Le 75e Congrès du Parti Socialiste français, on le sait, aura lieu à Reims les 14, 15 et 16 novembre prochains. Son issue semble
s'annoncer, pour le moment, comme étant au mieux des plus incertaines, au pire des plus catastrophiques. A part cela, en tant qu'adhérent du PS, j'avoue ne pas avoir, a priori, grand-chose de
plus à dire sur la question... Essayons néanmoins d'aller ici à l'essentiel...
Depuis le 23 septembre dernier, les socialistes sont entrés de plein pied dans la bataille du Congrès de Reims, d'où doit sortir une nouvelle direction à la tête du parti et une nouvelle
orientation pour ce dernier. Plusieurs camps s'affrontent, avec six textes d'orientation (ou motions) sur la table, mais aucun de ces camps n'a réussi à former d'emblée une coalition majoritaire,
contrairement aux congrès précédents. La compétition est donc très ouverte, pour le meilleur et pour le pire. Alors que le débat sur les motions d'orientations arrive bientôt à son terme, puisque
les adhérents du PS devront, le 6 novembre prochain, se rendre dans leurs sections pour voter en faveur de la motion de leur choix, je souhaiterai revenir un peu sur l'étape qui a précédé celle
desdites motions, à savoir celle des contributions générales. Le 2 juillet dernier, en effet, 21 contributions générales ont été déposées lors d'un Conseil national du PS destiné à enregistrer
ces textes, écrits et défendus par des responsables socialistes en vue du Congrès de Reims, et censés constituer les premiers éléments de débat au sein du parti, fournissant en fait un tour
d'horizon des proximités de programmes et de personnes, dans la perspective de la formation de rassemblements susceptibles de se réaliser, par la suite, autour de futures motions soumises au vote
des adhérents en novembre. Parmi les nombreuses contributions générales ainsi déposées, et réunies dans un recueil imprimé envoyé à tous les adhérents du PS au début de l'été, il en est une qui
m'a particulièrement intéressé : il s'agit de la contribution "Aux militants" de Gaëtan Gorce, cosignée avec Louis Gautier. Dans un précédent article, daté du 25 mars dernier, j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les très pertinentes réflexions
de Gaëtan Gorce, député socialiste de la 2ème circonscription de la Nièvre. Aujourd'hui, je me permets de reproduire ici le texte de sa contribution, dont j'approuve, dans son ensemble, le
contenu...
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« Aux militants
Cher(e) s camarades,
Le monde bouge ; notre
société change : pourquoi pas la gauche ?
Là se trouve la clef de nos trois défaites consécutives à l'élection présidentielle !
Là se trouve la clef de notre difficulté à convaincre les Français !
Depuis trop longtemps, les querelles de personnes, les ambitions de présidentiables, ont supplanté la réflexion collective et le débat d'idées.
Depuis trop longtemps, le Parti est géré par cooptation à travers des arrangements conclus entre des chefs de courant et de grandes baronnies locales, au détriment de la clarté et du courage
politique.
La façon dont se prépare ce Congrès ne peut que conforter nos craintes. Au lieu de provoquer un renouvellement rapide des équipes, comme des idées, la direction a choisi, comme
toujours, de temporiser. Or, les mêmes méthodes ne pourront produire que les mêmes résultats !
Pourtant, les Français attendent de nous un changement radical qui nous permette de retrouver un élan et d'offrir une alternative. Pour cela, il nous faut sortir de la confusion. C'est ce à quoi
nous vous proposons de travailler. Nous ne sommes soutenus par aucune grande fédération ; aucune liste de signataires médiatiques. Nous ne voulons compter que sur notre force de conviction. Nous
ne voulons compter que sur votre appui, parce que nous savons qu'au fond de vous-même, vous en avez assez de cette situation qui réduit chaque militant, au mieux, au rôle de supporter, au pire, à
celui de spectateur.
Cette contribution vous appelle à vous mobiliser, pour porter, par le vote militant, les changements dont la gauche a besoin !
