"Mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer, de l'étranger,
Ce soir, c'est avec au cœur l'amour et la fierté de la France que je me présente devant vous.
La France est une Nation ardente et indépendante. La France, c'est une Nation engagée pour la justice et pour la paix. C'est une voix qui
s'élève au-dessus des intérêts particuliers. La France, mes chers compatriotes, je l'aime passionnément. J'ai mis tout mon cœur, toute mon énergie, toute ma force, à son service, à votre
service. Servir la France, servir la paix, c'est l'engagement de toute ma vie.
[...]
Mes chers compatriotes, au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement. Je ne solliciterai
pas vos suffrages pour un nouveau mandat. D'une manière différente, mais avec un enthousiasme intact et la même passion d'agir pour vous, je continuerai à mener les combats qui sont les nôtres,
les combats de toute ma vie, pour la justice, pour le progrès, pour la paix, pour la grandeur de la France.
S'agissant des échéances électorales, j'aurai l'occasion d'exprimer mes choix personnels.
[...]
Mes chers compatriotes, vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir. Pas un instant, vous n'avez cessé
d'habiter mon cœur et mon esprit. Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j'aime autant que je vous aime. Cette France riche de sa jeunesse,
forte de son histoire, de sa diversité, assoiffée de justice et d'envie d'agir. Cette France qui, croyez-moi, n'a pas fini d'étonner le monde.
Vive la République ! Vive la France ! "
(Jacques Chirac, allocution radio-télévisée, palais de l'Élysée, 11 mars 2007)
Dans mon précédent message consacré au président de la République
sortant, intitulé "Jacques Chirac : un dernier petit meurtre politique avant d'aller en taule ?", il
m'avait semblé fort probable que le chef de l'État ne se représenterait pas comme candidat à sa propre succession. C'est donc sans surprise que l'on a pu assister, le soir du dimanche 11 mars, à
une allocution radio-télévisée au cours de laquelle Jacques Chirac a annoncé qu'il ne "solliciterai[t] pas [n]os suffrages pour un nouveau mandat".
L'émotion était palpable dans les propos de Chirac, lors de cette allocution : après avoir passé douze années à l'Élysée, il fut sans doute difficile pour lui d'annoncer son
départ, au mois de mai prochain... Pour un peu, on finirait par oublier que le président de la République a commencé sa carrière politique il y
a 40 ans, et qu'il a ainsi vécu - et bien vécu ! -, jusqu'ici, aux "frais de la princesse", autrement dit aux frais de l'État, et donc des contribuables... Assurément, il était temps que cela
s'arrête...
Chirac a attendu dix jours avant de finir par annoncer officiellement, toujours à l'Élysée, son soutien au candidat de son choix à l'élection
présidentielle.
"Avec le Premier ministre, j'ai reçu ce matin le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur. M. Nicolas Sarkozy nous a fait part de son souhait
de quitter le gouvernement lundi prochain et ceci pour se consacrer pleinement à la campagne électorale. Je l'ai accepté. Et cet entretien a été pour nous, pour le Premier ministre et pour moi,
l'occasion de saluer son travail, son engagement, ses résultats au ministère de l'Intérieur.
S'agissant de mes choix personnels, les choses sont simples. Il y a cinq ans, j'ai voulu la création de l'UMP et ceci pour permettre à
la France de conduire une politique rigoureuse de modernisation, dans la durée. Dans sa diversité, cette formation politique a choisi de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à
l'élection présidentielle et ceci en raison de ses qualités. C'est donc tout naturellement que je lui apporterai mon vote et mon soutien".
(Jacques Chirac, déclaration télévisée enregistrée à l'Élysée, diffusée notamment sur la chaîne I-Télé, 21 mars
2007)
Chirac soutenant la candidature de Sarkozy de Nagy-Bocsa ? On a bien du mal à y croire...
