
Au début du mois dernier,
on pensait que la République des Blogs de Toulouse (RdB) était sur le point de mourir, certains même ayant déclaré que ladite République des Blogs de Toulouse était définitivement morte.
Finalement, il n'en est rien ! La flamme de la RdB ne s'est pas éteinte, et, pour le moment, ne s'éteindra pas ! La septième édition de cette RdB toulousaine a donc eu lieu hier soir, vendredi 28
novembre, en début de soirée (de 18h30 à 22h30 environ), au Ferdillon, le restaurant et bar lounge de la place du Fer-à -Cheval où nous nous réunissons habituellement. Cette fois-ci, nous étions
six. Il y avait la blogueuse "M.", toujours co-organisatrice de la RdB, qui s'occupe désormais d'un nouveau blog, intitulé "Le Rocrocodile kinépeuthe". Il y avait également Philippe David, nouveau co-organisateur, célèbre auteur
du blog "Vu de droite", et à nouveau seul représentant de la droite lors de cette RdB. Etaient également présents la blogueuse
Christie, qui s'occupe du blog "Alluvions", ainsi que Gabriel, ancien auteur du blog "Politikele" (aujourd'hui interrompu), et Dante, un des lecteurs réguliers du présent blog. Comme il se doit, nous avons longuement
discuté des sujets les plus variés, dans la bonne humeur, tout en buvant beaucoup de boissons à base d'alcool fort et tout en fumant beaucoup de pétards au cannabis sans OGM... ;-)
Bon, évidemment, je plaisante : nous avons certes bu des boissons alcoolisées, mais avec modération, et accompagnés d'excellentes pizzas du restaurant, le tout sans avoir le moindre besoin de
fumer des "cigarettes qui font rire", vu que nous n'avons eu aucune peine à rire spontanément, simplement en discutant de certains sujets... ;-)
Nous avons commencé par évoquer, avec Philippe David, les turpitudes de la vie politique locale à Toulouse, en particulier un blog de Jean-Luc Moudenc, l'ancien maire UMP de la Ville rose
et chef du groupe d'opposition municipale "Toulouse pour tous". Ce blog est intitulé "Toulouse Avenir", mais, selon
Philippe, il aurait pu aussi bien s'appeler "Toulouse Passé", voire même, comme je l'ai suggéré, "Désirs de Moudenc"... ;-) Mais très vite, la conversation s'est orientée vers
les turpitudes de la vie politique nationale, et en particulier, forcément, sur les récentes péripéties du PS. "M." et moi sommes adhérents du Parti Socialiste, et nous avons soutenus la
démarche de Ségolène Royal et de son équipe à l'occasion du congrès de Reims et des scrutins internes qui l'ont précédé et suivi. Nous continuons à être aujourd'hui favorables à la démarche de
Royal. Gabriel m'a demandé de lui expliquer les raisons de mon choix, et je l'ai fait : ayant déjà longuement évoqué le sujet dans de précédents articles ce mois-ci, il est inutile d'y
revenir ici. Pour ce qui est des critiques, bien entendu, elles n'ont pas manqués lors de la discussion, et nous avons tous convenus que le PS est dans une situation qui, pour le moment, est
évidemment lamentable. Cela dit, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, rien n'est encore joué, et personne ne sait quelle sera exactement la situation politique en France dans trois ou quatre
ans, et notamment dans quel état sera le PS et la gauche... Si l'activisme isolé du sénateur Mélenchon - qui a quitté récemment (et bien tardivement) le PS pour fonder un nouveau parti nommé
"Parti de Gauche" (P.G. ou P.D.G. ? ;o) ) - a fait rigoler tout le monde, "M." a dit qu'il fallait se méfier de ce qu'il va se passer du côté de Besancenot, et bien évidemment,
son NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), qui doit remplacer la LCR en janvier prochain, est un vrai problème pour le PS et pour la gauche.
Dans un entretien paru jeudi dernier dans le magazine l'Express, Besancenot a évoqué les relations et éventuelles alliances qu'il entendait avoir avec le reste de la gauche, et notamment
avec Mélenchon, qui avait lancé l'idée d'un front commun de la gauche en vue des élections européennes de l'année prochaine. En fait, Besancenot a annoncé que des discussions étaient possibles et
que "des campagnes" pourraient être menées en commun, mais il a écarté l'idée d'un parti avec Mélenchon, dont tout le monde peut dire qu'il aura vraiment attendu bien longtemps avant de
divorcer du PS (il faut dire que la soupe est bonne, au Sénat). Par ailleurs, Besancenot a déclaré que le NPA serait un rassemblement se voulant un mélange de "socialisme du XXIe siècle,
écosocialisme, autogestion libertaire, communisme démocratique", et qui garderait "le meilleur" du trotskisme, ce qui n'annonce vraiment rien de bon, tant ce NPA semble d'ors et
déjà se présenter comme étant un parti fourre-tout (une "poubelle" même, selon certains, y compris à l'extrême-gauche) incapable d'offrir aux électeurs autre chose que le moyen d'un vote
de protestation stérile, au détriment de la gauche de gouvernement...
