Me voila
passablement peu inspiré, depuis quelque temps, en matière d'articles pour le présent blog. Voila trois semaines que je suis rentré à Toulouse, dans cette bonne vieille France méridionale, après
quelques jours de vacances passés à Bruxelles, en Belgique, et depuis mon retour, je n'ai rien écrit de nouveau... jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, en ce qui concerne l'actualité, ce n'est pas la
matière qui manque, toujours plus abondante, toujours plus urgente, toujours plus brûlante... et aussi toujours plus éphémère et dérisoire... voire carrément dégoûtante, dans certains cas...
J'avoue que si je ne suis pas inspiré ces temps-ci, c'est sans doute parce qu'il y a longtemps maintenant que je ne suis plus dans le même état d'esprit que lorsque j'ai commencé cette aventure
en ligne. La motivation me manque de plus en plus pour continuer... Le temps passe, et mon esprit est de plus en plus accaparé par d'autres choses que par le souci d'alimenter le présent blog en
nouveaux articles. Ce constat est d'ailleurs fait depuis un bon moment déjà, mais il faut croit que j'ai du mal, en même temps, à rompre avec cette habitude prise de m'occuper de ce blog... Je ne
sais donc pas où j'en serai, de cette aventure, à la fin de cette année... On verra bien...
L'autre jour, au début de la semaine dernière, mon collègue blogueur marxiste Jean-Louis Roche - auteur du blog "Le Prolétariat
Universel", auquel j'ai consacré un article en décembre dernier -, m'a encore demandé si je
m'étais enfin décidé à rompre avec "la gauche caviar" et à en finir avec "cette désolante fascination (morbide ou homo-cachée)" pour Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. J'aime bien
le camarade Jean-Louis, mais dans la mesure où je ne suis pas homosexuel et dans la mesure où je ne souffre d'aucune pathologie particulière vis-à-vis de l'actuel chef de l'Etat, je ne sais pas
trop où il veut en venir, derrière ces insinuations, il faut bien le dire, pas forcément très élégantes... Je pourrais lui répondre que sa propre fascination pour les querelles de clochers entre
micro-sectes politiques marxistes situées à gauche de l'extrême-gauche, est aussi désolante, de même que je trouve profondément regrettable son obsession (morbide ?) pour le dogme de la lutte des
classes s'appuyant sur la sacro-sainte dichotomie bourgeois/prolétaire. Chacun voit midi à sa porte, et il en a décidément toujours été ainsi. Alors, que répondre, finalement ? Rien de très
transcendant. Juste l'évidence. On écrit toujours sur ce qui nous préoccupe, et rarement sur autre chose... Si Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa ne vous préoccupe pas outre mesure (ce qui est
tout-à-fait RESPECTABLE, n'en déplaise à certains), vous n'avez aucune raison d'écrire sur lui. Si la notion de lutte des classes entre bourgeois et prolétaires ne vous intéresse pas plus que
celà et vous parait même politiquement sans objet aujourd'hui (ce qui est tout-à-fait ACCEPTABLE, n'en déplaise à certains), vous n'avez aucune raison d'écrire sur elle. Comme dirait Jacques
Chirac : "c'est comme ça, et il faut le comprendre !" ;o)
Tiens, Jacques Chirac, justement, parlons-en... Le lundi de la semaine dernière, une bien triste nouvelle m'est parvenu, via une dépêche de l'AFP, porteuse d'une information confirmée par Le
Canard Enchaîné paru le lendemain, 30 septembre : Chirac va sans doute, comme cela était prévisible, échapper à une condamnation, pourtant tant espérée, dans le cadre de l'affaire des emplois
fictifs de la Mairie de Paris...
Non-lieu requis pour Chirac dans l'affaire des chargés de mission de Paris
Le parquet de Paris a requis un non-lieu au profit de Jacques Chirac dans l'enquête sur les chargés de mission de la Ville de Paris, affaire d'emplois présumés de complaisance au bénéfice du
RPR, dans laquelle l'ancien président et une vingtaine de personnes sont mises en examen.
Le parquet a confirmé avoir signé lundi [28 septembre] ce réquisitoire de non-lieu général, à la suite d'une information révélée par le Canard
enchaîné à paraître mercredi [30 septembre].
L'ancien président de la République (1995-2007), protégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat puis redevenu justiciable ordinaire, avait été mis en examen le 21 novembre 2007 pour
"détournement de fonds publics" dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris, dont M. Chirac a été le maire de 1977 à 1995.
Outre l'ancien président Chirac, une vingtaine de personnes dont cinq anciens directeurs de cabinet de la mairie ont été mis en examen pour "détournement de fonds publics": Robert Pandraud,
Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled.
Il revient maintenant à la juge Xavière Simeoni, qui doit quitter ses fonctions à la fin octobre, de suivre ou non les réquisitions du parquet et de renvoyer ou non les prévenus devant le
tribunal correctionnel.
L'instruction menée par la magistrate concerne une période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de M. Chirac à la mairie aux trois premières années de son successeur Jean
Tiberi.
Parmi les bénéficiaires présumés de ces emplois figure un ancien préfet, soupçonné d'avoir bénéficié d'un chauffeur payé par le cabinet du maire de Paris. Selon des sources proches du dossier,
il s'agit du seul contrat signé de la main de Jacques Chirac.
Interrogé par l'AFP, l'avocat de M. Chirac, Jean Veil, a refusé mardi "de commenter une décision judiciaire qui n'a pas encore été notifiée, ni aux parties ni aux avocats".
Dans ses réquisitions, le parquet estime que les faits antérieurs à 1992 sont prescrits et que l'information n'a pas permis de caractériser l'infraction pour les faits postérieurs.
Jacques Chirac avait reconnu, dans une tribune au Monde publiée au moment de sa mise en examen, avoir "souhaité ou autorisé" lorsqu'il était maire de Paris les recrutements de chargés de
mission car, disait-il, "ils étaient légitimes autant que nécessaires".
