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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Vendredi 22 février 2008 5 22 02 2008 23:55
undefined Décidément, ça n'arrête pas : depuis le début du mois, comme durant les mois précédents du reste, l'absurdité présidentielle n'en finit pas d'inonder le débat public... Le film d'action annoncé à vite viré au navet... Ce qui est censé être sérieux se mélange avec ce qu'il ne l'est pas, et finalement, toutes les informations étant traitées par les médias avec la même importance, plus rien ne finit par être important... C'est un peu comme si on jettait tout et n'importe quoi dans une poubelle initialement prévue pour le tri sélectif des ordures : il est difficile de s'y retrouver lorsque la poubelle commence à déborder... Du coup, on est tenté de tout balancer par dessus bord, sans faire le tri... Tentons donc l'expérience avec l'actualité présidentielle récente...

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Tout d'abord, cette histoire minable de SMS présidentiel... C'est bien connu : Sarkozy de Nagy-Bocsa est très friand du service de messagerie SMS (Short Message Service), qui permet de transmettre de courts messages textuels - appelés eux-mêmes "SMS", ou "texto" - d'un téléphone portable à un autre. On a souvent vu l'actuel président de la République utiliser ce service avec son propre portable en public, notamment lors de ses déplacements, en France comme à l'étranger. Or, le 7 février dernier, Sarkozy de Nagy-Bocsa a déposé une plainte à l'encontre du site Internet du magazine Le Nouvel Observateur, nouvelobs.com. Motif de cette plainte, pour "faux, usage de faux et recel" : le site en question, la veille, 6 février, avait publié un article en ligne, dans lequel il affirmait que l'actuel chef de l'Etat, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni, aurait envoyé à son ex-épouse Cécilia un SMS contenant cette unique phrase : "Si tu reviens, j'annule tout". Au delà de l'importance de l'information contenue dans ce désormais fameux SMS, et au delà de l'hypothèse selon laquelle les journalistes responsables de cette "révélation" auraient peut-être oublié leur cerveau dans leur lit en se levant le matin du 6 février, on aura remarqué que c'est la première fois qu'une plainte pénale contre un média est ainsi déposée par un président en exercice de la Ve République : ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac, par exemple, n'ont, en leur temps, engagé la moindre procédure judiciaire contre des médias, bien qu'ils aient eu maintes occasions de le faire... Si c'est par ce genre de "rupture" que Sarkozy veut entrer dans l'histoire, ce sera, décidément, par une bien petite porte... Toujours est-il que le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel - dont des féministes, le mois dernier, réclamaient de voir les fesses, dans le cadre d'une autre affaire -, a finalement tenu à faire, plus ou moins, acte de contrition, la semaine dernière...

SMS publié par le nouvelobs.com : "nous avons eu tort" écrit Jean Daniel

undefined Le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, estime dans l'édition à paraître jeudi [14 février] que l'hebdomadaire a "eu tort" de faire état sur son site internet d'un SMS que le chef de l'Etat aurait adressé à son ex-épouse Cécilia, à l'origine d'une plainte de Nicolas Sarkozy.

Dans son éditorial intitulé "Une erreur ? Oui", Jean Daniel souligne que le président de la République a "jeté lui-même sa vie privée en pâture".

"C'est là, disons-le, que nous avons eu tort", écrit-il. "Car c'est précisément parce qu'il faisait tout pour nous entraîner dans son univers qu'il ne fallait pas s'y laisser conduire", explique-t-il.

Nicolas Sarkozy a déposé jeudi [7 février] une plainte pour "faux, usage de faux et recel" à l'encontre du nouvelobs.com, après que le site eut affirmé que le chef de l'Etat aurait envoyé à son ex-épouse, huit jours avant son mariage samedi dernier avec Carla Bruni, un SMS indiquant : "Si tu reviens, j'annule tout".

"La porte qu'il a ouverte en étalant sa vie privée, nous n'avions pas à la franchir", reconnaît M. Daniel, ajoutant : "Si j'avais eu l'information dont Airy Routier (le journaliste à l'origine de l'article, ndlr) a disposé, je me serais empressé de m'en détourner".

Concernant la plainte au pénal déposée par M. Sarkozy, le journaliste juge que le chef de l'Etat a "décidé de s'engager dans une stratégie de sanction qui risque (...) d'apparaître comme un véritable combat contre la presse".

Dans un autre article, les directeurs de la rédaction du Nouvel Observateur, Guillaume Malaurie et Michel Labro, rejoignent la position de M. Daniel.

"Ce 'confidentiel' proposé par notre journaliste Airy Routier, enquêteur aguerri du magazine, a été transmis directement au responsable du site qui l'a mis en ligne", expliquent-ils.

"Si cet article avait été présenté -comme cela aurait dû l'être- à la direction de la rédaction, il est probable, sinon certain, qu'il n'aurait pas été publié. Du moins pas sous cette forme".

Les deux directeurs renouvellent toutefois leur "confiance" à M. Routier, affirmant qu'il n'a "ni inventé, ni trafiqué, ni manipulé quoi que ce soit".

Ils estiment que la procédure engagée par M. Sarkozy est "brutale, inédite et formidablement inéquitable", puisque le président, qui est partie civile "bénéficie de l'immunité pénale dans l'exercice de ses fonctions et d'un pouvoir d'influence sur les procureurs".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 13 février 2008, 20h50)

On a appris aujourd'hui, 22 février, que Cécilia Ciganer-Albeniz, ex-Sarkozy, devrait être prochainement entendue par les policiers chargés par le parquet de Paris de vérifier l'authenticité du fameux SMS que l'actuel président de la République lui aurait adressé. L'affaire fera-t-elle "pschitt", pour reprendre une expression chère à Jacques Chirac ? Cela vaudrait mieux, vu son "importance"... Sarkozy pour sa part, crie évidemment à l'injustice :
"Il n'y a pas de crise politique, pas de crise sociale. Les gens ne sont pas dans la rue, on n'a pas de grèves, pas de manifestations, pas de demandes de retrait de textes dans la rue genre CPE. Il n'y a pas de juges aux portes de l'Elysée. Et pourtant, il y a une campagne menée contre moi comme on n'en avait jamais vu depuis trente ans. Jusqu'à ce faux SMS. Vous vous rendez compte, personne n'a appelé l'Elysée pour vérifier !"

(Sarkozy, en privé, la semaine dernière [semaine du 11 au 17 février 2008], cité dans Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008)

Pauvre Sarkozy... C'est injuste, bien sûr,... mais la vie est injuste. Pourtant, l'actuel chef de l'Etat s'occupe si bien de tous les Français... quel que soit leur âge... au moins dès l'école primaire...

Nicolas Sarkozy prône un retour aux "fondamentaux" à l'école primaire

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Le président Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi [15 février] à Périgueux un retour aux "fondamentaux" pour diminuer l'échec à la sortie de l'école primaire et annoncé l'introduction d'une "instruction civique et morale" où serait notamment abordée la question de la mémoire de la Shoah.