Au delà du PS et de la gauche en eux-mêmes, nous avons parlé de certaines personnalités... Nous avons notamment évoqué le "French lover" socialiste Dominique Strauss-Kahn, dit DSK, directeur
général du Fonds monétaire international (FMI) depuis l'année dernière à Washington, dont certains, au PS, souhaitent ardemment le retour, sans doute pour qu'il puisse jouer le rôle du sauveur de
la gauche de gouvernement en 2012. On se souvient que DSK était visé, le mois dernier, par une enquête interne au FMI, sur les conditions de départ d'une collaboratrice hongroise avec laquelle
ledit DSK a eu ce que l'on a appelé pudiquement "une aventure d'une nuit". L'enquête avait notamment établi que Dominique Strauss-Kahn et Piroska Nagy, dont le nom n'est cité nulle part
mais dont l'identité avait été dévoilée à l'époque par le Wall Street Journal, ont tous deux "consenti et se sont activement engagés" dans leur liaison. La jeune femme, dont le
mari avait découvert la liaison, a quitté le FMI l'été dernier pour prendre un poste à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). On sait que cette affaire concernant
la vie privée de DSK tombait particulièrement mal alors que le FMI multipliait, et multiplie encore, les interventions pour contenir les retombées de l'actuelle crise financière mondiale. Or,
finalement, le 25 octobre dernier, Dominique Strauss-Kahn a été blanchi de toute accusation d'abus de pouvoir dans cette affaire de liaison extra-conjugale par un conseil d'administration du FMI
décidé à garder DSK à son poste, et se contentant de pointer du doigt une "grave erreur de jugement". Les "faiblesses" de DSK sont bien connus du milieu politico-médiatique
français, mais désormais, avec cette affaire "internationale", on constate que Strauss-Kahn a maintenant accédé médiatiquement au status d'un véritable nouveau Bill Clinton, voire d'un véritable
nouveau John F. Kennedy, tant son comportement de "French lover" est devenue quasiment proverbial... ;-) De fil en aiguille, en évoquant à nouveau la délicate question des réserves stratégiques
des Etats-Unis sous la présidence de Bill Clinton ;-), nous nous sommes rappelé d'une page Internet étonnante, relative à une improbable vente aux enchères en ligne, page Internet dont
Philippe David nous avait révélé l'existence lors d'une précédente RdB en juin dernier, et dont la bienséance m'interdit de décrire ici le contenu... ;-) Le moins que l'on puisse dire,
c'est que nous avons bien rigolé... ;-))
Dans un registre moins hilarant, on a également évoqué les propos ignobles que Lionel Jospin a tenu le soir du 20 novembre dernier à propos de Ségolène Royal, affirmant en l'occurence que
"dans le socialisme, les néo, ceux qui étaient contre les vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de bons souvenirs". J'avais déjà cité cette phrase dans un précédent article, en ajoutant qu'il vallait mieux ne pas trop s'interroger sur ce à quoi pensait exactement
Lionel Jospin en prononçant cette phrase suspecte... mais en fait, chacun a pu comprendre que Jospin faisait probablement allusion à Marcel Déat, le politicien français de l'entre-deux guerres,
socialiste puis néo-socialiste, qui fut ensuite collaborateur de l'occupant nazi. Quand on sait que Martine Aubry s'est opposé à Royal en balançant des vacheries du genre "La gauche, cela ne
peut pas être Travail, Famille, Région" (cf. Le Canard Enchaîné N°4594, 12 novembre 2008), on en vient forcément à se demander si les adversaires de Ségolène Royal ne considèrent
pas ladite Royal, son équipe, ses soutiens et ceux qui ont voté pour elle par volonté de changement, comme de dangereux pétainistes, voire d'abominables fascistes... Du reste, en parlant de ceux
qui "n'ont pas toujours laissé de bons souvenirs", je ne sais pas si Lionel Jospin est forcément le mieux placé pour donner ce genre de "leçon" d'histoire, la sienne étant par ailleurs
assez douteuse, pour ne pas dire nauséabonde... Jospin fait tout ce qu'il peut pour barrer la route à Royal : il faut croire que ce fameux soir du 20 novembre, il était vraiment à court
d'arguments sérieux contre l'actuelle présidente de la région Poitou-Charentes, alors encore candidate au poste de Premier secrétaire du PS... A croire que Jospin ferait n'importe quoi pour
exister politiquement et continuer ainsi à prétendre faire la pluie et le beau temps au PS... Or, le 21 avril 2002, à l'issue d'une campagne présidentielle calamiteuse menée avec un programme
insipide, Jospin avait pourtant publiquement dit qu'il se retirerait de la vie politique après la réélection de Chirac, mais comme le dirait Philippe David, si Ségolène Royal a son
association "Désirs d'avenir", Lionel Jospin devrait avoir son association "Désir de revenir"... Mon pauvre Lionel, si tu savais à quel point tu
es pathétique... Je n'ai pas grand-chose à dire de plus sur toi, si ce n'est évoquer le poétique point de vue de l'alias Dante... Se définissant ironiquement comme "un incorrigible et
éternel nostalgique de Lionel", Dante a, en effet, écrit en mars dernier, dans un commentaire au bas d'un de mes précédents articles, le message suivant à Lionel Jospin : "Oui,