Selon l'ancien président, "il n'y a eu aucun détournement de fonds publics, puisque ces emplois étaient nécessaires au bon fonctionnement de la ville de Paris, et qu'ils ont été autorisés par
délibération votée par le conseil de Paris".
Si le nom de Jacques Chirac a été évoqué dans plusieurs affaires judiciaires, c'est le seul dossier dans lequel il est mis en examen.
Il a par ailleurs été entendu en 2007 sous le statut de témoin assisté - à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen - dans une autre enquête sur les emplois présumés
fictifs du RPR, instruite à Nanterre.
Cette affaire, portant sur le paiement de salaires de permanents du RPR par la ville de Paris, a entraîné notamment la condamnation en appel de l'ancien Premier ministre Alain Juppé à 14 mois
de prison avec sursis en 2004.
Le cas de M. Chirac avait été disjoint et l'enquête le concernant se poursuit. Le juge pourrait mettre fin à ses investigations à la fin de l'année, selon une source proche du dossier.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 29 septembre 2009, 17h15)
Bien entendu, comme cela est écrit dans Le Canard Enchaîné de la semaine dernière, la juge d'instruction chargée
de l'affaire peut fort bien, malgré le réquisitoire de non-lieu général du procureur de Paris Jean-Claude Marin, décider de renvoyer les prévenus devant la cour d'assises. Mais si c'est le cas,
écrit H.L. dans le Canard, "le parquet et les avocats se tourneront vers la cour d'appel, qui pourrait se montrer mieux disposée. Et assurer enfin à Chirac une douce
retraite..." (Cf. Le Canard Enchaîné N°4640, 30 septembre 2009) La fin d'un des plus fameux feuilletons politico-judiciaires de ces deux dernières décennies approche... et elle
s'annonce a priori décevante, même s'il est vrai qu'il n'y a pas vraiment de surprise quant au fait que Chirac puisse vraisemblablement finir par être relaxé... Il ne faut oublier, en effet, que
Chirac et son successeur à la plus haute charge de l'Etat se sont mis d'accord il y a déjà un moment : Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa passe au kärcher les dossiers judiciaires de Jacques Chirac,
et en échange, Chirac lâche celui qui fut son fidèle dernier Premier Ministre, Dominique Galouzeau de Villepin, et laisse Sarkozy avoir la peau dudit Villepin dans le cadre de l'actuel procès de
la fameuse affaire Clearstream, ledit Sarkozy souhaitant ardemment, comme on le sait, pendre ladite peau de Villepin à un "crochet de boucher", sans doute dans les cuisines de
l'Elysée... Imaginez ce spectacle : une peau écorchée d'ancien Premier ministre pendue par un président de la République à un crochet de boucher dans les cuisines élyséennes... Ces dernières
mériteraient dès lors d'être ouvertes au public à l'occasion des prochaines Journées du Patrimoine...
Clearstream, épisode emblématique de l'affrontement Villepin-Sarkozy
L'affaire Clearstream a constitué un épisode emblématique de l'impitoyable affrontement qui a opposé Dominique de Villepin, coprévenu dans le procès qui s'ouvre lundi [21 septembre], et Nicolas
Sarkozy, partie civile, jusqu'à l'accession du second à la présidence de la République.
"Ils ne m'épargneront rien" dans la course à l'Elysée, avait lancé M. Sarkozy en mai 2005 en justifiant son retour place Beauvau par le souci de disposer des moyens de se protéger de ses
détracteurs.
Quelques mois plus tôt, il a pris la tête de l'UMP, instruit par la défaite d'Edouard Balladur en 1995 de la nécessité de disposer de l'appareil d'un parti pour se lancer avec des chances de
succès dans la course présidentielle.
Mais Jacques Chirac l'oblige alors à quitter le gouvernement, avant que le "non" au référendum européen en mai 2005 et la formation d'un nouveau gouvernement ne lui offrent son billet retour
place Beauvau, tout en propulsant son rival à Matignon.
Convaincu d'être la cible d'une machination alors que filtrent publiquement les premières informations sur le dossier [Clearstream], le ministre de l'Intérieur se constitue partie civile en
janvier 2006, transformant Clearstream en affaire d'Etat. Selon des propos prêtés à M. Sarkozy dans plusieurs livres, il fait le voeu de "pendre à un croc [ou crochet] de boucher" l'auteur de
cette déstabilisation.
De leur côté, les villepinistes affirment aujourd'hui encore que Nicolas Sarkozy a été mis au courant de cette affaire bien avant qu'il ne s'en émeuve officiellement et qu'il a essayé d'en
tirer profit en se victimisant.
Si les "affaires" ont toujours marqué les campagnes présidentielles, ce scandale qui met alors aux prises les numéros un (Villepin), deux (Sarkozy) et trois (Michèle Alliot-Marie, alors à la
Défense) d'un même gouvernement est hors norme.
Auditions hyper médiatisées et "fuites" dans la presse se poursuivent tout au long de 2006.
Nicolas Sarkozy prend l'avantage, un ascendant qui va se transformer en position quasi inexpugnable, une fois M. de Villepin ébranlé par l'échec du Contrat première embauche.
A l'été 2006, M. de Villepin est plus isolé que jamais face à une majorité frondeuse, tandis que les ralliements à son rival se multiplient. Clearstream empoisonne ses derniers mois à Matignon.
Il sera entendu une dizaine d'heures comme témoin par les juges en décembre 2006.
L'affrontement a connu son dénouement. Le vainqueur est désormais chef de l'Etat et le perdant, retiré de la scène depuis son départ de Matignon début mai, est devenu avocat.
