Lundi 17 mars 2008
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Ces derniers mois, j'ai eu bien d'autres choses à faire
que de m'intéresser aux élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars, mais, finalement, au moment du scrutin, il a bien fallu que je m'en préoccupe... C'est toujours comme cela, avec la
politique : quoi que je fasse, elle finit toujours par me pousser à m'intéresser à elle...
Parlons donc un peu de ces élections, qui viennent de se terminer, et dont il faut bien essayer de tirer quelque enseignement...
Tout d'abord, examinons les faits. Comme tout le monde s'y attendait, c'est la gauche qui a su le mieux tirer son épingle du jeu, dans un
contexte politique pour le moins défavorable pour la droite sarkozyste. Dès le premier tour des municipales, le 9 mars dernier, le rapport de forces national s'est révélé être assez nettement en
faveur de l'opposition en ce qui concerne les communes de plus de 3500 habitants, avec un peu plus de 47% des voix pour la gauche contre un peu plus de 44% pour la droite au pouvoir. Le MoDem,
pour sa part, n'arrive que loin derrière, avec moins de 4% des voix au niveau national, ce qui, cela dit, doit sans doute être relativisé, compte tenu du fait qu'il n'y avait pas de listes du
MoDem présentes dans toutes les communes, loin s'en faut : au total, sur près de 350 villes où se présentaient des listes autonomes au premier tour, le MoDem recueille en moyenne près de 16% des
voix... Mais le clivage gauche/droite reste, en toute logique, l'élément structurel essentiel de la vie politique en France, et force est de constater que dès ce premier tour, le Mouvement
Démocrate n'a pas réussi à véritablement s'imposer au sein d'un échiquier politique dominé, plus que jamais, par le PS et l'UMP, vis-à-vis desquels François Bayrou a refusé toute stratégie
d'alliance globale, au premier tour comme au second... Sans autre alternative sérieuse que le vote pour des listes de gauche, les électeurs mécontents de la politique du gouvernement actuel
n'ont, dès lors, en général, guère eu d'autre choix que de voter quasi-automatiquement pour la gauche, qui a ainsi trouvé le moyen de prendre sa revanche sur la défaite qu'avait été, pour elle,
les précédentes élections municipales de 2001.
Toutefois, de façon générale, dès ce premier tour, on a pu constater que si les premiers résultats de ces élections locales pouvaient sonner
comme une sanction adressée à Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, lesdits résultats ne constituaient pas néanmoins le raz-de-marée en faveur de la gauche auquel on pouvait s'attendre. Le fait est
qu'il s'agissait d'élections locales, à l'occasion desquelles la droite avait sans doute quelques raisons d'espérer résister à l'offensive de l'opposition, grâce à la fameuse prime aux maires
sortants, que les électeurs accordent volontiers lorsqu'ils sont satisfaits du bilan de la majorité municipale sortante, quelle que soit son bord politique.
Le fait est, néanmoins, que l'opposition a infligé une série de revers à la droite dès le premier tour de ces municipales, en faisant
notamment ainsi basculer à gauche les villes de Dieppe, Rouen, Alençon, Laval, Chalons-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, et Rodez. Dans le même temps, la gauche a réussi à conforter ses positions à
Paris - où les listes du maire socialiste sortant, Bertrand Delanoë, sont arrivées, sans surprise, en tête -, à Lyon - où le maire socialiste sortant Gérard Collomb a été réélu dès le premier
tour face au candidat UMP Dominique Perben -, à Lille - où la maire socialiste Martine Aubry est arrivée largement en tête au premier tour -, à Tourcoing, à Nantes, et à Dijon.
La gauche poursuit sa conquête de l'Ouest, l'UMP résiste dans les petites villes
La gauche a poursuivi sa conquête de l'Ouest au premier tour des municipales, où le PS s'est affirmé comme le parti des grandes villes alors que l'UMP a mieux résisté dans les communes moyennes
où l'effet vote sanction a moins joué en raison de la prime au sortant.
La poussée de la gauche lui a permis de l'emporter dès le 9 mars dans 75 villes de plus de 30.000 habitants et chefs-lieux de département qu'elle détenait, et de faire basculer dans son camp
neuf communes détenues par la droite: Alençon, Bourg-en-Bresse, Chalons-sur-Saône, Dieppe, Laval, le 3e arrondissement de Lyon, Rodez, Rouen et Saint-Benoît (La Réunion).
La droite a conservé sa domination dimanche dans 57 villes et, via deux ministres, en a conquis deux: le Puy-en-Velay et Chaumont.
En 2001, la situation était inverse: 70 maires de droite réélus d'emblée contre 48 de gauche, chaque camp ravissant six villes.