D'abord, nous doter d'un véritable leadership
Rien ne sera possible sans une transformation radicale des modes de fonctionnement de notre parti. C'est à une rupture avec le système en place, ceux qui l'incarnent et la manière dont ils le
dirigent qu'il faut procéder. Le parti ne travaille plus, ne pense plus. Il ne faut pas s'étonner qu'il ne gagne plus. La raison en est simple : le pouvoir au parti socialiste ne se renouvelle
plus et l'esprit collectif s'est perdu.
Notre parti, qui rêve d'une VIe République, a succombé depuis longtemps aux délices de la IVe. Et si la direction reste stable, c'est au prix d'une totale inertie et d'une composition
pléthorique. Ses structures, pourtant, sont encore solides : un réseau militant qui couvre tout le territoire et que l'espoir peut rassembler comme l'a montré le succès de la campagne des
nouvelles adhésions en 2006 ; un nombre considérable d'élus locaux dotés d'une légitimité et d'une expertise incontestables ; une position électorale, stratégique, centrale, forte, décisive, que
les échecs répétés aux élections nationales n'ont en réalité pas entamé.
Il existe donc un potentiel ! Encore faut-il le valoriser, le renforcer, l'élargir. L'enjeu est clair. C'est la reconquête et la mobilisation de ses milliers de militants, ses centaines de
milliers d’électeurs en provenance du PS mais aussi du reste de la gauche et pour partie du centre, aujourd'hui en déshérence. C'est d'eux que viendra la régénération de notre parti.
L'organisation à construire devra donc être avant et par-dessus tout attractive et démocratique, c'est-à-dire le contraire d'un appareil coopté malthusien. La formule des adhérents à 20 euros a
ouvert la voie : l'adhésion peut et doit prendre plusieurs formes comme la citoyenneté moderne qui en est le fondement. A motivation différente, réponse adaptée. Une telle évolution devra
s'accompagner de la création de sections thématiques, en plus des sections territoriales, pour permettre, à celles et ceux qui le souhaitent, d'apporter leur compétence, leur expérience et leur
contribution à l'approfondissement de la réflexion collective. Une telle démarche supposera aussi une véritable formation de nos cadres dont un réseau devra pouvoir organiser, animer les
réunions. Se dessinera alors un parti moderne, citoyen, bouillonnant à la base, offrant à ses membres une vraie capacité de mobilisation et d’expression.
Cette modernisation devra s'accompagner, comme un pendant naturel, d'une vraie démocratisation, c'est-à-dire de la mise en place de mécanismes de vote individuel, garantissant la primauté
des choix des membres sur ceux des dirigeants. A la méthode surannée des motions, supposée couvrir tous les sujets, devra succéder un vote par thème, garant de la clarté des orientations
politiques et de l'adhésion des membres. D'où l'idée de transformer l'Université de La Rochelle, en conférence nationale annuelle, lieu de travail et de débat, où le poids des adhérents serait
garanti par un principe simple : un représentant élu par section constituerait cette assemblée appelée à se prononcer sur la position que prendra le parti sur l'ensemble des dossiers
d'actualité ou à venir. Cette démocratie semi-directe sera la meilleure manière de garantir la participation de tous et la sincérité des votes, tout en dépassant l'influence et la captation de
pouvoir par les anciens courants et leurs dirigeants. Pour que le parti légal corresponde, enfin, au parti réel.
Cette rénovation, seul un leadership fort permettra de l'enclencher ; il est vain d'attendre des écuries qu'elles se réforment d'elles-mêmes. Il faut changer de logique et se doter d'un
Premier secrétaire élu avant le congrès pour que sa légitimité ne doive rien aux courants, et tout aux militants qui l'auront choisi sur un contrat clair de rénovation. Mandat qu'il devra
remettre à la disposition des militants après chaque élection nationale, afin de ne plus transiger avec le principe de responsabilité. En bref, le contraire de ce qui nous est aujourd'hui
proposé.
