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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)






















(Jacques Chirac, par Kiro)

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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /2008 20:25
Ainsi que je l'ai écrit dans un prédécent message, peu de temps et peu de moyens sont, depuis quelque temps, à ma disposition pour réagir à l'actualité politique du moment : des contrariétés personnelles et une connection Internet défaillante depuis la fin du mois dernier ne sont pas de nature à favoriser la mise en ligne de nouveaux articles sur le présent blog. Au terme d'une préparation laborieuse, en voici tout-de-même un, que je me suis finalement résigné - la nuit portant conseil - à diviser en deux parties, compte tenu des contraintes techniques de la plate-forme qui héberge le présent blog. Cet article est destiné surtout à répondre à l'impérieuse nécessité qui est la mienne de taper régulièrement sur Sarkozy de Nagy-Bocsa. Pourquoi une telle nécéssité, me direz-vous ? Parce qu'il le vaut bien, comme dirait l'autre... Et tant pis pour ceux qui voudraient que je leur parle d'autre chose, sous prétexte que cela serait plus intéressant pour eux : personnellement, j'évite d'écrire "sur commande", car, en général, de toute façon, cela ne me réussit pas, ayant toujours eu des difficultés à me plier aux contraintes, quelles qu'elles soient...


Il y a un an et treize jours, le 16 mai 2007, Jacques Chirac, après douze ans de présidence, quittait le palais de l'Elysée, laissant ainsi sa place à Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, pour le meilleur et, surtout, pour le pire. Sarkozy a voulu, dès le début, incarner une "rupture" avec le passé, mais cette "rupture" s'est révélé être, avant tout, de pure forme, se limitant même, pour ainsi dire, à un style "présidentiel" essentiellement basé sur une affirmation, aussi outrancière que vaine, de l'insupportable egocentrisme dudit Sarkozy. Or, un an après son élection, l'actuel président de la République, malgré les déconvenues qui se sont accumulées pour lui, persiste encore aujourd'hui à prétendre incarner sa "rupture", et même à s'affirmer comme étant, tout simplement, "le meilleur", y compris vis-à-vis de ses prédécesseurs à l'Elysée, et notamment Jacques Chirac, dont il a pourtant longtemps léché les bottes, pendant des années, avant de le trahir...

Recevant les députés UMP à l'Elysée, Sarkozy s'en prend à Chirac et à la presse


Recevant mercredi [7 mai] les députés UMP pour son premier anniversaire à l'Elysée, Nicolas Sarkozy les a appelés à "soutenir" ses réformes et à être "plus pugnaces" face à l'opposition tout en lançant une charge contre son prédécesseur Jacques Chirac et contre la presse.

De l'avis quasi général, le chef de l'Etat, qui a très longuement pris la parole, voulait avant tout recadrer sa majorité, jugée trop rétive à appuyer les réformes, notamment sur les institutions.

Selon l'Elysée, 262 députés de l'UMP, sur quelque 320, avaient répondu présents à cette cérémonie dans la salle des fêtes, suivie d'un buffet dans le jardin d'hiver et le parc. "Le message était très clair: je ferai la réforme, toute la réforme, tout de suite et en même temps. Pas question de changer de stratégie. J'ai besoin de votre plein soutien et de votre pugnacité face au PS", a résumé le député Benoist Apparu.

"On s'est pris une rincée. Il nous a reproché de ne pas être assez « pêchus »", a commenté un autre. "N'ayez pas peur d'être de droite! L'opinion est avec nous", a-t-il aussi lancé à Valérie Boyer qui regrettait que, sur des questions comme celle des sans-papiers, l'UMP "passe systématiquement pour les méchants".

Certains ont évoqué plus sobrement "un exercice de pédagogie". "C'était du bon Sarko. On en est à une soixantaine de réformes. Ca peut perturber, y compris dans nos propres rangs", est convenu Philippe Gosselin.

Beaucoup d'élus ont toutefois été étonnés, voire déconcertés, par la charge du chef de l'Etat contre son prédécesseur. Selon plusieurs participants, il a lâché pêle-mêle: "Chirac a mis 21 ans à se faire élire. Moi, je l'ai été du premier coup". "Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux". "Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front", a lâché le chef de l'Etat en évoquant longuement sa prise du pouvoir en 2007 et en revenant sur l'affaire Clearstream.

Quant au général de Gaulle, "il n'a eu qu'une voix de majorité en 1967", a relevé M. Sarkozy.

