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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /2008 22:58
Le député socialiste Gaëtan Gorce aura été de bon conseil : en suivant son avis, et en votant hier soir, jeudi 6 novembre, pour la motion d'orientation présentée par Ségolène Royal dans le cadre de la préparation du 75e Congrès du PS, je ne pense pas avoir fait un mauvais choix, d'autant plus que je n'ai pas, finalement, été le seul à le faire, loin s'en faut... J'avoue, toutefois, avoir été assez surpris des résultats nationaux de ce vote des adhérents du Parti Socialiste sur les motions, résultats dont j'ai pris connaissance la nuit dernière, à la radio France Info, à 3h du matin, alors qu'ils venaient d'être rendus publics après que l'ensemble des votes effectués dans toutes les sections du PS disséminées sur le territoire français ait été comptabilisé (hier soir, entre 17h00 et 22h00, sur les quelque 233 000 adhérents du parti, entre 130 000 et 140 000 votants se sont exprimés à bulletin secret dans plus de 3000 sections). Ainsi que je l'avais laissé entendre dans mon précédent article sur le sujet, j'étais sans illusions quant à l'issue de ce vote, bien qu'ayant décidé de voter personnellement pour la motion E présentée par l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007, puisque ladite motion paraissait être celle qui était, en définitive, la plus convainquante en matière de volonté de changement au sein du PS, et puisque Ségolène Royal, ainsi que la déclaré le député Gorce, "est la seule qui s'exprime d'une manière claire et nette" dans un contexte général fait de manoeuvres permanentes et de petits arrangements entre grands pontes du parti. Finalement, je constate que le choix que j'ai fait, en faveur de la motion de Royal, a été le même que bon nombre d'adhérents du PS, probablement pour les mêmes raisons que celles que je viens d'évoquer. Une petite lueur d'espoir serait-elle soudainement apparue au milieu des ténèbres dans lesquelles le Parti Socialiste français est plongé depuis bien trop longtemps ?

PS : misant sur le renouveau et le virage à gauche, Royal a forcé la victoire


Donnée perdante dans le combat en vue du Congrès de Reims, Ségolène Royal a inversé les pronostics en jouant sur le renouveau, sur le soutien de barons locaux et une rhétorique sociale de gauche qui a fait mouche en pleine tempête financière, selon des experts.

Avec quelque 29% des voix socialistes, la motion défendue par l'ex-candidate à la présidentielle est arrivée en tête, devant celles de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry (quelque 25% chacune)

Son score a démenti des sondages auprès de sympathisants et les pointages réalisés au sein du PS, qui prévoyaient une répartition en trois tiers avec avantage au maire de Paris.

"Au cours des dernières semaines, on a assisté à une remontée très forte de Ségolène Royal" qui a pu "troubler le jeu", relève Gaël Sliman, directeur de l'institut BVA.

Mme Royal "avait complétement foiré son come-back au Zénith" fin septembre, son "nouveau style a été un bide terrible", assure-t-il.

Mais, "elle a travaillé, a tenu un discours social fort, très ancré dans l'économique", souligne cet expert, "sous l'impulsion de son conseiller, l'économiste Thomas Piketty, elle a formulé des critiques intelligentes et fortes de la politique de Nicolas Sarkozy", proposant en pleine crise, l'entrée de l'Etat dans le capital des banques.

Pour les mêmes raisons, Benoît Hamon, de l'aile gauche du parti, "a fait un carton avec 19%", relève-t-il.

"Or au même moment, Bertrand Delanoë se plante complétement avec sa posture très +économie de marché+ au pire moment, alors que face à la crise, même Sarkozy fait intervenir l'Etat très fortement!", relève-t-il.


Pour Stéphane Rozès, directeur général de l'institut CSA, par temps de tempête, ce sont les "personnalités d'incarnation", comme "Ségolène Royal qui bénéficient d'une image structurée et forte" qui sortent victorieuses, plutôt que les "personnalités de résolution des dossiers", comme est perçu le maire de Paris.

Dans son virage à gauche, la présidente de Poitou-Charentes se montre dans les luttes, comme elle l'a fait en participant, avec les salariés de la Camif, à une manifestation devant Bercy.

Elle axe la fin de sa campagne sur la reconstruction du PS qu'elle veut ouvrir, rajeunir, en réduisant les cotisations.

Tout en parvenant à donner une image du renouveau, Mme Royal (55 ans) a profité du soutien de barons comme Jean-Noël Guérini, patron de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône - où elle a recueilli plus de 70% des voix - ou Georges Frêche, l'influent président de Languedoc-Roussillon, pourtant exclu du PS.

