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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 12 2007 23:51
Voilà. Il est enfin parti. Hier après-midi, samedi 15 décembre, au terme d'une visite d'une durée exceptionnelle - cinq jours -, le colonel Mouammar al-Kadhafi a quitté la France, où il avait été invité par Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il s'agissait de son premier voyage de ce genre dans notre pays depuis 1973. Bien qu'une actualité chasse l'autre en permanence, dans la France du sarkozysme omnipotent, je suppose qu'il faut tout-de-même que j'en dise quelques mots... Deux dépêches de l'Agence France Presse peuvent suffire à résumer, à grands traits, cette visite qui, c'est le moins que l'on puisse dire, a fait beaucoup de bruit...

Le colonel Kadhafi arrive à Paris pour une visite très controversée


Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi arrive ce lundi en France pour une visite officielle de cinq jours scellant la réconciliation entre Paris et Tripoli mais dénoncée par l'opposition, qui fustige l'accueil d'un "dictateur" et la "realpolitik" du président Nicolas Sarkozy.

La Libye a annoncé son intention d'acheter pour plus de 3 milliards d'avions Airbus, un réacteur nucléaire et de nombreux équipements militaires lors de cette visite, la première de M. Kadhafi en France depuis 34 ans.


Le "Guide" libyen arrivera en début d'après-midi à Paris, où il sera immédiatement reçu par M. Sarkozy au Palais présidentiel de l'Elysée. Un dîner sera donné en son honneur dans la soirée. Un second entretien est prévu mercredi. Au sommet UE/Afrique de Lisbonne ce week-end, M. Sarkozy a assuré au dirigeant libyen être "très heureux" de le recevoir.


La libération des infirmières bulgares détenues en Libye en juillet, dans laquelle M. Sarkozy a joué un rôle central, a ouvert la voie à une normalisation des relations entre Paris et Tripoli.


La France considère désormais que M. Kadhafi, longtemps placé au ban des nations occidentales, s'est engagé sur le chemin de la "respectabilité", après avoir notamment renoncé à soutenir le terrorisme et à développer des armes de destruction massive.


M. Sarkozy a espéré que cette visite permette de conclure une série d'accords économiques avec le 3e producteur de pétrole africain, important marché potentiel pour les industriels français. Paris négocie notamment la vente d'une dizaine d'avions de combat Rafale, que Dassault Aviation n'a encore jamais réussi à exporter.


Mais l'opposition tire à boulets rouges sur l'accueil réservé à M. Kadhafi, surtout après ses dernières déclarations à Lisbonne où il a justifié le recours au terrorisme par les "faibles". Le chef du Parti socialiste François Hollande a accusé M. Sarkozy de recevoir un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes".


Les critiques se sont étendues jusqu'au sein du gouvernement. Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, venu de la gauche, a pris ses distances et la jeune secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade a déclaré que Paris ne devait pas "recevoir le baiser de la mort" de Kadhafi.


Durant son séjour, M. Kadhafi résidera à l'hôtel Marigny, près de l'Elysée. Fidèle à son image, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de cette résidence officielle pour y recevoir ses hôtes.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 décembre 2007, 07h17)

Le colonel Kadhafi boucle en France une visite en forme de coup d'éclat


Le colonel libyen Mouammar Kadhafi a bouclé vendredi une visite en France en forme de coup d'éclat qui a soulevé une bronca rarement vue malgré la promesse de milliards d'euros de contrats civils et militaires.

Pour son dernier jour, le "guide" libyen s'est offert une visite au château de Versailles, où il a pu longuement poser devant le trône de Louis XIV, le "roi Soleil" qu'il dit admirer.


A tous points de vue, cette visite aura été hors normes: par sa durée, cinq jours, le torrent de critiques suscitées, et surtout la personnalité encombrante de l'hôte du président Nicolas Sarkozy.


Pour son retour en France après 34 ans d'absence, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de sa résidence officielle. A la tête d'une imposante délégation, il a sillonné Paris dans une longue limousine blanche, escorté par ses célèbres "amazones" en treillis.


Il est surtout resté fidèle à son image de leader imprévisible quand il a démenti le président Sarkozy en affirmant ne pas avoir discuté avec lui du sujet ultra-sensible des droits de l'Homme. Puis, quand il a demandé à la France et aux Européens de mieux respecter leurs immigrés avant de lui donner des leçons.


Après la signature de contrats bouclée dès lundi soir, un double entretien avec Nicolas Sarkozy et une visite à l'Assemblée nationale, boycottée par l'opposition, M. Kadhafi a consacré son séjour au tourisme: promenade sur la Seine, visites du musée du Louvre puis du château de Versailles.


L'opposition socialiste a raillé le "circus Kadhafi" et accusé M. Sarkozy d'avoir donné une légitimité à un "dictateur". Même dans les rangs de l'UMP, beaucoup ont jugé que Paris en avait trop fait.


"Il faut parfois dîner avec le diable, oui, mais avec une longue cuillère et sans lui servir la soupe", a assuré le député PS Pierre Moscovici.


M. Sarkozy a rejeté les critiques, expliquant qu'il fallait "parler à tout le monde" et encourager la marche de la Libye vers la "respectabilité", cinq mois après la libération des soignants bulgares détenus en Libye.


Il a souligné que cette visite était profitable à la France, grâce à des retombées commerciales qu'il a chiffrées à plus de 10 milliards d'euros. Mais des interrogations entourent ce chiffre, une partie des contrats relevant de lettres d'intention ou étant des confirmations.


"Ce genre de gros contrats est négocié longtemps à l'avance. Et ce sont des investissement de très long terme", relativise l'analyste Nicolas Bouzou. Mais "si entre 5 et 10 milliards sont récupérés au final ce sera pas mal", ajoute-t-elle.


Dans la corbeille, la vente d'au moins un réacteur nucléaire civil, 21 Airbus, et de gros espoirs de ventes d'armes, notamment de 14 avions Rafale de Dassault.


Cette moisson n'a pas suffit à apaiser les réserves des Français qui, à 52%, ont désapprouvé la visite, selon un sondage paru vendredi.


Pour le politologue Naoufel Brahimi el-Mili, enseignant à Sciences Po Paris, "Kadhafi est le gagnant" de cette tournée qui l'a aussi conduit à Lisbonne, pour le sommet UE-AFrique, avant Madrid où il sera samedi.


"Il use du pétrole. Sa légitimité internationale est renforcée", explique-t-il.


Selon lui, il tire aussi "profit" de sa visite au plan intérieur: "La presse officielle expliquait que le 'guide' a dit aux Français leurs quatre vérités sur les droits de l'Homme."


Ce sujet aura été au coeur de la controverse. La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a dénoncé un "baiser de la mort", avant de rentrer dans le rang.


Quant à Mouammar Kadhafi, il a qualifié sa visite d'"historique", en se félicitant de l'accueil "chaleureux" du président Sarkozy.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 14 décembre 2007, 17h19)

Cette visite en grande pompe de Kadhafi a été jugée "indigne" par François Bayrou, qualifiée de "spectacle désolant" par François Hollande, et, pour sa part, le "philosophe" Bernard-Henri Lévy a déclaré que l'"on n’invite pas en visite d’Etat un grand terroriste et un preneur d’otages international comme Kadhafi". Comme celà était prévisible, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas manqué de réagir aux nombreuses critiques que l'évènement a suscité :

"S'ils ne comprennent rien à la "real-politik", tant pis pour eux. [...] De toute façon, plus ils gueulent et plus je leur ferai un bras d'honneur. Plus longtemps je serrerai la main de Kadhafi. [...] J'ai dit que j'irai chercher le point de croissance qui nous manque avec les dents. Eh bien ! c'est ce que je fais. Dix milliards de contrats pour les entreprises françaises, ce n'est pas rien. [...] Depuis 2003, il [Kadhafi] a renoncé au terrorisme. Il a toujours été contre les fondamentalistes. Depuis le début, il a demandé l'arrestation de Ben Laden. Et il peut jouer un rôle important dans le dénouement de la crise du Darfour. [...] Même si c'est un personnage complètement fantasque, ce n'est pas mal de contribuer à le réinsérer dans le concert des nations. [...] Il n'y a rien que je déteste plus que les donneurs de leçons en salon. [...]"

(Sarkozy, devant ses conseillers, à propos des critiques relatives à la réception en grande pompe du colonel Kadhafi à Paris, cité in Le Canard Enchaîné N°4546, 12 décembre 2007)

Quelle est mon opinion vis-à-vis de cette affaire ? Avant de répondre, je me permets de rappeler qui est l'actuel dirigeant libyen, afin que tout le monde sache bien de qui on parle.

Né à Syrte en 1942, officier dans l'armée libyenne, Mu'ammar al-Kadhafi ou Qadhdhâfî, a été, en 1969, le principal instigateur du coup d'Etat qui a renversé le roi de Libye Idris Ier, qui régnait depuis 1951. Président du Conseil de la révolution libyen de 1969 à 1977, puis du Secrétariat général du Congrès général du Peuple libyen en 1977, Kadhafi a abandonné ses fonctions officielles en 1979, et ne se reconnait aujourd'hui que le titre de "guide" de la révolution libyenne. En réalité, il est toujours resté le véritable chef de l'État, la Libye étant officiellement devenue, en 1977, la Grande Jamahiriya (Etat des masses ou populocratie) arabe libyenne populaire et socialiste, où la loi islamique - charia - est appliquée depuis 1994. Voulant unir les peuples arabes à travers une "révolution culturelle islamique", Kadhafi s'est essayé à une politique de rapprochement avec la Syrie, l'Egypte, et la Tunisie, sans succès, et à une politique d'expansion au Tchad, en vain. Soupçonné de soutenir de nombreuses rébellions dans le monde et d'être impliqué dans plusieurs actes terroristes, notamment contre les Etats-Unis d'Amérique (attentat de Lockerbie en Écosse contre un avion de ligne civil américain - un Boeing 747 de la PanAm - ayant explosé en plein vol en 1988) et contre la France (attentat de l'avion DC-10 de la compagnie française UTA ayant explosé au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, en 1989), Kadhafi a longtemps été mis au ban de le communauté internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant imposé à la Libye des sanctions en 1992, notamment un embargo aérien et une interdiction de vente d'armes, sanctions qui ont été levées en 1999, lorsque les agents des services secrets libyens suspectés de l'attentat de Lockerbie ont enfin été livrés à la justice. En 2003, la Libye a reconnu officiellement "la responsabilité de ses officiers" dans les attentats de Lockerbie et du DC-10 d'UTA, s'engageant à indemniser les familles des victimes, et a renoncé officiellement à son programme d’armes de destruction massive. De fait, Kadhafi s'est efforcé, ces dernières années, de retrouver une forme de respectabilité internationale, mais l'affaire des infirmières bulgares, dont le dénouement, avec l'intervention sur-médiatisée de Sarkozy de Nagy-Bocsa, est survenue cet été - voir notamment l'article intitulé
"Un Mois de Sarkozysme appliqué..." - a, jusqu'à récemment, continué d'attirer l'attention sur le fait que le "guide" libyen est à la tête d'un régime dictatorial, dans un pays où les opposants politiques sont emprisonnés, et où des otages étrangers - cinq infirmières bulgares et un médecin bulgare d'origine palestinienne - ont été maintenus en captivité et torturés pendant de longues années, avant d'être finalement libérés en juillet dernier, en échange d'une contre-partie financière faisant office de rançon, accompagnée de la signature de contrats divers avec la France...


Voilà pour les informations sur le personnage. Maintenant, venons-en à ce que je pense de tout celà, de cette visite en France, et tout le barouf médiatique qui l'a accompagné : ma position, en vérité, tient en assez peu de mots...
Fallait-il accueillir le colonel Mouammar al-Kadhafi à Paris comme l'a fait Sarkozy de Nagy-Bocsa, en lui déroulant le tapis rouge pendant cinq jours ? Assurément, non. Mais, indépendemment de celà, la France doit-elle, en fonction de ses intérêts, discuter et traiter avec le colonel Kadhafi sur un certain nombre de sujets, qu'ils soient économiques ou politiques ? La vérité est qu'elle serait bien peu avisée de ne pas le faire, dans le contexte géopolitique actuel, où l'Afrique redevient, après avoir été délaissée pendant des décennies, un centre d'intérêts pour les grandes puissances mondiales. Celà dit, et j'insiste là-dessus, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'était vraiment pas obligé d'en faire à ce point des tonnes avec le "guide" libyen, et il aurait fort bien pû épargner à la France une aussi tapageuse visite d'Etat de Kadhafi, pendant cinq longs jours. Mais que voulez-vous, Sarkozy aime les excès : comme d'habitude, il en a trop fait. Un jour, ces excès se retourneront contre lui, d'une manière ou d'une autre. Mais néanmoins, en dépit de celà, il me parait absurde de vouloir faire croire, comme certains ont tendance à le faire, que la diplomatie, et la politique en général, doivent se pratiquer avec des bons sentiments, en brandissant un "droits-de-l'hommisme" plein de naïveté . Voilà, en définitive, tout ce que j'ai à dire vis-à-vis de toute cette polémique suscitée par cette visite de Kadhafi en France. Après, tout est évidemment une question de point de vue. On peut, à titre individuel, être très attaché, comme je le suis, aux droits de l'homme, à l'humanisme, à la démocratie, mais pour autant, lorsque l'on se pique de politique, il me parait bien évident qu'il convient de bien se garder d'être naïf, car la naïveté, même si elle est parfois invoqué comme excuse, n'est pas autre chose qu'une faute, en matière de politique. Ainsi, les parangons du "droits-de-l'hommisme", tous les donneurs de leçons moralisateurs de tous ordres, tous ceux qui considèrent que la morale doit tenir lieu de politique, tous ceux-là feraient bien, une bonne fois pour toutes, d'accepter ce fait : la politique est une affaire d'intérêts, et non une affaire de morale.

Voilà. J'en ai terminé. Je le répète encore une fois : la politique est une affaire d'intérêts, non de morale. Un point, c'est tout.

Mais je m'en voudrais de laisser mes lecteurs sur ce simple constat. Pour finir, je me permets de reproduire ci-après, afin de nourrir la réflexion de chacun, de larges extraits d'une conférence que le philosophe social-démocrate athée André Comte-Sponville est venu prononcé en Midi-Pyrénées, en 1993-1994, à l'invitation de l'association culturelle GREP (Groupe de Recherche pour l'éducation et la prospective) de Midi Pyrénées, et dont le thème était "Ethique, Morale et Politique".

André Comte-Sponville - [...] [N]ous avons quatre ordres : l'ordre techno-scientifique,  l'ordre juridico-politique, l'ordre de la morale, enfin l'ordre éthique ou de l'amour. L'ordre techno-scientifique est structuré par le possible et l'impossible, mais incapable de se limiter lui-même, il est limité par l'ordre juridico-politique. Celui-ci est structuré par le légal et l'illégal, mais incapable de se limiter lui-même, il est limité par l'ordre de la morale, lequel est structuré par le devoir et l'interdit. Et cet ordre de la morale, à son tour, est complété et ouvert par un quatrième ordre, l'ordre éthique ou de l'amour.

A quoi bon cette distinction des ordres ? Comme toute distinction des ordres (et vous savez que j'emprunte l'expression à Pascal) ça sert à ne pas confondre des ordres différents. Quand on confond des ordres différents, explique Pascal, on est ridicule. Par exemple celui qui confond l'ordre de la raison et celui de l'amour. L'homme qui dirait à une femme (l'exemple est chez Pascal) : Madame je vais vous démontrer que vous devez m'aimer. La femme lui rirait au nez en lui disant : vous êtes ridicule, relisez Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Autre exemple, le roi qui dit (toujours chez Pascal) : je suis fort, donc on doit m'aimer. Il est ridicule, puisqu'il confond l'ordre de la force et l'ordre du cœur. Tu es fort, donc on doit te craindre. Tu es fort, donc on doit t'obéir. Mais pourquoi est-ce que tu veux en plus qu'on t'aime ? Tous les rois sont ridicules, toujours en ce sens. Il n'y a pas de roi, que ce soit dans une entreprise où on l'appelle président-directeur-général, ou dans une République où on l'appelle Président de la République, il n'y a pas de roi qui ne veuille être aimé. Il n'y a pas de roi qui ne soit pas ridicule. C'est pourquoi c'est au citoyen à se défendre du ridicule, comme on s'en défend toujours, par le rire et par la lucidité.

Ce ridicule a un autre nom quand il est au pouvoir chez Pascal : il s'appelle la tyrannie. Qu'est-ce que c'est que la tyrannie ? C'est, dit Pascal, le désir de domination universel et hors de son ordre. Le tyran ce n'est pas celui qui gouverne avec autorité, là où il a titre à le faire. Le tyran c'est celui qui veut gouverner là où il n'a pas titre à le faire. C'est le roi qui veut en outre être aimé, en outre être cru. Ou c'est la personne très belle qui veut être obéie ou crue. Ou c'est le savant qu'on peut bien croire dans sa compétence, mais qui voudrait être obéi ou aimé. Ils sont tous tyranniques. Et la tyrannie est légion.

Simplement, chaque époque a ses ridicules de prédilection, chaque époque a ses ridicules qui menacent davantage. Je voudrais, pour terminer, évoquer les deux tyrannies principales qui me semblent nous menacer. Je les appellerai la barbarie d'une part et l'angélisme d'autre part. Je vais les évoquer à propos de mes quatre ordres, bien sûr, et pas à propos des ordres de Pascal.

Qu'est-ce que j'entends par barbarie ? C'est un ridicule. Autrement dit une confusion des ordres. C'est une tyrannie. J'entends par barbarie le fait de soumettre un ordre donné à un ordre inférieur. C'est la tyrannie de l'inférieur.

Par exemple, soumettre la politique, l'ordre numéro 2, à l'ordre techno-scientifique, et spécialement à l'économie. Barbarie technocratique : tyrannie des experts. Ce sont les experts qui font la politique. Ou bien barbarie libérale : tyrannie du marché. C'est le marché qui fait la politique. Tyrannie des experts, c'est plutôt ce qui se passe à Bruxelles, tyrannie du marché, c'est plutôt ce qui se passe chez nous. Autrement dit ces deux tyrannies peuvent fonctionner fort bien de pair. Et sont ridicules, au sens pascalien du terme, et tyranniques l'une et l'autre. Le fait qu'elles fonctionnent ensemble redouble la tyrannie.

Autre exemple de barbarie : soumettre la morale, l'ordre numéro 3, à la politique, l'ordre numéro 2. C'est la barbarie du militant. Chez Lénine et Trotsky, qu'est-ce que la morale ? Lénine répond : j'entends par morale ce qui sert les intérêts révolutionnaires du prolétariat. Cela a le mérite de la simplicité, mais, évidemment, c'est passablement dangereux. Quant à Trotsky, il cherche un exemple et se demande : est-ce qu'on a le droit de fusiller des otages qui n'ont rien fait ? Réponse nuancée : en règle ordinaire, en situation de paix civile, non, parce que politiquement c'est néfaste et donc moralement c'est condamnable, mais en revanche, en situation révolutionnaire, ça peut être politiquement nécessaire et alors c'est moralement bon. Soumission de la morale à la politique : barbarie du militant.

Ça peut être aussi, plus près de nous, la barbarie démocratique, qui consistera à soumettre la morale à la majorité, au peuple, et à considérer que tout ce que la loi autorise est forcément bon et sans problème morale, et que tout ce que la loi interdit est forcément mauvais. L'euthanasie est donc alors toujours moralement condamnable puisqu'elle est légalement interdite, et l'avortement toujours innocent puisqu'il est légalement toléré.

Je suis parfaitement pour la loi Veil, mais la loi Veil nous dit justement que ce n'est pas le problème de l'Etat parce que c'est notre problème à nous, couples concernés. Et que forcément ça va dépendre des cas : il n'y a que des cas singuliers. Et tout aussi évidemment il y a des avortements qui ne posent aucun problème morale tandis que, vous le savez bien, il y a des avortements qui posent des problèmes moraux.

Toujours est-il que si l'on considère que la démocratie tient lieu de morale, on est dans la barbarie démocratique. On ne vote pas sur le Bien et le Mal. Cela ne relève pas du peuple, cela relève de la conscience individuelle de chacun.

Dernier exemple de barbarie : soumettre l'amour à la morale. Là il y aurait un risque, peut-être, d'ordre morale, au sens cette fois du mac-cartysme, de dérive moralisatrice.

Deuxième grande tentation, deuxième grande tyrannie, c'est la tyrannie inverse, c'est le ridicule inverse (mais le ridicule n'est guère soumis au principe de non-contradiction, et on peut donc être dans les deux à la fois) : c'est ce que j'appelle l'angélisme.

Qu'est-ce que c'est que l'angélisme ? C'est le fait de prétendre soumettre, annuler ou déstructurer un ordre donné au nom d'un ordre supérieur. L'angélisme c'est la tyrannie du supérieur.

Exemple : prétendre annuler les contraintes économiques, techniques ou scientifiques, ordre numéro 1, au nom de la politique, ordre numéro 2. Angélisme politique. Concrètement, ça ressemble à quoi ? Le plus souvent on appelle ça le volontarisme. Souvenez-vous de la gauche en 1981 (j'ai voté pour elle, et pas seulement en 81, mais peu importe) : "vaincre le chômage c'est une question de volonté politique". Résultat des courses : le nombre de chômeurs a doublé entre 1981 et 1993. Est-ce que c'est par manque de volonté ? Non. C'est aussi bête que ça : pour combattre le chômage, il ne suffit pas de vouloir. On aurait bien pu voter une loi supprimant le chômage, mais quand même ils n'ont pas été ridicules à ce point (rires). Parce que combattre le chômage c'est un problème technique, scientifique, économique. Il relève du premier ordre, évidemment.

J'ai vu récemment des manifestants défiler sous la banderole "Vaincre le sida c'est une question de volonté politique". Je comprends bien ce qu'ils veulent dire. Plus on votera de budget, plus on aura de chances de guérir le sida un jour. D'accord. Mais à la lettre le slogan est évidemment idiot. Vaincre le sida ce n'est pas une question de volonté politique. On peut voter une loi supprimant le sida, ça ne fera pas guérir un seul malade.

Autre exemple d'angélisme : annuler les exigences du combat politique, ses contraintes propres, au nom de la morale. Angélisme morale. Et voilà la fameuse génération morale que j'évoquais : contre la misère, les restaurants du cœur ; en politique étrangère, l'action humanitaire ; en matière d'immigration et d'intégration, l'anti-racisme. La morale qui tient lieu de politique.

Enfin dernier exemple d'angélisme : prétendre annuler la morale, ordre numéro 3, au nom de l'amour. "Moi, je n'ai pas de morale, je n'en ai pas besoin : l'amour me suffit". Idéologie baba-cool, Peace and Love des années 60. Il faut leur répondre : arrête de te prendre pour Jésus-Christ et commence par faire ton devoir et par t'inscrire sur les listes électorales.

Je voudrais conclure en disant un mot sur le problème de la hiérarchie entre ces quatre ordres que je vous ai proposés. Vous comprenez bien que je les ai énoncés selon l'ordre d'une hiérarchie croissante, du moins pour ce qui concerne leur valeur et pour les individus que nous sommes. J'entends par là que du point de vue du sujet, du point de vue de l'individu, et quant à la valeur, la politique a une plus grande dignité que les sciences et les techniques, la morale a une plus grande dignité que la politique, et l'amour a une plus grande dignité que la morale.

C'est ce que j'appellerais la primauté, entendant par primauté la plus grande valeur subjective dans une hiérarchie d'évaluation. Je dirais donc : primauté de la politique sur les techno-sciences, primauté de la morale sur la politique, primauté de l'amour sur la morale.

Et je distinguerai encore, me servant d'une distinction que la langue propose, la primauté du primat. Primauté, c'est la plus grande valeur subjective dans une hiérarchie d'évaluation. Primat c'est la plus grande importance objective dans un enchaînement de déterminations.

Et là, me semble-t-il, tout s'inverse. Que resterait-il de l'Etat sans les sciences, sans les techniques, sans l'économie ? La réponse est bien claire : sans l'ordre numéro 1, sans les sciences, sans les techniques, sans l'économie, sans la production des biens matériels comme dit Marx, il n'y a pas d'Etat du tout. Primat de l'ordre techno-scientifique, et spécialement primat de l'économie sur la politique.

Que resterait-il de la morale s'il n'y avait pas d'Etat ? Quelle morale à l'état de nature ? La réponse est bien claire : à l'état de nature, il n'y a pas de morale du tout, sans Etat, il n'y a pas de morale. Primat de la politique sur la morale.

