Dimanche 29 avril 2007
Dans un de mes précédents messages, intitulé "Sarkozy, Le Pen et l'extrême-droite : une longue histoire...", j'avais déjà signalé combien pour moi le fait de
qualifier Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa de "fasciste" ou de "raciste" n'avait pas de sens, et était une perte de temps. La tentation, récurrente chez tant de personnes, de comparer le très
ambitieux Sarkozy à Napoléon Ier, ou à Napoléon III, me parait tout aussi intempestive et, pour tout dire, assez ridicule...Pour critiquer le candidat de l'UMP sur un ton satirique, je préfère le surnommer, par dérision, Talonnette Ier plutôt que Sarkoléon... et je me refuse à intégrer cette comparaison un peu trop facile, et trop attendue, de Sarkozy avec Napoléon dans le "Légendaire" anti-sarkozyste... Comme je l'ai déjà écrit en réponse à un commentaire envoyé sur ce blog, le fait est que la dénonciation, quelque-peu anachronique, faite par certains journalistes et commentateurs divers, du "césarisme", ou du "bonapartisme", de Sarkozy me laisse dubitatif... Nicolas Sarkozy n'est certainement pas l'héritier de Jules César, ou d'Octave Auguste, ou de Napoléon Bonaparte, ou même de De Gaulle : il n'est simplement que Sarkozy, un misérable ambitieux, complexé et paranoïaque, nerveux et agressif, prisonnier de ses désirs, incapable d'avoir la volonté de vaincre ses propres démons, et qui n'a pas du tout la stature d'un homme d'État.
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas le génie militaire, ni le génie réformateur, de Napoléon Ier. Piquer une mairie à Pasqua - celle de Neuilly-sur-Seine, en 1983 - et un parti unique à Chirac - l'UMP, en 2004 -, cela ne fait pas de vous, loin s'en faut, un digne successeur de Napoléon Bonaparte, le vainqueur d'Austerlitz (2 décembre 1805) qui a promulgué le Code Civil (21 mars 1804). Sans parler des petits arrangements entre amis dont ont bénéficiés les affaires immobilières de Sarkozy dans sa bonne ville de Neuilly-sur-Seine, petits arrangements qui n'ont rien de glorieux : pour la filiation avec les grands bâtisseurs royaux et impériaux de Paris, il faudra repasser...
Et pourtant, les fantasmes collectifs ont la vie dure...
Le 28 novembre 2004, au congrès de l'UMP du Bourget, qui avait coûté entre 4,2 et 4,5 millions d'euros, Sarkozy de Nagy-Bocsa fut proclamé tout-puissant
président du grand parti de la droite. Ce congrès ayant eu lieu quelques jours avant le bicentaire du sacre de Napoléon Ier à Paris (2 décembre 1804), les commentateurs ne purent s'empêcher de
parler de "sacre" à propos dudit congrès du Bourget et même de "plébiscite" puisque Sarkozy a été élu par les militants de l'UMP avec 85,1 % des voix. Il était alors de bon ton de comparer
ouvertement Sarkozy à Napoléon...En ce qui me concerne, étant né un 2 décembre, j'ai des raisons personnelles pour ne pas avoir apprécié ce genre de comparaison... On ne mélange pas les torchons et les serviettes.
Le 14 janvier 2007, un autre congrès de l'UMP a eu lieu à Paris, cette fois-ci pour l'investiture du ministre Sarkozy de Nagy-Bocsa comme candidat à l'élection présidentielle, congrès devant avoir un coût supérieur à 3,5 millions d'euros, soit le quart du coût total de la campagne du parti. Sarkozy ayant été investi suite à un vote en sa faveur de 98,1 % des votants et un taux de participation de 69 % des adhérents, alors qu'il était le seul candidat à la candidature, on a parlé à nouveau de "sacre" et de "plébiscite".
