Citation

"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

Liens

Recherche

Recommander

Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /2008 10:47

Au début du mois dernier, on pensait que la République des Blogs de Toulouse (RdB) était sur le point de mourir, certains même ayant déclaré que ladite République des Blogs de Toulouse était définitivement morte. Finalement, il n'en est rien ! La flamme de la RdB ne s'est pas éteinte, et, pour le moment, ne s'éteindra pas ! La septième édition de cette RdB toulousaine a donc eu lieu hier soir, vendredi 28 novembre, en début de soirée (de 18h30 à 22h30 environ), au Ferdillon, le restaurant et bar lounge de la place du Fer-à-Cheval où nous nous réunissons habituellement. Cette fois-ci, nous étions six. Il y avait la blogueuse "M.", toujours co-organisatrice de la RdB, qui s'occupe désormais d'un nouveau blog, intitulé "Le Rocrocodile kinépeuthe". Il y avait également Philippe David, nouveau co-organisateur, célèbre auteur du blog "Vu de droite", et à nouveau seul représentant de la droite lors de cette RdB. Etaient également présents la blogueuse Christie, qui s'occupe du blog "Alluvions", ainsi que Gabriel, ancien auteur du blog "Politikele" (aujourd'hui interrompu), et Dante, un des lecteurs réguliers du présent blog. Comme il se doit, nous avons longuement discuté des sujets les plus variés, dans la bonne humeur, tout en buvant beaucoup de boissons à base d'alcool fort et tout en fumant beaucoup de pétards au cannabis sans OGM... ;-)


Bon, évidemment, je plaisante : nous avons certes bu des boissons alcoolisées, mais avec modération, et accompagnés d'excellentes pizzas du restaurant, le tout sans avoir le moindre besoin de fumer des "cigarettes qui font rire", vu que nous n'avons eu aucune peine à rire spontanément, simplement en discutant de certains sujets... ;-)
Nous avons commencé par évoquer, avec Philippe David, les turpitudes de la vie politique locale à Toulouse, en particulier un blog de Jean-Luc Moudenc, l'ancien maire UMP de la Ville rose et chef du groupe d'opposition municipale "Toulouse pour tous". Ce blog est intitulé "Toulouse Avenir", mais, selon Philippe, il aurait pu aussi bien s'appeler "Toulouse Passé", voire même, comme je l'ai suggéré, "Désirs de Moudenc"... ;-) Mais très vite, la conversation s'est orientée vers les turpitudes de la vie politique nationale, et en particulier, forcément, sur les récentes péripéties du PS. "M." et moi sommes adhérents du Parti Socialiste, et nous avons soutenus la démarche de Ségolène Royal et de son équipe à l'occasion du congrès de Reims et des scrutins internes qui l'ont précédé et suivi. Nous continuons à être aujourd'hui favorables à la démarche de Royal. Gabriel m'a demandé de lui expliquer les raisons de mon choix, et je l'ai fait : ayant déjà longuement évoqué le sujet dans de précédents articles ce mois-ci, il est inutile d'y revenir ici. Pour ce qui est des critiques, bien entendu, elles n'ont pas manqués lors de la discussion, et nous avons tous convenus que le PS est dans une situation qui, pour le moment, est évidemment lamentable. Cela dit, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, rien n'est encore joué, et personne ne sait quelle sera exactement la situation politique en France dans trois ou quatre ans, et notamment dans quel état sera le PS et la gauche... Si l'activisme isolé du sénateur Mélenchon - qui a quitté récemment (et bien tardivement) le PS pour fonder un nouveau parti nommé "Parti de Gauche" (P.G. ou P.D.G. ? ;o) ) - a fait rigoler tout le monde, "M." a dit qu'il fallait se méfier de ce qu'il va se passer du côté de Besancenot, et bien évidemment, son NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), qui doit remplacer la LCR en janvier prochain, est un vrai problème pour le PS et pour la gauche.


