Je suis terriblement en
retard, chers lecteurs, et j'en suis désolé : j'avais prévu de mettre en ligne le présent article il y a une semaine, mais j'ai été fort occupé ces derniers jours, mon agenda étant à nouveau
devenu un peu plus chargé depuis quelque temps... Voici donc, plus d'une semaine après l'évènement, un compte-rendu dont on excusera, je l'espère, le ton parfois vif à l'occasion de propos
destinés à certaines personnes : je suis un peu fatigué par certaines critiques stériles, et, après tout, quand on me cherche... on finit par me trouver... ;op
Vendredi 24 avril, il y a plus d'une semaine donc, à Toulouse, a eu lieu la grande réunion publique de lancement de la
campagne des socialistes européens à l'occasion des élections européennes du 7 juin prochain. Cette réunion a eu lieu à la Halle aux Grains, place Dupuy, célèbre salle de concert toulousaine
ayant accueilli François Mitterrand par le passé, et qui, après vingt-cinq ans consacrés à la musique, vient récemment de renouer ponctuellement avec les réunions politiques. Le 8 avril dernier,
la salle a ainsi été l'endroit où le rassemblement Europe-Ecologie - de Daniel Cohn-Bendit et José Bové - a dévoilé son projet, lors de sa première grande réunion publique, à tout juste deux mois
des élections européennes. Le 24 avril, il y a quelques jours, c'était donc au tour des socialistes d'occuper ladite salle, à l'occasion d'un rassemblement réunissant notamment Martine Aubry,
première secrétaire du Parti Socialiste français, Kader Arif, député européen et tête de liste socialiste dans la région Sud-Ouest, Poul Nyrup Rasmussen, Président du Parti Socialiste Européen
(auquel est rattaché le PS français à l'échelle européenne) et les têtes de liste socialistes des 27 pays de l'Union Européenne.
En tant qu'adhérent du PS, j'avais d'emblée l'intention de me rendre à cette réunion, qui avait l'avantage, une fois
n'est pas coutume, de se tenir dans un lieu proche de chez moi (j'ai eu plusieurs fois l'occasion, du reste, de fréquenter la Halle aux Grains ces dernières années, à l'occasion de concerts de
musique classique proposés par l'Orchestre National du Capitole de Toulouse). Finalement, cependant, ayant été invité formellement à assister à la réunion en tant que blogueur politique, je me
suis rendu au rendez-vous sous une double identité d'adhérent du PS et de blogueur indépendant. Accédant discrètement à l'intérieur de la salle par une porte de côté située en face de la rue des
Potiers, à l'écart de l'entrée principale ouverte au grand public, je me suis retrouvé installé, au deuxième étage (si je me souviens bien), dans un des fauteuils-strapontins d'une des
galeries-balcons de la salle, censée être réservée à la presse, d'où l'on pouvait assez bien voir la tribune des orateurs située en bas, sur la scène, dans un décor blanc et rouge, devant le
parterre semble-t-il réservé aux personnalités. La réunion, qui a commencée un peu après 19h00, pour se terminer entre 21h30 et 22h00, a fait l'objet de la dépêche de l'Agence France Presse qui
suit :
Les socialistes européens unis, veulent changer le cours de l'Europe
La grande famille socialiste européenne a lancé vendredi a Toulouse sa campagne pour les élections du 7 juin en
invoquant avec ferveur son unité pour "gagner la majorité" au parlement européen et "changer le cours de l'Europe".
"Les socialistes européens seront au rendez vous de l'histoire, pour changer le cours de l'Europe", a lancé la première
secrétaire du PS Martine Aubry devant 1.600 personnes réunies à la Halle aux grains.
"Nous allons nous battre ensemble pour une autre Europe, sociale", "une Europe moins sauvage" a poursuivi la numéro un
socialiste en se référant à Jean Jaurès.
Dans une ambiance chaleureuse, les représentants des 27 partis socialistes et sociaux démocrates européens, réunis pour
la première fois en campagne, se sont succédé à la tribune pour affirmer que "seuls les socialistes peuvent faire sortir l'Europe de la crise", reprenant en français ou en anglais le slogan de
campagne: "citoyens d'abord, people first".
La référence à "l'internationalisme" a soulevé l'enthousiasme ainsi que le volontarisme. Un cri a jailli de la salle
"yes we can !".
Martin Schulz président du groupe socialiste au Parlement européen a été ovationné debout par l'assistance lorsque le
député allemand a rappelé avec émotion les massacres de la deuxième guerre mondiale pour lancer: "avec la justice sociale, cela ne se répètera pas".
M. Schultz a dénoncé "une Commission qui a mené l'Europe au désastre". "Nous avons encore 45 jours pour bouger l'Europe
à gauche", a-t-il lancé.
