En 2012, dans trois ans,
j'aimerai bien que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa dégage définitivement de la scène politique française. Contrairement à une idée reçue, malheureusement persistante chez certains de mes lecteurs,
je ne suis pas "fasciné" par Sarkozy. A chaque fois que je le vois dans ma télé, il me donne simplement envie de gerber. J'aimerai donc qu'il dégage le plancher au plus vite, ne
serait-ce que pour me permettre de me sentir mieux à l'avenir, notamment vis-à-vis de mon estomac, lequel ayant encore le droit de faire son travail chaque fois que j'ai pris soin de le lester à
l'occasion d'un repas. Le seul parti de gouvernement susceptible de permettre la chute du sarkozysme actuellement au pouvoir, c'est le PS. Eh oui, le PS... ce parti "bourgeois",
"social-traitre", incarnant la "gauche caviar", que tout le monde aime détester au nom de je-ne-sais quelle bien-pensance à la con... Je suis adhérent du PS, et je n'en ai pas
honte, mais j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer ici que je ne suis pas un militant prosélyte, que je n'aspire nullement à convaincre quiconque de la pertinence de mon engagement personnel, et que
le fait que je paye une cotisation annuelle pour rester membre du Parti Socialiste ne fait pas forcément de moi un crétin à la solde d'apparatchiks carriéristes et cumulards, avec lesquels il me
faut bien compter mais que, pour autant, je n'estime pas... Les choses sont claires : je veux que Sarkozy dégage en 2012, et je soutiens donc le seul parti susceptible de prendre un jour le
pouvoir à sa place. Je suis ce que l'on appelle un sceptique : les petites certitudes des uns et des autres m'ont toujours emmerdé et m'emmerderont toujours. Néanmoins, comme il me reste encore
quelques convictions, en dépit de toutes les désillusions qui ont été les miennes depuis que je m'intéresse à la politique, et qu'il s'agit de convictions qui, a priori, sont des convictions de
gauche, je n'ai pas trouvé mieux que le PS pour donner un peu de cohérence à mon engagement anti-sarkozyste. La droite incarnée par Sarkozy et ses sous-fifres me donne envie de vomir, et me
dégoûtera toujours. Ce n'est pas avec elle que la liberté et la justice sociale peuvent exister conjointement dans ce pays. Je soutiens donc la gauche, sans être moi-même, rappelons-le, ni
capitaliste, ni marxiste. L'alliance de la justice sociale et de la liberté : la gauche est censée l'incarner, légitimement, et sans être entravée idéologiquement par une prétendue "vérité"
doctrinaire et une grille de lecture désespérement systémique, celles du marxisme. Voila donc où j'en suis, en étant membre d'un parti "bourgeois" comme le PS - probablement jusqu'en
2012, mais sans doute pas au-delà -, et continuant d'espérer la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, à la prochaine élection présidentielle, au profit de la seule force politique qui vaut la
peine d'être soutenu dans ce contexte précis, à savoir la gauche de gouvernement. C'est peut-être là une fort médiocre "ambition" politique, c'est peut-être idiot, c'est peut-être imbécile, c'est
peut-être ridicule par rapport aux grands enjeux de lutte des classes, de mondialisation post-moderne ou de construction européenne, mais, encore une fois, comme dirait Jacques Chirac, "c'est
comme ça ! Et il faut le comprendre !" ;-p
Sur le site de mon collègue blogueur marxiste Jean-Louis Roche, auquel j'ai consacré un article il y a quelques mois,
j'ai pu lire récemment ceci : "Pour rigoler allez donc faire un tour sur le site d'Hyarion : http://anarcho-monarchiste.over-blog.org/article-25905013-6.html mais pour les belles photos, malheureusement Hyarion son auteur baigne dans la fascination pour Blaireau Ier [Sarkozy],
bave d'amour pour les congrès du principal parti de la cause caviar [le PS], à chacun son plaisir "socialiste" solitaire... La politique pipole fait bien des ravages Madame Bouzigues!"
Assurément, la critique est rude, même si elle est amicale, et les certitudes concernant ma supposée "fascination" pour l'énergumène Sarkozy ont décidément la vie dure... Par tous les
dieux de l'Olympe ! Il ne faut pourtant pas se fier aux apparences !