Dans un entretien paru jeudi dernier dans le magazine l'Express, Besancenot a évoqué les relations et éventuelles alliances qu'il entendait avoir avec le reste de la gauche, et notamment avec Mélenchon, qui avait lancé l'idée d'un front commun de la gauche en vue des élections européennes de l'année prochaine. En fait, Besancenot a annoncé que des discussions étaient possibles et que "des campagnes" pourraient être menées en commun, mais il a écarté l'idée d'un parti avec Mélenchon, dont tout le monde peut dire qu'il aura vraiment attendu bien longtemps avant de divorcer du PS (il faut dire que la soupe est bonne, au Sénat). Par ailleurs, Besancenot a déclaré que le NPA serait un rassemblement se voulant un mélange de "socialisme du XXIe siècle, écosocialisme, autogestion libertaire, communisme démocratique", et qui garderait "le meilleur" du trotskisme, ce qui n'annonce vraiment rien de bon, tant ce NPA semble d'ors et déjà se présenter comme étant un parti fourre-tout (une "poubelle" même, selon certains, y compris à l'extrême-gauche) incapable d'offrir aux électeurs autre chose que le moyen d'un vote de protestation stérile, au détriment de la gauche de gouvernement...


Au delà du PS et de la gauche en eux-mêmes, nous avons parlé de certaines personnalités... Nous avons notamment évoqué le "French lover" socialiste Dominique Strauss-Kahn, dit DSK, directeur général du Fonds monétaire international (FMI) depuis l'année dernière à Washington, dont certains, au PS, souhaitent ardemment le retour, sans doute pour qu'il puisse jouer le rôle du sauveur de la gauche de gouvernement en 2012. On se souvient que DSK était visé, le mois dernier, par une enquête interne au FMI, sur les conditions de départ d'une collaboratrice hongroise avec laquelle ledit DSK a eu ce que l'on a appelé pudiquement "une aventure d'une nuit". L'enquête avait notamment établi que Dominique Strauss-Kahn et Piroska Nagy, dont le nom n'est cité nulle part mais dont l'identité avait été dévoilée à l'époque par le Wall Street Journal, ont tous deux "consenti et se sont activement engagés" dans leur liaison. La jeune femme, dont le mari avait découvert la liaison, a quitté le FMI l'été dernier pour prendre un poste à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). On sait que cette affaire concernant la vie privée de DSK tombait particulièrement mal alors que le FMI multipliait, et multiplie encore, les interventions pour contenir les retombées de l'actuelle crise financière mondiale. Or, finalement, le 25 octobre dernier, Dominique Strauss-Kahn a été blanchi de toute accusation d'abus de pouvoir dans cette affaire de liaison extra-conjugale par un conseil d'administration du FMI décidé à garder DSK à son poste, et se contentant de pointer du doigt une "grave erreur de jugement". Les "faiblesses" de DSK sont bien connus du milieu politico-médiatique français, mais désormais, avec cette affaire "internationale", on constate que Strauss-Kahn a maintenant accédé médiatiquement au status d'un véritable nouveau Bill Clinton, voire d'un véritable nouveau John F. Kennedy, tant son comportement de "French lover" est devenue quasiment proverbial... ;-) De fil en aiguille, en évoquant à nouveau la délicate question des réserves stratégiques des Etats-Unis sous la présidence de Bill Clinton ;-), nous nous sommes rappelé d'une page Internet étonnante, relative à une improbable vente aux enchères en ligne, page Internet dont Philippe David nous avait révélé l'existence lors d'une précédente RdB en juin dernier, et dont la bienséance m'interdit de décrire ici le contenu... ;-) Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons bien rigolé... ;-))