Dans un message audiovisuel, le premier ministre espagnol José Luis Zapatero a apporté "son appui à tous les
socialistes européens pour construire une Europe plus unie, qui préserve une politique sociale (...) et soit un acteur fondamental de la paix". "Nous devons choisir la voie du
progrès".
Poul Nyrup Rasmussen, président du parti socialiste européen, a énuméré le en clôturant le meeting les sept premières
mesures qu'une majorité socialiste européenne prendrait dans les 100 jours suivant sa victoire. Il a notamment mis l'accent sur "un véritable plan de relance donnant la priorité à l'emploi et à
une croissance verte", une "régulation efficace des marchés financiers et une "solidarité nouvelle entre tous les pays de l'UE".
"Si en Europe, on ne fait rien de plus, au printemps 2010, il y aura 27 millions de chômeurs" a estimé le leader du
PSE. "Notre ambition de prendre la majorité est réaliste, nous en sommes très proches" a-t-il poursuivi, alors que la droite est majoritaire au parlement de Strasbourg
sortant.
Evoquant le scrutin en France Mme Aubry avait déclaré: "La colère monte partout (...) nous devons agir" face à "la
politique inefficace et injuste de Nicolas Sarkozy".
"Le 7 juin, beaucoup ont envie de dire non à Sarkozy (...) nous ne serons pas les derniers à dénoncer, mais nous, avec
le PSE, nous sommes une force politique pour trouver un débouché politique", a-t-elle dit dans une critique de l'extrême-gauche.
Quant à François Bayrou, "sa voix n'a pas souvent manqué à la droite au Parlement européen", a-t-elle
dénoncé.
M. Bayrou a également été visé par M. Schulz: "A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais à Bruxelles, il est
avec de sauvages néolibéraux".
Dans l'après-midi, Mme Aubry et M. Rasmussen avaient rencontré des syndicalistes d'EADS et ceux de l'équipementier
automobile Molex, devenus emblèmes de la résistance aux "licenciements boursiers".
(Dépêche de l'Agence France Presse, le 24 avril 2009, 21h58)
J'ai appris, après coup, que la réunion publique de lancement de la campagne européenne socialiste, prévu initialement à
Lille, avait été délocalisé à Toulouse pour assurer l'ambiance après que le PS se fut aperçu que le Nord était encore en vacances scolaires de Pâques, en cette fin de mois d'avril. Sage décision
s'il s'agissait de favoriser la venue d'un maximum de personnes à cette réunion. De fait, la salle toulousaine de la Halle aux Grains m'a paru plutôt bien rempli - 1.600 ou 1.700 personnes
étaient présentes selon certains, 2.700 militants étant présents selon d'autres sources - et ce fut assurément un moment particulier que de voir ainsi réunis, le temps d'une soirée, autant d'élus
et de candidats socialistes ou socio-démocrates venus d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, du Danemark, d'Espagne, de France, d'Italie, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de Grèce, de Hongrie, de
Lettonie, de Lituanie, de Malte, de Pologne, du Portugal, de République tchèque, de Roumanie... et j'en oublie, forcément...
Que retenir de cette réunion publique, à titre personnel ? Beaucoup de choses, assurément, que je ne peux évoquer en détail ici, car le temps me manque. Essayons d'aller à l'essentiel. La réunion
d'hier soir a été l'occasion d'assister au lancement d'une campagne électorale des socialistes européens ayant un caractère inédit puisqu'il s'agit d'une campagne commune sur un programme
commun - le "Manifesto", adopté cet hiver et signé par les 27 partis - pour les élections européennes du 7 juin. En ce qui concerne les orateurs, l'assistance a d'abord pu entendre le
discours inaugural de Pierre Cohen, maire socialiste de Toulouse, puis le discours du député Kader Arif, candidat tête de liste de la région Sud-Ouest. Tout deux n'ont pas manqué d'évoquer Jean
Jaurès, figure politique historique du socialisme français et de la région toulousaine, qui fut en son temps l'un des principaux artisans de la fusion des différentes sensibilités de gauche au
sein de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) dont le PS est l'héritier, et qui fut assassiné par un nationaliste, en 1914, alors qu'il cherchait à empêcher le déclenchement de
la Première Guerre Mondiale en réclamant notamment, à l'époque, dans un de ses derniers article de presse publié dans La Dépêche, "une Europe un peu moins
sauvage".
