Vendredi 21 septembre 2007
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Et voilà... Moins d'une semaine
après le Forum de Seignosse, j'ai à nouveau le moral dans les chaussettes... Quelle fatigue de devoir suivre l'actualité sarkozyste ! C'est d'un déprimant... Mais enfin, il me faut bien évoquer
le programme de l'actuel chef de l'Etat en ce qui concerne les fonctionnaires, puisque Sarkozy de Nagy-Bocsa s'est enfin décidé à le présenter, après avoir retardé l'échéance (voir l'article
"Quid de la Fonction publique à la sauce sarkozyste ?"). Mercredi dernier, après avoir dévoilé la veille,
mardi 18 septembre, son programme de réformes sociales, avec notamment l'alignement des régimes spéciaux de retraite, l'assouplissement des 35 heures, la fusion de l'ANPE avec l'Unédic, et la
réforme du contrat de travail, Sarkozy a, en effet, prononcé, à Nantes, son discours relatif à la réforme de la fonction publique, discours annoncé initialement pour le 12 septembre.
Sarkozy propose aux 5 millions de fonctionnaires une "révolution culturelle"
A peine lancé le compte à rebours de son "nouveau contrat social", Nicolas Sarkozy a engagé mercredi [19 septembre] à Nantes un autre chantier délicat en
proposant aux fonctionnaires une "révolution culturelle", seule capable selon lui d'introduire la fonction publique dans le XXIe siècle.
Attendu de pied ferme par les fédérations syndicales du secteur, le président a admis, devant les élèves de l'Institut régional d'administration (IRA), le
"malaise" actuel d'un Etat "impécunieux et impuissant" et a sonné l'heure de sa "refondation".
"Nous devons refonder une fonction publique où les fonctionnaires n'auront pas le sentiment d'être réduits à l'impuissance, parce qu'ils ne savent pas
toujours ce que l'on attend d'eux, parce qu'ils ont trop souvent le sentiment d'être mal aimés, mal considérés, parce qu'ils servent un Etat qui fonctionne mal", a-t-il déclaré.
Reprenant nombre de ses thèmes de campagne, Nicolas Sarkozy a détaillé le "nouveau pacte" qu'il souhaite proposer aux 5 millions de fonctionnaires, brossant
le portrait d'un secteur public moins nombreux, plus ouvert et plus motivé, dont les agents seraient payés au mérite et le statut assoupli.
"Je me suis engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire qui part en retraite sur deux, et cet engagement je le tiendrai", a-t-il d'abord réaffirmé en
précisant, notamment aux agents de l'Education nationale, que ce principe ne pourrait être "que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et
d'organisation".
Fidèle à sa devise "travailler plus pour gagner plus", le chef de l'Etat a également souhaité que "tous les fonctionnaires puissent avoir droit à des heures
supplémentaires, quel que soit leur statut".
Evoquant leur rémunération, Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé en faveur du principe "d'individualisation" afin de tenir compte "du mérite, de
l'implication, de l'expérience, des résultats" des agents.
Il n'a toutefois fait aucune proposition concrète en matière de hausse de leur pouvoir d'achat, l'une des plus pressantes revendications des huit fédérations
du secteur (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CGC, CFTC).
Dans un souci de "souplesse" et de "mobilité", il a enfin souhaité qu'une partie des agents de la fonction publique puisse choisir "entre le statut de
fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré" et que ceux qui souhaitent la quitter bénéficient d'un "pécule". Il a remis en cause le concours d'entrée, accusé notamment de
ne plus être garant de diversité ou de mixité sociale.
Conscient de s'attaquer à certains des principes sacro-saints de la fonction publique, Nicolas Sarkozy a pris soin de longuement rendre hommage à la
"moralité" et au "professionnalisme" des fonctionnaires, puis de rassurer sur la méthode de sa "révolution".
"Toutes les propositions que je viens de formuler (...) sont autant de thèmes de négociation et de concertation avec les organisations syndicales", a-t-il
insisté.
A l'inverse de son discours de la veille [au Sénat, sur les questions sociales], le président n'a pas non plus fixé de calendrier contraignant à son
gouvernement. "Cela ne se fera pas en un jour", a-t-il concédé, "mais l'ensemble des engagements devront être tenus durant mon quinquennat".