Mais M. de Villepin, qui a toujours refusé d'affronter le suffrage universel, laisse désormais clairement entendre qu'il pourrait être candidat en 2012. Son objectif numéro un et inavoué étant
la défaite de son grand rival.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 19 septembre 2009, 10h25)
Les principales dates de l'affaire Clearstream
Voici les principales dates de l'affaire Clearstream:
2003
- septembre: l'informaticien Imad Lahoud copie sur l'ordinateur de Florian Bourges, ancien auditeur chez Arthur Andersen, des fichiers clients et de transaction de la société luxembourgeoise de
compensation financière Clearstream. Ils avaient été mis en relation par le journaliste d'investigations Denis Robert.
- octobre-novembre: l'ex-vice président d'EADS Jean-Louis Gergorin remet au général Philippe Rondot des listes de comptes Clearstream, provenant selon lui d'une pénétration informatique
réalisée dans la base de données Clearstream par Imad Lahoud, qu'il a embauché chez EADS. Rondot est chargé d'enquêter sur la présence de fonctionnaires du ministère de la Défense sur ces
listings qui s'avéreront trafiqués.
2004
- 9 janvier 2004: Réunion entre Dominique de Villepin, Gergorin et Rondot au Quai d'Orsay sur l'existence des listes de comptes illégaux de personnalités censées avoir été ouverts chez
Clearstream. Selon Gergorin et Rondot, le nom de Nicolas Sarkozy aurait été évoqué. Le ministre confie à Rondot une mission de vérifications sur ces listings, en se prévalant du président
Chirac selon le général.
- mai-octobre 2004: Gergorin envoie anonymement à quatre reprises les listings trafiqués au juge Renaud van Ruymbeke, susceptible d'être intéressé par certains noms dans son enquête sur
d'éventuelles commissions occultes lors de la vente en 1991 de frégates à Taiwan. Le nom de Nicolas Sarkozy y figure sous la forme patronymique Stéphane Bocsa et Paul de Nagy.
- 3 sept: ouverture d'une instruction pour "dénonciation calomnieuse" à la suite d'une plainte d'un ancien dirigeant d'Airbus, Philippe Delmas, dont le nom figurait sur les listings et qui
avait été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête du juge van Ruymbeke.
2006
- 31 janvier: Nicolas Sarkozy se constitue partie civile
- 24 mars: Les policiers perquisitionnent le domicile du général Philippe Rondot à Meudon (Hauts-de-Seine) et mettent la main sur ses notes évoquant notamment la réunion du 9 janvier 2004.
- 1er juin: Gergorin reconnaît l'envoi des lettres anonymes. Il est mis en examen.
- 9 juin: Imad Lahoud est mis en examen
2007
- 22 mars: Gergorin dit que Lahoud lui a fourni les listes.
- 4 mai: Van Ruymbeke comparaît devant le Conseil supérieur de la magistrature pour avoir secrètement rencontré Gergorin en 2004, avant de recevoir les listes anonymes.
- 22 juin: Chirac refuse d'être entendu sur des "faits accomplis ou connus durant son mandat" et "dément catégoriquement avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités
politiques".
- 4 juil: une expertise de l'ordinateur de Rondot désigne Villepin comme ayant eu l'idée de la rencontre secrète Gergorin-Van Ruymbeke de 2004.
- 19 juil: Gergorin confirme la mise en cause de Villepin mais précise qu'au moment où le ministre a demandé à Rondot, sur ordre de Chirac, d'enquêter sur ces listings, tous étaient convaincus
de la véracité des listes.
- 27 juil: Villepin dément toute manoeuvre politique. Il dit n'avoir jamais demandé que des vérifications. Il est mis en examen.
2008
- 3 juin: A la fin de l'instruction, le parquet estime qu'il n'y a pas de preuves contre Villepin et requiert un supplément d'information sur les liens Villepin-Lahoud, ainsi que le renvoi
devant le tribunal de Gergorin, Lahoud, Robert et Bourges.
- 3 juil: fin de l'enquête après un nouvel interrogatoire de Villepin. Le parquet requiert le renvoi de Villepin en correctionnelle. Les juges signent leur ordonnance de renvoi le 18
novembre.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 19 septembre 2009, 10h24)
Le procès de l'affaire Clearstream s'est donc ouvert le 21 septembre dernier, devant le tribunal correctionnel de Paris, mais si ledit procès réunit, jusqu'au 23 octobre prochain, cinq prévenus,
18 témoins et une quarantaine de parties civiles, la seule chose que l'on aura vraiment retenu, dans cette histoire passablement embrouillée, c'est qu'il y a un ancien Premier ministre -
Galouzeau de Villepin - sur le banc des prévenus face à un actuel chef de l'Etat - Sarkozy de Nagy-Bocsa - qui s'est constitué partie civile. Du reste, à peine le procès a-t-il commencé que le 23
septembre dernier, Sarkozy, lors d'un entretien retransmis sur France 2 et TF1, depuis New York, où il était allé faire le zouave à l'occasion d'une Assemblée générale des Nations-Unies, a
provoqué la fureur des avocats de Villepin, en parlant ce soir-là de "coupables" à propos des prévenus de cette affaire, faisant fi du principe de la présomption d'innocence dont
bénéficient des mis en examens tant qu'ils n'ont pas été définitivement jugés. Sarkozy, très sûr de son bon droit, est même allé jusqu'à déclarer, sans rire : "Je ne suis pas un homme qui
ment. Je ne suis pas un homme qui renonce et je ne suis pas un homme qui plaisante avec les principes d'honneur et de probité." Sachant que tous les politiciens mentent - tous, sans
exception -, que, par nature, il ne peuvent pas ne pas mentir, et que, bien souvent, l'honneur et la probité ne sont pour eux que des vertus de facade (c'est le moins que l'on puisse dire), les
propos de Sarkozy ne manquent pas de sel, tant il cherche à se donner le beau rôle... C'est pourtant un fait : Nicolas Sarkozy ment, tient des doubles discours, et raconte n'importe quoi, en se
moquant des "principes" qu'il prétend être les siens, comme n'importe quel autre politicien. De ce point de vue, il ne vaut donc pas mieux qu'un Galouzeau de Villepin. Lors de son
entretien télévisé du 23 septembre depuis New York, l'actuel chef de l'Etat a, par exemple, justifié la mise en place de la taxe carbone en s'appuyant sur "un constat accablant" dressé
par "des scientifiques et des savants du monde entier" : "Le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui créé un trou dans la couche d'ozone et qui brise les
équilibres de la planète", a-t-il dit. La question du CO2 est liée, en réalité, au problème de l'effet de serre et non pas à celui de la couche d'ozone, mais cela, Sarkozy s'en moque : ce
qui compte pour lui, en toute circonstance, c'est de se donner le beau rôle, en détournant l'attention avec des gesticulations et des paroles pleines d'assurance, en faisant croire qu'il est
compétent et irréprochable, alors qu'avec lui, tout n'est qu'approximations, faux-semblants, boniments, manoeuvres opportunistes, et finalement mensonges éhontés.
