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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)






















(Jacques Chirac, par Kiro)

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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /2008 01:44
Les pressions, publiques et privées, de certains de mes lecteurs auront finalement été efficaces... pour cette fois. Au coeur de la nuit, alors qu'il est 1 heure du matin à ma montre, je trouve un peu de temps pour consacrer un court article à l'actualité culturelle française - francophone, même - de ce début d'année... Deux évènements majeurs la caractérisent : évoquons-les brièvement...

Le 9 janvier dernier a été célébré le centenaire de la naissance de la célèbre romancière, essayiste et icône du féminisme Simone de Beauvoir (1908-1986) : cette année est donc une occasion, comme une autre, de se pencher sur la vie et l'oeuvre de celle qui fut une des grandes femmes de lettres française du XXe siècle, que son compagnon, le philosophe Jean-Paul Sartre, appelait "Castor"...

Simone de Beauvoir, cent ans de féminisme

Simone de Beauvoir, icône féministe, écrivain engagée dans tous les combats intellectuels du XXè siècle, aurait eu 100 ans le 9 janvier et reste, plus de 20 ans après sa mort, un modèle de femme libérée.

Si son nom est définitivement lié à celui de Sartre, dont elle partagea la vie et les engagements pendant plus d'un demi-siècle, l'auteur du "Deuxième sexe" a surtout marqué des générations de femmes par son refus des conventions et son analyse de la condition féminine.

Née le 9 janvier 1908 à Paris dans une famille bourgeoise en proie à des difficultés financières, elle prend conscience dès l'adolescence de la médiocrité de son milieu. Elève brillante, elle s'inscrit en philosophie à la faculté de lettres de Paris, où elle rencontre Jean-Paul Sartre et toute une génération d'intellectuels.

La relation mythique qui se crée alors s'achèvera avec leur mort. Deux téléfilms diffusés en 2006 ont illustré la liaison tumultueuse de "Castor" - le surnom que Sartre lui a donné - et du philosophe.

A 21 ans, Simone de Beauvoir est surtout la plus jeune agrégée de son temps. Elle enseigne la philosophie et publie son premier roman, "L'invitée", en 1943. Le lien qui la lie à Sartre admettant les "amours contingentes", elle entretient des relations homosexuelles avec plusieurs de ses élèves, ce qui lui vaut d'être renvoyée de l'Education nationale.

En politique, Beauvoir est assez suiviste à l'égard de Sartre, après que leur attitude eut été pour le moins attentiste sous l'Occupation.

Le féminisme est en revanche son terrain d'action. La publication en 1949 du "Deuxième sexe", dont les chapitres sur la sexualité, l'homosexualité féminine, font scandale, suscite de furieux débats. Traduits en 40 langues, chacun des deux tomes de l'ouvrage s'est vendu depuis à plus d'un million d'exemplaires.

Mais Beauvoir, coiffure en chignon surmontée d'un éternel turban, voulait d'abord être un grand écrivain. Elle obtient le prix Goncourt en 1951 avec "Les mandarins" et devient alors l'un des auteurs français les plus lus. Sa veine autobiographique, avec "Mémoires d'une jeune fille rangée" (1958), dans lequel elle décrit les préjugés de son milieu bourgeois et ses efforts pour s'en sortir, fait d'elle une figure centrale de la vie intellectuelle.

Une aura qu'elle met à profit pour dénoncer les tortures infligées aux femmes en Algérie et défendre jusqu'aux années 1970 le droit à l'avortement.

Après son décès, le 14 avril 1986, plusieurs ouvrages ont éclairé certains aspects de son parcours, notamment sa relation avec l'écrivain américain Nelson Algren, qui fut probablement la passion amoureuse de sa vie. Et 21 ans plus tard, son oeuvre résiste plutôt mieux que celle de Sartre, déjà passablement délaissée.

Quelques livres lui sont consacrés à l'occasion du 100e anniversaire de sa naissance. Notamment, "Beauvoir dans tous ses états" d'Ingrid Galster (Tallandier), "Castor de guerre" de Danielle Sallenave (Gallimard), "Simone de Beauvoir" d'Huguette Bouchardeau (Flammarion), "Simone de Beauvoir, Une femme de son siècle" de Marianne Stjepanovic-Pauly (Jasmin) et "Simone de Beauvoir. Le goût d'une vie" de Jean-Luc Moreau (Ecritures). Plusieurs de ses écrits sont également réédités, notamment dans la collection Folio.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 9 janvier 2008, 08h04)

Le début de ce centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir aurait pû fort bien se passer, si une petite polémique, assez ridicule, n'avait éclaté dès le début de l'année, autour une couverture, un brin racoleuse il est vrai, du magazine Le Nouvel Observateur...


