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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /2008 23:58
Après une première République des blogs de Toulouse (voir le compte-rendu dans un précédent article) essentiellement dominée par les discours politiques des candidats à la mairie de la quatrième ville de France, et finalement plus marquée par une ambiance de "meeting" politique que par celle d'une réunion de blogueurs, la deuxième République des blogs toulousaine, longtemps reportée pour cause de recherche d'un endroit où l'organiser, a finalement eu lieu samedi dernier, 29 mars, en fin d'après-midi et en début de soirée (de 17h30 à 21h30 environ), au Ferdillon, restaurant et bar lounge musical de la place du Fer-à-Cheval, non loin de la Prairie des Filtres et du pont Saint-Michel. Cette fois-ci, point de militantisme mal placé, point d'ambiance de "pool de presse", dénoncés par certains lors de la précédente édition. Nous étions en petit comité, entre blogueurs et lecteurs de blogs, soit au total moins d'une dizaine de personnes (mais on aurait pu être un peu plus). Les difficultés d'organisation ne pas finalement permis au débat initialement prévu, sur la création d'activité en Midi-Pyrénées, de se tenir. Nous avons donc parlé de choses plus générales, et en particulier de la vie politique française, après les dernières élections municipales et cantonales. J'ai pu revoir Le Petit Grognard (http://jeunemodem31.hautetfort.com/), et rencontrer enfin véritablement les autres blogueurs participants : Fanette (http://fanette316.blogspot.com/) et une de ses lectrices, Gabriel (blogueur actif durant les élections municipales sur le blog "Toulouse-Municipales2008" et à présent s'occupant du blog "Politikele"), Monsieur Poireau (http://monsieurpoireau.blogspot.com/ et http://filaplomb.blog.20minutes.fr/), Magali (http://magenvadrouille.skynetblogs.be/), un certain Cicéron, et j'en oublie sans doute... Il parait qu'il y avait aussi Pinocchio, ce cher stégosaure qui s'amuse à me "provoquer gratuitement" de temps en temps sur mon blog : il a dû partir avant que l'on fasse vraiment connaissance, car je n'ai pas su qu'il était là... Dommage. J'avais des choses à lui dire. :op