Le président de la République a estimé, au côté du ministre de l'Education Xavier Darcos qui est aussi maire de Périgueux, que "notre école primaire ne se port(ait) pas bien" et énoncé son objectif: "Diviser par trois, d'ici la fin de la mandature, le taux d'échec scolaire à la sortie du CM2".

Il a souhaité que les nouveaux programmes scolaires intègrent une "instruction civique et morale" qui "prévoit notamment l'apprentissage des règles de politesse et de bonne tenue, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française: le drapeau tricolore (...), Marianne, l'hymne national, à l'écoute duquel nos enfants devront se lever".

"C'est dans ce cadre" que s'inscrirait l'initiation des élèves au drame de la Shoah, selon M. Sarkozy, qui a défendu son idée controversée de "confier la mémoire" d'un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2.

"On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays", a-t-il estimé.

Le président avait débuté sa journée en visitant deux classes de primaire avant de poser avec les élèves dans la cour. Il a été applaudi par des habitants dans les rues mais a aussi été hué par quelques dizaines de personnes rassemblées devant le théâtre.

"C'est à l'école primaire que tout se joue", a-t-il indiqué par ailleurs, soulignant que "le collège n'était souvent que le révélateur de difficultés plus anciennes". "15% des élèves" sortent de l'école "en grande difficulté" et "25% avec des acquis fragiles", a-t-il précisé.

Sur les "moyens" mis au service de son "projet éducatif", le président a indiqué que la semaine d'enseignement serait "ramenée à 24 heures au lieu de 26" pour proposer, "dès septembre, dans toutes les classes de l'école primaire, (...) deux heures de plus en petits groupes aux élèves en difficulté".

L'évaluation des professeurs des écoles "aura lieu tous les deux ans, au lieu de quatre actuellement en moyenne" et "s'attachera d'abord aux progrès des élèves, et non au choix de telle ou telle méthode pédagogique, que je veux laisser à la libre appréciation de l'enseignant", a-t-il ajouté.

En parallèle, "chaque famille recevra systématiquement, non seulement les résultats de son enfant, mais également ceux de son école", a-t-il expliqué.

Concernant les programmes scolaires, le président de la République entend revenir "à l'essentiel, aux 'fondamentaux' de l'école".

"Les nouveaux programmes de l'école primaire présenteront en quelques pages, dans un langage évitant tout jargon, l'ensemble d'un cursus disciplinaire désormais recentré sur le français et les mathématiques", a-t-il souligné.

Le président a assuré que vocabulaire, orthographe et grammaire seraient des disciplines "remises à l'honneur". En mathématiques, les programmes doivent privilégier "la résolution de problèmes liés à la vie courante".

Ces programmes scolaires sont, selon M. Sarkozy, "un sujet de débat politique, au sens des affaires de la Nation" et non "technocratique".

Il appartient ainsi aux "élus du peuple" de "déterminer ce qui, dans le champ immense du savoir, mérite d'être étudié par les élèves de France", a-t-il estimé.


(Agence France Presse [AFP], 15 février 2008, 16h37)

Comme d'habitude avec Sarkozy de Nagy-Bocsa, il n'y a pas de déplacement officiel - ici à Périgueux - sans le petit coup médiatique qui va avec. Cette fois-ci encore, le chef de l'Etat a parlé, et le ministre n'a plus qu'à exécuter dans les jours qui suivent... sans discussion, bien entendu...

Après le coup du parrainage des enfants tués à Auschwitz par des élèves de CM2, évoqué ici en passant et dont il a déjà été question dans mon précédent article, et après l'annonce d'un recentrage de l'école sur les "fondamentaux", on pouvait s'attendre à un autre coup médiatique sciemment organisé par Sarkozy, mais finalement, le coup suivant a été, semble-t-il, involontaire... puisqu'il n'est pas, cette fois, venu directement du chef de l'Etat, mais d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Sarkozy. Celle-ci a déclenché, mercredi dernier, 20 février, une nouvelle polémique, en affirmant, dans un entretien publié par le magazine VSD, qu'"en France, les sectes sont un non-problème", et en estimant également que l'"on peut s'interroger" sur la menace représentée par l'Eglise de Scientologie, considérée comme une secte dans les rapports parlementaires français mais qui bénéficie du statut de religion aux Etats-Unis d'Amérique. Sarkozy suscitait déjà la méfiance en matière de respect de la laïcité, et personne n'a oublié la visite très médiatisée, en 2004, de l'acteur américain Tom Cruise, adepte bien connu de la Scientologie, à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Raffarin. Voila de quoi mettre l'actuel président de la République un peu plus en difficulté, d'autant plus que c'est Emmanuelle Mignon qui a également eu, par ailleurs, l'idée de faire porter la mémoire d'enfants assassinés à Auschwitz par des élèves de CM2...

En pleine polémique, Sarkozy tente de calmer le jeu sur les sectes

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Déjà critiqué pour ses récentes sorties sur les religions et la laïcité, Nicolas Sarkozy s'est efforcé jeudi [21 février] d'éteindre l'incendie allumé par les déclarations fracassantes de l'une de ses plus proches collaboratrices sur la lutte contre les sectes.

En déplacement dans le Pas-de-Calais, le chef de l'Etat a tenu à afficher une position sans ambiguïté: "Ma position a toujours été claire. Les activités sectaires sont inacceptables, inadmissibles, il faut faire preuve de la plus grande fermeté".

Même si elle en a partiellement démenti le contenu, sa directrice de cabinet Emmanuelle Mignon a mis le feu aux poudres en accordant mercredi [20 février] un entretien à VSD
dans lequel elle dit que les sectes constituent un "non-problème" en France, selon les propos qui lui sont prêtés par l'hebdomadaire.

Dans cet entretien, Mme Mignon juge aussi "scandaleuse" la liste des mouvements sectaires dressée en 1995 par une commission d'enquête parlementaire et ne cache pas "s'interroger" sur la présence, sur cette liste, de la scientologie.

"Ce n'est pas à moi de dire si la scientologie est une secte, il y a une commission pour cela", a tenu à préciser jeudi Nicolas Sarkozy qui, alors ministre des Finances, avait reçu en 2004 devant les caméras l'un de ses plus célèbres adeptes, l'acteur américain Tom Cruise.

"Je n'ai jamais eu la moindre faiblesse avec eux quand j'étais ministre de l'Intérieur", a-t-il insisté, "chacun sait ce que j'ai fait en la matière".

Dans la foulée du président, le Premier ministre François Fillon a assuré qu'il "continuerait" la politique actuelle sur les sectes. Il a aussi souhaité "renforcer" les moyens de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Jeudi sur France 2, M. Fillon a estimé que c'était au "Président de la République de gérer ses conseillers". "Je n'ai pas de conseils à donner aux conseillers du Président de la République. C'est au Président de la République de gérer ses conseillers. Moi je gère la communication du gouvernement", a affirmé le chef du gouvernement, se refusant à tout autre "commentaire".

"Le gouvernement n'a aucun projet tendant à relâcher (la) vigilance" contre les sectes, a renchéri le porte-parole de l'Elysée David Martinon. "Au contraire, il souhaite renforcer nos moyens d'actions afin que la justice puisse intervenir avec toute la sévérité requise contre les organisations ou mouvements qui troublent l'ordre public ou qui exploitent la détresse psychologique".

