t-il, tout s'inverse. Que resterait-il de l'Etat sans les sciences, sans les techniques, sans l'économie ? La réponse est bien claire : sans l'ordre numéro 1, sans les sciences, sans les techniques, sans l'économie, sans la production des biens matériels comme dit Marx, il n'y a pas d'Etat du tout. Primat de l'ordre techno-scientifique, et spécialement primat de l'économie sur la politique.

Que resterait-il de la morale s'il n'y avait pas d'Etat ? Quelle morale à l'état de nature ? La réponse est bien claire : à l'état de nature, il n'y a pas de morale du tout, sans Etat, il n'y a pas de morale. Primat de la politique sur la morale.

Et que resterait-il de l'amour sans la morale ? Ma réponse est celle de Freud : sans la morale, c'est-à-dire sans l'interdit, il n'y a pas d'amour du tout, parce qu'il n'y a que le désir, la pulsion, le "ça", et que le désir ou la pulsion ne se subliment en amour que par la contrainte de l'interdit, de la loi morale. Sans morale pas d'amour.

Si bien que nous avons deux hiérarchies, ou une hiérarchie ascendante et un enchaînement descendant : primauté de la politique sur le techno-scientifique, primauté de la morale sur la politique, primauté de l'amour sur la morale ; mais primat de la morale sur l'amour, primat de la politique sur la morale, primat de l'ordre techno-scientifique, et spécialement de l'économie, sur la politique.

Nous avons affaire à deux hiérarchies inversées. Mon idée c'est que les groupes, toujours, vont privilégier l'enchaînement des primats. Pour le gros animal, comme dit Platon, pour le groupe que nous sommes tous, et d'autant plus que le groupe sera plus nombreux, l'amour tendra toujours à se dégrader en morale, la morale tendra toujours à se dégrader en politique, c'est-à-dire en rapports de force, et la politique tendra toujours à se dégrader en technique.

Il n'y a que les individus pour remonter quelque peu, parfois, cette pente que les groupes ne cessent de descendre, pour rappeler que la politique a une plus haute dignité que la technique, et c'est ce qu'on appelle "un homme d'Etat", pour rappeler que la morale a une plus haute dignité que la politique, et c'est ce qu'on appelle "un homme de bien", pour rappeler que l'amour a une plus haute dignité que la morale, et c'est ce qu'on appelle "un homme de cœur".

Vous vous souvenez peut-être que Simone Weil (non pas la femme politique mais la philosophe qui est morte à Londres, en 1943) a écrit un livre qu'on a publié sous le titre La Pesanteur et la Grâce. La pesanteur, pour Simone Weil, c'est tout ce qui descend ou qui fait descendre. La grâce c'est tout ce qui monte ou qui fait monter.

Et bien je dirais volontiers que de ce point de vue les groupes, toujours, sont soumis à la pesanteur, et qu'il n'y a que les individus, parfois, qui aient quelque chose qui ressemble à de la grâce. Faute de croire en Dieu, pourtant, ce n'est pas le mot que j'utiliserai, et je dirai donc que pour remonter cette pente que les groupes ne cessent de descendre, pour essayer de remonter parfois au moins un peu de la technique à la politique, de la politique à la morale et de la morale à l'amour, je ne connais que deux choses : l'amour et le courage.

Extraits du débat faisant suite à la conférence :

Un auditeur - Vous avez parlé de barbarie lorsque l'on assujettissait la morale au politique. Or il me semble que chez Machiavel, par exemple, l'ordre peut être assujeti à l'ordre politique et la morale tient alors lui de moyen. Et ce n'est pas de la barbarie puisque le souverain qui use ainsi de la morale, qui subordonne la morale au politique, fait acte, comme dit Machiavel, de virtu, il est virtuoso. [...]

André Comte-Sponville - [...] Machiavel est un des auteurs les plus mystérieux qui soit. Tout le monde se demande ce qu'il pensait au fond. Moi, ce qui me fascine chez lui, c'est qu'il n'a jamais prétendu soumettre la politique à la morale. Il ne s'est jamais raconté d'histoires. Il a bien vu que la politique ne s'occupait que de rapports de forces, ne s'occupait que du pouvoir, et pas de la morale. Mais ça, ça veut dire qu'il n'était pas ridicule.

Le contraire de Machiavel, si vous voulez, c'est Philippe de Villiers qui fait un "parti des valeurs". Le ridicule est du côté de Philippe de Villiers. Ou alors c'est Jack Lang, que j'ai entendu dire à la télévision dire : "Je suis du parti de l'amour". Le ridicule était pour Jack Lang. Machiavel n'a jamais mangé de ce pain-là, bien sûr.

Alors vous me demandez : est-ce que Machiavel ne soumet pas la morale à la politique ? Autrement dit, est-ce qu'il ne serait pas ridicule dans l'autre sens, non pas angélique comme Philippe de Villiers ou Jack Lang, mais barbare ? Il ne me le semble pas.

Il ne me semble pas parce qu'il disjoint tellement les deux ordres qu'il ne les soumet en rien l'un à l'autre. Il prend acte de leur séparation. Dans Le Prince, il conseille au prince de ne pas s'occuper du tout de la parole qu'il a donnée, de mentir si ça l'intéresse. Il ajoute : bien sûr si les gens étaient bons, mon commandement serait atroce, mais comme ils sont méchants et qu'ils ne tiendront pas leur parole non plus, si tu veux le pouvoir, c'est ça qu'il faut faire. Il ne dit pas du tout que le mensonge vaut mieux que la sincérité. Il constate simplement qu'en politique la morale est sans effet. Mais il ne dit pas que ce qui est politiquement juste est moralement bon. Il dit que ce qui est politiquement juste est politiquement nécessaire. Et que la morale, c'est autre chose. [...]

Une auditrice - Vous avez posé une hiérarchie entre quatre ordres avec, en dernier ordre,  l'éthique comme fondement de la morale. Se pose le problème du bon usage du Mal en politique. Machiavel dit que le Prince peut et doit mentir à ses sujets si c'est nécessaire. Cela voudrait dire que la fin justifie les moyens, qu'il est loisible d'utiliser n'importe quel moyen en vue d'une fin supérieure. S'il peut être bon de faire le Mal parfois, la morale doit-elle encore être au fondement du politique ?

André Comte-Sponville - Il faut distinguer le point de vue que l'on peut avoir sur la politique en tant qu'elle concerne des groupes, et le point de vue qu'on peut avoir sur elle en tant qu'elle me concerne personnellement, c'est-à-dire selon qu'on fait de la politologie et qu'on essaie de comprendre ce qui se passe vraiment dans la politique, ou selon qu'on agit pour son propre compte.

Si j'essaie de considérer la politique telle qu'elle est, où je vois que des groupes s'opposent, je constate qu'ils mentent tous. Tous. Je constate, davantage, qu'ils ne peuvent pas ne pas mentir. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs (rires). Prenons un exemple. L'apôtre du "parler vrai", Michel Rocard, reconnaissait un jour devant moi que, en matière de politique financière, on ne peut absolument pas dire la vérité. C'est le B - A - BA. Si on veut dévaluer, il est indispensable de dire la veille : "Nous ne dévaluerons en aucun cas". Ce n'est pas parce qu'ils sont tous méchant, c'est parce que sinon la dévaluation va rater. Vous imaginez Rocard il y a trois ans nous dire la vérité sur ce qu'il pensait de Mitterrand ? (rires) Ce n'était pas possible. Il est donc absurde de le lui demander.

Donc, il n'y a pas de "parler vrai" en politique. Il y a des gens qui mentent plus ou moins. Il y a ceux qui mentent tout le temps sur n'importe quoi, et ceux (et c'est ce que Rocard appelle le "parler vrai") qui ne mentent que quand c'est vraiment nécessaire.

Est-ce que la morale est le fondement de la politique ? Mais bien sûr que non ! Le fondement de la politique c'est l'intérêt, c'est Marx qui a raison. L'économie est déterminante en dernière instance. Maintenant plus personne n'est à gauche, mais dans ma jeunesse encore les ouvriers votaient à gauche et les patrons votaient à droite. Vous croyez que c'est parce qu'ils n'avaient pas la même morale ? Il est normal que ceux qui souffrent le plus dans une société votent pour des partis qui annoncent qu'ils vont la changer, et que ceux qui souffrent le moins votent plutôt pour des partis qui proposent de tout laisser en l'état. Ce n'est pas pour des raisons morales que les gens votent. C'est en fonction le plus souvent de leurs intérêts. La sociologie est bien plus éclairante en politique que la morale.. Et quand aux gens qui font carrière en politique, mieux vaut penser qu'ils font de la politique pour faire carrière que de penser qu'ils font de la politique pour des raisons morales. En vérité c'est un peu les deux le plus souvent. On sera moins souvent déçu et on comprendra davantage ce qui se passe quand on aura en tête qu'ils n'ont en tête que leur intérêt. Disons que tout se passe de telle sorte en tous cas qu'ils ne sacrifient jamais leurs intérêts à leur morale.

Ça, c'est le point de vue que j'ai (comme Machiavel, qui en serait d'accord) sur la politique quand je la regarde de l'extérieur. Des groupes s'y affrontent. Ce n'est pas du tout une question de morale. C'est une question de combat, de rapports de forces, d'intérêts. Très bien. Et j'ai dit, dans ma petite typologie en quatre ordres, que les groupes, toujours, tendaient à privilégier les ordres inférieurs. Donc la politique les intéresse davantage que la morale, et l'économie davantage que la politique. Les partis politiques n'ont pas de morale, a fortiori pas d'amour.

Oui, mais nous, nous ne sommes pas un parti politique. Moi je suis un individu. Vous êtes des individus. Et j'ai dit en terminant qu'autant les groupes tendaient à redescendre toujours cette quadri-partition vers les ordres inférieurs, autant, si on pouvait garder un certain sens de l'élévation humaine, c'était par la capacité qu'avaient les individus d'essayer de la remonter. Les partis politiques n'ont pas de morale, j'en suis parfaitement convaincu. Ça ne dispense pas ceux qui y militent d'en avoir une. Je dirais même que c'est parce que les partis politiques n'ont pas de morale que ceux qui y militent et ceux qui les dirigent doivent d'autant plus en avoir une. Il n'y a de morale que pour les individus et par eux.

Si bien que la morale n'est pas du tout le fondement de la politique, dans sa réalité, en tant que la politique oppose des groupes. En revanche elle peut être en quelque chose le fondement ou la justification de l'engagement de tel ou tel, qui fera de la politique, lui, pour des raisons morales. Simplement, ça ne regarde, à la limite, que lui. Un homme politique qui vient à la télé pour me dire : "Si je suis de droite, c'est pour des raisons morales", ou : Si je suis de gauche, c'est pour des raisons morales", quel intérêt cela a-t-il puisque même s'il pensait le contraire il ne nous le dirait pas ? Sa morale , c'est son problème. Nous, ce qui nous intéresse c'est son programme, c'est ce qu'il fait, ce qu'il réalise. On le juge sur ses actes. Ses problèmes de conscience on s'en moque.

Comme dit Alain : "La morale n'est jamais pour le voisin". La morale ne vaut que pour soi. Si on considère la politique telle qu'elle est par rapport aux groupes, c'est toujours les ordres inférieurs qui priment. L'économie est plus importante que la politique et on le sait bien. Regardez aujourd'hui à quel point la politique est soumise aux contraintes de l'économie. Et combien la politique peut peu de choses sur l'économie.  La politique a plus d'importance que la morale, et au fond on le sait bien. Ce qui compte, ce n'est pas quel est le plus vertueux, c'est qui gagne les élections. Et quelqu'un de très vertueux peut s'avérer un dirigeant catastrophique. Et un salaud peut être un homme d'Etat remarquable. Les deux se sont vus.