Des attaques que certains ont minimisées: "tout le monde sait qu'il est comme ça", ont lancé des députés en souriant. "C'est Sarko. Tout le monde parle d'une annus horribilis pour lui. Il a voulu remettre ça en perspective dans l'Histoire", analyse Jean Leonetti.

D'autres ont peu goûté ces "piques". "Je l'ai trouvé plutôt bon sur le fond. Mais je vais lui offrir le bouquin de Finkielkraut "L'Ingratitude". Il faut assumer notre héritage! Il a beaucoup d'atouts, il n'est pas obligé de dire du mal des autres", a jugé Hervé Mariton. "Il a été assez agressif", pour l'ancienne ministre Catherine Vautrin. "On ne va pas se raconter le film des élections pendant 15 ans! Ce qui importe, c'est ce qu'on fait maintenant!"

Le chef de l'Etat a accusé la presse de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices. Il a cité L'Express, Marianne, Le Parisien, l'AFP et le Journal du Dimanche, selon des participants.

"Il a fait une charge très importante contre la presse en disant que dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition", a relaté l'ex-ministre Marie-Anne Montchamp. "Son message, c'était en gros: « je ne suis pas aidé par la presse ». C'est classique en période de difficultés", selon un autre participant.

"Chirac et la presse en ont pris plein la gueule", résume le villepiniste Jean-Pierre Grand.

(Dépêche de l'Agence France-Presse, 08 mai 2008, 8h00)


Décidément, on en revient toujours au même point, avec Sarkozy lorsqu'il "pique sa crise" : toujours la même aggressivité défensive, toujours le même mépris pour les autres, toujours les mêmes fanfaronnades au service de son génial nombril présidentiel... Avec son énième gueulante contre les députés UMP, qui ressemblait apparemment bien plus à un discours de campagne électorale qu'à des propos de chef d'Etat, l'actuel président de la République fait, une fois de plus, la démonstration d'un constat récurrent, à savoir celui que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa est vraiment un minable. Il parle de Chirac, de son élection, de la presse, de l'opposition, mais finalement, je ne vois aucun problème dans tout cela : le seul problème dans cette histoire, c'est Sarkozy, et le fait qu'il soit au pouvoir. C'est cela, en définitive, le seul vrai problème. Mais Sarkozy, lui, visiblement, ne le sait pas... Pour lui, forcément, il est bien plus facile, et, du reste, tellement évident, d'affirmer stupidement son narcissisme, en s'attribuant toutes les qualités, et en rejettant tous les défauts sur les autres, et notamment sur Chirac...


Pour y voir plus clair dans cette énième manifestation de la suffisance sarkozyenne, comme d'habitude, la lecture d'un journal satirique paraissant le mercredi s'est révélé indispensable, une fois de plus :

"Aldo Maccione à l'Elysée

Les 262 députés UMP (sur 320) qui ont répondu à l'invitation de Nicolas Sarkozy, le 7 mai, sont sortis de l'Elysée avec des sentiments pour le moins partagés. Dans l'ensemble, ils ont apprécié sa détermination intacte et, particulièrement, cette tirade, qui les a revigorés :
    « Je suis un homme politique par tous les pores de ma peau. Je sens les choses. Toutes les réformes doivent se faire, et en même temps. Il ne faut pas s'arrêter aux mécontentements. »
    Pas même, donc, aux mécontentements des députés UMP. Mais, pour le reste, les attaques appuyées de Sarko contre ses prédécesseurs (lire plus loin) ont proprement estomaqué l'assistance. Questions entendues à l'issue du show présidentiel :
    « Pourquoi s'être attaqué à Chirac avec cette violence ? Pourquoi vouloir toujours paraître le plus fort du monde ? Pourquoi jouer les modestes à la télé et en privé les Aldo Maccione (l'acteur italien [des années 1970] qui roule des mécaniques) ? »
    La réponse à ces questions pourrait faire l'objet d'un amusant manuel de psychiatrie. Avec la participation, évidemment, d'Aldo Maccione.

    Sus à l'Elysée !

