Avant
d'éventuellement poursuivre ma série d'articles sur les choses que j'ai vu le mois dernier à Paris et aux alentours (j'ai peu de temps pour cela en ce moment), je propose ici un compte-rendu de
la sixième République des Blogs (RdB) de Toulouse, qui a eu lieu hier, vendredi 3 octobre, tant bien que mal. Arrivé peu après 18h30 au bar Le Ferdillon, lieu habituel de la RdB, j'ai
constaté que ledit bar était fermé, contre toute attente. Rejoint sur place quelques minutes plus tard par un de mes lecteurs, Dante, nous avons attendu quelque temps devant le bar, en
nous demandant si nous allions être les seuls présents ce soir... Heureusement, peu après 19h00, un troisième participant est arrivé : l'un des co-organisateurs de la RdB, Monsieur Poireau
(http://monsieurpoireau.blogspot.com/), aussi connu comme étant Monsieur Filaplomb éditeur (http://filaplomb.blog.20minutes.fr/). Ensemble, après avoir attendu encore un peu devant le bar, dans le froid et dans le vent, nous nous
sommes finalement réfugiés à l'intérieur du bar du Fer-à-Cheval, situé de l'autre côté de la place toulousaine du même nom, nous installant à une table d'où nous pouvions voir arriver d'éventuels
autres participants. Personne, hélas, ne nous a rejoint. Nous n'étions donc que trois. Pour Monsieur Poireau, dont s'était la dernière RdB à Toulouse, car il part ce mois-ci s'installer à
Bruxelles pour y poursuivre l'aventure de sa maison d'édition - les éditions Filaplomb -, un constat s'est vite imposé : la sixième RdB de
Toulouse sera probablement la dernière pour tout le monde. D'abord parce que Monsieur Poireau s'en va, et ensuite parce la blogueuse "M.", l'autre co-organisatrice, absente hier soir et qui a
d'ailleurs récemment mis fin à son dernier blog en date ("Toulouse by blogs"), doit vraisemblablement faire face à trop d'occupations de son côté pour pouvoir continuer à s'occuper, seule,
d'organiser les rendez-vous. Moi-même, je ne peux pas prendre la responsabilité de les organiser, ayant à faire face, moi aussi, à trop d'occupations de mon côté pour me le permettre...
L'aventure semble donc bel et bien se terminer, un peu plus de huit mois après la première édition de la République des Blogs de Toulouse, le 26 janvier dernier. C'est un peu triste, mais c'est
comme ça. Qui sait, peut-être que les réunions de blogueurs politiques toulousains reprendront un jour, sous une autre forme...
Cette probable dernière RdB aura tout de même été l'occasion, pour les trois participants présents, de discuter à bâtons
rompus sur les sujets les plus divers. L'actualité du moment, c'est, bien entendu, la crise du capitalisme financier, et tout particulièrement la crise boursière et bancaire, d'abord
survenue aux Etats-Unis d'Amérique avant de toucher également l'Europe et le monde entier, et dont il ne se passe pas un jour, depuis au moins deux ou trois semaines, sans que les médias n'en
parlent. Tout ce merdier financier, tout droit sortie d'une Bourse de Wall Street dépourvue de sens, d'un système bancaire américain aberrant, et, de façon plus générale, d'une "logique" du
capitalisme financier mondial plus inexistante que jamais, ne pouvaient qu'avoir des conséquences pénibles pour tout le monde, y compris pour la France. Notre pays, en effet, selon les prévisions
de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publiées hier, 3 octobre, subira cette année de plein fouet l'impact de la crise internationale, avec une récession au
second semestre réduisant la croissance à seulement 0,9% en 2008, ainsi qu'un pouvoir d'achat rongé par l'inflation et la faiblesse du marché du travail (41300 chômeurs supplémentaires se sont
inscrits à l'ANPE au mois d'août dernier), sans oublier la crise immobilière. Assurément, l'actuel chef de l'Etat français, auto-proclamé "président de la valeur travail", et également
prétenduement qualifié "président du pouvoir d'achat", a du souci à se faire...
