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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 23:59
J'ai donc passé les journées de samedi et de dimanche derniers (15 et 16 septembre) au Forum des Démocrates qui avait lieu à Seignosse-Le Penon, station balnéaire de la commune de Seignosse (Landes), au bord de l'océan Atlantique. Par où pourrais-je bien commencer ? Il y aurait tant à dire, ou plutôt à écrire... Je vais essayer d'être le moins confus possible, en racontant simplement ce que j'y ai vu et entendu... Puisque je ne suis pas un journaliste, mais un simple témoin participant, je me contenterais de rapporter ce que j'ai vu et entendu durant mon séjour, non sans donner toutefois mes impressions, bien entendu.

Samedi 15 septembre :

J'arrive sur place en fin de matinée, après un voyage en train de Toulouse jusqu'à Bayonne, puis en bus de Bayonne à Seignosse, ce qui m'a permis de revoir une région - celle de Bayonne et d'Anglet - où j'ai plusieurs fois eu l'occasion de venir en vacances dans mon enfance. A peine arrivé au village VVF où avait lieu le Forum, je retrouve, complètement par hasard,
"Lex" Labarthe, avec qui j'ai assisté, dès 12h30, à ce que l'on pourrait appeler une réunion autogérée à laquelle étaient conviés, dans un coin de salle, les membres, militants et élus du MoDem de la Haute-Garonne et, plus largement, de l'ensemble de la région Midi-Pyrénées, qui avaient pû faire le déplacement : cela a été une bonne occasion de déplorer le manque de communication des responsables locaux du parti avec les adhérents durant les derniers mois, manque essentiellement dû au fait que la liste des membres du nouveau parti a longtemps - trop longtemps - été retenu par le siège de Paris. Les choses devraient maintenenant rentrer dans l'ordre, et il a été par ailleurs convenu de l'utilité d'organiser des liens entre les différentes fédérations de la région afin de ne pas rester isolés chacun dans son département, les difficultés pour faire vivre le Mouvement étant parfois difficile selon l'endroit où l'on se trouve dans la région la plus grande de France, Midi-Pyrénées. Les débats me paraissent plutôt francs, suffisemment en tout cas pour laisser paraître des désaccords en ce qui concerne notamment la stratégie électorale à adopter pour les prochaines élections municipales de 2008. De fait, à l'issue de la discussion, de nombreuses inconnues subsistent, notamment en ce qui concernent l'éventualité de présenter des listes autonomes du MoDem sans alliance préalable avec l'UMP ou le PS... J'estime personnellement que la conduite de listes autonomes, là où celà est possible, et une des conditions essentielles à l'affirmation de l'indépendance du MoDem, mais qui pourrait pourrait bien les conduire, notamment à Toulouse ? La réunion se termine sans avoir apporté de réponse. Souhaitons qu'une solution soit rapidement trouvé. Je note qu'il n'a pas une seule fois été question du rôle des jeunes démocrates dans la vie locale du parti, mais il est vrai que l'on m'avait prévenu : on ne viendra pas forcément nous chercher, nous les 25-30 ans...

Le Forum, mis en place notamment par le député européen Jean-Marie Cavada, est organisé autour d'ateliers, ouverts à tous, traitant soit de sujets de fond, soit de la vie, de l'organisation et du rôle du MoDem, des ateliers de formation d'élus étant également prévus. J'aimerai toutefois d'abord voir les démocrates parisiens que je connais, car les occasions de ce genre sont peu fréquentes. Après avoir fait un petit tour au bord de l'océan, au delà des dunes de sable, sous un soleil ardent, je retrouve donc ensuite - non sans quelque difficulté, car le VVF est un vrai labyrinthe pour le néophyte, d'autant plus que le Forum a attiré beaucoup de monde - mes amis bloggeurs du "MoDem 4.0", groupe informel de jeunes démocrates parisiens dont j'ai rencontré plusieurs membres lors de mon dernier voyage à Paris, en juin dernier. Certains sont absents, et seront regrettés, mais il y a
GuillaumeD, Thibault (Blog "Génération Démocrate") - tout deux avec qui je loge dans un appartement au pied d'une dune -, Marie-Isabelle (Blog "MIP au MoDem"), Virginie Votier, que je connais déjà tous, ainsi que Benjamin Sauzay (Blog "Orange-rouge-vert") et bien sûr, Quitterie Delmas (Blog "Les Jeunes libres"), la "star de la télé" et "égérie de la blogosphère démocrate" que l'on ne présente plus... ;o) Je suis très content de les voir tous, car rien ne remplace les rencontres concrètes comme celle-ci.

En fait, des "stars de la télé", ce n'est pas ce qui manque au Forum : des journalistes, des politiques, faciles à reconnaître, et même à aborder pour certains, et qui auront eu, plus que les autres, leur moment de notoriété, toute relative du reste... La présence de tout ce beau monde tombe à point nommé, car il va justement être question de médias...
16h30 : soucieux d'apporter à Quitterie le soutien du courant démocrate anarcho-monarchiste - que je réussis sans peine à incarner à moi tout seul (fortiche, non ?) - je l'accompagne, avec Virginie, son soutien de toujours, à un débat hors-programme organisé dans une salle où la chaleur règne malgré les portes et fenêtres grandes ouvertes. Le sujet : l'indépendance des médias en question. Parmis les journalistes invités - Quitterie est la seule représentante liée au monde politique et au MoDem, et la seule femme, qui plus est -, il y a Philippe Lefait, présentateur de l'émission télévisée culturelle Les mots de minuit, diffusée sur France 2, tard dans la nuit. Il dit des choses justes sur ce qu'est devenu le journalisme aujourd'hui : à l'origine, le journaliste était un citoyen s'adressant au citoyen, alors qu'aujourd'hui le journaliste tend à devenir un vendeur qui s'adresse à un consommateur, la technologie moderne - notamment l'Internet - et le marché réduisant la capacité de médiation - au sens propre du terme - du journaliste. Son constat général est un constat de crise, marqué par des médias très puissants, mais aussi par des journalistes dont la position est désormais fragilisée. Un autre participant, John-Paul Lepers, ancien journaliste de Canal+ et créateur de la chaîne de télévision en ligne LaTéléLibre.fr, évoque l'existence aujourd'hui d'une nouvelle responsabilisation du journaliste, grâce au contrôle exercé par les citoyens - devenus "citoyens-journalistes" - via Internet. Quitterie Delmas souligne que les internautes peuvent effectivement désormais aider les journalistes à transmettre une réalité, étant ensuite précisé qu'il convient de distinguer le journaliste, qui transmet de l'information, du bloggeur internaute qui transmet de l'expression... Philippe Lefait apporte une nuance en attirant l'attention sur le fait que les nouveaux médias, par rapport aux anciens médias traditionels, ont une tendance à disperser l'information, ce qu'il est important de retenir - mais qu'est ce qui est important désormais à retenir ? ajoute-t-il... Le débat se poursuit, avec interventions du public, au début clairsemé, puis plus nombreux, et se termine sur le constat que chacun doit pouvoir changer sa façon de "consommer" l'information et faire preuve d'esprit critique par rapport à ce qu'il lit, voit et entend dans les médias, Lefait ayant toutefois recommandé à l'assistance, avant de partir, de ne pas être "consommateur" d'information, et de faire un choix, au lieu de "zapper"... C'était "une bonne table", pour reprendre l'expression de Virginie... ;-)

18h30-19h00 : c'est l'heure d'aller tous assister, dans une grande salle un peu à l'écart, à un grand débat de politique générale autour de François Bayrou et des élus du MoDem sur la construction du Mouvement Démocrate. Au début, l'enthousiasme et la bonne humeur domine. Un ancien membre du parti des Verts, qui a rejoint le MoDem avec Jean-Luc Bennhamias, présente la synthèse des ateliers sur l’organisation du MoDem : prononçant le nom de Bayrou "Bairou", il est plusieurs fois rappelé amicalement à l'ordre par le public amusé jusqu'à ce qu'il prononce correctement "Baïrou"... Mais, en fait, dès avant le début de la réunion publique, on envisage que ledit débat puisse devenir rapidement tendu, car il y a désaccord entre ceux qui, comme François Bayrou, veulent que le MoDem soit un parti complètement uni et sans courants en son sein, et plusieurs des élus UDF restés au MoDem, qui - tout comme, par ailleurs, Corinne Lepage et son mouvement écologiste Cap 21- souhaiteraient que les parties prenantes du MoDem gardent une existence distincte, au lieu de se fondre dans un nouveau parti. Ces élus UDF s'expriment par la voix du nouveau député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoit - dont la position, trop complaisante à l'égard de Sarkozy et du gouvernement actuel, n'est pas bien accueillie par le public, c'est le moins que l'on puisse dire... -, et de l'ancien ministre Didier Bariani, qui déclare notamment "Je ne crois pas au shaker que l'on secoue et qui est prêt à consommer immédiatement". Très soutenu par la majorité des militants réunis dans la salle, Bayrou ne ménage guère, pour sa part, ces élus partisans d'une vague période de transition durant laquelle le MoDem ressemblerait à une sorte de confédération, confirmant son hostilité - déjà affichée par le passé - à l'existence de courants au sein du MoDem. Animateur du débat, Jean-Marie Cavada donne patiemment la parole à des personnes du public, lesquelles, il faut bien le reconnaître, n'avaient pas souvent de questions précises à poser... Les choses s'éternisent, jusqu'à au moins 23 heures... Je ressort de la salle avec un sentiment mitigé : d'un côté, il y a l'enthousiasme sincère de l'ensemble des membres du nouveau parti qui a été très clairement affiché, mais d'un autre côté, j'ai la sensation que le climat post-électoral de confusion, d'ambiguïté, de cuisine politicienne, de conflits latents, de tensions liées au comportement d'une direction perçue par beaucoup comme oligarchique, n'a pas disparu depuis les mois de mai et juin derniers... Beaucoup de questions restent sans réponse pour l'instant, même si l'espoir demeure. Le clou du spectacle aura donc été l'affrontement à fleurets mouchetés entre Bayrou et certains des élus du MoDem, ces derniers étant dès lors sans doute appelés à quitter le nouveau parti à l'occasion des prochaines élections municipales... J'allais toutefois oublier un détail pittoresque : le sabordage en direct de Yves de Chaisemartin, président des jeunes UDF, qui a annoncé, assez joyeusement, sa démission en direct à la tribune, de façon quelque peu incongrue, mais sous les applaudissements nourris du public. Comprenne qui pourra...

Après avoir dîné dans un restaurant qui a charitablement retardé sa fermeture pour nous permettre de lester nos estomacs - il était aux alentours de minuit -, je me rends, avec Quitterie et les autres membres du "MoDem 4.0", a un autre débat, informel celui-là, dans la salle où a eu lieu la réunion midi-pyrénéenne de 12h30. Corinne Lepage, qui était présente au débat précédent, et Quitterie l'animent, et si, au début, chacun doit élever la voix pour s'exprimer, car la fête du samedi soir bat son plein dans la salle voisine, bientôt un microphone circule parmi le petit groupe qui s'est formé, et qui est constitué de personnes venues de toute la France et parfois de plus loin (même de Russie, si je me souviens bien !)... Chacun, malgré l'heure tardive, éprouve le besoin de s'exprimer, de poser des questions, d'apporter son expérience. A 1 heure du matin, nous sommes encore là, en train de dialoguer sur l'avenir du MoDem, et chacun convient désormais que ce qui est vraiment important, pour l'avenir du Mouvement, n'est pas ce qui nous distingue les uns des autres mais ce que nous voulons faire ensemble. Pour certains, il est bientôt temps d'aller dormir, mais pour nous, moi, mes amis du "MoDem 4.0" et plusieurs autres, il est grand temps d'aller faire un tour du côté de la longue terrasse qui borde la salle, ainsi que le bar et la piste de dance voisins. Bientôt le champagne coule à flot sous le ciel étoilé : c'est François Van Zon, bloggeur ("Citoyen dilletante") et démocrate du XIVe arrondissement de Paris qui en amené plusieurs bouteilles : c'est le même champagne que celui bu à l'Assemblée Nationale, mais, attention, il n'y a pas que les députés qui en boivent (la preuve, ce samedi soir là...), et la provenance des bouteilles est légale à 100 % - du moins il me semble bien que c'est là la précision que m'a donné François (en même temps, à ce moment-là, la soirée était déjà bien avancé, si vous voyez ce que je veux dire...)... Jean-Marie Cavada, de fort bonne humeur, est passé nous voir plusieurs fois, allant de table en table, discutant avec tout le monde : il est le seul responsable a être resté à la fête, pour bavarder un peu avec nous une partie de la nuit. Puis, finalement, vers 4 heures du matin, il a tout de même fallu aller se coucher...

Dimanche 16 septembre

Après quelques heures de sommeil, et avant d'aller prendre un dernier repas et de nous séparer, chacun se rend à la grande salle du débat de la veille, pour écouter, à partir de 11h00-11h30, le discours de rentrée politique du patron. François Bayrou cède parfois à la facilité, et commet notamment quelques redites par rapport à ces discours précédents, mais son discours du jour produit les effets attendus sur son public, qui l'ovationne à maintes reprises. La partie du discours que j'ai préféré ? Celle dirigée contre Sarkozy de Nagy-Bocsa et le sarkozysme bien sûr... ;-) Une dépêche de l'agence de presse Reuters a évoqué ainsi les attaques que Bayrou a réservé à Sarkozy et à ses soutiens :

Bayrou, Sarkozy, le Cac 40 et la "jubilation des hot dogs"

François Bayrou a dénoncé dimanche les choix de Nicolas Sarkozy, dont il a moqué la fascination pour l'argent et les dernières vacances américaines.

"J'ai été frappé depuis longtemps (...) que tous ses choix montrent - même si parfois je soupçonne qu'il ne s'en rend pas compte ou qu'il en minimise la portée - qu'il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant [le modèle américain inégalitaire], mais à l'alignement sur ce modèle dominant", a déclaré le président du MoDem lors de son discours de clôture du forum de son mouvement politique dans les Landes.

François Bayrou a dénoncé "les signes multipliés au monde de l'argent, au Cac 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's, la peopolisation de la société, la vedettarisation de la politique".

Revenant sur la rencontre entre Nicolas Sarkozy et la famille Bush [le 11 août dernier] en marge de ses vacances d'été dans l'Est américain, le député béarnais a ironisé sur "la jubilation des hot dogs avec Bush père, Bush mère et Bush couple".

"Et que j'ai aimé ce jour là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !", a-t-il ajouté à propos de la femme du président français [qui s'était faite alors porter pâle], déclenchant les rires de la salle.

Evoquant l'atmosphère qui entoure selon lui le chef de l'Etat, François Bayrou a dénoncé "un concours de lèche permanente". "Le cirage de pompes et devenu un sport national dans notre pays".


(Dépêche de l'agence Reuters, 16 septembre 2007, 14h04)

Alors, évidemment, les esprits chagrins pourront peut-être crier à la bassesse, mais, en vérité je vous le dis, chers lecteurs : il n'y a pas de petit plaisir... ;-)

Pour le reste, François Bayrou a affirmé que "nous porterons un seul nom: le Mouvement démocrate" et a pris ses distances avec l'appelation "centriste" : "Dire centre, c'est se définir par rapport à la droite et la gauche, nous, nous sommes démocrates" a-t-il ainsi précisé. J'approuve cette évolution de sa part.
La ligne de Bayrou pour les élections municipales de mars 2008 est que le MoDem soit "présent dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au premier tour", sachant qu'il y aura "des cas où on devra, y compris avant le premier tour, envisager des majorités de rassemblement". Ainsi, comme celà était prévisible, il faudra examiner donc chaque situation locale au cas par cas... en tenant compte de l'avis des militants, celà va sans dire...

Le fait est que le projet du MoDem, parce qu'il se veut véritablement innovant, est très ambitieux. Je m'en félicites, mais je ne suis pas dupe des réalités propres à la politique, celles du pouvoir monopolisé et des ambitions qui vont avec... François Bayrou a proposé vendredi dernier un projet de charte des valeurs et un projet de charte éthique, qu'il nous propose de compléter et d'améliorer : c'est une bonne chose. Mais il faudra aller plus loin, et passer notamment des discours aux actes en ce qui concerne l'organisation du MoDem. Ainsi, à l'article II de la proposition de la charte éthique on peut lire : "Le Mouvement Démocrate respecte en son sein les principes démocratiques qu’il promeut à l’extérieur, notamment participation, information, liberté du débat, séparation des pouvoirs, transparence des décisions"... Chiche !

La date du Congrès fondateur du Mouvement Démocrate a été définitivement arrêtée : ce sera le 25 novembre prochain. Mais le chantier de construction du nouveau parti ne fait que commencer... et tout le monde doit pouvoir y prendre part...

Pour finir, j'aimerai exprimer ici combien j'ai été heureux, à l'occasion de ce Forum des Démocrates, de rencontrer Quitterie Delmas, Virginie Votier, Guillaume, Thibault, Marie-Isabelle, Benjamin, Alexandre... en somme, tous les bloggeurs démocrates que je connais par ailleurs sur la Toile. C'était vraiment bien, et rien que pour celà, je ne regrette pas le déplacement. J'espère, bien-sûr, que d'autres occasions se présenteront...

Bien amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustration : François Bayrou, président du MoDem, le 16 septembre 2007, à Seignosse, photographie de l'Agence France Presse ; ©Pierre Andrieu/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /2007 22:33
Plus de deux mois après l'envoi aux membres du MoDem, par François Bayrou, d'une lettre dans laquelle il annonçait notamment l'organisation d'Assises de la Démocratie pour la mi-septembre (voir l'article "Traversée démocrate du désert : fin des incertitudes..."), le premier grand rendez-vous du nouveau Mouvement Démocrate, rendez-vous finalement rebaptisé Forum des Démocrates, est sur le point d'avoir lieu. Ce Forum, qui fait office d'Université d'été pour le nouveau parti, s'ouvrira demain, jeudi 13 septembre, commencera ses travaux vendredi 14, et se poursuivra jusqu'à dimanche, 16 septembre. Il a lieu à Seignosse, au bord de l'océan Atlantique, dans le département aquitain des Landes, près de Bayonne. L'océan nous changera du désert à traverser, même s'il y aura encore du sable... ;-) Seignosse n'est pas très loin de Toulouse. J'y serai donc, pour ma part, le samedi et le dimanche.

Depuis les dernières élections législatives, il n'aura échappé à personne que le MoDem est resté jusqu'ici particulièrement discret sur le plan médiatique... jusqu'à la semaine dernière. Tout vient à point à qui sait attendre.

Bayrou poursuit la construction du MoDem au "Forum des démocrates" les 14-16 septembre

François Bayrou poursuivra la construction de son Mouvement démocrate (MoDem) lors d'un "Forum des démocrates", du 14 au 16 septembre à Seignosse (Landes).

Selon Jean-Marie Cavada, organisateur de ces rencontres de militants et d'élus, interrogé vendredi [7 septembre] par l'AFP, le Forum des démocrates constitue "la première salve" d'une série de manifestations prévues d'ici la fin de l'année.

Il doit être suivi à l'automne d'un Congrès fondateur du nouveau parti, et "probablement d'assises qui rassembleraient les candidats de l'UDF-MoDem aux municipales et cantonales", a indiqué le député européen.

M. Bayrou a lancé la construction de ce nouveau parti du centre le 10 mai à Paris lors d'un conseil national de l'UDF, après la présidentielle où il avait obtenu 18,57% des voix.

L'UDF-MoDem a présenté des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives de juin, mais n'a obtenu que 7,61% des voix au premier tour et quatre députés élus, dont M. Bayrou.

Selon M. Cavada, le Forum démocrate a déjà "2.500 inscrits, le double de l'université d'été de l'an dernier, bien que son budget soit la moitié".

Les participants tiendront vendredi et samedi deux débats de politique générale, le premier sur les élections municipales et cantonales, et le deuxième sur la construction du MoDem. François Bayrou prononcera son discours de rentrée le dimanche 16 à la mi-journée.

Elus et militants doivent travailler à l'élaboration d'une "charte des valeurs" et d'"une charte éthique", et réfléchir aux statuts et projet du nouveau parti.

Des ateliers et forums sont organisés autour de thèmes comme le prochain Grenelle de l'environnement, l'Europe, les sujets économiques et sociaux, ou institutionnels.

Sont notamment annoncés Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21 et l'ex membre des Verts Jean-Luc Bennahmias, parties prenantes du MoDem.

Le MoDem compte "45.000 à 50.000 adhésions confirmées, venant d'horizons diversifiés: UDF, centre-gauche, Verts, Cap 21, gauche ...", selon M. Cavada.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 septembre 2007, 12h52)

À l'occasion de ce Forum des Démocrates, le bureau départemental des jeunes démocrates de la Haute-Garonne a souhaité qu'il soit remis par écrit une contribution à la charte des valeurs du MoDem. Le 30 août dernier, une réunion-débat a donc eu lieu à Toulouse sur le thème "MoDem : quelle nouvelle offre politique, quelle organisation et quelle charte des valeurs ?". J'ai eu l'occasion d'y retrouver Alexandre Labarthe, dit "Lex", ainsi que de faire connaissance "en vrai" avec d'autres compagnons de route, qui se reconnaitront... ;-) Après une bonne soirée de discussion - consacrée à l'humanisme, à l'écologie, à l'engagement européen, à l'éthique et à la solidarité -, et après l'indispensable apéritif qui a suivi - et qui va avec ;-) -, nous nous sommes séparés après nous être mis d'accord sur le contenu de notre contribution écrite à la charte, contribution à la rédaction de laquelle j'ai modestement participé, avant et après cette réunion. Espérons que le contenu de cette contribution de quelques pages attirera l'attention de ceux à qui le document sera communiqué à l'occasion du Forum...

Le Forum du MoDem est un des derniers rendez-vous politiques de l'été. Le Parti Socialiste, pour sa part, a tenu son Université d'été à La Rochelle (Charente-Maritime) du 31 août au 2 septembre derniers, et à l'occasion de cette manifestation, certains socialistes se sont décidés à se poser sérieusement la question de savoir quelle attitude il convenait d'avoir vis-à-vis du MoDem...

Alliance, accord ou ignorance du Modem : les socialistes s'interrogent

Alliance, accord électoral ou totale ignorance du MoDem, la question a été samedi [1er septembre] au centre d'un débat animé à l'université d'été du PS sous la houlette de Pierre Moscovici qui, un peu seul, s'est dit favorable à un "dialogue" du PS avec le parti de François Bayrou.

"C'est la première fois qu'à une université d'été, on discute des rapports avec le centre, la chose aurait été impensable il y a dix ans", relève le député du Doubs, devant une centaine de militants réunis dans un "atelier" sur le thème "y a-t-il un centre?".

La raison de cet intérêt est évidemment le score de François Bayrou (18,5%) au premier tour de la présidentielle et son positionnement comme candidat "protestataire", alors que "la gauche n'a jamais été aussi faible et éclatée", souligne-t-il.

Alain Richard, ancien ministre de la Défense, a fait les calculs: "la gauche a perdu 6,7 points entre 2002 et 2007, 2,5 millions d'électeurs de gauche ont voté Bayrou" au premier tour, "tandis que 40% d'électeurs Bayrou ont voté Royal au deuxième tour et 20% se sont abstenus".

Pour Alain Richard, l'avenir du MoDem - "formation nouvelle, non stabilisée, qui va tâtonnant" - reste incertain et son étiage électoral reste autour de 8%. Pour Kader Arif, patron des fédérations du parti, "le MoDem n'existe pas, il n'a pas d'appareil constitué". "Je n'ai pas d'angoisse", affirme-t-il.

Toutefois, prévient M. Richard, aux municipales de mars, "aucun candidat socialiste ne sera indifférent à la discussion avec le MoDem" pour le second tour, à partir du moment où la liste centriste aura fait plus de 5%.