    Dès le début de sa péroraison devant les députés, Sarkozy a tiré sur Chirac au bazooka : « Chirac a fait un très mauvais score au premier tour de ses élections présidentielles, et il a mis vingt et un ans à se faire élire, a-t-il affirmé en bombant le torse. Moi, j'ai fait beaucoup mieux, j'ai été élu du premier coup. Et au premier tour, j'ai fait 31 %. D'ailleurs, a-t-il poursuivi, s'il y avait des élections aujourd'hui, les sondeurs disent que je ferais 33. Les sondages, celui-ci comme les autres, il faut en avoir une lecture politique ! »
    Nouveau tir contre Chirac : « Il n'a fait qu'une réforme et demie, a tranché son successeur. Son mandat s'est achevé six mois après son élection, avec les manifs contre la réforme des retraites de mon ami Alain. Après, il n'a plus rien fait. » Dommage que l'« ami » Juppé ne soit plus parlementaire pour entendre ça...
    « De même n'a-t-il plus rien fait pendant son second mandat, après la déculottée aux élections régionales de 2004 », a poursuivi Sarko. Qui est remonté plus loin dans l'histoire :
    « Dès qu'on recule, on s'arrête de réformer. Mitterrand l'a montré avec le tournant de la rigueur en 1983 : après, il n'a plus rien fait. Chirac, c'est pareil. En 1986, quand il était à Matignon, après l'affaire Malik Oussekine (étudiant tué après une intervention de la police), il a reculé sur la réforme de l'Education et, ensuite, il n'a plus rien fait. »
    Sarkozy avait un jour comparé Chirac à Louis XVI en train de réparer ses serrures. Pourvu qu'il ne l'envoie pas à l'échafaud !
   
    Crime de lèse-Général

    Même de Gaulle n'a pas été épargné. Sarkozy, qui rendait hommage le lendemain à Mongénéral, s'est permis, le 7 mai, de l'égratigner en rappelant qu'il avait dû quitter le pouvoir un an après Mai-68. Et qu'aux législatives de 1967 il n'avait eu qu'« une voix de majorité, alors que nous, nous avons une majorité large ». C'est bien Sarko le meilleur. D'ailleurs, il n'a aucune responsabilité dans l'échec des municipales :
    « Toutes les élections intermédiaires de tous les chefs d'Etat ont toujours été mauvaises. Gordon Brown a perdu les municipales en Grande-Bretagne de 20 points ; nous de 2,5 seulement. »
    Le chef de l'Etat en a profité pour engueuler ceux qui ont perdu des villes de droite, comme Reims ou Metz, à cause de leurs divisions : « Ce n'est quand même pas ma faute ! », s'est-il exclamé.
    Quant aux autres villes perdues, c'est sans doute la faute à Chirac. Ou à de Gaulle."

(Le Canard Enchaîné N°4568, 14 mai 2008)

A en croire le numéro suivant du Canard, Sarkozy était également très en forme, dans son genre, la veille de sa réunion avec les députés UMP du 7 mai dernier...

"L'âme de Chirac

    « Parce que vous comprenez Chirac, vous ? Il nous a quand même foutus dans une belle merde avec son histoire de référendum sur la Turquie, votre Chirac. Enfin paix à son âme... Enfin, son âme politique... Enfin, s'il en a une... » La trentaine de députés invités, le 6 mai, par le chef de l'Etat pour évoquer, à leur demande, l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne n'en sont toujours pas revenus.
    « Sarkozy était surexcité, raconte l'un d'entre-eux. Il nous a reçus sans cravate, nous apostrophant sans cesse, parlant de ses couilles... Je n'ai jamais vu cela. »
    Les députés présents - parmi lesquels Frédéric Lefebvre, Françoise Hostalier, Alain Lamassoure - ont cependant obtenu ce qu'ils voulaient. La commission des Lois de l'Assemblée a en effet adopté, le 15 mai - avec la bénédiction de l'Elysée, pourtant très réservé initialement -, un amendement rendant obligatoire un référendum pour l'entrée dans l'Europe de tout pays dont le nombre d'habitants équivaut à 5 % de la population de l'UE.
    Ceux qui ne sont pas contents iront se faire voir chez les Turcs. Foi de Sarko !"

(Le Canard Enchaîné N°4569, 21 mai 2008)

Sarkozy "parlant de ses couilles" : rien de moins étonnant chez l'actuel président de la République, qui est coutumier du fait. On se souvient, en effet, de ses fameux propos de l'hiver dernier, cité à l'époque sur le présent blog :

"Je vis ma vie et je me fous des commentaires des uns et des autres. Ils ont eu l'habitude d'avoir à l'Elysée, depuis douze ans, Papi et Mamie. Moi, j'ai un nouveau style. Il va falloir que tout le monde s'adapte. Maintenant, les Français ont un vrai mec, à l'Elysée, qui en a et qui s'en sert."

