Citation

"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

Liens

Recherche

Jeudi 11 juin 2009
Bien entendu, après des résultats pareils, à l'issue d'une campagne électorale aussi insipide, il y a de quoi être plus fatigué et déboussolé que jamais. J'ai entendu et lu tellement de bêtises depuis le soir du 7 juin à propos des dernières élections européennes, que, découragé par moments, j'ai longtemps hésité à aller jusqu'au bout de la rédaction du présent article. Le sentiment de ras le bol est toujours présent, décidément, même après le verdict des urnes. Sans vouloir être excessivement familier, il est clair que tous ces donneurs de leçons et ces railleurs de lendemain de scrutin qui se croient intelligents, on aimerait bien qu'une fois de temps en temps, ils prennent la peine de fermer leurs grandes gueules, pour laisser un peu respirer les autres. Enfin, passons... Voici donc enfin, finalement, un article proposé ici, consacré au bilan que je fais des élections européennes de dimanche dernier, 7 juin. Cet article vaut ce qu'il vaut... et chacun pourra bien en penser ce qu'il voudra, du haut de ses petites certitudes... car au fond, peu importe, puisque tout cela n'est que de la politique... Cela dit, à la vérité, je suis aujourd'hui moins énervé que je ne l'étais il y a encore deux jours... Aussi, j'espère que le présent article aura au moins le mérite d'être le plus informatif et constructif possible, malgré le brouillard ambiant...
Concernant notre sujet, deux dépêches de l'AFP résument à grands traits la situation :

Européennes : UMP et écolos grands gagnants, bérézina pour le PS et le MoDem


L'UMP et Europe-Ecologie sont les grands gagnants des élections européennes de dimanche, alors que le PS - mais aussi le MoDem - a subi une bérézina en étant rattrapé par les listes de Daniel Cohn-Bendit, le tout sur fond d'abstention record - près de 60% - pour ce type de scrutin.

Selon la totalisation partielle du ministère de l'Intérieur à 01H45, les listes UMP-NC du président Nicolas Sarkozy recueillent 27,89%, soit 11 points de plus que le PS (16,48%), qui ne comptait plus que 37.000 voix d'avance sur les Verts (16,27%).

Symbole de sa débâcle, le PS se classe troisième à Paris (14,7%), très loin derrière l'UMP (29,9%) et Europe Ecologie (27,5%), un an après la confortable réélection du maire Bertrand Delanoë.

Le rapport UMP-PS représente le pendant quasi exact du scrutin de 2004 quand le PS avait nettement devancé la droite.

C'est la première fois - hors cohabitation - depuis 1979, que le parti au pouvoir arrive en tête d'une élection intermédiaire, face il est vrai à une opposition dispersée.

Selon les résultats des départements métropolitains connus peu avant 02H00, le PS n'arrivait en tête que dans l'Ariège, le Pas-de-Calais et les Landes.

Ne profitant pas du contexte de crise et de hausse continue du chômage, les socialistes font un résultat pire que prévu par tous les sondages. Figure de proue d'Europe-Ecologie, M. Cohn-Bendit a salué une "aventure extraordinaire" et proposé une alliance anti-Barroso au MoDem et au PS.


Le PS a été devancé par Europe-Ecologie dans de nombreuses grandes villes (Bordeaux, Rennes, Rouen, Aix-en-Provence, Perpignan, Toulon, Nantes).

Plusieurs responsables, au MoDem et au FN, ont mis en cause la large diffusion à deux jours du scrutin du documentaire alarmiste sur l'environnement "Home".

Autre grand perdant: le MoDem n'obtient que 8,47% loin des ambitions de François Bayrou. Un revers personnel pour lui, après une campagne violemment anti-Sarkozy. Il a pris "sa part de responsabilité".

"C'est la sanction d'une opposition hystérique et obsessionnelle. Le vote sanction a été sanctionné", a lancé le patron de l'UMP Xavier Bertrand. "Le référendum anti-Sarkozy a échoué", a renchéri le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Après le quatuor de tête, viennent le Front national (6,34%) et le tout jeune Front de gauche (PCF et Parti de gauche, 6,03%) quasiment à égalité avec l'extrême gauche, tous mouvements confondus (6,09%).

Jean-Michel Baylet, président du PRG, s'est étonné que la majorité "crie victoire alors que moins d'un électeur sur trois lui a apporté son suffrage".

Le total droite (UMP-NC, Libertas, Debout la République) réunit quelque 35% des voix, la gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) plus de 39%.

Six mois après le désastreux congrès de Reims, le PS a mis sa défaite sur le compte de ses déchirures, Vincent Peillon jugeant qu'il "paie ses divisions".

"Je prends toute la mesure de la responsabilité du PS", a réagi la patronne du parti, Martine Aubry. Selon elle, "le PS a surtout besoin d'une profonde rénovation" et "du rassemblement de la gauche".

Aurélie Filippetti, proche de Ségolène Royal, a été plus dure, parlant de "tsunami politique" et de "réplique du 21 avril 2002". Selon elle, le PS pourrait "disparaître" s'il ne réagit pas.

Après l'élection attendue des ministres Michel Barnier (Agriculture) et Rachida Dati (Justice) et celle, inattendue, de Brice Hortefeux (Travail), Nicolas Sarkozy va devoir procéder à un remaniement.


Selon une source gouvernementale, il va "prendre son temps" après ce qu'il considère comme un succès. M. Sarkozy devrait toutefois s'exprimer cette semaine pour "remettre en perspective la politique du gouvernement" après le scrutin, selon une source proche du gouvernement.

En Ile-de-France, le porte-parole du PS Benoît Hamon est battu. Sont en revanche élus Marielle de Sarnez (MoDem, IDF), Catherine Trautmann (PS, Est), Marine Le Pen (FN, Nord ouest), Corinne Lepage (MoDem, Nord ouest), Philippe de Villiers (Libertas, Ouest).

Les Français ont élu leurs 72 députés européens pour cinq ans. L'UMP devrait en avoir 29, le PS et les écologistes 14 chacun et le MoDem 6, selon les projections. Le FN n'en aura plus que 3.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 8 juin 2009, 06h42)


Européennes : face à une UMP rassérénée, une opposition au jeu rebattu


Au lendemain des élections européennes, l'UMP et le président Nicolas Sarkozy savouraient une victoire inédite, alors que l'opposition offrait un paysage bouleversé, avec un parti socialiste humilié et rattrapé par Europe-Ecologie et un MoDem stoppé net dans ses ambitions.

Sur fond d'abstention record pour ce type de scrutin, près de 6 électeurs sur 10 ont boudé les urnes, le parti présidentiel et ses alliés ne boudaient pas leur plaisir, à près de 27,87% des suffrages, selon la totalisation définitive du ministère de l'Intérieur.

Derrière, les socialistes (16,48%) devront trouver les moyens de se remettre d'une véritable Bérézina, talonnés à moins de 35.000 voix par le rassemblement Europe Ecologie (16,28%) emmené par sa figure de proue, Daniel Cohn-Bendit.


Quant au MoDem de François Bayrou, il échoue dans son ambition de s'installer comme alternative, relégué sous la barre symbolique des 10%, à 8,45%. Cuisant échec personnel pour le "troisième homme" de la dernière présidentielle, qui a dit prendre "sa part de responsabilité".

Le rapport UMP-PS représente le pendant quasi exact du scrutin de 2004 quand le PS avait nettement devancé la droite. Et c'est la première fois -hors cohabitation- depuis 1979, que le parti au pouvoir est en tête d'une élection intermédiaire, face il est vrai à une opposition dispersée.

Mais le total des voix de gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) ne fait que quatre points de plus que celui de droite (UMP-NC, Libertas, Debout la République), 39% contre 35%.

La majorité s'est félicitée, à l'image du Premier ministre François Fillon, d'un "très bon résultat", attribué au travail accompli par le chef de l'Etat durant la présidence française de l'Union européenne.

"Le vote sanction a été sanctionné", a lancé le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand. "Le référendum anti-Sarkozy a échoué", a souligné le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Dans l'opposition, les écologistes ont le sourire après la spectaculaire poussée de leur rassemblement au delà des Verts. Mais il leur faudra donner une suite à ce succès, "essayer de continuer cette aventure extraordinaire", selon M. Cohn-Bendit, star de la soirée.

D'autant que leur succès s'est notamment construit au détriment des socialistes, largement sous les sondages les plus pessimistes et qui n'ont pas profité du contexte de crise économique ou de l'impopularité persistante de l'exécutif.

Symbole de ce transfert, le PS est devancé par Europe-Ecologie dans de nombreuses villes comme Bordeaux, Rennes, Rouen, Aix-en-Provence, Toulon, Nantes et surtout Paris, un an après la confortable réélection de Bertrand Delanoë.


Six mois après le désastreux congrès de Reims, le PS a mis sa défaite sur le compte de ses déchirures. Mais le parti, fragilisé, va aussi devoir éviter que l'après-élection ne tourne au règlement de compte, avec pour première échéance un conseil national mardi.

"Je prends toute la mesure de la responsabilité du PS", a dit la première secrétaire Martine Aubry, qui avait assuré avant le scrutin qu'elle "continuerait" quel que soit le résultat. Selon elle, "le PS a surtout besoin d'une profonde rénovation" et "du rassemblement de la gauche".

Mais déjà, des critiques s'élèvent, notamment dans l'entourage de son ancienne rivale Ségolène Royal, demeurée silencieuse dimanche. Aurélie Filippetti a parlé de "tsunami" et de "réplique du 21 avril 2002", assurant que le PS pourrait "disparaître" s'il ne réagissait pas.

Dernière conséquence attendue du scrutin, le remaniement gouvernemental annoncé. Le résultat donne une grande marge de manoeuvre au président Sarkozy, qui s'est montré "très satisfait" selon un ministre reçu dimanche soir à l'Elysée.

Il aura ainsi du temps et les mains libres. Avec un petit casse-tête. L'élection non prévue de Brice Hortefeux (Travail), en plus de celles de Michel Barnier (Agriculture) et Rachida Dati (Justice) dont les départs étaient annoncés.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 8 juin 2009, 07h47)

En ce qui concerne la grande circonscription européenne (appelé aussi euro-région) où j'ai voté, à savoir la circonscription du Sud-Ouest (comprenant les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, et où 10 sièges étaient à pourvoir), le journal Le Monde daté d'avant-hier, 9 juin, a résumé ainsi les résultats : "La droite a pris sa revanche sur le PS dans le Sud-Ouest. En emportant quatre sièges, avec en tête Dominique Baudis, l'ancien maire de Toulouse, l'UMP multiplie par deux le nombre de ses députés par rapport au scrutin de 2004, passant de 15,18 % à 26,89 % des voix. Le PS fait la « performance » inverse, perdant plus de 13 points à 17,71 % et chutant de quatre à deux députés - Kader Arif et Françoise Castex, réélus. Il se trouve talonné par la liste Europe-Ecologie à 15,82 % (+ 7,5 % par rapport à 2004), emmenée par le militant altermondialiste, José Bové, qui rejoint le Parlement européen aux côtés de la dirigeante des Verts Catherine Grèze. En quatrième position, le Modem recueille 8,60 % des voix et ne compte qu'un député, Robert Rochefort, là où l'UDF en avait obtenu deux en 2004. Le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, tête de liste du Front de gauche, gagne son pari et est élu, totalisant 8,15 % des voix et devançant le NPA (5,61 %). Le FN, sur des terres longtemps favorables, notamment dans les départements du Gard et des Pyrénées Orientales, recule de près de 3 points et obtient 5,93 %, perdant, dans un contexte de division de l'extrême-droite, le siège conquis en 2004."
A titre indicatif, on peut noter que dans la grande circonscription d'Ile-de-France, la fameuse liste "antisioniste" de "l'humoriste controversé" Dieudonné n'a réalisé qu'un très faible score de 1,30% des suffrages. Comme quoi, la connerie en politique ne paye pas toujours. Heureusement...
Voila pour les grandes lignes et les résultats. Maintenant, que penser de tout cela ? Beaucoup de réflexions sont présentes dans mon esprit. Je les livre ici, de façon peut-être un peu décousue, mais de manière, je l'espère, assez structurée... De ces élections européennes, ce que je retiens peut être évoqué en sept points, comme suit :

Premier point : l'abstention et le désintérêt des électeurs pour ces élections européennes. C'était attendu, et il n'y a évidement pas eu de surprise : avec une nouvelle forte abstention aux élections européennes de dimanche dernier, laquelle abstention a atteint le record de 59,36% pour ce scrutin, selon le ministère de l'Intérieur, c'est une tendance lourde qui se confirme, à savoir que les élections européennes restent, avec les référendums, les scrutins auxquels les électeurs participent le moins. De 39,3 % lors des premières élections européennes en 1979, le taux d'abstention s'est élevé à 43,3 % en 1984, a dépassé pour la première fois la barre des 50 % en 1989 avec 51,3 %, avant de progresser à 57,2 % lors du scrutin de 2004 et d'atteindre finalement plus de 59 % en 2009.


Pourquoi autant de citoyens électeurs continuent, toujours plus nombreux, à ne pas participer au vote devant désigner leurs députés au Parlement européen ? Les raisons sont diverses et complexes. Au delà du débat sur le but de la construction européenne (existe-t-il encore, ce but ?), sur l'orientation de l'Union Européenne et sur la nature de la politique menée par ceux qui prétendent la diriger, vaste débat que je n'ai pas le temps ni la place d'évoquer ici, on peut faire néanmoins quelques observations pour tenter de comprendre cette situation de relatif désintérêt des électeurs pour ce type de scrutin. De 1979 à 1999, les électeurs français ont dû choisir leurs députés européen en votant pour des listes de plusieurs noms de candidats dans une circonscription nationale unique. Une loi électorale du 11 avril 2003 ayant ensuite créé huit grandes circonscriptions régionales (ou euro-régions) en France, afin de régionaliser le scrutin de liste, il avait été espéré que cela puisse rapprocher les élus de leurs électeurs, et contribuer ainsi à une hausse de la participation. Le nouveau régime électoral étant entré en vigueur pour les élections de juin 2004, on ne peut que constater aujourd'hui que l'effet escompté n'a pas eu lieu, les électeurs continuant vraisemblablement notamment à ne pas percevoir clairement le lien entre leur vote et la politique européenne, ce qui est compréhensible. Il faut dire, encore une fois, qu'en dépit de tout ce qui a été fait jusqu'ici, l'identité européenne reste à construire et que, de façon générale, l'Union Européenne apparait, aujourd'hui plus que jamais, comme quelque-chose de très complexe, de très lointain, voire presque d'étranger, à de nombreux citoyens de l'Union qui, de fait, ne se sentent pas particulièrement Européens, ce qui peut expliquer en partie le désintérêt de ces citoyens pour les scrutins européens. Le fait est, pourtant, que procéder, en France, à l'élection de 72 représentants au Parlement européen n'est pas anodin quand on sait que cette institution est appelé à prendre de plus en plus de pouvoir au sein de l'Union Européenne. Seulement voila : comme d'habitude, les politiciens ne peuvent pas s'empêcher de considérer les élections européennes comme des élections intermédiaires, ce qui ne peut qu'aboutir à la nationalisation du scrutin, enjeux et débat étant dès lors tout entiers limités à des considérations de politique nationale rendant la campagne et le scrutin plus ou moins illisibles. Cela avait commencé dès les premières élections européennes de 1979, qui s'étaient plus ou moins résumées à un affrontement Giscard/Chirac, et cela s'est poursuivi par la suite jusqu'à nos jours. On peut ajouter à cela la tendance récurrente des dirigeants politiques à considérer ces élections européennes comme un scrutin de seconde zone, à l'occasion duquel on peut constituer des listes selon son bon plaisir et donc attribuer des places éligibles dans un système qui est proportionnel. Ainsi, par exemple, les élections européennes ont souvent été, et sont encore aujourd'hui, un moyen commode pour les partis politiques de se débarasser des personnalités que l'on ne souhaite plus voir sur la scène politique nationale : le cas de Rachida Dati, qui après avoir été une calamiteuse ministre de la Justice au sein du gouvernement sarkozyste de Fillon, a été plus ou moins obligée de choisir de s'exiler au Parlement européen - alors qu'elle n'a aucune compétence en matière européenne, et qu'elle ne nourrissait jusqu'ici aucun intérêt personnel pour la question européenne - est, encore cette année, tout-à-fait caractéristique de cette dérive...


Ajoutons enfin également à cela le fait que la plupart des politiciens, sachant qu'un débat sur les enjeux européens est toujours très risqué (notamment depuis le référendum sur le Traité constitutionnel européen en 2005), n'ont pas présenté de positions particulièrement nettes sur l'Europe, préférant souvent parler d'autre chose, et que la campagne électorale, insipide, n'a fait irruption dans l'actualité, fort laborieusement, que dans la semaine précédent le scrutin.
Dans un tel contexte d'apesanteur politique, il n'y a donc pas lieu de s'étonner que de nombreux électeurs aient choisi de bouder les urnes le 7 juin dernier...

Deuxième point : le bilan européen de ces élections. Il peut se résumer ainsi : dans la plupart des pays de l'Union Européenne, les partis de droite ont remporté une victoire sans appel sur les socialistes et sociaux-démocrates lors de ces élections européennes, à l'issue d'un scrutin marqué, de façon générale, par un nouveau record d'abstention... Les conservateurs du Parti populaire européen restent donc ce qu'ils étaient jusqu'ici, à savoir la principale force politique du Parlement européen.


La gauche européenne, qui pouvait pourtant espérer rebondir avec la montée du chômage et les critiques contre le système capitaliste qu'a suscitées la crise financière et économique depuis l'été dernier, aura
connu un revers cinglant lors de ce scrutin étalé sur plusieurs jours, entre le 4 et le 7 juin selon les pays...La progression de l'individualisme et l'effacement du sentiment collectif sur le plan social expliquent peut-être l'échec général de la gauche de gouvernement européenne, échec qui permets du reste de relativiser, à l'échelle européenne, la défaite des socialistes français, puisqu'ils sont loin d'être les seuls membres du PSE à avoir subi un revers en Europe à l'occasion du scrutin... Peut-être que les sociétés occidentales, et notamment européennes, sont-elles donc en train de devenir trop individualistes pour que la gauche social-démocrate soit capable de convaincre politiquement dans un tel contexte... C'est une explication possible, parmi d'autres...
Autre constation : la relative montée en puissance des partis extrémistes anti-européens semble être aussi l'autre fait marquant des élections au Parlement européen, les Pays-Bas ayant donné le ton dès le 5 juin, avec le parti d'extrême droite islamophobe (PVV) du député néerlandais Geert Wilders qui a obtenu 17% des voix, devenant la deuxième formation politique du pays. Dans plusieurs autres pays de l'Union Européenne, les partis protestataires, populistes et anti-européens ont obtenus de bons résultats, notamment en Grande-Bretagne, en Italie, en Autriche, en Hongrie, en Slovaquie et en Roumanie.


Pour l'anecdote, on notera qu'en Italie, où le chef du gouvernement de droite, le détestable Silvio Berlusconi, était lui-même tête de liste de son parti aux élections européennes, la campagne a été médiatiquement dominée par ce qu'il faut bien appeler une affaire de "cul", comme dirait Roselyne Bachelot... Cette affaire a éclaté début mai, après la participation de Berlusconi (âgé de 72 ans) à l'anniversaire des 18 ans d'une jolie blonde napolitaine, Noemi Letizia, avec laquelle il est soupçonné d'avoir eu une relation, ce qu'il nie formellement. Ledit Berlusconi a toujours affirmé qu'il connaissait la jeune fille, qui l'appelle "papounet", par l'intermédiaire de ses parents avec lesquels il dit être ami depuis des années, mais cela n'a pas empêché l'opposition de gauche de réclamer des explications au chef du gouvernement italien, tandis que l'épouse de ce dernier, Veronica Berlusconi, faisait savoir qu'elle demandait le divorce. L'opinion publique italienne semble s'être beaucoup plus passionnée pour ce petit scandale que pour les élections européennes, l'image de Noemi Letizia n'ayant pas manqué d'être promptement exhibée par les médias de masse, au point d'apparaître partout, que ce soit sur Internet, à la télévision, ou dans les journaux et les magazines...


Comme quoi, en complément de ce qui a déjà été évoqué dans mes précédents articles des 10 mai et 5 juin derniers, on peut constater qu'il n'y a pas qu'en France que les femmes déshabillées et les histoires de sexe occupent le devant de la scène médiatique en période électorale... ;o)
Sur le plan politique, on ne saurait dire si l'affaire Noemi Letizia a finalement beaucoup fragilisé le candidat Berlusconi en campagne... Toujours est-il que son Parti du peuple de la liberté (PDL) a obtenu 35% des voix aux élections européennes du 7 juin, loin de l'objectif des plus de 40% de suffrages que Berlusconi s'était fixé, tandis que son allié populiste et xénophobe, la Ligue du Nord, affiche pour sa part un résultat à deux chiffres, à plus de 10 %, ce qui en fait un des grands gagnants du scrutin. La participation au scrutin en Italie ayant enregistré une forte baisse avec 66,5% contre 73% en 2004, doit-on en déduire que les révélations sur la vie privée de Berlusconi ont dissuadé une partie de l'électorat catholique de se rendre aux urnes ? Ce serait amusant... ;-)

Troisième point : la victoire de la droite sarkozyste en France, même si elle apparaît comme étant plus importante que prévu, n'en est pas vraiment une... Comme l'a fait remarquer Erik Emptaz en une du Canard Enchaîné paru hier, 10 juin, "compte-tenu de l'abstention, le score de l'UMP ne donne pas [...] de quoi pavoiser : 27,9 % rapportés à l'ensemble du corps électoral ne feraient que 11 % et des poussières." Qu'ils étaient contents, pourtant, tous ces détestables sarkozystes en train de triompher devant les caméras de télévision le soir du scrutin ! Et pourtant, il n'y avait pas vraiment de quoi ! Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois... Avec un tel taux d'absentation, que vaut cette victoire sarkozyste, fut-elle très nette sur le papier ? Pas grand-chose, du moins en ce qui concerne la crédibilité de cette droite qui, une fois de plus, a su écraser ses concurrents d'extrême-droite grâce aux mêmes discours démagogiques adressés à l'électorat de Le Pen et de De Villiers qu'en 2007. Sarkozy peut se réjouir tout en affectant publiquement de ne pas céder au triomphalisme, sa politique n'en reste pas moins aussi mauvaise qu'impopulaire. Une fois de plus, Sarkozy de Nagy-Bocsa a réussi son pari : se maintenir sur le trône tel à un roi borgne règnant sur des aveugles. Mais cela ne change rien à la nullité de la politique qu'il fait exécuter par celui qui lui sert de Premier ministre, François Fillon, et par tous les autres sous-fifres constituant l'actuel gouvernement...


Quand aux prétentions de Sarkozy de, désormais, vouloir mener à bien de nouvelles "réformes" présentées comme "positives" pour les Français, à
gauche, cela ne devrait tromper personne. Mais, pour le moment, rien ne peut arrêter l'actuel chef de l'Etat dans sa course vers toujours plus de médiocrité politique. Lundi dernier, au lendemain du scrutin du 7 juin, il a donc détaillé, devant des visiteurs à l'Elysée, son "offensive programmée", pour reprendre l'expression du Canard Enchaîné de cette semaine, qui rapporte ces propos de Sarkozy :

"Naturellement, la situation économique est difficile, mais les résultats des européennes nous donnent de l'air et des marges de manoeuvre. On va donc poursuivre l'offensive sur trois axes. Un, la réforme. Deux, l'ouverture. C'est le moment de décoller les radicaux de gauche du PS. [...] [Trois,] excusez-moi de le dire, [...] mais il faut continuer à affirmer une forte présence du Président, car les Français apprécient une action volontariste."

(Nicolas Sarkozy, devant des visiteurs, le 8 juin 2009, cité in Le Canard Enchaîné N°4624, 10 juin 2009)

Commentaire du Canard concernant le dernier axe : "Encore plus de Sarko ? Pitié !" Et c'est vrai qu'en matière de gesticulations médiatiques sans fin de la part de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, l'overdose est là depuis longtemps... Comment nous délivrer de ce cauchemar ? Comment en sortir ? Une chose est sûre : si l'on veut se donner les moyens de tourner la page de la sinistre farce du sarkozysme au pouvoir, il va falloir faire preuve de patience... car la route est encore longue...


Quatrième point : les élections européennes de 2009 représentent une importante défaite pour le Parti Socialiste. Alors que, durant la campagne, les sondages situaient le PS entre 19 et 22%, le résultat (16,48 % des voix) se révèle être le plus mauvais pour le PS depuis les élections européennes de 1994 (14,49 % pour Michel Rocard). La campagne du parti n'a pas été convaincante, c'est le moins que l'on puisse dire ! Pourtant, n'en déplaisent à certains, les socialistes avaient un programme : le "Manifesto", programme commun à tous les socialistes européens, adopté et signé par les 27 partis socialistes et socio-démocrates de l'Union Européenne. Il est évident que ce programme n'a pas été suffisemment mis en avant pour améliorer la crédibilité des socialistes français, crédibilité mise à mal depuis bien longtemps, en dépit des victoires locales des socialistes lors des élections municipales de mars 2008. Après avoir commencé la campagne en se concentrant surtout sur Sarkozy et sa mauvaise politique, les socialistes ont sagement changé de stratégie pour essayer de se concentrer davantage sur leurs propositions sociales et sur la question européenne, mais ce changement stratégique a sans doute été trop tardif, et il est évident que, de façon générale, le PS, après les déchirements internes qu'il a connu à l'occasion du Congrès de Reims, n'était pas, depuis le début, dans une situation suffisemment forte pour réussir à mener une bonne campagne électorale.


La réunion publique de campagne des socialistes organisée à Rezé, près de Nantes, le 27 mai dernier, réunion au cours de laquelle Martine Aubry et Ségolène Royal ont affiché publiquement leur réconciliation, fut-elle de façade, n'aura assurément pas suffit à faire oublier combien les divisions, essentiellement basées sur des querelles de personnes, sont loin d'avoir disparues au PS, qui reste un parti paralysé par de ridicules rivalités internes. Plus de deux ans après l'élection présidentielle française de 2007, le PS reste un parti inaudible et sans crédibilité pour incarner l'alternance, ce qui est d'autant plus grave que ce parti reste, qu'on le veuille ou non, à gauche, le principal parti d'opposition, ce qui met les socialistes, aujourd'hui plus que jamais, devant une responsabilité historique pour l'avenir...
Cela étant dit, au delà de la situation dramatique dans laquelle se trouve actuellement le PS, c'est l'ensemble de la gauche qui se trouve aujourd'hui enlisée dans les difficultés... A trois ans de la prochaine élection présidentielle, il est évident que, comme l'a dit Mélenchon sur France 2 le soir du scrutin, "la gauche est dans le trou", et que les socialistes ont une large de responsabilité dans la défaite du 7 juin dernier. Mais si Mélenchon - qui, de l'héritage sectaire de ses jeunes années trotskistes a gardé un penchant immodéré pour le dogmatisme - est toujours le premier à engueuler les socialistes et à leur donner des leçons et prétendant incarner la "vraie gauche" avec ses amis communistes et ex-socialistes du Front de Gauche, ce n'est pas lui - Mélenchon - qui ira crier sur tous les toits que son Front de Gauche n'a pas obtenu les résultats qu'il espérait aux élections européennes : Mélenchon rêvait d'un score à deux chiffres pour ledit Front de Gauche pour pouvoir enquiquiner le PS et écraser le MoDem, mais à l'arrivée, en ce qui concerne le pourcentage de suffrages, même le MoDem avec son très mauvais score, et même le Front National de Le Pen, sont devant le Front de Gauche (même si ce dernier rafle un député de plus que le FN grâce au scrutin proportionnel par euro-régions) !


Le seul titre de "gloire" du Front de Gauche de Mélenchon aura été de faire "mieux" (tout est relatif) que le NPA de Besancenot et Krivine, lequel NPA s'étant révélé, dans cette campagne européenne, finalement guère plus audible que le PS... Assurément, personne à gauche - absolument personne, j'insiste là-dessus ! - n'est bien placé pour donner des leçons aux autres. J'en ai ras le bol du discours de ces gens qui se raccrochent désespérement à leurs petites certitudes concernant ce qui est censé incarner la "vraie gauche". Quand certains auront fini de hurler sans convaincre qu'ils sont "la vraie gauche", on pourra peut-être enfin passer à autre chose et constater que le problème n'est pas de savoir qui est vraiment de gauche ou qui ne l'est pas - d'autant plus que rien n'autorise un Mélenchon ou un Besancenot à décréter qui est de gauche et qui ne l'est pas, car il n'y a heureusement jamais eu de Tables de la Loi gravant dans le marbre une définition définitive (et donc doctrinaire) de ce qu'est la gauche -, mais de savoir si on veut se donner les moyens, sans état d'âme, de convaincre une majorité d'électeurs qu'un rassemblement alternatif, essentiellement constitué du plus possible de personnes de diverses sensibilités de gauche, est crédible face à la droite sarkozyste.
Ainsi, il ne faut pas se voiler la face et reconnaître que la responsabilité de la défaite face à la droite sarkozyste est largement collective, même si le PS est évidemment en première ligne à l'heure du bilan, et que les socialistes sont en grande partie responsables de la très mauvaise situation dans laquelle se trouve la gauche aujourd'hui. Les faits sont là : nous sommes actuellement dans une situation où l'opposition à la droite sarkozyste est majoritaire dans le pays mais extrêmement divisée. Sans rassemblement des forces de gauche, avec des concessions faites par les uns et par les autres, on ne s'en sortira jamais... Le PS, pour sa part, aujourd'hui encore, paye le prix de ses divisions internes, de son absence d'ouverture vers l'extérieur, de son organisation paralysée par le carriérisme et la cooptation entretenus par d'éternels petits arrangements conclus entre grands pontes du parti. Si les socialistes veulent que les choses changent, il va falloir que le PS se mette vraiment au travail pour réellement changer, et pour oeuvrer, dès maintenant, et comme toutes les forces de gauche, à un rassemblement de tous les progressistes opposés à la droite sarkozyste sur un projet crédible. Le danger est là, plus que jamais : si un changement n'intervient pas très rapidement au PS, la gauche de gouvernement ira droit dans le mur en 2012, et on sera obligé de supporter le sarkozysme au pouvoir pendant cinq ans de plus ! Si les électeurs ont envoyés un message, c'est sans doute celui-ci : on ne désespère pas complètement de la politique, mais on veut du fond, et pas des postures ! Le résultat d'Europe Ecologie est assez exemplaire à ce propos...


Cinquième point : Europe Ecologie, avec environ 16,2 % des suffrages, est largement devant le MoDem et talonne le PS sur le plan national, le dépassant même dans plusieurs grandes circonscriptions européennes françaises... Le succès de ce rassemblement écologiste n'est pas très surprenant : parti très tôt dans la course électorale, c'est la seule formation présentant des listes aux élections a avoir fait vraiment campagne sur l'Europe, et beaucoup d'électeurs ayant pris la peine de se déplacer ont vraisemblablement été sensibles à cela, même si Europe Ecologie est un rassemblement essentiellement spécialisé sur les questions environnementales. Du reste, bien qu'étant assez agacé, depuis quelque temps, par le monde "merveilleux"  de "commerciaux écolos" que nous vantent sans cesse les médias de masse relayés par des gouvernants opportunistes, sur fond de phénomène de mode en faveur d'une cause environnementale devenue aujourd'hui presque obligatoire, je dois avouer que pour ma part, si je n'étais pas adhérent du PS et donc tenu de faire preuve d'un minimum d'honnêteté et de cohérence en votant pour la liste socialiste de ma circonscription - celle du Sud-Ouest -, j'aurai très bien pu voter pour la liste d'Europe Ecologie, vu qu'il m'est déjà arrivé de voter écologiste par le passé. J'avoue, du reste, ne pas être mécontent, en tant que citoyen, du score d'Europe Ecologie, les membres de ce rassemblement me paraissant bien plus crédibles et intéressants que les autres formations engagées dans la campagne européenne de cette année. Dans la perspective de la construction d'une alternative crédible face à la droite sarkozyste, je préfère un parti écologiste fort mais soucieux de tendre la main aux autres partis sans arrière-pensée et sans ignorer les clivages, plutôt qu'un Bayrou obsédé par sa seule ambition personnelle et voulant faire croire que le clivage gauche/droite n'existe pas. A l'issue de ces élections européennes, sur le plan national, et au moins sur le papier, les Verts, qui sont le parti pivot en France du rassemblement Europe Ecologie, apparaissent ainsi comme étant la troisième force politique du pays derrière l'UMP et le PS. Vis-à-vis du peuple de gauche, le succès du rassemblement Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit montre que les obsessions de certains - notamment de Mélenchon et de Besancenot - pour des questions de sexe des anges à gauche n'intéressent pas particulièrement une majorité d'électeurs. Ce succès d'Europe Ecologie montre qu'une campagne avec un programme de fond et un rassemblement paye : cela peut éventuellement constituer une opportunité pour la gauche de gouvernement dans son ensemble de se reconstruire sur un vrai projet avec du fond (et notamment en matière de politique environnementale, même si l'écologisme ne doit évidement pas être un dogme dominant le projet). Il y a, malgré tout, en effet, en dépit de la défaite globale de la gauche française aux élections européennes, une possible fenêtre de tir, un éventuel espoir (peut-être illusoire ?) de sortie du trou pour la gauche, car Europe Ecologie, bien qu'étant un rassemblement écologiste transpartisan (et en partie apolitique) réunissant Daniel Cohn-Bendit, José Bové, les Verts, et des proches de Nicolas Hulot, n'est pas un rassemblement favorable à la droite sarkozyste et à la droite européenne conservatrice majoritaire au Parlement européen. Nathalie Kosciusko-Morizet (ancienne secrétaire d'Etat à l'Environnement et actuelle secrétaire nationale adjointe de l'UMP) a eu beau déclarer, à la radio France Info le soir du scrutin, que les Français se sont prononcés en faveur de la politique volontariste de l'actuel gouvernement sarkozyste, lequel ayant notamment organisé le Grenelle de l'Environnement, les faits sont là : si les électeurs ayant votés pour Europe Ecologie étaient vraiment convaincus par la politique de Sarkozy, y compris en matière d'environnement, ils n'auraient sans doute pas voté pour un rassemblement réunissant les Verts et des altermondialistes tels que José Bové (lequel a soutenu Ségolène Royal au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007) ! Voir Nicolas Sarkozy se poser opportunément en champion de l'environnement comme il l'a fait avant-hier, mardi 9 juin, à l'occasion d'une visite présidentielle à l'Institut national de l'énergie solaire au Bourgt-du-Lac, en Savoie, est évidemment pathétique, de ce point de vue. Qui Sarkozy croit-il convaincre, sinon les naïfs assez stupides pour croire à ses boniments lorsqu'il parle des énergies renouvelables ou de tout autre sujet ?


A l'occasion de la première réunion publique de campagne d'Europe Ecologie, le 8 avril dernier à Toulouse, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a défendu ardemment "la campagne de propositions" d'Europe Ecologie tout en précisant que "cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas taper sur Sarkozy". Elle s'en est pris également au NPA qui "critique tout" et refuse "de mettre les mains dans le cambouis", au Front de Gauche du PCF et de Mélenchon "qui dit qu'on est de droite", et au MoDem : "ils ont zéro programme". Mais dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012, elle a semblé épargner le PS. Quant à Cohn-Bendit, dès le lendemain du scrution du 7 juin, il a annoncé que les Verts européens négociaient déjà avec les socialistes européens "pour essayer de faire une majorité" au Parlement de Strasbourg afin d'empêcher l'actuel président conservateur de la Commission européenne José Manuel Barroso d'être maintenu à son poste. En ce qui concerne la vie politique française, Cohn-Bendit n'exclue pas des alliances avec le PS, et écarte l'idée d'une "ouverture" sarkozyste vers les écologistes lors du remaniement ministériel attendu : "Je suis absolument sûr qu'il [Sarkozy] ne proposera rien aux gens d'Europe Ecologie", a-t-il notamment déclaré dans un entretien publié dans le journal Libération du 9 juin.


Si les écologistes d'Europe Ecologie veulent participer à une alternative à la droite sarkozyste en France - et il n'y a pas de raison aujourd'hui de penser qu'ils ne le veuillent pas, puisque les Verts sont des alliés traditionnels des socialistes, et que José Bové a, de son côté, insisté sur la nécessité de ne pas dissocier dimension environnementale et dimension sociale dans le cadre d'un projet politique -, le PS ne peut que s'entendre avec eux, dans le cadre d'un rassemblement de la gauche de gouvernement ouvert sur l'extérieur, avec un projet commun où, d'une part, les questions environnementales devront évidemment avoir une place - pas toute la place, bien évidemment, mais une place significative, parce que le sujet de l'environnement est devenu essentiel et qu'il le mérite, bien entendu, et aussi, de façon plus prosaïque, parce que les électeurs le veulent et qu'il y a, à l'évidence, une demande des citoyens sur ce thème - et où, d'autre part, les considérations strictement dogmatiques n'auront pas leur place, n'en déplaisent à ceux qui, du côté du Front de gauche et du NPA, aiment donner des leçons doctrinaires aux autres en matière de "vraie gauche" alors qu'ils ne sont pas plus crédibles que les autres, non seulement face à la droite, mais aussi en matière de rupture avec le capitalisme et ses insupportables excès. Reste à savoir, cependant, comment les choses vont évoluer dans les mois et les années qui viennent, car la possibilité que la forte progression du vote écologiste ait un caractère tout-à-fait ponctuel ne peut évidemment pas être exclu...


Sixième point : Bayrou s'est complètement planté, et c'est bien fait pour lui ! Il paye, de façon très claire, sa stratégie basée sur un anti-sarkozysme primaire et dictée par sa seule ambition personnelle. Il a, du reste, pris un risque insensé en misant sur une campagne démagogique totalement dépourvue de programme. Il a tout sacrifié, y compris l'héritage de sa famille politique d'origine, à savoir le centre-droit démocrate-chrétien (historiquement très engagé sur la question européenne), à sa conviction ridicule d'avoir un "destin" présidentiel national que Dieu lui-même lui aurait promis... C'est pathétique, bien entendu, et l'échec de Bayrou n'en est que plus évident lorsque l'on songe à cela. La défaite de Bayrou est assurément méritée ! Mais j'ai déjà tout dit ce que je pensais de l'escroc Bayrou, notamment dans mon précédent article, et il est inutile d'y revenir ici. Je me contenterai de noter ici qu'il m'a toujours semblé que le MoDem jouait sa crédibilité lors de ces élections européennes et que s'il ne remportait pas de succès électoral lors de ce scrutin, cela en serait fini de lui. Ce mouvement, qui paraissait neuf en 2007, est devenu très vite un parti politique très ordinaire et uniquement axé autour du candidat Bayrou, ce qui lui coûte fort cher aujourd'hui. Compte tenu de ce dont est capable Bayrou pour satisfaire son ambition personnelle, comme on l'a vu encore récemment à la télévision en fin de campagne électorale, on ne se plaindra pas de cette situation, car Bayrou n'a que ce qu'il mérite. De fait, même s'il ne faut jamais enterrer trop vite les politiciens lorsqu'ils connaissent des échecs, et même s'il n'est donc pas du tout impossible que Bayrou conserve une capacité personnelle de nuisance à l'avenir, tant il est ambitieux, il me semble néanmoins que l'avenir politique du MoDem est aujourd'hui bien compromis. C'est sans doute dommage pour ceux qui ont voulu y croire jusqu'au bout, mais c'est ainsi. En ce qui me concerne, je n'ai aucun d'état d'âme, et la seule chose que je regrette, au fond, c'est de m'être égaré au MoDem pendant quelques mois, entre mai 2007 et mars 2008, avant d'adhérer au PS : je suis d'abord, politiquement, un homme de gauche, même si je souhaite du changement dans la vie politique française. Je me souviens cependant, bien que cela me paraisse bien lointain aujourd'hui, du bout de chemin politique que j'avais fait avec Quitterie Delmas, ancienne égérie de la blogosphère démocrate, devenue délégué nationale du MoDem lors du Congrès fondateur de ce parti en décembre 2007. Il se trouve qu'en février dernier, Quitterie a renoncé à être candidate à la candidature aux élections européennes pour le MoDem. Sur son blog, le 7 février dernier, elle a également annoncée qu'elle prenait désormais ses distances avec le MoDem (au nom duquel elle ne s'exprime plus désormais) et avec le système des partis politiques en général, pour mieux se consacrer notamment à son activité de responsable du développement durable dans une agence de communication sur Internet. De son propre aveu, elle a eu peur de se perdre, peur d'avoir à mentir en s'engageant plus loin dans le système politique qui est le notre, et je ne peux que la comprendre. Ainsi que je le lui avait écris à l'époque, il vaut mieux rester soi-même et agir autrement plutôt que de vendre son âme pour une médaille en chocolat. C'est le choix que j'ai fait, à ma façon, en ne m'engageant en politique que d'une manière très personnelle. C'est le choix qu'elle a aussi fait, à sa façon, en refusant de plonger définitivement dans le marais des magouilles sans fin propres aux partis politiques ordinaires. Et c'est très bien ainsi. Je suppose néanmoins qu'elle n'est sans doute pas mécontente du succès d'Europe Ecologie, qui est sans doute en partie révélateur d'un changement dans la vie politique tel qu'elle le souhaite, tout comme moi, même si je reste, pour ma part, en définitive, très prudent sur la signification réelle des résultats de ces élections européennes...