Et que resterait-il de l'amour sans la morale ? Ma réponse est celle de Freud : sans la morale, c'est-à-dire sans l'interdit, il n'y a pas d'amour du tout, parce qu'il n'y a que le désir, la pulsion, le "ça", et que le désir ou la pulsion ne se subliment en amour que par la contrainte de l'interdit, de la loi morale. Sans morale pas d'amour.

Si bien que nous avons deux hiérarchies, ou une hiérarchie ascendante et un enchaînement descendant : primauté de la politique sur le techno-scientifique, primauté de la morale sur la politique, primauté de l'amour sur la morale ; mais primat de la morale sur l'amour, primat de la politique sur la morale, primat de l'ordre techno-scientifique, et spécialement de l'économie, sur la politique.

Nous avons affaire à deux hiérarchies inversées. Mon idée c'est que les groupes, toujours, vont privilégier l'enchaînement des primats. Pour le gros animal, comme dit Platon, pour le groupe que nous sommes tous, et d'autant plus que le groupe sera plus nombreux, l'amour tendra toujours à se dégrader en morale, la morale tendra toujours à se dégrader en politique, c'est-à-dire en rapports de force, et la politique tendra toujours à se dégrader en technique.

Il n'y a que les individus pour remonter quelque peu, parfois, cette pente que les groupes ne cessent de descendre, pour rappeler que la politique a une plus haute dignité que la technique, et c'est ce qu'on appelle "un homme d'Etat", pour rappeler que la morale a une plus haute dignité que la politique, et c'est ce qu'on appelle "un homme de bien", pour rappeler que l'amour a une plus haute dignité que la morale, et c'est ce qu'on appelle "un homme de cœur".

Vous vous souvenez peut-être que Simone Weil (non pas la femme politique mais la philosophe qui est morte à Londres, en 1943) a écrit un livre qu'on a publié sous le titre La Pesanteur et la Grâce. La pesanteur, pour Simone Weil, c'est tout ce qui descend ou qui fait descendre. La grâce c'est tout ce qui monte ou qui fait monter.

Et bien je dirais volontiers que de ce point de vue les groupes, toujours, sont soumis à la pesanteur, et qu'il n'y a que les individus, parfois, qui aient quelque chose qui ressemble à de la grâce. Faute de croire en Dieu, pourtant, ce n'est pas le mot que j'utiliserai, et je dirai donc que pour remonter cette pente que les groupes ne cessent de descendre, pour essayer de remonter parfois au moins un peu de la technique à la politique, de la politique à la morale et de la morale à l'amour, je ne connais que deux choses : l'amour et le courage.

Extraits du débat faisant suite à la conférence :

Un auditeur - Vous avez parlé de barbarie lorsque l'on assujettissait la morale au politique. Or il me semble que chez Machiavel, par exemple, l'ordre peut être assujeti à l'ordre politique et la morale tient alors lui de moyen. Et ce n'est pas de la barbarie puisque le souverain qui use ainsi de la morale, qui subordonne la morale au politique, fait acte, comme dit Machiavel, de virtu, il est virtuoso. [...]

André Comte-Sponville - [...] Machiavel est un des auteurs les plus mystérieux qui soit. Tout le monde se demande ce qu'il pensait au fond. Moi, ce qui me fascine chez lui, c'est qu'il n'a jamais prétendu soumettre la politique à la morale. Il ne s'est jamais raconté d'histoires. Il a bien vu que la politique ne s'occupait que de rapports de forces, ne s'occupait que du pouvoir, et pas de la morale. Mais ça, ça veut dire qu'il n'était pas ridicule.

Le contraire de Machiavel, si vous voulez, c'est Philippe de Villiers qui fait un "parti des valeurs". Le ridicule est du côté de Philippe de Villiers. Ou alors c'est Jack Lang, que j'ai entendu dire à la télévision dire : "Je suis du parti de l'amour". Le ridicule était pour Jack Lang. Machiavel n'a jamais mangé de ce pain-là, bien sûr.

Alors vous me demandez : est-ce que Machiavel ne soumet pas la morale à la politique ? Autrement dit, est-ce qu'il ne serait pas ridicule dans l'autre sens, non pas angélique comme Philippe de Villiers ou Jack Lang, mais barbare ? Il ne me le semble pas.

Il ne me semble pas parce qu'il disjoint tellement les deux ordres qu'il ne les soumet en rien l'un à l'autre. Il prend acte de leur séparation. Dans Le Prince, il conseille au prince de ne pas s'occuper du tout de la parole qu'il a donnée, de mentir si ça l'intéresse. Il ajoute : bien sûr si les gens étaient bons, mon commandement serait atroce, mais comme ils sont méchants et qu'ils ne tiendront pas leur parole non plus, si tu veux le pouvoir, c'est ça qu'il faut faire. Il ne dit pas du tout que le mensonge vaut mieux que la sincérité. Il constate simplement qu'en politique la morale est sans effet. Mais il ne dit pas que ce qui est politiquement juste est moralement bon. Il dit que ce qui est politiquement juste est politiquement nécessaire. Et que la morale, c'est autre chose. [...]

Une auditrice - Vous avez posé une hiérarchie entre quatre ordres avec, en dernier ordre,  l'éthique comme fondement de la morale. Se pose le problème du bon usage du Mal en politique. Machiavel dit que le Prince peut et doit mentir à ses sujets si c'est nécessaire. Cela voudrait dire que la fin justifie les moyens, qu'il est loisible d'utiliser n'importe quel moyen en vue d'une fin supérieure. S'il peut être bon de faire le Mal parfois, la morale doit-elle encore être au fondement du politique ?

André Comte-Sponville - Il faut distinguer le point de vue que l'on peut avoir sur la politique en tant qu'elle concerne des groupes, et le point de vue qu'on peut avoir sur elle en tant qu'elle me concerne personnellement, c'est-à-dire selon qu'on fait de la politologie et qu'on essaie de comprendre ce qui se passe vraiment dans la politique, ou selon qu'on agit pour son propre compte.

Si j'essaie de considérer la politique telle qu'elle est, où je vois que des groupes s'opposent, je constate qu'ils mentent tous. Tous. Je constate, davantage, qu'ils ne peuvent pas ne pas mentir. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs (rires). Prenons un exemple. L'apôtre du "parler vrai", Michel Rocard, reconnaissait un jour devant moi que, en matière de politique financière, on ne peut absolument pas dire la vérité. C'est le B - A - BA. Si on veut dévaluer, il est indispensable de dire la veille : "Nous ne dévaluerons en aucun cas". Ce n'est pas parce qu'ils sont tous méchant, c'est parce que sinon la dévaluation va rater. Vous imaginez Rocard il y a trois ans nous dire la vérité sur ce qu'il pensait de Mitterrand ? (rires) Ce n'était pas possible. Il est donc absurde de le lui demander.

Donc, il n'y a pas de "parler vrai" en politique. Il y a des gens qui mentent plus ou moins. Il y a ceux qui mentent tout le temps sur n'importe quoi, et ceux (et c'est ce que Rocard appelle le "parler vrai") qui ne mentent que quand c'est vraiment nécessaire.

Est-ce que la morale est le fondement de la politique ? Mais bien sûr que non ! Le fondement de la politique c'est l'intérêt, c'est Marx qui a raison. L'économie est déterminante en dernière instance. Maintenant plus personne n'est à gauche, mais dans ma jeunesse encore les ouvriers votaient à gauche et les patrons votaient à droite. Vous croyez que c'est parce qu'ils n'avaient pas la même morale ? Il est normal que ceux qui souffrent le plus dans une société votent pour des partis qui annoncent qu'ils vont la changer, et que ceux qui souffrent le moins votent plutôt pour des partis qui proposent de tout laisser en l'état. Ce n'est pas pour des raisons morales que les gens votent. C'est en fonction le plus souvent de leurs intérêts. La sociologie est bien plus éclairante en politique que la morale.. Et quand aux gens qui font carrière en politique, mieux vaut penser qu'ils font de la politique pour faire carrière que de penser qu'ils font de la politique pour des raisons morales. En vérité c'est un peu les deux le plus souvent. On sera moins souvent déçu et on comprendra davantage ce qui se passe quand on aura en tête qu'ils n'ont en tête que leur intérêt. Disons que tout se passe de telle sorte en tous cas qu'ils ne sacrifient jamais leurs intérêts à leur morale.

Ça, c'est le point de vue que j'ai (comme Machiavel, qui en serait d'accord) sur la politique quand je la regarde de l'extérieur. Des groupes s'y affrontent. Ce n'est pas du tout une question de morale. C'est une question de combat, de rapports de forces, d'intérêts. Très bien. Et j'ai dit, dans ma petite typologie en quatre ordres, que les groupes, toujours, tendaient à privilégier les ordres inférieurs. Donc la politique les intéresse davantage que la morale, et l'économie davantage que la politique. Les partis politiques n'ont pas de morale, a fortiori pas d'amour.

Oui, mais nous, nous ne sommes pas un parti politique. Moi je suis un individu. Vous êtes des individus. Et j'ai dit en terminant qu'autant les groupes tendaient à redescendre toujours cette quadri-partition vers les ordres inférieurs, autant, si on pouvait garder un certain sens de l'élévation humaine, c'était par la capacité qu'avaient les individus d'essayer de la remonter. Les partis politiques n'ont pas de morale, j'en suis parfaitement convaincu. Ça ne dispense pas ceux qui y militent d'en avoir une. Je dirais même que c'est parce que les partis politiques n'ont pas de morale que ceux qui y militent et ceux qui les dirigent doivent d'autant plus en avoir une. Il n'y a de morale que pour les individus et par eux.

Si bien que la morale n'est pas du tout le fondement de la politique, dans sa réalité, en tant que la politique oppose des groupes. En revanche elle peut être en quelque chose le fondement ou la justification de l'engagement de tel ou tel, qui fera de la politique, lui, pour des raisons morales. Simplement, ça ne regarde, à la limite, que lui. Un homme politique qui vient à la télé pour me dire : "Si je suis de droite, c'est pour des raisons morales", ou : Si je suis de gauche, c'est pour des raisons morales", quel intérêt cela a-t-il puisque même s'il pensait le contraire il ne nous le dirait pas ? Sa morale , c'est son problème. Nous, ce qui nous intéresse c'est son programme, c'est ce qu'il fait, ce qu'il réalise. On le juge sur ses actes. Ses problèmes de conscience on s'en moque.

Comme dit Alain : "La morale n'est jamais pour le voisin". La morale ne vaut que pour soi. Si on considère la politique telle qu'elle est par rapport aux groupes, c'est toujours les ordres inférieurs qui priment. L'économie est plus importante que la politique et on le sait bien. Regardez aujourd'hui à quel point la politique est soumise aux contraintes de l'économie. Et combien la politique peut peu de choses sur l'économie.  La politique a plus d'importance que la morale, et au fond on le sait bien. Ce qui compte, ce n'est pas quel est le plus vertueux, c'est qui gagne les élections. Et quelqu'un de très vertueux peut s'avérer un dirigeant catastrophique. Et un salaud peut être un homme d'Etat remarquable. Les deux se sont vus.

Alors qu'en revanche, s'agissant des individus, les échelons supérieurs reprennent toute leur importance. Et en effet je pense, moi, que la dignité d'un homme consiste à ne jamais sacrifier la morale à la politique, ou la politique aux sciences, aux techniques ou à l'économie.

Je suis donc obligé d'avoir deux réponses selon que je parle des groupes et de la politique telle qu'elle est, ou des individus et des valeurs qui guident leur action.


(Extraits d'une conférence d'André Comte-Sponville, prononcée en 1993-1994, à l'invitation du GREP de Midi Pyrénées, sur le thème "Ethique, Morale et Politique", suivis d'extraits du débat qui s'en est suivi)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Caricature de Sarkozy et Kadhafi, pendant la visite de ce dernier à Paris, par Kiro, parue dans Le Canard Enchaîné N°4546, 12 décembre 2007 ; Nicolas Sarkozy accueille Mouammar Khadafi le 10 décembre 2007 à l'Elysée à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Le colonel Kadhafi au palais de l'Elysée, le 12 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Stéphane de Sakutin/AFP ; Nicolas Sarkozy lors de la visite de Mouammar Kadhafi à Paris, le 10 décembre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Mouammar Kadhafi accueillli par le président Sarkozy à l'Elysée, le 12 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Stéphane de Sakutin/AFP ; Portrait du philosophe Blaise Pascal [1623-1672], par un peintre anonyme de l'école française du XVIIe siècle, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Détail d'une photographie anonyme du philosophe et théoricien Karl Marx [1818-1883] ; Michel Rocard et François Mitterrand, le 19 avril 1988, photographie de l'Agence France Presse, © Patrick Hertzog/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 12 2007 23:59
Je poursuis par un deuxième court message l'évocation de ce que j'ai vu et entendu à Paris, il y a un peu plus d'une semaine. C'est l'occasion pour moi de consacrer entièrement, pour la première fois, un article du présent blog à l'actualité culturelle.
Le lundi de la semaine dernière, 3 décembre, je suis allé visiter deux grandes expositions de peinture, l'une consacrée à l'oeuvre de Gustave Courbet aux Galeries nationales du Grand Palais, dans le VIIIe arrondissement de Paris, et l'autre consacrée à l'oeuvre de Giuseppe Arcimboldo, au Musée du Luxembourg, dans le VIe arrondissement.

Le lundi matin je suis d'abord allé voir la rétrospective du peintre réaliste Gustave Courbet (1819-1877) au Grand Palais, première exposition de ce genre présentée à Paris et consacré à cet artiste depuis trente ans, d'autant plus intéressante qu'elle permet de voir de nombreux tableaux conservés dans des musées européens et nord-américains, ainsi que dans des collections privées, et dont l'accès est en général fort difficile pour le public français, qui a pourtant, il est vrai, la chance d'avoir facilement accès, en général, à plusieurs chefs d'oeuvres de Courbet conservés dans des musées aussi bien à Paris - au Musée d'Orsay et au Musée du Petit Palais notamment - qu'en province - au Musée Fabre de Montpellier (Hérault) et au Musée Courbet à Ornans (Doubs), par exemple.

Courbet au Grand Palais, le peintre qui voulait "peindre en grand"


Peintre à scandale, franc-comtois truculent et député de la Commune mort en exil, Gustave Courbet (1819-1877), à qui le Grand Palais à Paris consacre une rétrospective, fut surtout un artiste qui voulait "peindre en grand", plus subtil et moins réaliste que ne le veut sa légende.

"Gustave Courbet" expose du 13 octobre au 28 janvier 2008 quelque 200 oeuvres - 120 toiles, 60 photographies et des dessins - pour la première grande rétrospective organisée depuis trente ans sur le célèbre peintre, dont l'ambition est de "proposer une nouvelle lecture" de l'oeuvre de Courbet.


Les grands formats comme "
Un Enterrement à Ornans" ou "L'Atelier du peintre" sont exposés, comme le fameux "L'Origine du Monde", des séries exceptionnelles car rarement réunies, de paysages ou de natures mortes et un tableau que l'on pensait disparu, "Femme nue couchée".


La "perception de l'oeuvre de Courbet a changé", indique à la presse Laurence des Cars, conservatrice au musée d'Orsay qui organise l'exposition avec la RMN, le MET [Metropolitan Museum of Art] de New York et le musée Fabre de Montpellier.

Au XIXe siècle et jusqu'aux années 1970, on "voyait d'un côté le monde académique, de l'autre celui des Indépendants", dit-elle. Il s'agissait aujourd'hui de "donner une version moins manichéenne, de replacer Courbet dans la création de son temps et en apprécier plus justement la richesse et la diversité", ajoute-t-elle.



L'exposition, structurée en huit sections, commence par les autoportraits de l'artiste dont le splendide "Le Désespéré" qui sert d'affiche et que l'on voit rarement car issu d'une collection particulière.

"
Une après-dînée à Ornans", médaille d'or au salon de 1848 qui lance la carrière du jeune homme de 29 ans, témoigne de l'attachement profond de Courbet à sa région natale, qu'il peindra toute sa vie. Elle montre également déjà le goût pour le grand format d'un artiste qui disait "vouloir peindre en grand".

C'est ensuite, deux ans plus tard, le célèbre "
Enterrement [à Ornans]". Haut de cinq mètres, large de presque sept, le tableau est un "coup de pied incroyable à la peinture traditionnelle", explique Dominique de Font-Réaulx, conservatrice à Orsay et co-commissaire de l'exposition. Il "présente des paysans d'Ornans, c'est-à-dire rien, vu de Paris, à la taille des grands de ce monde, dans une toile de même grandeur que "Le Sacre de Napoléon" de David !", dit-elle.

"Même ses détracteurs sont conscients de l'importance de cette oeuvre de Courbet", dit-elle.


Mais le peintre n'a pas fini de choquer. Avec ses "
Demoiselles du Bord de Seine", habillées mais très alanguies, il annonce tous les déjeuners sur l'herbe et "L'Origine du Monde", un gros plan sur un sexe de femme, sera dissimulé aux regards jusqu'à chez son dernier propriétaire, le psychanalyste Jacques Lacan.

Aux côtés des paysages franc-comtois, l'exposition propose une partie moins connue de l'oeuvre du peintre, ses scènes de chasse. "Comme à l'accoutumée, il n'y a pas d'anecdote, il distord la réalité. Courbet est un peintre d'atelier qui recrée la réalité, en laissant croire qu'il peint ce qu'il a vu", disent les commissaires.


L'exposition se clôt sur les dernières natures mortes, peintes en prison et en exil, où fruits pourris et poissons blessés trahissent le désespoir d'un homme touché par l'exil.



La rétrospective ira ensuite au Metropolitan Museum of Art de New York (27 février-18 mai 2008) et au musée Fabre de Montpellier (13 juin-28 septembre 2008).

(Tlj sauf le mardi de 10H00 à 22H00, le jeudi jusqu'à 20h00. Prix d'entrée : 10 euros - TR : 8 euros. Catalogue 472 pages. RMN Editions. 49 euros).


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 11 octobre 2007)


Outre les tableaux conservées dans les musées français, à Paris et à Montpellier, que je connaissais déjà - mais que j'ai revu avec plaisir, y compris l'Origine du monde ! -, j'ai été très heureux de pouvoir enfin voir, à l'occasion de cette rétrospective, plusieurs chefs d'oeuvres de Courbet jusque là inaccessibles pour moi, tels que La Femme à la vague, Le Désespéré, Le Château de Chillon, La Femme au perroquet, Femme nue couchée, ou même La Source et le portrait d'Hector Berlioz, tout deux certes conservés au Musée d'Orsay, mais rarement exposés. Beaucoup de monde à cette exposition-évènement, lors de ma venue, même si la queue à l'entrée ne fut pas excessivement longue, même pour une mâtinée de lundi. Il est toujours assez désagréable de visiter une exposition lorsque les salles sont remplies de monde, et où chacun se sent obligé de faire à voix haute des commentaires pas toujours avisés - c'est le moins que l'on puisse dire - sur les oeuvres présentées, mais la contemplation des tableaux, des dessins et des photographies permet heureusement de compenser largement ses quelques désagréments... La forte fréquentation dont bénéficie cette rétrospective témoigne, en tout cas, de son succès auprès du public. L'exposition a eu même "l'honneur" d'être visité par Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 16 octobre dernier, le lendemain de son divorce - rendu public le 18...

Cachez ce sexe que je ne saurais voir


Le président de la République s'est donc offert, le 16 octobre, "un moment de respiration" (sic) en visitant l'exposition consacrée à Gustave Courbet, au Grand Palais à Paris. Escorté par deux des commissaires de l'expo et une meute de photographes de presse, Sarko a pu apprécier "Un après-dîner à Ornans" et relevé en souriant "le regard qui ne trompe pas" des "Demoiselles des bords de Seine". Mais voilà, quelques tableaux plus loin, devant "L'origine du monde", les photographes ont été priés de ranger leurs appareils. Sarko ne voulait pas être photographié devant le célèbre tableau de Courbet représentant le sexe d'une femme.
 Il n'en aime peut-être pas les couleurs.


(Le Canard enchaîné N°4539, 24 octobre 2007)

Pourquoi vouloir visiter une exposition de peinture - sans doute au pas de charge - en se faisant suivre par des photographes de presse, si c'est pour, finalement, les empêcher de travailler sous prétexte que l'on a peur de se faire immortaliser à côté d'un des tableaux de ladite exposition, fut-il singulier ? Quelle tartufferie...


Mais passons donc à l'autre exposition que je suis allé voir ensuite, ce même lundi 3 décembre, en fin d'après-midi, au Musée du Luxembourg, à savoir une autre rétrospective, consacrée au peintre maniériste italien Giuseppe Arcimboldo (1526-1593).
De cet artiste, le public français connaît essentiellement sa célèbre série de quatre tableaux, conservée au Musée du Louvre, représentant des allégories des saisons sous la forme de têtes composées de végétaux, de fruits et de légumes, appelées Le Printemps, L'Eté, L'Automne et L'Hiver. Cette fameuse série des Saisons, aisément reconnaissable à l'encadrement de fleurs qui a été probablement ajouté sur les quatre tableaux au XVIIe siècle, fut commandée au peintre en 1573 par l'empereur Maximilien II de Habsbourg pour être offerte à l'Electeur Auguste de Saxe dont les armoiries, les épées croisées de Meissen, sont brodées sur le manteau de L'Hiver. Cette série, dite parisienne - puisqu'elle fait partie des collections du Louvre -, reprend, en fait, une série antérieure, datée de 1563, dont ne subsistent que L'Eté et L'Hiver - conservés tout deux au Kunsthistorisches Museum de Vienne -, et offerte par Arcimboldo à Maximilien II, en même temps qu'une autre série de quatre tableaux, les Quatre Eléments (1566), représentants des allégories de l'air, du feu, de la terre et de l'eau, sous la forme de têtes composées d'animaux - pour L'Air, L'Eau et La Terre - ou d'objets - pour Le Feu. Arcimboldo a peint d'autres têtes composées, faites d'objets, de végétaux et d'animaux, certains de ces tableaux ayant même la particularité d'être réversibles. Or, la rétrospective du Musée du Luxembourg permet, exceptionnellement, de voir les Saisons du Louvre aux côtés des autres têtes composées peintes par Arcimboldo, et conservées au Kunsthistorisches Museum de Vienne, au Musée National des Beaux Arts de Stockholm, au Château de Skokloster en Suède, dans des collections privées, et que le public français, de facto, n'a que rarement l'occasion de voir.

Arcimboldo dans tous ses états au Musée du Luxembourg

La plus grande exposition depuis vingt ans consacrée à Arcimboldo (1526-1593), icône des surréalistes pour ses portraits bizarres composés d'un assemblage de fruits et légumes ou d'animaux, s'ouvre samedi [15 septembre] au musée du Luxembourg à Paris.


Adulé de son vivant, ennobli par les Habsbourg, le Lombard tombe dans l'oubli après sa mort pendant près de 4 siècles, avant d'être redécouvert par les surréalistes.

"Nous avons voulu aller aux racines de son oeuvre et resituer Arcimboldo dans son époque, hors de son côté icône du fantastique", explique Sylvia Ferino, commissaire de l'exposition et conservateur de la peinture italienne Renaissance au Kunsthistorisches Museum de Vienne.


Arcimboldo, né à Milan, sera d'abord à l'origine de centaines de vitraux sortant des ateliers de la cathédrale de Milan, avant d'aller travailler à la cour des Habsbourg à Vienne et à Prague, pendant 25 ans.


Tout un ensemble de classiques portraits de cour "attribués" au peintre sont exposés. Mais "il voulait inventer, commencer quelque chose de nouveau, des portraits extraordinaires", explique Mme Ferino.


Le principe de portraits composés d'éléments insolites, ou déformés, n'est pas complètement nouveau à l'époque. En atteste une pièce insolite de l'exposition, une assiette en faïence de 1536 figurant une tête composée d'organes génitaux masculins, intitulée "
tête de pénis" (testa di cazi). "Le but était de choquer", commente Mme Ferino.

Arcimboldo perfectionne et sophistique le principe. Il peint deux séries qui lui valent sa gloire actuelle: "
Les 4 saisons" (1563) et "Les éléments" (1566), pour l'empereur Maximilien II, allégories de la "bonne gouvernance".

Maximilien, puis son fils Rodolphe II, étaient des collectionneurs passionnés de toute nouvelle espèce animale ou végétale, se faisant ramener du Nouveau monde des spécimens morts ou vifs.


Ainsi "
L'été" a le buste piqué d'un artichaut, toute récente découverte venue des Amériques. "Tout ce qui a trait aux saisons dans ses portraits est reproduit parfaitement exactement", souligne Mme Ferino. Au fantastique s'alliait un souci naturaliste.