Le jour de son allocution du 11 mars, peu avant l'enregistrement de celle-ci, le président sortant ne se privait de critiquer encore le candidat
de l'UMP. Évoquant le énième changement de stratégie électorale de Sarkozy, qui, après avoir joué les humanistes et cité Jaurès et Blum pour tenter de séduire le centre et la gauche, s'est de
nouveau remis à racoller l'électorat de Le Pen, à coups de discours populistes, Chirac a ainsi déclaré, à propos de la campagne de Talonnette Ier :
"Ça prend l'eau [...]. Sa campagne est en train de prendre une mauvaise tournure. Il va, il vient, il fait une campagne en zig-zag. Tout cela
n'est pas bon."
(Jacques Chirac, à propos de Sarkozy et de sa campagne, le 11 mars 2007, cité dans Le Canard
Enchaîné N°4507, 14 mars 2007)
La proposition absurde faite par Sarkozy, le 8 mars dernier, de créer un "ministère de l'immigration et de l'identité française" s'il est élu, a
été, comme cela était prévisible, désapprouvé par Chirac, au point que celui-ci a tenu à remanier son discours du 11 mars à la radio et à la télévision, pour insister sur la nécessité de refuser
toute concession à l'égard de l'extrême-droite :
"Mes chers compatriotes, [...] ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre. Dans notre histoire,
l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l'âme de la France dit non à l'extrémisme. Le vrai combat de la France, le
beau combat de la France, c'est celui de l'unité, c'est celui de la cohésion. Oui, nos valeurs ont un sens ! Oui, la France est riche de sa diversité ! Oui, l'honneur de la politique, c'est d'agir d'abord pour l'égalité des chances ! C'est de permettre à chacun, à chaque jeune, d'avoir sa chance. Ce combat,
malgré tous les obstacles, et même si je mesure le chemin qui reste à parcourir, il est désormais bien engagé. Il doit nous unir dans la durée. C'est l'une des clés de notre
avenir."
(Jacques Chirac, allocution radio-télévisée, palais de l'Élysée, 11 mars 2007, op.cit.)
En petit comité, la critique de Chirac s'est faite plus précise, vis-à-vis de Talonnette Ier :
"Mêler, comme l'a fait Sarkozy, immigration et identité nationale, c'est le pire des choix qu'il pouvait faire, parce que ce n'est pas dans la
tradition française. [...] Plus Sarkozy droitisera son discours, plus les choses se compliqueront pour lui au second tour. Ce n'est pas comme ça qu'il rassemblera et qu'il
gagnera."
(Jacques Chirac, à propos de Sarkozy, cité dans Le Canard Enchaîné N°4507, 14
mars 2007)
Cela n'a tout de même pas empêché le président sortant d'affirmer officiellement son soutien au candidat de l'UMP. Mais le moins que l'on puisse
dire, c'est que ce soutien apparaît assez peu enthousiaste, à en juger par sa déclaration du 21 mars. Chirac a ainsi expliqué la sobriété de sa déclaration :
"Je ne pouvais pas en faire plus [...]. Cela aurait paru hypocrite. J'avais toujours dit que, si c'était Sarkozy, je le soutiendrais. Je l'ai
donc fait sans excès : d'ailleurs il souhaitait un soutien mesuré."
(Jacques Chirac, à propos de sa déclaration de soutien à Sarkozy, cité dans Le Canard
Enchaîné N°4509, 28 mars 2007)
Et Talonnette Ier, pour sa part, n'a pas été étonné de la façon dont le président a annoncé son soutien :
"Je ne m'attendais pas à ce que Chirac en fasse plus. S'il en avait trop fait, cela m'aurait plombé ; s'il n'en avait pas fait assez, cela
serait passé pour un désaveu."
(Sarkozy, à propos de la déclaration de soutien de Jacques Chirac à sa candidature, cité dans Le Canard Enchaîné N°4509, 28 mars 2007)
Les deux hommes seraient-ils donc réconciliés ? Lorsque l'on songe aux relations qu'ils ont entretenu ces quinze dernières années, on peut
franchement en douter...
