
Jusqu'où ira la connerie
politique en 2009 ? Au delà des traditionnelles manifestations de préjugés imbéciles et de l'habituelle bêtise ordinaire, qui traversent les années et les siècles, la question reste posée. La
connerie politique en cette "Annus horribilis" semble, en effet, prête à se révéler d'une exceptionnelle "qualité". Aussi la question "Jusqu'où ira la connerie politique en 2009
?" reste-t-elle donc une grande question d'actualité, surtout lorsque l'on considère la situation pathétique dans laquelle nous sommes, avec une crise mondiale à laquelle personne n'a de
solution mais dont tout le monde adore parler même quand il n'y a rien à dire, avec des élections européennes prévues en juin prochain qui n'intéressent presque personne en France (comme tout ce
qui concerne l'Europe, du reste), et, surtout, des politiciens et autres personnages publics qui passent leur temps à raconter n'importe quoi par l'intermédiaire des médias de masse. De fait, en
ce qui concerne ce dernier point, nous vivons, politiquement parlant, une époque particulière, dans laquelle nous pouvons d'une part reconnaître des éléments hérités du passé qui ne changent
guère, et d'autre part avoir une impression de dégradation vis-à-vis de ce qui a été présenté, à l'origine, comme quelque-chose de nouveau, incarnant le changement, la fameuse
"rupture"... Les éléments hérités du passé que nous connaissons, et qui ne changent guère, ce sont les mots et expressions convenus et galvaudés que les politiciens passent leur temps à
utiliser en les manipulant sans cesse et en abusant de leur emploi dans un but électoraliste, démagogique, ou bêtement provocateur. Nous y reviendrons plus loin. Pour ce qui est de l'impression
de dégradation vis-à-vis de la "rupture", je veux évidemment parler de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et plus précisément de ses discours et de sa façon de parler officiellement en
public.
SARKOZY DANS LE TEXTE : UN ENTERREMENT A ORNANS
(Ou comment j’ai appris à dissiper mes « Doubs [1] » sur les fautes de français de Nicolas Sarkozy)
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« Qu’est-ce que je m’aperçois ? », « Faut pas renoncer. On a choisit une stratégie économique, il faut la tenir et pas faire comme d’habitude en France changer tous les 6 mois de stratégies tellement ils croient peu dans leurs convictions », « si y’en a que ça les démange d’augmenter les impôts », « On se demande c’est à quoi ça leur a servi », « Il m’a fallu 1h30 pour rentrer dans l’entreprise. Ben, ils étaient colère les gens (sic) ». Cet échantillon n’est pas issu d’une élection d’un délégué collégien mais du discours de Nicolas Sarkozy aux ouvriers d’Alstom, à Ornans, le 17 mars 2009. On pourrait pardonner aisément ces fautes au nom du droit à l’erreur qui caractérise notre nature humaine et imparfaite. On pourrait presque en rire… si le Président de la République ne réactivait pas en même temps des formes d’anti-intellectualisme auxquels même la droite républicaine semblait avoir renoncé.
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Une désinvolture contre une certaine exigence de l’homme d’Etat
Lors de son allocution sur la réforme hospitalière à Rambouillet, le 13 mars 2009, Nicolas Sarkozy disait : « La tranquillité pour moi, ça aurait pas été de m’en occuper de ça. Parce que y’a des trucs difficiles, mais ça, c’est vraiment difficile ». Quel terrible aveu de la part de l’omni-président qui veut s’occuper de tout ! Et quelle belle construction syntaxique ! C’est dire si l’enterrement de la langue française à Ornans a été soigneusement préparé et concocté avec désinvolture depuis bien longtemps. Les fautes de français de Nicolas Sarkozy ne sont pas nouvelles et l’art de la rhétorique devrait assurément venir en supplément des Pensées de Marc Aurèle.
Notons que l’approximation syntaxique de l’actuel chef de l’Etat est celle-là même qui l’a fait élire. Même lorsque les expressions étaient correctes, elles révélaient une attitude face au pouvoir. L’usage de la double négation de son slogan : « Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas » affichait dés le départ une dénégation et non l’affirmation d’un programme.