(Sarkozy à un de ses amis par téléphone, cité in Le Canard Enchaîné N°4549, 2 janvier 2008)

Alain Juppé, à l'égard de qui Sarkozy avait employé l'expression "ce connard de Juppé" au soir du deuxième tour des élections municipales de mars dernier (cf. Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008), a été apparemment assez énervé par les propos de l'actuel chef de l'Etat critiquant l'inaction de ses prédécesseurs, à en croire le journal Libération du 17 mai dernier, dans lequel on pouvait lire cette déclaration : "Quand j'entends dire que rien n'a été fait [avant 2007], je ne suis pas le seul à qui ça donne des boutons." Et Jacques Chirac ? Quand pense-t-il de tout cela, lui ?


"Les boules !

    « Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. » C'est par une de ses tirades préférées que Jacques Chirac a accueilli, selon ses proches, les attaques portées par Sarkozy contre lui, le 7 mai, devant les députés UMP. L'ancien chef de l'Etat, accusé, on le sait, de n'avoir fait qu'« une réforme et demie », a, par ailleurs, fait les comptes.
    « Sur les 37 ministres, sans compter Fillon et Sarkozy, 14 ont été membres de mes gouvernements ou conseillers à l'Elysée. »
    Bah ! il y en a même qui ont été ministres de Mitterrand (Kouchner et Bockel) !"

(Le Canard Enchaîné N°4569, 21 mai 2008)

Bref, pour la "rupture" avec Chirac, il faudra repasser, n'en déplaise à Sarkozy. Ce dernier, du reste, a beau se considérer comme étant meilleur que les autres, il n'en reste pas moins minable. Se prétendre meilleur que De Gaulle s'était déjà ridicule, mais se croire même meilleur que Chirac, c'est simplement grotesque. Car, dans bien des domaines, même Jacques Chirac vaut mieux que Nicolas Sarkozy, bien que ce dernier ait beaucoup appris de son prédécessur.

Moi, je n'ai pas oublié Jacques Chirac...
Chirac, ce sont d'abord des paroles, des promesses, des gaffes... bref, des citations immortelles, forcément supérieures aux vulgarités "testiculaires" et autres propos karchérophiles de Sarkozy. On se souvient, par exemple de l'échange télévisée, tout en finesse, que Chirac eu, en janvier 1995, en pleine campagne électorale présidentielle, avec Michel Field, dans une émission sur Canal+, dont le dessinateur Bernar avait réalisé, à l'époque, pour le journal satirique Charlie-Hebdo, une représentation dessinée :

"- JACQUES CHIRAC : Réfléchissez deux minutes... si ce n'est pas excessif...

- MICHEL FIELD : Merci ! [...] Deux minutes, c'est à peu près le temps qu'il m'a fallu pour lire votre livre, alors s'il vous plait !

- JACQUES CHIRAC : Oui... Je sais bien... Malheureusement, [...] dans celui que vous ai envoyé, je n'ai pas mis les images à colorier... Je suis désolé !"


Mais Jacques Chirac, ce n'est pas que cela, bien évidemment, et de citations historiques chiraquiennes historiques, en vérité, nous ne manquons pas :



"Je lis Le Monde tous les jours aux cabinets."

(Jacques Chirac, en 1966, cité par Pierre Lelong dans La Famille Chirac, Les Dossiers du Canard Enchaîné, octobre 1993)

"Personne ne devrait gagner plus de 10 000 francs par mois."

(Jacques Chirac, dans le magazine Le Point, 13 août 1973)

"D'abord éliminer le chômage. [...] J'affirme que, puisque nous le pouvons, nous le devons !"

(Jacques Chirac, lors d'un discours à Lille, 11 juin 1977)

"On rapporte qu'un ministre des Finances, et non des moindres, sous la IVe République, venu reprendre contact avec sa circonscription, y fut vivement interpellé par ses électeurs. Ceux-ci lui firent lire un arrêté plus abracadabrant, sans doute, que de coutume. «Ah ! dit le ministre, quelle bande de...
- Mais, monsieur le Président, c'est signé de vous.
- Justement, mes amis : voyez ce qu'ils me font faire !»"

(Jacques Chirac, au congrès des maires RPR, à Paris, 10 septembre 1977)

"Les Français peuvent voter bien ou mal, et stupidement s'ils le veulent, c'est leur droit."

