Lundi 17 septembre 2007
1
17
/09
/2007
23:59
J'ai donc passé les journées de samedi et de
dimanche derniers (15 et 16 septembre) au Forum des Démocrates qui avait lieu à Seignosse-Le Penon, station balnéaire de la commune de Seignosse (Landes), au bord de l'océan Atlantique. Par où
pourrais-je bien commencer ? Il y aurait tant à dire, ou plutôt à écrire... Je vais essayer d'être le moins confus possible, en racontant simplement ce que j'y ai vu et entendu... Puisque je ne
suis pas un journaliste, mais un simple témoin participant, je me contenterais de rapporter ce que j'ai vu et entendu durant mon séjour, non sans donner toutefois mes impressions, bien
entendu.Samedi 15 septembre :
J'arrive sur place en fin de matinée, après un voyage en train de Toulouse jusqu'à Bayonne, puis en bus de Bayonne à Seignosse, ce qui m'a permis de revoir une région - celle de Bayonne et d'Anglet - où j'ai plusieurs fois eu l'occasion de venir en vacances dans mon enfance. A peine arrivé au village VVF où avait lieu le Forum, je retrouve, complètement par hasard, "Lex" Labarthe, avec qui j'ai assisté, dès 12h30, à ce que l'on pourrait appeler une réunion autogérée à laquelle étaient conviés, dans un coin de salle, les membres, militants et élus du MoDem de la Haute-Garonne et, plus largement, de l'ensemble de la région Midi-Pyrénées, qui avaient pû faire le déplacement : cela a été une bonne occasion de déplorer le manque de communication des responsables locaux du parti avec les adhérents durant les derniers mois, manque essentiellement dû au fait que la liste des membres du nouveau parti a longtemps - trop longtemps - été retenu par le siège de Paris. Les choses devraient maintenenant rentrer dans l'ordre, et il a été par ailleurs convenu de l'utilité d'organiser des liens entre les différentes fédérations de la région afin de ne pas rester isolés chacun dans son département, les difficultés pour faire vivre le Mouvement étant parfois difficile selon l'endroit où l'on se trouve dans la région la plus grande de France, Midi-Pyrénées. Les débats me paraissent plutôt francs, suffisemment en tout cas pour laisser paraître des désaccords en ce qui concerne notamment la stratégie électorale à adopter pour les prochaines élections municipales de 2008. De fait, à l'issue de la discussion, de nombreuses inconnues subsistent, notamment en ce qui concernent l'éventualité de présenter des listes autonomes du MoDem sans alliance préalable avec l'UMP ou le PS... J'estime personnellement que la conduite de listes autonomes, là où celà est possible, et une des conditions essentielles à l'affirmation de l'indépendance du MoDem, mais qui pourrait pourrait bien les conduire, notamment à Toulouse ? La réunion se termine sans avoir apporté de réponse. Souhaitons qu'une solution soit rapidement trouvé. Je note qu'il n'a pas une seule fois été question du rôle des jeunes démocrates dans la vie locale du parti, mais il est vrai que l'on m'avait prévenu : on ne viendra pas forcément nous chercher, nous les 25-30 ans...
Le Forum, mis en place notamment par le député européen Jean-Marie Cavada, est organisé autour d'ateliers, ouverts à tous, traitant soit de sujets de fond, soit de la vie, de l'organisation et du rôle du MoDem, des ateliers de formation d'élus étant également prévus. J'aimerai toutefois d'abord voir les démocrates parisiens que je connais, car les occasions de ce genre sont peu fréquentes. Après avoir fait un petit tour au bord de l'océan, au delà des dunes de sable, sous un soleil ardent, je retrouve donc ensuite - non sans quelque difficulté, car le VVF est un vrai labyrinthe pour le néophyte, d'autant plus que le Forum a attiré beaucoup de monde - mes amis bloggeurs du "MoDem 4.0", groupe informel de jeunes démocrates parisiens dont j'ai rencontré plusieurs membres lors de mon dernier voyage à Paris, en juin dernier. Certains sont absents, et seront regrettés, mais il y a GuillaumeD, Thibault (Blog "Génération Démocrate") - tout deux avec qui je loge dans un appartement au pied d'une dune -, Marie-Isabelle (Blog "MIP au MoDem"), Virginie Votier, que je connais déjà tous, ainsi que Benjamin Sauzay (Blog "Orange-rouge-vert") et bien sûr, Quitterie Delmas (Blog "Les Jeunes libres"), la "star de la télé" et "égérie de la blogosphère démocrate" que l'on ne présente plus... ;o) Je suis très content de les voir tous, car rien ne remplace les rencontres concrètes comme celle-ci.