Septième point : concernant précisément les élections européennes, il ne faut jamais oublier le fait que ce ne sont QUE des élections européennes. Toutes les considérations faites plus haut, dans les points précédents, doivent être appréhendées à l'aune de ce fait. Il faut en effet relativiser la portée de ces élections européennes de part la nature même du scrutin. Les européennes sont des élections toujours singulières, particulières, qui constituent presque une parenthèse dans la vie politique française...


Qui se souvient du succès, aux élections européennes de 1994, de la liste radicale menée par Bernard Tapie, alors tête de liste du Mouvement des Radicaux de Gauche (MRG, devenu plus tard l'actuel PRG [Parti Radical de Gauche]) ? Avec la bénédiction tacite du président socialiste François Mitterrand, qui en avait fait son ministre de la Ville dans le gouvernement Bérégovoy en 1992, Tapie avait mené une campagne enthousiaste en faveur d'une Europe fédérale et sociale, tout en étant condamné par la classe politique établie (à droite comme à gauche) et par l'élite intellectuelle du pays, tous dénonçant la démagogie et le populisme dudit Tapie ce qui avait eu précisément pour conséquence d'entretenir sa popularité. Le 12 juin 1994, jour du scrutin, la liste socialiste menée par Michel Rocard, grand adversaire de Mitterrand au sein du PS, avait connu une défaite historique, avec seulement 14,49 % des voix, face à la liste de droite RPR/UDF (menée par Dominique Baudis) victorieuse avec 25,58 % des suffrages, tandis que la liste radicale de Tapie arrivait en quatrième position, en ayant recueilli un peu plus de 12% des voix, juste derrière une liste de droite dissidente menée par Philippe de Villiers (12,34 %), et devant la liste du FN de Le Pen (10,52 % des voix). On pouvait croire, à l'époque, à la possibilité d'un changement significatif des repères au sein de l'échiquier politique français... mais il n'en a finalement rien été. L'aventure radicale de 1994 s'est évanouie dans les mois qui ont suivi, parce que les caciques du MRG ont refusé de renoncer à leur rente de situation en tant que cadres dirigeants d'un petit parti radical satellite du PS, et surtout parce que Bernard Tapie s'est rapidement retrouvé plongé dans les ennuis judiciaires que l'on sait, se retrouvant ainsi empêché de s'engager dans la course à l'Elysée de 1995, course finalement gagnée, face à l'austère Jospin, par un démagogue nettement plus conventionnel, fut-il de droite : Jacques Chirac...


Qui se souvient, dans le même registre, du succès, aux élections européennes de 1999, de la liste de droite souverainiste menée par Charles Pasqua allié à Philippe de Villiers ? Il y a dix ans, Pasqua avait quitté le RPR, et s'était en effet associé à Philippe de Villiers au sein d'un nouveau parti, le Rassemblement Pour la France (RPF), pour présenter une liste de droite concurrente face à celle du RPR mené par Nicolas Sarkozy allié au défunt parti Démocratie Libérale d'Alain Madelin. Le 13 juin 1999, jour du scrutin, la liste RPR/DL de Sarkozy et Madelin subissait une sévère défaite, en arrivant en troisième position avec seulement 12,82 % des suffrages, derrière celle de Charles Pasqua et Philippe de Villiers, arrivée deuxième avec un peu plus de 13% des suffrages, derrière la liste socialiste victorieuse menée par François Hollande (21,95 % des voix). Le succès de Pasqua aux européennes est-il resté sans lendemain, comme celui de Tapie ? Oui, sans aucun doute. Dès l'année suivante, Philippe de Villiers rompait l'alliance avec Pasqua, pour ne pas paraître impliqué dans les magouilles faites par ce dernier pour financer la campagne électorale, faisant ainsi éclater le RPF, et en 2002, ledit Pasqua, un temps pressenti pour être candidat à l'Elysée, se voyait contraint de laisser finalement le champ libre à Jacques Chirac, lequel fut finalement facilement réélu à la plus haute charge de l'Etat, face à un Jean-Marie Le Pen inopinément qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle... alors que le Front National n'avait obtenu qu'un très piètre résultat aux élections européennes de 1999 (5,69 % des voix). Quant à Nicolas Sarkozy, on pouvait ne pas donner cher de sa peau au lendemain du scrutin européen de 1999... et on peut maintenant constater aisément quelle est la position qu'il occupe dix ans plus tard au sein du paysage politique français...

Dès lors, sachant tout cela, quelle véritable signification peut bien apporter le résultats des élections européennes de cette année dans la perspective des échéances électorales régionales et nationales de 2010 et 2012 ? La prudence
d'impose, et les prédictions faites par les commentateurs de toute nature sont même à considérer avec méfiance... N'en déplaisent à certains, le PS n'est pas mort, et il est idiot de le prétendre, même après la défaite électorale des socialistes de dimanche dernier. Bayrou et Besancenot n'ont, hélas, sans doute pas dit leur dernier mot, et Cohn-Bendit, de son côté, ne constitue pas davantage aujourd'hui qu'hier un danger direct pour Sarkozy, dans la mesure où le chef de file d'Europe Ecologie ne sera jamais candidat à l'élection présidentielle française. Du reste, qui sait si les Verts seront capables de remporter un succès aussi important que celui de dimanche dernier aux prochaines élections à venir ? Soyons honnêtes : personne n'en sait rien. Qui sait si une bonne part des électeurs ayant voté pour Europe Ecologie n'étaient pas, avant tout, pour une part, de simples électeurs du PS déçus par les socialistes, et d'autre part, des électeurs sans réelles convictions politiques (ils sont plus nombreux qu'on ne le croit) ayant voulu "voter écolo" parce que la cause environnementale est devenu à la mode au point de faire l'objet d'un véritable conditionnement sociétal (assez inquiétant par certains aspects) ? Il parait que la diffusion du film documentaire écologiste Home de Yann Arthus-Bertrand le vendredi avant le scrutin, à la fois sur France 2 et sur Internet, aurait contribué au succès d'Europe Ecologie, Arthus-Bertrand ayant lui-même estimé mardi dernier sur France Info que la diffusion de son film avait "certainement favorisé" le succès des listes du rassemblement emmené par Cohn-Bendit. Il vaudrait mieux que tout cela soit très exagéré, ne serait-ce que pour la crédibilité du vote écologiste, au-delà des habituelles tyrannies de l'urgence et des apparences auxquelles personne n'échappe... Bien entendu, mine de rien, l'écologie est un thème relativement neuf et porteur sur le scène politique nationale : peut-être cela laisse-t-il augurer une progression de l'audience de ce thème à l'avenir, ce qui permettrait de faire du succès d'Europe Ecologie aux élections européennes autre chose qu'une victoire sans lendemain... Cependant, l'expérience du passé incite forcément à la prudence, tant les suffrages récoltés aux européennes peuvent se révéler être bien volatils... Cohn-Bendit a rappelé lui-même sur France 2, le soir du scrutin, que personne n'était propriétaire des voix des électeurs... So wait and see...


Conclusion : les difficultés sont là, mais tout espoir n'est pas perdu pour la gauche. Dix ans de sarkozysme, suite à une éventuelle réélection de Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat en 2012 : cela n'a rien d'une fatalité ! D'ici trois ans, il peut se passer bien des choses... Les élections européennes de 2009 représentent assurément un échec pour les socialistes, mais cela n'hypothèque en rien l'avenir, en dépit de toutes les bêtises que peuvent raconter les journalistes et les commentateurs au discours péremptoire qui se croient plus malins que les autres... Le fait est que la majorité du pays n'est pas favorable à la politique de la droite sarkozyste au pouvoir. Les électeurs souhaitant avoir autre chose que cette droite sarkozyste à la tête du pays existent, et ils sont nombreux... sans parler des abstentionnistes. Le problème est qu'il y a donc a priori une demande citoyenne, mais pas d'offre politique crédible correspondante pour le moment. Le PS n'est pas mort. La gauche n'a pas perdu son statut d'alternative. Mais s'il on veut que la gauche gagne les prochaines élections, il va falloir changer, en profondeur, méthodes et idées. Il va falloir s'ouvrir vers l'extérieur, sortir des préoccupations de carrières personnelles et des certitudes dogmatiques. Il va falloir proposer autre chose que ce qui a été proposé jusqu'ici, avec une vision globale vis-à-vis du monde comme il va. Il va falloir construire un nouveau projet collectif, au service d'un rassemblement d'abord à gauche puis élargi à tous les progressistes. Il va falloir édifier patiemment et consciencieusement une alternative construite sur des bases solides, sur des valeurs fortes, sur des propositions alliant liberté et justice sociale, sur une véritable volonté de changer la donne face à un sarkozysme dont il faudra clairement se différencier, pour mieux le combattre, en étant plus convaincant que lui aux yeux du plus grand nombre. La fin du cauchemar en 2012 est à ce prix.

Cordialement,

Hyarion.

(Illustrations : Vue réalisée le 13 août 2008 sur la salle plénière du Parlement européen de Strasbourg après l'effondrement d'un faux plafond le 7 août, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Frederick Florin ; Résultats en France des principales listes en pourcentage aux élections européennes de 2009, ©AFP/Infographie ; La tête de liste pour l'Île-de-France du rassemblement Europe-Ecologie Daniel Cohn-Bendit, le 8 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Pascal Pavani ; Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy votant à Paris, le 7 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Wojazer/AFP ; Michel Barnier [à droite], Rachida Dati [au centre] et Jean-Marie Cavada à Paris, le 7 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©Boris Horvat/AFP ; Le dirigeant écologiste Daniel Cohn-Bendit, le 7 juin 2009, à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Thomas Samson/AFP ; La première secrétaire du PS Martine Aubry, le 7 juin 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Stéphane de Sakutin AFP ; L'abstention en France lors des élections européennes de 1979 à 2009, ©AFP/Infographie ; Rachida Dati le 19 mai 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Jacques Demarthon ; Composition du nouveau Parlement européen après les élections européennes de 2009, ©AFP/Infographie ; Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi dans un bureau de vote à Milan, le 7 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©Giuseppe Cacace/AFP ; Un homme regardant un magazine italien publiant des photos de Noemi Letizia, le 26 mai 2009 à Rome, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Vincenzo Pinto ; Le Premier ministre François Fillon à Ludres, près de Nancy, lors d'un meeting de l'UMP dans le cadre des élections européennes, le 14 mai 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jean-Christophe Verhaegen ; Martine Aubry, après son discours au siège du PS à Paris, le 7 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©Stéphane de Sakutin/AFP ; Martine Aubry et Ségolène Royal à Rezé près de Nantes pour un meeting commun dans le cadre des élections européennes, le 27 mai 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Le fondateur du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon participant à un meeting, le 20 mars 2009 à Carmaux, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pascal Pavani ; Les candidats du rassemblement Europe-Ecologie pour les européennes de juin 2009 [de gauche à droite], José Bové, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit, le 8 avril à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pascal Pavani ; Nicolas Sarkozy durant sa visite de l'Institut national de l’énergie solaire au Bourgt-du-Lac [Savoie], le 9 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jacques Brinon ; De gauche à droite: l'ex-juge et future candidate des Verts aux élections européennes Eva Joly, le député européen Daniel Cohn-Bendit, la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot et le militant altermondialiste José Bové, le 20 octobre 2008 à Paris, lors de la présentation du rassemblement Europe-Ecologie, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Franck Fife ; Cohn-Bendit et Bayrou sur écran géant lors de l'émission télévisée "A vous de juger" le 4 juin 2009 sur France 2, ©AFP ; Quatre captures vidéo, extraites d'une archive de l'INA, d'un débat télévisé entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie sur France 2, le 1er juin 1994, dans le cadre de la campagne électorale pour les élections européennes de 1994, ©INA/France2 ; Charles Pasqua en meeting pour les élections européennes de 1999, le 10 février 1999 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Vanina Lucchesi ; Daniel Cohn-Bendit, le 7 juin 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Thomas Samson/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 8 commentaires - Recommander
Vendredi 5 juin 2009
Quel spectacle pathétique... Je voudrais bien essayer de l'ignorer complètement, mais dans la mesure où derrière tout ce grand cirque médiatique tout imprégné d'une odeur d'égoût est censé n'être que la surface de quelque-chose de sérieux, je ne peux pas rester totalement silencieux non plus... Cela dit, paradoxalement, les mots me manquent pour parler... Devant tant de bêtises, la minuscule poussière d'étoile que je suis se sent démuni, incapable de trouver encore en elle la volonté d'essayer de "comprendre" ce qu'elle voit... Tout cela est tellement affligeant, tellement vulgaire, tellement puant ! J'en ai ras le bol de cette traversée des égoûts que les politiciens de ce pays imposent aux citoyens en guise de vie politique... Tout ça parce qu'ils ont peur de se retrouver avec un taux d'absention record aux élections européennes ! Mais à qui la faute ? Aux électeurs, certes, mais aussi bien sûr aux candidats avec leurs programmes sans consistance ! Tout cela est d'une nullité absolue... Que faire pour rendre cela supportable ? Penser à autre chose semble être la seule chose à faire...


Heureusement, pour nous distraire des turpitudes de la vie politique, ces dernières semaines, nous avons eu droit, comme chaque année, au tournoi international de tennis de Roland-Garros, qui se termine dimanche prochain, et un peu avant, au Festival international du film de Cannes, que j'ai brièvement évoqué en post-scriptum de mon précédent article, et à l'occasion duquel, à défaut d'un évènement majeur - y compris en ce qui concerne le palmarès -, on a pu au moins voir, cette année encore, quelques belles actrices défiler sur le tapis rouge devant les photographes, certaines desdites actrices ayant même pris la peine de s'habiller en rouge, couleur à laquelle, on le sait, les hommes sont particulièrement sensibles lorsqu'elle est portée par des femmes, ainsi que l'a révélé une étude déjà évoquée sur le présent blog dans un article du 17 janvier dernier...


Mais tout cela est maintenant fini (ou presque, en ce qui concerne Roland-Garros), et nous revoila confrontés à cette laborieuse campagne pour les élections européennes, commencée bien tardivement et qui n'a, hélas, pas tardé à se présenter comme étant plus médiocre encore que ce que l'on pouvait craindre... Voici qu'elle était la situation la semaine dernière, selon l'AFP, à sept jours du prochain scrutin :

Européennes : à J-7, le PS peine à convaincre, l'UMP parle sécurité


A une semaine des élections européennes, les partis redoutent une abstention massive le 7 juin, l'UMP renouant dans la dernière ligne droite avec le thème de l'insécurité alors que le PS peine à convaincre, concurrencé à la fois par le Front de gauche, Europe Ecologie et le MoDem.

Un événement viendra occulter la fin de campagne : la venue le 6 juin du président américain Barack Obama en Normandie, pour le 65e anniversaire du débarquement, célébration que certains accusent Nicolas Sarkozy de vouloir instrumentaliser à la veille du scrutin.
 
Les électeurs doivent désigner leurs 72 représentants à Strasbourg, répartis dans huit grandes circonscriptions (13 en Ile-de-France et dans le Sud-est, 10 ans le Nord-ouest et le Sud-ouest, 9 dans l'Ouest et l'Est, 5 dans le Massif Central-Centre et 3 en outremer).

Le scrutin est à un tour et les sièges sont répartis à la proportionnelle entre les listes qui obtiennent au minimum 5% des suffrages. Au total, 160 listes sont en compétition, avec un maximum de 27 en Ile-de-France. En 2004, on en comptait 168.

L'offre est diverse : outre les grands partis, on note la présence d'un mouvement de défense de l'espéranto, d'une "union des gens", ou encore de listes régionalistes ou thématiques.

Les instituts de sondages s'attendent à une abstention record. Ipsos et Ifop avancent un taux entre 60% et 65%. Lors des précédentes européennes, en 2004, son taux avait atteint 57,2%.


Ce risque de démobilisation inquiète les partis. Au PS, Martine Aubry a appelé à un "vote efficace". A Rezé (Loire-Atlantique), Ségolène Royal s'est adressée aux "travailleurs frappés de plein fouet" par la crise: "l'Europe sociale a besoin de vous".

L'UMP aussi a intensifié sa campagne. "Il faut décupler l'énergie pour mobiliser", a reconnu le secrétaire général Xavier Bertrand.

Les enquêtes d'opinion traduisent plusieurs constantes, dont le manque d'intérêt de 56% (TNS Sofres) ou 57% (Opinionway) des Français pour ce scrutin.


L'UMP et son allié Nouveau centre occupent la première place avec 26% d'intentions de vote dans les plus récentes enquêtes, mais le parti présidentiel se tasse légèrement, comme le PS, qui se situe autour de 20% (avec un sondage à 19%).

En revanche, la tendance est plutôt à la hausse pour le MoDem (13-14%), dont le président François Bayrou poursuit sa campagne anti-Sarkozy. Europe Ecologie tourne autour de 10-11%.

Le NPA et le Front de gauche sont au coude à coude, à 6-7%, Libertas et le Front national aussi, à 5-6%.

Au fil de la campagne, les thèmes ont évolué chez les deux principales formations. Après avoir vanté le bilan de la récente présidence de l'UE de Nicolas Sarkozy, l'UMP a recentré son discours sur la sécurité, avec en point d'orgue l'intervention du chef de l'Etat jeudi [28 mai à l'Elysée], qui a aussitôt été taxé d'électoralisme [, Sarkozy ayant annoncé un tour de vis sécuritaire dans les cités et les écoles à la suite à de deux faits divers récents (des policiers de La Courneuve attaqués au fusil d'assaut et une enseignante poignardée par un élève de 5e dans un collège de la banlieue toulousaine)].


Les socialistes, quant à eux, avaient inauguré leur campagne en disant "non à Sarkozy et non à Barroso". Ils ont depuis développé d'autres thèmes comme le plan de relance, la "sanctuarisation" des services publics, le bouclier social.

Mais dans la dernière ligne droite, c'est Barack Obama qui fera la une. Et si personne ne conteste l'événement, la commémoration du 6 juin 1944, plusieurs responsables soupçonnent des "arrière-pensées" électorales.

Pierre Moscovici (PS) a estimé que Nicolas Sarkozy y "recherche un gain électoral pour les européennes et un gain d'image pour lui-même". Quant au leader d'Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit, il a souhaité que "toutes les têtes de listes, tous les responsables de partis soient invités", arguant que le débarquement, ce n'est pas "franco-français, c'est le début de la naissance de l'Europe".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 31 mai 2009, 09h18)

A sept jours du scrutin, la campagne des élections européennes était déjà depuis longtemps enlisée dans la gadoue de la démagogie, mais le pire restait à venir... Le "débat" européen avait beau être déjà bien englué dans la médiocrité, il devenait urgent d'en rajouter, comme en témoignent les nouvelles qui suivent :

Violente passe d'armes entre Bayrou et Cohn-Bendit


L'atmosphère était électrique lors de l'enregistrement de l'émission "A vous de juger", ce jeudi [4 juin] dans les studios de France 2. Autour de la table, huit ténors politiques débattent à trois jours du scrutin européen, sur fond de sondages de plus en plus serrés. Une dernière enquête TNS Sofres-Logica réalisée notamment pour Le Monde, crédite les listes Europe-Ecologie de 13,5 % des voix, qui raviraient ainsi la troisième place au MoDem. Un sondage Ipsos donne en revanche une égalité parfaite entre les deux formations à 11 %.

Ces études auraient-elles échauffé les esprits ? François Bayrou critique "l'idée selon laquelle il fallait épargner Nicolas Sarkozy dans cette campagne", défendue selon lui "par Daniel Cohn-Bendit", qu'il accuse d'avoir avec l'Elysée "des relations amicales, sympathiques, formidables". Et le fondateur du MoDem d'affirmer que l'eurodéputé Vert, candidat d'Europe-Ecologie en Ile-de-France, téléphone "souvent" au président de la République et a déjeuné "trois fois à l'Elysée".

Il n'en faut pas plus pour que Daniel Cohn-Bendit sorte de ses gonds : "Il y a l'omni-président et il y a l'omni-opposant. Reviens sur terre, François !", lance-t-il, avant d’attaquer frontalement sur sa supposée "connivence" :"Je trouve ça ignoble de ta part, parce que tu sais exactement ce qui se passe quand on est président de groupe (…) Et ce genre de jeu, devant les citoyens, eh bien mon pote, je te dis, jamais tu seras président de la République, parce que t'es trop minable !"

Devant Martine Aubry, Xavier Bertrand ou Olivier Besancenot, médusés, François Bayrou rétorque : "C'est ignoble d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants que je ne peux pas accepter". Une allusion à la polémique suscitée en 2001 par un livre de M. Cohn-Bendit sur la sexualité des enfants, datant de 1975. On l'avait alors accusé de défendre des thèses "pédophiles", ce que ce dernier a toujours démenti. Cohn-Bendit préfère ne pas répondre et confie, à la sortie du plateau, qu'il était "sûr ce matin en venant que [François Bayrou] avait peté les plombs et qu'il était prêt à tout", après la publication du sondage, rapporte Le Parisien. Quant au président du MoDem, il déclare que Cohn-Bendit "l'a cherché". L'émission doit être diffusée jeudi à 20 h 35 sur France 2. A cette heure-là, François Bayrou sera à Strasbourg pour son dernier meeting de la campagne.

(Article du blog de la rédaction du journal Le Monde, "LeMonde.fr" consacré aux élections européennes [http://europeennes.blog.lemonde.fr/], 4 juin 2009, 18h44)


Débat télévisé au vitriol entre huit ténors, à trois jours des européennes


"Menteur" "ignoble", "minable": les insultes ont fusé lors du grand débat télévisé de fin de campagne européenne, qui, réunissant huit ténors politiques jeudi sur France 2, a viré à l'affrontement au vitriol.

Xavier Bertrand, s'est dit "écoeuré" jeudi soir par les propos de François Bayrou à Daniel Cohn-Bendit lors du débat, jugeant qu'il avait "dépassé les bornes", alors qu'Hervé Morin a évoqué à propos du président du MoDem un "homme qui a perdu tous ses repères".

Daniel Cohn-Bendit, qui conduit la liste Europe Ecologie aux européennes en Ile-de-France, a accusé jeudi [4 juin] François Bayrou, président du MoDem d'avoir "pété les plombs", lors de l'émission.

"Il va mal dans sa tête et je crois que c'est mauvais pour lui", a conclu Daniel Cohn-Bendit, accusant François Bayrou d'avoir "sacrifié son MoDem à son ego parce qu'il ne pense qu'à devenir président de la République".

A trois jours du scrutin, Arlette Chabot avait invité sur le plateau d'"A vous de juger", enregistrée dans l'après-midi, Xavier Bertrand (UMP), Martine Aubry (PS), François Bayrou (MoDem), Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie), Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), Olivier Besancenot (NPA), Philippe de Villiers (MPF), Marine Le Pen (FN).

L'un des premiers duels - François Bayrou contre Daniel Cohn-Bendit, leurs formations étant au coude à coude dans les sondages - s'est mué en pugilat verbal.

Quand le président du MoDem a accusé le candidat Vert d'avoir avec Nicolas Sarkozy "des relations amicales, sympathiques, formidables", M. Cohn-Bendit est sorti de ses gonds: "je trouve ça ignoble de ta part (...) Ce genre de jeu, devant les citoyens, eh bien mon pote, je te dis, jamais tu seras président de la République, parce que t'es trop minable".

"Je trouve ignoble, moi, d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants que je ne peux pas accepter", a rétorqué M. Bayrou. Allusion à une polémique suscitée en 2001 par des écrits de l'ex-leader de mai 1968 sur la sexualité des enfants, datant de 1975.


Les deux heures et plus d'émission se sont déroulées dans une ambiance électrique, la plupart des débats - salaire minimum européen, taxe carbone, délocalisations ou Turquie - tournant à la cacophonie.

"On vous entend. Pas la peine de crier, vous êtes à la télévision", a lancé Mme Chabot au président du MPF, qui s'enflammait, traitant de "menteur" Xavier Bertrand à propos de la Turquie.

La journaliste s'échinait à maintenir un semblant d'ordre. "Allez au diable", lui a lancé Jean-Luc Mélenchon, auquel elle donnait la parole alors qu'il s'était plaint de ne pouvoir s'exprimer assez.

Alors que Marine Le Pen accusait Olivier Besancenot d'avoir un ton péjoratif quand il parlait des Français, celui-ci a rétorqué: 'quand je vous entends, j'ai envie de partir en manif!".

Face à Xavier Bertrand défendant les engagements européens de Nicolas Sarkozy, Martine Aubry s'est exclamée: "le double discours a des limites", "vous ne dites pas la vérité !".

Dans l'exaltation générale, Martine Aubry, Olivier Besancenot et Xavier Bertrand étaient les plus calmes.

Lors d'un débat sur le vin rosé, le leader du NPA a même suggéré de "faire boire à tout le monde un petit verre, pour détendre l'atmosphère.

Alors que Marine Le Pen insinuait qu'un sondage TNS Sofres Logica pour France Télévisions, Radio France et le Monde avait également été commandé par "Nicolas Sarkozy", Arlette Chabot a aussi élevé la voix: "Absolument inacceptable! Insinuer que le sondage a été payé par Nicolas Sarkozy est absolument scandaleux".

A la fin de l'émission, évoquant "l'histoire européenne de réconciliation", Daniel Cohn-Bendit a rappelé que ses grands-parents étaient "morts en camp de concentration". "Et moi, ils sont morts sur une ligne allemande. On va pas faire un concours de morts !", a coupé Marine Le Pen.

Philippe de Villiers s'est emporté: "je ne laisserai pas quelqu'un qui a fait mai 68 ..."

Le reste de sa phrase s'est perdu dans un brouhaha, alors qu'il reprochait à on ne sait trop qui d'avoir "des millions de morts sur la conscience".

L'idée "était de donner aux électeurs envie de voter", a relevé Arlette Chabot. "Je ne suis pas sûre qu'on y arrive".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 4 juin 2009, 20h58)

Assurément, on ne pourra pas dire que le dialogue n'aura pas eu lieu entre les différents acteurs de cette farce tragi-comique, car comme je le dis souvent : s'insulter, c'est déjà se parler ! ;-p Mais au-delà de la boutade, ces informations du Monde et de l'AFP résume tout. Une campagne minable, des politiciens minables (tous, même ceux qui se disent marginalisés par rapport aux grandes formations), des journalistes minables... pour des élections minables ! On notera que ce pseudo-débat télévisé d'hier a le mérite d'avoir montré clairement le vrai visage de Bayrou, qui est un pauvre type et qui, décidément, ne vaut pas mieux que Sarkozy... Ledit Bayrou prétend pourtant, sans convaincre, être le "meilleur opposant" audit Sarkozy : quelle blague ! C'est trop facile de critiquer Cohn-Bendit sur le terrain de l'antisarkozysme alors que l'on sait que Bayrou s'est fort bien accomodé en son temps, en tant que ministre de l'Education Nationale, d'un collègue comme Sarkozy, alors ministre du Budget, au sein du gouvernement Balladur (1993-1995). Et comme l'argument antisarkozyste primaire ne fait pas vraiment mouche, Bayrou, à court d'idées, va jusqu'à proférer aussitôt bassement envers Cohn-Bendit des accusations implicites de complaisance envers la pédophilie, ressortant (sans doute de façon calculée) cette vieille affaire de livre soixante-huitard datant d'il y a plus de trente ans... Il y a eu "des dérives de la gauche, de l'extrême droite et de moi dans les années 70", a reconnu Cohn-Bendit, sur la radio France Inter, au lendemain du "débat" télévisé, ajoutant qu'il y a dans ce livre une "page de provocation que j'ai dénoncée moi-même quand tout est sorti en 2001". De façon générale, Cohn-Bendit, qui s'est expliqué, a sans doute bien des défauts et a commis sans doute bien des erreurs en tant que personnalité politique, mais cela étant dit, la pédophilie étant, du reste, un sujet extrêmement grave, était-il nécessaire de remuer ainsi à nouveau, de façon totalement intempestive et même malsaine, cette vieille histoire de livre qui n'a rien à voir avec la question européenne ? Bayrou reproche sans doute à Cohn-Bendit d'avoir affirmé en réunion publique de campagne que le président du MoDem, qui "ne pense qu'à la présidentielle", a "été touché par la Vierge". Mais n'est-il pas évident que Bayrou dissimule à peine le fait qu'il est persuadé que Dieu lui a dit qu'il serait un jour président de la République ? En plus d'être un escroc démagogue, Bayrou est un illuminé narcissique, qui a du reste le culot de se donner une image de représentant de la vertu, de la dignité, de l'intégrité, alors qu'il n'est en fait qu'un politicien comme les autres, prêt à toutes les bassesses, obsédé par son ambition personnelle et avant tout soucieux de sa carrière maquillée en "destin" guidé par la main de Dieu... Une telle attitude, une telle prétention, sont insupportables. Insupportables ! Souhaitons donc que Sarkozy et Bayrou n'aient jamais à s'affronter au deuxième tour d'une élection présidentielle : ce serait un cauchemar, pire qu'un duel entre Chirac et Le Pen !


Quant au constat général, on pourrait le résumer par une impression que ces élections européennes auront eu, vis-à-vis de la vie politique de ce pays et de ses acteurs, un parfum d'autodestruction... Durant cette campagne, les politiciens auront décidément bien montrés ce qu'ils représentent : la démagogie la plus crasse, l'ambition narcissique la plus ridicule, le carriérisme le plus dégoûtant. Où est la question de l'Europe dans tout cela ? Nulle part. Et pour cause : l'Europe, la plupart des gens s'en soucient comme de leur première couche Pampers. Décidément, la politique, ça pue... mais il faut bien faire avec, et résister à la tentation de se laver les mains de tout cela ! Car comme disait Paul Valéry, "la politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde"... J'irai donc voter dimanche prochain, et glisserait dans l'urne un bulletin de la liste du PS, assurément sans grande conviction mais avec le souci d'être honnête et cohérent et en ayant ma conscience pour moi. La plupart de mes amis, s'ils vont voter, se prononceront certainement en faveur d'autres listes de gauche, celles d'Europe Ecologie, du NPA, voire de Lutte Ouvrière (LO). En ce qui concerne mon collègue blogueur marxiste Jean-Louis Roche, bien entendu il s'abstiendra, comme cela était évidemment prévisible, et comme il l'a exprimé, du reste, sur son blog le mois dernier :

"ABSTENTION SANS HESITER !

Vous continuez à vous foutre de notre gueule journalistes et politiciens ! Le référendum sur la Constitution européenne avait été rejeté massivement contre l'avis « autorisé » des « experts » dominants et des « représentants du peuple » qui avaient milité, à l'instar du pitre Cohn-Bendit avec hargne et mépris contre tous ceux qui s'y opposaient. Gouvernement et opposants, de gauche ou de droite, se sont empressés sur-le-champ de bafouer cette volonté populaire en imposant par d'autres voies le traité rejeté. Voilà le leurre de la démocratie bourgeoise à l'oeuvre comme n'importe quelle oligarchie, fasciste ou stalinienne. Voilà le pouvoir dont dispose le prolétariat : servir de claque méprisable ! Voilà le pouvoir dont dispose peuple et prolétariat dans l'Europe capitaliste. Laissez-moi rigoler pour la concurrence entre UMP et PS et la victoire annoncée de l'UMPF ; la victoire de l'UMP c'est trois vaches bourgeoises dans un champ de cent moutons. Mais de ces deux partis de la haute bourgeoisie on se fiche royalement nous les prolétaires. Les plus sinistres sont les particules d'extrême-gauche avec le farceur Besancenot et Nathalie Laguiller [soit Nathalie Arthaud, nouvelle porte-parole de LO et sosie d'Arlette Laguiller en plus jeune] : ils viennent cautionner le règne de l'esbroufe électorale, du mensonge dominant sur la fausse consultation du peuple ; ils sont bien les rabatteurs de l'ordre bourgeois avec des revendications parfaitement ridicules. Les Verts, n'en parlons pas ; dans la crise systémique ils ne peuvent plus demander aux prolétaires d'acheter des 4X4 vertes ou de rouler à bicyclette 40 bornes à la fin de la journée de boulot, alors ils se la jouent anti-répression : Mamère et Voynet se sont pétés d'un article de soutien (sept mois après) à Coupat [principal accusé "révolutionnaire" dans une enquête sur des sabotages de lignes TGV survenus à l'automne dernier] sur le site gaucho Rue 89. Tout pour intéresser à leur liste électorale. Mais rien n'y fera, bourgeois vous allez encaisser notre belle, magnifique et indubitable abstention !"

(Jean-Louis Roche, Blog
"LE PROLETARIAT UNIVERSEL" [http://proletariatuniversel.blogspot.com/], mai 2009 [apostille])

Que chacun fasse ce qu'il croit être juste... En tout cas, en ce qui concerne ces élections européennes, je ne peux qu'avoir hâte que tout cela se termine, car le ras le bol est bel et bien là...
En attendant le dénouement, on tue donc le temps, et on espère bien avoir droit à des jours meilleurs. Il est vrai que le printemps est maintenant bien avancé, et qu'après un hiver plutôt rigoureux, les beaux jours sont revenus, depuis quelque temps... De fait, c'est bientôt l'été, bientôt les grandes vacances, bientôt l'époque où tout le monde, ou presque, voudra aller s'entasser sur les plages, en étant déshabillé et heureux de l'être... Se déshabiller est d'ailleurs décidément très tendance cette année, d'autant plus que cela se révèle être toujours particulièrement vendeur, notamment auprès d'un public branchouillard qui, en ces temps de crise, préfère forcément passer son temps à regarder sur Internet des vidéos "hypes" à prétention vaguement artistique ou humoristique - et dont le seul intérêt est visiblement de mettre en scène de belles femmes plus ou moins nues, sur un ton faussement "provocateur" -, plutôt que de s'intéresser aux élections européennes... Allez savoir pourquoi... ;op


De fait, en pleine crise économique et sociale, et en pleine traversée des égouts de la politique, il ne faudrait pas croire que nous avons perdu forcément tous nos repères : les femmes nues et le sexe restent assurément des valeurs sûres de notre société ! C'est toujours ça de préservé ! On ne saurait donc trop recommander à Roselyne Bachelot d'organiser sans tarder ce fameux "Grenelle du cul" qu'elle a proposé, et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler dans un précédent article... Vite, il y a urgence : perdus comme ils sont, les Français ont, plus que jamais, besoin de se raccrocher à de vraies valeurs ! ;op

Cordialement, :-)

Hyarion.

P.-S.: La onzième République des Blogs de Toulouse devait se tenir le 12 juin prochain, pour évoquer les résultats des élections européennes. Sauf erreur de ma part, elle est finalement reportée en septembre, et sera donc sans doute alors consacrée à un autre sujet. Pour ma part, si j'en ai le temps, j'essaierai de consacrer prochainement un article sur le bilan du scrutin du 7 juin...

(Illustrations : L'entretien des égouts de Paris le 8 décembre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Les actrices Sophie Marceau [à droite] et Monica Bellucci à Cannes, lors du 62ème Festival international du film, le 16 mai 2009, photogaphie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Les actrices Monica Bellucci [à gauche] et Sophie Marceau à Cannes le 16 mai 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Christian Hartmann ; Carte de France des 8 circonscriptions des élections européennes avec répartition des 72 sièges français, ©AFP ; Martine Aubry et Ségolène Royal, lors d'un meeting pour les élections européennes, à Rezé près de Nantes, le 27 mai 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Bernard Loubinoux ; Xavier Bertrand [à gauche], l'ancien maire de Toulouse Dominique Baudis [au centre] et Michel Barnier avant un meeting pour les élections européennes à Toulouse, le 26 mai 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Eric Cabanis ; Nicolas Sarkozy lors de son discours sur l'insécurité le 28 mai 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Daniel Cohn-Bendit lors de l'émission télévisée "A vous de juger" le 4 juin 2009 sur France 2, ©AFP ; Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou, Martine Aubry, Xavier Bertrand et Arlette Chabot sur le plateau d'"A vous de juger" sur France 2 le 4 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©Christophe Russeil/AFP ; Cohn-Bendit et Bayrou lors de l'émission "A vous de juger" le 4 juin 2009 sur France 2, ©AFP ; La facade du Parlement Européen le 27 mai 2009 à Strasbourg, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Frederick Florin ; Deux captures vidéo [mises à l'endroit] d'un clip [faussement provocateur] pour la chanson [sans intérêt] "Baby Baby Baby" du duo "électro" parisien Make The Girl Dance, tourné un jeudi [le 7 mai 2009] entre 14h07 et 14h11, dans la rue Montorgueil à Paris, et diffusée sur Internet le 12 mai 2009, ©Dailymotion)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 21 mai 2009
Vendredi dernier, 15 mai 2009, entre 18h30 et 22h00 environ, s'est tenue la dixième République des Blogs de Toulouse (RdB), dans un nouveau lieu de rendez-vous. Nous nous sommes longtemps demandé où pourrait avoir lieu cette nouvelle édition de la RdB toulousaine, à la suite des sérieuses déconvenues que nous avons connus avec les cafés et bars précédemment choisis pour notre modeste évènement "blogosphérien". Après avoir un moment envisagé d'improviser une RdB "branchouillarde" au petit comptoir de dégustation de café en capsules de la boutique Nespresso située au numéro 38 de la rue d'Alsace-Lorraine, j'avais suggéré que le rendez-vous des blogueurs politiques toulousains ait lieu non loin de là, dans un bar appelé le Tchin Bar ou Le Tchin (22, rue St-Bernard, au niveau de l'intersection avec le boulevard de Strasbourg), établissement qui a l'avantage, lui, contrairement à d'autres, de ne pas fermer ses portes à 20h00 le vendredi, et même de rester ouvert jusqu'à... 2 heures du matin. Ma suggestion fut finalement notre choix définitif.


Arrivé le premier au rendez-vous, j'ai patienté un moment au fond de la salle du bar, en buvant un petit café, avant d'être finalement rejoint par mes collègues blogueurs. Cette fois-ci, nous avons été cinq participants. Etaient présents : Hyarion, votre serviteur ; Philippe David, auteur du blog "Vue de droite" ; la blogueuse Christie, responsable du blog "Alluvions" ; Dante, un des lecteurs réguliers du présent blog ; et enfin, Oaz, auteur du blog "Barrejadis", qui était venu à la première RdB de Toulouse, mais n'avait pas participé aux autres rendez-vous jusqu'ici. La blogueuse "M.", responsable du blog intitulé "Le Rocrocodile kinépeuthe" et toujours co-organisatrice de la RdB, n'a finalement pas pu venir au rendez-vous à la dernière minute, étant indisposée. Jointe néanmoins par téléphone au début de la réunion, elle a pu me confirmer de vive voix ce qu'elle m'avait signalé en commentaire au bas d'un de mes précédents articles, à savoir qu'elle avait reçu tout récemment sa carte d'adhérente du PS... pour l'année 2008, soit bien après les scrutins internes du parti organisés dans la foulée du Congrès socialiste de Reims - seuls évènements où la carte d'adhérent eut pû avoir quelque utilité -, ce qui en dit long sur les pratiques assez affligeantes, et même pathétiques, des responsables de certaines sections socialistes vis-à-vis des adhérents du PS... surtout envers ceux qui ont adhérés au parti par l'intermédiaire de l'association Désirs d'avenir, comme ce fut le cas pour "M."... Voila bien pourquoi je me satisfait, bien qu'habitant à Toulouse, d'être affilié officiellement à une section socialiste aveyronnaise plutôt qu'à une section toulousaine : j'ai l'impression d'avoir moins problèmes là où je suis rattaché que j'en aurai si j'étais affilié ailleurs... même si j'ai pu constater, pour ma part, que si ma cotisation annuelle pour 2009 a bien été encaissé par la trésorerie du Parti Socialiste il y a quelques mois, ma nouvelle carte n'est pas encore arrivée, alors que nous serons bientôt au milieu de l'année ! Et pendant ce temps, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa continue de faire le zouave dans ma télévision, inlassablement... Heureusement que je regarde moins la télé aujourd'hui que par le passé, sinon je serais devenu un vrai légume, depuis le temps... Cela dit, par moments, et même de plus en plus souvent, je me sens fatigué par la politique... et ce n'est pas l'âge, chers lecteurs, qui provoque cette fatigue, mais simplement la lassitude devant la médiocrité ambiante, si récurrente dans ses manifestations diverses...