Les Chiennes de garde contre le Nouvel Observateur

L'association anti-sexiste les Chiennes de garde a protesté vendredi 11 janvier à Paris contre une couverture du Nouvel Observateur montrant Simone de Beauvoir nue, réclamant au directeur Jean Daniel soit de "s'excuser" soit de "montrer ses fesses", a constaté une journaliste de l'AFP.
Une dizaine de membres de l'association, portant des masques de chiens, se sont rassemblés devant le siège de l'hebdomadaire, rebaptisé dans un tract Le Nouveau Voyeur.
A l'occasion du centenaire de la naissance de la philosophe, Le Nouvel Observateur avait, le 3 janvier, publié, en Une, une photo de Simone de Beauvoir nue et de dos, sous le titre "La scandaleuse".
Sous l'oeil de quelques salariés, les Chiennes de garde ont brandi des pancartes réclamant que le même traitement soit appliqué à des philosophes masculins ou au directeur du Nouvel Observateur : "on veut voir les fesses de Sartre", "on veut voir les fesses d'Aron", "on veut voir les fesses de Levinas", "on veut voir les fesses de Jean Daniel"...
"Nous protestons contre l'utilisation du corps de Simone de Beauvoir pour célébrer sa pensée. Nous trouvons cela sexiste", a déclaré à l'AFP Florence Montreynaud, "cheffe de meute" des Chiennes de garde.
Une délégation du collectif a été reçue par les directeurs de la rédaction, Guillaume Malaurie et Michel Labro.
"Ils assument complètement leur choix et ne font pas d'excuses", a indiqué Florence Montreynaud, assurant que plusieurs salariés avaient "remercié" la délégation pour son action.
"On a trouvé tout de suite que cette photo avait un côté malicieux et moderne et qu'elle nous faisait mieux vivre Simone de Beauvoir que bien d'autres documents plus austères, plus classiques", a déclaré Michel Labro à l'AFP. Selon lui, la philosophe "a su brusquer la société de son temps, se bagarrer contre les conformismes".
"On n'est ni sexiste ni machiste et on n'a absolument pas voulu donner une image dégradée de la femme, ni de Simone de Beauvoir", a-t-il ajouté.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], reprise par le site du Nouvel Observateur, NouvelObs.com, 15 janvier 2008, 18h12) 9 janvier 2008, 08h04)

La seule chose que je reprocherais, pour ma part, au Nouvel Observateur, c'est d'avoir visiblement retouché la photographie originale de Simone de Beauvoir, prise par Art Shay à Chicago, en 1952, et de l'avoir ainsi mise en couverture, au lieu de simplement la reproduire telle quelle sur une des pages intérieures, au milieu d'autres photographies, plus conventionnelles, de la femme de lettres. Je n'ai pas acheté ce numéro de ce magazine, que je ne lis que rarement. Une telle image de Beauvoir dans le plus simple appareil peut, bien évidemment, inciter le public masculin à acheter un exemplaire dudit magazine, mais aurait-ce été un argument suffisant pour effectuer cet achat quand la fameuse couverture annonçait, en marge de la photographie controversée, la présence, dans ce numéro du Nouvel Observateur, des avis d'Arielle Dombasle, Michel Drucker ou Philippe Sollers sur Simone de Beauvoir ? Assurément pas, en ce qui me concerne...

Ce polémique, sans doute déjà presque oubliée - mais j'aime bien intervenir à contre-temps dans ce genre de "débat" -, aura au moins été l'occasion pour moi de recommender quelques lectures... Parmis les nombreux écrits de Simone de Beauvoir, je conseille donc la lecture de deux livres : d'une part, Tous les hommes sont mortels
(1946), roman très intéressant, consacrée au thème de l'immortalité - tout est dans le quatrième de couverture : ""Si l'on nous offrait l'immortalité sur la terre, qui est-ce qui accepterait ce triste présent ?" demande Jean-Jacques Rousseau dans l'Emile. Ce livre est l'histoire d'un homme qui a accepté." -, et d'autre part, Une mort très douce (1964), court récit autobiographique décrivant les derniers moments que Simone de Beauvoir vécut auprès de sa mère mourante, et qui, selon Sartre, est son meilleur livre. Ces deux livres sont publiés en format de poche chez Gallimard, dans la collection "Folio", que l'on ne présente plus...

