Jeudi 13 novembre 2008
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Ce n'est assurément pas une
révélation que de le dire, et ce n'est assurément pas non plus un propos surprenant venant de ma part, mais cela vaut toujours là peine d'être dit : la présidence de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa
est médiocre, pour ne pas dire insignifiante. Or, par les temps qui courent, il est souvent de bon ton de relativiser cette médiocrité et cette insignifiance sarkozyennes pour pouvoir exprimer au
mieux tout le mal et surtout tout le mépris que l'on a pour le principal parti politique d'opposition, à savoir, bien entendu, le Parti Socialiste. Personnellement, on le sait, je n'ai jamais
prétendu, bien qu'étant adhérent du PS, défendre contre tous un parti qui a tant déçu par le passé, qui continue encore d'exaspérer beaucoup de monde à juste titre, et qui est encore bien loin
aujourd'hui d'être en mesure de proposer aux citoyens un projet alternatif crédible face à Sarkozy... Mais cependant, ces jours-ci, face aux sarcasmes des gens de droite et d'extrême-gauche, qui
en ce moment se plaisent à couvrir le PS de crachats, aussi faciles - et haineux - que révélateurs des certitudes imbéciles peuplant les cerveaux de beaucoup de ces gens, je n'ai pas envie d'en
rajouter en matière de critiques : il sera toujours tant d'en faire dans quelques jours, à l'issue du Congrès du PS, qui, rappelons-le, aura lieu à Reims du vendredi 14 au dimanche 16 novembre
prochains et sera l'aboutissement d'un long processus qui se poursuivra même au-delà, avec le vote des adhérents pour désigner le prochain Premier secrétaire du parti, le jeudi 20 novembre. A
l'heure où j'écris, personne n'est en mesure de dire avec certitude ce à quoi va aboutir ce 75e Congrès du PS, même si l'on sait que le parti est aujourd'hui entré pleinement dans une période de
grandes turbulences internes, turbulences dont on ne peut qu'espérer qu'elles n'aboutiront pas à un remake du Congrès de Rennes (mars 1990), de sinistre mémoire. La seule chose qui soit
certaine, en fait, c'est la fin annoncée (et, à mon avis, trop longtemps retardée) de la direction sortante du PS, incarnée par le Premier secrétaire François Hollande, lequel laisse un bilan de
chef de parti ni complètement négatif, ni complètement positif... soit un bilan à son image, finalement.
François Hollande quitte la direction du PS avec un bilan en demi-teinte
Au congrès de Reims, François Hollande quittera, au bout de onze ans de règne, la direction d'un Parti socialiste qu'il laisse éclaté en courants et clans, impuissant à gagner des élections
nationales, mais doté de pouvoirs locaux que la droite lui envie.
Elu par 90% des militants le 27 novembre 1997, après le congrès de Brest, pour succéder à Lionel Jospin arrivé à Matignon, le député de Tulle, 54 ans, présente un bilan en demi-teinte.
L'échec de la motion qu'il défendait - celle du maire de Paris Bertrand Delanoë - témoigne de la perte d'audience d'un premier secrétaire qui croyait il y a six mois encore qu'"aucune majorité
ne peut se faire" sans lui au PS.
Après avoir sauvé de la dérive un parti déboussolé par la défaite de Lionel Jospin le 21 avril 2002, M. Hollande a présidé à des victoires éclatantes aux élections locales et intermédiaires :
2004, le PS remporte 20 régions sur 22, aux européennes de 2004 sa liste arrive en tête (29%), aux municipales de mars 2008, il prend la tête de la plupart des grandes villes.
Mais le pouvoir central lui échappe : deux défaites successives aux présidentielles et législatives de 2002 et 2007, installent le PS dans le fauteuil d'éternel opposant.
"Autant pour 2002 la responsabilité n'est pas imputable à François Hollande mais à la campagne menée par l'ancien Premier ministre, autant la défaite de Ségolène Royal est mise, dans l'opinion,
au compte du PS et donc de son chef", souligne Frédéric Dabi de I'IFOP. François Miquet-Marty, analyste à Viavoice, tempère: "ce sont les rivalités internes entre les personnes et les
divergences idéologiques très fortes au PS" qui expliquent l'échec de 2007.