A vrai dire, je suis arrivé un peu en retard à cette deuxième République des blogs, et ne suis donc pas en mesure de parler de ce qui a été dit durant la première heure de la rencontre. De façon générale toutefois, je crois que ce rendez-vous a, du début à la fin, surtout consisté à faire connaissance entre blogueurs et à partager nos impressions sur la vie politique française actuelle.
A peine installé, j'ai commencé à discuter avec Le Petit Grognard au sujet de ma démission du Mouvement Démocrate et de mon adhésion au Parti Socialiste. Il parait que j'aurai perdu la raison en entrant au PS, mais que j'aurai retrouvé la raison en me détachant ainsi du "fan-club" modémiste de Quitterie Delmas. Hi ! Hi ! C'est dingue comment nos actes et nos paroles peuvent être interprétés... ;o) Par rapport à ce qui m'a été dit, je tiens donc à clarifier certaines choses, en particulier en ce qui concerne les relations amicales que j'ai entretenu avec Quitterie Delmas et ses amis démocrates parisiens, du temps où j'étais au MoDem. Contrairement à ce que pense Grognard, je n'ai pas adhéré à un "fan-club" de Quitterie, et je n'ai jamais joué les groupies en criant "Alleluia !" à tout ce que Quitterie a pu dire ou écrire sur son blog ("Les Jeunes libres"). Quitterie Delmas, égérie de la blogosphère démocrate, devenu délégué nationale du MoDem en décembre dernier, en créant une certaine effervescence autour de son blog, a contribué à attirer un certain nombre de personnes vers le MoDem, dont moi-même, mais cela dit, ce n'est pas Quitterie qui m'a convaincu toute seule, à l'époque, d'adhérer au MoDem, loin s'en faut ! J'ai d'ailleurs déjà expliqué, sur ce blog, ma démarche d'adhésion au MoDem , et les raisons pour lesquelles j'ai finalement décidé de partir, et je n'y reviendrais pas ici. Je me contenterai de préciser que je ne suis la groupie de personne. J'ai été heureux, durant la période où j'ai été adhérent du MoDem de pouvoir nouer des contacts amicaux avec d'autres blogueurs démocrates, en particulier avec Quitterie, avec Virginie Votier, et avec leurs amis du MoDem parisien. Je n'ai pas voulu, a priori, jouer les emmerdeurs à gros sabots avec eux. Pour autant, je n'ai, encore une fois, adhéré à aucun "fan-club", et si je n'ai pas forcément beaucoup apporté la contradiction dans les discussions ayant lieu sur le blog de Quitterie, il m'est arrivé d'exprimer tout-de-même des réserves par rapport aux opinions ou propositions qui ont pu être faites, tout en gardant un ton amical. Ainsi, par exemple, lorsque j'ai lu, en février dernier, sur le blog de Quitterie, que l'on souhaitait que Sarkozy de Nagy-Bocsa ait la bienveillance de dissoudre immédiatement l'Assemblée Nationale - un certain nombre de commentateurs approuvant ce souhait sans avoir visiblement beaucoup réfléchi - j'ai tout-de-même tenu à exprimer franchement mon étonnement de voir ainsi exprimé un souhait aussi naïf de la part de personnes ayant pourtant une expérience politique nettement plus importante que la mienne. En ce qui me concerne, en politique, je ne suis pas vraiment un rêveur. Les rêves, je les réserve à la lecture et à l'écriture de récits de fantasy... genre littéraire que j'aime beaucoup, par ailleurs.
Je regrette que tous ces contacts entre blogueurs démocrates n'aient pas été suffisemment approfondis, vu le peu de réactions, par exemple, qu'a pu susciter l'annonce, ici même, de ma récente adhésion au PS. C'est peut-être là, précisément, la preuvre que je n'étais pas inféodé à un quelconque "fan-club", et ce d'autant plus que je n'habite pas à Paris. Mes relations avec Quitterie Delmas et ses amis ont été, de mon point de vue, amicales et sincères. J'ai accepté de jouer le jeu de l'ambiance parfois un peu "Bisounours" qui règne sur le blog de Quitterie, en réservant mon cynisme et mon humour satirique aux articles de mon blog. Adresser des bises barbues à Quitterie et Virginie à la fin de mes commentaires sur le blog "Les jeunes libres" ne signifie pas, a priori, que je suis une groupie ébahie ! C'est une marque de sympathie, ni plus, ni moins. Parce que je les aime bien. Pas besoin d'en faire tout un plat. Je souhaite encore une fois bonne chance à Quitterie dans son combat, avec Virginie, pour accéder à la tête de la fédération parisienne du MoDem, face à Marielle de Sarnez, présidente sortante de ladite fédération et éminence grise de Bayrou. Je suis sûr que Quitterie ira loin. Mais mes encouragements, aujourd'hui plus encore qu'hier, sont simplement amicaux, et ils ne sauraient, de toute façon, être d'une autre nature, d'autant plus que je ne suis plus au MoDem. Chacun suit son chemin, et pour ma part, mon parcours est trop atypique pour que je fasse partie du moindre "fan-club"... Voila pour les précisions adressées à Petit Grognard. Et pour ce qui est de mon adhésion au PS, de toute façon, les dés sont jetés : j'ai reçu ce matin mon premier numéro (N°482, du 29 mars 2008) de l'Hebdo des Socialistes (le journal du parti) ! ;-) Ah, oui, j'allais oublier : ça m'est complètement égal de me planter en matière de parti politique, du moment que j'ai ma conscience pour moi, et que je fais les choses sérieusement... sans me prendre au sérieux...