Passons maintenant, sans plus tarder, à l'autre grande nouvelle de l'actualité culturelle francophone de ce début d'année : le décès du chanteur Carlos, survenu jeudi dernier, 17 janvier.

Mort du chanteur Carlos

Le chanteur Carlos, figure de la chanson d'humour française et fils de la pédopsychiatre Françoise Dolto, est mort jeudi matin à Paris à l'âge de 64 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris auprès de sa soeur Catherine Dolto-Tolitch.

"Carlos est décédé ce matin à 09h45 à l'hôpital Beaujon", à Clichy (Hauts-de-Seine), a-t-elle précisé à l'AFP.

"Il a été très courageux", a souligné sa soeur.

Mme Dolto-Tolitch a indiqué que les obsèques de Carlos auraient lieu "sans doute mardi", sans autre précision.

"Carlos n'était pas seulement un ami, c'était mon grand frère. C'était un ami merveilleux, toujours gai, joyeux", a dit Sylivie Vartan à l'AFP.

Johnny Hallyday a confié sur RTL qu'il perdait son "frère", son "confident" et son "meilleur ami". "C'était mon frère. C'est une catastrophe (...). La vie est trop con", a déclaré Johnny Hallyday d'une voix émue.

"Carlos, on se connaît depuis qu'on a l'âge de 14 ans, on a à peu près le même âge tous les deux (64 ans, ndlr). C'est vrai qu'il était malade, il avait ce cancer du foie depuis quelques années maintenant. Mais il se soignait, je pensais vraiment qu'il allait s'en sortir", a ajouté le chanteur.

Carlos était une figure de la chanson française, qu'il a égayée avec son style rigolo et son apparence débonnaire.

Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et rigolos dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, de Françoise Dolto, la célèbre pédiatre et psychanalyste, et d'un père russe, Boris Dolto, il anime à l'adolescence les soirées de l'Ambiance dans le quartier de Notre-Dame où il rencontre les frères Drucker, Michel et Jean, en 1957.

Deux ans plus tard, sa route croise au Caveau de la Montagne celle du couple Hallyday et Vartan qu'il accompagnera partout entre 1962 et 1972. Diplômé de l'école de kinésithérapie fondée par son père, il opte définitivement pour le show-biz en 1962, en remplaçant au pied levé Lucien Morisse à Europe 1.

Au début de la décennie 70, il troque les chemises et polos stricts des années "mods" pour des liquettes bariolées d'éternel campeur.

Infatigable chanteur, il multiplie les galas-camping - pour ses débuts, pas moins de 95 avec la caravane du tour de France en 1972 - et pendant 18 étés, de 1988 à 2005, 580 podiums pour la radio de ses débuts, Europe 1.

Il enchaîne aussi les disques d'or: "Y a des Indiens partout" en 1970, "La cantine" en 1972 et "Señor Météo" en 1975.

Après le succès du "Big Bisou" (composé par son ami Joe Dassin) en 1977, sa carrière de chanteur s'essouffle. Deux ans plus tard, longue parenthèse alimentaire - 11 ans - avec les tournages d'une série de spots publicitaires pour une boisson.

Il se marie en 1978 mais il n'aura pas d'enfant.

En 1988, la psychanalyse est en deuil : Carlos dit adieu à sa mère. Il parraine par ailleurs un parc d'attraction, Mirapolis, où il se produit pendant quatre mois.

Sous toutes les latitudes, il se met aussi à la pêche au gros et au documentaire. A la fin des années 80, il profite de l'explosion du paysage audiovisuel français pour y imposer sur les chaines câblées Odyssée et Voyage ses films tournés à Madagascar, Tahiti ou Saint-Martin.

"Plus de la moitié est consacrée à la pêche proprement dite, le reste à la fête et au plaisir, qu'il s'agisse de la bouffe, de la musique ou de la danse", expliquait-il à l'AFP en 1999.

Ce gros garçon jovial et bon vivant a publié une autobiographie, "Je m'appelle Carlos" (1996), et deux recueils d'histoires drôles (1997).

