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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Lundi 7 mai 2007
Quelle dérouillée ! Avec un peu plus de 53% des suffrages pour Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, contre un peu moins de 47% des voix pour Ségolène Royal, la défaite est sévère pour tous les citoyens démocrates et humanistes de notre pays. Avec l'élection de Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat, c'est une droite décomplexée, et idéologiquement très orientée, qui est désormais sur le point de conquérir - à l'occasion des prochaines élections législatives - la totalité du pouvoir en France. C'est évidemment une catastrophe politique, d'autant plus grande que la victoire de Sarkozy est incontestable sur la forme, en raison du taux de participation très élévée pour ce deuxième tour de l'élection présidentielle (environ 84 % de votants), taux qui représente - paradoxalement -, et c'est bien juste de le dire, une bonne nouvelle pour la démocratie française. On notera que les électeurs de François Bayrou, considérés comme détenant une des clés du scrutin avant le second tour de l'élection, n'ont pas fait la différence, en définitive, puisqu'ils se répartissent de façon à peu près égale sur les deux candidats. Le succès de Sarkozy n'est pas une surprise : dans un pays qui vieillit, dont la situation socio-économique n'est guère brillante, il n'a pas eu de mal à incarner un "changement", dont on aura bien assez le temps de constater la nature - forcément injuste - dans les cinq ans qui viennent... Sarkozy, candidat des riches, des puissances financières et médiatiques, a réussi à conquérir l'électorat jusque-là favorable à Le Pen, une bonne partie des couches populaires de la société, ainsi que, bien entendu, les plus âgés des citoyens français, ceux qui sont vraiment vieux, c'est-à-dire vieux à la fois dans le corps mais surtout aussi dans leur tête, tous ceux qui veulent que les choses changent tout en restant les mêmes, avec les sempiternelles références au travail, à l'autorité, à la morale, au mérite, à la récompense, à l'identité nationale comme rempart face à l'immigration, toutes ces références étant érigées en dogme... Le vote pour Sarkozy est, en fait, le pire des votes conservateurs, celui qui sous l'apparence d'un changement, n'est jamais que l'expression des préjugés et de la bêtise ordinaires, propre au conservatisme le plus étouffant qui soit...

Le 31 janvier dernier, à l'occasion d'un entretien accordé au Figaro, à la question de définir quelles sont les valeurs de la droite, Sarkozy a répondu ainsi :

« Au premier rang, je mettrai la valeur travail dont l’oubli résume à mes yeux toute la crise morale française. Le travail a été délaissé par la droite et trahi par la gauche. Les socialistes ne parlent plus des travailleurs, c’est un signe. Je veux être le candidat du travail. C’est ma cohérence et le ciment de mon projet. La deuxième valeur, c’est le respect. L’erreur de mai 68, c’est d’avoir pensé faire le bonheur de l’élève en le considérant comme l’égal du maître. Or, si l’élève a vocation à dépasser le maître, il doit respecter son autorité. Enfin, il y a la valeur de responsabilité. Je considère qu’il n’existe pas de droit sans devoir en contrepartie. Je demande que nul ne puisse refuser plus de deux offres d’emploi qui correspondent à sa qualification. Je demande aussi qu’il n’y ait pas de minimum social sans une obligation d’activité en contrepartie. »

(Sarkozy, dans un entretien, le Figaro, 31 janvier 2007)

Sarkozy s'est présenté comme le candidat de la "valeur travail". Pour moi, le travail est un moyen, et non pas une fin. Or, en considérant le travail comme une valeur en soi, comme si le travail pour le travail avaient un sens, surtout s'il est lié au principe de l'argent pour l'argent, Sarkozy considère implicitement que le travail est une fin en soi, et pour cause : derrière ces beau discours qui ne font qu'entretenir les préjugés insultants de ceux qui considèrent qu'il y a la bonne France de ceux qui travaillent et se lèvent tôt pour gagner de quoi vivre, face à la mauvaise France de ceux qui ne lèvent que pour aller faire la queue aux ASSEDIC, il y a la conviction profonde que ledit travail constitue la meilleure des polices dans une société.
Le philosophe Friedrich Nietzsche l'avait bien compris :

« 173. Les apologistes du travail.

Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême. »


(Friedrich Nietzsche, Aurore, pensées sur les préjugés moraux [1880-1881], Livre troisième, "173. Les apologistes du travail")

Bien évidemment, Nietzsche parlait ici du travail médiocre, à distinguer de l'authentique travail qui manifeste notre pouvoir de création. Or, que peut-on espérer d'autre, avec quelqu'un comme Sarkozy, qu'un dur labeur destiné uniquement à satisfaire des besoins immédiats, forcément financiers, un labeur qui, du matin jusqu'au soir, mobilise nos facultés et dompte les individus ? On remarquera que même pour Nietzche, le travail authentique, dès lors qu'il est lié au plaisir et à la joie, peut être un but en soi. Pour ma part, le travail, sous quelque forme que ce soit, ne saurait être un but. Pour moi, le travail n'est qu'un moyen, que ce soit pour le pire - le gain, le profit -, ou pour le meilleur - la réalisation, la création, vrai but du travail. La réflexion de Nietzsche sur les apologistes du travail, dans son livre Aurore, n'en est pas moins particulièrement actuelle : on a l'impression que l'immense philosophe allemand du XIXe siècle a écrit ces lignes cette année...

Hier, j'ai passé ma soirée devant le poste de télévision, à regarder les images navrantes, parfois assez écoeurantes, de cette fin de journée du 6 mai, jour de tristesse et d'amertume pour tous ceux qui ce sont opposés à la candidature de Sarkozy. J'ai bien noté que du côté du PS, comme cela était prévisible, le combat des chefs n'a pas tardé à réapparaître : tandis que Ségolène Royal s'efforçait de rester digne et affirmait, courageusement, sa volonté de continuer à incarner le renouveau à gauche, et de rester aux côtés de ses partisans à l'occasion des prochaines échéances électorales - contrairement à Jospin en 2002 -, l'incorrigible Dominique Strauss-Kahn n'a pas pu s'empêcher d'être le premier - avant même Laurent Fabius - a dégainer les couteaux, en affirmant crânement, sur France 2, être le seul au PS à incarner le changement social-démocrate tant attendu, refusant d'accorder, semble-t-il, la moindre importance aux efforts faits par Royal pour sortir des carcans idéologiques du PS pendant sa campagne, notamment son ouverture vers le centre pendant l'entre-deux tours. Strauss-Kahn semble être un peu trop
persuadé d'incarner à lui seul le changement au PS : son attitude d'hier soir devant les caméras de télévision a été indigne, et s'il faut être obligé de se rallier à lui pour faire du PS un véritable parti social-démocrate moderne, je ne peux que confirmer mon intention d'aller voir ailleurs...
Depuis 2005, et la division de la gauche au moment du référendum sur la constitution européenne, rien ne va plus au Parti Socialiste : alors que la transformation social-démocrate aurait dû avoir lieu bien avant l'échéance de 2007, le fameux "projet socialiste" péniblement pondu en 2006, et difficilement défendable tant il était inconsistant, ainsi que les affrontements au sein du PS durant la campagne interne pour la désignation du candidat du parti n'ont pu que confirmer la situation de blocage politique dont les socialistes n'ont pas vraiment réussi à se sortir. La transformation social-démocrate du PS aura sans doute lieu, mais elle sera bien tardive, et surtout difficile dans la mesure où l'on ne pourra probablement pas faire l'économie d'un affrontement interne très virulent, auquel je n'ai, en ce qui me concerne, guère envie de prendre part...