Une évocation du souvenir de Jean Jaurès et de son héritage politique fait toujours consensus auprès d'un public de
gauche, et je ne peux moi-même qu'en être satisfait. Moins consensuel, à mon sens, a cependant été le fait que Kader Arif, après avoir parlé de Jaurès, se soit senti obligé d'invoquer les manes
du "petit père Combes", c'est-à-dire Émile Combes, natif du Tarn comme Jaurès, mais figure politique de gauche nettement plus controversé : républicain radical, chef du gouvernement français de
1902 à 1905, Combes mena une politique excessivement anticléricale, voire antireligieuse, avec une intransigeance à la limite de l'intolérance, ce qui apparait d'ailleurs comme étant assez
paradoxal compte tenu du fait que ledit Combes a d'abord été séminariste et docteur en théologie catholique avant de devenir un homme politique. On peut, bien entendu, toujours évoquer
superficiellement Émile Combes comme un symbole de la laïcité associée à l'idée de république, mais pour ma part, Emile Combes est et reste non seulement l'archétype de l'anticléricalisme dans ce
qu'il a de plus stérile et de plus borné, mais aussi et surtout le politicien qui dirigea un gouvernement connu pour avoir été directement impliqué, en 1904, dans le scandale de la fameuse
affaire des Fiches, qui révéla l'existence d'une opération de fichage politique et religieux menée dans l'armée française par le général André, ministre de la Guerre du gouvernement de Combes,
avec la complicité avérée de membres de loges maçonniques du Grand Orient de France. Combes et son gouvernement n'ont heureusement pas survécu politiquement plus de quelques semaines à la
révélation de ce scandale, révélateur d'un "flicage" assez minable, décidé en haut lieu, et témoignant d'une volonté gouvernementale de surveiller, à des fins politiques, voire antireligieuses,
de simples individus, fussent-ils des militaires, y compris dans leur vie privée, au nom de l'intérêt supérieur de l'Etat. Bien entendu, la surveillance politique des individus de la part des
gouvernements ne date pas d'hier, et elle existait en France bien avant Combes comme elle existe toujours aujourd'hui, mais cependant, lorsque j'entend un politicien en ce début du XXIe siècle,
en l'occurence ici Kader Arif, invoquer les manes de Combes au nom du combat pour la laïcité, je ne peux m'empêcher d'être gêné, compte tenu de ce que je sais de ce personnage politique de la
IIIe République. Personnellement, je suis très attaché à la laïcité, notamment en matière d'enseignement, et je déteste trop les dogmes religieux pour pouvoir être complaisant avec l'attitude
insupportable des adeptes religieux d'un prosélytisme sectaire et de tout ceux qui passent leur temps à mélanger la politique avec la religion, mais en même temps, je suis suffisemment conscient
des excès, tout aussi insupportables, des partisans d'un athéisme fanatique et d'un anticléricalisme obsessionnel, pour ne pas avoir forcément envie de voir figurer le "petit père Combes" au
panthéon des grandes figures politiques de la gauche. Les mauvaises langues pourront toujours me répliquer que François Mitterrand ne valait pas mieux que Combes, notamment en matière de
surveillance, en rappellant la scandaleuse affaire des écoutes téléphoniques de l'Elysée, mais peu importe : de même qu'il n'y a pas lieu de se référer systématiquement à Mitterrand quand on est
de gauche, il n'y a pas lieu non plus, je pense, de se référer systématiquement non plus à Combes, fusse au nom de la juste cause de la laïcité.
Quel est mon avis sur l'orateur en question, Kader Arif ? J'en ai bien un, et il déplaira sûrement au militant socialiste
discipliné qui lira peut-être ces lignes, mais comme je n'ai rien à cacher sur ce point, autant écrire franchement ce que je pense à ce sujet. Kader Arif, proche de Jospin, de Delanoë et de
Pierre Cohen, conseiller municipal de Toulouse, député européen français depuis 2004, et tête de liste désignée dans le Sud-Ouest pour le prochain scrutin européen depuis le 28 février dernier,
fait partie de ceux que l'on peut appeler les "apparatchiks" du PS, ces membres indéboulonnables de l'appareil du parti obtenant régulièrement des investitures et des mandats électoraux. A titre
personnel, même si j'ai voté pour la liste socialiste à la tête de laquelle se trouvait Kader Arif lors des élections européennes de 2004, j'aurai assurément préféré que ce ne soit pas un
"apparatchik" tel que lui qui soit à nouveau investi comme tête de liste cette année. Je n'aime pas le carriérisme, en politique comme ailleurs, et j'ai donc peu d'estime pour ceux qui le
pratique, comme c'est le cas notamment avec Kader Arif, et sachant du reste que ledit Arif est évidemment loin d'être le seul dans ce cas. Cependant, en tant qu'adhérent du PS comme en tant que
citoyen électeur, il me faut bien faire avec la liste socialiste qui m'est proposée, sachant que sa composition aurait pu, à vrai dire, être pire que ce qu'elle est.
