« Le jour où je n'aurai plus de
responsabilités de cette nature, eh bien j'essaierai de servir la France, les Français d'une autre manière. [...] Il y a sans doute une vie après la politique ; jusqu'à la mort.
»
(Jacques Chirac évoquant l'après-présidence, lors d'un entretien télévisé, France 2, 11 février 2007)
Il est fort probable que notre président sortant, Jacques Chirac, ne se représentera pas pour un troisième mandat à la tête de l'État. A la vérité, il n'a pas dit grand-chose
lors de cet entretien du 11 février dernier, à l'occasion de l'émission-brosse-à-reluire du dimanche de Michel Drucker ("Vivement Dimanche", France 2)... En fait, Chirac se donne le temps de la
réflexion jusqu'à la fin du 1er trimestre de l'année pour prendre une décision définitive, soit jusqu'au mois de mars, au moment où les candidats doivent déposer leurs parrainages pour participer
officiellement à la course à l'Élysée. Mais au bout de 12 ans de pouvoir, il n'a plus guère de crédit dans l'opinion, et Sarkozy a tout fait pour s'imposer comme son successeur, en prenant le
contrôle de son parti unique, l'UMP, et en ralliant à lui la grande majorité de la clique politicienne que constitue la droite française.
Pourtant, les choses ne peuvent pas se terminer ainsi. Chirac n'a pas encore dit son dernier mot. Il dit ne pas être rancunier, mais dans le fond, il ne désespère sûrement pas de voir échouer le
traitre Sarkozy dans sa quête de la confiscation du pouvoir. Face à la faiblesse de l'opposition des Bisounours du PS, Sarkozy prends de plus de plus de confiance. Il commence à croire que la
victoire sera bel et bien pour lui. Chirac est peut-être notre dernier espoir. Un dernier petit meurtre politique avant d'aller en taule ? Pourquoi pas ? Car, plus qu'un grand magouilleur, Chirac
est, avant tout, un redoutable tueur politique, notamment lors des élections présidentielles. Ainsi, il a tué Chaban-Delmas en 1974 au profit de Valéry Giscard d'Estaing ; ensuite, l'orgueilleux
Giscard d'Estaing l'ayant un peu trop humilié lorsqu'il était son Premier ministre entre 1974 et 1976, il a tué Giscard, en 1981, au profit de François Mitterrand (lequel lui a renvoyé
l'ascenseur en 1995 en faisant de lui son successeur à l'Élysée) ; il a tué Raymond Barre en 1988, et, bien évidemment, il a tué Edouard Balladur en 1995, lui faisant ainsi payer sa trahison. On
pourrait ajouter au tableau de chasse Philippe Séguin, semble-t-il acculé à une sorte de suicide politique en 2001, lors des dernières élections municipales à Paris, qui furent un désastre pour
la droite... Dans une certaine mesure, il a aussi saigné ses Premiers ministres successifs, Alain Juppé, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, Dominique Galouzeau de Villepin... Et tant d'autres
politiciens...
Chirac pourrait très bien tuer Sarkozy... Mais le veut-il seulement ? Il faut l'espérer...
Chirac raconte ainsi, à Pierre Péan, la trahison de l'ambitieux Sarkozy et du vaniteux Balladur, dans la perspective de l'élection présidentielle de 1995 :
Trahison de Sarkozy :
« Le président [Chirac] en vient au
lâchage de Sarkozy, le 24 novembre 1993, à l'issue d'un bureau politique du RPR réuni à Paris, rue de Lille.
"On clôt la réunion, tout le monde s'en va... J'étais le dernier, je m'apprête à m'en aller. Je passe un coup de téléphone quand Sarkozy réapparait et me dit "il faut que je vous parle." On s'est rassis tous les deux au milieu des 30 chaises vides.
"Je vais déclarer mon soutien à Balladur.
– Ecoute, c'est bien, mais pourquoi viens-tu me dire cela ?
– Moi, je suis un politique, je fais de la politique, et il est évident que Balladur sera élu. Donc je soutiens Balladur."
Je lui réponds : "C'est très bien : tu fais ce que tu veux."