Alors qu'en revanche, s'agissant des individus, les échelons supérieurs reprennent toute leur importance. Et en effet je pense, moi, que la dignité d'un homme consiste à ne jamais sacrifier la morale à la politique, ou la politique aux sciences, aux techniques ou à l'économie.

Je suis donc obligé d'avoir deux réponses selon que je parle des groupes et de la politique telle qu'elle est, ou des individus et des valeurs qui guident leur action.


(Extraits d'une conférence d'André Comte-Sponville, prononcée en 1993-1994, à l'invitation du GREP de Midi Pyrénées, sur le thème "Ethique, Morale et Politique", suivis d'extraits du débat qui s'en est suivi)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Caricature de Sarkozy et Kadhafi, pendant la visite de ce dernier à Paris, par Kiro, parue dans Le Canard Enchaîné N°4546, 12 décembre 2007 ; Nicolas Sarkozy accueille Mouammar Khadafi le 10 décembre 2007 à l'Elysée à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Le colonel Kadhafi au palais de l'Elysée, le 12 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Stéphane de Sakutin/AFP ; Nicolas Sarkozy lors de la visite de Mouammar Kadhafi à Paris, le 10 décembre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Mouammar Kadhafi accueillli par le président Sarkozy à l'Elysée, le 12 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Stéphane de Sakutin/AFP ; Portrait du philosophe Blaise Pascal [1623-1672], par un peintre anonyme de l'école française du XVIIe siècle, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Détail d'une photographie anonyme du philosophe et théoricien Karl Marx [1818-1883] ; Michel Rocard et François Mitterrand, le 19 avril 1988, photographie de l'Agence France Presse, © Patrick Hertzog/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 23:55
Par tous les dieux de l'Olympe et par ma barbe ! Je suis affreusement en retard, car me voici rentré de Paris... depuis presque une semaine ! Arrivé dans la capitale le matin du dimanche 2 décembre par train de nuit, j'y suis resté jusqu'à lundi soir, 3 décembre. De retour à Toulouse depuis plusieurs jours, le temps m'a manqué jusqu'à maintenant, et j'écris donc, en catastrophe, ce premier court message pour vous faire part, chers lecteurs, comme lors de mon dernier voyage à Paris, en juin dernier, de ce que j'ai pu voir et entendre durant mon séjour...

Le dimanche de la semaine dernière (2 décembre), une fois arrivé à la gare d'Austerlitz, dans le XIIIe arrondissement, tôt le matin, je me suis rendu au Parc des Expositions de Villepinte, au nord de Paris, entre la capitale et l'aéroport international de Roissy-Charles-de-Gaulle. C'est dans une des grandes salles de ce Parc des Expositions que durant trois jours, vendredi 30 novembre, samedi 1er et dimanche 2 décembre 2007, ce sont déroulés des évènements très importants et symboliques pour tous les membres du Mouvement Démocrate.

Vendredi, à Villepinte, s'est d'abord tenu un congrès extraordinaire de l'UDF qui, presque trois décennies après sa fondation par Valéry Giscard d'Estaing, a voté, à la quasi-unanimité des membres participants, son absorption par le MoDem.

Bayrou tourne la page de l'UDF car "il faut changer pour vivre"

Après presque 30 ans d'existence l'UDF a officiellement décidé vendredi soir [30 novembre] de se fondre dans le Mouvement démocrate (MoDem), à l'appel de François Bayrou qui estime qu'"il faut changer pour vivre".

A la veille du congrès fondateur du MoDem, samedi et dimanche, les quelque 1.500 participants à un congrès extraordinaire de l'UDF, réunis à Villepinte, ont voté à main levée à la quasi-unanimité.

M. Bayrou a compté 36 votes contre et huit abstentions.

"Je n'ai rien oublié de ce que nous avons vécu ensemble. Mais il faut changer pour vivre", a déclaré le "troisième homme" de la présidentielle, qui espère toujours "briser le mur de verre" entre la droite à la gauche.

"J'ai aimé l'UDF. Mais je suis obligé de vous dire ceci: c'est une forme politique du passé", a-t-il poursuivi en évoquant "l'image usée" de l'UDF, associée à "la copie, le décalque, en plus modéré mais aussi en plus fade, du RPR devenu l'UMP".

La naissance du MoDem, qui revendique entre 50.000 et 60.000 adhérents, "n'est pas qu'un changement de forme, c'est un changement de fond", a promis M. Bayrou. "Nous portons un autre projet politique et un autre projet de société que celui que défendent l'UMP et le PS".

"Je suis persuadé que les hommes et les femmes qui croient à une société de justice, à la créativité économique, au citoyen responsable, à l'indépendance de notre pays et au besoin d'Europe, sont majoritaires en France", a poursuivi M. Bayrou. Ces "démocrates", il faut "qu'il puissent se rassembler".

Déserté par de nombreux élus centristes ayant préféré se rallier à la majorité présidentielle depuis six mois, le député des Pyrénées-Atlantiques a reconnu que la construction de son nouveau parti était compliquée.

"Comme toujours dans les naissances, ça se fait avec des contractions, des moments difficiles à vivre", a-t-il reconnu devant la presse.

L'un des quatre députés UDF-MoDem, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) a d'ailleurs confirmé qu'il ne rejoindrait pas le MoDem. "Nos chemins se séparent, au moins temporairement", a-t-il dit.

A partir de ce week-end, naissance officielle de la nouvelle formation qui comprend le parti écologiste Cap 21 de Corinne Lepage et d'ex-Verts comme le député européen Jean-Luc Bennahmias, le MoDem assumera toutes les responsabilités politiques.

Ses statuts doivent être adoptés samedi et M. Bayrou, seul candidat, être élu à la présidence.

Pendant une période transitoire de trois ans, l'UDF, "membre fondateur" du MoDem, conservera une existence juridique afin de préserver son nom et son patrimoine.

Si les participants étaient majoritairement acquis à M. Bayrou, certains laissaient percer leurs inquiétudes, comme Béatrice Alirol du Val-de-Marne, militante UDF depuis 1983, qui a confié à l'AFP craindre un changement "brutal", estimant que "les gens ne savent plus où ils habitent".

D'autres n'étaient carrément "pas d'accord" avec la création du MoDem. "Nous sommes venus voter contre avec mon mari, et nous rentrerons +Nouveau Centre+", a affirmé Claude Boca, adhérente depuis six ans, en allusion au parti des anciens UDF ralliés à la majorité présidentielle.

Interrogé dans la matinée, en marge de la présentation à Paris des archives de sa présidence, Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF en 1978, avait pour sa part refusé de commenter la naissance du MoDem, se contentant de dire: "l'UDF a été un grand parti de l'Europe jusqu'en 1985-86. Ca manque".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 novembre 2007, 21h08)

Le lendemain, samedi 1er décembre, toujours à Villepinte, s'est ensuite ouvert le Congrès constitutif du Mouvement Démocrate, étalé sur deux jours... Le 2 décembre, j'ai pû assister, une fois arrivé sur place - très en avance sur l'horaire -, à la dernière séance plénière du Congrès, lors de laquelle les adhérents présents ont poursuivi et achevé le processus démocratique d'adoption des textes fondateurs du Mouvement Démocrate. Mais ce qui surtout intéressé, semble-t-il, la plupart des jounalistes présents, c'est l'annonce, en fin de séance, des résultats de l'élection au poste de président du MoDem, élection dont l'issue ne faisait de doute pour personne, puisque le seul candidat à ce poste était, bien évidemment, François Bayrou.

François Bayrou élu président du MoDem avec 96,8 % des votants

François Bayrou a été élu président du Mouvement démocrate (MoDem) avec 96,8 % des votants, selon les résultats annoncés dimanche [2 décembre] au congrès fondateur du parti centriste [sic].

Sur 3.933 votants, les bulletins blancs et nuls ont été au nombre de 125, a annoncé le sénateur Philippe Arnaud. François Bayrou , seul candidat, a recueilli 3.808 voix, a-t-il ajouté. Les participants au Congrès avaient voté samedi après-midi à bulletins secrets.

M. Bayrou, 56 ans, qui dirigeait l'UDF depuis 1998, est élu à la tête du MoDem un an jour pour jour après sa déclaration de candidature à la présidentielle de 2007.

Il avait porté samedi [1er décembre] sur les fonts baptismaux le Mouvement démocrate (MoDem), dont il veut faire un "commando de transformation de la société française".

"Vous êtes la seule force de renouveau dans la vie politique française", a lancé François Bayrou aux milliers de personnes (5.600 inscrits selon le MoDem) réunis en congrès, parmi lesquelles Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, et le député européen Jean-Luc Benahmias (ex-Vert). Le "troisième homme" de la présidentielle (18,57% des voix) a salué "la suite de cette extraordinaire aventure, dont l'objet était de proposer aux Français une approche nouvelle du destin de leur pays".

"Un immense espoir s'est fait entendre à l'occasion de l'élection présidentielle, maintenant nous devons faire de cet espoir un projet", a lancé François Bayrou. "Entre le pouvoir actuel - dont beaucoup commencent à mesurer que les promesses qu'il avait faites sont très éloignées de la réalité - et un PS qui représente un puissant réseau d'élus mais qui n'a plus de message compréhensible pour les Français, il y a beaucoup d'interrogations, de lassitude et peut-être de désespérance", a-t-il ajouté. Il a présenté son nouveau parti, qui revendique "entre 50.000 et 60.000 adhérents, comme "un commando de transformation de la société française".

"Le chemin que nous avons choisi, c'est d'offrir au pays non pas un 'ni gauche ni droite', car je n'aime pas le 'ni ni', mais un dépassement de la gauche et de la droite dans un nouveau projet politique", a-t-il poursuivi. Il a caractérisé ce projet par les "trois R : rassemblement, renouvellement, refondation démocratique".

Le député des Pyrénées-Atlantiques s'est une nouvelle fois démarqué de Nicolas Sarkozy sur le plan des valeurs, fustigeant une société d'"inégalités croissantes" et l'apologie de la "réussite matérielle", sous les acclamations des participants.

Cette ferveur militante contrastait avec les nombreuses défections d'élus centristes intervenues depuis six mois, que M. Bayrou a imputé à de la "servilité" et aux "effluves de l'odeur des maroquins" ministériels.

Le MoDem ne compte plus que trois députés avec le départ de Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine), confirmé vendredi lors de l'ultime congrès de l'UDF qui a voté à la quasi-unanimité son absorption par le nouveau parti.

Du côté des sénateurs en revanche, "27 sur 30" se sont affiliés au MoDem, selon leur chef de file Michel Mercier, qui souhaite cependant garder le sigle UDF pour le groupe au Sénat. "Certains sénateurs se sont affiliés au MoDem par enthousiasme, d'autres parce qu'ils n'avaient nulle part où aller", a expliqué devant quelques journalistes le président du conseil général du Rhône, avant de partir dès la fin de matinée pour le pot de départ du commandant des pompiers de son village.

Souvent critiqué par des élus et militants pour son mode de gouvernance jugé "non démocratique", M. Bayrou a consacré plus de quatre heures au débat sur le projet de statuts du MoDem. Ils ont été adoptés dans l'après-midi par un vote à main levée, "à l'unanimité moins deux votes contre et deux abstentions".

[...]