Pas de quoi se réjouir donc, mais pas de quoi avoir envie de vomir non plus, contrairement à ce que me laisse souvent
entendre un de mes lecteurs réguliers, l'alias Dante, qui aime bien me rappeler régulièrement - pour une raison que j'ignore - à quel point il n'aime pas Kader Arif... ;-)
La réunion publique s'est poursuivie avec un discours de la première secrétaire du Parti Socialiste Martine Aubry,
laquelle n'a pas caché, avec raison sans doute, son enthousiasme en affirmant : "Nous lançons le même jour, au même endroit, la campagne pour les élections européennes avec des têtes de liste
des 27 partis frères socialistes et sociaux-démocrates". "Nous serons au rendez-vous de l'histoire. 27 partis pour lancer les bases d'un nouveau modèle, retrouver l'idéal européen",
a-t-elle poursuivi, en ajoutant également : "Nous sommes une force égale à nulle autre, qui veut donner un nouveau sens à l'Europe ; les citoyens d'abord, n'oublions pas pourquoi l'Europe est
faite". La première secrétaire du PS a aussi, bien entendu, évoqué la "politique inefficace et injuste" de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et fait quelque allusions aux mouvements
politiques d'opposition concurrents des socialistes. "Le 7 juin, beaucoup ont envie de dire non à Sarkozy, il va y avoir de la dénonciation, nous ne serons pas les derniers à dénoncer, mais
nous, avec le PSE, nous sommes une force politique pour trouver un débouché politique", a-t-elle notamment dit dans une critique plus ou moins voilée de l'extrême-gauche incarnée, notamment,
par Besancenot. En ce qui concerne Bayrou, Aubry a ironisé sur son positionnement politique à géométrie variable et relevé que "sa voix n'a pas souvent manqué à la droite au Parlement
européen", sa critique du gourou du MoDem étant finalement assez modérée, alors que des sifflets et des huées se sont aussitôt fait entendre dans le public dès que la première secrétaire du
PS a prononcé le nom dudit Bayrou. Pour cette "première" d'une campagne électorale commune des socialistes européens - à l'occasion de laquelle sont prévus quatre journées thématiques organisées
en même temps avant le 7 juin -, Martine Aubry, tout en concédant que "quand on parle de l'Europe, les Français ont souvent l'impression que c'est flou", a promis une campagne
"concrète". Sans surprise, je n'ai pas entendu un seul mot concernant le traité de Lisbonne. Tout au plus a t-il été fait allusion à la division des socialistes français au moment du
référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (TCE) en 2005. Se réjouissant de l'unité desdits socialistes français sur le thème de campagne choisi et résumé dans le slogan "Citoyens
d'abord : un nouveau sens pour l'Europe" ("People First : A New Direction for Europe", en version anglaise), Martine Aubry a dit : "Nous n'aurions jamais dû nous diviser sur
l'Europe, nous sommes heureux d'être tous là pour défendre la même Europe". Sans doute est-il en effet heureux que les socialistes français soient tous d'accord pour faire campagne sur le
thème de l'Europe considérée à une échelle humaine et donnant la priorité aux intérêts des citoyens et des peuples. Mais, cela dit, je crains, hélas, que cette unité relative des socialistes ne
dissimule qu'assez mal les cicatrices des blessures nées de la division du PS sur la question du TCE, vis-à-vis de laquelle on peut rappeler que le contenu dudit TCE a été repris à peu près tel
quel dans le traité de Lisbonne actuellement en cours d'adoption dans les pays de l'Union Européenne. En ce qui me concerne, rappelons-le, j'ai voté "Non" au référendum sur le TCE en
2005, et j'aurai très probablement voté également "Non" au traité modificatif de Lisbonne si j'en avais eu l'occasion l'année dernière, comme ce fut le cas pour les
Irlandais...
