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Sarkozy de Nagy-Bocsa, alias Talonnette Ier...

par Hyarion 29 Avril 2007, 22:54 Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)

Dans un de mes précédents messages, intitulé "Sarkozy, Le Pen et l'extrême-droite : une longue histoire...", j'avais déjà signalé combien pour moi le fait de qualifier Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa de "fasciste" ou de "raciste" n'avait pas de sens, et était une perte de temps. La tentation, récurrente chez tant de personnes, de comparer le très ambitieux Sarkozy à Napoléon Ier, ou à Napoléon III, me parait tout aussi intempestive et, pour tout dire, assez ridicule...
Pour critiquer le candidat de l'UMP sur un ton satirique, je préfère le surnommer, par dérision, Talonnette Ier plutôt que Sarkoléon... et je me refuse à intégrer cette comparaison un peu trop facile, et trop attendue, de Sarkozy avec Napoléon dans le "Légendaire" anti-sarkozyste... Comme je l'ai déjà écrit en réponse à un commentaire envoyé sur ce blog,  le fait est que la dénonciation, quelque-peu anachronique, faite par certains journalistes et commentateurs divers, du "césarisme", ou du "bonapartisme", de Sarkozy me laisse dubitatif... Nicolas Sarkozy n'est certainement pas l'héritier de Jules César, ou d'Octave Auguste, ou de Napoléon Bonaparte, ou même de De Gaulle : il n'est simplement que Sarkozy, un misérable ambitieux, complexé et paranoïaque, nerveux et agressif, prisonnier de ses désirs, incapable d'avoir la volonté de vaincre ses propres démons, et qui n'a pas du tout la stature d'un homme d'État.
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas le génie militaire, ni le génie réformateur, de Napoléon Ier. Piquer une mairie à Pasqua - celle de Neuilly-sur-Seine, en 1983 - et un parti unique à Chirac - l'UMP, en 2004 -, cela ne fait pas de vous, loin s'en faut, un digne successeur de Napoléon Bonaparte, le vainqueur d'Austerlitz (2 décembre 1805) qui a promulgué le Code Civil (21 mars 1804). Sans parler des petits arrangements entre amis dont ont bénéficiés les affaires immobilières de Sarkozy dans sa bonne ville de Neuilly-sur-Seine, petits arrangements qui n'ont rien de glorieux : pour la filiation avec les grands bâtisseurs royaux et impériaux de Paris, il faudra repasser...
Et pourtant, les fantasmes collectifs ont la vie dure...
Le 28 novembre 2004, au congrès de l'UMP du Bourget, qui avait coûté entre 4,2 et 4,5 millions d'euros, Sarkozy de Nagy-Bocsa fut proclamé tout-puissant président du grand parti de la droite. Ce congrès ayant eu lieu quelques jours avant le bicentaire du sacre de Napoléon Ier à Paris (2 décembre 1804), les commentateurs ne purent s'empêcher de parler de "sacre" à propos dudit congrès du Bourget et même de "plébiscite" puisque Sarkozy a été élu par les militants de l'UMP avec 85,1 % des voix. Il était alors de bon ton de comparer ouvertement Sarkozy à Napoléon...
En ce qui me concerne, étant né un 2 décembre, j'ai des raisons personnelles pour ne pas avoir apprécié ce genre de comparaison... On ne mélange pas les torchons et les serviettes.
Le 14 janvier 2007, un autre congrès de l'UMP a eu lieu à Paris, cette fois-ci pour l'investiture du ministre Sarkozy de Nagy-Bocsa comme candidat à l'élection présidentielle, congrès devant avoir un coût supérieur à 3,5 millions d'euros, soit le quart du coût total de la campagne du parti. Sarkozy ayant été investi suite à un vote en sa faveur de 98,1 % des votants et un taux de participation de 69 % des adhérents, alors qu'il était le seul candidat à la candidature, on a parlé à nouveau de "sacre" et de "plébiscite".