"La politique pipole fait bien des ravages" ? Certes, mais pensez-vous donc, cher Jean-Louis, que je passe mon
temps à lire la presse consacrée aux célébrités, politiciennes ou non, pour savoir, par exemple, où Sarkozy est allé passer ses vacances de beauf "nouveau riche" avec sa femme ? Je vous rassure
tout de suite, j'ai autre chose à faire que de perdre mon temps à cela. Je préfère lire des livres, notamment des livres d'histoire (certes, pas des livres consacrés à l'histoire du mouvement
ouvrier en ce moment, mais vous savez bien que l'histoire de l'humanité ne se limite pas à l'histoire du mouvement ouvrier...), des livres consacrés à la littérature fantastique ou de fantasy (eh
oui, c'est ainsi !), des livres consacrés à l'art, et notamment à la peinture, etc. Même dans la salle d'attente du cabinet du médecin, je préfère lire les magazines consacrés au cinéma ou à la
santé plutôt que la presse consacrée à l'actualité des "gens" ("people") connus et pleins de fric. Voila. Point de lectures liées à la "politique pipole", donc : lorsque je veux
parler de Sarkozy et de politique-spectacle, il me suffit, en général, de me balader sur Internet, où l'on peut trouver tout ce qu'il faut pour évoquer l'actualité brûlante du Sarko-show... ce
genre de recherches ponctuelles étant complété par la lecture du Canard enchaîné paraissant chaque mercredi...
Est-ce que je "bave d'amour pour les congrès du principal parti de la cause caviar [le PS]" ? Ma foi, pour être
franc, s'il m'arrive de baver, c'est peut-être parfois pendant mon sommeil, sur un coin de ma bouche, comme cela arrive de temps en temps à beaucoup de personnes... Mais non, je ne
"bave" pas "d'amour" pour les réunions socialistes, que je fréquente très peu, même s'il est vrai que j'y consacre parfois des articles, comme cela a récemment été le cas. Cher
Jean-Louis, vous qui avez été membre du CCI (Courant Communiste International), vous qui évoquez très souvent, sur votre blog, l'actualité des micro-sectes d'inspiration marxiste (dont le CCI)
situées en marge de l'extrême-gauche "institutionnelle" et médiatique d'aujourd'hui (LO et le NPA), vous n'allez tout de même pas me reprocher de parler, de temps en temps (et, qui plus est, avec
une certaine retenue, me semble-t-il), de l'actualité du parti dont je suis adhérent, fut-il un parti "bourgeois" à vos yeux ? Je sens bien que vous regrettez que je perde mon temps à
rester dans un tel parti, et que cela peut paraître d'autant plus aberrant que je ne suis pas un bourgeois (loin s'en faut !), que je me qualifie, à titre personnel, de citoyen
"anarcho-monarchiste", et que je ne suis pas prosélyte. Mais si cela peut vous rassurer, sachez que je n'ai pas renoncé à mon esprit critique, que je ne dis pas forcément tout ce que je pense sur
les divers sujets abordés sur mon blog (y compris sur le PS et le système des élections), et que s'il m'arrive parfois d'évoquer une actualité "politique" jugée frivole, c'est toujours avec la
volonté de ne pas me prendre au sérieux, contrairement à d'autres...
"A chacun son plaisir "socialiste" solitaire" ? Me voila piqué au vif. Croyez-vous donc que je sois dupe de ce
qui se passe au PS, comme dans les autres partis politiques engagés dans l'éternelle course aux élections ? Croyez-vous que je sois assez _imbécile_ pour ne pas conserver mon esprit critique en
matière de politique, surtout en étant membre d'un parti comme le PS comme je le suis ? Figurez-vous, cher Jean-Louis, qu'en vérité, je préfèrerai que le Parti Socialiste s'appelle le Parti du
Sexe : philosophiquement parlant, j'y trouverai sans doute davantage mon compte ! ;op
D'ailleurs vous avez gagné : voici un article entièrement consacré au cul, sujet tant excrécré par cette extrême-gauche
trotskiste imbécile, celle des médiatiques Besancenot, Krivine et Laguiller, que vous critiquez vous aussi à juste titre, cette extrême-gauche télévisée qui n'a que les mots "grève
générale" à la bouche, et pour laquelle le sexe sera toujours un sujet tabou...
