Samedi 21 avril 2007
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Nous y sommes enfin ! L'heure du choix est venue. Comme j'en ai l'habitude, j'ai lu les professions de foi des différents
candidats que l'on m'a envoyé, par la poste, la semaine dernière. C'est pour moi une sorte de rituel, que je considère comme très important. C'est un moment décisif, celui où tous les candidats
officiels vont à la rencontre de chaque citoyen électeur pour lui demander, par écrit, son suffrage. J'ai donc reçu chez moi les candidats, par l'intermédiaire de leurs professions de foi. Et
après avoir lu ces messages écrits, j'ai fait mon choix pour le premier tour de cette élection présidentielle.
Demain, 22 avril, pour exercer mon droit, et surtout mon devoir, de citoyen électeur, et bien qu'habitant à Toulouse, je me rendrais en Aveyron, puisque c'est
là-haut que je suis inscrit sur les listes électorales, depuis que je suis en âge de voter. Vous me direz que ma situation ressemble à peu à celle de Jacques Chirac, qui va voter en Corrèze,
alors qu'il habite à Paris : la différence, c'est que je ne suis pas propriétaire d'un château à Bity (dans la commune corrézienne de Sarran), et que je suis né en Aveyron, et non à Paris comme
le président sortant... ;-)
Cela pourra paraître désuet à certains, mais le vote conserve encore pour moi quelque-chose de sacré. Par le vote démocratique, le citoyen agit et s'inscrit
pleinement dans l'histoire politique de son pays, et, à ce titre, ne doit pas agir à la légère : il faut, par la suite, qu'il puisse se regarder dans une glace en passant au bulletin qu'il a
glissé dans l'urne... Personnellement je n'ai jamais regretté les votes que j'ai pu faire depuis ma majorité. Qu'est-ce qui fait la valeur, la dignité du citoyen électeur ? D'avoir conscience,
profondément conscience qu'il y a, dans la vie de tout homme digne de ce nom, des choses qui le dépassent, des choses plus grandes que lui, pour lesquelles, s'il n'est pas un lâche ou un égoiste,
il peut être appelé à s'engager fermement, sans penser à sa misérable existence. Le véritable citoyen électeur responsable doit oublier sa petite personne, et ne penser qu'à l'intérêt de son
peuple, l'intérêt de son pays, l'intérêt du monde dans lequel il vit. Les élections démocratiques ne sont pas un jeu, ni une farce. Voter est un droit mais c'est aussi un devoir. Voter est un
engagement. Les turpitudes de la vie politique, il faut en rire, et les critiquer sur un ton satirique, car c'est, à mon sens, le seul moyen de supporter la médiocrité générale qui s'en dégage.
Mais, pour autant, il n'en faut pas moins avoir conscience de ses devoirs de citoyen. Lire, à l'occasion, par exemple, le Canard Enchaîné m'amuse
beaucoup, mais par ailleurs les informations qu'il contient n'en sont pas moins éclairantes et complémentaires de celles données, sur un ton en général bien moins satirique, par le reste de la
presse et les autres médias. L'essentiel est que toute information, d'où qu'elle vienne, soit appréhendée en faisant preuvre d'esprit critique. On peut avoir un certain sens des responsabilités
et néanmoins avoir de l'humour. L'important est de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. Alors, demain, citoyens électeurs, prenez
donc tous vos responsabilités, et allez votez !
Pour ma part, et cela n'étonnera personne, l'objectif principal de cette élection est et reste la défaite de Nicolas Sarkozy
de Nagy-Bocsa. Non à l'anarque médiatique et à la démagogie politicienne ! Non à l'égocentrisme exacerbé et à la toute-puissance de l'argent ! Non à l'ambition personnelle démesurée et à
l'aggressivité récurrente porteuse de divisions ! Pour éliminer le candidat de l'UMP, une seule cartouche : le bulletin de vote...
Sarkozy de Nagy-Bocsa a déclaré, le 14 janvier dernier : "J'ai changé." Depuis, il n'a cessé de ratisser large, de promettre tout et n'importe
quoi, de dire tout et n'importe quoi... Non, il n'a pas changé. Son objectif, depuis de nombreuses années, est toujours le même : devenir président de la République pour satisfaire son
égocentrisme. Talonnette Ier a lui-même avoué la raison profonde de sa candidature à l'élection présidentielle :
"Parce que ma vie et l'histoire de ma vie, c'est de partir tout en bas pour aller tout en
haut ! Il ne me reste qu'une marche..."
(Sarkozy, lors d'une réunion publique dans l'île de la... Réunion, le 16 février 2007, cité dans le Canard Enchaîné N°4504, 21 février 2007)
Une telle obsession de réussite personnelle ne peut pas faire de lui un candidat ayant la stature d'un homme d'Etat... Cela
devrait être une évidence admise par tout le monde. Pour Sarkozy, la présidence de la République n'est qu'une étape de plus à inscrire sur son curriculum vitae. La France perdrait beaucoup de
temps avec lui, si par malheur il était élu. Votez en conséquence...
Citoyens électeurs, si vous êtes convaincus, comme moi, du danger que représente la candidature de Sarkozy, sachez utiliser votre bulletin de vote de la façon
la plus efficace pour lutter contre le candidat de l'UMP ! Je n'ai pas de consignes de vote à donner, sauf évidemment celle de voter contre Qui-vous-savez. Tout au plus, puis-je me permettre
quelques suggestions. Si vous êtes plutôt de gauche, et que, par conséquent vous détestez forcément Sarkozy, soyez consciencieux, faites preuve de responsabilité, et de détermination
anti-sarkozyste : votez pour Ségolène Royal. Si vous êtes plutôt de droite, et qu'il reste encore, au fond de vous, un peu de responsabilité citoyenne, faites le choix le moins déraisonnable,
compte-tenu de vos idées : votez pour François Bayrou. Si vous ne voulez ni de Royal, ni de Bayrou, mesurez bien les conséquences que votre vote pourrait avoir vis-à-vis de Sarkozy, et agissez au
mieux... Je ne saurai trop vous recommander vivement de ne surtout pas voter pour Le Pen, qui représente l'Anti-France. Ne cédez pas à la tentation du vote protestataire, qui n'est pas
constructif, et qui risque fort, d'une manière ou d'une autre, de servir les intérêts électoraux de Sarkozy. Dans tous les cas, agissez en conscience, et choisissez un candidat soucieux des
intérêts du pays et du peuple, dont le programme vous parait cohérent et non nuisible à l'intérêt général : Sarkozy et Le Pen n'entrent évidemment pas dans ce cas de figure. Pour le reste, faites
comme il vous plaira... Mais, surtout, n'oubliez pas d'aller voter !
Cordialement, :-)
Hyarion, l'anarcho-monarchiste résolument anti-sarkozyste.
(Illustrations : "V'là ma cartouche", caricature par Honoré Daumier, publiée dans le Charivari du 20 novembre
1869 ; Caricature de Sarkozy, par Kiro, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4510, 4 avril 2007)
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