"Sacre", "plébiscite"... Dans ce cas de figure, comme dans celui des mots "raciste", "fasciste" ou "dictateur", les gens passent leur temps à employer, de façon intempestive, des termes dont ils semblent ignorer la signification. Prendre le temps de leur expliquer, et de corriger ce qui devrait l'être, semble vain, tant les commentateurs sont coutumiers des abus de language, et ne paraissent être guère désireux de changer leurs mauvaises habitudes.
Les numéros de cirque de l'UMP n'ont rien à voir avec le sacre de Napoléon Ier. Quant au plébiscite, utilisé, il est vrai, par Napoléon Ier comme par Napoléon III, il n'est jamais que l'autre nom du référendum, et l'on pourra noter qu'en dehors des parodies de consultations internes de l'UMP, Sarkozy n'est pas forcément très favorable à la consultation référendaire dès lors que celle-ci concernerait véritablement le pays tout entier et déciderait d'une réforme, notamment institutionnelle. Sarkozy a ainsi déclaré vouloir négocier un nouveau traité constitutionnel européen, traité qu'il ferait ensuite adopter par la voie parlementaire et non par référendum. Ségolène Royal et François Bayrou ont chacun pour leur part bien précisé que s'ils souhaitaient eux-aussi la négociation d'un nouveau traité, ils s'engageaient à ce que ledit traité soit adopté par la voie référendaire. 54,68% des électeurs - dont j'ai fait partie - ont voté "non" au référendum du 29 mai 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ce traité était confus, presque illisible, et contenait des ambiguïtés potentiellement dangereuses, notamment en matière d'économie, de services publics, de laïcité et de diversité culturelle. Le fait qu'un nouveau traité constitutionnel européen de cette importance puisse être, même en étant amélioré par rapport au précédent, adopté par un vote du Parlement et non par référendum révèle le rapport à la fois lâche et méprisant qu'a Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la souveraineté populaire : dans l'absolu, il ferait un piètre bonapartiste...

Et puis il y a aussi la comparaison de Sarkozy avec Napoléon III, et plus exactement avec le Napoléon III déformé et trainé dans la boue par l'écrivain Victor Hugo. Une fois de plus, on estime pertinent, dans ce cas-là, l'association d'un fantasme, ici politico-littéraire, à un politicien bien réel, dont le caractère dangereux est pourtant suffisemment spécifique pour être éloigné de toute référence historique de ce genre... Dans son blog François-Mitterrand-2007, celui qui se fait passer pour le défunt président socialiste a ainsi qualifié Sarkozy, dans un message du 27 avril, de "nouveau Napoléon le petit", en référence au pamphlet de Hugo consacré au président de la République Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), neveu de Napoléon Ier, devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III. Il est toujours de bon ton, pour beaucoup trop de personnes bien-pensantes, de se présenter comme de gentils et vertueux républicains en se réclamant des pamphlets Napoléon le petit, Histoire d'un crime, du recueil de poèmes les Châtiments, de tous ces écrits haineux et outranciers que Victor Hugo a consacré à  son ennemi Napoléon III , qu'il a pourtant d'abord soutenu. Il est vrai que Napoléon III a eu le malheur, lorsqu’il était président de la République, en 1849, de refuser à l’écrivain un portefeuille ministériel. Pourtant, ainsi que l'a écrit Emile Zola, l’auteur de la série de romans des Rougon-Macquart, en 1895 : "le Napoléon III des Châtiments, c’est un croquemitaine sorti tout botté et tout éperonné de l’imagination de Victor Hugo. Rien n’est moins ressemblant que ce portrait, sorte de statue de bronze et de boue, élevée par le poète, pour servir de cible à ses traits acérés, disons le mot, à ses crachats." Victor Hugo a passé sa vie a édifier son propre piédestal. Il lui fallait un contre-modèle à son génie : il cru l'avoir trouvé en Napoléon III. Si celui-ci l'avait nommé ministre de l'Instruction Publique, il en eu sans doute été tout autrement, et le poète aurait probablement continué à faire partie des invités des dîners présidentiels de l'Élysée, puis peut-être des dîners impériaux des Tuileries. De toute façon, même en considérant le personnage historique de Napoléon III tel qu'il était en réalité, il n'y a pas de comparaison pertinente à faire de lui avec Sarkozy : l'itinéraire de leurs vies, leurs caractères, leurs époques respectives font qu'ils ne se ressemblent en rien...
Le fait de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier" pourrait faire dire à certains que, de fait, que je le veuille ou non, je marche dans les pas du Victor Hugo des Châtiments et de Napoléon le petit. Il y a pourtant, de toute façon, une différence entre lui et moi : Victor Hugo était un déçu du bonapartisme, alors que je ne suis pas, et ne serai jamais, un déçu du sarkozysme, dans la mesure où je l'ai toujours combattu...