Dans la course à l'Elysée qui oppose de nombreux présidentiables, Hollande, le socialiste "le plus brillant de sa génération", comme on l'a qualifié, ne parvient pas à imposer sa candidature,
se contentant de gérer les ambitions des autres. C'est suite au raz-de-marée socialiste aux régionales de 2004 que le député de Tulle avait connu son heure de gloire : cote de popularité au
zénith, classement parmi les présidentiables.
Mais le référendum européen de 2005 casse le rêve: "c'est l'acte lourd, son autorité est bafouée en interne par Laurent Fabius, et par la base et les électeurs qui votent non" à un traité que
le PS approuvait, rappelle M. Dabi.
Fin tacticien, pragmatique, maniant humour et ironie, François Hollande a une obsession au congrès du Mans de novembre 2005 : empêcher l'explosion du parti auquel il est viscéralement attaché.
Il échafaude une synthèse qui lui sera reprochée, souvent par ceux-là mêmes qui l'avaient signée.
"Le PS est sorti du Mans dans l'impossibilité totale d'afficher des opinions claires", accuse sans ménagement l'ancien Premier ministre Michel Rocard. "Depuis trois ans, le PS ne produit que de
l'eau de bidet!" "Aujourd'hui encore la synthèse est nécessaire pour faire une majorité sur une ligne cohérente", rétorque M. Hollande, qui a de lui-même décidé de ne pas briguer un cinquième
mandat à ce congrès où l'avenir du PS est en jeu.
Les Français semblent indulgents : selon Viavoice, ils estiment à 50% qu'il a été "un bon premier secrétaire" (67% chez les sympathisants PS).
"Les Français lui reconnaissent la capacité d'avoir su contenir et faire vivre ensemble au PS des sensibilités politiques très différentes, voire antagonistes", relève François Miquet-Marty.
"François Hollande a limité les dégâts. Un autre premier secrétaire aurait-il fait mieux ? La réponse n'est pas évidente", estime-t-il.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 11 novembre 2008, 10h47)
Il est bien évident que face à Nicolas Sarkozy, François Hollande n'a jamais vraiment fait le poids dans la perspective
de la conquête du pouvoir central, trop occupé qu'il fut, en permanence, à vouloir réussir à tout prix l'improbable "synthèse" des différents courants d'un parti où l'on aime plus
souvent se battre à coups de poissons pourris (à la façon des Gaulois dans les aventures d'Astérix) plutôt que de prendre ses responsabilités dans la perspective de gagner les élections
nationales. Résultat : un Parti Socialiste qui, certes, a évité jusqu'ici la scission, mais qui n'a pas été en mesure, depuis six ans, de provoquer l'alternance à l'Elysée et au Parlement. Le
successeur de Hollande au poste de Premier secrétaire, qui sera désigné par les adhérents du parti, quatre jours après le Congrès de Reims, devra assurément faire mieux, notamment en matière de
leadership, pour permettre au PS de retrouver le chemin de la victoire électorale au plus haut niveau, l'échéance de 2012 étant, à cet égard, capitale, tant pour le parti que pour l'ensemble de
la gauche...
En attendant, il serait souhaitable de ne pas oublier ce qui se passe du côté de la droite sarkozyste au pouvoir, et de
bien mesurer combien la présidence de Sarkozy de Nagy-Bocsa (française depuis 18 mois et aussi européenne depuis le 1er juillet dernier et jusqu'au 31 décembre prochain) est la parfaite
illustration d'un célèbre dicton : "au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois." De fait, en raison des insuffisances d'une opposition inconsistante à l'intérieur, et en raison
de l'existence d'une période politique transitoire à l'extérieur - période de quasi-vide politique mondial qui coïncide avec la présidence française de l'Union Européenne -, Sarkozy est bien un
roi borgne régnant sur des aveugles et profitant du vide politique existant en face de lui, tant en France qu'à l'échelle internationale, pour surjouer, plus que jamais, son éternel rôle de
politicien volontariste et beau parleur, avec l'opportunisme pour seule véritable ligne politique directrice, lorsqu'on y regarde de plus près...
Certes, bien entendu, on ne peut pas reprocher à l'actuel chef de l'Etat de "faire le job", comme il dit, et ce
n'est pas un problème pour moi de reconnaître la réussite de telle ou telle de ses actions, fut-elle relative. Tenez, prenons un exemple concret : la guerre russo-géorgienne du mois d'août
dernier, survenu alors que le monde entier avait les yeux tournés vers la Chine et les Jeux Olympiques de Pékin (à l'inauguration desquels Nicolas Sarkozy a d'ailleurs finalement assisté, le 8
août dernier).
