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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /2007 06:43
Cela n'aura sans doute échappé à personne : depuis quelques années, l'environnement est devenu une cause du monde de l'image... Et cela ne pouvait manquer d'avoir des répercutions, dans notre monde obsédé par l'urgence et les apparences...
A une échelle internationale, alors qu'il a notamment contribué à vulgariser le thème du réchauffement climatique de la Terre avec le film documentaire Une vérité qui dérange (
An Inconvenient Truth, 2006
), Albert Arnold Gore Jr., dit Al Gore, ancien vice-président démocrate des Etats-Unis d'Amérique et candidat malheureux de la calamiteuse élection présidentielle américaine de 2000, a reçu cette année le Prix Nobel de la Paix. Aux Etats-Unis mêmes, c'est l'ancien acteur de cinéma d'action Arnold Schwarzenegger qui s'est fait remarquer pour sa politique de lutte contre le réchauffement climatique en tant que gouverneur républicain de Californie, et sa volonté de pousser le gouvernement fédéral américain a agir dans le même sens que lui dans ce domaine.
A une échelle plus modestement française, alors qu'il a interpellé, en début d'année, les candidats à l'élection présidentielle française de 2007, en leur demandant de signer son fameux Pacte écologique - ce que la plupart ont fait -, Nicolas Hulot, animateur de télévision bien connu, officiant sur TF1, et "lobbyiste" écologiste un temps proche de Jacques Chirac, passe aujourd'hui pour être celui qui a exercé une influence déterminante sur Sarkozy de Nagy-Bocsa en ce qui concerne l'intérêt du chef de l'Etat, intérêt jusque là fort peu visible, sinon inexistant, en ce qui concerne la protection de l'environnement. C'est lors d'une rencontre avec Hulot, en mars 2007, que Sarkozy aurait ainsi lancé un projet de "Grenelle de l'environnement", en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, spécialiste de l'écologie à l'UMP devenue, depuis le mois de mai, secrétaire d'Etat chargée de ce domaine, d'abord auprès d'Alain Juppé puis de Jean-Louis Borloo...


Tiens, parlons-en, justement, de Jean-Louis Borloo... Rappelons que cet opportuniste, bien connu pour ses gaffes, a accédé, en juin dernier, à la tête du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables suite aux élections législatives, après avoir été écarté du ministère de l'Economie en raison de ses maladresses... La présence à ses côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie - qui, elle, visiblement, connait ses dossiers -, est le seul élément de crédibilité dont il a bénéficié depuis sa nomination... Sarkozy, du reste, l'avait, jusqu'à récemment, dans le colimateur, déclarant à propos de Borloo, au début du mois dernier :

"Jusqu'à présent, c'était une catastrophe. Mais il a une chance de se rattraper avec le Grenelle de l'environnement."

(Sarkozy à propos de Jean-Louis Borloo, devant quelques intimes, dans la semaine du 3 au 9 septembre 2007, cité in Le Canard Enchaîné N°4533, 12 septembre 2007)

C'était, semble-t-il, avant que Jean-Louis Borloo ne parte faire une visite-éclair au Groenland, le 10 septembre dernier, pour constater par lui-même les effets du réchauffement climatique...

