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1808-2008 : Bicentenaire de Napoléon III...

par Hyarion 20 Avril 2008, 00:01 Lectures et écritures

Il y a 200 ans, le 20 avril 1808, au coeur de la nuit, à Paris, 8 rue Cerruti - aujourd'hui, 17 rue Laffitte -, naissait le troisième fils d'Hortense et de Louis Bonaparte : Louis-Napoléon Bonaparte, futur premier président de la République française (de 1848 à 1852), et futur Empereur des Français sous le nom de Napoléon III (de 1852 à 1870).
De ce personnage historique, que j'ai beaucoup étudié durant mes études supérieures, j'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion de parler, sur le présent blog. Au coeur de la nuit, j'y reviens une nouvelle fois - ce sera sans doute la dernière -, puisque le bicentenaire de la naissance du dernier Empereur des Français tombe aujourd'hui...
Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, j'ai consacré, durant mes années de Licence et de Master, mes travaux de recherche universitaires à la vie politique française sous le Second Empire de Napoléon III, travaux de recherche qui ont été motivés, à l'origine, par la lecture - fort indigeste - des Châtiments de Victor Hugo, qui me fut imposée en terminale, il y a presque dix ans de celà (le recueil des Châtiments de Victor Hugo ayant fait partie dans les lycées du programme de première pour l'épreuve anticipée du baccalauréat de français en 1998-1999). Travailler à partir des sources avec le plus d'honnêteté et de sérieux possible, loin des propagandes et des préjugés de tous ordres : c'est ce que je me suis efforcé alors de faire, dans le cadre de ses recherches, qui ont d'abord été motivées par une volonté d'écarter d'un revers de main toute la propagande des adorateurs de Victor Hugo et la grille de lecture systémique des adorateurs de Karl Marx, pour essayer, comme bien d'autres avant moi, d'approcher la vérité historique au plus près, avec tout le recul critique nécessaire. En cela, j'espère avoir apporté une modeste petite pierre à l'édifice de la recherche sur l'histoire politique française du XIXe siècle.
Je ne suis pas un fanatique de Napoléon III, mais simplement un adepte de la recherche historique, la vraie, celle qui s'effectue honnêtement, avec une certaine distance critique et une étude attentive de l'ensemble des sources. Mais même dans ce contexte, il n'est pas facile d'être à ma place, sur le plan politique, étant un homme ayant majoritairement des idées de gauche, mais sans pour autant vénérer ni Hugo, ni Marx... Après avoir été au Mouvement Démocrate pendant quelques mois, je suis à présent au Parti Socialiste, et dans ces deux partis, comme je le craignais, je n'ai pas manqué de trouver des adorateurs de Victor Hugo, tout heureux de citer le "grand homme" à toutes les sauces, et de comparer Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa au Napoléon III caricatural grimé dans les Châtiments et les autres écrits haineux et outranciers que Hugo à consacré au neveu de Napoléon Ier... Cette situation est toujours relativement pénible pour moi, même si, aujourd'hui, je préfère ne pas y accorder autant d'importance que par le passé. Je constate, en ces temps peu glorieux, tout le poids que la propagande bien-pensante, héritée de la IIIe République et d'une certaine tradition marxiste, occupe encore dans ce pays, tandis qu'en face, se dresse une droite sarkozyste non hostile à une récupération du personnage de Napoléon III, bien qu'une telle récupération, à mes yeux, ne puisse être qu'une souillure infligée au dernier empereur et souverain de France, mort en exil en Angleterre, en 1873... A ce propos, en décembre dernier, le président du conseil général des Alpes-Maritimes, le très sarkozyste Christian Estrosi, alors qu'il était encore secrétaire d'Etat à l'Outre-mer (poste gouvernemental dont il a démissionné le mois dernier, après avoir été élu maire de Nice), a voulu demander aux autorités britanniques le retour en France des cendres de Napoléon III, ce dernier étant inhumé dans une abbaye anglaise, à Farnborough. Estrosi voudrait que ce retour des cendres s'effectue lors de l'anniversaire, en 2010, du rattachement du comté de Nice à la France, réalisé sous Napoléon III, en 1860. J'espère, de tout coeur, que ce projet échouera. Que les cendres de Napoléon III reviennent en France, comme ce fut le cas pour celles de son oncle, Napoléon Ier, en 1840, je ne vois rien là que de très légitime dans l'absolu, mais il est absolument hors de question que cela s'apparente, de près ou de loin, à une récupération sarkozyste : ce serait une honte, aux yeux de l'histoire, et, du reste, cela ferait bien trop plaisir aux bien-pensants adorateurs de Victor Hugo, qui ne manqueraient pas de trouver dans l'évènement la justification de leurs fantasmes... Si les seuls à vouloir organiser le retour des cendres de Napoléon III sont des sarkozystes, je préfère encore que lesdites cendres restent en Angleterre...
Certains, depuis l'année dernière, persuadés que Nicolas Sarkozy est, ni plus ni moins, un nouveau Louis-Napoléon Bonaparte, travaillent actuellement à le démontrer. Je leur souhaite bien du courage pour arriver au bout de leur entreprise aussi veine que stupide. Ils s'inquiètent de savoir, s'il s'avère qu'on leur donne raison, s'il existera aussi un nouveau Victor Hugo... Par ma barbe, pour faire quoi ? S'autoproclamer à nouveau "conscience universelle de l'humanité", comme Hugo l'a fait en son temps dans son pamphlet Napoléon le Petit ? Pour donner ainsi bonne conscience aux vertueux bien-pensants adorateurs de Hugo ? Pour donner de la valeur à leur combat pathétique, qu'ils s'imaginent mener comme si nous vivions il y a 150 ans ? Quelle naïveté... et quelle vanité, surtout... Heureusement que la plupart des gens s'en moquent... et l'indifférence plus ou moins générale, pour une fois, me parait bien utile pour contrecarrer les combats d'arrière-garde de cette bien-pensance dans laquelle je ne me reconnaitrait jamais... n'en déplaise à certains, qui continuent à réciter bêtement, à l'adresse des sarkozystes, des vers des Châtiments en ce croyant malins, ou pire, vertueux... Mais laissons donc tout cela de côté... Je suis si fatigué de dénoncer tous ces excès partisans, après toutes ces années... De toute façon, il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre... Que les historiens continuent leur travail : les chiens aboient, la caravane passe, comme on dit... Du reste, tout en écrivant cet article, j'écoute la musique de Vangelis composée pour le film Blade Runner, de Ridley Scott (1982) : cela aide à prendre singulièrement du recul vis-à-vis de toutes ces histoires triviales de mélanges entre politique, histoire, mémoire et propagande...