Car Nicolas Sarkozy n’est pas uniquement l’homme d’un contexte mais bel et bien l’homme d’une structure et d’une vision du pouvoir. Une de ses stratégies se fonde en partie sur des formes d’anti-intellectualisme. En témoigne ses propos vis-à-vis des historiens qui ont mis en cause ses propos sur l’identité nationale, les qualifiant de « petite intelligentsia » coupée du peuple (discours de Vesoul, 13 mars 2007). Alors candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy « a cherché à discréditer la fonction critique pourtant inhérente au métier d’historien » comme le souligne Gérard Noiriel dans son livre A quoi sert « l’Identité nationale [2] ». Cette tendance se retrouve dans les « ringardisations » à répétition d’éléments culturels (comme La Princesse de Clèves sur laquelle nous reviendrons) ou dans le discours sur la recherche du 22 janvier 2009. Il est temps que Nicolas Sarkozy comprenne que la diversité de la culture fait la richesse de ce pays, et que l’antienne permanente qu’il consacre à dévaloriser une certaine tradition intellectuelle ne pourra que se retourner contre lui.
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Un « JE » face au « il » ou au « on »…mais jamais de « nous »
Un autre aspect de la rhétorique de Nicolas Sarkozy se caractérise par une prépondérance de la 1ére personne du singulier. Il s’agit toujours de LUI, mais jamais d’une inclusion avec son AUDITOIRE. Il y a le « JE » mais jamais le « NOUS ».
Cette manière de s’exprimer est intéressante car le contenu coïncide ici avec la forme. Ne pas avoir conscience de parler si mal à ceux qui vous écoutent révèle un rapport singulier à l’autre. On trouve implicitement, derrière ses fautes de français, l’affichage d’un mépris perpétuel que pratique Nicolas Sarkozy à l’égard de ses interlocuteurs. J’avais eu l’occasion de souligner ce point dans l’analyse d’une réponse que le chef de l’Etat avait formulé à l’égard d’une journaliste de Libération qui l’interrogeait sur la place de l’intégrité territoriale de la Géorgie au moment du conflit avec la Russie. Nicolas Sarkozy pourrait ne pas avoir conscience de la médiocrité de son expression orale. Mais il semble tellement habité par son grand « JE », qu’il n’a pas envie d’en avoir conscience. La formule « Mais moi, pendant la campagne, j’ai pas menti, moi » illustre cet égo trop hypertrophié pour considérer sereinement la parole de l’autre.
Autre point, Nicolas Sarkozy semble s’adresser en permanence à des adversaires et non à des citoyens. Lorsqu’il agite le spectre de « l’identité nationale », ses contradicteurs sont accusés de « ne pas aimer la France ». En inversant la relation dominant/dominé, il s’est présenté lui-même comme une victime mais aussi comme un héros, réactivant ainsi à son profit la vieille recette de Maurice Barrès. Le discours de Besançon [prononcé le 13 mars 2007] est limpide à cet égard : « Parler de l’identité nationale ne me fait pas peur. J’ai bien compris que pour certains c’était un gros mot (…). J’ai bien compris que c’était un sujet tabou, qu’il était dangereux de s’aventurer sur ce terrain qu’un homme politique soucieux de sa carrière devait éviter ce sujet. Mais je ne crois pas à la politique qui ne dit rien (…). Je veux dire la vérité aux Français, je veux être honnête (…). C’est ma conception de la politique. C’est l’idée que je me fais de la dignité de la fonction présidentielle. C’est la ligne de conduite que je me suis fixée depuis le début de la campagne. Je n’en changerai pas. Rien ni personne m’en fera changer ».
Ici, l’intérêt du texte ne réside pas dans la syntaxe (quoique…) mais bien dans le contenu des paroles prononcées. Cette posture de victime, alimentée par les formules incantatoires du type « Pourquoi tant de haine ? » (Discours de Dijon, 23 avril [2007]) va d’ailleurs permettre au candidat de l’UMP de lancer, entre les 2 tours, le thème de la « diabolisation ». Mais, plus intéressant : Nicolas Sarkozy se place ici sur le terrain moral alors qu’il prétend entrer dans un système guidé par des affaires d’intérêts. En gros : « pas de mensonges ! ». Quel homme politique peut prétendre se fixer un tel objectif ? C’est nier l’ensemble de la réflexion sur la politique menée depuis l’Antiquité, dans laquelle notamment le philosophe Protagoras disait : « Ceux qui ne font pas semblant d’être justes sont des fous », reconnaissant la nécessité d’une certaine hypocrisie pour la conduite des affaires de la Cité, cet hommage du vice à la vertu qui consiste à montrer comment il faudrait être même si tel n’est pas le cas en vérité. Il n’y a qu’à voir l’effet de cette négation : l’opposition et la défiance s’installent dès le premier mensonge venu.