Mais venons-en au fait : pourquoi ai-je choisi de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier" ? Cela remonte en fait à l'affaire du cliché de la Maison Blanche, l'année dernière...

Du 9 au 12 septembre 2006, Sarkozy se rend à Washington pour faire allégeance à l'un des plus mauvais présidents que les États-Unis d'Amérique aient jamais connu : le républicain George W. ("Dobeliou") Bush. Reçu à la Maison Blanche le 12 septembre, Talonnette Ier se fait photographier avec "Dobeliou", et bien qu'étant ministre d'Etat, se met à critiquer, sur le sol américain, la politique étrangère du gouvernement français, dont il fait pourtant partie. Plus de trois ans après la crise diplomatique franco-américaine au cours de laquelle la France s'était opposée, fermement mais sagement, à la guerre menée par les États-Unis en Irak, il dénonce ainsi, devant un public américain, ce même 12 septembre, la "grandiloquence stérile" d'"une France arrogante et pas assez présente", affirmant également qu'"il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras, ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés." Par ailleurs, au lieu d'évoquer l'indispensable indépendance de la France vis-à-vis de l'hyper-puissance américaine, Sarkozy préfère parler, pour son pays, de la simple nécessité d'"une position autonome vis à vis des États-Unis".
L'autonomie plutôt que l'indépendance, donc. Pour Sarkozy, on le sait, "les mots ont un sens"... Alors que les Français rejettent toute politique étrangère atlantiste dans laquelle la France serait le caniche des États-Unis, alors que le peuple a approuvé, à une très large majorité, la position de Chirac refusant de cautionner la désastreuse guerre d'Irak provoquée par Bush en 2003, l'attitude de révérence de Sarkozy à l'égard de "Dobeliou" fait évidemment scandale...
Devant des proches, Jacques Chirac commente alors ainsi la faute politique que représente l'attitude, qualifiée par lui de "lamentable", qu'a été celle de Sarkozy aux États-Unis :

"Nicolas, décidément, ne sera jamais fini. Pour se prouver qu'il compte, une force intérieure le pousse à briser ce qui fait consensus, par exemple la politique étrangère. C'est électoralement absurde."

(Jacques Chirac, à propos de Sarkozy, cité in Marianne N°492 [du 23 au 29 septembre 2006])