Aujourd'hui, mardi 13 octobre, l'actuel chef de l'Etat a présenté à l'Elysée la nouvelle version allégée de sa réforme du lycée, réforme mise entre parenthèses il y a un an pour cause de
contestations, comme on le sait. Dans son discours, il a notamment expliqué que la création des lycées en 1802 avait signifié "la fin des privilèges de la naissance". "Cela voulait
dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur", a-t-il déclaré. Tout
cela est bien dit, mais que valent ces belles paroles de Nicolas Sarkozy, lorsque l'on voit que son fils cadet, Jean Sarkozy, étudiant en droit et conseiller général des Hauts-de-Seine depuis
moins de deux ans, va probablement bientôt accéder, à seulement 23 ans, à la présidence de l'Epad, Etablissement public chargé de l'aménagement du quartier d'affaires de la Défense, vitrine
économique de la France ? Que valent les beaux discours de campagne de Nicolas Sarkozy sur le "mérite", sur les "nominations irréprochables", sur la "République
irréprochable", sur la France devant être une "démocratie exemplaire au regard du monde", quand l'arrivée de son jeune fils Jean à la présidence du quartier d'affaires des
Hauts-de-Seine, avec la bénédiction de son père, apparait simplement pour ce qu'elle est ? Nous n'assistons pas, en vérité, à autre chose qu'à l'ascension politique dégoûtante d'un fils de chef
d'Etat, fils qui doit tout à son nom, celui de son père politicien, et rien à son mérite, fut-il élu, et dont la "promotion" à venir à la tête de l'Epad n'a pu que susciter, ces derniers jours,
des critiques ironiques dans la presse internationale, tant ladite "promotion" du fils Sarkozy couvre la France de honte et de ridicule... Mais de tout cela, Nicolas Sarkozy se moque, puisque
l'essentiel pour lui est de faire ce qui lui plait en profitant du fait qu'il soit à la tête de l'Etat français, tout en prétendant bien sûr, comme on l'a vu, ne pas être "un homme qui
plaisante avec les principes d'honneur et de probité"... alors qu'en disant celà, il ne pense, en réalité, qu'à avoir la peau de Galouzeau de Villepin...
Ainsi, pour en revenir au procès Clearstream, celui-ci n'est pas pour Nicolas Sarkozy une affaire de justice, bien qu'il s'en défende publiquement : c'est une affaire de vangeance personnelle de
politicien contre un autre politicien, ni plus ni moins. A son arrivée au tribunal au premier jour du procès, Galouzeau de Villepin avait d'ors et déjà estimé que sa présence sur le banc des
prévenus était due à "l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française". Le 28 septembre dernier, en réponse aux propos de Sarkozy à la
télévision sur les "coupables", les avocats de Villepin ont assigné Sarkozy pour "atteinte à la présomption d'innocence". Depuis, le procès suit son cours, et ne semble pas, à
première vue, tourner forcément à l'avantage de Villepin. Cela en serait presque regrettable, dans la mesure où, même si le sort de Galouzeau de Villepin m'importe fort peu, j'aimerai bien que
Sarkozy n'obtienne pas ce qu'il veut dans cette affaire, et qu'à l'arrivée, personne ne sorte content de ce procès d'une affaire finalement aussi compliquée que pathétique...