Pourquoi un article entièrement consacré au cul ? Tout simplement parce que ça me fait plaisir. Et si certains ne sont
pas contents parce qu'ils préfèreraient que je leur parle d'autre chose... eh bien tant pis pour eux ! ;op Du reste, c'est pour moi l'occasion d'évoquer des dépêches de l'Agence France Presse
consacrées au sujet et toujours très instructives, bien qu'elles ne dispensent pas de lire autre chose en matière de sexualité par ailleurs... Le sexe est une valeur sûre du journalisme
occidental, notamment français, et il m'arrive ainsi régulièrement de trouver quelque dépêche de l'AFP pour illustrer ce fait. Tenez, par exemple, en voici une datant du mois d'août dernier, qui
aborde le sujet fort sérieux de la pilule contraceptive utilisée par les femmes :
La pilule contraceptive influencerait le choix du partenaire
La pilule contraceptive, que prennent des millions de femmes dans le monde, pourrait altérer leur capacité innée à
sentir le partenaire génétiquement compatible, selon une nouvelle étude britannique.
Instinctivement, les femmes seraient attirées par le biais de l'odorat vers des hommes génétiquement différents afin
d'assurer la diversité biologique favorable à l'espèce, expliquent les chercheurs de l'Université de Liverpool dont les travaux sont publiés mercredi [13 août 2008] dans les comptes rendus de
la Société Royale britannique (Proceedings of The Royal Society B: Biological Sciences).
Or, selon les résultats de cette nouvelle étude, "les préférences de celles qui commencent à utiliser la pilule
contraceptive vont vers les hommes dont les odeurs sont génétiquement similaires", selon le principal auteur, Craig Roberts.
L'équipe de Craig Roberts a conduit cette expérimentation auprès d'une centaine de femmes auxquelles il a été demandé
d'indiquer leurs préférences concernant des échantillons d'odeurs mâles provenant de 97 volontaires, avant et après avoir commencé d'utiliser la pilule.
Tous les parfums de la vie quotidienne (lessives parfumées, déodorants, eau de toilette, etc.) ainsi que la fumée de
cigarette ont été évités afin de ne pas perturber le bon déroulé de l'expérience.
Ainsi préservées de tout parfum pouvant interférer, les femmes étaient plus à même de sentir leurs partenaires : les
gènes du complexe majeur d'histocompatibilité (CMH/MHC), impliqué dans les réactions immunitaires, jouent en effet également un rôle dans les odeurs dégagées par l'homme, par l'intermédiaire
des bactéries de la peau.
Le fait que les femmes utilisant la pilule aillent plutôt vers des hommes génétiquement similaires pose deux problèmes,
avance le chercheur : "Non seulement la similitude génétique (sur le plan du CMH/MCH) des couples pourrait conduire à des problèmes de fertilité", mais cela pourrait aboutir également à la
rupture de la relation chez les femmes qui cessent d'utiliser la pilule, étant donné le rôle significatif de l'odorat dans le maintien de l'attraction entre partenaires.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 13 août 2008, 17h19)
Un peu dans le même registre, voici à présent une dépêche plus récente, relative au sujet délicat du baiser. Une fois de
plus, voila le sexe quelque peu ramené à son statut originel de simple phénomène biologique :
Le baiser, une façon d'évaluer son partenaire pour la reproduction
Embrasser non seulement détend et rend plus attachant mais serait aussi un moyen important d'évaluer des partenaires en
vue de se reproduire en déclenchant des processus chimiques et biologiques clé dans le cerveau, selon des travaux présentés aux Etats-Unis.
Le fait de s'embrasser libère des substances chimiques qui abaissent le niveau des hormones liées au stress et au désir
de former un couple, a expliqué Wendy Hill, professeur de neurosciences au Lafayette College à Easton en Pennsylvanie (est).
Elle a analysé la salive et le sang de couples d'étudiants hétérosexuels après qu'ils se soient embrassés pendant
quinze minutes tout en écoutant de la musique.
L'analyse a montré d'importants changements dans les niveaux d'ocytocine, une hormone maternelle qui agit sur la
formation des couples, ainsi que dans la teneur de cortisol, une hormone liée au stress, par rapport aux moments précédant les baisers, a souligné Wendy Hill. Elle présentait ses travaux à la
conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) qui se tient depuis jeudi [12 février] à Chicago (Illinois, nord) [et jusqu'au 16
février].
Pour Helen Fisher, professeur d'anthropologie à l'Université Rutger (New Jersey, est) l'acte d'embrasser a probablement
évolué afin de stimuler les trois systèmes cérébraux jouant un rôle majeur dans l'accouplement et la reproduction de l'homo sapiens.