Pour ce bicentenaire de la naissance de Napoléon III, je vous propose des extraits d'un des quelques livres parus sur Napoléon III à l'occasion de l'évènement : il s'agit de Napoléon III. Un Saint Simon à cheval de Éric Anceau, paru tout récemment, le mois dernier, aux éditions Tallandier. Éric Anceau, enseignant à l'université Paris-Sorbonne et à l'IEP de Paris, a mené, pour ce livre de 750 pages, quinze années de recherches dans des milliers d'ouvrages et d'archives inédites. Sur la quatrième de couverture de l'ouvrage, on peut lire ceci : "Fils de roi, neveu d'empereur, comploteur, prisonnier, proscrit, premier président de la République, dernier souverain régnant de notre histoire. Figure majeure du XIXe siècle, il en incarne l'esprit, la diversité, les contradictions : homme de réflexion et d'action, romantique et réaliste, autocrate et démocrate, autoritaire et libéral, réactionnaire et progressiste, fils de l'Église et de la Révolution, apôtre de la paix et fauteur de guerre. Complexe, il a longtemps été incompris, il suscite toujours passions et jugements contradictoires. Hugo le surnomma "Napoléon le Petit" le dépeignit comme un "nain immonde", alors que Pasteur considérait son règne comme l'un des plus glorieux de tous les temps. Qui était réellement Napoléon III ?"
Voici, à présent les extraits, tirés dans la dernière partie du livre, intitulée "En guise d'épilogue" :