(Jacques Chirac, in La Lueur de l'espérance, éditions de La Table Ronde, 1978)

"Un bouc se caractérise par quatre pattes, des sabots, des cornes, et quelques autres éléments dont je constate qu'ils sont réunis, avec de fortes dimensions..."

(Jacques Chirac, ibid., 1978)

"Le poisson pourrit par la tête, le présent par l'avenir."

(Jacques Chirac,
ibid., 1978)

"On fait les cadeaux avant les élections et on décide les impôts tout de suite après."

(Jacques Chirac, lors d'une conférence de presse, le 26 mai 1981)

"Dommage pour les socialistes et les communistes, il n'y a pas de scandales à la mairie de Paris !"

(Jacques Chirac, dans Le Figaro Magazine, 5 mars 1983)


"Comme le disait ma grand-mère, il faut mépriser les hauts et il faut repriser les bas."

(Jacques Chirac, lors d'une réunion publique à Saint-Etienne, le 15 janvier 1986)

"Je n'ai pas d'états d'âme : ça aide !"

(Jacques Chirac, dans le magazine Le Point, 24 mars 1986)

"Tous les Français sont favorables, les sondages le disent, à l'anonymat sur l'or, car ils ont tous une petite bourse avec quelques lingots d'or."

(Jacques Chirac, à l'émission "L'Heure de vérité", sur Antenne 2, le 23 avril 1986)

"Rayez ce mot "opéra" de votre vocabulaire. Il n'y aura pas d'opéra à la Bastille."

(Jacques Chirac, cité par l'Agence France-Presse, 21 juillet 1986)

"Plus la ficelle est grosse, plus la machine fonctionne."

(Jacques Chirac, cité par J.-M. Colombani et J.-Y. Lhomeau, in Le Mariage blanc, Grasset, 1986)

"La langue de bois est une de mes spécialités..."

(Jacques Chirac, in "Jacques Chirac : autoportrait", sur T.F.1., 21 janvier 1987)

"Quand on va chasser dans les grands fonds, on n'y va pas en maillot de bain."

(Jacques Chirac, cité par Franz-Olivier Giesbert, in Jacques Chirac, Le Seuil, 1987)

"Si je me laisse aller à vous parler, je vais dire des choses qu'évidemment je ne reconnaîtrai pas, si je les vois écrites. Et, si vous écrivez : Monsieur Chirac est un partisan d'un régime libéral simplifié, on dira "Monsieur Chirac est un con." Bon, vous comprenez pourquoi je me méfie énormément."

(Jacques Chirac, cité par P. Jouve et A. Magoudi, in Jacques Chirac : portrait total, éditions Carrère, 1987)

"J'ai beaucoup d'estime pour les journalistes, mais l'idée qu'ils viennent mettre leurs caméras dans mes placards pour voir la couleur de mes caleçons, non ! Alors, là, non !"

(Jacques Chirac, cité par P. Jouve et A. Magoudi, ibid., 1987)

"Je suis quelqu'un de très lent le matin. Quand je me lève, j'ai horreur de me bousculer. [...] Je traîne un peu. Je lis des choses. Et si je ne dispose pas de ce laps de temps, je ne suis pas content, je ne suis pas dans mon assiette."

(Jacques Chirac, cité par P. Jouve et A. Magoudi,
ibid., 1987)

"Je n'ai pas la prétention d'avoir une intelligence exceptionnelle, tout en n'étant pas un imbécile, bien entendu."

(Jacques Chirac, cité par P. Jouve et A. Magoudi,
ibid., 1987)

"Mais qu'est-ce qu'elle me veut de plus, cette ménagère ? Mes couilles sur un plateau ?"

(Jacques Chirac, parlant de Margaret Thatcher, au sommet européen de Bruxelles, en février 1988, cité par le journal Libération, 9 mai 1995)

"Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent."

(Jacques Chirac, dans le journal Le Monde, 22 février 1988)

"Je n'ai pas Canal Plus ! On m'a envoyé un des premiers décodeurs, mais je l'ai retourné car il ne fonctionnait pas et faisait une bosse inesthétique sur mon téléviseur !"

(Jacques Chirac, dans le magazine Paris-Match, 15 avril 1988)

"Je vous donne rendez-vous dans trois mois pour traverser avec moi la Seine à la nage. A ce moment-là, (...) l'eau sera pure à 100 %."