"Sacre", "plébiscite"... Dans ce cas de figure, comme dans celui des mots "raciste", "fasciste" ou "dictateur", les gens passent leur temps à employer, de façon intempestive, des termes dont ils semblent ignorer la signification. Prendre le temps de leur expliquer, et de corriger ce qui devrait l'être, semble vain, tant les commentateurs sont coutumiers des abus de language, et ne paraissent être guère désireux de changer leurs mauvaises habitudes. Les numéros de cirque de l'UMP n'ont rien à voir avec le sacre de Napoléon Ier. Quant au plébiscite, utilisé, il est vrai, par Napoléon Ier comme par Napoléon III, il n'est jamais que l'autre nom du référendum, et l'on pourra noter qu'en dehors des parodies de consultations internes de l'UMP, Sarkozy n'est pas forcément très favorable à la consultation référendaire dès lors que celle-ci concernerait véritablement le pays tout entier et déciderait d'une réforme, notamment institutionnelle. Sarkozy a ainsi déclaré vouloir négocier un nouveau traité constitutionnel européen,
traité qu'il ferait ensuite adopter par la voie parlementaire et non par référendum. Ségolène Royal et François Bayrou ont chacun
pour leur part bien précisé que s'ils souhaitaient eux-aussi la négociation d'un nouveau traité, ils s'engageaient à ce que ledit traité soit adopté par la voie référendaire. 54,68% des électeurs
- dont j'ai fait partie - ont voté "non" au référendum du 29 mai 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ce traité était confus, presque illisible, et contenait des
ambiguïtés potentiellement dangereuses, notamment en matière d'économie, de services publics, de laïcité et de diversité culturelle. Le fait qu'un nouveau traité constitutionnel européen de cette
importance puisse être, même en étant amélioré par rapport au précédent, adopté par un vote du Parlement et non par référendum révèle le rapport à la fois lâche et méprisant qu'a Nicolas Sarkozy
vis-à-vis de la souveraineté populaire : dans l'absolu, il ferait un piètre bonapartiste...Et puis il y a aussi la comparaison de Sarkozy avec Napoléon III, et plus exactement avec le Napoléon III déformé et trainé dans la boue par l'écrivain Victor Hugo. Une fois de plus, on estime pertinent, dans ce cas-là, l'association d'un fantasme, ici politico-littéraire, à un politicien bien réel, dont le caractère dangereux est pourtant suffisemment spécifique pour être éloigné de toute référence historique de ce genre... Dans son blog François-Mitterrand-2007, celui qui se fait passer pour le défunt président socialiste a ainsi qualifié Sarkozy, dans un message du 27 avril, de "nouveau Napoléon le petit", en référence au pamphlet de Hugo consacré au président de la République Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), neveu de Napoléon Ier, devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III.
Il est toujours de bon ton, pour beaucoup trop de personnes bien-pensantes, de se présenter comme de gentils et vertueux républicains en se réclamant
des pamphlets Napoléon le petit, Histoire d'un crime, du recueil de poèmes les
Châtiments, de tous ces écrits haineux et outranciers que Victor Hugo a consacré à son ennemi Napoléon III , qu'il a pourtant d'abord soutenu. Il est vrai que Napoléon III a eu le
malheur, lorsqu’il était président de la République, en 1849, de refuser à l’écrivain un portefeuille ministériel. Pourtant, ainsi que l'a écrit Emile Zola, l’auteur de la série de romans des
Rougon-Macquart, en 1895 : "le Napoléon III des Châtiments, c’est un croquemitaine sorti tout botté et tout
éperonné de l’imagination de Victor Hugo. Rien n’est moins ressemblant que ce portrait, sorte de statue de bronze et de boue, élevée par le poète, pour servir de cible à ses traits acérés, disons
le mot, à ses crachats." Victor Hugo a passé sa vie a édifier son propre piédestal. Il lui fallait un contre-modèle à son génie : il cru l'avoir trouvé en Napoléon III. Si celui-ci l'avait
nommé ministre de l'Instruction Publique, il en eu sans doute été tout autrement, et le poète aurait probablement continué à faire partie des invités des dîners présidentiels de l'Élysée, puis
peut-être des dîners impériaux des Tuileries. De toute façon, même en considérant le personnage historique de Napoléon III tel qu'il était en réalité, il n'y a pas de comparaison pertinente à
faire de lui avec Sarkozy : l'itinéraire de leurs vies, leurs caractères, leurs époques respectives font qu'ils ne se ressemblent en rien...Le fait de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier" pourrait faire dire à certains que, de fait, que je le veuille ou non, je marche dans les pas du Victor Hugo des Châtiments et de Napoléon le petit. Il y a pourtant, de toute façon, une différence entre lui et moi : Victor Hugo était un déçu du bonapartisme, alors que je ne suis pas, et ne serai jamais, un déçu du sarkozysme, dans la mesure où je l'ai toujours combattu...
Mais venons-en au fait : pourquoi ai-je choisi de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier" ? Cela remonte en fait à l'affaire du cliché de la Maison Blanche, l'année dernière...