C'était tout à fait étonnant : ce garçon qui m'a toujours soutenu vient me dire qu'il va soutenir Balladur parce qu'il est un politique ! [...]" »
Trahison de Balladur :
« Après un tête-à-tête à Matignon [Balladur est alors Premier ministre de cohabitation] - je crois que c'était le dernier -, le Premier ministre me
raccompagne jusque sur le perron. Je lui dis au revoir, je descends deux marches et il me dis alors : "Jacques, je veux que vous sachiez maintenant que je ne
serai jamais votre Premier ministre." Il n'était pas encore candidat. Pour moi, il devait y avoir continuité, c'est-à-dire qu'il devait être mon Premier ministre si je gagnais les
élections. C'était en réalité une manière de me dire qu'il allait se présenter contre moi... Cette manière de le dire sur les marches, au moment où je partais, alors qu'il me tournait déjà le
dos, c'est comme ça que j'ai appris qu'il serait candidat.
Ça m'a fait de la peine.
Nous avons été intimes, et je n'avais jamais imaginé qu'il pourrait tirer un avantage quelconque de notre relation. »
(Chirac, in Pierre Péan, L'Inconnu de l'Elysée, Fayard, 2007, cité in Marianne
N°512 [du 10 au 16 février 2007])
Balladur a ainsi commenté, en petit comité, le 13 février dernier, les propos de Chirac reproduits dans le livre de Pierre Péan :
"Ce type est un menteur. Il ment sur tout. [...] Il ment en disant qu'il n'est pas rancunier. Cela fait douze ans
qu'il réserve sa rancune aux balladuriens et à Nicolas Sarkozy. Sans parler de celle qu'il a vouée à Giscard. [...] Ce type est vraiment un minable. Il essaie de se donner le beau rôle. Il
m'accuse d'être vaniteux. Je le suis peut-être, mais sans doute moins que lui. Car lui n'aime que les titres et les hautes fonctions. Qui plus est, cela ne fait pas quarante ans que je me
vautre comme lui dans les honneurs, les prébendes et les palais nationaux. Et cela ne fait pas quarante ans que je vis aux frais du contribuable. Moi, j'ai toujours habité chez moi."
(Edouard Balladur, à propos de Chirac, cité in Le Canard Enchaîné N°4503, 14 février 2007)
Décidément, ces gens-là seront toujours à couteaux tirés... mais, franchement, s'ils ne passaient pas leur temps à s'entretuer, je crois que l'on finirait par s'ennuyer... ;-)
Dieu sait si j'ai détesté Chirac et ses magouilles, jusqu'à ce que je sois contraint de voter pour lui, et contre Le Pen, au second tour de l'élection présidentielle de 2002 : jusque-là, j'ai
tant espéré qu'il soit jugé et emprisonné pour toutes les affaires auxquelles il a été mêlé, du temps où il était maire de Paris (de 1977 à 1995) et président du RPR (de 1976 à 1994)... Pour
toutes ces affaires, celles des emplois fictifs de la Mairie de Paris, du financement occulte du RPR (et de la fameuse Cassette Méry qui va avec), des HLM de Paris, des frais de bouche
exorbitants du couple Chirac à la Mairie de Paris, des voyages sous des faux noms et payés en liquide entre 1992 et 1995, je pense désormais que Chirac ne sera jamais vraiment inquiété. La
plupart de ces affaires ont été jugées, ou classés sans suite. Je crois que l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris est encore en cours, et que les poursuites contre Chirac pourront
reprendre lorsqu'il ne sera plus le président en exercice, mais quelque-chose me dit qu'il réussira encore à échapper à la justice... Dans le meilleur des cas, ce sont des seconds couteaux qui
auront payés à sa place...
Chirac, cette tête à claques, ce chef de clan politicien, devenu aujourd'hui grand défenseur de l'environnement et chantre de la préservation de la planète, va donc probablement s'en tirer... En
tant que citoyen, je lui sait gré d'avoir fermement refusé, au nom de la France, en 2003, de participer à la désastreuse guerre d'Irak. C'est, avec le discours du Vel'd'Hiv de 1995 reconnaissant
la responsabilité collective de la France dans les déportations sous l'Occupation, et avec la suppression du service militaire en 1997, le côté positif de son action de président de la
République. Mais, pour le reste, le bilan de Chirac n'est guère brillant, c'est le moins que l'on puisse dire... Il ne lui reste plus, maintenant, qu'à ne pas rater sa sortie, en rendant ce grand
service à la France que représenterait l'élimination politique de Sarkozy... Personne mieux que Chirac pourrait réussir cela...