Cette dixième RdB était logiquement consacrée aux prochaines élections européennes, mais pour aborder ce sujet politique majeur du moment, dès le début de la soirée, il faut bien reconnaître que le coeur n'y est pas, et, de facto, nous parlons d'abord de tout autre chose... Dès son arrivée, Philippe tient ainsi d'emblée à me confirmer de vive voix qu'il a fort apprécié mon dernier article, intitulé "Proposition de Bachelot : Oui à un "Grenelle du Cul" !!!", lequel article l'ayant fait beaucoup rire. De fait, la discussion à bâtons rompus s'engage aussitôt sur le contenu de mon article précédent, dont le thème était la sexualité. Nous le faisons parfois avec sérieux, mais le plus souvent avec beaucoup d'humour, et quelques inévitables blagues scabreuses... ;-) Et une fois de plus, d'ailleurs, nous tenons à rendre un "hommage" particulier à celui qui, décidément, est en passe de devenir la mascotte sexuée officieuse de notre RdB, à savoir, bien entendu, l'inénarrable "French Lover" Dominique Strauss-Kahn... ;op


Puis nous en venons, tout-de-même, au thème auquel est censé être consacrée cette dixième RdB : les élections européennes... Aborder ce sujet est laborieux, même si certains sont venus en espérant que le débat au sein de la RdB pourra peut-être leur permettre d'y voir plus clair en matière de choix électoral au moment du scrutin du 7 juin prochain. L'alias Dante a heureusement fait pour nous un gros effort ;-) : il est allé faire un petit tour sur un de ces sites Internet a priori plutôt peu fréquentés, à savoir un site consacré... aux prochaines élections européennes. Le 7 juin 2009, parce que nous habitons dans la région Midi-Pyrénées, nous allons devoir voter en tant que citoyens électeurs de la circonscription Sud-Ouest, qui est une grande circonscription électorale française, utilisée tous les cinq ans dans le cadre des élections européennes et regroupant les électeurs des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon en un seul électorat. Dix députés européens vont devoir être élus, au scrutin de liste à un tour, dans cette circonscription du Sud-Ouest, et ce sont dix-sept candidats en tête des listes parmi lesquels il va falloir choisir. A l'occasion de notre discussion entre blogueurs, Dante nous présente donc ces dix-sept candidats en lice...


Certains candidats en tête des listes dans le Sud-Ouest sont relativement bien connus, dans la mesure où ils figurent régulièrement sur la scène politico-médiatique depuis des années. Le principal candidat de l'UMP est Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse, ancien président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, et qui a déjà été député européen par le passé. Le principal candidat du PS est Kader Arif, député européen sortant que l'on ne présente plus (surtout à l'alias Dante ;-)...). José Bové, que l'on ne présente plus lui aussi, est le principal candidat du rassemblement Europe-Ecologie, constitué autour dudit Bové, des Verts, de Daniel Cohn-Bendit, et des proches de Nicolas Hulot, le projet commun à tous étant "une Europe de paix, fédéraliste, citoyenne et écologiste", selon l'expression de Bové lui-même. Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, qui a quitté le PS pour fonder le "Parti de Gauche", est un candidat auto-parachuté dans le Sud-Ouest, conduisant la liste d'un "Front de gauche" constitué par l'alliance du "Parti de Gauche" avec le Parti Communiste Français.


Les autres candidats en tête de liste sont souvent, hors de la scène politique locale ou régionale, des personnes en général beaucoup moins connues. Le principal candidat du MoDem est Robert Rochefort, un sociologue ayant avoué avoir été marqué par la "pensée profonde" de Bayrou. Le principal candidat du Front National est Louis Aliot, conseiller régional en Midi-Pyrénées et secrétaire général du FN, qui n'a réussi jusqu'ici à faire parler de lui qu'à l'occasion de l'affaire - déjà évoquée ici dans un précédent article - de la récupération de l'image du socialiste Jean Jaurès et de la manipulation d'une citation de ce dernier, image et citation étant apparues sur une affiche du candidat lepéniste en mars dernier. Patrice Drevet, principal candidat de l'Alliance écologiste indépendante (adversaire des Verts), est surtout connu pour avoir présenté le bulletin météorologique télévisée sur France 2 pendant des années. Les autres candidats en tête de listes sont Myriam Martin (principale candidate de la liste du NPA de Besancenot et Krivine), Sandra Torremocha (principale candidate de la liste du parti LO de Laguiller), Yves Gras (conduisant une liste de "Communistes" [dissidents du PCF ?]), Raymond Faura (candidat régionaliste catalan en tête de la liste "Europe Démocratie espéranto"), Damien Abad (principal candidat de la liste du Nouveau Centre, rallié à Sarkozy en 2007), Henri Temple (principal candidat de la liste du mouvement "gaulliste" Debout La République de Nicolas Dupont-Aignan), Roland Hureaux (principal candidat d'une liste de "Gaullistes en colère"), Jean-Claude Martinez (ancien membre du FN, conduisant la liste "Maison de la Vie et des Libertés"), Eddie Puyjalon (principal candidat conduisant la liste Libertas, fruit d'une alliance du MPF de Philippe de Villiers avec le parti des chasseurs CPNT), et David Carayol (principal candidat de la liste du mouvement "Newropeans", qui se veut transpartisan mais dont on ne sait presque rien, sinon qu'il semble accorder une grande importance à la consultation par référendum des peuples européens).
A l'occasion de l'énumération des candidats et des listes, je me permets de faire remarquer qu'une grande absente ne figure pas parmi toutes ces candidatures dans le Sud-Ouest : il manque, en effet, une liste "antisioniste" parrainée par "l'humoriste controversé" Dieudonné, lequel n'a finalement présenté en France qu'une seule liste, dans la circonscription de l'Ile-de-France, comme le signale cet article publié le 9 mai dernier sur le site Internet du journal Le Monde :

Dieudonné présente un assemblage hétéroclite aux élections européennes


Dieudonné et ses amis ne déposeront bien qu'une seule "liste antisioniste", en Ile-de-France, en vue du scrutin du 7 juin pour les élections européennes [...]. Le dépôt officiel devrait avoir lieu mercredi 13 mai et intervient alors que le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a indiqué, dimanche 3 mai sur Radio J, que "les pouvoirs publics" étudiaient la possibilité de la faire interdire tout en reconnaissant que ce serait compliqué en droit.

Définissant sa démarche comme "glisser une petite quenelle dans le fond du fion du sionisme", Dieudonné a présenté, lors d'une conférence de presse, vendredi 8 mai, au Théâtre de la Main d'or, à Paris, vingt candidats sur les vingt-six obligatoires en Ile-de-France.

Outre les trois leaders que sont Dieudonné, Yahia Gouasmi, président du Parti antisioniste, et Alain Soral - polémiste, ancien du PCF et ex-membre du comité central du Front national -, un attelage plus qu'improbable compose cette liste, dont le seul ciment est la lutte contre la "sionisation" de la société et des institutions françaises.

Ainsi doivent cohabiter des membres d'Egalité et Réconciliation, l'association d'extrême droite d'Alain Soral, des tenants du nationalisme catholique "contre-révolutionnaire", issus du Renouveau français - groupuscule qui se réclame, entre autres, de Charles Maurras, de Pétain et des Phalanges espagnoles - et des femmes voilées, militantes religieuses chiites du Parti antisioniste. Tous invoquant un engagement "anticommunautariste".

On compte encore sur la liste Michael Guérin, ancien responsable du Front national de la jeunesse (FNJ) Rhône-Alpes, assis à côté de Francesco Condemi, passé jadis par l'extrême gauche, "à la LCR et dans la mouvance libertaire". Il y a encore Ginette Skandrani, cofondatrice des Verts, exclue de ce parti pour ses collaborations au site Internet négationniste Aaargh, ou l'universitaire Maria Poumier, également proche de ces milieux et qui se réclame d'Hugo Chavez, en l'honneur duquel elle arborait une casquette aux couleurs du Vénézuela.

"ISLAMO-BAMBOULA"

Sans oublier un dénommé Christian Cotten, responsable du site Politique de vie qui se dit "militant de la paix, de l'amour et de la liberté" en sus d'être "psychosociologue et psychothérapeute", visiblement convaincu qu'il y a manipulation derrière "la fausse épidémie de grippe" actuelle.

En présence notamment de la télévision iranienne, M. Soral a défini l'objectif de cette liste comme la "lutte contre la puissance et l'omniprésence du lobby sioniste français". M. Gouasmi a, quant a lui, affirmé que "le sionisme aime diviser, c'est son sport favori, pour pouvoir contrôler la France". Et d'ajouter : "Les chrétiens sont étrangers chez eux. Ce sont les Palestiniens de la France. Chrétiens, réveillez-vous !"

"Le lobby sioniste veut créer un nouvel antisémitisme : l'islamo-bamboula", a lancé Ahmed Moualek, proche de Dieudonné et animateur du site La banlieue s'exprime. "L'affaire Fofana, c'est une escroquerie", a-t-il ajouté.

M. Soral s'est par ailleurs montré très agressif envers des journalistes qui assistaient à la conférence de presse. Il les a qualifiés de "petits collabos retournés" et mis en cause à plusieurs reprises.

Abel Mestre et Caroline Monnot.

(Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 10 mai 2009, et publié la veille sur le site du journal [http://www.lemonde.fr/])

Cet article du journal Le Monde, je l'avoue, a failli me faire mourir de rire lorsque je l'ai lu après que l'un de mes lecteurs réguliers, l'alias Sauron, me l'ait communiqué, il y a quelques jours. Bien entendu, il n'est pas politiquement correct de rire aux éclats à la lecture d'un tel article. Mais il n'empêche que si Dieudonné ne se prenait pas tant au sérieux, et que si le contenu de sa liste présentée aux élections européennes n'avait pas le caractère forcément nauséabond qui la caractérise fondamentalement, je serais presque tenté de considérer cette annonce de Dieudonné comme un de ses meilleurs sketches. Malheureusement, tout cela sent quand même bien mauvais, même si l'"assemblage hétéroclite" dont parle l'article est parfaitement ridicule en soi, d'où le fait qu'il ait, chez moi, spontanément suscité le rire, fut-il un rire jaune... avec nez pincé. Peu nombreux sont les gens, y compris chez mes collègues de la blogosphère, qui sont capables de rire en voyant ce que tente pathétiquement de faire "l'humoriste controversé" Dieudonné, par ailleurs magnifiquement encouragé dans son action par cet imbécile sarkozyste qu'est Claude Guéant. Et pourtant, tout cela est tellement minable qu'il vaut mieux, à mon avis, en rire, même si cela n'est pas très "politically correct". Je crois que je suis suffisemment cynique pour être capable de rire de ce genre de manifestation de connerie politique, mais il est clair que tout le monde ne le peut pas. Dans le fond, c'est dommage : le rire, fut-il parfois grinçant, voire cynique, peut être parfois bien plus fort face à la haine que ne le sera jamais la leçon de morale ou de vertu au nom de je-ne-sais quelle bien-pensance... Et puis, entre nous, comme l'a suggéré un commentateur de l'article du Monde sur le site du journal, on en viendrait presque à se demander si la liste de Dieudonné n'est pas le fruit d'un complot "sioniste" pour faire perdre toute crédibilité à la cause palestinienne... ;op La constitution d'un tel conglomérat de pourritures politiques dans une seule liste aurait-elle été possible sans cela ? Il se trouvera bien quelques crétins conspirationnistes pour s'interroger sérieusement là-dessus, non ? ;op Eh oui ! C'est plus fort que moi : tout cela me faire rire. Les gens qui se prennent au sérieux et qui ne font pas, de facto, de travail sérieux, ont parfois, à mes yeux, quelque-chose d'involontairement comique. Il faut croire que face à tant de bêtises, je n'ai pas trouvé mieux que le rire pour me rendre la connerie supportable. Certes, lorsque l'on est un être humain ayant un coeur, on ne peut pas forcément rire de tout : ainsi, à mes yeux, l'infect propos tenu par un des amis de Dieudonné sur "l'affaire Fofana" - propos cité dans l'article reproduit plus haut - est tout simplement immonde, et ne peut, à mon avis, qu'être condamné avec dégoût. Mais cela mis à part... par tous les dieux de l'Olympe, qu'est-ce que j'ai pu rire en lisant cet article du Monde ! ;op Mais bon, il y en a que cela ne fait pas rire, et après tout, on peut fort bien le comprendre, vu la puanteur manifeste qui se dégage politiquement de la liste de Dieudonné... Aussi, lorsque je demande aux autres participants de la RdB, sur le ton de la plaisanterie - mais de façon un peu cynique et provocatrice il est vrai -, s'il faut regretter que Dieudonné n'ait pas présenté de liste dans le Sud-Ouest, l'alias Dante, pourtant habituellement partisan du "parti d'en rire", me réponds vivement : "Dieudonné, c'est une merde. Il n'a qu'à rester là où il est." Et la discussion s'arrête là. Forcément. Car tout est dit. ;-)


La soirée se poursuit, sans Christie et Philippe, qui ont dû nous quitter vers 20h20 pour ne pas rentrer chez eux trop tard. Les échanges se poursuivent cependant en ce qui concerne les choix à faire parmi les dix-sept candidats en lice dans le Sud-Ouest... Face au désintérêt massif que suscite pour le moment auprès des électeurs la campagne pour les élections européennes du 7 juin prochain, et face à la nullité même de cette campagne électorale, que faire pour essayer de donner un sens à tout cela en tant que citoyen électeur ? Aller voter sans doute, mais pour qui, et pour quoi ? En ce qui me concerne, si je n'étais pas adhérent du PS, je n'aurai pas de prétexte commode pour aller voter pour une liste : en glissant un bulletin de la liste socialiste dans l'urne, j'essaierai au moins d'être cohérent avec mon modeste engagement au PS, mais sans plus. Le blogueur Oaz, lui, qui a sa carte au MoDem, affirme qu'il ne votera pas pour la liste de ce parti et qu'il ne sait pas encore quel sera son choix parmi les autres candidatures. Dante, qui n'est membre d'aucun parti politique, est encore plus indécis, mais nous trouvons finalement une solution possible pour lui : voter nul, en glissant dans l'urne électorale un bulletin de la liste du PS... en ayant pris soin de rayer ostensiblement au stylo le nom de Kader Arif... ;-)
Songeant aux précédents scrutins et au fait que l'abstention a été, reste, et vraisemblablement restera le principal problème des élections européennes, Oaz dit soudain ne plus se souvenir s'il a voté pour les européennes de 1989. Aurait-il oublié de faire son devoir civique à l'époque ? Je m'efforce de le rassurer en lui disant que, chaque année d'élections de ce genre, nombreux sont les électeurs qui oublient de se rendre dans les bureaux de vote, Dante ajoutant qu'il y a également de nombreux candidats aux élections européennes qui, à chaque fois, oublient de proposer un programme... Point n'est donc besoin de culpabiliser ! ;-)
La soirée se termine sur ce constat ironique, avec un fond de sérieux, et peut-être aussi d'amertume, voire de tristesse. En quittant la RdB, Oaz remarque en souriant qu'il n'est "pas avancé" davantage qu'il ne l'était en arrivant, en ce qui concerne le choix à faire en matière de vote pour les élections européennes... Je lui réponds en toute franchise qu'il y avait peu de chances, dès le début, pour que nos avis sur ce prochain scrutin évolue beaucoup à l'issue de cette RdB. Au fond, les élections européennes, tout le monde s'en moque, sauf peut-être les candidats, et encore... Maintenant, il ne nous reste plus qu'à attendre le jour de scrutin, et voir ce qui se passe. La prochaine République des Blogs de Toulouse aura lieu, en principe, quelques jours après l'évènement...

Cordialement, :-)

Hyarion.

Post-scriptum de dernière minute : compte tenu de l'actualité politique particulièrement brûlante du moment, les participants réguliers de la République des Blogs de Toulouse ont à peine eu le temps d'évoquer très brièvement la manifestation culturelle majeure de ce mois de mai et que le monde entier nous envie, à savoir le Festival international du film de Cannes, qui venait alors tout juste de commencer, deux jours plus tôt. Il semble, à l'heure où j'écris, que le public ait, une fois de plus, attendu en vain que l'actrice Sophie Marceau créé à nouveau l'évènement cette année lors de sa montée des marches du Palais des festivals cannois, ladite Sophie Marceau n'ayant pas réitéré, cette fois-ci encore, son émouvante prestation publique lors de l'édition de 2005 du Festival international du film. En ce qui concerne ce point précis, on ne peut donc que déplorer, une fois de plus, que le Festival de Cannes, cette année encore, n'ait pas tenu toutes ses promesses... en attendant, toutefois, que soit connu le palmarès concernant les films de cinéma présentés en compétition officielle, ledit palmarès devant être rendu public le 24 mai prochain, jour de la clôture de cette 62e édition du festival... Espérons que de ce côté-là, au moins, l'émotion soit à nouveau au rendez-vous... ;op


Ah... la magie de Cannes... c'est tout-de-même autre chose qu'une vulgaire campagne pour les élections européennes ! ;-)


(Illustrations : Image publicitaire pour le café Nespresso, dans le cadre de la campagne "Nespresso. What else ?", avec la participation de l'acteur George Clooney, 2008, ©Nestlé Nespresso S.A. ; Photo d'une tasse de café prise le 17 mai 2001 dans un bar de Caen, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Mychele Daniau ; Nicolas Sarkozy au palais de l'Elysée, à Paris, le 4 mai 2009, photogaphie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Le directeur général du Fonds monétaire international [FMI], Dominique Strauss-Kahn, sur la plateau de France 2, à Paris, le 26 mars 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Dominique Baudis, principal candidat de l'UMP aux élections européennes de 2009 dans la circonscription du Sud-Ouest, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jack Guez ; Jean-Luc Mélenchon, principal candidat du "Front de Gauche" aux élections européennes de 2009 dans la circonscription du Sud-Ouest, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Joel Saget ; L'humoriste controversé Dieudonné le 23 avril 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP/Archives ; Montage photo des portraits de 16 des 17 principaux candidats têtes de listes aux élections européennes de 2009 dans la circonscription du Sud-Ouest : de gauche à droite et de haut en bas, Louis Aliot [Front National], Dominique Baudis [UMP], José Bové [Europe Ecologie], David Carayol [Newropeans], Kader Arif [Parti socialiste], Jean-Luc Mélenchon [Front de Gauche], Myriam Martin [Nouveau Parti Anticapitaliste], Patrice Drevet [Alliance écologiste indépendante], Damien Abad [Nouveau centre], Henri Temple [Debout la république], Eddie Puyjalon [Libertas], Jean-Claude Martinez [Maison de la Vie et des Libertés], Raymond Faura [Europe Démocratie espéranto], Robert Rochefort [MoDem], Roland Hureaux [Gaullistes en colère], Sandra Torremocha [Lutte Ouvrière], ©DDM ; Montage photo de clichés de Sophie Marceau au Festival international du film de Cannes, le 14 mai 2005 : en haut, quatre photographies extraites, d'une séquence filmée, diffusée sur Canal+ en mai 2005, et en bas, de gauche à droite, détail d'une photographie publié dans le Journal du Dimanche en mai 2005 et deux photographies anonymes diffusées dans les médias en mai 2005)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 15 commentaires - Recommander
Dimanche 10 mai 2009
En 2012, dans trois ans, j'aimerai bien que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa dégage définitivement de la scène politique française. Contrairement à une idée reçue, malheureusement persistante chez certains de mes lecteurs, je ne suis pas "fasciné" par Sarkozy. A chaque fois que je le vois dans ma télé, il me donne simplement envie de gerber. J'aimerai donc qu'il dégage le plancher au plus vite, ne serait-ce que pour me permettre de me sentir mieux à l'avenir, notamment vis-à-vis de mon estomac, lequel ayant encore le droit de faire son travail chaque fois que j'ai pris soin de le lester à l'occasion d'un repas. Le seul parti de gouvernement susceptible de permettre la chute du sarkozysme actuellement au pouvoir, c'est le PS. Eh oui, le PS... ce parti "bourgeois", "social-traitre", incarnant la "gauche caviar", que tout le monde aime détester au nom de je-ne-sais quelle bien-pensance à la con... Je suis adhérent du PS, et je n'en ai pas honte, mais j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer ici que je ne suis pas un militant prosélyte, que je n'aspire nullement à convaincre quiconque de la pertinence de mon engagement personnel, et que le fait que je paye une cotisation annuelle pour rester membre du Parti Socialiste ne fait pas forcément de moi un crétin à la solde d'apparatchiks carriéristes et cumulards, avec lesquels il me faut bien compter mais que, pour autant, je n'estime pas... Les choses sont claires : je veux que Sarkozy dégage en 2012, et je soutiens donc le seul parti susceptible de prendre un jour le pouvoir à sa place. Je suis ce que l'on appelle un sceptique : les petites certitudes des uns et des autres m'ont toujours emmerdé et m'emmerderont toujours. Néanmoins, comme il me reste encore quelques convictions, en dépit de toutes les désillusions qui ont été les miennes depuis que je m'intéresse à la politique, et qu'il s'agit de convictions qui, a priori, sont des convictions de gauche, je n'ai pas trouvé mieux que le PS pour donner un peu de cohérence à mon engagement anti-sarkozyste. La droite incarnée par Sarkozy et ses sous-fifres me donne envie de vomir, et me dégoûtera toujours. Ce n'est pas avec elle que la liberté et la justice sociale peuvent exister conjointement dans ce pays. Je soutiens donc la gauche, sans être moi-même, rappelons-le, ni capitaliste, ni marxiste. L'alliance de la justice sociale et de la liberté : la gauche est censée l'incarner, légitimement, et sans être entravée idéologiquement par une prétendue "vérité" doctrinaire et une grille de lecture désespérement systémique, celles du marxisme. Voila donc où j'en suis, en étant membre d'un parti "bourgeois" comme le PS - probablement jusqu'en 2012, mais sans doute pas au-delà -, et continuant d'espérer la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, à la prochaine élection présidentielle, au profit de la seule force politique qui vaut la peine d'être soutenu dans ce contexte précis, à savoir la gauche de gouvernement. C'est peut-être là une fort médiocre "ambition" politique, c'est peut-être idiot, c'est peut-être imbécile, c'est peut-être ridicule par rapport aux grands enjeux de lutte des classes, de mondialisation post-moderne ou de construction européenne, mais, encore une fois, comme dirait Jacques Chirac, "c'est comme ça ! Et il faut le comprendre !" ;-p
Sur le site de mon collègue blogueur marxiste Jean-Louis Roche, auquel j'ai consacré un article il y a quelques mois, j'ai pu lire récemment ceci : "Pour rigoler allez donc faire un tour sur le site d'Hyarion : http://anarcho-monarchiste.over-blog.org/article-25905013-6.html mais pour les belles photos, malheureusement Hyarion son auteur baigne dans la fascination pour Blaireau Ier [Sarkozy], bave d'amour pour les congrès du principal parti de la cause caviar [le PS], à chacun son plaisir "socialiste" solitaire... La politique pipole fait bien des ravages Madame Bouzigues!"
Assurément, la critique est rude, même si elle est amicale, et les certitudes concernant ma supposée "fascination" pour l'énergumène Sarkozy ont décidément la vie dure... Par tous les dieux de l'Olympe ! Il ne faut pourtant pas se fier aux apparences !




"La politique pipole fait bien des ravages" ? Certes, mais pensez-vous donc, cher Jean-Louis, que je passe mon temps à lire la presse consacrée aux célébrités, politiciennes ou non, pour savoir, par exemple, où Sarkozy est allé passer ses vacances de beauf "nouveau riche" avec sa femme ? Je vous rassure tout de suite, j'ai autre chose à faire que de perdre mon temps à cela. Je préfère lire des livres, notamment des livres d'histoire (certes, pas des livres consacrés à l'histoire du mouvement ouvrier en ce moment, mais vous savez bien que l'histoire de l'humanité ne se limite pas à l'histoire du mouvement ouvrier...), des livres consacrés à la littérature fantastique ou de fantasy (eh oui, c'est ainsi !), des livres consacrés à l'art, et notamment à la peinture, etc. Même dans la salle d'attente du cabinet du médecin, je préfère lire les magazines consacrés au cinéma ou à la santé plutôt que la presse consacrée à l'actualité des "gens" ("people") connus et pleins de fric. Voila. Point de lectures liées à la "politique pipole", donc : lorsque je veux parler de Sarkozy et de politique-spectacle, il me suffit, en général, de me balader sur Internet, où l'on peut trouver tout ce qu'il faut pour évoquer l'actualité brûlante du Sarko-show... ce genre de recherches ponctuelles étant complété par la lecture du Canard enchaîné paraissant chaque mercredi...
Est-ce que je "bave d'amour pour les congrès du principal parti de la cause caviar [le PS]" ? Ma foi, pour être franc, s'il m'arrive de baver, c'est peut-être parfois pendant mon sommeil, sur un coin de ma bouche, comme cela arrive de temps en temps à beaucoup de personnes... Mais non, je ne "bave" pas "d'amour" pour les réunions socialistes, que je fréquente très peu, même s'il est vrai que j'y consacre parfois des articles, comme cela a récemment été le cas. Cher Jean-Louis, vous qui avez été membre du CCI (Courant Communiste International), vous qui évoquez très souvent, sur votre blog, l'actualité des micro-sectes d'inspiration marxiste (dont le CCI) situées en marge de l'extrême-gauche "institutionnelle" et médiatique d'aujourd'hui (LO et le NPA), vous n'allez tout de même pas me reprocher de parler, de temps en temps (et, qui plus est, avec une certaine retenue, me semble-t-il), de l'actualité du parti dont je suis adhérent, fut-il un parti "bourgeois" à vos yeux ? Je sens bien que vous regrettez que je perde mon temps à rester dans un tel parti, et que cela peut paraître d'autant plus aberrant que je ne suis pas un bourgeois (loin s'en faut !), que je me qualifie, à titre personnel, de citoyen "anarcho-monarchiste", et que je ne suis pas prosélyte. Mais si cela peut vous rassurer, sachez que je n'ai pas renoncé à mon esprit critique, que je ne dis pas forcément tout ce que je pense sur les divers sujets abordés sur mon blog (y compris sur le PS et le système des élections), et que s'il m'arrive parfois d'évoquer une actualité "politique" jugée frivole, c'est toujours avec la volonté de ne pas me prendre au sérieux, contrairement à d'autres...
"A chacun son plaisir "socialiste" solitaire" ? Me voila piqué au vif. Croyez-vous donc que je sois dupe de ce qui se passe au PS, comme dans les autres partis politiques engagés dans l'éternelle course aux élections ? Croyez-vous que je sois assez _imbécile_ pour ne pas conserver mon esprit critique en matière de politique, surtout en étant membre d'un parti comme le PS comme je le suis ? Figurez-vous, cher Jean-Louis, qu'en vérité, je préfèrerai que le Parti Socialiste s'appelle le Parti du Sexe : philosophiquement parlant, j'y trouverai sans doute davantage mon compte ! ;op
D'ailleurs vous avez gagné : voici un article entièrement consacré au cul, sujet tant excrécré par cette extrême-gauche trotskiste imbécile, celle des médiatiques Besancenot, Krivine et Laguiller, que vous critiquez vous aussi à juste titre, cette extrême-gauche télévisée qui n'a que les mots "grève générale" à la bouche, et pour laquelle le sexe sera toujours un sujet tabou...
Pourquoi un article entièrement consacré au cul ? Tout simplement parce que ça me fait plaisir. Et si certains ne sont pas contents parce qu'ils préfèreraient que je leur parle d'autre chose... eh bien tant pis pour eux ! ;op Du reste, c'est pour moi l'occasion d'évoquer des dépêches de l'Agence France Presse consacrées au sujet et toujours très instructives, bien qu'elles ne dispensent pas de lire autre chose en matière de sexualité par ailleurs... Le sexe est une valeur sûre du journalisme occidental, notamment français, et il m'arrive ainsi régulièrement de trouver quelque dépêche de l'AFP pour illustrer ce fait. Tenez, par exemple, en voici une datant du mois d'août dernier, qui aborde le sujet fort sérieux de la pilule contraceptive utilisée par les femmes :

La pilule contraceptive influencerait le choix du partenaire



La pilule contraceptive, que prennent des millions de femmes dans le monde, pourrait altérer leur capacité innée à sentir le partenaire génétiquement compatible, selon une nouvelle étude britannique.

Instinctivement, les femmes seraient attirées par le biais de l'odorat vers des hommes génétiquement différents afin d'assurer la diversité biologique favorable à l'espèce, expliquent les chercheurs de l'Université de Liverpool dont les travaux sont publiés mercredi [13 août 2008] dans les comptes rendus de la Société Royale britannique (Proceedings of The Royal Society B: Biological Sciences).

Or, selon les résultats de cette nouvelle étude, "les préférences de celles qui commencent à utiliser la pilule contraceptive vont vers les hommes dont les odeurs sont génétiquement similaires", selon le principal auteur, Craig Roberts.

L'équipe de Craig Roberts a conduit cette expérimentation auprès d'une centaine de femmes auxquelles il a été demandé d'indiquer leurs préférences concernant des échantillons d'odeurs mâles provenant de 97 volontaires, avant et après avoir commencé d'utiliser la pilule.

Tous les parfums de la vie quotidienne (lessives parfumées, déodorants, eau de toilette, etc.) ainsi que la fumée de cigarette ont été évités afin de ne pas perturber le bon déroulé de l'expérience.

Ainsi préservées de tout parfum pouvant interférer, les femmes étaient plus à même de sentir leurs partenaires : les gènes du complexe majeur d'histocompatibilité (CMH/MHC), impliqué dans les réactions immunitaires, jouent en effet également un rôle dans les odeurs dégagées par l'homme, par l'intermédiaire des bactéries de la peau.

Le fait que les femmes utilisant la pilule aillent plutôt vers des hommes génétiquement similaires pose deux problèmes, avance le chercheur : "Non seulement la similitude génétique (sur le plan du CMH/MCH) des couples pourrait conduire à des problèmes de fertilité", mais cela pourrait aboutir également à la rupture de la relation chez les femmes qui cessent d'utiliser la pilule, étant donné le rôle significatif de l'odorat dans le maintien de l'attraction entre partenaires.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 13 août 2008, 17h19)

Un peu dans le même registre, voici à présent une dépêche plus récente, relative au sujet délicat du baiser. Une fois de plus, voila le sexe quelque peu ramené à son statut originel de simple phénomène biologique :

Le baiser, une façon d'évaluer son partenaire pour la reproduction


Embrasser non seulement détend et rend plus attachant mais serait aussi un moyen important d'évaluer des partenaires en vue de se reproduire en déclenchant des processus chimiques et biologiques clé dans le cerveau, selon des travaux présentés aux Etats-Unis.

Le fait de s'embrasser libère des substances chimiques qui abaissent le niveau des hormones liées au stress et au désir de former un couple, a expliqué Wendy Hill, professeur de neurosciences au Lafayette College à Easton en Pennsylvanie (est).

Elle a analysé la salive et le sang de couples d'étudiants hétérosexuels après qu'ils se soient embrassés pendant quinze minutes tout en écoutant de la musique.

L'analyse a montré d'importants changements dans les niveaux d'ocytocine, une hormone maternelle qui agit sur la formation des couples, ainsi que dans la teneur de cortisol, une hormone liée au stress, par rapport aux moments précédant les baisers, a souligné Wendy Hill. Elle présentait ses travaux à la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) qui se tient depuis jeudi [12 février] à Chicago (Illinois, nord) [et jusqu'au 16 février].

Pour Helen Fisher, professeur d'anthropologie à l'Université Rutger (New Jersey, est) l'acte d'embrasser a probablement évolué afin de stimuler les trois systèmes cérébraux jouant un rôle majeur dans l'accouplement et la reproduction de l'homo sapiens.

Le premier de ces systèmes est le désir sexuel alimenté par les testostérones, une hormone mâle, chez l'homme comme chez la femme, qui pousse à la recherche de partenaires multiples.

Le second régit l'amour passion ou obsessionnel concentré sur une personne et paraît être lié à une activité élevée de la dopamine, un stimulant naturel.

Enfin, le troisième système qui contrôle l'attachement et permet à un couple de rester ensemble suffisamment longtemps pour élever des enfants, est associé à un niveau accru d'ocytocine, l'hormone maternelle, a expliqué Mme Fisher.

"Nous avons de nombreux indices montrant que la salive contient des testostérones et le fait que les hommes préférent embrasser avec une bouche très ouverte laisse penser qu'ils essaient inconsciemment de transférer cette hormone mâle à la femme pour déclencher son désir sexuel", a relevé Mme Fisher, une des grandes spécialistes aux Etats-Unis en biologie de l'amour et de l'attraction.

"Les hommes tendent à voir l'acte d'embrasser comme un prélude à la copulation", a-t-elle ajouté. Selon Mme Fisher "embrasser est aussi un mécanisme d'évaluation d'un partenaire".

Citant des recherches en cours elle a jugé que le fait d'embrasser "allait probablement révéler toute une mécanique (biologique et culturelle) agissant dans la recherche d'un partenaire idéal".

Elle a noté que plus de 90% de l'humanité pratiquait l'acte d'embrasser tout comme d'autres mammifères tels les chimpanzés ou les renards qui se lèchent le museau.

Le naturaliste britannique Charles Darwin pensait que s'embrasser était un instinct naturel, poursuit Helen Fisher. Cet acte, ajoute-t-elle, a évolué en un mécanisme biologique capable de stimuler les trois systèmes cérébraux responsables de l'accouplement et de la reproduction.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 14 février 2009, 15h45)

Ainsi, en matière de compréhension des mécanismes naturels structurant la sexualité, on en apprend tous les jours, mais au delà de l'aspect physique, biologique, du comportement sexuel humain, on saurait, bien entendu, négliger les aspects psychologiques et sociaux dudit comportement sexuel. En matière de cul, règles sociales et réflexion occupent en effet chez l'homme une part prédominante par rapport à la part purement instinctive des êtres humains concernant le sexe, et du reste, aujourd'hui, dans nos sociétés post-modernes, le cul est comme la publicité : il est partout, et quoi que l'on puisse dire ou faire, on finit toujours par y revenir... Le cul est d'ailleurs d'autant plus présent au sein des sociétés consuméristes occidentales qu'il est un sujet précisément fréquemment utilisé par la publicité. Le cul est donc partout, et tout peut y être ramené, aujourd'hui comme hier... Le sujet est, du reste, suffisemment important pour avoir toujours fait l'objet d'un encadrement et d'un contrôle, d'où le fait que diverses dispositions légales et normes sociales régissent la sexualité. C'est que le cul est un domaine d'enjeux sociaux pour le moins essentiels : la procréation, la santé, l'amour, le plaisir, les lois, les tabous, etc. Et dès lors on peut s'étonner que ledit cul n'ait jamais eu l'honneur d'être officiellement élevé au rang de grande cause nationale dans notre beau pays, la France. Mais qu'à cela ne tienne, il se pourrait qu'avec un peu de chance, la situation évolue favorablement en ce sens... ;-)
Voici ce que l'on peut lire dans le Canard Enchaîné de cette semaine :


"Grippe cochonne au gouvernement

Mercredi 29 avril à l'Assemblée, quelques minutes avant le début de la séance des questions au gouvernement. Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, lance à sa collègue Nadine Morano :
 « Qu'est-ce que j'en ai marre de ces Grenelle qui ne servent à rien. »
 Une allusion au dernier Grenelle, intitulé le Grenelle des ondes et mis en place, précisément, par Bachelot, le 24 avril, pour répondre aux inquiétudes de la population quant à l'impact des ondes sur la santé.
 Et Bachelot d'ajouter gaiement : « On devrait plutôt faire un Grenelle du cul. »
 Martin Hirsch, présent lui aussi sur le banc des ministres, paraît médusé alors que des députés socialistes qui ont entendu la ministre de la Santé se bidonnent.
 Morano acquiesce : « Dans ce cas-là, il faudrait prendre Christine (Boutin) comme marraine. »
 La dite Christine renchérit : « Oh, tu sais, Nadine, il faut se méfier de l'eau qui dort ! »
 « T'inquiète pas, répond Morano, je n'ai jamais eu aucun doute te concernant. »
 Comme quoi ces dames du gouvernement peuvent avoir des conversations aussi grivoises que leurs collègues masculins. Après deux ans de Sarkozy, la parité progresse..."

(Le Canard Enchaîné N°4619, 6 mai 2009)


Un "Grenelle du cul" ? En voila une bonne idée ! Cela nous changerait un peu de tous ces "Grenelles" plus ou moins médiatiques - et devenus aujourd'hui bien convenus -, de ces grands débats publics réunissant des représentants du gouvernement et d'associations professionnelles et/ou d'organisations non-gouvernementales, portant sur un thème spécifique, visant en principe à légiférer ou à prendre position, et dont on est jamais certain qu'ils aboutissent, à l'arrivée, à de véritables engagements concrets de la part des pouvoirs publics. Après le fameux Grenelle de l'environnement - évoqué ici, en son temps, dans deux précédents articles -, un Grenelle de l'insertion, un Grenelle de la mer, et maintenant un Grenelle des ondes, il serait intéressant que l'actuel gouvernement sarkozyste se décide à organiser un "Grenelle du cul", car, dans ce cas-là, il y aurait, soyez-en bien certains, chers lecteurs, matière à discussion !



Prenez, par exemple, la question de la prostitution : c'est un vrai sujet, et il a d'ailleurs fait irruption récemment dans l'actuelle campagne pour les élections européennes, comme en témoigne l'article qui suit, publié sur le site du journal Libération, à la fin du mois dernier...

"Les travailleuses du sexe s'engagent dans les européennes

Le Strass, premier syndicat français de «sexworkers», milite pour la reconnaissance de leur activité.

Le tapin s'invite dans la campagne des élections européennes de juin. Le jeune Syndicat du travail sexuel (Strass) adresse aujourd'hui à chaque liste candidate un communiqué les enjoignant de se prononcer sur le manifeste et la déclaration des travailleuses du sexe en Europe, une de ses premières actions d'envergure.

Le Strass est le premier syndicat du genre en France. Il défend, selon ses statuts, «les intérêts de toute personne exerçant une activité commerciale en rapport avec la sexualité». Fondé le 20 mars à l'occasion des Assises européennes de la prostitution qui se sont tenues au théâtre de l'Odéon à Paris, il compte plus de 200 membres, répartis en cinq fédérations. Ce syndicat se prévaut d'être représentatif du trottoir français, fort du soutien d'une grosse majorité des associations oeuvrant dans le milieu. L'objectif du «manifeste des sexworkers» est d'aboutir à une reconnaissance professionnelle des «femmes galantes» de France et d'Europe et d'obtenir une position claire des organisations politiques. Il s'agit également de montrer sans angélisme que ces prostituées militantes ont une réflexion sur leur statut politique et leur rôle social. Le manifeste a été élaboré en octobre 2005 à Bruxelles par des prostituées et des représentants d'associations venus de 30 pays.

Clandestinité. Rétribuer un service sexuel n'est pas interdit dans l'Hexagone. Cependant, la loi de sécurité intérieure (LSI, Art. 50) de 2003 pénalise «le racolage passif», passible de 3 750 euros d'amende et de deux mois de prison. Les prostituées doivent déclarer leurs revenus en bénéfices non commerciaux et payer des impôts. Elles ne peuvent pourtant pas bénéficier de protection sociale, ni d'une retraite. La définition légale du souteneur rend très complexe la gestion de leur vie privée. Toute personne bénéficiant des revenus d'une passe peut être poursuivie : un concubin, un bailleur, un loueur de véhicules ou de places de parking... Les mères tapineuses risquent de perdre la garde de leurs enfants. Depuis l'entrée en vigueur de la LSI, la police a procédé à 12 900 arrestations pour racolage en Ile-de-France. On dénombre la petite vertu à la contravention. «Les filles ne peuvent plus se regrouper, elles s’exilent dans les bois de banlieue. Elles y sont à la merci des maquereaux qui peuvent leur soutirer 200 à 300 euros par jour», explique Cadyne, secrétaire générale du Strass nouvellement élue. Cette clandestinité accrue multiplie les tensions entre «les traditionnelles», plutôt françaises, et leurs homologues étrangères, moins chères et sans papiers [...]. Le dumping menace, et les tarifs chutent. «Dans les forêts de l'Essonne, on a vu la fellation tomber à 20 euros, 40 pour la passe», témoigne Suzy, Nigériane de 34 ans.

Education. Le Strass admet l'existence de l’esclavage sexuel ou des passes à la chaîne dans les maisons closes. Il refuse cependant la condescendance qui «victimise les sexworkers», selon le manifeste. Le credo du syndicat : les pouvoirs publics et les personnels de santé doivent s'associer aux prostituées s'ils veulent définir des conditions d'exercice viables. L’organisation avance un modèle de profession libérale, du sexe dans des cabinets indépendants, similaires à ceux des avocats, sans proxénètes ni patron. Le prochain chantier du Strass portera sur la mesure de l'impact du travail des prostituées en matière d'éducation sexuelle et de santé publique. Une grande enquête européenne est en préparation en ce qui concerne «l'aide sexuelle directe aux handicapés», reconnue et remboursée en Allemagne, en Suisse ou encore aux Pays-Bas.

Pour donner le ton de l'action du Strass, l'une des fondatrices, Nikita, expliquait en conclusion du discours inaugural qu'«un syndicat, c'est être solidaire, c'est apprendre les unes des autres, échanger et communiquer, guider les plus jeunes et celles qui démarrent, nous apporter entraide et support. C'est donner ce que nous savons faire de mieux : l'amour»."