Rappelons brièvement les faits : le conflit russo-géorgien a été déclenché par une offensive militaire mené, dans le
Caucase, par les autorités géorgiennes dans la nuit du 7 au 8 août contre les séparatistes pro-russes de la région de l'Ossétie du Sud. Les forces russes ont contre-attaqué, repoussant l'armée
géorgienne pour finalement prendre position en Géorgie. En tentant de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, le président géorgien Mikheïl Saakachvili, pro-occidental, espérait avoir le
soutien concret de l'OTAN, dont la Géorgie n'est pourtant pas membre pour l'instant, mais le gouvernement des Etats-Unis, qui jusque-là donnait l'impression d'entretenir une relation privilégiée
avec la Géorgie face à la Russie, est alors subitement apparu bien impuissant face à la démonstration de force de l'armée russe. De fait, l'administration Bush, passablement usée, lourdement
engagée militairement en Irak et en Afghanistan, n'a pu qu'adopter apparemment une position de simple dénonciation de la Russie et de simple soutien plus ou moins verbal à la république
géorgienne, n'ayant guère les moyens de faire autre chose, si tant est qu'elle l'eut voulu. Dès lors, les Etats-Unis n'étant pas en position de force pour négocier avec les Russes - Bush ne
souhaitant sans doute même pas négocier de toute façon -, le champ diplomatique s'est révélé libre de facto pour l'Union Européenne, dont la France assure la présidence tournante durant
le second semestre de 2008 : le 12 août, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, accompagné du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, est donc allé négocier à Moscou et Tbilissi un
plan de paix en six points, prévoyant le retrait des troupes russes du territoire géorgien, plan finalement adopté par les deux parties.
Cependant, la Russie, peu pressée de respecter l'accord signé, s'est efforcé d'avancer ses pions au maximum, allant
jusqu'à faire savoir qu'elle pourrait reconnaître l'indépendance des régions géorgiennes séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, ce qu'elle a finalement fait, le 26 août, cette
reconnaissance ayant logiquement été immédiatement condamnée par les Etats-Unis et l'Union Européenne, dans une tension rappelant certains épisodes de l'ancienne "guerre froide" entre l'Est et
l'Ouest.
Le 8 septembre, quelques jours après un sommet extraordinaire à Bruxelles des pays de l'U.E. pour analyser les
conséquences du conflit russo-géorgien (le 1er septembre), Nicolas Sarkozy, de retour à Moscou, a négocié avec le président russe Dmitri Medvedev (le successeur de Vladimir Poutine, que ce
dernier a lui-même choisi avant de devenir pour sa part Premier ministre de la Russie) un calendrier de retrait des troupes russes de Géorgie, hors Abkhazie et Ossétie du Sud, d'ici le 10
octobre. C'est sans doute à ce moment-là que l'on a véritablement commencé à parler d'une supposée "stature internationale" pour l'actuel chef de l'Etat français...
Nicolas Sarkozy glisse sur la vague des succès diplomatiques européens
Propulsé sur le devant de la scène diplomatique internationale à la faveur de la crise entre la Russie et la Géorgie, Nicolas Sarkozy profite à plein de son passage à la tête de l'Union
européenne (UE) pour redorer son blason de chef de l'Etat.
Dans l'avion qui l'emmenait lundi soir [8 septembre] de Moscou à Tbilissi, le président savourait sans retenue sa satisfaction d'avoir arraché à son homologue Dmitri Medvedev un calendrier
précis de retrait des troupes russes du territoire géorgien, hors Abkhazie et Ossétie du Sud.
"On est content parce que, honnêtement, c'était pas gagné", a soufflé Nicolas Sarkozy devant une poignée de journalistes. "Notre priorité absolue, c'était le départ sans condition des soldats
avec un calendrier (...) on a un départ et une date. C'est fait. Et c'est incontestable", a-t-il ajouté, "et je mets au défi quiconque d'avoir obtenu mieux".
Que ce soit dans les jardins du manoir de campagne de Dmitri Medvedev ou plus tard dans la cour du palais en réfection du Géorgien Mikheïl Saakachvili, le chef de l'Etat n'a pas manqué de
célébrer publiquement son succès. En prenant bien soin de le parer des couleurs européennes.
"Si tout se passe comme indiqué (...) en un peu plus d'un mois, un conflit dont les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves serait arrêté (...) c'est l'Union européenne qui a obtenu
ce résultat", a-t-il insisté.
