Vendredi 28 mars 2008
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Les visites d'Etat des présidents de la République française en Grande-Bretagne présentent au moins un intérêt, pour l'amateur de curiosités vestimentaires. Dans la mesure où le
traditionnel habit de cérémonie présidentiel (le fameux frac, à queue de pie, noir, avec un col dur à coins cassés et un noeud-papillon blancs, accompagnés de la grande écharpe rouge de Grand
Maître de l'Ordre National de la Légion d'Honneur, portée en bandoulière sous le veston) a disparu des portraits officiels du président français depuis la mort de Georges Pompidou et l'élection
de Valéry Giscard d'Estaing en 1974, ces visites d'Etat au Royaume-Uni sont l'occasion de voir le chef de l'Etat français en exercice revêtir, une fois n'est pas coutume, ledit habit de cérémonie
lors des dîners officiels. Je me souviens que nous y avions eu droit en 1996, lors de la visite d'Etat de Jacques Chirac en Grande-Bretagne, qui avait alors duré quatre jours. Cette année, cela a
été, hélas, le tour de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui a donc porté lui aussi l'habit, en compagnie de la reine Elisabeth II, à l'occasion d'une visite d'Etat de trente-six heures seulement,
durant laquelle il a eu droit à tous les honneurs dus à son rang... pour notre plus grande Honte...
Le couple Sarkozy à Londres sous le signe de la
"nouvelle fraternité franco-britannique"
Le Royaume-Uni a déroulé mercredi [26 mars] le tapis rouge pour Nicolas Sarkozy et son épouse Carla, au premier jour d'une visite
d'Etat de trente-six heures au cours de laquelle le président français a proposé de lancer une "nouvelle fraternité franco-britannique".
Arrivé en fin de matinée à l'aéroport londonien de Heathrow, le couple présidentiel a été accueilli par le prince Charles et son épouse Camilla, avant de se rendre en limousine jusqu'aux abords
de la ville de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Londres, où l'attendaient la reine et son époux le prince Philip.
Suivant à la lettre le très strict protocole britannique, le président français, critiqué pour son style qui lui a valu le sobriquet peu amène de "président bling bling", a serré la main que lui
tendait la reine. Son épouse a elle salué la souveraine d'une petite révérence.
Pour cette première visite d'Etat d'un président français depuis celle de Jacques Chirac en 1996, Elizabeth II a déployé toute la pompe royale réservée aux invités
de marque. Nicolas Sarkozy a ainsi rallié le château de Windsor à ses côtés dans un carrosse, tandis que Carla Bruni-Sarkozy partageait un autre carrosse avec le prince Philip.
Quelques milliers de curieux s'étaient massés derrière les barrières menant au château, les yeux surtout braqués sur la Première dame de France, habillée d'un ensemble gris avec petit béret
assorti de chez Dior, d'une élégance évoquant l'ancienne première dame américaine Jackie Kennedy.
Bien loin de cette pompe, plusieurs médias britanniques ont profité de l'occasion pour publier une photographie en noir et blanc de l'ancien mannequin nue
prise en 1993, devant être vendue aux enchères en avril par Christie's à New York.
Après un déjeuner "informel", le président français a ouvert la parenthèse politique de la journée en s'exprimant, très rare privilège, devant les Chambres des Communes et des Lords réunies dans
la Galerie royale du Parlement de Westminster.
"Je suis venu proposer au peuple britannique qu'ensemble nous écrivions une nouvelle page de notre histoire commune, celle d'une fraternité franco-britannique (...) comme deux frères, ce que le
peuple français et le peuple britannique peuvent accomplir ensemble est beaucoup plus grand que ce qu'ils peuvent réaliser séparément", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Au titre de la "fraternité d'armes" entre les deux pays, il a également annoncé qu'il proposerait la semaine prochaine d'accroître la présence militaire française en Afghanistan, sans toutefois
chiffrer ces renforts très attendus par ses partenaires de l'Otan.
Le président français a également exhorté la Grande-Bretagne à participer pleinement à l'aventure européenne, en plein débat britannique sur la ratification du traité de Lisbonne.
"L'Europe a besoin du Royaume-Uni", a-t-il déclaré, affirmant au passage que "le moteur franco-allemand" n'était "plus suffisant" pour l'animer.
"L'Entente cordiale entre dans une nouvelle ère (...) mais cela implique que la Grande-Bretagne soit au centre de l'Europe et non pas isolée", a déclaré en écho le Premier ministre Gordon
Brown.
Au terme de cette première journée très protocolaire, la reine Elizabeth a elle aussi célébré les bonnes relations entre les deux pays, lors d'un banquet de 146
couverts offert à Windsor à M. Sarkozy, en queue de pie, et son épouse en robe fourreau bleu marine.
"Dans un esprit croissant de compréhension mutuelle à tant de niveaux, nous sommes prêts à affronter les défis à venir, sachant que nous pouvons produire des résultats efficaces et durables
lorsque nous travaillons ensemble", s'est réjoui la souveraine britannique.
Dès jeudi matin, le président français devait retrouver M. Brown pour aborder les travaux pratiques de la "nouvelle fraternité" lors de leur premier sommet
bilatéral depuis leur accession au pouvoir.
Au menu copieux de ce rendez-vous organisé dans le stade de l'équipe de football d'Arsenal : l'Otan et l'Afghanistan encore, mais aussi la coopération nucléaire, la défense européenne et
l'immigration.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 26 mars 2008, 22h05)
L'"entente amicale" franco-britannique déjà mise à mal sur le Tibet
Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont jeté jeudi à Londres les bases de la nouvelle "entente amicale" qu'ils
veulent développer entre leurs deux pays, mais n'ont pu masquer une première divergence sur la question du Tibet.
Au deuxième et dernier jour de la visite d'Etat du couple présidentiel français, les deux dirigeants ont conclu les travaux de leur premier sommet bilatéral par un abondant communiqué énumérant
leurs "analyses extrêmement voisines", selon le mot de Nicolas Sarkozy, sur la réforme des institutions internationales, la transparence des marchés financiers ou l'immigration.
Mais dès la conférence de presse qui a
suivi, ils ont exprimé des points de vue singulièrement différents sur un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin pour dénoncer la [récente] répression
[chinoise] dans la province du Tibet.
A la tête du pays qui organisera les JO de Londres en 2012, Gordon Brown a répété qu'il écartait totalement cette possibilité. "Nous ne boycotterons pas les jeux Olympiques. La Grande-Bretagne
participera à la cérémonie d'ouverture", a-t-il affirmé.
Même s'il a défendu "l'analyse commune" des deux pays sur la nécessité de discussions entre la Chine et le dalaï lama, le Français a clairement laissé ouverte la possibilité de bouder le coup
d'envoi des JO.
"Il faut que je consulte les autres sur leurs positions pour savoir si j'irai à la cérémonie d'ouverture ou pas", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui présidera l'Union européenne (UE) à partir de
juillet. "En fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture", a-t-il ajouté.
Hormis ce "couac" tibétain, la France et la Grande-Bretagne ont fait assaut de convergences sur tous les sujets. "Sur l'Afrique et la paix au Darfour, nos positions sont les mêmes", "sur le
climat, notre position est exactement la même", "sur la transparences des marchés financiers, nous sommes sur la même ligne", a résumé le président français.
A tous ceux qui y ont vu un changement de stratégie, Nicolas Sarkozy a tenu à préciser que la "nouvelle fraternité franco-britannique" ne se ferait pas au détriment du "partenariat avec les
Allemands".
Signe que "l'entente formidable" louée par Gordon Brown en est encore à ses balbutiements, le sommet bilatéral organisé dans l'enceinte inhabituelle du stade de l'équipe de football d'Arsenal
s'est rarement éloigné de la déclaration d'intentions. Sauf pour annoncer un programme pour la scolarisation d'ici 2010 de 16 millions d'enfants africains.
Aucun des éventuels accords évoqués avant le sommet en matière d'armement ou de nucléaire civil ne s'est ainsi concrétisé.
Devenue en moins de 24 heures la nouvelle coqueluche de la presse britannique, Carla Bruni-Sarkozy s'est acquittée, le temps de ce sommet, de son unique
engagement officiel de la visite en déjeunant avec l'épouse de Gordon Brown, Sarah, et plusieurs invitées de marque dont l'actrice Judi Dench.
Le couple présidentiel français s'est très rapidement reformé pour une descente de la Tamise en bateau à Greenwich (est de Londres). A cette occasion, Nicolas Sarkozy a visité le célèbre
Observatoire puis décoré la navigatrice britannique Ellen MacArthur de la Légion d'honneur.
Cette visite d'Etat expresse de trente-six heures, la première d'un chef d'Etat français depuis Jacques Chirac en 1996, s'est achevée en soirée après un banquet offert par le maire honorifique de
la City de Londres. L'occasion d'une nouvelle charge de Nicolas Sarkozy contre le niveau "trop élevé" de l'euro et les dérives du "capitalisme de la frivolité".
Plus que le vibrant plaidoyer du président devant les députés et Lords réunis, la presse britannique a surtout mis à sa "une" de jeudi l'élégance de son épouse, que plusieurs journaux n'ont pas
hésité à comparer à l'ex-Première dame américaine Jackie Kennedy ou à la princesse Diana.
Son mari de président lui-même s'est réjoui publiquement de cette notoriété. "Je pense qu'elle a fait honneur à notre pays", s'est-il félicité.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 28 mars 2008, 7h55)
Il faut bien le reconnaître : l'épouse de l'actuel chef de l'Etat français a fort bien exercé son rôle de Première Dame de France. Du reste,
pour être tout-à-fait franc, seules la beauté et l'élégance de Carla Bruni-Sarkozy pourraient m'aider à "avaler la pilule", si j'ose
dire, de cette prestigieuse visite d'Etat. Mais cependant, avec Sarkozy de Nagy-Bocsa comme président de la République, j'avoue que
même le charme extraordinaire de la Première Dame de France, son épouse, ne suffit pas à effacer la Honte de voir la France représentée, devant le monde entier, par cet homme, devant
lequel ses hôtes étrangers déroulent le tapis rouge, et qui pourtant, est bien loin d'avoir la carrure d'un véritable homme d'Etat, fusse-t-il fort bien accompagné dans ses voyages officiels...
Enfin, passons...
La nouvelle la plus importante liée à ce voyage de l'actuel président de la République en Grande-Bretagne, a été la confirmation officielle,
attendue depuis plusieurs mois et faite sur place par Sarkozy, de l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, où la France est engagée militairement depuis 2001, aux côtés des Etats-Unis
d'Amérique et de leurs autres alliés, dont le Royaume-Uni.
Sarkozy annonce des renforts militaires français en Afghanistan
Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi à Londres qu'il proposerait la semaine prochaine, au sommet de l'Otan à Bucarest, un renforcement de la
présence militaire de la France en Afghanistan.
"La France a proposé à ses alliés de l'Alliance atlantique une stratégie pour permettre au peuple afghan et à son gouvernement légitime de construire un avenir de paix", a déclaré M. Sarkozy dans
un discours prononcé devant les deux chambres du Parlement britannique réunies au palais de Westminster.
"Si ces propositions sont acceptées, la France proposera, lors du sommet de Bucarest, de renforcer sa présence militaire", a-t-il ajouté, sans préciser l'importance de ces renforts.
"Nous ne pouvons pas accepter un retour des talibans et d'Al Qaïda à Kaboul. La défaite nous est interdite, même si la victoire est difficile", a-t-il expliqué dans ce discours, prononcé au
premier jour d'une visite d'Etat de trente-six heures sur le sol britannique.
Paris et Londres "sont déterminés à rester engagés, côte à côte, avec tous nos alliés, en Afghanistan où, je n'ai pas peur de le dire, une partie essentielle est en train de se jouer", a insisté
le président français.
Le quotidien britannique The Times avait révélé samedi que M. Sarkozy devait annoncer au Premier ministre britannique Gordon Brown, au cours de ce
séjour, sa décision d'envoyer un millier de soldats français supplémentaires en territoire afghan, portant leurs effectifs à 2.500 hommes.
Des sources françaises avaient confirmé cette possibilité, évaluant elles aussi ces renforts à un bataillon d'un millier d'hommes, accompagné d'un "petit paquet" de 100 à 200 hommes des forces
spéciales.
Dans un entretien accordé mercredi matin à la BBC radio, Nicolas Sarkozy a expliqué cette mesure, considérant qu'"en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme mondial, donc
on doit gagner".
Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'était prononcé contre un renforcement de la présence française en Afghanistan, avant de s'y rallier. Dans un discours prononcé devant le
Congrès américain en novembre, il avait promis que la France resterait engagée militairement aux côtés des Etats-Unis "aussi longtemps qu'il le faudra".
Pour l'heure, 2.200 soldats français sont engagés sur le théâtre d'opérations afghan, dont 1.500 en Afghanistan même. Depuis 2002, treize militaires y ont été tués dans des accidents, opérations
ou attentats.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 26 mars 2008, 17h58)
On se souvient, en effet, que, au printemps de l'année dernière, entre les deux tours de l'élection présidentielle, Sarkozy s'était prononcé
pour un retrait des soldats français d'Afghanistan. "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme
des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive", avait-t-il déclaré, le 26 avril dernier, dans le cadre de l'émission télévisée A vous de juger, sur France
2. Une fois qu'il a été élu à la plus haute charge de l'Etat, Sarkozy a, semble-t-il, assez vite changé d'avis sur la question. En
décembre dernier, il est allé à Kaboul, la capitale afghane, où il a rencontré les troupes françaises présentes sur place. Environ
trois mois après, c'est sans surprise qu'il a donc annoncé, cette semaine, l'envoi de soldats français supplémentaires en
Afghanistan... Mais pour y faire quoi ? Et jusqu'à quand ? Six ans après la chute du régime obscurantiste des talibans, ces derniers sont de retour dans les territoires afghans d'où ils avaient
été chassés, et aujourd'hui, l'OTAN épuise ses soldats dans des combats de guérilla sans fin, dans un pays qui, du reste, est loin
d'avoir bénéficié de toute l'aide internationale promise en matière de reconstruction, et qui est aujourd'hui gangréné par la
corruption, tandis que la culture du pavot, et donc de l'opium, continue d'y prospérer. On peut évidemment toujours tenir un beau
discours selon lequel, même si les choses ont été mal organisées dès le départ, les Occidentaux n'ont pas le droit de laisser tomber l'Afghanistan. Mais cela ne change rien vis-à-vis de la seule
question qui se pose dans la conjoncture actuelle, au vu de la décision annoncée cette semaine par Sarkozy : la France a-t-elle intérêt à s'impliquer davantage dans une guerre qui ressemble de
plus en plus au bourbier irakien ? La réponse est non. Même si la cause de cette guerre est juste. Certes, parce qu'elle est approuvée par l'Organisation des Nations unies, cette guerre
est différente de celle d’Irak, mais faut-il, pour autant, se lancer tête baissée dans une logique d'escalade
militaire ? Dans quel but ? Pour atteindre quels objectifs ? Avec quelle stratégie ? Celle qui a été suivie jusqu'à maintenant, et dont les résultats, c'est le moins que l'on puisse dire, sont
forts peu concluants ? Persister à vouloir se fourvoyer dans un tel guêpier en s'impliquant militairement encore davantage me parait être une grosse erreur. Malgré le danger que représentent les
fanatiques d'Al Qaïda et leurs complices talibans, le jeu ne me parait assurément pas en valoir la chandelle. Mais ce n'est là que mon avis...
Après, évidemment, me direz-vous, on peut toujours discuter. Certes, mais en France, nous avons une spécialité, en matière d'engagement militaire à l'étranger :
dans ce domaine, lorsque l'on dit que c'est la France qui décide, en fait, la décision appartient au seul chef de l'Etat. Quid du Parlement ? Dans le cadre du régime de la Ve République, celui-ci
n'a aucun droit de regard constitutionnel sur l'engagement des forces françaises à l'étranger, même si la réforme institutionnelle annoncée doit partiellement changer, parait-il, cette situation.
C'est ainsi. Mais mis à part cela, évidemment, on peut toujours discuter, débattre... D'ailleurs, l'annonce faite à Londres, par Sarkozy, d'envoyer davantage de troupes françaises en Afghanistan
a été l'occasion pour le Parlement français de faire entendre sa voix, en protestant contre une telle annonce faite, qui plus est, devant des parlementaires étrangers. Les représentants de
l'opposition ont ainsi affiché leur vif mécontentement à l'annonce de cette nouvelle, qui n'était pourtant pas une surprise. Le député PS Henri Emmanuelli a ainsi, mercredi dernier, 26 mars,
interpellé le gouvernement pour s'indigner que la France soit "la seule démocratie occidentale où une situation de guerre peut perdurer sans que le Parlement ne l'autorise ou n'en soit
informé". Le mécontentement a même, semble-t-il, gagné les rangs des parlementaires UMP, au point que le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a annoncé hier, jeudi 27 mars,
avoir lui-même demandé au Premier ministre Fillon "que le Parlement soit saisi" pour un "débat indispensable". Et c'est ainsi que, pour calmer les esprits, le pouvoir exécutif a
bien voulu concéder un débat sur la question. Un débat sans vote, bien entendu.
Renforts en Afghanistan : face à la fronde, débat organisé mardi au
Parlement
Face au tollé provoqué par l'annonce de Nicolas Sarkozy devant les parlementaires britanniques d'un renforcement de la présence militaire française en
Afghanistan, l'exécutif a accepté d'organiser mardi après-midi un débat, mais sans vote, à l'Assemblée nationale puis au Sénat.
"A la demande du président de la République et conformément à plusieurs demandes de groupes parlementaires, un débat sur l'Afghanistan sera organisé à l'Assemblée et au Sénat mardi 1er avril dans
l'après-midi", a annoncé vendredi à l'AFP le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.
Ce débat doit durer environ une heure et demie dans chacune des deux assemblées. Sur proposition du président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, il débutera à 15H00 au Palais-Bourbon et
remplacera donc la séance des questions au gouvernement. Il se tiendra à 17H30 au Sénat.
Les ministres Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Hervé Morin (Défense) devraient prendre la parole lors de ces débats. Côté parlementaires, une intervention de chaque groupe est
prévue.
Alors qu'au départ, le gouvernement souhaitait s'en tenir à une simple audition des ministres en charge du dossier devant les commissions ad hoc, le chef de l'Etat a dû se résoudre jeudi à
l'organisation d'un tel débat en séance plénière avant le sommet de l'Otan, qui débute mercredi à Bucarest.
Son annonce, pendant sa visite d'Etat à Londres, d'un renforcement de la présence militaire en Afghanistan avait en effet provoqué une polémique au Parlement jusque dans son propre camp, tant sur
le fond que sur la forme.
"La décision de l'exécutif justifie que l'Assemblée soit solennellement informée et puisse débattre de cette question", avait aussitôt exigé M. Accoyer dans une lettre adressée à François
Fillon.
Mais contrairement au souhait exprimé vendredi par l'ex-ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, ces débats ne seront suivis d'aucun vote.
Selon la Constitution, l'exécutif a le droit - contrairement aux règles dans la plupart des pays occidentaux - d'engager ses troupes dans des opérations militaires extérieures sans obtenir l'aval
préalable du Parlement. Seule une "déclaration de guerre" doit être autorisée par députés et sénateurs.
Une situation appelée à changer si la réforme des institutions est votée. L'avant-projet de loi prévoit en effet que, lorsque la durée d'une intervention excède six mois, "sa prolongation est
autorisée par le Parlement", sous la forme "d'une motion votée par les deux assemblées".
La France compte aujourd'hui quelque 1.600 soldats sur le sol afghan et 2.200 au total impliqués dans le "théâtre des opérations" afghan (pays voisins et océan Indien). Le volume des renforts
français "n'est pas encore fixé par le président de la République", a indiqué vendredi M. Morin.
Le PS et le PCF, tout comme le FN et les souverainistes de droite, sont opposés à un tel renforcement.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 28 mars
2008, 16h11)
Il y aura donc débat. Mais bien tard. Et surtout, sans que cela soit de nature à empêcher Sarkozy de faire ce qu'il veut, en l'occurence se
rapprocher au plus vite d'un axe Washington-Londres pourtant embourbé en Irak. L'actuel chef de l'Etat est-il prêt pour cela à payer le prix d'une participation accrue à un enlisement militaire
en Afghanistan ? On peut le craindre, d'autant plus qu'il ne peut pas ne pas être au courant des difficultés que rencontrent les troupes de la coalition internationale sur place. Jouer la
politique du pire avec une logique d'escalade militaire ne servira pourtant pas les intérêts de la France. Ni, d'ailleurs, ceux de l'Afghanistan. Loin s'en faut.
Cordialement,
Hyarion.
(Illustrations : Caricature de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, la reine Elisabeth
II et Carla Bruni-Sarkozy, par Plantu, 26 mars 2008, parue dans le journal Le Monde daté du 27 mars 2008 ; Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla accueillis par la
reine Elizabeth et le prince Philip, le 26 mars 2008 au château de Windsor, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Carla Bruni-Sarkozy
fait une révérence devant la reine Elizabeth II, à Windsor le 26 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/pool/Darren Staples
; Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla
accueillis par la reine Elizabeth et le prince Philip, le 26 mars 2008 au château de Windsor, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ;
Le couple présidentiel Sarkozy-Bruni, la reine Elizabeth et le prince Philip, à
Windsor le 26 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Carl de Souza ;
Nicolas Sarkozy et la reine Elizabeth II, le 26 mars 2008 au chateau de Windsor,
photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Carl de Souza
; Nicolas Sarkozy et son épouse Carla et le Premier ministre
britannique Gordon Brown, le 27 mars 2008 au 10 Downing Street à Londres, photographie de l'Agence France Presse, ©Adrian Dennis/AFP ;
Nicolas Sarkozy et Gordon Brown devant le 10 Downing Street à Londres, le 27 mars
2008, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Leon Neal ; Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, le
27 mars 2008 à Londres, photographie de l'Agence France
Presse, ©AFP/pool/Stephen Hird
; Nicolas Sarkozy avec les troupes françaises à Kaboul le 22 décembre
2007, photographie de l'Agence France Presse,
©AFP/Archives/Eric Feferberg
; Carte de l'Afghanistan, Division Géographique de la Direction des Archives du
Ministère des Affaires Etrangères, ©2004 ; Détail d'une carte
du monde politique, montrant la France en rouge et l'Afghanistan en orange ; Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, le 30 janvier 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Jacques Demarthon/AFP/Archives)
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