(Marc de Boni, article publié sur le site du journal Libération [liberation.fr], 27 avril 2009, 06h51)

Ailleurs qu'en France, la question générale du cul peut prendre également des proportions importantes, voire nettement singulières... En Russie, par exemple, certains ne peuvent s'empêcher de céder à la tentation de l'extrémisme crétin : à Saint-Pétersbourg, le 1er avril dernier, une statue de Lénine a ainsi vu ses fesses arrachées par un engin explosif placé là par de mystérieux assaillants, dont on peut se demander s'il ne s'agississait pas de membres d'un lamentable groupuscule d'anti-léninistes particulièrement frustrés sur le plan sexuel... ;op


Dans un registre plus modéré et plus intelligent, le Canada connait, lui, depuis quelques semaines, un évènement également insolite, bien qu'étant sans doute sensiblement moins spectaculaire que l'arrachage, par un bombe, du postérieur d'une statue du père de la révolution bolchévique : je veux parler de la présentation de candidats du "Parti du Sexe" aux élections législatives de la province canadienne de Colombie-Britannique, présentation de candidats à laquelle l'Agence France Presse a consacré, assez récemment, une dépêche...

Canada : le "Parti du Sexe" s'introduit dans le débat politique


Une formation politique marginale veut décoincer le débat politique dans l'Ouest canadien en faisant campagne sur le thème "le sexe est bon, rendons-le meilleur!".

Le Parti du Sexe ne se fait guère d'illusions sur ses chances d'accéder au pouvoir aux élections législatives du 12 mai dans la province de Colombie-Britannique. Il profite plutôt de la campagne électorale pour défendre sur la place publique ses idées un peu particulières sur la sexualité, qui ne sont pas abordées par les principales formations.

"Nous ne faisons pas campagne pour être élus. C'est impossible dans un système de scrutin uninominal à un tour qui défavorise les petits partis", dit John Ince, un propriétaire de sex-shop qui préside cette formation atypique.

Le programme du parti repose sur les bienfaits d'une sexualité saine pour l'épanouissement des individus et de la société.

L'application de ce principe commence à l'école, où le parti veut instaurer un programme initiant progressivement les élèves à l'importance de la sexualité. Les adolescents apprendraient ainsi à établir des relations de confiance avec leurs partenaires avant tout contact physique. Les massages érotiques individuels et l'apprentissage de la tolérance envers les homosexuels feraient aussi partie du cursus.

Le parti veut en outre réserver un coin nudiste dans tous les parcs publics et sur les plages de plus d'un hectare afin "de normaliser la perception du corps humain et de ne plus stigmatiser les organes sexuels".

Il promet de faciliter les relations sexuelles dans les foyers pour personnes âgées, notamment par la formation "d'infirmières spécialisées dans les soins sexuels".

"Les autres partis ne veulent pas aborder ce genre de problèmes. Cela leur fait trop peur," déclare Scarlett Lake. Cette ancienne stripteaseuse, reconvertie en tenancière d'une agence d'escorte, est l'un des trois candidats du Parti du Sexe.


Le parti propose que la Fête de la Reine, célébrée chaque année au Canada en l'honneur de Victoria, monarque britannique connue pour sa pruderie, devienne la "Fête d'Eros", la divinité de l'amour selon la mythologie grecque, et que la Saint-Valentin soit déclarée jour férié.

Le parti, qui n'a obtenu que 305 voix au dernier scrutin en 2005, n'est pas le seul à défendre des idées marginales. Trente-deux formations politiques sont reconnues officiellement en Colombie-Britannique, dont le Work Less Party (le parti pour la réduction du travail), qui veut instaurer une semaine de 32 heures, et le Marijuana Party.

Cette prolifération s'explique par la souplesse de la loi électorale de la province. "Cela reflète la culture populaire de la Colombie-Britannique où n'importe qui peut laisser sa marque en politique. La procédure n'est pas réservée aux élites," explique Norman Ruff, politologue à l'Université de Victoria.

"On exerce tous un autre métier dans la vie de tous les jours. Nous sommes des politiciens amateurs et nous n'avons pas beaucoup de temps pour faire campagne," dit John Ince, qui se présente dans la même circonscription que Gordon Campbell, le Premier ministre libéral de la Colombie-Britannique.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 2 mai 2009, 10h59)

En France, en attendant l'irruption d'un Parti du Sexe dans la vie politique hexagonale (sur le plan du discours sociétal, ce serait bien que le Parti Socialiste joue le rôle d'un Parti du Sexe, rien que pour emmerder le doctrinaire Besancenot et le bigot Bayrou, mais bon, il ne faut pas trop rêver à ce sujet...), il faudrait, pour le moment, se contenter d'un "Grenelle du cul" tel que l'a suggéré la ministre Roselyne Bachelot-Narquin, dite Roselyne Bachelot, fusse sur le ton de la plaisanterie grivoise... Eh bien, faisons-le donc, ce "Grenelle du cul" ! Ce sera toujours ça de pris, en attendant une mobilisation plus générale... car l'enjeu est énorme et les problèmes réels : en vérité, on le sait bien, si les choses allaient pour le mieux dans le domaine du sexe dans ce pays, tout irait mieux... même si, parait-il, en France, les choses ne vont pas trop mal en matière de cul, en dépit du contexte de crise que nous connaissons...
Le mois dernier, l'institut de sondages TNS Sofres a réalisé pour le magazine Le Nouvel Observateur et la radio RTL une enquête sur le rapport à la sexualité des Français. Selon cette enquête, réalisée les 8 et 9 avril derniers auprès d'un échantillon représentatif de mille personnes et publiée dans la semaine du 23 avril, les Français estiment à 74% que le sexe est important dans leur vie, et considèrent à 63% leur vie sexuelle satisfaisante. 77% de l'échantillon interrogé considère que la fidélité conditionne la réussite d’un couple et 56% des sondés estiment qu’ils ne pourraient pas avoir de rapports sexuels avec quelqu'un sans l'aimer. En ce qui concerne les pratiques sexuelles, ainsi que l'avaient illustrées de précédentes enquêtes, la masturbation, la fellation et le cunnilingus sont pratiqués par une majorités de sondés, tandis que la pénétration anale et l'échangisme restent largement minoritaires. Le désir homosexuel est revendiqué par 9% de l'échantillon, et le passage à l'acte par 6%. Quoi qu’il en soit, 55% des personnes interrogées disent qu'il faut chercher à réaliser ses fantasmes sexuels. D'autre part, contrairement à une idée reçue qui voudrait qu'un contexte de crise stimule les appétits sexuels, censés conjurer la sinistrose, l'étude semble révélatrice de la morosité ambiante dans le sens où si les Français disent dans leur majorité (49%) qu'ils font autant l'amour que d'habitude, on constate tout de même qu'un quart d'entre eux (25%) disent le faire moins souvent dans ce contexte de crise actuelle, ce qui est d'autant plus vrai dans les foyers modestes et ouvriers.
Comme dirait l'autre, 63% des Français estimant leur vie sexuelle satisfaisante, c'est bien... mais pas suffisant ! Même constat avec les 7% des Français qui disent faire plus souvent l'amour que d'habitude dans le contexte de crise actuelle et les 49% des Français qui disent faire autant l'amour que d'habitude dans ledit contexte de crise : là encore, c'est bien... mais pas suffisant ! Il y a encore des progrès à faire, et assurément, face à l'énormité des enjeux dans le contexte actuel, un Grenelle s'impose... Osons donc prendre au mot la ministre Bachelot ! Oui à un "Grenelle du cul" !!! Tout de suite !!! ;o)


Oh bien sûr, il se trouvera peut-être bien quelques marxistes grognons, authentiques ou non, pour se plaindre que cela n'a aucun rapport avec la lutte des classes, mais on sait bien que, dans le monde comme il va - un monde de commerciaux écolos obsédés par le pouvoir d'achat et le développement durable -, les marxistes seront toujours d'éternels insatisfaits... même si je ne doute pas que certains savent de temps en temps s'amuser... ;op


Sur ce, je vous laisse... j'ai un bulletin météo pour public "bourgeois branchouille" qui m'attend sur Internet... ;op


L'un de mes lecteurs réguliers, l'alias Sauron, est passionné par la météo... mais il déteste les sujets sociétaux, comme celui du sexe auquel est consacré le présent article : il va donc probablement être insatisfait, lui aussi... Chers lecteurs, pourquoi n'êtes-vous donc jamais contents ? Faites donc comme moi : amusez-vous un peu... ça vous changera ! ;op

Satiriquement, ;-)

Hyarion.

P.S. : On excusera le registre familier, voire un peu grossier, apparaissant dans le présent article... Un tel registre est plutôt inhabituel ici, et il le restera, mais on comprendra qu'il traduit, d'une certaine manière, le caractère quelque peu épidermique de ce qui se veut une réaction à certaines critiques parfois quelque peu excessives... ;-)

(Illustrations : Le Baiser, sculpture de marbre [1888-1889] par Auguste Rodin, Paris, Musée Rodin, photographie, ©E. & P. Hesmerg ; Nicolas Sarkozy vu à travers l'objectif oculaire d'une caméra de télévision alors qu'il prononce un discours au Palais de l'Elysée, le 4 mai 2009, détail d'une photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Plaquette de pillule contraceptive posée au chevet d'un lit, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Mychele Daniau ; Détail de l'oeuvre Le Baiser, sculpture de marbre [1888-1889] par Auguste Rodin, Paris, Musée Rodin, photographie, ©DR ; Roselyne Bachelot-Narquin [à droite], ministre de la Santé et des Sports, et Patrick Devedjian, ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance, attendant les questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale à Paris, le 11 février 2009, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Roselyne Bachelot-Narquin [au centre], ministre de la Santé et des Sports, Nathalie Kosciusko-Morizet [à gauche], secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, et Chantal Jouanno, secrétaire d'État chargée de l'Écologie, lors d'une conférence de presse sur les ondes des téléphones mobiles à Paris, le 23 avril 2009, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Le Salon de la Rue des Moulins, huile sur toile [1894] par Henri de Toulouse-Lautrec, Albi, Musée Toulouse-Lautrec ; Des experts examinant les dégâts faits par une bombe sur une statue de Lénine, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 1er avril 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Elena Palm ; Deux candidats du Parti du Sexe canadien, Dietrich Pajonk [à gauche] et Scarlett Lake, le 21 mars 2009 à Vancouver, au Canada, , photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Moulier/AFP/Archives ; Le fondateur du Parti du Sexe John Ince [à droite] discutant avec Silke Wong, le 21 mars 2009 à Vancouver, au Canada, , photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Moulier/AFP/Archives ; Le Verrou, huile sur toile [vers 1777] par Jean-Honoré Fragonard, Paris, Musée du Louvre ; Photographie anonyme et sans date, d'inspiration à la fois burlesque et bolchévique, reproduite sur le blog "Le Prolétariat Universel" [http://proletariatuniversel.blogspot.com/] de Jean-Louis Roche, en mai 2009 ; Captures vidéo de deux éditions de la "grave météo du jour" [celle du 28 avril 2009 en haut et celle du 30 avril 2009 en bas], présentée par Nina Linss, et diffusées sur le site Internet humoristique "Les Graves infos" [www.lesgravesinfos.fr/])
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009
Je suis terriblement en retard, chers lecteurs, et j'en suis désolé : j'avais prévu de mettre en ligne le présent article il y a une semaine, mais j'ai été fort occupé ces derniers jours, mon agenda étant à nouveau devenu un peu plus chargé depuis quelque temps... Voici donc, plus d'une semaine après l'évènement, un compte-rendu dont on excusera, je l'espère, le ton parfois vif à l'occasion de propos destinés à certaines personnes : je suis un peu fatigué par certaines critiques stériles, et, après tout, quand on me cherche... on finit par me trouver... ;op
Vendredi 24 avril, il y a plus d'une semaine donc, à Toulouse, a eu lieu la grande réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens à l'occasion des élections européennes du 7 juin prochain. Cette réunion a eu lieu à la Halle aux Grains, place Dupuy, célèbre salle de concert toulousaine ayant accueilli François Mitterrand par le passé, et qui, après vingt-cinq ans consacrés à la musique, vient récemment de renouer ponctuellement avec les réunions politiques. Le 8 avril dernier, la salle a ainsi été l'endroit où le rassemblement Europe-Ecologie - de Daniel Cohn-Bendit et José Bové - a dévoilé son projet, lors de sa première grande réunion publique, à tout juste deux mois des élections européennes. Le 24 avril, il y a quelques jours, c'était donc au tour des socialistes d'occuper ladite salle, à l'occasion d'un rassemblement réunissant notamment Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste français, Kader Arif, député européen et tête de liste socialiste dans la région Sud-Ouest, Poul Nyrup Rasmussen, Président du Parti Socialiste Européen (auquel est rattaché le PS français à l'échelle européenne) et les têtes de liste socialistes des 27 pays de l'Union Européenne.
En tant qu'adhérent du PS, j'avais d'emblée l'intention de me rendre à cette réunion, qui avait l'avantage, une fois n'est pas coutume, de se tenir dans un lieu proche de chez moi (j'ai eu plusieurs fois l'occasion, du reste, de fréquenter la Halle aux Grains ces dernières années, à l'occasion de concerts de musique classique proposés par l'Orchestre National du Capitole de Toulouse). Finalement, cependant, ayant été invité formellement à assister à la réunion en tant que blogueur politique, je me suis rendu au rendez-vous sous une double identité d'adhérent du PS et de blogueur indépendant. Accédant discrètement à l'intérieur de la salle par une porte de côté située en face de la rue des Potiers, à l'écart de l'entrée principale ouverte au grand public, je me suis retrouvé installé, au deuxième étage (si je me souviens bien), dans un des fauteuils-strapontins d'une des galeries-balcons de la salle, censée être réservée à la presse, d'où l'on pouvait assez bien voir la tribune des orateurs située en bas, sur la scène, dans un décor blanc et rouge, devant le parterre semble-t-il réservé aux personnalités. La réunion, qui a commencée un peu après 19h00, pour se terminer entre 21h30 et 22h00, a fait l'objet de la dépêche de l'Agence France Presse qui suit :

Les socialistes européens unis, veulent changer le cours de l'Europe


La grande famille socialiste européenne a lancé vendredi a Toulouse sa campagne pour les élections du 7 juin en invoquant avec ferveur son unité pour "gagner la majorité" au parlement européen et "changer le cours de l'Europe".

"Les socialistes européens seront au rendez vous de l'histoire, pour changer le cours de l'Europe", a lancé la première secrétaire du PS Martine Aubry devant 1.600 personnes réunies à la Halle aux grains.

"Nous allons nous battre ensemble pour une autre Europe, sociale", "une Europe moins sauvage" a poursuivi la numéro un socialiste en se référant à Jean Jaurès.

Dans une ambiance chaleureuse, les représentants des 27 partis socialistes et sociaux démocrates européens, réunis pour la première fois en campagne, se sont succédé à la tribune pour affirmer que "seuls les socialistes peuvent faire sortir l'Europe de la crise", reprenant en français ou en anglais le slogan de campagne: "citoyens d'abord, people first".

La référence à "l'internationalisme" a soulevé l'enthousiasme ainsi que le volontarisme. Un cri a jailli de la salle "yes we can !".

Martin Schulz président du groupe socialiste au Parlement européen a été ovationné debout par l'assistance lorsque le député allemand a rappelé avec émotion les massacres de la deuxième guerre mondiale pour lancer: "avec la justice sociale, cela ne se répètera pas".

M. Schultz a dénoncé "une Commission qui a mené l'Europe au désastre". "Nous avons encore 45 jours pour bouger l'Europe à gauche", a-t-il lancé.

Dans un message audiovisuel, le premier ministre espagnol José Luis Zapatero a apporté "son appui à tous les socialistes européens pour construire une Europe plus unie, qui préserve une politique sociale (...) et soit un acteur fondamental de la paix". "Nous devons choisir la voie du progrès".

Poul Nyrup Rasmussen, président du parti socialiste européen, a énuméré le en clôturant le meeting les sept premières mesures qu'une majorité socialiste européenne prendrait dans les 100 jours suivant sa victoire. Il a notamment mis l'accent sur "un véritable plan de relance donnant la priorité à l'emploi et à une croissance verte", une "régulation efficace des marchés financiers et une "solidarité nouvelle entre tous les pays de l'UE".

"Si en Europe, on ne fait rien de plus, au printemps 2010, il y aura 27 millions de chômeurs" a estimé le leader du PSE. "Notre ambition de prendre la majorité est réaliste, nous en sommes très proches" a-t-il poursuivi, alors que la droite est majoritaire au parlement de Strasbourg sortant.

Evoquant le scrutin en France Mme Aubry avait déclaré: "La colère monte partout (...) nous devons agir" face à "la politique inefficace et injuste de Nicolas Sarkozy".


"Le 7 juin, beaucoup ont envie de dire non à Sarkozy (...) nous ne serons pas les derniers à dénoncer, mais nous, avec le PSE, nous sommes une force politique pour trouver un débouché politique", a-t-elle dit dans une critique de l'extrême-gauche.

Quant à François Bayrou, "sa voix n'a pas souvent manqué à la droite au Parlement européen", a-t-elle dénoncé.

M. Bayrou a également été visé par M. Schulz: "A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais à Bruxelles, il est avec de sauvages néolibéraux".

Dans l'après-midi, Mme Aubry et M. Rasmussen avaient rencontré des syndicalistes d'EADS et ceux de l'équipementier automobile Molex, devenus emblèmes de la résistance aux "licenciements boursiers".

(Dépêche de l'Agence France Presse, le 24 avril 2009, 21h58)

J'ai appris, après coup, que la réunion publique de lancement de la campagne européenne socialiste, prévu initialement à Lille, avait été délocalisé à Toulouse pour assurer l'ambiance après que le PS se fut aperçu que le Nord était encore en vacances scolaires de Pâques, en cette fin de mois d'avril. Sage décision s'il s'agissait de favoriser la venue d'un maximum de personnes à cette réunion. De fait, la salle toulousaine de la Halle aux Grains m'a paru plutôt bien rempli - 1.600 ou 1.700 personnes étaient présentes selon certains, 2.700 militants étant présents selon d'autres sources - et ce fut assurément un moment particulier que de voir ainsi réunis, le temps d'une soirée, autant d'élus et de candidats socialistes ou socio-démocrates venus d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, du Danemark, d'Espagne, de France, d'Italie, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de Grèce, de Hongrie, de Lettonie, de Lituanie, de Malte, de Pologne, du Portugal, de République tchèque, de Roumanie... et j'en oublie, forcément...


Que retenir de cette réunion publique, à titre personnel ? Beaucoup de choses, assurément, que je ne peux évoquer en détail ici, car le temps me manque. Essayons d'aller à l'essentiel. La réunion d'hier soir a été l'occasion d'assister au lancement d'une campagne électorale des socialistes européens ayant un caractère inédit puisqu'il s'agit d'une campagne commune sur un programme commun  - le "Manifesto", adopté cet hiver et signé par les 27 partis - pour les élections européennes du 7 juin. En ce qui concerne les orateurs, l'assistance a d'abord pu entendre le discours inaugural de Pierre Cohen, maire socialiste de Toulouse, puis le discours du député Kader Arif, candidat tête de liste de la région Sud-Ouest. Tout deux n'ont pas manqué d'évoquer Jean Jaurès, figure politique historique du socialisme français et de la région toulousaine, qui fut en son temps l'un des principaux artisans de la fusion des différentes sensibilités de gauche au sein de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) dont le PS est l'héritier, et qui fut assassiné par un nationaliste, en 1914, alors qu'il cherchait à empêcher le déclenchement de la Première Guerre Mondiale en réclamant notamment, à l'époque, dans un de ses derniers article de presse publié dans La Dépêche, "une Europe un peu moins sauvage".



Une évocation du souvenir de Jean Jaurès et de son héritage politique fait toujours consensus auprès d'un public de gauche, et je ne peux moi-même qu'en être satisfait. Moins consensuel, à mon sens, a cependant été le fait que Kader Arif, après avoir parlé de Jaurès, se soit senti obligé d'invoquer les manes du "petit père Combes", c'est-à-dire Émile Combes, natif du Tarn comme Jaurès, mais figure politique de gauche nettement plus controversé : républicain radical, chef du gouvernement français de 1902 à 1905, Combes mena une politique excessivement anticléricale, voire antireligieuse, avec une intransigeance à la limite de l'intolérance, ce qui apparait d'ailleurs comme étant assez paradoxal compte tenu du fait que ledit Combes a d'abord été séminariste et docteur en théologie catholique avant de devenir un homme politique. On peut, bien entendu, toujours évoquer superficiellement Émile Combes comme un symbole de la laïcité associée à l'idée de république, mais pour ma part, Emile Combes est et reste non seulement l'archétype de l'anticléricalisme dans ce qu'il a de plus stérile et de plus borné, mais aussi et surtout le politicien qui dirigea un gouvernement connu pour avoir été directement impliqué, en 1904, dans le scandale de la fameuse affaire des Fiches, qui révéla l'existence d'une opération de fichage politique et religieux menée dans l'armée française par le général André, ministre de la Guerre du gouvernement de Combes, avec la complicité avérée de membres de loges maçonniques du Grand Orient de France. Combes et son gouvernement n'ont heureusement pas survécu politiquement plus de quelques semaines à la révélation de ce scandale, révélateur d'un "flicage" assez minable, décidé en haut lieu, et témoignant d'une volonté gouvernementale de surveiller, à des fins politiques, voire antireligieuses, de simples individus, fussent-ils des militaires, y compris dans leur vie privée, au nom de l'intérêt supérieur de l'Etat. Bien entendu, la surveillance politique des individus de la part des gouvernements ne date pas d'hier, et elle existait en France bien avant Combes comme elle existe toujours aujourd'hui, mais cependant, lorsque j'entend un politicien en ce début du XXIe siècle, en l'occurence ici Kader Arif, invoquer les manes de Combes au nom du combat pour la laïcité, je ne peux m'empêcher d'être gêné, compte tenu de ce que je sais de ce personnage politique de la IIIe République. Personnellement, je suis très attaché à la laïcité, notamment en matière d'enseignement, et je déteste trop les dogmes religieux pour pouvoir être complaisant avec l'attitude insupportable des adeptes religieux d'un prosélytisme sectaire et de tout ceux qui passent leur temps à mélanger la politique avec la religion, mais en même temps, je suis suffisemment conscient des excès, tout aussi insupportables, des partisans d'un athéisme fanatique et d'un anticléricalisme obsessionnel, pour ne pas avoir forcément envie de voir figurer le "petit père Combes" au panthéon des grandes figures politiques de la gauche. Les mauvaises langues pourront toujours me répliquer que François Mitterrand ne valait pas mieux que Combes, notamment en matière de surveillance, en rappellant la scandaleuse affaire des écoutes téléphoniques de l'Elysée, mais peu importe : de même qu'il n'y a pas lieu de se référer systématiquement à Mitterrand quand on est de gauche, il n'y a pas lieu non plus, je pense, de se référer systématiquement non plus à Combes, fusse au nom de la juste cause de la laïcité.


Quel est mon avis sur l'orateur en question, Kader Arif ? J'en ai bien un, et il déplaira sûrement au militant socialiste discipliné qui lira peut-être ces lignes, mais comme je n'ai rien à cacher sur ce point, autant écrire franchement ce que je pense à ce sujet. Kader Arif, proche de Jospin, de Delanoë et de Pierre Cohen, conseiller municipal de Toulouse, député européen français depuis 2004, et tête de liste désignée dans le Sud-Ouest pour le prochain scrutin européen depuis le 28 février dernier, fait partie de ceux que l'on peut appeler les "apparatchiks" du PS, ces membres indéboulonnables de l'appareil du parti obtenant régulièrement des investitures et des mandats électoraux. A titre personnel, même si j'ai voté pour la liste socialiste à la tête de laquelle se trouvait Kader Arif lors des élections européennes de 2004, j'aurai assurément préféré que ce ne soit pas un "apparatchik" tel que lui qui soit à nouveau investi comme tête de liste cette année. Je n'aime pas le carriérisme, en politique comme ailleurs, et j'ai donc peu d'estime pour ceux qui le pratique, comme c'est le cas notamment avec Kader Arif, et sachant du reste que ledit Arif est évidemment loin d'être le seul dans ce cas. Cependant, en tant qu'adhérent du PS comme en tant que citoyen électeur, il me faut bien faire avec la liste socialiste qui m'est proposée, sachant que sa composition aurait pu, à vrai dire, être pire que ce qu'elle est.
Pas de quoi se réjouir donc, mais pas de quoi avoir envie de vomir non plus, contrairement à ce que me laisse souvent entendre un de mes lecteurs réguliers, l'alias Dante, qui aime bien me rappeler régulièrement - pour une raison que j'ignore - à quel point il n'aime pas Kader Arif... ;-)


La réunion publique s'est poursuivie avec un discours de la première secrétaire du Parti Socialiste Martine Aubry, laquelle n'a pas caché, avec raison sans doute, son enthousiasme en affirmant : "Nous lançons le même jour, au même endroit, la campagne pour les élections européennes avec des têtes de liste des 27 partis frères socialistes et sociaux-démocrates". "Nous serons au rendez-vous de l'histoire. 27 partis pour lancer les bases d'un nouveau modèle, retrouver l'idéal européen", a-t-elle poursuivi, en ajoutant également : "Nous sommes une force égale à nulle autre, qui veut donner un nouveau sens à l'Europe ; les citoyens d'abord, n'oublions pas pourquoi l'Europe est faite". La première secrétaire du PS a aussi, bien entendu, évoqué la "politique inefficace et injuste" de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et fait quelque allusions aux mouvements politiques d'opposition concurrents des socialistes. "Le 7 juin, beaucoup ont envie de dire non à Sarkozy, il va y avoir de la dénonciation, nous ne serons pas les derniers à dénoncer, mais nous, avec le PSE, nous sommes une force politique pour trouver un débouché politique", a-t-elle notamment dit dans une critique plus ou moins voilée de l'extrême-gauche incarnée, notamment, par Besancenot. En ce qui concerne Bayrou, Aubry a ironisé sur son positionnement politique à géométrie variable et relevé que "sa voix n'a pas souvent manqué à la droite au Parlement européen", sa critique du gourou du MoDem étant finalement assez modérée, alors que des sifflets et des huées se sont aussitôt fait entendre dans le public dès que la première secrétaire du PS a prononcé le nom dudit Bayrou. Pour cette "première" d'une campagne électorale commune des socialistes européens - à l'occasion de laquelle sont prévus quatre journées thématiques organisées en même temps avant le 7 juin -, Martine Aubry, tout en concédant que "quand on parle de l'Europe, les Français ont souvent l'impression que c'est flou", a promis une campagne "concrète". Sans surprise, je n'ai pas entendu un seul mot concernant le traité de Lisbonne. Tout au plus a t-il été fait allusion à la division des socialistes français au moment du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (TCE) en 2005. Se réjouissant de l'unité desdits socialistes français sur le thème de campagne choisi et résumé dans le slogan "Citoyens d'abord : un nouveau sens pour l'Europe" ("People First : A New Direction for Europe", en version anglaise), Martine Aubry a dit : "Nous n'aurions jamais dû nous diviser sur l'Europe, nous sommes heureux d'être tous là pour défendre la même Europe". Sans doute est-il en effet heureux que les socialistes français soient tous d'accord pour faire campagne sur le thème de l'Europe considérée à une échelle humaine et donnant la priorité aux intérêts des citoyens et des peuples. Mais, cela dit, je crains, hélas, que cette unité relative des socialistes ne dissimule qu'assez mal les cicatrices des blessures nées de la division du PS sur la question du TCE, vis-à-vis de laquelle on peut rappeler que le contenu dudit TCE a été repris à peu près tel quel dans le traité de Lisbonne actuellement en cours d'adoption dans les pays de l'Union Européenne. En ce qui me concerne, rappelons-le, j'ai voté "Non" au référendum sur le TCE en 2005, et j'aurai très probablement voté également "Non" au traité modificatif de Lisbonne si j'en avais eu l'occasion l'année dernière, comme ce fut le cas pour les Irlandais...


A la suite de la première secrétaire du Parti Socialiste français, ce sont succédés à la tribune de nombreux candidats socialistes européens, s'adressant au public soit en français, soit en anglais, soit dans les deux langues. Il serait trop long d'évoquer les interventions de chacun d'entre-eux, et je me contente ici d'évoquer succinctement celles qui m'ont le plus interpellé. Parmi tous ces orateurs venus de tant de pays européens, certains se sont particulièrement fait remarquer par leurs interventions énergiques et enthousiastes : je pense en particulier à la députée européenne néérlandaise Emine Bozkurt, brandissant vigoureusement un placard sur lequel figurait le slogan de campagne "Citoyens d'abord", et qui, si je me souviens bien, a notamment plaidé, en anglais, pour une direction européenne "qui prend des décisions pas seulement quand le soleil brille mais aussi pendant les tempêtes". A la suite de cette représentante des Pays-Bas visiblement très entousiaste, le chef du Parti Socialiste maltais, Joseph Muscat, a déclenché les rires de l'assistance, pendant son discours (en français), en évoquant ironiquement les premiers jours du quinquennat présidentiel de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, premiers jours passés, comme chacun le sait, à bord du Paloma - un yacht de luxe appartenant au milliardaire sarkophile Vincent Bolloré -, au large de l'île de Malte : "Je connais un gentleman [...] qui a pris un yacht pour venir passer ses vacances dans mon pays. Je lui dis « revenez en vacances et laissez nous le leadership européen »". Cette petite pique de J. Muscat, d'autant plus piquante qu'elle venait d'un socialiste maltais, m'a bien fait rire, je l'avoue, et je me suis même mis à rêver, l'espace d'un instant, que Sarkozy parte définitivement en vacances à Malte, sur le yacht de son ami Bolloré, en se retirant, une bonne fois pour toutes, de la politique française, européenne, mondiale... et même galactique. Cela nous ferait, à nous tous, aussi, des vacances !


Parmi les autres orateurs européens intervenus durant cette soirée, il y a eu Juan Fernando Lopez Aguilar, candidat socialiste aux élections européennes en Espagne, s'exprimant en français, très applaudi par les militants présents - qui étaient majoritairement des Français mais qui comptaient parmi eux, semble-t-il, de nombreux Espagnols -, et qui a notamment rendu hommage, non sans une certaine émotion, à Toulouse et à sa région qui ont accueilli, durant les années 1940, de nombreux réfugiés républicains espagnols (dont le père de Juan Fernando Lopez Aguilar) ayant fui la dictature de Franco.


Il y a aussi eu la très enthousiaste Zita Gurmaï, députée européenne hongroise élue en 2004 sous les couleurs du Magyar Szocialista Párt (Parti Socialiste hongrois), présidente du PSE Femmes (au sein du Parti Socialiste Européen) depuis 2004, et secrétaire nationale du Parti Socialiste français aux Droits des femmes depuis l'année dernière. A un autre moment de la soirée, on a pu également remarquer le représentant lituanien, qui, dans son discours, a dénoncé les "banksters" - contraction en anglais des mots "banquiers" et "gangsters" - ayant déclenché la crise financière mondiale. Puis ce fut le moment, très attendu du public semble-t-il, du discours de Martin Schulz, député européen social-démocrate allemand et président du groupe du PSE au Parlement européen. On se souvient que le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait un jour, en juillet 2003, proposé à Martin Schulz de tenir un rôle de "kapo" dans un film sur les camps de concentration nazis, en raison de la nationalité de Schulz : cette insulte aux relents particulièrement douteux avait été prononcée par ledit Berlusconi en réaction au fait que ledit Schulz avait simplement osé critiquer le détestable chef du gouvernement italien en sa présence, lors d'une session au Parlement européen. Evoquant le prochain soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la Deuxième Guerre Mondiale suite à l'invasion de la Pologne par Hitler (en septembre 1939), Martin Schulz s'est félicité, en français, d'être à la tête d'un groupe de 208 députés socialistes et socio-démocrates venus de pays "que l'armée de [son] pays a envahi il y a soixante[-dix] ans", et également a mis en garde les socialistes européens contre la résurgence de l'antisémitisme en Europe, en citant plusieurs exemples, notamment en Hongrie, et en évoquant aussi la énième affaire de "détail de l'Histoire" autour de Jean-Marie Le Pen, affaire dont Schulz a été l'un des protagonistes et dont j'ai eu l'occasion d'écrire ce que j'en pensais dans un précédent article...



Evoquant plus directement la campagne électorale, avant de s'adresser aux jeunes de la salle avec une référence au "discours à la jeunesse" de Jean Jaurès, le député social-démocrate allemand a également - ainsi que l'on a pu déjà le lire dans la dépêche de l'AFP citée plus haut - lâché cette pertinente pique à l'intention de François Bayrou : "A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais, à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux." Au delà de l'effet de tribune, forcément réussi, Martin Schulz est évidemment dans le vrai : Bayrou n'hésite pas aujourd'hui à tenir un discours contestataire et démagogique, semblable à celui de l'extrême-gauche, sur la scène politique nationale française, alors que lui (Bayrou) et ses amis sont membres, au niveau européen, du PDE (Parti démocrate européen), parti qui se veut centriste mais qui est surtout majoritairement constitué de politiciens de centre-droit ayant quitté à regret, en 2004, le PPE (Parti Populaire Européen, rassemblant les droites conservatrices européennes, et devenu trop ouvert aux souverainistes selon ces politiciens de centre-droit), le PDE siégeant, au Parlement européen, au sein du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) qui ne ressemble en rien à un groupe contestaire vis-à-vis de la droite et du système économique en place, loin s'en faut. Bayrou est un escroc : cela fait longtemps qu'on le sait, mais ça ne coûte rien de le rappeler...


Après le discours de M. Schulz, suivi d'une intervention de Georges Papandréou, ancien ministre des Affaires étrangères de Grèce, actuel président de l'Internationale socialiste et secrétaire général du PASOK (Panellínio Sosialistikó Kínima, en français Mouvement Socialiste Panhellénique), est venu le moment de conclure, avec un dernier discours, prononcé par Poul Nyrup Rasmussen, député européen social-démocrate danois, ancien Ministre d'Etat (chef du gouvernement) du Danemark et actuel Président du Parti Socialiste Européen (PSE). Candidat potentiel au remplacement de l'actuel président conservateur de la Commission européenne José Manuel Barroso, si le Parlement européen bascule à gauche, Rasmussen a réclamé un "leadership courageux" à la Commission ne se résumant pas à passer des "coups de téléphone à Berlin, Paris et Londres pour demander : « qu'est-ce que je peux faire ? »", le député social-démocrate danois ne manquant pas d'évoquer, avec une certaine ironie, le fait que les députés socialistes européens ont dû supporter pendant plusieurs années la médiocrité de la gouvernance de Barroso à la tête de la Commission : "c'était dur, je vous assure, c'était très dur..." a-t-il notamment déclaré. Rasmussen a également exposé le contenu du programme commun, le "Manifesto", soit sept grandes mesures pour les cent premiers jours d'un Parlement européen de gauche (avec un nouveau président de la Commission), un plan de relance économique européen et de nouvelles règles de régulation financière figurant en tête des objectifs. Un "nouveau véritable plan de relance avec des investissements donnant la priorité à l'emploi et à une croissance verte", un "pacte européenn pour l'emploi pour plus d'emplois de qualité, plus de droits des travailleurs et plus d'égalité", une "charte pour les droits des femmes en Europe", un "pacte de progrès social pour contrer les conséquences de la crise et prévenir la pauvreté, l'exclusion et les inégalités", une "régulation efficace des marchés financiers pour éviter de nouvelles bulles spéculatives", une "solidarité nouvelle entre les pays membres de l'Union Européenne, du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest", et un "plan européen pour un nouvel accord mondial au G20 d'ici à la fin de 2010" : telles sont les sept grandes mesures qui ont été présenté, en français, par le président du PSE. "Dans la tête des travailleurs, dans la tête des gens partout en Europe, il y a un nouvel esprit, il y a un nouvel espoir, il y a une nouvelle ouverture pour nos idées, et il y a une nouvelle chance" a ensuite déclaré Poul Nyrup Rasmussen, avant d'ajouter : "Nous sommes des forces progressistes et nous voulons donner une direction progressiste à l'Europe pour les citoyens d'abord". Il a été très applaudi, et c'est ainsi que s'est terminé la soirée...


Quelles impressions ont été les miennes lors de cette réunion publique ? J'ai eu une impression, fugitive mais réelle, de me sentir Européen au moment des discours de tous ces candidats des pays de l'Union Européenne, impression vite remise en cause dans mon esprit par la pensée que l'identité européenne reste à construire et que beaucoup de citoyens de l'U.E. ne se sentent pas Européens, et en tout cas pas du tout favorables (sans doute avec quelque raison !) à l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui... Mais surtout, j'ai eu l'impression d'être politiquement plutôt à ma place dans cette réunion, en dépit de ce que je pense de la vie politique française, voire européenne, et en dépit de ce que bien des commentateurs conformistes pensent du PS...
Au sein du clivage gauche/droite - clivage qui, n'en déplaise à certains, continue d'exister, et pas seulement dans la tête de quelques citoyens ou les paroles de quelques politiciens -, je me situe simplement à gauche, sans être capitaliste ou marxiste. C'est ainsi, et ce n'est pas autrement. Les considérations dogmatiques avec grilles de lecture systémiques, les débats ridicules sur le sexe des anges à gauche - avec cet escroc sans programme qu'est Besancenot et cet histrion donneur de leçons qu'est Mélenchon, lesquels prétendant tout deux incarner "la vraie gauche" -, tout cela ne m'intéresse pas. Face à la droite, je me situe à gauche, un point c'est tout. Cependant, n'étant pas d'un naturel prosélyte, je ne crie jamais mes convictions sur tous les toits, et le fait que je me définisse ici comme anarcho-monarchiste signifie d'ailleurs que j'entend bien ne pas me laisser enfermer dans telle ou telle catégorie toute faite, même si par ailleurs, je n'ai pas peur de prendre partie au sein de l'échiquier politique, fusse d'une façon apparaissant comme étant toute personnelle... Et tant pis si le Parti Socialiste n'a pas bonne presse : en soutenant le PS, à mon modeste niveau et sachant que mon engagement dans ce parti n'ira probablement pas au-delà de 2012, je fais ce que je crois être juste, ni plus, ni moins. Si quelqu'un veut me persuader que je suis dans l'erreur, il peut toujours essayer de le faire, mais à condition d'avoir des arguments vraiment convaincants. Or, des arguments convaincants, je n'en entend jamais, et pour cause : personne n'en a, parce que personne parmi les gens qui critiquent les socialistes n'est capable de dire un mot sans tenir compte de ses misérables petites certitudes d'énergumène soit-disant "vraiment de gauche" ou de donneur de leçon ne prenant jamais de risque en matière d'engagement politique.


Les affirmations péremptoires de certains, qui passent leur temps à répéter stupidement toujours la même chose, à savoir que "le PS est obsolète", que "le PS ne vaut rien" ou que "le PS est mort", sont, à mes yeux, pathétiques, et le resteront, car, au-delà de la pauvreté qu'elles incarnent en matière d'argumentation, ces affirmations sont évidemment aussi fausses que ridicules : si le PS ne valait rien, si le PS était si obsolète qu'on le dit, si le PS était vraiment mort, en parlerait-on autant, à droite comme à l'extrême-gauche ? Le PS n'est assurément pas mort, et il me parait bien vivant, au contraire, puisque Besancenot, Bayrou et Mélenchon en sont encore à souhaiter sa disparition malgré tous leurs efforts pour servir les intérêts de la droite, laquelle, n'en déplaisent à certains, n'est assurément pas plus défendable que la gauche de gouvernement que tout le monde adore critiquer aujourd'hui...
Sachez-le, toutefois, chers lecteurs : dans la plupart des discours prononcés lors de la réunion publique de vendredi dernier, j'ai pu trouver des choses avec lesquelles je suis d'accord, et d'autres vis-à-vis desquelles mes sentiments sont partagés, voire très réservés. Mais que l'on attende pas de moi cependant que je fasse je-ne-sais quel grand écart en critiquant tant et plus, tout en cherchant à convaincre mes lecteurs de voter socialiste aux élections européennes comme moi je le ferai. Contrairement à d'autres, je n'ai pas la prétention, vis-à-vis de mon engagement personnel au PS - fut-il fort modeste -, d'écrire pour convaincre qui que ce soit en particulier de quoi que ce soit, ni de me payer le luxe de critiquer les socialistes autant que certains de mes lecteurs aimeraient peut-être que je le fasse pour qu'ils puissent d'autant mieux pointer les contradictions qui sont sans doute les miennes mais qui pourtant ne valent sans doute pas mieux que les leurs...
Maintenant cela dit, on peut toujours me reprocher de ne pas beaucoup parler du fond, et on peut prétexter cela - ou autre chose - pour critiquer continuellement le PS. Ces temps-ci, il se passe rarement une semaine sans que j'entende une critique quelconque dirigée contre le PS et ceux qui osent encore déclarer faire partie des adhérents dudit PS. En ce qui me concerne, on en vient même parfois, d'une certaine manière, à me demander des comptes, comme si j'étais responsable de tout ce qui se dit et se fait au Parti Socialiste. Je ne suis pourtant qu'un modeste adhérent du PS en free lance, mais il est vrai que le simple fait d'être membre du parti en payant une cotisation annuelle et en assistant à quelques réunions publiques du parti n'est pas anodin. Je ne suis pas un militant au sens où on l'entend généralement, et il est vrai que, a priori, mon attitude ressemble plus à celle d'un simple sympathisant qu'à celle d'un véritable militant. Cependant je paye une cotisation, ce qui fait de moi un adhérent du parti, c'est à dire quelqu'un de sans doute moins impliqué a priori dans la vie du PS que les militants actifs dans les sections socialistes, mais aussi quelqu'un de plus engagé qu'un simple sympathisant. Il y a donc un engagement spécifique de ma part. Je fais partie du PS, et je l'assume pleinement, même si le fait que je ne sois pas du tout un militant prosélyte fait que j'ai parfois tout de même du mal à supporter les critiques pleines d'ignorance, de bêtise et de mauvaise foi que l'on se permet parfois de me jeter à la figure sous prétexte que je suis adhérent du Parti Socialiste. J'estime que dans la situation dans laquelle se trouve la France aujourd'hui, être formellement engagé dans un parti politique - et en l'occurence ici dans un parti destiné à incarner un jour l'alternance face au sarkozysme - vaut mieux que de rester un simple spectateur se permettant de critiquer tout le monde ou se permettant de jouer les contestataires du dimanche sans avoir rien à proposer et en crachant sur ceux qui, qu'on le veuille ou non, font des propositions, quelles qu'elles soient.
C'est bien beau de critiquer les approches des partis politiques ou des associations, et de ne s'investir dans aucun d'entre-eux ! On peut toujours choisir ainsi la voie de la facilité. L'un de mes lecteurs réguliers, l'alias Dante, m'a dit récemment, de manière très juste : "C'est toujours facile de regarder avec son recul les actes des autres. Mais donner un sens à ce que l'on fait est, me semble-t-il, plus important encore. Les acteurs prennent toujours plus de risques que les spectateurs." Et c'est vrai que dans le cadre de la vie politique de ce pays, je prend un risque - certes tout relatif, car nous ne sommes tout de même pas en dictature -, celui d'être engagé formellement dans un parti politique, un parti qui vaut ce qu'il vaut, un parti vis-à-vis duquel j'ai le droit et le devoir d'avoir un regard critique, un parti au sein duquel je garde mon identité propre et mon indépendance d'esprit et de jugement, mais aussi un parti dont j'estime qu'il est nécessaire de le soutenir de la manière que je crois être la plus juste de mon point de vue, compte tenu des quelques idées politiques qu'il me reste et de ma volonté de prendre formellement position en tant que citoyen au sein de l'échiquier politique de ce pays. Dans la perspective de mettre fin un jour au pouvoir sarkozyste, mon engagement me parait avoir un sens. Aussi, libres sont ceux qui n'aiment pas le PS et les socialistes de les critiquer, mais que l'on ne vienne pas me donner des leçons, car je n'en ai à recevoir de personne, et surtout pas de ceux qui ne s'engagent jamais de façon significative, de façon responsable, et qui n'ont rien d'autre à proposer que la contestation la plus stérile ou l'utopie la plus naïve. En ce qui me concerne, en politique comme ailleurs, je m'efforce de suivre l'une de mes devises : faire les choses sérieusement, sans me prendre au sérieux. Cela vaut ce que cela vaut. Toujours est-il que je suis content d'avoir pu assister, le vendredi 24 avril dernier, à cette réunion publique de la Halle aux Grains, à Toulouse, à l'occasion du lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections du 7 juin prochain. Compte tenu de mon modeste engagement au sein du PS, c'était bien là le minimum que je pusse faire... et je ne regrette pas de l'avoir fait.