Petit rappel des faits : remarqué pour la première fois par Chirac en 1975, alors qu'il était encore un jeune militant de l'UDR (ancêtre du
RPR), Nicolas Sarkozy a contribué au meeting de lancement du RPR le 5 décembre 1976, avant de se retrouver plus tard à la tête du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac
en 1980. Après avoir soutenu le futur président aux élections pésidentielle de 1981 et 1988, Talonnette Ier, maire de Neuilly-sur-Seine depuis 1983, a cherché à se rapprocher de la famille Chirac
en courtisant la fille cadette, Claude. En 1992, il est d'ailleurs devenu suffisemment proche d'elle pour que celle-ci le choisisse comme témoin à son mariage avec un politilogue. "L'ami de
Claude" est alors un intime du clan Chirac, qui règne alors sur la mairie de Paris. Lorsqu'en 1993, Sarkozy se met au service d'Edouard Balladur, dans la perspective de la victoire de la droite
aux élections législatives, il le fait en ayant la confiance de Chirac. Celui-ci, en attendant d'accéder à la présidence de la République à la prochaine élection de 1995, préfère laisser en effet
le poste de Premier ministre à Balladur.
Toujours soucieux de favoriser
l'avancement de sa carrière politique, Sarkozy, devenu ministre du Budget et porte-parole du gouvernement de la seconde cohabitation, côtoit très souvent ledit Balladur. Dans la mesure où le
nouveau Premier ministre s'estime intellectuellement supérieur à Chirac, Talonnette Ier commence alors à jouer un double jeu : il ménage Chirac tout en encourageant Balladur à songer à se lancer
dans la course à l'Élysée, malgré la promesse que ledit Balladur a fait à Chirac de ne pas se présenter contre lui. La trahison de Sarkozy intervient à l'automne 1993, ainsi que Chirac l'a
lui-même relaté dans un livre de Pierre Péan paru assez récemment (voir le message intitulé "Jacques Chirac :
un dernier petit meurtre politique avant d'aller en taule ?"). A partir de se moment-là, Sarkozy, qui a choisit de servir Balladur, va tout faire pour isoler Chirac, pourtant président du
RPR, et pour le décrédibiliser au sein de la droite. Il fait tout ce qu'il peut pour assurer le soutien des ministres du gouvernement à la candidature de Balladur et pour rallier les élus de
droite à sa cause, en promettant des portefeuilles ministériels, en pratiquant le chantage à la subvention, ou en menaçant les députés de ne pas les soutenir pour leur réélection s'ils restent
chiraquiens. Au bout de quelques mois, la situation devient dramatique pour Jacques Chirac : maire de Paris et président du RPR, il n'est plus soutenu que par une poignée de fidèles dans son
camp, au point que Sarkozy, croyant certaine la victoire de Balladur, se laisse aller à un excès d'arrogance :
"L'électro-encéphalogramme chiraquien est plat. Ce n'est plus l'Hôtel de Ville [de Paris], c'est l'antichambre de la
morgue."
(Sarkozy, à propos de Jacques Chirac, vers 1994, cité in "Sarkozy, l'homme (trop) pressé", Les
dossiers du Canard Enchaîné N°89, octobre 2003)
"Chirac est mort, il manque juste les trois dernières pelletées de terre."
(Sarkozy, à propos de Jacques Chirac, vers 1994, cité par Nicolas Domenach et Maurice Szafran, in Le roman d'un président, Plon, 2000, repris in "Sarkozy, l'homme (trop) pressé", Les dossiers du Canard
Enchaîné N°89, octobre 2003)
Talonnette Ier est tellement sûr de son coup qu'il finit par en faire trop, en multipliant les phrases assassines dans la presse et en
encourageant le zèle de l'administration fiscale vis-à-vis de ce qui reste du camp chiraquien. Le journal Le Monde publie même des informations concernant la vente au Port autonome de Paris de
terrains appartenant à la famille de Bernadette Chirac, épouse de Jacques, laquelle aurait réalisé à cette occasion une intéressante plus-value. Le clan Chirac suspecte fortement Sarkozy,
ministre du Budget, d'être à l'origine de l'affaire. Or, voila que le vent finit par tourner, à partir de février 1995.