Maintenant que j'ai parlé - comme il se doit ;-) - de Nicolas Sarkozy, il est temps d'en venir à ce qui est censé être mon autre sujet de prédilection : le Parti Socialiste. Mais avant, il
convient que j'écrive tout de même quelques mots sur ce qui s'est passé en Irlande au début de ce mois. Le 2 octobre dernier, en effet, après avoir rejeté le traité européen de Lisbonne l'année
dernière, une majorité du peuple irlandais a finalement choisi d'adopter ledit traité à l'occasion d'un second référendum voulu par les dirigeants européens, décidément incapables de supporter
que l'on puisse voter "non" à ce texte. "If you don't know, vote No" ("si vous ne savez pas, votez non"): le 12 juin 2008, de nombreux Irlandais avaient pourtant adopté cette
formule, rejetant le texte à plus de 53%. Mais face à la paralysie dans laquelle le "non" irlandais avait alors plongé l'Union Européenne (UE), Dublin avait accepté de faire revoter la population
moyennant des assurances de l'UE qu'elle ne toucherait pas aux "spécificités celtiques" irlandaises : l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et un faible taux
d'imposition. De plus, si le traité était adopté, l'Irlande continuerait à disposer de "son" commissaire européen. Et puis la crise est passée par là, et les temps ont changés... En un an,
l'Irlande, championne de la croissance, s'est muée en une des économies les plus touchées par la récession : le chômage devrait ainsi tripler cette année par rapport à 2007, à environ 15%, tandis
que le déficit public, nul en 2007, atteint 11 % du produit intérieur brut (PIB), lequel s'effondre de 8 %. Dès lors, il n'est pas étonnant que les Irlandais aient voulu montrer qu'ils souhaitent
à présent, dans leur majorité, se raccrocher le plus possible à l'Union Européenne (UE), à qui l'Irlande doit son décollage économique. Ainsi donc, le 2 octobre, quinze mois après avoir rejeté le
traité de Lisbonne, les Irlandais l'ont finalement massivement adopté avec plus de 67% de "oui", lors de ce second référendum immédiatement accueilli, lors de la proclamation des résultats le
lendemain du scrutin, avec un soulagement évident par les dirigeants de l'UE. Toujours soucieux de se mettre en avant en toute circonstance, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a pour sa part salué,
dans un communiqué, un vote "qui couronne les efforts accomplis notamment lors de la Présidence française pour apporter une réponse aux préoccupations qu'avaient exprimées les
Irlandais", ajoutant que "la France souhaite que les Etats qui ne l'ont pas encore fait achèvent le plus rapidement possible leur procédure de ratification pour que le traité de Lisbonne
puisse entrer en vigueur avant la fin de l'année, comme les 27 [Etats membres de l'UE] s'y sont engagés". Pour ma part, je n'exprimerai pas ici une opinion différente que celle que j'avais
déjà présentée sur le présent blog à l'occasion du premier référendum irlandais en 2008. Ainsi, comme je l'avais déjà écrit l'année dernière, pour autant que je saches, ce traité européen de
Lisbonne, traité censé être "simplifié", est, en réalité, aussi incompréhensible et douteux que le précédent, à savoir le Traité Constitutionnel Européen, rejeté par les électeurs
français et néerlandais en 2005, mais dont le texte a été repris à peu près tel quel par les rédacteurs du nouveau traité présenté comme étant "simplifié". De mon point de vue, il n'y a
donc pas de quoi se réjouir des résultats du dernier référendum irlandais. Le fait est, encore une fois, que le fossé qui s'est creusé entre l'Union Européenne et les peuples qui sont censés y
appartenir reste énorme, et je ne crois pas qu'un vote "positif" de prétendu "rattrapage" comme celui qui a eu lieu en Irlande au début de ce mois-ci, y changera quoi que ce
soit. Encore une fois, l'Europe, la vraie, la seule qui vaille, l'Europe politique, l'Europe des peuples, reste à penser et à construire...
Venons-en à présent au Parti Socialiste français, dont je suis toujours adhérent. Le 1er octobre dernier, la veille du référendum européen en Irlande, quelque 200.000 adhérents socialistes ont
été appelés à voter, de 17 heures à 22 heures, dans les 4.000 sections du PS sur la rénovation du Parti, une consultation inédite qualifiée par Martine Aubry de "petite révolution" et
par Arnaud Montebourg d'"acte 1" de la rénovation du principal parti d'opposition. Onze questions ont été posées aux adhérents, allant de l'organisation de primaires ouvertes pour
l'élection présidentielle "aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012" au non-cumul des mandats, en passant par l'instauration de règles d'éthique, la parité totale dans les
instances du parti et une meilleure représentation des "diversités". Voici les questions auxquelles j'ai dû répondre, en tant qu'adhérent du PS, lors de ce scrutin interne
:
Consultation militante du PS : le questionnaire
1 - Les primaires ouvertes
Question 1-1 : « Etes-vous favorables à la désignation du candidat(e) des socialistes par des primaires ouvertes aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012 et veulent participer à la
victoire de la gauche? »
Question 1-2 : Donnez vous mandat au Bureau National pour organiser ensemble avec les formations de gauche qui le souhaitent de telles primaires dans le cadre d’un rassemblement politique et
sur la base d’une plate-forme commune ?
2 - Le non-cumul des mandats
Question 2-1 : Etes-vous favorables, comme étape vers le mandat parlementaire unique, à l’impossibilité de cumuler, sans attendre le vote d’une loi, dès les prochains renouvellements
(cantonales 2011, Sénatoriales 2011, législatives 2012) un mandat de parlementaire avec une présidence d’exécutif local (Communes, Intercommunalité, CG, CR) ou la participation à un exécutif
(Vice-Pdt, Maire adjoint )?
Question 2-2 : Êtes-vous favorables à limiter à trois les mandats successifs des présidents d’exécutifs locaux (Maires, Présidents de Conseil Général, de Conseil Régional, et
d’Intercommunalité) ?
3 - La parité, les diversités, les outremers et le renouvellement générationnel
Question 3-1 : « Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité totale dans toutes les instances du Parti (locales et nationales) ? »
Question 3-2 : « Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité dans les candidatures pour les élections législatives de 2012 ? »
Question 3-3 : « Donnez-vous mandat au Bureau National pour fixer, pour chaque élection, des objectifs de renouvellement contribuant à une meilleure représentation des diversités de la société
française, et pour cela, en réservant si nécessaire, des circonscriptions électorales ? »
4 - Pour une démocratie interne aboutie
Question 4-1: Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts des règles nouvelles permettant d’ouvrir largement notre parti aux hommes et aux femmes de
gauche en réduisant les obstacles à leur adhésion (adhésion directe, adhésion à des sections thématiques, montant des cotisations, modalité d’accueil, adhésion sur Internet…)?
Question 4-2 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts, des règles de démocratie interne permettant d’améliorer l’efficacité de nos Congrès et de
choisir nos dirigeants en cohérence avec nos orientations politiques ?
5 - Pour des règles d’éthique
Question 5.1: Etes-vous favorables à la création dans notre parti d’une autorité indépendante et incontestée, chargée de faire respecter les règles d’éthique et de droit s’imposant à tous les
adhérents du Parti Socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort toute question en rapport avec la violation de nos règles communes ?
Question 5.2: Approuvez-vous la mise en oeuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité
et la fiabilité de nos votes ?