Déplorant "une incompréhension" entre la directrice de cabinet du président et VSD, il a toutefois concédé une "interrogation" sur la coordination entre la Miviludes et la police et "des réflexions (...) au ministère de l'Intérieur pour progresser sur ce point".

Si ce contre-feu a satisfait le président de la Miviludes Jean-Michel Roulet, qui a jugé "très important qu'il y ait unanimité de la classe politique" sur les sectes, il n'a pas rassuré l'opposition, qui a vu dans la sortie de sa conseillère une nouvelle attaque du président contre la laïcité.

"Le respect de la laïcité et de la pratique religieuse ne s'accommode d'aucun laxisme avec la dérive sectaire", a relevé le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), alors que Ségolène Royal fustigeait "des dérapages sur tous les sujets".

Quant à Corinne Lepage (MoDem), elle a dénoncé "une philosophie générale" qui "est une "déconstruction de la laïcité à la française".

Dans deux discours prononcés à Rome en décembre puis à Ryad en janvier, Nicolas Sarkozy a suscité la controverse en exaltant les "racines chrétiennes de la France" et l'héritage "civilisateur" des religions.

A trois semaines du 1er tour des municipales, cette polémique sur les sectes a aussi agacé dans les rangs de l'UMP. Le député Claude Goasguen l'a jugée "incontestablement gênante", alors que pour l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "on s'en passerait surtout en période électorale".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 février 2008, 22h18)

Si cet épisode "sectaire" a pû constituer un contretemps, cela n'a pas empêché Sarkozy de Nagy-Bocsa de continuer son Sarko-show, à l'occasion d'un déplacement dans le Pas-de-Calais...

Sarkozy pourfend le capitalisme "sans foi ni loi" dans le Pas-de-Calais

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Nicolas Sarkozy a défendu jeudi [21 février] un capitalisme "intelligent", par opposition à un capitalisme "sans foi ni loi" ou "spéculateur", sur l'ancien site de Metaleurop, devenu un symbole de la reconversion économique.

Accompagné par ses ministres Christine Lagarde (Economie) et Jean-Louis Borloo (Ecologie), le chef de l'Etat a passé plus de deux heures sur le site, autrefois le plus pollué de France, pour visiter la nouvelle usine de valorisation des déchets et discuter avec employés et élus.

"Mon ambition est de faire de ce drame une réussite", a déclaré le président, rappelant la fermeture de Metaleurop en 2003 avec ses 830 salariés.

Ce site doit être "l'exemple d'une réindustrialisation réussie", a-t-il affirmé, assurant qu'il "y aurait plus d'emplois dans trois ans qu'il n'y en avait avec Metaleurop".

Quelque 500 emplois ont déjà été créés sur place, selon lui, et "plus de 1.800 devraient l'être dans les trois ans", a-t-il affirmé, sans préciser dans quelles conditions.

Selon le repreneur, Sita France, 420 personnes étaient employées fin décembre sur le site.

"Ce qui s'est passé ici était inacceptable. L'entreprise avait pollué puis elle était partie, les gens étaient désespérés", a-t-il souligné. "Si on vous avait dit que cinq ans après (la fermeture), tout serait dépollué" et qu'autant d'emplois "seraient recréés...", s'est-il félicité.

Le président a profité de sa visite pour proposer la création d'un "fonds national pour la réindustrialisation" des zones en reconversion. "On va en débattre, c'est une proposition que je lance. Je me demande si on n'a pas intérêt à demander aux entreprises d'investir dans un fonds national" pour ces sites, a-t-il déclaré.

Ce fonds serait "éventuellement abondé par l'Etat qui pourrait être un investisseur efficace", aux côtés des collectivités et des entreprises, a-t-il précisé lors d'une table-ronde.

Il a annoncé qu'il accueillerait prochainement à l'Elysée les élus des communes alentour pour évoquer la pollution sur l'ensemble de la zone et évoqué un "fonds de solidarité pour prendre en charge les dizaines d'employés de Metaleurop qui ne pourront pas être recasés".

M. Sarkozy a également promis de revenir sur place "dans les deux ans qui viennent".

"Du capitalisme sans foi ni loi, il faut faire un capitalisme intelligent", a-t-il martelé, défendant plus tard un "capitalisme d'entrepreneurs, pas de spéculateurs".

Pendant sa campagne, il évoquait déjà régulièrement la nécessaire "moralisation" du capitalisme.

Confronté à une baisse très sensible de sa cote de popularité depuis un mois, M. Sarkozy est ainsi revenu, avec cette visite d'un site industriel, sur un terrain familier et qui s'était montré porteur lors de sa campagne, pour évoquer l'emploi et l'avenir des industries environnementales.

"Ce n'est quand même pas rien. Voilà le site qui était le plus pollué de France et on réindustrialise sur quoi ? Sur des industries de l'environnement !", s'est-il exclamé. "C'est exactement le pari qu'on fait: On peut avoir des objectifs de croissance et respecter la nature", a-t-il déclaré.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 février 2008, 16h23)

Aujourd'hui, 22 février, près le numéro, très crédible, de Sarkozy en dénonciateur des excès du capitalisme, est venu le numéro, tout aussi crédible, de Sarkozy en gaulliste convaincu...

Plaidoyer de Sarkozy pour de Gaulle et des combattants de la France libre

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Nicolas Sarkozy a prononcé vendredi [22 février] un plaidoyer en faveur du général de Gaulle et des combattants de la France libre, qui ont "donné aux jeunes de notre époque la fierté d'être français", en inaugurant l'Historial Charles de Gaulle, aux Invalides à Paris.

Le chef de l'Etat était venu accompagné de son prédécesseur à l'Elysée, Jacques Chirac, qui avait décidé en 2002 de créer ce monument en hommage à l'ancien chef de la France libre et fondateur de la Ve République.

Les travaux avaient été lancés fin 2005, en vue d'une ouverture début 2007, mais le chantier ayant pris du retard, c'est à Nicolas Sarkozy qu'il est revenu de l'inaugurer, avant son ouverture au public samedi.

"Déjà, pour les 28 millions de Français nés après 1970, le gaullisme n'appartient qu'à l'Histoire (...) Puissions-nous ensemble apprendre à nos enfants pourquoi le gaullisme n'est pas une leçon d'histoire parmi d'autres, pourquoi cette histoire nous concerne encore, pourquoi elle a pour nous une signification profonde qui n'est pas seulement historique mais qui est aussi morale, pourquoi elle ne nous parle pas seulement du passé mais aussi de l'avenir", a déclaré le président.

"Saurions-nous capables de faire, le moment venu, ce que de Gaulle et ses compagnons ont su faire", a lancé sur un ton où perçait l'émotion, celui qui, entré tout jeune en politique, à 20 ans, affirmait qu'"être gaulliste, c'est être révolutionnaire".

Parmi la foule massée sur l'esplanade des Invalides pour écouter le discours de M. Sarkozy figuraient de nombreux collégiens et lycéens.