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 décembre 2007, 18h54)

Le Mouvement Démocrate vient, désormais, d'être officiellement fondé, à l'occasion d'un grand Congrès constitutif. Le processus de fondation s'est fait dans un contexte des plus difficiles, marqué notamment, ces derniers mois, par des attaques diverses, venues de toutes parts, et par de nombreuses défections et trahisons d'élus, qui ont préféré se rallier à Sarkozy de Nagy-Bocsa, par carriérisme ou par lâcheté, plutôt que de rester fidèle à Bayrou et suivre le pari du MoDem. L'une des dernières trahisons en date, qui a profondément déçu beaucoup d'adhérents du MoDem, a été celle du député européen Jean-Marie Cavada, qui a officiellement annoncé, le 25 novembre dernier, qu'il était candidat aux prochaines élections municipales dans le XIIe arrondissement de Paris en y conduisant, dès le premier tour,  une "liste de candidats de rassemblement soutenue par l'UMP", avec la ministre de l'Economie Christine Lagarde en seconde position sur ladite liste. Cavada a, le lendemain, déclaré qu'il pourrait adhérer à "La Gauche Moderne", le petit parti pro-gouvernemental créé à la fin du mois dernier par l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel, actuel secrétaire d'Etat à la Coopération au sein du gouvernement Fillon. Puis, plus récemment, sur France 2, mardi dernier, dénonçant le fait que, selon lui, au MoDem, "les militants, les élus sont méprisés d'une façon presque poujado-frontiste", il a annoncé vouloir créer "une structure pour accueillir les militants du MoDem" en déshérence, une curieuse "structure", un "cercle" ou une "association", censée s'appeler "l'Alliance des citoyens pour la démocratie"... En réalité, derrière tout celà, il semble qu'une seule chose intéresse désormais Cavada : obtenir un secrétariat d'Etat à la Communication, promis, semble-t-il, par Sarkozy de Nagy-Bocsa, en échange de l'engagement du député européen comme tête de liste avec l'UMP aux municipales dans le XIIe arrondissement. Même s'il est vrai que Cavada n'a jamais pris sa carte, ni à l'UDF ni au MoDem, et que l'on n'aura donc même pas besoin de l'exclure, sa trahison, plus tardive que les autres, n'en est que plus décevante... . Néanmoins, malgré toutes ces défections, malgré un rapport de force électoral qui reste peu favorable face à l'UMP et au PS, le MoDem devra poursuivre sa route, semée d'embûches, avec tous ceux qui sont restés, car le long et laborieux renouvellement de la vie politique française est à ce prix...

Avec le MoDem, Bayrou fait un pari difficile

Avec le Mouvement démocrate (MoDem) officiellement fondé ce week-end, François Bayrou se lance dans un pari difficile, de l'avis de politologues.

M. Bayrou a salué dans la création du MoDem "la suite de l'extraordinaire aventure" de l'élection présidentielle, où il avait obtenu 18,57% des voix en se battant contre le clivage droite/gauche.

"C'est le pari de sa vie", estime Philippe Lapousterle, ancien journaliste qui l'a conseillé pendant la campagne. Selon lui, l'année qui s'ouvre sera déterminante pour sa réussite, "dans un contexte d'essouflement du PS et d'usure normale du pouvoir en place".

Des politologues interrogés par l'AFP soulignent que le leader centriste a gardé une bonne image six mois après la présidentielle, mais identifient plusieurs difficultés.

"François Bayrou a un projet essentiellement construit sur la dénonciation des insuffisances de la droite sarkozyste et de la gauche, mais il lui manque un projet" politique spécifique, estime François Miquet-Marty (LH2).

En outre, avec le départ des personnalités qui composaient l'UDF, "le MoDem apparaît surtout comme le parti d'un homme. Ca donne une image de fragilité", ajoute-t-il.

Cependant, "il a un espace dans l'opinion", estime cet analyste. Selon un sondage LH2/Libération à paraître mardi, "13% des Français se déclarent proches du MoDem, beaucoup plus que le ratio que recueillait l'UDF après 2002".

"De plus en plus de Français ont du mal à s'identifier de façon exclusive à la gauche ou la droite, et d'autres sont indifférents au jeu politique", souligne M. Miquet-Marty. "Il faut maintenant qu'il parvienne à fédérer avec un projet des gens venant d'horizons très différents, ce qui est très compliqué".

A l'image des 6,8 millions de Français qui ont voté pour M. Bayrou le 22 avril, le MoDem (qui revendique quelque 60.000 adhérents), est composé d'anciens UDF, Verts ou socialistes, et d'une majorité de novices en militantisme.

Emmanuel Rivière (TNS Sofres) souligne que, selon le dernier baromètre de cet institut, 48% des Français souhaitent voir M. Bayrou jouer un rôle important.

"Au moins un pari a été réussi, c'est la substitution MoDem/UDF", estime-t-il en soulignant que le Modem recueille 38% de bonnes opinions, "quasiment autant que le PS et l'UMP", tandis que l'UDF n'est qu'à 32. "La difficulté est de trouver le moyen de capitaliser ce socle".

"Les municipales vont être un élément important, car il y a un moment aussi où il faut réussir à rassembler des militants dans des dynamiques de succès".

"François Bayrou peut être un recours" pour des sympathisants de droite un peu déçus par Nicolas Sarkozy, et de gauche souhaitant une politique sociale-démocrate, estime M. Rivière. D'autant que "Dominique Strauss-Kahn est occupé à d'autres fonctions" avec la direction du FMI, et que "Ségolène Royal a vu son crédit reculer".

"Un problème pour François Bayrou est que 2012 est loin", souligne-t-il. "Si sa stratégie est présidentielle, il lui faut tenir" jusque-là.

"Les européennes de 2009 peuvent être pour lui une occasion de démontrer le poids politique du Modem, sur un créneau qui correspond au positionnement politique du parti", estime-t-il.

Dominique Reynié, de l'IEP Paris, qui croit à la persistance du clivage droite-gauche, considère également que "son atout c'est l'opinion. Il est plutôt populaire, considéré comme courageux, honnête, déterminé".

"Ce n'est pas suffisant", ajoute-t-il. "Il faut une machine pour être élu, avec une organisation efficace, des militants, des élus, des relais partout, un programme, des personnalités autour de lui". "Il n'est pas évident qu'il puisse monter tout cela en trois ans", s'il veut être prêt pour 2012.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 3 décembre 2007, 17h34)

Voilà, quoiqu'il en soit, les dés sont jetés. On verra bien de quoi l'avenir sera fait pour le MoDem... Pour ma part, je suivrai le pari politique qu'il représente, aussi longtemps qu'il le méritera. Et peu importe, au fond, les railleries et les attaques des uns et des autres : il faut garder le cap. Le processus démocratique au sein du Mouvement a plutôt bien fonctionné aussi bien avant que pendant le Congrès fondateur : les statuts du MoDem ont ainsi fait l'objet de nombreux débats et amendements, avec la participation de beaucoup d'adhérents, constitués, pour certains, en groupes de travail à cette occasion, de façon spontanée. Les membres du Mouvement ont pris en main, du mieux qu'ils ont pû, le destin de leur parti en s'efforçant de faire vivre la démocratie en son sein dès le début et en s'efforçant de contribuer à doter leur Mouvement de bases solides. De ce point de vue, le MoDem me parait exemplaire, et les autres partis politiques seraient bien inspirés de suivre cet exemple...

Ayant reçu ma carte d'adhérent au MoDem en septembre dernier, la veille de me rendre au Forum des Démocrates de Seignosse, je n'ai pas eu de problème pour entrer dans la grande salle du Congrès, même s'il m'a tout-de-même fallu débourser une certaine somme pour assister à cette dernière journée dudit Congrès... L'évènement auquel j'ai assisté ne manquait pas d'intérêt en lui-même mais j'ai surtout eu le plaisir de retrouver sur place des amis bloggeurs démocrates, certains déjà rencontrés auparavant, mais aussi d'autres que je n'avais pas eu l'occasion de voir "en vrai" personnellement... Qu'il me soit donc permis de saluer ici Hervé Torchet
, auteur du blog à lire et à écrire "Jour-pour-jour" désormais bien connu au sein de la blogosphère démocrate, et avec qui j'ai assisté à la séance plénière du 2 décembre - il a même été le premier sur place à penser à mon anniversaire ! ;-) -, ainsi que Leroy-Morin, auteur d'un blog satirique consacré aux turpitudes du "Nouveau Centre" - rallié à Sarkozy - des Leroy, Morin, Santini et consorts : c'était la première fois que je rencontrai ces collègues démocrates du monde des blogs. Mais, au Congrès, il y avait aussi des amis de la blogosphère parisienne que je connais depuis déjà plusieurs mois : Marie-Isabelle Pichon (Blog "MIP au MoDem"), Virginie Votier, et bien sûr, Quitterie Delmas (Blog "Les Jeunes libres"), que je félicite, au passage, pour sa nomination, annoncée lors du Congrès, comme déléguée nationale au sein de l'équipe dirigeante provisoire du MoDem. Et je n'oublie pas mon collègue bloggeur toulousain Alexandre Labarthe, dit Lex, que j'ai pû revoir également à l'occasion du Congrès, et que je reverrai probablement bientôt dans la Ville Rose - il faudra qu'il me rappelle les dates de la prochaine réunion, d'ailleurs ;-) ... Je n'ai pû revoir un autre collègue bloggeur toulousain, Jeune Modem 31, qui, depuis le mois dernier, se fait désormais appeler le Petit Grognard, et qui était présent à Villepinte... Mais il y aura d'autres occasions de se voir, dans notre Sud-Ouest... ;-)

Je remercie bien sincèrement Virginie Votier d'avoir bien voulu accepter que je lui donne une procuration afin qu'elle puisse participer en mon nom à tous les votes - élection du président, adoption des statuts et des chartes - pour lesquels je n'ai pas pû être présent. Et je félicites encore Quitterie pour sa nomination, tout en lui souhaitant, bien sûr, beaucoup de succès. Cette aventure, de toute façon, est collective, et je ne doute pas que notre nouvelle déléguée nationale continuera d'être soutenu, en toute confiance, par ses amis, quoiqu'il arrive... Même si certains ont pû regretter qu'il n'y ai pas eu assez de changement en ce qui concerne les personnalités nommés - avec approbation votée par le Congrès - au sein du Bureau exécutif national provisoire, il faut, me semble-t-il, voir la partie pleine du verre. Le fait que Quitterie Delmas ait été promue au poste de déléguée nationale du MoDem est un début. Il faut prendre ce qui se présente, pourvu que celà comporte quelque intérêt pour l'avenir. Le temps travaille pour nous, et le changement viendra, tôt ou tard. Il est même sans doute déjà là, à bien des égards...

A bientôt,

Amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

P.S. : Je profite de ce message pour transmettre ici un communiqué relatif à un évènement toulousain auquel je participerai, sauf contretemps majeur, et qui aura lieu en janvier prochain, à savoir la première République des blogs à Toulouse :

"Le 26 janvier 2008 se tiendra à Toulouse la première République des  blogs. Il s'agit tout comme à Paris , de réunir ensemble les  blogueurs politiques locaux et leurs lecteurs autour d'un sujet  commun méritant débat et discussions.

Pour cette édition, nous avons décidé d'aborder le thème des transports qui recouvre aussi bien le contournement routier de Toulouse que la future ligne à grande vitesse, le deuxième aéroport éventuel mais aussi et bien entendu ses implications en matière d'environnement et de développement urbain.

Nous appelons tous les élus, candidats et responsables des grands partis à participer à ce dialogue citoyen qui aura lieu deux mois à peine avant le scrutin municipal et nous sollicitons tout particulièrement votre présence.

Afin de préserver les qualités républicaines de nos échanges, l'accès de la presse et des médias sera strictement limité.