Carlos faisait partie des artistes qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 janvier 2008, 16h26)

Sans surprise, le jour même du décès du chanteur de "Big Bisou", de "Papayou" et du "Tirelipimpon", Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas manqué de se joindre aux nombreux hommages à la mémoire du disparu :

"C'est avec tristesse que je viens d'apprendre la nouvelle du décès de Carlos. Fils de Françoise Dolto, il avait choisi d'être un chanteur populaire et les Français l'aimaient beaucoup. Il était aussi devenu une vedette de la télévision grâce aux émissions « numéro un » de Maritie et Gilbert Carpentier, et à la radio grâce aux « Grosses têtes » de Philippe Bouvard. Ses nombreux succès connus de tous, son sens de l'humour, sa bonne humeur légendaire, sa grande gentillesse et sa silhouette inimitable resteront dans les mémoires. Je m'associe au chagrin de sa famille et particulièrement à celui de sa soeur Catherine Dolto-Tolich."

(Hommage de Sarkozy de Nagy-Bocsa, Président de la République, à Carlos, 17 janvier 2008, 15h02)

L'actuel chef de l'Etat a tout-de-même omis de rappeler, dans son message d'hommage, le soutien que Carlos lui avait apporté durant la dernière campagne électorale présidentielle, en étant notamment présent, le 29 avril 2007, à la grande réunion publique - pleine de célébrités - du candidat Sarkozy à Bercy, entre les deux tours de l'élection à la plus haute charge de l'Etat... Mais celà n'est finalement pas très grave, car, après tout, Carlos était un grand ami de Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, bien connu pour son chiraquisme et surtout maintenant pour son sarkozysme que l'on sait désintéressé : pourquoi Carlos ne se serait-il pas engagé en faveur d'un candidat ayant déjà le soutien inconditionnel de son meilleur ami, quand on sait à quel point ses relations avec la politique étaient plutôt superficielles, du moins officiellement ?

Il serait, du reste, bien réducteur de résumer ainsi la vie et l'oeuvre de Carlos à son engagement sarkozyste. Carlos, de son vrai nom Yvan-Chrysostome Dolto
, était le fils de la psychanalyste Françoise Dolto, dont je recommande L'Evangile au risque de la psychanalyse (1977), recueil d'entretiens avec son collègue psychanalyste Gérard Séverin, publié en deux tomes dans la collection de poche "Points" des éditions du Seuil, en 1980 et 1982. Mais Carlos n'était pas que le fils de Françoise Dolto. Carlos, c'est d'abord un physique, mais aussi de nombreuses chansons, des blagues encore plus nombreuses, des films, une longue carrière de saltimbanque... Carlos, c'est toute une époque, celle des années 1970 et 1980, celle des années 1990 même, bref, un pan entier de la culture populaire française... Avis aux incrédules : ceux qui n'appartiennent pas à la génération Giscard et à la génération Mitterrand, celles nées dans les années 1973-1983 - avant le fameux "tournant de la rigueur" du gouvernement Fabius -, ne peuvent pas comprendre non seulement ce qu'a pû être la douceur de vivre, mais surtout combien le chanteur Carlos a marqué l'inconscient collectif en son temps, notamment celui des plus jeunes... Oui, en vérité, je vous le dis, avec Carlos, c'est une part importante du patrimoine culturel populaire français qui disparait... Qu'on se le dise ! Après, bien évidemment, personne n'est obligé d'apprécier la totalité des interprétations et des écrits dudit Carlos... et c'est tant mieux !

Alors, cependant, à l'heure du bilan, que peut-on retenir de l'oeuvre de Carlos ? En fait, celà dépends des goûts de chacun...
Ses chansons ? Sans doute... qui ne les connait ?
Ses blagues ? Assurément, elles ont marquées toute une époque, au point d'avoir fait l'objet de deux recueils... Citons-en quelques-unes, pour mémoire :

- Dans une classe de 6eme, il y a un Noir et un Blanc. Lequel a le plus gros sexe ?
- Le Noir, parce qu'il a 36 ans...

- Quel est la différence entre une chauve-souris et un Arabe ?
- Aucune. Ils dorment le jour et volent la nuit...

- Qu'est-ce qui sépare l'homme de l'animal ?
- La Méditerannée...

Et enfin, ma blague de Carlos préférée, entendue aux "Grosses Têtes" quand j'étais gamin - du temps où cette émission radiophonique (diffusée encore aujourd'hui sur la radio RTL) était également télévisée (diffusée alors sur TF1, comme il se doit) -, et qui m'a profondément marqué - la blague, pas l'émission - :

- Comment appelle-t-on un boomerang qui ne revient pas ?
- Un cintre.