"Ils nous ont laissé un pays libre et fort, mais ce n'est pas inscrit dans le marbre, ça se mérite", a poursuivi le président en évoquant les Résistants.

"Si le gaullisme est une histoire qui a encore pour nous une signification, c'est parce qu'il nous parle d'une idée de l'Homme et de la politique qui a encore une valeur, et peut-être une valeur plus grande encore qu'elle n'en a jamais eu, tant la crise identitaire et morale que traverse aujourd'hui notre pays est profonde", a-t-il également affirmé.

Avant son discours, le chef de l'Etat a dévoilé une plaque commémorative à l'entrée du monument, qu'il a ensuite visité, suivi de nombreuses personnalités.

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Outre Jacques Chirac, très applaudi par la foule, il y avait les ministres de la Défense Hervé Morin, de la Justice Rachida Dati, de la Santé Roselyne Bachelot, de la Culture Christine Albanel, la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara, ainsi que Georges-Marc Benamou, conseiller de M. Sarkozy. D'anciens résistants comme Charles Pasqua et Yves Guéna étaient aussi présents.

Pendant que M. Sarkozy visitait rapidement l'Historial, M. Chirac, plusieurs mètres derrière lui, devisait avec Anne Lauvergeon ou donnait le bras à une vieille dame pour l'aider à avancer. "C'est très réussi", s'exclamait l'ancien président.

Imaginé par les architectes Alain Moatti et Henri Rivière, l'Historial Charles de Gaulle propose une plongée au coeur de l'épopée gaullienne grâce à une muséographie révolutionnaire, qui s'appuie uniquement sur l'image et le son.

Ca a été "une très grande fierté pour moi que d'inaugurer ce mémorial. Le général de Gaulle reste un exemple pour chaque Français", a confié M. Sarkozy à la presse.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 février 2008, 18h24)

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer le "gaullisme" de Sarkozy dans un précédent article, publié l'année dernière et consacré à Charles de Gaulle : il n'est donc pas nécessaire d'y revenir...

Vous êtes au bord de l'indigestion, chers lecteurs ? Le film ne vous plait pas ? Petites natures ! Qu'à cela ne tienne, voila qu'arrive une grosse cerise sur le gâteau, histoire de vider complètement la poubelle : il y a deux jours, une autre nouvelle, aussi bouleversante que les autres, sinon davantage, nous est parvenu...

Cantonales : Jean Sarkozy annonce sa candidature à Neuilly-sud

Le fils cadet du président Nicolas Sarkozy, Jean, a annoncé mercredi [20 février] à l'AFP qu'il serait "le candidat de la majorité présidentielle" aux élections cantonales des 9 et 16 mars à Neuilly-sud (Hauts-de-Seine).

Jean Sarkozy, 21 ans, a précisé que cette décision avait été prise "en plein accord" avec Arnaud Teullé, qui était jusqu'à présent candidat sur ce canton et qui conduit également, sans le soutien de l'UMP, une liste aux municipales à Neuilly, ville dirigée entre 1983 et 2002 par Nicolas Sarkozy.

"En plein accord avec Arnaud Teullé, qui souhaite se consacrer exclusivement à la campagne des élections municipales, j'ai décidé de me présenter aux suffrages des Neuilléens pour les élections cantonales de Neuilly-sud", a déclaré le fils du chef de l'Etat.

"Je suis le candidat de la majorité présindentielle. Ma suppléante est Christiane Basset, adjointe au maire de Neuilly", a-t-il précisé.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 20 février 2008, 17h31)

"Mon père m'a dit de rester moi même", explique le candidat Jean Sarkozy

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Le fils cadet du président français Nicolas Sarkozy, Jean, qui brigue un mandat local, a expliqué jeudi [21 février] mener une "démarche humble", en ajoutant que son père lui avait donné un conseil: rester lui-même.

Jean Sarkozy, 21 ans, balaie les critiques évoquant la naissance d'une "monarchie élective" dans la ville huppée de Neuilly, à l'ouest de Paris, dont son père a été maire pendant près de 20 ans, et explique ne pas avoir d'ambition nationale, dans un entretien au quotidien de droite Le Figaro.

Jean Sarkozy a confirmé mercredi qu'il allait briguer en mars un siège au conseil général du département des Hauts-de-Seine comme son père l'avait fait.

Il a précisé qu'il serait le candidat de la majorité présidentielle pour les élections cantonales à Neuilly-sud.

"Le président: il ne m'a donné aucun conseil. Mon père? il m'a dit de rester moi-même et de prendre mes responsabilités", a expliqué Jean Sarkozy.

"Je suis candidat parce que j'ai le sentiment que, pour moi, le moment est venu de m'engager pour une ville que je connais par coeur et que j'aime", a expliqué Jean Sarkozy.

"Ma démarche est une démarche humble et tout à fait locale", poursuit-il. "Je n'ai pas l'intention de m'arroger le droit d'investir le champ de la politique nationale".

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi que son fils Jean, qui vient d'annoncer sa candidature aux élections cantonales des 9 et 16 mars à Neuilly-sud (Hauts-de-Seine), "a l'habitude de se débrouiller tout seul, comme son père à l'époque".

Le chef de l'Etat s'exprimait en marge d'une visite sur l'ancien site de Metaleurop à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais).

"Je trouve que c'est un jeune homme courageux. Ce qu'il a fait, il l'a fait parce qu'il croyait devoir le faire. Je suis assez fier de la façon dont il se débrouille, il a l'habitude de se débrouiller tout seul, comme son père à l'époque", a affirmé M. Sarkozy.

"Je suis un père qui aime son fils, donc je n'ai pas à lui demander de faire ou je n'ai pas à lui interdire de faire. Chaque parent doit soutenir ses enfants mais les laisser décider de ce qu'ils doivent faire", a-t-il ajouté.

Etudiant en droit maniant la même éloquence que son père, Jean Sarkozy était engagé jusqu'à présent dans la campagne pour les municipales à Neuilly-sur-Seine. Il a contribué au retrait du candidat officiel, David Martinon, porte-parole de l'Elysée, qui avait été "parachuté" par son père au grand dam de la droite locale.

Ce psychodrame municipal avait été notamment qualifié de "farce" par l'opposition socialiste.

Jean Sarkozy s'était destiné initialement au théâtre et était pressenti pour jouer dans une comédie à Paris.

Mais il a finalement décidé à l'automne de se consacrer à ses études et à la politique, en lançant sa carrière là où son père a débuté la sienne quand il n'avait lui aussi qu'une vingtaine d'années.

Interrogée sur sa candidature, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a répondu jeudi: "Le feuilleton familial commence à fatiguer les Français et je ne voudrais pas en rajouter, Neuilly n'est pas le centre de la France".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 20 février 2008, 19h33)

Voila, la poubelle est vide, ou presque... Il me reste cet aveu de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, fait le 16 février dernier, en petit comité :

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"En ce moment, je foire tout ce que je fais. [...] Je fonctionne par phases. Tout ce que j'ai fait entre 1993 et 1995, ça marchait bien. Entre 95 et 98, ça n'a plus marché. Puis de 2002 à 2007, ça a été fabuleux. Là, je suis à nouveau dans une mauvaise phase. Il faut laisser passer l'orage. Quoi qu'il en soit, j'accélère. L'important, c'est que les bonnes phases arrivent au moment des élections."