Venons-en aux discussions plus générales qui ont suivis lors de cette deuxième République des blogs. L'un des faits importants à retenir de cette rencontre a été, assurément, la présence parmis nous d'un blogueur "de l'ombre" qui a déclaré ne pouvoir donner l'adresse de son blog pour l'instant en raison des sujets sensibles qui y sont abordés (?). Ce blogueur mystérieux, consultant en communication et intervenant à la faculté de droit de Toulouse, que l'on appellera Cicéron, puisque c'est le seul nom (ou plus exactement le seul pseudonyme) qu'on lui connait, a toutefois eu la franchise de s'avouer être "électeur de droite" et un authentique "libéral" (tendance Alain Madelin), ce qui, d'entrée de jeu, a permis au débat de s'ouvrir sur des perspectives pour le moins intéressantes, bien que la très grande majorité des participants soient des blogueurs politiques venant de la gauche ou du centre, ce qui rendait les conditions du débat un peu déséquilibrées... ;-) Très à l'aise cependant, compte tenu de l'ambiance non-sectaire de la réunion, Cicéron a spontanément présenté à l'assistance ses idées politiques, à savoir qu'il était partisan de la suppression de l'I.S.F, partisan de la plus totale liberté d'entreprendre et de la plus totale liberté pour les entreprises de générer des profits, très hostile à l'idée même de collectivisme (supposant une redistribution des richesses), et, bien sûr, partisan d'un Etat minimal et d'une forte réduction du nombre de fonctionnaires en France. Lorsque je me suis permis de lui citer la fameuse formule de Charles Pasqua, "moins d'Etat, mieux d'Etat", il a aussitôt appouvé cette phrase sur le fond, déclarant notamment, de façon générale, que "le moins peut le plus" : on aurait pu être tenté de lui demander alors ce que signifie la formule "travailler plus pour gagner plus", mais personne, si je me souviens bien, n'a toutefois osé sortir cette vacherie... ;-) Les blogueurs présents, qui étaient donc presque tous issus de la gauche ou du centre - en tout cas, pas de la droite ;-) -, ont laissé parler librement Cicéron, mais n'ont pas manqués de lui apporter la contradiction sur les sujets qu'il a évoqué, sans stigmatisation toutefois, car nous ne sommes pas sectaires, ni extrémistes, et que la République des blogs n'est pas faite pour servir d'exutoire aux obsédés de l'anti-libéralisme, ni a fortiori aux obsédés de l'anti-communisme. Il y a donc eu débat, sans animosité, dans une ambiance sereine et cordiale. A un moment, tandis que Cicéron affichait ses positions d'électeur de droite en faveur du libéralisme, M. Poireau (aussi connu comme étant Monsieur Filaplomb éditeur) a suggéré une théorie intéressante, selon laquelle le libéralisme serait de gauche, dans la mesure où il s'oppose en bien des points au conservatisme avec lequel il cohabite au sein de ce que l'on appelle la droite... Une théorie qui mériterait d'être développée... :-)
Nous avons demandé à Cicéron les raisons pour lesquelles l'électeur de droite qu'il est a été poussé à voter pour Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle : ce ne fut pas, à l'entendre, la possibilité d'une réforme des institutions, pourtant nécessaire (mais que Sarkozy ne proposait pas, il est vrai), mais essentiellement la volonté du candidat de l'UMP de marquer une "rupture" en matière de politique économique et de gestion budgétaire, et sa priorité donnée à la "valeur travail". Lorsqu'on en est venu à évoquer la façon dont s'était déroulé les premiers mois du mandat présidentiel de Sarkozy de Nagy-Bocsa, le constat a été unanime : Nicolas Sarkozy n'a pas la stature d'un homme d'Etat. Cela fait plus d'un an que je le dis et l'écris, et je ne peux qu'être satisfait de voir que mon avis sur la question est partagée par la plupart des personnes que je rencontre ! :-) Le fait est que Sarkozy aimerait bien rentrer dans le costume d'un homme d'Etat, qu'il aimerait bien habiter la fonction présidentielle, mais en définitive, il n'y arrive pas. Cicéron est même allé jusqu'à dire que l'actuel chef de l'Etat, aux yeux de l'électorat de droite, passe pour un "plouc" et certainement pas pour un véritable président de la République. Nous avons évoqués les excès de Sarkozy depuis son élection, sa façon totalement incorrecte d'exercer sa fonction, l'affichage permanent de sa vie privée, ses gaffes à répétition accumulées pendant des mois, et notamment son idée, présentée de façon désinvolte, et de facto scandaleuse - et même écoeurante, à mes yeux -, selon laquelle chaque élève de CM2 devrait perpétuer la mémoire d'un des enfants français juifs exterminés par les nazis (idée heureusement abandonnée aujourd'hui), etc. Le constat a été accablant pour l'actuel chef de l'Etat, et partagée par tous : ceux qui avaient pu être séduits par la candidature de Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat sont bien obligés de rejoindre l'avis de ceux qui, dès le début, n'y ont pas cru une seconde. Sarkozy n'est pas digne de la fonction présidentielle, et le mécontentement général est désormais également partagé par l'électorat traditionnel de la droite. On a pu noter, par ailleurs, que l'incompatibilité entre la candidature de Ségolène Royal, non soutenue, du reste, par l'ensemble du PS, et un "projet" socialiste, de toute façon peu crédible, a sans doute beaucoup joué dans le succès électoral de Sarkozy...
 