J'ai lu dans le numéro de Libération d'aujourd'hui, 7 mai, un article d'un professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier, Paul Alliès, dans lequel l'auteur prétend, sans rire, que l'élection présidentielle de 2007 a abouti à un "triomphe du bonapartisme" : "Cette élection présidentielle pourrait bien être le triomphe absolu du bonapartisme, cette culture politique dont la France ne parvient décidément pas à se défaire. Nicolas Sarkozy en est l'incarnation à lui seul. Il résume jusqu'à la caricature la modernité de cette "société du 10 décembre" qui fit le succès, en 1848, de Napoléon le Petit [sic] : déjà à l'époque, elle ajoutait de la violence symbolique et privée au monopole étatique de la force. Mais la postérité du bonapartisme va bien au-delà des personnes. Elle s'est forgée dans et par les institutions ; pas tant dans l'élection par le chef de l'Etat au suffrage universel direct que dans la concentration exceptionnelle de tous les pouvoirs en ses mains. De ce point de vue, l'histoire de la Ve République restera celle d'une accumulation progressive de puissance d'une seule autorité au prix de la dévitalisation des moindres contre-pouvoirs. Même celui que les journalistes avaient construit est en train de produire par connivence ou servitude volontaire une nouvelle oligarchie. Se refonde ainsi toujours plus l'espace du pouvoir où le centre reste la cité interdite à la société civile tandis que sa périphérie est abandonnée à ses ennemis."
En tant que démocrate, je ne peux qu'être d'accord avec l'auteur en ce qui concerne la menace pesant sur le pluralisme médiatique et le danger que constitue, en ce début de XXIe siècle, la concentration de tous les pouvoirs entre quelques mains. Mais en sachant ce que je sais sur le bonapartisme, je ne peux que désapprouver le parallèle fait par Paul Alliès entre Sarkozy et "Napoléon le Petit", c'est-à-dire Napoléon III, car on ne peut que comparer que ce qui est véritablement comparable. Dans un de mes précédents messages (intitulé "Sarkozy de Nagy-Bocsa, alias Talonnette Ier..."), j'ai déjà eu l'occasion de souligner le caractère absurde, sur le plan historique, de toute comparaison de Sarkozy avec Napoléon Ier ou avec Napoléon III. La comparaison du sarkozysme avec le bonapartisme, disparu à la fin du XIX e siècle, mais que l'on ne cesse d'invoquer de façon trop souvent intempestive pour attaquer Sarkozy, est tout aussi absurde. Le fait est que les républicanistes de la gauche bien-pensante persiste à vouloir employer les mêmes vieilles recettes pour construire leurs critiques, quand lesdites recettes sont, au mieux maladroites, au pire complètement à côté des clous. Ayant assez longuement étudié le bonapartisme et les élections plébiscitaires qui y sont associées, je crois pouvoir - modestement - me permettre de dire que Nicolas Sarkozy n'est pas Napoléon III, et que ses idées n'ont pas grand-chose à voir avec le bonapartisme - qui, du reste, n'était ni une droite, ni une gauche, ni d'ailleurs un centre. Ceux qui disent et écrivent cela illusionnent les citoyens, et s'illusionnent eux-mêmes. Le fait est, cependant, que cette élection présidentielle a, par certains côtés, pu donner l'impression que l'on avait affaire à un électorat français semblable à celui du temps de Napoléon III, à savoir un électorat à la politisation encore incomplète, et faiseur de roi - ou d'empereur - par "la seule tyrannie des souvenirs", pour reprendre l'expression employée par l'historien François Furet. En 2007, les électeurs sarkozystes ont donné l'impression, assez aberrante pour tout démocrate de progrès, de voter, en effet, comme ceux de 1848 ou de 1851 : ils ont, d'une part, voté pour la propriété, contre la pression fiscale incarnée à leurs yeux par la République, contre le "gouffre béant du socialisme" selon l'expression employé par le catholique Montalembert en décembre 1851 ; le nom de Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III, et neveu de Napoléon Ier) était, en 1848, le seul nom qui fut connu et populaire alors en France, mais la tyrannie des souvenirs
n'a pas, cette fois-ci, été celle de la légende napoléonienne, mais celle des évènements, déjà anciens, de mai 1968, source de désordre socio-économique et de dépravation morale aux yeux de beaucoup de sarkozystes, dont Sarkozy lui-même n'a pas manqué d'entretenir les préjugés, y compris dans les derniers jours de sa campagne.
Ainsi, je ne nie pas que l'on puisse faire, sur certains points, des comparaisons entre les différents comportements électoraux à travers l'histoire, mais comparaison n'est pas raison. Certes, je suis interpellé par les troublantes similitudes entre le vote bonapartiste de 1848 et 1851 et le vote sarkozyste en 2007, au point que j'en viens à me demander sérieusement si la politisation des citoyens français, phénomène commencé au plus tard en 1848 et poursuivi sous Napoléon III puis sous la IIIe République, a bien été complètement achevée en ce début du XXIe siècle. Mais pour autant, je me garde bien de faire des amalgames faciles : ce n'est pas parce que les électeurs votent dans tel sens que le président élu est un nouveau Napoléon III ou que le régime en place est de nature bonapartiste. Je ne nie pas le caractère autoritaire du régime de Napoléon III, surtout à ses débuts, mais la situation de la France des années 1851-1870 était tout de même sensiblement différente de celle d'aujourd'hui : ne l'oublions pas. Les Français sont censés, depuis, avoir progressés en matière de politisation et de pratiques démocratiques. Je rappelle, du reste, que Louis-Napoléon Bonaparte a été élu président de la République à l'âge de 40 ans, au suffrage universel masculin, et choisi par 74 % des votants, soit 56 % des inscrits, face à cinq autres candidats, dès le premier tour. Rien de comparable, bien entendu, avec l'élection de Sarkozy, élu à 52 ans, au deuxième tour, avec environ 53 % des voix contre une candidate, au suffrage universel masculin et féminin. Pour l'anecdote, on notera que, d'une certaine manière, avec son idée de service minimum, notamment dans les transports, Nicolas Sarkozy s'apprête à plus ou moins remettre en cause le droit de grève alors que, sur le principe, c'est Napoléon III qui fut, en son temps, le seul souverain d'Europe à le dépénaliser, en 1864. Quant au régime de la Ve République, il ressemble un peu, sur le plan institutionnel, au Second Empire parlementaire tel qu'il existait à la veille de la guerre franco-prussienne de 1870 et de l'effondrement du régime de Napoléon III du seul fait de la défaite, mais il est absurde de vouloir en faire un régime bonapartiste, surtout au vu de la façon pour le moins parcimonieuse et pusillanime avec laquelle les successeurs du général de Gaulle ont utilisés, par exemple, le référendum, équivalent du plébiscite du XIXe siècle. Sarkozy a annoncé qu'il ne consultera pas les Français par référendum au sujet d'un nouveau projet de constitution européenne : une telle attitude semble bien peu bonapartiste, vis-à-vis du principe de la consultation populaire pour les grands changements en matière constitutionnelle... Que l'on arrête donc de voir du bonapartisme partout, là où il n'y a que des évènements qui sont, avant tout, propres à notre époque. Du reste, Sarkozy a beau être un amoureux de la Corse, berceau de la famille Bonaparte, il est, à mon avis, tout à fait inapproprié, aux yeux de l'histoire, d'oser comparer le destin du nouveau président de la République avec celui de Napoléon Ier : Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa ne lui arrivera jamais à la cheville, quoique l'on en dise... Ce que je retiens, en tout cas, c'est que les citoyens français sont censés avoir fait le long apprentissage de la démocratie au XIXe siècle, sous la IIe République, sous le Second Empire de Napoléon III, et sous la IIIe République, mais que l'on peut se demander si tout cela à véritablement abouti à quelque-chose quand on voit pour qui ils ont aujourd'hui voté, en ce début du XXI siècle... Sur la forme, en ce qui concerne le principe de la participation électorale, le progrès démocratique est incontestable, mais sur le fond, en ce qui concerne les motivations et le choix de vote, on peut franchement s'interroger...

Pourquoi est-il aussi difficile à la gauche, même modérée, d'emporter l'adhésion de la majorité, alors que cela semble si facile à la droite la plus dure ? Sans doute parce que la droite sait flatter la part la plus instinctive de cet animal politique qu'est l'homme. Avec la droite, et spécialement avec la droite la plus extrémiste sur le plan du libéralisme socio-économique, tout est toujours plus simple : qu'on le veuille ou non, les forts dominent toujours les faibles, et rien ne doit être changé à cette nature des choses. Avec une droite adepte d'un libéralisme socio-économique poussé jusqu'à l'absurde, il y a toujours le risque de basculer dans la doctrine extrêmement dangereuse du darwinisme social, selon laquelle les plus doués et les mieux adaptés doivent forcément l'emporter, les autres devant disparaître, au nom d'un ordre social naturel, cette idée de lutte pour la survie ne pouvant manquer d'engendrer, chez certains, une réflexion eugéniste, voire raciste. Avec cette droite dure, il y a toujours un risque, celui de tourner le dos à l'humanisme, au principe d'égalité et de solidarité, à la justice sociale : voila pourquoi les idées de cette droite ne seront jamais les miennes...

« J'éprouve depuis mon plus jeune âge la fierté indicible d'appartenir à une grande, vieille et belle nation, la France. [...] Ce soir, ma pensée va aux millions de Français qui, aujourd'hui, m'ont témoigné leur confiance. Je veux leur dire qu'ils m'ont fait le plus grand honneur qui soit à mes yeux en me jugeant digne de présider aux destinées de la France. [...] Ma pensée va à Mme Royal. Je veux lui dire que j'ai du respect pour elle et pour ses idées, dans lesquelles tant de Français se sont reconnus. Ma pensée va à tous les Français qui n'ont pas voté pour moi. Je veux leur dire qu'[...]il n'y a pour moi qu'une seule France. Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d'entre eux. Je veux leur dire que, ce soir, ce n'est pas la victoire d'une France contre une autre. Il n'y a pour moi ce soir qu'une seule victoire, celle de la démocratie [...]. Le peuple français s'est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. [...] Le peuple français a choisi le changement. Ce changement, je le mettrai en oeuvre parce que c'est le mandat que j'ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. Je le ferai dans un esprit d'union et de fraternité. »

(Sarkozy, lors de son premier discours présidentiel, à la salle Gaveau, à Paris, le soir du 6 mai 2007, cité in Libération, 7 mai 2007)
 