En fait, des "stars de la télé", ce n'est pas ce qui manque au Forum : des journalistes, des politiques, faciles à reconnaître, et même à aborder pour certains, et qui auront eu, plus que les autres, leur moment de notoriété, toute relative du reste... La présence de tout ce beau monde tombe à point nommé, car il va justement être question de médias...
16h30 : soucieux d'apporter à Quitterie le soutien du courant démocrate anarcho-monarchiste - que je réussis sans peine à incarner à moi tout seul (fortiche, non ?) - je l'accompagne, avec Virginie, son soutien de toujours, à un débat hors-programme organisé dans une salle où la chaleur règne malgré les portes et fenêtres grandes ouvertes. Le sujet : l'indépendance des médias en question. Parmis les journalistes invités - Quitterie est la seule représentante liée au monde politique et au MoDem, et la seule femme, qui plus est -, il y a Philippe Lefait, présentateur de l'émission télévisée culturelle Les mots de minuit, diffusée sur France 2, tard dans la nuit. Il dit des choses justes sur ce qu'est devenu le journalisme aujourd'hui : à l'origine, le journaliste était un citoyen s'adressant au citoyen, alors qu'aujourd'hui le journaliste tend à devenir un vendeur qui s'adresse à un consommateur, la technologie moderne - notamment l'Internet - et le marché réduisant la capacité de médiation - au sens propre du terme - du journaliste. Son constat général est un constat de crise, marqué par des médias très puissants, mais aussi par des journalistes dont la position est désormais fragilisée. Un autre participant, John-Paul Lepers, ancien journaliste de Canal+ et créateur de la chaîne de télévision en ligne LaTéléLibre.fr, évoque l'existence aujourd'hui d'une nouvelle responsabilisation du journaliste, grâce au contrôle exercé par les citoyens - devenus "citoyens-journalistes" - via Internet. Quitterie Delmas souligne que les internautes peuvent effectivement désormais aider les journalistes à transmettre une réalité, étant ensuite précisé qu'il convient de distinguer le journaliste, qui transmet de l'information, du bloggeur internaute qui transmet de l'expression... Philippe Lefait apporte une nuance en attirant l'attention sur le fait que les nouveaux médias, par rapport aux anciens médias traditionels, ont une tendance à disperser l'information, ce qu'il est important de retenir - mais qu'est ce qui est important désormais à retenir ? ajoute-t-il... Le débat se poursuit, avec interventions du public, au début clairsemé, puis plus nombreux, et se termine sur le constat que chacun doit pouvoir changer sa façon de "consommer" l'information et faire preuve d'esprit critique par rapport à ce qu'il lit, voit et entend dans les médias, Lefait ayant toutefois recommandé à l'assistance, avant de partir, de ne pas être "consommateur" d'information, et de faire un choix, au lieu de "zapper"... C'était "une bonne table", pour reprendre l'expression de Virginie... ;-)
18h30-19h00 : c'est l'heure d'aller tous assister, dans une grande salle un peu à l'écart, à un grand débat de politique générale autour de François Bayrou et des élus du MoDem sur la construction du Mouvement Démocrate. Au début, l'enthousiasme et la bonne humeur domine. Un ancien membre du parti des Verts, qui a rejoint le MoDem avec Jean-Luc Bennhamias, présente la synthèse des ateliers sur l’organisation du MoDem : prononçant le nom de Bayrou "Bairou", il est plusieurs fois rappelé amicalement à l'ordre par le public amusé jusqu'à ce qu'il prononce correctement "Baïrou"... Mais, en fait, dès avant le début de la réunion publique, on envisage que ledit débat puisse devenir rapidement tendu, car il y a désaccord entre ceux qui, comme François Bayrou, veulent que le MoDem soit un parti complètement uni et sans courants en son sein, et plusieurs des élus UDF restés au MoDem, qui - tout comme, par ailleurs, Corinne Lepage et son mouvement écologiste Cap 21- souhaiteraient que les parties prenantes du MoDem gardent une existence distincte, au lieu de se fondre dans un nouveau parti. Ces élus UDF s'expriment par la voix du nouveau député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoit - dont la position, trop complaisante à l'égard