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a d'ailleurs eu beau prononcer, le 25 septembre dernier, un grand discours économique à
Toulon, devant un public tout acquis à sa personne, discours à l'occasion duquel il a dénoncé les dérives du capitalisme financier et reconnu la gravité d'une crise qui suscite "la peur"
tout en s'engageant à protéger les Français de ses effets et à continuer les réformes, les faits sont là : la France s'enfonce cet automne dans la récession - la deuxième en seize ans -,
sur fond de crise financière mondiale et après l'annonce de nombreuses suppressions d'emplois par les grands groupes industriels. Gageons que l'opportuniste Sarkozy, au nom de la valeur
"élection", ne tardera plus guère à mettre définitivement aux oubliettes ses promesses en matière de pouvoir d'achat et de "valeur travail", pour vite passer à autre chose, et
essayer de détourner l'attention des électeurs vers d'autres sujets, par l'intermédiaire d'autres beaux discours, plus creux les uns que les autres... comme d'habitude.
En tout cas, l'actuelle crise financière, si elle paraissait être un sujet incontournable, n'a pas occupé l'essentiel de
nos discussions lors de cette sixième RdB, loin s'en faut. Nous avons parlé, en effet, de beaucoup d'autres choses... et notamment de la situation de la gauche en France, et en particulier, bien
entendu, de la situation du Parti Socialiste. Le 6 novembre prochain, les adhérents du PS (dont je fais partie) sont censés devoir se prononcer sur différentes motions d'orientation,
contenant chacune une proposition de ligne politique à adopter au prochain congrès du parti, qui se tiendra à Reims du 13 au 16 novembre et qui précèdera la désignation d'un nouveau premier
secrétaire du PS quelques jours plus tard. Aujourd'hui, on sait que les adhérents du parti devront se prononcer sur quatre textes principaux (soit quatre motions) placés sous la bannière de
grands pontes dudit parti : le maire de Lille Martine Aubry (avec les fabiusiens, des strauss-kahniens et le Nord-Pas-de-Calais), le maire de Paris Bertrand Delanoë (soutenu notamment par le
premier secrétaire sortant François Hollande et le strauss-kahnien Pierre Moscovici), la présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal (associée à des "barons" socialistes locaux, de
Lyon et des Bouches-du-Rhône notamment), et enfin le député européen Benoît Hamon (représentant l'aile gauche du parti réunifiée pour l'occasion, soutenu par Henri Emmanuelli et Jean-Luc
Mélanchon). Pour être complet, signalons qu'il existe aussi deux autres motions, également en lice: celle du "pôle écologique", né en janvier 2008, et celle d'"Utopia". A en croire le blogueur
socialiste Chouka, qui en avait parlé sur son blog "Jardins Politiques", le courant "Utopia", défini comme étant un groupe
"dadaïste" se présentant comme étant "contre la valeur travail", me paraissait a priori sympathique, et je n'excluai pas de pencher de leur côté à l'heure du choix. Mais lorsque
j'ai appris que "Utopia" était "pour la régularisation de tous les sans-papiers", je me suis dit que ce groupe ne valait pas mieux que les autres courants du PS. En vérité, il n'a rien
de dadaïste : son positionnement tend à se rapprocher d'un gauchisme particulièrement convenu. Un vrai groupe dadaïste n'aurait pas stupidement - et démagogiquement - réclamé la
"régularisation de tous les sans-papiers", il aurait bien plutôt exigé la suppression de tous les papiers d'identité, quels qu'ils soient ! Et ça, cela aurait vraiment été de
nature à séduire l'anarcho-monarchiste que je suis ! ;-) Du reste, moi et les deux autres participants de la RdB avons volontiers convenu que des vrais dadaïstes ne se seraient pas arrêtés en si
bon chemin et auraient également exigé la dissolution de la police ! ;-))) Toujours est-il qu'aujourd'hui, en tant qu'adhérent au PS, je suis bien embêté : aucune motion n'a a priori ma
faveur. En tant qu'anarcho-monarchiste, ni capitaliste, ni marxiste, il faut dire que je suis un peu pris entre deux feux : entre un capitalisme complaisamment cautionné par
certains socialistes se disant "réalistes", et un marxisme plus ou moins revendiqué à demi-mots par certains autres socialistes se disant "vraiment de gauche"... Monsieur
Poireau, qui n'est pas membre du PS, penche d'office pour la tendance Hamon/Emmanuelli, mais moi, je n'ai pas encore choisi... et je ne sais pas si je réussirai un jour à choisir ! Nous verrons
bien...