L'annonce de cette République des blogs de Toulouse vient d'être mise en ligne et en visitant le site [(http://republiquedesblogs.net/Toulouse)], vous pourrez constatez que la liste des participants ne cesse de s'allonger. Cela nous amène d'ores et déjà à vous demander si vous disposez d'une salle ou d'un lieu, plutôt au centre ville, dont nous pourrions disposer afin d'y accueillir tout le monde dans des conditions acceptables.

Impatients de recevoir confirmation de votre présence à ce rendez-vous, veuillez agréer nos sincères salutations.

Les Organisateurs."

(Illustrations : Illuminations parisiennes de fin d'année mises en place depuis le 26 novembre 2007 sur l'avenue des Champs-Elysées, photographie, novembre 2007, ©S.Ortola/20Minutes ; François Bayrou le 30 novembre 2007 à Villepinte, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP ; Montage de deux photos de François Bayrou le 30 novembre 2007 (en bas) et le 1er décembre 2007 (en haut) à Villepinte, photographies de l'Agence France Presse, ©AFP ; François Bayrou s'exprimant, le 1er décembre 2007 à Villepinte, photographie de l'Agence France Presse, ©Vincent Nguyen/AFP/archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 23:18
Quelle pagaillasse... C'est le mot qui me semble convenir à la situation actuelle des universités françaises, et tout particulièrement de la mienne, celle de Toulouse II le Mirail - "pagaillasse" est une sorte de néologisme méridional que j'emploie sans savoir s'il a déjà pû être employé avant moi, mais le sens du terme me parait néanmoins compréhensible par le plus grand nombre... :-)
Le fait est que l'actualité finit toujours par vous forcer la main, et que l'ennui et le désintérêt qui furent les miens durant les premiers jours de grève a désormais laissé la place à l'agacement et à une certaine préoccupation. Je m'étais promis de ne pas y revenir, mais le caractère absurde, dérisoire, de la situation me pousse à reparler du mouvement de grève des étudiants, que j'avais brièvement évoqué au début d'un précédent article ("Un Monde de nains politiques...").

Je suis étudiant à l'Université de Toulouse II le Mirail depuis que j'ai quitté le lycée, en 2000. Après deux ans passés à étudier à l'antenne que la fac du Mirail avait alors à Albi, je me suis éloigné un peu plus de mon Rouergue natal, pour poursuivre mes études d'histoire à l'Université elle-même, dans ce quartier toulousain du Mirail que l'on ne présente plus... A Toulouse II, j'ai beaucoup appris, obtenu ma Licence d'histoire en 2003, ma Maîtrise d'histoire en 2005 et mon Master de recherche en histoire (équivalent de l'ancien D.E.A) en 2006, avec mention. Mon cursus universitaire n'est sans doute pas un de ceux qui conduisent à coup sûr vers la réussite immédiate sur le marché du travail, mais je suis tout-de-même fier de mon parcours, qui n'aurait pas été possible sans l'aide de l'Etat, qui m'a, durant toutes ces années, fait bénéficier de bourses, attribuées sur critères sociaux, qui m'ont permis de financer convenablement des études supérieures que ma mère n'aurait pas pu me payer toute seule. J'espère pouvoir, un jour prochain, faire en sorte que mon bagage universitaire serve à quelque-chose, qu'il me permette d'apporter quelque-chose aux autres et de trouver une juste place dans cette société, bien que, jusqu'ici, je ne me sois jamais senti vraiment à ma place nulle part... Cette année, je suis encore inscrit à la fac du Mirail, pour suivre les cours de préparation aux épreuves des concours de l'enseignement du Capes d'histoire-géographie et de l'agrégation d'histoire. Je dois être bien fou, en vérité, de m'être à nouveau lancé, pour la deuxième fois consécutive, dans la course des concours de l'enseignement, quand on sait quel sort Sarkozy de Nagy-Bocsa et ses sous-fifres du gouvernement réservent au nombre de postes d'enseignants proposés aux concours cette année et dans les années qui viennent... Mais enfin, il faut bien essayer de tirer son épingle du jeu, dans cette société injuste, malgré les difficultés...
En dépit des apparences, je n'aime pas beaucoup parler de moi, mais si j'ai pris la peine d'évoquer mon parcours universitaire, c'est pour que chacun se rende bien compte d'où je viens, et comprenne au mieux le sens du propos qui va suivre...

J'ai donc beaucoup appris à Toulouse II le Mirail. Celà dit, au delà des connaissances universitaires, j'ai aussi eu l'occasion de me familiariser longuement avec le climat politique qui règne depuis toujours à la fac du Mirail, à savoir celui entretenu par de très influents syndicalistes étudiants, idéologiquement très proches des partis d'extrême-gauche d'inspiration trotskiste et guévariste. Au Mirail, on aime la révolte, et on laisse rarement passer les occasions de se mettre en grève, de bloquer les accès de la fac, et de protester vigoureusement contre toutes les injustices de ce monde. Durant mon cursus, j'ai ainsi connu trois grands mouvements étudiants marqués par des blocages de la fac : d'abord le mouvement contre la réforme des diplômes universitaires - dite réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) - durant l'année universitaire 2002-2003, puis le mouvement anti-CPE contre le nouveau "contrat première embauche" (CPE) voulu par le Premier ministre Galouzeau de Villepin en 2006, et enfin, aujourd'hui, le mouvement contre la loi sur l'autonomie des universités, dite loi Pécresse.
En ce qui concerne ce dernier mouvement, tout a commencé il y a environ trois semaines, au début du mois de novembre, soit bien après que la loi sur l'autonomie des universités, aussi appelé LRU (loi de réforme des universités), ait été adoptée au Sénat et à l'Assemblée Nationale, le vote des parlementaires ayant eu lieu en juillet dernier (voir mon article de cet été
"Un Mois de Sarkozysme appliqué...")...

Loi Pécresse: blocages de facultés à Toulouse et Tours


Des étudiants de l'université Toulouse-Le Mirail ont bloqué mardi matin [6 novembre] l'entrée des bâtiments de la faculté pour protester notamment contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités.

A Tours, une centaine d'étudiants ont bloqué l'entrée des bâtiments de la Faculté de Lettres de Tours, les Tanneurs.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a jugé sur [la radio] France Info que le mouvement n'était "pas justifié", réclamant "un peu de patience" en attendant que la réforme "porte ses fruits".

La loi sur l'autonomie des universités prévoit que dans un délai de cinq ans toutes les universités accèdent à l'autonomie dans les domaines budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines, et puissent, à leur demande, devenir propriétaires de leurs biens immobiliers.

"C'est paradoxal qu'au moment où l'Etat se réengage, au moment où l'Etat décide d'accompagner les universités pour qu'elles soient plus puissantes, plus fortes, pour qu'elles assurent une meilleure insertion professionnelle des étudiants (...), qu'à ce moment-là, il y ait un mécontentement qui ne me paraît pas justifié", a affirmé Mme Pécresse.

A Rouen, les étudiants bloquent depuis le 30 octobre les facultés de lettres et de psycho-socio.

Lundi [5 novembre], entre 100 et 200 personnes ont occupé pendant quelques heures le site de Tolbiac de l'université Paris I avant de le quitter en fin de journée, alors que celui-ci est fermé administrativement.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 6 novembre 2007 10h32)

Depuis, le mouvement de grève a fait tâche d'huile, et vendredi dernier, 23 novembre, c'était désormais une quarantaine d'universités qui se trouvaient en grève à des degrés divers - sans compter certaines universités de la région parisienne désertées de fait, en raison de la grève des transports publics, interrompue depuis...


Au sein du mouvement national, les grévistes de l'Université de Toulouse Le Mirail sont, comme à l'accoutumée, particulièrement actifs... A la paralysie de la fac provoquée par le blocage des grévistes, s'est, du reste, ensuite ajoutée la fermeture administrative de l'université, sur décision de son président. Une sorte de "black-out" total de la fac, en somme...

Alors, pourquoi toute cette pagaillasse ? Officiellement, la révolte étudiante est due à la désormais fameuse loi Pécresse sur l'autonomie des universités. J'ai déjà eu l'occasion de dire, l'été dernier, que le projet de loi, à la base, avait été mal négocié au départ, et qu'il n'avait pas été aussi loin qu'on aurait pu le croire, par rapport à ce qui avait été annoncé, bien que tout le monde s'étant accordé sur la nécessité d'une profonde réforme des universités françaises...
J'aurai sans doute dû être plus direct, et dire que la réforme contenue dans la loi Pécresse n'est qu'une réformette, bien trop timorée pour être considérée comme une véritable réforme devant faire date dans l'histoire des universités de France. Il faut une réforme, une vraie : les universités et les étudiants en ont besoin. Or, à quoi assiste-t-on ? A un mouvement étudiant très influencé par l'extrême-gauche, qui paralyse les universités, notamment celle du Mirail, et qui, au lieu de réclamer une véritable réforme des universités, se contente d'exiger l'abrogation pure et simple de la loi Pécresse, qui n'est pourtant qu'une réformette "d'adaptation" ne répondant même pas aux problèmes de fond !


Au Mirail, les mouvements de grève étudiants se déroule toujours de la même façon. Des étudiants - qui sont, en général, militants syndicalistes, mais aussi de simples activistes - organisent des Assemblées générales  - ou AG - réunissant le plus d'étudiants possible, même si, de fait, la majorité du public présent dans l'amphithéâtre où a lieu l'AG est souvent a priori favorable à la grève, surtout au début. Des Assemblées générales, j'en ai vu un bon nombre durant mon cursus universitaire : elles tiennent plus du club de réfléxion et du défouloir idéologique qu'autre chose, mais elles sont tout-de-même censés être, en quelque sorte, l'organe décisionnel du mouvement. La grève, comme toutes les autres décisions, est votée à main levée par les étudiants présents en Assemblée Générale. Un "comité de lutte" est ensuite chargé d'appliquer les décisions prises lors des AG, notamment les manifestations, et surtout le blocage des passages et des entrées des bâtiments de l'université, avec quantité de tables et de chaises, réquisitionnées dans les salles de cours pour l'occasion. Je me souviens d'avoir assisté à une réunion du comité de lutte lors du mouvement contre la réforme du LMD, un soir d'automne de 2002, alors qu'il faisait déjà nuit : elle avait lieu dans la grande salle de réunion de la Présidence, alors occupée par les grévistes, et on j'avais l'impression d'assister, autour de la grande et longue table de la salle, à une réunion d'un "comité de salut public" assis dans les larges fauteuils de cuir d'une "monarchie" renversée... même si l'ambiance restait tout-de-même assez proche de celle d'une simple soirée étudiante...
Quand sort-on de la crise ? En général, à partir du moment où la Présidence de l'université choisit enfin de sortir de l'attentisme dont elle est coutumière, et tente une initiative pour débloquer - au propre comme au figuré - la situation. Cela peut passer par un vote, sur papier, et à bulletin secret, organisée par l'université, et ouvert à tous les étudiants inscrits à la fac, vote à l'occasion duquel est évidemment posée la question du déblocage. Un référendum de ce genre a eu lieu lors du mouvement contre la réforme LMD. Il n'a pas permis le déblocage immédiat, mais les grévistes, hostiles par principe à ce genre de consultation - "Seules les AG sont légitimes" disent-ils - ont été, cette fois-là, pris à leur propre jeu, puisque, lors d'une ultime AG, le déblocage de la fac a fini par être voté, à la nuit tombée, par une majorité d'étudiants - de nombreux anti-grévistes ayant alors fait le déplacement pour faire pencher la balance. Vous auriez vu tous ces étudiants alignés avec le bras tendu, et la main posée sur l'épaule du voisin de devant, pendant que des volontaires s'efforçaient de compter les pro-blocage et les anti-blocage : on serait crû à un congrès de parti unique... ;-)
Cette année, un autre référendum a été organisée par l'université du Mirail, et là encore, pour poser la question du déblocage. Il a eu lieu lundi dernier, 26 novembre. Enfin... il a commencé d'avoir lieu... Car, alors que le scrutin avait débuté le matin à 10h00, et que vers 11h00, selon un communiqué de la Présidence (rendu public à 17h00), près de 800 étudiants avaient déjà pu voter à bulletin secret, les étudiants grévistes ont décidés de faire capoter ledit scrutin, puisque pour eux, rappelons-le, "seules les AG sont légitimes". Selon la Présidence, "à 11h40, un groupe de manifestants de type commando a violemment cherché à interrompre la consultation. Les étudiants et les personnels ont subi insultes, menaces et coups. Devant les premiers incidents et afin d'éviter de plus graves dérapages, le président de l'université a décidé d'arrêter immédiatement la procédure de consultation démocratique" qui a donc été "suspendue". Compte-tenu des circonstances, et tandis que les grévistes faisaient voter une énième reconduite de la grève en AG, la Présidence de l'université a protesté contre les pressions pratiquées par les grévistes, les qualifiant de véritable "déni de la démocratie", et a pris, sans surprise, la décision de procéder à la fermeture de l'établissement sur le campus du Mirail, en fin d'après-midi, et ce jusqu'à jeudi matin, 29 novembre.