L'espoir fait vivre...
Nous verrons bien...
Cordialement, :-)
Hyarion.
Annexes :
Je ne résiste pas au plaisir de retranscrire ici les propos savoureux que Chirac a tenu en 2000 et 2001 à propos de la Cassette Méry et des voyages payés en liquide du temps où il était maire de
Paris... C'était l'époque, pas si lointaine, des petites formules soigneusement choisies, celles des "abracadabrantesque" et autres "pschitt"...
Décidément, en voila encore un qui nous aura bien roulé dans la farine...
J'ai mis en évidence les mots qui m'ont paru les plus caractéristiques du "Chirac des affaires", y compris un verbe "avoir" employé à l'époque au présent par Chirac, mais qui a été curieusement
mis au conditionnel dans la retranscription officielle figurant sur le site de l'Élysée (le vrai "ont" est ainsi devenu un "auraient")...
Jacques Chirac, Président de la République, à Angoulême
(Charente), lors d'un entretien télévisé avec la journaliste Élise Lucet, France 3, Jeudi 21 septembre 2000 :
« ÉLISE LUCET - Monsieur le Président, nous reviendrons dans un instant, si vous le
voulez bien, sur le référendum sur le quinquennat qui est le but de votre visite, ici, à Angoulême. Mais, d'abord, dans son édition d'aujourd'hui, donc, Le Monde publie une interview posthume de Jean-Claude MÉRY que nous avons entendue, où vous êtes personnellement mis en cause. Il affirme avoir remis une
valise de cinq millions de Francs à Michel ROUSSIN, en votre présence, et cela pour le financement occulte du RPR.
J'ai envie de vous demander quelle est votre réaction à la fois sur la forme et sur le fond ?
LE PRÉSIDENT - Ma réaction : je suis indigné. Indigné par le procédé. Indigné par le mensonge. Indigné par l'outrance. Mme LUCET, il doit y avoir des limites à la calomnie. Hier, on faisait
circulait une rumeur fantaisiste sur une grave maladie qui m'aurait atteinte -sous-entendu je ne serais plus capable d'assumer mes fonctions-. Aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque. On fait parler un homme mort il y a plus d'un an. On disserte sur des faits invraisemblables qui ont eu
lieu il y a plus de quatorze ans. On exhume un enregistrement fait il y a plus de quatre ans et dont le journal lui-même, qui publie ces propos, les qualifie "d'invérifiables" et de "sans
valeur juridique".
Tout cela, comme par hasard, trois jours avant un référendum visant à améliorer le fonctionnement de notre démocratie.
Alors, je vous le dis, ces allégations sont indignes et mensongères. Voilà, pourquoi, je demande que ces éléments soient transmis à la justice afin que la vérité balaie la calomnie.
ÉLISE LUCET - Monsieur le Président, sur le fond, sur le système de financement occulte des partis et donc du RPR décrit par Jean-Claude MÉRY, ce système extrêmement organisé, extrêmement
précis, je veux dire, quelle est votre réaction ? Est-ce que vous avez eu des contacts avec Jean-Claude MÉRY ? Est-ce que vous le connaissiez ? Comment réagissez-vous sur le fond ?
LE PRÉSIDENT - Je vous dis que : "tout ce qui est dans ce pseudo-message, est pour moi sans fondement, mensonge, calomnie. Et pour tout dire, manipulation". Et je n'ai pas d'autre chose à
dire.
ÉLISE LUCET - Avez-vous le sentiment que la campagne électorale pour l'élection présidentielle est lancée ?