Borloo au Groenland: le réchauffement va "plus vite" que prévu

Le réchauffement climatique au Groenland va "plus vite" que le prévoyaient les modèles climatiques, a indiqué à l'AFP le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo, en visite éclair sur ce territoire avec plusieurs experts du climat.
"Quand on voit les images satellites, le carottages glaciaires, il n'est plus discutable que tous les modèles de prévisions climatiques étaient conservateurs: en réalité tout va plus vite", a souligné M. Borloo.
"L'idée est d'aller constater la réduction des glaces due à la fonte, l'accélération du vêlage (cassure de l'extrémité du glacier dans l'océan où il forme un iceberg), les traces de pollutions qui ne peuvent être d'origine locale ou régionale", a expliqué le ministre.
Interrogé sur l'impact en terme d'émissions de gaz à effet de serre de cette visite en Airbus, M. Borloo a répliqué: "Alors qu'est-ce qu'on fait? On ne bouge plus? Chaque fois que je sors de mon bureau, j'apprend quelque chose", a-t-il poursuivi.
Le trajet de 7.000 km du ministre doit conduire à l'émission de 65 tonnes de CO2, que le ministère a prévu de compenser à travers une contribution à un projet écologique dans le cadre du protocole de Kyoto.
La température moyenne en Arctique s'est réchauffée deux fois plus vite que sur le reste du globe ces 100 dernières années.
M. Borloo devait se rendre jusqu'au glacier Kangerlua, dans le fjord d'Ilulissat, à plus de deux cents kilomètres au nord du cercle polaire sur la côte ouest du Groenland.
Ce glacier, devenu le grand témoin du réchauffement, a reçu ces derniers mois les visites de la chancelière allemande Angela Merkel, du président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso ou de la présidente démocrate du Congrès américain, Nancy Pelosi.
Le fjord d'Ilulissat (plus de 40.000 ha) a été classé au patrimoine mondial de l'humanité en 2004. Etudié depuis plus de 250 ans, notamment par les expéditions de Paul-Emile Victor, le site a permis d'enrichir la compréhension du changement climatique et de la glaciologie de la calotte glaciaire.
C'est un des glaciers les plus rapides (19 m par jour) et les plus actifs au monde. Son vêlage annuel - 35 km3, soit 10% de toute la glace de vêlage (les icebergs) du Groenland - dépasse celui de tous les autres glaciers hors Antarctique.
Le ministre, qui a affrété l'Airbus présidentiel, est accompagné par une délégation de 40 personnes comprenant notamment les climatologues Hervé Le Treut et Jean Jouzel, le glaciologue Gérard Ancellet, ainsi que l'explorateur Jean-Louis Etienne et le photographe Yann Arthus-Bertrand.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 septembre 2007, 18h07)

Commentaire de Sarkozy au retour de Borloo de son escapade groenlandaise :

"C'est vraiment ridicule [...]. Qu'est-ce qu'il lui a pris d'aller là-bas avec mon avion, et en plus de dire que cela allait produire 65 tonnes de CO2 ?"

(Sarkozy à propos du voyage de Jean-Louis Borloo au Groenland le 10 septembre 2007, cité in Le Canard Enchaîné N°4534, 19 septembre 2007)

Décidément, encore une gaffe... Aussi, pour "se rattraper", Borloo n'a pas, semble-t-il, ménagé sa peine, notamment en terme de communication à l'occasion de ce "Grenelle" annoncé depuis des semaines, le ministre n'hésitant pas à parler de "changer radicalement la donne" en matière environnementale, et même de "révolution écologique"...
Venons-en donc à ce fameux "Grenelle de l'environnement", cette grande réunion ainsi nommée en référence aux accords sociaux signés à l'issue du mouvement de mai 1968. Cette table ronde, inédite en France, réunissant experts, représentants d'associations écologistes, du patronat, des syndicats, de l'Etat et des collectivités, a eu lieu avant-hier et hier, mercredi 24 et jeudi 25 octobre, à Paris, après quatre mois de discussions et de négociations sur de nombreuses questions concernant les contraintes économiques d'une part, et la protection de la planète et du climat d'autre part.
Au terme de la majeure partie des travaux de ce sommet environnemental, un certain nombre de mesures - concernant l'agriculture, la biodiversité, les transports, le bâtiment, l'énergie, la santé publique et les déchets - ont été proposées, sans qu'il y ait eu unanimité entre les participants pour un certain nombre d'entre-elles, et jeudi après-midi, Sarkozy de Nagy-Bocsa a donc annoncé, depuis l'Elysée, ses arbitrages, à l'occasion d'un grand discours sur l'environnement et le développement durable, prononcé notamment devant le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et deux prix Nobel de la Paix, l'Américain Al Gore et la Kenyane Wangari Maathaï, invités à Paris pour l'occasion.

Les trois dépêches de l'Agence France Presse (AFP) qui suivent résument à grands traits ce que l'on peut retenir de ce fameux Grenelle de l'environnement et des engagements pris par Sarkozy hier :


Les principales mesures du Grenelle de l'environnement


Voici les principales propositions retenues par les participants aux deux jours de table ronde finale du Grenelle de l'environnement, avant l'arbitrage du président de la République jeudi après-midi :


AGRICULTURE


- objectif de réduction de moitié des usages des pesticides (sans calendrier) "en accélérant la diffusion des méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point"

- gel des cultures d'OGM jusqu'au vote d'une loi "avant les prochains semis".


- une loi réglementant les OGM proposée au parlement en janvier reprendra la création d'une Haute autorité indépendante, le principe de responsabilité, de transparence (les communes et les départements seront ainsi informés des OGM sur leur territoire) et de précaution. Elle tranchera la question des essais en plein champ pour la recherche.