Comment peut-on en être arrivé là ? Je dois reconnaître que j'avais sous-estimé le caractère radical du mouvement étudiant actuel, caractère qui n'était pas aussi prononcé dans le passé... Que veulent donc les étudiants grévistes ? Une simple abrogation de la loi sur l'autonomie des universités ? Non. La vérité, c'est lorsque l'on y regarde de plus près, on se rend vite compte qu'ils se fichent de la loi Pécresse comme de leur première couche de bébé. Les prises de parole à la tribune des AG sont assez révélatrices de cet état de fait, puisque les discussions lors de ces Assemblées glissent volontiers de la thématique universitaire vers les méfaits de la politique du gouvernement actuel en général, sur la situation des sans-papiers, des mal-logés, de tous les laissés-pour-compte de ce monde
que les grévistes voudraient forcément meilleur, comme nous tous. Dès lors, il ne faut pas s'étonner de la nature d'un certain nombre de décisions votées à ces occasions... Voulant tout et tout de suite, les grévistes du Mirail sont allé jusqu'à voter, en AG, la "destitution de Sarkozy". Cette décision est bien évidemment ridicule, absurde. Pourtant, si celà ne tenait qu'à moi, Dieu sait si je serais satisfait de jeter moi-même Sarkozy de Nagy-Bocsa hors de l'Elysée, avec un bon coup de pied dans le derrière de cet énergumène, si je le pouvais ! Mais il a été élu ! C'est bien malheureux, mais c'est ainsi ! Moi aussi, je suis révolté par les injustices ! Moi aussi, je déteste Sarkozy, lui, et tout ce qu'il représente ! Mais ce n'est pas en bloquant une université, et donc en se tirant une balle dans le pied, que c'est le cas à chaque fois, que la situation changera ! Les grévistes aimeraient bien, en fait, être à l'origine d'une vague de contestation contre le pouvoir en place, semblable à celle de 1995 par exemple, qui avait eu raison du Premier ministre Juppé. Ils s'accrochent à un espoir, celui que "quelque-chose se passe" s'ils persistent dans leur mouvement. Pourtant, ce qu'il risque fort de se passer, c'est que, dans le meilleur des cas, ledit mouvement mourra comme une flamme dans un vent d'hiver, au plus tard à la faveur des vacances de fin d'année, ou dans le pire des cas, que ledit mouvement soit brisé par la force avec l'envoi de CRS - ce qui serait, bien évidemment, la pire des solutions...
De fait, sur le plan national, le vent est bel et bien en train de tourner...

Universités: "avancées importantes" de Pécresse selon l'Unef

Le président de l'Unef [(Union nationale des étudiants de France), principal syndicat étudiant, proche du PS], Bruno Julliard, a estimé mardi [27 novembre] que Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) avait fait "des avancées importantes" sur l'accompagnement de la loi sur l'autonomie des universités et a demandé que les assemblées générales d'étudiants les prennent "en compte".

A l'issue d'une rencontre avec la ministre, il a fait état "de garanties nouvelles et de gardes fous aux craintes des étudiants mobilisés", jugeant "rassurantes" les concessions de Mme Pécresse au mouvement étudiant qui agite une quarantaine d'universités (sur 85) depuis plus de trois semaines et des dizaines de lycées depuis une semaine.

Il a précisé que l'Unef consulterait en parallèle mercredi et jeudi ses "adhérents pour déterminer sa position sur la suite à donner à la mobilisation".

"Vous connaîtrez ma position dans deux jours", a-t-il dit à la presse, ajoutant qu'il "appartiendra aux AG (assemblées générales) de décider in fine s'il faut poursuivre ou pas la mobilisation".

Pour encadrer sa loi, il a expliqué que Valérie Pécresse s'était engagée à la "mise en place d'un cadrage national des diplômes", un texte qui garantit "l'égalité des diplômes et des étudiants sur l'ensemble du territoire", par le biais d'un "groupe de travail" qui étudiera l'harmonisation des intitulés et des modalités d'évaluation des étudiants.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 27 novembre 2007 16h55)

Les chefs de file du mouvement étudiant au Mirail sont traditionnellement bien plus radicaux que ceux qui choisissent la voie de la négociation, et il n'est pas certain que les péripéties de cette semaine les fassent renoncer à leur activisme borné, pourtant dépourvu de crédibilité... Mais de toute façon, il faudra bien en finir, car les cours à l'université ne peuvent être suspendus indéfiniment. Quant à Sarkozy de Nagy-Bocsa, il ne sera assurément pas renversé ni par la volonté des AG étudiantes, ni par les actions de blocage menées par des activistes marxistes qui ont un peu trop tendance à ériger la théorie systémique de la lutte des classes en dogme religieux...


L'un des intervenants réguliers sur le présent blog, l'alias Dante, qui, comme moi, fréquente l'université du Mirail en préparant les concours de l'enseignement, a écrit un texte fort pertinent, dans lequel il expose ses impressions sur la situation. Ce texte étant né à la suite de discussions sur le sujet entre l'auteur et moi-même, je le reproduis ici, afin que mes lecteurs puissent prendre connaissance d'un point de vue autre que le mien :

ARRETEZ LE MONDE, JE VEUX DESCENDRE !

 « Je préfère me débarrasser des faux enchantements pour pouvoir m'émerveiller des vrais miracles ». Ainsi répondait Pierre Bourdieu à une journaliste qui le questionnait sur ses engagements politiques. Cette lucidité assez rare et assez peu commune de nos jours contraste férocement avec ce que nous vivons actuellement. Car certains confondent la lucidité avec l'émotion. Il est vrai qu'avec un chef d'Etat qui érige l'émotion en principe législatif, réécrit l'histoire à sa sauce et réactive des formes d'anti-intellectualisme auxquelles même la droite républicaine semblait avoir renoncé (cf. au discours de Vesoul du 13 mars 2007), la tentation est grande. Mais gardons-nous des réflexes et des prêts à penser pour prendre du recul et tenter une critique.

 Car, à quoi assistons-nous en ce moment ? D'un côté, une réforme dont le décret est paru en août 2007 et qui contient des dispositions inquiétantes en occultant les questions de fond. L'université n'a pas besoin d'une énième mesurette « pour s'adapter ». Elle a besoin d'une réforme et d'une redéfinition en profondeur. Et lorsque nous parlons de réforme, il ne s'agit ni de tour de passe-passe, ni de régression maquillée. Il s'agit de proposer d'autres moyens de fonctionner et non de déconstruire en permanence des acquis. Ainsi, nous avons ce texte qui, loin de répondre aux enjeux actuels, amorce l'alignement sur un modèle quand l'université aurait des réalités différentes à intégrer et à partager. De l'autre, nous sommes en présence d'un mouvement, aux inquiétudes légitimes, qui se radicalise mais qui tombe toujours dans l'écueil qui le discrédite : recycler en permanence le capital de contestation qui lui est dévolu pour se donner le sentiment d'exister. Au-delà de ces deux mondes, le troisième est celui qui doute, qui partage, qui tente des hypothèses, qui formule des coups de gueule, qui propose, qui contourne, qui soutient et qui s'organise, tant bien que mal. Ce troisième monde est à lui seul un quatrième, un cinquième, voire une multiplicité de mondes tant sa structure est composite. Bref, de multiples intérêts entrent en conflit pour défendre leur existence sur des bases oscillant entre la satisfaction du confort personnel et la revendication mythique du bonheur collectif.

 Au-delà du constat sur ce mouvement perpétuel des sociétés, les problèmes demeurent. Et la fameuse « légitimité », brandit de part et d'autre, finit par révéler sa polysémie et sa complexité. Mais la tournure des éléments a classé l'affaire. Nous n'en sommes plus à réfléchir sur la légitimité des actes mais sur la conséquence des choix. En agissant dans le refus d'une autre forme de débat, à savoir une consultation basée sur des règles élémentaires de la démocratie, le comité de lutte et ses laquais ont donné la pleine mesure de ce qu'ils sont en évitant de donner du sens à ce qu'ils font. En privilégiant une apparence, ils ont construit une absence : la critique sans perspective d'examens et de mises à plat des alternatives. Sans doute n'ont-ils jamais lu cette phrase de Rosa Luxembourg : « la liberté, c'est toujours, au moins, la liberté de celui qui pense autrement ». Penser autrement, c'est proposer. Que proposent ceux qui brandissent des simulacres de démocratie et qui s'en réclament pour mieux s'en départir ? Et d'ailleurs, que peuvent-ils proposer en s'inscrivant dans une dénégation absolue de toute proposition extérieure ? A agir ainsi, on devient son propre système. Et cette autarcie intellectuelle, sociale et culturelle n'est certainement pas une liberté.

 Bref, tout cela donne envie de demander l'asile politique à Disneyland ? A moins que l'on y soit déjà ! Parmi les revendications « votées », celle de la destitution de Nicolas Sarkozy est à elle seule un monument de ridicule. Pourquoi ne pas demander la destitution du premier ministre japonais, quitte à être plus efficace ? J'aurais ainsi quelques propositions à formuler pour les prochaines revendications : réconcilier les oeufs brouillés, ramonage des volcans une fois par an et rendre comestible tous les hommes-sandwichs ! Qu'on le veuille ou non, Nicolas Sarkozy a été élu. La seule manière de créer un contre-pouvoir n'est pas de le destituer mais de l'écouter pour mieux le combattre, d'exercer en permanence notre esprit critique, de décrypter quotidiennement son discours et de mettre en évidence ses contradictions. Le réflexe doit laisser place à une culture de l'analyse, de la critique et de la proposition. C'est le meilleur moyen de résistance et le plus crédible. C'est aussi celui qui permet d'être actif à chaque instant et de ne pas rester dans la simple délégation des responsabilités. Camus écrit au début de L'Homme révolté : « Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement ». Sommes-nous des êtres campés sur l'orgueil de détenir chacun notre vérité ou sommes-nous des êtres de dialogue ? Tant que certains découpleront en permanence l'expression d'une contestation justifiée et la proposition d'alternatives crédibles et concrètes, il est à craindre que les impasses continuent de fleurir.

 Il y a quelques années, une pièce était présentée à Broadway sous l'intitulé suivant : « Arrêtez le monde, je veux descendre ». Bon titre.