Le premier de ces systèmes est le désir sexuel alimenté par les testostérones, une hormone mâle, chez l'homme comme
chez la femme, qui pousse à la recherche de partenaires multiples.
Le second régit l'amour passion ou obsessionnel concentré sur une personne et paraît être lié à une activité élevée de
la dopamine, un stimulant naturel.
Enfin, le troisième système qui contrôle l'attachement et permet à un couple de rester ensemble suffisamment longtemps
pour élever des enfants, est associé à un niveau accru d'ocytocine, l'hormone maternelle, a expliqué Mme Fisher.
"Nous avons de nombreux indices montrant que la salive contient des testostérones et le fait que les hommes préférent
embrasser avec une bouche très ouverte laisse penser qu'ils essaient inconsciemment de transférer cette hormone mâle à la femme pour déclencher son désir sexuel", a relevé Mme Fisher, une des
grandes spécialistes aux Etats-Unis en biologie de l'amour et de l'attraction.
"Les hommes tendent à voir l'acte d'embrasser comme un prélude à la copulation", a-t-elle ajouté. Selon Mme Fisher
"embrasser est aussi un mécanisme d'évaluation d'un partenaire".
Citant des recherches en cours elle a jugé que le fait d'embrasser "allait probablement révéler toute une mécanique
(biologique et culturelle) agissant dans la recherche d'un partenaire idéal".
Elle a noté que plus de 90% de l'humanité pratiquait l'acte d'embrasser tout comme d'autres mammifères tels les
chimpanzés ou les renards qui se lèchent le museau.
Le naturaliste britannique Charles Darwin pensait que s'embrasser était un instinct naturel, poursuit Helen Fisher. Cet
acte, ajoute-t-elle, a évolué en un mécanisme biologique capable de stimuler les trois systèmes cérébraux responsables de l'accouplement et de la reproduction.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 14 février 2009, 15h45)
Ainsi, en matière de compréhension des mécanismes naturels structurant la sexualité, on en apprend tous les jours, mais
au delà de l'aspect physique, biologique, du comportement sexuel humain, on saurait, bien entendu, négliger les aspects psychologiques et sociaux dudit comportement sexuel. En matière de cul,
règles sociales et réflexion occupent en effet chez l'homme une part prédominante par rapport à la part purement instinctive des êtres humains concernant le sexe, et du reste, aujourd'hui, dans
nos sociétés post-modernes, le cul est comme la publicité : il est partout, et quoi que l'on puisse dire ou faire, on finit toujours par y revenir... Le cul est d'ailleurs d'autant plus présent
au sein des sociétés consuméristes occidentales qu'il est un sujet précisément fréquemment utilisé par la publicité. Le cul est donc partout, et tout peut y être ramené, aujourd'hui comme hier...
Le sujet est, du reste, suffisemment important pour avoir toujours fait l'objet d'un encadrement et d'un contrôle, d'où le fait que diverses dispositions légales et normes sociales régissent la
sexualité. C'est que le cul est un domaine d'enjeux sociaux pour le moins essentiels : la procréation, la santé, l'amour, le plaisir, les lois, les tabous, etc. Et dès lors on peut s'étonner que
ledit cul n'ait jamais eu l'honneur d'être officiellement élevé au rang de grande cause nationale dans notre beau pays, la France. Mais qu'à cela ne tienne, il se pourrait qu'avec un peu de
chance, la situation évolue favorablement en ce sens... ;-)
Voici ce que l'on peut lire dans le Canard Enchaîné de cette semaine :
"Grippe cochonne au gouvernement
Mercredi 29 avril à l'Assemblée, quelques minutes avant le début de la séance des questions au gouvernement. Roselyne
Bachelot, la ministre de la Santé, lance à sa collègue Nadine Morano :
« Qu'est-ce que j'en ai marre de ces Grenelle qui ne servent à rien. »
Une allusion au dernier Grenelle, intitulé le Grenelle des ondes et mis en place, précisément, par Bachelot, le
24 avril, pour répondre aux inquiétudes de la population quant à l'impact des ondes sur la santé.
Et Bachelot d'ajouter gaiement : « On devrait plutôt faire un Grenelle du cul. »
Martin Hirsch, présent lui aussi sur le banc des ministres, paraît médusé alors que des députés socialistes qui
ont entendu la ministre de la Santé se bidonnent.
Morano acquiesce : « Dans ce cas-là, il faudrait prendre Christine (Boutin) comme marraine.