Et pour bien montrer que le président en exercice de l'UE, critiqué par les plus fermes des 27 après la signature de l'accord du cessez-le-feu du 12 août, n'avait rien cédé aux exigences de
Moscou, l'Elysée a opportunément laissé filtrer les détails d'un incident survenu lundi.
Selon ce récit, Nicolas Sarkozy a menacé de "rentrer à Paris" lorsque les Russes ont souhaité supprimer, avant de l'accepter, une partie de l'accord signé plus tard stipulant que ses troupes
devaient se retirer "sur leurs positions antérieures au début des hostilités". "Il n'y avait pas de plan B, nous n'aurions vraiment pas hésité à rentrer", a-t-on indiqué.
La détermination du locataire de l'Elysée a aussi été saluée dans le camp européen. "Les Russes ont reculé grâce à la fermeté de Nicolas Sarkozy, c'était remarquable", a loué un haut
responsable de Bruxelles qui était du voyage.
Au-delà du conflit russo-géorgien, le président a voulu voir dans la visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice au colonel libyen Mouamar Kadhafi la justification de sa
politique de la "main tendue" à la Libye ou à la Syrie, très critiquée. "Après Tripoli, nous attendons son voyage à Damas", relève-t-on avec ironie à l'Elysée.
Depuis quelques semaines, la posture internationale de Nicolas Sarkozy semble se concrétiser dans les sondages qui, après l'avoir plongé dans les abysses, ont amorcé un net rebond à la hausse,
même si sa cote reste globalement négative.
Lundi, un baromètre LH2-nouvelObs.com faisait même progresser sa cote de satisfaction de 11 points en septembre par rapport à juin, atteignant à 45% son meilleur niveau depuis janvier.
Plus que ces enquêtes, la présidence considère le bon score du candidat UMP (47%) dimanche au premier tour de la législative partielle de Chartres (Eure-et-Loir) comme un meilleur étalon de la
confiance de l'opinion.
"Les sondages ne sont que l'écume", assure-t-on à l'Elysée en rappelant que le chef de l'Etat souhaitait inscrire son action "dans la durée". "Le président n'est pas là pour le quotidien",
dit-on, "il est là pour le livre".
(Dépêche de l'Agence France Presse, 9 septembre 2008, 14h46)
Malgré sa volonté de tirer son épingle du jeu, la Russie s'est, en vérité, retrouvé assez vite isolée diplomatiquement,
seul le Nicaragua ayant reconnu, à sa suite, l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Aussi a-t-on pu constater, le 8 octobre, que les forces russes avaient finalement achevé leur
retrait de Géorgie, excepté les régions séparatistes, deux jours avant la date butoir prévu par l'accord conclu un mois plus tôt par Medvedev et Sarkozy. On peut reconnaître que Sarkozy de
Nagy-Bocsa a plutôt bien mené la barque des négociations engagées avec la Russie dans le cadre de la médiation de l'Union Européenne, de l'été dernier et qu'il est bien probable que d'autres
personnes n'auraient pas obtenu de meilleurs résultats si elles avaient été à sa place. Mais pour ce qui est de la "stature internationale" qu'est censé avoir récemment acquis, notamment
selon les médias de masse, l'actuel chef de l'Etat français, il y a tout de même de quoi être perplexe quand on pense au fait que Sarkozy agit sur le devant de la scène internationale alors que
les Etats-Unis d'Amérique sont en pleine période de transition politique à La Maison Blanche (le successeur de W. Bush n'étant même pas encore connu au moment des négociations de l'U.E. avec les
Russes), alors que la Grande Bretagne semble pour le moment assez peu disposée à prendre des initiatives fortes, alors que la Russie, malgré ses démonstrations de force et sa volonté d'affirmer
son influence régionale dans les anciens territoires soviétiques, reste un géant aux pieds d'argile, et alors que la Chine persiste à avoir surtout à coeur, jusqu'à présent, de s'occuper de ses
propres affaires en ne s'exposant pas trop. Dans un tel contexte de quasi-vide politique sur le plan international, un politicien opportuniste comme Nicolas Sarkozy, roi borgne régnant sur des
aveugles dans son propre pays, et président semestriel de l'Europe par le hasard du calendrier, n'a aucun mal à se voir attribuer une "stature internationale".