Une autre série célébrissime est celle des métiers: "
Le bibliothécaire" composé de livres, "Le juriste", alliant cadavre de poulet et poisson, "La cuisinière" faite d'ustensiles de cuisine, etc.

Arcimboldo innove aussi lorsqu'il peint une corbeille de fruit, ou un plat de légumes qui, une fois retournés, révèlent un visage.


L'exposition présente un autre aspect de ses activités: l'organisateur de cortèges de fêtes pour les empereurs, dessins à l'appui.



Mais le "clou" est un "inédit" qui n'avait jamais été montré au public : une "Tête des 4 Saisons" (1591), décrite dans un livre d'un contemporain et ami d'Arcimboldo. "Jusqu'en 2006, il n'avait pas reparu. c'est un collectionneur particulier qui nous a contactés quand il a su que nous préparions l'exposition", explique Mme Ferino.

(Du 15 septembre au 13 janvier 2008 - Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6è - Tarif: de 5 à 11 euros - Catalogue: 38 euros)


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 13 septembre 2007)


L'exposition, qui comprends une centaine d'oeuvres - tableaux, tapisserie, oeuvres graphiques, objets d'art - qui permettent de se faire une idée non seulement sur la richesse de l'univers pictural d'Arcimboldo mais aussi sur le contexte culturel particulier de l'époque du peintre et de la cour des Habsbourg où il travailla longtemps. J'ai regretté, pour ma part,  l'absence de certaines oeuvres
du peintre, telles que La Terre, qui n'a pas quitté sa collection particulière viennoise, même pour l'occasion, et, surtout, Vertumne, le célèbre portrait végétal de l'empereur Rodolphe II, que je n'ai vu que sous forme de fac-similé, l'original n'ayant, hélas, été exposé que jusqu'au 14 novembre dernier, avant de repartir en Suède, où il est actuellement présenté à Stockholm dans une importante exposition sur les butins de guerre... Toutefois, et c'est là l'essentiel, j'ai été très heureux de pouvoir non seulement revoir la série des Saisons conservées au Louvre - on aura peut-être deviné que le tableau L'Automne est mon préféré... ;-) -, mais bien sûr aussi de voir, pour la première fois, les autres célèbres tableaux d'Arcimboldo venus des musées étrangers ou de collections privées, tels que L'Eau - tête faite d'animaux marins -, Le Bibliothécaire - tête faite de livres -, Le Cuisinier - tableau réversible, où un plat d'animaux rôtis devient un visage humain -, et Les Quatre Saisons en une tête, ce dernier étant présenté pour la première fois au public. Voir en vrai des tableaux dont on n'a vu, auparavant, que des reproductions dans des livres, est toujours quelque-chose d'important, du moins en ce qui me concerne... On se retrouve alors véritablement confronté à l'oeuvre elle-même.

A la fin de la journée, j'avais les pieds en compote - et dans le train qui m'a ramené en Midi-Pyrénées, dans la nuit qui a suivi, j'ai dormi comme une souche -, mais je suis vraiment très satisfait d'avoir pû voir ses deux magnifiques expositions de peinture, et je ne peux qu'encourager mes lecteurs a faire, eux aussi, le déplacement à Paris pour aller visiter ses deux rétrospectives. Celle consacrée à Gustave Courbet se termine le 28 janvier prochain, et celle d'Arcimboldo le 13 janvier. Pour ceux qui n'auraient pas la possibilité de se rendre au Grand Palais et/ou au Musée du Luxembourg, je me permets également de leur conseiller, pour finir, une autre exposition de peinture, présentée à Toulouse. Plus modeste, mais très intéressante, cette exposition est intitulée "Gouffres, chaos, torrents et cimes : les Pyrénées des peintres". Je l'ai visité le 28 novembre dernier, quelques jours avant de monter à Paris. Elle est présentée au Musée Paul-Dupuy, musée municipal de Toulouse spécialisé dans les arts graphiques et les arts décoratifs, et propose un peu plus d'une trentaine de peintures et autant de dessins illustrant les Pyrénées, ses montagnes, ses torrents et ses gouffres, vus par des artistes du XIXe siècle et du début du XXe siècle. On pourra notamment y voir des tableaux et des aquarelles du génial illustrateur et peintre Gustave Doré (1832-1883), dont j'aime beaucoup l'oeuvre. Ouverte depuis le 18 octobre dernier, l'exposition se termine le 21 janvier prochain.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations [de haut en bas, et de gauche à droite] : La Femme à la vague, huile sur toile [1868] par Gustave Courbet, New York, The Metropolitan Museum of Art, et L'Eau, huile sur bois d'aulne [1566] par Giuseppe Arcimboldo, Vienne, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie ; Les Demoiselles des bords de la Seine [été], huile sur toile [1856-1857] par Gustave Courbet, Paris, Musée du Petit Palais ; Femme nue couchée, huile sur toile [1862] par Gustave Courbet, collection particulière ; Portrait de l'artiste dit Le Désespéré, huile sur toile [1844-1845] par Gustave Courbet, collection particulière ; La Truite, huile sur toile [1872] par Gustave Courbet, Zürich, Kunsthaus ; Le Château de Chillon, huile sur toile [1874] par Gustave Courbet, Ornans, Musée Courbet ; L'Origine du monde, huile sur toile [1866] par Gustave Courbet, Paris, Musée d'Orsay, et caricature de Sarkozy, par Kiro, sans date [vers 2005] ; Le Printemps, L'Eté, L'Automne et L'Hiver [série des Saisons], quatre tableaux à l'huile sur toile [1573] par Giuseppe Arcimboldo, Paris, Musée du Louvre ; L'Eté, huile sur bois de tilleul [1563] par Giuseppe Arcimboldo, Vienne, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie ; Le Bibliothécaire [Wolfgang Lazius], huile sur toile [1562] par Giuseppe Arcimboldo, Skokloster, Château de Skokloster [Suède] ; Les Quatre saisons en une tête, huile sur bois de peuplier [sans date (vers 1591)] par Giuseppe Arcimboldo, New York, collection particulière ; Le Cuisinier [tableau réversible], huile sur bois [vers 1570] par Giuseppe Arcimboldo, Stockholm, Musée National des Beaux Arts ; Cascade du Trou d'Enfer dans la vallée du Lys, aquarelle sur papier [1882] par Gustave Doré, Pau, musée des Beaux-Arts [dépôt du musée pyrénéen de Lourdes])
Par Hyarion - Publié dans : Musées et expositions
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 12 2007 23:55
Par tous les dieux de l'Olympe et par ma barbe ! Je suis affreusement en retard, car me voici rentré de Paris... depuis presque une semaine ! Arrivé dans la capitale le matin du dimanche 2 décembre par train de nuit, j'y suis resté jusqu'à lundi soir, 3 décembre. De retour à Toulouse depuis plusieurs jours, le temps m'a manqué jusqu'à maintenant, et j'écris donc, en catastrophe, ce premier court message pour vous faire part, chers lecteurs, comme lors de mon dernier voyage à Paris, en juin dernier, de ce que j'ai pu voir et entendre durant mon séjour...

Le dimanche de la semaine dernière (2 décembre), une fois arrivé à la gare d'Austerlitz, dans le XIIIe arrondissement, tôt le matin, je me suis rendu au Parc des Expositions de Villepinte, au nord de Paris, entre la capitale et l'aéroport international de Roissy-Charles-de-Gaulle. C'est dans une des grandes salles de ce Parc des Expositions que durant trois jours, vendredi 30 novembre, samedi 1er et dimanche 2 décembre 2007, ce sont déroulés des évènements très importants et symboliques pour tous les membres du Mouvement Démocrate.

Vendredi, à Villepinte, s'est d'abord tenu un congrès extraordinaire de l'UDF qui, presque trois décennies après sa fondation par Valéry Giscard d'Estaing, a voté, à la quasi-unanimité des membres participants, son absorption par le MoDem.

Bayrou tourne la page de l'UDF car "il faut changer pour vivre"

Après presque 30 ans d'existence l'UDF a officiellement décidé vendredi soir [30 novembre] de se fondre dans le Mouvement démocrate (MoDem), à l'appel de François Bayrou qui estime qu'"il faut changer pour vivre".

A la veille du congrès fondateur du MoDem, samedi et dimanche, les quelque 1.500 participants à un congrès extraordinaire de l'UDF, réunis à Villepinte, ont voté à main levée à la quasi-unanimité.

M. Bayrou a compté 36 votes contre et huit abstentions.

"Je n'ai rien oublié de ce que nous avons vécu ensemble. Mais il faut changer pour vivre", a déclaré le "troisième homme" de la présidentielle, qui espère toujours "briser le mur de verre" entre la droite à la gauche.

"J'ai aimé l'UDF. Mais je suis obligé de vous dire ceci: c'est une forme politique du passé", a-t-il poursuivi en évoquant "l'image usée" de l'UDF, associée à "la copie, le décalque, en plus modéré mais aussi en plus fade, du RPR devenu l'UMP".

La naissance du MoDem, qui revendique entre 50.000 et 60.000 adhérents, "n'est pas qu'un changement de forme, c'est un changement de fond", a promis M. Bayrou. "Nous portons un autre projet politique et un autre projet de société que celui que défendent l'UMP et le PS".

"Je suis persuadé que les hommes et les femmes qui croient à une société de justice, à la créativité économique, au citoyen responsable, à l'indépendance de notre pays et au besoin d'Europe, sont majoritaires en France", a poursuivi M. Bayrou. Ces "démocrates", il faut "qu'il puissent se rassembler".

Déserté par de nombreux élus centristes ayant préféré se rallier à la majorité présidentielle depuis six mois, le député des Pyrénées-Atlantiques a reconnu que la construction de son nouveau parti était compliquée.

"Comme toujours dans les naissances, ça se fait avec des contractions, des moments difficiles à vivre", a-t-il reconnu devant la presse.

L'un des quatre députés UDF-MoDem, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) a d'ailleurs confirmé qu'il ne rejoindrait pas le MoDem. "Nos chemins se séparent, au moins temporairement", a-t-il dit.

A partir de ce week-end, naissance officielle de la nouvelle formation qui comprend le parti écologiste Cap 21 de Corinne Lepage et d'ex-Verts comme le député européen Jean-Luc Bennahmias, le MoDem assumera toutes les responsabilités politiques.

Ses statuts doivent être adoptés samedi et M. Bayrou, seul candidat, être élu à la présidence.

Pendant une période transitoire de trois ans, l'UDF, "membre fondateur" du MoDem, conservera une existence juridique afin de préserver son nom et son patrimoine.

Si les participants étaient majoritairement acquis à M. Bayrou, certains laissaient percer leurs inquiétudes, comme Béatrice Alirol du Val-de-Marne, militante UDF depuis 1983, qui a confié à l'AFP craindre un changement "brutal", estimant que "les gens ne savent plus où ils habitent".

D'autres n'étaient carrément "pas d'accord" avec la création du MoDem. "Nous sommes venus voter contre avec mon mari, et nous rentrerons +Nouveau Centre+", a affirmé Claude Boca, adhérente depuis six ans, en allusion au parti des anciens UDF ralliés à la majorité présidentielle.

Interrogé dans la matinée, en marge de la présentation à Paris des archives de sa présidence, Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF en 1978, avait pour sa part refusé de commenter la naissance du MoDem, se contentant de dire: "l'UDF a été un grand parti de l'Europe jusqu'en 1985-86. Ca manque".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 novembre 2007, 21h08)

Le lendemain, samedi 1er décembre, toujours à Villepinte, s'est ensuite ouvert le Congrès constitutif du Mouvement Démocrate, étalé sur deux jours... Le 2 décembre, j'ai pû assister, une fois arrivé sur place - très en avance sur l'horaire -, à la dernière séance plénière du Congrès, lors de laquelle les adhérents présents ont poursuivi et achevé le processus démocratique d'adoption des textes fondateurs du Mouvement Démocrate. Mais ce qui surtout intéressé, semble-t-il, la plupart des jounalistes présents, c'est l'annonce, en fin de séance, des résultats de l'élection au poste de président du MoDem, élection dont l'issue ne faisait de doute pour personne, puisque le seul candidat à ce poste était, bien évidemment, François Bayrou.

François Bayrou élu président du MoDem avec 96,8 % des votants

François Bayrou a été élu président du Mouvement démocrate (MoDem) avec 96,8 % des votants, selon les résultats annoncés dimanche [2 décembre] au congrès fondateur du parti centriste [sic].

Sur 3.933 votants, les bulletins blancs et nuls ont été au nombre de 125, a annoncé le sénateur Philippe Arnaud. François Bayrou , seul candidat, a recueilli 3.808 voix, a-t-il ajouté. Les participants au Congrès avaient voté samedi après-midi à bulletins secrets.

M. Bayrou, 56 ans, qui dirigeait l'UDF depuis 1998, est élu à la tête du MoDem un an jour pour jour après sa déclaration de candidature à la présidentielle de 2007.

Il avait porté samedi [1er décembre] sur les fonts baptismaux le Mouvement démocrate (MoDem), dont il veut faire un "commando de transformation de la société française".

"Vous êtes la seule force de renouveau dans la vie politique française", a lancé François Bayrou aux milliers de personnes (5.600 inscrits selon le MoDem) réunis en congrès, parmi lesquelles Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, et le député européen Jean-Luc Benahmias (ex-Vert). Le "troisième homme" de la présidentielle (18,57% des voix) a salué "la suite de cette extraordinaire aventure, dont l'objet était de proposer aux Français une approche nouvelle du destin de leur pays".

"Un immense espoir s'est fait entendre à l'occasion de l'élection présidentielle, maintenant nous devons faire de cet espoir un projet", a lancé François Bayrou. "Entre le pouvoir actuel - dont beaucoup commencent à mesurer que les promesses qu'il avait faites sont très éloignées de la réalité - et un PS qui représente un puissant réseau d'élus mais qui n'a plus de message compréhensible pour les Français, il y a beaucoup d'interrogations, de lassitude et peut-être de désespérance", a-t-il ajouté. Il a présenté son nouveau parti, qui revendique "entre 50.000 et 60.000 adhérents, comme "un commando de transformation de la société française".

"Le chemin que nous avons choisi, c'est d'offrir au pays non pas un 'ni gauche ni droite', car je n'aime pas le 'ni ni', mais un dépassement de la gauche et de la droite dans un nouveau projet politique", a-t-il poursuivi. Il a caractérisé ce projet par les "trois R : rassemblement, renouvellement, refondation démocratique".

Le député des Pyrénées-Atlantiques s'est une nouvelle fois démarqué de Nicolas Sarkozy sur le plan des valeurs, fustigeant une société d'"inégalités croissantes" et l'apologie de la "réussite matérielle", sous les acclamations des participants.

Cette ferveur militante contrastait avec les nombreuses défections d'élus centristes intervenues depuis six mois, que M. Bayrou a imputé à de la "servilité" et aux "effluves de l'odeur des maroquins" ministériels.

Le MoDem ne compte plus que trois députés avec le départ de Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine), confirmé vendredi lors de l'ultime congrès de l'UDF qui a voté à la quasi-unanimité son absorption par le nouveau parti.

Du côté des sénateurs en revanche, "27 sur 30" se sont affiliés au MoDem, selon leur chef de file Michel Mercier, qui souhaite cependant garder le sigle UDF pour le groupe au Sénat. "Certains sénateurs se sont affiliés au MoDem par enthousiasme, d'autres parce qu'ils n'avaient nulle part où aller", a expliqué devant quelques journalistes le président du conseil général du Rhône, avant de partir dès la fin de matinée pour le pot de départ du commandant des pompiers de son village.

Souvent critiqué par des élus et militants pour son mode de gouvernance jugé "non démocratique", M. Bayrou a consacré plus de quatre heures au débat sur le projet de statuts du MoDem. Ils ont été adoptés dans l'après-midi par un vote à main levée, "à l'unanimité moins deux votes contre et deux abstentions".

[...]


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 décembre 2007, 18h54)

Le Mouvement Démocrate vient, désormais, d'être officiellement fondé, à l'occasion d'un grand Congrès constitutif. Le processus de fondation s'est fait dans un contexte des plus difficiles, marqué notamment, ces derniers mois, par des attaques diverses, venues de toutes parts, et par de nombreuses défections et trahisons d'élus, qui ont préféré se rallier à Sarkozy de Nagy-Bocsa, par carriérisme ou par lâcheté, plutôt que de rester fidèle à Bayrou et suivre le pari du MoDem. L'une des dernières trahisons en date, qui a profondément déçu beaucoup d'adhérents du MoDem, a été celle du député européen Jean-Marie Cavada, qui a officiellement annoncé, le 25 novembre dernier, qu'il était candidat aux prochaines élections municipales dans le XIIe arrondissement de Paris en y conduisant, dès le premier tour,  une "liste de candidats de rassemblement soutenue par l'UMP", avec la ministre de l'Economie Christine Lagarde en seconde position sur ladite liste. Cavada a, le lendemain, déclaré qu'il pourrait adhérer à "La Gauche Moderne", le petit parti pro-gouvernemental créé à la fin du mois dernier par l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel, actuel secrétaire d'Etat à la Coopération au sein du gouvernement Fillon. Puis, plus récemment, sur France 2, mardi dernier, dénonçant le fait que, selon lui, au MoDem, "les militants, les élus sont méprisés d'une façon presque poujado-frontiste", il a annoncé vouloir créer "une structure pour accueillir les militants du MoDem" en déshérence, une curieuse "structure", un "cercle" ou une "association", censée s'appeler "l'Alliance des citoyens pour la démocratie"... En réalité, derrière tout celà, il semble qu'une seule chose intéresse désormais Cavada : obtenir un secrétariat d'Etat à la Communication, promis, semble-t-il, par Sarkozy de Nagy-Bocsa, en échange de l'engagement du député européen comme tête de liste avec l'UMP aux municipales dans le XIIe arrondissement. Même s'il est vrai que Cavada n'a jamais pris sa carte, ni à l'UDF ni au MoDem, et que l'on n'aura donc même pas besoin de l'exclure, sa trahison, plus tardive que les autres, n'en est que plus décevante... . Néanmoins, malgré toutes ces défections, malgré un rapport de force électoral qui reste peu favorable face à l'UMP et au PS, le MoDem devra poursuivre sa route, semée d'embûches, avec tous ceux qui sont restés, car le long et laborieux renouvellement de la vie politique française est à ce prix...

Avec le MoDem, Bayrou fait un pari difficile

Avec le Mouvement démocrate (MoDem) officiellement fondé ce week-end, François Bayrou se lance dans un pari difficile, de l'avis de politologues.

M. Bayrou a salué dans la création du MoDem "la suite de l'extraordinaire aventure" de l'élection présidentielle, où il avait obtenu 18,57% des voix en se battant contre le clivage droite/gauche.

"C'est le pari de sa vie", estime Philippe Lapousterle, ancien journaliste qui l'a conseillé pendant la campagne. Selon lui, l'année qui s'ouvre sera déterminante pour sa réussite, "dans un contexte d'essouflement du PS et d'usure normale du pouvoir en place".

Des politologues interrogés par l'AFP soulignent que le leader centriste a gardé une bonne image six mois après la présidentielle, mais identifient plusieurs difficultés.

"François Bayrou a un projet essentiellement construit sur la dénonciation des insuffisances de la droite sarkozyste et de la gauche, mais il lui manque un projet" politique spécifique, estime François Miquet-Marty (LH2).

En outre, avec le départ des personnalités qui composaient l'UDF, "le MoDem apparaît surtout comme le parti d'un homme. Ca donne une image de fragilité", ajoute-t-il.

Cependant, "il a un espace dans l'opinion", estime cet analyste. Selon un sondage LH2/Libération à paraître mardi, "13% des Français se déclarent proches du MoDem, beaucoup plus que le ratio que recueillait l'UDF après 2002".

"De plus en plus de Français ont du mal à s'identifier de façon exclusive à la gauche ou la droite, et d'autres sont indifférents au jeu politique", souligne M. Miquet-Marty. "Il faut maintenant qu'il parvienne à fédérer avec un projet des gens venant d'horizons très différents, ce qui est très compliqué".

A l'image des 6,8 millions de Français qui ont voté pour M. Bayrou le 22 avril, le MoDem (qui revendique quelque 60.000 adhérents), est composé d'anciens UDF, Verts ou socialistes, et d'une majorité de novices en militantisme.

Emmanuel Rivière (TNS Sofres) souligne que, selon le dernier baromètre de cet institut, 48% des Français souhaitent voir M. Bayrou jouer un rôle important.

"Au moins un pari a été réussi, c'est la substitution MoDem/UDF", estime-t-il en soulignant que le Modem recueille 38% de bonnes opinions, "quasiment autant que le PS et l'UMP", tandis que l'UDF n'est qu'à 32. "La difficulté est de trouver le moyen de capitaliser ce socle".

"Les municipales vont être un élément important, car il y a un moment aussi où il faut réussir à rassembler des militants dans des dynamiques de succès".

"François Bayrou peut être un recours" pour des sympathisants de droite un peu déçus par Nicolas Sarkozy, et de gauche souhaitant une politique sociale-démocrate, estime M. Rivière. D'autant que "Dominique Strauss-Kahn est occupé à d'autres fonctions" avec la direction du FMI, et que "Ségolène Royal a vu son crédit reculer".

"Un problème pour François Bayrou est que 2012 est loin", souligne-t-il. "Si sa stratégie est présidentielle, il lui faut tenir" jusque-là.

"Les européennes de 2009 peuvent être pour lui une occasion de démontrer le poids politique du Modem, sur un créneau qui correspond au positionnement politique du parti", estime-t-il.

Dominique Reynié, de l'IEP Paris, qui croit à la persistance du clivage droite-gauche, considère également que "son atout c'est l'opinion. Il est plutôt populaire, considéré comme courageux, honnête, déterminé".

"Ce n'est pas suffisant", ajoute-t-il. "Il faut une machine pour être élu, avec une organisation efficace, des militants, des élus, des relais partout, un programme, des personnalités autour de lui". "Il n'est pas évident qu'il puisse monter tout cela en trois ans", s'il veut être prêt pour 2012.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 3 décembre 2007, 17h34)

Voilà, quoiqu'il en soit, les dés sont jetés. On verra bien de quoi l'avenir sera fait pour le MoDem... Pour ma part, je suivrai le pari politique qu'il représente, aussi longtemps qu'il le méritera. Et peu importe, au fond, les railleries et les attaques des uns et des autres : il faut garder le cap. Le processus démocratique au sein du Mouvement a plutôt bien fonctionné aussi bien avant que pendant le Congrès fondateur : les statuts du MoDem ont ainsi fait l'objet de nombreux débats et amendements, avec la participation de beaucoup d'adhérents, constitués, pour certains, en groupes de travail à cette occasion, de façon spontanée. Les membres du Mouvement ont pris en main, du mieux qu'ils ont pû, le destin de leur parti en s'efforçant de faire vivre la démocratie en son sein dès le début et en s'efforçant de contribuer à doter leur Mouvement de bases solides. De ce point de vue, le MoDem me parait exemplaire, et les autres partis politiques seraient bien inspirés de suivre cet exemple...