Enfin, cette dynamique nouvelle devra se traduire, dès le congrès passé, par le lancement d'Assises de l'Alternative, destinées non à des états-majors à bout de souffle, mais à toutes celles et
tous ceux qui, militants politiques, associatifs ou syndicaux, ou simples citoyens, veulent contribuer à rénover et à réorganiser la gauche. L'extrême gauche, ou le centre, ne peuvent constituer
une menace que si le Parti socialiste renonce, par ses divisions, sa frilosité, à assumer, par un projet dynamique et une organisation novatrice, ses responsabilités.
Les solutions que nous préconisons supposent une rupture. Rupture avec les habitudes d'un parti ankylosé par ses courants, rupture par conséquent avec une règle, la proportionnelle qui ne sert
plus que de prétexte à la préservations d'intérêts acquis. Cela ne signifie pas la disparition des sensibilités. Dotées d'un véritable statut, représentées dans les commissions nationales, elles
contribueraient au contraire à nourrir notre réflexion. Mais leur rôle ne devra plus être étendu à la sélection des candidats, à la direction ou aux fonctions électives qui devront répondre au
contraire à des critères politiques partagés : promouvoir les femmes, la diversité, en somme, le renouvellement indispensable à la vitalité d'une grande organisation.
Ensuite, dire la vérité pour agir en sincérité
Changeons le parti : mais aussi notre manière de faire de la politique !
À la démagogie sarkozyste, la gauche doit opposer un discours du bien commun et de l'intérêt général. Nos concitoyens sont plongés dans un profond désarroi. La défiance civique est à son comble
et explique, pour une large part, l'inquiétude que suscite toute perspective de changement économique et social, pourtant rendu indispensable par la situation dans laquelle se trouve le pays.
Notre premier devoir est de rétablir la confiance des Français dans l'action politique.Le
déficit de nos comptes publics et d'abord sociaux jette un doute sur l'avenir de notre système de solidarité. Le poids de notre endettement laisse craindre aux plus modestes d'être les premières
victimes des ajustements à venir. Face aux décisions à prendre, le PS a depuis des années choisi de ne pas choisir. Cette frilosité est devenue insupportable. La gauche doit au contraire se fixer
pour priorité de dire la vérité et d'agir en sincérité. Elle y gagnera sa crédibilité.
Nos concitoyens sont suffisamment au fait des réalités et des difficultés du pays pour ne plus prendre pour argent comptant les promesses trop faciles ou plutôt, pour faire la part de ce qui
relève de la surenchère électorale et du vrai courage politique. Prisonnière de ses clientèles, la droite s'en est éloignée. Libérée de la foi dans le rôle messianique de la classe ouvrière, la
gauche est ainsi seule à même de retrouver la logique de l'intérêt général. Entre des nécessités contradictoires mais toutes aussi légitimes (comment assurer à la fois l'avenir des retraites, un
niveau convenable de pension et la limitation des prélèvements publics qui pénalisent le pouvoir d'achat ; comment concilier l'enjeu d'une croissance plus dynamique et celui d'un
développement durable ; comment arbitrer entre les besoins du court et du long terme), il n'existe plus aujourd’hui de solutions toutes faites. Ce ne sont ni les préjugés idéologiques, ni une
vision binaire de la société qui devront nous guider, mais le sens de l'intérêt général par opposition à toutes les formes de lobbying, de corporatisme ou de démagogie.
C'est enfin le moyen de revivifier notre démocratie. Dans une société moderne l'émergence de l'intérêt commun ne pourra être que le résultat d'un débat organisé à multiples facettes, articulant
les dimensions de la démocratie sociale, de l'intervention citoyenne et de la délibération parlementaire. Il doit être une construction, pas un principe, ni une affirmation. Conçu comme le
produit d'un processus dans lequel doivent pouvoir intervenir toutes les forces concernées et les arguments recevables, au terme duquel le politique, en transparence et en sincérité, assume la
responsabilité de la décision, l'intérêt général n'a plus grand-chose à voir avec la vieille formule légitimant l'intervention de la puissance publique inventée au début de la République. Il ne
se confond plus avec la prérogative de l'État et se veut au contraire l'expression de la volonté collective d'une société riche de sa diversité et de ses questionnements. Il prend acte de la
complexité des enjeux qu'il intègre ; il refuse de céder à la dictature du marché comme de l'actualité ; il vise à exprimer simplement la vérité d'une démocratie moderne.