Du 9 au 12 septembre 2006, Sarkozy se rend à Washington pour faire allégeance à l'un des plus mauvais présidents que les États-Unis d'Amérique aient jamais connu : le républicain George W. ("Dobeliou") Bush. Reçu à la Maison Blanche le 12 septembre, Talonnette Ier se fait photographier avec "Dobeliou", et bien qu'étant ministre d'Etat, se met à critiquer, sur le sol américain, la politique étrangère du gouvernement français, dont il fait pourtant partie. Plus de trois ans après la crise diplomatique franco-américaine au cours de laquelle la France s'était opposée, fermement mais sagement, à la guerre menée par les États-Unis en Irak, il dénonce ainsi, devant un public américain, ce même 12 septembre, la "grandiloquence stérile" d'"une France arrogante et pas assez présente", affirmant également qu'"il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras, ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés." Par ailleurs, au lieu d'évoquer l'indispensable indépendance de la France vis-à-vis de l'hyper-puissance américaine, Sarkozy préfère parler, pour son pays, de la simple nécessité d'"une position autonome vis à vis des États-Unis".
L'autonomie plutôt que l'indépendance, donc. Pour Sarkozy, on le sait, "les mots ont un sens"... Alors que les Français rejettent toute politique étrangère atlantiste dans laquelle la France serait le caniche des États-Unis, alors que le peuple a approuvé, à une très large majorité, la position de Chirac refusant de cautionner la désastreuse guerre d'Irak provoquée par Bush en 2003, l'attitude de révérence de Sarkozy à l'égard de "Dobeliou" fait évidemment scandale...
Devant des proches, Jacques Chirac commente alors ainsi la faute politique que représente l'attitude, qualifiée par lui de "lamentable", qu'a été celle de Sarkozy aux États-Unis :
"Nicolas, décidément, ne sera jamais fini. Pour se prouver qu'il compte, une force intérieure le pousse à briser ce qui fait consensus, par
exemple la politique étrangère. C'est électoralement absurde."
(Jacques Chirac, à propos de Sarkozy, cité in Marianne N°492 [du 23 au 29 septembre 2006])
(Jacques Chirac, à propos de Sarkozy, cité in Marianne N°492 [du 23 au 29 septembre 2006])
De ce voyage controversé à Washington reste la photographie de Sarkozy serrant la main de Bush à La Maison Blanche, le 12 septembre 2006, celle que l'on a qualifiée alors de "photo dont tout le monde parle", mais que l'on déjà quelque peu oublié aujourd'hui. Sur ce cliché, Sarkozy, à gauche, serre donc la main du président Bush, à droite. Jusque là, rien de bien surprenant... sauf que cette photo comporte tout de même une énigme : la tête de Sarkozy, qui mesure 1,68 m, semble à peu près à la même hauteur que celle de "Dobeliou", qui mesure 1,83 m.
Comment est-ce possible ?
Serait-ce un miracle ? Sarkozy aurait-t-il grandi ? Ce serait alors un cas de croissance spectaculaire, dans la mesure où le Canard Enchaîné a reproduit
dans son numéro du 20 septembre, en comparaison avec le cliché de Washington, une photographie datant de 2004, représentant Sarkozy au côté de son ami acteur américain et scientologue Tom Cruise,
qui, bien que mesurant 1,68 m, semble plus grand que l'actuel candidat de l'UMP !La photo officielle diffusée par les services de la Maison Blanche a fait malheureusement l'objet d'un recadrage, mais la photographie entière, telle qu'elle a également été diffusée dans la presse, laisse apparaitre, sur la droite, l'ambassadeur de France aux États-Unis, qui était présent dans la pièce où Bush et Sarkozy se sont rencontrés, et qui a donc lui aussi été immortalisé par le photographe. Le journaliste Philippe Cohen, dans le journal Marianne (N°492 [du 23 au 29 septembre 2006]), n'a pas manqué de commenter cette photographie originale non tronquée, sur laquelle "on voit que le regard de l'ambassadeur est rivé au "miracle" qui, manifestement, se situe au niveau des pieds de Nicolas Sarkozy. A chacun de deviner ce qui l'étonne : tabouret ou lévitation ? "
Et s'il s'agissait, finalement d'une histoire de talonnettes ? Pour le Canard Enchaîné, l'affaire est entendue : "Seule explication raisonnable aux yeux du "Canard", il s'agit d'un des secrets les mieux gardés de la République : Sarko a grandi ! Oui, le premier flic du pays a gagné quelque 20 centimètres en deux ans, un vrai miracle de la nature... Et un peu, aussi, de son cordonnier : une autre photo publiée quelques semaines plus tard par "Libé[ration]" (31/10) montrera que les chaussures sur mesure de Sarko possèdent des talonnettes impressionnantes. On le savait déjà, mais l'homme a des talons cachés." (Les Dossiers du Canard Enchaîné N°102, 2006 : le grand bêtisier de l'actualité, décembre 2006)
Rappelons que, dans le sens qui nous intéresse, la talonnette est une "lamelle placée à l'intérieur de la chaussure, sous le talon du pied, dans un but orthopédique ou esthétique" (définition du Petit Larousse).