    "Homme du passé et du présent, Napoléon III fut aussi un homme de l'avenir. "La tête de l'empereur Napoléon ressemble à une garenne, lança un jour lord Palmerston [Premier ministre britannique de l'époque] sur le mode de la raillerie ; les idées s'y reproduisent continuellement, comme des lapins." Indéniablement, l'empereur eut beaucoup d'idées dont toutes ne furent pas bonnes, mais dont certaines firent de lui un précurseur. Il sut mieux que les autres décrypter un monde complexe, prophétiser son évolution et chercher à en maîtriser le cours. Une grande partie du fossé qui le séparait des élites s'expliquait par le fait qu'il voyait souvent trop grand, trop loin et surtout trop vite pour elles. Ses détracteurs le présentaient comme un utopiste, alors qu'il était davantage qu'eux dans le sens de l'histoire. [...]
    N
apoléon III subit tant d'influences diverses et conduisit des actions dans des domaines si variés qu'il a toujours été facile de façonner de lui une image complaisante aux besoins d'une cause, à partir d'un choix orienté de ses propos et de ses actes. Ainsi, les totalitarismes du XXe siècle ont souvent été comparés au bonapartisme. Même recours au chef charismatique, même quête d'un lien direct et personnel d'ordre affectif entre celui-ci et les masses, même sacralisation du peuple souverain, même rejet du parlementarisme, même recherche de l'unité nationale, même souci de moderniser l'économie et d'améliorer le sort des plus pauvres, tout en respectant les hiérarchies en place, même praxis privilégiant le fait sur la doctrine, même culte de la patrie... Mais nous voyons aussi dans le bonapartisme du troisième Napoléon et dans sa pratique du pouvoir tout autant de différences avec ces mêmes totalitarismes : le rappel constant aux principes de 1789, le refus du parti unique, l'absence de tout État policier, ne serait-ce que par le défaut des moyens et par la subversion précoce du régime par les notables, la libéralisation progressive de ce même régime, une profonde xénophilie et une sympathie réelle pour le genre humain. Des parallèles audacieux furent pourtant esquissés entre le souverain français et le Duce, voire le Führer ou le Petit Père des peuples. Au moment précis où certains peignaient Napoléon III en empereur noir, brun ou rouge, d'autres faisaient de lui le père de la sécurité collective, de la relance de la consommation, de l'État providence, ou encore de l'Europe communautaire ! Briand, Keynes, Beveridge et Monnet ! Sous le prétexte que les expériences populistes de l'Amérique latine présentèrent, plus encore que les fascismes, de réelles analogies avec le bonapartisme, au point d'être qualifiées de "néo-bonapartistes" par des politilogues et des journalistes à leurs suites, certains se permirent de voir en l'Argentin Juan Domingo Perón ou dans le Brésilien Getúlio Vargas de "nouveaux Napoléon III". Dans les familles de la droite française, le gaullisme put être présenté, avec plus de raison, comme l'héritier du bonapartisme. De fait, les convergences sont indéniables entre le bonapartisme du troisième Napoléon et le gaullisme de De Gaulle. Il est en revanche plus hasardeux de risquer un parallèle entre les vies des deux chefs d'État et le "grand" Charles ne professa jamais une admiration immodérée pour son prédécesseur.
    Au jeu des comparaisons faciles, l'actuel président de la République Nicolas Sarkozy devient le nouveau Napoléon III. On relèvera certes comme l'historien britannique Sudhir Hazareesingh qu'"il est piquant de voir à quel point le discours du nouvel hôte de l'Élysée rappelle celui de Louis-Napoléon à l'aube du second Empire : on retrouve la même exaltation du thème bonapartiste du maintien de l'ordre, le même pragmatisme, accompagné du désir de dépasser les clivages politiques traditionnels, la même célébration du culte de la volonté, la même fascination pour la modernité, et surtout la même insistance sur la nécessaire reconquête d'un sentiment de fierté nationale". On ajoutera même, en vrac, une croyance en sa bonne étoile, une relation particulière au peuple français, une forme d'hyperactivité, une passion de la réforme, une volonté d'absorber tout l'exécutif au détriment des ministres, un rapport identique à la puissance dominante du moment, là l'Angleterre, ici les États-Unis, mélange de fascination, de sympathie et de volonté de dépassement, un sens certain de la formule... Tout est toujours dans tout et il n'est pas étonnant de trouver certaines similitudes à des pouvoirs forts et chez des personnalités affirmées. Là doivent s'arrêter les comparaisons. Napoléon III fut et demeure un être singulier. C'est bien par sa vie et par son oeuvre et non par des ressemblances plus ou moins pertinentes qu'il doit rester dans la mémoire collective de la nation française."