De ce voyage controversé à Washington reste la photographie de Sarkozy serrant la main de Bush à La Maison Blanche, le 12 septembre 2006, celle que l'on a qualifiée alors de "photo dont tout le monde parle", mais que l'on déjà quelque peu oublié aujourd'hui. Sur ce cliché, Sarkozy, à gauche, serre donc la main du président Bush, à droite. Jusque là, rien de bien surprenant... sauf que cette photo comporte tout de même une énigme : la tête de Sarkozy, qui mesure 1,68 m, semble à peu près à la même hauteur que celle de "Dobeliou", qui mesure 1,83 m. Comment est-ce possible ? Serait-ce un miracle ? Sarkozy aurait-t-il grandi ? Ce serait alors un cas de croissance spectaculaire, dans la mesure où le Canard Enchaîné a reproduit dans son numéro du 20 septembre, en comparaison avec le cliché de Washington, une photographie datant de 2004, représentant Sarkozy au côté de son ami acteur américain et scientologue Tom Cruise, qui, bien que mesurant 1,68 m, semble plus grand que l'actuel candidat de l'UMP !
La photo officielle diffusée par les services de la Maison Blanche a fait malheureusement l'objet d'un recadrage, mais la photographie entière, telle qu'elle a également été diffusée dans la presse, laisse apparaitre, sur la droite, l'ambassadeur de France aux États-Unis, qui était présent dans la pièce où Bush et Sarkozy se sont rencontrés, et qui a donc lui aussi été immortalisé par le photographe. Le journaliste Philippe Cohen, dans le journal Marianne (N°492 [du 23 au 29 septembre 2006]), n'a pas manqué de commenter cette photographie originale non tronquée, sur laquelle "on voit que le regard de l'ambassadeur est rivé au "miracle" qui, manifestement, se situe au niveau des pieds de Nicolas Sarkozy. A chacun de deviner ce qui l'étonne : tabouret ou lévitation ? "
Et s'il s'agissait, finalement d'une histoire de talonnettes ? Pour le Canard Enchaîné, l'affaire est entendue : "Seule explication raisonnable aux yeux du "Canard", il s'agit d'un des secrets les mieux gardés de la République : Sarko a grandi ! Oui, le premier flic du pays a gagné quelque 20 centimètres en deux ans, un vrai miracle de la nature... Et un peu, aussi, de son cordonnier : une autre photo publiée quelques semaines plus tard par "Libé[ration]" (31/10) montrera que les chaussures sur mesure de Sarko possèdent des talonnettes impressionnantes. On le savait déjà, mais l'homme a des talons cachés." (Les Dossiers du Canard Enchaîné N°102, 2006 : le grand bêtisier de l'actualité, décembre 2006)
Rappelons que, dans le sens qui nous intéresse, la talonnette est une "lamelle placée à l'intérieur de la chaussure, sous le talon du pied, dans un but orthopédique ou esthétique" (définition du Petit Larousse).
Des talonnettes "impressionnantes" auraient donc, en effet, été ajoutés aux chaussures de Sarkozy... Ajoutées à des talons vraisemblablement déjà conséquents quant à leur hauteur, ces lamelles pourraient en effet expliquer l'anomalie de la fameuse photographie de la Maison Blanche... S'il est déjà assez rare de pouvoir vérifier la hauteur des talons des chaussures de Sarkozy sous l'objectif des caméras, il est évidemment impossible de voir ces fameuses talonnettes, par définition cachées dans la chaussure, même si l'on peut toutefois percevoir l'effet qu'elles produisent... 
Etre complexé par sa petite taille au point d'essayer de se grandir avec des talonnettes : Sarkozy n'est-il donc pas en mesure d'assumer ce qu'il est ? Manipulateur des médias, Talonnette Ier en est bel et bien aussi l'esclave quand il se donne autant de mal pour paraitre ce qu'il n'est pas...
Dès lors, on peut bien se moquer de lui de façon caustique, vu que, par son comportement plutôt ridicule pour quelqu'un qui aspire à se voir confier la plus haute charge de l'État, il ne peut que s'exposer lui-même à la critique satirique sur son complexe de taille... Quand on cherche le bâton pour se faire battre, il ne faut pas s'étonner des conséquences... Et pourtant, Dieu sait si je ne suis pas du genre à me moquer de la taille des gens...