Des talonnettes "impressionnantes" auraient donc, en effet, été ajoutés aux chaussures de Sarkozy... Ajoutées à des talons vraisemblablement déjà conséquents quant à leur hauteur, ces lamelles pourraient en effet expliquer l'anomalie de la fameuse photographie de la Maison Blanche... S'il est déjà assez rare de pouvoir vérifier la hauteur des talons des chaussures de Sarkozy sous l'objectif des caméras, il est évidemment impossible de voir ces fameuses talonnettes, par définition cachées dans la chaussure, même si l'on peut toutefois percevoir l'effet qu'elles produisent...
Etre complexé par sa petite taille au point d'essayer de se grandir avec des talonnettes : Sarkozy n'est-il donc pas en mesure d'assumer ce qu'il est ? Manipulateur des médias, Talonnette Ier en est bel et bien aussi l'esclave quand il se donne autant de mal pour paraitre ce qu'il n'est pas...
Dès lors, on peut bien se moquer de lui de façon caustique, vu que, par son comportement plutôt ridicule pour quelqu'un qui aspire à se voir confier la
plus haute charge de l'État, il ne peut que s'exposer lui-même à la critique satirique sur son complexe de taille... Quand on cherche le bâton pour se faire battre, il ne faut pas s'étonner des
conséquences... Et pourtant, Dieu sait si je ne suis pas du genre à me moquer de la taille des gens...Voila donc pourquoi j'ai choisi de surnommer Sarkozy "Talonnette Ier"... Ce surnom me parait infiniment plus personnalisé que je ne sais quelle comparaison fumeuse avec Napoléon...
Le roi de France Louis XIV n'avait pas honte, lui, de se faire représenter avec des chaussures à talons hauts. C'est notamment le cas dans son célèbre portrait en costume de sacre, peint par Hyacinthe Rigaud en 1701. On y voit notamment que les chaussures royales étaient en effet dotés de talons rouges de taille importantes et particulièrement mis en valeur par rapport à la blancheur de la partie supérieures des chaussures - elle-même mise en valeur par une sorte de noeud rouge... Pourquoi Sarkozy fait-il tout ce qu'il peut pour paraitre plus grand qu'il ne l'est sans ce que cela puisse se voir en principe ? Homme soumis aux contraintes des médias qu'il utilise, il doit apparaitre sous son meilleur jour, en toute circonstance, en s'efforcant de brider sa nature nerveuse lorsque cela s'impose, et, surtout, en présentant une image de lui la plus parfaite possible, y compris, semble-t-il, au niveau de la taille... L'idéal physique de la mode d'aujourd'hui tend plus que jamais vers la recherche de la perfection... C'est là tout le problème... Si Sarkozy veut jouer à ce jeu-là, grand bien lui fasse, mais la forme se saurait masquer le fond en permanence, et, assurément, Talonnette Ier ferait mieux de s'assumer véritablement tel qu'il est...
Mais, honnêtement, si ce n'était que cela, ce ne serait vraiment pas grave... Lorsque je regarde cette photo de Sarkozy serrant la main de Bush, je constate, plus sérieusement, sur le fond, combien ce candidat ex-ministre est un danger public pour les Français, pour la France, et pour la place de notre pays dans le monde... Je ne suis heureusement pas le seul à faire cette constatation...