de Sarkozy et du gouvernement actuel, n'est pas bien accueillie par le public, c'est le moins que l'on puisse dire... -, et de l'ancien ministre Didier Bariani, qui déclare notamment "Je ne crois pas au shaker que l'on secoue et qui est prêt à consommer immédiatement". Très soutenu par la majorité des militants réunis dans la salle, Bayrou ne ménage guère, pour sa part, ces élus partisans d'une vague période de transition durant laquelle le MoDem ressemblerait à une sorte de confédération, confirmant son hostilité - déjà affichée par le passé - à l'existence de courants au sein du MoDem. Animateur du débat, Jean-Marie Cavada donne patiemment la parole à des personnes du public, lesquelles, il faut bien le reconnaître, n'avaient pas souvent de questions précises à poser... Les choses s'éternisent, jusqu'à au moins 23 heures... Je ressort de la salle avec un sentiment mitigé : d'un côté, il y a l'enthousiasme sincère de l'ensemble des membres du nouveau parti qui a été très clairement affiché, mais d'un autre côté, j'ai la sensation que le climat post-électoral de confusion, d'ambiguïté, de cuisine politicienne, de conflits latents, de tensions liées au comportement d'une direction perçue par beaucoup comme oligarchique, n'a pas disparu depuis les mois de mai et juin derniers... Beaucoup de questions restent sans réponse pour l'instant, même si l'espoir demeure. Le clou du spectacle aura donc été l'affrontement à fleurets mouchetés entre Bayrou et certains des élus du MoDem, ces derniers étant dès lors sans doute appelés à quitter le nouveau parti à l'occasion des prochaines élections municipales... J'allais toutefois oublier un détail pittoresque : le sabordage en direct de Yves de Chaisemartin, président des jeunes UDF, qui a annoncé, assez joyeusement, sa démission en direct à la tribune, de façon quelque peu incongrue, mais sous les applaudissements nourris du public. Comprenne qui pourra...
Après avoir dîné dans un restaurant qui a charitablement retardé sa fermeture pour nous permettre de lester nos estomacs - il était aux alentours de minuit -, je me rends, avec Quitterie et les autres membres du "MoDem 4.0", a un autre débat, informel celui-là, dans la salle où a eu lieu la réunion midi-pyrénéenne de 12h30. Corinne Lepage, qui était présente au débat précédent, et Quitterie l'animent, et si, au début, chacun doit élever la voix pour s'exprimer, car la fête du samedi soir bat son plein dans la salle voisine, bientôt un microphone circule parmi le petit groupe qui s'est formé, et qui est constitué de personnes venues de toute la France et parfois de plus loin (même de Russie, si je me souviens bien !)... Chacun, malgré l'heure tardive, éprouve le besoin de s'exprimer, de poser des questions, d'apporter son expérience. A 1 heure du matin, nous sommes encore là, en train de dialoguer sur l'avenir du MoDem, et chacun convient désormais que ce qui est vraiment important, pour l'avenir du Mouvement, n'est pas ce qui nous distingue les uns des autres mais ce que nous voulons faire ensemble. Pour certains, il est bientôt temps d'aller dormir, mais pour nous, moi, mes amis du "MoDem 4.0" et plusieurs autres, il est grand temps d'aller faire un tour du côté de la longue terrasse qui borde la salle, ainsi que le bar et la piste de dance voisins. Bientôt le champagne coule à flot sous le ciel étoilé : c'est François Van Zon, bloggeur ("Citoyen dilletante") et démocrate du XIVe arrondissement de Paris qui en amené plusieurs bouteilles : c'est le même champagne que celui bu à l'Assemblée Nationale, mais, attention, il n'y a pas que les députés qui en boivent (la preuve, ce samedi soir là...), et la provenance des bouteilles est légale à 100 % - du moins il me semble bien que c'est là la précision que m'a donné François (en même temps, à ce moment-là, la soirée était déjà bien avancé, si vous voyez ce que je veux dire...)... Jean-Marie Cavada, de fort bonne humeur, est passé nous voir plusieurs fois, allant de table en table, discutant avec tout le monde : il est le seul responsable a être resté à la fête, pour bavarder un peu avec nous une partie de la nuit. Puis, finalement, vers 4 heures du matin, il a tout de même fallu aller se coucher...