(Jacques Chirac, dans Le Journal du Dimanche, 5 mars 1989)

"Comment voulez-vous que le travailleur français, qui habite à la Goutte-d'Or où je me promenais avec Alain Juppé la semaine dernière, il y a trois ou quatre jours, et qui travaille avec sa femme, et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit, sur le palier à côté, dans son HLM, entassée, une famille, avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela... le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou. Il devient fou ! C'est comme ça ! Et il faut le comprendre ! Si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela."

(Jacques Chirac, le 19 juin 1991, au cours d'un dîner-débat du RPR à Orléans)

"Je tâche de m'inspirer du message évangélique : mais ça ne regarde que ma conscience."

(Jacques Chirac, in La France pour tous, Nil éditions, 1994)

"Autant j'aime le dialogue avec les gens, autant il m'est difficile de dialoguer avec une lentille."

(Jacques Chirac, dans le magazine Le Nouvel Observateur, 12 janvier 1995)

"Il est temps de renoncer au renoncement."

(Jacques Chirac, lors d'un discours à la porte de Versailles, à Paris, le 17 février 1995)


"[Quand j'ai arrêté de fumer], j'ai demandé à l'huissier qui, auparavant, vidait mes cendriers toutes les deux heures, de ne pas en parler. Au bout d'une semaine, quand même, j'ai dit à ma femme, à ma fille : "Vous n'avez rien remarqué ?" Et elles m'ont répondu : « Ah oui, tu es allé chez le coiffeur ! » Vous voyez, personne ne fait attention à moi..."

(Jacques Chirac, dans le journal Libération, 17 février 1995)

"Il faut toujours annoncer aux autres ce qu'on va faire. Ils ne vous croient jamais. C'est le meilleur moyen de leur faire en toute loyauté les pires abominations !"

(Jacques Chirac, cité par Thierry Desjardins, L'Homme qui n'aime pas les dîners en ville, Edition°1, 1995)

"Moi, la politique, vous savez, par moments, j'en ai ma claque. J'ai beaucoup donné !"

(Jacques Chirac, cité par Thierry Desjardins, ibid., 1995)

"Connaissez-vous la mésaventure d'Arrighi de Casanova ?... Ce type s'était présenté à Montpellier dans les années soixante. C'était sa première élection et il avait pris conseil auprès de quelques amis. « L'usage veut que tu ailles saluer chaque président de bureau de vote », lui avait-on assuré. « Avec ma femme ? » « Oui, oui, avec ta femme, ce sera très bien. » Arrighi avait donc consciencieusement passé sa journée à serrer des mains dans les bureaux de vote, en compagnie de son épouse. Au point d'en oublier d'aller lui-même voter. Le soir, il fut battu. D'une voix. La sienne..."

(Jacques Chirac, cité par R. Bacqué et D. Saverot, Chirac président, les coulisses d'une victoire, éditions Le Rocher/DBW, 1995)

"Comme tous les veaux, naturellement, ne peuvent pas devenir des boeufs, alors il faut bien aussi les manger. D'où l'importance de sauvegarder la tête de veau."

(Jacques Chirac, lors d'un voyage à Londres, le 17 mai 1996)

"Quand je suis avec Bill Clinton, je lui parle d'Ariane ou d'Airbus. Quand je suis avec des Français, je leur parle de tomates."

(Jacques Chirac, lors d'un déjeuner avec la presse accréditée à l'Elysée, le 6 juin 1996)

"J'ai demandé à l'Etat non seulement d'ouvrir les yeux, mais de prendre des lunettes si nécessaire."

(Jacques Chirac, lors d'un entretien télévisé, le 14 juillet 1996)

Ne vous occupez pas de ma vie, j'irais droit au ciel !"

(Jacques Chirac au chef de la sécurité, lors de son voyage à Jérusalem, le 22 octobre 1996)

"On ne peut pas promettre un nouveau truc tous les jours. Qu'est-ce que vous vouliez ? Que je leur montre mon cul ?"

(Jacques Chirac, cité par Le Canard Enchaîné, 18 décembre 1996)

"J'ai changé de bière. Je suis passé de la Corona à la Kronenbourg 1664."

(Jacques Chirac répondant à la question "Avez-vous le sentiment d'avoir changé depuis votre élection ?", cité par Ghislaine Ottenheimer, in Le Fiasco, Albin Michel, 1996)


"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance."

(Jacques Chirac, cité par Ghislaine Ottenheimer, in Le Fiasco, Albin Michel, 1996)

"Mes Chers Compatriotes,
Après consultation du Premier ministre, du Président du Sénat et du Président de l'Assemblée nationale, j'ai décidé de dissoudre l'Assemblée nationale."