Dans un registre moins hilarant, on a également évoqué les propos ignobles que Lionel Jospin a tenu le soir du 20 novembre dernier à propos de Ségolène Royal, affirmant en l'occurence que "dans le socialisme, les néo, ceux qui étaient contre les vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de bons souvenirs". J'avais déjà cité cette phrase dans un précédent article, en ajoutant qu'il vallait mieux ne pas trop s'interroger sur ce à quoi pensait exactement Lionel Jospin en prononçant cette phrase suspecte... mais en fait, chacun a pu comprendre que Jospin faisait probablement allusion à Marcel Déat, le politicien français de l'entre-deux guerres, socialiste puis néo-socialiste, qui fut ensuite collaborateur de l'occupant nazi. Quand on sait que Martine Aubry s'est opposé à Royal en balançant des vacheries du genre "La gauche, cela ne peut pas être Travail, Famille, Région" (cf. Le Canard Enchaîné N°4594, 12 novembre 2008), on en vient forcément à se demander si les adversaires de Ségolène Royal ne considèrent pas ladite Royal, son équipe, ses soutiens et ceux qui ont voté pour elle par volonté de changement, comme de dangereux pétainistes, voire d'abominables fascistes... Du reste, en parlant de ceux qui "n'ont pas toujours laissé de bons souvenirs", je ne sais pas si Lionel Jospin est forcément le mieux placé pour donner ce genre de "leçon" d'histoire, la sienne étant par ailleurs assez douteuse, pour ne pas dire nauséabonde... Jospin fait tout ce qu'il peut pour barrer la route à Royal : il faut croire que ce fameux soir du 20 novembre, il était vraiment à court d'arguments sérieux contre l'actuelle présidente de la région Poitou-Charentes, alors encore candidate au poste de Premier secrétaire du PS... A croire que Jospin ferait n'importe quoi pour exister politiquement et continuer ainsi à prétendre faire la pluie et le beau temps au PS... Or, le 21 avril 2002, à l'issue d'une campagne présidentielle calamiteuse menée avec un programme insipide, Jospin avait pourtant publiquement dit qu'il se retirerait de la vie politique après la réélection de Chirac, mais comme le dirait Philippe David, si Ségolène Royal a son association "Désirs d'avenir", Lionel Jospin devrait avoir son association "Désir de revenir"... Mon pauvre Lionel, si tu savais à quel point tu es pathétique... Je n'ai pas grand-chose à dire de plus sur toi, si ce n'est évoquer le poétique point de vue de l'alias Dante... Se définissant ironiquement comme "un incorrigible et éternel nostalgique de Lionel", Dante a, en effet, écrit en mars dernier, dans un commentaire au bas d'un de mes précédents articles, le message suivant à Lionel Jospin : "Oui, Lionel, si tu nous lis, tu peux continuer à bêcher les plates-bandes (au lieu de marcher à côté des notres) de ton pavillon à l'île de Ré (Y cultives-tu les rosiers en pensant à Tonton ?) et pêcher ce tendre coquillage auquel tu ressembles (Je demande pardon à l'avance aux bulots de cette île d'avoir esquissé ce rapprochement...), on continuera de penser très fort à toi. Ne t'inquiétes pas si tu ne trouves pas de belles cartes postales à nous envoyer... Nous avons changé d'adresse... :)-"


La discussion s'est ensuite orientée vers d'autres sujets, forts variés.  Basculant soudain sur le terrain de la littérature, nous avons parlé des vers suggestifs échangés au XIXe siècle entre les amants écrivains Georges Sand et Alfred de Musset, comme le montre notamment le poème qui suit (dont il faut lire un vers sur deux [ici, les vers apparaissant en italique] pour comprendre la proposition de George Sand à Alfred de Musset), poème que l'alias Dante avait reproduit, il y a quelques semaines, dans un de ses commentaires au bas d'un de mes précédents articles, intitulé "Choses Vues à Paris : Musées du Louvre et d'Orsay... érotiques !":

"Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon où je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement."