Voila donc pourquoi j'ai choisi de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier"... Ce surnom me parait infiniment plus personnalisé que je ne sais quelle comparaison fumeuse avec Napoléon...
Le roi de France Louis XIV n'avait pas honte, lui, de se faire représenter avec des chaussures à talons hauts. C'est notamment le cas dans son célèbre portrait en costume de sacre, peint par Hyacinthe Rigaud en 1701. On y voit notamment que les chaussures royales étaient en effet dotés de talons rouges de taille importantes et particulièrement mis en valeur par rapport à la blancheur de la partie supérieures des chaussures - elle-même mise en valeur par une sorte de noeud rouge... Pourquoi Sarkozy fait-il tout ce qu'il peut pour paraitre plus grand qu'il ne l'est sans ce que cela puisse se voir en principe ? Homme soumis aux contraintes des médias qu'il utilise, il doit apparaitre sous son meilleur jour, en toute circonstance, en s'efforcant de brider sa nature nerveuse lorsque cela s'impose, et, surtout, en présentant une image de lui la plus parfaite possible, y compris, semble-t-il, au niveau de la taille... L'idéal physique de la mode d'aujourd'hui tend plus que jamais vers la recherche de la perfection... C'est là tout le problème... Si Sarkozy veut jouer à ce jeu-là, grand bien lui fasse, mais la forme se saurait masquer le fond en permanence, et, assurément, Talonnette Ier ferait mieux de s'assumer véritablement tel qu'il est...

Mais, honnêtement, si ce n'était que cela, ce ne serait vraiment pas grave... Lorsque je regarde cette photo de Sarkozy serrant la main de Bush, je constate, plus sérieusement, sur le fond, combien ce candidat ex-ministre est un danger public pour les Français, pour la France, et pour la place de notre pays dans le monde... Je ne suis heureusement pas le seul à faire cette constatation...

"Je considère que Nicolas Sarkozy est un danger public. Cet homme incarne la vraie droite. Intellectuellement, il est dans la philosophie de l'optimum des marchés et de la disparition de la régulation étatique. [...] J'ai trois raisons de me méfier de lui. D'abord, ce ministre de l'Intérieur aime, électoralement, que la police se voie. Or la police ne travaille bien que quand on ne la regarde pas ! C'est quand on ne la regarde pas qu'elle peut être flexible, dire à un délinquant: «Ne recommence pas, on t'a repéré…»  Simplement, ce discours n'est pas présentable à une opinion répressive: la police que les gens aiment voir, c'est celle qui tape. C'est parce qu'il est fait de cette manière que Nicolas Sarkozy a involontairement mis le feu à la banlieue. Je pense que cela se reproduira et qu'il nous mettra le feu partout… La deuxième raison tient à l'influence diplomatique de la France. Qu'est-ce que le monde d'aujourd'hui ? Quelques géants, les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie… La France émerge en influence principalement à cause des amitiés que nous avons gardées dans toute l'Afrique et dans le Moyen-Orient. Or, après le ralliement obséquieux de Nicolas Sarkozy à George Bush, il suffirait qu'il soit élu pour détériorer d'un coup toutes ces relations ! L'idée même de son élection fait horreur à la plupart des dirigeants africains et à tous ceux du Moyen-Orient. Sarkozy est un luxe que la France ne pourra pas se permettre, il coûtera trop cher. Enfin, je ne peux pas supporter un homme qui a tenté de s'opposer au gel du corps électoral de la Nouvelle-Calédonie pour des raisons électoralistes. C'était une parole de la France, engagée depuis plus de quinze ans. Que la France puisse se déshonorer une fois de plus, alors que ce conflit s'est ouvert sur un manquement à la parole donnée... Voilà pourquoi je suis inquiet devant le risque, important, que Nicolas Sarkozy soit élu, et je mets en garde les Français : cet homme est un danger public. "

(Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, propos recueillis par Elise Karlin et Eric Mandonnet, L'Express, 21 février 2007)

Je n'ignore pas que Michel Rocard aurait sans doute préféré que la candidate socialiste Ségolène Royal se désiste en sa faveur. Je n'ignore pas non plus son pessimisme, voire son défaitisme, quant à l'issue de cette élection. Pour autant, ses propos tenus devant les journalistes de l'Express sont justes, bien qu'un peu trop mesurés à mon goût...

Et puis, il y a les fameux propos aberrants concernant la génétique que Sarkozy a tenu devant Michel Onfray, et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler (voir le message "Campagne présidentielle : Arnaque et Déraison Générales ?")... Le Canard Enchaîné y a consacré un article assez savoureux :

« Les gènes de Sarko ont parlé !