Ayant reçu ma carte d'adhérent au MoDem en septembre dernier, la veille de me rendre au Forum des Démocrates de Seignosse, je n'ai pas eu de problème pour entrer dans la grande salle du Congrès, même s'il m'a tout-de-même fallu débourser une certaine somme pour assister à cette dernière journée dudit Congrès... L'évènement auquel j'ai assisté ne manquait pas d'intérêt en lui-même mais j'ai surtout eu le plaisir de retrouver sur place des amis bloggeurs démocrates, certains déjà rencontrés auparavant, mais aussi d'autres que je n'avais pas eu l'occasion de voir "en vrai" personnellement... Qu'il me soit donc permis de saluer ici Hervé Torchet
, auteur du blog à lire et à écrire "Jour-pour-jour" désormais bien connu au sein de la blogosphère démocrate, et avec qui j'ai assisté à la séance plénière du 2 décembre - il a même été le premier sur place à penser à mon anniversaire ! ;-) -, ainsi que Leroy-Morin, auteur d'un blog satirique consacré aux turpitudes du "Nouveau Centre" - rallié à Sarkozy - des Leroy, Morin, Santini et consorts : c'était la première fois que je rencontrai ces collègues démocrates du monde des blogs. Mais, au Congrès, il y avait aussi des amis de la blogosphère parisienne que je connais depuis déjà plusieurs mois : Marie-Isabelle Pichon (Blog "MIP au MoDem"), Virginie Votier, et bien sûr, Quitterie Delmas (Blog "Les Jeunes libres"), que je félicite, au passage, pour sa nomination, annoncée lors du Congrès, comme déléguée nationale au sein de l'équipe dirigeante provisoire du MoDem. Et je n'oublie pas mon collègue bloggeur toulousain Alexandre Labarthe, dit Lex, que j'ai pû revoir également à l'occasion du Congrès, et que je reverrai probablement bientôt dans la Ville Rose - il faudra qu'il me rappelle les dates de la prochaine réunion, d'ailleurs ;-) ... Je n'ai pû revoir un autre collègue bloggeur toulousain, Jeune Modem 31, qui, depuis le mois dernier, se fait désormais appeler le Petit Grognard, et qui était présent à Villepinte... Mais il y aura d'autres occasions de se voir, dans notre Sud-Ouest... ;-)

Je remercie bien sincèrement Virginie Votier d'avoir bien voulu accepter que je lui donne une procuration afin qu'elle puisse participer en mon nom à tous les votes - élection du président, adoption des statuts et des chartes - pour lesquels je n'ai pas pû être présent. Et je félicites encore Quitterie pour sa nomination, tout en lui souhaitant, bien sûr, beaucoup de succès. Cette aventure, de toute façon, est collective, et je ne doute pas que notre nouvelle déléguée nationale continuera d'être soutenu, en toute confiance, par ses amis, quoiqu'il arrive... Même si certains ont pû regretter qu'il n'y ai pas eu assez de changement en ce qui concerne les personnalités nommés - avec approbation votée par le Congrès - au sein du Bureau exécutif national provisoire, il faut, me semble-t-il, voir la partie pleine du verre. Le fait que Quitterie Delmas ait été promue au poste de déléguée nationale du MoDem est un début. Il faut prendre ce qui se présente, pourvu que celà comporte quelque intérêt pour l'avenir. Le temps travaille pour nous, et le changement viendra, tôt ou tard. Il est même sans doute déjà là, à bien des égards...

A bientôt,

Amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

P.S. : Je profite de ce message pour transmettre ici un communiqué relatif à un évènement toulousain auquel je participerai, sauf contretemps majeur, et qui aura lieu en janvier prochain, à savoir la première République des blogs à Toulouse :

"Le 26 janvier 2008 se tiendra à Toulouse la première République des  blogs. Il s'agit tout comme à Paris , de réunir ensemble les  blogueurs politiques locaux et leurs lecteurs autour d'un sujet  commun méritant débat et discussions.

Pour cette édition, nous avons décidé d'aborder le thème des transports qui recouvre aussi bien le contournement routier de Toulouse que la future ligne à grande vitesse, le deuxième aéroport éventuel mais aussi et bien entendu ses implications en matière d'environnement et de développement urbain.

Nous appelons tous les élus, candidats et responsables des grands partis à participer à ce dialogue citoyen qui aura lieu deux mois à peine avant le scrutin municipal et nous sollicitons tout particulièrement votre présence.

Afin de préserver les qualités républicaines de nos échanges, l'accès de la presse et des médias sera strictement limité.

L'annonce de cette République des blogs de Toulouse vient d'être mise en ligne et en visitant le site [(http://republiquedesblogs.net/Toulouse)], vous pourrez constatez que la liste des participants ne cesse de s'allonger. Cela nous amène d'ores et déjà à vous demander si vous disposez d'une salle ou d'un lieu, plutôt au centre ville, dont nous pourrions disposer afin d'y accueillir tout le monde dans des conditions acceptables.

Impatients de recevoir confirmation de votre présence à ce rendez-vous, veuillez agréer nos sincères salutations.

Les Organisateurs."

(Illustrations : Illuminations parisiennes de fin d'année mises en place depuis le 26 novembre 2007 sur l'avenue des Champs-Elysées, photographie, novembre 2007, ©S.Ortola/20Minutes ; François Bayrou le 30 novembre 2007 à Villepinte, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP ; Montage de deux photos de François Bayrou le 30 novembre 2007 (en bas) et le 1er décembre 2007 (en haut) à Villepinte, photographies de l'Agence France Presse, ©AFP ; François Bayrou s'exprimant, le 1er décembre 2007 à Villepinte, photographie de l'Agence France Presse, ©Vincent Nguyen/AFP/archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 11 2007 23:18
Quelle pagaillasse... C'est le mot qui me semble convenir à la situation actuelle des universités françaises, et tout particulièrement de la mienne, celle de Toulouse II le Mirail - "pagaillasse" est une sorte de néologisme méridional que j'emploie sans savoir s'il a déjà pû être employé avant moi, mais le sens du terme me parait néanmoins compréhensible par le plus grand nombre... :-)
Le fait est que l'actualité finit toujours par vous forcer la main, et que l'ennui et le désintérêt qui furent les miens durant les premiers jours de grève a désormais laissé la place à l'agacement et à une certaine préoccupation. Je m'étais promis de ne pas y revenir, mais le caractère absurde, dérisoire, de la situation me pousse à reparler du mouvement de grève des étudiants, que j'avais brièvement évoqué au début d'un précédent article ("Un Monde de nains politiques...").

Je suis étudiant à l'Université de Toulouse II le Mirail depuis que j'ai quitté le lycée, en 2000. Après deux ans passés à étudier à l'antenne que la fac du Mirail avait alors à Albi, je me suis éloigné un peu plus de mon Rouergue natal, pour poursuivre mes études d'histoire à l'Université elle-même, dans ce quartier toulousain du Mirail que l'on ne présente plus... A Toulouse II, j'ai beaucoup appris, obtenu ma Licence d'histoire en 2003, ma Maîtrise d'histoire en 2005 et mon Master de recherche en histoire (équivalent de l'ancien D.E.A) en 2006, avec mention. Mon cursus universitaire n'est sans doute pas un de ceux qui conduisent à coup sûr vers la réussite immédiate sur le marché du travail, mais je suis tout-de-même fier de mon parcours, qui n'aurait pas été possible sans l'aide de l'Etat, qui m'a, durant toutes ces années, fait bénéficier de bourses, attribuées sur critères sociaux, qui m'ont permis de financer convenablement des études supérieures que ma mère n'aurait pas pu me payer toute seule. J'espère pouvoir, un jour prochain, faire en sorte que mon bagage universitaire serve à quelque-chose, qu'il me permette d'apporter quelque-chose aux autres et de trouver une juste place dans cette société, bien que, jusqu'ici, je ne me sois jamais senti vraiment à ma place nulle part... Cette année, je suis encore inscrit à la fac du Mirail, pour suivre les cours de préparation aux épreuves des concours de l'enseignement du Capes d'histoire-géographie et de l'agrégation d'histoire. Je dois être bien fou, en vérité, de m'être à nouveau lancé, pour la deuxième fois consécutive, dans la course des concours de l'enseignement, quand on sait quel sort Sarkozy de Nagy-Bocsa et ses sous-fifres du gouvernement réservent au nombre de postes d'enseignants proposés aux concours cette année et dans les années qui viennent... Mais enfin, il faut bien essayer de tirer son épingle du jeu, dans cette société injuste, malgré les difficultés...
En dépit des apparences, je n'aime pas beaucoup parler de moi, mais si j'ai pris la peine d'évoquer mon parcours universitaire, c'est pour que chacun se rende bien compte d'où je viens, et comprenne au mieux le sens du propos qui va suivre...

J'ai donc beaucoup appris à Toulouse II le Mirail. Celà dit, au delà des connaissances universitaires, j'ai aussi eu l'occasion de me familiariser longuement avec le climat politique qui règne depuis toujours à la fac du Mirail, à savoir celui entretenu par de très influents syndicalistes étudiants, idéologiquement très proches des partis d'extrême-gauche d'inspiration trotskiste et guévariste. Au Mirail, on aime la révolte, et on laisse rarement passer les occasions de se mettre en grève, de bloquer les accès de la fac, et de protester vigoureusement contre toutes les injustices de ce monde. Durant mon cursus, j'ai ainsi connu trois grands mouvements étudiants marqués par des blocages de la fac : d'abord le mouvement contre la réforme des diplômes universitaires - dite réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) - durant l'année universitaire 2002-2003, puis le mouvement anti-CPE contre le nouveau "contrat première embauche" (CPE) voulu par le Premier ministre Galouzeau de Villepin en 2006, et enfin, aujourd'hui, le mouvement contre la loi sur l'autonomie des universités, dite loi Pécresse.
En ce qui concerne ce dernier mouvement, tout a commencé il y a environ trois semaines, au début du mois de novembre, soit bien après que la loi sur l'autonomie des universités, aussi appelé LRU (loi de réforme des universités), ait été adoptée au Sénat et à l'Assemblée Nationale, le vote des parlementaires ayant eu lieu en juillet dernier (voir mon article de cet été
"Un Mois de Sarkozysme appliqué...")...

Loi Pécresse: blocages de facultés à Toulouse et Tours


Des étudiants de l'université Toulouse-Le Mirail ont bloqué mardi matin [6 novembre] l'entrée des bâtiments de la faculté pour protester notamment contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités.

A Tours, une centaine d'étudiants ont bloqué l'entrée des bâtiments de la Faculté de Lettres de Tours, les Tanneurs.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a jugé sur [la radio] France Info que le mouvement n'était "pas justifié", réclamant "un peu de patience" en attendant que la réforme "porte ses fruits".

La loi sur l'autonomie des universités prévoit que dans un délai de cinq ans toutes les universités accèdent à l'autonomie dans les domaines budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines, et puissent, à leur demande, devenir propriétaires de leurs biens immobiliers.

"C'est paradoxal qu'au moment où l'Etat se réengage, au moment où l'Etat décide d'accompagner les universités pour qu'elles soient plus puissantes, plus fortes, pour qu'elles assurent une meilleure insertion professionnelle des étudiants (...), qu'à ce moment-là, il y ait un mécontentement qui ne me paraît pas justifié", a affirmé Mme Pécresse.

A Rouen, les étudiants bloquent depuis le 30 octobre les facultés de lettres et de psycho-socio.

Lundi [5 novembre], entre 100 et 200 personnes ont occupé pendant quelques heures le site de Tolbiac de l'université Paris I avant de le quitter en fin de journée, alors que celui-ci est fermé administrativement.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 6 novembre 2007 10h32)

Depuis, le mouvement de grève a fait tâche d'huile, et vendredi dernier, 23 novembre, c'était désormais une quarantaine d'universités qui se trouvaient en grève à des degrés divers - sans compter certaines universités de la région parisienne désertées de fait, en raison de la grève des transports publics, interrompue depuis...


Au sein du mouvement national, les grévistes de l'Université de Toulouse Le Mirail sont, comme à l'accoutumée, particulièrement actifs... A la paralysie de la fac provoquée par le blocage des grévistes, s'est, du reste, ensuite ajoutée la fermeture administrative de l'université, sur décision de son président. Une sorte de "black-out" total de la fac, en somme...

Alors, pourquoi toute cette pagaillasse ? Officiellement, la révolte étudiante est due à la désormais fameuse loi Pécresse sur l'autonomie des universités. J'ai déjà eu l'occasion de dire, l'été dernier, que le projet de loi, à la base, avait été mal négocié au départ, et qu'il n'avait pas été aussi loin qu'on aurait pu le croire, par rapport à ce qui avait été annoncé, bien que tout le monde s'étant accordé sur la nécessité d'une profonde réforme des universités françaises...
J'aurai sans doute dû être plus direct, et dire que la réforme contenue dans la loi Pécresse n'est qu'une réformette, bien trop timorée pour être considérée comme une véritable réforme devant faire date dans l'histoire des universités de France. Il faut une réforme, une vraie : les universités et les étudiants en ont besoin. Or, à quoi assiste-t-on ? A un mouvement étudiant très influencé par l'extrême-gauche, qui paralyse les universités, notamment celle du Mirail, et qui, au lieu de réclamer une véritable réforme des universités, se contente d'exiger l'abrogation pure et simple de la loi Pécresse, qui n'est pourtant qu'une réformette "d'adaptation" ne répondant même pas aux problèmes de fond !


Au Mirail, les mouvements de grève étudiants se déroule toujours de la même façon. Des étudiants - qui sont, en général, militants syndicalistes, mais aussi de simples activistes - organisent des Assemblées générales  - ou AG - réunissant le plus d'étudiants possible, même si, de fait, la majorité du public présent dans l'amphithéâtre où a lieu l'AG est souvent a priori favorable à la grève, surtout au début. Des Assemblées générales, j'en ai vu un bon nombre durant mon cursus universitaire : elles tiennent plus du club de réfléxion et du défouloir idéologique qu'autre chose, mais elles sont tout-de-même censés être, en quelque sorte, l'organe décisionnel du mouvement. La grève, comme toutes les autres décisions, est votée à main levée par les étudiants présents en Assemblée Générale. Un "comité de lutte" est ensuite chargé d'appliquer les décisions prises lors des AG, notamment les manifestations, et surtout le blocage des passages et des entrées des bâtiments de l'université, avec quantité de tables et de chaises, réquisitionnées dans les salles de cours pour l'occasion. Je me souviens d'avoir assisté à une réunion du comité de lutte lors du mouvement contre la réforme du LMD, un soir d'automne de 2002, alors qu'il faisait déjà nuit : elle avait lieu dans la grande salle de réunion de la Présidence, alors occupée par les grévistes, et on j'avais l'impression d'assister, autour de la grande et longue table de la salle, à une réunion d'un "comité de salut public" assis dans les larges fauteuils de cuir d'une "monarchie" renversée... même si l'ambiance restait tout-de-même assez proche de celle d'une simple soirée étudiante...
Quand sort-on de la crise ? En général, à partir du moment où la Présidence de l'université choisit enfin de sortir de l'attentisme dont elle est coutumière, et tente une initiative pour débloquer - au propre comme au figuré - la situation. Cela peut passer par un vote, sur papier, et à bulletin secret, organisée par l'université, et ouvert à tous les étudiants inscrits à la fac, vote à l'occasion duquel est évidemment posée la question du déblocage. Un référendum de ce genre a eu lieu lors du mouvement contre la réforme LMD. Il n'a pas permis le déblocage immédiat, mais les grévistes, hostiles par principe à ce genre de consultation - "Seules les AG sont légitimes" disent-ils - ont été, cette fois-là, pris à leur propre jeu, puisque, lors d'une ultime AG, le déblocage de la fac a fini par être voté, à la nuit tombée, par une majorité d'étudiants - de nombreux anti-grévistes ayant alors fait le déplacement pour faire pencher la balance. Vous auriez vu tous ces étudiants alignés avec le bras tendu, et la main posée sur l'épaule du voisin de devant, pendant que des volontaires s'efforçaient de compter les pro-blocage et les anti-blocage : on serait crû à un congrès de parti unique... ;-)
Cette année, un autre référendum a été organisée par l'université du Mirail, et là encore, pour poser la question du déblocage. Il a eu lieu lundi dernier, 26 novembre. Enfin... il a commencé d'avoir lieu... Car, alors que le scrutin avait débuté le matin à 10h00, et que vers 11h00, selon un communiqué de la Présidence (rendu public à 17h00), près de 800 étudiants avaient déjà pu voter à bulletin secret, les étudiants grévistes ont décidés de faire capoter ledit scrutin, puisque pour eux, rappelons-le, "seules les AG sont légitimes". Selon la Présidence, "à 11h40, un groupe de manifestants de type commando a violemment cherché à interrompre la consultation. Les étudiants et les personnels ont subi insultes, menaces et coups. Devant les premiers incidents et afin d'éviter de plus graves dérapages, le président de l'université a décidé d'arrêter immédiatement la procédure de consultation démocratique" qui a donc été "suspendue". Compte-tenu des circonstances, et tandis que les grévistes faisaient voter une énième reconduite de la grève en AG, la Présidence de l'université a protesté contre les pressions pratiquées par les grévistes, les qualifiant de véritable "déni de la démocratie", et a pris, sans surprise, la décision de procéder à la fermeture de l'établissement sur le campus du Mirail, en fin d'après-midi, et ce jusqu'à jeudi matin, 29 novembre.

Comment peut-on en être arrivé là ? Je dois reconnaître que j'avais sous-estimé le caractère radical du mouvement étudiant actuel, caractère qui n'était pas aussi prononcé dans le passé... Que veulent donc les étudiants grévistes ? Une simple abrogation de la loi sur l'autonomie des universités ? Non. La vérité, c'est lorsque l'on y regarde de plus près, on se rend vite compte qu'ils se fichent de la loi Pécresse comme de leur première couche de bébé. Les prises de parole à la tribune des AG sont assez révélatrices de cet état de fait, puisque les discussions lors de ces Assemblées glissent volontiers de la thématique universitaire vers les méfaits de la politique du gouvernement actuel en général, sur la situation des sans-papiers, des mal-logés, de tous les laissés-pour-compte de ce monde
que les grévistes voudraient forcément meilleur, comme nous tous. Dès lors, il ne faut pas s'étonner de la nature d'un certain nombre de décisions votées à ces occasions... Voulant tout et tout de suite, les grévistes du Mirail sont allé jusqu'à voter, en AG, la "destitution de Sarkozy". Cette décision est bien évidemment ridicule, absurde. Pourtant, si celà ne tenait qu'à moi, Dieu sait si je serais satisfait de jeter moi-même Sarkozy de Nagy-Bocsa hors de l'Elysée, avec un bon coup de pied dans le derrière de cet énergumène, si je le pouvais ! Mais il a été élu ! C'est bien malheureux, mais c'est ainsi ! Moi aussi, je suis révolté par les injustices ! Moi aussi, je déteste Sarkozy, lui, et tout ce qu'il représente ! Mais ce n'est pas en bloquant une université, et donc en se tirant une balle dans le pied, que c'est le cas à chaque fois, que la situation changera ! Les grévistes aimeraient bien, en fait, être à l'origine d'une vague de contestation contre le pouvoir en place, semblable à celle de 1995 par exemple, qui avait eu raison du Premier ministre Juppé. Ils s'accrochent à un espoir, celui que "quelque-chose se passe" s'ils persistent dans leur mouvement. Pourtant, ce qu'il risque fort de se passer, c'est que, dans le meilleur des cas, ledit mouvement mourra comme une flamme dans un vent d'hiver, au plus tard à la faveur des vacances de fin d'année, ou dans le pire des cas, que ledit mouvement soit brisé par la force avec l'envoi de CRS - ce qui serait, bien évidemment, la pire des solutions...
De fait, sur le plan national, le vent est bel et bien en train de tourner...

Universités: "avancées importantes" de Pécresse selon l'Unef

Le président de l'Unef [(Union nationale des étudiants de France), principal syndicat étudiant, proche du PS], Bruno Julliard, a estimé mardi [27 novembre] que Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) avait fait "des avancées importantes" sur l'accompagnement de la loi sur l'autonomie des universités et a demandé que les assemblées générales d'étudiants les prennent "en compte".

A l'issue d'une rencontre avec la ministre, il a fait état "de garanties nouvelles et de gardes fous aux craintes des étudiants mobilisés", jugeant "rassurantes" les concessions de Mme Pécresse au mouvement étudiant qui agite une quarantaine d'universités (sur 85) depuis plus de trois semaines et des dizaines de lycées depuis une semaine.

Il a précisé que l'Unef consulterait en parallèle mercredi et jeudi ses "adhérents pour déterminer sa position sur la suite à donner à la mobilisation".

"Vous connaîtrez ma position dans deux jours", a-t-il dit à la presse, ajoutant qu'il "appartiendra aux AG (assemblées générales) de décider in fine s'il faut poursuivre ou pas la mobilisation".

Pour encadrer sa loi, il a expliqué que Valérie Pécresse s'était engagée à la "mise en place d'un cadrage national des diplômes", un texte qui garantit "l'égalité des diplômes et des étudiants sur l'ensemble du territoire", par le biais d'un "groupe de travail" qui étudiera l'harmonisation des intitulés et des modalités d'évaluation des étudiants.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 27 novembre 2007 16h55)

Les chefs de file du mouvement étudiant au Mirail sont traditionnellement bien plus radicaux que ceux qui choisissent la voie de la négociation, et il n'est pas certain que les péripéties de cette semaine les fassent renoncer à leur activisme borné, pourtant dépourvu de crédibilité... Mais de toute façon, il faudra bien en finir, car les cours à l'université ne peuvent être suspendus indéfiniment. Quant à Sarkozy de Nagy-Bocsa, il ne sera assurément pas renversé ni par la volonté des AG étudiantes, ni par les actions de blocage menées par des activistes marxistes qui ont un peu trop tendance à ériger la théorie systémique de la lutte des classes en dogme religieux...


L'un des intervenants réguliers sur le présent blog, l'alias Dante, qui, comme moi, fréquente l'université du Mirail en préparant les concours de l'enseignement, a écrit un texte fort pertinent, dans lequel il expose ses impressions sur la situation. Ce texte étant né à la suite de discussions sur le sujet entre l'auteur et moi-même, je le reproduis ici, afin que mes lecteurs puissent prendre connaissance d'un point de vue autre que le mien :

ARRETEZ LE MONDE, JE VEUX DESCENDRE !

 « Je préfère me débarrasser des faux enchantements pour pouvoir m'émerveiller des vrais miracles ». Ainsi répondait Pierre Bourdieu à une journaliste qui le questionnait sur ses engagements politiques. Cette lucidité assez rare et assez peu commune de nos jours contraste férocement avec ce que nous vivons actuellement. Car certains confondent la lucidité avec l'émotion. Il est vrai qu'avec un chef d'Etat qui érige l'émotion en principe législatif, réécrit l'histoire à sa sauce et réactive des formes d'anti-intellectualisme auxquelles même la droite républicaine semblait avoir renoncé (cf. au discours de Vesoul du 13 mars 2007), la tentation est grande. Mais gardons-nous des réflexes et des prêts à penser pour prendre du recul et tenter une critique.

 Car, à quoi assistons-nous en ce moment ? D'un côté, une réforme dont le décret est paru en août 2007 et qui contient des dispositions inquiétantes en occultant les questions de fond. L'université n'a pas besoin d'une énième mesurette « pour s'adapter ». Elle a besoin d'une réforme et d'une redéfinition en profondeur. Et lorsque nous parlons de réforme, il ne s'agit ni de tour de passe-passe, ni de régression maquillée. Il s'agit de proposer d'autres moyens de fonctionner et non de déconstruire en permanence des acquis. Ainsi, nous avons ce texte qui, loin de répondre aux enjeux actuels, amorce l'alignement sur un modèle quand l'université aurait des réalités différentes à intégrer et à partager. De l'autre, nous sommes en présence d'un mouvement, aux inquiétudes légitimes, qui se radicalise mais qui tombe toujours dans l'écueil qui le discrédite : recycler en permanence le capital de contestation qui lui est dévolu pour se donner le sentiment d'exister. Au-delà de ces deux mondes, le troisième est celui qui doute, qui partage, qui tente des hypothèses, qui formule des coups de gueule, qui propose, qui contourne, qui soutient et qui s'organise, tant bien que mal. Ce troisième monde est à lui seul un quatrième, un cinquième, voire une multiplicité de mondes tant sa structure est composite. Bref, de multiples intérêts entrent en conflit pour défendre leur existence sur des bases oscillant entre la satisfaction du confort personnel et la revendication mythique du bonheur collectif.

 Au-delà du constat sur ce mouvement perpétuel des sociétés, les problèmes demeurent. Et la fameuse « légitimité », brandit de part et d'autre, finit par révéler sa polysémie et sa complexité. Mais la tournure des éléments a classé l'affaire. Nous n'en sommes plus à réfléchir sur la légitimité des actes mais sur la conséquence des choix. En agissant dans le refus d'une autre forme de débat, à savoir une consultation basée sur des règles élémentaires de la démocratie, le comité de lutte et ses laquais ont donné la pleine mesure de ce qu'ils sont en évitant de donner du sens à ce qu'ils font. En privilégiant une apparence, ils ont construit une absence : la critique sans perspective d'examens et de mises à plat des alternatives. Sans doute n'ont-ils jamais lu cette phrase de Rosa Luxembourg : « la liberté, c'est toujours, au moins, la liberté de celui qui pense autrement ». Penser autrement, c'est proposer. Que proposent ceux qui brandissent des simulacres de démocratie et qui s'en réclament pour mieux s'en départir ? Et d'ailleurs, que peuvent-ils proposer en s'inscrivant dans une dénégation absolue de toute proposition extérieure ? A agir ainsi, on devient son propre système. Et cette autarcie intellectuelle, sociale et culturelle n'est certainement pas une liberté.