Sarkozy, en fait, ressemble un peu à un petit mammifère préhistorique occupant une niche écologique laissé par des
dinosaures disparus, mais ce n'est qu'une impression, une apparence : ainsi, dès que Barack Obama, le nouveau président élu des Etats-Unis, entrera en fonction en janvier prochain, alors que
Sarkozy aura dû céder peu de temps auparavant sa place de président de l'U.E., ce sera déjà une autre chanson qui s'imposera, même s'il est probable que ledit Sarkozy ne voudra sûrement pas
disparaître subitement de la scène internationale... Du reste, on l'a vu, après la crise du Caucase, l'actuel président de la République française, encore président de l'U.E., a voulu s'emparer,
à bras le corps, du volumineux et complexe dossier de la crise financière internationale, qui a éclaté aux Etats-Unis en septembre et qui touche depuis la planète entière. Les sommets
internationaux, les conférences de presse de chefs d'Etat et de gouvernements, avec Sarkozy au milieu à chaque fois, se sont ainsi multiplés ces dernières semaines, et bien sûr, nous avons eu
droit à beaucoup de discours, plus volontaristes les uns que les autres...
Ainsi, dès le 25 septembre dernier, dans son désormais fameux discours économique de Toulon, Sarkozy a tenu à faire
l'évènement - c'est-à-dire, en fait, à faire du Sarkozy -, en dénonçant notamment les défaillances d'un "capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait
contribué à la pervertir", et souhaitant que le sommet international qu'il a proposé à ses pairs en novembre soit l'occasion d'une "remise à plat" complète du système, "comme on
le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre Mondiale". Bigre ! Un nouveau Bretton-Woods ! Il fallait y penser ! Toujours est-il qu'à présent, Sarkozy voit son taux de popularité repartir
à la hausse dans certains sondages, lesquels, bien entendu, valent ce qu'ils valent... :
Embellie de popularité pour Sarkozy sur fond de crise économico-financière
Sur fond de crise économico-financière, Nicolas Sarkozy connaît une embellie de popularité avec des bonds de 7 à 8 points relevés par plusieurs instituts de sondages.
La cote de confiance du président de la République progresse de 8 points dans le baromètre Ipsos-Le Point rendu public lundi [10 novembre], M. Sarkozy atteignant son meilleur score depuis janvier
avec 49% d'opinions favorables.
C'est le troisième sondage d'affilée, après ceux de ViaVoice-Libération, également publié lundi (+ 8 points à 48%), et de CSA-leParisien-Aujourd'hui en France-i-télé de vendredi dernier (+ 7 à
47%), qui montre une nette remontée du chef de l'Etat dans l'opinion publique.
Selon trois politologues interrogés lundi, plusieurs facteurs expliquent cette embellie : l'attitude "volontariste" de M. Sarkozy face à la crise financière et à celle du Caucase, la stature
internationale que lui a conférée la présidence de l'Union européenne, une opposition socialiste empêtrée dans la préparation difficile de son congrès...
"La remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages était assez prévisible", car "son énergie inlassable" face aux crises "a impressionné les observateurs étrangers, ainsi que quelques
indéniables succès diplomatiques, comme l'Union pour la Méditerranée [lancée en grande pompe, à Paris, le 13 juillet dernier]", analyse Philippe Braud, professeur à Sciences Po et spécialiste
en psychologie politique.
"Après plusieurs mois de décrochage dans son rapport aux Français - en raison du délitement de son projet présidentiel (baisse du pouvoir d'achat), et d'atteinte à la fonction présidentielle
(vie privée et côté bling-bling), sa réaction vis-à-vis de la crise économique lui permet de renouer le lien" avec le pays, juge Stéphane Rozès (CSA).
M. Rozès constate d'ailleurs que "c'est parmi les catégories populaires que M. Sarkozy remonte le plus". Ce qu'il met sur le compte du discours de Réthel, lorsque le chef de l'Etat a annoncé,
le 28 octobre, dans les Ardennes, plusieurs mesures en faveur de l'emploi, notamment les contrats aidés, et sur ses critiques envers l'attitude de certains banquiers.
Pour son collègue Dominique Reynié, professeur à Science-po, "la crise est toujours une malchance. Ce qui a été une chance pour le président et qui lui a permis de remonter dans les sondages,
c'est la manière dont il a traité cette crise", affirme-t-il.