Le candidat de l'UMP a donc tranché : la pédophilie, les tendances suicidaires, c'est dans les gènes ("Philosophie Magazine", avril 2007) : "On nait pédophile et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie (...). Il y a 1 000 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année... génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable." Parole de Sarko ! Généticiens, biologistes et psychologues sont donc priés de suivre la vérité d'un ex-ministre de l'Intérieur. Et l'archevêque de Paris, qui a osé critiquer Sarkozy au nom de la "liberté humaine", est prié de s'occuper de ses ouailles. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle Mgr André Vingt-Trois - comme les vingt-trois paires de chromosomes - qu'il doit causer génétique !
Quant à nous, sans attendre les conclusions du débat entre l'inné et l'acquis [...], et pour satisfaire la curiosité des électeurs [...], nous avons fait analyser dans le laboratoire spécial du "Canard" le code génétique de Sarkozy. Les résultats sont édifiants et, disons-le en toute objectivité, en faveur du candidat UMP : non, Sarkozy n'est pour rien dans son comportement bizarroïde ! C'est la faute à ses chromosomes, c'est écrit dans son ADN.
 Ainsi avons-nous pu isoler le gène mal connu de la traîtrise (XYT) qui explique clairement sa carrière politique depuis sa conquête de la mairie de Neuilly, dans le dos de son parrain Pasqua. Depuis, il a essayé de guérir sa traîtrophilie, mais en vain. Il récidive en 1995, trahissant son protecteur Chirac pour rejoindre Balladur. Comme il le dit lui-même : "C'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas guérir cette pathologie." Dure leçon de déterminisme ? Pas tant que ça, car, malgré ses gènes gênants, il assure aujourd'hui : "J'ai changé." Traduit en language scientifique, cela veut dire "J'ai muté." Voila qui relance le débat : sous l'effet de quel rayonnement Sarkozy s'est-il fait lifter sa double hélice ? La vérité est bouleversante. Quel que soit son inné, quels que soient ses acquis - mobiliers et immobiliers -, le chef de l'UMP est un véritable OGM : un olibrius génétiquement modifié. »


(F.P., in Le Canard Enchaîné N°4511, 11 avril 2007)

Que l'on ne me parle pas, avec tout cela, de comparaison fumeuse avec Napoléon... Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'est ni César, ni Napoléon Ier, ni Napoléon III, ni De Gaulle, ni un dieu, ... ni même le diable incarné : ce serait encore lui faire trop d'honneur...

Cordialement, :-)

Hyarion, citoyen résolument anti-sarkozyste.

(Illustrations : Caricature de Sarkozy en Napoléon, par Kiro, sans date [vers 2005-2006] ; Détail du tableau le Sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, huile sur toile [1805-1807] par Jacques-Louis David, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Cécilia et Nicolas Sarkozy, par Cabu, publiée dans le Canard Enchaîné N°4387, 24 novembre 2004 ; Napoléon III, huile sur toile [1857] par Franz-Xaver Winterhalter, Compiègne, Musée du Second Empire, château de Compiègne ; Sarkozy et George W. Bush, photographie des services de La Maison Blanche, Washington DC, septembre 2006 ; Louis XIV, roi de France, portrait en pied en costume royal, huile sur toile [1701] par Hyacinthe Rigaud, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Sarkozy par Plantu, publiée dans le Monde du 13 avril 2007)

commentaires

jean-louis roche 17/05/2007 13:42

Analyse pertinente, brillante et agrémentée de photos et dessins qui nous économisent de trop longues démonstrations. pas du même bord que vous mais vous pouvez lire aussi mon blog. bonne journée