A la suite de la première secrétaire du Parti Socialiste français, ce sont succédés à la tribune de nombreux candidats
socialistes européens, s'adressant au public soit en français, soit en anglais, soit dans les deux langues. Il serait trop long d'évoquer les interventions de chacun d'entre-eux, et je me
contente ici d'évoquer succinctement celles qui m'ont le plus interpellé. Parmi tous ces orateurs venus de tant de pays européens, certains se sont particulièrement fait remarquer par leurs
interventions énergiques et enthousiastes : je pense en particulier à la députée européenne néérlandaise Emine Bozkurt, brandissant vigoureusement un placard sur lequel figurait le slogan de
campagne "Citoyens d'abord", et qui, si je me souviens bien, a notamment plaidé, en anglais, pour une direction européenne "qui prend des décisions pas seulement quand le soleil brille mais
aussi pendant les tempêtes". A la suite de cette représentante des Pays-Bas visiblement très entousiaste, le chef du Parti Socialiste maltais, Joseph Muscat, a déclenché les rires de
l'assistance, pendant son discours (en français), en évoquant ironiquement les premiers jours du quinquennat présidentiel de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, premiers jours passés, comme chacun le
sait, à bord du Paloma - un yacht de luxe appartenant au milliardaire sarkophile Vincent Bolloré -, au large de l'île de Malte : "Je connais un gentleman [...] qui a pris un yacht pour venir
passer ses vacances dans mon pays. Je lui dis « revenez en vacances et laissez nous le leadership européen »". Cette petite pique de J. Muscat, d'autant plus piquante qu'elle venait d'un
socialiste maltais, m'a bien fait rire, je l'avoue, et je me suis même mis à rêver, l'espace d'un instant, que Sarkozy parte définitivement en vacances à Malte, sur le yacht de son ami Bolloré,
en se retirant, une bonne fois pour toutes, de la politique française, européenne, mondiale... et même galactique. Cela nous ferait, à nous tous, aussi, des vacances !
Parmi les autres orateurs européens intervenus durant cette soirée, il y a eu Juan Fernando Lopez Aguilar, candidat
socialiste aux élections européennes en Espagne, s'exprimant en français, très applaudi par les militants présents - qui étaient majoritairement des Français mais qui comptaient parmi eux,
semble-t-il, de nombreux Espagnols -, et qui a notamment rendu hommage, non sans une certaine émotion, à Toulouse et à sa région qui ont accueilli, durant les années 1940, de nombreux réfugiés
républicains espagnols (dont le père de Juan Fernando Lopez Aguilar) ayant fui la dictature de Franco.
Il y a aussi eu la très enthousiaste Zita Gurmaï, députée européenne hongroise élue en 2004 sous les couleurs du Magyar Szocialista Párt (Parti Socialiste hongrois), présidente du PSE Femmes (au
sein du Parti Socialiste Européen) depuis 2004, et secrétaire nationale du Parti Socialiste français aux Droits des femmes depuis l'année dernière. A un autre moment de la soirée, on a pu
également remarquer le représentant lituanien, qui, dans son discours, a dénoncé les "banksters" - contraction en anglais des mots "banquiers" et "gangsters" - ayant déclenché la crise
financière mondiale. Puis ce fut le moment, très attendu du public semble-t-il, du discours de Martin Schulz, député européen social-démocrate allemand et président du groupe du PSE au Parlement
européen. On se souvient que le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait un jour, en juillet 2003, proposé à Martin Schulz de tenir un rôle de "kapo" dans un film sur les
camps de concentration nazis, en raison de la nationalité de Schulz : cette insulte aux relents particulièrement douteux avait été prononcée par ledit Berlusconi en réaction au fait que ledit
Schulz avait simplement osé critiquer le détestable chef du gouvernement italien en sa présence, lors d'une session au Parlement européen. Evoquant le prochain soixante-dixième anniversaire du
déclenchement de la Deuxième Guerre Mondiale suite à l'invasion de la Pologne par Hitler (en septembre 1939), Martin Schulz s'est félicité, en français, d'être à la tête d'un groupe de 208
députés socialistes et socio-démocrates venus de pays "que l'armée de [son] pays a envahi il y a soixante[-dix] ans", et également a mis en garde les socialistes européens contre la résurgence de
l'antisémitisme en Europe, en citant plusieurs exemples, notamment en Hongrie, et en évoquant aussi la énième affaire de "détail de l'Histoire" autour de Jean-Marie Le Pen, affaire dont
Schulz a été l'un des protagonistes et dont j'ai eu l'occasion d'écrire ce que j'en pensais dans un précédent article...
Evoquant plus directement la campagne électorale, avant de s'adresser aux jeunes de la salle avec une référence au
"discours à la jeunesse" de Jean Jaurès, le député social-démocrate allemand a également - ainsi que l'on a pu déjà le lire dans la dépêche de l'AFP citée plus haut - lâché cette
pertinente pique à l'intention de François Bayrou : "A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais, à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux." Au delà de l'effet de
tribune, forcément réussi, Martin Schulz est évidemment dans le vrai : Bayrou n'hésite pas aujourd'hui à tenir un discours contestataire et démagogique, semblable à celui de l'extrême-gauche, sur
la scène politique nationale française, alors que lui (Bayrou) et ses amis sont membres, au niveau européen, du PDE (Parti démocrate européen), parti qui se veut centriste mais qui est surtout
majoritairement constitué de politiciens de centre-droit ayant quitté à regret, en 2004, le PPE (Parti Populaire Européen, rassemblant les droites conservatrices européennes, et devenu trop
ouvert aux souverainistes selon ces politiciens de centre-droit), le PDE siégeant, au Parlement européen, au sein du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) qui
ne ressemble en rien à un groupe contestaire vis-à-vis de la droite et du système économique en place, loin s'en faut. Bayrou est un escroc : cela fait longtemps qu'on le sait, mais ça ne coûte
rien de le rappeler...