Moi, Dante et Monsieur Poireau avons également parlé de la dernière prestation scénique de Ségolène Royal, le
samedi 27 septembre dernier, au Zénith de Paris, prestation qui a été diversement apprécié au PS, et surtout beaucoup critiqué par tous ceux qui n'aiment pas Royal au sein dudit PS... Il est vrai
qu'après les accusations qu'elle avait elle-même porté, au début du mois de juillet, contre le pouvoir gouvernemental en place à la suite d'un mystérieux cambriolage de son domicile, près de
Paris, le 27 juin dernier, Royal a traversé une sorte de période d'éclipse médiatique, laissant derrière elle l'image peu flateuse d'une personne accusée de paranoïa par ses adversaires suite à
cette affaire de cambriolage, un porte-parole de l'UMP, le très détestable Frédéric Lefebvre, ayant notamment publiquement déclaré, début juillet, que Ségolène Royal avait "pété un
câble". Aussi fallait-il que Royal revienne sur le devant de la scène avec une nouvelle image, sans oublier qu'on l'attendait au tournant à l'approche du Congrès de Reims... Voici ce qui a
été retenu de sa prestation du 27 septembre dans la dépêche AFP qui suit:
Ségolène Royal au Zénith pour son "rassemblement de la Fraternité"
"Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer": l'ex-candidate socialiste à l'élection
présidentielle Ségolène Royal s'est posée samedi [27 septembre] en Mère Courage, apôtre des sans-grade, lors d'un "rassemblement de la fraternité" au Zénith de Paris.
Dans la grande salle où quelque 4.000 personnes avaient pris place, entre deux prestations d'artistes venus se
produire bénévolement, la présidente de Poitou-Charentes a fustigé le "système financier en folie qui s'auto-détruit sous nos yeux", "un monde sans règles".
Elle a délivré un message d'espoir: "non au cynisme, non à la résignation", et appelé à "relever la
tête".
Dans un discours de 45 minutes, souvent interrompu par des salves d'applaudissements et des "Ségolène... Ségolène....",
elle a appelé la gauche à "se ressaisir". Pour elle, "la gauche doit être là malgré ses imperfections, la gauche doit être là pour faire émerger cette nouvelle France qui attend qu'on la
réveille".
"Nous avons en commun de vouloir un autre monde", a-t-elle lancé, faisant scander le mot "fraternité" par ses
partisans. "On commence à comprendre qu'il faut radicalement changer le système", a-t-elle dit, sans jamais citer le nom du président Nicolas Sarkozy.
Défenseur des luttes sociales, elle s'est interrogée: "A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier avec
obligation de rembourser les aides publiques si l'entreprise fait des bénéfices ?".
Arpentant la scène, à la manière d'une actrice, avec une gestuelle affirmée, souriant, riant parfois, elle s'était
délestée de certains attitudes figées de sa campagne.
"Elle a trouvé cette liberté de ton et d'allure qu'elle a cherchée pendant la campagne", résumait le député Jean-Louis
Bianco.
Le registre était également personnel. Elle s'est posée en victime du pouvoir mais aussi de certains de ses camarades
du parti, évoquant "la « riante » primaire, la « courtoise » présidentielle, les « gentils » coups bas, les « tendres » attaques, les « doux » cambriolages, les « amicales » pressions et les
charmantes épreuves personnelles". Allusion à peine voilée à sa séparation d'avec François Hollande.
A propos du cambriolage de son appartement, elle a stigmatisé "les porte-flingues de l'Elysée".
En tunique de soie bleue, sur un jeans, cheveux nouvellement ondulés, elle est apparue radieuse, assortie au bleu du
mot "fraternité" qui s'affichait derrière elle.
La présidente de Poitou-Charentes souhaitait organiser ce grand rassemblement "au service de la gauche" pour remercier
ses soutiens dès le lendemain de son échec, mais il a finalement lieu alors que s'engage la bataille pour la conquête du Parti socialiste.
Mme Royal avait invité tout l'état-major du PS, mais seuls ses plus proches comme Jean-Jack Queyranne, président de la
région Rhône-Alpes, l'eurodéputé Vincent Peillon, étaient de la fête, tout comme l'homme d'affaires Pierre Bergé qui finance ses activités.
Avec drapeaux tricolores, calicots, les militants venus de toute la France avaient parfois ressorti les tee-shirts de
la campagne de 2007 ("La France présidente").