Sauron 30/04/2007 16:20

article bien décoré que tu nous livres là !
Je commencerai par ce qui m'a le plus marqué : la déclaration de Rocard. Premier de ses "arguments" : Sarkozy est un homme acharné à séduire l'opinion publique (par l'intermédiaire de la répression). Une petite toux polie, histoire de faire remarquer qu'être élu impose de sacrifier au grand mage de l'opinion publique. Si celle-ci est répressive, la politique se doit d'en prendre compte. Que ça nous plaise, ou non : la politique, c'est avant tout un discours.
Second argument (de poids) : si sarkozy est élu, la France perdra le soutien enthousiasmant et gratifiant de nombre de tyrans (plus ou moins sanguinaires) africains ou arabes. Quelle terrible nouvelle pour la diplomatie française! qui restera t-il pour aplaudir les discours éloquents de Dominique de Villepin à l'ONU?
Bon, ensuite, et pour passer à des choses plus sérieuses, je suis d'accord avec ton article : comparer Sarkozy et Bonaparte... dans ce cas de figure, Besson joura le rôle de Talleyrand, et Deveidjan (ou Devedjean?) celui de Fouché? ou l'inverse? Bref : grotesque.
Et puis enfin : Napoléon fut l'un des plus grands hommes d'Etat et sans aucun doute le plus grand homme de guerre de l'histoire. Comparer n'importe quel arriviste de talent à Bonaparte est une insulte à la France et, plus que tout, au bon goût.

Hyarion 02/05/2007 04:09

Sauron >>> "Bon, ensuite, et pour passer à des choses plus sérieuses, je suis d'accord avec ton article : comparer Sarkozy et Bonaparte... dans ce cas de figure, Besson joura le rôle de Talleyrand, et Deveidjan (ou Devedjean?) celui de Fouché? ou l'inverse? Bref : grotesque." Il est vrai que Eric Besson, ancien responsable socialiste de la campagne de Ségolène Royal, devenu en l'espace de quelques semaines un soutien affiché de Sarkozy, est un bel exemple de ce qui peut se faire aujourd'hui en matière de trahison en politique : Talonnette Ier est sans doute ravi d'avoir ce soutien, qui, tout d'un coup, lui ressemble tellement... ;-) Cela dit, la trahison de Besson est tellement minable qu'elle ne risque pas d'égaler les nombreuses trahisons historiques de l'habile et opportuniste diplomate et homme politique Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, qui, en son temps, a servi successivement tous les régimes politiques français de 1797 à sa mort en 1838 : Directoire, Consulat, Empire de Napoléon Ier, et Restauration, la Monarchie de Juillet étant le dernier régime qu'il servi, sans avoir eu le temps de le trahir. Même dans la trahison, les politiciens d'aujourd'hui ne saurait égaler Talleyrand, qui fut finalement un traitre à la hauteur du caractère exceptionnel de son époque... Quant à Patrick Devedjian, ancien avocat de Chirac, issu de la nébuleuse Pasqua, et que Sarkozy connait depuis longtemps, je crois qu'il ne risque pas d'être le successeur de Joseph Fouché : qui pourrait égaler celui qui fut le sinistre "mitrailleur de Lyon" sous la Terreur révolutionnaire, avant de devenir le ministre de la police de Napoléon Ier ? Du reste, plutôt que le ministère de l'Intérieur, je crois que Devedjian préfèrerait être récompensé de sa fidélité sarkozyste par un portefeuille de ministre de la Justice et de Garde des sceaux, si, par malheur, Talonnette Ier était élu le 6 mai prochain. De tous les sous-fifres de Sarkozy, Devedjian est, avec Hortefeux, un de ceux que je déteste le plus... Sauron >>> "Et puis enfin : Napoléon fut l'un des plus grands hommes d'Etat et sans aucun doute le plus grand homme de guerre de l'histoire. Comparer n'importe quel arriviste de talent à Bonaparte est une insulte à la France et, plus que tout, au bon goût."En effet, et même si Sarkozy était élu, il ne mériterait pas davantage la comparaison avec Napoléon Ier : la plus haute charge de l'Etat ne fait pas de celui qui l'occupe un grand homme au regard de l'histoire, loin s'en faut. Même s'il s'efforce, depuis quelques mois, de paraître digne de la fonction qu'il brigue, Sarkozy n'a pas la stature d'un homme d'Etat, et tous les mensonges éhontés des propagandistes sarkozystes n'y changeront rien... Cordialement, :-) Hyarion, résolument anti-sarkozyste.

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