Le premier secrétaire François Hollande a fixé "une règle simple": "que ceux qui acceptent le rassemblement de la gauche, le projet municipal, l'opposition à Sarkozy viennent nous rejoindre au second tour".

Mais Pierre Moscovici va au-delà: il propose de "bâtir un processus de dialogue structuré, sans tabou ni illusion", avec le centre, mené "avec prudence" mais "portant sur le fond". Il s'agit d'ouvrir les "assises progressistes" que le PS appelle de ses voeux à la gauche, mais aussi à "ceux des centristes qui le souhaitent".

Chez les militants, c'est surtout le réflexe identitaire qui l'emporte: "il faut faire attention de ne pas vendre notre âme", prévient l'un d'eux. "Le glissement du PS vers le centre me gêne", il faut "affirmer nos valeurs", renchérit Yannick, de la Fédération de la Gironde.

"Il faut insister sur le clivage gauche-droite et faire en sorte que le centre n'existe pas!", propose un militant du Nord.

Cécile, de Paris, se dit favorable aux accords locaux avec le MoDem, "mais très réservée" sur le plan national, estimant que François Bayrou veut réduire le PS "à la portion congrue". Son camarade de Seine-Maritime propose un raccourci: "récupérer l'électorat du centre, sans chercher une alliance électorale".

Le député des Hautes-Pyrénées Pierre Forgues rappelle un principe qui fait consensus: "parler avec Bayrou est une illusion, il faut d'abord bâtir un projet clair et crédible".

François Hollande avait mis en garde vendredi: "le débat sur le centre, c'est un débat où nous nous perdrons sans trouver le centre".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 1er septembre 2007, 18h04)

Les propos - parfois effrayants de bêtise, il faut bien le dire - de certains militants et élus socialistes suscitent chez moi, je l'avoue, un certain mépris... Continuez donc, les uns et les autres, à vous regarder le nombril, à vous demander ce que c'est qu'être "vraiment de gauche" au XXIe siècle, ou ce que c'est, au juste, que le centre centriste glissant, ou bien comment récupérer en claquant des doigts un électorat à la manière d'un Sarkozy... Continuez à vous agripper à vos vieux réflexes de partis prisonniers de schémas mentaux poussiéreux... Pour l'ouverture d'esprit, décidément, il faudra repasser...
Pour ma part, je ne suis ni un gauchiste obsédé par des vieilles lunes crypto-marxistes ou crypto-guévaristes, ni un centriste obsédé par une illusoire disparition du clivage gauche/droite : j'ai des idées de gauche sur beaucoup de sujets, mais je ne suis pas internationaliste - contrairement à encore beaucoup trop de socialistes - ; certaines de mes idées ne sont pas forcément très "de gauche", mais, pour autant, je ne serai jamais attiré par la droite, et le positionnement "extrême-centriste" niant - contre toute évidence - le clivage gauche/droite ne m'intéresse pas. Je n'ai jamais eu d'étiquette politique de nature à rentrer dans une case strictement définie - d'où mon positionnement anarcho-monarchiste -, et ce n'est pas maintenant que cela va changer. Sans doute peut-on me considérer comme étant de centre-gauche actuellement, pour faire simple, mais que les choses soient bien claires : mon positionnement personnel se veut CENTRAL, non centriste, et si je suis obligé, par les circonstances du moment, de choisir entre voter à droite et voter à gauche, je n'hésiterai pas une seconde à choisir la gauche, même si, trop souvent, elle ne mérite pas le soutien dont elle bénéficie... Le clivage gauche/droite structure le paysage politique français depuis 1789 : bien naïf serait celui qui prétendrait faire comme s'il n'existait pas... Toutefois, ayant adhéré au MoDem, j'espère pouvoir contribuer au nécessaire renouvellement des pratiques et de la vie politiques, car j'estime que ce nouveau parti - qui, pour moi, doit surtout être CENTRAL, avant d'être centriste - peut jouer un rôle très actif dans ce renouvellement, sans être, contrairement au PS, prisonnier d'un carcan idéologique, ou de stratégies électorales à courte vue.
Certains ne manquent pas de me faire savoir qu'ils ne croient pas à l'avenir du MoDem. Personne n'est toutefois en mesure de dire de quoi l'avenir sera fait. Pour ma part, je suis serein : ainsi que je l'ai toujours dis, je ne ferai pas de la politique toute ma vie, et si le MoDem, finalement, devait ne pas me satisfaire - notamment en se rapprochant de la droite sarkozyste -, je le quitterai sans état d'âme, car, en vérité, j'ai bien d'autres choses à faire que de la politique, et il n'y aurait donc, à ce moment-là, aucun regret de ma part, mon engagement ayant été sincère et loyal du début à la fin...

Pour l'heure, toujours soucieux de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux, je me réjouis d'aller à Seignosse, pour le Forum des Démocrates - qui est, en fait, chacun l'aura compris, une commémoration hippie des quarante ans du fameux Summer of Love ("Eté de l'Amour") de 1967 ;o) -, et d'y retrouver un certain nombre de camarades bloggeurs démocrates rencontrés à Paris et à Toulouse... A bientôt ! :-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustration : Plage de Seignosse [Landes], le 1er septembre 2007 à 9h02, détail d'une photographie panoramique, ©Viewsurf.com)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /2007 20:41
A quelle sauce sarkozyste va donc être mangée la fonction publique dans les prochains mois et les prochaines années ? On aimerait bien être fixé, dans les détails, sur cette question, sachant que les temps à venir s'annoncent, de toute façon, plus difficiles que jamais pour ces fonctionnaires que tout sarkozyste se doit de considérer comme étant des "parasites". Mais à part la volonté affichée de Sarkozy de Nagy-Bocsa de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ainsi qu'il l'a lui-même rappelé l'autre jour à l'Université d'été du Medef, force est de constater que l'on ne sait pas grand-chose des projets précis du gouvernement. Ce dernier aurait-il peur d'avouer franchement ce qu'il compte faire concrètement de ses agents publics, de leurs salaires et de leurs postes ? Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, a évoqué, le 2 septembre dernier, un "plan de rigueur" dans la fonction publique, avant d'être démentie par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, puis par le Premier ministre François Fillon, qui ont préféré parler de "revalorisation" et "d'effort constant pour réduire les dépenses de l'Etat".
La menace est donc bien là, mais, finalement, on reste encore dans le vague... On notera cependant qu'André Santini - "Bigdédé", pour les intimes -, ancien député UDF des Hauts-de-Seine, bien connu comme raconteur de
blagues et de petites histoires, rallié à Sarkozy, et devenu aujourd'hui un obscur secrétaire d'État chargé de la Fonction publique auprès du ministre du Budget, a tout-de-même fait une petite apparition, la semaine dernière, à la télévision...

Salaires des fonctionnaires : "pas de grande marge de manoeuvre"

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini a reconnu jeudi [6 septembre] que le gouvernement n'avait pas de "grande marge de manoeuvre" pour faire progresser les salaires des fonctionnaires, en indiquant vouloir "aller plus loin vers le mérite".

"Le fameux point d'indice, auquel les syndicats sont très attachés, ne représente que 25% de l'augmentation du pouvoir d'achat", a fait valoir M. Santini sur la chaîne LCI. "Nous voulons aller plus loin vers le mérite, qu'il n'y ait pas que des événements automatiques", a-t-il indiqué.

Le secrétaire d'Etat a "contesté" la baisse de 6% du pouvoir d'achat des fonctionnaires depuis 2000 dénoncée par les syndicats de fonctionnaires. "Nous pensons même que l'an dernier, il a augmenté, pas beaucoup", a-t-il ajouté.

Assurant que "la rigueur", dont la ministre de l'Economie Christine Lagarde a récemment fait état pour la Fonction publique, n'était "pas d'actualité", il a qualifié l'endettement de la France de "considérable". Mais cela "ne va être comblé sur les dos des fonctionnaires", a-t-il assuré.

"Pour la première fois, nous avons un chef de l'Etat qui s'intéresse réellement à la Fonction publique", a lancé André Santini. "On ne pourra pas modifier la gouvernance de la France sans modifier la fonction publique", a-t-il dit.

"Depuis 1998, il n'y a pas eu d'accord salarial signé", a rappelé M. Santini, ajoutant "on parle de dialogue social ? Ce n'est pas vrai. Il faut remettre tout à plat", a-t-il ajouté.

"Ce qui important, c'est ce climat de respect et de confiance qui est en train de se mettre en place", a-t-il estimé le jour même où le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault doit être reçu par le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth.

Outre la question du pouvoir d'achat, les syndicats de fonctionnaires reprochent au gouvernement l'annonce, fin juillet, du non-remplacement de 22.700 fonctionnaires partant à la retraite en 2008, soit la plus forte suppression de postes depuis 2002, et pratiquement le double des suppressions de 2007 (12.000).

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 6 septembre 2007, 9h32)

Pas vraiment de quoi se réjouir, donc, le secrétaire général de la CGT Thibault étant, du reste, sorti déçu de sa rencontre, jeudi 6 septembre, avec le ministre Woerth, et son secrétaire d'Etat Santini, en déplorant notamment qu'aucun "rendez-vous particulier" de la part du gouvernement sur les salaires des fonctionnaires ne soit actuellement à l'ordre du jour...

Santini n'ayant pas été ni très précis, ni très convainquant, la lumière céleste ne pouvait venir que du guide suprême en personne... Or, il se trouve que Sarkozy de Nagy-Bocsa avait, semble-t-il, prévu de lever toutes les incertitudes concernant le sort de la fonction publique cette semaine. C'est à Nantes (Loire-Atlantique), ce mercredi 12 septembre, que le président de la République devait prononcer un discours "sur l'avenir de la fonction publique et les réformes à envisager et à conduire pour valoriser les métiers de la fonction publique et rendre nos administrations plus efficaces", selon l'expression employée par les services de l'Elysée. Ce discours était très attendu par les syndicats, sur de nombreux sujets, et notamment, bien entendu, sur le remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Seulement voilà : hier, 10 septembre, la Présidence de la République a pondu un communiqué dans lequel elle informe qu'"en raison de contraintes d'agenda, le déplacement du Président de la République en Loire-Atlantique, prévu le 12 septembre 2007, est reporté selon les mêmes modalités au jeudi 20 septembre 2007." Donc, le discours sur l'avenir de la fonction publique est lui-aussi reporté à plus tard... On se demande bien pourquoi...


En pleine grogne syndicale, Sarkozy reporte son voyage du [12] septembre à Nantes


Le report de la visite de Nicolas Sarkozy à Nantes, où il devait évoquer mercredi l'avenir de la Fonction publique, intervient en pleine grogne syndicale face à la réforme annoncée des régimes spéciaux et aux suppressions programmées de postes de fonctionnaires.

L'Elysée a annoncé lundi soir [10 septembre] que le déplacement de Nantes était reporté au 20 septembre, en invoquant des "contraintes d'agenda". Réinterrogé mardi matin sur la raison de ce report, la présidence n'a fait aucun autre commentaire.

Le chef de l'Etat devait y détailler les réformes qu'il entend mener dans la fonction publique, des mesures très attendues des syndicats, exaspérés par les suppressions d'emploi et l'absence de négociations salariales. Nicolas Sarkozy s'exprimera donc sur l'avenir de la Fonction publique deux jours après avoir dévoilé ses intentions sur les régimes spéciaux, qui ne concernent pas les fonctionnaires mais constituent une nouvelle pomme de discorde entre syndicats et gouvernement.

En effet, après l'annonce dimanche [9 septembre] par le Premier ministre François Fillon - et à la surprise générale - que la réforme des régimes spéciaux n'attendait que le "signal" du chef de l'Etat, M. Sarkozy a prévu de faire part de sa décision "le 18 septembre" devant les journalistes d'information sociale. L'avenir de la Fonction publique et les régimes spéciaux de retraite constituent pour le président son premier grand test social.

Au centre du premier dossier, figurent les effectifs et les salaires. Le non remplacement de 22.700 fonctionnaires partant à la retraite dans le budget 2008, annoncé fin juillet, a fortement irrité les organisations syndicales. La grogne des syndicats a été attisée par la malencontreuse formule de la ministre de l'Economie Christine Lagarde qui a évoqué le 2 septembre un "plan de rigueur" dans la Fonction publique.

Même si le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant puis François Fillon ont vivement démenti la ministre, les syndicats y ont vu un "aveu de franchise", selon le terme du secrétaire général de la CFDT François Chérèque. Depuis dimanche, le gouvernement a ouvert un autre front, celui des régimes spéciaux. Le soupçonnant de vouloir "passer en force" sur cette réforme qui avait paralysé le pays en 1995, les syndicats ont prévenu le gouvernement qu'un "conflit majeur" aurait lieu s'il agissait sans négocier.

Ils ont toutefois reconnu pour certains la nécessité d'une évolution. D'ailleurs, selon Le Parisien/Aujourd'hui en France de mardi, le "coup d'accélération" du Premier ministre a été jugé "hâtif" et "maladroit" par l'Elysée. Le quotidien cite, sans le nommer, un ministre qui affirme que "cela a un peu grincé".

Interrogé sur ce point, Matignon ne faisait mardi matin aucun commentaire. Auteur de la réforme de 2003 sur les retraites (gouvernement Raffarin), François Fillon considère que le pays est mûr pour revoir les régimes spéciaux.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 11 septembre 2007, 10h56)

Ah, les fameux régimes spéciaux... Aujourd'hui, lors d'un déplacement à Rennes (Ille-et-Vilaine), Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas pû s'empêcher d'en rajouter sur cette question, en jugeant notamment la situation actuelle desdits régimes spéciaux "indigne", au risque de provoquer, pour le coup, une vraie rupture, celle des négociations avec les organisations syndicales, si tant est qu'il y ai eu jusqu'ici de véritables négocations... Dommage qu'en faisant ainsi de la surenchère sur ces régimes spéciaux, Sarkozy se soit senti obligé de se cacher derrière cette question, qui a son importance, pour éviter de parler de ce problème majeur qu'est celui de la réforme de la fonction publique... Mais, après tout, pour ce qui est de la sauce à laquelle les fonctionnaires vont continuer d'être mangés, peut-être n'aura-t-il pas grand-chose à dire de nouveau lors de cette visite à Nantes qui, à l'origine, était prévue pour demain. Volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et peu - voire pas - de marge de manoeuvre pour faire progresser les salaires des agents de la fonction publique : il est vrai que tout a déjà été dit, semble-t-il... Quant au nombre de postes d'enseignants octroyés à l'occasion des concours de recrutement de professeurs, pour ne prendre que cet exemple, les candidats sont priés d'attendre, encore et toujours, peut-être jusqu'au mois de décembre, pour savoir si celà vaut la peine de se lancer dans la course, alors que les préparations aux concours de l'enseignement commencent maintenant, en septembre (les épreuves écrites d'admissibilité ayant traditionnellement lieu aux mois de mars et avril), et que ce nombre de postes à pourvoir devrait être établi et connu dès les mois de juin ou de juillet, si le ministère de l'Education Nationale faisait son travail correctement... C'est n'importe quoi, bien évidemment, mais je suppose qu'au gouvernement, tout le monde trouve cela normal. Si tel est le cas, alors autant le dire clairement : le gouvernement actuel est un gouvernement d'incapables et d'imbéciles, dont les membres, tout en cherchant pathétiquement à donner l'impression qu'ils existent dans leur minable petit microcosme politique, et qu'ils ont un vrai rôle à jouer au service de la société, font tout ce qu'il peuvent pour rester à la surface des choses, en n'ayant finalement à proposer que des vieilles recettes éculées, telles que la sacro-sainte suppression massive de postes de fonctionnaires, solution miracle à tous les problèmes du pays selon Sarkozy, Fillon, Darcos, et toute la clique.
Oh, je
devine bien ce que l'on pourra me dire : que je ne connais pas le président de la République, les ministres et les sous-ministres personnellement, et que je suis sans doute mal placé pour juger de la situation, moi qui ne suis pas dans les ministères, moi qui ne suis pas un expert accrédité, moi qui ne suis rien... Mais que m'importe : face à tant de
bêtise gouvernementale - si vous saviez, chers lecteurs, comme que je les trouve bêtes, mais bêtes ! -, je préfère dire franchement ce que je pense... et tant pis si mes propos ne paraissent pas sérieux à certaines personnes, car dans ce cas, ces personnes sont sans doute aussi bêtes que des ministres sarkozystes !

La colère est mauvaise conseillère, dit-on. Soit. Je m'arrêterai là pour aujourd'hui. Du reste, évoquer en permanence l'actualité sarkozyenne commence à m'ennuyer... Dorénavant, j'y consacrerai moins d'articles, afin de m'aérer quelque-peu l'esprit, et m'efforcerai de me concentrer sur ce qui me paraitra être véritablement essentiel...

Pour finir sur une note un peu décalée, évoquons l'inénarrable Georges Frêche, actuel président de la région Languedoc-Roussillon et ancien maire socialiste de Montpellier. Frêche est bien connu aujourd'hui pour être un spécialiste des déclarations controversées, puisqu'il s'est laissé aller à déclarer, par exemple, le 30 juin 2000, en voyant une femme voilée, lors de l'inauguration du nouveau tramway de Montpellier, "Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n'a que les oreillons", ou encore, le même jour, "Ici, c'est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous ressortez à Ouarzazate", lorsque le tramway entra dans un tunnel, la ville marocaine de Ouarzazate étant censée évoquer le terminus dudit tramway, La Paillade, qui est le plus important quartier montpelliérain à forte population maghrébine... Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette figure haute en couleurs de la vie politique languedocienne a son franc-parler...
Or, il y a quelques jours, Frêche a dit ce qu'il pensait de Sarkozy de Nagy-Bocsa...


Pour Georges Frêche, Sarkozy est "un gagne-petit" qui "ne réforme pas assez"


Le président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche a estimé vendredi que le président de la République Nicolas Sarkozy était "un gagne-petit" qui "ne réforme pas assez".

M. Frêche, invité de [la radio] France Bleu Hérault, a fait le parallèle avec l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing "qui était un président de droite, qui innovait, qui faisait des coups. Mais Giscard faisait des grands coups : la majorité à 18 ans, l'IVG"...

"Tandis que Sarkozy, c'est un gagne-petit, il est très bien, il est sympathique. Il ne fait rien qui me gêne mais il ne réforme pas assez et il est en train de gâcher ses six premiers mois", a déclaré le président de la région, exclu du PS en janvier.

"Un président de la République qui est élu, a un état de grâce, il a six mois, a poursuivi M. Frêche. Mais quand vous voyez les lois qu'il prend, c'est tout petit, il veut pas avoir les gens contre, il veut garder le consensus. Il faudra qu'il se rende compte qu'on ne fait pas de grandes réformes sans avoir une minorité qui est contre".

Toutefois, selon lui, M. Sarkozy va dans la bonne direction sur certains points, par exemple l'université.

Pour autant, la loi sur l'autonomie des universités est "une loi timide. Il fallait aller beaucoup plus loin dans le domaine de l'université", a-t-il jugé, précisant que "nos universités sont dans les choux".

"En France, a-t-il ajouté, il y a place pour 10 universités à l'échelle mondiale c'est tout. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire 130 universités comme c'est le cas à l'heure actuelle, mais il faut qu'il y ait des universités de différents niveaux".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 septembre 2007, 9h31)

Si Sarkozy "ne fait rien qui [le] gêne", on notera que Frêche a tout-de-même été condamné aujourd'hui, 11 septembre, à une amende de 1.500 euros par la Cour d'appel de Montpellier, pour avoir laissé entendre que des policiers brûlaient des voitures lors des violences urbaines de l'automne 2005, le ministre de l'Intérieur de l'époque - Sarkozy de Nagy-Bocsa -, ayant alors porté plainte contre Frêche à la suite de ses propos et saisi le ministre de la Justice de l'époque afin qu'il déclenche des poursuites. Frêche s'était, en effet, demandé, au début du mois de novembre 2005, lors de l'inauguration d'une mosquée à Montpellier, si ce n'était "pas les flics qui, comme en mai 1968, [mettaient] le feu aux bagnoles"... Le fait est que c'était pas la première fois, loin de là, qu'il commettait ce genre de "dérapage" verbal, mais apparemment, cette fois-ci, Nicolas Sarkozy - que Georges Frêche a, par ailleurs, déjà qualifié par le passé de "grand Mamamouchi aux talons compensés" - n'a pas voulu laisser passer... Celà dit, de toute façon, dans cette affaire comme dans d'autres, je suppose que Frêche n'a pas dit son dernier mot, loin s'en faut...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy le 10 septembre 2007, lors du sommet informel franco-allemand de Meseberg, près de Berlin, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; André Santini à l'Elysée le 20 juin 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Mehdi Fedouach/AFP-Archives ; Nicolas Sarkozy et François Fillon le 7 septembre 2007 à Strasbourg, photographie de l'Agence France Presse, ©Olivier Morin/AFP ; Georges Frêche, photographie de l'Agence France Presse, sans date, ©AFP/P. Guyot)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /2007 21:51
Panem et circences ("Du pain et des jeux") : qui ne connait ces célèbres mots de mépris adressés, dans ses Satires, par le poète latin Juvénal (v. 60 - v. 130 ap. J.-C.) aux Romains incapables de s'intéresser à d'autres choses qu'aux distributions gratuites de blé et aux jeux du cirque ? 2000 ou 1900 ans après, même si le contexte historique a quelque peu changé, la formule semble être toujours d'actualité, comme a sans doute pû s'en réjouir Jacques Chirac en 1998, lorsque sa popularité est montée en flèche à l'occasion de la Coupe du monde de football qui avait lieu en France cette année-là. Aujourd'hui en tout cas, en dépit de l'augmentation récente du prix de la baguette de pain, Sarkozy de Nagy-Bocsa espère bien que la Coupe du monde de rugby, qui cette année a également lieu en France, et qui commence demain - vendredi 7 septembre -, va lui permettre de bénéficier - encore un peu - des faveurs de l'opinion publique, et donc de continuer sans problème son abrutissante logorrhée surmédiatisée... Il sera donc présent dans les stades, aussi souvent que possible, au milieu de la foule en liesse, et se montre d'ors et déjà très enthousiaste, bien qu'il ne se soit fait guère connaître par le passé, jusqu'à son élection, comme ayant un goût très prononcé pour le rugby...

"Plus on avancera dans la compétition, plus je serai dans les tribunes et pas seulement comme supporteur des Bleus. [...] La France atteindra au moins les demi-finales."

(Sarkozy, cité in Le Canard enchaîné N°4531, 29 août 2007)

"Chaque match gagné redonnera un peu plus d'euphorie au pays [...]. L'apothéose, ce serait d'arriver en finale et de gagner la Coupe."

(Sarkozy, la semaine dernière, au Conseil des ministres, cité in Le Canard enchaîné N°4532, 5 septembre 2007)

Nous verrons bien comment les choses évolueront à l'occasion de cette compétition sportive... En attendant, en se qui concerne la politique, l'actuel chef de l'Etat continue d'être partout et de s'occuper de tout. Cette semaine, rentrée des classes oblige, c'était au tour de l'Education Nationale de bénéficier d'une consultation du célèbre Docteur Sarkozy - ou Docteur Talonnette, comme il vous plaira -, qui reste, plus que jamais, au chevet de "la France qui ne veut pas mourir"... Ainsi, en matière d'éducation, qu'on se le dise, le président de la République veut "relever le défi de l'économie de la connaissance et de la révolution de l'information" et faire des enfants "des femmes et des hommes libres" en rénovant le "modèle de l'école républicaine", ainsi qu'il l'a déclaré à Blois (Loir-et-Cher), mardi dernier, 4 septembre.