(Sarkozy, en petit comité, le 16 février 2008, cité dans Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008)

Sarkozy aime prendre des risques, mais s'il n'est pas dans une bonne phase aux moment des prochaines élections municipales, en faisant tout ce qu'il peut pour recevoir des pruneaux, il va être servi, même si ce sont surtout les candidats de l'UMP ou assimilés qui risquent de s'en prendre plein la figure...

On l'aura compris : si nous étions dans un film d'action, et que Sarkozy de Nagy-Bocsa en était le héros, le film, à l'évidence, serait complètement nul, faute de scénario crédible et de mise en scène subtile... Sarkozy n'a rien d'un héros : c'est un vrai zéro...
Sarkozy adepte de la médiatisation superficielle et Sarkozy prônant le retour aux "fondamentaux" à l'école, Sarkozy dénonçant le manque de culture historique des enfants et Sarkozy encourageant le formatage mémoriel dès le plus jeune âge, Sarkozy ami d'une laïcité assouplie et Sarkozy ennemi des sectes, Sarkozy répétant sans cesse le slogan "travailler plus pour gagner plus" et Sarkozy soudain apôtre d'un capitalisme "moralisé", Sarkozy l'atlantiste et Sarkozy le "gaulliste"... Il y a de quoi en perdre son latin... Et si vous ajoutez à cela de stupides histoires de SMS et une horrible candidature du fils de Sarkozy - qui une sorte de clone de son père, en plus jeune et plus blond - aux élections cantonales, il y a de quoi avoir envie de sortir bien vite de la salle de projection... Espérons que Nicolas Sarkozy sera le dernier des zéros dans son genre, et que son fils n'aura pas les moyens de marcher trop loin dans les pas de son père... Un Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat, c'est déjà beaucoup trop...

Vous reprendrez bien encore un peu de bêtise sarkozyste pour la route, chers lecteurs ? Voici donc, pour terminer, une dernière énormité, mentionnée par le Canard dans sa fameuse rubrique "Le mur du çon":

Le mur du çon

"Franchi tous neurones dehors par le philosophe sarkozyste André Glucksmann, qui, interrogé par "Le Point" (7/2) sur Sarkozy, a lâché cette puissante analyse :

"Il est peut-être le premier Président situationniste."

    Les situationnistes, rappelons-le, ont été les premiers à dénoncer l'entreprise de la "société du spectacle", le modelage des consciences par le matraquage médiatique et marchand. Et le slogan préféré de Debord était "Ne travaillez jamais".
Glucksmann est vraiment l'homme de la situation !"

(Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008)

Allez... vous en avez assez ? Cela tombe bien : moi aussi ! ;-) Il est grand temps, pour ma part, de tenir mes promesses et de passer vraiment à autre chose : au vrai cinéma, par exemple...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Caricature de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, par Kiro, parue dans Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008 ; Nicolas Sarkozy consultant son téléphone portable, le 8 décembre 2007 à Lisbonne, photographie de l'Agence France Presse, ©Francisco Leong/AFP/archives ; Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, le 2 décembre 2004 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Pierre Verdy ; Nicolas Sarkozy et le ministre de l'Education Xavier Darcos en visite dans une école primaire à Périgueux, le 15 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Régis Duvignau/AFP/POOL ; Nicolas Sarkozy, le 21 février 2008 à Noyelles-Godault, photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Huguen/AFP ; Nicolas Sarkozy sur le site de l'ex-usine Metaleurop Nord le 21 février 2008 à Noyelles-Godault, photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Huguen/AFP ; Nicolas Sarkozy prononçant un discours pour l'inauguration de l'Historial Charles de Gaulle à Paris, le 22 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Nicolas Sarkozy, lors de l'inauguration du mémorial audiovisuel en hommage au général Charles de Gaulle, à Paris, le 22 février 2008, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters/Philippe Wojazer/Pool ; Jean Sarkozy, en compagnie d'Arnaud Teullé [à droite], le 11 février 2008 à Neuilly-sur-Seine, photographie de l'Agence France Presse, ©Stephane de Sakutin/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy, le 21 février 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Eric Feferberg)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 15 février 2008 5 15 02 2008 22:47
Qui a dit que le Sarko-show allait s'arrêter après le mariage de l'actuel chef de l'Etat avec Carla Bruni (appelée aujourd'hui Carla Bruni-Sarkozy) ? Dimanche dernier, 10 février, Sarkozy de Nagy-Bocsa est apparu à la télévision, pour se féliciter, dans une allocution - dont je n'ai pris connaissance qu'un peu plus tard, en parcourant le site Internet de l'Elysée -, pour se féliciter de l'adoption, par la France, du traité européen "simplifié" de Lisbonne, lequel a officiellement été ratifié peu de temps après, avec la publication hier, jeudi 14 février, au Journal Officiel, de la ratification portant la signature de l'actuel Président de la République...

Sarkozy veut redorer son blason en se prévalant d'un "succès" du traité UE

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En chute libre dans les sondages, Nicolas Sarkozy a tenté dimanche soir [10 février] de redorer son blason présidentiel en se prévalant, lors d'une brève allocution télévisée, d'un "succès" du traité de Lisbonne grâce auquel "la France est de retour en Europe".

S'exprimant durant cinq minutes depuis l'Elysée, juste avant de s'envoler pour la Guyane, le président de la République s'est félicité que le Parlement ait autorisé l'exécutif, dans la nuit de jeudi [7 février] à vendredi [8 février], à ratifier le traité européen.

Selon l'Elysée, cette ratification sera effective une fois publiée, jeudi 14 février, au Journal officiel. La France sera le premier pays fondateur de l'Europe à donner son accord au traité, 21 mois après le non des Français qui avait scellé le sort du projet de Constitution européenne.

"Par ce succès, car c'est un succès, la France est de retour en Europe", a affirmé le chef de l'Etat. "Elle y a retrouvé son influence, sa capacité à faire valoir son point de vue, ses valeurs et le rôle moteur qui avait toujours été le sien par le passé".

Il a souhaité que la France "donne l'exemple" et "qu'elle soit de nouveau en Europe une force de proposition et d'entraînement".

Cette allocution, annoncée seulement dans l'après-midi par l'Elysée, est intervenue au terme d'un week-end mouvementé dans le fief sarkozyste de Neuilly-sur-Seine, et alors que plusieurs sondages ces dernières semaines ont marqué une forte baisse de la popularité du chef de l'Etat.

Alors que la gauche et les souverainistes de droite réclamaient un référendum, M. Sarkozy a justifié la ratification par voie parlementaire en affirmant notamment que "si cette condition n'avait pas été remplie, aucun accord n'aurait été possible".