Cordialement,

Hyarion.

Post-scriptum 1 : je profite de l'occasion qui m'est donné avec la publication en ligne du présent article, pour informer mes lecteurs que la dixième République des Blogs (RdB) de Toulouse aura lieu le 15 mai prochain, avec rendez-vous fixé devant le Tchin Bar (22, Rue St-Bernard, près de la station de métro Jeanne d'Arc) à partir de 18h30. Cette dixième RdB sera logiquement consacrée aux prochaines élections européennes.

Post-scriptum 2 : que l'on me pardonne pour la qualité médiocre de mes photographies personnelles proposées ici et prises durant la soirée du 24 avril ; il semble que le plate-forme d'Over-Blog qui héberge le présent blog ait du mal à digérer mes volumineux fichiers... Bien entendu, l'hypothèse d'un filtrage sarkozyste n'est pas écartée... ;-)

(Illustrations : Photographie de l'auteur du présent blog prise lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse ; La première secrétaire du PS Martine Aubry, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pascal Pavani ; Martine Aubry entourée de leaders socialistes européens, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pascal Pavani ; La première secrétaire du PS Martine Aubry prononçant un discours lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Portrait du socialiste Jean Jaurès [1859-1914], photographie, sans date ; Trois photographies de l'auteur du présent blog prises lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse ; Nicolas Sarkozy [au centre] téléphonant à côté de son fils Louis [à droite] sur un yacht du milliardaire Vincent Bolloré, le 8 mai 2007, près de Malte, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Ben Borg Cardona ; Trois photographies de l'auteur du présent blog prises lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse ; Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti Socialiste Européen, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Photographie de l'auteur du présent blog prise lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 25 commentaires - Recommander
Mercredi 1 avril 2009
Jusqu'où ira la connerie politique en 2009 ? Au delà des traditionnelles manifestations de préjugés imbéciles et de l'habituelle bêtise ordinaire, qui traversent les années et les siècles, la question reste posée. La connerie politique en cette "Annus horribilis" semble, en effet, prête à se révéler d'une exceptionnelle "qualité". Aussi la question "Jusqu'où ira la connerie politique en 2009 ?" reste-t-elle donc une grande question d'actualité, surtout lorsque l'on considère la situation pathétique dans laquelle nous sommes, avec une crise mondiale à laquelle personne n'a de solution mais dont tout le monde adore parler même quand il n'y a rien à dire, avec des élections européennes prévues en juin prochain qui n'intéressent presque personne en France (comme tout ce qui concerne l'Europe, du reste), et, surtout, des politiciens et autres personnages publics qui passent leur temps à raconter n'importe quoi par l'intermédiaire des médias de masse. De fait, en ce qui concerne ce dernier point, nous vivons, politiquement parlant, une époque particulière, dans laquelle nous pouvons d'une part reconnaître des éléments hérités du passé qui ne changent guère, et d'autre part avoir une impression de dégradation vis-à-vis de ce qui a été présenté, à l'origine, comme quelque-chose de nouveau, incarnant le changement, la fameuse "rupture"... Les éléments hérités du passé que nous connaissons, et qui ne changent guère, ce sont les mots et expressions convenus et galvaudés que les politiciens passent leur temps à utiliser en les manipulant sans cesse et en abusant de leur emploi dans un but électoraliste, démagogique, ou bêtement provocateur. Nous y reviendrons plus loin. Pour ce qui est de l'impression de dégradation vis-à-vis de la "rupture", je veux évidemment parler de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et plus précisément de ses discours et de sa façon de parler officiellement en public.


De sa phrase historique "Pendant la campagne, j'ai pas menti, moi" du 20 septembre 2007, déjà évoquée à l'époque dans un précédent article, à cette autre phrase historique "Moi, j'ai pas été élu pour augmenter les impôts, moi", prononcée telle quelle par l'actuel chef de l'Etat lors d'un lamentable déplacement présidentiel dans le Doubs, le 17 mars dernier, on a pu observer une certaine continuité en ce qui concerne la médiocrité du language public de Nicolas Sarkozy, médiocrité du language qui tranche singulièrement avec la langue de bois "classique" d'un Jacques Chirac ou d'un Alain Juppé, politiciens "à l'ancienne" nettement plus attachés, pour leur part, à une certaine qualité de la langue lors de leurs prises de parole en public. Je me souviens notamment très bien que Jacques Chirac, lorsqu'il était à l'Elysée, prenait toujours la peine de s'exprimer dans un français correct et de façon appliquée, lors de ses interventions publiques, même si c'était pour ne rien dire sur le fond. Or, aujourd'hui, en vérité, avec Nicolas Sarkozy, la parole présidentielle semble désormais se résumer plus ou moins, sur le fond mais aussi désormais sur la forme, à des discours médiocres de président "beauf" adressés à un public de "beaufs"... De fait, si "rupture" il y a eu, avec l'élection de Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat, en matière de language officiel, on conviendra aisément que ladite "rupture" s'est accompagnée d'une désagréable impression de dégénérescence de la parole publique au plus haut niveau, impression qui se révèle aujourd'hui correspondre à une réalité claire, réalité à laquelle l'alias Dante, lecteur régulier du présent blog, a consacré récemment un article intéressant que je reproduis ci-après :


SARKOZY DANS LE TEXTE : UN ENTERREMENT A ORNANS

(Ou comment j’ai appris à dissiper mes « Doubs [1]  » sur les fautes de français de Nicolas Sarkozy)



     « Qu’est-ce que je m’aperçois ? », « Faut pas renoncer. On a choisit une stratégie économique, il faut la tenir et pas faire comme d’habitude en France changer tous les 6 mois de stratégies tellement ils croient peu dans leurs convictions », « si y’en a que ça les démange d’augmenter les impôts », « On se demande c’est à quoi ça leur a servi », « Il m’a fallu 1h30 pour rentrer dans l’entreprise. Ben, ils étaient colère les gens (sic) ». Cet échantillon n’est pas issu d’une élection d’un délégué collégien mais du discours de Nicolas Sarkozy aux ouvriers d’Alstom, à Ornans, le 17 mars 2009. On pourrait pardonner aisément ces fautes au nom du droit à l’erreur qui caractérise notre nature humaine et imparfaite. On pourrait presque en rire… si le Président de la République ne réactivait pas en même temps des formes d’anti-intellectualisme auxquels même la droite républicaine semblait avoir renoncé.

 


Une désinvolture contre une certaine exigence de l’homme d’Etat

 

     Lors de son allocution sur la réforme hospitalière à Rambouillet, le 13 mars 2009, Nicolas Sarkozy disait : « La tranquillité pour moi, ça aurait pas été de m’en occuper de ça. Parce que y’a des trucs difficiles, mais ça, c’est vraiment difficile ». Quel terrible aveu de la part de l’omni-président qui veut s’occuper de tout ! Et quelle belle construction syntaxique ! C’est dire si l’enterrement de la langue française à Ornans a été soigneusement préparé et concocté avec désinvolture depuis bien longtemps. Les fautes de français de Nicolas Sarkozy ne sont pas nouvelles et l’art de la rhétorique devrait assurément venir en supplément des Pensées de Marc Aurèle.

     Notons que l’approximation syntaxique de l’actuel chef de l’Etat est celle-là même qui l’a fait élire. Même lorsque les expressions étaient correctes, elles révélaient une attitude face au pouvoir. L’usage de la double négation de son slogan : « Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas » affichait dés le départ une dénégation et non l’affirmation d’un programme.

     Car Nicolas Sarkozy n’est pas uniquement l’homme d’un contexte mais bel et bien l’homme d’une structure et d’une vision du pouvoir. Une de ses stratégies se fonde en partie sur des formes d’anti-intellectualisme. En témoigne ses propos vis-à-vis des historiens qui ont mis en cause ses propos sur l’identité nationale, les qualifiant de « petite intelligentsia » coupée du peuple (discours de Vesoul, 13 mars 2007). Alors candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy « a cherché à discréditer la fonction critique pourtant inhérente au métier d’historien » comme le souligne Gérard Noiriel dans son livre A quoi sert « l’Identité nationale [2] ». Cette tendance se retrouve dans les « ringardisations » à répétition d’éléments culturels (comme La Princesse de Clèves sur laquelle nous reviendrons) ou dans le discours sur la recherche du 22 janvier 2009. Il est temps que Nicolas Sarkozy comprenne que la diversité de la culture fait la richesse de ce pays, et que l’antienne permanente qu’il consacre à dévaloriser une certaine tradition intellectuelle ne pourra que se retourner contre lui.

 


Un « JE » face au « il » ou au « on »…mais jamais de « nous »

 

     Un autre aspect de la rhétorique de Nicolas Sarkozy se caractérise par une prépondérance de la 1ére personne du singulier. Il s’agit toujours de LUI, mais jamais d’une inclusion avec son AUDITOIRE. Il y a le « JE » mais jamais le « NOUS ».

     Cette manière de s’exprimer est intéressante car le contenu coïncide ici avec la forme. Ne pas avoir conscience de parler si mal à ceux qui vous écoutent révèle un rapport singulier à l’autre. On trouve implicitement, derrière ses fautes de français, l’affichage d’un mépris perpétuel que pratique Nicolas Sarkozy à l’égard de ses interlocuteurs. J’avais eu l’occasion de souligner ce point dans l’analyse d’une réponse que le chef de l’Etat avait formulé à l’égard d’une journaliste de Libération qui l’interrogeait sur la place de l’intégrité territoriale de la Géorgie au moment du conflit avec la Russie. Nicolas Sarkozy pourrait ne pas avoir conscience de la médiocrité de son expression orale. Mais il semble tellement habité par son grand « JE », qu’il n’a pas envie d’en avoir conscience. La formule « Mais moi, pendant la campagne, j’ai pas menti, moi » illustre cet égo trop hypertrophié pour considérer sereinement la parole de l’autre.

     Autre point, Nicolas Sarkozy semble s’adresser en permanence à des adversaires et non à des citoyens. Lorsqu’il agite le spectre de « l’identité nationale », ses contradicteurs sont accusés de « ne pas aimer la France ». En inversant la relation dominant/dominé, il s’est présenté lui-même comme une victime mais aussi comme un héros, réactivant ainsi à son profit la vieille recette de Maurice Barrès. Le discours de Besançon [prononcé le 13 mars 2007] est limpide à cet égard : « Parler de l’identité nationale ne me fait pas peur. J’ai bien compris que pour certains c’était un gros mot (…). J’ai bien compris que c’était un sujet tabou, qu’il était dangereux de s’aventurer sur ce terrain qu’un homme politique soucieux de sa carrière devait éviter ce sujet. Mais je ne crois pas à la politique qui ne dit rien (…). Je veux dire la vérité aux Français, je veux être honnête (…). C’est ma conception de la politique. C’est l’idée que je me fais de la dignité de la fonction présidentielle. C’est la ligne de conduite que je me suis fixée depuis le début de la campagne. Je n’en changerai pas. Rien ni personne m’en fera changer ».

      Ici, l’intérêt du texte ne réside pas dans la syntaxe (quoique…) mais bien dans le contenu des paroles prononcées. Cette posture de victime, alimentée par les formules incantatoires du type « Pourquoi tant de haine ? » (Discours de Dijon, 23 avril [2007]) va d’ailleurs permettre au candidat de l’UMP de lancer, entre les 2 tours, le thème de la « diabolisation ». Mais, plus intéressant : Nicolas Sarkozy se place ici sur le terrain moral alors qu’il prétend entrer dans un système guidé par des affaires d’intérêts. En gros : « pas de mensonges ! ». Quel homme politique peut prétendre se fixer un tel objectif ? C’est nier l’ensemble de la réflexion sur la politique menée depuis l’Antiquité, dans laquelle notamment le philosophe Protagoras disait : « Ceux qui ne font pas semblant d’être justes sont des fous », reconnaissant la nécessité d’une certaine hypocrisie pour la conduite des affaires de la Cité, cet hommage du vice à la vertu qui consiste à montrer comment il faudrait être même si tel n’est pas le cas en vérité. Il n’y a qu’à voir l’effet de cette négation : l’opposition et la défiance s’installent dès le premier mensonge venu.

 


Injure et contre-vérités : le Discours sur la stratégie nationale de la recherche du 22 janvier 2009

 

     Le discours du 22 janvier 2009 de Nicolas Sarkozy est probablement celui qui fera date dans son mandat. L’avantage de ce discours est qu’il est clair, compréhensible par tous, et que la provocation permanente qu’il contient a le mérite de susciter le débat. Mais hormis les avantages qu’il contient, le Discours sur la stratégie nationale de la recherche est fondamentalement mauvais, autant dans sa forme que son fond. Sur la forme, les approximations rhétoriques fleurissent. Sur le fond, c’est une parole de dénigrement et un discours excluant.

     Dénonçant un système « infantilisant et moyenâgeux » de la recherche, le chef de l’Etat déclarait notamment ceci : « Nous ne sommes pas dans le peloton de tête des pays industrialisés pour la recherche et l’innovation. Y’a une raison à cela. C’est parce que bien souvent, on a reculé (…) Nulle part dans les autres pays, sauf chez nous, on observe que les organismes de recherches sont à la fois opérateur et agence de moyens à la fois, acteur et évaluateur de leur propre action. Je vois que ça peut être confortable. Je peux en tirer quelques conclusions pour moi-même. C’est un système assez génial, d’ailleurs. Celui qui agit est en même temps celui qui s’évalue ! Qui peut penser que c’est raisonnable ? Non, mais, ça peut provoquer un certain confort, un confort illusoire, du moment (…) Et pardon, je veux pas être désagréable, mais à budget comparable un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs. Ecoutez, évidemment, si on veut pas voir ça, on vous remercie d’être venu, y’a de la lumière, c’est chauffé, on peut faire, on peut dire, m’enfin, c’est une réalité ». Voilà un discours à la fois injurieux (jouant sur la provocation) mais surtout truffé de contre-vérités. Que le monde de la recherche se réforme est une idée largement partagée et le moins que l’on puisse dire est que le CNRS n’est pas un modèle de réforme. Mais analysons quelques une de ses contre-vérités :

     1.  L’une d’entre elles concerne le fait que les chercheurs français publieraient moins. Cela n’a aucun sens. Dans certains secteurs, peut-être, par exemple dans les secteurs où l’on écrit le français car le facteur H (Nombre d’articles publiés dans des revues classées et pondérées par le nombre de citations qui ont été faîtes des articles) mesure le biais anglophone des revues répertoriées avant tout [3]. Ce genre de système est d’une complexe absurdité car des philosophes, par exemple, qui ne publient qu’en français, ne sont pas comptabilisés officiellement dans les publications. Il faut donc considérer l’ensemble des revues françaises ou des collaborations entre la France et d’autres pays où l’anglais ne sert pas d’unique référence. Le vrai problème porte sur cette interrogation : Faut-il publier à foison ou publier quelque chose de déterminant ? Ce vrai problème n’est pas posé.

     2.  Sur les auto-évaluations, là aussi, Nicolas Sarkozy ne sait absolument pas de quoi il parle. L’évaluation dans le champ universitaire a été introduite dès 1985, avec la mise en place progressive d’un contrôle du champ scientifique. Des commissions d’évaluation existent et si elles sont rattachées aux laboratoires (par qui d’autres que les pairs ses évaluations sont-elles possibles ?), elles publient des rapports qui se basent sur différents critères pour évaluer les chercheurs. Des modifications sont intervenues depuis. La récente loi LRU (Loi Relative aux libertés et responsabilités des Universités) transforme les « Commissions de spécialistes » en « Comité de sélection » (composé d’au moins une moitié d’experts : donc, pas totalement). Deuxième grande transformation : la Commission de spécialistes était élue. Maintenant, le Comité de sélection est nommé. La nomination par le pouvoir politique a abouti, en sociologie, a privilégié une branche plutôt qu’une autre. Ainsi, des moyens de pression s’exercent, définissant le type de recherche qui rentre dans les cadres.

     L’ensemble de ce discours est truffé de contre-vérités qui, combinées à un mode injurieux, a suscité de légitimes réactions et critiques de la part de la communauté scientifique.

 


Une nouvelle forme de contestation : la lecture publique de La Princesse de Clèves !

 

     Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu le 6 mai 2007, je pensais déjà, probablement par sadisme postélectoral, aux formes de contestations qui pourraient être envisagées envers la politique de Nicolas Sarkozy. Mais qui eût dit que des lectures publiques de La Princesse de Clèves, par exemple devant le Panthéon à Paris, deviendraient une de ces formes de contestation ?

     Nous entrons là dans une sphère intéressante du « système » Sarkozy : la mobilisation de « figure ». Toute parole ou acte politique cherche une référence, un symbole, pour incarner son bien-fondé. C’est le cas du Président de la République qui utilise des « figures » pour introduire des changements. La Princesse de Clèves est une de ces « figures », qui aurait pu avoir sa pertinence si Nicolas Sarkozy lui avait conféré une cohérence, c’est-à-dire un statut argumentatif pour illustrer une idée politique.

     Lors du discours du 24 juillet 2008, « Table ronde sur l’éducation et la jeunesse », Nicolas Sarkozy défendait l’idée que 15 ans d’engagement associatif ou autre valait autant qu’une bonne analyse de La Princesse de Clèves et qu’il fallait valoriser le travail et l’expérience de terrain autant que l’analyse. Ce qui aurait pu être une bonne idée de départ (éviter la discrimination aux concours administratifs), à savoir introduire plus de justice dans le mode de recrutement des membres de la fonction publique, en concevant que tout le monde ne peut pas être un « héritier » (au sens Bourdieusien du terme, c’est-à-dire que tout le monde n’a pas le même bagage culturel et n’hérite pas des mêmes chances en la matière) mais peut davantage être un acteur cohérent sur le réel, se transforme, sous de nombreuses répétitions à visées différentes, en sketch minable. Un jour, l’analyse de La Princesse de Clèves est opposé à l’action, et un autre jour, il est un simple élément ringard d’une culture française en mal de rayonnement. Si Nicolas Sarkozy avait poursuivit l’idée d’une plus grand égalité dans les concours de l’administration en admettant que le critère de terrain et celui de l’analyse sont équivalents, l’usage de sa « figure » se justifiait. Mais il n’a pas de cohérence dans son usage, discrédite ainsi l’emploi même de son symbole et agite un épouvantail qui finit par cristalliser une contestation envers sa parole et son idée politique. Nicolas Sarkozy a donc modifié un outil de légitimité en simple instrument de dissociation.

     Cette analyse en recoupe donc une autre : Il est très dérangeant de voir un Président de la République exclure des catégories de patrimoine et donc des pans entiers de ce qui constitue aussi le vivre ensemble.

 


Au-delà des mots

 

     Nicolas Sarkozy n’a donc pas seulement porté atteinte à la langue en tant qu’outil de communication mais aussi aux codes de la politique. Ce qu’il enterre est donc à la fois un art du dialogue entre le représentant et les citoyens et à la fois un art de la politique où la figure illustre une conviction. Incapable de se montrer digne de la charge qu’il a convoitée et obtenue, n’opérant aucune réforme digne de ce nom et dont le pays aurait besoin, Nicolas Sarkozy est une perte de temps. Il est devenu la « figure », le M. Carnaval que beaucoup veulent brûler et en récolte aujourd’hui le fiel. Dans Le meilleur des mondes, Aldous Huxley écrit : « l’expérience n’est pas ce qui arrive à un homme mais ce qu’un homme fait avec ce qui lui arrive ». Il nous importe donc, aujourd’hui, de transformer cette expérience en horizon de prospectives pour défendre l’idée que nous nous faisons d’une société plus juste et plus soucieuse de ses membres.

 

Dante, mars 2009.

 

[ 1 ] Ornans se trouve en effet dans le Département du Doubs.

[ 2 ] NOIRIEL Gérard, A quoi sert «l’Identité nationale », Paris, Agone, Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire [C.V.U.H], 2007.

[ 3 ] Le système du facteur H s’explique ainsi : Plus vous publiez, (et donc plus cela est comptabilisé), et plus vous montez. Cela signifie que la qualité devient une propriété émergente de la quantité.


Après la médiocrité du language de Sarkozy, si caractéristique de la médiocrité de notre époque en matière de politique, venons-en à ces mots et expressions convenus et galvaudés évoqués plus haut et que les politiciens passent leur temps à utiliser en les manipulant constamment et en abusant de leur emploi dans un but électoraliste, démagogique ou provocateur. Traditionnels révélateurs de la connerie politique, ces mots et expressions sont déjà nombreux en ce premier semestre de l'année, alors que 2009 est encore loin d'être terminée, mais il est vrai que les prochaines élections européennes offrent un terrain particulièrement favorable à la manifestation de ladite connerie politique, comme le révèle la dépêche de l'Agence France Presse qui suit et qui m'a fait rire jaune lorsque j'en ai pris connaissance le 21 mars dernier :

Dieudonné se déclare candidat "anti-sioniste" aux européennes


L'humoriste controversé Dieudonné a annoncé samedi [21 mars] qu'il serait candidat "anti-sioniste" aux élections européennes du 7 juin, appelant tous les "infréquentables" à rejoindre sa liste en Ile-de-France.
 
Il a résumé son positionnement, lors d'une conférence de presse dans son théâtre parisien de la Main d'Or, par "l'anti-communautarisme et l'anti-sionisme".
 
"Les électeurs auront le choix d'un vote anti-sioniste clairement affirmé, qui ne se cache pas", a-t-il ajouté, disant s'adresser à "tous les esclaves".
 
"Il faut se battre contre le système béké. On l'appelle comme ça en Guadeloupe. En France c'est le système sioniste, c'est exactement la même chose. Ce sont les esclavagistes et on est des esclaves. Il faut qu'on se libère!", a-t-il lancé, affirmant que "le sionisme gangrène la France, c'est un danger".
 
Selon lui, il faut également se battre "contre ce repli communautaire. Il faut que la République retrouve son sens et que nous chassions toutes les organisations mafieuses du type le Crif, de la République".
 
Il a expliqué sa décision de se présenter par une "guerre culturelle" que lui auraient déclaré "le Parti socialiste et l'UMP", après une "saillie drôlatique" qui lui a valu l'annulation "de tout un tas de spectacles".
 
"Aujourd'hui, on m'interdit de travailler, de nourrir mes cinq enfants, je n'ai pas d'autre choix que d'aller me battre sur le terrain" politique, a affirmé Dieudonné, qui avait déclenché un tollé en décembre en invitant sur scène le négationniste Robert Faurisson.
 
"Robert Faurisson ne fera pas partie de la liste a priori, quoique... il y a peut-être des surprises", a-t-il lancé, invitant "tous les insoumis de ce système", "tous les infréquentables", à le rejoindre dans sa lutte pour "une liberté d'expression".
 
Se défendant d'incarner "une candidature antisémite", Dieudonné a affirmé que sa liste regrouperait des "juifs anti-sionistes" et des gens "de tous bords". "De toutes façons, l'extrême droite est à l'Elysée", a-t-il lancé.
 
"J'appelle tous ceux qui veulent me rejoindre", a-t-il dit, citant notamment l'écrivain Alain Soral (issu du PCF et ex-FN), le fondateur du groupuscule noir ultra-radical dissous Tribu Ka, et Thierry Messan, auteur de "L'effroyable imposture", qui conteste la version officielle des attentats du 11 septembre 2001.
 
Il en a également appelé à l'ancien judoka Djamel Bouras et à l'humoriste Jean-Marie Bigard. "Tous ceux qui se sont heurtés à un moment à la pensée unique sont les bienvenus", a-t-il dit, affirmant que l'association religieuse Zahra "devrait se joindre à notre belle dynamique".
 
Disant son admiration pour le leader du mouvement social [de l'hiver dernier] en Guadeloupe Eli Domota, il a jugé "intéressante" l'idée "de faire des manifestations dans les centres commerciaux".
 
Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des propos sur la Shoah et les juifs et qui s'est rapproché de Jean-Marie Le Pen, s'était déjà présenté aux européennes de 2004, sur la liste Europalestine qui avait fait un score de 1,83% en Ile-de-France. Elle avait dépassé les 5% dans 12 villes de Seine-Saint-Denis et obtenu 10,75% à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise).
 
(Dépêche de l'Agence France Presse, 21 mars 2009, 18h24)

Personnellement, outre les habituelles ambiguïtés en matière de communautarisme noir et d'antisémitisme qui restent attachées à "l'humoriste controversé" en question, je ne vois guère d'autre motivation à la candidature "anti-sioniste" de Dieudonné M'Bala M'Bala, dit Dieudonné (ou Dieudo, pour les intimes), que celle de vouloir plus ou moins importer (stupidement) le conflit israélo-palestinien en France, comme cela avait déjà été le cas en 2004. Cela dit, j'ai déjà eu l'occasion d'écrire dans un précédent article, en janvier dernier, ce que je pensais de ce conflit, et je n'y reviendrai pas, tant le sujet est à la fois sensible et profondément ennuyeux. Pour le reste, en matière de connerie politique, les éléments contenus dans la dépêche parlent d'eux-mêmes... Mais dans la rubrique "le poids des mots, le choc des zéros", il y a encore d'autres évènements politiques récents particulièrement bouleversants, qui, là encore, m'ont fait rire jaune, et qui ont fait l'objet d'autres dépêches de l'AFP, peu de temps après l'annonce de la candidature de Dieudo aux élections européennes :

Parlement européen : des députés refusent la présidence temporaire de Le Pen


Le chef de file de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen est au centre d'une controverse au Parlement européen, où ses détracteurs se mobilisent pour l'empêcher de présider, en tant que doyen, la session inaugurale de l'institution après les élections.

Le règlement interne du Parlement prévoit que le doyen des élus préside la session inaugurale de la nouvelle assemblée. En l'état actuel, c'est à M. Le Pen, 80 ans, que ce rôle a de bonnes chances d'échoir après le scrutin européen du 7 juin.

Du coup, les socialistes et les Verts ont demandé mardi [24 mars] un changement des règles de l'Assemblée pour lui barrer la route.

"Je suis préoccupé par le fait qu'un négationniste de l'Holocauste puisse présider la session inaugurale du Parlement européen" en juillet après les élections européennes de juin, a déclaré le social-démocrate allemand Martin Schulz, président du groupe socialiste.

Il est "inacceptable, inadmissible" qu'un "négationniste pour qui Auschwitz est un détail de l'Histoire", un "vieux fasciste" comme M. Le Pen, puisse le faire, a estimé M. Schulz devant la presse.

Il a reçu le soutien du co-président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, qui a précisé que son groupe avait "toujours été pour changer le règlement, parce que le fait que le doyen préside (la session inaugurale) est ringard".

"Nous sommes pour que ce soit la députée la plus jeune qui ouvre la session, non pas à cause de Le Pen, mais parce que c'est un signe pour l'avenir. Allons jusqu'au fond du symbolisme: on ne veut pas des croulants", a martelé l'ancien leader de Mai 1968.

Prendre une telle décision ne sera néanmoins "pas facile", a pronostiqué M. Cohn-Bendit.

Elle n'a par exemple pas l'assentiment du chef du groupe libéral, Graham Watson, qui a estimé qu'il n'y avait "aucune raison de traiter M. Le Pen différemment d'autres, même si je déteste sa politique". S'il devient doyen, "ce sera en ayant respecté les règles" et ce sera "aussitôt oublié", a jugé M. Watson.

Quant à Joseph Daul, chef du principal groupe politique au Parlement, le groupe conservateur, il a assuré qu'il allait "analyser" cette proposition, tout en émettant le souhait que M. Le Pen, en bon nationaliste, ne participe pas à la session inaugurale du Parlement européen qui a été fixée au... 14 juillet, jour de la fête nationale française.

Jean-Marie Le Pen, qui fêtera ses 81 ans le 20 juin prochain, siège depuis 1984 au Parlement européen. Il se représentera encore cette année, en tant que tête de liste du Front national (FN), dans la circonscription du sud-est de la France, et pourrait à ce titre devenir doyen d'âge du Parlement.

Dénonçant les "odieuses calomnies" de ses collègues, le leader frontiste a estimé que le Parlement européen se ferait "la risée des assemblées démocratiques" s'il venait à modifier son règlement dans le seul but de l'empêcher de présider la séance inaugurale.

Quant à la coïncidence avec la fête nationale française, elle "est une raison de plus de faire entendre la voix de la France indépendante et souveraine dans l'hémicycle de l'euromondialisme", a-t-il ajouté dans un communiqué.

En juillet 1989, l'ex-cinéaste français Claude Autant-Lara avait déjà provoqué un scandale au Parlement européen. Elu sur une liste du FN, il avait eu l'occasion de prononcer un discours à l'occasion duquel une grande partie de l'hémicycle s'était vidée, en signe de protestation.

Entre-temps, le règlement intérieur a été modifié et le doyen n'a plus le droit de prononcer un discours: il se contente de superviser l'élection du président du Parlement.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 24 mars 2009, 17h38)


Chambres à gaz : Le Pen fait scandale au Parlement européen


Le chef de file de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen s'est exposé mercredi [25 mars] à de nouvelles poursuites judiciaires ainsi qu'à des sanctions du Parlement européen en qualifiant à nouveau de "détail" les chambres à gaz nazies.

Ce nouvel éclat a été déclenché par une altercation entre le fondateur du Front national, qui est un élu du Parlement européen, et le chef de file des socialistes, l'Allemand Martin Schulz.

Estimant avoir été victime "d'accusations diffamatoires" de M. Schulz qui l'avait qualifié la veille de "vieux fasciste" et de "négationniste de l'Holocauste", M. Le Pen a défendu son point de vue devant la plénière à Strasbourg.

"Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l'Histoire de la guerre mondiale, ce qui est une évidence", a-t-il expliqué sous les huées d'une grande majorité des élus réunis en séance plénière.

Ce n'est pas la première fois que le chef de file historique de l'extrême droite française réitère de telles déclarations.

Jean-Marie Le Pen les avait tenues la première fois sur une station de radio française en septembre 1987, ce qui lui avait valu une condamnation à 1,2 million de francs (183.200 euros) d'amende. Puis de nouveau en 2008 dans le magazine "Bretons".

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, présidée par l'eurodéputé conservateur Patrick Gaubert, a aussitôt annoncé mercredi examiner la possibilité de poursuites, et a réclamé la levée de l'immunité parlementaire de M. Le Pen.

Plusieurs eurodéputés, dont le socialiste Harlem Désir, ont aussi estimé que M. Le Pen était passible des sanctions prévues au réglement intérieur du Parlement. Elles prévoient des suspensions de participation aux débats et des suppressions partielles d'indemnités pour les députés qui portent atteinte aux "valeurs des traités fondamentaux de l'UE" et à la dignité du Parlement.

Mais cette sortie a également été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, convainquant le président du plus important groupe politique du Parlement, le conservateur Joseph Daul, de se rallier à une proposition des socialistes et des écologistes visant à modifier le règlement interne de l'institution. Afin que le doyen ne préside plus les sessions inaugurales.

Le fondateur du Front national, qui à 80 ans se représente aux élections européennes dans le sud-est, aurait en effet de fortes chances, en tant que doyen d'âge, de présider la session inaugurale du Parlement suivant les élections du 4 au 7 juin, le 14 juillet.

"Les propos négationnistes de M. Le Pen, réitérés dans l'enceinte du Parlement européen, le disqualifient pour présider, ne serait-ce qu'une seconde, notre institution à l'ouverture des travaux de la prochaine législature", a estimé M. Daul.

Les socialistes vont proposer que la session inaugurale soit présidée "soit par le président sortant s'il est réélu, soit par l'un des vice-présidents sortants, soit par le député européen qui aurait la plus grande ancienneté", a précisé Martin Schulz.

Quant aux Verts, dont le co-président Daniel Cohn-Bendit avait indiqué mardi qu'ils avaient "toujours" été pour mettre un terme à la coutume "ringarde" du recours au doyen, ils préconisent de confier la présidence du Parlement "au plus jeune" des eurodéputés. La question sera discutée jeudi [26 mars].

Le règlement intérieur avait déjà été modifié sur la question du doyen après le scandale causé par le discours d'un autre doyen frontiste, l'ex-cinéaste français Claude Autant-Lara, en juillet 1989. Depuis, le doyen n'a plus le droit de prononcer un discours et se contente de superviser l'élection du président de la nouvelle assemblée.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 25 mars 2009, 19h34)

Finalement, les groupes politiques du Parlement européen ont donné, jeudi dernier, 26 mars, leur feu vert à une modification de leur règlement interne, afin d'éviter que Le Pen puisse présider la prochaine session inaugurale en tant que doyen d'âge. Cette modification du règlement pourrait être votée en séance plénière ce mois-ci, en avril... Formidable, n'est-ce-pas ? Quelle magnifique réaction à la hauteur de l'évènement ! Tout cela à cause d'une énième provocation de Le Pen avec son "détail de l'histoire", provocation déjà faite par le passé, et notamment encore l'année dernière, comme en témoigne un de mes précédents articles alors consacré au sujet, en avril 2008... Une fois de plus, beaucoup de bruit pour rien... L'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, avec utilisation de chambres à gaz, n'est évidemment pas un "détail de l'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale". Chacun le sait ou devrait le savoir. Il est inutile, par conséquent, de passer son temps à prendre des postures convenues vis-à-vis des propos minables de Le Pen, tout simplement parce que ce dernier n'en vaut évidemment pas la peine...


Combien de fois va-t-il cependant falloir encore se sentir obligé de réagir publiquement avec force indignation aux provocations de Le Pen et de ses congénaires extrémistes sur ce sujet ? Qualifier Le Pen de "fasciste" est-il forcément plus intelligent que les conneries de Le Pen avec son "détail de l'histoire" à propos des chambres à gaz ? Accorder une telle importance aux provocations recuites de Le Pen à une échelle européenne, et donc internationale, était-il vraiment nécessaire ? Le résultat, en tout cas, est évident : Le Pen et ses partisans ne pouvaient pas espérer mieux pour profiter d'une exposition médiatique à la hauteur de la campagne européenne nationaliste et xénophobe qu'ils entendent mener au nom du Front National... Du reste, pour ceux qui en redemanderaient, sachez qu'à la suite d'une énième provocation lepéniste au sein même du Parlement européen, le FN a également opté pour une provocation à une échelle plus "locale", et plus précisément dans la circonscription du Sud-Ouest où je suis appelé à voter lors des élections européennes en juin prochain :


Un élu FN met Jean Jaurès sur ses affiches de campagne aux européennes


Un portrait de Jean Jaurès orne les affiches de campagne d'un candidat du Front National aux élections européennes de juin, placardées à Carmaux (Tarn), fief du fondateur du Parti socialiste (à l'époque SFIO) en 1905, révèle jeudi [26 mars] le quotidien régional L'Indépendant.

Le portrait de Jaurès, orné d'une citation "A celui qui n'a plus rien, la Patrie est son seul bien !", est imprimé sur les affiches de campagne de Louis Aliot, avec un bandeau affirmant "Jaurès aurait voté Front National".

Conseiller municipal à Perpignan et conseiller régional Midi-Pyrénées, Louis Aliot est également secrétaire général du FN.

Il avait recueilli 10,42% des suffrages au second tour de l'élection municipale à Perpignan, annulée par la suite pour cause de "fraude à la chaussette" par le tribunal administratif de Montpellier.

La liste du maire UMP Jean-Paul Alduy avait obtenu 45,48% des suffrages exprimés, contre 44,11% pour la socialiste Jacqueline Amiel-Donat.

"Au moment où nombre de nos compatriotes commémorent cette année le cent cinquantenaire de la naissance de Jean Jaurès (1859-1914), voilà une manière de rappeler qu'aujourd'hui, la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d'humanisme est le Front National", affirme Louis Aliot sur son site internet.

Cette affiche n'est pas encore apposée sur tous les murs de la circonscription dans laquelle Louis Aliot est candidat, mais seulement à Carmaux où Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de gauche et tête de liste dans le Sud-Ouest, y a tenu un meeting la semaine dernière.

"Jean Jaurès est au Panthéon. C'est un personnage public qui appartient à la France et à tous ces citoyens", a estimé M. Aliot, cité par L'lndépendant, ajoutant que "Bruno Gollnisch dans l'Est et Marine Le Pen dans le Nord vont reprendre" la même affiche.

Le député-maire de Toulouse (PS) Pierre Cohen a dénoncé, mercredi dans un communiqué, une "nouvelle provocation" du Front National, soulignant que l'engagement pacifiste de Jean Jaurès "lui a valu les insultes et la haine des nationalistes, la famille politique de Louis Aliot".

"Cette campagne haineuse a armé la main de Villain qui l'a assassiné le 31 juillet 1914 à Paris", a ajouté M. Cohen.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 26 mars 2009, 00h02)

Pfff... Encore du grand n'importe-quoi avec une énième provocation du Front National... C'est pathétique... Tout cela parce que Jaurès a eu le "malheur" de prononcer le mot "Patrie" au moins une fois dans sa vie ! Du reste, comme l'a déclaré François Briançon, adjoint au maire de Toulouse et président du Groupe Socialiste Radical et Républicain au conseil municipal toulousain, "avant d'utiliser l'image et de détourner la pensée de Jean Jaurès, Louis Aliot aurait mieux fait de méditer cette phrase de Romain Gary : « Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres »". Cela dit, cette fois-ci encore, inutile d'en rajouter...
Le printemps commence à peine et l'année 2009 est loin d'être terminée, mais la connerie politique atteint déjà, on le voit bien, un niveau particulièrement élevé, bientôt comparable à une tour de Babel. Après l'extrême-droite, je ne doute pas que l'extrême-gauche ne manquera pas d'apporter sa contribution au glorieux édifice de ladite connerie politique, de même que beaucoup d'autres participants à cette pitoyable farce qu'est, hélas, devenue la vie politique française en ces temps de crise, et à l'approche des élections européennes. Avec ce prochain scrutin, qui sera forcément parasité par le grand cirque folklorique habituel en matière de candidats, nous ne sommes pas sortis de l'auberge, car, de toute façon, les politiciens ne vont pas manquer de continuer à raconter n'importe quoi, à commencer par le premier d'entre-eux, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui continuera à parler, parler, parler, encore et encore, avec sa médiocrité habituelle... "Les mots ont un sens" se plaisait à dire Sarkozy avant son élection à la plus haute charge de l'Etat, mais avec de tels énergumènes, politiciens ou assimilés, il est forcément permis d'en douter... et ce n'est pas nouveau...