 Bref, tout cela donne envie de demander l'asile politique à Disneyland ? A moins que l'on y soit déjà ! Parmi les revendications « votées », celle de la destitution de Nicolas Sarkozy est à elle seule un monument de ridicule. Pourquoi ne pas demander la destitution du premier ministre japonais, quitte à être plus efficace ? J'aurais ainsi quelques propositions à formuler pour les prochaines revendications : réconcilier les oeufs brouillés, ramonage des volcans une fois par an et rendre comestible tous les hommes-sandwichs ! Qu'on le veuille ou non, Nicolas Sarkozy a été élu. La seule manière de créer un contre-pouvoir n'est pas de le destituer mais de l'écouter pour mieux le combattre, d'exercer en permanence notre esprit critique, de décrypter quotidiennement son discours et de mettre en évidence ses contradictions. Le réflexe doit laisser place à une culture de l'analyse, de la critique et de la proposition. C'est le meilleur moyen de résistance et le plus crédible. C'est aussi celui qui permet d'être actif à chaque instant et de ne pas rester dans la simple délégation des responsabilités. Camus écrit au début de L'Homme révolté : « Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement ». Sommes-nous des êtres campés sur l'orgueil de détenir chacun notre vérité ou sommes-nous des êtres de dialogue ? Tant que certains découpleront en permanence l'expression d'une contestation justifiée et la proposition d'alternatives crédibles et concrètes, il est à craindre que les impasses continuent de fleurir.

 Il y a quelques années, une pièce était présentée à Broadway sous l'intitulé suivant : « Arrêtez le monde, je veux descendre ». Bon titre.

Dante.

"Bref, tout cela donne envie de demander l'asile politique à Disneyland ? A moins que l'on y soit déjà !" : en effet, cher Dante, la déconnection de la réalité semble bel et bien rester d'actualité dans ce pays... Et pourtant, si nous sommes à Disneyland, c'est un Disneyland sinistre... Pendant que nous perdons notre temps avec une grève sans queue ni tête, des évènements graves viennent d'avoir lieu dans le département du Val d'Oise, au nord-ouest de Paris. Avant-hier, dimanche 25 novembre, après une collision survenue  entre une voiture de police et une mini-moto, qui a coûté la vie à deux jeunes, des violences urbaines ont éclaté à Villiers-le-Bel, avant de gagner, le lendemain, lundi, les villes voisines de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Cergy, Ermont et Goussainville. A la suite d'un énième drame humain, plus de deux ans après les propos karchérophiles de Sarkozy à Argenteuil (Val d'Oise), voilà l'actuel président de la République rattrapé par le problème non réglé des banlieues, avec le risque important d'un nouvel embrasement de celles-ci, qui, s'il se produit, pourrait bien être encore plus violent que l'embrasement de 2005
, s'il l'on y prend pas garde...
La chute dans le réel, la vraie, commence peut-être, enfin, à se faire sentir... lentement, mais sûrement...

Cordialement,

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Vue de l'Université de Toulouse II le Mirail, photographie anonyme, sans date, ©DR ; La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, le 13 juin 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Thomas Coex/AFP/Archives ; Universités en grève le vendredi 23 novembre 2007, carte de France de l'Agence France Presse, ©Paz Pizarro/AFP ; Etudiants de l'université Toulouse II le Mirail réunis en Assemblée générale, le 06 novembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ; Assemblée générale à l'université Toulouse II le Mirail, le 13 novembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 11 2007 21:24
Toujours bien peu de temps à consacrer à la rédaction d'articles pour le présent blog, tandis que le flot de l'actualité continue de couler sans cesse, mais que voulez-vous chers lecteurs : on fait ce que l'on peut... :-) J'espérais pourtant pouvoir intervenir de nouveau le 11 novembre dernier, jour anniversaire de l'armistice de Rethondes, qui, en 1918, mis fin à la Première Guerre Mondiale. Celà n'a pû se faire, mais c'eût été l'occasion de parler un peu des relations difficiles entre l'histoire et les mémoires, de ce fameux devoir de mémoire, qui n'est pas un devoir d'histoire, de ce devoir d'histoire auquel il ne faut pas renoncer puisqu'il est primordial, même si les mémoires doivent être respectées... Mais remarquez, on peut toujours en parler, même si c'est de façon succinte...

Aujourd'hui, face à un présent qui va trop vite et à un avenir toujours plus incertain, les hommes et les femmes de notre temps se raccrochent au passé, pour essayer de freiner le présent... d'où les vagues commémoratives que nous connaissont, qui rassurent, qui entretiennent le lien social... Si les commémorations de l'armistice du 11 novembre 1918 et de la capitulation nazie du 8 mai 1945, qui ont respectivement mis fin aux deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945, font plus ou moins l'unanimité, on procède toujours à une sélection, censée faire consensus, pour ce qui concerne d'autres évènements...
Il en a été ainsi à l'occasion du bicentaire de la bataille napoléonienne d'Austerlitz, le 2 décembre 2005. La commémoration de cet évènement, positif pour la France puisqu'il s'agit d'une victoire française remportée le 2 décembre 1805 contre des ennemis austro-russes aggresseurs et supérieurs en nombre, n'a été que fort chichement célébrée en France, alors que la ville d'Austerlitz, située en République tchèque, a organisé, le 2 décembre 2005, une reconstitution de cette bataille majeure de l'histoire européenne, avec plusieurs milliers de participants venus du monde entier, des Tchèques, des Slovaques, des Autrichiens, des Allemands, des Britanniques, des Français, des Belges, des Néerlandais, des Luxembourgois, des Polonais, des Russes, des Biélorusses, des Ukrainiens, des Lithuaniens, des Lettons, des Moldaves, des Espagnols, des Maltais, des Norvégiens, des Suédois, des Américains, des Canadiens et des Australiens. La France, elle, officiellement, n'a accordé à l'évènement qu'une petite cérémonie militaire nocturne, place Vendôme à Paris, en l'absence des plus hautes autorités de l'État, notamment du Premier ministre de l'époque, Dominique Galouzeau de Villepin, que l'on sait pourtant passionné par l'histoire napoléonienne. La France a, quelques semaines plus tôt, préféré envoyer le porte-avions Charles-de-Gaulle en Grande-Bretagne participer à l'International Fleet Review, à l'occasion du bicentenaire de la défaite navale française de Trafalgar face à la flotte anglaise, le 21 octobre 1805, la ministre de la Défense de l'époque, Michelle Alliot-Marie ayant, le 2 décembre 2005, été la seule représentante de l'Etat à avoir effectué un déplacement - fort discret - en République tchèque pour assister aux cérémonies commémoratives du bicentenaire d'Austerlitz sur les lieux historiques de la bataille.
Pourquoi autant de retenue de la part de l'Etat, et en particulier de la part du Premier ministre ? Pour des raisons minables, directement liées au contexte des derniers mois de l'année 2005 en France, à savoir celui des émeutes de banlieues survenues à l'automne, et surtout celui de la criminalisation du passé napoléonien, faite alors par un lobby noir voulant à tout prix réduire l'action politique de Napoléon Bonaparte à sa décision d'avoir rétabli, en 1802, l'esclavage dans les colonies françaises, certains représentants de ce lobby allant, de façon grotesque, jusqu'à accuser Napoléon d'avoir été un ogre génocidaire des noirs à Saint-Domingue, et d'avoir inspiré Adolf Hitler... Disons-le tout net : face à la polémique, face à la bêtise, face à une pression mémorielle intempestive, face à la manipulation politique de l'histoire, le gouvernement de l'époque a choisi de se coucher, faisant là preuve d'une singulière lâcheté...

J'ai commencé par parler des mémoires en général, mais, dans le fond, si je prends la peine d'évoquer cette affaire, j'avoue que c'est d'abord pour une raison toute personnelle : il se trouve que je suis né un 2 décembre. Outre celui de ma naissance et de la victoire de l'armée napoléonienne sur les armées impériales autrichiennes et russes à Austerlitz - célèbre bataille que Léon Tolstoï évoque dans son roman Guerre et Paix -, ce jour est également celui du sacre impérial de Napoléon Ier à la cathédrale Notre-Dame de Paris - en présence du pape Pie VII - le 2 décembre 1804, le jour du coup d'Etat du 2-Décembre réalisé par le président de la République, et neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851 - ce coup d'Etat tant dénoncé par le poète Victor Hugo -, et le jour de l'avènement impérial du même Louis-Napoléon sous le nom de Napoléon III, le 2 décembre 1852. Pour des raisons diverses, il semble que, pour la plupart des biens-pensants et des agitateurs de souvenirs mémoriels anti-bonapartistes, le jour de ma naissance soit historiquement un jour de honte... Personnellement, j'ai toujours fort peu apprécié ce genre de considération, et du reste, j'ai trouvé dans ce jour une bonne raison pour consacrer, durant quelques années, mes travaux de recherche universitaires à la vie politique française sous le Second Empire de Napoléon III - ledit Napoléon III n'ayant évidemment rien à voir avec Sarkozy de Nagy-Bocsa, contrairement à ce que veulent faire croire certains, comme le journaliste créateur du journal Marianne, Jean-François Kahn, dans son délire hugolâtre -, travaux de recherche qui ont été motivés, à l'origine, par la lecture - fort indigeste - des Châtiments de Victor Hugo, qui me fut imposée en terminale, il y a presque dix ans de celà (le recueil des Châtiments de Victor Hugo ayant fait partie dans les lycées du programme de première pour l'épreuve anticipée du baccalauréat de français en 1998-1999)...
Tous ces biens-pensants qui, en France, passent leur temps à glorifier le "dieu" Hugo et ses "saintes" écritures contre Napoléon III - les Châtiments, Napoléon le Petit, Histoire d'un crime, etc. -, tous ces thuriféraires de Victor Hugo, ces déterministes républicanistes ? persuadés que, de tout temps, la France était destinée à devenir une république ?, et autres dénonceurs de dictatures forcément jugées totalitaires, sans oublier les politiciens élus de la République toujours en quête de références à exploiter, toutes ces belles âmes qui, en 2002, ont eu l'opportunité, à l'occasion du bicentenaire de la naissance dudit Hugo, d'afficher leurs opinions sur le caractère fort exemplaire de l'engagement de l'écrivain et, dans le même temps, sur l' "odieux" régime impérial contre lequel il a lutté (après avoir - ces gens-là se plaisent à l'oublier - soutenu Louis-Napoléon Bonaparte lors de l'élection présidentielle de 1848 et ardemment désiré devenir ministre en récompense de son soutien) : voilà ce qui m'a profondément agacé - m'agace encore, du reste -, et motivé au début de mes recherches, ce qui ne m'a pas empêché, bien entendu, de travailler à partir des sources avec le plus d'honnêteté et de sérieux possible, loin des propagandes et des préjugés de tous ordres...

On m'a accusé tant de fois - stupidement - d'être bonapartiste... bien que je n'ai pas choisi de naître un 2 décembre, et que le bonapartisme soit mort depuis longtemps, dès la fin du XIXe siècle. A ceux qui éprouvent une sorte d'adoration aveugle pour le "grand" Victor Hugo, et qui se sentent obligé de l'invoquer sans cesse et de le citer à toutes les sauces, sans se poser une seule fois la question de savoir qui était cet homme, quel fut son parcours, et quelle était VRAIMENT son époque, je me contenterai de rappeler qu'en matière de politique, c'est bien trop souvent le présent qui fait le passé, et non, hélas, le passé qui fait le présent... A Victor Hugo et son déterminisme opportuniste, je préfère Marc Aurèle et sa distanciation de stoïcien. Que l'on cesse donc un peu d'évoquer le passé à coup de préjugés tout faits, de prêt-à-penser, tout droit hérités de la propagande divulgués par les vainqueurs de l'histoire et véhiculés par une mémoire - ici républicaniste - fonctionnant toujours de façon exclusive sur des fidélités aveugles. Le passé de l'humanité est complexe, nul déterminisme ne le guide, notamment en ce qui concerne la politique, et à la fin, seul le devoir d'histoire reste, qui prime sur le devoir de mémoire... Celà devait être dit...

Toutefois, j'ai une autre raison d'évoquer le 2 décembre, date de mon anniversaire et date napoléonienne si chargée de symbole... Il se trouve qu'une nouvelle m'est parvenu il y a quelques semaines, le 18 octobre dernier : le Congrès fondateur du Mouvement Démocrate, le parti politique auquel j'ai adhéré en mai dernier, n'aura finalement pas lieu le 25 novembre, comme celà avait été initialement prévu, mais les 1er et 2 décembre prochains, le 2 décembre étant donc appelé à devenir le jour officiel de la fondation du MoDem... J'avoue avoir été quelque peu surpris par cette nouvelle, qui m'a été confirmée dans la nuit du 8 au 9 novembre dernier, lorsque j'ai reçu une lettre d'information de François Bayrou, adressée à tous les adhérents du MoDem, datée du 8, et dans laquelle on peut notamment lire : "Le congrès fondateur du Mouvement démocrate aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre à Paris Villepinte."
Faut-il que j'y vois un signe ? Je ne sais... Les adorateurs inconditionnels de Victor Hugo sont nombreux au MoDem, et souvent tentés de faire de douteux parallèles entre bonapartisme et sarkozysme... Au moins, ils auront la satisfaction de célébrer désormais, avec la naissance du MoDem, un évènement survenu un 2 décembre, qui, je l'espère, sera enfin suffisamment démocrate à leur goût... Pour ma part, je me contenterai de poursuivre ma route hors des sentiers battus, loin du républicanisme bien pensant, mais avec les citoyens humanistes les plus ouverts d'esprit, s'ils le souhaitent, au sein du Mouvement Démocrate et en dehors...

Je reproduit ici la lettre de François Bayrou aux adhérents du MoDem, datée du 8 novembre, et que j'ai reçu dans la nuit du 8 au 9 :

Lettre de François Bayrou

Paris, le 8 novembre 2007


Chers amis,

Nous avons dû, après les élections du printemps, reconstruire notre organisation. C'est maintenant chose faite : vous allez donc recevoir à nouveau journal, lettres et documents.

Ce mois de novembre est très important pour nous. Nous préparons à la fois le congrès fondateur du Mouvement démocrate, le congrès extraordinaire de l'UDF qui lui est joint, et les élections municipales et cantonales, pendant que l'actualité politique plonge beaucoup de Français dans l'interrogation et la perplexité.

Le congrès fondateur du Mouvement démocrate aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre à Paris Villepinte. Il faut auparavant une délibération statutaire pour régler les relations entre l'UDF et le Mouvement démocrate, comme d'ailleurs entre le Mouvement démocrate et Cap 21.

Le congrès extraordinaire de l'UDF adoptera un texte, sur proposition du bureau politique de cette formation, sur les relations statutaires entre l'UDF et le Mouvement démocrate. Le Mouvement démocrate est né, en effet, comme vous vous en souvenez, à l'appel du Conseil national de l'UDF, par l?adoption d?une motion, le 10 mai 2007.

Nous avons à gérer une situation rare, qui ne s'est pas produite souvent dans un courant politique français : des dizaines de milliers d'adhérents nouveaux nous ont rejoints, et il faut que chacun se trouve à l'aise, à sa place, dans la maison nouvelle que nous formons ensemble.

Je veux répondre à quelques questions simples, qui reviennent souvent :

> Quand on est adhérent UDF, faut-il prendre une adhésion nouvelle pour être adhérent au Mouvement démocrate ? Il est vrai qu'un certain nombre d'adhérents ont voulu accomplir cette démarche, et je les en remercie. Mais je proposerai au congrès que tout adhérent de l'UDF (comme tout adhérent de Cap 21) soit automatiquement considéré comme adhérent du Mouvement démocrate et en reçoive la carte. C'est le même courant politique qui se poursuit sous d'autres formes, nouvelles, mais sans rupture dans les idées et dans les convictions.

> Qu'en est-il des instances, notamment départementales ? Toutes les instances départementales vont être réélues dans les semaines qui suivent le congrès et nous sommes en train de mettre au point des règles de fonctionnement qui garantiront à tous, quelle que soit la date de leur adhésion, leur juste place.

> Comment seront adoptés les statuts du Mouvement démocrate ? Les adhérents auront-ils leur mot à dire ? Bien entendu et je m'y suis engagé. Nous adopterons au congrès trois documents fondateurs : une charte des valeurs ; une charte éthique ; des statuts. Des projets de documents sont mis en ligne depuis le 5 novembre. Ce ne sont que des projets : ils seront examinés notamment par les bureaux des formations fondatrices, et soumis à amendement lors du congrès.
Les amendements devront être adressés aux adresses suivantes :
statuts@lesdemocrates.fr, chartedesvaleurs@lesdemocrates.fr et
charteethique@lesdemocrates.fr ou
par courrier avant le 21 novembre pour que leur recevabilité puisse être examinée par une commission statutaire et soumis au vote.

> Comment se préparent les élections municipales ? Nous ne pouvions évidemment pas attendre le congrès pour commencer ce grand travail. J'ai donc mis en place une commission d?investiture (dont vous trouverez la composition [...] sur notre site www.lesdemocrates.fr). Cette commission examine la situation de toutes les villes de plus de 20 000 habitants et, conformément à nos statuts, prononce les investitures chaque fois qu'elle estime la situation décantée et suffisamment claire. Un certain nombre de villes connaissent une situation plus complexe (alliance éventuelle dès le premier tour avec d'autres formations démocratiques, absence de candidature annoncée ou, au contraire, multiplicité de candidatures). Dans tous ces cas, des réunions seront organisées, région par région, par la commission d'investiture, selon un calendrier publié sur notre site. Par ailleurs, je vous invite à faire acte de candidature auprès de la commission à l'adresse suivante : municipales2008@lesdemocrates.fr ou par courrier à notre adresse.


L'ensemble de ce travail de construction se déroule en un moment politique plein d'interrogations pour beaucoup de Français. La politique suivie est tournée vers la mise en lumière, le spectaculaire pour ne pas dire le spectacle, du président de la République, acteur qui monopolise tous les rôles du gouvernement. Nous avons toujours été persuadés que la centralisation et la concentration du pouvoir étaient une faiblesse de la France. Cette faiblesse est aujourd'hui accentuée jusqu'à la caricature.

La lutte contre le déficit et la dette est passée au deuxième plan. Beaucoup de nos partenaires européens s'en inquiètent. Dans le même temps, le « paquet fiscal » a conduit à des facilités en direction des Français déjà favorisés, ce qui ne facilitera pas l'acceptation des décisions rigoureuses le jour où elles deviendront inévitables.

Le projet de société est peu lisible. Ce qui émerge, c'est l'affirmation répétée qu'il faut « réconcilier les Français avec l'argent », parce que « l'argent, c'est la réussite ». Pour beaucoup d'entre nous, la confusion entre argent et réussite est une régression : que peuvent entendre dans une telle affirmation les éducateurs, les scientifiques, les classes moyennes, les retraités, les femmes et hommes de culture ?...

Bien des réformes sont éludées : on annonçait que la loi sur les universités serait le texte le plus important du quinquennat, qu'en reste-t-il ? On prévoyait un service minimum de plein exercice pour les services publics, on avoue aujourd'hui que ces dispositions ne changeront rien à la situation actuelle? Le déficit de la sécurité sociale n'a été en rien diminué par les lois des gouvernements précédents, et les franchises, socialement discutables, sont annoncées comme devant financer la recherche sur la maladie d'Alzheimer, le cancer, et autres soins palliatifs. Évidemment, cette affirmation est une présentation de façade, mais l'idée qu'on demanderait aux seuls malades de financer la recherche contre la maladie apparaît en soi comme un problème.

La seule réforme effectivement en cours est celle de la retraite des régimes spéciaux. C'est un passage obligé, non pas seulement en termes financiers (les régimes spéciaux représentent seulement 5 % des besoins de financement des caisses de retraite), mais en termes d'équité. Nous pensons que l'on peut trouver le chemin d'une réforme juste. Cela demande une capacité de négociation, beaucoup de fermeté, et un effort de compréhension en direction des salariés qui ne sont pas des privilégiés et vont nécessairement voir ainsi changer leur contrat de travail. En tout état de cause, si le chemin de cette réforme juste est trouvé, nous y apporterons notre soutien.

Il importe d'ajouter que le rendez-vous de la retraite se présentera après les élections municipales. Il ne s'agira pas là des 5 % de régimes spéciaux, mais de 100 % des besoins de financement. Je maintiens, même si le gouvernement n'est pas de cet avis, que la réflexion sur les retraites par points était une approche plus globale, plus juste, plus équilibrée que les éternels ajustements auxquels nous assistons. Mais il est vrai que c'est un travail de grande ampleur, et qui demande une démocratie sociale pleinement active et responsable.

Nous avons apporté notre soutien au Grenelle de l'environnement. Mais une fois passée la phase consensuelle, la question est maintenant celle des mesures concrètes : c'est le véritable rendez-vous. Et c'est à ce rendez-vous que nous serons attentifs, avec tous ceux, dans nos rangs, qui ont une profonde connaissance de ces sujets.

La réforme des institutions n'a pas pris le bon chemin. Il y a, bien sûr, dans le texte du comité Balladur [remis à Sarkozy le 29 octobre dernier] des pistes qui doivent être retenues, notamment pour la procédure parlementaire. Mais pour l'essentiel, l'autonomie du pouvoir législatif par rapport au pouvoir exécutif, on a choisi d'aller vers l'aggravation des dérives de la Ve République. Quelle autonomie, en effet, peut-on imaginer pour une Assemblée dont le premier tour de l'élection serait organisé le jour même... du deuxième tour de l'élection présidentielle ?... Quelle représentation honnête du pluralisme de notre démocratie quand on prétend que la proportionnelle (souhaitée par les deux tiers des Français) ne devrait représenter que 20 à 30 sièges sur 577 ?... Il est à craindre que, contrairement aux espoirs que nous avions mis dans cette instance, la direction prise n'aboutisse à une impasse, voire à une aggravation de la situation actuelle.

Tous ces sujets donnent la vraie dimension du défi qui est devant nous : il s'agit de construire un projet de société qui permettra à la société française et aux sociétés européennes de trouver un autre horizon que celui, purement matérialiste, d'une société d'inégalité croissante. Une société efficace, et de justice croissante, une société où la démocratie n'est pas un vain mot, où le citoyen n'est pas seulement la cible d'une communication de tous les instants, mais considéré comme conscient et responsable, une société où l'État n'est pas seul, mais entouré de partenaires actifs et légitimes (entreprises, associations, collectivités, familles, etc.) Une société où le système de valeurs privilégie l'éducation, la formation, la recherche, l'épanouissement de l'individu, le pluralisme. Si ce sujet du projet de société vous intéresse, permettez-moi de vous renvoyer à l'article que j'ai écrit durant l'été dans la revue Commentaire : Du centre au projet démocrate...

Cette recherche d'un projet de société alternatif, et d'un mode de gouvernement nouveau, nous sommes seuls, me semble-t-il, à pouvoir en être aujourd'hui les promoteurs. Le parti socialiste traverse en effet une crise lourde, parce qu'elle est à la fois une crise de leadership et une crise d'inspiration. Cette crise l'empêche de suivre le chemin qu'ont emprunté il y a des années les socio-démocrates européens, eux-mêmes désormais (on l'oublie trop souvent) en interrogation sur leur modèle d'état providence. C'est notre responsabilité d'entrer de plein pied dans ces questions, sur lesquelles les Français ne manqueront pas de rejoindre les pionniers que nous aurons osé être.

De ce devoir de construction, en tout cas, je veux vous assurer qu'avec vous, si nombreux, je ne me laisserai pas détourner.

Pour tout cela, je vous donne rendez-vous les 30 novembre (pour les adhérents de l'UDF) 1er et 2 décembre, pour tous les MoDem, à Paris-Villepinte.

Affectueusement à vous tous.