(Éric Anceau, Napoléon III. Un Saint Simon à cheval, Paris, Editions Tallandier, 2008, "En guise d'épilogue", Modernité et postérité, p.563-568)
 
Pour en savoir plus, lisez ce livre... A coup sûr, il vous changera de la relecture biblique des écrits de Victor Hugo et de Karl Marx, qu'il s'agisse des Châtiments, de Napoléon le petit, ou du 18 Brumaire de Louis Bonaparte...


Voila. J'en ai terminé sur ce sujet. A cette heure avancée de la nuit, il est grand-temps d'aller dormir... avec de la musique de Vangelis plein la tête... :-) Vous devriez essayer... Survoler musicalement les lumières de Los Angeles en 2019, cela vous change les idées... Détente assurée... ;-)

Amicalement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Portrait équestre de Napoléon III, huile sur toile [1858] par Alfred de Dreux, Paris, Musée de l'Armée ; Napoléon III, huile sur toile [1857] par Franz-Xaver Winterhalter, Compiègne, Musée du Second Empire, château de Compiègne ; Couverture de l'ouvrage de Éric Anceau, Napoléon III. Un Saint Simon à cheval, publié aux Editions Tallandier)

commentaires

Dante 24/04/2008 22:09

Dante >>> "Ah, Hyarion, je crois que tu t'es fait de nouveaux amis... :-))"Pfff... :-/Tu n'y est pas du tout, cher Dante. Mais c'était une innocente plaisanterie... Bon, d'accord, pas très innocente: c'était pour te taquiner un peu (ça fait un moment que je n'ai pas pu le faire en direct et ça me manquait un peu :-)) Dis, je pourrais te taquiner encore ? (je t'engage à faire de même me concernant)  :-))  J'avoue que j'ai pris le message de M. Saforcada avec un immense éclat de rire. C'est ainsi. Le ridicule m'y pousse et quand il est porté avec autant d'ostentation, il en devient hilarant.J'ignorais qu'il était déjà intervenu et je dois reconnaître que balancer comme ça un message, avec pétition à la clé pour un truc aussi minable, ça donne une parfaite image de la médiocrité et du peu de cas que ces gens font des autres (et de leurs idées). Bon, passons vite à autre chose...Tu veux que l'on parle de l'intervention de Sarkozy de ce soir ? :-))Ouaif, passons à autre chose là aussi ! :-)) Mieux vaut lire un bon livre d'histoire !A très bientôt et portes-toi bien !Amitiès, Dante.

Hyarion 24/04/2008 22:41



Dante >>> "Bon, passons vite à autre chose..."

Oui, en effet, cela vaut mieux... ;-) Tout cela n'a pas grande importance, de toute façon... En réécoutant du Vangelis, cette petite contrariété sera vite
oubliée... :-)

Dante >>> "Tu veux que l'on parle de l'intervention de Sarkozy de ce soir ? :-)) Ouaif,
passons à autre chose là aussi ! :-))"

J'ai pris la peine de regarder cette intervention télévisée. Du Sarko-show de ce soir, et de celui des jours précédents, il sera question dans un prochain
article... rédigé à tête reposée...

Dante >>> "Mieux vaut lire un bon livre d'histoire !"