Dimanche 16 septembre
Après quelques heures de sommeil, et avant d'aller prendre un dernier repas et de nous séparer, chacun se rend à la grande salle du débat de la veille, pour écouter, à partir de 11h00-11h30, le discours de rentrée politique du patron. François Bayrou cède parfois à la facilité, et commet notamment quelques redites par rapport à ces discours précédents, mais son discours du jour produit les effets attendus sur son public, qui l'ovationne à maintes reprises. La partie du discours que j'ai préféré ? Celle dirigée contre Sarkozy de Nagy-Bocsa et le sarkozysme bien sûr... ;-) Une dépêche de l'agence de presse Reuters a évoqué ainsi les attaques que Bayrou a réservé à Sarkozy et à ses soutiens :
Bayrou, Sarkozy, le Cac 40 et la "jubilation des hot dogs"
François Bayrou a dénoncé dimanche les choix de Nicolas Sarkozy, dont il a moqué la fascination pour l'argent et les dernières vacances américaines.
"J'ai été frappé depuis longtemps (...) que tous ses choix montrent - même si parfois je soupçonne qu'il ne s'en rend pas compte ou qu'il en minimise la portée - qu'il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant [le modèle américain inégalitaire], mais à l'alignement sur ce modèle dominant", a déclaré le président du MoDem lors de son discours de clôture du forum de son mouvement politique dans les Landes.
François Bayrou a dénoncé "les signes multipliés au monde de l'argent, au Cac 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's, la peopolisation de la société, la vedettarisation de la politique".
Revenant sur la rencontre entre Nicolas Sarkozy et la famille Bush [le 11 août dernier] en marge de ses vacances d'été dans l'Est américain, le député béarnais a ironisé sur "la jubilation des hot dogs avec Bush père, Bush mère et Bush couple".
"Et que j'ai aimé ce jour là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !", a-t-il ajouté à propos de la femme du président français [qui s'était faite alors porter pâle], déclenchant les rires de la salle.
Evoquant l'atmosphère qui entoure selon lui le chef de l'Etat, François Bayrou a dénoncé "un concours de lèche permanente". "Le cirage de pompes et devenu un sport national dans notre pays".
(Dépêche de l'agence Reuters, 16 septembre 2007, 14h04)
François Bayrou a dénoncé dimanche les choix de Nicolas Sarkozy, dont il a moqué la fascination pour l'argent et les dernières vacances américaines.
"J'ai été frappé depuis longtemps (...) que tous ses choix montrent - même si parfois je soupçonne qu'il ne s'en rend pas compte ou qu'il en minimise la portée - qu'il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant [le modèle américain inégalitaire], mais à l'alignement sur ce modèle dominant", a déclaré le président du MoDem lors de son discours de clôture du forum de son mouvement politique dans les Landes.
François Bayrou a dénoncé "les signes multipliés au monde de l'argent, au Cac 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's, la peopolisation de la société, la vedettarisation de la politique".