François Bayrou

Je m'en voudrais de terminer cet article, chers lecteurs, sans évoquer un autre évènement, plus particulier, lui aussi lié au 2 décembre... ;-)
Certains d'entre-vous connaissent sans doute la présipauté de Groland, cette micronation francophone fictive, qui fait l'objet d'un journal télévisé satirique hebdomadaire sur la chaîne Canal +. Eh bien, sachez que désormais, le MoDem a un parti frère au Groland ! Il s'appelle le Mouvement Démocrate Grolandais, ou GroDem, et depuis le 17 octobre dernier, il a son blog sur Internet, à l'adresse http://generationdemocrate-groland.hautetfort.com/.
Ce nouveau parti se définit lui-même ainsi : "le GroDem, Mouvement Démocrate Grolandais, est né de l'ambition de son président de créer un mouvement capable de rassembler un très large majorité de Grolandais. Issu des mutations de l'ancienne UDG (Union pour la démocratie Grolandaise) opérées depuis le congrès de Grobourg en 2006, il a su faire venir à lui plusieurs millions de Grolandais qui se sont rangés derrière des  slogans tels que « ni gourde , ni gourdin » ou encore « vivre libre ou mourir con ». Parmi eux, de nombreux déçus du PSG (Parti Socialiste Grolandais), mais aussi des écologistes de Gap 21 et d'anciens Grollistes sociaux. Son congrès fondateur se déroulera le 1er décembre 2007 aux alentours de 09h37mn environ et devrait définir les statuts du mouvement ainsi que sa charte éthique."
Les possibilités d'ascension politique au sein du parti étant beaucoup plus importantes au GroDem qu'au MoDem, j'ai pû non seulement m'imposer aisément comme le chef de file incontesté de la mouvance anarcho-monarchiste des barbus du Grodem, mais aussi obtenir rapidement une promotion au sein de l'appareil du parti, devenant ainsi, en raison de ma date de naissance, le responsable de la cellule dite "du 2 Décembre" et, à ce titre, chargé des coups d'Etat et des complots, comme en témoigne un message officiel du GroDem publié sur le blog du parti, le 8 novembre dernier.
Ainsi donc, pour finir, je n'ai plus qu'une chose à dire : vive l'anarcho-monarchisme LIBRE au sein du GroDem (et du MoDem) !

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

P.S.: Que l'on pardonne le caractère contrasté, et parfois un peu emporté - voire égocentrique ? -, du présent article ; j'ai écris comme celà m'est venu... :-)

(Illustrations : Détail du tableau Bataille d'Austerlitz, 2 décembre 1805, huile sur toile [1810] par le baron François Gérard, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Détail du tableau le Sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, huile sur toile [1805-1807] par Jacques-Louis David, Paris, Musée du Louvre ; "M.M. Victor Hugo & Emile de Girardin cherchent à élever le prince Louis[-Napoléon Bonaparte] sur un pavois, ça n'est pas très solide !", l'écrivain Victor Hugo [en bas, à gauche], et le journaliste fondateur du quotidien la Presse Emile de Girardin [en bas, à droite] soutenant le candidat Louis-Napoléon Bonaparte [en haut, sur le pavois] lors de l'élection présidentielle de décembre 1848, caricature de Honoré Daumier, publiée dans Le Charivari, 11 décembre 1848 ; Logotype du MoDem, 2007 ; François Bayrou, président du MoDem, le 16 septembre 2007, à Seignosse, photographie de l'Agence France Presse, © Pierre Andrieu AFP/Archives ; Copie d'une carte de membre du GroDem, novembre 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 11 2007 12:20
Un mouvement de grève des étudiants a commencé ces derniers jours, en France. C'est une réaction, bien tardive, contre la loi sur l'autonomie des universités - loi que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer l'été dernier, dans l'indifférence alors quasi-générale (voir le message intitulé "Un Mois de Sarkozysme appliqué...") -, et qui ne doit pas faire illusion : l'actualité de ce début du mois de novembre reste, en général, bien ennuyeuse... Du reste, j'ai connu suffisemment de mouvements de grève étudiante, depuis le temps que je fréquente le milieu universitaire, pour être aujourd'hui tout-à-fait blasé en ce qui concerne l'agitation estudiantine actuelle, le feu étant, comme d'habitude, surtout attisé par des activistes d'extrême-gauche, dont les méthodes et la réthorique dogmatique restent immuables, et dont je n'ai que faire en définitive, même si je suis, bien entendu, contre toute forme de privatisation des universités françaises, lesquelles, cependant, devront bien, un jour, être réformées de façon sérieuse... Enfin, passons...


Quite à parler d'actualité, autant parler de politique étrangère... Je n'avais pas l'intention, à l'origine, d'évoquer l'évènement, mais compte-tenu du fait qu'une partie de ma famille vit aux Etats-Unis d'Amérique - dans les Etats du Nevada et de Californie, pour être plus précis -, j'aurai sans doute eu mauvaise conscience si je n'avais pas abordé le sujet... Evoquons donc la fameuse visite officielle que le président Sarkozy de Nagy-Bocsa vient d'effectuer chez son collègue George W. Bush, avant-hier - mardi 6 novembre - et hier - mercredi 7 novembre, en compagnie des ministres Rachida Dati, Christine Lagarde et Bernard Kouchner, et de la secrétaire d'Etat Rama Yade...
Cette visite a eu lieu un peu plus de quatre ans et demi après le juste refus du président Chirac de soutenir l'intervention militaire américaine en Irak, en 2003, et la vague aberrante de francophobie qui avait envahie les Etats-Unis dans la foulée... Avec Sarkozy, les temps ont changé, et ce n'est évidemment pas une surprise...
Après avoir eu droit, la veille au soir, à un dîner officiel en son honneur à la Maison Blanche, dîner au cours duquel il a pu déclarer, lors d'un toast, "Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique et reconquérir le coeur de l'Amérique de façon durable", Sarkozy a pu faire, hier mercredi, un beau discours, avec ses habituelles gesticulations, devant les deux chambres réunies du Congrès américain, à majorité démocrate depuis l'année dernière...

Sarkozy enterre la brouille franco-américaine aux Etats-Unis

Le président français Nicolas Sarkozy a solennellement tourné la page de la brouille franco-américaine mercredi devant le Congrès américain, et apporté des gages concrets à son homologue américain sur le Pakistan, le dossier nucléaire iranien et l'Afghanistan.


Clou de sa première visite officielle aux Etats-Unis qu'il a entièrement vouée à la réconciliation des deux pays, le chef de l'Etat s'est adressé sous le dôme prestigieux du Capitole à la Chambre des représentants et au Sénat réunis, qui l'ont accueilli par plusieurs minutes d'ovation debout.

"La France est l'amie de l'Amérique", a déclaré M. Sarkozy en ouvrant son discours devant un hémicycle comble.


"Depuis que les Etats-Unis sont apparus sur la scène du monde, la fidélité qui lie le peuple français et le peuple américain ne s'est jamais démentie", a-t-il ajouté, enterrant la brouille entre les deux pays pour cause de guerre en Irak.


"Avec ses amis, on peut avoir des divergences, on peut avoir des désaccords, on peut avoir des disputes. Mais dans la difficulté, dans l'épreuve, on est avec ses amis, on est à leurs côtés, on les soutient, on les aide", a insisté le président français, dont le discours a été interrompu plus d'une vingtaine de fois par les applaudissements nourris des parlementaires américains.


Nicolas Sarkozy a exalté devant des élus ravis le "rêve américain", qui a permis "de prouver à tous les hommes que la liberté, la justice, les droits de l'homme, la démocratie n'étaient pas une utopie mais au contraire la politique la plus réaliste qui soit et la plus susceptible d'améliorer le sort de chacun".


"Ici, le plus illustre des citoyens comme le plus humble sait que rien n'est dû et que tout se gagne (...) la grandeur de l'Amérique, c'est d'avoir réussi à transformer son rêve en une espérance pour tous les hommes", a dit M. Sarkozy.


Le président français a également salué le sacrifice des GI's venus libérer la France et l'Europe pendant les Première et Seconde Guerres mondiales. "La France n'oubliera jamais le sacrifice de vos enfants", a-t-il assuré.


En passant ensuite en revue les grands problèmes du moment, M. Sarkozy a insisté sur les combats communs menés par la France et les Etats-Unis, notamment sur le front de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan ou la menace nucléaire iranienne.


En Afghanistan, il a promis que la France resterait engagée militairement aux côtés des Etats-Unis "aussi longtemps qu'il le faudra". Sur le dossier nucléaire iranien, il a répété avec fermeté que la perspective de voir Téhéran doté de l'arme nucléaire était pour la France "inacceptable".


Il a à nouveau appelé à des sanctions économiques contre l'Iran au cours d'une conférence conjointe avec le président George W. Bush dans la demeure historique du premier président américain George Washington à Mount Vernon, au sud de la capitale fédérale, où les deux responsables ont passé en revue les actuels dossiers internationaux.


Revenant sur l'Afghanistan, M. Sarkozy a indiqué qu'il étudiait la possibilité d'un renforcement des effectifs militaires français qui y sont actuellement déployés. "Nous réfléchissons à la meilleure façon d'aider à l'émergence d'un Afghanistan démocratique", a-t-il expliqué.


Le président français a également jugé la situation au Pakistan "préoccupante", estimant qu'il fallait "des élections le plus rapidement possible". On "ne combat pas les extrémistes avec les méthodes des extrémistes", a-t-il dit, "c'est très important qu'un jour nous ne nous réveillions pas avec un gouvernement qui soit celui des extrémistes (...) Il faut des élections".


Il a en outre souhaité voir un "Irak uni". "Personne n'a intérêt au démantèlement de l'Irak", a-t-il déclaré en réponse à une question des journalistes.


Après sa visite à Mount Vernon, le président français devait regagner Paris dans la soirée.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 novembre 2007, 23h08)

Que la France s'efforce d'entretenir ses liens d'amitié traditionels avec les Etats-Unis d'Amérique, c'est là quelque-chose qui me parait, évidemment, tout-à-fait normal et bienvenue.
Mais s'il s'agit, pour Sarkozy, de remplacer l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair dans le rôle de l'éternel valet des Etats-Unis - rôle que Blair a magnifiquement interprété lors de la guerre d'Irak -, je crains que ce voyage ne comporte, dans ce cas-là, un aspect fort négatif.
Et s'il s'agit, avec ce genre de visite, de préparer les citoyens français et les pays de l'Union Européenne à un retour total de la France dans l'OTAN, alors on ne peut que réaffirmer à quel point un tel retour sous tutelle militaire américaine serait absolument inacceptable. La France est un membre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord depuis sa création, en 1949, mais elle a décidé, en 1966, sous la présidence de Charles de Gaulle, de quitter la structure militaire intégrée de l'OTAN, entraînant ainsi la fermeture des bases américaines installées sur son sol. Réintégrer complètement l'OTAN, en se mettant sous commandement américain, alors que la France, de toute façon, siège toujours dans les instances politiques de l'Alliance atlantique et fournit des crédits et des contingents, équivaudrait à faire une croix sur une véritable politique européenne de défense indépendante, laquelle doit rester envisageable, même si le fameux traité européen "simplifié", censé remplacer la Constitution européenne refusée, en 2005, par les citoyens français et néerlandais, fait d'ors et déjà de l'OTAN le cadre de la défense de l'Union européenne... Si les intentions de Sarkozy sont ainsi d'affaiblir la France et la construction européenne, alors nous ne sommes pas sortis de l'auberge...
Mais il est vrai que depuis l'élection de Sarkozy à la présidence de la République française, nous nous trouvons, plus que jamais, dans un monde de nains politiques - qui n'ont rien à voir avec les nains de fantasy -, quand la France, l'Europe et le monde auraient bien besoin d'hommes et de femmes - politiques - aux esprits autrement plus élevés et visionnaires que ceux de Messieurs Sarkozy de Nagy-Bocsa - le pire président de la Ve République française élu jusqu'ici -, et George "Dobeuliou" Bush - sans doute un des pires présidents des Etats-Unis que la Terre ait jamais porté...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy accueilli par George W. Bush le 6 novembre 2007, pour un dîner officiel à la Maison Blanche, à Washington, photographie de l'Agence France Presse, © Saul Loeb / AFP ; Nicolas Sarkozy devant le Congrès américain, le 7 novembre 2007 à Washington, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP / Eric Feferberg)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 10 2007 06:43
Cela n'aura sans doute échappé à personne : depuis quelques années, l'environnement est devenu une cause du monde de l'image... Et cela ne pouvait manquer d'avoir des répercutions, dans notre monde obsédé par l'urgence et les apparences...
A une échelle internationale, alors qu'il a notamment contribué à vulgariser le thème du réchauffement climatique de la Terre avec le film documentaire Une vérité qui dérange (
An Inconvenient Truth, 2006
), Albert Arnold Gore Jr., dit Al Gore, ancien vice-président démocrate des Etats-Unis d'Amérique et candidat malheureux de la calamiteuse élection présidentielle américaine de 2000, a reçu cette année le Prix Nobel de la Paix. Aux Etats-Unis mêmes, c'est l'ancien acteur de cinéma d'action Arnold Schwarzenegger qui s'est fait remarquer pour sa politique de lutte contre le réchauffement climatique en tant que gouverneur républicain de Californie, et sa volonté de pousser le gouvernement fédéral américain a agir dans le même sens que lui dans ce domaine.
A une échelle plus modestement française, alors qu'il a interpellé, en début d'année, les candidats à l'élection présidentielle française de 2007, en leur demandant de signer son fameux Pacte écologique - ce que la plupart ont fait -, Nicolas Hulot, animateur de télévision bien connu, officiant sur TF1, et "lobbyiste" écologiste un temps proche de Jacques Chirac, passe aujourd'hui pour être celui qui a exercé une influence déterminante sur Sarkozy de Nagy-Bocsa en ce qui concerne l'intérêt du chef de l'Etat, intérêt jusque là fort peu visible, sinon inexistant, en ce qui concerne la protection de l'environnement. C'est lors d'une rencontre avec Hulot, en mars 2007, que Sarkozy aurait ainsi lancé un projet de "Grenelle de l'environnement", en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, spécialiste de l'écologie à l'UMP devenue, depuis le mois de mai, secrétaire d'Etat chargée de ce domaine, d'abord auprès d'Alain Juppé puis de Jean-Louis Borloo...


Tiens, parlons-en, justement, de Jean-Louis Borloo... Rappelons que cet opportuniste, bien connu pour ses gaffes, a accédé, en juin dernier, à la tête du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables suite aux élections législatives, après avoir été écarté du ministère de l'Economie en raison de ses maladresses... La présence à ses côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie - qui, elle, visiblement, connait ses dossiers -, est le seul élément de crédibilité dont il a bénéficié depuis sa nomination... Sarkozy, du reste, l'avait, jusqu'à récemment, dans le colimateur, déclarant à propos de Borloo, au début du mois dernier :

"Jusqu'à présent, c'était une catastrophe. Mais il a une chance de se rattraper avec le Grenelle de l'environnement."

(Sarkozy à propos de Jean-Louis Borloo, devant quelques intimes, dans la semaine du 3 au 9 septembre 2007, cité in Le Canard Enchaîné N°4533, 12 septembre 2007)

C'était, semble-t-il, avant que Jean-Louis Borloo ne parte faire une visite-éclair au Groenland, le 10 septembre dernier, pour constater par lui-même les effets du réchauffement climatique...

Borloo au Groenland: le réchauffement va "plus vite" que prévu

Le réchauffement climatique au Groenland va "plus vite" que le prévoyaient les modèles climatiques, a indiqué à l'AFP le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo, en visite éclair sur ce territoire avec plusieurs experts du climat.
"Quand on voit les images satellites, le carottages glaciaires, il n'est plus discutable que tous les modèles de prévisions climatiques étaient conservateurs: en réalité tout va plus vite", a souligné M. Borloo.
"L'idée est d'aller constater la réduction des glaces due à la fonte, l'accélération du vêlage (cassure de l'extrémité du glacier dans l'océan où il forme un iceberg), les traces de pollutions qui ne peuvent être d'origine locale ou régionale", a expliqué le ministre.
Interrogé sur l'impact en terme d'émissions de gaz à effet de serre de cette visite en Airbus, M. Borloo a répliqué: "Alors qu'est-ce qu'on fait? On ne bouge plus? Chaque fois que je sors de mon bureau, j'apprend quelque chose", a-t-il poursuivi.
Le trajet de 7.000 km du ministre doit conduire à l'émission de 65 tonnes de CO2, que le ministère a prévu de compenser à travers une contribution à un projet écologique dans le cadre du protocole de Kyoto.
La température moyenne en Arctique s'est réchauffée deux fois plus vite que sur le reste du globe ces 100 dernières années.
M. Borloo devait se rendre jusqu'au glacier Kangerlua, dans le fjord d'Ilulissat, à plus de deux cents kilomètres au nord du cercle polaire sur la côte ouest du Groenland.
Ce glacier, devenu le grand témoin du réchauffement, a reçu ces derniers mois les visites de la chancelière allemande Angela Merkel, du président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso ou de la présidente démocrate du Congrès américain, Nancy Pelosi.
Le fjord d'Ilulissat (plus de 40.000 ha) a été classé au patrimoine mondial de l'humanité en 2004. Etudié depuis plus de 250 ans, notamment par les expéditions de Paul-Emile Victor, le site a permis d'enrichir la compréhension du changement climatique et de la glaciologie de la calotte glaciaire.
C'est un des glaciers les plus rapides (19 m par jour) et les plus actifs au monde. Son vêlage annuel - 35 km3, soit 10% de toute la glace de vêlage (les icebergs) du Groenland - dépasse celui de tous les autres glaciers hors Antarctique.
Le ministre, qui a affrété l'Airbus présidentiel, est accompagné par une délégation de 40 personnes comprenant notamment les climatologues Hervé Le Treut et Jean Jouzel, le glaciologue Gérard Ancellet, ainsi que l'explorateur Jean-Louis Etienne et le photographe Yann Arthus-Bertrand.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 septembre 2007, 18h07)

Commentaire de Sarkozy au retour de Borloo de son escapade groenlandaise :

"C'est vraiment ridicule [...]. Qu'est-ce qu'il lui a pris d'aller là-bas avec mon avion, et en plus de dire que cela allait produire 65 tonnes de CO2 ?"

(Sarkozy à propos du voyage de Jean-Louis Borloo au Groenland le 10 septembre 2007, cité in Le Canard Enchaîné N°4534, 19 septembre 2007)

Décidément, encore une gaffe... Aussi, pour "se rattraper", Borloo n'a pas, semble-t-il, ménagé sa peine, notamment en terme de communication à l'occasion de ce "Grenelle" annoncé depuis des semaines, le ministre n'hésitant pas à parler de "changer radicalement la donne" en matière environnementale, et même de "révolution écologique"...
Venons-en donc à ce fameux "Grenelle de l'environnement", cette grande réunion ainsi nommée en référence aux accords sociaux signés à l'issue du mouvement de mai 1968. Cette table ronde, inédite en France, réunissant experts, représentants d'associations écologistes, du patronat, des syndicats, de l'Etat et des collectivités, a eu lieu avant-hier et hier, mercredi 24 et jeudi 25 octobre, à Paris, après quatre mois de discussions et de négociations sur de nombreuses questions concernant les contraintes économiques d'une part, et la protection de la planète et du climat d'autre part.
Au terme de la majeure partie des travaux de ce sommet environnemental, un certain nombre de mesures - concernant l'agriculture, la biodiversité, les transports, le bâtiment, l'énergie, la santé publique et les déchets - ont été proposées, sans qu'il y ait eu unanimité entre les participants pour un certain nombre d'entre-elles, et jeudi après-midi, Sarkozy de Nagy-Bocsa a donc annoncé, depuis l'Elysée, ses arbitrages, à l'occasion d'un grand discours sur l'environnement et le développement durable, prononcé notamment devant le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et deux prix Nobel de la Paix, l'Américain Al Gore et la Kenyane Wangari Maathaï, invités à Paris pour l'occasion.

Les trois dépêches de l'Agence France Presse (AFP) qui suivent résument à grands traits ce que l'on peut retenir de ce fameux Grenelle de l'environnement et des engagements pris par Sarkozy hier :


Les principales mesures du Grenelle de l'environnement


Voici les principales propositions retenues par les participants aux deux jours de table ronde finale du Grenelle de l'environnement, avant l'arbitrage du président de la République jeudi après-midi :


AGRICULTURE


- objectif de réduction de moitié des usages des pesticides (sans calendrier) "en accélérant la diffusion des méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point"

- gel des cultures d'OGM jusqu'au vote d'une loi "avant les prochains semis".


- une loi réglementant les OGM proposée au parlement en janvier reprendra la création d'une Haute autorité indépendante, le principe de responsabilité, de transparence (les communes et les départements seront ainsi informés des OGM sur leur territoire) et de précaution. Elle tranchera la question des essais en plein champ pour la recherche.


BIODIVERSITE


- création d'une "trame verte" reliant les espaces naturels pour favoriser la circulation des plantes et animaux.


TRANSPORTS


- éco-pastille avec une ristourne à l'achat pour les voitures neuves les plus sobres, financée par un malus annuel sur les voitures les plus polluantes


- la limitation de 10 km/h de la vitesse sur routes n'a pas été retenue


- écotaxe kilométrique sur les poids-lourds, hors autoroutes, avec une mise en place effective en 2010


- pas de nouvelles routes et autoroutes sauf "cas de sécurité et de congestion, ou d'intérêt local". La création d'aéroports "doit correspondre à un déplacement de trafic pour raison environnementales".


- développement du fret ferroviaire avec lancement de deux nouvelles lignes nord/sud-est et nord/sud-ouest.


- développement des lignes à grande vitesse avec un engagement de 2.000 km de lignes nouvelles avant 2020


- aérien: réduction de 50% de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par des programmes de recherche d'ici 2020. Réduction du bruit de 50% (moins de 10dB par mouvement)


- autoroutes maritimes atlantique (France-Espagne) et méditerrannéenne (France-Italie, France-Espagne).


BATIMENT


Neuf: programme de "rupture technologique" pour tous les bâtiments publics qui devront être construits dès 2010 en basse consommation (50 kwh/m2/an). Pour le privé à partir de 2012.


Ancien: rénovation thermique de tous les bâtiments publics associée à des travaux d'accès aux handicapés d'ici 2015. Bilan énergétique obligatoire dès 2008, l'Etat s'engageant à effectuer la rénovation de ses bâtiments dans les 5 ans.


Dans le privé, mise en place de "mécanismes incitatifs puissants (crédits d'impôt et prêts)


ENERGIE


- Faute d'accord du collège patronal, la décision sur l'instauration d'une contribution climat-energie (taxe carbone) est renvoyée à l'arbitrage du président Nicolas Sarkozy jeudi.

- développement des énergies renouvelables pour atteindre 20 millions de tonnes équivalent pétrole d'ici 2020


- bilan carbone pour toute entreprise de plus de 50 personnes


- interdiction des lampes à incandescence en 2010


- extension de l'"étiquette énergie" à tous les appareils électriques de grande consommation


SANTE ENVIRONNEMENT


- les produits phytosanitaires contenant des substances "extrêmement préoccupantes" seront interdits à la vente dès 2008 pour un usage domestique et dans des lieux publics


- qualité de l'air extérieur: un plan particules sera défini "dans les tout prochains mois" avec la fixation d'un seul maximal de 15 microgrammes/m3 de particules fines (PM2,5) -- valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015 -- soit -30% par rapport à aujourd'hui.


- débat public sur les nanomatériaux


- déterminer une valeur limite d'émission en matière de téléphonie


DECHETS


- le Grenelle se donne douze semaines supplémentaires pour arbitrer sur le traitement des déchets, alors que les écologistes réclament un moratoire sur l'incinération pour développer la valorisation des déchets.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 16h38)


Grenelle de l'environnement: Sarkozy s'engage à étudier la création d'une taxe carbone

Le président Nicolas Sarkozy s'est engagé jeudi à étudier "la création d'une taxe "climat-énergie" en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail", dans le cadre d'une remise à plat de la fiscalité en France.
Nicolas Sarkozy s'est engagé dans un discours à l'Elysée à "porter et à mettre en oeuvre" les propositions issues du Grenelle de l'environnement, qu'il a déclaré "faire siennes".
M. Sarkozy a affirmé qu'il allait engager "une révolution totale dans la méthode de gouvernance", pour mettre l'environnement au centre des enjeux politiques, revendiquant notamment une volonté de "rupture" en matière de transports pour donner la priorité au non routier.
Nicolas Sarkozy a annoncé la suspension de la culture commerciale des OGM "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.
"Dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Ceci en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une instance qui sera créée avant la fin de l'année", a déclaré le chef de l'Etat.
"La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides, la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination, la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM", a-t-il ajouté.
Les surfaces cultivées en OGM en France (uniquement du maïs de type Mon810) représentent 0,75 % des surfaces totales de maïs.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo avait annoncé un gel des cultures de maïs génétiquement modifié jusqu'à l'examen d'une loi "dès janvier 2008".
Le principe d'une loi réglementant les OGM en janvier a été entériné, de même que la mise en place d'une Haute autorité indépendante, a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a "demandé" jeudi au ministre de l'Agriculture "Michel Barnier de proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent", dans un discours à l'Elysée après le Grenelle.
Sur ce sujet, le bras de fer entre écologistes et représentants des agriculteurs a finalement été tranché au détriment du camp "vert". Le texte final avalisé par le ministère de l'Ecologie évoque une réduction de 50% de l'usage des pesticides, mais sans date butoir, et conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives".
La "taxe écologique annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants" doit "permettre de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d'un véhicule propre", a également indiqué Nicolas Sarkozy.
Il a aussi annoncé un programme doté d'un milliard d'euros sur quatre ans "pour les énergies et les moteurs du futur".
Le Grenelle "restera comme un moment important dans la prise de conscience par notre société qu'elle ne peut plus vivre dans le gaspillage, qu'elle ne peut plus négliger les conséquences sur l'avenir de la planète de sa façon de vivre, de produire et de consommer", a-t-il lancé.
"C'est bien à une révolution que nous invite ce Grenelle de l'environnement", a-t-il assuré, en évoquant "une révolution dans nos façons de penser, dans nos façons de décider, une révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères".
Le Grenelle a terminé jeudi après-midi ses travaux, à l'exception d'une dernière table ronde sur la démocratie écologique reportée à vendredi matin. Cette dernière table ronde doit notamment accroître la place des associations d'environnement dans les institutions (Conseil économique et social) et entreprises.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 17h59)


Sarkozy annonce des mesures pour une "révolution verte" en France


Le président Nicolas Sarkozy s'est prononcé jeudi (25 octobre) pour la suspension des cultures d'OGM et une réduction des pesticides, sans aller jusqu'à la création immédiate d'une "taxe carbone", en concluant un sommet de deux jours destiné à lancer "une révolution verte" en France.