"Elle a réussi à bien jouer avec l'appareil et les fédérations, alors qu'elle jouait hors parti jusqu'à présent", relève M. Sliman.

Mais les analystes relativisent son succès : "a-t-on vu un candidat à l'Elysée diviser par deux son score en deux ans ?", demande M. Sliman en rappelant que Mme Royal avait recueilli 60% lors de la primaire PS en vue de la présidentielle.

"Je n'ai jamais vu un candidat à la présidence de la République faire moins de 30% au congrès suivant", tonne le député PS Henri Emmanuelli.

"Son score s'est réduit en peau de chagrin parce que les nouveaux adhérents, très royalistes, gagnés pendant la présidentelle, se sont retirés du PS", explique M. Rozès qui ajoute qu'à la différence de la présidentielle, les militants votaient cette fois pour un "collectif".

Le pari - et le parti - sont loin d'être gagnés par Mme Royal : "le +tout sauf Ségolène+ reste très fort" au PS, "l'immense majorité des 70% des adhérents qui n'ont pas voté pour elle ne voudront pas se rallier à son leadership", selon M. Sliman.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 7 novembre 2008, 16h05)

Avec le Parti Socialiste, il faut toujours être sur ses gardes. Aussi, passé le premier moment de surprise au milieu de la nuit, moment finalement assez agréable - car la surprise liée au succès inattendu de la motion de Ségolène Royal était, pour moi, une bonne surprise -, il a bien fallu, dans les heures qui ont suivies prendre à nouveau toute la mesure des difficultés auxquelles il va falloir désormais faire face...

Le rassemblement autour de Royal s'annonce compliqué, malgré sa victoire


Portée en tête par les militants du PS dans le scrutin précédant le congrès de Reims, Ségolène Royal s'est dite vendredi confiante dans sa capacité à rassembler autour d'elle une majorité, tâche ardue dans un parti socialiste divisé.

"Je me suis sans tarder attelée à la constitution de l'unité du parti socialiste", a déclaré vendredi soir à France 2 l'ex-candidate à la présidentielle, au lendemain de la victoire de sa motion, avec 29% des voix des adhérents, devant Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon.

Elle a salué "le sens des responsabilités" de ses interlocuteurs avec qui elle a engagé le dialogue, et souligné la nécessité d'un "ancrage" du parti à gauche, façon d'amadouer ses rivaux qui ont marqué leur refus d'une alliance avec les centristes.

C'est le cas de Benoît Hamon, chef de la gauche du parti. Avec un score inattendu de 19%, ce candidat déclaré au poste de premier secrétaire, s'est dit vendredi "plus légitime que jamais" pour s'installer dans le fauteuil laissé vacant par François Hollande.

L'émiettement du vote des militants, que M. Hollande a vainement tenté de conjurer en multipliant les appels pro-Delanoë avant le scrutin, complique singulièrement la donne à une semaine du congrès de Reims (14-16 novembre).

Mme Royal a d'ailleurs admis que ses quatre points d'avance ne lui donnaient "aucun droit" mais "uniquement des devoirs".

Son score n'atteint en effet pas le tiers des votants (quelque 130.000, une participation de 55%) et elle est loin de l'objectif qu'elle s'assignait encore en mars d'être "majoritaire" au PS, deux ans après sa désignation à plus de 60% comme candidate à la présidentielle 2007.

Bertrand Delanoë et Martine Aubry pèsent chacun un quart du parti.

Le député Pierre Moscovici (pro-Delanoë) a jugé "inquiétante" cette "logique de fragmentation". Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, a constaté avec appréhension "une certaine division".


François Hollande, pour qui le résultat sonne comme un désaveu, a appelé les quatre principales motions à "chercher ensemble les voies d'un rassemblement", relevant que le score son ex-compagne "ne lui permet pas d'être majoritaire".

Il a ensuite corrigé le tir, soulignant qu'il appartient "à la motion arrivée en tête" de "faire la démonstration qu'elle peut trouver une majorité".

"Il va falloir que le vote soit respecté", avait averti le matin la présidente de Poitou-Charentes. Les militants, a-t-elle redit le soir, n'"accepteraient pas" une recomposition ne marquant pas sa suprématie.

Si son résultat lui donne "une légitimité", elle ne fait pas pour l'instant "acte de candidature" pour diriger le PS. Ce n'est pas "un préalable", a-t-elle souligné.

Le premier secrétaire sera élu par les militants le 20 novembre, après le congrès.

M. Delanoë a pour sa part amorcé une mise en retrait de sa candidature. "Je ne veux pas être un problème", a-t-il dit. Il a toutefois écarté la possibilité de rejoindre un bloc qui s'accommoderait d'une alliance avec un parti "qui ne s'assumerait pas clairement de gauche", sous-entendu le MoDem.