Cette dernière blague, sensiblement moins raciste que les autres, et vrai souvenir d'enfance, a beaucoup plu, en privé, à l'alias Dante, commentateur régulier du présent blog... Je suis heureux de lui avoir ainsi fait partager un part de cet univers si particulier qu'est celui des blagues de Carlos...


Mais, pour ma part, ce que je retiendrais surtout de l'oeuvre de Carlos, c'est autre chose. Car pour moi, les meilleures prestations de Carlos se trouvent dans les nombreux films publicitaires dans lesquels il a venté - pendant 11 ans - un produit inoubliable : Oasis, la fameuse boisson aux fruits mise sur le marché en 1966 par la Société des eaux de Volvic, créé en 1958 par le groupe Sellier Leblanc - passé sous le contrôle du groupe Perrier en 1984 -, qui est resté propriétaire de la marque Oasis jusqu'en 1990.
Les films publicitaires de l'agence Bélier à la gloire de cette boisson, dans lesquels a officié Carlos, témoignent des qualités d'interprétation de cet artiste hors-normes. Comment les oublier ? Carlos a su, dès 1978-1980, vendre les bouteilles d'Oasis comme personne, incarnant par exemple, vers 1978, un capitaine de marine réfugié sur un radeau qui découvre, ébahi, dans une île paradisiaque, une population indigène dont la joie et le bien-être sont entretenus grâce à ce précieux breuvage qu'est la boisson Oasis, puis en interprétant, entre autres exemples, en 1982, le personnage d'un aviateur égaré dans la jungle avec un gamin et une bouteille d'Oasis, et qui réussit à amadouer des indigènes hostiles grâce à la fameuse boisson aux fruits... Le tout avec des dialogues et slogans inoubliables : "Oasis, Oasis, Oh ! Oasis, Oasis, Ooooh ! Oasis, Oasis, Aaaah ! Oasis, Oasis, Ooooh !", "Qu'est-ce que tu bois Doudou dis donc ?", "Oasis, Oasis, c'est beau, c'est bon", "Oasis, Oasis, tout le monde en boit, Oasis, Oasis, tout le monde aime ça", etc.
 

Dans les dernières années d'activité de Carlos au service d'Oasis, vers 1988, le slogan principal des films publicitaires de la marque était devenu "Quand je dis Oasis, c'est Oasis ! Mmm ?" Bref, c'était toute une époque... bien révolue aujourd'hui, d'ailleurs... Assurément, tout celà ne nous rajeunit pas...

Dans un autre registre, on se souviendra aussi du déguisement de bébé que Carlos a porté en tant que témoin du fameux mariage bidon de Coluche et Thierry Le Luron, en septembre 1985, qui parodiait alors le très médiatisé mariage d'Yves Mourousi, présentateur vedette du journal télévisé de TF1 de l'époque. Carlos, chacun le reconnaitra, avait une grande capacité à ne pas se prendre au sérieux : qu'il en soit ici remercié, car c'est là une vraie qualité humaine...

Voilà, c'est tout. J'espère avoir satisfait, par le présent article, les demandes pressantes de certains de mes lecteurs... Libre à vous, maintenant, de faire la part de ce qui est sérieux et de ce qui ne l'est pas... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Simone de Beauvoir souriante, photographie anonyme, sans date, ©DR ; Simone de Beauvoir assise, photographie anonyme, sans date, ©DR ; Détail de la couverture du Nouvel Observateur N°2252, semaine du 3 janvier 2008 ; Simone de Beauvoir nue de dos, à Chicago, photographie d'Art Shay, 1952, ©DR ; Couverture du roman de Simone de Beauvoir Tous les hommes sont mortels, publié en format de poche chez "Folio" Gallimard ; Le chanteur Carlos, detail d'une photographie de l'agence de presse Reuters, sans date, ©Reuters/Archives/Philippe Wojazer ; Le chanteur Carlos en rappeur, photographie anonyme, sans date, ©DR ; Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée à Paris, le 7 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Deux images extraites de deux films publicitaires pour la boisson Oasis, avec, de gauche à droite, Carlos en officier de marine [1978] et en aviateur [1982] ; Quatre images extraites d'un film publicitaire pour la boisson Oasis, avec Carlos [1988] ; Photographie anonyme du faux mariage de Coluche et Le Luron, avec, de haut en bas, Thierry Le Luron, Michel Colucci dit Coluche, et Carlos déguisé en bébé, le 25 septembre 1985, ©DR)
Par Hyarion - Publié dans : Lectures et écritures
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