Lionel, si tu nous lis, tu peux continuer à bêcher les plates-bandes (au lieu de marcher à côté des notres) de ton pavillon à l'île de Ré (Y cultives-tu les rosiers en pensant à Tonton ?) et
pêcher ce tendre coquillage auquel tu ressembles (Je demande pardon à l'avance aux bulots de cette île d'avoir esquissé ce rapprochement...), on continuera de penser très fort à toi. Ne
t'inquiétes pas si tu ne trouves pas de belles cartes postales à nous envoyer... Nous avons changé d'adresse... :)-"
La discussion s'est ensuite orientée vers d'autres sujets, forts variés. Basculant soudain sur le terrain de la littérature, nous avons parlé des vers suggestifs échangés au XIXe siècle
entre les amants écrivains Georges Sand et Alfred de Musset, comme le montre notamment le poème qui suit (dont il faut lire un vers sur deux [ici, les vers apparaissant en italique] pour
comprendre la proposition de George Sand à Alfred de Musset), poème que l'alias Dante avait reproduit, il y a quelques semaines, dans un de ses commentaires au bas d'un de mes précédents articles, intitulé "Choses Vues à Paris : Musées du Louvre et d'Orsay... érotiques
!":
Une poupée vaudou jugée attentatoire à Sarkozy mais pas interdite à la vente
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Nicolas Sarkozy n'a pas obtenu gain de cause vendredi [28 novembre] dans son combat contre la poupée vaudou à son effigie, la cour d'appel de Paris décidant de ne pas en interdire la commercialisation, même si elle a jugé qu'elle portait atteinte à la dignité du chef de l'Etat.
"Grandement soulagée", la société Tear Prod a d'ores et déjà annoncé une nouvelle production de 20.000 exemplaires.
Le 29 octobre, le TGI [Tribunal de Grande Instance] de Paris, saisi d'une demande d'interdiction du "Manuel vaudou, Nicolas Sarkozy" - un coffret comprenant un ouvrage humoristique sur le chef de l'Etat, une poupée à son effigie et un lot de 12 aiguilles - avait débouté le président de la République.
Vendredi, la cour d'appel a estimé "que l'incitation du lecteur à piquer la poupée (...) action que sous-tend l'idée d'un mal physique, serait-il symbolique, constitu(ait) une atteinte à la dignité de la personne de M. Sarkozy".
Les magistrats ont toutefois considéré qu'il n'y avait "pas lieu d'interdire la poupée", cette mesure n'étant "pas proportionnée".
Ils ont donc enjoint à Tear Prod, éditeur du livret, "d'apposer au besoin par un bandeau, sur tout coffret mis en vente ou proposé à quelque titre que ce soit au public, la mention" de la condamnation.
L'éditeur, qui s'est engagé vendredi à "demander aux libraires de bien vouloir les appeler si, à titre exceptionnel, des exemplaires du premier tirage leur restaient en stock, afin de leur fournir immédiatement un bandeau à poser sur le coffret", devra verser au président un euro de dommages et intérêts.
L'avocat de M. Sarkozy, Me Thierry Herzog, devrait s'entretenir avec son client "des suites à donner à cette affaire". Il pourrait en effet décider d'engager une action au civil et réclamer des dommages et intérêts supplémentaires.
Vendredi, Me Herzog s'est déclaré "tout à fait satisfait" de cet arrêt "qui a permis que la loi soit rappelée".
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En première instance, les magistrats avaient estimé que la poupée litigieuse ne constituait "ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle", mais un gadget s'inscrivant "dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour".
Ils avaient surtout estimé que "nul ne p(ouvai)t prendre au sérieux ce procédé et croire qu'il prônerait un culte vaudou tel que pratiqué aux Antilles".
Alors qu'il n'avait même pas effleuré ce sujet en première instance, Me Herzog l'avait finalement abordé en appel. Il avait plaidé qu'inciter des gens à blesser Nicolas Sarkozy en criblant sa poupée d'aiguilles "dépass(ait) de loin le droit à la caricature" et constituait une véritable "incitation à la haine".
La cour lui a donné raison sur ce point.
"La caricature et la satire, même délibérément provocantes ou grossières, participent de la liberté d'expression", a-t-elle relevé, mais "il n'en demeure pas moins une limite, toute personne, quelles que soient ses fonctions, ayant droit à la protection des atteintes à la dignité de sa personne".
A ce titre, "le fait d'inciter le lecteur à avoir un rôle actif en agissant sur une poupée dont le visage est celui de l'intéressé et dont le corps porte mention d'expressions qui se rattachent à lui, avec des épingles, piquantes par nature, (...) outrepasse à l'évidence les limites admises et constitue une atteinte à la dignité de cette personne sans qu'il soit nullement besoin de se référer à quelque croyance que ce soit".
C'est la première fois que Nicolas Sarkozy poursuit un éditeur depuis son arrivée à l'Elysée, même s'il a déjà saisi à plusieurs reprises la justice sur des questions d'atteinte à son image.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 28 novembre 2008, 23h01)
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