Dante.

"Bref, tout cela donne envie de demander l'asile politique à Disneyland ? A moins que l'on y soit déjà !" : en effet, cher Dante, la déconnection de la réalité semble bel et bien rester d'actualité dans ce pays... Et pourtant, si nous sommes à Disneyland, c'est un Disneyland sinistre... Pendant que nous perdons notre temps avec une grève sans queue ni tête, des évènements graves viennent d'avoir lieu dans le département du Val d'Oise, au nord-ouest de Paris. Avant-hier, dimanche 25 novembre, après une collision survenue  entre une voiture de police et une mini-moto, qui a coûté la vie à deux jeunes, des violences urbaines ont éclaté à Villiers-le-Bel, avant de gagner, le lendemain, lundi, les villes voisines de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Cergy, Ermont et Goussainville. A la suite d'un énième drame humain, plus de deux ans après les propos karchérophiles de Sarkozy à Argenteuil (Val d'Oise), voilà l'actuel président de la République rattrapé par le problème non réglé des banlieues, avec le risque important d'un nouvel embrasement de celles-ci, qui, s'il se produit, pourrait bien être encore plus violent que l'embrasement de 2005
, s'il l'on y prend pas garde...
La chute dans le réel, la vraie, commence peut-être, enfin, à se faire sentir... lentement, mais sûrement...

Cordialement,

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Vue de l'Université de Toulouse II le Mirail, photographie anonyme, sans date, ©DR ; La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, le 13 juin 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Thomas Coex/AFP/Archives ; Universités en grève le vendredi 23 novembre 2007, carte de France de l'Agence France Presse, ©Paz Pizarro/AFP ; Etudiants de l'université Toulouse II le Mirail réunis en Assemblée générale, le 06 novembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ; Assemblée générale à l'université Toulouse II le Mirail, le 13 novembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 21:24
Toujours bien peu de temps à consacrer à la rédaction d'articles pour le présent blog, tandis que le flot de l'actualité continue de couler sans cesse, mais que voulez-vous chers lecteurs : on fait ce que l'on peut... :-) J'espérais pourtant pouvoir intervenir de nouveau le 11 novembre dernier, jour anniversaire de l'armistice de Rethondes, qui, en 1918, mis fin à la Première Guerre Mondiale. Celà n'a pû se faire, mais c'eût été l'occasion de parler un peu des relations difficiles entre l'histoire et les mémoires, de ce fameux devoir de mémoire, qui n'est pas un devoir d'histoire, de ce devoir d'histoire auquel il ne faut pas renoncer puisqu'il est primordial, même si les mémoires doivent être respectées... Mais remarquez, on peut toujours en parler, même si c'est de façon succinte...

Aujourd'hui, face à un présent qui va trop vite et à un avenir toujours plus incertain, les hommes et les femmes de notre temps se raccrochent au passé, pour essayer de freiner le présent... d'où les vagues commémoratives que nous connaissont, qui rassurent, qui entretiennent le lien social... Si les commémorations de l'armistice du 11 novembre 1918 et de la capitulation nazie du 8 mai 1945, qui ont respectivement mis fin aux deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945, font plus ou moins l'unanimité, on procède toujours à une sélection, censée faire consensus, pour ce qui concerne d'autres évènements...
Il en a été ainsi à l'occasion du bicentaire de la bataille napoléonienne d'Austerlitz, le 2 décembre 2005. La commémoration de cet évènement, positif pour la France puisqu'il s'agit d'une victoire française remportée le 2 décembre 1805 contre des ennemis austro-russes aggresseurs et supérieurs en nombre, n'a été que fort chichement célébrée en France, alors que la ville d'Austerlitz, située en République tchèque, a organisé, le 2 décembre 2005, une reconstitution de cette bataille majeure de l'histoire européenne, avec plusieurs milliers de participants venus du monde entier, des Tchèques, des Slovaques, des Autrichiens, des Allemands, des Britanniques, des Français, des Belges, des Néerlandais, des Luxembourgois, des Polonais, des Russes, des Biélorusses, des Ukrainiens, des Lithuaniens, des Lettons, des Moldaves, des Espagnols, des Maltais, des Norvégiens, des Suédois, des Américains, des Canadiens et des Australiens. La France, elle, officiellement, n'a accordé à l'évènement qu'une petite cérémonie militaire nocturne, place Vendôme à Paris, en l'absence des plus hautes autorités de l'État, notamment du Premier ministre de l'époque, Dominique Galouzeau de Villepin, que l'on sait pourtant passionné par l'histoire napoléonienne. La France a, quelques semaines plus tôt, préféré envoyer le porte-avions Charles-de-Gaulle en Grande-Bretagne participer à l'International Fleet Review, à l'occasion du bicentenaire de la défaite navale française de Trafalgar face à la flotte anglaise, le 21 octobre 1805, la ministre de la Défense de l'époque, Michelle Alliot-Marie ayant, le 2 décembre 2005, été la seule représentante de l'Etat à avoir effectué un déplacement - fort discret - en République tchèque pour assister aux cérémonies commémoratives du bicentenaire d'Austerlitz sur les lieux historiques de la bataille.
Pourquoi autant de retenue de la part de l'Etat, et en particulier de la part du Premier ministre ? Pour des raisons minables, directement liées au contexte des derniers mois de l'année 2005 en France, à savoir celui des émeutes de banlieues survenues à l'automne, et surtout celui de la criminalisation du passé napoléonien, faite alors par un lobby noir voulant à tout prix réduire l'action politique de Napoléon Bonaparte à sa décision d'avoir rétabli, en 1802, l'esclavage dans les colonies françaises, certains représentants de ce lobby allant, de façon grotesque, jusqu'à accuser Napoléon d'avoir été un ogre génocidaire des noirs à Saint-Domingue, et d'avoir inspiré Adolf Hitler... Disons-le tout net : face à la polémique, face à la bêtise, face à une pression mémorielle intempestive, face à la manipulation politique de l'histoire, le gouvernement de l'époque a choisi de se coucher, faisant là preuve d'une singulière lâcheté...

J'ai commencé par parler des mémoires en général, mais, dans le fond, si je prends la peine d'évoquer cette affaire, j'avoue que c'est d'abord pour une raison toute personnelle : il se trouve que je suis né un 2 décembre. Outre celui de ma naissance et de la victoire de l'armée napoléonienne sur les armées impériales autrichiennes et russes à Austerlitz - célèbre bataille que Léon Tolstoï évoque dans son roman Guerre et Paix -, ce jour est également celui du sacre impérial de Napoléon Ier à la cathédrale Notre-Dame de Paris - en présence du pape Pie VII - le 2 décembre 1804, le jour du coup d'Etat du 2-Décembre réalisé par le président de la République, et neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851 - ce coup d'Etat tant dénoncé par le poète Victor Hugo -, et le jour de l'avènement impérial du même Louis-Napoléon sous le nom de Napoléon III, le 2 décembre 1852. Pour des raisons diverses, il semble que, pour la plupart des biens-pensants et des agitateurs de souvenirs mémoriels anti-bonapartistes, le jour de ma naissance soit historiquement un jour de honte... Personnellement, j'ai toujours fort peu apprécié ce genre de considération, et du reste, j'ai trouvé dans ce jour une bonne raison pour consacrer, durant quelques années, mes travaux de recherche universitaires à la vie politique française sous le Second Empire de Napoléon III - ledit Napoléon III n'ayant évidemment rien à voir avec Sarkozy de Nagy-Bocsa, contrairement à ce que veulent faire croire certains, comme le journaliste créateur du journal Marianne, Jean-François Kahn, dans son délire hugolâtre -, travaux de recherche qui ont été motivés, à l'origine, par la lecture - fort indigeste - des Châtiments de Victor Hugo, qui me fut imposée en terminale, il y a presque dix ans de celà (le recueil des Châtiments de Victor Hugo ayant fait partie dans les lycées du programme de première pour l'épreuve anticipée du baccalauréat de français en 1998-1999)...
Tous ces biens-pensants qui, en France, passent leur temps à glorifier le "dieu" Hugo et ses "saintes" écritures contre Napoléon III - les Châtiments, Napoléon le Petit, Histoire d'un crime, etc. -, tous ces thuriféraires de Victor Hugo, ces déterministes républicanistes ? persuadés que, de tout temps, la France était destinée à devenir une république ?, et autres dénonceurs de dictatures forcément jugées totalitaires, sans oublier les politiciens élus de la République toujours en quête de références à exploiter, toutes ces belles âmes qui, en 2002, ont eu l'opportunité, à l'occasion du bicentenaire de la naissance dudit Hugo, d'afficher leurs opinions sur le caractère fort exemplaire de l'engagement de l'écrivain et, dans le même temps, sur l' "odieux" régime impérial contre lequel il a lutté (après avoir - ces gens-là se plaisent à l'oublier - soutenu Louis-Napoléon Bonaparte lors de l'élection présidentielle de 1848 et ardemment désiré devenir ministre en récompense de son soutien) : voilà ce qui m'a profondément agacé - m'agace encore, du reste -, et motivé au début de mes recherches, ce qui ne m'a pas empêché, bien entendu, de travailler à partir des sources avec le plus d'honnêteté et de sérieux possible, loin des propagandes et des préjugés de tous ordres...

On m'a accusé tant de fois - stupidement - d'être bonapartiste... bien que je n'ai pas choisi de naître un 2 décembre, et que le bonapartisme soit mort depuis longtemps, dès la fin du XIXe siècle. A ceux qui éprouvent une sorte d'adoration aveugle pour le "grand" Victor Hugo, et qui se sentent obligé de l'invoquer sans cesse et de le citer à toutes les sauces, sans se poser une seule fois la question de savoir qui était cet homme, quel fut son parcours, et quelle était VRAIMENT son époque, je me contenterai de rappeler qu'en matière de politique, c'est bien trop souvent le présent qui fait le passé, et non, hélas, le passé qui fait le présent... A Victor Hugo et son déterminisme opportuniste, je préfère Marc Aurèle et sa distanciation de stoïcien. Que l'on cesse donc un peu d'évoquer le passé à coup de préjugés tout faits, de prêt-à-penser, tout droit hérités de la propagande divulgués par les vainqueurs de l'histoire et véhiculés par une mémoire - ici républicaniste - fonctionnant toujours de façon exclusive sur des fidélités aveugles. Le passé de l'humanité est complexe, nul déterminisme ne le guide, notamment en ce qui concerne la politique, et à la fin, seul le devoir d'histoire reste, qui prime sur le devoir de mémoire... Celà devait être dit...

Toutefois, j'ai une autre raison d'évoquer le 2 décembre, date de mon anniversaire et date napoléonienne si chargée de symbole... Il se trouve qu'une nouvelle m'est parvenu il y a quelques semaines, le 18 octobre dernier : le Congrès fondateur du Mouvement Démocrate, le parti politique auquel j'ai adhéré en mai dernier, n'aura finalement pas lieu le 25 novembre, comme celà avait été initialement prévu, mais les 1er et 2 décembre prochains, le 2 décembre étant donc appelé à devenir le jour officiel de la fondation du MoDem... J'avoue avoir été quelque peu surpris par cette nouvelle, qui m'a été confirmée dans la nuit du 8 au 9 novembre dernier, lorsque j'ai reçu une lettre d'information de François Bayrou, adressée à tous les adhérents du MoDem, datée du 8, et dans laquelle on peut notamment lire : "Le congrès fondateur du Mouvement démocrate aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre à Paris Villepinte."
Faut-il que j'y vois un signe ? Je ne sais... Les adorateurs inconditionnels de Victor Hugo sont nombreux au MoDem, et souvent tentés de faire de douteux parallèles entre bonapartisme et sarkozysme... Au moins, ils auront la satisfaction de célébrer désormais, avec la naissance du MoDem, un évènement survenu un 2 décembre, qui, je l'espère, sera enfin suffisamment démocrate à leur goût... Pour ma part, je me contenterai de poursuivre ma route hors des sentiers battus, loin du républicanisme bien pensant, mais avec les citoyens humanistes les plus ouverts d'esprit, s'ils le souhaitent, au sein du Mouvement Démocrate et en dehors...