Oui, en effet, pour interrompre tout ce stress lié à une actualité morose, rien ne vaut la lecture d'un bon livre d'histoire... ou de fiction, pourvu
qu'il soit bien fait, tant sur le fond que sur la forme... :-)

A bientôt, et portes-toi bien toi aussi,
Bien amicalement, :-)

Hyarion.



Dante 24/04/2008 18:59

Ah, Hyarion, je crois que tu t'es fait de nouveaux amis... :-)) Dante

Hyarion 24/04/2008 21:58





Dante >>> "Ah, Hyarion, je crois que tu t'es fait de nouveaux amis... :-))"

Pfff... :-/

Tu n'y est pas du tout, cher Dante. Ce monsieur Saforcada est déjà passé par ici par le passé (Sauron pourrait le confirmer), avant que tu ne commence
à intervenir sur le présent blog. A chaque fois, c'est la même chose : ce monsieur, en guise de commentaire, poste un message de propagande, sans dire ni bonjour ni merde, sans tenir compte
un seul instant de ce que j'ai pu écrire dans mes articles, sans aucune considération pour les échanges qui ont lieu ici.

La dernière fois, j'avais supprimé le "commentaire" de ce monsieur, mais puisque tu as déjà réagi, cher Dante, je vais laisser les choses en l'état,
et en profiter pour mettre les points sur les "i".

Je ne suis pas bonapartiste. Ceux qui pensent, éventuellement, le contraire sont des imbéciles, qui - comme celui qui, l'autre jour, est venu
ici me traiter de "girouette" - ne me connaissent pas. Tous ces gens-là se permettent, eux que rien n'autorise à cela, de coller des étiquettes ridicules, de cataloguer stupidement
les gens, alors qu'ils n'ont même pas affaire à un homme public dont on connaîtrait l'identité au moins dans les grandes lignes. Quand j'aurais droit, éventuellement, à mon quart d'heure de
célébrité, on pourra peut-être se permettre d'émettre des jugements de ce genre, mais pas avant. N'étant pas un homme public, seules les personnes qui me connaissent personnellement, et
depuis au moins un certain temps, peuvent se permettre d'émettre une opinion sur mon compte qui vaille la peine d'être respectée. Les autres peuvent bien faire ce qu'ils veulent, ils seront
toujours à côté de la plaque... Tant pis pour eux.

De toute façon, se prétendre bonapartiste aujourd'hui est une farce. Le bonapartisme n'existe plus, depuis bien longtemps. Le Prince Impérial,
fils de Napoléon III, est mort en 1879, en Afrique australe, tué par des Zoulous, sans laisser de postérité. A partir de cette date, le bonapartisme a irrémédiablement décliné en France, en
l'espace de quelques années. Il est donc mort avec le siècle qui l'a vu grandir, prospérer, puis dégénérer, à savoir le XIXe siècle. Les dernières organisations bonapartistes, ou assimilées à
la mouvance bonapartiste, ont été définitivement dissoutes en 1940 par le chef de la famille impériale de l'époque, le prince Louis (fils du prince Victor et petit-fils du prince
Napoléon-Jérôme, cousin germain de Napoléon III), qui s'est illustré par la suite dans la Résistance. Depuis, on est passé à autre chose, et c'est très bien ainsi.
Aujourd'hui, "France Bonapartiste" et le "Centre d'études et de recherches bonapartistes" sont des organes très confidentiels, et s'il existe encore
quelques élus locaux en Corse qui se réclament du bonapartisme, tout cela ne représente quasiment rien. Ceux qui se disent "bonapartistes", en réalité, sont des représentants, parmi d'autres,
d'une droite souverainiste et conservatrice (bien loin, par ailleurs, de ce fait, de représenter les idées et les actes de Napoléon III, bien qu'ils s'en réclament) avec laquelle je n'ai rien
à faire. Si ces gens-là veulent aller lécher les bottes de Sarkozy de Nagy-Bocsa et d'Estrosi pour obtenir le retour des cendres de Napoléon III, qu'ils y aillent : j'espère qu'ils échoueront
dans leur entreprise, tous autant qu'ils sont.