BIODIVERSITE


- création d'une "trame verte" reliant les espaces naturels pour favoriser la circulation des plantes et animaux.


TRANSPORTS


- éco-pastille avec une ristourne à l'achat pour les voitures neuves les plus sobres, financée par un malus annuel sur les voitures les plus polluantes


- la limitation de 10 km/h de la vitesse sur routes n'a pas été retenue


- écotaxe kilométrique sur les poids-lourds, hors autoroutes, avec une mise en place effective en 2010


- pas de nouvelles routes et autoroutes sauf "cas de sécurité et de congestion, ou d'intérêt local". La création d'aéroports "doit correspondre à un déplacement de trafic pour raison environnementales".


- développement du fret ferroviaire avec lancement de deux nouvelles lignes nord/sud-est et nord/sud-ouest.


- développement des lignes à grande vitesse avec un engagement de 2.000 km de lignes nouvelles avant 2020


- aérien: réduction de 50% de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par des programmes de recherche d'ici 2020. Réduction du bruit de 50% (moins de 10dB par mouvement)


- autoroutes maritimes atlantique (France-Espagne) et méditerrannéenne (France-Italie, France-Espagne).


BATIMENT


Neuf: programme de "rupture technologique" pour tous les bâtiments publics qui devront être construits dès 2010 en basse consommation (50 kwh/m2/an). Pour le privé à partir de 2012.


Ancien: rénovation thermique de tous les bâtiments publics associée à des travaux d'accès aux handicapés d'ici 2015. Bilan énergétique obligatoire dès 2008, l'Etat s'engageant à effectuer la rénovation de ses bâtiments dans les 5 ans.


Dans le privé, mise en place de "mécanismes incitatifs puissants (crédits d'impôt et prêts)


ENERGIE


- Faute d'accord du collège patronal, la décision sur l'instauration d'une contribution climat-energie (taxe carbone) est renvoyée à l'arbitrage du président Nicolas Sarkozy jeudi.

- développement des énergies renouvelables pour atteindre 20 millions de tonnes équivalent pétrole d'ici 2020


- bilan carbone pour toute entreprise de plus de 50 personnes


- interdiction des lampes à incandescence en 2010


- extension de l'"étiquette énergie" à tous les appareils électriques de grande consommation


SANTE ENVIRONNEMENT


- les produits phytosanitaires contenant des substances "extrêmement préoccupantes" seront interdits à la vente dès 2008 pour un usage domestique et dans des lieux publics


- qualité de l'air extérieur: un plan particules sera défini "dans les tout prochains mois" avec la fixation d'un seul maximal de 15 microgrammes/m3 de particules fines (PM2,5) -- valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015 -- soit -30% par rapport à aujourd'hui.


- débat public sur les nanomatériaux


- déterminer une valeur limite d'émission en matière de téléphonie


DECHETS


- le Grenelle se donne douze semaines supplémentaires pour arbitrer sur le traitement des déchets, alors que les écologistes réclament un moratoire sur l'incinération pour développer la valorisation des déchets.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 16h38)


Grenelle de l'environnement: Sarkozy s'engage à étudier la création d'une taxe carbone

Le président Nicolas Sarkozy s'est engagé jeudi à étudier "la création d'une taxe "climat-énergie" en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail", dans le cadre d'une remise à plat de la fiscalité en France.
Nicolas Sarkozy s'est engagé dans un discours à l'Elysée à "porter et à mettre en oeuvre" les propositions issues du Grenelle de l'environnement, qu'il a déclaré "faire siennes".
M. Sarkozy a affirmé qu'il allait engager "une révolution totale dans la méthode de gouvernance", pour mettre l'environnement au centre des enjeux politiques, revendiquant notamment une volonté de "rupture" en matière de transports pour donner la priorité au non routier.
Nicolas Sarkozy a annoncé la suspension de la culture commerciale des OGM "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.
"Dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Ceci en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une instance qui sera créée avant la fin de l'année", a déclaré le chef de l'Etat.
"La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides, la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination, la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM", a-t-il ajouté.
Les surfaces cultivées en OGM en France (uniquement du maïs de type Mon810) représentent 0,75 % des surfaces totales de maïs.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo avait annoncé un gel des cultures de maïs génétiquement modifié jusqu'à l'examen d'une loi "dès janvier 2008".
Le principe d'une loi réglementant les OGM en janvier a été entériné, de même que la mise en place d'une Haute autorité indépendante, a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a "demandé" jeudi au ministre de l'Agriculture "Michel Barnier de proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent", dans un discours à l'Elysée après le Grenelle.
Sur ce sujet, le bras de fer entre écologistes et représentants des agriculteurs a finalement été tranché au détriment du camp "vert". Le texte final avalisé par le ministère de l'Ecologie évoque une réduction de 50% de l'usage des pesticides, mais sans date butoir, et conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives".
La "taxe écologique annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants" doit "permettre de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d'un véhicule propre", a également indiqué Nicolas Sarkozy.
Il a aussi annoncé un programme doté d'un milliard d'euros sur quatre ans "pour les énergies et les moteurs du futur".
Le Grenelle "restera comme un moment important dans la prise de conscience par notre société qu'elle ne peut plus vivre dans le gaspillage, qu'elle ne peut plus négliger les conséquences sur l'avenir de la planète de sa façon de vivre, de produire et de consommer", a-t-il lancé.
"C'est bien à une révolution que nous invite ce Grenelle de l'environnement", a-t-il assuré, en évoquant "une révolution dans nos façons de penser, dans nos façons de décider, une révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères".
Le Grenelle a terminé jeudi après-midi ses travaux, à l'exception d'une dernière table ronde sur la démocratie écologique reportée à vendredi matin. Cette dernière table ronde doit notamment accroître la place des associations d'environnement dans les institutions (Conseil économique et social) et entreprises.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 17h59)