"Pour convaincre tous nos partenaires d'accepter ce nouveau traité simplifié que nous leur proposions et qui n'était plus une Constitution, il fallait qu'en cas d'accord nous nous engagions à le faire approuver par voie parlementaire", a-t-il dit en rappelant aussi son engagement de candidat à passer par le Parlement.

Alors que la France présidera l'UE au second semestre 2008, le chef de l'Etat a souhaité que cette période soit "l'occasion d'avancer" dans la voie d'une Europe "grande puissance".

"C'est dans cet esprit que je proposerai à nos partenaires comme priorité de travailler sur une stratégie de développement durable, une politique commune de l'immigration, une défense européenne et une refondation de la politique agricole", a-t-il insisté.

Enfin, il a plaidé pour que l'Europe puisse "parler de tout", notamment de la monnaie qui n'est "pas un sujet tabou".

"Maintenant, l'enjeu est de remettre de la politique en Europe, de ne plus abandonner l'Europe au seul jeu de règles automatiques qui ne laissent aucune place à la décision et à la responsabilité politique", a déclaré le chef de l'Etat.

"Il faut pouvoir parler de tout comme dans n'importe quelle démocratie: de la monnaie qui n'est pas un sujet tabou, de la politique commerciale, de la politique industrielle, de la réciprocité en matière de concurrence ou des dérives du capitalisme financier", a-t-il ajouté.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 11 février 2008, 1h10)

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La France est le cinquième pays de l'Union européenne à dire oui au traité de Lisbonne, après la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie, l'objectif étant que les 27 pays membres aient entériné ledit traité avant fin 2008 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2009. Ainsi soit-il. Peut-être qu'un jour, la crise existentielle que traverse actuellement l'Europe jouera un rôle cathartique suffisemment fort pour permettre enfin un véritable changement susceptible d'aboutir à l'apparition d'une véritable Europe politique... Nous verrons bien. Ayant déjà eu l'occasion d'évoquer la question européenne dans mon précédent article, je n'y reviendrai pas davantage ici. Il y aura sans doute d'autres occasions d'évoquer à nouveau ce thème plus tard. Revenons, pour l'heure, à l'actuel président de la République...

Le Sarko-show est une sorte d'histoire sans fin... dont on ne peut qu'espérer qu'elle ne durera finalement que cinq ans... A ceux qui considèrent que le troisième mariage de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a sonné le glas du cirque médiatique présidentiel, je serais tenté de dire qu'il n'en est rien, et que le Sarko-show va continuer, même si la forte baisse de popularité de l'actuel chef de l'Etat, bien entendu, l'oblige à changer quelque peu la formule de son spectacle...

Deux sondages confirment le dévissage de Nicolas Sarkozy dans l'opinion

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Deux nouveaux sondages ont confirmé lundi [11 février] le dévissage de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy à quatre semaines des municipales, alors que le psychodrame de la campagne municipale à Neuilly a encore accentué le trouble à l'UMP.

Dans le baromètre Ipsos-Le Point à paraître jeudi [14 février], le chef de l'Etat poursuit sa chute, perdant 10 points de bonnes opinions en février avec seulement 39% de satisfaits, contre 49% en janvier.

C'est le plus mauvais sondage d'opinion, depuis son élection, pour le chef de l'Etat, qui recueille dans cette enquête 58% (+9) d'opinions défavorables (3% ne se prononcent pas).

Il a ainsi perdu 19 points de jugements favorables depuis le mois de novembre où il avait encore 58% de satisfaits dans ce même baromètre.

Même tendance dans le baromètre CSA pour i-Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France à paraître mardi. Nicolas Sarkozy accuse en février un recul de 6 points de sa cote de confiance, qui tombe à 42% contre 48% en janvier et 55% deux mois plus tôt.

Cette baisse de 13 points de la cote de confiance du président s'accompagne en parallèle d'une montée de 14 points des opinions négatives. Les Français sont aujourd'hui 52% à ne pas lui faire confiance contre 45% le mois dernier et 38% en décembre.

Ces deux sondages ont été publiés en pleine tempête des municipales à Neuilly. Ils ont toutefois été réalisés avant l'annonce du retrait du porte-parole de l'Elysée, David Martinon, débarqué par un trio mené par le propre fils du président, Jean Sarkozy.

Toutes les enquêtes d'opinion publiées depuis janvier montrent un décrochage brutal de la cote de popularité du président, ayant principalement pour origine, selon les sondeurs, la déception de l'opinion en matière de pouvoir d'achat et une surmédiatisation de la vie privée du chef de l'Etat.

Les plus mauvais chiffres jusqu'à présent remontaient à une enquête TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine du 30 janvier, avec une cote de confiance de 41% contre 55% ne lui faisant pas confiance, les mêmes chiffres se retrouvant le 3 février dans un sondage LH2-Libération.

La popularité du Premier ministre François Fillon suit une courbe inverse au décrochage présidentiel.

Selon le baromètre Ipsos-Le Point, il recueille 52% de bonnes opinions contre 45% en janvier et 40% de défavorables contre 46% en janvier.

Dans l'enquête CSA, la cote de confiance de M. Fillon remonte de 5 points à 47%. Elle était de 42% en janvier et 45% en décembre. 36% des personnes interrogées lui refusent leur confiance (-3).

La chute du chef de l'Etat dans les sondages, à quatre semaines des élections municipales, inquiète de plus en plus les élus UMP, d'autant qu'elle se double d'autres enquêtes d'opinion laissant augurer des résultats moins bons qu'espérés dans de nombreuses grandes villes, et de la multiplication de listes dissidentes émanant de l'UMP.

L'affaire de Neuilly est encore venue ajouter à la confusion.

"Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer dans ce climat", a averti mardi Dominique Paillé, secrétaire général adjoint de l'UMP.

"Il est plus que temps que les responsables nationaux de l'UMP sifflent la fin de la récréation et remettent en ordre de bataille la maison UMP", a pour sa part demandé le député UMP de Paris Pierre Lellouche, lui même confronté à une liste dissidente [dans le VIIIe arrondissement de Paris].

(Dépêche de l'Agence France Presse, 11 février 2008, 19h37)

Sarkozy à la peine face à l'accumulation de difficultés et une UMP inquiète

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Malgré un retour sur le terrain et la discrétion désormais observée sur sa vie privée, Nicolas Sarkozy peine à enrayer sa chute dans les sondages et doit désormais faire face à la grogne de l'UMP, qu'inquiètent les perspectives de mauvais résultats aux élections municipales.

Alors que les éditorialistes étaient nombreux mardi [12 février] à se demander si Nicolas Sarkozy n'était pas "en train de perdre la main", le chef de l'Etat, en visite en Guyane jusqu'à mardi soir, a évité de parler des sujets qui font mal: les deux nouveaux sondages confirmant le dévissage de sa cote de popularité et le pataquès de Neuilly-sur-Seine.

Tout juste a-t-il lancé aux journalistes qui lui demandaient s'il était inquiet: "moins que vous".

Pourtant, "le président est de mauvaise humeur !", assure un ministre en énumérant les raisons pour lesquelles, selon lui, "Nicolas Sarkozy se sent esseulé": une popularité en berne quand celle de son Premier ministre remonte, le "psychodrame" de Neuilly, les bisbilles entre ministres que la perspective d'un remaniement ministériel après les municipales rend "nerveux", des députés UMP qui crient haro sur ses conseillers...