Les propos tenus par Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa dans son premier discours de chef d'Etat élu, sont censés rassurer tout le monde, et inciter au rassemblement de la nation, mais il est évident que le nouveau président ne fera jamais l'unanimité... Pour moi, les choses sont très claires. J'ai bien trop de respect pour le suffrage universel, et notre démocratie, pour prétendre contester le fait que Nicolas Sarkozy a été élu à la plus haute charge de l'Etat. En tant que citoyen électeur, j'en prends acte. Pourtant, à titre individuel, il est bien évident que le nouveau président de la République n'est pas mon président, et ne le sera jamais. Toute ma vie, je le combattrais, lui et tout ce qu'il représente, quelles que puissent être ses déclarations plus ou moins convenues et consensuelles, et quels que puissent être les ralliements autour de sa personne et de ses idées. J'aurai fait mon devoir jusqu'au bout lors de cette campagne : j'ai voté pour Ségolène Royal au premier et au second tour, et si cela était à refaire, je le referais. Fidèle à mes convictions, qui sont celles de l'humanisme, de la démocratie, et de la justice sociale, s'il me faut choisir, à l'avenir, entre la droite dure que représente Sarkozy et la gauche de gouvernement quelle qu'elle soit, je n'hésiterai pas à voter pour cette gauche et contre cette droite. Aujourd'hui, cependant, dans la mesure où la victoire de Sarkozy m'a décidé à m'engagerfermement en politique, je ne pense pas que la gauche soit en état de constituer une alternative crédible face à une droite sarkozyste adepte d'un pouvoir verrouillé qui a su faire bloc autour de son chef vénéré. La rénovation de la gauche de gouvenement viendra un jour, mais je n'ai pas envie d'attendre plus longtemps après elle, car il y a urgence. Pour moi, la transformation passe par une recomposition du paysage politique. Il faut remettre les compteurs à zéro, et aller de l'avant, pour refonder politiquement notre pays. Dans quelques jours, le 10 mai prochain, un nouveau parti du centre recomposé devrait être crée, qui ne s'appellera pas finalement le Parti Démocrate mais le Mouvement Démocrate (MD), ainsi que François Bayrou l'a annoncé officiellement le 4 mai dernier. Parti ouvert aussi bien au centre-droit qu'au centre-gauche, le Mouvement Démocrate représente, à mes yeux, aujourd'hui la seule véritable alternative au sarkozysme triomphant. Jusqu'où l'aventure du MD nous mènera-t-elle ? Je ne sais, mais j'espère que ce sera le plus loin possible, car la France et sa jeunesse ont besoin d'un véritable renouveau, et de tourner la page des vieilles habitudes politiciennes qui empêchent le pays d'avancer.

La campagne électorale présidentielle qui a pris fin hier n'a pas été, à mon sens, à la hauteur des enjeux auquels doit faire face notre pays. Mais elle aura au moins eu le mérite de faire apparaître l'ébauche d'un changement possible, voire d'une véritable refondation dans laquelle la jeunesse démocrate et humaniste de ce pays aura, enfin, toute sa place... Si l'on m'avait dit que cela se produirait au moment où j'ai créé ce blog, il y a un peu plus de trois mois, je ne sais si je l'aurai cru... Mais nous y sommes ! Au lendemain de la défaite, on peut être très déçu, très amer, très triste de la situation dramatique dans laquelle se trouve notre pays. Mais il ne faut pas se résigner, ni persister à passer son temps à se plaindre et à contester sans vouloir construire. L'avenir est là, et il est à nous. Voyons la partie pleine du verre : Sarkozy a été élu, et nous ne sommes pas morts ! Or, ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts... ainsi que l'a écrit Friedrich Nietzsche :

« Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort. »

(Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des Idoles [1888], "Maximes et pointes", 8. "A l'Ecole de Guerre de la Vie")

Cette citation de Nietzsche me parait particulièrement appropriée à la situation actuelle, en ces temps difficiles. En avant ! Disons "oui" à l'existence, et ne cédons pas face à l'adversité !

Ce blog va, dans les prochains jours, changer de visage, et ne pas s'arrêter, bien entendu, avec la campagne présidentielle : le combat continue !

Cordialement, :-)

Hyarion, citoyen résolument anti-sarkozyste.
 
(Illustrations : Bord de mer au clair de lune, huile sur toile [1818] par Caspar David Friedrich, Paris, Musée du Louvre ; Le Bureaucrate moyen, huile sur toile [1930] par Salvador Dalí, St. Petersburg [Floride], The Salvador Dalí Museum ; Résultats nationaux du second tour de l'élection présidentielle du 6 mai 2007, infographie publiée sur le site du journal Le Monde [http://www.lemonde.fr], 6 mai 2007 ; Détail du tableau Femme devant le soleil du matin, huile sur toile [1818] par Caspar David Friedrich, Essen, Museum Folwgang)
par Hyarion publié dans : Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)
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Samedi 5 mai 2007
Comme dirait Jim Morrison : "This is the End"... Pour ce dernier message avant le second tour de l'élection présidentielle, j'aurai gardé le meilleur pour la fin : les relations Sarkozy/Pasqua et les méthodes dites des Hauts-de-Seine...

Très tôt, le route du très ambitieux Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a croisé celle de Charles Pasqua, petit-fils de berger corse, né en 1927, ancien représentant chez Ricard devenu un des piliers du mouvement crypto-gaulliste (UDR puis RPR) dans les années 1970 et 1980, puis, plus tard, ministre de l'Intérieur de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995...

"Môssieu Charles possède à son actif quarante années de bons et loyaux services au sein du mouvement gaulliste. Quelques jours après le retour au pouvoir du général de Gaulle, le 13 mai 1958, Charles Pasqua s'enferme avec quelques militants gaullistes prêts à donner l'assaut à la préfecture. Avec un seul mot d'ordre : "Résurrection." Il n'est alors qu'un modeste vendeur de pastis dans la zone des abattoirs de Marseille. La même année, Pasqua est un des créateurs du Service d'action civique (SAC), cette police parallèle imprégnée de relents pétainistes et de valeurs nationalistes, le tout épicé d'un zeste d'activisme.
 Lorsque éclate Mai-1968, le futur ministre de l'Intérieur fait distribuer des barres de chocolat aux CRS qui patientent dans leurs cars, boulevard Saint-Germain. C'est surtout un des organisateurs de la marche gaulliste du 30 mai sur les Champs-Elysées. Un triomphe. Dans la foulée, le vice-président du SAC est élu député à Clichy-Levallois, sous l'étiquette UDR et avec l'aide de quelques gros bras venus de Marseille, affublés de plaisants surnoms : "le Ramoneur" ou encore "Pierrot quatre canons".
 Battu aux cantonales de 1976 à Clichy-Levallois, Charles ne doit son salut politique qu'au Corse René Tomasini, dit Toto, le roi du renvoi d'ascenseur et son véritable parrain en politique. Toto le propulse délégué à l'organisation de l'UDR, où Jacques Chirac découvre vite ses talents et en fait promptement son organisateur en chef pour la présidentielle de 1981. Avec le succès que l'on sait."


(Extrait de l'article "Charles Pasqua", in Manufacture française de candidats, Les dossiers du Canard Enchaîné N°83, avril 2002)

C'est vers la fin des années 1970 que les destins de Sarkozy et de Pasqua se rencontrent. Après avoir passé son enfance dans le XVIIe arrondissement de Paris, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa vit à Neuilly-sur-Seine, dans le très riche département des Hauts-de-Seine, dont le Produit Intérieur Brut (PIB) est équivalent à celui de la Belgique. Lorsqu'il entre en politique, Sarkozy se place sous le parrainage de Pasqua, qui est alors chargé, à l'UDR, de repérer les jeunes militants particulièrement volontaires, et donc susceptibles de servir au mieux la cause de la droite crypto-gaulliste, notamment dans les Hauts-de-Seine... C'est à cette époque que le futur présidentiable fait la connaissance de personnalités dont il est encore très proche aujourd'hui, comme Patrick Devedjian, passé par l'extrême-droite dans ses jeunes années, et Patrick Balkany, le futur député-maire de Levallois-Perret - condamné en 1996 pour avoir employé des agents municipaux de Levallois à son usage personnel -, lesquels font alors partie, comme Sarkozy, des jeunes "Pasqua boys" ou "Pasqualitos"... Déjà très soucieux de faire carrière, Sarkozy ne se contente pas du parrainage de Pasqua, et s'efforce également de se faire bien voir du député-maire de Neuilly de l'époque, Achille Peretti, président de l'Assemblée Nationale de 1969 à 1973, et d'origine corse, comme Pasqua. Peretti règne alors sur les Hauts-de-Seine, entouré de ses lieutenants Charles Ceccaldi-Reynaud, maire de Puteaux, et Emile Graziani, maire de Boulogne. Ces politiciens ont des méthodes que l'on a pu qualifier d'"insulaires", ce qui en dit long sur le niveau de qualité de la vie politique du département. Sarkozy semble s'y être fort bien adapté, d'autant plus qu'avec Pasqua comme parrain, il a alors beaucoup appris en matière de pratiques politiques : verrouillage clanique du pouvoir, menaces diverses, intimidations, débauchages, chantages à la réélection, clientélisme, financement occulte, prises illégales d'intérêts, abus de biens sociaux, trafic d'influence, corruption passive, magouilles politico-financières diverses, autant d'éléments qui caractérisent la droite des Hauts-de-Seine, et que tout apprenti-politicien engagé dans le département se doit d'assimiler au plus vite...

"Nicolas, c'est moi qui l'ai fait, qui lui ai tout appris."