Rentrée pour 12 millions d'élèves français, Sarkozy prône la "refondation" de l'école


Plus de 12 millions d'élèves ont repris mardi [4 septembre] le chemin de l'école, une rentrée marquée par un manifeste de Nicolas Sarkozy, adressé par courrier aux 800.000 enseignants, dans lequel il préconise notamment de réduire le volume d'heures de cours.

Au total, 12.068.200 élèves ont été accueillis par 878.947 enseignants, sans compter les 273.700 étudiants de BTS et de classes préparatoires, au sein de 67.077 écoles, collèges et lycées publics ou privés.

"Dans l'école que j'appelle de mes voeux où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, il y aura moins d'heures de cours", a déclaré le président, en lisant sa lettre depuis Blois, où il a visité deux collèges.

Outre "la remise à plat des rythmes et des programmes scolaires", le président a préconisé une "refondation" du projet éducatif passant par "l'interdisciplinarité", la "réforme du collège unique" et "le retour de la culture générale".

"Première" pour un président, cette lettre sera adressée à partir de mercredi à tous les enseignants de France (public, privé, enseignement agricole). Ce pour un coût "avoisinant les 500.000 EUR, a affirmé à l'AFP le ministère de l'Education, confirmant une information parue dans Le Monde de mercredi.

La démarche avait en revanche déjà été entreprise en 2005 par l'ancien ministre de l'Education Gilles de Robien. En 2003, Luc Ferry avait, lui, envoyé son livre "Lettre ouverte à ceux qui aiment l'école".

Pour les syndicats, cette rentrée 2007 s'annonçait "difficile", avec des créations de postes (500) qui ne suivent pas l'augmentation démographique dans le primaire (+ 25.000 élèves) et des "retraits d'emplois (2.458 dans le public selon l'Unsa-Education) très largement supérieurs aux diminutions d'effectifs (23.466 élèves)" dans les collèges et lycées.

Mardi matin, quelques occupations d'écoles par parents et élus ont été constatées, soit pour s'opposer à des suppressions de classes, soit pour réclamer l'ouverture d'une classe supplémentaire, au village d'Adé, près de Lourdes (Hautes-Pyrénées), à Villegly et Salsigne (Aude), à Saint-Dier-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), à Bordeaux, à Pau, à Assat et Etsaut (Pyrénées Atlantiques).

Environ 250 agents territoriaux spécialisés dans les écoles maternelles de la communauté urbaine de Strasbourg, sur 550, étaient en grève pour protester contre les "problèmes d'effectifs récurrents" et réclamer "des embauches de personnels".

La rentrée s'effectue aussi sous le signe des 11.200 postes qui seront supprimés au budget 2008, une "saignée" sans précédent selon les syndicats, qui veulent préparer une riposte.

Lundi, le ministre de l'Education Xavier Darcos a lancé la question de la suppression du samedi travaillé à l'école primaire. Il veut aussi que les épreuves du baccalauréat se déroulent ailleurs (gymnases, universités, ...) que dans les établissements, afin de respecter le calendrier scolaire jusqu'en juillet.

Voulues par M. Sarkozy, les études dirigées, activités sportives et culturelles après la classe, mises en place à partir de la Toussaint dans 1.119 collèges de l'éducation prioritaire sont la principale nouveauté de la rentrée.

Côté enseignants, le ministère va lancer la semaine prochaine une grande concertation sur la "revalorisation" du métier.

Autres nouveautés : les écoliers commenceront à apprendre une langue vivante dès le CE1, pratiqueront une heure de sport de plus par semaine et bénéficieront de programmes revus.

Les collégiens travailleront sur des programmes rénovés en langues vivantes et en sciences.

L'académie de Bordeaux a annoncé l'ouverture de 7 nouvelles sections rugby, ce qui porte à 37 le nombre de ces sections dans les établissements publics d'Aquitaine.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 4 septembre 2007, 18h46)

Le discours de Sarkozy sur l'école "peu adapté à la réalité" ?


Des syndicats de l'Education, l'Unsa et le Snes-FSU, jugent le discours sur l'école prononcé mardi par le président Nicolas Sarkozy "peu adapté à la réalité" et rempli de "contradictions" et "omissions".

Le Parti socialiste estime de son côté que "la grandiloquence" du discours de Nicolas Sarkozy "contraste douloureusement avec la réalité de cette rentrée 2007 qui se déroule dans un climat morne, de méfiance et parfois de tension entre les différents acteurs de l'école."

L'école que le chef de l'Etat souhaite "rompt avec l'école républicaine, publique et laïque, et propose une conception libérale de l'éducation qui profitera aux plus favorisés et nie honteusement la réalité des inégalités", écrit-il dans un communiqué.

Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, a évoqué sur LCI un discours "important, qui va lancer des débats" mais "émaillé de contradictions fortes", "déséquilibré", et "peu adapté à la réalité".

"Nous souhaitons que le métier change, que les enseignants soient confortés, deviennent encore plus professionnels, qu'ils soient mieux payés, mais pas à n'importe quelle condition et surtout pas au prix d'un abaissement de la qualité de l'école et d'un recul du nombre de postes", a-t-il expliqué.

Patrick Gonthier s'est fait l'écho des "attentes inquiètes" des enseignants en matière de revalorisation de leur carrière, à l'heure où le gouvernement promet de meilleurs salaires tout en envisageant de supprimer 11.200 postes dans l'Education nationale.

L'intervention du chef de l'Etat à Blois "m'a semblé un peu déconnectée de leur réalité quotidienne", a-t-il estimé.

Pour le Syndicat national des enseignements de second degré, les "envolées lyriques" du chef de l'Etat masquent surtout des logiques budgétaires.

"Sous les dehors d'un texte qui se veut rassembleur, les contradictions nombreuses et les omissions conduisent à des annonces qui, loin de répondre aux défis actuels, sont essentiellement guidées par des logiques budgétaires : réduction des horaires-élèves, suppressions d'emplois, alourdissement de la charge de travail des personnels", écrit-il dans un communiqué.

Le Snes estime que ces propositions "sont largement rejetées par les enseignants et bien au-delà."

A ses yeux, le président de la République, dans son constat de la persistance de l'échec scolaire, oublie en outre "les progrès réalisés depuis 20 ans contre les sorties précoces et sans qualification de trop nombreux élèves."

"Plaçant l'école en dehors des phénomènes sociaux, il fait l'impasse sur l'impact des inégalités sociales et territoriales sur les difficultés scolaires", ajoute le syndicat.

(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 4 septembre 2007, 20h11)

Au delà des réactions prévisibles des syndicats d'enseignants, je serai curieux de savoir ce que pensent les enseignants de cette fameuse lettre que Sarkozy a bien voulu leur adresser, en particulier les jeunes enseignements-stagiaires, qui viennent d'avoir leur concours, et qui, pour beaucoup, une fois leur stage terminé, serviront de bouche-trous à une Education Nationale qui, hélas - quoique puissent dire Sarkozy ou Darcos -, ne semble pas prête de renoncer aux expédients qui sont les siens pour faire fonctionner le système éducatif français...

Le jour même de la visite de Sarkozy de Nagy-Bocsa à Blois, une célèbre ancienne juge d'instruction, Eva Joly, bien connue pour avoir mis en examen Bernard Tapie, en 1994, pour fraude fiscale et abus de biens sociaux, et surtout pour avoir été en charge de l'affaire Elf, a pris la parole. Elle a tenu à rappeler ce qui se cache derrière les gesticulations médiatiques de l'actuel chef de l'Etat, en dénonçant certains projets présidentiels, évoqués dans le discours prononcé par Sarkozy la semaine dernière, à l'Université d'été du Medef. En évoquant moi-même ce discours dans mon précédent article ("Crocodile géant et petit Président..."), j'avoue ne pas avoir accordé, pour ma part, beaucoup d'attention à ces projets sur le moment, preuve - s'il en était besoin - que le flot médiatique sarkozyste finit, à la longue, par endormir quelque peu la vigilance... C'est là une leçon à méditer...

L'ex-juge Eva Joly compare Nicolas Sarkozy à Silvio Berlusconi


L'ancienne juge d'instruction Eva Joly critique violemment les projets de Nicolas Sarkozy de "dépénaliser" la vie économique et d'interdire dans ce domaine l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes.

"Il me semble que les valeurs que dessine le président Sarkozy ne sont pas celles de la France que j'aime. Les méthodes qu'il suggère sont celles de M. Berlusconi. Pour moi, c'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a-t-elle dit dans un entretien diffusé mardi [4 septembre] sur [la radio] France Info.

La magistrate, qui a quitté Paris en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien, fait un parallèle entre le projet du chef de l'Etat concernant les entreprises et son idée de permettre des procès pour les criminels déclarés irresponsables [, Sarkozy ayant, la semaine précédente, demandé à la ministre de la Justice Rachida Dati de "réfléchir" à la possibilité de permettre ces procès].

"Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique", a-t-elle dit.

Dans un discours [...] devant l'université d'été du syndicat patronal Medef [, le jeudi 30 août], le président de la République a annoncé son intention de faire interdire l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes et son souhait de "dépénaliser" la vie économique.

Les chefs d'entreprise réclament depuis longtemps une réforme du délit "d'abus de biens sociaux" (le détournement de fonds au sein des sociétés).

"Dire que ce n'est pas grave de présenter des comptes inexacts ou de ne pas respecter la différence entre sa propre poche et la poche de l'entreprise, c'est grave. Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes", a dit l'ancienne magistrate.

Quant à l'interdiction pour les juges d'utiliser les lettres anonymes, elle la qualifie de "grave erreur", en rappelant que l'Onu et l'OCDE demandent à leurs membres de légiférer pour protéger les témoignages anonymes.

Eva Joly a notamment instruit l'affaire visant la société pétrolière Elf, utilisant parfois des lettres anonymes lorsqu'elles étaient confirmées par d'autres éléments. Le dossier s'est soldé par de lourdes peines de prison pour les dirigeants de cette société [- notamment pour le président-directeur général Loïk Le Floch-Prigent -], reconnus coupables de détournements de fonds évalués à plusieurs centaines de millions d'euros.

(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 4 septembre 2007, 09h00)

Effectivement, vouloir responsabiliser les enfants et les fous tout en irresponsabilisant les élites, de manière à favoriser de facto la délinquance en col blanc, voila une attitude sarkozyenne qui ne manque pas de culot, même si, du reste, elle est tout-à-fait caractéristique du personnage...

Tâchons donc, autant que faire ce peut, de rester en éveil, et de ne jamais être dupe des gesticulations, discours et manoeuvres de l'actuel chef de l'Etat, car, de toute évidence, celui-ci ne recule devant rien pour faire accepter l'absurde ou l'inadmissible...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Sarkozy prononçant un discours à la Halle aux grains de Blois, lors d'un déplacement sur le thème de l'éducation, le 4 septembre 2007, photographies de A. Roiné © Service photographique de la Présidence de la République ; Sarkozy voulant réformer le droit des affaires, caricature de Pétillon, parue dans Le Canard enchaîné N°4532, 5 septembre 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /2007 23:37
Les turpitudes de la vie politique peuvent être parfois si désespérantes ou ennuyeuses, qu'il convient parfois d'aborder la question sous un angle différent. Il sera donc en partie question ici, pour changer un peu, de paléontologie. Cette science m'intéressait beaucoup lorsque j'étais enfant, et c'est le cas encore aujourd'hui... Quel rapport avec la politique, me direz-vous ? Non, mon cher Sauron, il ne s'agit pas de parler ici d'éventuelles traces fossiles retrouvées d'un Parti Socialiste intelligent - encore que ce genre de découverte ne manquerait d'intérêt... ;-) -, mais seulement d'une histoire de crocodile du Mésozoïque, dont la correspondance avec la vie politique française actuelle doit tout au hasard...

Saviez-vous, chers lecteurs, que les premiers véritables crocodiles, dont les descendants existent toujours aujourd'hui, sont apparus au début du Jurassique ? Par exemple, Steneosaurus bollensis, que le célèbre peintre et illustrateur tchèque Zdenek Burian a représenté en tableau dans les années 1960, était alors un des crocodiles les plus communs, abondant dans les mers du Jurassique (période des temps géologiques située approximativement entre 200 et 135 millions d'années), dans les territoires qui correspondent aujourd'hui à l'Europe, à l'Afrique du Nord et à l'Amérique. Steneosaurus bollensis pouvait atteindre 4 à 6 mètres de long, taille comparable à celle des plus grands crocodiles du Nil africains et gavials du Gange asiatiques actuels - qui peuvent tous aussi atteindre une longueur de 6 mètres, voire plus pour certains gavials mâles -, mais lors de la période géologique suivante, celle du Crétacé (située approximativement entre 135 et 65 millions d'années), d'autres espèces de crocodiliens sont apparus, dont les tailles étaient sensiblement plus importantes, comme Deinosuchus, dont les restes fossiles ont été découverts en Amérique du Nord, et qui pouvait mesurer jusqu'à 15 mètres de long. Il se trouve qu'une autre espèce de crocodile géant, qui vécu elle-aussi au Crétacé, dans les lacs et les fleuves de l'ancien super-continent Gondwana (des fossiles ayant été trouvés aussi bien en Afrique qu'en Amérique du Sud, qui constituaient en partie alors le Gondwana, avec l'Australie, l'Inde et l'Antarctique), a fait curieusement l'objet d'une dépêche de l'Agence France Presse, publiée hier matin, 31 août :

Sarco, le plus grand crocodile de tous les temps


"Sarco", le plus grand crocodile du monde, vieux de 110 millions d'années - autrement dit, Sarcosuchus imperator -, revit à la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte (Drôme), sous la forme d'une reconstitution qu'on dirait presque en chair et en os.

Sarcosuchus imperator
(de sarco, "chair", dont le saurien se nourrissait sans doute, suchus, "crocodile", et imperator, "empereur", pour dire le plus grand) avait une longueur de quelque 12 mètres. C'est le plus gros crocodilien connu, sinon le plus gros de tous les temps, ayant existé sur Terre.

Le premier fossile, un crâne, qui a servi de base à l'identification scientifique de l'animal, a été découvert en 1964 au Niger par Philippe Taquet, du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Un squelette complet, sans compter des restes partiels, a été trouvé en 1973 et est aujourd'hui exposé à la galerie de paléontologie du Muséum.


"C'est impressionnant de voir aujourd'hui cet animal en chair et os, pardon... en résine", dit à l'AFP en souriant Philippe Taquet, venu assister mercredi [29 août] à l'inauguration de la reconstitution qu'il considère comme "très réussie". "Il semble encore plus grand que lorsque l'on voit son squelette", ajoute le paléontologue et ancien directeur du Muséum.


La reconstitution a été réalisée par la société Ophys, spécialisée dans la fabrication de pièces d'exposition à caractère naturaliste et de moulages d'animaux, et basée à Prayssac (Lot-et-Garonne). Elle a nécessité 1.800 heures de travail,


750 kg de résine polyester, quatre hommes et une femme.


Ces professionnels dirigés par Emmanuel Janssens Casteels ont travaillé sous le regard attentif de France de Lapparent de Broin, du Muséum, qui avait co-rédigé en 1966 le premier article scientifique sur l'espèce avec son collègue Philippe Taquet.


La scientifique a de qui tenir, puisqu'elle est la nièce de Félix de Lapparent, lui aussi paléontologue, et qui avait trouvé dès 1947 dans le Sahara nigérien des dents, vertèbres et plaques d'écailles de l'animal à l'identification duquel elle allait participer dix-neuf ans plus tard.


Leur gigantesque "bébé" trône désormais à la Ferme aux crocodiles au milieu de quelque 400 crocodiles, de tortues géantes bien en chair et en os, entourées de 600 variétés de plantes et fleurs tropicales.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 31 août 2007, 9h22)

Tout celà est très bien, mais quelque-chose me turlupine : pourquoi consacrer une dépêche d'agence de presse à ce sujet ? Je ne dis pas forcément que ledit sujet ne le justifie pas en tant que tel, mais tout de même, si c'était le cas, ce serait tout de même un peu étonnant... L'explication apparaît, évidemment, dans le titre de la dépêche : "Sarco, le plus grand crocodile de tous les temps". Le fait est, en effet, que le hasard a, curieusement, voulu que le début du nom scientifique de l'un des plus grands crocodiles que la Terre ait jamais porté ("Sarco...suchus") soit, à une lettre près, identiques au début du nom d'un des plus petits présidents de la République que la France ait connu ("Sarko...zy"). Dans la mesure où le crocodile géant est surnommé "SuperCroc" par les anglophones, et non "Sarco", on peut comprendre la notoriété particulière dont peut jouir l'animal en France, d'autant plus que ce sont des paléontologues français qui en ont découvert les premiers restes à l'origine. Reste une interrogation : l'auteur de la dépêche de l'AFP a-t-il eu connaissance d'un article du Canard enchaîné publié il y a environ deux ans, et déjà consacré à l'époque à Sarcosuchus ?

GARE AU SARKROCODILE !

Tous les spécialistes en conviennent : le robuste et terrifiant animal présenté ici est "le plus gros des gros crocodiles qui ont existé sur la Terre". La monstrueuse bestiole a des mensurations à l'avenant : 12 mètres de long, pour un poids de 8 à 10 tonnes. Le corps couvert d'une "carapace d'écussons osseux", l'animal est doté d'une mâchoire prodigieuse : une centaine de dents, dont certaines atteignaient les 20 centimètres. Comme le décrit ce dessin, cette imparable force de frappe et de mastication permettait à la bête d'entraîne vers le fond - avant de les dévorer - des proies de plusieurs mètres de long. Divers paléontologues assurent que ce sympathique bestiau est capable d'avaler un dinosaure.

 A cet animal hors du commun, il fallait naturellement un nom exceptionnel : c'est le cas. Ce drôle de croco - qui vivait voilà une centaine de millions d'années - s'appelle en effet le Sarcosuchus ou Sarcosuchus Imperator (des fossiles en ont été découverts au Brésil comme au Sahara, dans le désert du Ténéré).

 Deux précisions fournies par l'encyclopédie Wikipédia, disponible sur le Net, méritent à cet égard l'attention : "On peut raisonnablement penser que le Sarcosuchus n'avait pas grand-chose à redouter des autres grands carnivores de son époque", ce qui ouvre en effet et rétrospectivement des perspectives. La seconde remarque est en revanche beaucoup plus choquante : "Le roi des crocodiles n'était certainement pas exclusivement carnivore et devait se montrer assez opportuniste." Oh ! Mais il est vrai que dans la préhistoire comme aujourd'hui on n'a rien saurien...

(Le Canard enchaîné N°4419, 6 juillet 2005)

Chacun aura pu voir à l'Elysée, le 16 mai dernier, la cérémonie de passation de pouvoirs lors de laquelle un grand et vieux crocodile du Nil a cédé la place à un petit caïman d'Amérique particulièrement teigneux : Jacques Chirac, qui a dû finalement abandonner la partie face à Sarkozy de Nagy-Bocsa, n'avait-il pas dit, il y a plusieurs années, qu'il n'y avait "pas de place pour deux crocodiles mâles dans le même marigot" ?
On notera que la phrase concernant l'opportunisme supposé du crocodile préhistorique a été supprimée de l'article de Wikipédia le jour même de la parution du Canard. Il faut dire que la définition du régime alimentaire de Sarcosuchus divise, semble-t-il, les spécialistes. Pour certains, l'animal était piscivore, la morphologie de ses mâchoires étant proche de celle du gavial actuel, crocodilien des fleuves de l'Inde, dont le museau très étroit aux dents acérées est spécialisé dans la capture des poissons, sachant que les mâchoires d'autres crocodiliens spécialisées dans la capture de grandes proies, comme celles de l'actuel crocodile du Nil, ou du gigantesque Deinosuchus, aujourd'hui éteint, sont plus larges. Pour d'autres, compte-tenu de la taille impressionnante de Sarcosuchus, celui-ci pourrait bien avoir eu la capacité de chasser des animaux terrestres s'aventurant au bord de l'eau - notamment des dinosaures -, comme le suggère l'illustration de 2001 reproduite par le Canard et représentant le crocodile emportant dans l'eau un spécimen d'Ouranosaurus, dinosaure ornithopode herbivore de la famille des Iguanodontidés, mesurant sept mètres de long, et pouvant peser jusqu'à deux tonnes. En fait, la découverte de poissons fossiles de grande taille contemporains de Sarcosuchus suggèrent que le crocodile devait avoir un régime alimentaire essentiellement piscivore, apparaissant ainsi comme une sorte de gavial géant. Mais ses mâchoires, certes plus étroites que celles du crocodile du Nil mais aussi plus larges que celles du gavial moderne, pouvaient aussi lui permettre, au moins à l'âge adulte, de compléter son régime alimentaire piscivore avec des proies terrestres. En fait, l'hypothèse d'un opportunisme alimentaire n'est sans doute pas à exclure, car on sait, du reste, que la plupart des crocodiliens actuels sont des prédateurs opportunistes, saisissant toute proie passant à leur portée, y compris les charognes : un comportement qui, assurément, en rappelle un autre, ce qui n'a pas échappé au Canard enchaîné... - non, mon cher Sauron, je n'ai pas dis que l'actuel Parti Socialiste était forcément devenue une charogne... ;-)

Politiquement parlant, Sarkozy de Nagy-Bocsa est sans-doute, comme son modèle Chirac, un prédateur assez opportuniste, amateur de proies faciles, comme, par exemple, les fonctionnaires, les travailleurs précaires, les pauvres, les exclus, et tous les individus vivant plus ou moins en marge de cette partie de la société française qui se lève tôt, qui veut "travailler plus pour gagner plus", et qui a fait de ce petit caïman nain le roi de la jungle. L'animal aime également, à l'occasion, affronter des prédateurs concurrents éventuels, quelle que soit la famille dont ils sont issus. Mais il y a toutefois d'autres prédateurs auxquels Sarkozy ne fera jamais le moindre mal : ceux à qui il est allé rendre visite, jeudi dernier, 30 août, à Jouy-en-Josas (Yvelines) où se tenait l'Université d'été du... Medef. Entre congénères en symbiose, on se comprend... 

Sarkozy volontariste devant le Medef mais peu de mesures concrètes


Nicolas Sarkozy a affiché son volontarisme jeudi devant le Medef, se disant déterminé à accroître le pouvoir d'achat des Français, mais a fait peu de propositions concrètes, lors d'un discours annoncé comme l'amorce de la "deuxième phase des réformes économiques".

Avec le ton énergique de sa campagne électorale, visiblement très à l'aise face au patronat réuni comme chaque année à Jouy-en-Josas (Yvelines) pour son université d'été, le président a multiplié les "je le dis comme je le pense", "je n'ai pas peur", "je me moque des procès d'intention", "j'essaie d'être authentique".


"Je ne laisserai personne édulcorer la rupture" promise pendant la campagne. "Cette rupture, je la ferai", a martelé le chef de l'Etat.


Et de renchérir: "on va faire le maximum pour changer les choses" car "nous sommes à un tournant historique" et "les Français sont prêts pour le changement".


Parmi les quelques nouveautés annoncées: que Suez "fasse un choix stratégique en se spécialisant dans l'énergie" pour procéder à la fusion avec GDF. "Il appartient à ses actionnaires d'en décider", a dit M. Sarkozy.


Il est revenu sur l'ANPE et l'Unedic dont il a annoncé "la fusion des réseaux opérationnels" pour la fin de l'année, afin de créer le "nouveau service de l'emploi" promis pendant sa campagne.


Autres engagements: aller "beaucoup plus loin" dans l'assouplissement des 35 heures, afin de "redonner des marges de manoeuvres plus importantes à la politique salariale". "Aller plus loin encore" dans "la remise en cause des prélèvements obligatoires". Ou remplir l'objectif "de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite".


Réaffirmant sa volonté de faire trouver à la France "le point de croissance en plus qu'il lui manque", le président souhaite que toutes les dépenses de recherche soient "désormais prises en compte dans le calcul du crédit d'impôt recherche". Il veut en "tripler le taux" et lui appliquer "une majoration de 50% la première année".