LE PRÉSIDENT - J'espère que ce n'est pas le moyen choisi par certains pour la lancer. »
Jacques Chirac, Président de la République, au Palais de
l'Elysée (Paris), lors d'un entretien télévisé, à l'occasion de la fête nationale, avec les journalistes Patrick Poivre d'Arvor, Béatrice Schönberg et Élise Lucet, TF1, France 2 et France 3,
Samedi 14 juillet 2001 :
« QUESTION - Monsieur le Président, on
va largement y revenir dans le cours de cet entretien. Je voudrais qu'on aborde le deuxième gros titre, si je puis dire, de cette heure que nous allons passer ensemble. Une immense polémique
est venue autour du financement de vos voyages privés, lorsque vous étiez maire de Paris entre 1992 et 1995. D'où viennent ces sommes, question très concrète, est-ce que les 2,4 millions que
les juges estiment être à peu près la réalité correspondent à la réalité ?
LE PRÉSIDENT - Je voudrais dire que les Français aspirent à plus de vérité, à plus de transparence et à plus de justice. C'est non seulement normal mais souhaitable pour notre démocratie et
cela s'impose à chacun d'entre nous. Mais que cette aspiration soit dévoyée, par le soupçon, par la rumeur, par la manipulation, par la présomption de culpabilité érigée en système, alors c'est
une autre chose, car cela a pour conséquence, non seulement d'occulter la vérité, mais aussi d'occulter le débat démocratique, et ce à la veille de grandes échéances électorales, sur les
problèmes qui se posent aux Français. Ce n'est pas innocent, naturellement,...
QUESTION - ...Mais qui les développe ?
LE PRÉSIDENT - Si vous permettez que je termine, j'en ai pour une seconde. Ce n'est pas innocent, mais cela ne sert ni la démocratie, ni les Français, ni l'image et donc la capacité d'action de
la France à l'étranger.
QUESTION - Monsieur le Président, dans ce cas, est-ce qu'il ne vaudrait mieux pas, tout simplement vous expliquer ou parler, et cela désamorcerait toute l'affaire.
LE PRÉSIDENT - C'est une excellente occasion pour moi de le faire...
QUESTION - Alors, parlons... et sur la provenance de ces fonds ?
LE PRÉSIDENT - C'est une excellente occasion pour moi de le faire, et je ne vous cache pas que je suis heureux de pouvoir le faire aujourd'hui. Parler aux Français, c'est toujours une joie,
c'est un honneur, mais dans la circonstance actuelle, pour moi, c'est nécessaire et j'attendais, je ne vous le cache pas, ce moment avec un peu d'impatience.
Alors, venons au fait. Il s'agit de quoi ? De mes voyages. Alors, j'ai regardé ce dont il s'agissait, je suis même revenu dans mes agendas pour vérifier des choses et qu'est-ce que je vois ?
Vous me permettrez de faire quatre réflexions. D'abord, dans ces voyages, qu'est-ce qu'il y a ?
QUESTION - Privés ou publics ?
LE PRÉSIDENT - Il y a des voyages professionnels, il y a des voyages privés, il y a des voyages, d'ailleurs courts, qu'il m'est arrivé d'offrir à tel ou tel de mes collaborateurs proches, pour
les remercier du travail fourni. Et puis alors, là où j'ai été stupéfait, c'est quand je me suis aperçu du chiffre exorbitant que l'on m'imputait au titre de ces voyages et, cherchant à
vérifier, quand je me suis aperçu qu'il y avait dans ces voyages, certains que ni moi, ni ma famille, ni aucun de mes amis n'avaient jamais fait, on pourrait prendre des exemples, mais peu
importe. Qu'il y avait des voyages qui avaient été faits par certains de mes collaborateurs qui les avaient eux-mêmes, certes par mon agence de voyages, commandés et payés, et que l'on
m'imputait. Et qu'il y avait surtout toute une série de voyages à des noms de gens dont je n'ai jamais entendu parler.
QUESTION - Donc, pour vous, les sommes se dégonflent ?
LE PRÉSIDENT - Ce n'est pas qu'elles se dégonflent, c'est qu'elles font "pschitt", si vous me permettez cette expression.
QUESTION - Et vous arrivez à les chiffrer ?
LE PRÉSIDENT - Je ne l'ai pas fait, mais cela, je peux vous le dire n'a strictement ...
QUESTION - ...On a parlé de la moitié de la somme ?