Plusieurs des conquêtes de la gauche sont à l'ouest d'une ligne Dunkerque-Perpignan, confirmant, comme à Rouen ou Laval, les bons scores de la gauche à la présidentielle et aux législatives de
2007.
Déjà dominant dans cette France de l'ouest où il tient des villes majeures (Nantes, Rennes, Brest, Le Mans, Tours, Limoges), le PS pourrait s'y renforcer en enlevant à la droite Caen, Blois ou
Quimper.
Mais le PS a également obtenu de bons résultats dans des zones où il avait marqué le pas aux législatives de 2007, comme le Lyonnais. Pourtant Nicolas Sarkozy avait eu le dessus dans les huit
départements de Rhône-Alpes.
Dans le sillage du triomphe de Gérard Collomb à Lyon, le PS et ses alliés communistes ont conservé toutes leurs villes de la grande périphérie que l'on disait parfois menacées, comme
Villeurbanne.
Ils ont également repris Bourg-en-Bresse, chef-lieu de l'Ain, perdu en 2001, et conquis Chalons-sur-Saône, ville bourguignonne voisine et vieux fief de droite.
Le PS a retrouvé des couleurs en Nord-Pas-de-Calais, réussissant à Lille un score qualifié "d'historique" par Martine Aubry, renvoyée pour quelques points à un second tour sans souci pour elle.
Les socialistes ont conservé facilement des villes réputées en danger, comme Tourcoing.
Dans l'est, où la droite reste archi-dominante, le PS devrait gagner Strasbourg et est arrivé en tête dans son satellite Schiltigheim.
Autre caractéristique de ce 9 mars: les écarts énormes entre des listes de gauche victorieuses ou proches de l'être, et leurs concurrentes UMP: le parti présidentiel est dominé de 20 points à
Rennes, 25 à Nantes, 32 au Mans, 63 à Boulogne-sur-Mer...
Lyon et Paris, où les UMP Dominique Perben et Françoise de Panafieu plafonnent à 27%, illustrent cette tendance. La conquête de ces deux métropoles par la gauche ne remonte pourtant qu'à 2001,
après des années de domination centriste pour la première, chiraquienne pour la seconde.
Le PS a donc assis sa position de "parti des grandes villes".
L'UMP a en revanche bien résisté dans les communes moyenne: à Tarbes, Gérard Trémège a réussi un beau premier tour (47,42%), douchant les ambitions de l'ancien ministre socialiste Jean Glavany
(38,32%). A Chartres, Jean-Pierre Gorges devance de 17 points la socialiste Françoise Vallet qui l'avait sévèrement défait dans une législative partielle le 3 février.
A Saint-Brieuc, Bruno Joncour, MoDem soutenu par l'UMP, à qui était promis un étrillage de premier tour, a viré en tête dimanche, même si le 16 mars s'annonce difficile pour lui. Egalement
MoDem, Jean-Marie Vanlerenberghe l'emporte au premier tour à Arras.
Tous étaient il est vrai des maires sortants et ont bénéficié d'une autre caractéristique de ce cru municipal 2008: une prime accordée aux édiles sortants.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 mars 2008, 18h47)
En ce qui me concerne, la nouvelle la plus importante de ce premier tour a évidemment été la victoire de la gauche à Rodez, la ville où je
vote. Pour la première fois depuis 1953, le chef-lieu du département de l'Aveyron n'avait plus connu de majorité de gauche au sein de son conseil municipal, la droite y étant resté dominante
durant les mandats de Bertrand de Lapanouse (de 1953 à 1965), Roland Boscary-Monsservin (de 1965 à 1983) et Marc Censi (de 1983 à 2008). Ce changement, cette alternance, moi et beaucoup d'autres
électeurs ruthénois, nous l'attendions depuis longtemps. Le maire sortant, Marc Censi, ancien UDF rallié à l'UMP, avait déjà senti le vent du boulet en 2001, lorsque son concurrent, le socialiste
Christian Teyssèdre, n'avait échoué que de peu à le mettre en ballotage. Il y a 7 ans, Censi, avec sa liste UDF-RPR-DL, avait alors été réélu, dès le premier tour, avec 53,55% des suffrages,
contre 46,45% pour la liste Gauche plurielle de Teyssèdre. Cette année, c'est Teyssèdre qui a été élu, dès le premier tour, face à une droite locale usée et divisée.
Le PS fait basculer Rodez, détenue par la droite depuis 55 ans
Le socialiste Christian Teyssèdre a remporté dimanche dès le premier tour la mairie de Rodez, détenue depuis 55 ans par la droite qui domine le conseil général de l'Aveyron.