(Questions aux adhérents du PS publiées sur Parti-socialiste.fr, site officiel du Parti Socialiste, 12 septembre 2009)
Le jour du vote, j'ai pris la peine de me déplacer jusqu'au bureau de vote de ma section - section qui se trouve à Rodez,
dans l'Aveyron, alors que j'habite à Toulouse -, pour participer au scrutin, histoire d'avoir autre chose à faire dans ce parti que de payer une cotisation annuelle, vu que je ne peux jamais
aller aux réunions de section. A toutes les questions posées, j'ai évidemment répondu "Oui". Oui à l'adoption du principe de primaires ouvertes. Oui au non-cumul des mandats, même si cela
n'arrange pas les affaires de beaucoup d'élus socialistes cumulards. Oui à la limitation à trois mandats successifs des présidents d'exécutifs locaux. Oui à la parité totale entre hommes et
femmes dans toutes les instances du Parti et dans les candidatures pour les élections législatives de 2012. Oui à une adhésion facilité au PS. Oui à des règles d'éthique pour faire en sorte que
les magouilles électorales internes ne se reproduisent plus à l'avenir au sein du PS (si cela est possible... ce dont je doute quelque peu). J'ai donc voté "Oui" à toutes les questions, et je
n'ai pas été le seul, puisque les résultats du scrutin ont été positifs aussi bien sur le plan local que national :
Les militants légitiment la rénovation d'Aubry qui reste à mettre en musique
La patronne du PS Martine Aubry sort légitimée de la consultation militante qui a validé jeudi [1er octobre] son grand chantier de la rénovation axée sur des primaires ouvertes pour 2012,
innovation majeure à mettre désormais en musique tout en tentant de contrer la percée des Verts.
A une large majorité, plus de 92.000 militants ont approuvé les onze questions pour rénover leur parti, avec en tête celles des primaires ouvertes en vue de désigner leur champion pour 2012 et
du renforcement du non-cumul des mandats.
Alors que le dépouillement était en voie d'achèvement, la direction a évalué la participation à 46%, un étiage "assez élevé" pour une consultation hors congrès, s'est félicité le porte-parole
Benoît Hamon.
Les primaires ont été approuvées massivement : 68% des militants ont dit "oui" à une primaire ouverte "aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012" pour choisir le candidat socialiste,
70% souhaitant intégrer d'autres formations de gauche.
Toutes les autres questions sont plébiscitées, qu'il s'agisse des règles d'éthique (86%), de la parité totale (71%), de la diversité (61%) ou de la démocratie interne (73%).
"La primaire est une innovation extraordinairement importante" pour le PS, qui est ainsi "remis en selle alors qu'il était dans le trou", juge le politologue Gérard Grunberg.
Pour Pascal Perrineau du Cevipof, les primaires sont la "seule solution pour résoudre la crise de leadership devenue majeure".
Martine Aubry, qui avait mis tout son poids dans la balance pour cette rénovation, lancée fin août à La Rochelle, malgré la résistance de barons locaux, a salué sobrement "un bel exercice
démocratique".
Benoît Hamon y a vu un changement "en profondeur du visage du Parti socialiste" qui va devenir "plus populaire, plus démocratique et plus transparent".
C'est "un nouveau départ" pour Pierre Moscovici, "un camouflet pour ceux qui avaient parié sur le conservatisme et la division", selon Jean-Christophe Cambadélis, et "un mandat clair pour la
rénovation" d'après Vincent Peillon.
Pour le maire de Paris Bertrand Delanoë, les socialistes "ont voulu tourner la page des doutes, des divisions et des ressentiments", "se donner les moyens de préparer l'alternance". Michèle
Sabban, vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, y voit "une réponse au livre à charge sur les fraudes au PS".
Deux bémols parmi tous ces satisfecit : Faouzi Lamdaoui, proche de François Hollande, parle d'un résultat "mitigé", "mi-succès, mi-échec" et Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, juge qu'"on
est loin du plébiscite (...) escompté".
Les questions qui fâchent comme le périmètre des primaires sont reportées après les régionales. Les "travaux pratiques" de la rénovation débuteront entre les élections de mars et la convention
de juin, qui doit modifier les statuts. Un nouveau vote des militants suivra.
"Les régionales vont établir de nouveaux rapports de force" qui "détermineront l'attitude de nos partenaires" vis-à-vis de la primaire, estime M. Hamon.
Pascal Perrineau juge que le PS devrait choisir une procédure lui permettant d'avoir un candidat au premier tour de la présidentielle.
Mais pour Gérard Grunberg, "le plus malin, ce serait d'intégrer les écologistes dans une alliance portant à la fois sur la présidentielle et les législatives".
Sur le non-cumul, les politologues se montre circonspects. "Le principe posé, on trouvera de multiples moyens pour tenter de le contourner", ce sera alors "un coup d'épée dans l'eau", estime M.