(Charles Pasqua, à propos de Sarkozy, cité in Sarkozy, l'homme (trop) presséLes dossiers du Canard Enchaîné N°89, octobre 2003)

De fait, Pasqua lui a non seulement tout appris en politique, mais il a aussi facilité son ascension : délégué départemental des jeunes des Hauts-de-Seine en 1975, Sarkozy adhère au RPR lors de sa création en 1976, et devient responsable de la section de Neuilly dès cette année-là, puis secrétaire de la circonscription de Neuilly-Puteaux en 1977, et est élu conseiller municipal de Neuilly la même année. Lorsqu'en 1982, il épouse Marie-Dominique Culioli, sa première femme, fille d’un pharmacien corse, son témoin de mariage est Charles Pasqua. Ce dernier, à l'automne 1982, vient d'élire domicile à Neuilly et entend bien accéder à la mairie, occupée par Peretti depuis 1947, si un jour l'occasion se présente. Or, le 14 avril 1983, Achille Peretti meurt soudainement d'un arrêt cardiaque. Prenant de court Charles Pasqua, alors hospitalisé pour l’opération d’une hernie, Sarkozy, âgé de 28 ans, au lieu de faire campagne auprès des élus du conseil municipal pour son parrain en politique comme celui-ci le pensait, pratique un double-jeu, et en réalité s'arrange pour retourner les conseillers en sa faveur, une majorité d'entre-eux le désignant finalement comme le nouveau maire. Pasqua est furieux de cette trahison et entend ne pas rester sans réagir, mais Jacques Chirac, sollicité pour arbitrage, est avant tout soucieux de maintenir la mairie de Neuilly dans la sphère d'influence du RPR, l'UDF étant en embuscade : Sarkozy ayant mis tout le monde devant le fait accompli, il restera maire de Neuilly, jusqu'en 2002.
Comme on dit en Corse : "le meilleur des pardons, c'est la vengeance". Pasqua cherche donc à se venger, en écartant Sarkozy des instances du RPR, puis en s'opposant à sa candidature aux élections cantonales à Neuilly - opposition qui n'empêchera pas l'élection de Sarkozy -, puis en s'arrangeant pour que le jeune traitre ne soit pas en position d'éligible sur la liste du RPR présentée aux élections législatives à Neuilly, en 1986. Par la suite, les deux hommes semblent se réconcilier : Pasqua, devenu ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Chirac de la première cohabitation, fait de Sarkozy un chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques, au sein du ministère, de 1987 à 1988. En 1988, Sarkozy est élu député et, en raison du cumul de mandats, choisit de céder à Pasqua son siège au conseil général des Hauts-de-Seine, ledit Pasqua redevenant ainsi le président du conseil général qu'il était déjà entre 1973 et 1976. Nouvelle dégradation des relations en 1990, au moment où Pasqua tente, avec Philippe Séguin, de prendre le contrôle du RPR chiraquien, Sarkozy étant alors encore à l'époque un soutien de Chirac. Puis, à nouveau, un rapprochement : en 1993, ils font tout deux partie du même gouvernement Balladur, Pasqua étant ministre de  l'Intérieur et Sarkozy ministre du Budget. Ils soutiennent tous les deux Edouard Balladur, contre Chirac, en vue de l'élection présidentielle de 1995, allant jusqu'à empêcher la tenue d'un meeting pro-Chirac dans les Hauts-de-Seine. Pas de chance : ils ont misés sur le mauvais cheval, et après la victoire de Chirac, ils se retrouvent exclus des responsabilités gouvernementales. Les deux hommes s'affrontent politiquement au niveau national à l'occasion des élections européennes de 1999 : Pasqua ayant quitté le RPR, et s'étant associé à Philippe de Villiers au sein d'un RPF (Rassemblement Pour la France) aujourd'hui disparu, il présente une liste concurrente face à celle du RPR conduite par Sarkozy, président par intérim dudit RPR, suite à la démission soudaine de Philippe Séguin. C'est un échec sévère pour Sarkozy : la liste RPR qu'il conduit arrive en troisième position avec seulement 12,8 % des suffrages (contre 25,58 % pour l'union RPR-UDF, conduite par Dominique Baudis et arrivé en première place en 1994 et 16,4 % pour l'UMP en 2004), derrière celle de Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13,1%). Mais cet affrontement ne dure pas : après la réélection de Chirac en 2002, Pasqua et Sarkozy continuent de rester alliés dans les Hauts-de-Seine. En 2004, Pasqua perd son siège de député européen, et après des années de diplomatie occulte, notamment en Afrique, et d'affairisme, il est dans le colimateur de la Justice, avec plusieurs mises en examen : qu'à cela ne tienne, Pasqua ayant cédé à Sarkozy la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine en mars 2004, Talonnette Ier, devenu entre-temps ministre de l'Economie et des Finances, renvoit l'ascenseur en facilitant, avec Chirac, la réélection de Pasqua au poste de sénateur des Hauts-de-Seine en septembre de la même année, bien que ledit Pasqua n'appartienne pas officiellement à l'UMP crée en 2002. Echange de bons procédés, au nom de la loi du clan... En dépit des démentis officiels tant de Chirac que de Sarkozy concernant leur appui à Pasqua lors des lections sénatoriales, Jean-François Probst, co-fondateur du RPR, et ancien conseiller de Jacques Chirac et de Charles Pasqua en était alors convaincu :

La victoire du grand Batéké des Hauts de Seine [Pasqua] est un coup de maître de Jacques Sarkozy et Nicolas Chirac. [...] Le président et le futur patron de l'UMP jouent de concert lorsque leurs intérêts sont en jeu. Les entourages du président et du locataire de Bercy se sont fendus de coups de téléphone aux grands électeurs, afin de dédouaner de tout scrupule ceux qui hésitaient à voter pour la liste UMP officielle."

(Jean-François Probst, cité in Marianne N°389 [du 2 au 8 octobre 2004])

Cela se passe comme ça, sur la planète Sarkozy/Pasqua : au delà des rivalités et des trahisons, la loi du clan, et le verrouillage du pouvoir politique qui va avec, s'imposent à tous... Si, par malheur, Sarkozy est élu président de la République le 6 mai, se sera malheureusement la preuve que la plus haute charge de l'Etat peut être conquise par quelqu'un qui a été formé à l'école politicienne de Pasqua, et qui, de fait, continue de pratiquer les méthodes de la droite des Hauts-de-Seine pour acquérir le pouvoir et pour le conserver...



Citoyens électeurs, votez en conscience !


Cordialement, :-)


Hyarion, résolument anti-sarkozyste.


(Illustrations : Caricature de Pasqua, par Kiro, publiée dans Manufacture française de candidats, Les dossiers du Canard Enchaîné N°83, avril 2002, et caricature de Sarkozy, par Kiro, sans date [vers 2005] ; Caricature de Madelin, Sarkozy, Chirac, Jean-Louis Debré [sur le tracteur], De Villiers et Pasqua [au fond à droite], par Kiro, publiée dans le Canard Enchaîné N°4103, 16 juin 1999 ; Caricature de Sarkozy et sa bande [avec notamment Pasqua et Balkany, à droite], par Cabu, publiée dans le Canard Enchaîné N°4500, 24 janvier 2007)
par Hyarion publié dans : Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)
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Jeudi 3 mai 2007
Avant d'aborder les relations Sarkozy/Pasqua, évoquons ce fameux débat entre les deux finalistes de l'élection présidentielle qui a eu lieu hier soir. "Le face-à-face télévisé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal mercredi soir sur TF1 et France 2 a réuni plus de 20 millions de téléspectateurs, une audience supérieure au débat Jacques Chirac/Lionel Jospin en 1995 (16 millions), selon les chiffres de Médiamétrie communiqués jeudi par les chaînes", ainsi que l'indique une dépêche de l'Agence France Presse (03/05/2007, 12h26).
 
J'ai regardé le débat Royal/Sarkozy jusqu'au bout : il aura duré près de 2h40... J'ai l'ai trouvé relativement équilibré. Ségolène Royal a fait preuve de pugnacité, et elle a tenu bon face à Sarkozy de Nagy-Bocsa. Royal a réussi à mettre enfin sur la table la question du bilan - plus que mitigé - de l'ex-ministre de l'Intérieur Sarkozy, auquel elle a pu envoyer, par ailleurs, une petite pique sur l'opinion, désormais bien connue, du candidat de l'UMP concernant la génétique. Royal n'a pas pu échapper aux inévitables attaques sur les 35 heures de travail hebdomadaire - qui sont décidément une véritable tunique de Nessus pour la gauche -, mais elle a été, en revanche, offensive et juste sur les questions de réforme des institutions, de services publics, de recherche, d'éducation, voire de culture, qui me tiennent à coeur. Elle a aussi parlé de la jeunesse et de l'Europe. Royal ne m'avait pas jusqu'ici guère inspiré de confiance, mais elle m'a finalement plutôt rassuré lors de ce débat : c'est une femme au caractère bien trempé, qui, en dépit de certaines maladresses, a révélé un charisme politique qui n'apparaissait pas jusque-là dans les réunions publiques de sa campagne. Je la soutiens, plus que jamais, car si elle a pu être flou sur certains sujets, notamment économiques, elle n'en a pas moins montré qu'elle a suffisemment de tempérament et d'indépendance d'esprit vis-à-vis des dogmes du PS pour être à la hauteur de la fonction de Président de la République. Depuis le début, j'étais résolu à voter pour elle au second tour, même par défaut : je le suis tout autant aujourd'hui.
 