Des mesures déjà annoncées par Christine Lagarde, sa ministre de l'Economie, le 24 août.


M. Sarkozy s'en est pris aux "spéculateurs" à qui les banques ne doivent "pas prêter davantage qu'aux entreprises ou au ménages".


Il a aussi annoncé qu'il interdirait la "pratique des dénonciations anonymes", notamment dans le domaine fiscal. "A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme?", a-t-il demandé.


Cà et là, il a égratigné l'UE: l'euro qui a fait renchérir le coût de la vie, la nécessaire PAC nouvelle et la BCE qui doit "accepter le débat".


Nicolas Sarkozy, qui prononcera un discours de politique sociale devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis) le 18 septembre au Sénat, n'a pas évoqué la question des retraites.


Mais concernant les salaires, il a pressé les patrons de respecter l'obligation annuelle de négocier et, surtout, de "faire un effort" dans ce domaine à "chaque fois que c'est possible".


Le discours du chef de l'Etat a été diversement apprécié: "très beau discours de campagne électorale et très mauvais discours de responsable politique", pour le socialiste Michel Sapin. "Flou" et "inertie" pour Ségolène Royal, "creux, pauvre en propositions" pour la CFDT. Mais "des points positifs" pour FO, et un moment "historique" pour la présidente du Medef Laurence Parisot.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 août 2007, 20h18)

Un beau discours sans annoncer de mesures nouvelles concrètes, donc : ici, on constatera que pour ce qui est de ses habituelles gesticulations pour ne rien dire, Sarkozy de Nagy-Bocsa est sans doute plus proche du primate - qu'il est véritablement de toute façon, comme vous, chers lecteurs, et comme moi, du reste - que du reptile : les comparaisons - surtout celles nées du hasard, comme justement celle d'un président de la République avec un crocodile géant - ont tout-de-même des limites... et c'est très bien ainsi, car, entre nous, je ne suis pas du tout sûr que même l'un des plus terrifiants des crocodiliens de l'ère secondaire mérite d'être longtemps associé à un énergumène comme l'actuel chef de l'Etat français...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Steneosaurus bollensis, peinture de Zdenek Burian [1962], reproduite dans l'Encyclopédie de la préhistoire de Zdenek V. Spinar, illustrée par Zdenek Burian, Prague, Editions Artia, 1972, Paris, Editions La Farandole, 1973 ; Philippe Taquet [à gauche] et France de Lapparent de Broin posant avec Sarcosuchus imperator le 29 août 2007 à Pierrelatte, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/HO Samuel Martin ; Sarcosuchus capturant une proie, illustration reproduite dans le Canard enchaîné N°4419, 6 juillet 2005 ; Nicolas Sarkozy lors de l'université du Medef, le 30 août 2007 à Jouy-en-Josas, près de Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP Stéphane de Sakutin)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 28 août 2007 2 28 /08 /2007 19:36
Par tous les dieux de l'Olympe, qu'il est difficile de suivre le fil de l'actualité politique par les temps qui courent, lorsque l'on a accès à Internet que par intermittance ! Le flot médiatique sarkozyste est tel que je me vois contraint, pour l'instant, d'écrire des articles que mes lecteurs pourront considérer comme étant bien longs, mais que voulez-vous : on n'arrête pas la mer avec ses mains... Du reste, je crois utile de proposer directement à mon modeste lectorat les textes qui me servent de sources, afin que chacun puisse faire preuve d'esprit critique et se faire une opinion, sans méconnaître ma propre position, mais sans non plus juger uniquement au travers d'elle...

Le répit, comme celà était prévisible, aura été de courte durée : la semaine dernière, Sarkozy de Nagy-Bocsa est réapparu à l'Elysée... sans avoir été pour autant absent dans les médias, même pendant ses vacances aux Etats-Unis...

Vous souvenez-vous des propos tenus par Sarkozy de Nagy-Bocsa devant l'hédoniste professeur de philosophie Michel Onfray, sur le caractère inné, selon ledit Sarkozy, de la perversion pédophile, et des tendances suicidaires ? Il en a été question sur ce blog, durant la campagne électorale (voir notamment le message intitulé "Campagne présidentielle : Arnaque et Déraison Générales ?")... Sarkozy avait avancé ses idées sur la question avec, semble-t-il, le plus grand sérieux. Pourtant, on sait que l'identité et les comportements futurs d'une personne ne peuvent être inscrits dans ses gènes dès la conception, ni lisibles dès la naissance de l'individu, que ce soit en ce qui concerne la pédophilie ou en ce qui concerne la tendance au suicide, ou même en ce qui concerne les troubles du comportement de l'enfant, dont le président de la République, du temps où il était ministre de l'intérieur, s'appuyant sur une expertise controversée de l'Inserm, avait préconisé le dépistage, dès l'âge de trois ans, dans le cadre de son projet de prévention de la délinquance. Les propos de Sarkozy sur l'inné et l'acquis, aberrants sur le fond, avaient eu au moins le mérite d'en dire long sur la conception que l'actuel chef de l'Etat se fait de l'homme, et du peu d'importance qu'il semble finalement accorder à l'éducation et à la culture, puisque pour lui, tout est simplement une question de gènes...
Aujourd'hui, le temps du débat - même s'il n'y avait alors guère matière à débat, contrairement à ce qu'à prétendu Sarkozy à l'époque - semble en tout cas bien dépassé... Dans ce domaine, comme dans d'autres...
Comme dirait l'autre, Sarkozy a été élu pour agir, pas pour réfléchir. Le voilà donc bien obligé, à l'occasion d'une énième dramatique affaire de pédophilie, de réagir comme il l'a toujours fait, c'est à dire en étant esclave de la tyrannie de l'urgence, condamné qu'il est à toujours courir après le train de l'actualité, et à être l'objet d'une surmédiatisation, plus que jamais nécessaire pour détourner plus ou moins l'attention de l'opinion, et aussi pour satisfaire au passage son besoin d'être au centre de toutes les attentions...

De retour de vacances, Sarkozy annonce des mesures de suivi des pédophiles


Nicolas Sarkozy a fait lundi [20 août] une rentrée politique à bride abattue, tenant trois réunions ministérielles sur l'économie, l'immigration et la délinquance sexuelle, et annonçant notamment des hôpitaux fermés pour les pédophiles jugés dangereux à la fin de leur peine.

Rien n'a filtré sur la teneur des réunions concernant l'immigration et l'économie, les ministres concernés, Brice Hortefeux ou Christine Lagarde, tout comme le Premier ministre François Fillon, s'étant réfusés à toute déclaration à l'issue de leurs discussions.


Fidèle à son principe - un chef de l'Etat, "c'est un président qui gouverne et qui assume" - M. Sarkozy est venu lui-même rendre compte à la presse de la réunion sur les délinquants sexuels, organisée après le rapt et le viol d'Enis, cinq ans, la semaine dernière à Roubaix, par un pédophile récidiviste récemment sorti de prison.


Pour montrer toute l'importance qu'il accorde à ce sujet, le président de la République avait d'ailleurs reçu en milieu de journée le père et le grand-père de l'enfant.


M. Sarkozy, dont les propos sur une possible origine génétique à la pédophilie, lors de la campagne électorale, avaient sucité une polémique, a annoncé que le premier hôpital fermé pour pédophiles serait ouvert à Lyon en 2009.


Le sénateur-maire (PS) de Lyon Gérard Collomb s'est dit "surpris", mardi, de ce projet et estimé qu'il s'agissait à ses yeux "d'une annonce visiblement hâtive".


M. Sarkozy a également évoqué la "castration chimique" pour les pédophiles qui accepteraient de se faire soigner et a récusé pour eux toute remise de peine. Faisant allusion à Francis Evrard, le violeur du petit Enis, libéré avant terme, il a martelé: "quand on est condamné à 27 ans de prison, on fait 27 ans et pas 18".


Les deux autres réunions, dont M. Sarkozy n'a pas parlé, n'en sont pas moins importantes, à quelques semaines de l'examen par le Parlement réuni en session extraordinaire du projet de loi prévoyant un durcissement des conditions du regroupement familial, et sur fond de crise boursière internationale et d'inquiétudes sur la croissance française.


Le rejet par le Conseil constitutionnel de la rétroactivité des avantages fiscaux sur les intérêts d'emprunts immobiliers, promesse phare de la campagne du candidat Sarkozy, a également été discutée lors de la réunion sur l'économie.


M. Sarkozy avait consacré son premier rendez-vous de la journée à Dominique Strauss-Kahn, l'ancien ministre socialiste dont il appuie la candidature à la direction générale du Fonds monétaire international.


Avec cette rentrée sur les chapeaux de roue, M. Sarkozy, qualifié d'"omniprésident" par ses adversaires politiques, cherche à démontrer qu'il continue à tenir fermement les rênes de son gouvernement.


Il ne néglige pas non plus l'international, puisque son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se trouve actuellement à Bagdad [à l'occasion d'une visite de trois jours en Irak], nouveau signe de réchauffement des relations franco-américaines.


Pendant ses vacances aux Etats-Unis, il est resté très présent, s'efforçant notamment de désamorcer les polémiques sur le coût de ses vacances, dans une luxueuse villa de Nouvelle-Angleterre, et sur d'éventuelles contreparties à la libération des soignants bulgares détenus en Libye.


Alors que le Conseil des ministres de vendredi marquera ses 100 jours à l'Elysée, les Français semblent apprécier son style: 64% des Français se déclarent "plutôt satisfaits" de le voir "en première ligne sur la plupart des dossiers", selon un sondage Ifop.


Ses adversaires politiques, eux, dénoncent sa méthode: le numéro un socialiste François Hollande a ainsi mis en garde contre la "facture" de la politique Sarkozy qui va, selon lui, être présentée aux Français, tandis que le PCF veut à l'automne "un grand rassemblement populaire" pour contrer sa "politique réactionnaire".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 août 2007, 10h16)

Jeudi dernier, 23 août, Sarkozy de Nagy-Bocsa a passé le cap des cent jours à la tête du pays, auréolé de la gloire des sondages d'opinion, toujours très favorables à son égard... pour l'instant du moins...

En 100 jours, Sarkozy a imposé son rythme, malgré quelques déconvenues


Réformes à foison, jolis "coups" comme la libération des soignants bulgares, hyper-réactivité qui lui assure une omniprésence dans les médias: en 100 jours de présidence, Nicolas Sarkozy a imposé son rythme, malgré quelques déconvenues, notamment économiques.

Le chef de l'Etat passera jeudi la barre symbolique des 100 jours à l'Elysée, après son entrée en fonction officielle le 16 mai.


Le ton de la nouvelle présidence, qu'il veut de "rupture", est illico donné : à peine est-il intronisé et son gouvernement formé que ses ministres sont priés de se mettre au travail.


M. Sarkozy est le chef d'orchestre de cette équipe qu'il dirige avec minutie (en témoignent les "lettres de mission" détaillées envoyées aux ministres), au risque de laisser peu de place au premier d'entre eux, François Fillon.


Mais ce dernier affirme s'épanouir en "co-pilote" du "patron".


Le socialiste Manuel Valls admet, début juillet: "nous sommes en train de sortir d'une forme d'hypocrisie où le président s'abritait derrière son Premier ministre".


Dans la colonne "actif" de son bilan, le chef de l'Etat peut inscrire le vote de plusieurs réformes promises pendant sa campagne électorale: récidive, service minimum, fiscalité, université.


A Bruxelles, il convainc (avec ses partenaires allemand et luxembourgeois) les responsables des pays de l'Union européenne de se mettre d'accord sur un "traité simplifié" pour remplacer la défunte Constitution.


Juillet marquera sans doute l'événement le plus retentissant pour lui, outre son aspect humain: la libération des infirmières et du médecin bulgares par la Libye, ramenés dans leur pays par son épouse Cécilia.


Autre coup: la pêche aux socialistes, dont plusieurs tombent dans son épuisette. Et d'abord Bernard Kouchner dont il a fait le patron de la diplomatie française. Sans compter les centristes, ce qui réduit comme peau de chagrin l'espace politique de François Bayrou.


Désemparé, le PS cherche ses marques, d'autant que le président veut approfondir "l'ouverture", notamment en vue des municipales de 2008. Quitte à faire grincer quelques dents dans sa propre majorité...


Même si sa promesse de parité gouvernementale est loin d'être respectée (onze femmes sur 32) il est le premier président à en nommer deux d'origine arabe, Rachida Dati - promue au prestigieux poste de garde des Sceaux - et Fadela Amara, et une d'origine Sénégalaise, Rama Yade.


Dans la colonne "passif": une majorité moins large que prévue après les législatives ou des réformes n'allant pas aussi loin qu'il l'aurait souhaité. Le Conseil constitutionnel a retoqué celle sur la fiscalité, le corps enseignant l'a contraint à plus de modestie sur celle des universités.


Surtout, certains indicateurs économiques sont en berne: croissance molle, commerce extérieur déficitaire... D'où la nécessité, selon certains économistes, de mener des réformes structurelles, avant de prendre des mesures pour améliorer le pouvoir d'achat, comme le fait M. Sarkozy.


"Avec la politique qui a été mise en place sur le plan économique et fiscal, une facture va être présentée aux Français, peut-être dès la rentrée", prévient le numéro un socialiste François Hollande qui dénonce "un défaut de transparence".


Nicolas Sarkozy, qui a marqué à nouveau la "rupture" en devenant le premier président français à passer des vacances aux Etats-Unis (payées par de riches amis, tempêtent des socialistes) où il a rencontré George Bush, entend garder le rythme: ça repartira "très fort dès la rentrée", avait-il prévenu dès juillet.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 23 août 2007, 16h10)

Vendredi 24 août a eu lieu le Conseil des ministres de rentrée, et le programme gouvernemental s'annonce plus chargé que jamais...

Rentrée du gouvernement: Sarkozy promet beaucoup de travail à ses ministres


De retour de vacances, le gouvernement au grand complet s'est retrouvé autour de Nicolas Sarkozy vendredi pour le premier conseil des ministres d'une rentrée "particulièrement chargée", qui a été consacré notamment aux emprunts immobiliers.

"J'espère que vous êtes tous contents d'avoir repris le travail, parce qu'il va y en avoir", a lancé le chef de l'Etat, selon les propos rapportés à la presse par Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement.


Ce premier conseil des ministres depuis le 1er août avait été avancé à 8h30, pour permettre à M. Sarkozy de partir ensuite en déplacement à Bayonne et Arcachon.


Il a porté notamment sur le nouveau dispositif concernant les emprunts immobiliers, après le rejet par le Conseil constitutionnel d'une partie des avantages fiscaux promis par le candidat Sarkozy durant sa campagne.


La ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé que le crédit d'impôt accordé aux nouveaux acquéreurs d'une résidence principale serait doublé la première année et porté à 40% des intérêts d'emprunts, puis serait de 20% pendant quatre ans.


Mais cela ne concerne que les personnes ayant acquis leur bien depuis le 6 mai 2007, et non celles ayant acheté depuis cinq ans comme initialement prévu.


Alors que le climat est assombri par la crise financière internationale et les inquiétudes sur la croissance française, le président a estimé que "la réponse aux problèmes de la France, c'est l'accélération du programme de réformes".


Les ministres, qui ont reçu un programme de travail "particulièrement chargé" de l'avis de M. Wauquiez, se voulaient résolus à leur sortie.


"On est motivés", a affirmé Rachida Dati (Justice). "Très gros programme et très dynamique", a commenté André Santini (Fonction publique), tandis que Xavier Darcos, qui vient d'annoncer 11.000 suppressions de postes en 2008 dans l'Education nationale, disait n'avoir "pas du tout" peur d'une rentrée sociale agitée.


Le Premier ministre François Fillon a présenté aux membres du gouvernement l'agenda des mois à venir: Grenelle de l'environnement, plan Alzheimer, conventions sur les salaires, l'égalité professionnelle homme-femme, chantier des retraites, refonte du format des armées...


Plusieurs projets de loi seront examinés en session extraordinaire du Parlement, à partir du 18 septembre.


D'autres sont en préparation, comme la loi pénitentiaire qui doit être débattue en novembre. Celle-ci inclura les mesures sur les criminels sexuels annoncées lundi par M. Sarkozy en réaction au rapt du petit Enis, quelques jours seulement après la promulgation, le 10 août, de la loi sur la récidive.


M. Fillon a demandé à chaque ministre de lui "transmettre chaque mois des indicateurs de résultats", sur lequel le gouvernement communiquera.


Annonçant la composition de la "commission sur les freins à la croissance", présidée par l'ancien sherpa de François Mitterrand, Jacques Attali, M. Sarkozy a par ailleurs affirmé sa volonté de poursuivre "sur ce même souffle" la politique d'ouverture.


En ce qui concerne la crise internationale, le chef de l'Etat, qui a maintes fois critiqué la politique de l'euro fort de la Banque centrale européenne (BCE), a salué la baisse de l'un des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine.


Dans un appel implicite à la BCE, il a demandé: "peux-t-on se priver de l'arme des taux" face à cette crise?


Le gouvernement s'est cependant voulu rassurant sur les conséquences de la situation internationale sur la croissance, Mme Lagarde soulignant la "solidité" des systèmes bancaire et de prêts immobiliers français.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 24 août 2007, 14h46)

Encore beaucoup de bonheur en perspective pour les Français, donc. Du travail, du travail, et encore du travail pour ce gouvernement Fillon, qui, décidement, n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs avec son cher président... Personnellement, j'adore le travail, et pourrais passer des heures... à le regarder. ;-)

En ce qui concerne les affaires extérieures, Sarkozy de Nagy-Bocsa, pour la première fois depuis qu'il a accédé à la plus haute charge de l'Etat, a prononcé hier, lundi 27 août, un grand discours sur la politique qu'il entend mener en matière de relations internationales...

Sarkozy plaide devant les ambassadeurs pour un rôle accru de la France sur la scène mondiale

Iran, Irak, terrorisme islamiste, Afrique, Turquie... : Nicolas Sarkozy a affirmé lundi sa volonté d'accroître le rôle de la France sur la scène internationale face aux grands défis du moment mais dans le cadre de l'Europe, qui reste pour lui "une priorité absolue".

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait devant la Conférence annuelle des ambassadeurs à l'Elysée, a aussi apporté un soutien appuyé à son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, au centre d'une polémique après avoir réclamé ce week-end la démission du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Citant le nom du patron, ex-socialiste, du Quai d'Orsay, pas moins d'une demi-douzaine de fois, M. Sarkozy s'est dit "en totale confiance" avec M. Kouchner, qui "a eu raison de se rendre à Bagdad" et qui "a conduit ce voyage de façon remarquable".

Usant d'un ton ferme pour exprimer ses ambitions en matière de politique étrangère, le président de la République, dont le prédécesseur, Jacques Chirac, avait également fait de la diplomatie l'un de ses points forts, a averti que son "volontarisme" au plan intérieur "sera le même sur la scène extérieure".

Pour le promoteur du "traité simplifié", censé sortir l'Union européenne de l'impasse dans laquelle l'avaient plongé les "non" français et néerlandais à la Constitution européenne en 2005, il n'est point de salut en dehors de l'Europe pour la diplomatie française.

"Sans l'Europe, la France ne pourra pas apporter de réponses efficaces aux défis de notre temps", a-t-il affirmé. "Il nous faut élaborer ensemble une nouvelle stratégie européenne de sécurité", a-t-il ajouté.

Plaidant pour "un renforcement de l'Europe de la défense", il a annoncé des "initiatives très fortes" de la France en la matière, ainsi que vers "la rénovation de l'Otan, car "il y a complémentarité entre l'Otan et l'Union".

M. Sarkozy s'est livré à un tour d'horizon des différentes "menaces" sur le monde: terrorisme, nucléaire iranien, guerre en Irak, Proche-orient, Afrique...

"Tous nos pays y compris ceux du monde musulman, sont aujourd'hui sous la menace d'attentats criminels". "Notre premier devoir est d'organiser une coopération totale entre services de sécurité de tous les pays concernés", a-t-il dit.

A ses yeux, la crise autour du nucléaire iranien "est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international". "Un Iran doté de l'arme est pour moi inacceptable", a-t-il dit, ajoutant que la France a une "entière détermination dans la démarche actuelle, alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations".

"Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique: la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran", a-t-il mis en garde.

Même avertissement sans détours concernant le conflit israélo-palestinien, l'Irak... ou la Russie qu'il a accusée de jouer "avec une brutalité de ses atouts, notamment pétroliers et gaziers".

Mettant en garde contre la création d'un "Hamastan" dans la bande de Gaza - terme utilisé par Israël - il a jugé "indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d'un Etat palestinien".

Pour l'Irak, il a demandé que soit "défini un horizon clair concernant le retrait des troupes étrangères". Au passage, il a rappelé que "l'amitié" entre la France et les Etats-Unis n'interdisait pas à la première de parler aux seconds "sans complaisance ni tabous".

Enfin, pour relever "les défis de la paix et de la sécurité en Afrique", il a annoncé une réunion, à sa demande, le 25 septembre du Conseil de sécurité de l'ONU.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 27 août 2007, 18h50)

Laissons à présent de côté la réapparition de Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui n'en a pas vraiment été une, compte tenu de son omniprésence médiatique, pour évoquer une disparition, vraie celle-là : l'ancien Premier ministre Raymond Barre est mort samedi dernier, 25 août... La nouvelle n'a pas été une surprise, car on savait l'intéressé malade, et la cascade d'hommages qui a suivi l'annonce de l'évènement était plus ou moins attendue...

Décès de l'ancien Premier ministre français Raymond Barre

 

L'ancien Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé à Monaco à la suite d'un malaise survenu dans sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes/sud), avant d'être transféré par hélicoptère le 11 avril vers l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce et admis au service de cardiologie.

Le président Nicolas Sarkozy a rappelé les "convictions européennes" de l'ancien Premier ministre qu'il a qualifié d'"esprit libre et indépendant" et de "personnage à part dans le personnel politique français".


L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a de son côté déclaré que "la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs", en apprenant le décès de son ancien Premier ministre.


"Raymond Barre était un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays", a ajouté l'ancien président.


Professeur émérite des universités, cet européen convaincu a été vice-président de la Commission européenne de Bruxelles, chargé des affaires économiques et financières de 1967 à 1973.


Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un manuel d'"Economie politique" (1955 et actualisé en 1988), utilisé par des générations d'étudiants.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 août, 11h17)

Barre, un esprit indépendant, brillant économiste, selon la classe politique

La classe politique, à droite comme à gauche, a salué samedi en l'ancien Premier ministre Raymond Barre, décédé à Paris, un esprit indépendant et courageux, et un brillant économiste au service de son pays.

Premier à réagir au décès à l'hôpital du Val-de-Grâce de son ancien Premier ministre, à 83 ans, Valéry Giscard d'Estaing a rendu hommage à la "démarche solitaire et désintéressée" d'un des "meilleurs serviteurs" de la France.

"Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays", a déclaré l'ancien président.

Le président Nicolas Sarkozy salue en Raymond Barre un "esprit libre et indépendant" et un "personnage à part dans le personnel politique français", du fait de "son expérience internationale et (de) sa hauteur de vues".

"Représentant éminent de l'école française de science économique, il eut la volonté de mettre son savoir au service de la cité, toujours fidèle dans son engagement, à ses convictions européennes, libérales et sociales", estime M. Sarkozy.

Le Premier ministre François Fillon salue lui aussi "son esprit indépendant, son courage et sa franchise mis au service de l'intérêt général".

Raymond Barre, de 1976 à 1981, "dut mener une courageuse politique d'austérité en réaction aux chocs pétroliers. Demeuré malgré cela l'un des hommes politiques français les plus respectés et les plus populaires, son parcours démontre qu'il n'y a pas d'autre chemin que de dire la vérité aux Français et de prendre résolument des mesures parfois difficiles", estime M. Fillon.