Revenant sur la rencontre entre Nicolas Sarkozy et la famille Bush [le 11 août dernier] en marge de ses vacances d'été dans l'Est américain, le député béarnais a ironisé sur "la jubilation des hot dogs avec Bush père, Bush mère et Bush couple".
"Et que j'ai aimé ce jour là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !", a-t-il ajouté à propos de la femme du président français [qui s'était faite alors porter pâle], déclenchant les rires de la salle.
Evoquant l'atmosphère qui entoure selon lui le chef de l'Etat, François Bayrou a dénoncé "un concours de lèche permanente". "Le cirage de pompes et devenu un sport national dans notre pays".
(Dépêche de l'agence Reuters, 16 septembre 2007, 14h04)
Alors, évidemment, les esprits chagrins pourront peut-être crier à la bassesse, mais, en vérité je vous le dis, chers lecteurs : il n'y a pas de petit plaisir... ;-)
Pour le reste, François Bayrou a affirmé que "nous porterons un seul nom: le Mouvement démocrate" et a pris ses distances avec l'appelation "centriste" : "Dire centre, c'est se définir par rapport à la droite et la gauche, nous, nous sommes démocrates" a-t-il ainsi précisé. J'approuve cette évolution de sa part.
La ligne de Bayrou pour les élections municipales de mars 2008 est que le MoDem soit "présent dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au premier tour", sachant qu'il y aura "des cas où on devra, y compris avant le premier tour, envisager des majorités de rassemblement". Ainsi, comme celà était prévisible, il faudra examiner donc chaque situation locale au cas par cas... en tenant compte de l'avis des militants, celà va sans dire...
Le fait est que le projet du MoDem, parce qu'il se veut véritablement innovant, est très ambitieux. Je m'en félicites, mais je ne suis pas dupe des réalités propres à la politique, celles du pouvoir monopolisé et des ambitions qui vont avec... François Bayrou a proposé vendredi dernier un projet de charte des valeurs et un projet de charte éthique, qu'il nous propose de compléter et d'améliorer : c'est une bonne chose. Mais il faudra aller plus loin, et passer notamment des discours aux actes en ce qui concerne l'organisation du MoDem. Ainsi, à l'article II de la proposition de la charte éthique on peut lire : "Le Mouvement Démocrate respecte en son sein les principes démocratiques qu’il promeut à l’extérieur, notamment participation, information, liberté du débat, séparation des pouvoirs, transparence des décisions"... Chiche !
La date du Congrès fondateur du Mouvement Démocrate a été définitivement arrêtée : ce sera le 25 novembre prochain. Mais le chantier de construction du nouveau parti ne fait que commencer... et tout le monde doit pouvoir y prendre part...
Pour finir, j'aimerai exprimer ici combien j'ai été heureux, à l'occasion de ce Forum des Démocrates, de rencontrer Quitterie Delmas, Virginie Votier, Guillaume, Thibault, Marie-Isabelle, Benjamin, Alexandre... en somme, tous les bloggeurs démocrates que je connais par ailleurs sur la Toile. C'était vraiment bien, et rien que pour celà, je ne regrette pas le déplacement. J'espère, bien-sûr, que d'autres occasions se présenteront...
Bien amicalement, :-)
Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.
(Illustration : François Bayrou, président du MoDem, le 16 septembre 2007, à Seignosse, photographie de l'Agence France Presse ; ©Pierre
Andrieu/AFP)
Par Hyarion
-
Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
- Voir les 10 commentaires - Recommander
- Voir les 10 commentaires - Recommander

A quelle sauce sarkozyste va donc être mangée la fonction publique dans les prochains
mois et les prochaines années ? On aimerait bien être fixé, dans les détails, sur cette question, sachant que les temps à venir s'annoncent, de toute façon, plus difficiles que jamais pour ces fonctionnaires que tout sarkozyste se doit de considérer comme étant des "parasites". Mais à part la volonté affichée de
Sarkozy de Nagy-Bocsa de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ainsi qu'il l'a lui-même rappelé l'autre jour à
l'Université d'été du Medef, force est de constater que l'on ne sait pas grand-chose des projets précis du gouvernement. Ce dernier aurait-il peur d'avouer franchement ce qu'il compte faire concrètement de ses agents publics, de leurs salaires et de leurs postes ? Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de
l'Emploi, a évoqué, le 2 septembre dernier, un "
"Le fameux point
d'indice, auquel les syndicats sont très attachés, ne représente que 25% de l'augmentation du pouvoir d'achat", a fait valoir M. Santini sur la chaîne LCI. "Nous voulons aller plus loin vers le
mérite, qu'il n'y ait pas que des événements automatiques", a-t-il indiqué.