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Injure et contre-vérités : le Discours sur la stratégie nationale de la recherche du 22 janvier 2009
Le discours du 22 janvier 2009 de Nicolas Sarkozy est probablement celui qui fera date dans son mandat. L’avantage de ce discours est qu’il est clair, compréhensible par tous, et que la provocation permanente qu’il contient a le mérite de susciter le débat. Mais hormis les avantages qu’il contient, le Discours sur la stratégie nationale de la recherche est fondamentalement mauvais, autant dans sa forme que son fond. Sur la forme, les approximations rhétoriques fleurissent. Sur le fond, c’est une parole de dénigrement et un discours excluant.
Dénonçant un système « infantilisant et moyenâgeux » de la recherche, le chef de l’Etat déclarait notamment ceci : « Nous ne sommes pas dans le peloton de tête des pays industrialisés pour la recherche et l’innovation. Y’a une raison à cela. C’est parce que bien souvent, on a reculé (…) Nulle part dans les autres pays, sauf chez nous, on observe que les organismes de recherches sont à la fois opérateur et agence de moyens à la fois, acteur et évaluateur de leur propre action. Je vois que ça peut être confortable. Je peux en tirer quelques conclusions pour moi-même. C’est un système assez génial, d’ailleurs. Celui qui agit est en même temps celui qui s’évalue ! Qui peut penser que c’est raisonnable ? Non, mais, ça peut provoquer un certain confort, un confort illusoire, du moment (…) Et pardon, je veux pas être désagréable, mais à budget comparable un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs. Ecoutez, évidemment, si on veut pas voir ça, on vous remercie d’être venu, y’a de la lumière, c’est chauffé, on peut faire, on peut dire, m’enfin, c’est une réalité ». Voilà un discours à la fois injurieux (jouant sur la provocation) mais surtout truffé de contre-vérités. Que le monde de la recherche se réforme est une idée largement partagée et le moins que l’on puisse dire est que le CNRS n’est pas un modèle de réforme. Mais analysons quelques une de ses contre-vérités :
1. L’une d’entre elles concerne le fait que les chercheurs français publieraient moins. Cela n’a aucun sens. Dans certains secteurs, peut-être, par exemple dans les secteurs où l’on écrit le français car le facteur H (Nombre d’articles publiés dans des revues classées et pondérées par le nombre de citations qui ont été faîtes des articles) mesure le biais anglophone des revues répertoriées avant tout [3]. Ce genre de système est d’une complexe absurdité car des philosophes, par exemple, qui ne publient qu’en français, ne sont pas comptabilisés officiellement dans les publications. Il faut donc considérer l’ensemble des revues françaises ou des collaborations entre la France et d’autres pays où l’anglais ne sert pas d’unique référence. Le vrai problème porte sur cette interrogation : Faut-il publier à foison ou publier quelque chose de déterminant ? Ce vrai problème n’est pas posé.
2. Sur les auto-évaluations, là aussi, Nicolas Sarkozy ne sait absolument pas de quoi il parle. L’évaluation dans le champ universitaire a été introduite dès 1985, avec la mise en place progressive d’un contrôle du champ scientifique. Des commissions d’évaluation existent et si elles sont rattachées aux laboratoires (par qui d’autres que les pairs ses évaluations sont-elles possibles ?), elles publient des rapports qui se basent sur différents critères pour évaluer les chercheurs. Des modifications sont intervenues depuis. La récente loi LRU (Loi Relative aux libertés et responsabilités des Universités) transforme les « Commissions de spécialistes » en « Comité de sélection » (composé d’au moins une moitié d’experts : donc, pas totalement). Deuxième grande transformation : la Commission de spécialistes était élue. Maintenant, le Comité de sélection est nommé. La nomination par le pouvoir politique a abouti, en sociologie, a privilégié une branche plutôt qu’une autre. Ainsi, des moyens de pression s’exercent, définissant le type de recherche qui rentre dans les cadres.
L’ensemble de ce discours est truffé de contre-vérités qui, combinées à un mode injurieux, a suscité de légitimes réactions et critiques de la part de la communauté scientifique.