Je reproduit ici la lettre de François Bayrou aux adhérents du MoDem, datée du 8 novembre, et que j'ai reçu dans la nuit du 8 au 9 :

Lettre de François Bayrou

Paris, le 8 novembre 2007


Chers amis,

Nous avons dû, après les élections du printemps, reconstruire notre organisation. C'est maintenant chose faite : vous allez donc recevoir à nouveau journal, lettres et documents.

Ce mois de novembre est très important pour nous. Nous préparons à la fois le congrès fondateur du Mouvement démocrate, le congrès extraordinaire de l'UDF qui lui est joint, et les élections municipales et cantonales, pendant que l'actualité politique plonge beaucoup de Français dans l'interrogation et la perplexité.

Le congrès fondateur du Mouvement démocrate aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre à Paris Villepinte. Il faut auparavant une délibération statutaire pour régler les relations entre l'UDF et le Mouvement démocrate, comme d'ailleurs entre le Mouvement démocrate et Cap 21.

Le congrès extraordinaire de l'UDF adoptera un texte, sur proposition du bureau politique de cette formation, sur les relations statutaires entre l'UDF et le Mouvement démocrate. Le Mouvement démocrate est né, en effet, comme vous vous en souvenez, à l'appel du Conseil national de l'UDF, par l?adoption d?une motion, le 10 mai 2007.

Nous avons à gérer une situation rare, qui ne s'est pas produite souvent dans un courant politique français : des dizaines de milliers d'adhérents nouveaux nous ont rejoints, et il faut que chacun se trouve à l'aise, à sa place, dans la maison nouvelle que nous formons ensemble.

Je veux répondre à quelques questions simples, qui reviennent souvent :

> Quand on est adhérent UDF, faut-il prendre une adhésion nouvelle pour être adhérent au Mouvement démocrate ? Il est vrai qu'un certain nombre d'adhérents ont voulu accomplir cette démarche, et je les en remercie. Mais je proposerai au congrès que tout adhérent de l'UDF (comme tout adhérent de Cap 21) soit automatiquement considéré comme adhérent du Mouvement démocrate et en reçoive la carte. C'est le même courant politique qui se poursuit sous d'autres formes, nouvelles, mais sans rupture dans les idées et dans les convictions.

> Qu'en est-il des instances, notamment départementales ? Toutes les instances départementales vont être réélues dans les semaines qui suivent le congrès et nous sommes en train de mettre au point des règles de fonctionnement qui garantiront à tous, quelle que soit la date de leur adhésion, leur juste place.

> Comment seront adoptés les statuts du Mouvement démocrate ? Les adhérents auront-ils leur mot à dire ? Bien entendu et je m'y suis engagé. Nous adopterons au congrès trois documents fondateurs : une charte des valeurs ; une charte éthique ; des statuts. Des projets de documents sont mis en ligne depuis le 5 novembre. Ce ne sont que des projets : ils seront examinés notamment par les bureaux des formations fondatrices, et soumis à amendement lors du congrès.
Les amendements devront être adressés aux adresses suivantes :
statuts@lesdemocrates.fr, chartedesvaleurs@lesdemocrates.fr et
charteethique@lesdemocrates.fr ou
par courrier avant le 21 novembre pour que leur recevabilité puisse être examinée par une commission statutaire et soumis au vote.

> Comment se préparent les élections municipales ? Nous ne pouvions évidemment pas attendre le congrès pour commencer ce grand travail. J'ai donc mis en place une commission d?investiture (dont vous trouverez la composition [...] sur notre site www.lesdemocrates.fr). Cette commission examine la situation de toutes les villes de plus de 20 000 habitants et, conformément à nos statuts, prononce les investitures chaque fois qu'elle estime la situation décantée et suffisamment claire. Un certain nombre de villes connaissent une situation plus complexe (alliance éventuelle dès le premier tour avec d'autres formations démocratiques, absence de candidature annoncée ou, au contraire, multiplicité de candidatures). Dans tous ces cas, des réunions seront organisées, région par région, par la commission d'investiture, selon un calendrier publié sur notre site. Par ailleurs, je vous invite à faire acte de candidature auprès de la commission à l'adresse suivante : municipales2008@lesdemocrates.fr ou par courrier à notre adresse.


L'ensemble de ce travail de construction se déroule en un moment politique plein d'interrogations pour beaucoup de Français. La politique suivie est tournée vers la mise en lumière, le spectaculaire pour ne pas dire le spectacle, du président de la République, acteur qui monopolise tous les rôles du gouvernement. Nous avons toujours été persuadés que la centralisation et la concentration du pouvoir étaient une faiblesse de la France. Cette faiblesse est aujourd'hui accentuée jusqu'à la caricature.

La lutte contre le déficit et la dette est passée au deuxième plan. Beaucoup de nos partenaires européens s'en inquiètent. Dans le même temps, le « paquet fiscal » a conduit à des facilités en direction des Français déjà favorisés, ce qui ne facilitera pas l'acceptation des décisions rigoureuses le jour où elles deviendront inévitables.

Le projet de société est peu lisible. Ce qui émerge, c'est l'affirmation répétée qu'il faut « réconcilier les Français avec l'argent », parce que « l'argent, c'est la réussite ». Pour beaucoup d'entre nous, la confusion entre argent et réussite est une régression : que peuvent entendre dans une telle affirmation les éducateurs, les scientifiques, les classes moyennes, les retraités, les femmes et hommes de culture ?...

Bien des réformes sont éludées : on annonçait que la loi sur les universités serait le texte le plus important du quinquennat, qu'en reste-t-il ? On prévoyait un service minimum de plein exercice pour les services publics, on avoue aujourd'hui que ces dispositions ne changeront rien à la situation actuelle? Le déficit de la sécurité sociale n'a été en rien diminué par les lois des gouvernements précédents, et les franchises, socialement discutables, sont annoncées comme devant financer la recherche sur la maladie d'Alzheimer, le cancer, et autres soins palliatifs. Évidemment, cette affirmation est une présentation de façade, mais l'idée qu'on demanderait aux seuls malades de financer la recherche contre la maladie apparaît en soi comme un problème.

La seule réforme effectivement en cours est celle de la retraite des régimes spéciaux. C'est un passage obligé, non pas seulement en termes financiers (les régimes spéciaux représentent seulement 5 % des besoins de financement des caisses de retraite), mais en termes d'équité. Nous pensons que l'on peut trouver le chemin d'une réforme juste. Cela demande une capacité de négociation, beaucoup de fermeté, et un effort de compréhension en direction des salariés qui ne sont pas des privilégiés et vont nécessairement voir ainsi changer leur contrat de travail. En tout état de cause, si le chemin de cette réforme juste est trouvé, nous y apporterons notre soutien.

Il importe d'ajouter que le rendez-vous de la retraite se présentera après les élections municipales. Il ne s'agira pas là des 5 % de régimes spéciaux, mais de 100 % des besoins de financement. Je maintiens, même si le gouvernement n'est pas de cet avis, que la réflexion sur les retraites par points était une approche plus globale, plus juste, plus équilibrée que les éternels ajustements auxquels nous assistons. Mais il est vrai que c'est un travail de grande ampleur, et qui demande une démocratie sociale pleinement active et responsable.

Nous avons apporté notre soutien au Grenelle de l'environnement. Mais une fois passée la phase consensuelle, la question est maintenant celle des mesures concrètes : c'est le véritable rendez-vous. Et c'est à ce rendez-vous que nous serons attentifs, avec tous ceux, dans nos rangs, qui ont une profonde connaissance de ces sujets.

La réforme des institutions n'a pas pris le bon chemin. Il y a, bien sûr, dans le texte du comité Balladur [remis à Sarkozy le 29 octobre dernier] des pistes qui doivent être retenues, notamment pour la procédure parlementaire. Mais pour l'essentiel, l'autonomie du pouvoir législatif par rapport au pouvoir exécutif, on a choisi d'aller vers l'aggravation des dérives de la Ve République. Quelle autonomie, en effet, peut-on imaginer pour une Assemblée dont le premier tour de l'élection serait organisé le jour même... du deuxième tour de l'élection présidentielle ?... Quelle représentation honnête du pluralisme de notre démocratie quand on prétend que la proportionnelle (souhaitée par les deux tiers des Français) ne devrait représenter que 20 à 30 sièges sur 577 ?... Il est à craindre que, contrairement aux espoirs que nous avions mis dans cette instance, la direction prise n'aboutisse à une impasse, voire à une aggravation de la situation actuelle.

Tous ces sujets donnent la vraie dimension du défi qui est devant nous : il s'agit de construire un projet de société qui permettra à la société française et aux sociétés européennes de trouver un autre horizon que celui, purement matérialiste, d'une société d'inégalité croissante. Une société efficace, et de justice croissante, une société où la démocratie n'est pas un vain mot, où le citoyen n'est pas seulement la cible d'une communication de tous les instants, mais considéré comme conscient et responsable, une société où l'État n'est pas seul, mais entouré de partenaires actifs et légitimes (entreprises, associations, collectivités, familles, etc.) Une société où le système de valeurs privilégie l'éducation, la formation, la recherche, l'épanouissement de l'individu, le pluralisme. Si ce sujet du projet de société vous intéresse, permettez-moi de vous renvoyer à l'article que j'ai écrit durant l'été dans la revue Commentaire : Du centre au projet démocrate...

Cette recherche d'un projet de société alternatif, et d'un mode de gouvernement nouveau, nous sommes seuls, me semble-t-il, à pouvoir en être aujourd'hui les promoteurs. Le parti socialiste traverse en effet une crise lourde, parce qu'elle est à la fois une crise de leadership et une crise d'inspiration. Cette crise l'empêche de suivre le chemin qu'ont emprunté il y a des années les socio-démocrates européens, eux-mêmes désormais (on l'oublie trop souvent) en interrogation sur leur modèle d'état providence. C'est notre responsabilité d'entrer de plein pied dans ces questions, sur lesquelles les Français ne manqueront pas de rejoindre les pionniers que nous aurons osé être.

De ce devoir de construction, en tout cas, je veux vous assurer qu'avec vous, si nombreux, je ne me laisserai pas détourner.

Pour tout cela, je vous donne rendez-vous les 30 novembre (pour les adhérents de l'UDF) 1er et 2 décembre, pour tous les MoDem, à Paris-Villepinte.

Affectueusement à vous tous.