Nicolas Sarkozy a vanté jeudi à
Epinal un "Etat fort" et un président qui "gouverne", en ouvrant un vaste chantier pour réformer les institutions de la Vème République.
L'heureux dénouement de
l'affaire des infirmières bulgares a de nouveau placé au devant de la scène Cécilia Sarkozy, alors même que la "première dame" n'a en France aucun statut ou rôle officiel.
Nicolas Sarkozy a
souhaité "bonnes vacances" aux membres du gouvernement mercredi lors du dernier conseil des ministres avant la pause estivale, leur annonçant que ça repartira "très fort" à la rentrée.
V
Georges Pompidou,
alors Premier ministre du président Charles de Gaulle, offre alors à Chirac son premier poste au gouvernement avec celui de sous-secrétaire d'Etat à l'Emploi, auprès du ministre des Affaires
sociales, pour remercier le nouveau député d'avoir arraché la 3e circonscription corrézienne à la gauche, avec quelques centaines de voix d'avance sur le candidat communiste qualifié pour le
second tour. Bien qu'étant le plus jeune membre du quatrième gouvernement Pompidou, Chirac joue un rôle important dans les négociations avec les syndicats en mai 1968, qui ont abouti aux accords
de Grenelle. Devenu secrétaire d'Etat au Budget puis ministre délégué chargé des relations avec le Parlement en 1971-1972, il est ministre de l'Agriculture et du Développement rural de 1972 à
1974, ce qui lui vaudra notamment une certaine popularité auprès des agriculteurs et une réputation de meilleur ministre de l'Agriculture de la Ve République. A la mort de Pompidou, il est
ministre de l'Intérieur, et soutient Valéry Giscard d'Estaing (VGE) contre le candidat gaulliste Jacques Chaban-Delmas, lors de l'élection présidentielle de 1974 : il se verra récompensé de son
ralliement en devenant Premier ministre de Giscard, ce qui ne l'empêchera pas de rompre avec VGE en démissionnant de son poste en 1976, en fondant le RPR (Rassemblement pour la République)
crypto-gaulliste la même année - il en sera le président jusqu'en 1995 -, et en devenant maire de Paris en 1977. Candidat à l'élection présidentielle en 1981, éliminé au premier tour, il
n'apporte pas de franc soutien à Giscard lors du second tour, le président sortant étant finalement battu par François Mitterrand. En 1986, Jacques Chirac devient, après la victoire de la droite
aux élections législatives de cette année-là, Premier ministre de la première cohabitation, nommé par le président Mitterrand. Les deux années de gouvernement qui suivent sont particulièrement
éprouvantes, Chirac entretenant des rapports souvent tendus avec le président socialiste. Ce dernier le vaincra au second tour de l'élection présidentielle de 1988, Chirac connaissant alors une
très grande déception face à ce qui apparait comme une défaite électorale sévère, avec seulement 45,98% des voix pour sa candidature, contre 54,02% pour François Mitterrand. Réélu cependant, pour
la troisième fois, maire de Paris en 1989, il joue un rôle important dans la victoire de la droite aux élections législatives de 1993. Trahi par son "ami de trente ans" Edouard Balladur, auquel
il a laissé le poste de Premier ministre de la deuxième cohabitation, et trahi également, dès 1993, par le jeune Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui avait été longtemps proche de lui et de sa
famille avant de devenir un fervent balladurien,
Jacques Chirac, qui
reste président du RPR, se lance tout de même, en novembre 1994, dans une troisième course à l'Elysée, à l'occasion de l'élection présidentielle de 1995, sachant que Balladur est lui aussi engagé
dans la course. Chirac craint un moment les possibles candidatures, à gauche, de Jacques Delors et de Bernard Tapie, mais il est assez