»
La dite Christine renchérit : « Oh, tu sais, Nadine, il faut se méfier de l'eau qui dort !
»
« T'inquiète pas, répond Morano, je n'ai jamais eu aucun doute te concernant. »
Comme quoi ces dames du gouvernement peuvent avoir des conversations aussi grivoises que leurs collègues
masculins. Après deux ans de Sarkozy, la parité progresse..."
(Le Canard Enchaîné N°4619, 6 mai 2009)
Un "Grenelle du cul" ? En voila une bonne idée ! Cela nous changerait un peu de tous ces "Grenelles" plus ou moins médiatiques - et devenus aujourd'hui bien convenus -, de ces grands
débats publics réunissant des représentants du gouvernement et d'associations professionnelles et/ou d'organisations non-gouvernementales, portant sur un thème spécifique, visant en principe à
légiférer ou à prendre position, et dont on est jamais certain qu'ils aboutissent, à l'arrivée, à de véritables engagements concrets de la part des pouvoirs publics. Après le fameux Grenelle de
l'environnement - évoqué ici, en son temps, dans deux précédents articles -, un Grenelle de l'insertion, un Grenelle de la mer, et maintenant un Grenelle des ondes, il serait intéressant que
l'actuel gouvernement sarkozyste se décide à organiser un "Grenelle du cul", car, dans ce cas-là, il y aurait, soyez-en bien certains, chers lecteurs, matière à discussion
!
Prenez, par exemple, la question de la prostitution : c'est un vrai sujet, et il a d'ailleurs fait irruption récemment
dans l'actuelle campagne pour les élections européennes, comme en témoigne l'article qui suit, publié sur le site du journal Libération, à la fin du mois dernier...
"Les travailleuses du sexe s'engagent dans les européennes
Le Strass, premier syndicat français de «sexworkers», milite pour la reconnaissance de leur activité.
Le tapin s'invite dans la campagne des élections européennes de juin. Le jeune Syndicat du travail sexuel (Strass)
adresse aujourd'hui à chaque liste candidate un communiqué les enjoignant de se prononcer sur le manifeste et la déclaration des travailleuses du sexe en Europe, une de ses premières actions
d'envergure.
Le Strass est le premier syndicat du genre en France. Il défend, selon ses statuts, «les intérêts de toute personne
exerçant une activité commerciale en rapport avec la sexualité». Fondé le 20 mars à l'occasion des Assises européennes de la prostitution qui se sont tenues au théâtre de l'Odéon à Paris, il
compte plus de 200 membres, répartis en cinq fédérations. Ce syndicat se prévaut d'être représentatif du trottoir français, fort du soutien d'une grosse majorité des associations oeuvrant dans
le milieu. L'objectif du «manifeste des sexworkers» est d'aboutir à une reconnaissance professionnelle des «femmes galantes» de France et d'Europe et d'obtenir une position claire des
organisations politiques. Il s'agit également de montrer sans angélisme que ces prostituées militantes ont une réflexion sur leur statut politique et leur rôle social. Le manifeste a été
élaboré en octobre 2005 à Bruxelles par des prostituées et des représentants d'associations venus de 30 pays.
Clandestinité. Rétribuer un service sexuel n'est pas interdit dans l'Hexagone. Cependant, la loi de sécurité
intérieure (LSI, Art. 50) de 2003 pénalise «le racolage passif», passible de 3 750 euros d'amende et de deux mois de prison. Les prostituées doivent déclarer leurs revenus en bénéfices non
commerciaux et payer des impôts. Elles ne peuvent pourtant pas bénéficier de protection sociale, ni d'une retraite. La définition légale du souteneur rend très complexe la gestion de leur vie
privée. Toute personne bénéficiant des revenus d'une passe peut être poursuivie : un concubin, un bailleur, un loueur de véhicules ou de places de parking... Les mères tapineuses risquent de
perdre la garde de leurs enfants. Depuis l'entrée en vigueur de la LSI, la police a procédé à 12 900 arrestations pour racolage en Ile-de-France. On dénombre la petite vertu à la contravention.
«Les filles ne peuvent plus se regrouper, elles s’exilent dans les bois de banlieue. Elles y sont à la merci des maquereaux qui peuvent leur soutirer 200 à 300 euros par jour», explique Cadyne,
secrétaire générale du Strass nouvellement élue. Cette clandestinité accrue multiplie les tensions entre «les traditionnelles», plutôt françaises, et leurs homologues étrangères, moins chères
et sans papiers [...]. Le dumping menace, et les tarifs chutent. «Dans les forêts de l'Essonne, on a vu la fellation tomber à 20 euros, 40 pour la passe», témoigne Suzy, Nigériane de 34
ans.