Perrineau.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 2 octobre 2009, 16h43)
Bien entendu, il n'y a pas de quoi sauter au plafond. Les dirigeants du PS pourront bien faire ce qu'ils voudront du mandat qu'ils ont reçu des adhérents lors de ce scrutin interne. Une telle
consultation aura peut-être été utile à la rénovation du PS... ou peut-être pas : l'avenir le dira. Pour ma part, j'ai fait ce que j'avais à faire en participant à ce scrutin. S'ils y en a qui ne
sont pas contents, ou qui trouvent cela ridicule voire risible, ma foi, peu m'importe... Je n'ai pas à me justifier. Pour ce qui est du PS, je suis parfaitement lucide sur ce qu'il est, et sur ce
qu'il est éventuellement capable de faire ou de ne pas faire politiquement... Bien entendu, je sais que ce n'est pas le PS qui me sortira du chômage et que ce n'est pas le PS qui apportera un
changement radical à la société dans laquelle nous vivons : cela, je l'ai toujours su. Bien sûr, je sais également que pour les gens d'extrême-gauche qui se sentent investie de la mission de
perpétuer sans fin le "souvenir des luttes", le PS est un odieux parti "réformiste", et que pour les gens se rattachant à la mouvance marxiste située à gauche de
l'extrême-gauche - mouvance que les médias de masse appellent parfois "ultra-gauche", et que Jean-Louis Roche qualifie pour sa part du nom de "maximalisme" - le PS est un
misérable parti "bourgeois", symbole de la "gauche caviar". Je sais tout cela, mais cependant cela ne m'inspire pas grand-chose, sinon que je reste convaincu, aujourd'hui comme
hier, que le NPA d'Olivier Besancenot n'est qu'une misérable escroquerie, que le parti LO d'Arlette Laguiller est une secte, et que ceux qui se situent à la gauche de ces partis d'extrême-gauche
- les "maximalistes", selon Jean-Louis -, semblent n'avoir rien à envier aux trotskistes du NPA et de LO en matière de dogmatisme. J'entends donc les critiques de tous ces gens à l'égard
du PS, mais sans qu'elles soient de nature à me convaincre que le trotskisme des uns ou le "maximalisme" des autres soient une alternative crédible. Le PS étant le seul parti de
gouvernement capable de mettre fin au sarkozysme en France par le biais des élections, j'ai adhéré à ce parti, étant un homme de gauche, quoi que l'on en dise. Après, on verra bien ce qui se
passera. Aujourd'hui la question de savoir si le PS doit devenir un parti "plus à gauche" ou "vraiment social-démocrate" ne m'intéresse pas, ou plus. J'espère juste que ce parti
sera bientôt en mesure de contribuer très directement à ce que je veux, à savoir que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa dégage définitivement de l'Elysée. C'est le voeu politique que je formule : il
est sans doute dérisoire, mais à l'heure où j'écris, j'avoue que je n'en ai pas d'autre. De ce point de vue, 2012 sera ainsi l'année décisive, et je n'ai pas prévu, de toute façon, de rester au
PS au-delà de cette date. En attendant, je prends mon mal en patience, et pour le moment j'observe qu'à la lumière d'une actualité récente sur laquelle je n'ai pas envie de m'attarder, le PS a
encore du chemin à faire pour retrouver la cohérence et l'unité dont il a besoin pour pouvoir un jour constituer une alternative crédible au sarkozysme. Le reste n'a pas grande importance... Les
plans sur la comète pour mettre fin au capitalisme grâce à la croyance aveugle en la Vérité marxiste, je les laisse à d'autres. Les grilles de lecture systémiques prises au pied de la lettre
m'empêchent de penser, et il ne sert à rien de vouloir me les imposer, car je n'aime pas les certitudes, surtout quand elles sont érigées au rang de dogme. De fait, en général, les idéologies ont
souvent tendance à m'ennuyer, voire à m'agacer, car beaucoup trop de gens y adhèrent et les promeuvent comme autant de religions. Karl Marx dénonçait la religion comme étant "l'opium du
peuple". Je me demande ce qu'il penserait du fait qu'aujourd'hui encore un certain nombre de gens ne trouvent une sorte de "salut" intellectuel qu'en se droguant (intellectuellement) avec
les théories de Marx, la pensée dudit Marx fut-elle intéressante philosophiquement par ailleurs...
Jean-Louis a toujours pensé que le fait que je me qualifie d'"anarcho-monarchiste" est un signe d'élitisme : c'est faux, l'anarcho-monarchisme est simplement un doigt d'honneur idéologique. Je
n'ai pas la prétention de m'élever au-dessus des autres : étant par ailleurs au chômage et issu d'un milieu modeste, je me sens simplement à la marge. La lutte des classes, si tant est que ce
concept soit encore d'actualité, ne représente rien pour moi : je suis hors-classe, et ne me sens véritablement à ma place nulle part. Ce n'est pas de l'élitisme que de dire cela, c'est juste un
constat par rapport à la vie qui a été la mienne jusqu'ici. Jean-Louis me dira peut-être qu'une éventuelle déchéance sociale (au-delà donc de la situation, déjà peu enviable, d'assisté qu'est
celle du chômeur) me ferait changer d'avis, et que le fait de "tomber de la hiérarchie sociale ou se ramasser un gadin face à de précaires illusions bourgeoises, cela peut fort bien
réveiller, ou au moins contribuer à une saine réflexion marxiste." Et bien non, désolé, cher Jean-Louis... même si un jour je me retrouve complètement dans la mouise, l'utilisation aveugle
d'une grille de lecture marxiste pour tout expliquer ne sera sans doute pas une de mes priorités. La déchéance sociale ne rend pas marxiste. Il rend au mieux nihiliste, ou au pire suicidaire. Ni
plus, ni moins. Les êtres humains sont tous faillibles et tous imparfaits, et aucune certitude idéologique ne changera jamais ça. Quant à la réflexion, elle n'a pas besoin d'être marxiste pour
être saine, pour peu que l'on sache utiliser son cerveau. Jean-Louis, qui est quelqu'un d'intelligent, le sait. J'aimerai simplement qu'il le reconnaisse, plutôt que de me reprocher d'être
positionné politiquement de telle ou telle mauvaise façon selon lui, alors que mon point de vue est juste différent, simplement parce que je ne suis pas marxiste, tout en n'étant pas non plus un
partisan du capitalisme. Je ne demande pas, pour ma part, à Jean-Louis, de renoncer à ses convictions : après toutes les années de militantisme qui ont été les siennes au sein de la mouvance
marxiste "maximaliste" située à gauche de l'extrême-gauche, et notamment au sein du CCI (Courant Communiste International) dont il n'est plus membre aujourd'hui, ledit Jean-Louis ne