Quelques mots sur l'accrochage des candidats à la suite des propos habilement compassionnels de Sarkozy concernant la scolarisation des enfants handicapés, propos qualifiés d'immoraux par Ségolène Royal, parce que jugés hypocrites : face à la protestation de la candidate socialiste, Sarkozy a fait preuve d'un sacré culot en voulant faire passer Royal pour quelqu'un qui perd ses nerfs alors que l'on sait bien que c'est lui, et lui seul, Sarkozy, qui est coutumier du fait. Talonnette Ier a tout fait hier soir pour brider sa nature nerveuse. C'est d'ailleurs ce qu'il s'efforce de faire depuis le début de sa campagne, laissant toutefois éclater ses colères habituelles et ses crises de nerfs récurrentes dès lors qu'il n'est pas sous l'oeil d'une caméra ou à proximité d'un micro. Sarkozy a beau vouloir faire croire qu'il a changé pour laisser penser qu'il est digne de la fonction qu'il occupe, il redeviendra celui qu'il n'a jamais cessé d'être : un personnage nerveux, susceptible, colérique, et très imbu de lui-même. Il n'y a qu'à le regarder tel qu'il est toujours apparu à la télévision, jusqu'en janvier dernier... Réflet de son égocentrisme, de sa paranoïa, de son obsession maladive de la réussite et du pouvoir, le visage de Sarkozy a toujours été, jusque-là, animé en permanence par des micro-expressions de mépris, d'aggressivité défensive, de tristesse, d'anxiété, de menace. Le soulèvement en coin de sa lèvre supérieure, découvrant les dents de la partie droite de sa machoire supérieure, si caractéristique du personnage, est une de ces micro-expressions particulièrement révélatrices des sentiments de mépris et d'aggressivité avec lesquels il peut s'exprimer physiquement, bien qu'à distance, face à son interlocuteur. Il n'a pas totalement réussi à dissimuler une telle attitude lors du débat d'hier avec Ségolène Royal, cette micro-expression de la lèvre étant tout de même légèrement apparu sur le visage du candidat de l'UMP, notamment lorsqu'il a interpellé Royal sur les 35 heures... Ne vous inquiétez pas, citoyens : Sarkozy se retient, mais il aura l'occasion de redevenir pleinement lui-même après le 6 mai...
 
La questions des enfants handicapés fut le seul accroc majeur, avec peut-être aussi la question de la fonction publique, et également la question du nucléaire où, là encore, Ségolène Royal a tenu tête à son adversaire qui s'est quelque peu emmêlé les pinceaux au sujet du réacteur EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, et non de quatrième génération comme l'a prétendu le candidat de l'UMP. On notera que Sarkozy n'a pas pu s'empêcher de se féliciter indirectement de son triomphe apparent sur l'aventureux Bayrou, en disant : "Dans la majorité, nos amis de l'UDF ont toute leur place". "J'observe avec beaucoup de plaisir que la quasi totalité des députés UDF me rallie" a-t-il ajouté, non sans avoir dénoncé auparavant "la tragi-comédie du vrai-faux débat entre M. Bayrou et Mme Royal" de samedi dernier. Pour le reste, le débat a plutôt été de bonne tenue. Les amateurs d'empoignades stériles, à la manière des anciens "débats" entre Le Pen et Bernard Tapie, en auront été pour leurs frais...
 
Je doute que ce débat Royal/Sarkozy, même s'il était très attendu, puisse être de nature à modifier les intentions de vote de façon significative, mais j'ai tout de même pu noter que des centristes résignés à voter pour Ségolène Royal, par anti-sarkozysme, ont été, semble-t-il, agréablement surpris par la prestation de la candidate socialiste, ce qui les a convaincu de maintenir leur choix de voter pour elle... Le débat aura au moins servi à cela, électoralement parlant...
 
Cordialement, :-)
 
Hyarion, résolument anti-sarkozyste.
 
P.S. : Conséquence attendu du duel Royal/Sarkozy, François Bayrou a annoncé qu'il ne votera pas pour le candidat de l'UMP. "Je ne voterai pas pour Sarkozy", a en effet déclaré l'ex-candidat centriste, après avoir regardé le débat, ainsi que l'a révélé aujourd'hui Le Monde. Bayrou n'a pas précisé s'il optera pour Ségolène Royal ou un vote blanc, mais il a estimé que la candidate socialiste "s'en est plutôt bien sortie" face à Sarkozy... Chacun interprêtera cela comme il lui plaira... ;-)
 
(Illustrations : Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, lors du débat télévisé de l'entre deux-tours le 2 mai 2007, à Boulogne Billancourt, photos © AFP France 2 ; Sarkozy lors d'un débat télévisé diffusé sur France 2 en novembre 2003, photo extraite d'une archive de l'INA, reprise dans le film documentaire Coupez le son ! Le charisme politique, de Thierry Berrod, © MONA LISA Production / Ina, 2007)
par Hyarion publié dans : Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)
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Mardi 1 mai 2007
Le cauchemar sarkozyste approche... C'est la dernière ligne droite... Demain soir, 2 mai, quatre jours avant la date fatidique, aura lieu le fameux débat de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, le premier du genre depuis le débat Chirac-Jospin de 1995, Chirac ayant refusé de débattre avec Le Pen en 2002. Dans le cadre de la campagne de 2007, le débat Sarkozy-Royal aura été précédé par un autre, plus original, celui que Royal et François Bayrou ont eu samedi dernier, 28 avril. Evènement inédit sous la Ve République, une candidate finaliste à la présidentielle a dialogué avec un candidat éliminé dès le premier tour, dans une émission retransmise sur la chaîne télévisée BFM TV et la radio RMC : à cette occasion, Royal et Bayrou se sont dits d'accord pour souhaiter la fin de l'opposition "bloc contre bloc", en vue d'une "modernisation de la vie politique".
  La candidate socialiste et l'ex-candidat centriste ont développé des thèses divergentes, notamment en matière économique, mais ils ont mis en évidence de nombreux points d'accord, notamment sur la nécessaire réforme des institutions, sur l'idée de soumettre à un référendum un nouveau texte pour remplacer le projet de traité constitutionnel européen rejeté par les Français, ou pour dénoncer un "verrouillage médiatique" du pays.
J'ai écouté samedi ce dialogue de Ségolène Royal et François Bayrou sur RMC : je l'ai trouvé très intéressant, et, franchement, au point où en sont les citoyens, je me demande effectivement pourquoi nous devrions continuer à nous positionner politiquement uniquement en fonction des extrêmes et des blocs antagonistes, et à maintenir ainsi le statu quo qui n'avantage que les politiciens en place. La jeunesse de ce pays a le droit de prendre part aux décisions politiques qui la concerne en premier lieu, sans être obligé d'attendre pendant des décennies que les caciques du bipartisme se décident à céder leur place. S'il y a des convergences entre citoyens démocrates de bonne foi, à quoi bon perdre plus longtemps notre temps avec Sarkozy de Nagy-Bocsa qui veut le pouvoir pour son clan d'une part, et les endoctrinés du PS qui ne pensent qu'à regarder vers l'extrême-gauche d'autre part ? Tous les démocrates - et tout particulièrement les jeunes - devraient pouvoir aller dans la même direction : celle de l'intérêt général de la France et de son peuple...
Le débat Royal-Bayrou n'a pas eu lieu sans difficultés, ainsi que le résume une dépêche de l'Agence France Presse (AFP), datée de la veille dudit débat :  
 
« Ségolène Royal et François Bayrou, dont les 6,8 millions d'électeurs détiennent la clé du second tour de la présidentielle, ont accusé vendredi Nicolas Sarkozy d'avoir fait "pression" pour empêcher un débat télévisé entre eux, échange qui doit finalement avoir lieu samedi. [...]
Après plusieurs désistements, le débat, dont Mme Royal espère qu'il permette de dégager des points de convergence qui pourrait lui gagner des reports de voix, devrait finalement être organisé et retransmis en direct samedi, à partir de 11H00, par BFM TV et RMC.
Le candidat UMP, accusé d'avoir cherché à l'entraver, a répondu en fustigeant des "procès de Moscou", dénonçant "des propos qui n'ont rien à voir avec le débat démocratique puisqu'ils sont tout simplement injurieux".
Jeudi, le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) puis Canal+ se sont désistés tour à tour. Ils ont démenti avoir subi des pressions, la chaîne invoquant la législation sur les temps de parole des candidats pour renoncer au débat.
François Bayrou a affirmé vendredi [27 avril] sur RTL "ne pas avoir la preuve mais la certitude" que Canal+ avait pris cette décision à la demande de Nicolas Sarkozy.
Il a une nouvelle fois fustigé les "réseaux, qui rapprochent de très grandes puissances financières et médiatiques autour de Nicolas Sarkozy". Un thème qu'il avait déjà utilisé en début de campagne, citant notamment les groupes Bouygues et Lagardère.
Mme Royal a elle aussi mis en cause "le système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy". "Ce sont des méthodes d'un autre âge. Elles en disent long sur un certain nombre de connivences avec un système médiatico-financier puissant. Mais ça ne nous fera pas taire pour autant".
Tous deux ont estimé que l'affaire avait un aspect exemplaire.
"
Ça en dit long sur ce qui se passe et ce qui se passerait" si M. Sarkozy était élu, a estimé la candidate socialiste, dont les proches avaient dénoncé dès jeudi "l'Etat Sarkozy".
"On est en train de choisir le chemin d'une immense régression qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés. Songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Qu'en sera-t-il s'il est élu ?", a lancé de son côté François Bayrou.
Distancée de 5 points par son rival UMP au premier tour, Mme Royal tente de capter les électeurs de M. Bayrou (18,57% des voix), dont un petit tiers reste indécis ou compte s'abstenir le 6 mai, d'après les sondages, environ 40% se reportant sur elle et le reste sur M. Sarkozy. [...]
Mercredi [25 avril], il [Bayrou] avait laissé entendre qu'il ne voterait pas pour M. Sarkozy.
Mais en attendant, plusieurs députés UDF ont à leur tour apporté vendredi leur soutien à Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle, portant leur nombre à 19 sur 29. [...]
»