Les syndicats n'ont pas tardé à monter au créneau pour dénoncer les "propositions" présidentielles. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, lui a
ainsi reproché un "dynamitage de tous les principes fondateurs de la fonction publique". Les syndicats doivent se réunir vendredi pour tenter de définir une action
commune.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 septembre 2007, 16h27)
Ainsi, Sarkozy veut effectuer une réforme complète, d'ici à la fin de son quinquennat, des statuts, de la
rémunération, de la formation, de l'accès et de la sortie de la fonction publique. Tout celà est fort bien, sauf qu'en fait de réforme, il entend se contenter, d'une part, de réduire
drastiquement les effectifs - notamment dans l'Education nationale, qui, comme d'habitude, est certainement la cible privilégiée du gouvernement -, et, d'autre part, sous prétexte de "souplesse"
et de "mobilité", de réaliser un démantèlement progressif du statut des fonctionnaires, en remettant notamment en cause les principes de neutralité et d'indépendance de la fonction publique,
principes qui protègent les citoyens et les usagers. Bref, dans ce domaine comme dans d'autres, le programme sarkozyste est un vrai programme de républicain... des Etats-Unis. Autant dire que
c'est un peu court pour un pays comme la France, et surtout inquiétant pour l'avenir. Avec le pacte "Service public 2012" de l'actuel chef de l'Etat, on pourrait être tenté de parler de pacte
avec le diable, mais comme je l'ai déjà écrit sur le présent blog, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'est ni César, ni Napoléon, ni un dieu, ni même le diable incarné : ce serait encore lui faire
trop d'honneur. Sarkozy n'est que... Sarkozy, et c'est déjà largement assez, tant il est insupportable... et fatiguant.
Hier soir, 20 septembre, le chef de l'Etat est intervenu une nouvelle fois à la télévision, s'affichant notamment, comme d'habitude, en grand Libérateur du Travail, avec son credo de campagne
"travailler plus pour gagner plus". Comme d'habitude, il a voulu montrer qu'il s'occupait de tout... et qu'il tenait ses promesses : "pendant la campagne, j'ai
pas menti, moi" s'est-il ainsi senti obligé de déclarer...
Nicolas Sarkozy s'explique et distribue bons et mauvais points
Nicolas Sarkozy a défendu jeudi soir à la télévision les réformes sociales à marche forcée qu'il a annoncées mardi et mercredi et distribué de nouveau bons et
mauvais points tous azimuts.
"On ne m'a pas élu pour commenter les problèmes de la France. On m'a élu pour trouver des solutions à des problèmes qui sont pendants depuis des années", a
déclaré le président de la République en préambule d'une longue interview recueillie au Palais de l'Elysée par TF1 et France 2.
Il a notamment réaffirmé qu'il fallait en passer par l'alignement des régimes spéciaux de retraites sur le régime général de la fonction publique d'ici la fin
de l'année pour assurer le financement du système des retraites en France.
"Je ne transigerai pas sur l'affaire des 37,5 années de cotisation qui doivent passer à 40", a déclaré le chef de l'Etat, qui a cependant pris soin de cajoler
les 1,5 millions de personnes concernées et les syndicats.
Aux premiers, il a assuré qu'ils conserveraient leur statut particulier, que la pénibilité de leur travail serait prise en compte, qu'il n'entendait pas les
"stigmatiser", ne les jugeait pas "privilégiés" et faisait "confiance à leur honnêteté".
"Le gouvernement est prêt à discuter assez largement du temps qu'il faut pour arriver aux 40 années", a-t-il ajouté.
Aux seconds, qui jugent intenable le calendrier fixé par le chef de l'Etat, il s'est dit prêt à aller au-delà des deux semaines données au ministre du Travail
Xavier Bertrand pour consulter les partenaires sociaux : "S'il s'agit de mettre quelques semaines de plus, bien sûr qu'on les mettra."
L'appel à la grève lancé par les syndicats de cheminots pour le 18 octobre ? "S'il y a des problèmes, eh bien on les affrontera", a dit Nicolas Sarkozy, qui a
assuré que les nouvelles règles en matière de service minimum s'appliqueraient.
Il a également défendu ses projets d'assouplissement des 35 heures, de refonte de la fonction publique, de franchises pour les soins médicaux, de lutte
systématique contre la fraude sociale et fiscale, etc. En matière de pouvoir d'achat, il a réaffirmé que les allègements de charges pour les entreprises seraient subordonnés à l'ouverture de
négociations salariales et au relèvement des minima salariaux inférieurs au smic.
Face à la révision à la baisse des prévisions de croissance des économistes pour 2007 et 2008, Nicolas Sarkozy, qui disait encore récemment vouloir porter la
croissance du PIB français à 3%, a en revanche tempéré quelque peu son volontarisme.