Pfff... Quel dommage de terminer la discussion en évoquant ce genre d'activisme pathétique, politiquement orienté, avec lequel je n'ai absolument rien
à faire... Enfin, c'est ainsi.

Amicalement,

Hyarion.





david saforcada 24/04/2008 17:58

2008, 200ème anniversaire de la naissance de celui qui fut tout à la fois le premier président de la République élu au suffrage universel mais aussi le dernier souverain qu’ait connu notre pays, nous voulons bien entendu parler de Louis Napoléon Bonaparte
 
Depuis la capitulation de Sedan et la chute de l'Empire le 4 septembre 1870, l'on aurait pu croire que la "propagande" de la Troisième République, que la "légende noire" du Second Empire, enterreraient pour toujours Napoléon III, son Empire et ses réalisations au plus profond de la mémoire nationale. Mais de nombreux ouvrages ont contribué à redonner petit à petit la place qui est la sienne à notre dernier Empereur.
 
Une œuvre de justice a commencé, bien réelle grâce à des auteurs comme Octave Aubry (Le Second Empire), André Castélot (Napoléon III), Georges Bordenoves (Napoléon III), JB Barbier (Outrances sur le Second Empire, Mensonges sur le Second Empire et Silences sur le Second Empire) ou encore par des ouvrages plus récents "Napoléon III, empereur social" d'Edouard Bornecque, "Louis Napoléon le Grand" de Philippe Séguin, "Napoléon III ou le catholicisme social" de Rénée Casin et tout dernièrement "Napoléon III" de Pierre Milza, mais aussi grâce au travail de spécialistes de renom tel que Jean Tulard, Francis Choisel, Jacques Marseille ou bien Thierry Choffat.
 
Cette reconnaissance a connu une première marque officielle en 1987, lorsqu'une place de Paris prenait le nom de Napoléon III,  honneur toujours refusé à Napoléon Ier. Certains esprits chagrins diront que cette place, située Xème arrondissement (ancienne place de Roubaix) aux abords de la gare du Nord, est un bien piètre choix mais ce geste est déjà une preuve en soi.
 
Mais pourquoi vouloir à ce point réhabilité Napoléon III et le Second Empire ? Tout simplement parce qu'en 20 ans, notre pays sous l'impulsion de Louis Napoléon a fait un bon de géant dans les secteurs économiques, sociaux, agricoles mais aussi dans les domaines scolaires, du patrimoine et de l'aménagement du territoire. Cette emprunte est aussi visible au niveau international, diplomatique et architecturale. La France et les Français ne peuvent oublier ce que l'on doit à Napoléon III: l’économie prospère par la révolution industrielle et le développement des chemins de fer, l’intéressement des employés dans l’entreprise, les prémices de la protection sociale, autant d’apports incontestables (et incontestés) du Second Empire, sans oublier l’urbanisation moderne de Paris que tant ont décrié alors mais que tous saluent aujourd’hui, le percement du canal de Suez et l'enseignement supérieur ouvert aux jeunes filles.
 
Donc, après des décennies, où il aura tour à tour été traité d’imposteur, de dictateur et de lâche, l’œuvre politique, sociale et économique de Napoléon III, le dernier souverain français, est enfin reconnue. Alors quoi de plus logique, quoi de plus digne pour sa mémoire et celles des siens qu’une reconnaissance officielle du peuple français. Quelle plus belle reconnaissance que le retour sur le sol natal des cendres du dernier Empereur, de l’Impératrice Eugénie et du Prince Impérial.
 
C’est pourquoi France Bonapartiste et le Centre d’Etudes et de Recherches sur le Bonapartisme lancent un appel aux autorités françaises  et une campagne nationale de pétitions pour demander le retour sur le territoire français des cendres de la Famille Impériale. Les représentants politiques doivent se montrer aussi dignes que Louis-Philippe Ier en 1840, en effectuant toutes les démarches nécessaires pour la réalisation de cet événement historique qui sera le point culminant de la réhabilitation de Napoléon III.
 
Faisons, ensemble, de 2008 le point culminant de la reconnaissance de Napoléon III et de l’œuvre du Second Empire !
 