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Une nouvelle forme de contestation : la lecture publique de La Princesse de Clèves !
Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu le 6 mai 2007, je pensais déjà, probablement par sadisme postélectoral, aux formes de contestations qui pourraient être envisagées envers la politique de Nicolas Sarkozy. Mais qui eût dit que des lectures publiques de La Princesse de Clèves, par exemple devant le Panthéon à Paris, deviendraient une de ces formes de contestation ?
Nous entrons là dans une sphère intéressante du « système » Sarkozy : la mobilisation de « figure ». Toute parole ou acte politique cherche une référence, un symbole, pour incarner son bien-fondé. C’est le cas du Président de la République qui utilise des « figures » pour introduire des changements. La Princesse de Clèves est une de ces « figures », qui aurait pu avoir sa pertinence si Nicolas Sarkozy lui avait conféré une cohérence, c’est-à-dire un statut argumentatif pour illustrer une idée politique.
Lors du discours du 24 juillet 2008, « Table ronde sur l’éducation et la jeunesse », Nicolas Sarkozy défendait l’idée que 15 ans d’engagement associatif ou autre valait autant qu’une bonne analyse de La Princesse de Clèves et qu’il fallait valoriser le travail et l’expérience de terrain autant que l’analyse. Ce qui aurait pu être une bonne idée de départ (éviter la discrimination aux concours administratifs), à savoir introduire plus de justice dans le mode de recrutement des membres de la fonction publique, en concevant que tout le monde ne peut pas être un « héritier » (au sens Bourdieusien du terme, c’est-à-dire que tout le monde n’a pas le même bagage culturel et n’hérite pas des mêmes chances en la matière) mais peut davantage être un acteur cohérent sur le réel, se transforme, sous de nombreuses répétitions à visées différentes, en sketch minable. Un jour, l’analyse de La Princesse de Clèves est opposé à l’action, et un autre jour, il est un simple élément ringard d’une culture française en mal de rayonnement. Si Nicolas Sarkozy avait poursuivit l’idée d’une plus grand égalité dans les concours de l’administration en admettant que le critère de terrain et celui de l’analyse sont équivalents, l’usage de sa « figure » se justifiait. Mais il n’a pas de cohérence dans son usage, discrédite ainsi l’emploi même de son symbole et agite un épouvantail qui finit par cristalliser une contestation envers sa parole et son idée politique. Nicolas Sarkozy a donc modifié un outil de légitimité en simple instrument de dissociation.
Cette analyse en recoupe donc une autre : Il est très dérangeant de voir un Président de la République exclure des catégories de patrimoine et donc des pans entiers de ce qui constitue aussi le vivre ensemble.
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Au-delà des mots
Nicolas Sarkozy n’a donc pas seulement porté atteinte à la langue en tant qu’outil de communication mais aussi aux codes de la politique. Ce qu’il enterre est donc à la fois un art du dialogue entre le représentant et les citoyens et à la fois un art de la politique où la figure illustre une conviction. Incapable de se montrer digne de la charge qu’il a convoitée et obtenue, n’opérant aucune réforme digne de ce nom et dont le pays aurait besoin, Nicolas Sarkozy est une perte de temps. Il est devenu la « figure », le M. Carnaval que beaucoup veulent brûler et en récolte aujourd’hui le fiel. Dans Le meilleur des mondes, Aldous Huxley écrit : « l’expérience n’est pas ce qui arrive à un homme mais ce qu’un homme fait avec ce qui lui arrive ». Il nous importe donc, aujourd’hui, de transformer cette expérience en horizon de prospectives pour défendre l’idée que nous nous faisons d’une société plus juste et plus soucieuse de ses membres.
Dante, mars 2009.
[ 1 ] Ornans se trouve en effet dans le Département du Doubs.
[ 2 ] NOIRIEL Gérard, A quoi sert «l’Identité nationale », Paris, Agone, Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire [C.V.U.H], 2007.
[ 3 ] Le système du facteur H s’explique ainsi : Plus vous publiez, (et donc plus cela est comptabilisé), et plus vous montez. Cela signifie que la qualité devient une propriété émergente de la quantité.
Dieudonné se déclare candidat "anti-sioniste" aux européennes
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L'humoriste controversé Dieudonné a annoncé samedi [21 mars] qu'il serait candidat "anti-sioniste" aux élections européennes du 7 juin, appelant tous les "infréquentables" à rejoindre sa liste en Ile-de-France.