Bref... tout cela est assurément parfaitement idiot, mais il faut bien faire avec... en attendant la suite.

Cordialement,

Hyarion.

P.S.: Ne cherchez pas, chers lecteurs... aucun "poisson d'avril" ne s'est glissé dans le présent article, fusse-t-il consacré à la connerie politique... ;op


(Illustrations : "L'Europe vue par les beaufs de France", carte satirique sans date [vers 2004-2005 ?] ; Nicolas Sarkozy le 17 mars 2009 à Ornans dans le Doubs, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Remy de la Mauviniere ; Un enterrement à Ornans, huile sur toile [1849-1850] par Gustave Courbet, Paris, Musée d'Orsay ; Nicolas Sarkozy lors du 91e congrès des maires de France à Paris, le 27 novembre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Nicolas Sarkozy, le 9 décembre 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Nicolas Sarkozy lors d'un discours à Vesoul, le 15 janvier 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gérard Cerles ; Nicolas Sarkozy le 13 janvier 2009 à Nîmes, photographie de l'Agence France Presse, ©Jean-Paul Pelissier/AFP/Pool ; Nicolas Sarkozy devant les salariés d'une usine proche de Châteauroux, le 27 janvier 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; L'humoriste controversé Dieudonné, le 24 avril 2008,devant le tribunal correctionnel d'Aurillac, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Thierry Zoccolan ; Le président du Front national Jean-Marie Le Pen, le 24 octobre 2007 au Parlement européen à Strasbourg, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Dominique Faget ; Le chef de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen au Parlement européen à Strasbourg le 25 mars 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Frederick Florin ; Une chambre à gaz et l'entrée d'un four crématoire le 17 juillet 1999 au camp de la mort d'Auschwitz, en Pologne, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Jack Guez ; Affiche électorale d'un candidat du Front National pour les élections européennes de 2009, avec récupération de l'image du socialiste Jean Jaurès [1859-1914] et manipulation d'une citation de ce dernier, mars 2009 ; Nicolas Sarkozy à Châtelleraut le 31 mars 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jacques Brinon)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 13 commentaires - Recommander
Mardi 24 mars 2009
Chaque année, à la même époque, vers février-mars, c'est décidément presque toujours la même chose : je connais un passage à vide. Après plus d'un mois de silence, on me demande ce que je deviens...
Ces dernières semaines, j'ai été malade, et assez dépressif... C'est ainsi, et je peux bien le dire ici, même si je n'ai pas l'intention de me plaindre de mon sort outre mesure, car cela n'est pas mon genre, surtout par écrit, et que, de toute façon, même si je suis encore malade à l'heure où j'écris, je vais un petit peu mieux à présent... Le fait est, en tout cas, que je traverse une période de ma vie assez peu enthousiasmante... Le chômage, l'ennui, l'absence de perspective, la fameuse crise servie tous les jours sur un plateau par les médias de masse, etc. Il n'y a pas beaucoup de place pour l'espoir dans mon esprit, ces temps-ci... Bien entendu, nous avons la chance de vivre dans un pays riche avec des minima sociaux, et bien évidemment, je ne suis "pas tout seul" puisque "tout le monde a des problèmes", mais ce n'est pas en me disant cela que ma situation me paraitra forcément plus supportable... Néanmoins, quel que soit la laideur du contexte actuel, il faut bien faire avec... et essayer de s'occuper en attendant des jours meilleurs... Cela n'est pas facile, mais cela vaut sans doute mieux que de se laisser aller et de se ramollir chaque jour un peu plus, ce qui est aujourd'hui, pour moi comme pour d'autres, une tentation permanente, et très sérieuse : lorsque la résignation et le désespoir prennent peu à peu le dessus, on prend fatalement de mauvaises habitudes, et on finit par devenir tout mou, avec une vie qui ne ressemble plus à rien, ou presque...


Ceci dit, à présent, pour essayer d'aller de l'avant malgré tout, une question se pose, peut-être : Quid novi ? (Quoi de nouveau ?)
Quoi de neuf, docteur ? Pas grand-chose, assurément... Nous continuons tous notre route vers la mort, la vie étant une maladie sexuellement transmissible et à coup sûr mortelle... Ainsi s'écoulent les heures de nos misérables existences : vulnerant omnes, ultima necat (Toutes blessent, la dernière tue.)... Dès lors, que faire du temps qui nous est imparti, en attendant la fin ? Telle est sans doute la seule vraie question...
En dépit d'un contexte général fort morose, lequel n'incite guère à être très actif, la neuvième République des Blogs de Toulouse, qui a eu lieu vendredi dernier, 20 mars 2009, est sans doute une occasion de réveiller quelque peu le présent blog. Il aurait été probablement préférable que je rende compte au plus tôt de ce neuvième rendez-vous des blogueurs politiques toulousains, dans un article qu'il aurait fallu que je publie dès le lendemain ou le surlendemain dudit rendez-vous... mais j'ai eu besoin de laisser passer quelques jours avant de parvenir à mener à bien la rédaction d'un article à peu près acceptable, à présent enfin proposé ici...


La neuvième République des Blogs de Toulouse (RdB) a donc eu lieu le 20 mars dernier, entre 18h30 et 22h30 environ, au Fairfield Café, nouvelle enseigne du Ferdillon, bar lounge musical de la place du Fer-à-Cheval qui a réouvert depuis environ un mois, après une période de travaux... dont nous avons pu constater qu'elle n'était pas forcément terminée, compte tenu des coups de marteau entendus sur place ce soir-là, notamment vers 21h00... ;-)
Cette fois-ci, nous étions quatre : outre votre serviteur, il y avait, bien entendu, la blogueuse "M.", toujours co-organisatrice de la RdB, qui s'occupe toujours du blog intitulé "Le Rocrocodile kinépeuthe", la blogueuse Christie, qui s'occupe toujours du blog "Alluvions", ainsi que Dante, un des lecteurs réguliers du présent blog, qui nous a rejoint à 20h00.
Philippe David, co-organisateur de la RdB et auteur du blog "Vu de droite", a été, ce vendredi-là, retenu à Saint-Etienne pour des raisons professionnelles et n'a donc pas pu être présent. Nous avons néanmoins réussi à le joindre par téléphone, vers 19h00-19h30. Il nous a répondu alors qu'il se trouvait sur le chemin du retour, quelque-part entre Saint-Etienne et Montauban, et plus précisément aux confins de l'Auvergne et du Limousin. Philippe m'annonçant qu'il vient d'entrer en Limousin, non loin de la Corrèze chère à Jacques Chirac, nous plaisantons en nous disant qu'il serait possible que Philippe aille faire un petit détour du côté du château de Bity, propriété corrézienne de Jacques et Bernadette Chirac, ne serait-ce que pour saluer le fait que Nicolas Sarkozy, le 18 mars dernier, à Paris, a décoré de la Légion d'honneur ladite Bernadette Chirac, ce qui est "une honte", comme le dit Philippe. Pauvre France : elle est bien mal lotie en ce moment... et avec des élites pareilles, elle n'est pas sortie de l'auberge...


Je demande à Philippe de répondre à la grande question d'actualité "Jusqu'où ira la connerie politique en 2009 ?". Il me dit : "Je te réponds en anglais : NO LIMIT". Et il est vrai qu'avec Olivier Besancenot, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Christine Boutin, les "antifascistes radicaux", Jacques Séguéla, et tous les autres, on voit mal jusqu'où exactement pourrait bien aller la connerie politique en 2009, tant le développement de la ladite connerie politique semble, effectivement, ne pas avoir de limites : toujours plus loin, toujours plus profond... sur le chemin de la connerie politique, les champions ne manquent pas et leurs performances sont toujours en progression...
Nous devisons encore un moment, puis, Philippe devant terminer son voyage de retour, nous finissons par interrompre la conversation téléphonique, en espérant qu'il pourra être à nouveau des notres lors de la prochaine République des Blogs de Toulouse, et nous poursuivons donc notre rendez-vous présent, en évoquant divers sujets d'actualité.
Au moment de déguster nos boissons, nous trinquons notamment à la seule bonne nouvelle survenue depuis le début de l'"Annus Horribilis" 2009 : l'ouverture du procès des électeurs fantômes du couple Tiberi dans le Ve arrondissement de Paris. L'heureux évènement a fait l'objet d'un article intéressant dans Le Canard Enchaîné au début du mois dernier. Je le reproduis ici :


"Les électeurs fantômes des Tiberi hantent enfin le tribunal


Douze ans après les révélations du « Canard », le procès des faux électeurs du couple Tiberi a commencé, le 2 février, devant le tribunal correctionnel de Paris. La justice fait des progrès : une autre affaire d'électeurs fantômes (celle du IIIe arrondissement de Paris) a été jugée en 2006, dix-sept ans après l'ouverture de l'information judiciaire...
    En 1997, il n'avait fallu que trois mois d'enquête au « Canard » pour mettre au jour les pratiques frauduleuses du Ve arrondissement, fief de Jean Tiberi et de son épouse, l'inénarrable Xavière. Une simple copie des listes électorales (document public), une longue tournée des boîtes aux lettres et des centaines de coups de téléphone de contrôle avaient permis de découvrir un flot de votes illégaux, estimé entre 3 000 et 4 000.
    Sur 41 437 électeurs inscrits, « Le Canard » a alors vérifié, un par un, 7 927 noms. Résultat : une pêche miraculeuse. Alors que le taux de personnes ne résidant pas à l'adresse indiquée ne dépassait guère la barre des 10 % dans les bâtiments « ordinaires », il grimpait à 40 %, voire à plus de 60 % dans les immeubles municipaux ou appartenant à des proches des Tiberi.

Les cousins de Xavière

    Cet afflux de bons citoyens a assuré, durant des années, la réélection triomphale de Tiberi dès le premier tour aux municipales et aux législatives. Mais aussi celle d'un certain Jacques Chirac, élu du Ve arrondissement de 1977 à 1995.
    Le record : 92 % d'absents dans une bâtisse de la rue Claude-Bernard. La plupart de ces faux locataires avaient été recrutés parmi les éboueurs municipaux contre la promesse d'obtenir un (vrai) logement ou une promotion. Mieux : le proprio qui avait signé les attestations de domicile avait été désigné par le maire Tiberi pour siéger à... la commission de révision des listes électorales de l'arrondissement.
    D'autres membres du clan entassaient les électeurs fantômes dans leur propre appartement. Anne-Marie Affret, alors première adjointe au maire du Ve et qui figure aujourd'hui parmi les 9 prévenus, « hébergeait » ainsi 15 personnes dans son HLM de la rue Saint-Médard. Des cousins de Xavière étaient domiciliés, tout aussi fictivement, dans un immeuble social de la rue Galande. L'équipe Tiberi avait même réquisitionné la loge de la concierge de la mairie d'arrondissement et mobilisé des lycées et la caserne locale de la garde républicaine pour accueillir des bataillons d'électeurs fictifs...
    « Le Canard » a retrouvé en 1997 (grâce à un simple Minitel) la véritable adresse d'une partie des tricheurs. La plupart étaient logés dans des HLM municipaux d'autres arrondissements de Paris, et même en banlieue.

Tout fier de frauder

    Certains assumaient carrément la fraude, comme ce brave militant qui fanfaronnait : « Je n'ai jamais habité dans le Ve, j'y vote, c'est comme ça et ça continuera ! »
    D'autres racontaient comment le clan Tiberi les avait inscrits d'office sur les listes du Ve, alors même qu'ils n'avaient jamais résidé dans cet arrondissement. Une dame habitant dans le XIIe s'extasiait de la gentillesse de ses bienfaiteurs qui envoyaient, à chaque scrutin, une voiture pour l'emmener voter dans le Ve...
    De leur côté, les juges qui ont instruit les plaintes déposées par les socialistes et les Verts n'ont guère chômé. Mais ils n'ont disposé, pour les épauler, que d'une minuscule équipe de gendarmes qui ont été priés par leur hiérarchie d'arrêter leurs investigations durant les campagnes électorales de 2001, 2002, 2004... Au nom de la « tradition républicaine ».
    Résultat : après avoir détecté 6 000 électeurs suspects, ils n'ont pu en interroger qu'un échantillon d'environ 200 personnes. Les magistrats instructeurs ont dû aussi batailler contre le parquet de Paris, qui, dernière manoeuvre, a retardé durant deux ans la clôture du dossier.
    Heureusement, les fantômes, ça ne meurt jamais.

Hervé Liffran"

(Le Canard Enchaîné N°4606, 4 février 2009)

Un mois après l'ouverture du procès, le 2 mars 2009, considérant que le député-maire UMP Jean Tiberi était bien "l'instigateur" de la fraude électorale commise à la mairie du Ve arrondissement de Paris, le procureur a requis à son encontre une peine de cinq ans d'inéligibilité, à la hauteur de "la gifle" infligée aux électeurs. Plus précisément, ledit procureur a requis, d'une part, un an de prison avec sursis, 10.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité à l'encontre de Jean Tiberi et, d'autre part, dix mois avec sursis, 5.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité pour son épouse Xavière. Une peine quasi-identique a été demandée contre la première adjointe Anne-Marie Affret, avec une amende toutefois réduite à 3.000 euros, ladite Anne-Marie Affret ayant fait des aveux et ayant laissé entendre, sans jamais accuser directement les Tiberi, que les instructions venaient d'eux. Au début du procès, la condamnation de Jean Tiberi, qui fut le successeur de Jacques Chirac à la Mairie de Paris de 1995 à 2001, et qui est toujours aujourd'hui le député-maire du Ve arrondissement, semblait bien improbable, mais finalement, tout espoir ne semble pas perdu, et on ne peut que s'en réjouir, même si le chemin judiciaire est encore long avant que les Tiberi soient définitivement condamnés comme ils le méritent...


Après les Tiberi, nous évoquons Jacques Séguéla, l'inénarrable publicitaire de 75 ans, ancien conseiller en communication des candidats à l'Elysée François Mitterrand et Lionel Jospin, converti au sarkozysme entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007, et qui désormais aussi connu pour avoir organisé chez lui, à l'automne 2007, le dîner au cours duquel Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, fraîchement divorcé de sa deuxième épouse, rencontra la chanteuse et ancienne mannequin Carla Bruni. Le 13 février dernier, lors d'un entretien sur le plateau de l'émission télévisée "Les 4 vérités" - dont l'alias Dante considère qu'elle devrait parfois plutôt s'appeler "Les 4 mensonges" -, au journaliste qui évoquait le côté ostentatoire, dit "bling bling", de Sarkozy qui lui a été reproché au début de son mandat présidentiel, et notamment son goût affiché pour les montres de luxe, et qui demandait à Jacques Séguéla s'il s'agissait là d'une erreur de communication présidentielle, ledit Séguéla a déclaré :


"C'est une erreur journalistique. Comment peut-on reprocher à un président d'avoir une Rolex ? Une Rolex... Enfin... tout le monde a une Rolex. Si à cinquante ans, on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie !"

(Jacques Séguéla, lors d'un entretien sur le plateau de "Télématin", émission "Les 4 vérités", France 2, 13 février 2009)

D'après sa nouvelle épouse Carla Bruni-Sarkozy, il parait que Nicolas Sarkozy s'est récemment mis à lire les Pensées de l'empereur romain stoïcien Marc Aurèle (121-180 après J.-C.), oeuvre majeure de la philosophie antique que j'ai eu l'occasion de citer ici dans un de mes précédents articles, en octobre 2007. Bouleversante révélation. Et voila donc où était le problème : à 50 ans, en 2005, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa avait probablement bien une montre de marque Rolex, comme l'exigeait son âge (selon Séguéla), mais, par contre, il n'avait pas encore lu les Pensées de Marc Aurèle... Et c'était vraisemblablement toujours le cas lors de son élection à la plus haute charge de l'Etat en 2007... D'où les malheurs de la France aujourd'hui, sans doute. Sarkozy serait-il cependant sur le point d'être touché par la grâce ? Ce serait bien étonnant... Il n'est certes jamais trop tard pour découvrir les grandes oeuvres de la philosophie, mais je doute fort, malheureusement, que le fait que Sarkozy ait subitement découvert l'existence des Pensées de Marc Aurèle change quoi que ce soit à la médiocrité qui caractérise depuis toujours ce politicien égocentrique, opportuniste et superficiel qu'est ledit Sarkozy... Saluons tout de même les efforts de Carla Bruni-Sarkozy pour essayer de mettre un peu de culture dans la tête de son mari, en le faisant notamment lire, même superficiellement, quelques livres... L'actuelle Première Dame de France sert au moins à cela, en plus du fait qu'elle accompagne son mari lors de certains de ces voyages à l'étranger...


Il est 20H00 : l'alias Dante vient nous rejoindre... Ce soir, il est un peu notre "grand témoin", comme Max Gallo dans l'émission télévisée "Droit d'inventaire" présentée par Marie Drucker sur France 3 (ne le prends pas mal, cher Dante : je plaisante ! ;o) ). Nous parlons, d'abord, de l'ouverture du procès de la catastrophe d'AZF à Toulouse, catastrophe, qui, rappelons-le avait fait une trentaine de morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001. Le procès en correctionnelle de l'explosion de l'usine AZote Fertilisant (AZF), appartenant à la SA Grande Paroisse, filiale du groupe Total, s'est en effet ouvert le 23 février dernier à Toulouse, pour tenter de déterminer les responsabilités dans cette explosion et, si cela est possible, de faire la lumière sur la plus grande catastrophe industrielle survenue en France depuis la Deuxième Guerre mondiale.


Dante a fait partie des victimes de cette catastrophe, son domicile se trouvant non loin du lieu de l'explosion. Il évoque son expérience personnelle lors de l'évènement, le traumatisme engendré par le choc de l'explosion, une couverture médiatique dudit évènement pas toujours faite sérieusement (c'est le moins que l'on puisse dire) par certains journalistes ou assimilés, et même le fait que l'alias Dante, blessé à la tête à la suite de l'explosion, a été recousu par un médecin gynécologue, alors mobilisé pour soigner les blessés légers... Concernant le procès lui-même, qui a finalement lieu alors que l'on a longtemps cru qu'il ne s'ouvrirait jamais, il n'y a pas forcément grand-chose à en dire. Les experts, après l'instruction close en 2006, ont retenu la piste d'un accident chimique, rejetant notamment les hypothèses d'un attentat. Le groupe Total, qui a déjà versé 2 milliards d'euros d'indemnisations, conteste de son côté les conclusions de l'instruction, estimant que toutes les pistes, dont l'hypothèse terroriste, n'ont pas été suffisamment exploitées. Le 19 mars dernier, la défense du directeur de l'usine AZF, et de Grande Paroisse (filiale de Total) a critiqué au procès les débuts de l'enquête, notamment la rapidité avec laquelle l'hypothèse d'un accident a prévalu sur celle d'un attentat dès le jour de la catastrophe, ladite défense ayant notamment suggéré une précipitation des pouvoirs publics à utiliser le terme d'accident "pour des raisons d'ordre public", l'explosion de l'usine AZF ayant eu lieu, on s'en souvient, peu de temps après les attentats islamistes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d'Amérique. Interrogé par des avocats de la défense sur ce sujet, le préfet de Haute-Garonne de l'époque a "catégoriquement" démenti que ce fameux 21 septembre les représentants de l'Etat, dont Jacques Chirac (alors président de la République) et Lionel Jospin (alors Premier ministre), présents à Toulouse, aient décidé "d'avancer l'hypothèse accidentelle pour éviter les débordements". Chirac, pour sa part, a refusé de venir au procès dès l'ouverture de celui-ci, le 23 février, invoquant son statut constitutionnel d'ancien chef de l'Etat, comme à son habitude. Jospin, lui, qui était cité comme témoin, a refusé de venir le 19 mars, indiquant dans une lettre qu'il ne disposait "d'aucune information particulière". Bravo, Lionel : cette fois-ci, au moins, tu auras été à la hauteur de la situation...
Dante estime que le procès de la catastrophe d'AZF n'aboutira à rien, car le groupe Total est trop puissant financièrement pour être sérieusement inquiété vis-à-vis de ses responsabilités. Toujours est-il que ce procès est filmé et enregistré, ce qui est une première en France en correctionnelle, et que le délibéré devrait être rendu en novembre...


Nous en venons ensuite à parler des manifestations de jeudi dernier, 19 mars. Dante, cette fois-ci encore, est notre "grand témoin" ;-), puisqu'il a participé aux journées de mobilisation sociale des 29 janvier et 19 mars. Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 18 février dernier, avait annoncé, sans satisfaire les syndicats, une série de mesures destinées aux Français touchés par la crise, chiffrées à 2,6 milliards d'euros, à l'issue d'un sommet social organisé à l'Elysée. L'enveloppe mise sur la table avait beau être supérieure à la somme de 1,4 milliard évoquée le 5 février par l'actuel chef de l'Etat, elle restait en-deçà des attentes des syndicats qui l'avait jugée "insuffisante". Déçus notamment de l'absence de mesures sur les salaires, lesdits syndicats s'étaient montrés décidés, en sortant de la réunion du 18 février, à "maintenir la pression" sur le gouvernement, notamment par une deuxième journée d'action prévue pour le mois suivant. C'est ainsi que, le 19 mars, cette deuxième journée de mobilisation destinée à arracher de nouvelles mesures au gouvernement en faveur des salariés a finalement fait descendre dans la rue plus de manifestants que le 29 janvier, soit 1,2 million (selon la police) à 3 millions (selon la CGT) de personnes sur l'ensemble du territoire national. Bien entendu, comme cela était évidemment prévisible, Sarkozy et son gouvernement sont restés inflexibles au lendemain du succès de la journée de manifestations, écartant tout nouveau plan de relance, réclamé par les syndicats... Pas de surprise, donc, même si la mobilisation lors de cette journée du 19 mars a été apparemment très forte... A Toulouse, 41.000 à 110.000 personnes ont défilé l'après-midi de ce jour-là (elles étaient 56.000 à 90.000 le 29 janvier) au cri de "Augmenter les salaires, arrêter les licenciements" ou avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Bientôt 50 ans et toujours pas de Rolex" ou "Proxénétisme du Medef, prostitution du gouvernement(eur)". L'alias Dante, qui a participé à la manifestation toulousaine, évoque avec nous la grande foule qui a défilé cette après-midi-là dans les rues de la Ville Rose, et le fait qu'il a aperçu, à cette occasion, au milieu de ladite foule, Jean-Luc Mélenchon, sénateur ex-socialiste bien connu désormais pour avoir claqué (bien tardivement) la porte du PS, il y a quelques mois, pour fonder son curieux "Parti de Gauche" (P.G. ou P.D.G. ? On hésite encore sur le juste acronyme... ;o) ). Sénateur de l'Essonne, et heureux de l'être jusqu'ici, Mélenchon est à présent candidat auto-parachuté dans le Sud-Ouest à l'occasion des prochaines élections européennes. Sa présence dans la manifestation toulousaine du 19 mars ne devait donc rien au hasard, et montre, en tout cas, que Besancenot n'est visiblement pas le seul à vouloir récupérer et politiser le mécontentement de la population française.


De Besancenot, de son NPA, et du rôle qu'ils jouent en faveur de Sarkozy de Nagy-Bocsa, il en est justement question à plusieurs reprises dans nos discussions entre blogueurs, même si, je l'avoue, c'est surtout moi qui évoque le sujet... J'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion d'en parler, mais puisque le Nouveau Parti Anticapitaliste a désormais officiellement remplacé la LCR, laquelle s'est finalement autodissoute le 5 février dernier, et puisqu'il parait que Besancenot caracole en haut des sondages parmi les personnalités les plus populaires, et qu'il est, dit-on, devenu à gauche "celui dont on pense qu'il peut changer les choses" (quelle blague !), j'y reviens à nouveau ici, pour rappeler quelques vérités.


C'est une évidence, aujourd'hui plus encore qu'hier : Besancenot est le meilleur allié de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. L'année dernière, le 7 juin 2008, l'actuel chef de l'Etat avait déjà eu l'occasion de le dire à François Hollande, à l'époque encore Premier secrétaire du PS, alors que tout deux se trouvaient dans un avion présidentiel revenant de Beyrouth à la suite d'un voyage officiel au Liban :


"Vous nous avez bien emmerdés avec Le Pen pendant des années, maintenant on va vous niquer avec Besancenot."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa s'adressant à François Hollande, alors Premier secrétaire du PS, dans un avion présidentiel revenant de Beyrouth, le 7 juin 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4573, 18 juin 2008)

Plus récemment, dans le contexte de crise et de mécontentement populaire que nous connaissons, Sarkozy s'est montré plus explicite encore, dans la semaine du 9 au 15 mars derniers, en répétant ce message à ses conseillers :

"Il faut attiser le feu à gauche en valorisant Besancenot. Le PS aura tendance à s'aligner sur les positions de l'extrême-gauche et passera ainsi pour archaïque."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa s'adressant à ses conseillers, avant le week-end de la semaine du 9 au 15 mars 2009, cité in Le Canard Enchaîné N°4612, 18 mars 2009)

Sarkozy affirme même désormais "apprécier" Besancenot, à titre personnel (cf. Le Canard Enchaîné N°4612, 18 mars 2009, op.cit.). Par ma barbe ! Il peut assurément se permettre de l'"apprécier", tant ledit Besancenot sert fort bien aujourd'hui les intérêts de l'actuel chef de l'Etat, que cela plaise ou non aux militants du NPA... En ces temps de gouvernance particulièrement difficile pour le pouvoir sarkozyste, quoi de mieux que de "gentils" démagogues spécialistes de la dénonciation sans perspectives pour empêcher la gauche de gouvernement, et tout particulièrement le PS, de reprendre du poil de la bête ? La solution est excellente pour Sarkozy, s'il veut gagner du temps en attendant des jours meilleurs et se ménager le plus de chances possible de remporter des succès électoraux pour lui et son camp d'ici 2012... En outre, le contexte dans lequel évolue encore actuellement la gauche de gouvernement ne peut que servir la stratégie sarkozyste, puisqu'il faut sans doute reconnaître que si Besancenot est assurément le meilleur allié de Sarkozy, ceux qui favorisent ledit Besancenot n'en sont pas moins aussi, involontairement, les socialistes...
L'enjeu pour le PS, on le sait, n'est plus seulement aujourd'hui d'être audible face à la droite au pouvoir, mais aussi d'être une alternative crédible, forcément plus crédible qu'un misérable NPA. Or, on le voit bien, la route est encore longue, et les problèmes nombreux...
Ceci dit, et j'insiste là-dessus, le fait est que le Parti Socialiste, principal parti d'opposition en France, sans qui aucune défaite de Sarkozy et des sarkozystes aux élections nationales n'est possible, est confronté à deux problèmes particuliers, parmi d'autres : Besancenot et Bayrou. Ces deux futurs candidats (sauf accident) à l'élection présidentielle de 2012 font, chacun de leur côté, tout ce qu'ils peuvent pour donner l'illusion d'une crédibilité d'action derrière leurs discours de dénonciation, dirigé en partie contre Sarkozy mais aussi contre le PS. Je n'exonère pas le Parti Socialiste de ses fautes, et en tant qu'adhérent du PS en free lance (mais à jour de cotisation), je n'entend pas passer mon temps à chanter jour après jours les louanges de ce parti. Si Besancenot et Bayrou font les malins dans les médias aujourd'hui, il est bien évidemment que cela est d'abord dû au fait que, pendant des années, le PS n'a pas fait son boulot. Jusqu'ici, c'est un fait, le PS n'a pas réussi à créer un récit structuré pour ramasser tous les mécontentements et les transformer en un projet positif, et c'est pour cela que s'agitent médiatiquement aujourd'hui des démagogues de tout poil, qu'ils se réclament de "l'anticapitalisme" ou d'un prétendu "humanisme"... Tout cela, nous le savons. Mais les fautes du PS, aussi importantes soient-elles, ne doivent pas pour autant servir d'excuse pour passer sous silence ce que sont réellement ceux qui, à l'extrême-gauche ou au centre-droit, veulent le démolir !
Olivier Besancenot et François Bayrou sont des escrocs. Des escrocs ! Escrocs : E, S, C, R, O, C, S. C'est clair, non ? Combien de fois devrais-je le répéter ? Besancenot, avec son NPA, prétend incarner l'anticapitalisme, mais il n'est en réalité qu'un énième démagogue que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa prend plaisir à manipuler tel un pantin pour affaiblir le PS. Quant à Bayrou, cet autre démagogue, il peut bien continuer à jouer hypocritement les innocents vertueux en prétendant proposer un projet "pas étatiste, pas capitaliste, pas socialiste, simplement et pleinement humaniste" (cf. Marianne N°621, 14-20 mars 2009), cela ne devrait tromper personne, car, en réalité, le programme de Bayrou tient en une seule phrase : "Je veux être Président". Ni plus, ni moins. Et que l'on ne me dise pas que Besancenot et Bayrou sont "dans leur rôle". Ce sont des escrocs, pas des alternatives éventuelles. Le NPA de Besancenot et Krivine est une arnaque aussi bien pour ceux qui aspirent à une véritable révolution d'inspiration marxiste que pour ceux qui souhaitent continuer à jouer le jeu des élections dans le cadre d'institutions démocratiques. Le MoDem de Bayrou, lui, est une coquille vide, qui n'existe que pour servir la candidature personnelle de Bayrou à la plus haute charge de l'Etat. Ce n'est pas parce que Besancenot et Bayrou se font voir et entendre dans les médias de masse qu'ils ont quelque-chose d'intéressant à proposer : leurs "programmes" ne sont pas des alternatives, mais simplement du vent. Et ce n'est pas la peine de continuer, des mois après le congrès socialiste de Reims, à donner des leçons en passant son temps à critiquer le PS sous prétexte que lui non plus n'a pas de programme crédible. Détracteurs fanatiques du PS, sachez-le, une bonne fois pour toutes : votre disque est rayé. Martine Aubry elle-même a eu la franchise de déclarer, lors du bureau national du PS du 17 mars dernier : "On n'est là que depuis trois mois, alors, on ne va pas inventer en trois semaines le projet du PS qui n'a pas été écrit en dix ans !" (cf. Le Canard Enchaîné N°4612, 18 mars 2009, op.cit.) Et c'est vrai ! On ne construit pas une alternative crédible au pouvoir en place en cinq minutes et en claquant des doigts ! Comme dirait Jacques Chirac, "c'est comme ça ! Et il faut le comprendre !" ;op


Malgré des contrariétés de toutes sortes, Martine Aubry a plus ou moins réussi, après le congrès calamiteux de Reims, à rassembler le Parti Socialiste, au moins formellement, en intégrant notamment à la direction du PS les partisans de Ségolène Royal, le 24 février dernier. Après, bien entendu, on peut toujours critiquer sur le fond. Mais les choses ne sont pas simples, pas aussi simples qu'une manifestation-défouloir avec des slogans convenus... Construire un projet politique crédible demande du temps, et cela est incompatible avec la tyrannie de l'urgence et la tyrannie des apparences qui ont tendance à s'imposer partout aujourd'hui. Alors, que doivent faire les électeurs déboussolés de la gauche ? Dans le meilleur des cas, prendre leur mal en patience et ne pas céder à la tentation imbécile de voter pour le NPA ou pour le MoDem, car il n'y a rien à attendre ni de Besancenot, ni de Bayrou, si l'on souhaite mettre fin un jour aux méfaits du sarkozysme actuellement au pouvoir. Cela dit, chacun fait comme il l'entend, et, encore une fois, comme l'a fort justement écrit Jacques Chirac, "les Français peuvent voter bien ou mal, et stupidement s'ils le veulent, c'est leur droit".


Mais revenons à notre compte-rendu de la neuvième République des Blogs de Toulouse... Beaucoup d'autres sujets d'actualité sont évoqués. Nous parlons notamment du pape Benoît XVI, de Christine Boutin, des conservateurs religieux et de leurs certitudes dogmatiques. Dans un registre plus léger, nous trouvons même encore le moyen de parler à nouveau du "French lover" socialiste Dominique Strauss-Kahn, dit DSK, actuel directeur général du FMI, et de ses "faiblesses" de type clintonien désormais bien connues... ;-) Nous parlons finalement peu des élections européennes du mois de juin prochain, les campagnes des différents partis politiques pour cette échéance commençant alors à peine... De ces élections, il en sera sans doute davantage question lors du prochain rendez-vous, au mois de mai.
L'ambiance de l'établissement qui nous accueille n'est pas, il faut bien l'avouer, à la hauteur de ce que nous espérions : musique trop forte du début à la fin et nous empêchant parfois de facto de nous entendre parler, coups de marteaux sur les murs (de la cave ?) en pleine soirée, amuses-gueules assez chichement distribués en accompagnement de nos boissons, éclairages rendus volontairement défaillants vers la fin de notre rendez-vous pour nous pousser "gentiment" vers la sortie, etc. Assurément, nous sommes plutôt déçus par notre lieu d'accueil : le Fairfield n'est plus le Ferdillon que nous avons connu lors de précédentes éditions de la République des Blogs de Toulouse...
Du coup, la RdB se termine sur le trottoir, place du Fer-à-Cheval. Dans le froid nocturne à présent survenu au terme d'une journée jusque-là agréable sur le plan climatique, nous pensons au monde de ce début du XXIe siècle qui nous tend les bras : un monde merveilleux de "commerciaux écolos", dans lequel le bonheur des peuples se mesure désormais exclusivement à l'aune du pouvoir d'achat et du développement durable... Et de fil en aiguille, la RdB se termine sur cet horrible constat : l'homme est un loup pour l'homme, les hommes aiment se manger entre eux, et nous sommes condamnés à nous bouffer les uns les autres... A quand un jambon d'immigré, une entrecôte de raciste, un steack de patron ou un salarié à la broche servis dans les restaurants avec une T.V.A. à 5,5 % ? "Beurk", dites-vous ? Comment ça, "beurk" ? Allons, ne faites pas la fine bouche, chers lecteurs : l'homme est un être si stupide qu'il n'a rien trouvé de mieux que de rajouter à la loi de la jungle des origines une loi de la jungle supplémentaire au sein de la civilisation qu'il a crée. Manger, ou être mangé. Avoir une Rolex en ayant bouffé ses congénaires humains, ou rater sa vie en se faisant bouffer par ces mêmes congénaires... Et tant pis pour ceux qui n'arrivent pas à bouffer les autres pour survivre au sein de la "civilisation". Comme dirait l'autre, "je sais, c'est injuste, mais la vie est injuste". Espérons tout de même que l'arrivée du printemps, très attendu cette année, nous aidera à laisser un peu de côté toutes ces pensées négatives entretenues par le sinistre contexte actuel...


Heureusement, cette neuvième République des Blogs de Toulouse s'est conclu de façon positive par une blague que nous a proposé l'alias Dante : "Qu'est-ce que ne peux plus faire un trader lorsqu'il a à nouveau les bourses pleines ? Ben... Krach-krach !!!" Assurément, en ces temps de crise, l'esprit de DSK ne nous quitte pas... ;o)
Du reste, à propos de crise, au moment de mettre le point final à cet article, voila qu'une dépêche hilarante de l'Agence France Presse vient d'être publiée. La voici :


Sarkozy : face à la crise, chacun a une "responsabilité morale"


Nicolas Sarkozy a estimé mardi [24 mars] que face à la crise, chacun a "une responsabilité morale", lors d'une réunion publique à Saint-Quentin (Aisne).

"Dans une crise de cette nature, face aux risques qu'elle recèle, on ne peut pas se contenter d'être responsable que de son parti, de son entreprise ou de son syndicat", a déclaré le chef de l'Etat, dans un discours sur sa politique économique.

"Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d'entre nous, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société, a une responsabilité morale", a-t-il dit. "Chacun d'entre nous doit s'interroger sur les conséquences de ce qu'il dit et de ce qu'il fait".

"Chacun d'entre nous doit s'efforcer de ne pas céder à la démagogie, car comme toujours la démagogie enfantera le populisme", a ajouté M. Sarkozy.

"Chacun d'entre nous doit se demander tout le temps si ce qu'il décide est juste car la crise, avec les sacrifices qu'elle impose, rend l'injustice encore plus insupportable".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 24 mars 2009, 19h39)

Ainsi, selon Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, "chacun d'entre nous doit s'efforcer de ne pas céder à la démagogie, car comme toujours la démagogie enfantera le populisme"... Ha ! Ha ! Ha ! Parole de spécialiste ! ;op

A plus tard,

Cordialement, :-)

Hyarion.
 

(Illustrations : La bonne fortune, huile sur toile [1945] par René Magritte, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ; Autoportrait mou avec du lard grillé ["Soft self portrait"], huile sur toile [1941] par Salvador Dalí, Figueras, Teatre-Museu Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí ; Ancien en-tête du blog de la République des Blogs de Toulouse [http://republogtoulouse.blogspot.com/] ; Nicolas Sarkozy remettant la Légion d'honneur à Bernadette Chirac le 18 mars 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jacques Brinon ; Logotype fantaisiste associant une caricature de Jean Tiberi [2008] par Kiro avec le logotype du film S.O.S. Fantômes [Ghostbusters ; 1984] d'Ivan Reitman ; Jean Tiberi arrivant avec son épouse Xavière, le 2 mars 2009 au Palais de Justice de Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jacques Demarthon ; Nicolas Sarkozy et son épouse Carla visitant des pyramides de Teotihuacan, près de Mexico, le 8 mars 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Alfredo Estrella ; Plan de Toulouse et de l'usine AZF où 300 tonnes de nitrate d'ammonium ont explosé le 21 septembre 2001, ©AFP/Infographie ; La manifestation toulousaine lors de la journée nationale de mobilisation sociale, le 19 mars 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Cabanis ; Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse, le 12 novembre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Lionel Bonaventure ; Montage photo de deux alliés objectifs : à gauche, Olivier Besancenot, prononçant un discours à l'occasion de la création du Nouveau Parti Anticapitaliste [NPA] à Saint-Denis, près de Paris, le 6 février 2009, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters, et à droite, Nicolas Sarkozy le 25 octobre 2008 au sommet Asie-Europe à Pékin, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Ng Han Guan ; Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste, le 11 mars 2009 au siège du parti à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Olivier Laban-Mattei ; Jacques Chirac au dernier Salon de l'Agriculture le 24 février 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Patrick Kovarik ; Le directeur général du Fonds monétaire international [FMI] Dominique Strauss-Kahn s'exprimant devant le conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail à Genève, le 23 mars 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Nicolas Sarkozy prononçant un discours, le 24 mars 2009 à Saint-Quentin, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gérard Cerles)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009
Oui, oui, je sais, je sais : je suis terriblement en retard, encore une fois ! Il y a quelques jours déjà, presque une semaine, le samedi 31 janvier 2009, le Blog de l'Anarcho-Monarchiste a discrètement célébré son deuxième anniversaire. J'avais prévu de consacrer, dès le lendemain ou le surlendemain, un article à cet évènement interplanétaire, mais le temps m'a vraiment manqué pour le faire jusqu'à aujourd'hui, et j'avoue, en outre, que j'ai eu l'esprit occupé par bien des soucis ces jours derniers, ce qui m'a souvent empêché de me concentrer sur la rédaction de cet article finalement ici proposé... Je suis donc très en retard, mais comme dirait Jacques Chirac : "C'est comme ça ! Et il faut le comprendre !" ;-)
Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste a donc aujourd'hui plus de deux ans d'existence. Après une parenthèse de quelques mois, entre mai 2007 et mars 2008, parenthèse durant laquelle il avait été rebaptisé "Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste", et où il avait été naïvement barbouillé de couleur orange (couleur qui a progressivement disparu du site entre décembre 2007 et mars 2008), le présent blog a aujourd'hui, et depuis longtemps maintenant, retrouvé sa véritable identité, son nom simple des premiers jours et ses sobres couleurs d'origine, avec des tons bleus et une touche de rouge... Blog politique et culturel, écrit par un citoyen français, ni capitaliste, ni marxiste, mais juste arnarcho-monarchiste, et résolument anti-sarkozyste, le Blog de l'Anarcho-Monarchiste s'efforce toujours de proposer à ses visiteurs un menu fait de réflexions, de lectures, d'écriture, de discussions, le tout avec un zeste d'humour satirique.
Selon les données comptabilisées au 1er février, au bout de deux années d'activité, le présent blog représente 290 974 pages vues au total et 145 677 visiteurs uniques depuis sa création. Durant la deuxième année d'existence du site, une journée record de consultation du blog a été constaté le 20 mars 2008, avec 1 352 pages vues par 483 visiteurs, le mois record de consultation et de fréquentation ayant été celui de septembre 2008 avec 29 443 pages vues et 15 434 visiteurs (le Blog de l'Anarcho-Monarchiste a alors atteint son plus haut taux de fréquentation en accueillant en moyenne, pendant ce mois-là, plus de 500 visiteurs par jour)...