"Je considère que Nicolas Sarkozy est un danger public. Cet homme incarne la vraie droite. Intellectuellement, il est dans la
philosophie de l'optimum des marchés et de la disparition de la régulation étatique. [...] J'ai trois raisons de me méfier de lui. D'abord, ce ministre de l'Intérieur aime, électoralement, que
la police se voie. Or la police ne travaille bien que quand on ne la regarde pas ! C'est quand on ne la regarde pas qu'elle peut être flexible, dire à un délinquant: «Ne recommence pas, on t'a
repéré…» Simplement, ce discours n'est pas présentable à une opinion répressive: la police que les gens aiment voir, c'est celle qui tape. C'est parce qu'il est fait de cette manière que
Nicolas Sarkozy a involontairement mis le feu à la banlieue. Je pense que cela se reproduira et qu'il nous mettra le feu partout… La deuxième raison tient à l'influence diplomatique de la
France. Qu'est-ce que le monde d'aujourd'hui ? Quelques géants, les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie… La France émerge en influence principalement à cause des amitiés que nous
avons gardées dans toute l'Afrique et dans le Moyen-Orient. Or, après le ralliement obséquieux de Nicolas Sarkozy à George Bush, il suffirait qu'il soit élu pour détériorer d'un coup toutes ces
relations ! L'idée même de son élection fait horreur à la plupart des dirigeants africains et à tous ceux du Moyen-Orient. Sarkozy est un luxe que la France ne pourra pas se permettre, il
coûtera trop cher. Enfin, je ne peux pas supporter un homme qui a tenté de s'opposer au gel du corps électoral de la Nouvelle-Calédonie pour des raisons électoralistes. C'était une parole de la
France, engagée depuis plus de quinze ans. Que la France puisse se déshonorer une fois de plus, alors que ce conflit s'est ouvert sur un manquement à la parole donnée... Voilà pourquoi je suis
inquiet devant le risque, important, que Nicolas Sarkozy soit élu, et je mets en garde les Français : cet homme est un danger public. "
(Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, propos recueillis par Elise Karlin et Eric Mandonnet, L'Express, 21 février 2007)
(Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, propos recueillis par Elise Karlin et Eric Mandonnet, L'Express, 21 février 2007)
Je n'ignore pas que Michel Rocard aurait sans doute préféré que la candidate socialiste Ségolène Royal se désiste en sa faveur. Je n'ignore pas non plus son pessimisme, voire son défaitisme, quant à l'issue de cette élection. Pour autant, ses propos tenus devant les journalistes de l'Express sont justes, bien qu'un peu trop mesurés à mon goût...
Et puis, il y a les fameux propos aberrants concernant la génétique que Sarkozy a tenu devant Michel Onfray, et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler (voir le message "Campagne présidentielle : Arnaque et Déraison Générales ?")... Le Canard Enchaîné y a consacré un article assez savoureux :
« Les gènes de Sarko ont parlé !
Le candidat de l'UMP a donc tranché : la pédophilie, les tendances suicidaires, c'est dans les gènes ("Philosophie Magazine", avril 2007) : "On nait pédophile et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie (...). Il y a 1 000 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année... génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable." Parole de Sarko ! Généticiens, biologistes et psychologues sont donc priés de suivre la vérité d'un ex-ministre de l'Intérieur. Et l'archevêque de Paris, qui a osé critiquer Sarkozy au nom de la "liberté humaine", est prié de s'occuper de ses ouailles. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle Mgr André Vingt-Trois - comme les vingt-trois paires de chromosomes - qu'il doit causer génétique !
Quant à nous, sans attendre les conclusions du
débat entre l'inné et l'acquis [...], et pour satisfaire la curiosité des électeurs [...], nous avons fait analyser dans le laboratoire spécial du "Canard" le code génétique de Sarkozy. Les
résultats sont édifiants et, disons-le en toute objectivité, en faveur du candidat UMP : non, Sarkozy n'est pour rien dans son comportement bizarroïde ! C'est la faute à ses chromosomes, c'est
écrit dans son ADN.