Pour l'ancien président Jacques Chirac "la France perd un grand économiste, un homme politique résolument engagé pour la modernisation du pays, et un grand européen".

Le président de l'UDF et fondateur du MoDem, François Bayrou, salue en Raymond Barre, qui était lui aussi de la famille centriste, un dirigeant qui "tenait le cap" et qui a été "soutenu, admiré, aimé, par beaucoup de Français, parce qu'il était un homme d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui mettait l'intérêt général de son pays au-dessus des intérêts particuliers des clans, des partis, ou des hommes. Y compris au-dessus de ses intérêts personnels".

La gauche se souvient aussi de l'homme d'Etat indépendant et de l'économiste qui fait autorité. Ainsi l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, qui loue son "goût de l'indépendance", sa "hauteur de vue" et son "sens aigu de l'Etat".

"Raymond Barre était un homme d'Etat, un vrai. Sa stature intellectuelle et morale forçait le respect", note pour sa part le député et ancien ministre socialiste Jack Lang.

"Pour ceux d'entre nous qui avions été éduqués à l'école de Pierre Mendes France, il apparaissait d'une certaine manière comme son équivalent à droite: rigueur, courage, passion de la vérité", ajoute-t-il.

"C'est un authentique homme d'Etat qui disparaît, un économiste réputé, un acteur politique original même si sa famille fut toujours celle du centre droit qu'il servit, de son point de vue le mieux qu'il pu et avec indépendance" note pour sa part le Premier secrétaire du PS, François Hollande.

Quant au sénateur-maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, il se déclare "bouleversé" après l'annonce du décès de son prédécesseur (1995-2001), avec qui il avait établi des "relations d'estime et d'affection".

Mais, ombre au tableau, plusieurs personnalités politiques condamnent les propos jugés antisémites tenus à plusieurs reprises par Raymond Barre [notamment lors d'un entretien diffusé le 1er mars 2007 sur la radio France Culture, à l'occasion duquel il a fustigé le "lobby juif"].

François Bayrou reconnaît ainsi: "cela a été pour nous tous un moment de grande tristesse".

"Cela prouve que les hommes, même quand ils sont grands, ont leurs faiblesses, leurs taches noires qu'il faut regarder en face", a-t-il déclaré à l'AFP.

Et François Hollande estime lui aussi que "sa liberté de parole le conduisait parfois à des prises de positions qui pouvaient légitimement choquer".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 aôut 2007, 11h09)


Me mêler au concert de louanges post-mortem n'est pas vraiment ma tasse de thé. Celà dit, je reconnais bien volontiers que Raymond Barre était, sans aucun doute, un homme intelligent, avec un réel sens de l'Etat. Mais, fidèle à mon approche tout-à-fait personnelle du monde politique, ce que je retiendrai aussi de lui, ce sont ses fameuses micro-siestes à l'Assemblée Nationale, du temps où il était député d'une circonscription lyonnaise, de 1978 à 2002 : qui ne se souvient de cette astuce de Raymond Barre pour supporter jusqu'à son terme certaines séances parlementaires soporifiques, en s'appuyant éventuellement sur une épaule généreusement prêtée par André Santini, un de ces anciens collègues, devenu aujourd'hui sous-ministre de Sarkozy ? Ceux qui, comme moi, connaissent l'importance du sommeil réparateur, en politique comme ailleurs, ne peuvent que rendre hommage aujourd'hui à Raymond Barre, l'homme aux micro-siestes désormais légendaires... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy, Rachida Dati [à gauche] et Roselyne Bachelot, le 20 août 2007 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Thomas Coex ; Le président Nicolas Sarkozy sort du palais de l'Elysée, le 23 août 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Thomas Coex ; Nicolas Sarkozy, Eric Besson et François Fillon à l'issue du Conseil des ministres à l'Elysée le 24 août 2007, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Pierre Verdy ; L'ancien Premier ministre Raymond Barre, le 26 avril 2004 à Cologne, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Archives Henning Kaiser ; Raymond Barre, le 8 janvier 2002, à l'Assemblée Nationale, photographie de l'agence Reuters, © Reuters/Charles Platiau)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 11 août 2007 6 11 /08 /2007 22:10
Trois mois de sarkozysme triomphant, et je suis déjà fatigué comme si celà faisait dix ans que Sarkozy de Nagy-Bocsa était chef de l'Etat... L'actualité politique du mois qui vient de s'écouler a été chargée, c'est le moins que l'on puisse dire, et on pourrait ne pas s'en plaindre, s'il ne fallait remarquer à quel point la France aime passer d'un extrême à l'autre : après douze ans d'immobilisme chiraquien, nous voici partis pour cinq ans de sur-activisme sarkozyste. Dormez tranquilles, citoyens : le guide suprême Sarkozy est partout, il s'occupe de tout, et a un avis sur tout. C'est dans sa nature, puisqu'il adore être au centre de toutes les attentions, et qu'il n'aime rien tant que de gesticuler devant les caméras, et de déblatérer devant les micros son discours sur la prétendue "rupture" qu'il est censé incarner, pour mieux cacher la triste réalité de son action... Que voulez-vous, c'est ainsi : Sarkozy de Nagy-Bocsa aime être excessif, et ne sait pas vraiment s'arrêter, même quand on lui dit qu'il en fait trop... Pauvre France : elle n'a pas fini de devoir supporter cet énergumène, qui n'a rien d'un président de la République, si ce n'est le fait qu'il a été élu... Du reste, aujourd'hui, je ne le hais plus : mon sentiment à l'égard de cet homme est désormais un mélange de détestation cordiale, de pitié et de mépris. Ce qui ne m'empêche pas d'être attentif à ses faits et gestes, puisque sa politique ne devrait pas manquer, en principe d'avoir des conséquences sur l'avenir du pays et des citoyens qui y vivent...

Le 12 juillet dernier, Sarkozy de Nagy-Bocsa a dévoilée ses intentions quant à la nécessaire réforme des institutions de la Ve République, à l'occasion d'un discours prononcé à Epinal (Vosges) sur le thème de la "démocratie irréprochable".

A Epinal, Sarkozy ouvre un vaste chantier sur les institutions, et vante un "Etat fort"

Nicolas Sarkozy a vanté jeudi à Epinal un "Etat fort" et un président qui "gouverne", en ouvrant un vaste chantier pour réformer les institutions de la Vème République.

Soucieux de s'inscrire "dans la tradition gaulliste", le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer solennellement dans le chef-lieu des Vosges parce que c'est là que le général de Gaulle avait exposé, le 29 septembre 1946, sa vision d'une "République moderne".

"Je ne tournerai pas la page de la Vè République", a-t-il déclaré dans un discours ponctué de références historiques et où il a fait l'éloge de l'"Etat fort". "Il ne s'agit pas de revenir à la IVè République en prétendant faire la VIè", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il ne changerait "pas les grands équilibres de nos institutions".

Mais il a proposé de nombreuses pistes de réflexion, reprenant des orientations de sa campagne électorale: accroissement des responsabilités du président, renforcement des pouvoirs du Parlement, statut de l'opposition, encadrement des nominations pour les postes de haute responsabilité.

Il a fixé cette feuille de route à un "comité de douze à quinze membres", présidé par Edouard Balladur, qui devra lui "faire des propositions d'ici au 1er novembre" en faveur d'une "République irréprochable".

Fidèle à sa politique d'ouverture, M. Sarkozy a proposé à des personnalités de droite et de gauche de siéger dans cette commission où "on aura le droit de discuter de tout, sans tabou".

Les socialistes Jack Lang, qui vient de démissionner des instances dirigeantes du Parti socialiste (PS), et Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin, ont été sollicités. M. Lang a réservé sa réponse.

Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, classé à gauche, ainsi que le chiraquien Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, devraient également en faire partie.

"Je souhaite que le président gouverne", a-t-il dit également, citant Georges Pompidou. "Si le président de la République préside, c'est pour décider", a-t-il ajouté, répondant à ceux qui l'accusent de se comporter en "hyper-président".

"Je souhaite que soit étudiée la possibilité que le président puisse s'exprimer au moins une fois par an devant le Parlement pour expliquer son action et pour rendre compte de ses résultats", a-t-il lancé devant les présidents de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat, Christian Poncelet.

M. Sarkozy s'est également interrogé sur la limitation "à deux mandats successifs" pour un président avant de se dire "réservé" sur une suppression de l'article 49-3, qui permet au gouvernement de passer en force pour faire adopter un texte de loi.

Idem pour l'article 16, qui donne les pleins pouvoirs au président: "Je ne crois pas qu'il soit pertinent de le supprimer (...) tant l'Histoire a montré qu'aucun pays n'était jamais à l'abri de circonstances exceptionnelles". Mais "si on le garde, on peut discuter d'une nouvelle rédaction", a-t-il ajouté.

A propos du contrôle parlementaire, le chef de l'Etat s'est interrogé sur "les moyens et les droits" dont doit disposer l'opposition pour qu'elle soit en mesure, "non d'empêcher la majorité et le gouvernement de gouverner, mais pour les mettre davantage en face de leurs responsabilités".

Il a aussi annoncé qu'il demanderait à la Cour des comptes de "contrôler le budget de la présidence de la République", ce qui "n'a jamais été fait".

Enfin, sur l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale réclamée par le MoDem et le PS, il ne s'est pas interdit d'en discuter pour "permettre d'améliorer la représentativité du Parlement, sans remettre en cause le fait majoritaire".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 12 juillet 2007, 20h59)

Vous croyez que Sarkozy de Nagy-Bocsa veut être un grand réformateur des institutions ? Peut-être, mais il semble, en fait, que son ambition au sujet de ladite réforme soit beaucoup moins grande que ce que l'on est censé croire officiellement. Qu'on en juge en prenant connaissance de ce qu'il a dit autour de lui, le mois dernier, à ce sujet :

Tout ça pour ça

 De Sarkozy, à propos de "sa" réforme constitutionnelle :
 "Le seul truc auquel je tiens vraiment, a-t-il expliqué autour de lui, c'est de parler devant les parlementaires. Je sais que moi, je peux les convaincre."
 Mais pas question pour lui qu'il y ait un débat après son intervention.
 "Le Président n'est pas et n'a pas à être responsable devant le Parlement, sinon on changerait de République. C'est le Premier ministre qui est responsable devant le Parlement."
 Preuve que Fillon sert au moins à quelque-chose.


(Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

Est venu ensuite le moment du grand Sarko-show à l'occasion du 14-Juillet : pour ce que j'ai pu en voir à la télévision, ce fut pour moi aussi écoeurant que lors de la cérémonie de passation des pouvoirs à l'Elysée en mai dernier...

Première fête nationale de "rupture" pour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a présidé samedi à ses premières cérémonies du 14 juillet, placées sous le signe de l'Europe et de la "rupture" que veut personnifier le nouveau chef de l'Etat, deux mois après son entrée en fonctions.

Aux côtés des principaux responsables de l'UE, invités spécialement, le président a assisté à un défilé militaire marqué par la présence de contingents des 27 Etats de l'Union européenne.

Debout dans son command-car, le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, à ses côtés, le président avait lancé les festivités en descendant les Champs-Elysées, saluant de la main militaires et spectateurs.

Première entorse au protocole, il fait arrêter son véhicule et se lance en direction de la foule, maintenue derrière des barrières et minutieusement fouillée avant de pouvoir pénétrer dans le périmètre de sécurité.

"Il y a vraiment beaucoup de monde", lance-t-il en serrant des mains. Il embrasse une fillette dans les bras de son père. Des bras tendent des téléphones portables pour le prendre en photo. "Je ne peux pas rester longtemps", lance M. Sarkozy avant de se diriger vers le trottoir d'en face pour le même bref exercice.

Le 16 mai, jour de son entrée en fonctions, il avait déjà pris un mini-bain de foule similaire sur "la plus belle avenue du monde".

Quelques semaines après les attentats manqués de Londres, les festivités étaient placées sous haute surveillance. Plusieurs milliers de policiers et de gendarmes ont été déployés avec des "consignes d'extrême vigilance" dans le cadre du plan Vigipirate, au niveau rouge.

Une foule très nombreuse (la police ne disposait pas immédiatement de chiffres), souvent jeune, se presse. De nombreux touristes sont présents. Pour tenter d'apercevoir le défilé par dessus les zones de sécurité, des personnes se sont perchées sur des kiosques à journaux ou dans les arbres. D'autres ont apporté ou acheté sur place des périscopes en carton.

Après une Marseillaise, puis le Chant des partisans et la lecture d'un texte de Robert Schuman, un des pères fondateurs de l'Union, le défilé commence.

Les 27 contingents européens se mettent en marche par ordre alphabétique, drapeau bleu-blanc-rouge et bannière étoilée de l'Europe en tête. Les unités françaises défilent ensuite pendant une bonne heure, devant un Nicolas Sarkozy radieux, qui devise avec ses invités à la tribune.

"Surprise" européenne pour finir. Le président descend saluer les porte-drapeaux des armées des 27, en compagnie du président de la Commission José Manuel Barroso, du Premier ministre portugais José Socrates, qui préside l'Union, du président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering et du Haut représentant diplomatique de l'UE, Javier Solana.

"Je voulais que la France soit de retour en Europe et que l'Europe soit présente en France", lance M. Sarkozy. M. Barroso se réjouit "d'un symbole mais plus qu'un symbole (...) C'est seulement ensemble qu'on peut faire face".

Le président se rend ensuite au déjeuner officiel, où il arrive avec... Dominique Strauss-Kahn, l'ancien ministre socialiste, candidat de l'UE à la direction du FMI.

La garden-party élyséenne devait suivre, qui verra un changement d'importance. Le président a en effet renoncé à la très traditionnelle interview télévisée. Il devrait brièvement s'exprimer de façon plus informelle.

Le nombre d'invités a également été réduit à quelque 5.000 personnes, et le président a choisi d'honorer plusieurs centaines de "héros" et "victimes" anonymes.

Innovation enfin en soirée avec une "grande fête populaire" au Champ de Mars, à Paris, avec des chanteurs européens et, en tête d'affiche, Michel Polnareff. Le tout devait s'achever, sans rupture cette fois, par un très traditionnel feu d'artifice.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 14 juillet 2007, 12h32)

Commentaire de Sarkozy de Nagy-Bocsa, quelques jours plus tard :

"Le 14-Juillet a été réussi. Mais, encore, vous n'avez rien vu par rapport à celui de l'an prochain."

(Sarkozy, lors du Conseil des ministres du 18 juillet 2007, cité in Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

Conclusion logique : on peut s'attendre à un écoeurement plus important encore pour les célébrations du 14-Juillet de 2008...

Le spectacle, du reste, continue trois jours plus tard : le 17 juillet, Sarkozy suit la neuvième étape du Tour de France 2007, entre Val d'Isère et Briançon, dans la voiture du directeur du Tour. Chacun le sait : l'actuel chef de l'Etat est amoureux du sport, dont la sur-exposition médiatique et l'engouement populaire à son endroit sont les seules drogues qui lui sont nécessaires pour gagner sans cesse de nouvelles étapes...

Pendant ce temps, le Parlement travaille, car, ainsi que l'avait promis Sarkozy, même en plein été, les députés et les sénateurs ont du pain sur la planche : le "paquet fiscal" en faveur des plus riches, l'autonomie des universités, le service minimum dans les transports publics, etc.

Adoption avec retard par l'Assemblée d'un "paquet fiscal" étoffé

Le texte appelé "paquet fiscal", qui regroupe les promesses emblématiques de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, a été voté dans la nuit de lundi à mardi par l'Assemblée, après avoir été étoffé par la majorité, mais avec du retard du fait de la mobilisation de la gauche.

Le projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) dit "paquet fiscal" doit maintenant rejoindre le Sénat où son examen est prévu à partir du 25 juillet.

Le projet de loi prévoit l'exonération des heures supplémentaires, la mise en place du RSA (revenu de solidarité active), l'encadrement des "parachutes dorés", la création d'un crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, l'abaissement du bouclier fiscal à 50% (60% actuellement) ou encore la suppression des droits de succession pour le conjoint survivant.

Le coût a été évalué par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, entre 10 et 11 mds d'euros pour 2008 et "13,6 mds d'euros (par an) en régime de croisière". Une addition élevée qui retarde d'autant le retour à l'équilibre des finances publiques, promis au mieux pour 2010 par le chef de l'Etat mais plus probablement pour 2012. Ce qui du coup fait grincer des dents à Bruxelles.

Malgré cela, le gouvernement a réussi à dégager des marges de manoeuvre pour donner du grain à moudre aux députés UMP. Après toute une législature à batailler en vain pour obtenir la sortie de la résidence principale du calcul de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune), ils ont obtenu une hausse de 20 à 30% de l'abattement d'ISF sur cette résidence.

Ils ont aussi réussi à porter de 20.000 à 30.000 euros la possibilité de donation en numéraire par une personne de moins de 65 ans et de 50.000 à 150.000 euros l'abattement pour les donations et les successions en faveur d'une personne handicapée si elle n'est pas l'héritière directe.

Après une vibrante ode au travail, lors de la présentation du texte, Mme Lagarde, très présente dans les débats, n'a eu de cesse de défendre des mesures qui, selon elle, devraient générer "près d'un demi-point de croissance en 2008".

"Cette loi que l'on surnomme paquet fiscal (...) n'est ni un paquet cadeau pour les riches, ni un paquet piégé qui nuirait à la croissance, ni un paquet surprise dont on ne contrôlerait pas les conséquences. C'est bien plutôt une boîte à outils dans laquelle ceux qui travaillent pourront trouver ce qu'ils cherchent", a-t-elle estimé.

Mais la gauche n'a pas été en reste et a fait preuve d'une grande combativité, sans toutefois verser dans l'obstruction, pour dénoncer un projet plein de "cadeaux fiscaux" qui sous couvert de mesures "innovantes", présente de "vieilles recettes éculées" ou encore "marque le retour d'une société de rentiers". Martine Billard (Verts) a même suggéré d'ajouter au titre du projet "assistanat aux grandes fortunes".

Le débat a particulièrement fait rage sur les heures supplémentaires et les droits de succession tant et si bien que les députés se sont retrouvés à travailler plus que prévu pour boucler lundi soir au lieu de vendredi après-midi le texte, avec le lancement du RSA (revenu de solidarité active) défendu par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités.

Alors que M. Hirsch avait vanté "une rupture qui permet" aux plus faibles de "repartir", l'opposition n'a eu de cesse de dénoncer le "cynisme" du gouvernement mettant en regard les milliards aux plus riches comparés aux 25 millions du RSA.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 juillet 2007, 7h33)

Le 18 juillet, Sarkozy de Nagy-Bocsa met officiellement en place, lors d'une cérémonie à l'Elysée, son comité d'experts, présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur, et dont l'ancien ministre socialiste Jack Lang a accepté d'être l'un des deux vice-présidents, comité chargé de faire des propositions de réformes en matière institutionnelles, car le président de la République veut une réforme dans ce domaine avant les élections municipales de 2008.

Et puis, le 24 juillet, vient le "miracle" que personne n'attendait : Sarkozy de Nagy-Bocsa devient le libérateur des infirmières bulgares emprisonnées depuis huit ans en Libye. Petit rappel des faits : à l'origine de l'affaire, des centaines d'enfants avaient été infectés par le virus du SIDA à l'hôpital libyen Al-Fatih de Benghazi, en raison de mauvaises conditions d'hygiène propres à l'établissement. Plusieurs dizaines de  ces enfants étant morts de la maladie, face à la fureur populaire, cinq infirmières coopérantes bulgares et un médecin palestinien servirent, bien qu'étant innocents, de boucs émissaires. Arrêtés par le pouvoir en place, celui du colonel-dictateur Mouammar Kadhafi, les six malheureux ressortissants étrangers furent torturés, puis condamnés à mort, avant que la mobilisation européenne ne pousse Kadhafi à préférer aux exécutions prévues un de ces marchandages dont il s'est fait une spécialité, en faisant des infirmières bulgares et du médecin palestiniens, des otages à échanger contre des concessions de la part de l'Occident. Pendant plusieurs années, l'Union Européenne a négocié avec la Libye, la grâce et la libération des condamnés, et on pouvait espérer que l'affaire puisse bientôt aboutir à une issue heureuse pour les otages. Et c'est là que Sarkozy de Nagy-Bocsa réussit un de ces coups de marketing politique dont il a le secret, en précipitant la conclusion des négociations, avec force liquidités versées à Kadhafi par l'émir du Qatar, en guise de rançon, et l'intervention diplomatique inédite, auprès du dictateur libyen, de Cécilia Sarkozy, épouse du chef de l'Etat français : le 24 juillet, les infirmières et le médecin sont libérés. On ne peut que sincèrement se féliciter de la fin du calvaire des six otages, mais cela n'enlève rien au caractère opportuniste de l'intervention très médiatisée de Sarkozy, qui, dès le lendemain, 25 juillet, s'est rendu en visite officielle à Tripoli, la capitale libyenne, et y a rencontré personnellement le colonel Kadhafi, "pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Un mémorandum d'entente sur le nucléaire civil a été signé sur place à cette occasion, ainsi que plusieurs accords de coopération, dont un dans le domaine militaire : c'est aussi celà, la politique. Le rôle que Cécilia Sarkozy aura joué dans toute cette affaire n'a pas manqué, en tout cas, de retenir l'attention des observateurs...

Cécilia Sarkozy au premier plan dans l'affaire des infirmières bulgares

L'heureux dénouement de l'affaire des infirmières bulgares a de nouveau placé au devant de la scène Cécilia Sarkozy, alors même que la "première dame" n'a en France aucun statut ou rôle officiel.

Au cours de deux visites surprises et spectaculaires en Libye, le 12 juillet puis de dimanche à mardi, Mme Sarkozy a endossé le rôle, inédit en France, d'émissaire personnel du président dans une négociation internationale de premier plan, suscitant des protestations à gauche.

C'est en compagnie de Mme Sarkozy, à bord d'un avion de la République française, que le médecin et les cinq infirmières sont revenues mardi dans leur patrie, après huit ans de détention en Libye.

Décontractée en polo blanc et pantalon noir, Cécilia Sarkozy est sortie de l'avion à Sofia peu après elles, mais s'est refusé à toute déclaration. Son retour à Paris s'est également fait dans la plus grande discrétion.

"On a résolu un problème, point. Il n'y a pas à théoriser sur une nouvelle organisation de la diplomatie française, le statut de l'épouse du chef de l'Etat ou je ne sais quel raisonnement", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'Elysée.

Selon le Premier ministre François Fillon, la présence de Cécilia Sarkozy a aidé à créer une relation personnelle avec le dirigeant libyen. "Le président (Mouammar) Kadhafi ne recevait pas les ministres, ne recevait pas les commissaires européens. Il fallait donc une relation directe entre le chef de l'Etat français et lui, et cette relation s'est instaurée d'abord par leurs conversations téléphoniques et ensuite par la présence symbolique de l'épouse du chef de l'Etat à Tripoli".

Pour son époux, Cécilia Sarkozy a agi avec "beaucoup de courage, beaucoup de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio, en comprenant tout de suite qu'une des clés" était de prendre en compte aussi la douleur "des cinquante familles qui avaient perdu un enfant".

Ancien mannequin et mère de trois enfants, réputée indépendante --le couple s'est un temps séparé-- et créditée d'une grande influence sur son mari, Cécilia Sarkozy avait avoué avant l'élection ne pas se voir en "First Lady": "cela me rase", avait-elle confié.

Elle était restée très discrète pendant la campagne électorale et depuis l'entrée en fonction de son mari, même si elle avait été une des "stars" de sa cérémonie d'investiture.

En l'absence de tout statut du conjoint du chef de l'Etat, chaque "première dame" a dû définir le rôle qu'elle entend incarner: alors que Bernadette Chirac s'est illustrée dans la collecte humanitaire des "pièces jaunes", Danielle Mitterrand avait parfois embarrassé la diplomatie française par ses initiatives, en faveur des Kurdes notamment, dans le cadre de sa fondation France-Libertés.