Après avoir été pendant longtemps le
symbole de la popularité de Balladur, les sondages d'opinion deviennent, peu à peu, de plus en plus favorables à Chirac. Dans le camp balladurien, c'est alors le début de la
débâcle. Les ralliements à Chirac se multiplient, et celui-ci finit par être élu président de la République, en mai 1995, Balladur
ayant dû s'incliner dès le soir du premier tour de l'élection. Après avoir tué Chaban-Delmas en 1974, tué Giscard d'Estaing en 1981, tué Barre en 1988, Chirac peut alors ajouter Balladur à son
tableau de chasse... Pour Sarkozy, c'est la descente aux enfers : Chirac va lui faire chèrement payer sa trahison et son arrogance. Talonnette Ier est écarté de toute fonction gouvernementale
après la victoire chiraquienne. En 1997, après la dissolution chiraquienne râtée de l'Assemblée, Philippe Séguin prend le contrôle du RPR et Sarkozy devient secrétaire général du parti
crypto-gaulliste : Chirac se méfie de ce tandem et le surnomme "Laurel et Hardy". En avril 1999, Séguin ayant abandonné la présidence du RPR en rase campagne juste avant les élections
européennes, Sarkozy le remplace au pied levé, et fonce tout droit vers la défaite électorale en juin. Talonnette Ier voudrait bien cependant être élu président du parti par les militants en
décembre 1999, mais Chirac s'arrange pour l'en empêcher. La traversée du désert continue. Il faudra attendre 2002, l'année de la réélection du président Chirac, pour que Sarkozy obtienne enfin à
nouveau des responsabilités gouvernementales, en l'occurence celles de Ministre de l'Intérieur. La suite, on la connaît : en 2004, Qui-vous-savez devient le tout-puissant président de l'UMP, le
parti unique de la droite voulu par Chirac en 2002. Désigné candidat à l'élection présidentielle de 2007 par les militants dudit parti, Sarkozy s'est donc arrangé pour finalement revenir dans la
course...
Dans ce contexte, comment ne pas penser que Chirac, en affirmant soutenir celui qui l'a trahi en 1993-1995, n'a fait que sauver les apparences ? Il s'est incliné devant la décision,
légèrement téléphonée, des militants de l'UMP de désigner Sarkozy comme candidat à sa succession à la magistrature suprême. Le fait est qu'après les défaites de la droite aux élections régionales
et européennes en 2004, puis l'échec personnel du président en 2005, avec la victoire du "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen, Chirac n'avait plus d'espace politique pour
tenter l'aventure d'une deuxième réélection à la présidence de la République. Par ailleurs, son actuel Premier ministre en fin de course, le très chiraquien Dominique Galouzeau de Villepin, a
été, pour sa part, incapable de s'imposer politiquement à droite, et donc de constituer une véritable alternative face à Talonnette Ier. Jacques Chirac, malgré tous ces efforts, n'a donc pas
réussi à empêcher l'ascension de Sarkozy, "le petit salaud" de Neuilly-sur-Seine. Mais il est bien évident que si les circonstances avaient été plus
favorables, il ne se serait sûrement pas incliné face à Talonnette Ier, et on peur remarquer qu'il a d'ailleurs attendu presque le dernier moment pour annoncer qu'il renonçait à briguer un
troisième mandat...
En admettant qu'il ait pu passer l'éponge sur la trahison des années Balladur, ce qui est fort peu probable, Chirac ne partage pas les mêmes
idées politiques que Sarkozy sur de nombreux sujets. On sait, par exemple, que si Sarkozy avait été à la place de Chirac en 2003, il aurait très certainement voulu suivre le président des
États-Unis d'Amérique, George W. Bush, dans sa désastreuse expédition guerrière en Irak, alors que Chirac s'est heureusement, au contraire, résolument opposé à cette guerre absurde, faite sans le
soutien de l'Organisation des Nations Unies, au mépris du droit international, et qui n'a fait que contribuer à déstabiliser encore davantage la situation géopolitique, déjà difficile, du
Moyen-Orient. Sarkozy est un atlantiste, adepte d'un certain suivisme vis-à-vis de l'hyper-puissance des États-Unis. Chirac est davantage partisan d'un monde multipolaire, soucieux de
l'indépendance de la France, et du respect du droit international.