Ainsi avons-nous pu isoler le gène mal connu de la traîtrise (XYT) qui explique clairement sa carrière politique depuis sa conquête de la mairie de Neuilly, dans le dos de son parrain Pasqua. Depuis, il a essayé de guérir sa traîtrophilie, mais en vain. Il récidive en 1995, trahissant son protecteur Chirac pour rejoindre Balladur. Comme il le dit lui-même : "C'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas guérir cette pathologie." Dure leçon de déterminisme ? Pas tant que ça, car, malgré ses gènes gênants, il assure aujourd'hui : "J'ai changé." Traduit en language scientifique, cela veut dire "J'ai muté." Voila qui relance le débat : sous l'effet de quel rayonnement Sarkozy s'est-il fait lifter sa double hélice ? La vérité est bouleversante. Quel que soit son inné, quels que soient ses acquis - mobiliers et immobiliers -, le chef de l'UMP est un véritable OGM : un olibrius génétiquement modifié. »
(F.P., in Le Canard Enchaîné N°4511, 11 avril 2007)
Le candidat de l'UMP a donc tranché : la pédophilie, les tendances suicidaires, c'est dans les gènes ("Philosophie Magazine", avril 2007) : "On nait pédophile et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie (...). Il y a 1 000 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année... génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable." Parole de Sarko ! Généticiens, biologistes et psychologues sont donc priés de suivre la vérité d'un ex-ministre de l'Intérieur. Et l'archevêque de Paris, qui a osé critiquer Sarkozy au nom de la "liberté humaine", est prié de s'occuper de ses ouailles. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle Mgr André Vingt-Trois - comme les vingt-trois paires de chromosomes - qu'il doit causer génétique !
Quant à nous, sans attendre les conclusions du
débat entre l'inné et l'acquis [...], et pour satisfaire la curiosité des électeurs [...], nous avons fait analyser dans le laboratoire spécial du "Canard" le code génétique de Sarkozy. Les
résultats sont édifiants et, disons-le en toute objectivité, en faveur du candidat UMP : non, Sarkozy n'est pour rien dans son comportement bizarroïde ! C'est la faute à ses chromosomes, c'est
écrit dans son ADN.Ainsi avons-nous pu isoler le gène mal connu de la traîtrise (XYT) qui explique clairement sa carrière politique depuis sa conquête de la mairie de Neuilly, dans le dos de son parrain Pasqua. Depuis, il a essayé de guérir sa traîtrophilie, mais en vain. Il récidive en 1995, trahissant son protecteur Chirac pour rejoindre Balladur. Comme il le dit lui-même : "C'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas guérir cette pathologie." Dure leçon de déterminisme ? Pas tant que ça, car, malgré ses gènes gênants, il assure aujourd'hui : "J'ai changé." Traduit en language scientifique, cela veut dire "J'ai muté." Voila qui relance le débat : sous l'effet de quel rayonnement Sarkozy s'est-il fait lifter sa double hélice ? La vérité est bouleversante. Quel que soit son inné, quels que soient ses acquis - mobiliers et immobiliers -, le chef de l'UMP est un véritable OGM : un olibrius génétiquement modifié. »
(F.P., in Le Canard Enchaîné N°4511, 11 avril 2007)
Que l'on ne me parle pas, avec tout cela, de comparaison fumeuse avec Napoléon... Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'est ni César, ni Napoléon Ier, ni Napoléon III, ni De Gaulle, ni un dieu, ... ni même le diable incarné : ce serait encore lui faire trop d'honneur...
Cordialement, :-)
Hyarion, citoyen résolument anti-sarkozyste.
(Illustrations : Caricature de Sarkozy en Napoléon, par Kiro, sans date [vers 2005-2006] ; Détail du tableau le Sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, huile sur toile
[1805-1807] par Jacques-Louis David, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Cécilia et Nicolas Sarkozy, par Cabu, publiée dans le Canard Enchaîné N°4387,
24 novembre 2004 ; Napoléon III, huile sur toile [1857] par Franz-Xaver Winterhalter, Compiègne, Musée du Second Empire, château de Compiègne ; Sarkozy et
George W. Bush, photographie des services de La Maison Blanche, Washington DC, septembre 2006 ; Louis XIV, roi de France, portrait en pied en costume
royal, huile sur toile [1701] par Hyacinthe Rigaud, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Sarkozy par Plantu, publiée dans le
Monde du 13 avril 2007)
Par Hyarion
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Publié dans : Campagne présidentielle (janvier - mai 2007)
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T
Sarkozy de Nagy-Bocsa a déclaré, le 14 janvier dernier : "
Q
"Avec près de 40 % de gens qui ne savent pas pour qui voter [...], cela donne aux sondages une valeur très relative. Tout est possible. Les élections
présidentielles ont toujours réservé des surprises, celle-là risque d'en réserver encore plus que les autres. [...] Sarkozy n'est pas à l'abri d'une surprise. Royal peut très bien être devant
lui. Bayrou ne sera pas au second tour, et il ne se prononcera ni pour Sarkozy ni pour Royal. Dans un cas, son combat n'aurait plus de sens. Dans l'autre, ses députés seraient dans la merde.