Ensemble, faisons tout pour le « Retour des Cendres » !
 
Pour signer la pétition en ligne : http://www.france-bonapartiste.com/
 
David Saforcada  Secrétaire Général de France Bonapartiste  / contactbonapartiste@yahoo.fr

Dante 21/04/2008 10:49

Bon, maintenant, cher Hyarion, j'attends un article sur Mai 68 !(40 ans, ça se fête aussi bien qu'un bicentenaire, non ?). Cela montrera à notre Jo Dalton Elyséen qu'au lieu de liquider les héritages nous voulons les analyser, les comprendre et en parler. Il faudrait d'ailleurs que le nabot de l'Elysée comprenne d'ailleurs que l'on ne peut pas utiliser le kärcher à toutes les sauces et qu'en matière d'Histoire il devrait réfléchir (si cela lui est possible) sur la portée du passé au lieu de le réécrire ou de se faire l'écho de discours néo-coloniaux comme il en a tenu à Dakkar durant l'été 2007...Je signale d'ailleurs, pour aborder Mai 1968, le très bon documentaire de Patrick Rotman " 68 ", qui devrait sortir en dvd (c'est peut-être déjà le cas) et qui a été diffusé sur France 3 il y a peu. Amitiès, Dante.

Hyarion 22/04/2008 19:26



Dante >>> "Vraiment sympa la musique de Vangelis…Alors, tu as réussi à voir le film sans t’endormir
? J"

"J" = ";-)", je
suppose... ;-)

Oui, j'ai réussi, jeudi dernier, à aller voir le "Final Cut" de Blade Runner au cinéma, en première séance de midi, sans m'endormir, car j'avais pris un petit café avant d'y aller... :-) Quelle que soit la qualité du film, à chaque fois, c'est
toujours pareil : si je suis trop fatigué, je finis par m'endormir dans le fauteuil... Désolé, pour la dernière fois... :-/ Mais cette fois-ci, cela s'est bien passé, et j'ai enfin pu voir le
film en entier... :-)

Concernant la musique de Vangelis, ce n'est pas une découverte : un de mes cousins écoutait cette musique quand j'étais plus jeune, et la réentendre en
voyant le film m'a rappelé des souvenirs... en plus de m'aider à arrêter de stresser pour des bêtises... ;-)

Dante >>> "Bon, maintenant, cher Hyarion, j'attends un article sur Mai 68 ! (40 ans, ça se fête
aussi bien qu'un bicentenaire, non ?)."

Il y en aura sans doute un, effectivement... ;-)

Amicalement, :-)

Hyarion.