L'année "2007, j'y suis quand même pour rien, 2008 on va essayer de la doper et 2009 ça sera la mienne", a-t-il dit. "Il faut que nous ayons une croissance
entre 2,5% et 3% pour arriver au plein emploi (...) Je veux aller chercher cette croissance."
Nicolas Sarkozy s'est efforcé de dissiper les rumeurs de tension avec son Premier ministre, qui s'est dit "un peu agacé" que le chef de l'Etat l'ait ramené au
rang de "collaborateur".
SATISFECITS ET MAUVAIS POINTS
François Fillon fait son travail "de façon parfaitement remarquable", dit Nicolas Sarkozy, qui a dit travailler "main dans la main" avec le Premier ministre.
"Si agacement il y avait eu, je l'aurais constaté certainement", a-t-il ajouté.
Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui a fait état dans des interviews d'un possible remaniement ministériel en janvier, a eu moins de chance : "Le
remaniement ministériel n'est pas quelque chose qu'on annonce plusieurs mois à l'avance et ceux qui en ont parlé en on parlé imprudemment."
Le chef de l'Etat a reproché au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner d'avoir estimé dans une interview, à propos du différend sur le programme
nucléaire iranien que les pays occidentaux devaient se préparer "à la guerre".
"Moi, je n'aurais pas employé le mot guerre", a dit Nicolas Sarkozy, qui a cependant affirmé que "ce qu'a fait Bernard Kouchner au Darfour et au Liban" était
"remarquable".
Les ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur, Xavier Darcos et Valérie Pécresse, le secrétaire d'Etat aux "Solidarités actives" Martin Hirsch,
Jean-Louis Borloo (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Fadela Amara ont eu droit à des satisfécits.
Nicolas Sarkozy a en revanche pris le contrepied de sa ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui avait parlé de "rigueur" à propos de la réduction du
nombre de fonctionnaires, en affirmant qu'il ne croyait pas à une "politique d'austérité" mais à une politique "fondée sur l'effort".
C'est cependant une nouvelle fois le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet qui a fait le plus les frais des piques du président
de la République.
"Quand la Banque centrale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit
problème", a-t-il déclaré. "Je dis à M. Trichet (...) 'regardez ce que font les autres, l'enfer ce n'est pas toujours les autres'."
En revanche, il a rendu hommage à son ancienne adversaire socialiste Ségolène Royal - "une femme courageuse et très estimable" - et jugé que les attaques dont
elle est la cible dans son propre camp "sont un peu déplacées".
(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 21 septembre 2007, 00h02)
A chaque fois que je vois Sarkozy de Nagy-Bocsa parler à la télévision depuis l'Elysée, j'ai toujours la même interrogation en tête : "Mais, nom d'une pipe,
qu'est-ce que cet énergumène fait là ?", "Comment a-t-on pû en arriver à cette situation ?", "Pourquoi est-il là ?"... La réponse, en vérité, je ne la connais que trop : Sarkozy occupe la plus
haute charge de l'Etat parce qu'il l'a ardemment voulu, et parce que la société française actuelle est suffisemment médiocre pour ne pas l'avoir empêché d'atteindre son objectif... Au royaume des
aveugles, les borgnes sont les rois... Et maintenant, il est là. Pour le meilleur, et sans doute surtout pour le pire.
J'éprouve le besoin de prendre du recul vis-à-vis des gesticulations médiatiques sarkozyennes. Désormais, je m'efforcerai d'en parler moins, et de me concentrer sur l'essentiel. Mais je
m'efforcerai aussi de rester vigilant. Puisque Sarkozy de Nagy-Bocsa veut être jugé sur ses actes, et qu'il fait tout ce qu'il peut pour recevoir des pruneaux, il sera servi... en temps
voulu.
Cordialement, :-)
Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste... assez fatigué, ces jours-ci.
(Illustrations : Sarkozy, le 19 septembre 2007, pendant son discours aux jeunes fonctionnaires des trois fonctions publiques en formation de l'Institut Régional
d'Administration [IRA] de Nantes, photographie de L. Blevennec, © Service photographique de la Présidence de la République ; Sarkozy devant les caméras des chaînes de télévision TF1 et France
2, le 20 septembre 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters/HO ; Capture d'écran réalisée le 20 septembre 2007 du président Sarkozy s'exprimant sur la chaîne de télévision
France 2, ©AFP)
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