[...] Bayrou va se draper dans le ni droite ni gauche et se dire que la prochaine fois, en 2012, ce sera pour lui."
Comment se fait-il, dès
lors, que moi, pauvre pouilleux de Midi-Pyrénées, lorsque je me rends à Paris, comme je le fais régulièrement, visiter, par exemple, le Musée du Louvre, je sois obligé de tenir compte
systématiquement du fait que l'ensemble des salles d'exposition dudit Musée du Louvre ne peuvent pas être ouvertes au public en même temps, les mêmes jours, aux mêmes heures, par manque de
personnel de surveillance et donc faute de moyens suffisants ?
"Si je
situe mes propos au niveau le plus bas qui soit, si je parle comme tout un chacun, aucun étudiant, aucun bourgeois, aucun privilégié ne comprend une allusion à un classique ou à la Bible. Ils
n'ont rien lu. Tout doit être expliqué. On pourrait inventer un exercice passablement amusant qui consisterait à afficher sur un mur une vingtaine d'éditions de l'oeuvre de Shakespeare,
éditions qui seraient parues entre 1850 et 1992. A chaque réédition, les notes liminaires deviennent de plus en plus longues et de plus en plus élémentaires. Il y a vingt ans, la dernière
édition d'un livre de poche notait qu'Aphrodite était une vénus, païenne, déesse de l'Amour. Au fur et à mesure que les notes liminaires se multiplient, le texte devient de plus en plus mince
et de plus en plus lointain ; il s'éclipse dans un océan de commentaires élémentaires et il se noie, à une autre échelle, dans une mer d'érudition. La crise est telle qu'il faut tout expliquer
de A à Z, car il est aujourd'hui impossible de lire les classiques et les grands textes sans donner aux étudiants des exercices d'écoliers de bas étage pour leur en faciliter l'accès. Cela
implique une éventualité redoutable : de très grands textes seront réservés à d'heureux moines qui sauront les lire et les apprécier entre eux, dans des maisons de lecture ou des séminaires de
clercs à l'instar de ce qui s'est passé entre le VIe siècle et la Renaissance où seuls de grands maîtres suisses lisaient Horace, Cicéron, Tite-Live, Plaute. Ce ne serait certes pas une
catastrophe. Nous avons connu une trop longue période depuis le début du XIXe siècle où chacun croyait être capable de tout lire, dans l'euphorie de la facilité et du factice. Eh bien non,
décidément non. Des maisons de lecture surgiront ; on pourra y apprendre à lire autre chose qu'un message télévisuel ou un journal. Les universités continueront de diffuser la culture
scientifique, mais le sort des Lettres et des Humanités est plus douteux."
L
Voila donc ce qui se cachait derrière le
soutien de façade de Chirac au candidat Sarkozy, au-delà de la nécessité de sauver les apparences vis-à-vis du vote d'investiture sarkozyste des membres de l'UMP : la promesse d'une amnistie
déguisée concernant les dernières affaires judiciaires de Chirac non encore enterrées... Il n'y a là rien d'étonnant. La consigne de Chirac, qui sert de devise à ce blog ("
En France, on a trop souvent tendance à
rendre les institutions responsables des problèmes du pays... Vieille tradition remontant à la Révolution française... D'où les propositions de suppression de la Ve République, qui serait
remplacé par un nouveau régime, celui d'une "VIe République", laquelle ne manquerait pas, selon ceux qui souhaitent ce changement de régime, de résoudre tous les problèmes que connait la vie
politique de notre pays. Les choses ne sont pourtant pas aussi simples...
- Le système de la Ve République,
conçu pour compenser l'absence du fait majoritaire, ne s'est pas adapté à la naissance de celui-ci. A l'époque où le président François Mitterrand et les socialistes au pouvoir avait mis en place
la proportionnelle, de façon éphémère et circonstancié, en 1985-1986, on avait alors déjà souligné l'injustice et le risque de clientélisme liés au scrutin majoritaire. La représentation des
citoyens au Parlement doit être la plus juste possible. Or, l'évolution vers un régime présidentiel rend désormais possible l’usage de la proportionnelle, en totalité ou en partie, pour
l’élection des députés, puisque la stabilité gouvernementale ne peut pas être mise en cause. Dans ce contexte, l'introduction d'une part de proportionnelle (20 %, par exemple) pour l'élection des
députés est tout à fait envisageable, et même souhaitable.