Dans cette ville d'environ 30.000 habitants, qui a voté à 51,18% pour Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle, la liste PS-PRG-PCF-Verts-MRC de M. Teyssèdre a largement battu avec
52,49% des suffrages ses trois adversaires de droite. Jean-Louis Chauzy (DVD) a recueilli 19,27% des voix, Régine Taussat (UMP) 15,49% et Frédéric Soulié (DVD) 12,75%.
"C'est la victoire d'une équipe unie autour de cinq formations de gauche. C'est une victoire historique après 55 ans de gouvernance de droite, c'est la victoire de l'intérêt général face à
l'opportunisme de ceux qui ont changé de camp", a déclaré M. Teyssèdre, 55 ans, chef de l'opposition municipale à Rodez et élu conseiller général de Rodez-Nord en 2001.
A Millau, deuxième ville de l'Aveyron, la gauche a fait également une percée dans ce département très ancré à droite. Le socialiste Guy Durand, conseiller d'opposition sortant, a devancé de 971
voix l'ancien ministre de la Coopération, le maire sortant Jacques Godfrain (UMP), qui brigue un troisième mandat.
Dans ce département, le seul en Midi-Pyrénées à être présidé par un élu de droite, la succession à la tête du conseil général est la grande inconnue des cantonales, où six conseillers de droite
et deux de gauche ont été réélus sur un total de 24 sièges à renouveler.
Après plus de 30 ans passés à la tête de l'Aveyron, le président UMP sortant Jean Puech ne se représentait pas. Son dauphin, le maire de Rignac Jean-Marc Calvet, est en ballottage défavorable
dans le canton du président Puech.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 mars 2008, 01h58)
Dimanche 9 mars, je suis donc monté à Rodez, et, comme en 2001, j'ai voté socialiste, avec l'assurance, cette fois, que cette élection serait
la bonne. La victoire de la gauche à Rodez était attendue : les électeurs en avaient plus qu'assez d'avoir les mêmes personnes au pouvoir, avec les mêmes idées, les mêmes pratiques. Il fallait un
changement. Il fallait que l'on respire ! Enfin ! Teyssèdre n'a, du reste, pas eu trop de mal à s'imposer comme le seul candidat sérieux de cette élection municipale, avec un vrai projet pour la
ville : tous les concurrents du candidat socialiste, que ce soit Chauzy (ancien socialiste ayant retourné sa veste et classé désormais "Divers droite"), Taussat (adjointe du maire sortant, mais
en perpétuelle rivalité avec lui en période électorale), ou Soulié (un parfait inconnu, auquel Censi a voulu donner du crédit face à Taussat, en se placant lui-même en dernière place sur sa
liste), se sont lancés dans la campagne bien après Teyssèdre, et sans présenter le moindre commencement de début de projet crédible. Dès lors, il n'est pas étonnant que la candidature de
Teyssèdre ait attiré autant de suffrages, au delà des électeurs de gauche comme moi... Quant à Censi, finalement, il a complètement râté sa sortie...
Bref, cette victoire de la gauche à Rodez est une très bonne nouvelle, et le seul regret que l'on pourrait avoir, c'est qu'elle n'ait pas été
au rendez-vous dès 2001. Deux anciens camarades de lycée, figurant sur la liste de Christian Teyssèdre, ont été élus conseillers municipaux : j'ai eu l'occasion de les féliciter hier, à
l'occasion du second tour des élections cantonales, qui avait lieu à Rodez pour renouveller les conseillers généraux de deux cantons, dont le mien, celui de Rodez-Ouest.
Venons-en à présent au deuxième tour de ces élections municipales. Hier, dimanche 16 mars, la gauche a confirmé sa progression, bien que la
droite ait su faire preuvre de résistance, mine de rien. Dans le Sud de la France, des villes importantes étaient encore très disputées entre les deux tours : si à Bordeaux, le maire sortant UMP
et ancien Premier ministre, Alain Juppé, avait été facilement réélu dès le premier tour face à une liste socialiste, il n'en était pas de même pour les villes de Marseille et de Toulouse, où les
deux maires UMP sortants - Jean-Claude Gaudin à Marseille et Jean-Luc Moudenc à Toulouse - avaient été mis en ballotage par leur concurrent socialiste. François Bayrou, pour sa part, était
confronté à une triangulaire risquée à Pau, où il était candidat, face à une concurrente socialiste et au maire sortant soutenu par l'UMP.