En somme, c'est à une approche mendésiste que nous en appelons, fondée sur la pédagogie, le réalisme, le respect des citoyens et l'attachement aux valeurs morales qui sont au cœur de
l'engagement politique.
Enfin, changer de visions
La gauche en arrive aujourd'hui à une nouvelle étape de son histoire. D'abord républicaine, tout au long du XIXe siècle, puis radicale et enfin socialiste, elle entre désormais dans une
nouvelle ère qui suppose, comme à chaque étape, le dépassement de son identité précédente.
À chaque mutation du capitalisme, elle a su apporter une réponse appropriée à l'exigence de démocratie et de justice sociale. Au socialisme économique du XIXe siècle a succédé la sociale
démocratie, que ses différentes tentatives de réformes, à travers notamment la 3ème voie, n'ont pas réussi à préserver d'un incontestable essoufflement. C'est par conséquent une voie nouvelle
qu'il faut aujourd'hui inventer.
Pour y parvenir, il nous faudra d'abord changer notre vision de la mondialisation.Celle-ci
reste trop souvent perçue comme une défaite symbolique. Elle constitue en réalité un formidable défi : la redistribution des cartes qui s'opère à l'échelle mondiale nous oblige à nous poser la
question de la place que notre pays occupera demain. Or, la France n'est plus qu'au 12ème rang du revenu par tête de l'Union européenne. La part de ses exportations dans le commerce mondial ne
cesse de régresser. Ses universités n'apparaissent plus dans le top 50 de l'intelligence mondiale. Il ne s'agit pas là d'entonner le refrain du déclin, mais de prendre conscience de la réalité.
Nous ne pourrons atteindre aucun de nos objectifs de solidarité et de justice à l'intérieur, d'influence, de paix et de régulation des marchés à l'extérieur, si nous ne pesons plus d'un poids
suffisant dans le rapport des forces mondiales.
C'est cette ambition que la gauche doit
assumer. Sa réponse aux changements du monde ne peut être ni la résignation, ni le repli nationaliste mais la construction d'un projet offensif qui mette au coeur l'innovation, le
changement, le projet européen et l'ouverture sur le monde. Internationalistes hier, nous devons être mondialistes aujourd'hui, ce qui implique aussi de reconnaître que l'État-Nation,
aujourd’hui encore seul cadre d'expression démocratique et seul garant du contrat social, a un rôle majeur à jouer en interne, c'est une évidence, mais aussi sur la scène internationale face aux
violences et aux dérégulations.
C'est dans ce contexte que nous devons aussi changer notre vision de l'Europe. La construction européenne est à la fois en panne et en crise. On ne peut sortir de cette impasse en tournant
le dos aux sentiments du citoyen-électeur, qui exprime sa réticence à l'égard des orientations prises par l'Union.
Les dirigeants politiques de l'Europe sont en grande partie responsables de cette désaffection. Ils n'ont pas su accompagner par des efforts d'explication et d'encadrement l'impact des derniers
élargissements, quand ils ne se sont pas défaussés de leurs responsabilités sur le dos de la technocratie bruxelloise. On ne pourra relancer l'Europe en s'obstinant sur la seule réforme des
institutions, au demeurant peu intelligible et secondaire pour les électeurs, ni en minant par des conflits récurrents, notamment franco-allemand, le coeur de la construction européenne. Il
faut relancer l'Europe par des projets politiques, sur l'immigration, la politique agricole, l'énergie, la défense. En privilégiant des solutions de coopération, limitées si nécessaire aux seuls
États volontaires, non dans une logique de noyau dur, mais de groupes pionniers permettant une intégration politique plus forte des États qui le souhaitent.
L'Europe a un rôle central à jouer dans la garantie de la sécurité internationale. À cet égard, le PS a manqué le rendez-vous de la sécurité intérieure dans les années 1990, il ne peut rater
celui de la sécurité internationale quand les enjeux s'interpénètrent aujourd'hui. Cela veut dire qu'il doit mettre au premier plan son engagement au sein du PSE [Parti Socialiste Européen],
promesse toujours renouvelée et jamais concrétisée !