L’affectation des énarques devrait prendre en compte les compétences de chacun - ainsi que les choix de carrière, de façon plus accessoire
- et non pas le seul rang de sortie desdits énarques. Il faut en finir avec ces dérives que connaissent les hauts fonctionnaires, celle du "pantouflage" - abandon du service de l'État pour celui
d'une entreprise privée -, et celle de la politisation. Les énarques devraient avoir l'obligation de travailler dans l’administration et ne pas aller rapidement "pantoufler" dans le secteur
privé, comme ils le font trop souvent, et ils devraient tous se contenter de faire ce pourquoi ils ont été formé, c'est-à-dire administrer - ce qu'ils font très bien, en principe - et non pas
monopoliser les responsabilités politiques au dépends de la société civile, car la politique n'est évidemment pas un métier, contrairement à ce qu'a pu dire Jacques Chirac, ancien élève de
l'É.N.A. devenu président de la République...
La campagne électorale persiste à ne pas voler bien haut... Et cela, tout le monde peut
le constater, y compris nos voisins européens... En Belgique, par exemple, ladite campagne ne semble pas faire meilleure impression qu'en France :
Pour avoir participé à des opérations de dépouillement des bulletins de vote - à l'occasion des
élections régionales de 2004 -, je suis convaincu que le vote sur papier est infiniment plus sûr et transparant que ne le sera jamais un vote avec un ordinateur.
"Arrivée du Ministre de l'intérieur avec un quart d'heure
d'avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de
blog et me toise - bien qu'assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l'une d'entre elles est animée d'un incessant mouvement de nervosité, le pied n'arrête pas de
bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d'adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en
rajoute dans la nervosité, plus j'exhibe mon calme.
Nous allions vers la fin de notre entretien. J'étais le libertaire qui défend la loi,
il était le disciplinaire qui célébrait la transgression ! Le ministre de l'Intérieur ne trouvait aux règles qu'une bonne raison d'exister : la possibilité de les ignorer ; le philosophe
nietzschéen parlait pour peu d'interdits, mais pour des interdits majeurs, fondateurs de communautés qui, sinon, deviennent impossibles. Et le premier n'excluait pas de partir en vacances avec le
second - qui, lui, n'envisageait pas la chose... Le monde à l'envers !
Dans ce contexte, comment ne pas penser que Chirac, en affirmant soutenir celui qui l'a trahi en 1993-1995, n'a fait que sauver les apparences ? Il s'est incliné devant la décision,
légèrement téléphonée, des militants de l'UMP de désigner Sarkozy comme candidat à sa succession à la magistrature suprême. Le fait est qu'après les défaites de la droite aux élections régionales
et européennes en 2004, puis l'échec personnel du président en 2005, avec la victoire du "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen, Chirac n'avait plus d'espace politique pour
tenter l'aventure d'une deuxième réélection à la présidence de la République. Par ailleurs, son actuel Premier ministre en fin de course, le très chiraquien Dominique Galouzeau de Villepin, a
été, pour sa part, incapable de s'imposer politiquement à droite, et donc de constituer une véritable alternative face à Talonnette Ier. Jacques Chirac, malgré tous ces efforts, n'a donc pas
réussi à empêcher l'ascension de Sarkozy, "
Voila des propos qui donnent une idée de la nature du soutien de Chirac à Sarkozy : il
s'agit essentiellement de ne pas désavouer la décision des membres de l'UMP, mais en aucun cas de cautionner les idées du candidat choisi par le parti. Et, du reste, qui peut affirmer que Chirac
a pardonné à Talonnette Ier sa trahison ? Le soutien du chef de l'État ressemble à celui que François Mitterrand avait accordé, du bout des lèvres, au candidat socialiste Lionel Jospin en 1995,
voire à celui, sans doute encore plus mesuré, que Jacques Chirac avait lui-même accordé "personnellement", et visiblement à contre-coeur, entre les deux tours de l'élection présidentielle de
1981, au président sortant Valéry Giscard d'Estaing, candidat de l'UDF : Chirac, après avoir été le Premier ministre de Giscard de 1974 à 1976, avait rompu avec lui, n'ayant pas apprécié d'être
maintenu dans un rôle subalterne par le président de l'époque, et on sait qu'il est fort probable que les responsables du RPR, en 1981, ont tout fait pour favoriser la victoire de Mitterrand face
à Giscard... Le soutien de Chirac accordé à Sarkozy est, assurément, comme pour Giscard en 1981, un soutien de façade...
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