Déjà inquiets de voir la popularité du président continuer à baisser à seulement un mois des municipales, certains responsables de droite n'ont guère apprécié la façon dont le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, vient d'être évincé par ses colistiers, dont Jean, le fils du président, après avoir été parachuté par le chef de l'Etat lui-même tête de liste à Neuilly-sur-Seine.

Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, a jugé mardi "regrettable" et "inutile" ce "mouvement d'humeur" des colistiers de M. Martinon. "Ce n'est pas comme ça que les choses doivent se faire", a commenté mardi Jean-François Copé, patron des députés UMP, promettant de "tirer toutes les leçons de tout cela après les municipales".

Selon un habitué des arcanes élyséennes, deux sondages sur la municipale de Neuilly avaient été commandés par l'Elysée. L'un d'entre eux, communiqué à la presse par une source anonyme, donnait M. Martinon perdant. L'autre, resté secret, le donnait gagnant.

Samedi soir, le président a pris la décision, selon un membre du gouvernement, de faire partir David Martinon. Et c'est son conseiller Claude Guéant, selon le même, qui l'en a informé. M. Martinon a d'abord tenté de résister - "je ne m'en irai que si le président me le demande" - avant de finalement céder, lundi matin.

Motif de grogne supplémentaire à l'UMP: dans l'ancien fief du président, c'est finalement un non-UMP (Jean-Christophe Fromantin, divers-droite) qui a obtenu mardi le soutien du parti majoritaire. Et l'affaire vient encore de se corser avec la décision du responsable local de l'UMP, Arnaud Teullé, ancien colistier de David Martinon, de poser sa propre candidature...

Autre souci pour le président, selon un ministre: "Nicolas Sarkozy pense qu'il n'a pas assez de relais au niveau du gouvernement et du Parlement", et se demande notamment si François Fillon "ne serait pas en train de gérer ses sondages". Une autre personnalité de droite affirme que Nicolas Sarkozy lui a dit: "Fillon complote contre moi sans arrêt".

Selon le ministre, le président a particulièrement regretté les critiques contre M. Guéant: "Ce n'est pas bien de s'attaquer aux collaborateurs du président. Moi, je m'en suis toujours pris directement à Jacques Chirac, pas à ses collaborateurs. J'ai attendu qu'ils deviennent Premier ministre pour m'en prendre à eux", a-t-il lâché mercredi dernier devant les responsables de la majorité, faisant allusion à Dominique de Villepin.

Pour "reprendre la main", M. Sarkozy "va faire beaucoup de terrain", assure l'un de ses proches. Il devrait se rendre en province au moins une fois par semaine.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 12 février 2008, 19h57)

Si l'on en croit le Canard Enchaîné de cette semaine, nous allons avoir bientôt à nouveau droit à une nouvelle prestation télévisée de l'actuel chef de l'Etat...

"Rejeté par sa base, Sarko va s'inviter chez les Français dans les prochaines semaines. "Une grande émission de télé est projetée", assure un de ses proches. Objectif : "Solder ses histoires de vie privée, rattraper sa mauvaise conférence de presse de la rentrée [le 8 janvier dernier], ressouder la majorité, repréciser le projet présidentiel, etc. Bref, montrer qu'il est dans l'étape d'après."
Une dissolution par exemple ?"

(Le Canard Enchaîné N°4555, 13 février 2008)

En attendant, il s'agit de reconquérir au plus vite le terrain perdu, et de repartir de plus belle à la chasse aux électeurs...

Sarkozy de Nagy-Bocsa a une conception particulière de la laïcité, laquelle pourtant caractérise la République qu'il est censé présider. Le 20 décembre dernier, alors qu'il se trouve à Rome pour recevoir du pape Benoît XVI le titre de chanoine de Saint-Jean-de-Latran - titre honorifique conféré à tous les chefs d'Etat français depuis Henri IV -, Sarkozy déclare que "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé", supposant ainsi que seule l'appartenance de quelqu'un à la religion chrétienne lui permet d'avoir une morale. Même si, depuis, il a reconnu lui-même avoir fait "une grosse connerie" en faisant cette déclaration à Rome (cf. Le Canard Enchaîné N°4552, 23 janvier 2008), Sarkozy de Nagy-Bocsa a néanmoins enfoncé le clou par la suite, le 14 janvier dernier, lors d'un voyage officiel en Arabie Saoudite, en prononçant un discours devant le "Conseil Consultatif" de Riyad, à l'occasion duquel on l'a entendu évoquer le "Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l'homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d'humilité et d'amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect." Quelles que soient ses croyances, quelles que soient celles des autres, l'actuel président de la République n'avait pas, en tant que chef d'un Etat laïc, à tenir ce genre de discours public... Mais il semblerait que Sarkozy se moque de tout cela, lui qui envisage depuis un moment une révision de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Son objectif semble en fait assez clair, ainsi qu'il l'a laissé entendre aux dirigeants de l'UMP qu'il a reçu à l'Elysée le 14 janvier dernier :

"Vous verrez que nos discours sur les religions vont attirer vers nous des gens nouveaux."

(Sarkozy aux dirigeants de l'UMP, à l'Elysée, le 14 janvier 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4552, 23 janvier 2008)

L'objectif étant donc bien évidemment électoraliste, Sarkozy de Nagy-Bocsa ne pouvait que continuer sur sa lancée, à l'occasion du traditionel annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), avant-hier, mercredi 13 février...

Dîner du Crif : Sarkozy défend sa conception de la laïcité devant la communauté juive

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Le président Nicolas Sarkozy a défendu sa conception de la laïcité mercredi au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), regrettant que ses discours de Latran et de Ryad aient donné lieu à des "approximations, amalgames et raccourcis".

M. Sarkozy était l'invité d'honneur du dîner du Crif aalors que, les autres années, ce rôle revient au Premier ministre.

Cette année, un millier de convives étaient rassemblés au pavillon d'Armenonville de Boulogne.

Outre François Fillon et une vingtaine de membres du gouvernement, étaient également présentes des personnalités de gauche (Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, et Ségolène Royal arrivée ostensiblement après les discours, Marie-George Buffet, Robert Hue), une quinzaine d'ambassadeurs, dont la déléguée générale de Palestine, Hind Khoury.

Revenant sur la polémique née de ses propos sur la "laïcité positive", M. Sarkozy a affirmé: "jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse (...) Je défends l'idée que les deux morales sont complémentaires".

"Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs. Mais ce dont ils témoignent n'est tout simplement pas la même chose. Le premier témoigne d'une morale laïque, faite d'honnêteté, de tolérance, de respect. Que ne dirait-on pas d'ailleurs si l'instituteur s'autorisait à témoigner d'une morale religieuse ? Le second témoigne d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie", a-t-il dit.

A la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre, M. Sarkozy avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur".

"Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence", a-t-il également souligné.

"Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable", a-t-il ajouté.