Il nous faut enfin changer notre vision de la société et cesser de voir dans la montée de l'individualisme, l'adversaire de la solidarité. La gauche ne doit être prisonnière d'aucun
système, ni d'aucune institution, mais garder toujours comme priorité le respect de l'individu et la justice sociale. Cette demande n'a jamais été aussi forte. Elle ne peut être satisfaite par la
seule augmentation de l'impôt et de la dépense publique. Elle appelle au contraire une vraie réforme de l'État, de notre service public et de notre système de protection sociale pour garantir
leur efficacité, c'est-à-dire que les objectifs d'égalité des chances de redistribution et de solidarité qui leur sont fixés constituent toujours le coeur de leur organisation et de leur
fonctionnement. Nous devons avoir conscience que notre société s'est bloquée, figée, et que nos concitoyens ont la conviction que leur destin est écrit une fois pour toute, brisant la promesse
républicaine de l'égalité des chances. L'enjeu est donc de remettre notre société en mouvement et de revoir nos politiques autour de cette ambition. Notre stratégie ne peut se limiter à défendre
notre système social. Nous devons au contraire nous faire les artisans de sa réforme. C'est la meilleure garantie de son avenir.
Cette vision de la société doit nous conduire à prendre en compte les nouveaux visages de la France dans sa diversité ; à reconsidérer l'enjeu des libertés face à l'apparition de nouveaux
systèmes de surveillance. La fermeté à l'égard de toutes formes de menace, de la lutte contre la délinquance à la prévention du terrorisme doit s'accompagner d'une vigilance et d'un contrôle
démocratique accru. Libertés et sécurité sont indissociables. C'est la citoyenneté, dans toutes ses composantes, mélange de droits et de devoirs, de responsabilités et de sûreté, qu'il faut
réveiller.
Telles sont les raisons qui nous ont conduit à vous présenter cette contribution. Nous le faisons en toute liberté, affiliés à aucune chapelle, ne dépendant d'aucun leader. C'est cette liberté
qui nous conduit à revendiquer pour notre parti et pour la gauche du courage et de la clarté. Renoncer aux préjugés, aux visions toute faites, ne plus céder aux seules préoccupations de pouvoir
pour entamer une rénovation en profondeur de notre projet politique et une réorganisation radicale de notre organisation : voilà la seule ambition qui nous porte et à laquelle nous vous invitons
à vous associer.
Gaëtan Gorce député de la Nièvre, membre du Bureau national et Louis Gautier délégué national du PS aux questions stratégiques. »
*******
Dommage que le député Gorce n'ai finalement pas pu proposer une motion dans la continuité de sa contribution générale, car j'aurai peut-être voté pour ladite motion, même si, à titre personnel,
je ne suis pas particulièrement attiré par le mendésisme (sans doute suis-je devenu bien trop cynique aujourd'hui pour prétendre adhérer sans arrière-pensées à ce genre de tendance, trop
idéaliste pour moi : tel est le prix intellectuel à payer lorsque l'on a perdu toutes ses illusions en politique, comme c'est mon cas)... De toute façon, à présent, la page des contributions est
tournée, et l'heure du choix de l'orientation du parti approche... Aujourd'hui, rappelons-le, on sait que les adhérents du parti devront se prononcer, dans quelques jours, sur six textes
principaux (soit six motions) placés, pour quatre d'entre-eux, sous la bannière de grands pontes dudit parti. Il faudra ainsi que chacun des adhérents choisissent une motion parmi les suivantes :
la motion A du maire de Paris Bertrand Delanoë (soutenu notamment par le Premier secrétaire sortant François Hollande, les anciens Premiers ministres Lionel Jospin et Michel Rocard,
l'ancienne ministre Elisabeth Guigou, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault, et des strauss-kahniens, dont le député Pierre Moscovici), la motion B du
"pôle écologique", courant né en janvier 2008 et représenté notamment par le député Christophe Caresche, la motion C du député européen Benoît Hamon (représentant l'aile gauche du
parti réunifiée pour l'occasion, soutenu par le député Henri Emmanuelli et le sénateur Jean-Luc Mélenchon), la motion D de Martine Aubry, maire de Lille (soutenue par les anciens Premiers
ministres Laurent Fabius et Pierre Mauroy, l'ancien ministre Jack Lang, les députés Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis, les fabiusiens, des strauss-kahniens, et la majorité des
socialistes de la région Nord-Pas-de-Calais), la motion E de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes (soutenue, entre autres, par les députés Julien Dray, Manuel Valls et
Aurélie Filipetti, par l'ancienne Premier ministre Edith Cresson, par le sénateur et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, et par le sénateur-maire de Lyon Gérard
Collomb), et enfin la motion F du courant "Utopia", présentée par Franck Pupunat, membre titulaire du Conseil National du PS.