A mettre également à l'actif du chef de l'Etat, selon M. Reynié : "son style, sa façon de faire de la politique à chaque instant. Les Français ont le sentiment qu'ils ne sont pas seuls face à
la crise. Dans un contexte anxiogène, ils se sentent relativement rassurés".
Les trois spécialistes se veulent toutefois prudents.
"L'exigence à présent", "c'est que Nicolas Sarkozy n'apparaisse pas comme celui qui se contente de pointer les responsabilités mais parvienne à mettre en place des mesures", relève M.
Rozès.
"Le passage de la crise financière à la crise économique pourrait être plus compliqué à gérer", pronostique M. Reynié. Sans compter qu'avec l'arrivée du président américain Barack Obama et la
fin de la présidence française de l'UE (fin décembre), "M. Sarkozy ne sera plus la principale figure du pouvoir occidental", ajoute-t-il.
Enfin, analyse M. Braud, "la sarkophobie demeure, sinon, sa cote de popularité dépasserait celle du Premier ministre" François Fillon.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 10 novembre 2008, 19h10)
W. Bush avait fait la promesse à Nicolas Sarkozy et au président de la Commission européenne Barroso, venus tout deux lui
rendre visite à Camp David, dans le Maryland, le 18 octobre dernier, de consentir à une série de sommets consacrés à la résolution de la crise et d'accueillir le premier aux Etats-Unis. Or,
samedi prochain, 15 novembre, dans la région de Washington, aura bien lieu un sommet, inédit, des dirigeants des pays industrialisés et des grandes économies émergentes pour tenter de parer le
risque d'une récession mondiale causée par la crise financière (on peut toujours essayer, même si la récession est déjà là...). Premier d'une série, c'est en effet un sommet inédit puisque ce
sera la première fois que sera convoqué au niveau des dirigeants le G20, créé en 1999 après la crise asiatique (la dernière grande crise financière en date) et la débâcle de la dette russe pour
mettre face-à-face les puissances établies et émergentes. Le G20 comprend les membres du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis d'Amérique, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) auxquels il faut
ajouter l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. Le 20ème membre est l'Union Européenne,
représentée par le pays qui en assure la présidence tournante, donc la France actuellement. Sarkozy aura donc une double raison d'être là-bas, et on peut imaginer à quel point il doit se sentir
important en ce moment, persuadé, peut-être, de pouvoir, quasiment à lui seul, impulser une "rupture" salvatrice, nécessaire à la "remise à plat" tant souhaitée du système
économique et financier international. Cependant, à bien y regarder, l'essentiel, pour Sarkozy, est probablement ailleurs, si l'on en croit un article du Canard Enchaîné de la semaine dernière
:
"Le coup du 15 novembre
Malgré la sinistrose ambiante, Nicolas [Sarkozy] a trouvé un immense sujet de satisfaction.
« J'ai réussi le coup du siècle, j'ai réussi le coup du siècle », s'écrie-t-il, depuis le 22
octobre, devant ses visiteurs, ministres et parlementaires.
Le 22 octobre, c'est le jour de la confirmation par la Maison-Blanche que le sommet mondial sur la
crise financière se tiendra, le 15 novembre, à Washington. Et c'est cette dernière date qui transporte de joie Sarko, car il prétend l'avoir personnellement choisie.
Son « coup du siècle », c'est d'avoir obtenu que le sommet du G20 se tienne le 15 novembre,
en même temps que le Congrès socialiste à Reims !
« La veille, le jour même et les jours suivants, jubile Sarko, on ne parlera aux 20
heures (les jités) que du sommet de Washington, de mes propositions et initiatives. Sans parler du sommet Euro-[Russie], qui se tient à Nice le 14 novembre et où je discuterai avec
Poutine. A côté, le congrès du PS sera un non-évènement. »
Conclusion : « Les socialistes étaient déjà à la ramasse à cause de l'ouverture et de leurs
divisions, là, je leur porte un nouveau coup. »
C'est à ce genre de « coup du siècle » qu'on mesure l'élévation d'esprit d'un chef de
l'Etat."
(Le Canard Enchaîné N°4593,
5 novembre 2008)
C'est vraiment minable... et cela ne m'étonne vraiment pas de lui... Quand je pense que Nicolas Sarkozy a reçu,
aujourd'hui, 13 novembre, au palais de l'Elysée, l'édition 2008 du "prix du courage politique" (décerné par la revue Politique internationale), profitant de l'occasion pour vanter
publiquement sa politique étrangère, qu'il juge géniale, je me dis que toutes les récompenses et prouesses diplomatiques du monde ne changeront rien à la détestable personnalité de l'actuel chef
de l'Etat français, si imbu de lui-même, si insupportable, et, au fond, si pathétique...