Il a résumé son positionnement, lors d'une conférence de presse dans son théâtre parisien de la Main d'Or, par "l'anti-communautarisme et l'anti-sionisme".
"Les électeurs auront le choix d'un vote anti-sioniste clairement affirmé, qui ne se cache pas", a-t-il ajouté, disant s'adresser à "tous les esclaves".
"Il faut se battre contre le système béké. On l'appelle comme ça en Guadeloupe. En France c'est le système sioniste, c'est exactement la même chose. Ce sont les esclavagistes et on est des esclaves. Il faut qu'on se libère!", a-t-il lancé, affirmant que "le sionisme gangrène la France, c'est un danger".
Selon lui, il faut également se battre "contre ce repli communautaire. Il faut que la République retrouve son sens et que nous chassions toutes les organisations mafieuses du type le Crif, de la République".
Il a expliqué sa décision de se présenter par une "guerre culturelle" que lui auraient déclaré "le Parti socialiste et l'UMP", après une "saillie drôlatique" qui lui a valu l'annulation "de tout un tas de spectacles".
"Aujourd'hui, on m'interdit de travailler, de nourrir mes cinq enfants, je n'ai pas d'autre choix que d'aller me battre sur le terrain" politique, a affirmé Dieudonné, qui avait déclenché un tollé en décembre en invitant sur scène le négationniste Robert Faurisson.
"Robert Faurisson ne fera pas partie de la liste a priori, quoique... il y a peut-être des surprises", a-t-il lancé, invitant "tous les insoumis de ce système", "tous les infréquentables", à le rejoindre dans sa lutte pour "une liberté d'expression".
Se défendant d'incarner "une candidature antisémite", Dieudonné a affirmé que sa liste regrouperait des "juifs anti-sionistes" et des gens "de tous bords". "De toutes façons, l'extrême droite est à l'Elysée", a-t-il lancé.
"J'appelle tous ceux qui veulent me rejoindre", a-t-il dit, citant notamment l'écrivain Alain Soral (issu du PCF et ex-FN), le fondateur du groupuscule noir ultra-radical dissous Tribu Ka, et Thierry Messan, auteur de "L'effroyable imposture", qui conteste la version officielle des attentats du 11 septembre 2001.
Il en a également appelé à l'ancien judoka Djamel Bouras et à l'humoriste Jean-Marie Bigard. "Tous ceux qui se sont heurtés à un moment à la pensée unique sont les bienvenus", a-t-il dit, affirmant que l'association religieuse Zahra "devrait se joindre à notre belle dynamique".
Disant son admiration pour le leader du mouvement social [de l'hiver dernier] en Guadeloupe Eli Domota, il a jugé "intéressante" l'idée "de faire des manifestations dans les centres commerciaux".
Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des propos sur la Shoah et les juifs et qui s'est rapproché de Jean-Marie Le Pen, s'était déjà présenté aux européennes de 2004, sur la liste Europalestine qui avait fait un score de 1,83% en Ile-de-France. Elle avait dépassé les 5% dans 12 villes de Seine-Saint-Denis et obtenu 10,75% à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise).
(Dépêche de l'Agence France Presse, 21 mars 2009, 18h24)
Parlement européen : des députés refusent la présidence temporaire de Le Pen
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Le chef de file de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen est au centre d'une controverse au Parlement européen, où ses détracteurs se mobilisent pour l'empêcher de présider, en tant que doyen, la session inaugurale de l'institution après les élections.
Le règlement interne du Parlement prévoit que le doyen des élus préside la session inaugurale de la nouvelle assemblée. En l'état actuel, c'est à M. Le Pen, 80 ans, que ce rôle a de bonnes chances d'échoir après le scrutin européen du 7 juin.
Du coup, les socialistes et les Verts ont demandé mardi [24 mars] un changement des règles de l'Assemblée pour lui barrer la route.
"Je suis préoccupé par le fait qu'un négationniste de l'Holocauste puisse présider la session inaugurale du Parlement européen" en juillet après les élections européennes de juin, a déclaré le social-démocrate allemand Martin Schulz, président du groupe socialiste.
Il est "inacceptable, inadmissible" qu'un "négationniste pour qui Auschwitz est un détail de l'Histoire", un "vieux fasciste" comme M. Le Pen, puisse le faire, a estimé M. Schulz devant la presse.