Pour Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, caché bien au chaud au palais de l'Elysée, le bilan était clair, au lendemain du premier tour :
"On s'est pris une petite taule, mais ce n'est pas la grosse branlée annoncée dans les sondages. C'est un petit recul, pas un vote-sanction,
pas une débandade. Quatorze ministres élus au premier tour, Toulouse et Marseille qui résistent. Hollande n'arrivera pas à gagner son pari de reprendre trente villes. Il faut tout focaliser sur
Marseille. Si l'on arrive à garder Marseille, le tour est joué. Et si, en plus, on ne perd pas Toulouse, on pourra même faire passer tout ça pour un succès relatif."
(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 10 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné
N°4559, 12 mars 2008)
Les résultats du second tour ont confirmé le succès de la gauche sur le plan national, et François Hollande a gagné son pari, mais Sarkozy
aura au moins eu la satisfaction de voir Marseille rester finalement une ville gérée par un maire UMP.
Municipales : déferlante de la gauche, mais la droite sauve Marseille
La gauche apparaissait dimanche [16 mars] comme le grand vainqueur des municipales et cantonales, avec une déferlante de victoires à Toulouse, Strasbourg, Caen, Reims, Metz, Amiens ou Blois,
mais la droite a symboliquement réussi à sauver Marseille.
Le rapport de forces gauche-droite s'est établi à 48,88% au PS et ses alliés contre 47,66% à l'UMP et ses alliés.
Malgré l'appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique -et record depuis 1959- (34,5% selon les instituts
de sondage) à celle du premier tour.
Le PS et ses alliés, qui misaient sur la reconquête de 30 des 40 villes de plus de 20.000 habitants perdues en 2001, ont repris Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer et
Roanne. Rouen avait été repris dès dimanche dernier [9 mars].
Après près de 40 ans de pouvoir de la droite, Toulouse a également basculé à gauche. Gagnés également: Caen, Reims, Amiens, Dax, Mende, Valence, Thionville, Millau, Brive, Bar-le-Duc,
Asnières-sur-Seine, Narbonne.
A Marseille, après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l'a finalement emporté sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, battu dans le secteur clef, le 3ème, par
l'ancien ministre UMP Renaud Muselier.
Quatorze ministres avaient été élus au 1er tour. Dimanche, Xavier Darcos (Education) a perdu Périgueux. Battues aussi: Rama Yade (Droits de l'Homme) Christine Albanel (Culture) et Christine
Lagarde (Economie).
En revanche, les urnes ont souri à Jean-Marie Bockel (Francophonie), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Christian Estrosi, ce dernier démissionnant de l'Outre-Mer
au profit de la mairie de Nice.
Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. "Nous payons le prix des divisions" dans plusieurs villes, a d'ailleurs réagi le ministre du Travail
Xavier Bertrand.
La gauche a par ailleurs conforté ses positions en l'emportant à Lille, à Brest, Belfort, Charleville, après Lyon, Nantes, Besançon, Dijon et Limoges dès dimanche dernier. En outre, elle garde
Angers, un des rares espoirs de conquête de l'UMP.
La droite emporte Agen (NC), Calais (UMP), Châtellerault (NC), Gap (UMP) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP) et garde Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins, Beauvais, Perpignan et surtout
Marseille.
A Paris, la victoire du maire sortant PS Bertrand Delanoë est nettement plus large qu'en 2001, mais ses listes ne gagnent pas de nouvel arrondissement.
A Pau, le président du MoDem François Bayrou perd son pari pour "moins de 1%" face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou. Le sort national du MoDem s'en trouve compliqué.
Après un bon premier tour, le PCF a perdu plusieurs de ses bastions (Calais, Montreuil face à la sénatrice Verts Dominique Voynet, Aubervilliers face au PS, et le département de
Seine-Saint-Denis).
Parmi les réactions des personnalités politiques, le patron du PS, François Hollande, s'est félicité de victoires remportées "au-delà des objectifs" et a affirmé que Nicolas Sarkozy devrait
"corriger la politique qu'il a conduite".
L'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal a appelé "à transformer le vote sanction en vote d'avenir", paraissant accélérer brusquement la course à la succession de M. Hollande.
Jack Lang lui a répliqué à distance que "nulle faction, nulle personnalité (...) au sein du Parti socialiste n'est en mesure de revendiquer" les succès de la gauche.
A droite, le Premier ministre François Fillon a jugé "malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales", avant d'estimer que la gauche avait "partiellement rétabli" sa défaite de
2001.
Tous les leaders de droite se sont relayés sur les plateaux de télévision pour minimiser la défaite de la majorité et évoquer un "rééquilibrage" entre la droite et la gauche.