Dante 20/04/2008 16:12

Cher Hyarion,
     Merci pour ton article. Bon, comme je crois qu’à son âge les bougies coûtent plus chères que le gâteau, je crois en effet qu’il est plus utile, comme tu l’as fait, de fêter simplement le bicentenaire de Napoléon III… ! J
     Apparemment, la lecture et l’étude des Châtiments a été pour toi un véritable supplice. Mais finalement, cela a été un mal pour un bien puisque cela a motivé ton choix en matière de recherche. Je comprends d’autant mieux ta motivation que je me suis moi-même employé à étudier le théâtre romantique (qui jouis d’une bien piètre image et de caricatures de bazar « à la sauce Sollers ») pour montrer en quoi il pouvait être un objet d’étude pour les historiens et un champ de recherches intéressant. 
     Il est vrai que la figure de Napoléon III ne bénéficie pas d’une aura particulièrement développée et positive. Pour avoir travaillé sur la vie théâtrale du XIXe siècle (sujet finalement très politique car le théâtre était au cœur d’un bon nombre d’enjeux), je dois souligner que nous devons la liberté d’entreprise dans le monde du théâtre grâce à Napoléon III. En effet, le décret qu’il fait publier en 1864 simplifie largement les procédures d’ouverture de théâtre, permettant le développement de multiples théâtres dans les villes de province, et démantelant par là même la politique inaugurée par son ancêtre, Napoléon Ier, qui s’était réservé l’exclusivité de délivrer des autorisations à quelques théâtres. Cela était  particulièrement visible à Paris et dans le champ des répertoires des théâtres eux-mêmes soumis aux décrets de 1806 et 1807 (sur les Théâtres principaux et secondaires). Hélas, revers de cette liberté, les multiples ouvertures ont abouties aussi à de nombreuses faillites, faute d’un volet d’accompagnement, notamment financier, et dépendant du choix (souvent très politique) des municipalités de maintenir tel ou tel théâtre dans leur ville. Néanmoins, la structuration du monde du spectacle, dans son ensemble, s’est consolidée sur des principes qui se sont développés par la suite : création de caisses de secours mutuel des artistes associés, etc.…L’action de Napoléon III dans la vie théâtrale illustre certes la « phase libérale » du règne de Napoléon III mais aussi les nécessités nouvelles d’un siècle de bouleversements. Voilà qui justifie, certainement, l’étude de n’importe quel personnage, à travers son contexte et la place qu’il y a joué. Cette réflexion sur les objets d’étude et de recherche en histoire (biographies ou autre) est notamment présent dans le très beau livre de Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot que je recommande fortement.
     Je partage donc tes préoccupations et ton sens historique. Néanmoins, dois-je l’avouer, Napoléon III n’est pas vraiment mon sujet de prédilection. Je ne me focalise pas sur les préjugés et le consensus qui semble de bon ton d’afficher sur les figures du passé, reflétant ainsi un aspect de notre époque où une certaine condescendance à considérer les choses du haut de nos « lumières » présentes empêche l’examen détaillé et la prise en compte de la complexité et des nuances. Je ne relativise pas l’importance du personnage ni ne le dénigre. Simplement, même si j’essaie de m’intéresser à tout, j’ai quelques inclinations pour des champs particuliers et des figures autres. Nous avons tous des centres d’intérêts différents, et bien qu’ils puissent être multiples, certains restent soumis à une certaine ignorance de notre part. C’est justement une bonne chose : dans le domaine du savoir, il y a toujours quelque chose à apprendre ! L’essentiel est d’exercer sa curiosité en permanence. Je jetterais donc un coup d’œil au livre, promis.
     Pour ce qui concerne les parallèles faits entre des personnages de l’actualité et ceux du passé, ce procédé purement rhétorique m’a toujours gonflé. Oui, gonflé. J’ose le mot. Sous prétexte de vision cyclique des choses, notre époque s’autorise des rapprochements qui ne confine bien souvent à aucune audace mais à beaucoup de bêtise. Les contextes sont toujours différents et les personnages singuliers. On peut repérer ça et là des similitudes, des configurations quasi-identiques, mais comparer purement et simplement un fait ou un personnage à un autre me semble inefficace, tant sur le plan d’une prétendu « vulgarisation » pseudo-pédagogique, que sur le plan militant. Mais cela est déjà un autre débat….
     Pour conclure, mention spéciale à la remarque de Lord Palmerston : « La tête de l'empereur Napoléon ressemble à une garenne ; les idées s'y reproduisent continuellement, comme des lapins ». So British…j’adore ça ! J Quant aux tentatives de récupération, que dire ? Estrosi veut s’en servir pour son image ? Qu’il choisisse donc un tas de fumier, cela correspondra davantage à la réalité de ce qu’il est (je demande pardon au fumier qui pourrait se sentir injustement insulté). Ce genre de procédé a toujours eu lieu. Personnellement, j’ai en ce moment même une pensée pour Gandhi dont Jacques Attali vient de faire son dernier livre. Il manquerait plus qu’un livre de Sollers pour donner le coup de grâce ! Rien que d’en parler, la bile m’échauffe…
     Vraiment sympa la musique de Vangelis…Alors, tu as réussi à voir le film sans t’endormir ? J J’avoue pour ma part que j’ai en ce moment un faible pour la « Mamma morta » d’Umberto Giordano : http://fr.youtube.com/watch?v=N7kPHMpuLxc . Ah, la voix de Maria Callas… ! Et ce passage d’André Chénier m’émeut toujours autant…A bientôt !
Amitiés,
Dante.

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