Tout en se félicitant du dénouement heureux, des voix à gauche se sont offusquées de ce rôle d'émissaire officieux que Cécilia Sarkozy a endossé. "Je me demande à quoi servent le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade qui sont dépossédés de leurs propres compétences constitutionnelles au profit de la femme du président de la République", a déclaré le député PS Arnaud Montebourg.

"Le problème est de savoir si Mme Sarkozy a été élue et a la légitimité du suffrage universel. La réponse est non. Elle est la femme du président, point barre. Elle n'a pas à être associée à des opérations de cette envergure qui peuvent avoir des conséquences très importantes du point de vue géostratégique", a renchéri Noël Mamère (Verts).


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 24 juillet 2007, 15h25)

Le 25 juillet, tandis que Sarkozy était accueilli sous la tente de Kadhafi, l'Assemblée Nationale a adopté un projet de loi sur l'autonomie des universités : mal négocié au départ, ce projet n'est pas allé aussi loin qu'on aurait pu le croire, par rapport à ce qui avait été annoncé, tout le monde s'étant accordé sur la nécéssité d'une profonde réforme des universités françaises...

L'Assemblée adopte le projet de loi sur l'autonomie des universités

L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir le projet de loi de Valérie Pécresse sur l'autonomie des universités avec les seules voix de la majorité UMP et Nouveau Centre, l'opposition de gauche ayant voté contre.
Les députés ont modifié à la marge le texte présenté en urgence (une lecture par assemblée) et déjà adopté par le Sénat le 12 juillet.

Ce projet prévoit la généralisation de l'autonomie budgétaire et de gestion des ressources humaines à toutes les universités d'ici 5 ans.
Les universités pourront également devenir propriétaires de leurs biens immobiliers ou les vendre ainsi que créer des fondations.
Pour améliorer la gouvernance des universités, les conseils d'administration sont ramenés de 60 à environ 30 membres et s'ouvrent à des personnalités extérieures (7 ou 8).
Le président sera élu par le conseil d'administration pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. Son autorité sera renforcée et il disposera d'un droit de veto sur les affectations, pourra embaucher des contractuels, gérer les primes des personnels.
Le texte modifie la procédure de recrutement des personnels et enseignants-chercheurs.
Les députés ont supprimé la possibilité donnée par les sénateurs à des personnalités extérieures de participer à l'élection du président d'université, revenant au texte initial.
Ils ont également maintenu un droit de regard de l'Etat dans la création des UFR (Unité de formation et de recherche) désormais dévolue aux universités.

Un amendement de Claude Goasguen (UMP), réservant la fonction de président d'université aux seuls enseignants-chercheurs, a été adopté à l'unanimité, contre l'avis de la ministre, barrant ainsi la voie à l'élection de non universitaires.
Mme Pécresse a demandé une deuxième délibération et obtenu d'élargir cette fonction également aux "professeurs et maîtres de conférence, associés ou invités, ou tous autres personnels universitaires assimilés, français ou étrangers"

Les députés ont en revanche rejeté un amendement permettant l'intégration des cursus des professions paramédicales et sage-femmes dans le système LMD (Licence, master, doctorat). Mme Pécresse a toutefois annoncé que Roselyne Bachelot (Santé) ouvrira dès septembre une concertation sur cette question.

L'opposition SRC (Socialiste, radical et citoyen) et GDR (gauche démocrate et républicaine - PCF/Verts) a protesté contre "les pouvoirs exorbitants des présidents d'université" et demandé en vain des garde-fous sur le recrutement de contractuels "pour qu'ils ne se substituent pas aux enseignants chercheurs statutaires".
Alain Claeys (PS) a regretté que ce texte ne traite que de la gouvernance et "ne soit pas une vraie réforme de l'enseignement supérieur", déplorant "l'absence de moyens financiers". Noël Mamère (Verts) a jugé ce texte "dangereux" pour l'avenir des universités.

"Nous ne voulons pas remplacer l'emploi statutaire, nous voulons de la souplesse" mais "ce seront des emplois publics, que nous créons", a soutenu Mme Pécresse dont c'était le baptême du feu à l'Assemblée comme ministre.
Pour elle, ce texte, "véritable révolution culturelle", veut "ouvrir les fenêtres de l'Université".

Le texte sera soumis à l'examen d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 députés, 7 sénateurs) pour une adoption définitive le 1er août.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 juillet 2007, 19h59)

De fait, le 1er août, le texte a définitivement été adopté, dans une version proposée par la commission mixte paritaire, qui est globalement proche de la version qu'en avait retenue l'Assemblée nationale, notamment en ce qui concerne l'élection du président d'université.

La veille, le 31 juillet, le Premier ministre Fillon a enfin commencé à annoncer à quelle sauce allait être mangés les effectifs de la fonction publique, proie préférée de tous les bien-pensants de ce pays :

Fillon: le rétablissement des finances publiques, "clé de la rupture économique"

Le Premier ministre, François Fillon, a qualifié mardi le rétablissement des finances publiques de "clé de la rupture économique", à l'issue d'un séminaire gouvernemental sur le projet de budget 2008.
"Le rétablissement des finances publiques n'est pas à mes yeux une variable d'ajustement de la politique économique, c'est la clé de la rupture économique", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse.
Il a indiqué par ailleurs que les dépenses de l'Etat n'augmenteront pas en volume en 2008.

Ce budget, a-t-il souligné, est bâti sur "une hypothèse crédible" de 2,5% de croissance, annoncée fin juin par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et de 1,6% d'inflation.
François Fillon veut promouvoir par ce budget "une croissance forte" faisant de la France "un pays productif, un pays compétitif, un pays attractif". Mais il a répété que cette croissance devait aussi être "saine", c'est-à-dire "respectant les finances publiques".
"La réduction de notre déficit est donc l'une de nos priorités, nos engagements européens nous y invitent mais surtout et avant tout, l'intérêt national l'exige", a-t-il ajouté.

M. Fillon, qui s'exprimait au sortir d'un séminaire gouvernemental sur le projet de budget 2008, a confirmé l'estimation de Christine Lagarde, selon laquelle les déficits publics de la France s'établiront à 2,3% du PIB en 2008.

Il a aussi annoncé que les 22.700 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés en 2008, dont un sur trois dans l'Education nationale.
"Les ministères contribuent tous en moyenne à 1 (fonctionnaire retraité) sur 2" non remplacé, hormis dans l'Education nationale, la Justice et l'Enseignement supérieur, a-t-il expliqué à l'issue d'un séminaire gouvernemental sur les arbitrages budgétaires pour le projet de loi de finances 2008.
Environ un fonctionnaire de l'Education nationale sur trois ne sera pas remplacé.
M. Fillon s'est refusé à donner un chiffre précis avant la fin du mois d'août.
"Il y aura plus de 6.000 créations de postes correspondant à des besoins nouveaux" dans l'Education nationale, dont les études dirigées, a-t-il expliqué. "Il y aura aussi des suppressions, qui font l'objet de réglages fins".
Conformément aux engagements de campagne de Nicolas Sarkozy, M. Fillon a rappelé que la moitié des économies réalisées avec le non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite seront affectés à la revalorisation des carrières.
Les modalités de cette hausse des traitements, a-t-il expliqué, seront négociées dans les prochaines semaines avec les syndicats par le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini.

Par ailleurs, une somme de 1,8 milliard d'euros supplémentaires sera affectée en 2008 à l'Enseignement supérieur et la Recherche, beaucoup plus que le milliard d'euros par an pendant cinq ans promis par Nicolas Sarkozy pendant la campagne, a annoncé François Fillon.

Le Premier ministre a indiqué que le gouvernement affecterait au budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qualifiés de "priorité", "1,8 milliards supplémentaires".
Ceux-ci "seront reconduits en augmentation chaque année", a-t-il fait valoir.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 31 juillet 2007, 18h13)

Le 1er août a eu lieu l'adoption définitive par le Parlement (Assemblée et Sénat) du texte de loi issu d'une commission mixte paritaire sur le "paquet fiscal", ainsi que le dernier Conseil des ministres avant les vacances gouvernementales et parlementaires.

Sarkozy souhaite bonnes vacances aux ministres, prévoit une rentrée chargée

Nicolas Sarkozy a souhaité "bonnes vacances" aux membres du gouvernement mercredi lors du dernier conseil des ministres avant la pause estivale, leur annonçant que ça repartira "très fort" à la rentrée.
Le président de la République a dit "bonnes vacances, merci pour les trois mois, vous avez fait du bon travail avec des avancées importantes pour les Français, mais attendez-vous à ce que ça reparte très fort dès la rentrée", a rapporté le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, lors du compte-rendu à la presse.
"Les ministres avaient l'air interloqué devant cette annonce d'un rythme qui serait encore plus soutenu à la rentrée", a commenté M. Wauquiez. Il a précisé que le conseil des ministres de rentrée aurait lieu le 24 août.
D'ici là, "la permanence est assurée avec des exigences qui sont très claires", a-t-il dit. "Chaque ministre doit être joignable à tout moment, jour et nuit", une "permanence des membres du gouvernement" sera assurée, et dans chaque cabinet ministériel, un responsable sera "chargé d'assurer le suivi".
"Il y a une continuité gouvernementale qui sera assurée, et en même temps pas d'hypocrisie: nous prenons bien des vacances et nous en avons besoin", a-t-il lancé.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 1er août 2007, 12h43)

Soucieux de clôturer en beauté leur session extraordinaire estivale, les parlementaires ont tenu, avant de partir en congés, à s'occuper du fameux service minimum dans les transports publics. Il est de notoriété publique que les pannes techniques et le manque de personnel causent bien plus de perturbations que les grèves ? Qu'à celà ne tienne, il faut tout de même légiférer, ce sont les sarkozystes qui le disent...

Service minimum: les députés adoptent le projet de loi gouvernemental

Les députés ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi de loi sur le service minimum dans les transports publics terrestres, après trois jours de travaux marqués par une forte combativité de la gauche dans l'hémicycle et une mobilisation syndicale dans le pays.
Le texte a été approuvé par les députés UMP et NC (Nouveau Centre), les deux groupes de gauche SRC (socialiste, radical et citoyen) et GDR (gauche démocrate et républicaine) ont voté contre

Les travaux, qui traînaient en longueur depuis l'après-midi, se sont accélérés après le vote tard dans la soirée de deux articles phares. Le premier fait obligation au salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant de participer au conflit, "sous peine de sanction disciplinaire" (art. 5). Le second prévoit la possibilité de consulter le personnel par vote secret, y compris à l'initiative de l'employeur, sur la suite du mouvement au-delà de huit jours de grève (art. 6).
Ces deux mesures, perçues par la gauche comme une "atteinte frontale" au droit de grève, cristallisent la colère syndicale. Leur examen a donné lieu à de vifs échanges dans l'hémicycle.

Le projet de loi de Xavier Bertrand (Travail), promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, fera l'objet jeudi matin d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 députés, 7 sénateurs), en vue d'un vote définitif dans les deux assemblées en fin de journée.
Il sera le dernier des quatre projets de loi - avec ceux sur la récidive, le "paquet fiscal" et la réforme des universités - à être définitivement adopté par le Parlement durant la session extraordinaire, commencée le 3 juillet et devant s'achever jeudi 2 août.
L'entrée en vigueur de la future loi sur le service minimum est prévue au 1er janvier 2008.

Mercredi les groupes SRC et GDR ont continué à ferrailler contre le projet de loi, défendant un à un leurs amendements dont plusieurs ont été adoptés.
Les débats ont donné lieu à quelques échanges musclés entre la gauche et le ministre, notamment lors de l'examen de l'article 4 qui définit les "dessertes prioritaires", "le plan de transport adapté" et le "plan d'information des usagers" en cas de conflits.

A l'appel de sept fédérations de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD-Rail, Unsa et Fgaac) et de quatre fédérations de transport (CGT, CFDT, FO et CFTC), auxquelles se sont joints Solidaires, la FSU et le SNJ, plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblés mardi dans 80 villes de France pour dénoncer ce texte voté, selon eux, "à la sauvette" en pleine trêve estivale.
D'autres actions syndicales sont annoncées pour la rentrée, et la CGT n'a pas totalement écarté une possible perturbation des services durant la Coupe du Monde de rugby en septembre et octobre.
Le groupe SRC a déjà annoncé qu'il saisira le Conseil constitutionnel pour faire censurer le texte.

Face aux attaques répétées des élus de gauche contre ce texte, à leurs yeux, "inutile", "démagogique", "de provocation" et "inapplicable", les orateurs UMP et NC ont réitéré leur soutien à ce projet de loi "équilibré", qui "donne la légitimité au service public" et qui est plébiscité par les Français dans les sondages.
"Le service minimum, qui a très longtemps été dans notre pays un serpent de mer (...) va devenir réalité au 1er janvier 2008", s'est félicité pour sa part M. Bertrand, soulignant que Nicolas Sarkozy avait "joué cartes sur table pendant toute la campagne présidentielle" sur ce texte qui "n'est pas arrivé comme ça par hasard pendant l'été".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 août 2007, 15h42)

Et voilà Sarkozy de Nagy-Bocsa parti - enfin ! - en vacances, aux Etats-Unis d'Amérique, à Wolfeboro, petite station estivale très huppée en bordure du lac Winnipesaukee (New Hampshire), où il séjourne avec sa famille et des amis, dont la ministre Rachida Dati - amie du couple Sarkozy -, dans une luxueuse résidence de 1200 m2, à 21900 euros TTC la semaine, appartenant à un ancien dirigeant de Microsoft. Entre deux joggings, et deux partis de pêche en bâteau, le très médiatique et égocentrique Sarkozy a pris le temps, dimanche dernier, d'engueuler, en français, des photographes de presse américains, apparemment subitement devenus indésirables dès lors qu'il s'agit d'évoquer les modestes goûts de luxe du président joggeur en congés. Ce dernier a également pris le temps de faire un aller-retour en avion pour pouvoir assister à Paris, hier, 10 août, aux obsèques du cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris, décédé dimanche. Il s'est dépêché de revenir à dans le New Hampshire, car aujourd'hui, 11 août, une rencontre, informelle et privée, avec le président des Etats-Unis W. Bush, était prévue dans la résidence familiale des Bush de Kennebunkport (Maine), située à seulement 80 km de Wolfeboro.

Et voilà. Voilà à quoi ressemble un mois de sarkozysme appliqué. Et encore, je n'ai évoqué que dans les grandes lignes le mois politique qui vient de s'écouler. Et le cauchemar va continuer... Profitons donc encore un peu du fait que Sarkozy soit loin d'ici, même si la côte est des Etats-Unis n'est pas forcément une destination suffisemment lointaine... Le 8 mai dernier, sur le site du Nordenstar (journalistique et satirique), alors que le nouveau président élu avait temporairement disparu après sa victoire, et que l'on s'interrogeait sur l'endroit où il pouvait être, j'avais écrit que "j'aimerai assez que Sarkozy de Nagy-Bocsa soit sur la planète Altaïr 4, à coté de Proxima du Centaure... et qu'il y reste", et quelqu'un avait ensuite ajouté : "s'il pouvait même aller plus loin..." Effectivement, il pourrait fort bien aller plus loin... pourvu qu'il y reste... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Caricature de la "Rupture" de Sarkozy, par Cardon, parue dans le Canard enchaîné N°4518, 30 mai 2007 ; Caricature de Sarkozy devant le buste de son épouse Cécilia, par Kiro, parue dans le Canard enchaîné N°4525, 18 juillet 2007 ; Caricature de Kadhafi et de Cécilia Sarkozy, par Cabu, parue dans le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007 ; Caricature de Sarkozy [à droite] avant la pause estivale, par Lefred-Thouron, parue dans le Canard enchaîné N°4527, 1er août 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /2007 21:16
Me voici de retour, après quelques semaines de cure de désintoxication sarkozyste, à l'occasion notamment d'un travail saisonnier en entreprise, cure dont le succès est tout relatif, car si le travail en question m'a permis, comme chaque année, de me changer les idées, j'ai tout de même dû supporter pendant ces dernières semaines, quasiment tous les jours, l'omniprésence médiatique de Sarkozy de Nagy-Bocsa, que ce soit à la radio le matin, à la télévision le soir, ou dans la presse à toute heure. De fait, il y a tant de choses à dire sur l'actualité politique du mois de juillet qu'un seul article n'y suffirait pas. Avant donc de revenir prochainement sur les divers faits et gestes de l'actuel président de la République et de ce qui lui sert de gouvernement, restons encore un peu dans la continuité de mon précédent article, consacré à Jacques Chirac, et qui a clôturé ma galerie des présidents de la Ve République - "Jacques Chirac : le dernier chapitre... pour l'instant..." -, en jettant encore un coup d'oeil sur les récentes tribulations judiciaires dudit Chirac et sur les ennuis, également judiciaires, de son dernier Premier ministre, le très chiraquien Dominique Galouzeau de Villepin...

Il y a quelques mois, reprenant plus ou moins une expression qui j'avais déjà employé en mai 2006, après le déballage de la lamentable affaire Clearstream, j'avais qualifié Galouzeau de Villepin d'"apprenti-Lamartine qui s'est pris pour Fouché" : force est de constater que l'ancien Premier ministre n'a fait, jusqu'à aujourd'hui, que confirmer l'impression que j'avais à l'époque. Diplomate auteur de poèmes, admirateur de l'épopée napoléonienne, secrétaire genéral de l'Elysée de 1995 à 2002, puis ministre des Affaires Etrangères de 2002 à 2004, ministre de l'Intérieur de 2004 à 2005, puis enfin Premier ministre de 2005 à mai 2007, Villepin est longtemps apparu, à droite, comme l'une des rares alternatives crédibles face à l'irrésistible montée en puissance de Sarkozy de Nagy-Bocsa. Pourtant, par ses maladresses - parfois surprenantes venant de sa part -, il s'est mis tout seul dans un pétrin qui l'a d'abord conduit à abandonner la lutte pour le pouvoir suprême au profit de son rival Sarkozy, puis, après la victoire de ce dernier, à s'enliser peu à peu dans le bourbier de l'affaire Clearstream, au point d'avoir été récemment perquisitionné, il y a quelques semaines, et d'être finalement mis en examen par les juges  Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans le cadre de cette affaire complexe de manipulation visant notamment, à l'origine, Sarkozy, mais dont ce dernier a finalement su tirer tout le parti nécessaire pour favoriser son entreprise de confiscation du pouvoir, y compris dans son propre camp politique... Dans cette histoire, Villepin pensait, semble-t-il, avoir la queue et les oreilles de Sarkozy, mais, apparemment, tel est pris qui croyait prendre...


Clearstream: mis en examen, Villepin fait appel de son contrôle judiciaire

Dominique de Villepin a été mis en examen vendredi [27 juillet], notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", par les juges de l'affaire Clearstream qui lui ont interdit de rencontrer les principaux protagonistes du dossier dont Jacques Chirac.

L'ancien Premier ministre a nié avoir participé à une "quelconque manoeuvre politique", annonçant qu'il faisait appel de son contrôle judiciaire qui lui impose notamment une caution de 200.000 euros, un montant élevé jugé, selon un avocat du dossier, "vexatoire" et révélateur d'un "bras de fer" avec les magistrats.

M. de Villepin, de retour de vacances en Polynésie française, est resté moins d'une heure au pôle financier, refusant de répondre aux questions de Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans l'attente de "prendre connaissance du dossier". Ceux-ci l'ont mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Ils l'ont placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de rencontrer Jacques Chirac, ainsi que les principales personnes mises en cause. M. de Villepin est toutefois autorisé à se déplacer librement.

A sa sortie, M. de Villepin a affirmé qu'"à aucun moment", il "n'avait demandé d'enquête sur des personnalités politiques" ni "participé à une quelconque manoeuvre", ayant agi "pour faire face à des menaces internationales" et de nature "économique". "C'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre", a-t-il dit, ajoutant: "Je ne vous cache pas que ces mises en cause sont douloureuses pour moi et pour ma famille mais je me battrai pour que (...) la vérité puisse enfin apparaître".

Il est soupçonné d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier. Le nom de M. Sarkozy, alors ministre de l'Economie, est mentionné dans des listings de l'organisme financier Clearstream. Un "corbeau" les avait envoyés au juge Renaud van Ruymbeke en 2004, accompagnés de lettres. De nombreuses personnalités y étaient accusées d'avoir perçu des pots-de-vin sur la vente de frégates à Taïwan en 1991. Le magistrat a démontré que ces documents avaient été trafiqués.

La publication en mai 2006 de premières notes du général Philippe Rondot, témoin capital qui a tout consigné dans des fiches personnelles, suggérait déjà une implication de Dominique de Villepin mais aussi de Jacques Chirac: "Si nous apparaissons, le PR (président) et moi, nous sautons", aurait dit M. de Villepin au militaire.

En visite à Libreville, le président Sarkozy n'a fait aucun commentaire, tout comme François Fillon, en déplacement à Madrid.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, également mise en cause [en tant qu'ancienne ministre de la Défense, informée à l'époque par le général Rondot], a souhaité "que la justice puisse le plus rapidement possible donner le fin mot" de l'affaire. Le député villepiniste Jean-Pierre Grand a estimé pour sa part qu'il y avait là "tous les ingrédients d'une nouvelle affaire Dreyfus".

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a jugé que M. de Villepin devait bénéficier de "la présomption d'innocence".

Dominique de Villepin avait déjà été entendu 17 heures en décembre 2006. Il avait alors écarté toute responsabilité. Mais la révélation fin juin de notes informatiques inédites du général Rondot, qui pensait les avoir effacées, a relancé l'affaire.

Jean-Louis Gergorin - ex-vice-président d'EADS et ami de M. de Villepin - qui avait reconnu en mai 2006 être l'expéditeur des courriers anonymes, a affirmé aux juges la semaine dernière que c'est bien à la demande de celui-ci qu'il avait décidé de "saisir" un juge, et ce sur "instruction" de Jacques Chirac. L'interdiction faite à M. de Villepin de le rencontrer, souligne son implication potentielle dans le dossier même si l'ancien chef de l'Etat a déjà fait savoir qu'il ne pourrait répondre à une convocation des juges, arguant de l'immunité liée à sa fonction présidentielle.

M. Gergorin a cependant certifié que M. de Villepin avait cru, comme lui-même, à l'authenticité des listings.

La position de M. de Villepin qui dit avoir agi en tant que ministre est d'importance car seule la Cour de justice de la République (CJR) peut juger les anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP],  28 juillet 2007, 10h19)

Quand on pense au discours mémorable que Dominique Galouzeau de Villepin, alors ministre des Affaires Etrangères, a prononcé devant le Conseil de sécurité de l'O.N.U., à New York, le 7 mars 2003, discours dans lequel il a défendu la position de la France, qui s'est alors opposée - fort justement - à une intervention militaire en Irak, on peut se demander comment Villepin a pu, en dehors de ce moment plutôt positif de sa carrière - moment qui fait exception rétrospectivement -, commettre autant de bévues politiques... Il a ainsi conseillé à Chirac la dissolution de l'Assemblée Nationale en 1997, dissolution qui s'est révélé désastreuse pour la droite, et il a plus tard, en tant que Premier ministre, mené son propre gouvernement droit dans le mur en voulant à tout prix imposer, de façon absurde, au printemps 2006, le Contrat Première Embauche (C.P.E.), en suscitant, au sein de la population, la vive opposition dont on se souvient, Villepin étant sorti considérablement affaibli à la suite de cette crise du C.P.E., avant de se voir contraint de laisser le champ libre à Sarkozy pour la course à l'Elysée... Et puis il y a cette lamentable affaire Clearstream : Villepin, du temps où il était ministre de l'Intérieur, a crû à un moment pouvoir piéger Sarkozy, en croyant aux prétendues révélations du corbeau Gergorin, mais c'est finalement Sarkozy qui, politiquement, aura raflé la mise...