Durant quatre heures, les artistes se sont succédé sur scène: Trust, Benjamin Biolay, Hervé Vilard, Da Silva, Cali...
De courts sketches notamment du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, de petits films rythmaient la soirée. Le chanteur Yannick Noah a adressé un message de soutien, depuis les
Etats-Unis.
Un lâcher de confettis devait clore en couleurs ce show politique d'un type nouveau.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 27 septembre 2008, 23h40)
A vrai dire, je ne me suis pas vraiment intéressé à cet "évènement majeur" jusqu'à ce que l'un de mes lecteurs, Sauron,
ne vienne me titiller sur le sujet dans un commentaire laissé au bas d'un précédent article du présent blog... A la RdB, j'ai répété ce que j'avais répondu à Sauron : Ségolène Royal m'a paru, à
première vue, physiquement bizarrement transformée, et politiquement complètement à côté des clous (ou de la plaque, si vous préférez). Sa tunique, ses cheveux ondulées, sa gestuelle théâtrale,
et l'ambiance apparemment un peu mystique de sa réunion publique au Zénith de Paris, m'ont, je l'avoue, fait penser au personnage de la magicienne Médée, qui, trahie par le héros grec Jason, tua
les enfants qu'elle avait eu avec lui... Après tout, n'a-t-on pas prétendu, fort malicieusement, que Ségolène Royal aurait déclaré, à l'occasion de la dernière campagne présidentielle française,
à son futur ex-compagnon François Hollande, "si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants" ? ;o) Cela dit, comme je l'ai précisé à Sauron dans ma
réponse à son commentaire, n'est pas la Médée furieuse de Delacroix qui veut ! ;-)
Monsieur Poireau, pour sa part, nous a tout de suite déclaré que la présentation physique et la prestation formelle de
Ségolène Royal ce jour-là, "on s'en fout !" Et c'est vrai que, au delà de l'anecdote, tout cela n'a pas grande importance, même si a priori le surprenant numéro scénique de Royal m'a, au
début, à la fois inquiété et laissé perplexe, tout en suscitant chez moi une forme d'ironie (pour ce qui est du reprochement avec Médée). Monsieur Poireau s'est dit statisfait, sur le fond,
qu'elle se soit montré offensive face à ses adversaires, et sur la forme, constaté qu'elle avait fait un effort certain pour casser son image un peu guindée qui avait été la sienne durant sa
campagne de candidate à la présidence de la République l'année dernière. Il est vrai que, sur le principe, cet effort de Royal pour faire évoluer son image est parfaitement louable, même si sa
prestation, en général, ne m'a pas convaincu... Nous verrons bien, en tout cas, comment l'ancienne
candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 évoluera par la suite, tant sur la forme que sur le fond...
Dans un tout autre registre, nous avons parlé du Festival international de photojournalisme de Perpignan, "Visa
pour l'Image", qui s'est déroulée cette année du 30 août au 14 septembre derniers, et qui proposait plusieurs expositions de photographies au public, expositions que Dante a visité entre le
12 et le 14 septembre, d'où son absence à la cinquième RdB de Toulouse. Signalons que ledit Dante a réalisé un riche compte-rendu de ses visites lors de ce Festival perpignanais, compte-rendu
qui sera publié in extenso sur le présent blog, prochainement.
Nous avons également parlé de la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis d'Amérique. Le 4 novembre
prochain, les électeurs américains voteront pour des délégués chargés d'élire le futur président de la première puissance mondiale. Deux "tickets", on le sait, sont en lice, chaque "ticket"
comprenant un candidat à la présidence et un co-listier candidat à la vice-présidence : d'un côté, il y a le démocrate Barack Obama, avec Joseph Biden (dit Joe Biden) comme colistier, et d'un
autre côté, il y a le républicain John McCain, avec Sarah Palin comme colistière. Pour le moment, la compétition a l'air assez indécise, même si Obama semble avoir un avantage pour l'instant sur
McCain d'après les sondages, qui, bien entendu, valent ce qu'ils valent...
Personnellement, si Hillary Clinton, la sénatrice de New York et épouse de l'ancien président Bill Clinton (au pouvoir de
1993 à 2001), avait remporté, il y a quelques mois, les primaires démocrates face à Obama, j'aurai appelé à voter pour elle, car je garde un souvenir plutôt bon de la présidence Clinton.