vite rassuré lorsque Delors, ancien conseiller du Premier ministre Chaban-Delmas et ancien ministre du président Mitterrand annonce, lors d'une fameuse émission télévisée "Sept sur Sept" sur TF1,
le 11 décembre, qu'il ne briguera pas la présidence de la République, tandis qu'un jugement, trois jours plus tard, met Tapie en liquidation judiciaire et le rend inéligible. Au terme d'une
campagne de premier tour marquée par la dénonciation, par Chirac, de la fameuse "fracture sociale", le 23 avril 1995, ledit Chirac arrive finalement en deuxième position, avec 20,84 % des voix,
derrière le candidat socialiste Lionel Jospin (23,30 % des suffrages), tandis que Balladur, avec 18,54 % des voix, est éliminé. Chirac a-t-il bénéficié, en partie, de l'image sympathique alors
véhiculée par la marionnette le représentant dans l'émission télévisée satirique "Les Guignols de l'Info" de Canal+ - marionnette qui a fait pendant des années la fortune de ladite émission ?
Toujours est-il que lors du second tour, le 7 mai, Jacques Chirac est élu président de la République avec 52,64 % des suffrages, contre 47,36 % des voix pour Jospin : l'objectif qui était le sien
depuis si longtemps est alors enfin atteint... Sa vengeance contre Balladur, Sarkozy, et les autres balladuriens du RPR, durera de longs mois : ils seront notamment exclus des deux gouvernements
de droite de son premier mandat présidentiel, gouvernements constitués, de 1995 à 1997, avec Alain Juppé, fidèle chiraquien devenu Premier ministre. C'est de cette époque, marquée par les luttes
intestines à droite, que date les fameux propos de Chirac concernant celui qui est aujourd'hui devenu son successeur à la présidence de la République :
En le combattant, ce n'était pas
la droite qu'il affrontait mais une partie de lui-même, lovée dans les recoins de son âme, tenue en laisse mais qu'un rien suffisait à réveiller. C'était là une sensation bien agréable et qui
pimentait le débat politique de façon singulière. Egoïste, mon maître l'était more optima, si l'on accepte la définition suivante de l'égoïste : « Quelqu'un qui ne pense pas à moi. » Tout au
long de sa carrière, mon compagnon n'avait été préoccupé que par lui-même. C'est à l'aune du culte ou de l'exécration qu'on lui vouait qu'il jugeait les bipèdes et les évènements. Il ne se
battait pas contre le gaullisme, le pompidolisme ou le giscardisme - qu'il considérait, au regard de la longue durée, comme des épiphénomènes sans importance, des grippes politiques qui font
éternuer, à intervalles réguliers, la France mais que l'Histoire se garde bien de retenir sur le même plan que les grandes pestes du Moyen Age. Il se battait pour lui et pour lui seul,
convaincu que sa bonne fortune et l'intérêt de son pays ne faisaient qu'un. Chirac était un adversaire qu'il affectionnait puisqu'en luttant contre lui il guerroyait, je l'ai dit, contre une
part de lui-même. C'était là une situation bien agréable qui l'amenait à faire preuve envers le maire de Paris d'une grande indulgence, quoi qu'en aient dit certains. C'est la raison pour
laquelle il ne fut pas au désespoir de devoir lui céder sa place à l'Elysée. Cela valait mieux, somme toute, que d'avoir à y accueillir un Jospin convaincu qu'il ne pouvait exister qu'en
prenant ses distances avec mon maître. Avec Chirac, c'était un François Mitterrand jeune, disciple un peu candide du général de Castelnau, mentor politique de son père, et de l'Eglise qui
s'installait sous les lambris dorés du salon Murat. Cela tenait à la fois de la résurrection et du voyage dans le temps."

Commentaires