Dernières nouvelles communiquées par le Canard de la semaine dernière : les juges Jean-Marie Pons et Henri d'Huy comptent réentendre Galouzeau de Villepin en septembre prochain, ainsi que convoquer l'ex-patron - chiraquien - des Renseignements Généraux Yves Bertrand, sa principale collaboratrice Brigitte Henri, et l'ancien responsable de la DGSE Gilbert Flam, dont le nom figure sur les faux listings, et qui a discrètement enquêté sur le fameux compte bancaire de Chirac au Japon, découvert en 1996 et crédité alors de 300 millions de francs... Chirac lui-même, du reste, pourrait être aussi convoqué. On verra bien comment les choses tourneront en définitive, mais l'affaire parait bien mal engagé pour Villepin, et dans la mesure où il semble que ledit Villepin ait été, de toute façon, fort mal intentionné vis-à-vis de Sarkozy, bien qu'il ne soit pas forcément le faussaire responsable des faux listings Clearstream, l'actuel président de la République ne peut certainement voir que d'un très bon oeil l'enlisement judiciaire de celui qui fut le dernier Premier ministre de Chirac.

"J'avais dit que Villepin paierait. L'heure est venue. Quand on joue avec le feu, on finit par se brûler. J'aurai préféré que ça lui pète à la gueule quand il était à Matignon. Mais ce n'est pas grave, il va déguster."

(Sarkozy à ses troupes, à la suite des derniers rebondissements de l'affaire Clearstream, cité dans le Canard Enchaîné N°4524, 11 juillet 2007)

Loin de se limiter à un simple satisfecit oral et officieux à l'égard de la Justice de son pays, Sarkozy de Nagy-Bocsa - qui, par ailleurs, n'a pas manqué de surjouer publiquement son rôle de victime dans cette affaire Clearstream - suit attentivement le déroulements des évènements, ainsi que l'a raconté le Canard du 25 juillet :

Les gaietés de Clearstream

"Vous allez voir, dans l'affaire Clearstream, on n'est pas au bout des surprises", a dit Sarkozy, l'air gourmand, à des visiteurs, la semaine dernière.
 Et le chef de l'Etat d'insister : "On n'avait pas vu ce genre de manipulation politique depuis l'affaire Markovic, sous Pompidou."
 C'est l'audition, le 18 juillet, de Jean-Louis Gergorin devant les juges du pôle financier qui a mis en joie le chef de l'Etat. Ce jour-là, dans le cadre d'une audition qui a duré près de douze heures, Gergorin a confirmé les déclarations de Rondot : à savoir que Dominique de Villepin lui avait demandé, courant mai 2004, de saisir un juge à propos des listings de Clearstream en précisant : "C'est une instruction du président de la République."
 "Au fur et à mesure des révélations, a noté Sarko le 19 juillet, on se rend bien compte que Clearstream était un boulet destiné à m'abattre, que Jacques Chirac n'était pas complètement étranger à cette manipulation, que Villepin était complètement dans la dynamique et qu'Alliot-Marie était au moins au courant."
 Résultat : il ne fera pas de cadeaux à Chirac ni à Galouzeau. Quant à Michèle Alliot-Marie, Sarko considère que ce sera à elle "le moment venu" d'apprécier le fait de savoir si elle peut "rester ou pas au gouvernement" en fonction de l'évolution du dossier. D'ici là, a-t-il ajouté, "ça va la neutraliser et elle ne me fera plus chier".
 C'est encore à vérifier.

(Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

En ce qui concerne Jacques Chirac, il a donc d'ors et déjà annoncé la couleur dès le 23 juin dernier, en se cachant derrière l'article 67 alinéa 1er de la Constitution : "le Président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité". Il ne témoignera donc pas dans l'affaire Clearstream. Mais pour ce qui est des affaires des emplois fictifs du RPR, c'est une autre histoire, et le 19 juillet dernier, Chirac a enfin été entendu, à ce sujet, par le juge Alain Philibeaux, de Nanterre...


Jacques Chirac entendu pour la première fois par un juge

Deux mois après son départ de l'Elysée, Jacques Chirac a été entendu jeudi pour la première fois par un juge, dans une affaire d' emplois fictifs concernant l'époque où il était maire de Paris (1977-1995), une audition qu'il accompagne d'une lettre aux Français publiée dans Le Monde.

M. Chirac est le premier ancien président de la République à répondre aux questions d'un juge.

Selon l'entourage de l'ancien président, cette audition, concernant des salaires versés indûment par la Ville de Paris à des employés du RPR lorsque M. Chirac était maire, a débuté à 9h15 dans ses bureaux parisiens de la rue de Lille (7e arrondissement), devant lesquels des dizaines de journalistes se sont massés.

Selon une source judiciaire, le juge Alain Philibeaux de Nanterre (Hauts-de-Seine), en charge de l'instruction sur cette affaire dite des "emplois fictifs du RPR", s'est transporté sur les lieux pour l'entendre, à peine deux mois après la fin de ses 12 ans de mandat présidentiel, le 16 mai.

L'hebdomadaire Paris-Match, qui a révélé cette audition sur son site internet, a pour sa part rapporté que Jacques Chirac, 74 ans, était entendu en tant que "témoin assisté", statut intermédiaire entre celui de mis en examen et celui de simple témoin, ce que la source judiciaire n'a pu confirmer.

"Je ne vois rien que de très normal et de conforme à la conception qui a toujours été la mienne des principes républicains" à répondre aux "questions" du juge chargé de cette affaire, écrit M. Chirac dans une tribune publiée le jour-même par le journal Le Monde.

L'affaire des emplois fictifs du RPR remonte à octobre 1995, lorsque le juge d'instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine) Patrick Desmure, auquel a succédé M. Philibeaux, avait été saisi d'une affaire de paiements de salaires de permanents du RPR par la Ville de Paris, sous les mandats municipaux de Jacques Chirac.

Cette affaire débouchera en mai 2003 sur le renvoi de 26 personnes devant le tribunal correctionnel de Nanterre, parmi lesquelles l'ancien Premier ministre Alain Juppé, pour "prise illégale d'intérêt", pour avoir laissé la ville payer sept salariés du RPR.

Le 30 janvier 2004, Alain Juppé avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité. En appel, le 1er décembre 2004, cette peine avait été réduite à 14 mois avec sursis et un an d'inéligibilité.

Cinq autres cadres du RPR avaient été condamnés, voyant leurs condamnations également réduites en appel. Louise-Yvonne Casetta, ex-trésorière "occulte" du RPR a écopé, pour sa part, d'une peine de dix mois de prison avec sursis.

Développant sa ligne de défense, M. Chirac souligne dans sa tribune "aux Français" qu'il a fallu "sept ans de tâtonnements" entre la première loi sur le financement des partis de 1988 et la troisième de 1995, pour "parvenir au bon régime juridique" sur le financement de la vie politique.

"C'est à cette période antérieure à la loi de janvier 1995, marquée par l'explosion des besoins et l'inadaptation de règles parcellaires, que remontent ce que l'on a appelé les affaires de financement des partis politiques", indique-t-il.

"De tout cela, je suis prêt à témoigner et à répondre, témoigner devant l'opinion, répondre devant les juges. Dans les deux cas, je le ferai en conscience", souligne M. Chirac en conclusion de son texte.

Fin juin 2007, son avocat, Me Jean Veil avait annoncé que l'ancien président serait entendu "avant le 15 septembre" comme "témoin assisté" dans l'affaire des emplois fictifs.

Pour l'affaire dite des "chargés de mission de la Ville de Paris", dans laquelle M. Chirac pourrait également être entendu, Me Veil avait assuré que l'audition aurait lieu "après" celle liée aux emplois fictifs du RPR.

L'avocat a confirmé en revanche que M. Chirac ne témoignerait pas devant les juges chargés des affaires Clearstream et Borrel, concernant la période de son mandat à l'Elysée, pour lequel il estime être couvert par une "immunité définitive".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP],  19 juillet 2007, 12h10)

Après avoir été "intouchable" pendant des années en occupant la plus haute charge de l'Etat, les choses sérieuses commencent enfin pour Jacques Chirac, redevenu un justiciable presque comme les autres... Fera-t-il bientôt l'objet d'une amnistie déguisée comme celà avait été convenu, il y a quelques mois, entre lui et Sarkozy ? Ce dernier, pour l'instant, ne semble finalement pas être très pressé de tirer d'affaire son prédécesseur à l'Elysée, même s'il est certain que, là encore dans ce cas, il suit de très près le déroulement des évènements...

"Une défense qui fait pschitt ?

Jeudi 19 juillet, à 13 heures, le juge d'instruction de Nanterre, Alain Philibeaux, achève l'audition de Chirac sur l'affaire des emplois fictifs de feu le RPR. Au même moment, le procureur de Nanterre, Philippe Couroye, entre à l'Elysée par une porte dérobée de l'avenue Marigny.
 Le magistrat a un rendez-vous secret au Château. Pour rendre compte ? Pour recueillir de précieux conseils ? Ou pour parler de la pluie et du beau temps ? Le procureur Courroye a fait savoir au "Canard" qu'il ne ferait "aucun commentaire". [...] A part ça, Sarko n'intervient jamais dans la gestion des affaires judiciaires...
 Philippe Courroye s'est naguère rendu célèbre en enterrant quelques vieilles histoires mettant en cause Jacques et Bernadette (comme les fameux frais de bouche). Aujourd'hui, Chirac attend qu'il récidive et requiert un non-lieu en sa faveur. De toute façon, l'avis du proc' a de bonnes chances d'être suivi d'effet : le juge Philibeaux, à qui revient la décision finale, passe pour être de bonne composition et très respectueux de la hiérarchie judiciaire.
 "Je pense qu'un non-lieu serait logique, c'est d'ailleurs la voie que semble privilégier le juge d'instruction", croit déjà savoir un proche de Chirac. Cependant, ce coup d'éponge magique va nécessiter du doigté. Comment expliquer que l'ancien président, principal bénéficiaire des emplois fictifs, se retrouve blanchi alors que Juppé et quelques autres ont pris de la prison avec sursis, une peine d'inéligibilité et des amendes ?
 La suite du marathon judiciaire de Chirac s'annonce encore plus acrobatique. A Paris, la juge Xavière Simeoni, réputée plus coriace, l'attend avec un dossier de 45 chargés de mission fictifs de la Mairie de Paris. On trouve même dans  cette liste deux personnes qui étaient payées par la Ville pour tenir la permanence du député Chirac à Ussel (Corrèze). L'Assemblée verse pourtant aux élus une allocation spéciale pour payer légalement les assistants parlementaires...
 Cette fois, le système de défense préféré de Chirac ("Je ne suis jamais intervenu dans le fonctionnement..."), risque de tomber à plat. Ses conseillers l'ont averti qu'il fallait trouver autre chose.
 Le sujet est d'autant plus brûlant que quatre anciens directeurs de cabinet du maire Chirac ont déjà été mis en examen dans ce deuxième dossier. La Ville de Paris a annoncé, en effet, qu'elle réclamerait le remboursement des salaires fictifs, augmenté des intérêts légaux. Soit largement plus de 5 millions d'euros. Et personne n'a envie de régler la note à la place du "patron". Au propre comme au figuré."

(Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

Comment tout celà va-t-il finir ? Va-t-il y avoir une liquidation judiciaire pour Galouzeau de Villepin et Chirac, et, si oui, ce fera-t-elle au bénéfice ou au détriment des deux justiciables ? Villepin va-t-il être suspendu "à un croc de boucher" selon le voeu de Sarkozy ? Les dossiers judiciaires de Chirac non encore enterrés vont-ils tous être passés au karcher ? La suite du feuilleton politico-judiciaire est prévue pour la rentrée prochaine, lorsque les juges rentreront de vacances...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Caricature de Dominique Galouzeau de Villepin, par Kiro, parue dans Le Canard enchaîné N°4524, 11 juillet 2007 ; Caricature de Jacques Chirac, par Kiro, parue dans Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 19:40
Voici, enfin, avec un peu de retard, le dernier chapitre de cette galerie des présidents de la Ve République commencée le mois dernier. Après Charles de Gaulle, Alain Poher, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, c'est donc Jacques Chirac, président de la République de 1995 à 2007, facilement réélu en 2002 face à Le Pen, qui clot la marche, sachant que pour le reste, on avisera dans cinq ans...

J'ai déjà eu l'occasion, à maintes reprises, de parler de Chirac, ces derniers mois, notamment dans les articles intitulés "Jacques Chirac : un dernier petit meurtre politique avant d'aller en taule ?", "Sarkozy, Le Pen et l'extrême-droite : une longue histoire...", "Jacques Chirac : sa véritable consigne pour l'élection présidentielle", "De la réforme des Institutions et de l'État", et "Passation des pouvoirs : l'Écoeurement Tranquille..." J'irais donc ici à l'essentiel...

Jacques Chirac, né à Paris - dans le Ve arrondissement - le 23 novembre 1932, fils d'un administrateur de sociétés, a fait ses études dans la capitale, aux lycées Carnot et Louis-le-Grand, avant d'entrer, en 1951, à l'Institut d'études politiques de Paris, dit "Sciences-Po", de remplir ses obligations militaires en Algérie, puis d'intégrer l'ÉNA - École Nationale d'Administration - en 1957. Marié en 1956 à Bernadette Chodron de Courcel, dont il aura deux filles - Laurence et Claude -, il devient auditeur à la Cour des comptes en 1959, puis conseiller référendaire à ladite Cour en 1965, et ne tarde guère à se lancer dans ce qui se révèlera être une très longue carrière politique.
Corrézien par ses origines familiales, Jacques Chirac est élu député de Corrèze en 1967, face notamment à Robert Mitterrand, frère du futur président François Mitterrand, éliminé dès le premier tour. Chirac sera constament réélu par la suite.
Georges Pompidou, alors Premier ministre du président Charles de Gaulle, offre alors à Chirac son premier poste au gouvernement avec celui de sous-secrétaire d'Etat à l'Emploi, auprès du ministre des Affaires sociales, pour remercier le nouveau député d'avoir arraché la 3e circonscription corrézienne à la gauche, avec quelques centaines de voix d'avance sur le candidat communiste qualifié pour le second tour. Bien qu'étant le plus jeune membre du quatrième gouvernement Pompidou, Chirac joue un rôle important dans les négociations avec les syndicats en mai 1968, qui ont abouti aux accords de Grenelle. Devenu secrétaire d'Etat au Budget puis ministre délégué chargé des relations avec le Parlement en 1971-1972, il est ministre de l'Agriculture et du Développement rural de 1972 à 1974, ce qui lui vaudra notamment une certaine popularité auprès des agriculteurs et une réputation de meilleur ministre de l'Agriculture de la Ve République. A la mort de Pompidou, il est ministre de l'Intérieur, et soutient Valéry Giscard d'Estaing (VGE) contre le candidat gaulliste Jacques Chaban-Delmas, lors de l'élection présidentielle de 1974 : il se verra récompensé de son ralliement en devenant Premier ministre de Giscard, ce qui ne l'empêchera pas de rompre avec VGE en démissionnant de son poste en 1976, en fondant le RPR (Rassemblement pour la République) crypto-gaulliste la même année - il en sera le président jusqu'en 1995 -, et en devenant maire de Paris en 1977. Candidat à l'élection présidentielle en 1981, éliminé au premier tour, il n'apporte pas de franc soutien à Giscard lors du second tour, le président sortant étant finalement battu par François Mitterrand. En 1986, Jacques Chirac devient, après la victoire de la droite aux élections législatives de cette année-là, Premier ministre de la première cohabitation, nommé par le président Mitterrand. Les deux années de gouvernement qui suivent sont particulièrement éprouvantes, Chirac entretenant des rapports souvent tendus avec le président socialiste. Ce dernier le vaincra au second tour de l'élection présidentielle de 1988, Chirac connaissant alors une très grande déception face à ce qui apparait comme une défaite électorale sévère, avec seulement 45,98% des voix pour sa candidature, contre 54,02% pour François Mitterrand. Réélu cependant, pour la troisième fois, maire de Paris en 1989, il joue un rôle important dans la victoire de la droite aux élections législatives de 1993. Trahi par son "ami de trente ans" Edouard Balladur, auquel il a laissé le poste de Premier ministre de la deuxième cohabitation, et trahi également, dès 1993, par le jeune Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui avait été longtemps proche de lui et de sa famille avant de devenir un fervent balladurien, Jacques Chirac, qui reste président du RPR, se lance tout de même, en novembre 1994, dans une troisième course à l'Elysée, à l'occasion de l'élection présidentielle de 1995, sachant que Balladur est lui aussi engagé dans la course. Chirac craint un moment les possibles candidatures, à gauche, de Jacques Delors et de Bernard Tapie, mais il est assez vite rassuré lorsque Delors, ancien conseiller du Premier ministre Chaban-Delmas et ancien ministre du président Mitterrand annonce, lors d'une fameuse émission télévisée "Sept sur Sept" sur TF1, le 11 décembre, qu'il ne briguera pas la présidence de la République, tandis qu'un jugement, trois jours plus tard, met Tapie en liquidation judiciaire et le rend inéligible. Au terme d'une campagne de premier tour marquée par la dénonciation, par Chirac, de la fameuse "fracture sociale", le 23 avril 1995, ledit Chirac arrive finalement en deuxième position, avec 20,84 % des voix, derrière le candidat socialiste Lionel Jospin (23,30 % des suffrages), tandis que Balladur, avec 18,54 % des voix, est éliminé. Chirac a-t-il bénéficié, en partie, de l'image sympathique alors véhiculée par la marionnette le représentant dans l'émission télévisée satirique "Les Guignols de l'Info" de Canal+ - marionnette qui a fait pendant des années la fortune de ladite émission ? Toujours est-il que lors du second tour, le 7 mai, Jacques Chirac est élu président de la République avec 52,64 % des suffrages, contre 47,36 % des voix pour Jospin : l'objectif qui était le sien depuis si longtemps est alors enfin atteint... Sa vengeance contre Balladur, Sarkozy, et les autres balladuriens du RPR, durera de longs mois : ils seront notamment exclus des deux gouvernements de droite de son premier mandat présidentiel, gouvernements constitués, de 1995 à 1997, avec Alain Juppé, fidèle chiraquien devenu Premier ministre. C'est de cette époque, marquée par les luttes intestines à droite, que date les fameux propos de Chirac concernant celui qui est aujourd'hui devenu son successeur à la présidence de la République :

"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance."

(Jacques Chirac, cité par Ghislaine Ottenheimer, in Le Fiasco, Albin Michel, 1996)


Il semble que François Mitterrand, qui, le 17 mai 1995, quitte l'Elysée après la traditionnelle passation des pouvoirs, n'ait pas vu d'un mauvais oeil le fait que son successeur soit Jacques Chirac, son vieil adversaire des années 1980. Baltique, le labrador présidentiel de Mitterrand, qui a - chacun le sait - tout vu et tout su à l'époque, a fait part de ses sentiments sur les relations Chirac/Mitterrand dans ses mémoires d'outre-niche, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler (voir l'article "François Mitterrand et le mitterandisme") :

 "Je ne lui vois guère [à François Mitterrand], au sein de la classe politique française, qu'un seul rival sérieux, Jacques Chirac, dont l'attitude à l'égard de feu mon maître ne laisse pas de m'intriguer. Dieu sait pourtant si les deux hommes entretinrent des relations complexes et conflictuelles, longtemps marquées, au dire de certains, du sceau de la haine et du mépris. J'avoue franchement n'avoir été jamais dupe de cette mauvaise comédie dans laquelle l'un et l'autre daignaient figurer sans jamais donner le meilleur d'eux-mêmes. Pour une simple raison : tout en n'étant pas indifférents l'un à l'autre, ils ne parvenaient ni à se détester ni à s'aimer. Pour feu mon maître, Jacques Chirac était comme une sorte de fontaine de Jouvence. Ses gestes et ses maladresses lui rappelaient l'adolescent de droite qu'il avait été et lui montraient ce à quoi il avait échappé en décidant d'emprunter les chemins de traverse et en faisant l'école buissonnière de la bourgeoisie.
 En le combattant, ce n'était pas la droite qu'il affrontait mais une partie de lui-même, lovée dans les recoins de son âme, tenue en laisse mais qu'un rien suffisait à réveiller. C'était là une sensation bien agréable et qui pimentait le débat politique de façon singulière. Egoïste, mon maître l'était more optima, si l'on accepte la définition suivante de l'égoïste : « Quelqu'un qui ne pense pas à moi. » Tout au long de sa carrière, mon compagnon n'avait été préoccupé que par lui-même. C'est à l'aune du culte ou de l'exécration qu'on lui vouait qu'il jugeait les bipèdes et les évènements. Il ne se battait pas contre le gaullisme, le pompidolisme ou le giscardisme - qu'il considérait, au regard de la longue durée, comme des épiphénomènes sans importance, des grippes politiques qui font éternuer, à intervalles réguliers, la France mais que l'Histoire se garde bien de retenir sur le même plan que les grandes pestes du Moyen Age. Il se battait pour lui et pour lui seul, convaincu que sa bonne fortune et l'intérêt de son pays ne faisaient qu'un. Chirac était un adversaire qu'il affectionnait puisqu'en luttant contre lui il guerroyait, je l'ai dit, contre une part de lui-même. C'était là une situation bien agréable qui l'amenait à faire preuve envers le maire de Paris d'une grande indulgence, quoi qu'en aient dit certains. C'est la raison pour laquelle il ne fut pas au désespoir de devoir lui céder sa place à l'Elysée. Cela valait mieux, somme toute, que d'avoir à y accueillir un Jospin convaincu qu'il ne pouvait exister qu'en prenant ses distances avec mon maître. Avec Chirac, c'était un François Mitterrand jeune, disciple un peu candide du général de Castelnau, mentor politique de son père, et de l'Eglise qui s'installait sous les lambris dorés du salon Murat. Cela tenait à la fois de la résurrection et du voyage dans le temps."


(BALTIQUE, labrador présidentiel, Aboitim 3, Pour solde de tout compte [1998], 1, in Aboitim la compil, Editions 1, 2001)


La suite de l'épopée chiraquienne, avec les gouvernements d'Alain Juppé (1995-1997), de Lionel Jospin (1997-2002), de Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) et de Dominique Galouzeau de Villepin (2005-2007), est bien connue, et je me contenterai de noter qu'une fois arrivé à l'Elysée, Chirac a faite sienne cette formule de Henri Queuille (1884-1970), député de Corrèze, ministre et président du Conseil sous les IIIe et IVe Républiques : "Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout." Les années Chirac apparaissent en effet comme ayant été douze années d'immobilisme, seulement marquées par quelques évènements : la reprise des essais nucléaires en Polynésie française de 1995 à 1996 ; la suppression du service militaire obligatoire annoncée dès février 1996 ; l'échec de la dissolution chiraquienne de l'Assemblée Nationale en avril 1997 - qui a abouti à la victoire de la gauche plurielle aux élections législatives anticipées, et à une troisième cohabitation sous la Ve République, avec Lionel Jospin comme Premier ministre - ; l'adoption de la réforme du quinquennat en juin et septembre 2000 ; la réélection facile de Chirac à la plus haute charge de l'Etat en mai 2002, suite à la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle ; l'opposition - juste et prudente - du président Chirac à la désastreuse guerre d'Irak déclanchée par le président américain W. Bush en mars 2003 ; l'inscription d'une Charte de l'environnement dans la Constitution de la Ve République en février 2005 ; la victoire du "non" lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen en mai 2005 ; et la création du Musée des civilisations et des arts premiers, appelé aujourd'hui Musée du Quai Branly, création qui a été annoncé par Chirac dès octobre 1996, le musée ayant été inauguré par lui l'année dernière, en juin 2006...