M. Sarkozy a prononcé son discours devant le gouvernement en son entier, le Prix Nobel de la Paix 2007, Al Gore, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, affichant ainsi sa volonté de donner un caractère solennel à cette initiative.
Al Gore a salué ce sommet inédit en France, assurant qu'il constituait un "formidable coup d'accélérateur" à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
Depuis mercredi, les participants -- écologistes, représentants du patronat, des syndicats, de l'Etat et de collectivités -- ont participé à d'ultimes négociations pour arriver à présenter une série de mesures.
Ils ont toutefois échoué à se mettre d'accord sur une revendication clef des écologistes, celle de la création d'une "taxe carbone" sur les produits gros consommateurs d'énergie fossile. Considérée comme un test de l'échec ou du succès de ce sommet par les organisations écologistes, la création de cette taxe est rejetée par le patronat en l'absence d'une remise à plat globale de la fiscalité.
Sans trancher, M. Sarkozy s'est engagé à "ce que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe "climat-énergie" en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité".
Autre point, qui a donné lieu à un bras de fer entre écologistes et agriculteurs, celui des pesticides, qui pollue les eaux et les sols, et dont la France est le premier utilisateur en Europe.
Soutenant le "principe de précaution (...) qui doit être interprété comme un principe de responsabilité" notamment pour les auteurs de pollutions, M. Sarkozy a demandé au ministre de l'Agriculture Michel Barnier "de proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible, dans les dix ans qui viennent".
Il a confirmé la suspension de la culture commerciale de maïs génétiquement modifié annoncée dans la matinée "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.
Parmi les avancées, qui ont fait l'objet d'un consensus, figurent des mesures dans les secteurs, clef pour la lutte contre les gaz à effet de serre, du bâtiment et des transports.
La priorité doit être donnée au rail dans les années à venir et la création d'une "écopastille" a été décidée pour pénaliser les véhicules les plus polluants comme les grosses berlines et les 4X4 et récompenser les plus vertueux. Les modalités doivent toutefois être encore précisées.
Le sommet a entériné un fort développement du "bio" dans l'agriculture, dont la part (calculée en surfaces agricoles utiles), devra passer à 6% en 2012 et 20% en 2020, contre 2% actuellement.
Les participants à ce sommet se sont montrés plutôt satisfaits, disant toutefois attendre de voir les conditions d'application des mesures.
"Franchement, on est entrés dans l'ère de l'écologie. On est passés à l'action. On est confiants, heureux", a affirmé Nicolas Hulot, l'une des figures de l'écologie française. Greenpeace a vu de son côté dans ce sommet des "avancées" mais aussi du "flou".
Cette réunion a été baptisé "Grenelle de l'environnement" en référence à des accords sociaux historiques, signés en France en mai 1968.
L'ONU a averti jeudi, dans la plus grande étude qu'elle ait consacrée aux dangers du changement climatique, qu'une action immédiate et décisive était indispensable à tous les échelons pour garantir la survie des générations actuelles et futures.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 20h12)


Que retenir de tout celà ? Ce Grenelle aura au moins été une bonne occasion d'ouvrir enfin véritablement le dialogue entre associations écologistes, patronat, syndicats, Etat et collectivités, au sujet de la protection de l'environnement. Mais ce sommet aboutit à des engagements qui restent à confirmer, la question étant notamment de savoir comment seront financées les mesures annoncées, notamment en ce qui concerne les transports et le logement. Pour le reste, les groupes de pression non-écologistes ont, une fois de plus, bien fait leur travail de sape. La proposition qui avait été faite de réduire la vitesse des véhicules sur autoroute de 10km/h est ainsi passée à la trappe. En ce qui concerne la réduction de l'utilisation des pesticides, dont la France est le premier pays utilisateur en Europe, et le quatrième dans le monde, les engagements restent bien vagues. La question de la poursuite de l'utilisation de l'énergie nucléaire n'a pas fait l'objet d'un débat. Les conditions de la suspension annoncée de la culture des OGM - jusqu'à nouvelle expertise - sont floues, et il n'y a même pas une véritable garantie pour ce qui est des semis de l'année prochaine, qui pourraient fort bien échapper au moratoire, même si Sarkozy, comme à son habitude, à voulu donner le change en martelant, dans son style bien à lui : "La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides, la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination, la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM"... Encore une tentative pour noyer le poisson, mais avec Sarkozy, depuis le temps, on est habitué... Et pour ce qui est d'une véritable fiscalité "verte", il faudra repasser, alors que "payer l'énergie plus cher pour en consommer moins demain" est pourtant une "équation incontournable", ainsi que l'écrit Jean-Michel Thénard dans le Canard Enchaîné de cette semaine (N°4539, 24 octobre 2007). Pour le reste, on aura pû remarquer que les mesures annoncées, pour un certain nombre d'entre-elles, ne sont que des mises en conformité par rapport à diverses directives européennes, notamment en ce qui concerne les transports et le bâtiment...
Au delà du Sarko-show habituel, des beaux discours et de la satisfaction affichée devant les caméras et les micros, le Grenelle de l'Environnement est-il donc vraiment une réussite ? En tout cas, Jean-Louis Borloo, avec des gesticulations qui en rappellent d'autres, n'a pas caché hier son enthousiasme devant les médias... "On n'est pas dans une République de l'annonce, on est dans une République de l'action" s'est-il notamment senti obligé de déclarer, tout joyeux, dans un entretien au journal télévisé 19/20 de France 3 d'hier soir... Alors, beaucoup de bruit pour pas grand-chose ? Eh bien, ma foi, compte-tenu du long chemin qu'il reste encore à parcourir en matière de politique environnementale, je serai grand seigneur ;-), et je veux bien reconnaître que, pour ce qui est des mesures annoncées, c'est toujours mieux que rien. Reste à savoir comment lesdites mesures seront appliquées... et financées. Le gouvernement sera jugé sur ses actes, pas sur ses belles paroles.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Image satellite de la Nasa montrant la concentration de glace dans l'Arctique en septembre 2005 par rapport à 1979 [en jaune], ©AFP/NASA/Archives ; Le ministre d'Etat,  ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables Jean-Louis Borloo [à gauche] et la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le 27 septembre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik AFP/Archives ; Icebergs au Groenland, photographie de Yann-Arthus-Bertrand ; Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo le 24 octobre 2007 à Paris, lors du Grenelle de l'Environnement, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Patrick Kovarik ; Alain Bougrain-Dubourg, Nicolas Hulot, Sebastien Genest et Nadir Saifi, représentants d'associations écologistes, lors du Grenelle de l'Environnement le 24 octobre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP ; Epi de maïs génétiquement modifié près de Marmande, photographie de l'Agence France Presse, ©Derrick Ceyrac AFP/Archives ; Fumée s'échappant des cheminées d'une usine, photographie de l'Agence France Presse, ©Mychele Daniau/AFP ; Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy à l'Elysée le 25 octobre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; José Manuel Barroso, Al Gore, Nicolas Hulot, Jean-Louis Borloo, Sarkozy et Wangari Maathaï, à l'Elysée, le 25 octobre 2007, lors du Grenelle de l'Environnement à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/ Olivier Laban-Mattei ; Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko Moriset à l'Elysée le 25 octobre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 10 2007 23:59
Je ne sais ce qu'il en est pour vous, mais, pour ma part, je commence être à nouveau quelque peu agacé par l'ambiance d'anarque générale qui règne, plus que jamais, un peu partout en ce moment, dans ce monde de Teletubbies qu'est devenu la France de Qui-vous-savez...
Vous souvenez-vous des Teletubbies, chers lecteurs ? Pour ceux qui l'ignorerait, ou l'aurait oublié, il s'agit des attendrissants personnages d'une célèbre série télévisée britannique en 365 épisodes de 25 minutes, destinée aux très jeunes enfants de 0 à 2 ans. Produite par Ragdoll Productions,
tournée dans le comté de Warwick ou Warwickshire, en Angleterre, et diffusée à l'origine entre mars 1997 et janvier 2001 par la BBC, cette série a connu un succès international et a été diffusée notamment en France sur Canal+, au Québec sur Télé-Québec et en Suisse sur la Télévision Suisse Romande. Encore aujourd'hui, dix ans après sa création, la série est toujours présente sur diverses chaînes de télévision dans 120 pays du monde - dont, en France, la chaîne thématique TiJi, depuis 2002. Les Teletubbies, conçus par leurs créateurs comme des "bébés technologiques", se présentent comme de sympathiques créatures ressemblant à de grosses peluches de couleurs vives, répondant aux doux noms de Tinky Winky (en violet), Dipsy (en vert), Lala (en jaune) et Po (en rouge), tous les quatre vivant en communauté à Teletubbyland, dans un dôme futuriste appelé "Tubbydome Supertronic" ou "Tubbytronic Superdome", et situé au milieu de collines verdoyantes où l'on trouve des lapins, des fleurs et des périscopes parlants. Dans le monde joyeux et apaisant de Teletubbyland, les gentils Teletubbies jouent, dancent, font des bêtises, et se nourrissent de TubbiToasts, biscuits ronds avec un sourire, ou de TubbyDélice, sorte de boisson rose qu'ils boivent dans un bol à paille intégrée. On se souvient qu'en 1999, les Teletubbies ont été pris pour cible par l'écrivain américain Bret Easton Ellis, qui, dans un texte, les considérait comme "maléfiques", la série télévisée présentant, selon lui, l'image lénifiante d'un monde aseptisé et planifié, déconnecté de la réalité, né de l'hypocrisie des adultes et conforté par elle.
Hasard du calendrier, les Teletubbies ont effectué, tout récemment, dans le cadre d'un "Teletubbies Tour" international pour célébrer leur 10e anniversaire, une visite à... Paris, où on a notamment pu les voir lundi dernier, 15 octobre, sur la place de la Concorde...
Que la série des Teletubbies soit censée être adaptée aux enfants encore à l'âge du berceau, passe encore... Mais que les beaux discours si éloignés du réel, et les gesticulations sur-médiatisées au service du vide, tels que ceux adressés aux Français par Sarkozy de Nagy-Bocsa, puissent avoir les mêmes effets décérébrants sur les citoyens que peuvent avoir les innocentes tribulations télévisées des Teletubbies sur les adultes, voila qui est aussi affligeant que désespérant. Quand ouvrira-t-on enfin les yeux sur la réalité de la présidence sarkozyste ? Quand prendra donc fin cette ambiance d'apesanteur politique qui dure depuis trop longtemps ? Le réveil viendra bien un jour, mais la chute dans le réel sera d'autant plus dure qu'elle n'aura que trop tardé...

« Les mots qui enflent

Quand on en sera revenu, de l'omniprésident, quand il sera possible à chacun de reprendre ses esprits, sans doute se demandera-t-on : comment nous sommes-nous laissé prendre ? Comment avons-nous pu le laisser pérorer ainsi, effectuer sa tournée sur tous les écrans, pareil à un catcheur s'autocongratulant bras levés sur le ring, immodeste et fier de l'être ? Surtout : comment a-t-on pu le laisser ainsi dire n'importe quoi sans réagir ? Sans doute est-ce qu'il ne nous en laisse pas le temps. Une énormité chasse l'autre. On en oublie de s'arrêter une minute. Arrêtons-nous une minute.
 C'est une déclaration pas si vieille que ça (elle n'a même pas dix jours), faite à Sofia [pendant la visite officielle de Sarkozy en Bulgarie, le 4 octobre dernier], lors de son grand raout humanitaire : "Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, a lâché Sarkozy, il devient automatiquement français." Bon. Il y a de quoi se taper le cul par terre, non ? Non, disent certains : il nous l'a déjà faite, celle-là, pendant sa campagne électorale. Certes. Bonjour les blasés. Mais il y a un détail : nous n'y sommes plus, en campagne électorale. Il est président, maintenant. Le temps des folles promesses et des discours ronflants destinés à entourlouper l'électeur est derrière nous.
 Du moins, il est censé être derrière nous. Et le Président est censé maintenir un certain contact avec le réel. Or le réel, c'est quoi ? C'est, depuis cet été, la traque des sans-papiers avec objectif chiffré. C'est, à Amiens, un enfant tchétchène qui en fuyant la police tombe du 4e étage [le 9 août dernier] et se retrouve dans le coma. C'est une Chinoise sans papiers paniquée qui se jette par la fenêtre et meurt [le 20 septembre]. C'est un sans-papiers égyptien qui tente de s'immoler par le feu à Paris [le 5 octobre] (ça faisait vingt-deux ans qu'il essayait de régulariser sa situation). C'est l'amendement Mariani sur l'ADN [ajouté au projet de loi du ministre Hortefeux relatif à la maîtrise de l'immigration] et l'indignation massive qu'il déclenche, au point que SOS-Racisme, "Libération" et "Charlie Hebdo" remplissent un Zénith là-dessus [le 14 octobre], avec en prime un député UMP (François Goulard). Ce sont les nombreux Africains, et pas qu'eux, qui n'ont toujours pas avalé le discours Banania de Sarkozy à Dakar [lors de la visite officielle du président français au Sénégal, le 26 juillet dernier]. Le réel, c'est aussi la main qu'il a tendue au dictateur Kadhafi, preneur d'otages et oppresseur de son peuple. C'est la main serrée à Poutine et l'acquiescement à la "spécificité" de sa conception des droits de l'homme [lors de la visite officielle de Sarkozy en Russie, les 9 et 10 octobre derniers]. C'est le soutien du bout des lèvres au peuple birman, dont on sait bien qu'il a beau être "humilié, persécuté, opprimé", on ne va pas lui sacrifier les intérêts de Total [bien que la société pétrolière et gazière française soit, depuis longtemps, accusée de collusion avec la junte militaire au pouvoir en Birmanie]...
 Bref, le réel, c'est la Real Politik à la Sarkozy. Mais ce n'est pas cette France mythifiée, toute d'amour et de chocolat, dégoulinante de "droits-de-l'hommisme" qu'il essaie de nous faire gober. Ce n'est pas cette atmosphère de campagne électorale permanente qu'il fabrique sciemment.
 La règle est inflexible : plus les mots du pouvoir sont gagnés par l'enflure, plus ses formules se font grandiloquentes, et plus c'est le réel qui morfle.
Nous y sommes.
»

(Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné N°4538, 17 octobre 2007)

Aujourd'hui, jeudi 18 octobre, a débuté la première grande épreuve sociale pour Sarkozy et son gouvernement, avec le déclenchement d'un mouvement de grève massif contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, mouvement de grève qui a été largement suivie, surtout dans les transports publics, la mobilisation à la SNCF ayant été particulièrement forte, avec plus de 73% de grévistes, soit 10 points de plus qu'en 1995, à l'époque des grèves anti-Juppé. La France est-elle enfin sur le point de sortir de sa torpeur ? Pas sûr, car la seule question qui intéresse vraiment les Français, à en croire les médias, c'est une information d'ordre anecdotique, sans intérêt véritable, mais sur laquelle, une fois n'est pas coutume, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'avait pas cherché à communiquer jusqu'à aujourd'hui... Voilà, en effet, le chef de l'Etat dépassé par sa propre logique de sur-communication au service du vide, car la France est maintenant sous perfusion sarkozyste, dépendante du feuilleton pathétique que Sarkozy a créé pour elle, la créature ayant depuis échappé au maître... Du coup, il a bien fallu finir par lâcher du lest...

Nicolas et Cécilia Sarkozy "ont divorcé par consentement mutuel"

Nicolas et Cécilia Sarkozy "ont divorcé par consentement mutuel", a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué, environ deux heures après la diffusion d'un premier communiqué évoquant une "séparation par consentement mutuel".
Deux heures plus tôt, un communiqué de l'Elysée évoquaient une "séparation par consentement mutuel", une situation totalement inédite pour un président français, mettant ainsi fin à plusieurs mois de rumeurs et de spéculations.
Par ce communiqué lapidaire de 15 mots,le couple présidentiel a officialisé ce qui faisait presque quotidiennement la une des médias.
Encore jeudi matin, " l'affaire Cécilia " éclipsait dans plusieurs journaux dont Libération la grève nationale sur les régimes spéciaux de retraite.
"Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire", déclare le communiqué rendu public à 13H20 par l'Elysée.
Le mot de divorce n'apparaissait pas dans ce premier communiqué, alors que des constitutionnalistes avaient débattu tout au long de la semaine sur la possibilité pour le chef de l'Etat de divorcer, en raison de son statut qui le protège de tout acte en justice.
Juste après cette annonce, le président a quitté la France pour un sommet européen à Lisbonne.
Premier divorcé élu à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, 52 ans, est donc également le premier chef d'Etat français à se séparer officiellement de son épouse pendant son mandat.
Pressé depuis plusieurs semaines par les médias de clarifier sa situation de couple, M. Sarkozy a mis fin à une incertitude qui pesait sur ses activités présidentielles. Les journalistes le questionnaient sans relâche sur sa vie privée, et avaient lundi encore interrogé son porte-parole sur la présence ou non de Cécilia à une visite d'Etat au Maroc, la semaine prochaine.
Traditionnellement, la Première dame accompagne le chef de l'Etat dans ces visites.
Mariés depuis 1996 - leur anniversaire de mariage tombe le 23 octobre -, le couple a un fils, Louis, agé de 10 ans. Il offrait l'image d'une famille recomposée, avec les deux filles Judith et Jeanne-Marie nées d'une première union de Cécilia avec l'animateur Jacques Martin, et Pierre et Jean, issus du premier mariage de Nicolas Sarkozy.
Cécilia n'était plus apparue en public depuis le 20 septembre, jour des obsèques de Jacques Martin.
Elle est cette semaine à la une des principaux hebdomadaires, avec deux photos posées dans Paris Match, prises dans un grand hôtel parisien par l'auteur de la photo officielle du président.
Nicolas Sarkozy, et son épouse, 49 ans, s'étaient déjà séparés en 2005, avant de se retrouver un an plus tard.
Après avoir été très présente à ses côtés dans la vie politique - elle fut notamment sa chef de cabinet à l'UMP - Cécilia Sarkozy s'était mise en retrait, n'apparaissant quasiment pas en public pendant la campagne présidentielle. Mais on lui prêtait une influence importante dans l'ombre.
Le président, qui n'a jamais fait mystère de l'importance de son épouse à ses yeux et qui multipliait publiquement hommages et attentions, avait affirmé pendant la campagne et depuis son élection que son épouse "aurait un rôle", encore à définir, auprès de lui à la présidence.
Le couple ne s'était toutefois pas installé à l'Elysée et Mme Sarkozy n'avait fait que très peu d'apparitions officielles.
Elle était en revanche intervenue de façon aussi spectaculaire qu'inattendue dans le dossier des soignants bulgares détenus en Libye, faisant deux fois le voyage de Tripoli comme "émissaire personnel" de son époux et raccompagnant les infirmières à Sofia dans un avion officiel français.
Ses absences répétées alimentaient les rumeurs. Cet été, en vacances aux Etats-Unis, elle avait renoncé au dernier moment à un déjeuner chez le président George Bush, officiellement pour cause "d'angine blanche", avant d'être photographiée le lendemain faisant du shopping.
En 2005, avant leur première séparation, elle avait lancé dans le magazine Télé Star: "Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte".
Depuis la présidentielle, la rivale socialiste de M. Sarkozy, Ségolène Royal et son compagnon François Hollande, numéro 1 du PS, ont également annoncé leur séparation.
Un des premiers à réagir à l'annonce de l'Elysée, le député socialiste Arnaud Montebourg a lancé: "La France se moque comme d'une guigne des peines de coeur de ses dirigeants politiques."


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 octobre 2007, 14h56)

Décidément, quoi qu'en dise ce gros malin de Montebourg, entre apesanteur politique - avec évaporation cérébrale "télétubbistique" - et informations anecdotiques mais censées être "généralistes" et présentées comme telles, les Français semblent trouver leur compte, dans ce qui semble être, pour la plupart d'entre-eux, le meilleur des mondes possibles... Le réel, lui, reste en grande partie à la marge... mais que voulez-vous, la concierge qui est censée sommeiller en chacun de nous n'a pas besoin de grand-chose pour s'épanouir, juste de quoi alimenter ce fameux partage social des émotions dont nous sommes si dépendants, dans une société où la place des médias est si importante... comme celle des rumeurs et des commérages.

Quand on sait que Cécilia Sarkozy n'a même pas pris la peine d'aller voter au deuxième tour de la dernière élection présidentielle, en mai dernier, il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner de la rupture - véritable, celle-là - du couple Sarkozy. Je n'ai, pour ma part, rien d'autre à dire sur ce divorce présidentiel, si ce n'est qu'il tend à confirmer que Sarkozy de Nagy-Bocsa aura décidément tout sacrifié sur l'autel de l'ambition personnelle et du pouvoir. C'est triste pour sa famille, mais plus encore pour le pays, qui n'avait vraiment pas besoin d'avoir un tel homme à sa tête... Maintenant, pour nous, comme pour lui, le vin est tiré, et il faut bien le boire... même s'il a un goût de mauvais vinaigre...

Passons donc à autre chose, en attendant le réveil des Français, encore majoritairement endormis dans Teletubbyland...


Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Les Teletubbies [Lala en jaune, Tinky Winky en violet, Po en rouge et Dipsy en vert], photographies, entre 1997 et 2001, © BBC ; Caricature de Sarkozy, par Kiro, sans date [vers 2005] ; Nicolas et Cécilia Sarkozy à Paris le 14 juillet 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Clemens Bilan AFP/archives ; Les Teletubbies à Paris, place de la Concorde, le 15 octobre 2007, photographie anonyme, diffusée sur le site "100 % Séries !" [http://www.public.fr/blog-series/], © DR)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 01:49
Une bien fâcheuse nouvelle m'est parvenue il y a quelques jours : Sauron, le principal commentateur de ce blog - et le seul véritablement régulier depuis la création dudit blog -, se voit, depuis hier, vendredi 5 octobre, contraint au silence, pour cause de déménagement et donc de rupture de connection Internet. Faut-il voir là un signe des temps ? En tout cas, celà coïncide avec ce qui semble s'imposer aujourd'hui comme le franchissement d'une nouvelle étape pour ce blog. Un nouveau départ, dans la continuité, avait déjà eu lieu au lendemain de l'élection de Sarkozy de Nagy-Bocsa à la plus haute charge de l'Etat, puisque j'avais alors souhaité poursuivre l'aventure, au delà de la dernière campagne présidentielle. Aujourd'hui, il est temps de prendre acte de l'entrée du présent blog dans une nouvelle période, dans la mesure où - celà n'aura sans doute pas échappé à mes lecteurs ;-) - je n'ai pas pû publier d'article depuis deux semaines...

Des contraintes personnelles d'emploi du temps m'obligent à ralentir le rythme d'alimentation de mon blog en nouveaux articles. Ecrire et publier sur Internet prend beaucoup de temps, et du temps, je n'en dispose désormais plus autant que durant les mois précédents. C'est ainsi. Je ne suis toutefois pas inquiet sur l'avenir de mon blog, car ce ralentissement d'activité ne saurait être de nature à modifier radicalement ni la modeste audience dont bénéficie le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste, ni le nombre, plus modeste encore, des commentaires publiés au bas des articles. Du reste, je n'exclue pas de reprendre un jour un rythme de publication plus important, si l'occasion se présente un jour.