Education. Le Strass admet l'existence de l’esclavage sexuel ou des passes à la chaîne dans les maisons closes.
Il refuse cependant la condescendance qui «victimise les sexworkers», selon le manifeste. Le credo du syndicat : les pouvoirs publics et les personnels de santé doivent s'associer aux
prostituées s'ils veulent définir des conditions d'exercice viables. L’organisation avance un modèle de profession libérale, du sexe dans des cabinets indépendants, similaires à ceux des
avocats, sans proxénètes ni patron. Le prochain chantier du Strass portera sur la mesure de l'impact du travail des prostituées en matière d'éducation sexuelle et de santé publique. Une grande
enquête européenne est en préparation en ce qui concerne «l'aide sexuelle directe aux handicapés», reconnue et remboursée en Allemagne, en Suisse ou encore aux Pays-Bas.
Pour donner le ton de l'action du Strass, l'une des fondatrices, Nikita, expliquait en conclusion du discours inaugural
qu'«un syndicat, c'est être solidaire, c'est apprendre les unes des autres, échanger et communiquer, guider les plus jeunes et celles qui démarrent, nous apporter entraide et support. C'est
donner ce que nous savons faire de mieux : l'amour»."
(Marc de Boni, article publié sur le site du journal Libération
[liberation.fr], 27 avril 2009, 06h51)
Ailleurs qu'en France, la question générale du cul peut prendre également des proportions importantes, voire nettement
singulières... En Russie, par exemple, certains ne peuvent s'empêcher de céder à la tentation de l'extrémisme crétin : à Saint-Pétersbourg, le 1er avril dernier, une statue de Lénine a ainsi vu
ses fesses arrachées par un engin explosif placé là par de mystérieux assaillants, dont on peut se demander s'il ne s'agississait pas de membres d'un lamentable groupuscule d'anti-léninistes
particulièrement frustrés sur le plan sexuel... ;op
Dans un registre plus modéré et plus intelligent, le Canada connait, lui, depuis quelques semaines, un évènement
également insolite, bien qu'étant sans doute sensiblement moins spectaculaire que l'arrachage, par un bombe, du postérieur d'une statue du père de la révolution bolchévique : je veux parler de la
présentation de candidats du "Parti du Sexe" aux élections législatives de la province canadienne de Colombie-Britannique, présentation de candidats à laquelle l'Agence France Presse a
consacré, assez récemment, une dépêche...
Canada : le "Parti du Sexe" s'introduit dans le débat politique
Une formation politique marginale veut décoincer le débat politique dans l'Ouest canadien en faisant campagne sur le
thème "le sexe est bon, rendons-le meilleur!".
Le Parti du Sexe ne se fait guère d'illusions sur ses chances d'accéder au pouvoir aux élections législatives du 12 mai
dans la province de Colombie-Britannique. Il profite plutôt de la campagne électorale pour défendre sur la place publique ses idées un peu particulières sur la sexualité, qui ne sont pas
abordées par les principales formations.
"Nous ne faisons pas campagne pour être élus. C'est impossible dans un système de scrutin uninominal à un tour qui
défavorise les petits partis", dit John Ince, un propriétaire de sex-shop qui préside cette formation atypique.
Le programme du parti repose sur les bienfaits d'une sexualité saine pour l'épanouissement des individus et de la
société.
L'application de ce principe commence à l'école, où le parti veut instaurer un programme initiant progressivement les
élèves à l'importance de la sexualité. Les adolescents apprendraient ainsi à établir des relations de confiance avec leurs partenaires avant tout contact physique. Les massages érotiques
individuels et l'apprentissage de la tolérance envers les homosexuels feraient aussi partie du cursus.
Le parti veut en outre réserver un coin nudiste dans tous les parcs publics et sur les plages de plus d'un hectare afin
"de normaliser la perception du corps humain et de ne plus stigmatiser les organes sexuels".
Il promet de faciliter les relations sexuelles dans les foyers pour personnes âgées, notamment par la formation
"d'infirmières spécialisées dans les soins sexuels".
"Les autres partis ne veulent pas aborder ce genre de problèmes. Cela leur fait trop peur," déclare Scarlett Lake.