M. Fillon a réaffirmé que les réformes se poursuivraient sans infléchissement. "La bataille pour l'emploi et le pouvoir d'achat doit s'accentuer", a-t-il dit.
Le président Nicolas Sarkozy, lui-même en retrait pendant la campagne après une forte chute dans les sondages, n'envisage selon son entourage que des "ajustements" de son gouvernement avec
quelques secrétariats d'Etat nouveaux.
La gauche a aussi fortement progressé aux cantonales et paraissait assurée d'ajouter au moins 9 nouveaux conseils généraux aux 51 (sur 101) qu'elle détenait déjà: l'Allier, la Corrèze, le
Lot-et-Garonne, l'Ain, la Somme, l'Indre-et-Loire, le Val d'Oise, les Deux-Sèvres et la Côte-d'Or, un élu MoDem devant faire pencher la majorité à gauche dans ce dernier département.
Cette forte poussée de la gauche devrait avoir des répercussions lors des sénatoriales de septembre. Depuis 2004, l'UMP n'a déjà plus la majorité absolue au Sénat.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 00h43)
A Paris, la victoire de la gauche, menée par le maire sortant, Bertrand Delanoë, est très nette. Il n'y a pas eu de surprise de ce côté-là,
mais on notera cependant que la droite parisienne, malgré la vacuité de son programme, a réussi à conserver ses positions dans les arrondissements de la capitale où elle était déjà en
place.
Paris : très large majorité pour la gauche, la droite sauve ses mairies
La gauche, sans réussir à récupérer un des arrondissements détenus par l'UMP, a obtenu dimanche à Paris la majorité absolue, soit le meilleur score qu'elle ait jamais fait dans la capitale, où
le maire sortant Bertrand Delanoë retrouvera très facilement son siège.
La gauche unie (PS, PCF, Verts, MRC, PRG), qui avait obtenu 49,6% des voix en 2001, a atteint cette fois-ci 57,7% des voix.
Dans tous les arrondissements qu'elle détenait déjà, elle a fait des scores dépassant 60%, sauf dans le XIVème où Pierre Castagnou a gagné par plus de 57% des voix une triangulaire qui
l'opposait notamment à la tête de liste Modem à Paris Marielle de Sarnez (14,5%), qui sauve son siège au conseil de Paris.
Le meilleur score, 75%, a été obtenu dans le Xème, un bastion de la gauche. Dans le XVIIIème, l'arrondissement où se présentait aussi Bertrand Delanoë, la liste de son ami Daniel Vaillant a
obtenu 72,4%.
Dans le très symbolique XIIème arrondissement, que devait gagner la droite pour espérer l'emporter à Paris, la maire sortante Michèle Blumenthal l'a emporté avec 64,8% des voix contre le
candidat de l'UMP Jean-Marie Cavada, l'ex-président de Radio-France.
Consolation pour les Verts, qui n'avaient fait que 6,7% à Paris au premier tour contre plus de 12% en 2001, le maire sortant du IIème arrondissement Jacques Boutault, arrivé derrière la
candidate socialiste au premier tour, a été réélu haut la main (68,3%) au second, bénéficiant du retrait en sa faveur de son adversaire socialiste.
"Le rassemblement des forces progressistes accroît très sensiblement sa légitimité dans les douze arrondissements qu'il dirigeait et amplifie nettement sa représentativité dans chacun des huit
autres", s'est félicité M. Delanoë, parlant de "score inédit" pour la gauche à Paris.
La droite a cependant réussi à conserver la totalité des huit arrondissements qu'elle détenait, notamment le Vème, qui n'est revenu que d'extrême justesse - 225 voix - à la liste du maire
sortant Jean Tiberi, en place depuis 25 ans. La liste de Philippe Meyer (Modem) a obtenu 10,9% des voix.
"Paris résiste, on est loin de la vague rose", a commenté la tête de liste de l'UMP Françoise de Panafieu.
Dans le XVème, la première adjointe du maire de Paris Anne Hidalgo, arrivée en tête au premier tour, n'a pas réussi à gagner un arrondissement certes solidement ancré à droite, remporté par le
président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon (52,7% contre 47,3%).
Dans le Ier arrondissement, Jean-François Legaret a été réélu après avoir été sérieusement mis en difficulté par une candidate peu connue, Seybah Dagoma.
A droite, la liste de Mme de Panafieu a été réélue sans gloire dans le XVIIème arrondissement, dont elle est le maire sortant. La liste de la ministre de la justice Rachida Dati l'a emporté
dans le VIIème arrondissement avec 57,7% des voix, une liste Modem obtenant 15,1%.