Il a reçu le soutien du co-président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, qui a précisé que son groupe avait "toujours été pour changer le règlement, parce que le fait que le doyen préside (la session inaugurale) est ringard".
"Nous sommes pour que ce soit la députée la plus jeune qui ouvre la session, non pas à cause de Le Pen, mais parce que c'est un signe pour l'avenir. Allons jusqu'au fond du symbolisme: on ne veut pas des croulants", a martelé l'ancien leader de Mai 1968.
Prendre une telle décision ne sera néanmoins "pas facile", a pronostiqué M. Cohn-Bendit.
Elle n'a par exemple pas l'assentiment du chef du groupe libéral, Graham Watson, qui a estimé qu'il n'y avait "aucune raison de traiter M. Le Pen différemment d'autres, même si je déteste sa politique". S'il devient doyen, "ce sera en ayant respecté les règles" et ce sera "aussitôt oublié", a jugé M. Watson.
Quant à Joseph Daul, chef du principal groupe politique au Parlement, le groupe conservateur, il a assuré qu'il allait "analyser" cette proposition, tout en émettant le souhait que M. Le Pen, en bon nationaliste, ne participe pas à la session inaugurale du Parlement européen qui a été fixée au... 14 juillet, jour de la fête nationale française.
Jean-Marie Le Pen, qui fêtera ses 81 ans le 20 juin prochain, siège depuis 1984 au Parlement européen. Il se représentera encore cette année, en tant que tête de liste du Front national (FN), dans la circonscription du sud-est de la France, et pourrait à ce titre devenir doyen d'âge du Parlement.
Dénonçant les "odieuses calomnies" de ses collègues, le leader frontiste a estimé que le Parlement européen se ferait "la risée des assemblées démocratiques" s'il venait à modifier son règlement dans le seul but de l'empêcher de présider la séance inaugurale.
Quant à la coïncidence avec la fête nationale française, elle "est une raison de plus de faire entendre la voix de la France indépendante et souveraine dans l'hémicycle de l'euromondialisme", a-t-il ajouté dans un communiqué.
En juillet 1989, l'ex-cinéaste français Claude Autant-Lara avait déjà provoqué un scandale au Parlement européen. Elu sur une liste du FN, il avait eu l'occasion de prononcer un discours à l'occasion duquel une grande partie de l'hémicycle s'était vidée, en signe de protestation.
Entre-temps, le règlement intérieur a été modifié et le doyen n'a plus le droit de prononcer un discours: il se contente de superviser l'élection du président du Parlement.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 24 mars 2009, 17h38)
Chambres à gaz : Le Pen fait scandale au Parlement européen
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Le chef de file de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen s'est exposé mercredi [25 mars] à de nouvelles poursuites judiciaires ainsi qu'à des sanctions du Parlement européen en qualifiant à nouveau de "détail" les chambres à gaz nazies.
Ce nouvel éclat a été déclenché par une altercation entre le fondateur du Front national, qui est un élu du Parlement européen, et le chef de file des socialistes, l'Allemand Martin Schulz.
Estimant avoir été victime "d'accusations diffamatoires" de M. Schulz qui l'avait qualifié la veille de "vieux fasciste" et de "négationniste de l'Holocauste", M. Le Pen a défendu son point de vue devant la plénière à Strasbourg.
"Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l'Histoire de la guerre mondiale, ce qui est une évidence", a-t-il expliqué sous les huées d'une grande majorité des élus réunis en séance plénière.
Ce n'est pas la première fois que le chef de file historique de l'extrême droite française réitère de telles déclarations.
Jean-Marie Le Pen les avait tenues la première fois sur une station de radio française en septembre 1987, ce qui lui avait valu une condamnation à 1,2 million de francs (183.200 euros) d'amende. Puis de nouveau en 2008 dans le magazine "Bretons".
La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, présidée par l'eurodéputé conservateur Patrick Gaubert, a aussitôt annoncé mercredi examiner la possibilité de poursuites, et a réclamé la levée de l'immunité parlementaire de M. Le Pen.
Plusieurs eurodéputés, dont le socialiste Harlem Désir, ont aussi estimé que M. Le Pen était passible des sanctions prévues au réglement intérieur du Parlement. Elles prévoient des suspensions de participation aux débats et des suppressions partielles d'indemnités pour les députés qui portent atteinte aux "valeurs des traités fondamentaux de l'UE" et à la dignité du Parlement.