Voila. Que dire de plus ? J'ai déjà eu l'occasion de parler des affaires politico-financières pour lesquelles Chirac peut être à présent entendu, voire jugé - on peut toujours rêver -, depuis la fin de son immunité présidentielle, le 17 juin dernier : les dernières affaires judiciaires de Chirac, non encore enterrées, concernent essentiellement des affaires d'emplois fictifs payés par la Mairie de Paris, à l'époque où Chirac règnait sur l'Hôtel de Ville de la capitale. La Justice essayant encore, tant bien que mal, de suivre son cours, il est inutile de revenir en détail là-dessus, pour l'instant du moins... Mes lecteurs pourront toujours retrouver, en annexes à la fin d'un de mes précédents articles, intitulé "Jacques Chirac : un dernier petit meurtre politique avant d'aller en taule ?", la retranscription des propos savoureux que Chirac a tenu publiquement en 2000 et 2001 à propos de la fameuse Cassette Méry et des voyages payés en liquide du temps où il était maire de Paris. "Abracadabrantesque", "pschitt" : autant de formules chiraquiennes dont on ne se lasse pas... ;-)


Une anecdote me vient à l'esprit, au moment de terminer cet article : saviez-vous, chers lecteurs, que Chirac aurait pu devenir traducteur littéraire au lieu de faire de la politique ? Il a fait, il y a une dizaine d'années, une confidence à ce sujet, durant un visite d'Etat en Russie, du temps où Boris Eltsine en était encore le président russe, et à une époque où le président Chirac venait d'entrer en période de cohabitation avec Lionel Jospin, suite à sa tentative râtée de dissoudre l'Assemblée Nationale à son profit... En 2000, Jacques Michel Tondre, alors rédacteur en chef adjoint à l'Agence France Presse (AFP) et correspondant à l'Elysée depuis 1993, a écrit ceci, dans son livre "Jacques Chirac dans le texte" :

 "Les confidences, Jacques Chirac ne s'y laisse guère aller que devant les jeunes, lors des sessions dont sa fille, Claude Chirac, chargée de la communication, est l'organisatrice attentive, en province comme à l'étranger. C'est ainsi qu'aux étudiants de l'université d'Etat de Saint-Pétersbourg, le 27 septembre 1997, il a raconté comment il s'était mis à apprendre le russe : « J'avais treize ou quatorze ans et j'étais passionné par l'Asie, notamment par l'Inde. Je m'étais mis dans la tête d'apprendre le sanscrit. Je cherchais naturellement quelqu'un pour me l'apprendre - ce n'était pas facile -, lorsque j'ai appris qu'un vieux monsieur russe, à Paris depuis longtemps, où il avait fait tous les métiers, pouvait enseigner le sanscrit. »
 Au bout de deux mois, ce bon M. Belanovitch, auquel le chef de l'Etat est d'autant plus heureux de rendre hommage ce jour-là qu'il est natif de Saint-Pétersbourg, lui dit : « Tu sais, d'abord tu n'es pas doué, et ensuite cela ne sert à rien d'apprendre le sanscrit. Alors si tu veux vraiment apprendre quelque chose, tu ferais mieux d'apprendre la plus belle langue du monde, le russe. »
 Voilà comment le futur président de la République s'initie à la littérature russe, « superbe s'il en est, servie par une langue extraordinaire, dans laquelle on trouve toutes les émotions et toutes les passions, toutes les intonations aussi, qui sont celles à la fois du coeur et de l'esprit ». A dix-neuf ans, il lit Pouchkine dans le texte. A vingt ans, il se risque à une traduction d'Eugène Onéguine, qu'il envoie à une douzaine de maisons d'édition. « La moitié m'avaient répondu que cela ne les intéressait pas, l'autre moitié ne m'avaient pas répondu », s'amuse-t-il, ajoutant qu'en 1974, devenu Premier ministre, il est subitement sollicité par les Presses universitaires de France qui viennent de découvrir « une extraordinaire traduction d'Eugène Onéguine ». L'éditeur voudrait la publier. « Ecoutez, répond Chirac, vous ne l'avez pas voulu quand j'avais vingt ans, vous ne l'aurez pas aujourd'hui parce que je suis Premier ministre. » « C'est comme cela que ma carrière dans le domaine de la traduction littéraire s'est interrompue », s'excuse-t-il !"


(TONDRE [Jacques Michel], Jacques Chirac dans le texte, Paris, Editions Ramsay, 2000, "Autoportrait")

Chirac, traducteur de Pouchkine... On en apprend tous les jours, n'est-ce-pas ? ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Détail du portrait officiel de Jacques Chirac, président de la République, photographie par Bettina Rheims, 1995 ; Chirac coupant du pain dans un intérieur rural, vers 1988, dans un film promotionnel, photo extraite d'une archive de l'INA, reprise dans le film documentaire Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro et Michel Royer, © Rezo Films, 2006 ; Marionnette représentant Chirac dans l'émission télévisée "Les Guignols de l'Info" sur Canal+, photographie de Yves Bottalico pour le magazine VSD, publiée sur la couverture de VSD n°1552 [du 23 au 29 mai 2007] ; Jacques Chirac et François Mitterrand se serrant la main dans la cour de l'Elysée, après la passation des pouvoirs, photographie © T. Orban / Sygma, 1995 ; Couverture de Aboitim, la compil [2001], par Baltique, labrador présidentiel ; Chirac annonçant officiellement la dissolution de l'Assemblée Nationale lors d'une allocution télévisé en 1997, photo extraite d'une archive de l'INA, reprise dans le film documentaire Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro et Michel Royer, © Rezo Films, 2006 ; Chirac à table vers 1990, photo extraite d'une archive de l'INA, reprise dans le film documentaire Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro et Michel Royer, © Rezo Films, 2006 ; Chirac en 1995, photo extraite d'une archive de l'INA, reprise dans le film documentaire Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro et Michel Royer, © Rezo Films, 2006)
Par Hyarion - Publié dans : Galerie des Présidents de la Ve République
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 14:57
La traversée du désert que l'on promet au MoDem sera-t-elle aussi longue et difficile que certains le croient ? Le flou artistique complet qui règnait jusqu'à maintenant pouvait le laisser supposer, tant l'incertitude était grande. Une chose est sûre pourtant : le mouvement est en marche et nul ne sait quelle sera la situation politique de celui-ci dans un an. pour l'heure, il s'agit pour les démocrates de construire ce mouvement, qui n'existe pas encore formellement, le doter de statuts, d'une organisation, et d'un solide corpus d'idées, afin d'en faire un parti combattif et novateur dans les mois et les années qui viennent. Hier soir, j'ai assisté à une premières réunion avec des jeunes démocrates à Toulouse, près de chez moi, et ce fut l'occasion de rencontrer physiquement deux camarades bloggeurs : Alexandre Labarthe, dit "Lex", et Jeune MoDem 31, qui, à la ville, porte le même prénom que moi... ;-) Les principes d'une organisation en réseaux, dans le cadre de la phase transitoire qui doit précéder la création officielle du MoDem, commencent à se mettre en place, et je m'efforcerai de prendre toute ma part, dans la mesure du possible, à l'aventure du Mouvement Démocrate, dont le congrès fondateur devrait avoir lieu à l'automne prochain...

Le temps - toujours long - des incertitudes semble enfin prendre fin... Ce matin, j'ai reçu de François Bayrou, comme tous les autres membres du MoDem, la lettre suivante :

Lettre de François Bayrou adressée aux membres du MoDem :

Chers amis,

La phase électorale s’est achevée avec le deuxième tour des élections législatives. Il m’a paru nécessaire d’adresser à chacun d’entre vous une réflexion sur le bilan et sur les perspectives ouvertes par ce grand tremblement de terre que constitue toujours une élection présidentielle suivie d’élections législatives.

Le résultat obtenu au premier tour de l’élection présidentielle a été remarquable (avec près de 19% des voix, c’est un des meilleurs résultats de tous les temps pour notre famille politique au sens le plus large).

Ce résultat, c’est l’apparition d’un espace politique nouveau dans notre vie démocratique. Cet espace que j’appelle démocrate sera la clé de toute l’évolution ultérieure non seulement de la politique, mais de la société française. Pour la première fois, toutes les couches sociales, toutes les régions, spécialement les grandes villes, autrefois très éloignées de l’UDF, ont participé à cet immense espoir. Ma conviction est que cet espoir ne sera pas oublié dans les années qui viennent dès lors que les Français rechercheront des alternatives. En tout cas, cet espoir n’a de sens que s’il répond à une vision positive et constructive, une vision renouvelée, de l’avenir de la France et de l’Europe.

Malgré l’extrême difficulté du scrutin législatif, nos candidats, pour beaucoup jeunes et sans notoriété ont obtenu plus de 8% des voix en moyenne dans les circonscriptions où ils se présentaient. Vous connaissez les résultats : l’injustice de la loi électorale n’a laissé à l’UDF - Mouvement démocrate qu’une poignée d’élus. Ce mode de scrutin est dévastateur. Le journal Le Monde a calculé que sur la base des voix obtenues le 10 juin, au premier tour des législatives, un mode de scrutin proportionnel, à l’allemande par exemple, nous aurait offert 61 sièges, et sur la base du premier tour de l’élection présidentielle, c’est plus de 130 sièges que nous aurions pu obtenir.

Bien sûr, nous connaissions les contraintes de ce mode de scrutin, et je n’en ignorais aucune des difficultés.

Pourquoi alors n’avoir pas choisi d’entrer dans la majorité de Nicolas Sarkozy ? Ou pourquoi, comme d’autres nous y poussaient n’avoir pas fait alliance avec le Parti socialiste ? Pourquoi être parti au combat sous nos propres couleurs, assumant tous les risques d’une telle élection ?

Ma réponse est celle-ci : nous ne sommes pas une sous-marque, ni une variante de l’UMP ou du PS. Nous sommes le courant politique démocrate, autonome, authentique, qui a sa vision, ses valeurs, et dont l’absence depuis des années coûte cher à la France. Et cette autonomie, c’était la seule manière de le montrer, une fois pour toutes, de manière éclatante qui nous étions et ce qu’était notre projet. Il fallait en passer par là pour que cette preuve soit apportée.

Si j’avais, à la suite de la plupart des députés, choisi explicitement ou implicitement d’entrer dans la majorité présidentielle, la cause était entendue : la bipolarisation l’aurait définitivement emporté et nous en serions revenus à la case départ.

Si nous n’avions pas affirmé cette autonomie, pour toujours, en tout cas pour des décennies, à chaque élection, les électeurs de bonne foi se seraient détournés de nous, nous considérant comme sympathiques sans doute, mais voués à la soumission dans un camp ou dans un autre.

Cela nous a coûté. Une vingtaine de nos députés a rejoint la majorité pour assurer leur élection, même si deux d’entre eux n’ont pas pu être réélus. Nous avons été quatre à choisir de nous battre sous nos couleurs ; deux ont perdu, injustement et de peu : Gilles Artigues et Anne-Marie Comparini. Je leur confierai des responsabilités dans notre famille politique et je ferai tout pour que soit corrigée l’injustice qui les a frappés.

Cette épreuve est difficile, sans doute. Mais elle était un passage obligé pour la naissance d’un courant politique nouveau.

Je considère que ce courant politique manque cruellement à la France et que c’est le moment de l’affirmer.

En effet, autour de nous l’offre politique est fixée. L’UMP est vouée à être l’exécutant de l’exécutif. Et le parti socialiste a choisi l’immobilisme, et ne peut d’ailleurs faire un autre choix avant longtemps, car ce choix suppose la fixation d’une ligne politique en même temps que la désignation (et l’acceptation) d’un leader. Visiblement, l’une et l’autre des deux décisions apparaissent aujourd’hui comme impossibles à prendre.

Cela nous donne la mesure de nos responsabilités.

Il nous revient d’être la force de renouvellement de la vie démocratique en France. C’est une immense ambition. Mais je ne la perdrai pas de vue dans les années qui viennent. Si nous accomplissons cette ambition, si nous travaillons dans cet esprit, alors les Français se tourneront vers nous lorsque sera venu le constat des désillusions d’un côté, des blocages insurmontables de l’autre.

Mais si nous sommes indépendants, nous ne jouerons pas la politique du pire.

Je veux vous dire quelle est ma vision et mon jugement sur le nouveau gouvernement et sur l’action de Nicolas Sarkozy comme président de la République.

Je pense que les premiers pas ont été habiles. La composition du gouvernement, reprenant le principe de l’ouverture que j’ai défendue pendant la campagne (y compris contre le candidat de l’UMP) a affiché un « générique » attrayant. La photo est bonne.

J’ai l’intention de faire crédit au gouvernement et de lui donner sa chance d’avancer ou de marquer des points.

Deux points m’inquiètent : d’abord les finances publiques. Pour l’instant la communication du gouvernement est tout entière fondée sur des dépenses nouvelles. Soit des cadeaux fiscaux (droits de succession, heures supplémentaires, intérêts d’emprunts immobiliers) soit l’annonce d’augmentation massive des dépenses (hôpitaux, universités, recherche militaire, etc.). Ces dépenses doivent atteindre au moins 20 milliards d’euros, alors que le déficit si lourd du budget de l’État était déjà de 39 milliards. Si ces estimations sont exactes, l’aggravation du déficit serait de l’ordre de 50 % ! Peut-être ne nous a-t-on pas tout dit, puisque qu’il n’a pas été question d’économies pour cette année, mais en l’état actuel des choses, je considère que nous devons être inquiets de cette orientation.

De même, le choix du président de la République d’être lui-même en première ligne de toutes les décisions et de tous les contacts annoncés, de faire tout remonter jusqu’à lui, est un signe d’engagement et d’activité. Mais il n’y a aucun pays qui se gouverne utilement ainsi en concentrant au sommet toutes les décisions et toutes les actions. Cette présidentialisation forcenée est sans aucun doute une question pour l’avenir. La France est un grand pays, très divers, complexe : il a besoin de partenariats, de décentralisation des décisions. Et toute concentration supplémentaire, qui peut paraître sympathique en termes de communication, est en fait un facteur de faiblesse pour l’avenir, du moins je le crains. Toute la tradition libérale et démocratique, tous les descendants de Montesquieu et de Tocqueville, ont dénoncé depuis deux siècles une pareille dérive.

Ce sont mes deux craintes principales à l’heure où j’écris ces lignes.

Les autres actions du gouvernement, nous les jugerons sur pièce.

L’accord européen trouvé à Bruxelles permet certes de trouver une « issue » à la crise. Mais comme l’ont noté Jean-Claude Junker, Romano Prodi, et d’autres dirigeants pro-européens, c’est au prix de bien des renoncements. Le but à atteindre était un traité simplifié, lisible par tous, compréhensible par les citoyens pour aller vers la transparence démocratique des institutions européennes. On aura un traité illisible, collection d’amendements aux traités européens antérieurs. Toute référence aux symboles de l’Europe a été gommée et supprimée : plus de préambule, plus de rappel des valeurs communes, plus de référence au drapeau, à l’hymne, à la devise, amoindrissement de la charte des droits fondamentaux. La mise en œuvre des règles nouvelles de droits de vote a été repoussée à 2014 (et même, en fait, à 2017). En attendant, on continuera avec le traité de Nice, ce qui est une mauvaise nouvelle pour l’Europe. Plus mauvaise nouvelle encore, l’ambiance du sommet, où les eurosceptiques tenaient en fait le haut du pavé, et ont saisi toutes les occasions de faire reculer l’Europe.

Mais il est juste aussi de dire que des acquis importants ont été préservés (le président pour deux ans et demi, le haut-représentant pour la politique étrangère) ou ajoutés (l’affirmation de la solidarité européenne en matière énergétique).

Pour ceux d’entre nous qui ont promu l’idée d’une constitution pour l’Europe, c’est le constat d’une marche arrière. L’Europe de l’inspiration a reculé. Pour les pragmatiques, il conviendra de tirer de cette situation le meilleur du possible. En tout état de cause, nous devrons lire avec attention le texte définitif, tel qu’il sera établi à l’automne par la Conférence intergouvernementale (CIG), avant d’exprimer un jugement définitif sur l’issue de cette crise.

Le gouvernement a lancé une réforme de l’université, annonçant une « autonomie » des universités françaises. Le premier ministre, qui a exercé à d’autres époques les fonctions de ministre de l’enseignement supérieur et de ministre de l’éducation nationale, a même indiqué qu’il s’agissait de « la réforme la plus importante de la législature ».

S’il s’agit réellement d’une réforme importante, elle ne peut réussir que si la méthode suivie n’est pas celle du passage en force. Le passage en force, contrairement à ce qu’on dit souvent pendant les campagnes électorales, ne peut pas marcher pour des décisions importantes sur des sujets sensibles dans nos sociétés modernes.

Il y a beaucoup d’aspects de la vie des universités qui exigent une plus grande autonomie dans la gestion de tous les jours, dans l’administration, dans les décisions budgétaires, dans la recherche de financements. Mais la question du déclassement éventuel des petites universités est une grande question nationale : on ne peut pas la considérer comme secondaire. De même la question des moyens, qui est la question prioritaire de l’université française ne peut pas être négligée : elle est intimement liée à la situation actuelle de l’université. Enfin la question du recrutement des futurs universitaires est la question clé : une grande université, c’est une université où enseignent et recherchent les plus éminents.

Le simple énoncé de ces questions montre clairement qu’il s’agit d’une œuvre de longue haleine, qu’il serait dangereux et contre-productif de vouloir régler à la va-vite.

Le « paquet fiscal » qui additionne des cadeaux faits au contribuable sera soumis au parlement pendant cet été. Deux questions se posent, celle de l’efficacité et celle de la justice d’un tel dispositif. Pour la justice, on sait que ces libéralités s’adressent évidemment pour l’essentiel aux plus favorisés. Pour l’efficacité, je n’ai jamais cru qu’il suffisait de dépenser l’argent que l’on n’a pas pour « relancer » l’économie d’un pays, surtout en économie ouverte sur le monde… Si cela était vrai, d’autres que nous se seraient lancés dans une politique de cet ordre. Or personne au monde ne l’a fait sans dommage. Toujours les avantages fiscaux se sont accompagnés d’une politique de baisse des dépenses publiques et non pas d’augmentation de ces dépenses. Sur ce point, je vous promets la plus grande vigilance.

En tout état de cause, notre attitude sera ouverte, constructive, et rigoureuse.

Les premiers, nous avons deviné l’affaiblissement et l’effacement des repères habituels de la droite et de la gauche. La preuve : de nombreux socialistes siègent désormais au gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors que ses soutiens et lui-même affirmaient pendant la campagne qu’un tel mélange serait « antidémocratique ».

Ce choc culturel ne fait que commencer.

Notre volonté, c’est de construire au centre de la vie politique française un mouvement démocrate pour la France.

Et la condition de ce projet, c’est qui puissent enfin travailler ensemble des femmes et des hommes venus d’horizons différents. Ceux qui ont construit l’UDF et ceux qui viennent d’ailleurs : tous les démocrates ont leur place dans cette maison nouvelle, qu’ils se sentent au centre droit, au centre gauche, ou tout simplement en recherche d’un idéal politique nouveau. Le projet du Mouvement démocrate, c’est de leur apprendre à vivre et travailler ensemble parce que la France aura besoin du projet qu’ils porteront. Qui ne voit qu’il y a dans ce nouvel espace la clé de l’avenir de la politique française, pourvu que son indépendance et sa liberté d’esprit ne soient pas un mot vide de sens !

C’est difficile, bien sûr, de vivre et travailler ensemble. Au début, il arrive qu’on se soupçonne : les nouveaux craignent parfois chez les adhérents plus anciens une volonté de verrouillage ; les anciens perçoivent les nouveaux adhérents comme une menace, parce qu’ils les connaissent mal. Cela est tout à fait normal. Mais lorsque les rencontres se font, alors chacun découvre que l’autre, au fond, lui ressemble et que l’engagement est de bonne foi. En tout cas, il y a un point qui, pour moi, est essentiel : c’est du croisement de ces expériences, de ces parcours différents, que dépendra notre capacité à parler à notre peuple un langage nouveau ! Il faut donc que l’ouverture d’esprit, le partage des responsabilités, soient une réalité. Mais cela ne se fera pas au hasard : nous allons mettre en place des processus de décision, d’intégration, qui donneront des garanties à tout le monde, et que nous définirons ensemble.

Pour préparer tout cela, voilà quel est le calendrier que je propose, dans ses grandes lignes :

dès cette semaine, je commencerai une série de réunions avec les adhérents, de l’Udf et du MoDem, dans un certain nombre de grandes régions françaises. Vous trouverez ci-dessous le calendrier de ces rencontres qui auront lieu à huis clos, donc sans journalistes, mais dont le compte-rendu précis sera disponible sur notre site.

Le 12 juillet, avant le départ en vacances de la plupart d’entre vous, je réunirai un bureau politique de l’UDF.

À la sortie des vacances, vraisemblablement à la mi-septembre -13, 14, 15, 16 septembre- nous réunirons des Assises de la Démocratie, dont le but sera de réfléchir à ce que doit être un parti politique dans notre XXI° siècle (principes d’organisation, statuts, méthodes de travail).

Fin octobre ou début novembre, sera organisé notre congrès national.

Et tout cela s’accompagnera de la préparation partout en France des élections municipales, à propos desquelles je vous adresserai une note particulière dans les jours qui viennent.

Mais nous ne devons pas oublier que le plus important, c’est le projet. Le modèle de société français et européen, confronté à la mondialisation, est en panne de futur. Il est en panne de vision. Nous avons commencé à renouveler cette vision, mais cela ne suffit pas. Ma conviction la plus profonde est que seul le projet démocrate, parce que son but est non pas matérialiste mais civique, parce qu’il vise à la conscience et à la responsabilité de tous les citoyens, est à même de répondre aux questions de notre temps, qui touchent à la condition matérielle et morale des femmes et des hommes, des familles de notre temps. Ce projet, j’entends que nous le préparions de la manière la plus profonde et la plus ouverte, associant comme je l’ai promis milieux intellectuels et citoyens, à égalité de dignité et de responsabilité. Internet et réseaux citoyens joueront un grand rôle dans ce travail profond.

Je m’adresserai régulièrement à vous dans les semaines et les mois qui viennent.

Je vous assure de mon amitié.

François Bayrou


Calendrier des réunions avec les adhérents :

Mardi 3 Juillet à Paris (19h)
Mercredi 4 juillet à Lille (19h)
Jeudi 5 juillet à Orléans (20h30)
Samedi 7 juillet à Castanet-Tolosan (16h)
Lundi 9 juillet à Lyon
Mardi 10 juillet à Rennes
Mercredi 11 juillet à Marseille


(Lettre de François Bayrou aux adhérents du MoDem, 1er juillet 2007)

Nous attendions tous que François Bayrou s'exprime : c'est maintenant chose faite. La situation et le calendrier sont donc clarifiés, et nous savons ce qu'il nous reste à faire dans le cadre des réseaux déjà constitués en partie, et à développer, en attendant les grands rendez-vous des prochains mois...
Pour ma part, paiement du loyer oblige, je vais devoir dès demain rependre le chemin du travail saisonnier en entreprise, qui sera, du reste, une occasion de prendre un peu de recul avant une rentrée qui s'annonce chargée - probablement dès la dernière semaine du mois d'août. Et puis, entre nous, je crois que j'ai bien besoin d'une petite cure de désintoxication contre le sarkozysme triomphant... ;-)

Le temps me manque pour terminer aujourd'hui, comme je l'envisageais, ma galerie des présidents de la Ve République, mais j'espère pouvoir publier un dernier article à ce sujet la semaine prochaine...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustration : François Bayrou lors de son meeting du 18 avril 2007 au Palais Omnisports de Paris Bercy, photographie par Marie-Lan Nguyen, 18 avril 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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