Refus partagé par Mme Aubry, dont un proche, François Lamy, a affirmé qu'il appartenait à Ségolène Royal de faire "des propositions claires".

Estimant que ses idées "ont pollénisé le débat" interne, Benoît Hamon a déclaré à l'AFP qu'il allait "prendre des initiatives".

Deux de ses soutiens, le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député Marc Dolez ont claqué la porte du parti, récusant par avance les "arrangements au congrès de Reims", qualifié d'"immense complot à ciel ouvert".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 7 novembre 2008, 20h37)


Assurément, on ne se plaindra pas du départ du sénateur Mélenchon, plus insupportable que jamais. Mais on sait que le député Henri Emmanuelli  - qui, comme Mélenchon, soutenait la motion C de Benoît Hamon - n'a pas tardé à déclarer publiquement, aujourd'hui, avec la malignité qu'on lui connait, qu'il fallait à tout prix que Delanoë, Aubry et Hamon s'unissent pour prendre le contrôle du parti en excluant Ségolène Royal de la direction du PS. Quant à l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui a prétendu en 2002 se retirer de la vie politique mais qui n'en finit pas de vouloir rester influent au PS, et qui a soutenu la motion A de Delanoë, il a certainement dû s'étrangler de rage en apprenant le succès de la motion E, défendue par Ségolène Royal, qu'il déteste. Jospin ne va sans doute pas manquer à présent de faire tout ce qu'il peut pour nuire à l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007, qu'il a violemment critiqué après la défaite face à Sarkozy, alors que lui-même n'a même pas été fichu d'assumer l'incrédibilité de sa propre campagne présidentielle de 2002. Et ne parlons même pas des strauss-kahniens et des fabiusiens, qui sont également autant d'adversaires pour Ségolène Royal...
Un tel acharnement de la part de tous ces pauvres politiciens socialistes à vouloir à tout prix la perte de Ségolène Royal est évidemment extrêmement agaçant, mais, cela dit, tout cela n'est pas étonnant : en mars dernier, lorsque j'ai quitté (sans regret !) le MoDem pour le Parti Socialiste, je savais très bien que je sortais d'une secte pour me retrouver dans un panier de crabes, et, d'ailleurs, j'assume le fait d'avoir choisi de devenir adhérent d'un parti comme le PS, aussi tiraillé par de perpétuelles luttes internes, car je m'y sens, de toute façon, bien plus à ma place que dans n'importe quel autre parti.  Car, en vérité, sur ce sujet, les choses sont finalement assez simples. En raison de mon opposition résolue à Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et parce que je ne nie pas le clivage gauche/droite en me situant personnellement à gauche, ce que je veux, clairement, c'est une victoire de la gauche aux élections présidentielle et législatives de 2012. La seule gauche capable de gagner ses élections, et donc d'accéder au pouvoir, est la gauche de gouvernement. Or, dans ce contexte, le Parti Socialiste est incontournable. Sans un PS en état de marche, sans un PS doté d'un projet alternatif crédible, Nicolas Sarkozy restera au pouvoir pour 10 ans, quels que puissent être les fantasmes idiots et les ambitions illusoires de Besancenot, de Bayrou, ou des écolo-altermondialistes ! On peut critiquer le PS tant et plus, mais cela ne changera RIEN au fait que ce parti est indispensable pour assurer une vraie victoire à la gauche, ainsi qu'une vraie défaite à Sarkozy et à toute sa clique. Si Ségolène Royal et ses partisans peuvent permettre, au sein du PS, de faire en sorte que la gauche retrouve le chemin du succès, à l'échelle nationale et européenne, il n'y a pas à s'y opposer, mais au contraire à y adhérer, car bientôt, il sera trop tard. Par tous les dieux de l'Olympe, que chacun prenne donc ses responsabilités !

Cordialement,

Hyarion.


(Illustrations : Rayon de soleil sur une forêt en Bulgarie, photographie de l'Agence France Presse publiée le 2 novembre 2008, ©AFP ; La présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal, le 6 novembre 2008 à Melle, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Alain Jocard ; Résultats provisoires du vote des militants socialistes sur les motions du congrès PS de Reims, 7 novembre 2008, ©AFP/Infographie ; La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, parlant avec des militants après avoir voté le 06 novembre 2008 à Melle, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Alain Jocard ; François Hollande le 21 octobre 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Alix Guigon ; L'ancien Premier ministre français Lionel Jospin à La Rochelle le 29 août 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Andrieu/AFP/Archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
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