A un moment donné de la conversation, je ne sais plus pourquoi, quelqu'un a prononcé le nom de Victor Hugo, auteur des Châtiments. Sinistre musique à mes oreilles ! Je n'ai pas pu, dès lors, m'empêcher de pousser une énième "gueulante" - heureusement assez brève - contre l'utilisation opportuniste et bien-pensante des Châtiments de Victor Hugo pour prétendre comparer Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa à Napoléon III, comme le fait par exemple en ce moment le socialiste Pierre Moscovici dans un livre consacré à l'actuel chef de l'Etat : combien de fois faudra-t-il répéter que Sarkozy et Napoléon III ne sont pas comparables ? Je l'avais déjà écrit l'année dernière, il me faut encore l'écrire aujourd'hui.
Il est toujours de bon ton, pour beaucoup trop de personnes bien-pensantes, hélas presque toujours de gauche, de se présenter comme de gentils et vertueux républicains opposés à Sarkozy en se réclamant des pamphlets Napoléon le petit, Histoire d'un crime, du recueil de poèmes les Châtiments, de tous ces écrits haineux et outranciers que Victor Hugo a consacré à son ennemi Napoléon III , qu'il a pourtant d'abord soutenu. Il est vrai, rappelons-le encore, que Napoléon III a eu le malheur, lorsqu’il était président de la République, en 1849, de refuser à l’écrivain un portefeuille ministériel, ce qui n'explique pas entièrement le parcours politique dudit écrivain mais ne doit pas, pour autant, être passé sous silence. J'aimerai que l'on arrête - s'il vous plait ! - de faire de Victor Hugo une sorte de modèle politique absolu : c'était un écrivain, un très grand écrivain, mais rien qu'un écrivain, et non pas un homme politique, en encore moins un historien, contrairement à ce que certains bien-pensants persistent aujourd'hui à vouloir faire croire ! Ce déçu du bonapartisme que fut Hugo s'est, par la suite, dans son pamphlet Napoléon le Petit, autoproclamé représentant de "la conscience universelle de l’humanité" : ce n'est pas dans un volume intitulé "Histoire" de ses Oeuvres Complètes - publiées chez Robert Laffont, dans la collection Bouquins - qu'il faudrait classer le pamphlet en question, mais dans un volume intitulé "Orgueil". Quelles que puissent être, par ailleurs, les très grandes qualités littéraires de l'auteur de Notre-Dame de Paris et des Misérables, Hugo ne sera jamais, pour moi, une personnalité devant naturellement faire consensus ; ce serait trop facile... Ce qui m'agacera toujours, c'est ce culte irréfléchi pour les "grands hommes", comme on a pu l'observer en 2002 à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Hugo. Pour ma part, par exemple, si je reconnais et respecte beaucoup les qualités d'homme d'Etat du général de Gaulle, tout en étant pourtant de gauche, je ne divinise pas pour autant le Général ! Pourquoi cette hugolâtrie, tant cultivée par la propagande de la IIIe République, doit-elle toujours servir de refuge à tous les bien-pensants en mal de références morales en politique, comme si la politique était une affaire de morale ? Voltaire et Emile Zola sont aussi de grands écrivains reconnus, mais on ne les montent pas, pour autant, systématiquement au pinacle lorsqu'on les évoque ! Voltaire et Zola ne sont pas des dieux, et Hugo non plus ! Assez de vénération irréfléchie devant les "grands hommes", qui ne sont pourtant que des hommes, justement ! Assez de déification imbécile vis-à-vis des personnalités qui sont censées faire consensus ! Assez d'adoration devant les icônes ! Assez de prosternation stupide devant la statue que Victor Hugo a édifié lui-même à sa propre gloire ! Brisons les icônes que tout le monde est censé vénérer aveuglément ! Brisons ces idoles ! TOUTES ces idoles ! Vive l'iconoclasme !
Voila. C'était ma énième minute iconoclaste contre l'hugolâtrie. Cela ne manquera pas d'en exaspérer certains lecteurs, mais après tout, ce n'est pas de ma faute si certains bien-pensants se croient malins de citer les Châtiments depuis l'élection de Sarkozy ! Vous en avez marre, chers lecteurs, de me voir répéter toujours les mêmes choses sur ce sujet ? C'est simple, dans ce cas : ne me parlez pas de Victor Hugo comme d'une référence obligée devant laquelle tout le monde serait censé se prosterner. Et je le me sentirai plus obligé de faire valoir mon refus du consensus sur cette question. Pour moi aussi, croyez-moi, cela me fera des vacances... :-)