Aujourd'hui, pour qui afficher sa préférence ? Obama me parait bénéficier d'une adhésion un peu irrationnelle, qui n'est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, celle dont a bénéficié
Ségolène Royal en France quelques mois avant l'élection présidentielle de 2007... qu'elle a finalement perdue. Nous verrons bien ce qu'il arrivera, mais entre un "ticket" démocrate Obama/Biden au
destin encore incertain et un "ticket" républicain McCain/Palin de toute façon dangereux, bien malin est celui qui peut prévoir à coup sûr qui va gagner... Soyons clairs, toutefois, sur un point
essentiel : un démocrate à la Maison Blanche vaudra toujours mieux qu'un républicain à la même place, surtout après deux mandats d'un président aussi aberrant que George W. Bush
(2001-2009). Néanmoins, pour ceux que le débat entre démocrates et républicains ennuie, il reste toujours une alternative : voter Cthulhu ! ;-)
Comment ? Vous ne connaissez pas Cthulhu ? Cthulhu est une créature épouvantable créé par l'écrivain américain
mysanthrope, maladif, raciste et asocial Howard Phillips Lovecraft (1890-1937). Elle est apparue pour la première fois dans une nouvelle fantastique de l'auteur, intitulée L'appel de
Cthulhu (1926). Qui est au juste Cthulhu ? Ou plutôt, qu'est-ce que c'est ? Pour l'espèce humaine, c'est, en fait, une sorte de cauchemar absolu, un monstre effroyable, gigantesque,
vaguement anthropoïde, à la peau squameuse, avec une tête de pieuvre, des griffes aux quatre membres et deux longues ailes sur le dos. Ce monstre est censé dormir au fond de l'océan Pacifique,
dans la cité sous-marine de R'lyeh, en attendant l'heure de son retour. Comme l'a écrit le blogueur cthulhuphile Lady Ada (alias le commentateur Sauron) sur son blog "Europeana", le 20 septembre dernier, Cthulhu est "le Grand Ancien créé par Howard Phillips Lovecraft pour montrer à l'homme blanc à quel
point sa petitesse rend ridicules ses prétentions. Adoré par des hommes dégénérés, Cthulhu reprendra sa place en instaurant un règne de terreur."
Aujourd'hui, plus de soixante-dix ans après la mort de Lovecraft, la créature à tête de pieuvre imaginée par l'écrivain
bénéficie d'une certaine popularité. Cthulhu a ses admirateurs, ses fanatiques, notamment sur Internet. Et certains vont même jusqu'à soutenir la candidature de Cthulhu à l'élection
présidentielle des Etats-Unis d'Amérique, comme en témoignent, par exemple, à l'heure où j'écris, les sites http://www.cthulhu.org/ et http://meatees.myshopify.com/ (The Elder Party.com). Le grand argument des partisans de Cthulhu est très simple : pourquoi voter pour un candidat
qui incarne un moindre mal, quand on peut voter pour le candidat qui incarne le cauchemar absolu ? Si vous votez aux Etats-Unis et que la candidature d'une épouvantable créature lovecraftienne
vous semble être un alternative intéressante au traditionnel combat entre démocrates et républicains, alors n'hésitez pas : votez Cthulhu ! Après tout, il s'est bien trouvé un illustrateur
pour considérer Cthulhu comme un dirigeant d'entreprise tout à fait crédible ! ;-) Alors, dans ses conditions, pourquoi ne pas envoyer carrément Cthulhu à la Maison Blanche ?
;o)
La sixième (et probablement dernière) RdB de Toulouse s'est terminée vers 21h00, à l'heure de la fermeture du bar de
substitution où nous nous étions réfugiés. Nous avons encore discuté quelques minutes sur le trottoir, non loin du Ferdillon, toujours fermé. Nous avons parlé notamment de littérature, de poésie,
de romans, de pièces de théâtre, de l'écriture et de l'édition en général, et bien sûr de nouvelles, puisque, rappelons-le, Monsieur Poireau est aussi Monsieur Filaplomb, responsable des
éditions Filaplomb, spécialisées dans la nouvelle et le texte court, qui publient de petits-livres de 24 pages et de format
réduit (10 x 15 cm) à commander en ligne pour une réception à domicile. Et puis, enfin, est venu le moment de se dire, tout simplement, "au revoir", et d'entonner, avant de se séparer,
la célèbre chanson de campagne "Jacques Chirac Maintenant", véritable "tube" des
années 1980, et dont les paroles sont inoubliables :
"[...]