changera pas d'avis en ce qui concerne la pertinence actuelle du concept de lutte des classes et de la dichotomie bourgeois/prolétaire. Une fois encore, comme dirait Jacques Chirac : "c'est
comme ça, et il faut le comprendre !" Mais ce que je souhaiterai, c'est que Jean-Louis ne soit pas si convaincu qu'il a raison au point de considérer que tous ceux qui ne pensent pas comme
lui sont forcément dans l'erreur, sont égarés comme des brebis qui n'auraient pas connaissance de la bonne vérité religieuse (forcément marxiste), sont aveugles face aux bouleversements qui
viennent, sont de pauvres inconscients soumis au capitalisme et à la "bourgeoisie". Personne ne détient la "Vérité", dans ce monde, ni les adeptes de religions, ni les partisans
d'idéologies systémiques. Personnellement, au fil des années, je prends de plus en plus conscience de la condition humaine telle qu'elle est aujourd'hui. Je prends de plus en plus conscience - et
cela ne date pas d'hier ! - que, dans le monde comme il va, nous ne sommes, au fond, que des esclaves, des esclaves non pas inconscients mais volontaires au service d'une organisation sociale
dont la finalité finit par nous dépasser, une organisation sociale qui est basée sur un système marchand et consumériste pour le moins discutable, une organisation sociale qui est pourrie par
l'argent, qui est dominée par la tyrannie de l'urgence et des apparences... Mais pour autant, quand j'entends certains invoquer les manes de Karl Marx ou de Guy Debord et annoncer une prochaine
"révolution" qui mettrait fin à cette organisation sociale, je reste un incorrigible sceptique. Je crois à la capacité de création de l'être humain. J'accorde une très grande importance
à la création, surtout artistique, qui est la seule chose digne d'intérêt à faire au cours d'une vie d'homme, au-delà de la nécessaire et instinctive perpétuation de l'espèce. Mais je ne crois
pas à la capacité de ceux qui se disent "révolutionnaires" de changer le monde aussi radicalement qu'ils le souhaitent. Bien entendu, une sorte de miracle peut toujours arriver qui
permettrait aux parangons d'une "organisation antihiérarchique", d'une "société sans classes", d'arriver à leurs fins en bénéficiant de l'adhésion ponctuelle du plus grand
nombre. Mais j'avoue que j'ai tendance à ne pas croire aux miracles...
Il me faut à présent terminer cet article. Et pour conclure sur une note joyeuse, j'ai le plaisir de publier ici la liste récapitulant les mots-clés les plus utilisés le mois dernier par mes
visiteurs pour accéder à mon blog à partir du moteur de recherche Google :
Les trente mots-clés les plus utilisés par les visiteurs du Blog de l'Anarcho-Monarchiste du 01/09/2009 au 30/09/2009 :
Mot-clef
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9
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9
couvertures du journal la terre janvier 1952 9
A défaut d'avoir été un mois de record de fréquentation pour le présent blog, comme l'a été le mois de septembre de l'année dernière, le mois de septembre 2009 aura tout de même été un mois
particulièrement remarquable quant aux motivations les plus fréquentes chez les visiteurs venus sur ce site en faisant des recherches sur Google... Les résultats présentés dans cette liste
mensuelle de mots-clés sont assurément très émouvants, et donnent une idée du grand esprit de curiosité intellectuelle et artistique qui animent la plupart des personnes venant sur le présent
blog. Je ne peux que m'en réjouir ! ;op
A bientôt... peut-être...
Cordialement, :-)
Hyarion.
(Illustrations : Saint Barthélemy tenant sa peau écorchée, détail de la fresque Le
Jugement dernier [1535-1541] par Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit Michel-Ange, Rome, Palais du Vatican, Chapelle Sixtine ; Nicolas Sarkozy lors de son discours sur les PME au
Palais des Congrès de Paris le 5 octobre 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Philippe Wojazer ; Jacques Chirac le 3 avril 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Archives/Caroline Ventezou ; Jacques Chirac visitant une exposition du musée africain à Bruxelles, le 29 septembre 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©BELGA/AFP/Johanna Geron ;
Jacques Chirac [au centre], Dominique de Villepin [à gauche] et Nicolas Sarkozy [à droite] lors d'un conseil des ministres, le 3 juin 2005 à Paris, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Archives/Pascal Pavani ; L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin au siège de la chaîne télévisée Canal + à Paris, le 11 juin 2009, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Archives/Miguel Medina ; Nicolas Sarkozy le 23 septembre 2009 lors d'un entretien retransmis sur France 2 et TF1, depuis New York, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/France 2 ;
Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la réforme des lycées, à l'Elysée, le 13 octobre 2009 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Dominique de Villepin le 21
septembre 2009 au palais de justice à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Patrick Kovarik ; Dessin d'audience représentant le général Philippe Rondot [à droite] à la
barre du tribunal correctionnel de Paris le 5 octobre 2009, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Benoit Peyrucq ; Un autocollant "mensonges" ["lies", en anglais], sur un autre pour le
"oui" ["yes"] au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, le 1er octobre 2009 à Dublin, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Ben Stansall ; Le logotype du Parti socialiste,
photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Joël Saget ; Martine Aubry le 1er octobre 2009 à Lille, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Philippe Huguen ; La première
secrétaire du PS, Martine Aubry assistant aux 37èmes journées des Communautés urbaines de France, le 9 octobre 2009 au palais des congrés de Bordeaux, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Jean-Pierre Muller ; Portrait photographique de Karl Marx datant de 1875, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives ; Le Printemps, huile sur toile [1573], par
Giuseppe Arcimboldo, Paris, Musée du Louvre ; Photographies de deux femmes célèbres, nues : à gauche, Laetitia Casta, détail d'une photographie réalisée en 1998 par Patrick Demarchelier et
reproduite dans Photo N°362, septembre 1999, et à droite, Monica Bellucci, détail d'une photographie réalisée en 2000 par Gian Paolo Barbieri et reproduite dans un calendrier du
magazine GQ pour l'année 2001)
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