Après le discours de M. Schulz, suivi d'une intervention de Georges Papandréou, ancien ministre des Affaires étrangères
de Grèce, actuel président de l'Internationale socialiste et secrétaire général du PASOK (Panellínio Sosialistikó Kínima, en français Mouvement Socialiste Panhellénique), est venu le moment de
conclure, avec un dernier discours, prononcé par Poul Nyrup Rasmussen, député européen social-démocrate danois, ancien Ministre d'Etat (chef du gouvernement) du Danemark et actuel Président du
Parti Socialiste Européen (PSE). Candidat potentiel au remplacement de l'actuel président conservateur de la Commission européenne José Manuel Barroso, si le Parlement européen bascule à gauche,
Rasmussen a réclamé un "leadership courageux" à la Commission ne se résumant pas à passer des "coups de téléphone à Berlin, Paris et Londres pour demander : « qu'est-ce que je peux
faire ? »", le député social-démocrate danois ne manquant pas d'évoquer, avec une certaine ironie, le fait que les députés socialistes européens ont dû supporter pendant plusieurs années la
médiocrité de la gouvernance de Barroso à la tête de la Commission : "c'était dur, je vous assure, c'était très dur..." a-t-il notamment déclaré. Rasmussen a également exposé le contenu
du programme commun, le "Manifesto", soit sept grandes mesures pour les cent premiers jours d'un Parlement européen de gauche (avec un nouveau président de la Commission), un plan de relance
économique européen et de nouvelles règles de régulation financière figurant en tête des objectifs. Un "nouveau véritable plan de relance avec des investissements donnant la priorité à
l'emploi et à une croissance verte", un "pacte européenn pour l'emploi pour plus d'emplois de qualité, plus de droits des travailleurs et plus d'égalité", une "charte pour les
droits des femmes en Europe", un "pacte de progrès social pour contrer les conséquences de la crise et prévenir la pauvreté, l'exclusion et les inégalités", une "régulation
efficace des marchés financiers pour éviter de nouvelles bulles spéculatives", une "solidarité nouvelle entre les pays membres de l'Union Européenne, du Nord et du Sud, de l'Est et de
l'Ouest", et un "plan européen pour un nouvel accord mondial au G20 d'ici à la fin de 2010" : telles sont les sept grandes mesures qui ont été présenté, en français, par le
président du PSE. "Dans la tête des travailleurs, dans la tête des gens partout en Europe, il y a un nouvel esprit, il y a un nouvel espoir, il y a une nouvelle ouverture pour nos idées, et
il y a une nouvelle chance" a ensuite déclaré Poul Nyrup Rasmussen, avant d'ajouter : "Nous sommes des forces progressistes et nous voulons donner une direction progressiste à l'Europe
pour les citoyens d'abord". Il a été très applaudi, et c'est ainsi que s'est terminé la soirée...
Quelles impressions ont été les miennes lors de cette réunion publique ? J'ai eu une impression, fugitive mais réelle, de
me sentir Européen au moment des discours de tous ces candidats des pays de l'Union Européenne, impression vite remise en cause dans mon esprit par la pensée que l'identité européenne reste à
construire et que beaucoup de citoyens de l'U.E. ne se sentent pas Européens, et en tout cas pas du tout favorables (sans doute avec quelque raison !) à l'Europe telle qu'elle se construit
aujourd'hui... Mais surtout, j'ai eu l'impression d'être politiquement plutôt à ma place dans cette réunion, en dépit de ce que je pense de la vie politique française, voire européenne, et en
dépit de ce que bien des commentateurs conformistes pensent du PS...