Chaud bouillant, n'est-ce-pas ? ;-)
Dans un autre registre, nous avons parlé du fameux triangle infernal "pouvoir politique / opinion publique / médias" avec lequel il nous faut sans cesse compter dans notre monde comme il va... Nous avons également parlé du carriérisme en politique, qui, en France, se perpétue de générations en générations... Bien des jeunes élus d'aujourd'hui, dans la plupart des grands partis politiques, considèrent la politique exactement comme la considèrent leurs aînés, c'est-à-dire comme un métier. Ils considèrent leurs indemnités d'élus comme des salaires, et prétendent que parce qu'ils sont passionnés par la politique, ils ne voient pas pourquoi ils ne vivraient pas de cela, y compris en cumulant des mandats. Cette dérive carriériste est accentuée par la fameuse reproduction des élites entre-elles, qui fait que la naissance et l'origine sociale favorise de fait la dominance de certaines catégories de personnes dans le domaine de l'exercice de responsabilités politiques... Tout cela encourage une "professionnalisation" de la politique qui ne devrait pas, en principe, occuper tout l'espace comme elle le fait, en se perpétuant de générations en générations... Ce genre de carriérisme, on le trouve partout, dans tous les partis de gouvernement, et c'est quelque-chose d'autant plus désolant que l'on voit ses jeunes élus reproduire les mêmes comportements "professionnels" que leurs aînés, tout en prétendant représenter le renouvellement : au PS, par exemple, on a pu trouver ce genre de jeune élu carriériste du côté de Benoît Hamon, sous prétexte de s'afficher tactiquement comme étant "vraiment de gauche", de même qu'à l'UMP, les jeunes élus aiment bien s'afficher comme étant des modèles en matière de sarkozysme "réformateur", sans parler d'autres partis, comme le MoDem, qui compte peu d'élus pour l'instant, mais où la naissance et l'origine sociale favorisent aussi le carriérisme. Contrairement à ce qu'a prétendu Jacques Chirac, la politique n'est pas un métier. Les indemnités d'un élu ne sont pas un salaire. Il y a une vie avant la politique, et une vie après la politique. Du moins, c'est ainsi qu'idéalement, l'engagement politique devrait être conçu... Il ne faut pas s'étonner ensuite s'il existe un fossé entre le peuple et la classe politique, entre les citoyens actifs qui votent et les politiciens qui n'ont quasiment jamais exercé un vrai travail...
Nous avons également évoqué la grande crise actuelle, qui, bien sûr, se poursuit. Selon une nouvelle estimation de l'Insee, la France a finalement échappé de peu au troisième trimestre à la récession frappant ses voisins européens, notamment l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui subissent déjà de plein fouet l'impact de la crise financière, mais ce répit risque d'être de courte durée, l'année 2009 s'annonçant, de toute façon, très difficile. L'Institut national de la statistique a en effet annoncé, le 14 novembre dernier, une progression du PIB de 0,1% au troisième trimestre. Il tablait dans ses dernières prévisions sur un recul de 0,1%, après celui de 0,3% déjà enregistré au trimestre précédent.


Pour Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, l'explication du fait que la France échappe de peu à la récession en 2008 est, bien entendu, évidente : "Si la France au 3e trimestre n'a pas connu de récession comme l'Allemagne, l'Angleterre ou l'Espagne, c'est dû à l'impact direct des mesures votées en France sur les heures supplémentaires, la réforme des 35 heures, la déduction des intérêts d'emprunts", a-t-il affirmé, le 15 septembre dernier. La France a-t-elle vraiment été protégée de la récession grâce aux "réformes", comme le prétend Sarkozy ? J'ai posé la question à Philippe David, qui, en toute simplicité, m'a répondu "C'est du pipeau !", et s'est montré très inquiet quant au grand risque de récession pour l'année prochaine.
Enfin, nous avons évoqué le grande nouvelle du jour, concernant la fameuse poupée vaudou à l'effigie de Nicolas Sarkozy dont j'avais déjà parlé en conclusion d'un précédent article, le mois dernier :

Une poupée vaudou jugée attentatoire à Sarkozy mais pas interdite à la vente


Nicolas Sarkozy n'a pas obtenu gain de cause vendredi [28 novembre] dans son combat contre la poupée vaudou à son effigie, la cour d'appel de Paris décidant de ne pas en interdire la commercialisation, même si elle a jugé qu'elle portait atteinte à la dignité du chef de l'Etat.

