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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /2008 09:02
Voici un court message impromptu, rédigé entre deux éclats de rire sarcastiques, en réaction à une actualité décidément plus bouleversante que jamais... ;op

Il faut croire que c'est plus fort que lui. Il ne peut pas s'en empêcher. Depuis des années, il se retenait. Mais là, il n'en pouvait plus. Il fallait que ça sorte. Incorrigible Jean-Marie Le Pen ! Depuis mon dernier article consacré au personnage, rédigé il y a plus d'un an - voir le message intitulé "Sarkozy, Le Pen et l'extrême-droite : une longue histoire..." -, je ne pensais avoir à reparler de lui de sitôt, tant l'effrondrement électoral du Front National avait réussi, l'année dernière, à faire taire quelque peu les craintes qui étaient les miennes de voir Le Pen  revenir en force en 2007, cinq ans après sa qualification pour le second tour de la précédente élection présidentielle, en 2002. Le Front National est aujourd'hui dans une situation fort difficile : sa déroute aux dernières élections nationales - présidentielle et législatives - l'a plongé dans d'importantes difficultés financières, obligeant même son président perpétuel, Jean-Marie Le Pen, a décider de mettre en vente les imposants locaux du siège du parti, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), surnommé "Le Paquebot", et à déménager prochainement ledit siège du parti ailleurs dans la région parisienne, probablement à Nanterre, dans des locaux plus petits. On ne pleurera pas sur le sort politique du chef d'un parti d'extrême-droite qui a pourri la vie politique française pendant tant d'années. Cela ne doit toutefois pas faire oublier que les idées d'extrême-droite sont loin d'avoir disparues, et que si Le Pen est à ce point dans les choux aujourd'hui, c'est essentiellement parce que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a réussi, très habilement, à siphoner l'électorat traditionnel du Front National lors de l'élection présidentielle de l'année dernière, impulsant ainsi une forte dynamique en faveur de l'UMP pour les élections législatives, dynamique face laquelle le FN n'a pas fait le poids...
Lorsque l'on y réfléchit, il en est toujours ainsi avec les partis extrémistes : lorsque les partis de gouvernement se portent mal, les extrémistes prospèrent, mais dès que lesdits partis de gouvernement reprennent du poil de la bête, les partis extrêmes reculent électoralement. Aujourd'hui, du reste, Nicolas Sarkozy est soucieux de conserver le territoire électoral conquis et donc de continuer à plaire à l'électorat de l'extrême-droite, comme on a pu le vérifier avant-hier soir, 24 avril, lors de son intervention télévisée : alors qu'on l'interrogeait sur la régularisation des sans-papiers travailleurs, Sarkozy a répondu en précisant qu'on ne "devient pas français" si facilement, confondant ainsi la naturalisation et la régularisation. Le Pen lui-même, soucieux de démontrer que les électeurs  traditionnels du FN ont été "victimes d'une illusion" en votant pour Sarkozy, n'a pas d'ailleurs manqué de souligner la manoeuvre de l'actuel chef de l'Etat pour plaire à l'électorat traditionnel de la droite de la droite, en déclarant : "On aura remarqué quelques beaux morceaux d'hypocrisie, comme sur les clandestins, avec la confusion volontaire entre régularisation et naturalisation". Il en faudrait toutefois plus pour reprendre du terrain face à un Sarkozy qui, jusqu'à présent, s'est toujours montré habile pour séduire le public traditionnellement favorable à l'extrême-droite...



Toujours est-il que Le Pen, devenu aujourd'hui quasiment inexistant médiatiquement, depuis que Sarkozy a récupéré son électorat, ne pouvait revenir, pontuellement, sur le devant de la scène, qu'en réutilisant la méthode qui a tant contribué au développement de sa notoriété, dans les années 1980 et 1990, à savoir la méthode de la provocation verbale à connotation raciste, antisémite ou négationniste. Souvenez-vous, chers lecteurs. C'était en septembre 1987, lors d'un mémorable entretien du président du Front National avec des journalistes, dans les studios de la radio RTL. Le Pen avait alors déclaré que les chambres à gaz utilisées par les nazis n'étaient qu'"un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale". L'emploi de cette expression avait eu alors un fort retentissement, suscitée des poursuites judiciaires, et quelques années plus tard, en mars 1991, la cour d’appel de Versailles avait finalement condamné Le Pen à verser à neuf associations, qui s'étaient portées parties civiles, 100.000 francs (15.000 euros) de dommages et intérêts pour "banalisation de crimes contre l'humanité" et "consentement à l'horrible" pour avoir ainsi assimilé les chambres à gaz à "un point de détail de l'histoire". Après cette affaire, le mot "détail" est d'ailleurs devenu à ce point connoté dans le monde politique, que lorsque le Premier ministre actuel, François Fillon, en octobre dernier, a parlé - stupidement - de "détail" à propos du recours aux tests ADN pour les candidats au regroupement familial, cela a suscité une vive polémique, démontrant ainsi que l'affaire du "point de détail" de 1987 reste encore bien présente aujourd'hui dans les mémoires. Or, ce mois-ci, précisemment, 17 ans après sa condamnation, Jean-Marie Le Pen, visiblement toujours soucieux d'entretenir une certaine mémoire des mots "historiques", a encore frappé ! Et avec la même formule qui a fait son succès : le fameux "détail de l'histoire"...

Le Pen crée un tollé en appelant à nouveau "détail" les chambres à gaz


Jean-Marie Le Pen, président du Front national, a suscité un tollé et s'est attiré des menaces de poursuites judiciaires en qualifiant à nouveau les chambres à gaz de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale", dans un entretien au magazine "Bretons" publié vendredi [25 avril].