LE PRÉSIDENT - Cela n'a strictement, je peux vous le dire, aucun rapport avec la somme qui est aujourd'hui jetée en pâture à l'opinion publique, sans que personne ne se soit préoccupé de savoir
si elle était ou non justifiée, parce que : calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose !
QUESTION - Deux choses, Monsieur le Président, la question vient de leur provenance, non pas des voyages ?
LE PRÉSIDENT - Vous permettez, j'y viens. Ma deuxième réflexion, c'est que ces règlements ont été faits de manière parfaitement légale, et je vais répondre à votre question, puisque vous l'avez
déjà posée. Ils ont tous été faits sur facture. Si j'avais voulu les dissimuler, je n'aurais pas fait faire de factures. Ils ont tous été faits sur facture, c'est d'ailleurs comme cela qu'on
les retrouve, sinon on ne les retrouverait pas. Et deuxièmement, ils ont été, nous y reviendrons peut-être tout à l'heure, payés avec mes indemnités personnelles.
Troisièmement vous pourriez me dire, et vous allez me dire, j'en suis sûr, "mais ils ont été payés en espèces..."
QUESTION - Absolument...
LE PRÉSIDENT - Oui, ils ont été, pour un certain nombre d'entre eux payés en espèces. Pourquoi ? Tout simplement pour des raisons de discrétion et de sécurité. Un ancien Premier ministre est
tenu à un certain nombre de dispositions de sécurité. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'État met à son service des officiers de police. J'ai moi-même été, vous le savez, l'objet d'un
attentat dans le Capitole, que je n'ai pas pris à la dernière minute, je ne me souviens plus pourquoi. Cet attentat, hélas, a fait une victime. Il y a une sécurité et une discrétion
nécessaires.
QUESTION - Et là, il y avait des menaces particulières.
LE PRÉSIDENT - Non, il n'y avait pas de menaces particulières. Mais il y a une précaution nécessaire qui implique une certaine sécurité, une certaine discrétion. C'est ce qui explique...
QUESTION - C'est pourquoi il y a faux noms,...
LE PRÉSIDENT - Exactement, c'est ce qui explique que mon agence de voyages ait souvent mis des noms qui n'étaient pas le mien. Les vrais noms étaient donnés à la compagnie aérienne, en
particulier, à la dernière minute, au moment où j'allais monter. Je voudrais juste terminer, j'ai un quatrième point et après je répondrais à toutes vos questions. J'ai un quatrième point :
l'essentiel de ce qui reste de ces sommes tient naturellement au prix des billets d'avion. Je vais vous dire une chose : Je suis ancien Premier ministre depuis 1976. Il y a un usage, je ne
crois pas que ce soit un droit, mais en tous les cas c'est un usage, qui a été rappelé par un certain nombre de présidents d'Air France, qui veut que les anciens Premiers ministres et les
anciens ministres des Transports peuvent bénéficier, s'ils le demandent, de billets gratuits sur Air-France et sur les compagnies associées. Je vais vous dire une chose, je n'ai jamais, jamais,
pas une seule fois, demandé et a fortiori bénéficié d'un voyage ou d'un billet gratuit ou même à taux réduit sur Air France. J'ai toujours commandé mes billets à mon agent de voyages. Je les ai
toujours payés à taux plein. Je me demande parfois si j'ai eu raison, parce que si j'avais fait autrement, le chiffre finirait de s'effondrer. Peu importe, mais ce que je tiens à dire, c'est
que moi, je n'ai jamais demandé et a fortiori obtenu, le moindre billet gratuit ou à tarif réduit de la part d'Air France. Voilà. »
(Illustrations :
Caricature de Chirac, par Pétillon, publiée dans Le Canard Enchaînée N°4463, 10 mai 2006 ; Portrait officiel de Jacques Chirac, président de la
République, photographie par Bettina Rheims, 1995 ; Caricature de Chirac et Sarkozy, par Kiro, publiée dans
Le Canard Enchaîné N°4502, 7 février 2007 ; Caricature de Jacques Chirac, par Kiro, publiée dans Manufacture française
de candidats, Les dossiers du Canard Enchaîné N°83, avril 2002)
Commentaires