Cette ancienne stripteaseuse, reconvertie en tenancière d'une agence d'escorte, est l'un des trois candidats du Parti du Sexe.
Le parti propose que la Fête de la Reine, célébrée chaque année au Canada en l'honneur de Victoria, monarque
britannique connue pour sa pruderie, devienne la "Fête d'Eros", la divinité de l'amour selon la mythologie grecque, et que la Saint-Valentin soit déclarée jour férié.
Le parti, qui n'a obtenu que 305 voix au dernier scrutin en 2005, n'est pas le seul à défendre des idées marginales.
Trente-deux formations politiques sont reconnues officiellement en Colombie-Britannique, dont le Work Less Party (le parti pour la réduction du travail), qui veut instaurer une semaine de 32
heures, et le Marijuana Party.
Cette prolifération s'explique par la souplesse de la loi électorale de la province. "Cela reflète la culture populaire
de la Colombie-Britannique où n'importe qui peut laisser sa marque en politique. La procédure n'est pas réservée aux élites," explique Norman Ruff, politologue à l'Université de
Victoria.
"On exerce tous un autre métier dans la vie de tous les jours. Nous sommes des politiciens amateurs et nous n'avons pas
beaucoup de temps pour faire campagne," dit John Ince, qui se présente dans la même circonscription que Gordon Campbell, le Premier ministre libéral de la
Colombie-Britannique.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 2 mai 2009, 10h59)
En France, en attendant l'irruption d'un Parti du Sexe dans la vie politique hexagonale (sur le plan du discours
sociétal, ce serait bien que le Parti Socialiste joue le rôle d'un Parti du Sexe, rien que pour emmerder le doctrinaire Besancenot et le bigot Bayrou, mais bon, il ne faut pas trop rêver à ce
sujet...), il faudrait, pour le moment, se contenter d'un "Grenelle du cul" tel que l'a suggéré la ministre Roselyne Bachelot-Narquin, dite Roselyne Bachelot, fusse sur le ton de la
plaisanterie grivoise... Eh bien, faisons-le donc, ce "Grenelle du cul" ! Ce sera toujours ça de pris, en attendant une mobilisation plus générale... car l'enjeu est énorme et les
problèmes réels : en vérité, on le sait bien, si les choses allaient pour le mieux dans le domaine du sexe dans ce pays, tout irait mieux... même si, parait-il, en France, les choses ne vont pas
trop mal en matière de cul, en dépit du contexte de crise que nous connaissons...
Le mois dernier, l'institut de sondages TNS Sofres a réalisé pour le magazine Le Nouvel Observateur et la radio RTL une
enquête sur le rapport à la sexualité des Français. Selon cette enquête, réalisée les 8 et 9 avril derniers auprès d'un échantillon représentatif de mille personnes et publiée dans la semaine du
23 avril, les Français estiment à 74% que le sexe est important dans leur vie, et considèrent à 63% leur vie sexuelle satisfaisante. 77% de l'échantillon interrogé considère que la fidélité
conditionne la réussite d’un couple et 56% des sondés estiment qu’ils ne pourraient pas avoir de rapports sexuels avec quelqu'un sans l'aimer. En ce qui concerne les pratiques sexuelles, ainsi
que l'avaient illustrées de précédentes enquêtes, la masturbation, la fellation et le cunnilingus sont pratiqués par une majorités de sondés, tandis que la pénétration anale et l'échangisme
restent largement minoritaires. Le désir homosexuel est revendiqué par 9% de l'échantillon, et le passage à l'acte par 6%. Quoi qu’il en soit, 55% des personnes interrogées disent qu'il faut
chercher à réaliser ses fantasmes sexuels. D'autre part, contrairement à une idée reçue qui voudrait qu'un contexte de crise stimule les appétits sexuels, censés conjurer la sinistrose, l'étude
semble révélatrice de la morosité ambiante dans le sens où si les Français disent dans leur majorité (49%) qu'ils font autant l'amour que d'habitude, on constate tout de même qu'un quart d'entre
eux (25%) disent le faire moins souvent dans ce contexte de crise actuelle, ce qui est d'autant plus vrai dans les foyers modestes et ouvriers.