(Extraits d'une dépêche de l'AFP, 27/04/2007, 17h02)

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, alias Talonnette Ier, a eu beau se présenter, hypocritement, comme la victime de "petites combines", il aurait bien aimé pouvoir simplement empêcher le débat Bayrou/Royal, celui-ci étant de nature à contrecarrer ses plans électoraux, mais finalement, ledit débat a tout de même eu lieu... Sarkozy, à qui les médias de masse servent la soupe depuis des années, n'en a pas moins continué son opération implacable de ralliement du centre à sa candidature. Dans le cadre du bipartisme droite/gauche, la droite s'est toujours assuré de la soumission et de la docilité du centre à son profit. Il en avait toujours été ainsi, jusqu'à ce que Bayrou décide de s'affranchir progressivement de cette tutelle écrasante, au point de s'imposer aujourd'hui dans la campagne du deuxième tour. La conception égocentrique et aggressive de la politique qui est celle de Sarkozy, ne pouvait que conduire ce dernier a vouloir pratiquer les mêmes méthodes que ses prédécesseurs, non sans finalement encourager, plus que jamais, la résistance d'un centre désormais en pleine recomposition.
 
"S'il nous avait ouvert les bras, s'il avait pris de la hauteur et non de la bassesse, nous étions faits. Mais il a choisi la méthode Pasqua des Hauts-de-Seine. Menaces, débauchages."

(François Bayrou, à propos de Sarkozy, après le premier tour de l'élection présidentielle, avril 2007, cité in Marianne N°523 [du 28 avril au 8 mai 2007])
 
Qu'en est-il donc de cette méthode Pasqua, et de cette culture de clan sarkozyste que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer ? Une plongée dans la jungle des grands fauves de la politique à droite s'impose... Le temps me manque pour l'instant, mais j'aurai certainement l'occasion de parler, en détail, dans un tout prochain message, des relations hautes en couleurs de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa avec la nébuleuse de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur et actuel sénateur des Hauts-de-Seine...

A très bientôt, donc... :-)

Cordialement, :-)

Hyarion, citoyen résolument anti-sarkozyste.


(Caricature de Sarkozy en char d'assaut hypocrite face au débat radio-télévisé Royal/Bayrou, par Plantu, publiée dans le Monde du 29 avril 2007 ; Détail du tableau Le Lion ayant faim se jette sur l’antilope, huile sur toile [1905] par Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, Bâle, Fondation Beyeler)
par Hyarion publié dans : Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)
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Dimanche 29 avril 2007
Dans un de mes précédents messages, intitulé "Sarkozy, Le Pen et l'extrême-droite : une longue histoire...", j'avais déjà signalé combien pour moi le fait de qualifier Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa de "fasciste" ou de "raciste" n'avait pas de sens, et était une perte de temps. La tentation, récurrente chez tant de personnes, de comparer le très ambitieux Sarkozy à Napoléon Ier, ou à Napoléon III, me parait tout aussi intempestive et, pour tout dire, assez ridicule...
Pour critiquer le candidat de l'UMP sur un ton satirique, je préfère le surnommer, par dérision, Talonnette Ier plutôt que Sarkoléon... et je me refuse à intégrer cette comparaison un peu trop facile, et trop attendue, de Sarkozy avec Napoléon dans le "Légendaire" anti-sarkozyste... Comme je l'ai déjà écrit en réponse à un commentaire envoyé sur ce blog,  le fait est que la dénonciation, quelque-peu anachronique, faite par certains journalistes et commentateurs divers, du "césarisme", ou du "bonapartisme", de Sarkozy me laisse dubitatif... Nicolas Sarkozy n'est certainement pas l'héritier de Jules César, ou d'Octave Auguste, ou de Napoléon Bonaparte, ou même de De Gaulle : il n'est simplement que Sarkozy, un misérable ambitieux, complexé et paranoïaque, nerveux et agressif, prisonnier de ses désirs, incapable d'avoir la volonté de vaincre ses propres démons, et qui n'a pas du tout la stature d'un homme d'État.
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas le génie militaire, ni le génie réformateur, de Napoléon Ier. Piquer une mairie à Pasqua - celle de Neuilly-sur-Seine, en 1983 - et un parti unique à Chirac - l'UMP, en 2004 -, cela ne fait pas de vous, loin s'en faut, un digne successeur de Napoléon Bonaparte, le vainqueur d'Austerlitz (2 décembre 1805) qui a promulgué le Code Civil (21 mars 1804). Sans parler des petits arrangements entre amis dont ont bénéficiés les affaires immobilières de Sarkozy dans sa bonne ville de Neuilly-sur-Seine, petits arrangements qui n'ont rien de glorieux : pour la filiation avec les grands bâtisseurs royaux et impériaux de Paris, il faudra repasser...
Et pourtant, les fantasmes collectifs ont la vie dure...
Le 28 novembre 2004, au congrès de l'UMP du Bourget, qui avait coûté entre 4,2 et 4,5 millions d'euros, Sarkozy de Nagy-Bocsa fut proclamé tout-puissant président du grand parti de la droite. Ce congrès ayant eu lieu quelques jours avant le bicentaire du sacre de Napoléon Ier à Paris (2 décembre 1804), les commentateurs ne purent s'empêcher de parler de "sacre" à propos dudit congrès du Bourget et même de "plébiscite" puisque Sarkozy a été élu par les militants de l'UMP avec 85,1 % des voix. Il était alors de bon ton de comparer ouvertement Sarkozy à Napoléon...
En ce qui me concerne, étant né un 2 décembre, j'ai des raisons personnelles pour ne pas avoir apprécié ce genre de comparaison... On ne mélange pas les torchons et les serviettes.
Le 14 janvier 2007, un autre congrès de l'UMP a eu lieu à Paris, cette fois-ci pour l'investiture du ministre Sarkozy de Nagy-Bocsa comme candidat à l'élection présidentielle, congrès devant avoir un coût supérieur à 3,5 millions d'euros, soit le quart du coût total de la campagne du parti. Sarkozy ayant été investi suite à un vote en sa faveur de 98,1 % des votants et un taux de participation de 69 % des adhérents, alors qu'il était le seul candidat à la candidature, on a parlé à nouveau de "sacre" et de "plébiscite".

"Sacre", "plébiscite"... Dans ce cas de figure, comme dans celui des mots "raciste", "fasciste" ou "dictateur", les gens passent leur temps à employer, de façon intempestive, des termes dont ils semblent ignorer la signification. Prendre le temps de leur expliquer, et de corriger ce qui devrait l'être, semble vain, tant les commentateurs sont coutumiers des abus de language, et ne paraissent être guère désireux de changer leurs mauvaises habitudes.
Les numéros de cirque de l'UMP n'ont rien à voir avec le sacre de Napoléon Ier. Quant au plébiscite, utilisé, il est vrai, par Napoléon Ier comme par Napoléon III, il n'est jamais que l'autre nom du référendum, et l'on pourra noter qu'en dehors des parodies de consultations internes de l'UMP, Sarkozy n'est pas forcément très favorable à la consultation référendaire dès lors que celle-ci concernerait véritablement le pays tout entier et déciderait d'une réforme, notamment institutionnelle. Sarkozy a ainsi déclaré vouloir négocier un nouveau traité constitutionnel européen, traité qu'il ferait ensuite adopter par la voie parlementaire et non par référendum. Ségolène Royal et François Bayrou ont chacun pour leur part bien précisé que s'ils souhaitaient eux-aussi la négociation d'un nouveau traité, ils s'engageaient à ce que ledit traité soit adopté par la voie référendaire. 54,68% des électeurs - dont j'ai fait partie - ont voté "non" au référendum du 29 mai 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ce traité était confus, presque illisible, et contenait des ambiguïtés potentiellement dangereuses, notamment en matière d'économie, de services publics, de laïcité et de diversité culturelle. Le fait qu'un nouveau traité constitutionnel européen de cette importance puisse être, même en étant amélioré par rapport au précédent, adopté par un vote du Parlement et non par référendum révèle le rapport à la fois lâche et méprisant qu'a Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la souveraineté populaire : dans l'absolu, il ferait un piètre bonapartiste...