Mais cette sortie a également été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, convainquant le président du plus important groupe politique du Parlement, le conservateur Joseph Daul, de se rallier à une proposition des socialistes et des écologistes visant à modifier le règlement interne de l'institution. Afin que le doyen ne préside plus les sessions inaugurales.
Le fondateur du Front national, qui à 80 ans se représente aux élections européennes dans le sud-est, aurait en effet de fortes chances, en tant que doyen d'âge, de présider la session inaugurale du Parlement suivant les élections du 4 au 7 juin, le 14 juillet.
"Les propos négationnistes de M. Le Pen, réitérés dans l'enceinte du Parlement européen, le disqualifient pour présider, ne serait-ce qu'une seconde, notre institution à l'ouverture des travaux de la prochaine législature", a estimé M. Daul.
Les socialistes vont proposer que la session inaugurale soit présidée "soit par le président sortant s'il est réélu, soit par l'un des vice-présidents sortants, soit par le député européen qui aurait la plus grande ancienneté", a précisé Martin Schulz.
Quant aux Verts, dont le co-président Daniel Cohn-Bendit avait indiqué mardi qu'ils avaient "toujours" été pour mettre un terme à la coutume "ringarde" du recours au doyen, ils préconisent de confier la présidence du Parlement "au plus jeune" des eurodéputés. La question sera discutée jeudi [26 mars].
Le règlement intérieur avait déjà été modifié sur la question du doyen après le scandale causé par le discours d'un autre doyen frontiste, l'ex-cinéaste français Claude Autant-Lara, en juillet 1989. Depuis, le doyen n'a plus le droit de prononcer un discours et se contente de superviser l'élection du président de la nouvelle assemblée.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 25 mars 2009, 19h34)
Un élu FN met Jean Jaurès sur ses affiches de campagne aux européennes
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Un portrait de Jean Jaurès orne les affiches de campagne d'un candidat du Front National aux élections européennes de juin, placardées à Carmaux (Tarn), fief du fondateur du Parti socialiste (à l'époque SFIO) en 1905, révèle jeudi [26 mars] le quotidien régional L'Indépendant.
Le portrait de Jaurès, orné d'une citation "A celui qui n'a plus rien, la Patrie est son seul bien !", est imprimé sur les affiches de campagne de Louis Aliot, avec un bandeau affirmant "Jaurès aurait voté Front National".
Conseiller municipal à Perpignan et conseiller régional Midi-Pyrénées, Louis Aliot est également secrétaire général du FN.
Il avait recueilli 10,42% des suffrages au second tour de l'élection municipale à Perpignan, annulée par la suite pour cause de "fraude à la chaussette" par le tribunal administratif de Montpellier.
La liste du maire UMP Jean-Paul Alduy avait obtenu 45,48% des suffrages exprimés, contre 44,11% pour la socialiste Jacqueline Amiel-Donat.
"Au moment où nombre de nos compatriotes commémorent cette année le cent cinquantenaire de la naissance de Jean Jaurès (1859-1914), voilà une manière de rappeler qu'aujourd'hui, la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d'humanisme est le Front National", affirme Louis Aliot sur son site internet.
Cette affiche n'est pas encore apposée sur tous les murs de la circonscription dans laquelle Louis Aliot est candidat, mais seulement à Carmaux où Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de gauche et tête de liste dans le Sud-Ouest, y a tenu un meeting la semaine dernière.
"Jean Jaurès est au Panthéon. C'est un personnage public qui appartient à la France et à tous ces citoyens", a estimé M. Aliot, cité par L'lndépendant, ajoutant que "Bruno Gollnisch dans l'Est et Marine Le Pen dans le Nord vont reprendre" la même affiche.
Le député-maire de Toulouse (PS) Pierre Cohen a dénoncé, mercredi dans un communiqué, une "nouvelle provocation" du Front National, soulignant que l'engagement pacifiste de Jean Jaurès "lui a valu les insultes et la haine des nationalistes, la famille politique de Louis Aliot".
"Cette campagne haineuse a armé la main de Villain qui l'a assassiné le 31 juillet 1914 à Paris", a ajouté M. Cohen.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 26 mars 2009, 00h02)
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