François Bayrou

Je m'en voudrais de terminer cet article, chers lecteurs, sans évoquer un autre évènement, plus particulier, lui aussi lié au 2 décembre... ;-)
Certains d'entre-vous connaissent sans doute la présipauté de Groland, cette micronation francophone fictive, qui fait l'objet d'un journal télévisé satirique hebdomadaire sur la chaîne Canal +. Eh bien, sachez que désormais, le MoDem a un parti frère au Groland ! Il s'appelle le Mouvement Démocrate Grolandais, ou GroDem, et depuis le 17 octobre dernier, il a son blog sur Internet, à l'adresse http://generationdemocrate-groland.hautetfort.com/.
Ce nouveau parti se définit lui-même ainsi : "le GroDem, Mouvement Démocrate Grolandais, est né de l'ambition de son président de créer un mouvement capable de rassembler un très large majorité de Grolandais. Issu des mutations de l'ancienne UDG (Union pour la démocratie Grolandaise) opérées depuis le congrès de Grobourg en 2006, il a su faire venir à lui plusieurs millions de Grolandais qui se sont rangés derrière des  slogans tels que « ni gourde , ni gourdin » ou encore « vivre libre ou mourir con ». Parmi eux, de nombreux déçus du PSG (Parti Socialiste Grolandais), mais aussi des écologistes de Gap 21 et d'anciens Grollistes sociaux. Son congrès fondateur se déroulera le 1er décembre 2007 aux alentours de 09h37mn environ et devrait définir les statuts du mouvement ainsi que sa charte éthique."
Les possibilités d'ascension politique au sein du parti étant beaucoup plus importantes au GroDem qu'au MoDem, j'ai pû non seulement m'imposer aisément comme le chef de file incontesté de la mouvance anarcho-monarchiste des barbus du Grodem, mais aussi obtenir rapidement une promotion au sein de l'appareil du parti, devenant ainsi, en raison de ma date de naissance, le responsable de la cellule dite "du 2 Décembre" et, à ce titre, chargé des coups d'Etat et des complots, comme en témoigne un message officiel du GroDem publié sur le blog du parti, le 8 novembre dernier.
Ainsi donc, pour finir, je n'ai plus qu'une chose à dire : vive l'anarcho-monarchisme LIBRE au sein du GroDem (et du MoDem) !

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

P.S.: Que l'on pardonne le caractère contrasté, et parfois un peu emporté - voire égocentrique ? -, du présent article ; j'ai écris comme celà m'est venu... :-)

(Illustrations : Détail du tableau Bataille d'Austerlitz, 2 décembre 1805, huile sur toile [1810] par le baron François Gérard, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Détail du tableau le Sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, huile sur toile [1805-1807] par Jacques-Louis David, Paris, Musée du Louvre ; "M.M. Victor Hugo & Emile de Girardin cherchent à élever le prince Louis[-Napoléon Bonaparte] sur un pavois, ça n'est pas très solide !", l'écrivain Victor Hugo [en bas, à gauche], et le journaliste fondateur du quotidien la Presse Emile de Girardin [en bas, à droite] soutenant le candidat Louis-Napoléon Bonaparte [en haut, sur le pavois] lors de l'élection présidentielle de décembre 1848, caricature de Honoré Daumier, publiée dans Le Charivari, 11 décembre 1848 ; Logotype du MoDem, 2007 ; François Bayrou, président du MoDem, le 16 septembre 2007, à Seignosse, photographie de l'Agence France Presse, © Pierre Andrieu AFP/Archives ; Copie d'une carte de membre du GroDem, novembre 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 12:20
Un mouvement de grève des étudiants a commencé ces derniers jours, en France. C'est une réaction, bien tardive, contre la loi sur l'autonomie des universités - loi que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer l'été dernier, dans l'indifférence alors quasi-générale (voir le message intitulé "Un Mois de Sarkozysme appliqué...") -, et qui ne doit pas faire illusion : l'actualité de ce début du mois de novembre reste, en général, bien ennuyeuse... Du reste, j'ai connu suffisemment de mouvements de grève étudiante, depuis le temps que je fréquente le milieu universitaire, pour être aujourd'hui tout-à-fait blasé en ce qui concerne l'agitation estudiantine actuelle, le feu étant, comme d'habitude, surtout attisé par des activistes d'extrême-gauche, dont les méthodes et la réthorique dogmatique restent immuables, et dont je n'ai que faire en définitive, même si je suis, bien entendu, contre toute forme de privatisation des universités françaises, lesquelles, cependant, devront bien, un jour, être réformées de façon sérieuse... Enfin, passons...


Quite à parler d'actualité, autant parler de politique étrangère... Je n'avais pas l'intention, à l'origine, d'évoquer l'évènement, mais compte-tenu du fait qu'une partie de ma famille vit aux Etats-Unis d'Amérique - dans les Etats du Nevada et de Californie, pour être plus précis -, j'aurai sans doute eu mauvaise conscience si je n'avais pas abordé le sujet... Evoquons donc la fameuse visite officielle que le président Sarkozy de Nagy-Bocsa vient d'effectuer chez son collègue George W. Bush, avant-hier - mardi 6 novembre - et hier - mercredi 7 novembre, en compagnie des ministres Rachida Dati, Christine Lagarde et Bernard Kouchner, et de la secrétaire d'Etat Rama Yade...
Cette visite a eu lieu un peu plus de quatre ans et demi après le juste refus du président Chirac de soutenir l'intervention militaire américaine en Irak, en 2003, et la vague aberrante de francophobie qui avait envahie les Etats-Unis dans la foulée... Avec Sarkozy, les temps ont changé, et ce n'est évidemment pas une surprise...
Après avoir eu droit, la veille au soir, à un dîner officiel en son honneur à la Maison Blanche, dîner au cours duquel il a pu déclarer, lors d'un toast, "Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique et reconquérir le coeur de l'Amérique de façon durable", Sarkozy a pu faire, hier mercredi, un beau discours, avec ses habituelles gesticulations, devant les deux chambres réunies du Congrès américain, à majorité démocrate depuis l'année dernière...

Sarkozy enterre la brouille franco-américaine aux Etats-Unis

Le président français Nicolas Sarkozy a solennellement tourné la page de la brouille franco-américaine mercredi devant le Congrès américain, et apporté des gages concrets à son homologue américain sur le Pakistan, le dossier nucléaire iranien et l'Afghanistan.


Clou de sa première visite officielle aux Etats-Unis qu'il a entièrement vouée à la réconciliation des deux pays, le chef de l'Etat s'est adressé sous le dôme prestigieux du Capitole à la Chambre des représentants et au Sénat réunis, qui l'ont accueilli par plusieurs minutes d'ovation debout.

"La France est l'amie de l'Amérique", a déclaré M. Sarkozy en ouvrant son discours devant un hémicycle comble.


"Depuis que les Etats-Unis sont apparus sur la scène du monde, la fidélité qui lie le peuple français et le peuple américain ne s'est jamais démentie", a-t-il ajouté, enterrant la brouille entre les deux pays pour cause de guerre en Irak.


"Avec ses amis, on peut avoir des divergences, on peut avoir des désaccords, on peut avoir des disputes. Mais dans la difficulté, dans l'épreuve, on est avec ses amis, on est à leurs côtés, on les soutient, on les aide", a insisté le président français, dont le discours a été interrompu plus d'une vingtaine de fois par les applaudissements nourris des parlementaires américains.


Nicolas Sarkozy a exalté devant des élus ravis le "rêve américain", qui a permis "de prouver à tous les hommes que la liberté, la justice, les droits de l'homme, la démocratie n'étaient pas une utopie mais au contraire la politique la plus réaliste qui soit et la plus susceptible d'améliorer le sort de chacun".


"Ici, le plus illustre des citoyens comme le plus humble sait que rien n'est dû et que tout se gagne (...) la grandeur de l'Amérique, c'est d'avoir réussi à transformer son rêve en une espérance pour tous les hommes", a dit M. Sarkozy.


Le président français a également salué le sacrifice des GI's venus libérer la France et l'Europe pendant les Première et Seconde Guerres mondiales. "La France n'oubliera jamais le sacrifice de vos enfants", a-t-il assuré.


En passant ensuite en revue les grands problèmes du moment, M. Sarkozy a insisté sur les combats communs menés par la France et les Etats-Unis, notamment sur le front de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan ou la menace nucléaire iranienne.


En Afghanistan, il a promis que la France resterait engagée militairement aux côtés des Etats-Unis "aussi longtemps qu'il le faudra". Sur le dossier nucléaire iranien, il a répété avec fermeté que la perspective de voir Téhéran doté de l'arme nucléaire était pour la France "inacceptable".


Il a à nouveau appelé à des sanctions économiques contre l'Iran au cours d'une conférence conjointe avec le président George W. Bush dans la demeure historique du premier président américain George Washington à Mount Vernon, au sud de la capitale fédérale, où les deux responsables ont passé en revue les actuels dossiers internationaux.


Revenant sur l'Afghanistan, M. Sarkozy a indiqué qu'il étudiait la possibilité d'un renforcement des effectifs militaires français qui y sont actuellement déployés. "Nous réfléchissons à la meilleure façon d'aider à l'émergence d'un Afghanistan démocratique", a-t-il expliqué.


Le président français a également jugé la situation au Pakistan "préoccupante", estimant qu'il fallait "des élections le plus rapidement possible". On "ne combat pas les extrémistes avec les méthodes des extrémistes", a-t-il dit, "c'est très important qu'un jour nous ne nous réveillions pas avec un gouvernement qui soit celui des extrémistes (...) Il faut des élections".


Il a en outre souhaité voir un "Irak uni". "Personne n'a intérêt au démantèlement de l'Irak", a-t-il déclaré en réponse à une question des journalistes.


Après sa visite à Mount Vernon, le président français devait regagner Paris dans la soirée.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 novembre 2007, 23h08)

Que la France s'efforce d'entretenir ses liens d'amitié traditionels avec les Etats-Unis d'Amérique, c'est là quelque-chose qui me parait, évidemment, tout-à-fait normal et bienvenue.
Mais s'il s'agit, pour Sarkozy, de remplacer l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair dans le rôle de l'éternel valet des Etats-Unis - rôle que Blair a magnifiquement interprété lors de la guerre d'Irak -, je crains que ce voyage ne comporte, dans ce cas-là, un aspect fort négatif.
Et s'il s'agit, avec ce genre de visite, de préparer les citoyens français et les pays de l'Union Européenne à un retour total de la France dans l'OTAN, alors on ne peut que réaffirmer à quel point un tel retour sous tutelle militaire américaine serait absolument inacceptable. La France est un membre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord depuis sa création, en 1949, mais elle a décidé, en 1966, sous la présidence de Charles de Gaulle, de quitter la structure militaire intégrée de l'OTAN, entraînant ainsi la fermeture des bases américaines installées sur son sol. Réintégrer complètement l'OTAN, en se mettant sous commandement américain, alors que la France, de toute façon, siège toujours dans les instances politiques de l'Alliance atlantique et fournit des crédits et des contingents, équivaudrait à faire une croix sur une véritable politique européenne de défense indépendante, laquelle doit rester envisageable, même si le fameux traité européen "simplifié", censé remplacer la Constitution européenne refusée, en 2005, par les citoyens français et néerlandais, fait d'ors et déjà de l'OTAN le cadre de la défense de l'Union européenne... Si les intentions de Sarkozy sont ainsi d'affaiblir la France et la construction européenne, alors nous ne sommes pas sortis de l'auberge...
Mais il est vrai que depuis l'élection de Sarkozy à la présidence de la République française, nous nous trouvons, plus que jamais, dans un monde de nains politiques - qui n'ont rien à voir avec les nains de fantasy -, quand la France, l'Europe et le monde auraient bien besoin d'hommes et de femmes - politiques - aux esprits autrement plus élevés et visionnaires que ceux de Messieurs Sarkozy de Nagy-Bocsa - le pire président de la Ve République française élu jusqu'ici -, et George "Dobeuliou" Bush - sans doute un des pires présidents des Etats-Unis que la Terre ait jamais porté...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy accueilli par George W. Bush le 6 novembre 2007, pour un dîner officiel à la Maison Blanche, à Washington, photographie de l'Agence France Presse, © Saul Loeb / AFP ; Nicolas Sarkozy devant le Congrès américain, le 7 novembre 2007 à Washington, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP / Eric Feferberg)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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