"Grandement soulagée", la société Tear Prod a d'ores et déjà annoncé une nouvelle production de 20.000 exemplaires.

Le 29 octobre, le TGI [Tribunal de Grande Instance] de Paris, saisi d'une demande d'interdiction du "Manuel vaudou, Nicolas Sarkozy" - un coffret comprenant un ouvrage humoristique sur le chef de l'Etat, une poupée à son effigie et un lot de 12 aiguilles - avait débouté le président de la République.

Vendredi, la cour d'appel a estimé "que l'incitation du lecteur à piquer la poupée (...) action que sous-tend l'idée d'un mal physique, serait-il symbolique, constitu(ait) une atteinte à la dignité de la personne de M. Sarkozy".

Les magistrats ont toutefois considéré qu'il n'y avait "pas lieu d'interdire la poupée", cette mesure n'étant "pas proportionnée".

Ils ont donc enjoint à Tear Prod, éditeur du livret, "d'apposer au besoin par un bandeau, sur tout coffret mis en vente ou proposé à quelque titre que ce soit au public, la mention" de la condamnation.

L'éditeur, qui s'est engagé vendredi à "demander aux libraires de bien vouloir les appeler si, à titre exceptionnel, des exemplaires du premier tirage leur restaient en stock, afin de leur fournir immédiatement un bandeau à poser sur le coffret", devra verser au président un euro de dommages et intérêts.

L'avocat de M. Sarkozy, Me Thierry Herzog, devrait s'entretenir avec son client "des suites à donner à cette affaire". Il pourrait en effet décider d'engager une action au civil et réclamer des dommages et intérêts supplémentaires.

Vendredi, Me Herzog s'est déclaré "tout à fait satisfait" de cet arrêt "qui a permis que la loi soit rappelée".


En première instance, les magistrats avaient estimé que la poupée litigieuse ne constituait "ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle", mais un gadget s'inscrivant "dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour".

Ils avaient surtout estimé que "nul ne p(ouvai)t prendre au sérieux ce procédé et croire qu'il prônerait un culte vaudou tel que pratiqué aux Antilles".

Alors qu'il n'avait même pas effleuré ce sujet en première instance, Me Herzog l'avait finalement abordé en appel. Il avait plaidé qu'inciter des gens à blesser Nicolas Sarkozy en criblant sa poupée d'aiguilles "dépass(ait) de loin le droit à la caricature" et constituait une véritable "incitation à la haine".

La cour lui a donné raison sur ce point.

"La caricature et la satire, même délibérément provocantes ou grossières, participent de la liberté d'expression", a-t-elle relevé, mais "il n'en demeure pas moins une limite, toute personne, quelles que soient ses fonctions, ayant droit à la protection des atteintes à la dignité de sa personne".

A ce titre, "le fait d'inciter le lecteur à avoir un rôle actif en agissant sur une poupée dont le visage est celui de l'intéressé et dont le corps porte mention d'expressions qui se rattachent à lui, avec des épingles, piquantes par nature, (...) outrepasse à l'évidence les limites admises et constitue une atteinte à la dignité de cette personne sans qu'il soit nullement besoin de se référer à quelque croyance que ce soit".

C'est la première fois que Nicolas Sarkozy poursuit un éditeur depuis son arrivée à l'Elysée, même s'il a déjà saisi à plusieurs reprises la justice sur des questions d'atteinte à son image.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 28 novembre 2008, 23h01)

Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, parce qu'il est actuellement président de la République, n'est pas un justiciable comme les autres, puisqu'il est doté d'un statut pénal qui le protège de poursuites intempestives, mais lui-même conserve sa liberté d'agir et faire tous les procès qu'il veut... C'est n'importe quoi. Certes, avant Sarkozy, en matière d'atteinte à l'image présidentielle, il y a bien eu deux précédents sous Pompidou et, surtout, sous Giscard : en 1976, le juge des référés parisien avait notamment condamné l'éditeur d'un jeu de 54 cartes à jouer, baptisé "le Giscarte", qui caricaturait Valéry Giscard d'Estaing sous les habits de différents personnages historiques (y compris les célèbres maîtresses royales Agnès Sorel et Diane de Poitiers, avec seins dénudés !) dessinés par Eddy Munerol. Mais François Mitterrand et Jacques Chirac, eux, n'ont pas eu la faiblesse (ou la bêtise) de faire ainsi des procès lorsqu'ils exerçaient la fonction de président de la République, et Sarkozy aurait été bien inspiré de faire de même, s'il n'était pas un chef d'Etat aussi médiocre et susceptible. Enfin, mieux vaut rire de tout cela, tant cette affaire de poupée vaudou est ridicule...


Pour ceux que cela intéresse, la poupée à l'effigie de Sarkozy n'a pas été la seule a être commercialisée, puisqu'il existe aussi une autre poupée vaudou, à l'effigie de Ségolène Royal, et produite par la même société. Amusée, Royal n'a pas voulu perdre son temps à poursuivre l'éditeur, elle. Qui sait ? Peut-être que cette poupée voudou représentant Ségolène Royal a beaucoup plu à Lionel Jospin, qui, si ça se trouve, en a déjà acheté un plein carton... ;-) Mais vu le rapport compliqué que Jospin entretient avec l'humour, j'avoue que j'ai des doutes sur les intentions qu'il pourrait avoir... ;op


Pour conclure, je dirais que nous avons tous passé une agréable soirée, dans une ambiance générale de franche rigolade. J'espère que les prochaines RdB de Toulouse ressembleront à celle d'hier soir. Le prochain rendez-vous sera probablement pour le début de l'année prochaine, au mois de janvier. A bientôt ! :-)

Cordialement, :-)

Hyarion.

PS : Philippe, j'aurai bien aimé évoquer ton livre politique, mais j'ai oublié le titre, et je ne trouve la référence nulle part ! Tu peux donner des informations en commentaire, si tu le souhaites... :-) Et pour ce qui est de l'adresse électronique de la fameuse page Internet relative à une improbable vente aux enchères en ligne, je laisse la liberté à mes lecteurs de la découvrir, et accessoirement de la révéler en commentaire... ;-)


(Illustrations : Personne allumant un joint [ou pétard] en 2006 en France, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Jeff Pachoud ; Une serveuse à Nantes, préparant un mètre de shooters, petits cocktails d'alcool fort, le 26 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Frank Perry ; Olivier Besancenot le 8 novembre 2008 à l'usine Renault de Sandouville, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Robert Francois ; Dominique Strauss-Kahn, le 12 octobre 2008 à Washington, photographie de l'Agence France Presse, ©Karen Bleier/AFP/Archives ; L'ancien Premier ministre Lionel Jospin, à La Rochelle le 29 août 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Pierre Andrieu ; L'ancien premier ministre socialiste, Lionel Jospin, le 14 janvier 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP/Archives ; La croissance en France, infographie montrant que la France a échappé de peu au troisième trimestre à la récession en 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Poupée vaudou à l'effigie de Nicolas Sarkozy, avec manuel d'utilisation, coffret et aiguilles, ©K&B ; Poupée vaudou à l'effigie du président français Nicolas Sarkozy, photographiée le 22 octobre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Franck Fife ; Couvertures des coffrets contenant des poupées vaudous à l'effigie de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal, ©DR ; Poupée vaudou à l'effigie de Ségolène Royal, le 22 octobre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Franck Fife)


Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste
  • anarcho-monarchiste
  • : Politique
  • : Blog politique et culturel, par un citoyen français. Ni capitaliste, ni marxiste, je suis juste arnarcho-monarchiste, et résolument anti-sarkozyste. Au menu : réflexions, lectures, écriture, discussions, le tout avec un zeste d'humour satirique.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Devises

* "Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux."

* "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts." (F. Nietzsche)

* "Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi." (J. Cocteau)

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés