Mardi 25 mars 2008
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Le présent article aurait dû être mis en ligne la semaine dernière, dans la
foulée de la prise de décision, mais le temps m'a manqué et je n'en est achevé la rédaction qu'aujourd'hui...
Après avoir démissionné du MoDem, le 12 mars dernier, je me suis bien évidemment posé la question de savoir ce que j'allais faire après... Je
souhaitais poursuivre mon engagement, si possible dans un parti politique où je me sentirais davantage à ma place. J'ai envisagé
d'entrer dans un autre parti dès le lendemain ou le surlendemain de ma démission du MoDem, mais, la nuit portant conseil, j'ai préféré attendre la fin des élections municipales et cantonales pour
faire un nouveau choix. Après quelques jours de réflexion, j'ai pris finalement ma décision.
Mercredi dernier, 19 mars, j'ai adhéré au Parti Socialiste, en réglant une première cotisation via le site du parti. Il parait qu'il faudra
que je valide définitivement mon adhésion dans la section de la fédération départementale à laquelle je suis rattachée : j'ose espérer
que ce ne sera qu'une formalité - vu que, de toute façon, je suis désormais à jour de cotisation -, et que je pourrais très bientôt récupérer ma carte d'adhérent auprès du secrétaire de
section.
Ne sachant guère faire autre chose que lire, écrire, voire un peu réfléchir, je me suis demandé où je pourrais aller pour essayer de continuer
à participer à un début de changement de la vie politique de ce pays, tout en confirmant mon opposition à l'actuel chef de l'Etat et à
son gouvernement. Beaucoup de gens préfèrent s'engager - lorsqu'ils s'engagent - ailleurs que dans des partis politiques, mais ayant, pour ma part, tendance à ne pas vouloir faire comme tout
le monde, j'ai préféré poursuivre mon engagement dans un autre parti, où, cette fois-ci, je me sentirai plus à l'aise...
Il parait que toute pensée moderne se conçoit en dehors des cadres normatifs que constituent les partis classiques. C'est certainement vrai,
mais on cite beaucoup, en réaction, le nom du MoDem comme alternative en matière de pensée politique, voire comme alternative globale,
en oubliant peut-être qu'en matière de pensée, d'idées, ce parti est aujourd'hui aussi démuni que peuvent l'être les autres... Si le MoDem doit devenir un jour une alternative crédible,
encore faudrait-il qu'il réussisse à démontrer, un jour, que la gauche et la droite sont la même chose, à les rejeter dans le même
élan, pour s'incrire dans un nouveau clivage, avec un nouveau corpus idéologique. On est très loin de cela aujourd'hui. Le clivage
gauche/droite persiste. Il structure la vie politique française depuis 1789. C'est ainsi, qu'on le veuille ou non. Et il ne disparaitra pas. Sauf s'il est un jour remplacé par un autre clivage,
une autre bipolarité. Pour l'heure, ce n'est pas le cas, loin s'en faut. Et de toute façon, bien entendu, contrairement à ce que
pensent certains, le salut ne viendra pas du seul Mouvement Démocrate, et encore moins d'un MoDem niant tout clivage. Seule une véritable volonté de changement de TOUS les partis de gouvernement pourra permettre une évolution significative sans que la bipolarité disparaisse. La
seule chose qui doit disparaitre, c'est le sectarisme, de quelque bord qu'il vienne.
De tout cela, il faut tirer les conséquences.
Personnellement, je ne suis rien. Rien qu'un barbu errant qui a toujours eu du mal à se plier aux contraintes, et qui ne se reconnait dans
aucune des approches désespérément systémiques qu'ont pu proposer, depuis bien des décennies, les parangons doctrinaires du capitalisme
ou du marxisme. Je n'ai jamais eu besoin d'adhérer à un parti politique pour penser par moi-même. Je continuerai à penser, lire, écrire, en dehors de tout cadre normatif, autant que cela
m'est possible. Je veux être libre. Mais cette liberté, à laquelle je tiens, suppose aussi celle de choisir une position dans le
contexte politique actuel. Je n'ai jamais voulu d'un président de la République comme Sarkozy de Nagy-Bocsa, et je n'en
voudrais jamais, ni maintenant, ni après 2012, même si je respecte le verdict des urnes. Tout cela, je l'ai dit et l'ai écrit assez souvent pour que ce ne soit une surprise pour personne. Je
me situe dans l'opposition à Sarkozy et à la droite qu'il représente, et je n'entends pas modifier cet état de fait, car les valeurs
des sarkozystes ne sont pas les miennes. Je souhaite donc rester engagé en politique, au moins tant que Sarkozy sera au pouvoir. Précisons que si c'est cela, faire de la politique, alors, évidemment, je n'en ferai pas toute ma vie, car je ne suis, de toute façon, ni un carriériste, ni un obsédé du
militantisme politique. Il serait, du reste, idiot de réduire un engagement à l'opposition pure et simple, à un seul homme, ou à une
seule mouvance politique. Si je suis hostile à tous les sectarismes, tous les dogmatismes, tous les extrémismes, je ne m'interdit rien en dehors de cela, et ne veut laisser fermée aucune porte,
car, bien au delà d'une simple opposition à Sarkozy, je veux un changement dans la vie politique de ce pays, de nouvelles pratiques,
et, bien sûr, de nouvelles idées, susceptibles de susciter enfin un nouvel espoir chez les citoyens. Dans ce contexte, il me faut
forcément tenir compte de la situation existante, dans laquelle s'inscrit mon positionnement. Dans le cadre du clivage gauche/droite actuel, je me situe à gauche, sans ambiguïté. Aussi,
tout en gardant mon indépendance d'esprit, et sachant qu'il n'y a aucune alternative crédible au clivage actuel, mon engagement
politique ne peut se faire que dans un parti politique de gauche. C'est une question de cohérence et d'honnêteté, même si, encore une
fois, je reste ouvert à toute éventuelle innovation qui pourrait apporter un changement en dehors de la bipolarité telle qu'elle existe aujourd'hui.
Bien qu'ayant, avant tout, des idées de gauche, j'ai été adhérent au MoDem pendant quelques mois, mais durant cette période je n'ai voté
qu'une seule fois pour ce parti, au premier tour des élections législatives de l'année dernière. Lors de l'élection présidentielle,
j'ai voté pour Ségolène Royal dès le premier tour, le 22 avril 2007, et j'ai, bien entendu, également voté pour elle au second tour du 6 mai : la candidature de François Bayrou à cette élection
ne m'avait alors pas convaincu, loin s'en faut, et elle ne me convaincrait pas davantage aujourd'hui, du reste. Lors de la plupart des
élections auxquelles j'ai participé, mes votes ont été, le plus souvent, en faveur des candidats et candidates du Parti Socialiste. Par
conséquent, encore une fois, il faut bien être cohérent et, autant que possible, honnête aussi bien vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis des autres. Mon engagement politique se poursuivra donc au
Parti Socialiste.
J'avais été approché par de jeunes militants socialistes en 2002, dans la foulée de la défaite de la gauche à l'élection présidentielle. A
l'époque, je n'avais pas donné suite. Aujourd'hui, je me suis décidé à adhérer. Pourquoi au PS et pas ailleurs ? Je ne sais pas
forcément exactement comment me définir politiquement : me déclarer anarcho-monarchiste, on le sait, est une manière de refuser les étiquettes convenues, d'autant plus que je ne me sens
véritablement à ma place nulle part. Cela dit, évidemment, comme je l'ai déjà écrit, dans le cadre du clivage gauche/droite actuel, je
me situe à gauche. Considéré, dans le meilleur des cas, comme quelqu'un de centre-gauche par les gens se disant "100% à gauche", et
considéré comme étant socialiste par les centristes, où pouvais-je aller, sinon au PS ? J'aurais pu aller au Parti Radical de Gauche (PRG) ou au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)
chevènementiste, autres partis politiques de la gauche de gouvernement et de la gauche non-communiste, mais puisque je suis résolument
dans l'opposition, j'ai préféré aller directement au PS, dans la mesure où il est actuellement le seul parti susceptible, un jour, d'affronter efficacement la droite sarkozyste dans le cadre d'une lutte électorale et de mettre fin à la politique de Sarkozy. Ai-je fait le bon choix, cette fois-ci
? Encore une fois, je n'en sais rien, et seul l'avenir le dira. Toujours est-il que, normalement, je devrais ne pas me sentir trop mal
à l'aise dans ce parti, compte-tenu de mes idées et de mon positionnement politiques. Nous verrons si j'y ferais des rencontres intéressantes et si je peux éventuellement y être utile.
Je ne me fais, bien évidemment, aucune illusion sur la situation dans laquelle se trouve actuellement le parti auquel je viens d'adhérer... A
peine les élections municipales et cantonales sont-elles passées, que l'on reparle déjà des ambitions, réelles ou supposées, de Ségolène Royal ou de Bertrand Delanoë pour prendre le pouvoir en
interne, rue de Solferino, là où se trouve le siège parisien du Parti Socialiste. Jospinistes, fabiusiens, strauss-khaniens, ségolénistes, etc. : on est, une fois de plus, tenté de résumer les
enjeux au seul conflit entre différentes factions. Et pourtant, ce n'est assurément pas cela qui compte en premier lieu, loin s'en faut. Le PS, depuis trop longtemps gangréné par les rivalités de
personnes et l'absence de projet politique crédible, a un besoin urgent d'être refondé, politiquement et intellectuellement. Je pense que cette refondation a sans doute déjà commencée, même si
c'est de façon encore discrète, et même si la route est encore longue... La situation du Parti Socialiste me parait en vérité être celle qu'a décrite, en janvier dernier, Gaëtan Gorce, député PS
de la 2ème circonscription de la Nièvre (voisine de la circonscription qui fut celle de François Mitterrand en son temps), très critique à l'égard du premier secrétaire François Hollande, dont il
avait demandé le départ après les élections présidentielles et législatives de l'année dernière, et qui a démissionné à la fin du mois de juin dernier du secrétariat national du parti, le
"gouvernement" du PS, pour "ne pas contribuer à perpétuer le système des éléphants". Sur son blog (http://gorce2007.typepad.fr/blog/), Gaëtan Gorce a fait le constat suivant, auquel évidemment je souscris, tant il est exact :
La fin du PS ?
Que l'on ne s'y trompe pas : c’est bien à la fin du Parti socialiste que l'on est en train d'assister, sauf sursaut aujourd'hui imprévisible. Et la «
défaillance morale » de ses chefs, c'est-à-dire la perte de conscience de leurs responsabilités, est en train de porter le coup de grâce.
Il serait injuste d'en faire porter tout le poids à François Hollande. Il aura simplement contribué, par son
inertie et ses combinaisons, à accentuer un processus engagé depuis une vingtaine d'années, à en aggraver la tendance. Le PS ne s’est, en réalité, jamais tout à fait remis de son long passage
au pouvoir et plus encore de la réélection de François Mitterrand en 1988.
Reconstruit autour de l’ambition présidentielle du député de la Nièvre, le Parti socialiste a été porté au pouvoir par son talent, sa stratégie et une dynamique économique et sociale qui devait
encore beaucoup aux Trente Glorieuses. La réélection de François Mitterrand est intervenue au moment même où cette conjonction se retournait.
La lecture de l'ouvrage de Jean-François [S]irinelli sur « Les Vingt Décisives » est passionnante à cet égard. Elle nous montre comment la France a connu dans une période très courte deux
bouleversements majeurs. Le premier, lié à la forte croissance des années 60 et au retournement de valeurs attachées à 1968, a fait d'une France encore rurale une France industrielle et de
classes moyennes, aspirant au partage du pouvoir tout autant que de la richesse. Le second, à partir de la fin des années 80, a été celui de la mondialisation, c'est-à-dire de la perte de
contrôle par le pays de son destin et l'instigation d'une crise de confiance dans les vecteurs jusqu’alors du progrès : les Institutions politiques de la République, mais aussi scolaires, etc.
Ce retournement a été en quelque sorte symbolisé à l'international par la chute du Mur de Berlin. C'est le moment que les socialistes ont choisi pour se livrer à Rennes la plus féroce et la
plus stupide des batailles égocentriques que le PS ait jamais connu depuis Tours.
La réélection de François Mitterrand avait laissé croire aux uns et aux
autres qu'une refondation politique et intellectuelle n'était pas au fond nécessaire alors que partout ailleurs dans le monde la Gauche se remettait en question. Le nuage de Tchernobyl de la
mondialisation nous avait encore épargné …
Cet aveuglement, cet engourdissement, a perduré jusqu'à aujourd'hui. Le Parti socialiste a pourri par la tête : il a cessé de voir la société telle qu'elle est et il a cessé de se voir tel
qu'il est lui-même devenu : un parti sans véritables leaders et sans projet, dont les chefs témoignent d'une seule appétence : à se combattre et à se vaincre, oubliant l'adversaire, oubliant
surtout ceux qui les ont élus et attendent d'eux une parole et un projet.
Il y a peu d'exemple dans notre histoire politique d’un parti dont les leaders ont à ce point perdu le sens même de leurs propres intérêts. La bataille picrocholine qui s’engage à la veille des
municipales sur le Traité de Lisbonne n’est malheureusement qu'une nouvelle étape de cette décomposition. Il est dommage que le ridicule ne tue plus, nous y aurions gagné du temps !
Fort heureusement, la force des idées reste intacte et c'est sur son mouvement qu’il faut compter. Le pessimisme sur les hommes doit laisser place à un activisme de la reconstruction. Plutôt la
décomposition s'achèvera, plutôt la renaissance pourra s'accomplir. Il est évident que beaucoup travaille à la première, espérons que nous serons nombreux à agir pour la
seconde.
(Gaëtan Gorce, le 14 janvier 2008, sur son blog [http://gorce2007.typepad.fr/blog/])
Le présent article, relatif à mon adhésion au Parti Socialiste, est l'occasion aussi, pour moi, d'évoquer l'actualité du parti en question, et
en particulier la préparation du prochain Congrès du PS, finalement prévu pour le mois de novembre prochain, et, bien entendu, la reprise du combat des chefs...
PS : le Congrès se tiendra sans doute du 7 au 9 novembre
Le congrès du PS se tiendra selon toute probabilité du 7 au 9 novembre, dans une ville qui reste à choisir, respectant ainsi l'échéance normale de trois ans entre deux congrès, a-t-on appris
mercredi auprès de la direction du parti.
Le premier secrétaire François Hollande a fait cette proposition lors de la deuxième réunion de la "commission de la rénovation", mardi soir, deux jours après la large victoire des socialistes
aux municipales et cantonales.
"Elle a été acceptée par tout le monde", a précisé Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, interrogé par l'AFP. Membre du Bureau national et député européen, Harlem Désir, proche de
Bertrand Delanoë, a confirmé cet accord général.
Le Conseil national devra approuver cette proposition, selon les statuts.
Des responsables proches de Ségolène Royal avaient souhaité un congrès anticipé. "Il faut qu'on aille vite, qu'on choisisse un leader et qu'on se mette en ordre de marche pour monter un projet
alternatif" et "je souhaiterais que cela puisse avoir lieu avant l'été", avait déclaré mardi le député Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de Mme Royal pour la présidentielle.
D'autres proches de Mme Royal, comme l'eurodéputé Vincent Peillon, n'étaient pas partisans d'une accélération du calendrier.
Premier secrétaire de la fédération de Haute-Garonne et membre de la direction du PS, Kader Arif a proposé que le congrès ait lieu à Toulouse, la plus grande ville prise à la droite par le PS
dimanche dernier, selon MM. Le Foll et Désir, pour qui "ce serait un très beau symbole". Comme d'habitude, un appel à candidatures de villes sera lancé.
Un Conseil national, le 28 juin, convoquera officiellement le congrès et
lancera les débats préparatoires. Si ce calendrier est approuvé, les "contributions", selon la terminologie officielle, devront être déposées le 12 juillet au plus tard et Les "motions"
(textes d'orientation politique et stratégique) à la date
limite du 20 septembre. Le vote des militants sur ces motions aurait lieu fin octobre.
Ségolène Royal a déjà fait connaître son intention de
déposer un texte. François Rebsamen, numéro 2 du PS, s'est dit prêt mercredi à y travailler avec elle. L'élection du premier secrétaire, qui a toujours lieu dans les jours suivant le congrès,
serait fixée au 13 novembre. Elle livrera le nom du successeur de François Hollande, qui n'est pas candidat à sa succession et aura occupé ce poste pendant onze ans.
D'ici l'ouverture des débats du congrès, les militants du PS (de 120.000 à 150.000, selon les sources) seront appelés à voter au mois de juin sur deux changements proposé par la direction pour
rénover le PS: une nouvelle "Déclaration de principes", actualisant les valeurs des socialistes français, et "une réorganisation du fonctionnement" du parti, selon M. Le Foll.
Cette dernière tête de chapitre comprend des points comme la revalorisation du Conseil national (parlement du PS), la création d'un "Conseil des territoires" faisant une plus grande place aux
élus dans la vie du parti, le respect des décisions du parti, ses liens avec la société. Selon M. Le Foll, ce travail de rénovation doit être "ambitieux, consensuel, collectif". Mais "il ne
faut pas que le consensus limite l'ambition", a dit
François Hollande, selon M. Le Foll.
Ce calendrier de printemps sera soumis le 25 mars au vote du Conseil national.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars, 13h39)
Les municipales gagnées, la bataille pour le leadership reprend au PS
Sitôt gagnées les municipales qui avaient mis le couvercle sur les ambitions personnelles, la bataille pour le leadership reprend au PS, attisée par les sondages,
alors que le Conseil national devrait valider mardi un congrès en novembre, comme le veut François Hollande.
Après sa victoire aux municipales, le PS qui dirige sept grandes villes sur dix, plus de la moitié des départements, et 20 régions sur 22, doit se rénover et se chercher un nouveau patron,
François Hollande ne briguant pas un troisième mandat.
Redoutant des luttes délétères, 45 premiers fédéraux ont
appelé jeudi à un débat "serein" garantissant "l'unité du parti". Objectif, selon un signataire: éviter un congrès anticipé avant l'été, réclamé par des proches de Ségolène Royal.
Mais la "commission de rénovation" est tombée d'accord pour un congrès du 7 au 9 novembre. Date que devrait valider le Conseil national (Parlement du parti) réuni mardi prochain [25 mars] dans
un grand hôtel parisien.
Outre le bilan des élections, ce Conseil doit examiner le "processus de rénovation" et le calendrier du parti.
L'ex-candidate à la présidentielle, qui sera présente mardi, a jugé le calendrier envisagé "tardif", sans en faire un casus belli.
Mais l'initiative des fédérations a déclenché l'ire de Vincent Peillon, proche
de Ségolène Royal. Il soupçonne François Hollande de vouloir compter ses troupes et dénonce un "texte de fraction".
Les divergences se cristallisent sur le profil des prétendants: premier secrétaire de transition, chef d'équipe ou présidentiable pour 2012 ?
Les sondeurs s'en mêlent: selon CSA, pour 40% des Français, Bertrand Delanoë
serait le meilleur premier secrétaire, devant Ségolène Royal (36%) qui domine chez les sympathisants socialistes (59%).
Martine Aubry, réélue triomphalement à Lille, revient en
force (29% des Français, 39% des sympathisants PS).
Ségolène Royal, qui a sillonné la France pendant la campagne des municipales, ne cache pas son ambition: être "majoritaire" au congrès autour d'un texte d'orientation.
Selon des estimations de caciques socialistes, elle ne représenterait cependant qu'entre 25 et 30% du parti.
Son lieutenant Peillon souhaite qu'elle puisse "conduire la rénovation du PS", sans que cela induise automatiquement une candidature.
Les maires de Paris et Lille sont restés discrets sur leurs ambitions.
Jusqu'au 21 avril, date du prochain conseil de Paris, M. Delanoë "parachève son
exécutif", souligne un proche. "Après, il pourra commencer à ouvrir portes et fenêtres et regarder l'horizon."
D'autres candidats se sont fait connaître, les députés Julien Dray, Manuel
Valls, Pierre Moscovici. Aucun n'est a priori présidentiable.
Figure tutélaire - faiseur de roi, ironisent certains - Lionel Jospin est sorti
de sa réserve vendredi [21 mars] pour tracer le portrait du futur leader: une "personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables" qui "connaisse le PS et respecte
ses militants".
Un portrait qui ressemblerait à Delanoë ou Aubry.
Pour prendre la tête du parti, il faut défendre une motion au Congrès. Les plumes s'aiguisent: Julien Dray prépare une contribution et espère obtenir l'aval de François
Hollande.
De son côté, Jean-Christophe Cambadélis - l'un des
créateurs des "reconstructeurs" réunissant des proches de Strauss-Kahn, Fabius, Montebourg et Aubry - "tend la main" à Bertrand Delanoë pour contrer Mme Royal. A une condition, que le maire de
Paris ne fasse pas de sa candidature pour 2012 "un préalable".
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 mars, 08h32)
Finalement, le Conseil national du PS, réuni ce soir, mardi 25 mars, à Paris, a adopté, sans surprise, le calendrier du prochain Congrès qui
se tiendra donc bien du 7 au 9 novembre, comme le souhaitait Hollande, et qui sera précédé d'une convention nationale le 14 juin pour adopter une nouvelle déclaration de principes et une
modification des règles de fonctionnement du parti. Ce calendrier en deux temps a été adopté à une quasi-unanimité, avec seulement une voix contre - celle du député du Nord Marc Dolez - et onze
abstentions, celles des amis du sénateur Jean-Luc Mélenchon, représentant l'aile gauche du parti.
Les prochains mois devraient être intéressants, au PS...
De quoi l'avenir sera-t-il fait ? Je n'en sais rien. Nous verrons bien...
Cordialement, :-)
Hyarion.
(Illustrations : Logotype du Parti Socialiste, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP/Archives
; Caricature sur les travaux de refondation du PS, par Kerleroux, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4520, 13 juin 2007
; Caricature de Bertrand Delanoë, par Kiro, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008 ; Gaëtan Gorce,
député de la Nièvre, le 2 novembre 2005 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Mehdi Fedouach/AFP/Archives ;
Le premier secrétaire du Parti Socialiste François Hollande s'exprimant lors d'un point presse, le 17 mars 2008 au siège du parti à Paris, photographie de
l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP ; Ségolène Royal, le 27 janvier 2008 à Florence, photographie de l'Agence
France Presse, ©Andreas Solaro/AFP/Archives ; Pierre Cohen et Ségolène Royal, le 5 mars 2008 à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ;
Le maire de Paris Bertrand Delanoë lors d'une réunion du Conseil de Paris, le 21 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP)
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