Le duel fratricide dans le VIIIème arrondissement entre le candidat de l'UMP Pierre Lellouche et le maire sortant François Lebel (dissident suspendu de l'UMP) s'est soldé par la victoire de ce
dernier, par 48,6% contre 31,8%, un camouflet pour le parti au pouvoir.
Bertrand Delanoë devrait retrouver face à lui un Conseil de Paris plus docile, les socialistes disposant d'une majorité importante et les alliés Verts, qui ont souvent joué les trublions, ayant
des effectifs réduits de 23 à 9.
Selon des projections faites à la mairie, la gauche passe de 92 élus en 2001 à 97 sur 163 conseillers de Paris. La droite, qui avait 71 élus en 2001, n'en aurait plus que 63.
La participation a été de 56,25%, très légèrement inférieure à celle du premier tour.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 00h10)
Je me réjouis de la victoire de la gauche à Paris, mais je suis très déçu de la victoire, fut-elle d'une courte tête, de Jean Tiberi, maire
UMP sortant du Ve arrondissement de la capitale : le PS et le MoDem porte une responsabilité collective dans la réélection de ce
politicien clientéliste, poursuivi pour manoeuvres frauduleuses lors des élections municipales de 1995 et des législatives de 1997 - dans le cadre de la fameuse affaire des faux-électeurs du Ve
-, et qui va encore pouvoir continuer ainsi à faire ce qu'il veut dans "sa" mairie pendant un mandat supplémentaire...
La nouvelle la plus importante de ce second tour, pour moi, est évidemment la victoire de la gauche à Toulouse, la ville où j'habite depuis
plus de cinq ans et demi. 37 ans après avoir perdu la mairie, la gauche est de retour au Capitole.
Toulouse : la Ville rose bascule à gauche après 37 ans à droite
La gauche, emmenée par le député PS Pierre Cohen, 57 ans, a reconquis dimanche la mairie de Toulouse, symbole d'une défaite nationale pour la droite qui détenait la Ville rose depuis 37
ans.
La liste de gauche PS-PCF-Verts-PRG-MRC l'a emporté au second tour des municipales par 50,42% des voix, selon les résultats définitifs.
La quatrième ville de France, qui faisait figure de fort assiégé, résistait depuis des décennies dans un département entièrement ancré à gauche avec huit députés PS sur huit.
Désormais, la gauche détient tous les sièges de parlementaires de Haute-Garonne, la présidence du conseil général et du conseil régional de Midi-Pyrénées, et ajoute à son palmarès le Capitole,
l'hôtel de ville de Toulouse.
Pierre Cohen, pourtant peu connu sur la scène politique locale, est parvenu à réaliser l'union de la gauche afin de gagner les municipales de 2008.
Méticuleux, orateur plutôt discret, sérieux voire austère, cet ingénieur en informatique a patiemment bâti l'union de toutes les formations de gauche (PS, PCF, Verts, PRG, MRC) pour multiplier
ses chances de s'asseoir dans le fauteuil de maire.
Pragmatique et concret, il a axé son programme sur la jeunesse dans la deuxième ville universitaire de France: transports gratuits pour les moins de 26 ans, plus de logements étudiants, assises
de la culture et lutte contre les discriminations.
Il souhaite aussi développer les services d'aides à la personne, privilégier l'économie sociale et solidaire, et veut relancer les transports, la culture et les logements sociaux.
Le maire sortant Jean-Luc Moudenc (centriste, apparenté UMP), 47 ans, était dans une situation délicate au soir du premier tour (42,6%), talonné de près par la liste de gauche unie (39%). Entre
les deux tours, il avait fusionné avec le MoDem de Jean-Luc Forget (5,9% au premier tour), mais cette alliance n'a pas suffi à convaincre les électeurs.
Revendiquant son étiquette centriste, il a joué son va-tout dans l'élection en tentant de se démarquer de l'UMP. Il prônait la continuité pour la capitale de Midi-Pyrénées, à la tête d'une
liste d'ouverture baptisée "Toulouse pour tous", accueillant des personnalités et figures locales de tous bords (d'ex-PS et Verts notamment, ou le rugbyman Fabien Pelous).
Tout au long de sa campagne, M. Moudenc - qui avait succédé à la mairie à Philippe Douste-Blazy après la démission de celui-ci en 2004 - et Dominique Baudis, l'un de ses prédécesseurs au
Capitole, avaient souligné leur volonté de maintenir Toulouse hors de portée de la gauche.