En vérité, je pourrais essayer de publier régulièrement des articles très courts, facilement rédigeables et pouvant être publiés plusieurs fois par semaine. Mais ce n'est pas là ma conception de l'écriture, fut-elle celle de nombreux bloggeurs. Je pourrais choisir également la voie de la facilité en intégrant, dans des articles qui seraient désormais réduits à quelques lignes, des vidéos, choisies parmi les milliers de vidéos qui sont proposées chaque jour en ligne. Mais je préfère consacrer l'espace d'expression fourni par ce blog à la seule écriture, que je tiens toutefois à continuer d'agrémenter avec des illustrations soigneusement choisies. Je n'ignore pas que certains me reprochent de publier des articles trop longs, mais que voulez-vous, on ne se refait pas, et pour ma part, je me refuse à céder à tout prix et en permanence aux tyrannies de l'urgence et des apparences convenues qui caractérisent, hélas, si bien notre temps. Si vous aimez lire, chers visiteurs, alors parcourir ce blog ne doit pas être si pénible que celà, et, du reste, si celà peut vous rassurer, je n'ai désormais plus le temps de me plonger dans la rédaction de très longs articles...

J'aspire, par ailleurs, à prendre un peu de recul - et cette fois, de façon véritablement significative - avec l'actualité politique, et notamment l'actualité sarkozyenne, qui, de toute façon, ne s'arrête jamais, et que l'on chercherait en vain à suivre sans y perdre, à la longue, le sens commun. Je continuerai, naturellement, à me préoccuper des évènements politiques qui me paraitront être significatifs, mais j'essaierai désormais d'éviter que les articles de mon blog se contentent de suivre le fil de l'actualité sans que soit toujours pris la distance nécessaire pour apprécier ladite actualité à sa juste valeur.

Il y a toujours des actualités à commenter. Je pourrais ainsi vous parler en détail du budget 2008, dévoilé par le gouvernement le 26 septembre dernier, premier budget du quinquennat sarkozyste, prétendument proche de la stabilité, parait-il, et qui ne se contente, en fait, que de stabiliser les déficits, sans les réduire. Le projet de loi de finances (PLF) 2008 incluant le non remplacement de 22.900 postes de fonctionnaires partant à la retraite, sur environ 69.000, soit un sur trois - et non pas un sur deux comme le gouvernement s'y était engagé à l'origine -, les économies, dans ce domaine, seraient de 458 millions d'euros pour 2008, mais on ne manquera pas de remarquer que ces fameuses économies liées à la suppression de postes de fonctionnaires ne devraient représenter que moins de 19,5% de la somme correspondant au coût global du fameux "paquet fiscal", voté cet été, coût global qui est évalué à 8,9 milliards d'euros... Le gouvernement n'en continue pas moins de considérer que LA solution-miracle pour résoudre les problèmes financiers de l'Etat réside, forcément, dans une réduction drastique des effectifs de la fonction publique, réalisée sans concertation, ni volonté d'envisager sérieusement les conséquences que cette réduction ne peut manquer d'avoir sur la qualité du service public.

Je pourrais aussi vous parler en détail de l'amendement, aussi intempestif que douteux, au projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, de l'intégration et de l'asile, amendement qui rend possible la pratique de tests ADN pour les candidats immigrés au regroupement familial. Adopté dans la nuit du 4 au 5 octobre derniers par le Sénat, avec une version modifiée de l'amendement sur les tests ADN voté auparavant par une poignée de députés à l'Assemblée Nationale dans la nuit du 19 au 20 septembre, ce projet de loi du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Brice Hortefeux, doit désormais être examiné par une commission mixte paritaire, composée de 7 députés et 7 sénateurs, qui devrait rendre son avis dans le courant du mois. Opposé depuis le début, et comme beaucoup d'autres citoyens, à l'amendement sur les tests ADN, et ne pouvant qu'approuver l'avis rendu jeudi dernier, 4 octobre, par le Conseil consultatif national d'éthique, lequel a déclaré à cette occasion que "l'inscription dans la loi d'une identification biologique réservée aux seuls étrangers est en contradiction avec l'esprit de la loi française", j'ose encore espérer que cet amendement, même dans sa version modifiée, sera purement et simplement retiré d'ici la fin du mois.

Je pourrais vous parler en détail de ce que pense Sarkozy de Nagy-Bocsa des membres de son gouvernement : officiellement le président de la République est toujours fier de ses ministres, comme il l'était au début de l'été, mais officieusement, il ne se gène pas pour les traiter de "cons" et de "nuls", tant il est vrai que les membres de son équipe, de François Fillon à Christine Lagarde, en passant par Bernard Kouchner, Rama Yade, Jean-Louis Borloo et Laurent Wauquiez, n'ont, jusqu'ici, jamais râté une occasion, semaine après semaine, de commettre des gaffes diverses et variées. "J'ai beaucoup de nuls et de cons au gouvernement" déclare régulièrement Sarkozy a ses interlocuteurs, à en croire le Canard Enchaîné (N°4535, 26 septembre 2007), l'actuel chef de l'Etat allant jusqu'à envisager un vigoureux remaniement ministériel dès le mois de janvier prochain...

Je pourrais vous parler des tribulations de Dominique Galouzeau de Villepin dans l'affaire Clearstream, et des efforts que fait l'ancien Premier ministre pour se sortir du pétrin : auditionné par les juges d'Huy et Pons le 13 septembre dernier, il doit à nouveau l'être le 11 octobre prochain. Profitant, ses dernières semaines, de la promotion dans les médias de son dernier livre consacré à Napoléon Ier, Villepin, invité par les chênes de télévision et de radio, n'a pas manqué d'affirmer à nouveau son innocence dans l'affaire Clearstream, et de dénoncer l'instrumentalisation que fait Sarkozy de ce dossier, en se faisant passer pour la seule victime dans cette histoire - alors que c'est bien loin d'être la cas -, et en voulant réduire cette affaire à une affaire politique alors il s'agit en fait d'une affaire de manipulation industrielle, sur fond de succession à la tête du géant aéronautique européen EADS, Sarkozy n'étant alors concerné - de façon indirecte - qu'en tant qu'ancien ministre de l'Economie, et non en tant que politicien. De fait, la confusion que Sarkozy continue d'entretenir dans cette affaire - alors qu'il est à la fois partie civile et garant de l'indépendance de la Justice en tant que président - n'est pas de nature à laisser penser que Villepin soit réellement coupable de ce dont l'accuse, à savoir d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat. Il est dommage que le temps me manque pour évoquer cette affaire complexe en détail, mais je ne manquerai pas d'aborder à nouveau ce dossier lorsque celà me paraitra nécessaire, quoiqu'en pensent beaucoup de gens, qui considèrent que cette affaire est sans importance, ce qui est bien évidemment faux.

Je pourrais vous parler aussi de la nomination du socialiste Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fond Monétaire International, avec le soutien de Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 28 septembre, pour cause de PS hors service (Le Canard a, une fois de plus, sû trouver la juste formule dans son N°4535 déjà cité : "(PS HS) + (DSK) = (FMI)"). Je pourrais vous parler aussi du scandale des ventes d'actions EADS, en 2006, par ses principaux actionnaires et dirigeants, soupçonnés aujourd'hui de délit d'initiés. Je pourrais même aussi vous parler des résultats des élections politiques en Russie, qui sont connus six mois à l'avance grâce au génie du président Vladimir Poutine. Je pourrais aussi vous parler de l'écrasement récent, en Birmanie (Myanmar), par la junte militaire au pouvoir, d'un grand mouvement de protestation populaire, écrasement vivement condamné dans le monde. Je pourrais aussi vous parler des Etats-Unis d'Amérique, de l'Irak, de l'Iran, du conflit israëlo-palestinien... et de beaucoup d'autres sujets qui font l'actualité. Mais le temps me manque, et par ailleurs, pour être franc, j'ai besoin de "lever le pied" un moment, comme on dit...

Il faudra donc que je me contente d'aller à l'essentiel, ou du moins à ce qui me parait essentiel... Dans la mesure où ce blog politique se veut aussi culturel, j'essaierai également d'élargir quelque peu l'horizon dudit blog, en prenant donc un peu de distance avec les exaspérantes gesticulations sarkozystes, avec la politique, afin de parler d'autre chose de temps en temps - pourquoi pas de cinéma, par exemple ? -... et de prendre vraiment du recul.

De toute façon, comme dirait un défunt ancien président de la République cher à Sauron, je crois aux forces de l'esprit, et je ne vous quitterai pas... ;-) Bien que désormais un peu en retrait du tourbillon permanent de l'actualité - notamment sarkozyenne -, je n'en reste pas moins présent, pour continuer l'aventure, et rester attentif aux évènements de notre temps... Du reste, à quoi bon vouloir se réfugier aujourd'hui dans quelque retraite loin des soucis du monde comme il va, quand le fait de simplement rentrer en soi-même permet de trouver le repos de l'âme ?

Pensée de l'Empereur Marc Aurèle (121-180 après J.-C.)


Ils se cherchent des retraites, maisons de campagne, plages ou montagne ; et toi aussi, tu prends l'habitude de désirer fortement des choses de ce genre. Voilà qui est absolument vulgaire, puisqu'il t'est loisible de faire retraite en toi-même à l'heure que tu voudras. Il n'est pas pour l'homme de retraite plus tranquille ni plus débarassée d'affaires que dans sa propre âme, et surtout quand on possède en soi-même tout ce qu'il faut pour arriver, à condition d'y porter son attention, à cette aisance facile, qui n'est qu'un autre nom de l'ordre. Accorde-toi donc continuellement cette retraite ; renouvelle-toi ; aie des formules brèves, élémentaires qui, dès qu'elles se présentent, suffiront à écarter tout chagrin et à te renvoyer sans irritation aux affaires quand tu y reviens. Contre quoi te fâcher ? Contre la méchanceté des hommes ? Reprends ce raisonnement : "Les vivants raisonnables sont nés les uns pour les autres ; la justice consiste, pour une part, à les supporter ; c'est malgré eux qu'ils pèchent ; combien de gens ennemis, soupçonneux, haineux, combatifs sont étendus à jamais ou réduits en cendre !" Cesse donc de t'irriter. - Contre la part qui t'est attribuée dans l'univers ? Répète-toi l'alternative : ou bien providence ou bien atomes ; et tout ce qui démontre que le monde est comme une cité. - Mais tu es encore en contact avec le corps ? Réfléchis : la pensée n'est plus mélangée à ce souffle vital dont les mouvements sont aisés ou violents, dès que tu te reprends et que tu connais la liberté qui t'est propre ; songe du reste à tout ce qu'on t'a appris sur la peine et le plaisir et à quoi tu as donné ton assentiment. - Mais tu te laisseras entraîner par le désir de la gloire ? Considère la rapidité avec laquelle tous sont oubliés, l'abîme du temps infini dans l'un et dans l'autre sens, la vanité des paroles retentissantes, l'humeur changeante et indécise de ceux qui semblent te louer, l'étroitesse du lieu où cette gloire se borne ; car la terre entière n'est qu'un point, et ce pays n'en est qu'une infime fraction ; et ici même combien y a-t-il d'hommes pour recevoir des éloges, et que sont-ils ? - Reste à songer à la retraite dans ce petit champ bien à toi ; avant tout, ne te tourmente pas, ne fais pas d'effort ; soit libre ; vois les choses virilement, en homme, en citoyen, en animal mortel. Aie toujours à ta disposition et sous ton regard ces deux principes : d'abord, les choses ne touchent pas l'âme, elles restent dehors immobiles, et les troubles ne viennent que de l'opinion intérieure. Ensuite, tous les êtres que tu vois, à peine changent-ils, ne seront bientôt plus ; pense aussi à tous ceux que tu as vu toi-même se transformer. "Le monde est changement ; la vie est opinion."

(Marc Aurèle, Pensées, Livre IV, [3])

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : L'Automne, huile sur toile [1573], par Giuseppe Arcimboldo, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Rama Yade [secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme], de Sarkozy, et de Jean-Louis Borloo [Ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables], par Pétillon, parue dans le Canard enchaîné N°4522, 27 juin 2007 ; Le Pont du Gard, huile sur toile [1787], par Hubert Robert, Paris, Musée du Louvre.)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 09 2007 13:25
Et voilà... Moins d'une semaine après le Forum de Seignosse, j'ai à nouveau le moral dans les chaussettes... Quelle fatigue de devoir suivre l'actualité sarkozyste ! C'est d'un déprimant... Mais enfin, il me faut bien évoquer le programme de l'actuel chef de l'Etat en ce qui concerne les fonctionnaires, puisque Sarkozy de Nagy-Bocsa s'est enfin décidé à le présenter, après avoir retardé l'échéance (voir l'article "Quid de la Fonction publique à la sauce sarkozyste ?"). Mercredi dernier, après avoir dévoilé la veille, mardi 18 septembre, son programme de réformes sociales, avec notamment l'alignement des régimes spéciaux de retraite, l'assouplissement des 35 heures, la fusion de l'ANPE avec l'Unédic, et la réforme du contrat de travail, Sarkozy a, en effet, prononcé, à Nantes, son discours relatif à la réforme de la fonction publique, discours annoncé initialement pour le 12 septembre.

Sarkozy propose aux 5 millions de fonctionnaires une "révolution culturelle"


A peine lancé le compte à rebours de son "nouveau contrat social", Nicolas Sarkozy a engagé mercredi [19 septembre] à Nantes un autre chantier délicat en proposant aux fonctionnaires une "révolution culturelle", seule capable selon lui d'introduire la fonction publique dans le XXIe siècle.


Attendu de pied ferme par les fédérations syndicales du secteur, le président a admis, devant les élèves de l'Institut régional d'administration (IRA), le "malaise" actuel d'un Etat "impécunieux et impuissant" et a sonné l'heure de sa "refondation".


"Nous devons refonder une fonction publique où les fonctionnaires n'auront pas le sentiment d'être réduits à l'impuissance, parce qu'ils ne savent pas toujours ce que l'on attend d'eux, parce qu'ils ont trop souvent le sentiment d'être mal aimés, mal considérés, parce qu'ils servent un Etat qui fonctionne mal", a-t-il déclaré.


Reprenant nombre de ses thèmes de campagne, Nicolas Sarkozy a détaillé le "nouveau pacte" qu'il souhaite proposer aux 5 millions de fonctionnaires, brossant le portrait d'un secteur public moins nombreux, plus ouvert et plus motivé, dont les agents seraient payés au mérite et le statut assoupli.


"Je me suis engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire qui part en retraite sur deux, et cet engagement je le tiendrai", a-t-il d'abord réaffirmé en précisant, notamment aux agents de l'Education nationale, que ce principe ne pourrait être "que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et d'organisation".


Fidèle à sa devise "travailler plus pour gagner plus", le chef de l'Etat a également souhaité que "tous les fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires, quel que soit leur statut".


Evoquant leur rémunération, Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé en faveur du principe "d'individualisation" afin de tenir compte "du mérite, de l'implication, de l'expérience, des résultats" des agents.


Il n'a toutefois fait aucune proposition concrète en matière de hausse de leur pouvoir d'achat, l'une des plus pressantes revendications des huit fédérations du secteur (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CGC, CFTC).


Dans un souci de "souplesse" et de "mobilité", il a enfin souhaité qu'une partie des agents de la fonction publique puisse choisir "entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré" et que ceux qui souhaitent la quitter bénéficient d'un "pécule". Il a remis en cause le concours d'entrée, accusé notamment de ne plus être garant de diversité ou de mixité sociale.


Conscient de s'attaquer à certains des principes sacro-saints de la fonction publique, Nicolas Sarkozy a pris soin de longuement rendre hommage à la "moralité" et au "professionnalisme" des fonctionnaires, puis de rassurer sur la méthode de sa "révolution".


"Toutes les propositions que je viens de formuler (...) sont autant de thèmes de négociation et de concertation avec les organisations syndicales", a-t-il insisté.


A l'inverse de son discours de la veille [au Sénat, sur les questions sociales], le président n'a pas non plus fixé de calendrier contraignant à son gouvernement. "Cela ne se fera pas en un jour", a-t-il concédé, "mais l'ensemble des engagements devront être tenus durant mon quinquennat".


Les syndicats n'ont pas tardé à monter au créneau pour dénoncer les "propositions" présidentielles. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, lui a ainsi reproché un "dynamitage de tous les principes fondateurs de la fonction publique". Les syndicats doivent se réunir vendredi pour tenter de définir une action commune.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 septembre 2007, 16h27)

Ainsi, Sarkozy veut effectuer une réforme complète, d'ici à la fin de son quinquennat, des statuts, de la rémunération, de la formation, de l'accès et de la sortie de la fonction publique. Tout celà est fort bien, sauf qu'en fait de réforme, il entend se contenter, d'une part, de réduire drastiquement les effectifs - notamment dans l'Education nationale, qui, comme d'habitude, est certainement la cible privilégiée du gouvernement -, et, d'autre part, sous prétexte de "souplesse" et de "mobilité", de réaliser un démantèlement progressif du statut des fonctionnaires, en remettant notamment en cause les principes de neutralité et d'indépendance de la fonction publique, principes qui protègent les citoyens et les usagers. Bref, dans ce domaine comme dans d'autres, le programme sarkozyste est un vrai programme de républicain... des Etats-Unis. Autant dire que c'est un peu court pour un pays comme la France, et surtout inquiétant pour l'avenir. Avec le pacte "Service public 2012" de l'actuel chef de l'Etat, on pourrait être tenté de parler de pacte avec le diable, mais comme je l'ai déjà écrit sur le présent blog, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'est ni César, ni Napoléon, ni un dieu, ni même le diable incarné : ce serait encore lui faire trop d'honneur. Sarkozy n'est que... Sarkozy, et c'est déjà largement assez, tant il est insupportable... et fatiguant.

Hier soir, 20 septembre, le chef de l'Etat est intervenu une nouvelle fois à la télévision, s'affichant notamment, comme d'habitude, en grand Libérateur du Travail, avec son credo de campagne "travailler plus pour gagner plus". Comme d'habitude, il a voulu montrer qu'il s'occupait de tout... et qu'il tenait ses promesses : "pendant la campagne, j'ai pas menti, moi"
s'est-il ainsi senti obligé de déclarer...
 
Nicolas Sarkozy s'explique et distribue bons et mauvais points


Nicolas Sarkozy a défendu jeudi soir à la télévision les réformes sociales à marche forcée qu'il a annoncées mardi et mercredi et distribué de nouveau bons et mauvais points tous azimuts.


"On ne m'a pas élu pour commenter les problèmes de la France. On m'a élu pour trouver des solutions à des problèmes qui sont pendants depuis des années", a déclaré le président de la République en préambule d'une longue interview recueillie au Palais de l'Elysée par TF1 et France 2.


Il a notamment réaffirmé qu'il fallait en passer par l'alignement des régimes spéciaux de retraites sur le régime général de la fonction publique d'ici la fin de l'année pour assurer le financement du système des retraites en France.


"Je ne transigerai pas sur l'affaire des 37,5 années de cotisation qui doivent passer à 40", a déclaré le chef de l'Etat, qui a cependant pris soin de cajoler les 1,5 millions de personnes concernées et les syndicats.


Aux premiers, il a assuré qu'ils conserveraient leur statut particulier, que la pénibilité de leur travail serait prise en compte, qu'il n'entendait pas les "stigmatiser", ne les jugeait pas "privilégiés" et faisait "confiance à leur honnêteté".


"Le gouvernement est prêt à discuter assez largement du temps qu'il faut pour arriver aux 40 années", a-t-il ajouté.


Aux seconds, qui jugent intenable le calendrier fixé par le chef de l'Etat, il s'est dit prêt à aller au-delà des deux semaines données au ministre du Travail Xavier Bertrand pour consulter les partenaires sociaux : "S'il s'agit de mettre quelques semaines de plus, bien sûr qu'on les mettra."


L'appel à la grève lancé par les syndicats de cheminots pour le 18 octobre ? "S'il y a des problèmes, eh bien on les affrontera", a dit Nicolas Sarkozy, qui a assuré que les nouvelles règles en matière de service minimum s'appliqueraient.


Il a également défendu ses projets d'assouplissement des 35 heures, de refonte de la fonction publique, de franchises pour les soins médicaux, de lutte systématique contre la fraude sociale et fiscale, etc. En matière de pouvoir d'achat, il a réaffirmé que les allègements de charges pour les entreprises seraient subordonnés à l'ouverture de négociations salariales et au relèvement des minima salariaux inférieurs au smic.


Face à la révision à la baisse des prévisions de croissance des économistes pour 2007 et 2008, Nicolas Sarkozy, qui disait encore récemment vouloir porter la croissance du PIB français à 3%, a en revanche tempéré quelque peu son volontarisme.


L'année "2007, j'y suis quand même pour rien, 2008 on va essayer de la doper et 2009 ça sera la mienne", a-t-il dit. "Il faut que nous ayons une croissance entre 2,5% et 3% pour arriver au plein emploi (...) Je veux aller chercher cette croissance."


Nicolas Sarkozy s'est efforcé de dissiper les rumeurs de tension avec son Premier ministre, qui s'est dit "un peu agacé" que le chef de l'Etat l'ait ramené au rang de "collaborateur".


SATISFECITS ET MAUVAIS POINTS



François Fillon fait son travail "de façon parfaitement remarquable", dit Nicolas Sarkozy, qui a dit travailler "main dans la main" avec le Premier ministre. "Si agacement il y avait eu, je l'aurais constaté certainement", a-t-il ajouté.


Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui a fait état dans des interviews d'un possible remaniement ministériel en janvier, a eu moins de chance : "Le remaniement ministériel n'est pas quelque chose qu'on annonce plusieurs mois à l'avance et ceux qui en ont parlé en on parlé imprudemment."


Le chef de l'Etat a reproché au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner d'avoir estimé dans une interview, à propos du différend sur le programme nucléaire iranien que les pays occidentaux devaient se préparer "à la guerre".


"Moi, je n'aurais pas employé le mot guerre", a dit Nicolas Sarkozy, qui a cependant affirmé que "ce qu'a fait Bernard Kouchner au Darfour et au Liban" était "remarquable".


Les ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur, Xavier Darcos et Valérie Pécresse, le secrétaire d'Etat aux "Solidarités actives" Martin Hirsch, Jean-Louis Borloo (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Fadela Amara ont eu droit à des satisfécits.


Nicolas Sarkozy a en revanche pris le contrepied de sa ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui avait parlé de "rigueur" à propos de la réduction du nombre de fonctionnaires, en affirmant qu'il ne croyait pas à une "politique d'austérité" mais à une politique "fondée sur l'effort".


C'est cependant une nouvelle fois le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet qui a fait le plus les frais des piques du président de la République.


"Quand la Banque centrale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit problème", a-t-il déclaré. "Je dis à M. Trichet (...) 'regardez ce que font les autres, l'enfer ce n'est pas toujours les autres'."


En revanche, il a rendu hommage à son ancienne adversaire socialiste Ségolène Royal - "une femme courageuse et très estimable" - et jugé que les attaques dont elle est la cible dans son propre camp "sont un peu déplacées".


(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 21 septembre 2007, 00h02)

A chaque fois que je vois Sarkozy de Nagy-Bocsa parler à la télévision depuis l'Elysée, j'ai toujours la même interrogation en tête : "Mais, nom d'une pipe, qu'est-ce que cet énergumène fait là ?", "Comment a-t-on pû en arriver à cette situation ?", "Pourquoi est-il là ?"... La réponse, en vérité, je ne la connais que trop : Sarkozy occupe la plus haute charge de l'Etat parce qu'il l'a ardemment voulu, et parce que la société française actuelle est suffisemment médiocre pour ne pas l'avoir empêché d'atteindre son objectif... Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois... Et maintenant, il est là. Pour le meilleur, et sans doute surtout pour le pire.

J'éprouve le besoin de prendre du recul vis-à-vis des gesticulations médiatiques sarkozyennes. Désormais, je m'efforcerai d'en parler moins, et de me concentrer sur l'essentiel. Mais je m'efforcerai aussi de rester vigilant. Puisque Sarkozy de Nagy-Bocsa veut être jugé sur ses actes, et qu'il fait tout ce qu'il peut pour recevoir des pruneaux, il sera servi... en temps voulu.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste... assez fatigué, ces jours-ci.


(Illustrations : Sarkozy, le 19 septembre 2007, pendant son discours aux jeunes fonctionnaires des trois fonctions publiques en formation de l'Institut Régional d'Administration [IRA] de Nantes, photographie de L. Blevennec, © Service photographique de la Présidence de la République ; Sarkozy devant les caméras des chaînes de télévision TF1 et France 2, le 20 septembre 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters/HO ; Capture d'écran réalisée le 20 septembre 2007 du président Sarkozy s'exprimant sur la chaîne de télévision France 2, ©AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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