Au sein du clivage gauche/droite - clivage qui, n'en déplaise à certains, continue d'exister, et pas seulement dans la
tête de quelques citoyens ou les paroles de quelques politiciens -, je me situe simplement à gauche, sans être capitaliste ou marxiste. C'est ainsi, et ce n'est pas autrement. Les considérations
dogmatiques avec grilles de lecture systémiques, les débats ridicules sur le sexe des anges à gauche - avec cet escroc sans programme qu'est Besancenot et cet histrion donneur de leçons qu'est
Mélenchon, lesquels prétendant tout deux incarner "la vraie gauche" -, tout cela ne m'intéresse pas. Face à la droite, je me situe à gauche, un point c'est tout. Cependant, n'étant pas
d'un naturel prosélyte, je ne crie jamais mes convictions sur tous les toits, et le fait que je me définisse ici comme anarcho-monarchiste signifie d'ailleurs que j'entend bien ne pas me laisser
enfermer dans telle ou telle catégorie toute faite, même si par ailleurs, je n'ai pas peur de prendre partie au sein de l'échiquier politique, fusse d'une façon apparaissant comme étant toute
personnelle... Et tant pis si le Parti Socialiste n'a pas bonne presse : en soutenant le PS, à mon modeste niveau et sachant que mon engagement dans ce parti n'ira probablement pas au-delà de
2012, je fais ce que je crois être juste, ni plus, ni moins. Si quelqu'un veut me persuader que je suis dans l'erreur, il peut toujours essayer de le faire, mais à condition d'avoir des arguments
vraiment convaincants. Or, des arguments convaincants, je n'en entend jamais, et pour cause : personne n'en a, parce que personne parmi les gens qui critiquent les socialistes n'est capable de
dire un mot sans tenir compte de ses misérables petites certitudes d'énergumène soit-disant "vraiment de gauche" ou de donneur de leçon ne prenant jamais de risque en matière
d'engagement politique.
Les affirmations péremptoires de certains, qui passent leur temps à répéter stupidement toujours la même chose, à savoir
que "le PS est obsolète", que "le PS ne vaut rien" ou que "le PS est mort", sont, à mes yeux, pathétiques, et le resteront, car, au-delà de la pauvreté qu'elles
incarnent en matière d'argumentation, ces affirmations sont évidemment aussi fausses que ridicules : si le PS ne valait rien, si le PS était si obsolète qu'on le dit, si le PS était vraiment
mort, en parlerait-on autant, à droite comme à l'extrême-gauche ? Le PS n'est assurément pas mort, et il me parait bien vivant, au contraire, puisque Besancenot, Bayrou et Mélenchon en sont
encore à souhaiter sa disparition malgré tous leurs efforts pour servir les intérêts de la droite, laquelle, n'en déplaisent à certains, n'est assurément pas plus défendable que la gauche de
gouvernement que tout le monde adore critiquer aujourd'hui...
Sachez-le, toutefois, chers lecteurs : dans la plupart des discours prononcés lors de la réunion publique de vendredi
dernier, j'ai pu trouver des choses avec lesquelles je suis d'accord, et d'autres vis-à-vis desquelles mes sentiments sont partagés, voire très réservés. Mais que l'on attende pas de moi
cependant que je fasse je-ne-sais quel grand écart en critiquant tant et plus, tout en cherchant à convaincre mes lecteurs de voter socialiste aux élections européennes comme moi je le ferai.
Contrairement à d'autres, je n'ai pas la prétention, vis-à-vis de mon engagement personnel au PS - fut-il fort modeste -, d'écrire pour convaincre qui que ce soit en particulier de quoi que ce
soit, ni de me payer le luxe de critiquer les socialistes autant que certains de mes lecteurs aimeraient peut-être que je le fasse pour qu'ils puissent d'autant mieux pointer les contradictions
qui sont sans doute les miennes mais qui pourtant ne valent sans doute pas mieux que les leurs...
Maintenant cela dit, on peut toujours me reprocher de ne pas beaucoup parler du fond, et on peut prétexter cela - ou
autre chose - pour critiquer continuellement le PS. Ces temps-ci, il se passe rarement une semaine sans que j'entende une critique quelconque dirigée contre le PS et ceux qui osent encore
déclarer faire partie des adhérents dudit PS. En ce qui me concerne, on en vient même parfois, d'une certaine manière, à me demander des comptes, comme si j'étais responsable de tout ce qui se
dit et se fait au Parti Socialiste. Je ne suis pourtant qu'un modeste adhérent du PS en free lance, mais il est vrai que le simple fait d'être membre du parti en payant une cotisation
annuelle et en assistant à quelques réunions publiques du parti n'est pas anodin. Je ne suis pas un militant au sens où on l'entend généralement, et il est vrai que, a priori, mon attitude
ressemble plus à celle d'un simple sympathisant qu'à celle d'un véritable militant. Cependant je paye une cotisation, ce qui fait de moi un adhérent du parti, c'est à dire quelqu'un de sans doute
moins impliqué a priori dans la vie du PS que les militants actifs dans les sections socialistes, mais aussi quelqu'un de plus engagé qu'un simple sympathisant. Il y a donc un engagement
spécifique de ma part. Je fais partie du PS, et je l'assume pleinement, même si le fait que je ne sois pas du tout un militant prosélyte fait que j'ai parfois tout de même du mal à supporter les
critiques pleines d'ignorance, de bêtise et de mauvaise foi que l'on se permet parfois de me jeter à la figure sous prétexte que je suis adhérent du Parti Socialiste. J'estime que dans la
situation dans laquelle se trouve la France aujourd'hui, être formellement engagé dans un parti politique - et en l'occurence ici dans un parti destiné à incarner un jour l'alternance face au
sarkozysme - vaut mieux que de rester un simple spectateur se permettant de critiquer tout le monde ou se permettant de jouer les contestataires du dimanche sans avoir rien à proposer et en
crachant sur ceux qui, qu'on le veuille ou non, font des propositions, quelles qu'elles soient.