Sans leader charismatique ni d'envergure nationale depuis Dominique Baudis, les électeurs toulousains ont choisi avec leur nouveau maire d'opter pour le changement dans la Ville rose, où
Ségolène Royal avait raflé près de 58% des voix à la présidentielle.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 01h15)
Voila, c'est fait. Après être resté à droite pendant tant d'années, les villes de Rodez (où je vote) et de Toulouse (où j'habite) ont toutes
les deux basculés à gauche, et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais !... :-)
A Toulouse, Moudenc n'aura sans doute pas réussi à mobiliser suffisemment son électorat. Cohen n'a pas voulu faire d'alliance avec quiconque
entre les deux tours, et s'est ainsi assuré une victoire autour de sa seule liste. Le MoDem sort de ce scrutin fragilisé, Jean-Luc Forget ayant notamment provoqué une division en choisissant de
se rallier à Moudenc. D'après ce que j'ai compris, au lendemain du premier tour, lundi 10 mars, les colistiers de la liste MoDem s'étaient réunis avec les militants démocrates, et avaient décidés
collectivement d'aller négocier un accord avec Pierre Cohen, provoyant qu'en cas d'échec il devait y avoir liberté de vote pour chacun. Puis, un peu plus tard, Forget serait venu voir les
militants démocrates, et passant outre la décision qui avait été prise, aurait proposé qu'ils lui accordent leur confiance pour aller négocier avec Moudenc. Pour vaincre les réticences d'une
partie de l'assistance, il aurait affirmé que Bayrou lui avait téléphoné pour lui demander de soutenir Moudenc, en échange d’un soutien de l’UMP à sa liste sur Pau. Bien que l'information soit
invérifiable, cela aurait apparemment suffi à convaincre certains militants, et la proposition de soutenir Moudenc a finalement été adopté. Ce qui n'a pas empêché 17 colistiers (sur 68) de la
liste du MoDem d'exprimer officiellement "leur total désaccord pour tout rapprochement avec la liste de Jean-Luc Moudenc". Ce
n'est que plus tard que les militants auraient appris que Bayrou ne demandait pas le soutien de l'UMP à Pau - où il a finalement été battu -, et que les négociations avec Moudenc avaient en fait
commencées bien avant la réunion du lundi 10 mars... Toujours est-il que cette stratégie d'entente avec le maire sortant n'aura pas été payante, puisque l'alliance de Moudenc avec Forget n'aura
finalement pas suffi à la droite pour conserver la mairie de Toulouse...
Je ne regrette pas d'avoir quitté le MoDem.
En ce qui concerne les élections cantonales, la gauche a également progressé nationalement : elle est désormais à la tête de 60 des 101
départements français, neuf d'entre eux ayant basculé à l'issue du second tour, hier, à savoir l'Ain, l'Allier, la Corrèze, la Côte d'Or, l'Indre-et-Loire, les Deux-Sèvres, le Lot-et-Garonne, la
Somme et le Val d'Oise. En Aveyron, mon canton de Rodez-Ouest a basculé à gauche au second tour : le nouveau maire de Rodez, Christian Teyssèdre, y était candidat, et à failli être élu dès le
premier tour, avec 49,85% des voix. Il a finalement été élu au second tour, avec 62,05% des voix, face à son adversaire de centre-droit, Jean-François Théron, encarté au "Nouveau Centre" rallié à
Sarkozy.
Aveyron : la droite perd Millau après Rodez et recule aux cantonales
La droite, jusqu'à présent hégémonique en Aveyron, a subi d'importants revers aux élections municipales avec la perte de Millau au second tour, après celle de Rodez au premier tour, et sa
majorité au conseil général a été sérieusement amputée lors des élections cantonales.
Le maire sortant UMP de Millau, Jacques Godfrain, ancien ministre de la Coopération, a été battu dimanche par le socialiste Guy Durand qui a remporté 54,03% des suffrages au deuxième tour dans
la sous-préfecture de l'Aveyron.
M. Godfrain, qui briguait un troisième mandat, a obtenu 38,09% des voix tandis qu'une troisième liste conduite par Jérôme Alirol (DVD), recueillait 7,88% des suffrages.
Dès le premier tour, la mairie de Rodez, préfecture de l'Aveyron, ancrée à droite depuis 55 ans, avait basculé de l'UMP vers le PS. Christian Teyssèdre avait largement battu trois adversaires
de droite avec 52,49% des suffrages.
Dans ce département, le seul en Midi-Pyrénées à être présidé par un élu de droite, le président UMP sortant Jean Puech ne se représentait pas, après 30 ans à la tête du département.
Son dauphin, le maire de Rignac, Jean-Marc Calvet, n'a pu conserver ce canton remporté dès le premier tour par l'ancienne sous-préfète Anne-Marie Escoffier (SE).