Revenons à la discussion de cette deuxième République des blogs. Evoquant le fait que la politique est l'art du mensonge, j'ai eu droit à une contestation, Cicéron me répliquant que je ne pouvais pas dire cela, car c'était excessif et caricatural. Certes, présentée comme cela, la formule peut être perçu comme caricaturale, mais en même temps elle reflète une certaine vérité. Je me suis efforcé d'expliquer que tout homme politique est appelé à mentir, à un moment ou à un autre, parce qu'il ne peut pas ne pas le faire. Il se trouve que le peuple lui-même, à un moment ou à un autre, éprouve le besoin de croire à ce qu'on lui dit, le besoin d'être séduit, le besoin d'entendre ce qu'il a envie d'entendre : d'où la tentation démagogique, et d'où, de façon plus générale, la nécessité du mensonge, pour éviter les obstacles... Je reproduit ici les propos du philosophe social-démocrate athée André Comte-Sponville, déjà cités dans un précédent article, en décembre dernier :

Si j'essaie de considérer la politique telle qu'elle est, où je vois que des groupes s'opposent, je constate qu'ils mentent tous. Tous. Je constate, davantage, qu'ils ne peuvent pas ne pas mentir. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs (rires). Prenons un exemple. L'apôtre du "parler vrai", Michel Rocard, reconnaissait un jour devant moi que, en matière de politique financière, on ne peut absolument pas dire la vérité. C'est le B - A - BA. Si on veut dévaluer, il est indispensable de dire la veille : "Nous ne dévaluerons en aucun cas". Ce n'est pas parce qu'ils sont tous méchant, c'est parce que sinon la dévaluation va rater. Vous imaginez Rocard il y a trois ans [lorsqu'il était Premier ministre] nous dire la vérité sur ce qu'il pensait de Mitterrand ? (rires) Ce n'était pas possible. Il est donc absurde de le lui demander.
Donc, il n'y a pas de "parler vrai" en politique. Il y a des gens qui mentent plus ou moins. Il y a ceux qui mentent tout le temps sur n'importe quoi, et ceux (et c'est ce que Rocard appelle le "parler vrai") qui ne mentent que quand c'est vraiment nécessaire.
Est-ce que la morale est le fondement de la politique ? Mais bien sûr que non ! Le fondement de la politique c'est l'intérêt, c'est Marx qui a raison.

(André Comte-Sponville, lors d'un débat ayant suivi une conférence prononcée par lui, en 1993-1994, à l'invitation du GREP de Midi Pyrénées, sur le thème "Ethique, Morale et Politique")

Nous avons également parlé de livres, de bibliophilie. Monsieur Poireau est aussi Monsieur Filaplomb, responsable des éditions Filaplomb, spécialisées dans la nouvelle et le texte court, créées l'année dernière et qui publient de petits-livres de 24 pages et de format réduit (10 x 15 cm) à commander en ligne pour une réception à domicile. Deux exemplaires de deux livres publiés aux éditions Filaplomb ont été offerts à Cicéron, bien que Monsieur Poireau et lui n'aient pas les mêmes idées politiques, loin s'en faut ! ;-)

Il est impossible d'évoquer tous les sujets dont nous avons parlé, et je n'ai fait qu'évoquer ici ceux qui me reviennent à l'esprit, car, cette fois-ci, je n'ai pas pris de notes. Nous nous sommes tous réjouis, en tout cas, de pouvoir être ainsi en mesure de discuter cordialement en dépit des divergences politiques, réelles, entre les uns et les autres. J'ai eu l'occasion d'expliquer mon positionnement d'anarcho-monarchiste, qui est un refus des grilles de lecture toutes faites et des étiquettes convenues... même si je me situe tout-de-même à gauche au sein du clivage politique actuel.