En vérité, Sarkozy de Nagy-Bocsa peut bien faire ce qu'il veut et penser ce qu'il veut, et on peut lui attribuer toutes
les "statures internationales" que l'on veut : sa médiocrité, l'insignifiance de sa présidence n'en reste pas moins évidente à mes yeux, aujourd'hui comme hier, et ce n'est pas, du reste,
l'attitude apparemment volontariste de l'actuel chef de l'Etat français qui va me rassurer sur l'avenir du pays à court terme...
Alors évidemment, après, on peut toujours critiquer le PS, et on peut même aussi se dire que les Français ont le chef
d'Etat qu'ils méritent, mais en ce qui me concerne je ne peux pas me résigner à la médiocrité de Sarkozy au pouvoir, au fait que la France et l'Europe soit représentées par un pauvre politicien
tel que lui, et au fait qu'un misérable borgne malin règne ainsi sur de pauvres aveugles qui gagneraient beaucoup à ouvrir leurs deux yeux, s'ils savaient qu'en fait ils en ont... Pour ma part,
quoiqu'il arrive, jusqu'en 2012, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa restera dans mon collimateur...
Cordialement, :-)
Hyarion.
(Illustrations : Nicolas Sarkozy le 10 octobre 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gerard Cerles ;
François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste, le 14 octobre 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Stéphane de Sakutin ; Le numéro un du Parti Socialiste
François Hollande, à La Rochelle le 31 août 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Andrieu/AFP ; Le premier secrétaire du Parti Socialiste François Hollande à l'université
d'été du PS à La Rochelle, le 30 août 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pierre Andrieu ; Nicolas Sarkozy à Argonay, en Haute-Savoie, le 23 octobre 2008, photographie de l'Agence
France Presse, ©AFP/Fred Dufour ; Carte de la Géorgie et de ses régions séparatistes en 2008, ©AFP ; Nicolas Sarkozy reçu par son homologue russe Dmitri Medvedev le 12 août 2008 à Moscou,
photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Mikhael Klimentyev ; De droite à gauche : Nicolas Sarkozy, le conseiller Jean-David Levitte et le ministre Bernard Kouchner au sommet extraordinaire
de l'Union Européenne, le 1er septembre 2008, à Bruxelles, photographie de l'Agence France Presse, ©Gerard Cerles/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, le 12 août 2008
à Moscou, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Yuri Kadobnov ; Sarkozy présentant l'accord de règlement du conflit russo-géorgien entre Barroso et Medvedev le 8 septembre 2008 à
Moscou, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; De gauche à droite : Jean-Claude Juncker [président de l'Eurogroupe], Silvio Berlusconi [président du Conseil italien],
Angela Merkel [chancelière d'Allemagne], Nicolas Sarkozy [président de la République française], Gordon Brown [Premier ministre du Royaume-Uni], José Manuel Barroso [président de la Commission
européenne] et Jean-Claude Trichet [président de la Banque Centrale Européenne] au sommet des membres européens du G8 à Paris, au palais de l'Elysée, le 4 octobre 2008, photographie de la
Présidence de la République, ©Service photo Elysée / L. Blevennec ; Le président Nicolas Sarkozy lors de son discours économique à Toulon, dans le Var, le 25 septembre 2008, photographie de
l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy [2e à gauche], son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le Prince Charles [dernier à droite] et son épouse Camilla, devant l'Elysée à
Paris le 10 novembre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gerard Cerles ; Nicolas Sarkozy s'exprimant à Rethel, dans les Ardennes, le 28 octobre 2008, photographie de l'Agence
France Presse, ©AFP/Gerard Cerles ; George W. Bush, Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse à Camp David [Maryland], aux Etats-Unis d'Amérique, le 18 octobre 2008,
photographie de la Présidence de la République, ©Service photo Elysée / D. Noizet ; Le président en exercice de l'Union Européenne Nicolas Sarkozy souriant, lors de la deuxième et dernière
journée du sommet Asie-Europe à Pékin, le 25 octobre 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Nicolas Sarkozy le 11 octobre 2008 à Colombey-les-Deux-Églises, dans la Haute-Marne,
photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Jeff Pachoud)
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