Sarkozy annonce des mesures pour une "révolution verte" en France


Le président Nicolas Sarkozy s'est prononcé jeudi (25 octobre) pour la suspension des cultures d'OGM et une réduction des pesticides, sans aller jusqu'à la création immédiate d'une "taxe carbone", en concluant un sommet de deux jours destiné à lancer "une révolution verte" en France.

M. Sarkozy a prononcé son discours devant le gouvernement en son entier, le Prix Nobel de la Paix 2007, Al Gore, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, affichant ainsi sa volonté de donner un caractère solennel à cette initiative.
Al Gore a salué ce sommet inédit en France, assurant qu'il constituait un "formidable coup d'accélérateur" à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
Depuis mercredi, les participants -- écologistes, représentants du patronat, des syndicats, de l'Etat et de collectivités -- ont participé à d'ultimes négociations pour arriver à présenter une série de mesures.
Ils ont toutefois échoué à se mettre d'accord sur une revendication clef des écologistes, celle de la création d'une "taxe carbone" sur les produits gros consommateurs d'énergie fossile. Considérée comme un test de l'échec ou du succès de ce sommet par les organisations écologistes, la création de cette taxe est rejetée par le patronat en l'absence d'une remise à plat globale de la fiscalité.
Sans trancher, M. Sarkozy s'est engagé à "ce que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe "climat-énergie" en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité".
Autre point, qui a donné lieu à un bras de fer entre écologistes et agriculteurs, celui des pesticides, qui pollue les eaux et les sols, et dont la France est le premier utilisateur en Europe.
Soutenant le "principe de précaution (...) qui doit être interprété comme un principe de responsabilité" notamment pour les auteurs de pollutions, M. Sarkozy a demandé au ministre de l'Agriculture Michel Barnier "de proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible, dans les dix ans qui viennent".
Il a confirmé la suspension de la culture commerciale de maïs génétiquement modifié annoncée dans la matinée "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.
Parmi les avancées, qui ont fait l'objet d'un consensus, figurent des mesures dans les secteurs, clef pour la lutte contre les gaz à effet de serre, du bâtiment et des transports.
La priorité doit être donnée au rail dans les années à venir et la création d'une "écopastille" a été décidée pour pénaliser les véhicules les plus polluants comme les grosses berlines et les 4X4 et récompenser les plus vertueux. Les modalités doivent toutefois être encore précisées.
Le sommet a entériné un fort développement du "bio" dans l'agriculture, dont la part (calculée en surfaces agricoles utiles), devra passer à 6% en 2012 et 20% en 2020, contre 2% actuellement.
Les participants à ce sommet se sont montrés plutôt satisfaits, disant toutefois attendre de voir les conditions d'application des mesures.
"Franchement, on est entrés dans l'ère de l'écologie. On est passés à l'action. On est confiants, heureux", a affirmé Nicolas Hulot, l'une des figures de l'écologie française. Greenpeace a vu de son côté dans ce sommet des "avancées" mais aussi du "flou".
Cette réunion a été baptisé "Grenelle de l'environnement" en référence à des accords sociaux historiques, signés en France en mai 1968.
L'ONU a averti jeudi, dans la plus grande étude qu'elle ait consacrée aux dangers du changement climatique, qu'une action immédiate et décisive était indispensable à tous les échelons pour garantir la survie des générations actuelles et futures.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 20h12)