Comme dirait l'autre, 63% des Français estimant leur vie sexuelle satisfaisante, c'est bien... mais pas suffisant ! Même
constat avec les 7% des Français qui disent faire plus souvent l'amour que d'habitude dans le contexte de crise actuelle et les 49% des Français qui disent faire autant l'amour que d'habitude
dans ledit contexte de crise : là encore, c'est bien... mais pas suffisant ! Il y a encore des progrès à faire, et assurément, face à l'énormité des enjeux dans le contexte actuel, un Grenelle
s'impose... Osons donc prendre au mot la ministre Bachelot ! Oui à un "Grenelle du cul" !!! Tout de suite !!! ;o)
Oh bien sûr, il se trouvera peut-être bien quelques marxistes grognons, authentiques ou non, pour se plaindre que cela
n'a aucun rapport avec la lutte des classes, mais on sait bien que, dans le monde comme il va - un monde de commerciaux écolos obsédés par le pouvoir d'achat et le développement durable -, les
marxistes seront toujours d'éternels insatisfaits... même si je ne doute pas que certains savent de temps en temps s'amuser... ;op
Sur ce, je vous laisse... j'ai un bulletin météo pour public "bourgeois branchouille" qui m'attend sur Internet...
;op
L'un de mes lecteurs réguliers, l'alias Sauron, est passionné par la météo... mais il déteste les sujets sociétaux, comme
celui du sexe auquel est consacré le présent article : il va donc probablement être insatisfait, lui aussi... Chers lecteurs, pourquoi n'êtes-vous donc jamais contents ? Faites donc comme moi :
amusez-vous un peu... ça vous changera ! ;op
Satiriquement, ;-)
Hyarion.
P.S. : On excusera le registre familier, voire un peu grossier, apparaissant dans le présent article... Un tel registre
est plutôt inhabituel ici, et il le restera, mais on comprendra qu'il traduit, d'une certaine manière, le caractère quelque peu épidermique de ce qui se veut une réaction à certaines critiques
parfois quelque peu excessives... ;-)
(Illustrations : Le Baiser, sculpture de marbre [1888-1889] par Auguste Rodin, Paris, Musée Rodin,
photographie, ©E. & P. Hesmerg ; Nicolas Sarkozy vu à travers l'objectif oculaire d'une caméra de télévision alors qu'il prononce un discours au Palais de l'Elysée, le 4 mai 2009, détail
d'une photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Plaquette de pillule contraceptive posée au chevet d'un lit, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Mychele Daniau ;
Détail de l'oeuvre Le Baiser, sculpture de marbre [1888-1889] par Auguste Rodin, Paris, Musée Rodin, photographie, ©DR ; Roselyne Bachelot-Narquin [à droite], ministre de la Santé et
des Sports, et Patrick Devedjian, ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance, attendant les questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale à Paris, le 11 février 2009,
photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Roselyne Bachelot-Narquin [au centre], ministre de la Santé et des Sports, Nathalie Kosciusko-Morizet [à gauche], secrétaire d'État
chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, et Chantal Jouanno, secrétaire d'État chargée de l'Écologie, lors d'une conférence de presse sur les ondes des téléphones
mobiles à Paris, le 23 avril 2009, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Le Salon de la Rue des Moulins, huile sur toile [1894] par Henri de Toulouse-Lautrec, Albi,
Musée Toulouse-Lautrec ; Des experts examinant les dégâts faits par une bombe sur une statue de Lénine, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 1er avril 2009, photographie de l'Agence France
Presse, ©AFP/Elena Palm ; Deux candidats du Parti du Sexe canadien, Dietrich Pajonk [à gauche] et Scarlett Lake, le 21 mars 2009 à Vancouver, au Canada, , photographie de l'Agence France
Presse, ©Philippe Moulier/AFP/Archives ; Le fondateur du Parti du Sexe John Ince [à droite] discutant avec Silke Wong, le 21 mars 2009 à Vancouver, au Canada, , photographie de l'Agence France
Presse, ©Philippe Moulier/AFP/Archives ; Le Verrou, huile sur toile [vers 1777] par Jean-Honoré Fragonard, Paris, Musée du Louvre ; Photographie anonyme et sans date, d'inspiration à
la fois burlesque et bolchévique, reproduite sur le blog "Le Prolétariat Universel" [http://proletariatuniversel.blogspot.com/] de Jean-Louis Roche, en mai 2009 ; Captures vidéo de deux
éditions de la "grave météo du jour" [celle du 28 avril 2009 en haut et celle du 30 avril 2009 en bas], présentée par Nina Linss, et diffusées sur le site Internet humoristique "Les Graves
infos" [www.lesgravesinfos.fr/])
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