Il se trouve que, par quelque extraordinaire coïncidance, alors que Chirac venait d'apporter son soutien à la candidature de Sarkozy, le journal
le Monde a évoqué la publication de deux ouvrages signés du chef de l’Etat parus aux éditions Odile Jacob.
Ces deux livres, intitulés explicitement "Mon combat pour la France" et "Mon
combat pour la paix", sont des recueils des principales interventions de Chirac depuis le début de son premier mandat, en 1995. Pour chacun de ces livres, le président sortant a écrit un
avant-propos, dont le Monde a publié des extraits, et dans lesquels Chirac expose ses convictions, en ayant très probablement la volonté de peser dans la
campagne électorale, à défaut d'être candidat à sa propre succession. "De mon éducation et de ma formation républicaines, j'ai retiré la conviction que la France
doit être gouvernée avec mesure. Cette mesure n'est ni de droite, ni de gauche, ni d'ailleurs du centre", écrit-il (Le Monde, 22 mars 2007).
Dans le domaine des affaires étrangères, il affirme, contre l'atlantisme de Sarkozy, son attachement à la "voie propre" de la France, dans une tradition
gaullienne qu'il revendique, et souligne qu'"à la veille de choix qui engageront notre avenir, nous devons être pleinement conscients de l'importance des enjeux
internationaux" (Le Monde, 22 mars 2007). Concernant la politique économique et sociale de la France, là encore vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, qui,
on le sait, est partisan d'un libéralisme économique forcené et d'une forme de discrimination "positive" des Français issus de l'immigration, Chirac ne
manque pas de critiquer directement ceux qui "pensent que le salut de la France passe par une brutale saignée libérale et par le démantèlement de notre modèle
social", ainsi que "le concept pernicieux de la discrimination même positive" (Le Monde, 22 mars
2007).
Le président sortant a ainsi commenté, devant des fidèles, les convictions qu'il a choisi d'affirmer dans ses deux livres
:
"C'est toujours ce que j'ai pensé [...]. Ce sont les raisons qui me poussent à ne pas porter Sarkozy dans mon cœur. Nous ne voyons pas la
France de la même façon. Lui a un côté communautariste, atlantiste et libéral. Et moi je suis attaché au modèle français."
(Jacques Chirac, à propos de ses divergences politiques avec Sarkozy, cité dans Le
Canard Enchaîné N°4509, 28 mars 2007)
Voila des propos qui donnent une idée de la nature du soutien de Chirac à Sarkozy : il
s'agit essentiellement de ne pas désavouer la décision des membres de l'UMP, mais en aucun cas de cautionner les idées du candidat choisi par le parti. Et, du reste, qui peut affirmer que Chirac
a pardonné à Talonnette Ier sa trahison ? Le soutien du chef de l'État ressemble à celui que François Mitterrand avait accordé, du bout des lèvres, au candidat socialiste Lionel Jospin en 1995,
voire à celui, sans doute encore plus mesuré, que Jacques Chirac avait lui-même accordé "personnellement", et visiblement à contre-coeur, entre les deux tours de l'élection présidentielle de
1981, au président sortant Valéry Giscard d'Estaing, candidat de l'UDF : Chirac, après avoir été le Premier ministre de Giscard de 1974 à 1976, avait rompu avec lui, n'ayant pas apprécié d'être
maintenu dans un rôle subalterne par le président de l'époque, et on sait qu'il est fort probable que les responsables du RPR, en 1981, ont tout fait pour favoriser la victoire de Mitterrand face
à Giscard... Le soutien de Chirac accordé à Sarkozy est, assurément, comme pour Giscard en 1981, un soutien de façade...