Depuis l'automne dernier, le niveau de fréquentation du présent blog a substantiellement baissé, au point que le mois dernier, en janvier de cette année, le nombre de visiteurs mensuels est passé en dessous du niveau atteint l'année précédente à la même époque, avec 2703 visiteurs uniques en janvier 2009 contre 3711 en janvier 2008. Cette baisse est en partie due à une modification par la plate-forme Over-Blog, qui héberge le présent blog, des critères d'enregistrements des statistiques de fréquentation, depuis le 1er octobre 2008. Les visites qui sont comptabilisées depuis cette date, de façon plus affinée, sont censées appartenir aujourd'hui à un flux de visiteurs à caractère désormais plus qualitatif que quantitatif, ce qui me fait supposer que la fréquentation de mon blog sera désormais a priori moins élevée que lors de l'année 2008. Cela n'est pas un problème pour moi. Au contraire, même. Mieux vaut avoir un nombre modeste de visiteurs qui prennent vraiment le temps de visiter le blog et éventuellement d'y revenir, plutôt qu'une masse énorme de visites superficielles et sans lendemain...
A l'occasion du deuxième anniversaire du Blog de l'Anarcho-Monarchiste, j'ai relu beaucoup de textes constitutifs de cette aventure : mes propres articles, les commentaires laissés au bas desdits articles par mes lecteurs, ainsi que les courriels privés qui m'ont été adressés par certains de ces mêmes lecteurs, réguliers ou occasionnels. Cette relecture m'a permis de me représenter, en quelque sorte, l'évolution du présent blog et de son public, ainsi que ce qu'a suscité ce blog comme échanges, intérêts divers, interrogations, voire malentendus. En deux ans, mine de rien, que de chemin parcouru ! Quand je pense qu'à la naissance de ce blog, j'étais encore étudiant, engagé dans une voie sans issue, et qu'aujourd'hui, je suis chômeur et membre du club très fermé des derniers RMIstes de France, et donc engagé dans une autre voie également sans issue (du moins pour le moment), avec un blog qui me sert plus ou moins de dérivatif... Beau parcours, n'est-ce pas ? ;-| Allons, rassurez-vous, chers lecteurs : il n'est pas question de parler ici de mes petits soucis personnels, mais seulement du présent blog et du regard que peuvent avoir sur lui aussi bien son auteur que ses lecteurs...
Essayons d'aller à l'essentiel, car le temps me manque... L'aventure que réprésente le Blog de l'Anarcho-Monarchiste, pour fort intéressante et fort amusante qu'elle fut, a tout-de-même suscité des interrogations chez certains de mes visiteurs, qui me l'ont fait savoir, d'une manière ou d'une autre, durant la deuxième année d'existence du présent blog... Ainsi, à la suite de la relecture de certains commentaires et courriels, je me permets à présent de répondre rapidement ici à quelques-unes des questions les plus récurrentes et aussi les plus agaçantes qui ont, à un moment ou à un autre, brûlées les lèvres de certains de mes lecteurs...


Question : "Pourquoi une telle obsession pour Nicolas Sarkozy ?"

Depuis la fondation du présent blog, le 31 janvier 2007, il est vrai que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a été un sujet particulièrement privilégié, mais on ne peut pas me le reprocher, dans la mesure où j'avais annoncé la couleur dès le début : le sous-titre exact du Blog de l'Anarcho-Monarchiste était, à l'origine "Blog politique et culturel (résolument anti-sarkozyste)", la mention "(résolument anti-sarkozyste)" ayant finalement disparu du sous-titre depuis le 8 mars 2008, tandis que la fameuse citation anti-sarkozyste de Jacques Chirac ("Sarkozy, il faut lui marcher dessus..."), présentée en ouverture du blog depuis l'origine, est, elle, toujours restée en place, et le restera... car j'y tiens ! Les choses ont sans doute bien évolué en deux ans, mais il est vrai que même après les élections présidentielle et législatives, j'ai continué à parler souvent, trop souvent peut-être, de Sarkozy, jusqu'à aujourd'hui... au point d'avoir pu, par moments, donner l'impression d'être obsédé par ce personnage, pourtant si insignifiant en lui-même quand on y regarde de plus prêt... Ai-je donc été excessif ? Suis-je donc allé trop loin ? Ce qui est assez amusant, c'est que ceux qui me reprochent de trop parler de Sarkozy ne se gênent pourtant pas, dès qu'ils en éprouvent le besoin, de remettre le sujet sur le tapis, même quand pour ma part j'ai choisi de parler d'autre chose ! ;op Le problème est donc plus complexe qu'il n'y parait... Si vous prétendez parler des turpitudes actuelles de la vie politique française sur un blog, Sarkozy est relativement incontournable, qu'on le veuille ou non... Peut-on, en ce qui me concerne, parler d'"obsession" ou même de "fascination" pour Sarkozy, comme l'on affirmé certains de mes lecteurs ? Il ne saurait, en vérité, être question de "fascination", car l'actuel chef de l'Etat n'a évidemment absolument rien de fascinant ! Quant à l'obsession pour ce détestable personnage, elle a peut-être existé, sous une forme ou sous une autre, sous l'influence de la campagne présidentielle et de l'omniprésence plus qu'excessive de Sarkozy dans les médias de masse avant, pendant et plus encore après son élection à la plus haute charge de l'Etat. Mais aujourd'hui, en tout cas, c'est terminé. Il n'y a plus de fixation, si jamais il y en a une. En 2007, pendant la campagne électorale, j'ai haï Nicolas Sarkozy, mais aujourd'hui, comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, je n'éprouve plus pour le personnage qu'un mélange de mépris, de détestation et de pitié. Du reste, il y a longtemps maintenant que mon blog ne propose plus exclusivement des articles politiques, et Sarkozy est bien loin aujourd'hui, me semble-t-il, d'être le seul sujet abordé dans mes articles.
Aujourd'hui, dans le contexte difficile que l'on connait, marqué par une forte augmentation du chômage, l'entrée du pays dans la récession et une nouvelle baisse de la popularité de Sarkozy dans les sondages d'opinion, il semble qu'il soit redevenu de bon ton de pratiquer l'anti-sarkozysme le plus convenu, sous prétexte que la France est aujourd'hui plongée dans la crise et que, de l'avis général à présent, Sarkozy n'est décidément pas - quelle surprise ! ;-p - à la hauteur des attentes qu'il a suscité... Je pourrai me féliciter de ce nouvel état d'esprit, sans doute, moi qui souhaite tant que Sarkozy soit contraint le plus tôt possible, par la volonté du peuple, d'évacuer le plancher de l'Elysée, mais, que voulez-vous, il me faut bien avouer que hurler avec les loups n'est pas ma tasse de thé...


Le 29 janvier dernier a été, dans tout le pays, une journée de grèves et de manifestations à l'appel de nombreux syndicats, avec une mobilisation interprofessionnelle massive qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes pour la défense de l'emploi, du service public, des salaires, du pouvoir d'achat, et contre la mauvaise politique de Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas participé à cette mobilisation. Il y a longtemps que les manifestations dans la rue ne m'intéressent plus, si tant est qu'elles m'aient jamais vraiment intéressées... Là encore, cela n'est pas ma tasse de thé, et, du reste, je ne trouve guère d'utilité aux "manifs" d'aujourd'hui, qui ont seulement pour avantage de servir, sur la forme, de dérivatif à un peuple certes malheureux mais qui est constitué, sur le fond, de différents groupes sociaux et professionnels qui n'ont pas les mêmes intérêts ni les mêmes revendications... Alors, bien entendu, il faut bien constater que cette journée de grèves et de manifestations a sans doute au moins permis de bien se rendre compte - s'il en était besoin ! - de l'inquiétude de l'opinion publique face à la crise économique et financière et de la colère de plus en plus émergente chez beaucoup de personnes qui reprochent au pouvoir en place de ne pas être à la hauteur de la situation... Alors oui, bien entendu, dans un tel contexte actuel, la situation ne donne, sans doute, guère envie de rigoler... Et pourtant... Quand je pense à tous ces gens qui se disent forts mécontents de la politique de Sarkozy et de son gouvernement Fillon, et qui semblent ainsi redécouvrir, périodiquement, que Sarkozy n'est pas forcément là où il est pour agir en faveur de leurs petits intérêts, j'avoue que cela me fait tout de même un peu sourire. Et quand je pense que certains ont pu croire aux belles promesses de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et qu'à présent ils se plaignent du fait que Sarkozy ait fait preuve de "trahison" en manquant finalement à sa parole sur certains sujets, j'en rirai presque, si la situation actuelle n'avait pas un goût aussi amer... Pourquoi Sarkozy respecterait-il toutes ses promesses ? Il n'a pas voulu être élu pour cela. Vous n'êtes pas contents, citoyens ? Eh bien ! Il ne fallait pas voter pour cet énergumène, ni même lui faire confiance une fois élu ! A présent que l'on est devant le fait accompli, il est un peu tard pour protester... Cela dit, pour ma part, je continue, bien entendu, à ne souhaiter politiquement qu'une chose : que Sarkozy soit au plus vite contraint de quitter l'Elysée et la vie politique française, le tout de façon définitive. Même si ça ne résoudrait évidemment pas les problèmes de la France en crise, cela serait tout de même un sacré soulagement, au moins sur le plan symbolique...


Hier soir, jeudi 5 février, une semaine après la journée de mobilisation syndicale massive du 29 janvier, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a voulu expliquer sa politique économique à la télévision et à la radio, en répondant aux questions de quatre journalistes lors d'une émission "exceptionnelle" d'une heure et demie, intitulée "Face à la crise", et diffusée à partir de 20H15 en direct sur TF1, France 2, M6 et RTL. Chers lecteurs qui me croyez obsédé ou "fasciné" par Sarkozy, vous allez peut-être être déçus... Car disons-le tout de suite : cette fois-ci, je n'ai même pas pris la peine de regarder cette nouvelle intervention radio-télévisée de l'actuel chef de l'Etat. Au moment où ladite intervention a été diffusée, je n'étais même pas chez moi, et je n'ai donc pu prendre partiellement connaissance de son contenu que plus tard dans la soirée... Et cela ne me pose, bien entendu, aucun problème... Ainsi, si obsession il y a, on pourra reconnaître, j'espère, qu'elle n'est pas aujourd'hui très prononcée... si jamais elle existe encore chez moi ! ;-p


Crise : Sarkozy promet un geste social et moins de taxes sur les entreprises


Le président français Nicolas Sarkozy a promis jeudi [5 février] des gestes en faveur des Français les plus faibles et des allègements fiscaux de 8 milliards d'euros pour les entreprises, pour faire face à "la crise du siècle".

Nicolas Sarkozy a choisi de consacrer jeudi soir une émission d'une durée exceptionnelle de 90 minutes, sur trois chaînes de télévision, à l'explication de ses réformes et mesures anti-crise dans l'espoir d'apaiser la grogne des Français.

Il a évoqué la possibilité de baisser les impôts pour les ménages les moins riches, les "classes moyennes", ou d'augmenter les allocations sociales. Il a également dit qu'il envisageait des règles pour une meilleure répartition des bénéfices des entreprises entre salariés et actionnaires.

Mais il n'a fait aucune annonce dans ce domaine, estimant que syndicats et patronats devaient d'abord en discuter. Ils se retrouveront autour de lui le 18 février.

Cette intervention télévisée intitulée "Face à la crise" a été décidée après la journée de grève et de mobilisation massive qui a rassemblé le 29 janvier entre un million et 2,5 millions de personnes réclamant une inflexion de la politique de M. Sarkozy, la défense de l'emploi, du service public et du pouvoir d'achat.

Face aux difficultés économiques croissantes et à la hausse continue du chômage ces derniers mois, le président français a réservé aux entreprises la mesure la plus spectaculaire. Dès 2010, elles bénéficieront d'allègements fiscaux d'un total de 8 milliards d'euros, grâce à la suppression d'une taxe locale.

"On supprimera la taxe professionnelle en 2010, je veux qu'on garde des usines en France", a-t-il déclaré.

Il a expliqué qu'à l'intérieur même de l'Union européenne, les coûts de production étaient très variés et que la France était pénalisée par rapport aux pays d'Europe de l'Est, en particulier dans l'automobile.

Il s'agit d'éviter les délocalisations. Nicolas Sarkozy, qui annoncera dans les prochains jours un plan de soutien à l'automobile, a prévenu qu'en contrepartie, il n'accepterait pas de délocalisations par les constructeurs français.

"Si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs", a-t-il insisté. Un dixième des emplois salariés en France sont concentrés dans le secteur automobile.

Onze organisations de gauche, parmi lesquelles le Parti socialiste, avaient publié mercredi un texte commun exigeant un "changement de cap". L'opposition de gauche demande une relance de la demande, avec un soutien au pouvoir d'achat des Français.

Le chef de l'Etat français avait présenté en décembre un plan de relance économique de 26 milliards d'euros, faisant la part belle à l'investissement mais contenant peu de mesures de soutien à la consommation.

Dans son intervention, le président français a également assuré qu'il continuerait le programme de réforme, de "rupture", pour lequel il avait été élu en mai 2007.

"Naturellement, on va continuer à réformer le pays, c'est le mandat que j'ai reçu, c'est mon devoir", a-t-il déclaré lors d'une émission télévisée spécialement consacrée à la crise, une semaine après des manifestations massives contre sa politique.

"C'est la crise du siècle, elle est sans précédent", a dit M. Sarkozy. "Je dois en tenir compte et faire en sorte que la France rentre le plus tard possible dans la crise et sorte le plus tôt de la crise", a-t-il ajouté.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 5 février 2009, 22h20)

Apparemment, d'après certains commentateurs, parce que Sarkozy s'est montré hier soir enfin favorable à une ébauche de relance du dialogue social et donc à un début de concertation avec les syndicats et le patronat - qui doivent se réunir autour de lui le 18 février prochain (la date choisie parait bien tardive !) pour discuter des mesures anti-crise qu'il propose -, l'actuel chef de l'Etat aurait fait, hier soir, un gros effort sur lui-même, en laissant notamment entendre, pour la première fois, qu'il n'est - bien évidemment ! - pas capable de s'occuper tout seul de tout et de résoudre à lui tout seul tous les problèmes des Français, après l'avoir longtemps prétendu avec force gesticulations médiatiques... Pour ma part, pour ce que j'en ai vu après coup, Sarkozy de Nagy-Bocsa est resté, au fond, le misérable politicien "mouvementiste" et démagogue qu'il a toujours été... Avec la présidence médiocre de Sarkozy, si prompt dans son discours à enfoncer des portes ouvertes sous prétexte de faire preuve de "pédagogie", plus les choses paraissent changer... et plus elles restent les mêmes... Toujours la même tyrannie de l'urgence, la même tyrannie des apparences, qui dominent le discours politique sarkozyste, et le rendent plus creux encore qu'il ne l'est déjà par lui-même... Rien de nouveau sous le soleil, donc...
Le clou du spectacle a sans doute été - pour ce que j'en sais, n'ayant pas regardé l'émission lors de sa diffusion en direct hier soir - les propos qu'a tenu Sarkozy lorsqu'on l'a interrogé sur son éventuelle candidature à sa propre succession lors de l'élection présidentielle de 2012 :


Candidat en 2012 ? Sarkozy dit avoir des doutes


Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi avoir des doutes sur sa candidature en 2012 pour un deuxième mandat à l'Elysée.

Comme on lui demandait lors de l'émission radio-télévisée "Face à la crise" s'il lui restait "des doutes" quant à se représenter, le chef de l'Etat a répondu: "Oh que oui !"

Pourquoi ? "Parce que mon métier est très difficile, il faut beaucoup d'énergie, beaucoup de force pour le faire et je consacre toutes mes forces à le faire le mieux possible", a-t-il argumenté.

"Il y a encore trois ans et demi", a observé le président. "Aucun engagement, ni dans un sens ni dans un autre", a-t-il lancé.

"On fait un deuxième mandat parce qu'on a la force de porter un nouveau rêve et que les gens nous font confiance", selon lui.

"Ce serait extrêmement choquant que j'aie pu (prendre) une décision aussi importante alors même que je ne suis même pas à la moitié de mon premier mandat", selon M. Sarkozy.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 5 février 2009, 22h13)

Ha ! Ha ! Ha ! Il faudrait que Sarkozy soit bien idiot pour se déclarer publiquement aujourd'hui candidat à sa propre succession à la plus haute charge de l'Etat... surtout dans le contexte actuel ! Cela, bien évidemment, ne veut toutefois pas dire que Sarkozy ne pense pas à son éventuel deuxième mandat à partir de 2012... Pourquoi n'y penserait-t-il pas ? Au fond, malgré tous ses efforts pour se distinguer, il n'est qu'un politicien carriériste comme les autres, qui considère que la politique est un métier, et qui n'a pour limites que son ambition personnelle... qui reste démesurée. Puisque Sarkozy se considère même - quelle prétention ! - comme un "homme d'Etat" (sic), ainsi qu'il l'a publiquement déclaré lors d'un voyage officiel en Irlande en juillet dernier, gageons qu'il aura, d'ici "trois ans et demi", moins de scrupules qu'aujourd'hui à afficher clairement sa volonté de logiquement se représenter à la prochaine élection présidentielle, en 2012... Du reste, qui sait si, dans ce cas là, il ne sera pas finalement réélu, pour notre plus grand malheur ? Compte tenu de la légendaire versatilité de l'opinion publique, au delà de l'"annus horribilis" 2009, le pire est donc peut-être encore à venir, notamment en matière de connerie politique, car, après tout, ainsi que l'a écrit Jacques Chirac, "les Français peuvent voter bien ou mal, et stupidement s'ils le veulent, c'est leur droit."
Mais arrêtons donc là, pour cette fois-ci, de parler de Sarkozy, puisque le bonhomme en question ne saurait être aujourd'hui une obsession en ce qui me concerne, et, sans véritable transition, venons-en à présent à une autre question à propos d'une autre "obsession" supposée...


Question : "Etes-vous un obsédé sexuel corrupteur de la jeunesse ?"

Rien n'est plus ridicule que de me suspecter de dépravation, ou de je-ne-sais quel outrage aux bonnes moeurs, à la lecture du présent blog. Pourtant, il est arrivé que l'on me reproche d'avoir illustré certains de mes articles avec des nus féminins, peints, dessinés ou photographiés. Je trouve cela évidemment assez risible et même pathétique, quand je pense à toutes les véritables saloperies - passez-moi l'expression - que l'on peut trouver très facilement ailleurs sur Internet... Du reste, qu'on se le tienne pour dit : je me moque bien que mes choix en matière d'illustrations puissent choquer certaines personnes à la pudibonderie mal placée. J'ai ma conscience pour moi, et, surtout, j'ai la faiblesse de penser que, de façon générale, les illustrations que je choisis pour accompagner chacun de mes articles n'ont assurément rien de choquant, quand bien même certaines représentent des corps de femme nues...


Bien entendu, mes choix en matière d'illustrations sont le reflet de mes goûts artistiques, de mes préférences esthétiques, et bien évidemment, en ce qui concerne les nus féminins, ils sont aussi le reflet de ma subjectivité d'homme hétérosexuel amateur de jolies femmes. Ni plus, ni moins. Où est le mal dans tout cela ? Nulle part, me semble-t-il. Du reste, je ne crois pas avoir fait preuve d'abus : les représentations de nus féminins ne sont apparus que fort progressivement dans les articles de mon blog, et sans jamais que leur nature ou leur nombre ne deviennent excessifs. Après, cela dit, si certains ne sont pas contents, je ne peux rien pour eux, car je ne vais tout de même pas m'excuser d'avoir des goûts et des préférences, esthétiques ou autres, qui ne sont pas les leurs...


Quant à la suspicion grotesque, et fort hypocrite, que je puisse, avec de modestes illustrations à caractère artistique, avoir une mauvaise influence sur de jeunes visiteurs mineurs qui pourraient s'aventurer sur le présent blog, mieux vaut sans doute en rire que de s'en indigner... Même si les représentations de femmes nues, qu'elles soient sous forme de peinture, de dessin ou de photographie, ont forcément une connotation érotique, faut-il donc forcément crier au vice et à la corruption de la jeunesse ? Bien sûr que non, et heureusement ! En vérité, je vous le dis : n'en déplaisent à certains, il faut savoir apprécier la beauté partout où elle est, car il n'y a aucun mal à cela... du moins est-ce mon avis !


Ainsi, chers lecteurs, s'ils se trouvent encore aujourd'hui parmi vous des personnes promptes à donner des leçons de morale puritaine et à réclamer une sorte d'auto-censure de ma part en matière de choix d'illustrations représentant des nus féminins, sachez bien que, s'agissant de ce domaine, premièrement, j'estime n'avoir rien à me reprocher en terme de bienséance, et que, deuxièmement, si la perversité malsaine n'a évidemment pas sa place ici, la tartufferie non plus ! Avec moi, pas d'auto-censure donc, mais toujours des choix rigoureux et, je l'espère, judicieux... ;-)


Question : "Anarcho-monarchiste : qu'est-ce que cela veut dire ?"

C'est LA question qui revient le plus souvent... allez savoir pourquoi. Que de malentendus autour du terme "anarcho-monarchiste" ! Certains s'imaginent que je fais partie de la mouvance anarchiste, d'autres croient comprendre que je suis proche de la mouvance monarchiste royaliste et m'ont parfois fait des appels du pied en ce sens... Tous se trompent pourtant, car il est bien évident qu'aucune de ces mouvances ne m'intéresse en elles-mêmes, ni celle brandissant le drapeau noir, ni celle brandissant le drapeau blanc à fleurs de lys ou quelque-chose d'approchant... Si bien que l'on en revient toujours à cette question récurrente, peut-être la plus récurrente de toutes : "Anarcho-monarchiste : qu'est-ce que cela veut dire ?" Même s'il n'y a assurément pas de grand mystère derrière le terme "anarcho-monarchiste", je suppose que je dois mettre à présent les points sur les "i", puisque beaucoup de mes lecteurs semblent avoir besoin d'une explication simple, même au bout de deux ans d'existence du présent blog... Allons donc à l'essentiel, en espérant être compris une bonne fois pour toutes...


Ainsi donc, en 2007, dès l'inauguration de ce blog, je me suis défini politiquement, sur le ton du délire surréaliste, comme un anarcho-monarchiste (parce qu'étant contre tous les gouvernements... sauf si c'est moi le roi ! ;-)... ). En fait, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire par le passé, le terme "anarcho-monarchiste", sorte d'oxymore associant l'anarchisme et le monarchisme, options politiques radicalement opposées, est le meilleur que j'ai pu trouver pour illustrer le caractère toujours paradoxal de toute identité politique... De façon plus générale, mon anarcho-monarchisme exprime d'abord un refus d'être étiqueté politiquement, même si le fait que je sois adhérent du PS depuis mars 2008 peut suffire peut-être à certains pour me situer sur le plan politique... En vérité, parce que j'ai horreur de me voir attribuer par d'autres des étiquettes politiques convenues, et que je n'aime pas non plus me faire enfermer, toujours par d'autres, dans telle ou telle classe sociale ou catégorie socio-économique toute faite, mon anarcho-monarchisme doit être compris comme étant une sorte de doigt d'honneur idéologique.


A qui est destiné ce doigt d'honneur idéologique ? A certains nombre de gens, et en particulier à tous ceux qui, remplis de certitudes imbéciles, prétendent détenir la Vérité alors qu'ils ne savent rien, et qui souvent aspirent, par connerie politique, idéologique ou religieuse, à enfermer à tout prix les individus dans des cases convenues et des catégories toutes faites, sans jamais faire preuve de la moindre nuance... Ce doigt d'honneur idéologique est également destiné à ceux qui prétendent m'obliger à choisir entre deux options catégoriques qui ne m'intéressent pas, ni l'une, ni l'autre. Fanatisme religieux ou athéisme borné ? Capitalisme débridé ou marxisme sclérosé ? Droite décomplexée ou "Vraie gauche" décérébrée ? "Alternative" de l'escroc Bayrou ou "Alternative" de l'escroc Besancenot ? Voter pour l'Europe de Bruxelles ou voter contre l'Europe ? Antisémitisme d'extrême-droite ou antisémitisme d'extrême-gauche ? Islamistes fanatiques cinglés ou sionistes religieux tarés ? Connerie n°1 ou Connerie n°2 ? Peste ou Choléra ? Etc. Dans tous les cas, en ce qui me concerne, face au choix imbécile qui est proposé, un doigt d'honneur idéologique s'impose. Voila, grosso modo, pourquoi je suis aujourd'hui anarcho-monarchiste... Vous ne comprenez toujours pas ? C'est pourtant simple. Je suis un incorrigible sceptique, et je n'aime donc pas les choix simplistes et les certitudes imbéciles, qui sont pour moi la source première de la bêtise la plus crasse... Je préfère la nuance à l'affirmation catégorique. Je préfèrerai toujours faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux plutôt que de me prendre au sérieux et ne pas faire de facto le moindre travail sérieux... Défini par le passé comme une sorte d'humanisme, mon anarcho-monarchisme est devenu davantage aujourd'hui un scepticisme parfois mêlé d'un peu de cynisme, mais cela dit, rassurez-vous chers lecteurs, je ne désespère pas encore complètement de l'espèce humaine, car je continue de beaucoup respecter la créativité humaine et même de croire profondément en la capacité de création de l'homme, notamment sur le plan artistique...
Maintenant, si vous n'avez toujours pas compris et que vous continuez à vous interroger sur la signification du terme "anarcho-monarchiste", libre à vous de continuer à présent à le faire... Pour ma part, je n'ai plus rien à ajouter...


Voila. J'en ai fini pour aujourd'hui. Cet article sera a priori le dernier pour un certain temps, mais rassurez-vous... comme dirait le philosophe et homme d'Etat californien Arnold Schwarzenegger : I'll be back... (je reviendrai) ;-)
En attendant, chers lecteurs, en guise de célébration de l'entrée du présent blog dans sa troisième année d'existence, l'espace des commentaires au bas du présent article vous est ouvert pour plusieurs jours : vous pouvez y écrire librement ce que vous voulez, à propos de ce blog, de son contenu et de son auteur ! Et si jamais vous n'avez rien à dire, vous pouvez même vous permettre de m'insulter (cela c'est déjà vu ici, et encore assez récemment) : comme je le dis toujours, s'insulter, c'est déjà se parler... et puis, de toute façon, je me réserve toujours la possibilité de gentiement vous censurer si, par hasard, vous deviez allez trop loin... ;op  Oui, je sais, c'est injuste, me direz-vous... Mais la vie est injuste, comme dirait l'autre... Et puis, après tout, la liberté a tout de même besoin d'un peu d'ordre pour véritablement s'épanouir... Par tous les dieux de l'Olympe et par ma barbe, il y a tout de même un patron ici ! Un patron anarcho-monarchiste ! "What else ?", comme dirait George Clooney... ;-)


A plus tard, chers lecteurs... et, bien entendu, merci à tous... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, l'anarcho-monarchiste.


P.S. : Que l'on me pardonne si le contenu du présent article donne parfois l'impression de partir dans tous les sens... j'en ai terminé la rédaction à la suite d'une nuit d'insomnie et donc dans un état de fatigue générale pour le moins prononcé... Par ma barbe, il est grand temps, à présent, d'aller dormir un peu !

(Illustrations : "Platon et Aristote", détail de la fresque l'Ecole d'Athènes [1510-1511] par Raffaello Sanzio dit Raphaël, Rome, Palais du Vatican, Salle des Signatures ; Tableau présentant le nombre de visiteurs uniques par mois durant un an [2008-2009] du Blog de l'Anarcho-Monarchiste ; Tableau présentant les moyennes mensuelles du nombre de visiteurs uniques par jour durant un an [2008-2009] du Blog de l'Anarcho-Monarchiste ; Nicolas Sarkozy prononçant un discours à l'occasion de la création du Conseil de la création artistique, au palais de l'Elysée à Paris, le 2 février 2009, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Manifestant à l'effigie de Nicolas Sarkozy le 29 janvier 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Joël Saget ; Capture d'écran le 5 février 2009 du président français Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ©AFP ; Le président français Nicolas Sarkozy le 5 février 2009 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gérard Cerles ; Le président français Nicolas Sarkozy le 5 février 2009 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Nymphe et Satyre, huile sur toile [vers 1715-1716] par Jean Antoine Watteau, Paris, Musée du Louvre ; Pause de deux modèles pendant une séance de dessin, à Paris, photographie réalisée en 1989 par Henri Cartier-Bresson et reproduite dans Photo N°349, mai 1998 ; Détail du tableau Femme nue dormant, étude pour La Dormeuse de Naples, huile sur toile [vers 1820 ?] par Jean Auguste Dominique Ingres, Londres, Victoria and Albert Museum ; Laetitia Casta, photographie réalisée en 1998 par Patrick Demarchelier et reproduite dans Photo N°362, septembre 1999 ; Laetitia Casta, détail d'une photographie réalisée en 1998 par Patrick Demarchelier et reproduite dans Photo N°362, septembre 1999 ; L'Automne, huile sur toile [1573], par Giuseppe Arcimboldo, Paris, Musée du Louvre ; Détail de L'Automne, huile sur toile [1573], par Giuseppe Arcimboldo, Paris, Musée du Louvre ; Laetitia Casta, photographie réalisée en 1998 par Patrick Demarchelier et reproduite dans Photo N°362, septembre 1999 ; Angle du bâtiment du BHV [Bazar de l'Hôtel de Ville], à Paris, orné d'une affiche publicitaire pour le café Nespresso, réalisée dans le cadre de la campagne "Nespresso. What else ?", avec la participation de l'acteur George Clooney, le 1er janvier 2009, détail d'une photographie de l'auteur du présent blog)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 7 commentaires - Recommander
Mercredi 28 janvier 2009
Une fois de plus, je suis en retard... Voila déjà, en effet, quelques jours que le compte-rendu de la huitième République des Blogs (RdB) de Toulouse aurait dû être mis en ligne sur le présent blog, puisque la RdB en question a eu lieu vendredi dernier, 23 janvier. Des perturbations dues à la tempête qui a frappé le Sud-Ouest de la France samedi dernier, ainsi qu'une "discussion" houleuse au sujet du conflit israélo-palestinien sous forme de commentaires au bas de mon article précédent, m'ont obligé à reporter sans cesse la publication du compte-rendu... jusqu'à ce soir. Que l'on m'excuse par avance du caractère sans doute visiblement un peu hâtif de la rédaction du présent article : le temps me manque...
Ainsi, donc, vendredi dernier, une poignée de blogueurs et de lecteurs de blogs toulousains se sont réunis, en début de soirée, pour une nouvelle édition de la République des Blogs de Toulouse, qui a fêté son premier anniversaire lundi dernier, 26 janvier. Cette fois-ci, nous étions cinq participants, tous des habitués du rendez-vous. Il y avait bien sûr la blogueuse "M.", toujours co-organisatrice de la RdB et toujours responsable du blog intitulé
"Le Rocrocodile kinépeuthe". Il y avait également Philippe David, lui-aussi co-organisateur et toujours auteur du blog "Vu de droite", la blogueuse Christie, qui s'occupe toujours du blog "Alluvions", ainsi que Dante, toujours lecteur régulier du présent blog. Le lieu habituel des RdB toulousaines - à savoir le bar lounge de la place du Fer-à-Cheval jusqu'ici appelé le Ferdillon - étant finalement fermé pour travaux, nous nous étions donnés rendez-vous, ce soir-là, à 18h30, place du Capitole, en face du café-restaurant Le Bibent. Constatant les légendaires tarifs prohibitifs du café-restaurant en question, et après avoir renoncé à squatter la Salle des Illustres du Capitole en songeant que les responsables de la Mairie de Toulouse ne nous réserveraient pas forcément un bon accueil au delà de 19h00 - bien que le maire actuel, Pierre Cohen, ait, il y a un an, participé à la première édition de la RdB -, nous nous sommes engagés, "M.", Christie, Philippe et moi, dans la rue Saint-Rome, puis dans la rue des Changes, à la recherche d'un café où improviser notre RdB. Arrivés devant la Place d'Esquirol, nous avons finalement décidés de nous installer au café-restaurant Le Père Léon, où nous nous sommes mis à parler tout d'abord du dernier livre politique de Philippe, intitulé Journal intime d'une année de rupture, publié en décembre dernier aux éditions de l'Ixcéa. Le contenu de ce livre est constitué pour partie d'articles du blog "Vu de droite" et pour partie de textes inédits de l'auteur, qui, dans cet ouvrage, exprime, souvent avec beaucoup d'humour, son point de vue sur les turpitudes de la vie politique française, du premier tour de l'élection présidentielle de 2007 au discours prononcé à Toulon par Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa en septembre dernier. Philippe nous a appris que son livre avait la chance de bénéficier désormais d'une bonne diffusion, puisque les lecteurs peuvent aujourd'hui se procurer des exemplaires dudit livre aussi bien chez l'éditeur Ixcéa, que sur des sites de vente en ligne tels que Amazon ou Fnac.com, le Journal intime d'une année de rupture étant aussi directement disponible à la Fnac de Labège et à la Fnac de Toulouse Wilson...


Tout en buvant des boissons chaudes ou froides, et en attendant l'arrivée de Dante, nous avons ensuite évoqué les grands sujets d'actualité : la crise économique et financière, les milliards des banquiers, les chômeurs par millions, le conflit israélo-palestinien, et, bien entendu, l'arrivée du "Messie" à La Maison Blanche, le 20 janvier dernier...


Barack Obama devient le premier président noir des Etats-Unis


Barack Obama est devenu mardi le premier président noir des Etats-Unis après avoir prêté serment lors de la traditionnelle cérémonie d'investiture à Washington sous les yeux émus d'une foule immense évaluée à plus de deux millions de personnes.

Sous les acclamations de ses partisans rassemblés à l'extérieur du Capitole à Washington, le 44e président a prêté serment de respecter la Constitution.

"Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis", a-t-il déclaré.


Dans son discours d'investiture qu'il a prononcé immédiatement après, M. Obama a estimé que ses concitoyens avaient choisi "l'espoir plutôt que la peur" en le choisissant comme président.

L'Amérique est "prête à diriger" à nouveau les affaires du monde, a-t-il affirmé, sous les yeux de ses prédécesseurs, parmi lesquels le sortant George W. Bush dont le mandat de huit ans venait de prendre fin à midi (17H00 GMT).

Face à la menace du terrorisme, Barack Obama, a prévenu les extrémistes du monde entier qu'ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis qui "les vaincront".

Il a promis que les Etats-unis allaient "commencer à quitter l'Irak de façon responsable", près de cinq ans après l'invasion de ce pays sur ordre de M. Bush.

Il a proposé au monde musulman "une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels".


A propos de la récession dans laquelle se débattent les Etats-Unis, M. Obama a estimé que l'économie américaine, "gravement affaiblie", avait été victime de "la cupidité et l'irresponsabilité de certains".

"Un pays ne peut prospérer longtemps en ne favorisant que les plus prospères", a-t-il lancé.

Prenant le contre-pied de la politique de l'administration sortante, il a assuré que les Etats-Unis travailleraient "sans relâche pour faire reculer le spectre du réchauffement de la planète".

Dès son investiture, M. Obama a reçu les félicitations des dirigeants du monde entier.

Le président français Nicolas Sarkozy lui a adressé ses "voeux de plein succès" et s'est déclaré "résolu à travailler main dans la main" avec les Etats-Unis pour "relever ensemble les immenses défis" du monde.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a salué "un nouveau chapitre dans l'histoire américaine comme dans l'histoire du monde".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 20 janvier 2009, 17h37)

Bien entendu, Barack Obama n'est pas le Messie, contrairement à ce que certains ont semblé croire, ce 20 janvier dernier, à Washington et ailleurs... Certes, on ne peut que se réjouir du fait que la désastreuse page de l'administration Bush soit enfin définitivement tournée, mais il n'en est pas moins évident que Obama, maintenant qu'il est devenu président, fera forcément des déçus, compte tenu des folles espérances qu'il a suscité durant sa campagne électorale... Pour le reste, je l'ai déjà dit juste après son élection en novembre, et Philippe l'a répété pendant notre discussion : Wait and see... Nous verrons bien, d'ici 2012, en effet, si le nouveau président des Etats-Unis est vraiment à la hauteur de sa fonction, quel que soit l'espoir qu'il a pu représenter jusqu'ici pour une majorité des citoyens des Etats-Unis d'Amérique...


Vers 19h50, Dante nous a enfin rejoint au Père Léon, mais à peine s'était-il installé à notre table que nous avons tous été prié de quitter l'établissement, sous prétexte que le café-restaurant Le Père Léon ferme maintenant à 20h00, même un vendredi soir (comme dirait Michel Colucci, dit Coluche, "c'est nouveau, ça vient de sortir"). Contraints de chercher un autre établissement où continuer à improviser notre RdB, nous nous sommes mis à déambuler dans le froid hivernal, sur les trottoirs de la rue de Metz, en direction du Pont Neuf... Nous sommes d'abord entrés dans le bar Le Chat d'Oc, dont l'ambiance et la décoration gothiques nous ont paru assez originaux. Cependant, hélas, nous n'avons pas tardé à constater, avant même de nous asseoir à une table, que l'endroit était envahi par une insupportable odeur d'urine... Fuyant aussitôt cette atmosphère que Dante a qualifié d'"ambiance litière" - Le Chat d'Oc ayant apparemment, toujours selon Dante, "oublié de pomper dans sa fosse sceptique" -, nous nous sommes finalement réfugiés dans un autre bar, nommé Le Filochard, et situé à l'angle de la rue de Metz et du Quai de Tounis, juste en face du Pont Neuf passant au dessus de la Garonne alors en crue. Au Filochard, ouvert jusqu'à 2h00 du matin, où il n'y avait point d'odeur suspecte, et où régnait une bonne ambiance, nous nous sommes installés autour d'une table dans la petite salle du fond, dont les murs étaient couverts d'affiches diverses, dont une a particulièrement attiré notre attention, dès notre arrivée. Il s'agissait d'une affiche imprimée par une certaine "Union Antifasciste Toulousaine" (UAT), dont on peut également voir des exemplaires placardés sur les murs de l'Université du Mirail, où lesdits exemplaires cohabitent aisément avec d'autres affiches de propagande politique sans queue ni tête, notamment les habituelles affiches de la mouvance LCR/NPA de Besancenot et Krivine qui envahissent régulièrement, et jusqu'à l'écoeurement, les malheureux murs de la fac du Mirail... L'affiche de l'UAT, elle, nous a particulièrement interpellé par la question qu'elle posait : "Quel antifascisme radical en 2009 ?"


Relisons le propos de l'affiche, appellant à un débat public à Toulouse demain, 29 janvier : "Depuis le hold up de Sarkozy en 2007 sur les électeurs du FN, l'extrême droite est-elle encore vivante, diluée dans une démocratie sécuritaire ou en pleine recomposition ? Pourquoi nous pensons que la menace persiste ? En quoi les fascistes & co [sic] sont-ils les alliés objectifs des patrons et les rejetons du capitalisme ? Voilà toutes les questions auxquelles nous essayons de répondre..." On ne peut que féliciter les auteurs de ce texte pour leur aptitude particulièrement prononcée à pratiquer les amalgames imbéciles sur fond de manichéisme puéril, en essayant ainsi de mélanger un "antifascisme" de bazar avec un anticapitalisme d'opérette qui sent bon le Besancenot réchauffé... En tout cas, nous avons bien rigolé, ce soir-là, en songeant à cette improbable "Union Antifasciste Toulousaine" et à la grande question qui lui tient tant à coeur : "Quel antifascisme radical en 2009 ?" Personnellement, il me semble que la véritable grande question à débattre devrait être plutôt "jusqu'où ira la connerie politique en 2009 ?", ou quelque chose d'approchant, mais ce n'est là que mon point de vue... En tout cas, si vous avez la réponse à la question que se pose l'UAT, chers lecteurs, communiquez-la sous forme de commentaire... Sinon, comprenne qui pourra... ;-)
La soirée s'est donc, en tout cas, poursuivie au Filochard, mais je ne sais plus jusqu'à quelle heure (22h00 ou 23h00 ?)... Tant en consommant quelques boissons alcoolisées, nous avons parlé des sujets les plus divers, et notamment des problèmes de logement de ces couples de Français qui n'arrivent pas à obtenir la location de l'appartement de leurs rêves sous prétexte qu'ils n'apportent jamais assez de garanties au propriétaire de l'appartement, malgré tous leurs efforts ("C'est bon... mais pas suffisant !"), ainsi que l'avait éloquemment montré, il y a quelque temps déjà, en 2007, un reportage de l'émission télévisée satirique Groland, sur Canal+... ;-)
Dante nous a également montré un exemplaire du livre consacré au quartier toulousain du Mirail, intitulé Le Mirail, Mémoire d'une ville, et publié l'année dernière sous la direction de Stéphane Gruet et Rémi Papillault. Nous avons pu y voir notamment la reproduction d'une insolite coupure de presse de 2001, dans laquelle on signalait que le nouveau maire de Toulouse de l'époque, Philippe Douste-Blazy, avait l'intention de raser une partie du Mirail, sachant que la coupure de presse en question est en fait un article de la Dépêche du Midi, publié le... 11 septembre 2001, soit non seulement le jour des attentats de New-York et de Washington, mais aussi, et surtout, quelques jours avant l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, le 21 septembre 2001, qui a durement touché les environs, et notamment le quartier du Mirail... Décidément, il n'a pas eu de chance, ce pauvre Douste : dès le début, avec son "11 septembre personnalisé" - dixit Dante -, il était mal parti... ;op


La soirée, plus ou moins itinérante, et finalement très amusante, s'est bien terminée. Ce fut une République des Blogs originale, sans lieu de rendez-vous fixe, et caractérisée, une fois de plus, par la bonne humeur des participants. La RdB de Toulouse a maintenant un an d'existence, et d'autres éditions de l'évènement viendront sans doute, durant les prochaines mois... Espérons simplement que nous serons plus nombreux à l'avenir, et que nous aurons bientôt à nouveau droit à un lieu de rencontre bien défini, histoire d'éviter les déconvenues du genre "Ici, on ferme à 20h00, désolé" ou "Désolé, je crois que j'ai oublié de changer la litière du chat"... A suivre... ;-)


Je profite de l'occasion que représente la publication du présent article pour signaler à mes lecteurs que j'ai pris bonne note de l'immense intérêt qu'ils éprouvent vis-à-vis de certains des sujets évoqués sur le présent blog, et tout particulièrement vis-à-vis de ce grand sujet qu'est celui des actrices de cinéma... ;-) Je ne vous promets pas de toujours forcément évoquer, à l'avenir, lesdites actrices de cinéma dans tous mes articles, mais sachez néanmoins, que j'ai bien compris quelles sont vos attentes par rapport à ce sujet, qui sera sans doute à nouveau évoqué dans de futurs articles... ;-) On me dit, par ailleurs, que cela serait bien que je publie ici des clichés d'actrices - ou de belles femmes ayant un physique d'actrice - que j'aurai photographié moi-même... Entre nous, je ne sais pas si j'aurai l'occasion de le faire un jour, mais c'est une bonne idée, et là encore, j'en prends bonne note... ;-)


Pour finir, je réponds à une question qui m'a été posée par courriel privé, et qui concerne la fameuse citation de Jacques Chirac qui apparait en ouverture de mon blog depuis sa création, et que vous connaissez tous, depuis le temps qu'elle est là : "Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance."