(Jacques Chirac, lors d'une allocution radio-télévisée, au Palais de l'Elysée, le 21 avril 1997 à 20h00)

"Ma femme est une catholique pratiquante. J'espère qu'elle participe au salut de mon âme, qui en a bien besoin !"

(Jacques Chirac, dans le magazine Paris-Match, 15 avril 1998)

"En tant que président du RPR, je ne me suis jamais occupé, ce n'était pas ma fonction, pas plus que ce n'était celle, j'imagine, des autres responsables d'un grand parti politique, des problèmes de financement."

(Jacques Chirac, lors d'un entretien télévisé avec Patrick Poivre d'Arvor, au Palais de l'Elysée, le soir du 14 décembre 2000)

"Je vais vous dire très franchement une chose, je ne peux pas y croire. Je ne peux pas y croire. Qu'il y ait eu des ententes avec une entreprise par-ci, une entreprise par-là, cela c'est tout à fait probable. Cela faisait partie de ces dérives que je dénonçais tout à l'heure, et qui doivent être recherchées et, le cas échéant, condamnées. Mais qu'il y ait eu un système, où les partis politiques de la majorité, de l'opposition se seraient mis ensemble pour se partager je ne sais quel gâteau ? Si c'est démontré, je serai le premier à le condamner. Mais honnêtement, honnêtement, je n'y crois pas beaucoup."

(Jacques Chirac, à propos du financement occulte des partis politiques par le biais de marchés publics truqués, lors d'un entretien télévisé avec Patrick Poivre d'Arvor, au Palais de l'Elysée, le soir du 14 décembre 2000)

"Ce n'est pas qu'elles se dégonflent, c'est qu'elles font « pschitt », si vous me permettez cette expression. [...] Cela n'a strictement, je peux vous le dire, aucun rapport avec la somme qui est aujourd'hui jetée en pâture à l'opinion publique, sans que personne ne se soit préoccupé de savoir si elle était ou non justifiée, parce que : calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose !"

(Jacques Chirac, à propos des sommes d'argent qu'on lui a reproché d'avoir utilisé pour payer en liquide des voyages privés lorsqu'il était maire de Paris, lors d'un entretien télévisé, à l'occasion de la fête nationale, au Palais de l'Elysée, avec les journalistes Patrick Poivre d'Arvor, Béatrice Schönberg et Élise Lucet, le 14 juillet 2001)

Et puis, forcément, commes les dernières citations le montre, Jacques Chirac, c'est aussi, bien entendu, des affaires politico-financières particulièrement croustillantes, à côtés desquelles la minable petite affaire de cet appartement de Sarkozy dans l'île de la Jatte, à Neuilly-sur-Seine, révélée l'année dernière mais, du reste, déjà enterré aujourd'hui, ne pèse pas lourd... Sarkozy a bénéficié d'un rabais d'au moins 300.000 euros de la part du promoteur immobilier Lasserre sur l'achat en 1997 de son appartement de Neuilly, construit sur un terrain fourni par la mairie alors qu'il en était le maire, et revendu en 2006 : c'est bien, mais c'est peu. On aurait franchement préféré être confronté à davantage de compromissions et de magouilles politico-financières de la part de Sarkozy de Nagy-Bocsa. Cela m'aurait bien fait plaisir, car, pour le moment, on est bien loin des spectaculaires affaires, chiraquiennes ou assimilées, des HML de Paris, de Didier Schuller et des HML des Hauts-de-Seine, des emplois fictifs payés par la Mairie de Paris du temps où Chirac en était maire, des voyages dudit Chirac avec billets d'avion payés en liquide via la trésorerie occulte du RPR, du financement occulte des partis politiques par le biais de marchés publics truqués, concernant notamment les lycées d'Ile-de-France, de la participation de l'imprimerie municipale parisienne Sempap au financement du RPR, etc. Je me souviens que Chirac n'était jamais aussi bon à la télévision que lorsqu'il devait évoquer ces affaires : comment oublier, par exemple, l'évènement désormais légendaire de la fameuse cassette Méry balancée aux médias il y a bientôt huit ans maintenant ? Le 21 septembre 2000, fut publié dans le journal Le Monde, comme chacun sait, une confession posthume de Jean-Claude Méry (décédé d'un cancer en juin 1999), confession enregistrée sur une cassette vidéo le 24 mai 1996. Faux-facturier du RPR, Jean-Claude Méry, dans la fameuse cassette, vêtu d'une chemise avec cravate et d'un pantalon à bretelles, accusait Jacques Chirac d'avoir été au coeur d'un système de financement occulte, du temps où il était président du RPR et maire de Paris, et affirmait notamment avoir déposé lui-même, à l'époque, une valise contenant 5 millions de Francs en liquide "sur le bureau de Michel Roussin, en présence de Monsieur Chirac". Le RPR - tout comme l'UDF, le PS et le PC - était accusé d'avoir alimenté son budget à l'aide de commissions versées par des entreprises du bâtiment auxquelles la région Île-de-France avait confié en contrepartie d'importants travaux publics notamment concernant des lycées. Pour la France entière, ce fut le choc, et on ne trouva guère, à l'époque, que l'nénarrable Jean Tiberi pour défendre son prédécesseur à la mairie de Paris...