Le président sortant, à l'évidence, ne verrait pas d'un mauvais oeil la défaite électorale de Talonnette Ier. Chirac est un tueur politique.
S'il n'est peut-être pas en mesure, aujourd'hui, d'éliminer lui-même Qui-vous-savez, il peut cependant être de bon conseil concernant l'attitude à adopter face au candidat
Sarkozy.
Vers 1995, Chirac a prononcé une formule concernant Sarkozy, dont il existe plusieurs versions.
La plus récente est celle donné par Patrick Rotman, dans son documentaire "Chirac", diffusée sur France
2 en octobre 2006 :
"[Sarkozy,] il faut lui marcher dessus, et du pied gauche, car cela porte bonheur."
(Jacques Chirac en 1995, cité par Patrick Rotman, dans le documentaire "Chirac", France 2, 2006)
Personnellement, je préfère une version plus ancienne de cette formule chiraquienne, citée par la journaliste Ghislaine Ottenheimer dans un de
ses livres politiques, intitulé Le Fiasco (1996), et consacré aux premiers mois du premier mandat présidentiel de Chirac :
"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça
porte chance."
(Jacques Chirac, cité par Ghislaine Ottenheimer, in Le Fiasco, Albin Michel,
1996)
Voila la véritable consigne de Chirac pour la prochaine élection ! Cette formule chiraquienne, tout à fait pertinente, est, bien évidemment, la
devise de ce blog !
Ainsi, l'objectif est clair. Français, citoyens anti-sarkozystes, votez avec vos pieds ! Allez donc accomplir votre devoir civique le jour de
l'élection, et, bien entendu, votez résolument contre Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa !
Les intérêts supérieurs de la France et du peuple sont en jeu !
Cordialement, :-)
Hyarion, l'anarcho-monarchiste résolument anti-sarkozyste.
Annexe :
Je ne peux résister au plaisir d'évoquer ici un "tube" des années 1980 comme on n'en fait plus : "Jacques
Chirac maintenant". Dans le domaine de la chanson politique, c'est un véritable chef d'oeuvre ! ;-)
Chanson de campagne présidentielle de 1981 pour certains, ou de 1988 pour d'autres, elle apparaît dans un film pro-RPR de 1986, "La nuit du
risque" de Sergio Gobbi, et a servi pour au moins une des deux campagnes électorales présidentielles que Jacques Chirac a mené dans les années 1980. Plus récemment, en 2006, elle a été réutilisée
dans le film documentaire Dans la peau de Jacques Chirac, de Michel Royer et Marc Tellenne (ce dernier étant plus connu sous le pseudonyme de Karl Zéro).
Depuis le temps que cette chanson circule sur Internet, tout le monde devrait la connaître... En tout cas, pour ma part, je ne m'en lasse pas... ;-)
Assurément, lorsqu'il aura quitté l'Élysée, Jacques Chirac va nous manquer... ;-)
Chanson de campagne "Jacques Chirac Maintenant"
(Auteur : P. Stive ; source : http://www.fluctuat.net/influx/politique/Chanson-de-Campagne-chirac-rpr-1981.mp3)
" On a dans notre pays
Le pouvoir de changer de vie
Demain si nous le voulons
Tous ensemble nous réussirons
La France a besoin d'un homme de courage, de résolution
Votons Jacques Chirac
En avant toute la nation
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant Président
Ensemble maintenant
Jacques Chirac Président
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant Président
La France doit montrer le chemin de la liberté
Liberté de travailler, de mieux vivre dans chaque foyer
Votons Jacques Chirac
En avant toute la nation
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant Président
Ensemble maintenant
Jacques Chirac Président
On a dans notre pays
Le pouvoir de changer de vie
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant Président
La France a besoin d'un homme de courage, de résolution
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant président
Ensemble maintenant
Jacques Chirac Président "
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