Evidemment, il serait malhonnête de ne pas reconnaître, encore une fois, que le débat était quelque peu déséquilibré, la droite étant très clairement en minorité par rapport aux autres tendances politiques réprésentées par la majorité des blogueurs. Cela dit, je ne sais pas pourquoi, mais l'ambiance générale ne m'en a paru que plus conviviale... ;op Toutefois, il faut bien le dire, les blogueurs venus du centre et de la droite ont surtout brillés par leur absence, et c'est un peu dommage, car la République des blogs est aussi faite pour eux, me semble-t-il... Nous échangeons, nous discutons, sans nous prendre la tête outre mesure, sans nous sentir obligés de marquer notre territoire comme le font les débatteurs invités dans les émissions politiques de télévision et de radio. En somme, ce genre de réunion entre blogueurs politiques sont une autre façon de faire de la politique, de participer au débat politique, en marge du système habituel, et c'est une bonne chose. Aucun des participants ne sort de ce genre de réunion en ayant changé de bord, bien entendu, mais le débat a pu permettre de l'aider à comprendre les positions de ces collègues blogueurs, même s'ils sont d'un bord parfois très éloigné du sien : l'exercice est toujours utile, et même agréable lorsque les échanges se font autour d'un bon apéritif ! Cela dit, les échanges ont été si prenants que j'en ai oublié de commander mon whisky ! J'y penserai la prochaine fois, surtout si la droite est davantage représentée parmis nous : un bon verre de scotch, ça peut aider à rester philosophe en toute circonstance ! ;o) Et cela m'aidera peut-être aussi à ne pas songer à contester systématiquement les éventuelles références aux Châtiments de Victor Hugo... ;op

En définitive, cette deuxième République des blogs s'est bien passée...
Comme dirait cet autre grand moraliste politique qu'est Arnold Schwarzenegger : "I'll be back" ("Je reviendrai"). ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion.


P.S. : La République des blogs de Toulouse a son propre blog, à l'adresse
http://republogtoulouse.blogspot.com/...



Appendice :

Certains blogueurs de notre réunion n'étaient apparemment pas au courant de la personnalisation effectuée par Sarkozy de Nagy-Bocsa du site Internet officiel de la présidence de la République (http://www.elysee.fr/), survenue en septembre dernier. Petite démonstration :

Pendant la campagne électorale présidentielle, l'année dernière, le site de campagne de Sarkozy ressemblait à ça :


Et en même temps, à la même époque, on pouvait voir, partout en France, ce genre d'affiche électorale comportant la fameuse devise sarkozyste "Ensemble, tout devient possible" :


Jusqu'au mois de septembre 2007, le site officiel de l'Elysée, hérité de l'époque Chirac, ressemblait à ceci :


Et voila que vers la fin du mois de septembre dernier, le site officiel de l'Elysée est devenu... ceci :


CQFD. L'évolution du site Internet officiel de la présidence de la République est une assez bonne illustration de l'idée que Sarkozy de Nagy-Bocsa se fait de la fonction qu'il occupe actuellement...
Encore une fois, l'actuel président de la République n'a pas la stature d'un homme d'Etat. Et, sauf circonstances exceptionnelles, je doute que la situation évolue significativement sur ce point d'ici 2012...



(Illustrations : Bannière électronique de la deuxième République des Blogs de Toulouse du 29 mars 2008 ; Nicolas Sarkozy, le 7 mars 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP/Archives ; Caricature [coloriée] de Victor Hugo, par Honoré Daumier, initialement publiée dans Le Charivari, 20 juillet 1849 ; Le Premier ministre Michel Rocard et le président de la République François Mitterrand en 1988, photo extraite d'une archive de l'INA ; Détail de la page d'accueil du site de campagne de Nicolas Sarkozy pour sa candidature à l'élection présidentielle en 2007 ; Affiche électorale de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, candidat à l'élection présidentielle, 2007 ; Détail de la page d'accueil de l'ancien site officiel de la présidence de la République, septembre 2007 ; Détail de la page d'accueil du nouveau site officiel de la présidence de la République [actif depuis septembre 2007], mars 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009)
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