Que retenir de tout celà ? Ce Grenelle aura au moins été une bonne occasion d'ouvrir enfin véritablement le dialogue entre associations écologistes, patronat, syndicats, Etat et collectivités, au sujet de la protection de l'environnement. Mais ce sommet aboutit à des engagements qui restent à confirmer, la question étant notamment de savoir comment seront financées les mesures annoncées, notamment en ce qui concerne les transports et le logement. Pour le reste, les groupes de pression non-écologistes ont, une fois de plus, bien fait leur travail de sape. La proposition qui avait été faite de réduire la vitesse des véhicules sur autoroute de 10km/h est ainsi passée à la trappe. En ce qui concerne la réduction de l'utilisation des pesticides, dont la France est le premier pays utilisateur en Europe, et le quatrième dans le monde, les engagements restent bien vagues. La question de la poursuite de l'utilisation de l'énergie nucléaire n'a pas fait l'objet d'un débat. Les conditions de la suspension annoncée de la culture des OGM - jusqu'à nouvelle expertise - sont floues, et il n'y a même pas une véritable garantie pour ce qui est des semis de l'année prochaine, qui pourraient fort bien échapper au moratoire, même si Sarkozy, comme à son habitude, à voulu donner le change en martelant, dans son style bien à lui : "La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides, la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination, la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM"... Encore une tentative pour noyer le poisson, mais avec Sarkozy, depuis le temps, on est habitué... Et pour ce qui est d'une véritable fiscalité "verte", il faudra repasser, alors que "payer l'énergie plus cher pour en consommer moins demain" est pourtant une "équation incontournable", ainsi que l'écrit Jean-Michel Thénard dans le Canard Enchaîné de cette semaine (N°4539, 24 octobre 2007). Pour le reste, on aura pû remarquer que les mesures annoncées, pour un certain nombre d'entre-elles, ne sont que des mises en conformité par rapport à diverses directives européennes, notamment en ce qui concerne les transports et le bâtiment...
Au delà du Sarko-show habituel, des beaux discours et de la satisfaction affichée devant les caméras et les micros, le Grenelle de l'Environnement est-il donc vraiment une réussite ? En tout cas, Jean-Louis Borloo, avec des gesticulations qui en rappellent d'autres, n'a pas caché hier son enthousiasme devant les médias... "On n'est pas dans une République de l'annonce, on est dans une République de l'action" s'est-il notamment senti obligé de déclarer, tout joyeux, dans un entretien au journal télévisé 19/20 de France 3 d'hier soir... Alors, beaucoup de bruit pour pas grand-chose ? Eh bien, ma foi, compte-tenu du long chemin qu'il reste encore à parcourir en matière de politique environnementale, je serai grand seigneur ;-), et je veux bien reconnaître que, pour ce qui est des mesures annoncées, c'est toujours mieux que rien. Reste à savoir comment lesdites mesures seront appliquées... et financées. Le gouvernement sera jugé sur ses actes, pas sur ses belles paroles.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Image satellite de la Nasa montrant la concentration de glace dans l'Arctique en septembre 2005 par rapport à 1979 [en jaune], ©AFP/NASA/Archives ; Le ministre d'Etat,  ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables Jean-Louis Borloo [à gauche] et la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le 27 septembre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik AFP/Archives ; Icebergs au Groenland, photographie de Yann-Arthus-Bertrand ; Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo le 24 octobre 2007 à Paris, lors du Grenelle de l'Environnement, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Patrick Kovarik ; Alain Bougrain-Dubourg, Nicolas Hulot, Sebastien Genest et Nadir Saifi, représentants d'associations écologistes, lors du Grenelle de l'Environnement le 24 octobre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP ; Epi de maïs génétiquement modifié près de Marmande, photographie de l'Agence France Presse, ©Derrick Ceyrac AFP/Archives ; Fumée s'échappant des cheminées d'une usine, photographie de l'Agence France Presse, ©Mychele Daniau/AFP ; Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy à l'Elysée le 25 octobre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; José Manuel Barroso, Al Gore, Nicolas Hulot, Jean-Louis Borloo, Sarkozy et Wangari Maathaï, à l'Elysée, le 25 octobre 2007, lors du Grenelle de l'Environnement à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/ Olivier Laban-Mattei ; Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko Moriset à l'Elysée le 25 octobre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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