Et puis il y a aussi la comparaison de Sarkozy avec Napoléon III, et plus exactement avec le Napoléon III déformé et trainé dans la boue par l'écrivain Victor Hugo. Une fois de plus, on estime pertinent, dans ce cas-là, l'association d'un fantasme, ici politico-littéraire, à un politicien bien réel, dont le caractère dangereux est pourtant suffisemment spécifique pour être éloigné de toute référence historique de ce genre... Dans son blog François-Mitterrand-2007, celui qui se fait passer pour le défunt président socialiste a ainsi qualifié Sarkozy, dans un message du 27 avril, de "nouveau Napoléon le petit", en référence au pamphlet de Hugo consacré au président de la République Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), neveu de Napoléon Ier, devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III. Il est toujours de bon ton, pour beaucoup trop de personnes bien-pensantes, de se présenter comme de gentils et vertueux républicains en se réclamant des pamphlets Napoléon le petit, Histoire d'un crime, du recueil de poèmes les Châtiments, de tous ces écrits haineux et outranciers que Victor Hugo a consacré à  son ennemi Napoléon III , qu'il a pourtant d'abord soutenu. Il est vrai que Napoléon III a eu le malheur, lorsqu’il était président de la République, en 1849, de refuser à l’écrivain un portefeuille ministériel. Pourtant, ainsi que l'a écrit Emile Zola, l’auteur de la série de romans des Rougon-Macquart, en 1895 : "le Napoléon III des Châtiments, c’est un croquemitaine sorti tout botté et tout éperonné de l’imagination de Victor Hugo. Rien n’est moins ressemblant que ce portrait, sorte de statue de bronze et de boue, élevée par le poète, pour servir de cible à ses traits acérés, disons le mot, à ses crachats." Victor Hugo a passé sa vie a édifier son propre piédestal. Il lui fallait un contre-modèle à son génie : il cru l'avoir trouvé en Napoléon III. Si celui-ci l'avait nommé ministre de l'Instruction Publique, il en eu sans doute été tout autrement, et le poète aurait probablement continué à faire partie des invités des dîners présidentiels de l'Élysée, puis peut-être des dîners impériaux des Tuileries. De toute façon, même en considérant le personnage historique de Napoléon III tel qu'il était en réalité, il n'y a pas de comparaison pertinente à faire de lui avec Sarkozy : l'itinéraire de leurs vies, leurs caractères, leurs époques respectives font qu'ils ne se ressemblent en rien...
Le fait de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier" pourrait faire dire à certains que, de fait, que je le veuille ou non, je marche dans les pas du Victor Hugo des Châtiments et de Napoléon le petit. Il y a pourtant, de toute façon, une différence entre lui et moi : Victor Hugo était un déçu du bonapartisme, alors que je ne suis pas, et ne serai jamais, un déçu du sarkozysme, dans la mesure où je l'ai toujours combattu...

Mais venons-en au fait : pourquoi ai-je choisi de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier" ? Cela remonte en fait à l'affaire du cliché de la Maison Blanche, l'année dernière...

Du 9 au 12 septembre 2006, Sarkozy se rend à Washington pour faire allégeance à l'un des plus mauvais présidents que les États-Unis d'Amérique aient jamais connu : le républicain George W. ("Dobeliou") Bush. Reçu à la Maison Blanche le 12 septembre, Talonnette Ier se fait photographier avec "Dobeliou", et bien qu'étant ministre d'Etat, se met à critiquer, sur le sol américain, la politique étrangère du gouvernement français, dont il fait pourtant partie. Plus de trois après la crise diplomatique franco-américaine au cours de laquelle la France s'était opposée, fermement mais sagement, à la guerre menée par les États-Unis en Irak, il dénonce ainsi, devant un public américain, ce même 12 septembre, la "grandiloquence stérile" d'"une France arrogante et pas assez présente", affirmant également qu'"il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras, ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés." Par ailleurs, au lieu d'évoquer l'indispensable indépendance de la France vis-à-vis de l'hyper-puissance américaine, Sarkozy préfère parler, pour son pays, de la simple nécessité d'"une position autonome vis à vis des États-Unis".
L'autonomie plutôt que l'indépendance, donc. Pour Sarkozy, on le sait, "les mots ont un sens"... Alors que les Français rejettent toute politique étrangère atlantiste dans laquelle la France serait le caniche des États-Unis, alors que le peuple a approuvé, à une très large majorité, la position de Chirac refusant de cautionner la désastreuse guerre d'Irak provoquée par Bush en 2003, l'attitude de révérence de Sarkozy à l'égard de "Dobeliou" fait évidemment scandale...
Devant des proches, Jacques Chirac commente alors ainsi la faute politique que représente l'attitude, qualifiée par lui de "lamentable", qu'a été celle de Sarkozy aux États-Unis :

"Nicolas, décidément, ne sera jamais fini. Pour se prouver qu'il compte, une force intérieure le pousse à briser ce qui fait consensus, par exemple la politique étrangère. C'est électoralement absurde."

(Jacques Chirac, à propos de Sarkozy, cité in Marianne N°492 [du 23 au 29 septembre 2006])

De ce voyage controversé à Washington reste la photographie de Sarkozy serrant la main de Bush à La Maison Blanche, le 12 septembre 2006, celle que l'on a qualifiée alors de "photo dont tout le monde parle", mais que l'on déjà quelque peu oublié aujourd'hui. Sur ce cliché, Sarkozy, à gauche, serre donc la main du président Bush, à droite. Jusque là, rien de bien surprenant... sauf que cette photo comporte tout de même une énigme : la tête de Sarkozy, qui mesure 1,68 m, semble à peu près à la même hauteur que celle de "Dobeliou", qui mesure 1,83 m. Comment est-ce possible ? Serait-ce un miracle ? Sarkozy aurait-t-il grandi ? Ce serait alors un cas de croissance spectaculaire, dans la mesure où le Canard Enchaîné a reproduit dans son numéro du 20 septembre, en comparaison avec le cliché de Washington, une photographie datant de 2004, représentant Sarkozy au côté de son ami acteur américain et scientologue Tom Cruise, qui, bien que mesurant 1,68 m, semble plus grand que l'actuel candidat de l'UMP !
La photo officielle diffusée par les services de la Maison Blanche a fait malheureusement l'objet d'un recadrage, mais la photographie entière, telle qu'elle a également été diffusée dans la presse, laisse apparaitre, sur la droite, l'ambassadeur de France aux États-Unis, qui était présent dans la pièce où Bush et Sarkozy se sont rencontrés, et qui a donc lui aussi été immortalisé par le photographe. Le journaliste Philippe Cohen, dans le journal Marianne (N°492 [du 23 au 29 septembre 2006]), n'a pas manqué de commenter cette photographie originale non tronquée, sur laquelle "on voit que le regard de l'ambassadeur est rivé au "miracle" qui, manifestement, se situe au niveau des pieds de Nicolas Sarkozy. A chacun de deviner ce qui l'étonne : tabouret ou lévitation ? "
Et s'il s'agissait, finalement d'une histoire de talonnettes ? Pour le Canard Enchaîné, l'affaire est entendue : "Seule explication raisonnable aux yeux du "Canard", il s'agit d'un des secrets les mieux gardés de la République : Sarko a grandi ! Oui, le premier flic du pays a gagné quelque 20 centimètres en deux ans, un vrai miracle de la nature... Et un peu, aussi, de son cordonnier : une autre photo publiée quelques semaines plus tard par "Libé[ration]" (31/10) montrera que les chaussures sur mesure de Sarko possèdent des talonnettes impressionnantes. On le savait déjà, mais l'homme a des talons cachés." (Les Dossiers du Canard Enchaîné N°102, 2006 : le grand bêtisier de l'actualité, décembre 2006)
Rappelons que, dans le sens qui nous intéresse, la talonnette est une "lamelle placée à l'intérieur de la chaussure, sous le talon du pied, dans un but orthopédique ou esthétique" (définition du Petit Larousse).
Des talonnettes "impressionnantes" auraient donc, en effet, été ajoutés aux chaussures de Sarkozy... Ajoutées à des talons vraisemblablement déjà conséquents quant à leur hauteur, ces lamelles pourraient en effet expliquer l'anomalie de la fameuse photographie de la Maison Blanche... S'il est déjà assez rare de pouvoir vérifier la hauteur des talons des chaussures de Sarkozy sous l'objectif des caméras, il est évidemment impossible de voir ces fameuses talonnettes, par définition cachées dans la chaussure, même si l'on peut toutefois percevoir l'effet qu'elles produisent... 
Etre complexé par sa petite taille au point d'essayer de se grandir avec des talonnettes : Sarkozy n'est-il donc pas en mesure d'assumer ce qu'il est ? Manipulateur des médias, Talonnette Ier en est bel et bien aussi l'esclave quand il se donne autant de mal pour paraitre ce qu'il n'est pas...
Dès lors, on peut bien se moquer de lui de façon caustique, vu que, par son comportement plutôt ridicule pour quelqu'un qui aspire à se voir confier la plus haute charge de l'État, il ne peut que s'exposer lui-même à la critique satirique sur son complexe de taille... Quand on cherche le bâton pour se faire battre, il ne faut pas s'étonner des conséquences... Et pourtant, Dieu sait si je ne suis pas du genre à me moquer de la taille des gens...