Le parquet a annoncé qu'il étudiait la possibilité de poursuivre l'ex-candidat à la présidentielle.

"J'ai dit que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale: ça me paraît tellement évident", déclare M. Le Pen dans le mensuel généraliste, diffusé en Bretagne et en région parisienne.

Le leader frontiste, dont la fille Marine a souligné qu'elle ne partageait pas les vues de son père sur ce point, avait été condamné à 1,2 million de francs (183.200 euros) d'amende pour de premières déclarations sur le "détail", en 1987 sur RTL.

Alors que "Bretons" lui fait remarquer que l'on a "déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer", M. Le Pen répond: "Mais ça, c'est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d'adhérer à cette vision-là. Je constate qu'à Auschwitz, il y avait l'usine IG Farben, qu'il y avait 80 000 ouvriers qui y travaillaient. A ma connaissance, ceux-là n'ont pas été gazés en tout cas. Ni brûlés."

M. Le Pen a affirmé dans un bref communiqué vendredi avoir "interdit expressément par lettre recommandée il y a déjà 15 jours" à "Bretons" de publier cet entretien.

Ses propos ont immédiatement été condamnés par politiques et associations, qui ont pointé du "négationnisme".

L'Union des étudiants juifs de France a annoncé avoir "décidé d'engager des poursuites judiciaires" et SOS Racisme dit avoir décidé de se constituer partie civile.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme veut en faire autant après consultation de sa commission juridique.

Pour le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), l'ex-candidat à l'Elysée, "en pleine perdition politique", s'avance "encore plus sur la voie du négationnisme" pour "faire parler de lui".

Le MRAP a dénoncé une "volonté de contestation de crimes contre l'humanité d'une part et d'incitation à la haine".

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a exprimé "son indignation et sa colère".

Le Mouvement des Jeunes socialistes a dénoncé un "révisionnisme clairement assumé".

Pour Julien Dray, porte-parole de ce parti, c'est "à la justice d'agir pour que de telles paroles, qui prennent sciemment le risque de générer haine et division dans notre pays, ne restent pas impunies".

Même tonalité chez le député (app-communiste) Jean-Pierre Brard. Il a aussi demandé à la vice-présidente du FN Marine Le Pen, "qui prétend vouloir donner une nouvelle image au parti", de "condamner sans réserves" ces déclarations et de "présenter les excuses de son parti".

"Je dis ce que j'ai toujours dit: je ne partage pas sur ces événements la même vision que mon père", a fait valoir Mme Le Pen sur BFM TV.

"Je crois que Jean-Marie Le Pen ne voulait pas créer cette polémique, puisqu'il a interdit au journal la publication de cette interview", a-t-elle ajouté. "Le journal est passé outre, du coup il ne voulait pas cette polémique mais elle existe."

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 avril 2008, 21h00)

Précisons que, selon le magazine Bretons, Jean-Marie Le Pen avait interdit de publier son entretien avec ledit magazine, non pas pour éviter la polémique, mais parce qu'il était en désaccord avec "les conditions de parution" de l'entretien... autrement dit, parce qu'il souhaitait faire la "une" du magazine, ce qui n'a finalement pas été le cas. Avec cette déconvenue, et surtout les poursuites judiciaires qui s'annoncent, Le Pen est à nouveau servi en matière d'emmerdements - si vous me passez l'expression -, vu que, cette fois-ci encore, il aura tout fait pour en avoir. Cela dit, tant pis pour lui. Il n'est pas à plaindre.

Soyons francs : toute cette histoire me fait bien rire ! Bien entendu, sur le fond, tout cela sent très mauvais. Mais sur la forme, il y a franchement de quoi s'esclaffer, qu'il s'agisse de la pathétique recyclage du fameux mot "détail" par Le Pen ou de la posture convenue de tous ceux qui se sont fait aussitôt un devoir de condamner, avec ostentation, cette énième provocation, qui ne méritait pourtant pas d'être ainsi médiatisée à ce point. A chaque fois, c'est le même cirque. La bêtise humaine est bien une des choses les mieux partagées au monde... Si Le Pen est à nouveau condamné, il n'aura, bien sûr, que ce qu'il mérite, mais la bonne conscience affichée publiquement par certains, qui ont eu beau jeu d'adopter une posture vertueuse, est franchement risible. Qu'est-ce que l'on ne ferait pas, en politique, pour se donner le beau rôle... Quelle misérable farce...


Alors oui, bien sûr, le négationnisme, l'antisémitisme, le racisme, ça pue, c'est dégoûtant. Mais, par ailleurs, les postures médiatiques convenues, au nom de l'anti-racisme et de l'anti-négationnisme, c'est tout simplement grotesque. On pourrait en pleurer, tant tout cela peut paraître désolant. Pour ma part, je préfère en rire, sur un ton sarcastique. Même si ce n'est pas politiquement correct, cela vaut toujours mieux que d'être hypocrite, ou d'afficher une bonne conscience qui sonne faux...

Amicalement, et sarcastiquement, ;-)

Hyarion.


(Illustrations : Caricature de Jean-Marie Le Pen, par Kiro, publiée dans Manufacture française de candidats, Les dossiers du Canard Enchaîné N°83, avril 2002 ; Jean-Marie Le Pen dans la région Nord-Pas-de-Calais, le 4 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Denis Charlet ; Le président du FN Jean-Marie Le Pen sur un plateau de télévision de TF1, le 16 mars 2008 à Boulogne-Billancourt, photographie de l'Agence France Presse, ©François Guillot/AFP/Archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
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