En septembre dernier, Gaëtan Gorce, resté silencieux jusqu'alors, a rejoint la motion de Ségolène Royal, en déclarant notamment, lors d'un entretien sur le site LCI.fr : "Ma préférence aurait
été d'aller jusqu'au bout d'une démarche que notre contribution avait formalisé. Malheureusement, beaucoup de ceux qui souhaitent la rénovation du parti n'ont pas réussi à s'entendre directement
et ont choisi de suivre d'autres chemins. Donc je rejoins la motion qui est la plus proche des convictions que je défends depuis 18 mois, c'est-à-dire la motion de Ségolène Royal, de Gérard
Collomb, de Manuel Valls et de Vincent Peillon. [...] J'ai beaucoup d'estime et de sympathie pour Bertrand Delanoë. Il aurait été d'ailleurs souhaitable que lui et Ségolène Royal s'entendent car
leur ligne politique est assez proche. Si l'un et l'autre reportaient à plus tard le choix du candidat à la présidentielle, ce serait une base de compromis futur possible. Mais si je n'ai pas
rejoint la motion de Bertrand Delanoë, c'est que je ne peux pas me retrouver sur la même motion que la direction actuelle du PS dont je combats la stratégie depuis 18 mois car elle empêche la
rénovation. [...] L'idéal aurait été qu'autour de Pierre Moscovici puisse se fédérer tous ceux qui incarnent la relève. Cela n'a pas été possible. Donc je crois que la plupart d'entre eux sont
plutôt maintenant du côté de Ségolène Royal. On y retrouve de nombreux jeunes parlementaires et d'autres qui peuvent présenter une relève car ils n'ont pas occupé de poste de responsabilité
jusque là. Ségolène Royal veut incarner une démarche politique plutôt qu'une démarche de soutien à telle ou telle personnalité. Quand je vois les arrangements qui s'opèrent ici et là, je continue
à penser qu'aujourd'hui, elle est la seule qui s'exprime d'une manière claire et nette. Elle le fait sans concession donc elle reste une valeur forte pour le PS."
Voila. Je n'ai plus grand-chose à ajouter, sinon qu'il me semble que le député Gorce est plutôt dans le vrai... Malgré un contexte politique peu propice à la sérénité, et bien que je ne me fasse,
au fond, absolument aucune illusion en ce qui concerne l'issue du Congrès de Reims, je sais, pour ma part, ce qu'il me reste à faire le 6 novembre prochain, suivant toujours en cela cette fameuse
devise française figurant en épigramme du Grand Dictionnaire universel du XIXème siècle de Pierre Larousse : "fais ce que dois, advienne que pourra".
Cordialement, :-)
Hyarion.
P.S. (1) : Je profite de l'occasion pour informer mes lecteurs qu'à partir de la prochaine fois, bien qu'étant toujours engagé contre l'hypocrisie sarkozyste et berlusconiste, mes articles ne
seront désormais plus forcément systématiquement accompagnés d'une illustration représentant un nu féminin. L'expérience m'a appris qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses... ;-)
:
Blog politique et culturel, par un citoyen français. Ni capitaliste, ni marxiste, je suis juste arnarcho-monarchiste, et résolument anti-sarkozyste. Au menu : réflexions, lectures, écriture, discussions, le tout avec un zeste d'humour satirique.
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