On me demande d'où vient cette citation. J'ai déjà eu l'occasion de le préciser par le passé, mais je peux fort bien rappeler ici l'origine de ce propos, qui est historique. Vers 1995, Jacques Chirac a effectivement prononcé cette belle formule concernant Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, même s'il existe, en vérité, plusieurs versions de ladite formule.
La plus récente est celle qui a été donnée par Patrick Rotman, dans son documentaire Chirac, diffusée sur France 2 en 2006 :


"[Sarkozy,] il faut lui marcher dessus, et du pied gauche, car cela porte bonheur."

(Jacques Chirac en 1995, cité par Patrick Rotman, dans le documentaire Chirac, France 2, octobre 2006)

En ce qui me concerne, j'ai toujours préféré une version plus ancienne de cette formule chiraquienne, à savoir celle qui est citée par la journaliste Ghislaine Ottenheimer dans un de ses livres politiques, intitulé Le Fiasco (1996) et consacré aux premiers mois du premier mandat présidentiel de Chirac :

"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance."

(Jacques Chirac, cité par Ghislaine Ottenheimer, in Le Fiasco, Albin Michel, 1996)

C'est donc cette version citée par Ottenheimer que j'ai choisi pour servir de citation d'ouverture au présent blog. Je la trouve toujours très pertinente, aujourd'hui comme hier... ;-)

Voila. C'est tout pour ce soir. A plus tard...

Cordialement, :-)

Hyarion.


(Illustrations : Le Capitole de nuit, à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Pascal Pavani ; Couverture du Journal intime d'une année de rupture, de Philippe David, ouvrage publié par les éditions de l'Ixcéa ; Barack Obama prêtant serment lors de la traditionnelle cérémonie d'investiture à Washington le 20 janvier 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Timothy A. Clary ; Des centaines de milliers de personnes réunies devant le Capitole de Washington pour la prestation de serment de Barack Obama, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Stan Honda ; Barack Obama prononçant son discours d'investiture après avoir prêté serment à Washington, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Timothy A. Clary ; Le président des Etats-Unis Barack Obama prononçant son premier discours en tant que président en exercice, le 20 janvier 2009 à Washington, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Getty Images/Alex Wong ; Affiche de l'"Union Antifasciste Toulousaine" [UAT], janvier 2009 ; Détail d'une page de l'ouvrage Le Mirail, Mémoire d'une ville, où l'on voit le début d'un article de la Dépêche du Midi du 11 septembre 2001 [référence entourée et surlignée par l'alias Dante] relatant la décision du maire de Toulouse de l'époque, Philippe Douste-Blazy, de raser une partie du quartier du Mirail ; Montage photo des portraits de deux actrices de cinéma : à gauche, l'actrice Kate Winslet posant lors de la première du film Les Noces rebelles [Revolutionary Road] réalisé par Sam Mendes, à Westwood [Californie], le 15 décembre 2008, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters, et à droite, l'actrice Kirsten Dunst posant lors d'un gala, à Los Angeles, le 10 janvier 2009, photographie, ©AP/Dan Steinberg ; L'actrice Kate Winslet aperçue lors de la première du film Les Noces rebelles [Revolutionary Road], à Westwood [Californie], le 15 décembre 2008, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, le 17 mars 2008 dans la cour des Invalides à Paris, lors de la cérémonie en hommage à Lazare Ponticelli, le dernier "poilu" de la Première Guerre Mondiale, décédé à 110 ans, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 5 commentaires - Recommander
Samedi 17 janvier 2009
Alors que le présent blog politique et culturel va bientôt fêter ses deux ans d'existence, et que je me retrouve à présent à la croisée des chemins, je prends conscience du fait qu'il y a énormément de sujets que je n'ai pas suffisemment évoqué sur ce Blog de l'Anarcho-Monarchiste, notamment des sujets qui vous intéressent beaucoup, VOUS, chers lecteurs. Si j'en crois certaines allusions dans certains commentaires et certaines remarques faites dans certaines conversations privées, ces sujets sont aussi nombreux que variés... ;-) Et je le reconnais bien volontiers : je n'ai pas assez parlé de sujets qui vous sont essentiels. Par exemple, je n'ai pas suffisemment parlé des actrices de cinéma, et notamment des jeunes actrices qui, en ce moment, sont régulièrement à l'affiche de nombreux films et régulièrement photographiés par les fournisseurs d'images des agences de presse. C'est une négligeance coupable, car je pourrais, bien sûr, vous en parler, de ces belles actrices. J'ai eu, en effet, l'occasion de voir quelques-unes d'entre-elles dans plusieurs films projetés dans les salles de cinéma durant les douze derniers mois. J'ai vu, par exemple, Natalie Portman et Scarlett Johansson dans Deux soeurs pour un roi (The Other Boleyn Girl, réalisé par Justin Chadwick), Keira Knightley dans The Duchess (réalisé par Saul Dibb), et Gwyneth Paltrow dans Two Lovers (réalisé par James Gray). Les films sont assurément intéressants... et les actrices aussi, bien évidemment... ;-)


Mais, après tout, pourquoi en parler ? Ne vaut-il pas mieux, tout simplement, aller au cinéma ? Cela me parait être, à mon avis, la meilleure chose à faire... même si je n'ignore pas l'intérêt, bien naturel, que certains de mes lecteurs éprouvent pour un sujet tel que celui des actrices, éternel prétexte à la publication de photos représentant lesdites actrices défilant devant la meute de photographes et toujours habillées de façon remarquable, dans tous les sens du terme, sachant que, dans ce genre de situation, rien n'est, en général, laissé au hasard... Il faut dire que dans ce monde dominée par la tyrannie des apparences, chaque détail compte... comme, par exemple, la couleur des vêtements portés par les femmes, dont on sait aujourd'hui qu'elle peut avoir une importance toute particulière, comme l'a relatée une dépêche de l'AFP l'année dernière, qui évoquait alors l'attirance instinctive qui serait celle des hommes à l'égard des femmes habillées en rouge...


Les hommes préfèrent les femmes en rouge, selon une étude


Les hommes sont davantage attirés sexuellement par des femmes portant du rouge tout comme d'autres primates mâles tels les chimpanzés et les babouins, selon des travaux publiés mardi [28 octobre 2008].

Sans nier que les effets aphrodisiaques du rouge soient en partie le produit d'un conditionnement sociétal, cette étude révèle que la réponse sexuelle des hommes au rouge s'explique probablement davantage par une réaction ayant des racines biologiques profondes.

Les femelles babouins et chimpanzés rougissent par exemple de manière très évidente quand elles ovulent, lançant un message sexuel très clair pour attirer les mâles.

"Notre recherche établit un parallèle dans la manière dont les primates mâles humains et non-humains réagissent au rouge", écrivent ces chercheurs de l'Université de Rochester (New York, est) dont l'étude paraît dans le Journal of Personality and Social Psychology du 28 octobre.

Elle "confirme en fait ce que de nombreuses femmes soupçonnent et clament depuis longtemps à savoir que les hommes agissent comme d'autres primates dans le domaine sexuel", ajoutent-ils.

"Autant les hommes aiment à penser qu'ils réagissent aux charmes féminins de manière attentionnée et raffinée, il semble au moins dans une certaines mesure, que leurs préférences et prédilections sont, en un mot, primitives", poursuivent ces chercheurs.

Pour mesurer l'influence du rouge sur l'attirance sexuelle, l'équipe de psychologues a effectué cinq expériences en montrant à des hommes âgés en moyenne de 20 ans, des photographies de femmes d'un attrait ordinaire dont les cadres étaient soit de couleur rouge, soit blanc.

Les chercheurs ont évalué les réactions des sujets aux différentes photographies en leur posant des questions telles que: "Pensez-vous que cette personne est jolie?".

D'autres expériences ont testé des contrastes de couleurs entre le rouge, le gris, le vert et le bleu. Toutes les couleurs avaient le même degré d'intensité lumineuse.

Dans la dernière expérience, le t-shirt de la femme figurant sur les différentes photographies a été numériquement coloré en rouge ou en bleu. Les participants ont été alors interrogés sur le fait de savoir combien d'argent ils étaient disposés à dépenser pour une sortie avec cette femme en sachant qu'ils disposaient de cent dollars.

Dans toutes les circonstances envisagées dans ces tests, auxquels ont participé au total une centaine de sujets, les femmes montrées dans une photographie bordée de rouge, ou portant un vêtement rouge, ont été jugées plus attirantes et sexuellement plus désirables par les hommes que les mêmes femmes montrées avec d'autres couleurs, ont constaté les auteurs de cette étude.


Quand elle portait du rouge, une femme était plus souvent invitée à sortir et dans des endroits plus chers, précisent-ils.

Ces effets du rouge n'ont pas été identifiés chez des femmes à l'égard d'autres femmes.

Bien que le rouge ait amplifié les sentiments positifs dans cette recherche, d'autres études faites précédemment laissent penser que les couleurs peuvent susciter différentes réactions selon le contexte.

C'est ainsi que la couleur rouge dans des compétitions sportives ou lors d'examens écrits a été associés à de mauvais résultats, relèvent les auteurs de cette étude dont Andrew Elliot, professeur de psychologie à l'Université de Rochester.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 28 octobre 2008, 17h23)


Les actrices s'étant vêtues de rouge lors du dernier Festival international du film de Cannes, en mai dernier - comme Natalie Portman, qui était membre du jury du festival en 2008 -, savaient-elles l'effet qu'elles suscitaient instinctivement chez le public masculin en portant cette couleur ? Vaste question, à laquelle je laisse à mes lecteurs le soin de répondre, s'ils le peuvent...


Il y a beaucoup d'autres sujets qui intéressent mes lecteurs et que je n'ai peut-être pas suffisemment évoqués sur le présent blog. Là encore, je le perçois bien à travers les informations qui me parviennent, ici et là... Et il s'agit parfois de sujets politiques très sérieux qui, pour certains d'entre-eux, ont été volontairement ignorés malgré la pression de l'actualité des médias de masse, et sachant bien que, de toute façon, dans notre monde dominé par la tyrannie de l'urgence, une actualité est toujours rapidement chassée par une autre et ne fais jamais que passer dans les écrans de télévision comme un vol d'oiseaux dans le ciel...


Voila que je me laisserai presque aller à un certain lyrisme... Mais comme dirait Jacques Chirac, "revenons sur Terre". Il y a bien, en effet, des sujets politiques sérieux que j'ai volontairement ignorés depuis la création de ce blog. Ainsi, on l'aura aisément remarqué, je n'ai pas parlé, sur le présent blog, du conflit israélo-palestinien. Quelle autre négligeance coupable, me direz-vous, peut-être... Et pourtant, ce n'est pas une négligeance, même si le monde entier a eu, du 27 décembre dernier à aujourd'hui, 17 janvier, à nouveau les yeux tournés vers cette région décidément maudite qu'est celle d'Israël-Palestine, assistant, une fois de plus, la bouche grande ouverte et le cerveau plus ou moins éteint, à un énième épisode guerrier opposant, cette fois-ci, l'armée de l'Etat d'Israël aux forces antisionistes fanatiques du mouvement islamiste palestinien ultra-radical Hamas dans le minuscule territoire dit de la Bande de Gaza. Ce n'est pas une négligeance de ma part que de ne pas parler de ce sujet. C'est plutôt un aveu vis-à-vis du positionnement qui, les années passant, est devenu le mien. Pour moi, aujourd'hui, et depuis longtemps maintenant, le conflit israélo-palestinien n'est rien de plus qu'une série télévisée interminable, une série B, de mauvaise qualité par nature, qui envahit régulièrement les écrans de télévision occidentaux, avec les mêmes "héros" récurrents, le même scénario minable, les mêmes effets spéciaux pourris, la même mise en scène convenu, les mêmes décors misérables, les mêmes discours répétitifs, les mêmes images aussi prévisibles que soporifiques...


C'est une vraie série B, ennuyeuse et pathétique... d'autant plus pathétique, d'ailleurs, qu'elle est prise très au sérieux en Occident, et notamment en France, où l'on assiste régulièrement, dès la diffusion d'un épisode particulièrement guerrier du feuilleton, à des manifestations ridicules de la part de "fan-clubs" idiots, les uns pro-israéliens, les autres pro-palestiniens, qui, les uns comme les autres, tant dans leurs discours que dans leurs actes, ne peuvent que susciter chez moi un inévitable scepticisme. Je ne peux en effet, face au sujet en question, comme face à tant d'autres sujets, qu'apparaître comme je suis : un incorrigible sceptique, face aux certitudes imbéciles proférées par les uns et par les autres... De mon scepticisme découle un positionnement que l'on peut qualifier de détachement, et qui peut peut-être déranger... Pourquoi donc un tel détachement face à un tel drame ? Parce que cette mauvaise série télévisée qu'est le conflit israélo-palestinien est tout simplement, pour moi, une des représentations les plus éclatantes de la bêtise humaine.


La recette est simple. Pour faire la pâte de votre gâteau tout bête, prenez deux peuples passant leur temps à se disputer un petit territoire ridicule situé au Proche-Orient, la Palestine, un territoire fait de quelques arpents de terre nommés Israël, Cisjordanie et Bande de Gaza, au bord de la Méditerranée orientale, un territoire fort peu étendu mais infernal, une véritable pépinière de fous de Dieu, un maudit petit territoire dont les Romains pouvaient déjà, en leur temps, se demander s'ils ne s'étaient pas compliqués inutilement l'existence en ayant fait dudit territoire une province de leur Empire. Prenez ces deux peuples, Israëliens et Palestiniens, et la grosse chiure de mouche sur les cartes Mercator qui leur sert de terrain de jeu. Ajoutez-y des dirigeants cyniques et/ou opportunistes et/ou incompétents et/ou corrompus pour prétendre gouverner tout ça. Laissez fermenter la pâte ainsi obtenue, afin qu'il soit garanti que le conflit politique et national soit toujours bien empoisonné par du fanatisme religieux et des considérations géopolitiques dépassant assez largement les limites de votre grosse chiure de mouche. Pimentez fortement l'ensemble avec des bons gros extrémistes imbéciles répartis dans les deux peuples en présence : d'un côté, des nationalistes sionistes israéliens et des juifs religieux ultra-orthodoxes, tous parfaitement idiots, mélangés à des colons juifs israëliens particulièrement crétins tant ils sont butés (surtout les sionistes religieux), et d'un autre côté, des musulmans islamistes palestiniens, également parfaitement idiots, mélangés à des activistes islamistes ultra-radicaux, également crétins, et adeptes d'une sorte de terrorisme de clocher (ou de minaret, si vous préférez). Soupoudrez le tout d'un zeste de sensationnalisme médiatique, d'analyses géopolitiques de café du commerce, de moralisme occidental post-moderne, de manichéisme à géométrie variable, de tyrannie de l'urgence, et de tyrannie des apparences. Mettez enfin votre gâteau tout bête au four, faites-le bien crâmer, et vous obtiendrez, d'un point de vue occidental, une magnifique bouse télévisuelle et ce qui va avec, à savoir la manifestation éclatante de la bêtise la plus crasse, aussi bien dans la série B elle-même que dans le public qui la regarde avec tant de sérieux, en France et ailleurs en Occident. C'est crâmé, c'est indigeste, c'est complètement idiot, mais apparemment ça marche depuis plus de 60 ans... Comprenne qui pourra... Alors, bien entendu, le conflit israélo-palestinien, c'est beaucoup de malheurs, beaucoup de tragédies humaines, beaucoup de morts, beaucoup de souffrances, beaucoup de désespoir... mais à mes yeux, c'est depuis longtemps, avant tout, beaucoup de temps perdu et surtout beaucoup de bêtise. Bien sûr, c'est triste, mais c'est comme ça. Dans cette histoire, comme dans tant d'autres, il n'y a pas de "gentils" d'un côté et de "méchants" de l'autre : il y a juste des imbéciles partout. Voila pourquoi le fait de ne pas parler ici du conflit israélo-palestinien n'est pas une négligeance, mais le signe d'un détachement salvateur, tant le ramassis de conneries absolues qu'il représente m'est devenu insupportable. Je n'avais donc pas parlé de ce sujet jusqu'ici, et j'entends continuer à ne pas en parler après cette courte évocation, aussi longtemps que la bêtise restera au coeur de cette lamentable histoire qui empoisonne le monde depuis trop longtemps...


Maintenant que j'y pense, s'ils existent bien des sujets que l'on me reprocher de ne pas évoquer ici ou du moins de ne pas assez évoquer, je sais qu'il y en au moins un dont on me reproche régulièrement, à l'inverse, de trop en parler : il s'agit, bien entendu, de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa et de sa politique. Rappelons donc, tout d'abord, que le présent blog a été créé en janvier 2007, au début de la campagne électorale pour l'élection présidentielle française d'alors, et que dès le début je n'ai pas caché que mon propos en matière de politique était d'abord de m'opposer à la candidature de Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat. Depuis, hélas, ledit Sarkozy a été élu président de la République, et mon opposition à sa candidature a donc évolué en opposition à sa politique, et s'est donc inscrite dans la durée. Dans ce contexte, il ne faut donc pas s'étonner que j'évoque, au moins de temps en temps, les turpitudes de la vie gouvernementale sarkozyenne... D'ailleurs, cela me fait penser à évoquer, au passage, précisément, l'actualité politique du moment, à savoir le léger remaniement ministériel qui a eu lieu avant-hier au sein du gouvernement Fillon, et qui était attendu depuis un certain temps...


Sarkozy fait son mini-remaniement, promeut Hortefeux, Besson, Kosciusko-Morizet


L'Elysée a procédé jeudi au mini-remaniement gouvernemental attendu depuis plusieurs semaines en nommant, comme prévu, Brice Hortefeux au Travail, Eric Besson à l'Immigration et, surpris[e], en confiant à Nathalie Kosciusko-Morizet l'Economie numérique.

Considéré comme l'un des collaborateurs les plus proches du chef de l'Etat, Brice Hortefeux quitte le poste très controversé de l'Immigration pour rejoindre le ministère du Travail, où il prend la place de Xavier Bertrand, qui part prendre la tête de l'UMP.

Il est remplacé dans ses anciennes fonctions par Eric Besson, transfuge du Parti socialiste et figure de "l'ouverture" sarkozyenne, considéré comme l'incarnation du "traître" par ses anciens camarades.

Sa tâche sera d'autant plus délicate que son ministère, accusé par la gauche d'organiser les reconduites d'immigrés clandestins à la frontière en faisant un maximum de "chiffre", cristallise la colère de l'opposition.

La principale surprise dans ce jeu de chaises musicales, dont les grandes lignes étaient connues, vient de la nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet au secrétariat d'Etat à l'Economie numérique auprès du Premier ministre, en remplacement d'Eric Besson.

Etoile montante de l'UMP, cette jeune femme de 35 ans occupait jusqu'à présent les fonctions de secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, où elle a été l'une des principales chevilles ouvrières du Grenelle de l'environnement. Son frère, Pierre, est le créateur et directeur d'un important site de vente en ligne [(Priceminister)].


D'après l'Elysée, une décision sera prise "dans quelques jours" pour savoir s'il convient de la remplacer à son ancien poste.

Jean-Louis Borloo "va proposer un ou une remplaçante à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie", a-t-il déclaré à l'AFP. "C'est une fille de grande qualité. Je suis très content de l'avoir entendue heureuse lorqu'elle m'a appelé après sa nomination".

Christine Boutin, jusqu'ici ministre du Logement et de la ville, perd ce dernier secteur, au profit de Brice Hortefeux qui a désormais dans ses attributions le travail, les relations sociales, la famille, la solidarité et la ville.

Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville, entretenait des relations notoirement houleuses avec Mme Boutin. En janvier, quelques jours avant la présentation par Fadela Amara de son plan banlieue, Christine Boutin affirmait "ne pas y croire" préférant "une autre politique de la Ville".

Et il y a peu, la secrétaire d'Etat d'ouverture confiait qu'elle cherchait directement les arbitrages à l'Elysée et qu'elle se contentait de "tenir" sa ministre de tutelle "au courant".

Ce mini-remaniement, attendu depuis plusieurs semaines, précède de peu une remise en ordre du parti présidentiel, l'UMP, qui doit tenir le 24 janvier un conseil national pour entériner l'arrivée de Xavier Bertrand à sa tête.


Privilégiant, dans un contexte de crise économique difficile, des ajustements par petites touches de l'équipe gouvernementale, Nicolas Sarkozy avait nommé début décembre Patrick Devedjian au nouveau portefeuille de la Relance économique, et élargi en début de semaine le périmètre des fonctions de Martin Hirsch, désormais haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté mais aussi à la Jeunesse.

Il avait aussi remplacé le 12 décembre le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet par Bruno Le Maire, un proche de Dominique de Villepin, son ancien adversaire au sein la majorité.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 15 janvier 2009, 17h45)

Certains journalistes ont été surpris par la nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet au secrétariat d'Etat à l'Economie numérique auprès du Premier ministre, mais personnellement, je n'ai pas été du tout surpris car je m'attendais à une promotion pour la jeune secrétaire d'Etat, même s'il est vrai que je m'attendais plutôt, il y a quelques mois, à ce qu'on lui attribue un portefeuille ministériel plus important que le poste de sous-ministre qu'elle occupait jusqu'ici, et qu'elle aura finalement laissé pour occuper à présent un autre poste de sous-ministre... qui aura sans doute au moins l'avantage de la débarasser de la tutelle encombrante du désinvolte Jean-Louis Borloo... Pour le reste, il n'y a pas grand-chose à dire, le grand remaniement gouvernemental iniatialement prévu étant reporté à plus tard... En tout cas, nous en avons encore pour plus de trois ans de sarkozysme au pouvoir, chers lecteurs, et j'espère que vous comprendrez que tant que Sarkozy sera l'actuel chef de l'Etat, fut-il omniprésent et omnipotent dans les médias, il est très probable que je continuerai à afficher clairement ici mon opposition audit Sarkozy et à sa politique. Cependant, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je m'efforce désormais de parler beaucoup moins ici de l'actuel président de la République, non pas parce c'est censé être devenu risqué de le critiquer publiquement, mais tout simplement parce qu'il ne mérite assurément pas d'être sans cesse le sujet des articles du présent blog. Ayant depuis longtemps envie de lever un peu le pied, notamment sur ce sujet, mais aussi de façon générale, je n'exprimerai donc pas mon opposition résolue à Sarkozy aussi souvent que par le passé, mais il m'arrivera parfois de le faire encore, de temps en temps, au moins un petit peu, comme Carla Bruni-Sarkozy pourrait elle-même l'expliquer gentiment à son mari...


Après tout, il parait que Carla Bruni-Sarkozy incarne la bonne conscience de gauche de son époux : si jamais mon blog était victime d'un flicage sarkozyste - on m'a dit que Sarkozy pourrait même m'attaquer pour ce que j'ai écrit ici sur lui, notamment en janvier de l'année dernière -, je pourrais toujours plaider ma cause auprès de la Première Dame de France... Assurément, cela m'amuserait beaucoup...
Mais revenons à présent aux sujets qui vous intéressent, chers lecteurs, et que je n'évoque pas suffisemment ici, à en croire ce que je lis et entends, ici ou là... Cela dit, des sujets qui vous intéressent et dont je ne parle pas assez, il y en a tellement ! S'il faut cependant choisir encore un exemple, dans le cadre de cet article, parmi les nombreux sujets trop peu évoqués jusqu'ici sur le présent blog, choisissons donc celui de la cuisine et de la gastronomie...


La cuisine et la gastronomie, bien sûr, c'est important. Cela dit, lorsqu'un des commentateurs réguliers du présent blog, l'alias Sauron, s'est mis en tête, en décembre dernier, d'attirer l'attention, dans un de ses commentaires, sur la délicate question du fromage, en évoquant notamment, de façon étrange, le fromage grec connu sous le nom de feta, j'avoue que je ne savais pas trop comment réagir. Heureusement, un fait d'actualité tout récent, lié par ailleurs à mon département d'origine - l'Aveyron -, est venu avant-hier, 15 janvier, à mon secours afin de me permettre d'évoquer un évènement destiné à ceux (ou même seulement à celui) que la question du fromage intéresse : je veux bien entendu parler de la nouvelle surtaxation annoncée des importations de roquefort aux Etats-Unis d'Amérique...


Les USA ferment leur marché au roquefort


Les Etats-Unis ont pris pour cible les exportations françaises de roquefort, en leur infligeant des droits de douane prohibitifs, en rétorsion contre la poursuite de l'interdiction de commercialisation de leur boeuf aux hormones sur le territoire européen.

Dans la longue liste des produits agroalimentaire visés par les nouvelles sanctions américaines, le célèbre fromage de brebis à pâte persillée, est spécialement visé : c'est le seul produit à voir ses droits de douane tripler.

Ce fromage de réputation mondiale, exclusivement fabriqué en France, était déjà visé depuis 1999 par des droits de douane élevés, de 100%.

Avec une taxe de 300%, à partir du 23 mars, le premier fromage français à avoir bénéficié d’un décret d’appelation, atteindrait des prix astronomiques dans l’assiette du consommateur américain.

Les professionnels de l'Aveyron (sud de la France) accueillent la nouvelle comme "la fin" de cette filière d'exportations, d'après le président de la Confédération générale du roquefort, Robert Glandières. Les Etats-Unis importent environ 400 tonnes par an, soit environ 2% de la production.

"Le roquefort est un symbole français et on paie sa notoriété", a déploré Béatrice Weirich, porte-parole de la Fédération régionale du syndicat des éleveurs de brebis (membre de la FNSEA).

L'ancien leader paysan José Bové a jugé pour sa part cette décision "scandaleuse".

Ce revers efface un succès, celui de l'autorisation du roquefort sur le marché australien pour trois ans, obtenue un mois auparavant.

Washington n'a pas donné de raison à sa décision, prise quelques jours avant la fin des fonctions de la représentante au Commerce extérieur (USTR), Susan Schwab, qui doit quitter son poste avec le reste de l'administration de George W. Bush mardi [20 janvier].

Ces sanctions sont d'après les Etats-Unis conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, qui dans le conflit du boeuf aux hormones avait jugé en appel le 16 octobre que les sanctions prises par les Etats-Unis et le Canada contre les produits européens étaient légales.

Le premier jugement de l’OMC dans ce contentieux remonte à 1998.

"L'OMC a jugé que l’interdiction par l'Union européenne du boeuf américain n’était pas fondée sur la science (...) Pendant plus d’une décennie, nous avons essayé de résoudre ce différend avec l’UE, mais nos efforts n'ont pas abouti", ont fait valoir les USA.

A Bruxelles, l'interprétation était très différente. "L'OMC n’ayant pas examiné notre législation actuelle sur les hormones qui date de 2003, les sanctions américaines sont illégales", a accusé la Commission européenne.

L'UE considère cette décision comme "une tentative claire d'aggraver le conflit", qui ne lui donne "pas d'autre choix que de commencer à (se) préparer pour porter cette affaire devant l'OMC".

Les sanctions vont au-delà du roquefort. La liste mise à jour par les Etats-Unis recense toutes sortes de denrées dont les droits de douane s’élèveront désormais à 100% : des viandes, des fruits et légumes, des champignons, des céréales, des chewing-gums, du chocolat, des châtaignes, des jus de fruits, des eaux minérales et des graisses.

Vingt-six des 27 pays de l’Union sont visés, le Royaume-Uni seul étant épargné car il a toujours été favorable au boeuf aux hormones.

"Le montant des sanctions s'élève à 116,8 millions d’euros sur une liste définie de denrées. Il est clair que les exportateurs vont faire face à une incertitude accrue, leurs produits pouvant être sujets à des droits de douane sévères avec un préavis court. Les implications de cette mesure en termes d'échanges commerciaux seront importants", ont déploré les Européens.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 16 janvier 2009, 00h06)


Roquefort : le syndicat des producteurs va proposer des actions de protestation


Le Syndicat des producteurs de lait de brebis (SPLB), affilié à la Confédération paysanne, va proposer des actions aux autres organisations professionnellles et à l'interprofession après la décision de Washington de tripler les droits de douane sur le roquefort, a-t-il annoncé jeudi [15 janvier].

"On risque d'être obligés de fêter dignement le dixième anniversaire du démontage du McDo de Millau", le 12 août 1999, a déclaré à l'AFP Laurent Reversat, responsable du SPLB.

Des militants du SPLB, emmenés par José Bové, avaient alors saccagé le chantier du futur McDonald's de Millau en réaction à une première mesure de taxation du roquefort par les Etats-Unis, qui voulaient déjà contraindre l'Europe a accepter l'importation de boeuf américain traité aux hormones.

Le SPLB n'annonce pas une action similaire mais "envisage de faire quelque chose de commun" avec le reste de la profession, car le triplement des taxes "chasse complètement le roquefort du marché américain", a souligné M. Reversat.

"Il y a sans doute une valeur symbolique à frapper toujours le roquefort : notre produit est aux antipodes du boeuf aux hormones, il est sain, garanti, authentique", a ajouté le syndicaliste.

"Plus que jamais, on voit ce qu'il advient quand le pouvoir politique cède la place au pouvoir économique, l'OMC dit que les Etats-Unis ont raison", a estimé M. Reversat.

"Le nouveau président Barack Obama, qu'on pare de toutes les vertus, gagnerait à y réfléchir s'il veut la rupture avec les années Bush, complètement inféodées à un pouvoir économique inique", a-t-il ajouté.

Jeudi, les autorités américaines ont annoncé une modification de la liste des produits de l'UE "sujets à des droits de douane supplémentaires en lien avec" le conflit du boeuf aux hormones devant l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Dans un communiqué, les services du commerce extérieur à Washington ont annoncé faire passer les droits de douane sur le roquefort de 100% à 300% à partir du 23 mars.

Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a "regretté" jeudi soir la décision des Etats-Unis, jugeant que c'était une "sanction injustifiée".

"Cette sanction, prise en rétorsion à la poursuite de l'interdiction par Bruxelles du boeuf aux hormones américain, est injustifiée", a estimé le ministre.

Face à cette décision, "nous ne resterons pas inactifs", a assuré le ministre, soulignant que la France prévoyait pour aider les producteurs concernés des mesures de "promotion et de soutien à l'exportation sur le marché américain".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 16 janvier 2009, 13h14)


C'est assurément là un beau cadeau d'adieu que réservait à la France l'administration Bush, avant d'abandonner enfin le pouvoir exécutif à Washington mardi prochain, 20 janvier. On aurait dû s'en douter, et, à vrai dire, cette annonce d'une prochaine surtaxation du roquefort au Etats-Unis n'est pas une surprise. Pour ma part, j'ai presque l'impression de rajeunir, tant cette affaire me ramène dix ans en arrière, à l'époque du fameux démontage du restaurant McDonald's alors en construction à Millau en 1999, et à l'époque du procès des démonteurs, à l'occasion duquel avait eu lieu, en juin 2000, toujours à Millau, un grand rassemblement, citoyen et festif, auquel j'avais participé, et qui avait été organisé pour soutenir les inculpés, dénoncer la répression syndicale et la marchandisation de la vie, et qui avait pour slogan : "le monde n'est pas une marchandise"...
C'est loin tout ça... et en même temps, c'est proche, vu ce qui vient de se passer...
Que faire pour arranger la situation ? A Toulouse, d'où j'écris ces lignes, le président socialiste de la région Midi-Pyrénées a visiblement tenu à réagir énergiquement dès le lendemain de l'annonce faite à Washington de la prochaine surtaxation du roquefort :


Le président de Midi-Pyrénées envoie un coffret de roquefort à Barack Obama


Le président PS de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, a envoyé vendredi [16 janvier] au président américain élu Barack Obama un coffret prestige de fromage de Roquefort en cadeau pour son investiture, a-t-on appris auprès du conseil régional.

"L'investiture de Barack Obama est porteuse de grands espoirs, notamment d'une meilleure relation entre les Etats-Unis et l'Europe, j'ai donc adressé ce produit prestigieux de l'agriculture midi-pyrénéenne au président Barack Obama en lui demandant que, dès mardi, la nouvelle administration américaine réexamine ce dossier avec plus d'intelligence", a indiqué Martin Malvy.

Ce coffret prestige est composé d'un fromage entier de roquefort à l'affinage et à la maturation spéciale, conditionné en deux demi-parts dans un emballage métallique.

Jeudi, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient tripler les droits de douane imposés aux importations de roquefort français, une sanction prise en rétorsion à la poursuite de l'interdiction par Bruxelles du boeuf aux hormones américain.

Le roquefort verra ainsi ses droits de douane passer de 100 à 300% à partir du 23 mars.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 16 janvier 2009, 19h11)

Cet envoi d'un coffret de roquefort à Washington, il fallait vraiment y songer... "Formidâââble", comme dirait Jack Lang... ;-) Cela me fait penser, au fait, que, pendant ce temps, au lieu de rejoindre Martin Malvy dans le combat régional, national et européen pour la défense du roquefort, deux de ses collègues présidents de région, à savoir Georges Frêche et Michel Vauzelle, préfèrent se concentrer sur ce que l'on appelle déjà "une nouvelle guerre des Gaules" :

Statues de l'Antiquité trouvées dans le Rhône : une nouvelle guerre des Gaules ?


Le président PS de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle, juge "dérisoire de chercher à entamer une nouvelle guerre des Gaules", en réponse à son homologue du Languedoc-Roussillon Georges Frêche (DVG) qui souhaite récupérer des statues de l'Antiquité découvertes dans le Rhône en 2007, près d'Arles.

"Je suis très surpris que cette initiative de Georges Frêche intervienne au moment où le monde méditerranéen est en proie à une guerre atroce et inquiétante. Dans ce contexte très difficile, il est tout à fait dérisoire de chercher à entamer une nouvelle guerre des Gaules", a réagi vendredi [16 janvier] M. Vauzelle, dans un communiqué.

M. Frêche a annoncé jeudi [15 janvier] qu'il entamait une action en justice pour récupérer toutes les statues sorties du Rhône, lors de fouilles archéologiques en face d'Arles, "parce que cette rive appartient au Languedoc-Roussillon".

"Sauf informations contraires, jusqu'à présent, cette partie du Rhône est bel et bien située en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et il n'est pas envisageable de demander à l'Etat français ou aux Nations unies de poser sur ce fleuve des frontières régionales ou d'avancer des troupes !", répond ironiquement M. Vauzelle.

Ce dernier se dit "étonné d'apprendre par voie de presse cette velléité soudaine" du président Frêche. "Je m'étonne aussi qu'elle intervienne aujourd'hui alors que ces découvertes ont eu lieu en août 2007 et que la ministre a confirmé en juillet 2008 que ces statues devaient rejoindre le Musée départemental d'Arles", dit-il.

Une centaine d'objets avaient été sortis de la vase lors d'une campagne de fouilles menée d'août à octobre 2007 sur la rive droite du fleuve, en face d'Arles. Parmi eux figurent un buste en marbre de Jules César, un chapiteau corinthien en marbre, des colonnes, des statues dont un Neptune sculpté du IIIe siècle après JC et un captif en bronze.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 16 janvier 2009, 17h33)

Incorrigible Georges Frêche... ;-) Depuis quelque temps, on s'en souvient, j'étais surtout très réceptif à ses intéressants discours de stratégie politique, et j'en avais presque oublié à quel point on pouvait, avant tout, bien rigoler avec lui... ;o) Heureusement, le président Georges Frêche sait visiblement rester fidèle aux bonnes vieilles habitudes du grand perturbateur professionnel qu'il a toujours été, et que le monde entier envie à la région Languedoc-Roussillon... ;-)


Arrêtons-nous donc là. On pourra trouver cela un peu court, mais que voulez-vous, je suis un être humain, faillible et imparfait. Je me rends compte qu'il y a tellement de sujets qui intéressent mes lecteurs, et dont je n'ai peut-être pas assez parlé sur le présent blog, que les évoquer tous ici est bien sûr impossible. Libres à vous, chers lecteurs, de les évoquer dans vos éventuels commentaires au bas de cet article ! Pour ma part, je me demande à présent pourquoi j'ai pris la peine d'écrire l'article en question... Pour faire plaisir à mes lecteurs ? Mais, par ma barbe, ici c'est mon blog, et j'y écris ce que bon me semble ! Et puis c'est tout ! Na ! ;-) Cela dit, au bout de presque deux ans d'existence du présent blog, que je veuille ou non vous faire plaisir, chers lecteurs, je sais que certains d'entre vous viennent de toute façon chercher librement ici des renseignements sur les sujets les plus divers, comme en témoignent notamment les mots-clés que vous utilisez sur le moteur de recherche Google pour accéder à mon blog. En voici quelques-uns, en guise de conclusion, et pour ne citer que les plus récurrents et les plus insolites que j'ai relevé ces derniers jours : "hyarion", "giuseppe arcimboldo peintre particulier", "picasso bénéfice de 1 million", "anarcho-monarchiste", "gollum sarkozy", "tous se qui ne nous tue pas nous rend plus for [sic]", "chaussure a talonnette", "sans faire bouger l'autre chirac thatcher", "jean louis roche marx etait il depressif", "pencassine [marionnette de Le Pen dans le "Bébête-Show"]", "naturellement arnold schwarzenegger pognon", "l'argent qui pourrit françois mitterrand", "photographie des présidents de la v république", "le dictateur charlie chaplin analyse du film", "sarkozy honte", "peintre xixe erotique", "crocodil préhistorique", "contes illustrations féeriques", "valeurs esthétique du beau du laid du sublime", "carole bouquet françois mitterand", "les chaussures de sarko", "hercule omphale érotique", "jacques chirac traduction pouchkine", "histoire de sarkozy", "crocodile géant", "faire l'amour au louvre", "les apologistes du travail", "etude du tableau la naissance de vénus", "femme soumise sexuellement", "film inspiré de cthulhu", "sarkozy chaussures", "musee tableaux erotiques", "valeur de chaussure de sarkozy", "mitterrand soutien chirac", etc.
Assurément, je ne pensais pas, à l'origine, que mon blog finirait par avoir une telle vocation encyclopédique... ;-)

A plus tard, ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Montage photo des portraits de quatre actrices de cinéma ayant marqué l'année 2008 : en haut à gauche l'actrice Natalie Portman arrivant à l'"afterparty" suivant la projection du film The Other Boleyn Girl, réalisé par Justin Chadwick, au Criterion à Londres, le 19 février 2008, détail d'une photographie, ©Dave Hogan/Getty Images Europe, en haut à droite l'actrice Gwyneth Paltrow photographiée à l'occasion de la présentation du film Two Lovers, réalisé par James Gray, au Palais des Festivals, pendant le 61ème Festival international du film de Cannes, le 20 mai 2008 à Cannes, détail d'une photographie, ©Getty Images, en bas à gauche l'actrice Keira Knightley arrivant à la première projection mondiale du film The Duchess, réalisé par Saul Dibb, au cinéma Odeon, à Leicester Square, le 3 septembre 2008 à Londres, détail d'une photographie, ©Getty Images, en bas à droite l'actrice Scarlett Johansson arrivant au dîner de gala organisé à Oslo en l'honneur du lauréat du Prix Nobel de la Paix Martti Ahtisaari le 10 décembre 2008, photographie, ©Getty Images ; L'actrice Gwyneth Paltrow, photographiée à l'occasion de la présentation du film Two Lovers au Palais des Festivals, pendant le 61ème Festival international du film de Cannes, le 20 mai 2008 à Cannes, photographie, ©Getty Images ; Une actrice lors de la montée des marches à Cannes, en mai 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/pool/Archives/Jeff Christensen ; L'actrice membre du jury Natalie Portman arrivant sur le tapis rouge, pour assister à la projection du film Che, réalisé par Steven Soderbergh, au 61ème Festival international du film de Cannes, le 21 mai 2008, photographie de l'agence Reuters, ©Reuters ; L'actrice membre du jury Natalie Portman arrivant sur le tapis rouge pour assister à la projection du film