Voila donc pourquoi j'ai choisi de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier"... Ce surnom me parait infiniment plus personnalisé que je ne sais quelle comparaison fumeuse avec Napoléon...
Le roi de France Louis XIV n'avait pas honte, lui, de se faire représenter avec des chaussures à talons hauts. C'est notamment le cas dans son célèbre portrait en costume de sacre, peint par Hyacinthe Rigaud en 1701. On y voit notamment que les chaussures royales étaient en effet dotés de talons rouges de taille importantes et particulièrement mis en valeur par rapport à la blancheur de la partie supérieures des chaussures - elle-même mise en valeur par une sorte de noeud rouge... Pourquoi Sarkozy fait-il tout ce qu'il peut pour paraitre plus grand qu'il ne l'est sans ce que cela puisse se voir en principe ? Homme soumis aux contraintes des médias qu'il utilise, il doit apparaitre sous son meilleur jour, en toute circonstance, en s'efforcant de brider sa nature nerveuse lorsque cela s'impose, et, surtout, en présentant une image de lui la plus parfaite possible, y compris, semble-t-il, au niveau de la taille... L'idéal physique de la mode d'aujourd'hui tend plus que jamais vers la recherche de la perfection... C'est là tout le problème... Si Sarkozy veut jouer à ce jeu-là, grand bien lui fasse, mais la forme se saurait masquer le fond en permanence, et, assurément, Talonnette Ier ferait mieux de s'assumer véritablement tel qu'il est...

Mais, honnêtement, si ce n'était que cela, ce ne serait vraiment pas grave... Lorsque je regarde cette photo de Sarkozy serrant la main de Bush, je constate, plus sérieusement, sur le fond, combien ce candidat ex-ministre est un danger public pour les Français, pour la France, et pour la place de notre pays dans le monde... Je ne suis heureusement pas le seul à faire cette constatation...

"Je considère que Nicolas Sarkozy est un danger public. Cet homme incarne la vraie droite. Intellectuellement, il est dans la philosophie de l'optimum des marchés et de la disparition de la régulation étatique. [...] J'ai trois raisons de me méfier de lui. D'abord, ce ministre de l'Intérieur aime, électoralement, que la police se voie. Or la police ne travaille bien que quand on ne la regarde pas ! C'est quand on ne la regarde pas qu'elle peut être flexible, dire à un délinquant: «Ne recommence pas, on t'a repéré…»  Simplement, ce discours n'est pas présentable à une opinion répressive: la police que les gens aiment voir, c'est celle qui tape. C'est parce qu'il est fait de cette manière que Nicolas Sarkozy a involontairement mis le feu à la banlieue. Je pense que cela se reproduira et qu'il nous mettra le feu partout… La deuxième raison tient à l'influence diplomatique de la France. Qu'est-ce que le monde d'aujourd'hui ? Quelques géants, les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie… La France émerge en influence principalement à cause des amitiés que nous avons gardées dans toute l'Afrique et dans le Moyen-Orient. Or, après le ralliement obséquieux de Nicolas Sarkozy à George Bush, il suffirait qu'il soit élu pour détériorer d'un coup toutes ces relations ! L'idée même de son élection fait horreur à la plupart des dirigeants africains et à tous ceux du Moyen-Orient. Sarkozy est un luxe que la France ne pourra pas se permettre, il coûtera trop cher. Enfin, je ne peux pas supporter un homme qui a tenté de s'opposer au gel du corps électoral de la Nouvelle-Calédonie pour des raisons électoralistes. C'était une parole de la France, engagée depuis plus de quinze ans. Que la France puisse se déshonorer une fois de plus, alors que ce conflit s'est ouvert sur un manquement à la parole donnée... Voilà pourquoi je suis inquiet devant le risque, important, que Nicolas Sarkozy soit élu, et je mets en garde les Français : cet homme est un danger public. "

(Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, propos recueillis par Elise Karlin et Eric Mandonnet, L'Express, 21 février 2007)

Je n'ignore pas que Michel Rocard aurait sans doute préféré que la candidate socialiste Ségolène Royal se désiste en sa faveur. Je n'ignore pas non plus son pessimisme, voire son défaitisme, quant à l'issue de cette élection. Pour autant, ses propos tenus devant les journalistes de l'Express sont justes, bien qu'un peu trop mesurés à mon goût...

Et puis, il y a les fameux propos aberrants concernant la génétique que Sarkozy a tenu devant Michel Onfray, et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler (voir le message "Campagne présidentielle : Arnaque et Déraison Générales ?")... Le Canard Enchaîné y a consacré un article assez savoureux :

« Les gènes de Sarko ont parlé !

Le candidat de l'UMP a donc tranché : la pédophilie, les tendances suicidaires, c'est dans les gènes ("Philosophie Magazine", avril 2007) : "On nait pédophile et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie (...). Il y a 1 000 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année... génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable." Parole de Sarko ! Généticiens, biologistes et psychologues sont donc priés de suivre la vérité d'un ex-ministre de l'Intérieur. Et l'archevêque de Paris, qui a osé critiquer Sarkozy au nom de la "liberté humaine", est prié de s'occuper de ses ouailles. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle Mgr André Vingt-Trois - comme les vingt-trois paires de chromosomes - qu'il doit causer génétique !
Quant à nous, sans attendre les conclusions du débat entre l'inné et l'acquis [...], et pour satisfaire la curiosité des électeurs [...], nous avons fait analyser dans le laboratoire spécial du "Canard" le code génétique de Sarkozy. Les résultats sont édifiants et, disons-le en toute objectivité, en faveur du candidat UMP : non, Sarkozy n'est pour rien dans son comportement bizarroïde ! C'est la faute à ses chromosomes, c'est écrit dans son ADN.
 Ainsi avons-nous pu isoler le gène mal connu de la traîtrise (XYT) qui explique clairement sa carrière politique depuis sa conquête de la mairie de Neuilly, dans le dos de son parrain Pasqua. Depuis, il a essayé de guérir sa traîtrophilie, mais en vain. Il récidive en 1995, trahissant son protecteur Chirac pour rejoindre Balladur. Comme il le dit lui-même : "C'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas guérir cette pathologie." Dure leçon de déterminisme ? Pas tant que ça, car, malgré ses gènes gênants, il assure aujourd'hui : "J'ai changé." Traduit en language scientifique, cela veut dire "J'ai muté." Voila qui relance le débat : sous l'effet de quel rayonnement Sarkozy s'est-il fait lifter sa double hélice ? La vérité est bouleversante. Quel que soit son inné, quels que soient ses acquis - mobiliers et immobiliers -, le chef de l'UMP est un véritable OGM : un olibrius génétiquement modifié. »


(F.P., in Le Canard Enchaîné N°4511, 11 avril 2007)

Que l'on ne me parle pas, avec tout cela, de comparaison fumeuse avec Napoléon... Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'est ni César, ni Napoléon Ier, ni Napoléon III, ni De Gaulle, ni un dieu, ... ni même le diable incarné : ce serait encore lui faire trop d'honneur...

Cordialement, :-)

Hyarion, citoyen résolument anti-sarkozyste.

(Illustrations : Caricature de Sarkozy en Napoléon, par Kiro, sans date [vers 2005-2006] ; Détail du tableau le Sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, huile sur toile [1805-1807] par Jacques-Louis David, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Cécilia et Nicolas Sarkozy, par Cabu, publiée dans le Canard Enchaîné N°4387, 24 novembre 2004 ; Napoléon III, huile sur toile [1857] par Franz-Xaver Winterhalter, Compiègne, Musée du Second Empire, château de Compiègne ; Sarkozy et George W. Bush, photographie des services de La Maison Blanche, Washington DC, septembre 2006 ; Louis XIV, roi de France, portrait en pied en costume royal, huile sur toile [1701] par Hyacinthe Rigaud, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Sarkozy par Plantu, publiée dans le Monde du 13 avril 2007)
par Hyarion publié dans : Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)
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Mercredi 25 avril 2007
Depuis trois jours, suite aux résultats du premier tour de l'élection présidentielle, tous les regards sont fixés sur François Bayrou et les quelques 6 820 882 électeurs (soit plus de 18,5 % des suffrages) qui ont voté pour lui. Ce sont eux, en effet, qui décideront du résultat final de la course à l'Élysée. Ils détiennent la clé du second tour, et les deux candidats finalistes le savent bien. Tandis que Ségolène Royal cherche à séduire les électeurs centristes et à se rapprocher de Bayrou - en lui proposant notamment un débat public, lundi dernier -, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, selon sa méthode habituelle du chantage à la réélection, s'efforce de rallier à lui, sans trop de difficultés du reste, le plus possible de parlementaires de l'UDF au sein de son grand "rassemblement" UMP. Si l'on sait, d'ors et déjà, que les électeurs de Bayrou vont probablement se diviser en trois blocs au second tour, ainsi que le prévoient les instituts de sondages - un tiers pour Royal, un tiers pour Sarkozy, un tiers d'abstentionnistes -, la déclaration de l'ex-candidat et président de l'UDF vis-à-vis du second tour n'en était pas moins très attendue. Elle a été faite lors d'une conférence de presse à Paris, cet après-midi :