Au total, les cantonales se sont traduites par un gain de six sièges pour les socialistes et divers gauche, sur 24 en jeu, tandis que l'UMP en perdait six.
Dans le nouveau conseil, qui compte 46 membres, l'UMP et les DVD ne représentent plus désormais que 23 conseillers face à 19 conseillers de gauche, (14 PS, 1 PRG, 4 DVG) et il leur faudra
attirer au moins l'élu MoDem réélu à Conques, ou l'un des trois sans étiquette (SE) du département, pour conserver la présidence.
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 01h19)
Au sein du Conseil Général de l'Aveyron, les rapports de force seront maintenant enfin plus équilibrés entre la gauche et la droite, après des
années de domination exclusive de la droite.
Pour finir, quels enseignements peut-on tirer de ces élections municipales et cantonales quand on figure, comme moi, dans l'opposition à
Sarkozy de Nagy-Bocsa ?
Beaucoup de villes françaises ont basculés à gauche, c'est un fait, mais on doit d'abord constater que si la gauche a ainsi réussi à affirmer
et à étendre encore son influence dans le cadre d'élections locales, elle reste incapable aujourd'hui de susciter un rassemblement autour d'elle sur le plan national, faute d'avoir pu convaincre
lors des élections présidentielle et législatives de l'année dernière.
Les partis de gauche en
général, et le PS en particulier, restent aujourd'hui les bénéficiaires automatiques du vote-sanction contre la droite, mais cela ne peut suffire à faire d'eux des alternatives crédibles face à
l'UMP et ses satellites, qui restent dominants au niveau national. Il faudra bien que le PS se décide à mettre fin à ses divisions, et à se rénover au plus vite, s'il veut un jour battre Sarkozy
lors des prochains rendez-vous électoraux. Mais s'il y a un enseignement à retenir de ces scrutins, c'est le fort taux d'abstention qui leur restera attaché. Avec un taux de participation
supérieur à 66% seulement, un premier record d'abstention avait été atteint au premier tour des municipales, au niveau national. Avec entre 65% et 65,5% de votants au second tour, selon les
instituts de sondage, il semblerait qu'un nouveau record d'abstention est encore été battu, en France métropolitaine. Selon le ministère de l'Intérieur, aux élections cantonales, la participation
a été inférieure à celle des municipales avec un taux de participation de 50,77% le soir du second tour à 17h00, contre 54,53% une semaine plus tôt, et 47,89% au second tour du précédent scrutin,
en 2001. Dans ce contexte, les progrès électoraux de la gauche, sur le plan national, doivent être sans doute relativisés, d'autant plus que le fossé entre la gauche de gouvernement et les
classes populaires reste très profond. Et que l'on ne s'y trompe pas : les électeurs des milieux populaires, ceux qui vivent dans les banlieues et dans les zones péri-urbaines ou rurales, ne sont
pas davantage séduits par l'extrême-gauche, qu'il s'agisse du PC ou de la LCR ! En général, ils ne votent pas, tout simplement, et si l'extrême-droite lepéniste est aujourd'hui dans les choux, la
porte reste aujourd'hui ouverte à tous les discours populistes, basés sur des thèmes identitaires, qui fonctionneront toujours auprès d'un électorat populaire se sentant plus ou moins exclu du
débat public... Pour le meilleur et pour le pire. En attendant que se produisent des choses plus graves... sous le signe du désespoir...
Cordialement, :-)
Hyarion.
(Illustrations : Rapport de forces national au premier tour des élections municipales de mars 2008,
Infographie de l'Agence France Presse, 10 mars 2008, ©AFP ; Cartes des villes de France ayant basculé à gauche ou à droite dès le premier tour des élections municipales de
mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 10 mars 2008, ©AFP
; Christian Teyssèdre devant la ville de Rodez, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM
; Rapport de forces national au second tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de
l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; Résultats du
second tour des élections municipales de mars 2008 à Paris et nouveau Conseil de Paris, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; De gauche à droite, le maire sortant de Toulouse Jean-Luc Moudenc, et son rival socialiste Pierre Cohen, photographies de l'Agence France Presse, ©Pascal Pavani/AFP
; Pierre Cohen, vainqueur de l'élection municipale à Toulouse, posant devant le Capitole, le 17 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP
; Cartes des villes de France, chefs-lieux ou arrondissements de plus de 30 000 habitants,
ayant basculé à gauche lors des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence
France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; Taux d'abstention
en France métropolitaine au second tour des élections municipales de 2008, selon les instituts de sondages, avec comparaison avec les précédents seconds tours de scrutin depuis
1977, Infographie de l'Agence France Presse, 16 mars 2008, ©AFP)
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