
Jeudi dernier, 26 juin, a eu lieu la
quatrième République des Blogs (RdB) de Toulouse, la dernière avant les vacances d'été. Cette dernière édition de la saison avait lieu, comme à l'accoutumée, au bar Ferdillon, où l'on peut
toujours boire et manger dans un cadre agréable tout en discutant. Cette fois-ci, nous étions un peu plus nombreux que lors des deux précédents rendez-vous. Il y avait bien sûr "M.",
co-organisatrice de la RdB, anciennement connue dans la blogosphère toulousaine sous le pseudonyme de Fanette, et qui s'occupe désormais d'un nouveau blog, intitulé "Toulouse by
blogs". Il y avait aussi, du côté des habitués, non seulement
Monsieur
Poireau, également co-organisateur de la RdB, mais aussi
Philippe David, auteur du blog "Vu de droite", et Gabriel, qui s'occupe toujours du blog "Politikele". Parmi les nouveaux venus, deux de mes lecteurs : Dante, qui s'occupe d'une association
toulousaine de théâtre amateur, la compagnie des Chercheurs d'étoiles, ainsi que Sauron, auteur du blog fédéraliste
"FashionEuropa". Une nouvelle venue, invitée par "M.", avait également fait le déplacement :
Profette, professeur d'art plastiques, de philosophie des arts et d'histoire de l'art, fondatrice de l'association "l'Art Mutin du temps qui passe" (http://artmutin.site.voila.fr/), et auteur du blog "l'Art Mutin" (http://lartmutin.blogspot.com/). Etaient également présents Pinocchio, auteur du blog "Toulousoscopie", Jacmé, auteur d'un blog écrit en occitan, et, last but not least, le
Petit Grognard, ancien blogueur, redevenu simple lecteur de blogs.
Francophonie : face à la domination de l'anglais, un rapport prône l'offensive
La France ne "défend pas sa langue" et la Francophonie est en crise: un rapport remis mercredi [4 juin] au gouvernement prône une offensive large et "décomplexée" du français contre la domination anglo-saxonne, en donnant notamment plus de poids aux pays du Sud.
"La Francophonie est très peu connue. Il y a un manque de visibilité car en France on ne croit pas à la Francophonie et le pays ne défend pas sa langue", a expliqué Hervé Bourges, auteur de ce rapport remis au secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet.
"En France même le concept de Francophonie apparaît daté, dépassé, sans écho dans les jeunes générations", écrit cet ancien haut responsable de l'audiovisuel, personnalité engagée à gauche et militant tiers-mondiste.
Selon lui, la France porte une responsabilité dans ce "malaise" au sein de la communauté francophone, qui revendique plus de 200 millions de locuteurs, d'Haïti au Vietnam.
La France, qui vit "trop repliée sur elle-même", notamment en raison du "poids du boulet de la colonisation", est "de plus en plus perçue comme hostile par les populations francophones du Sud", note-t-il.
Pour Hervé Bourges, il faut donc "décomplexer la Francophonie", rendre plus visible les actions de l'Organisation internationale de la Francophonie qui compte 68 Etats et gouvernements, et mener une "contre-offensive linguistique, en multipliant, comme l'ont fait les Etats-Unis, les dispositions linguistiques en marge des accords commerciaux ou diplomatiques" pour imposer le français.
"Il faut reprendre l'offensive pour développer le français de manière décomplexée, à l'anglaise, parce que la bataille linguistique n'est pas seulement culturelle ou esthétique: c'est la bataille dont les enjeux véritables sont l'influence politique et la croissance économique", écrit-il.
Il souligne que le British Council vient de lancer un programme visant à faire passer le nombre de locuteurs anglophones de 2 à 3 milliards avec un investissement de 150 millions d'euros, alors que les programmes de l'OIF pour l'enseignement et la promotion du français se montent à environ 6 millions.
Pour défendre le français, Hervé Bourges propose l'intégration du concept de Francophonie à l'école et au collège, la création d'une "Académie francophone" à l'image de l'Académie française où les écrivains français seraient minoritaires. Ou encore un "programme Erasmus" pour favoriser les échanges entre les universités du Nord et du Sud.
Il prône aussi la création d'un "visa francophone" sur le modèle du "visa Commonwealth" qui permettrait de faciliter la circulation dans le monde francophone et de "matérialiser" ainsi un espace politique qui "regroupe le tiers des pays représentés à l'ONU".
Défendant une meilleure représentation des pays du Sud, notamment de l'Afrique, majoritaires au sein de la communauté francophone, il estime qu'il faut réformer la chaîne de télévision multilatérale (France, Belgique, Suisse, Canada) TV5Monde "pour l'ouvrir aux pays du Sud".
Il faut demander à ces pays du Sud "une contribution financière et leur permettre d'être dans les instances dirigeantes de cette chaîne", explique-t-il.
Globalement, la Francophonie doit être moins dépendante financièrement de la France "qui apporte aujourd'hui 50% du budget des institutions de la Francophonie", dit-il.
Il propose la création d'une "Fondation de la Francophonie" qui dépendrait de l'OIF mais qui pourrait recueillir des fonds privés pour soutenir des programmes de langues.
(Dépêche de l'Agence France Presse, 4 juin 2008, 14h40)
Le "débat" sur les langues ayant
rapidement tourné court, la RdB s'est ensuite plus ou moins scindée en deux groupes de discussion : Jacmé, Pinocchio, Petit Grognard, Gabriel et Philippe d'un côté ; "M.", Profette,
Monsieur Poireau, Dante, Sauron et moi-même de l'autre. Après coup, "M." a eu l'impression, avec quelque raison, que cette "scission" correspondait plus ou moins au bon vieux clivage
gauche/droite, tandis que Pinocchio a, pour sa part, sur son blog, tenu à qualifier ma modeste personne, ainsi que Dante et Sauron, d'"intellos de gauche" "s'écoutant parler", Petit
Grognard ayant même poussé le bouchon jusqu'à considérer lesdits Dante et Sauron, toujours sur le blog de Pinocchio, comme étant des "photocopies" de votre serviteur, ayant "même
profil que lui, même origine, et même taf (ou même ambition). Bref, trois profs ou futurs profs de lycée (donc de gauche) qui vont apprendre à nos gosses que les colons étaient tous des
pourris… [sic]" Tout cela me fait franchement bien rigoler, tant on est bien loin de la vérité, en ce qui me concerne comme en ce qui concerne mes deux lecteurs, vérité forcément
bien plus complexe que n'importe quel jugement à l'emporte-pièces, fusse-t-il sans véritable méchanceté. Les préjugés de Pinocchio, ce cher stégosaure, sont, du reste, sans surprise, et quant à
Petit Grognard, dont j'apprécie toujours le franc-parler par ailleurs, je ne peux pas lui en vouloir de ne pas vraiment me connaître... :-)
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