Cependant, face au déballage public de cette affaire, la réaction de Chirac fut, on le sait, remarquable :

"ÉLISE LUCET - "Monsieur le Président, nous reviendrons dans un instant, si vous le voulez bien, sur le référendum sur le quinquennat qui est le but de votre visite, ici, à Angoulême. Mais, d'abord, dans son édition d'aujourd'hui, donc, Le Monde publie une interview posthume de Jean-Claude MÉRY que nous avons entendue, où vous êtes personnellement mis en cause. Il affirme avoir remis une valise de cinq millions de Francs à Michel ROUSSIN, en votre présence, et cela pour le financement occulte du RPR.

J'ai envie de vous demander quelle est votre réaction à la fois sur la forme et sur le fond ?

JACQUES CHIRAC - Ma réaction : je suis indigné. Indigné par le procédé. Indigné par le mensonge. Indigné par l'outrance. Mme LUCET, il doit y avoir des limites à la calomnie. Hier, on faisait circulait une rumeur fantaisiste sur une grave maladie qui m'aurait atteinte -sous-entendu je ne serais plus capable d'assumer mes fonctions-. Aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque. On fait parler un homme mort il y a plus d'un an. On disserte sur des faits invraisemblables qui ont eu lieu il y a plus de quatorze ans. On exhume un enregistrement fait il y a plus de quatre ans et dont le journal lui-même, qui publie ces propos, les qualifie " d'invérifiables " et de " sans valeur juridique ".

Tout cela, comme par hasard, trois jours avant un référendum visant à améliorer le fonctionnement de notre démocratie.

Alors, je vous le dis, ces allégations sont indignes et mensongères. Voilà, pourquoi, je demande que ces éléments soient transmis à la justice afin que la vérité balaie la calomnie.

(Jacques Chirac, Président de la République, à Angoulême [Charente], lors d'un entretien télévisé avec la journaliste Élise Lucet, France 3, Jeudi 21 septembre 2000)

Que de souvenirs avec Jacques Chirac président... Chirac, politiquement, c'est toute ma jeunesse, tout comme Mitterrand, d'ailleurs... ;-) Et je m'en souviens comme si c'était hier... ;-)

[...]

[Suite de l'article dans le
message suivant]

(Illustrations : Caricature de Jacques et Bernadette Chirac, par Kiro, publiée dans Les Jeux de l'actu et de l'été, Les dossiers du Canard Enchaîné N°104, juillet 2007 ; Jacques Chirac quittant l'Elysée en voiture après avoir passé le pouvoir à Nicolas Sarkozy, le 16 mai 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Eric Feferberg ; Nicolas Sarkozy lors d'un discours le 6 mai 2008 à Les Angles, près d'Avignon, photographie de l'Agence France Presse, ©Claude Paris/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, le 17 mars 2008, dans la cour des Invalides à Paris lors d'un hommage au dernier poilu de 1914-1918, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP/Archives ; Caricature de Jacques Chirac, par Kiro, publiée dans Manufacture française de candidats, Les dossiers du Canard Enchaîné N°83, avril 2002, et caricature de Nicolas Sarkozy, par Kiro, sans date [vers 2005] ; Entretien de Jacques Chirac avec Michel Field, Canal+, janvier 1995, dessins de Bernar, publiés dans Vu à la Télé, Charlie Hebdo hors-série N°8, janvier 1999 ; Jacques Chirac, quatre photos extraites des archives de l'INA, reprises dans le film documentaire Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro et Michel Royer, © Rezo Films, 2006 ; "Les Morts accusent Chirac", dessins de Luz, publiés dans Charlie-Hebdo N°432, 27 septembre 2000)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
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