C'est bien beau de critiquer les approches des partis politiques ou des associations, et de ne s'investir dans aucun
d'entre-eux ! On peut toujours choisir ainsi la voie de la facilité. L'un de mes lecteurs réguliers, l'alias Dante, m'a dit récemment, de manière très juste : "C'est toujours facile de
regarder avec son recul les actes des autres. Mais donner un sens à ce que l'on fait est, me semble-t-il, plus important encore. Les acteurs prennent toujours plus de risques que les
spectateurs." Et c'est vrai que dans le cadre de la vie politique de ce pays, je prend un risque - certes tout relatif, car nous ne sommes tout de même pas en dictature -, celui d'être
engagé formellement dans un parti politique, un parti qui vaut ce qu'il vaut, un parti vis-à-vis duquel j'ai le droit et le devoir d'avoir un regard critique, un parti au sein duquel je garde mon
identité propre et mon indépendance d'esprit et de jugement, mais aussi un parti dont j'estime qu'il est nécessaire de le soutenir de la manière que je crois être la plus juste de mon point de
vue, compte tenu des quelques idées politiques qu'il me reste et de ma volonté de prendre formellement position en tant que citoyen au sein de l'échiquier politique de ce pays. Dans la
perspective de mettre fin un jour au pouvoir sarkozyste, mon engagement me parait avoir un sens. Aussi, libres sont ceux qui n'aiment pas le PS et les socialistes de les critiquer, mais que l'on
ne vienne pas me donner des leçons, car je n'en ai à recevoir de personne, et surtout pas de ceux qui ne s'engagent jamais de façon significative, de façon responsable, et qui n'ont rien d'autre
à proposer que la contestation la plus stérile ou l'utopie la plus naïve. En ce qui me concerne, en politique comme ailleurs, je m'efforce de suivre l'une de mes devises : faire les choses
sérieusement, sans me prendre au sérieux. Cela vaut ce que cela vaut. Toujours est-il que je suis content d'avoir pu assister, le vendredi 24 avril dernier, à cette réunion publique de la Halle
aux Grains, à Toulouse, à l'occasion du lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections du 7 juin prochain. Compte tenu de mon modeste engagement au sein du PS, c'était bien
là le minimum que je pusse faire... et je ne regrette pas de l'avoir fait.
Cordialement,
Hyarion.
Post-scriptum 1 : je profite de l'occasion qui m'est donné avec la
publication en ligne du présent article, pour informer mes lecteurs que la dixième République des Blogs (RdB) de Toulouse aura lieu le 15 mai prochain, avec rendez-vous fixé devant le Tchin Bar
(22, Rue St-Bernard, près de la station de métro Jeanne d'Arc) à partir de 18h30. Cette dixième RdB sera logiquement consacrée aux prochaines élections européennes.
Post-scriptum 2 : que l'on me pardonne pour la qualité médiocre de mes photographies personnelles proposées ici et prises durant la soirée du 24
avril ; il semble que le plate-forme d'Over-Blog qui héberge le présent blog ait du mal à digérer mes volumineux fichiers... Bien entendu, l'hypothèse d'un filtrage sarkozyste n'est pas
écartée... ;-)
(Illustrations : Photographie de l'auteur du présent blog prise lors de la réunion publique
de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse ; La première secrétaire du PS Martine Aubry, le 24 avril 2009 à Toulouse,
photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pascal Pavani ; Martine Aubry entourée de leaders socialistes européens, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Pascal Pavani ; La première secrétaire du PS Martine Aubry prononçant un discours lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections
européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Portrait du socialiste Jean Jaurès [1859-1914], photographie, sans date ; Trois photographies de
l'auteur du présent blog prises lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse ; Nicolas Sarkozy [au
centre] téléphonant à côté de son fils Louis [à droite] sur un yacht du milliardaire Vincent Bolloré, le 8 mai 2007, près de Malte, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Ben Borg
Cardona ; Trois photographies de l'auteur du présent blog prises lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009
à Toulouse ; Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti Socialiste Européen, le 24 avril 2009 à Toulouse, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Photographie de l'auteur du présent
blog prise lors de la réunion publique de lancement de la campagne des socialistes européens pour les élections européennes, le 24 avril 2009 à Toulouse)
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