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant Président
La France doit montrer le chemin de la liberté
Liberté de travailler, de mieux vivre dans chaque foyer
Votons Jacques Chirac
En avant toute la nation
Pour tous Jacques Chirac
Maintenant Président
Ensemble maintenant
Jacques Chirac Président
[...]"
Maintenant que j'y pense, une suggestion me vient à l'esprit : un "ticket" Cthulhu/Chirac pour la Maison Blanche,
à Washington, ça ne serait pas une bonne idée ? En tout cas, ça aurait de l'allure ! ;o)
Non, mon cher Sauron, inutile de me suspecter de faire preuve d'anti-américanisme : ayant une partie de ma famille qui
est américaine et qui vit aux Etats-Unis, une telle suspicion, évidemment, ne peut qu'être sans fondement... ;-)
Bon, eh bien voila : la République des Blogs de Toulouse, c'est fini, semble-t-il. Monsieur Poireau et moi avons
été les seuls blogueurs a être venu à toutes les éditions de la RdB depuis le mois de janvier dernier, tandis que Dante, simple lecteur et commentateur régulier de blogs, sera venu trois fois. Il
y avait assurément beaucoup d'absents cette fois-ci, pour des raisons vis-à-vis desquelles je n'ai pas de jugement à porter : chacun fait comme il veut, et surtout comme il peut. La RdB de
Toulouse a été, mine de rien, une aventure certes agréable, mais néanmoins difficile, un évènement que les organisateurs, "M." et Monsieur Poireau, ont porté à bout de bras pendant quelque temps,
sans vrai réseau, ni grande visibilité médiatique, jusqu'à ce que les marges de manoeuvre se fassent trop étroites pour que la sixième RdB ne soit, finalement, pas autre chose que ce qu'elle a
été : la réunion de trois personnes dans un bar autre que celui prévu, bar où nous avons bien bu, bien parlé et bien ri, à l'abri du froid et du vent, mais où nous avons vraiment eu le sentiment
que, cette fois-ci, c'était vraiment la dernière... Pour terminer, en attendant que la fin de la RdB de Toulouse soit officiellement confirmée (ou pas ?), qu'il me soit permis de dire que ce
fut, en tout cas, et en ce qui me concerne, une expérience intéressante, avec des rencontres qui l'ont été tout autant.
A bientôt, peut-être,
Amicalement, :-)
Hyarion.
(Illustrations : Détail du tableau La Garonne et l'Ariège dévalant les Pyrénées courent arroser Toulouse, huile
sur toile [1906] par Edouard Debat-Ponsan [1847-1913], Toulouse, Capitole, salle du Conseil Municipal ; Le président français Nicolas Sarkozy le 2 octobre 2008 à Paris, photographie de l'Agence
France Presse, ©AFP/Philippe Wojazer ; Taux de croissance du PIB de la France par trimestre, depuis 1992, ©AFP ; Ségolène Royal lors de son meeting au Zénith de Paris, le 27 septembre 2008,
quatre photographies de l'Agence France Presse, ©AFP/Miguel Medina ; Médée furieuse, huile sur toile [1862] par Eugène Delacroix, Paris, Musée du Louvre ; Le candidat démocrate à La
Maison Blanche Barack Obama et son colistier Joe Biden [à gauche] le 27 août 2008 lors de la convention démocrate à Denver dans le Colorado, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Getty
Images/Justin Sullivan ; Le candidat républicain à La Maison Blanche John McCain et sa colistière Sarah Palin le 4 septembre 2008 à St Paul [Minnesota], photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Getty Images/Justin Sullivan ; "Cthulhu for President 2008", placard électoral fantaisiste, diffusé sur le site The Elder Party.com ; "Spawn of Cthulhu", illustration par Michael Komarck,
©2004 fantasy flight games ; Cthulhu au bureau, par Michael Dashow, illustration, 2005, ©Michael Dashow ; Portrait officiel de Jacques Chirac, président de la République française de 1995 à
2007, photographie par Bettina Rheims, 1995)
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