Convenant avec le président du Crif, Richard Prasquier, que l'antisémitisme se combat "dès l'école", M. Sarkozy, plusieurs fois applaudi, a affirmé avoir "demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah".

Il a également annoncé que le président israélien viendrait en France en mars et que lui-même se rendrait en Israël en mai pour le 60è anniversaire de la création de l'Etat.

Défendant le droit d'Israël à sa sécurité, M. Sarkozy a également rappelé que "les Palestiniens doivent avoir un Etat" et qu'"un accord d'ici la fin de l'année est parfaitement possible".

Alors que M. Prasquier venait de faire part d'inquiétudes sur une menace nucléaire iranienne, M. Sarkozy a dit qu'il appartenait "à l'Iran de démontrer ses objectifs pacifiques et de respecter les résolutions des Nations unies" en matière de nucléaire.

"Je ne rencontrerai pas, je ne serrerai pas la main de gens qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël", a indiqué M. Sarkozy.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 14 février 2008, 01h03)

Religion : les explications de Nicolas Sarkozy inquiètent toujours les tenants de la laïcité

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Les explications mercredi de Nicolas Sarkozy sur sa conception de la place des religions dans la société continuent d'inquiéter les tenants de la laïcité, qui craignent une remise en cause de la séparation des églises et de l'Etat, même s'il n'a rien dit du projet de toilettage de la loi de 1905.

Invité d'honneur du dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Nicolas Sarkozy s'est appliqué à contrer les "approximations, amalgames et raccourcis" des commentaires qui ont accueilli, selon lui, ses discours du Latran et de Ryad sur la "laïcité positive".

"Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse (...) Je défends l'idée que les deux morales sont complémentaires (...) Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs", a-t-il insisté, en soulignant qu'il n'enlèvait pas un mot de ses deux discours: "je persiste et signe".

Les tenants de la laïcité ont fait part jeudi de leur crainte d'une remise en cause de la séparation des églises et de l'Etat, rappelant que le projet de toilettage de la loi de 1905 était déjà dans les cartons de Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur.

Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France, a jugé sévèrement la conception présidentielle de la laïcité ,"qui réintégrerait la religion dans le débat public, avec une préférence marquée pour la religion, qui serait supérieure à la morale laïque, parce que porteuse d'espérance".

"Cette conception de la laïcité n'est pas la bonne", a-t-il dit, "il n'y a pas d'un côté la religion et de l'autre la laïcité. La laïcité permet à toutes les identités de vivre ensemble sans que l'une s'impose à l'autre".

"Encore un effort Monsieur le président, et dites-nous clairement que vous ne toucherez pas à la loi de 1905", a-t-il ajouté.

Le numéro un du PS François Hollande a contesté la comparaison entre l'instituteur et le curé -"à l'un la tolérance, à l'autre la transcendance", a-t-il résumé-, en la qualifiant de "choquante".

"Nicolas Sarkozy a le droit d'exprimer ses positions personnelles, mais il est le chef de l'Etat et à ce titre doit défendre une conception beaucoup plus large de la laïcité", a-t-il dit.

"La laïcité", a insisté M. Hollande, "ce n'est pas la négation de la liberté de conscience, c'est au contraire la reconnaissance de cette liberté".

Le président du Crif Richard Prasquier, qui se définit comme un "partisan résolu de la laïcité", convient que "le monde est très fortement marqué par la religion". Mais, a-t-il dit à l'AFP, "opposer le laïque au religieux, ça ne représente pas la réalité".

"Il y a beaucoup de gens très religieux qui sont des adeptes de la loi de 1905" et "la plus grande partie de la communauté juive y est très attachée", a-t-il souligné.

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), voit dans le discours présidentiel un élément "positif" qui est d'"affirmer que les religions ont le droit de s'exprimer". Pour lui, Sarkozy est "le premier président de la République à sortir de l'héritage anti-clérical qui a longtemps divisé la France".

"Il fait partie de la société post-moderne, qui exprime facilement ses convictions, ses préférences, sa liberté d'être", a-t-il estimé. "Cela manque peut-être un peu de retenue, mais c'est sa façon d'être", a ajouté le pasteur Baty, en doutant que les propos présidentiels soient "le signe avant-coureur de grandes réformes".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 14 février 2008, 20h51)

Avec l'actuel chef de l'Etat, il faut s'attendre à tout. Au delà de la question de la laïcité, l'élément particulièrement préoccupant contenu dans le discours de Sarkozy de Nagy-Bocsa prononcé au dîner du Crif a incontestablement été son idée que chaque élève de CM2 perpétue, dès la rentrée 2008, la mémoire d'un des 11.000 enfants déportés de France et victimes du génocide des Juifs d'Europe perpétré par l'Allemagne nazie. Lorsque j'ai pris connaissance, hier soir, de la nouvelle idée de Sarkozy de Nagy-Bocsa, j'ai été, une fois de plus, profondément agacé, et même écoeuré... Il y a quelques années, l'actuel président de la République, du temps où il était ministre de l'Intérieur, avait préconisé le dépistage des troubles du comportement de l'enfant dès l'âge de trois ans, dans le cadre de son projet de prévention de la délinquance. Maintenant, Sarkozy souhaite remplir la tête des enfants de CM2 de la mémoire des enfants français juifs exterminés par les nazis. Une fois de plus, outre le fait qu'il contribue, comme il en a pris depuis longtemps l'habitude, à entretenir une détestable concurrence des mémoires, l'actuel chef de l'Etat ne propose rien de moins qu'un formatage des consciences et des comportements dès le plus jeune âge : c'est à la fois ridicule et inquiétant. J'ose à peine imaginer ce que j'aurai pensé de tout celà si, lorsque j'étais en CM2, à l'âge de 10 ans, on m'avait fait prendre la responsabilité d'entretenir la mémoire d'un enfant assassiné à Auschwitz-Birkenau, sous prétexte que le président de la République l'aurait décidé... L'extermination des Juifs d'Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale fait partie des programmes scolaires depuis longtemps. Tous les élèves de France sont sensibilisés à cet épisode tragique de l'histoire contemporaine, à un moment ou à un autre de leur scolarité, aussi bien au collège qu'au lycée. Au lieu de vouloir faire courir le risque de traumatiser de jeunes enfants sous prétexte de faire plaisir à telle ou telle communauté de la société française, que l'on laisse donc les enseignants travailler en paix ! Mais c'est sans doute trop demander à Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui, semble-t-il, ne peut pas s'empêcher de vouloir susciter à tout prix l'évènement afin de rester au centre de toutes les attentions...

Ecoliers et la Shoah : Sarkozy persiste, mais la polémique grandit

undefined Nicolas Sarkozy a défendu vendredi [15 février, lors d'un déplacement à Périgueux] son idée controversée de faire parrainer des enfants tués dans la Shoah par des élèves de CM2, annonce qui a créé une nouvelle polémique à trois semaines de municipales qui s'annoncent difficiles pour la majorité.
"On ne traumatise pas les enfants en leur faisant le cadeau de la mémoire d'un pays", a assuré vendredi le chef de l'Etat, ironisant sur le "tumulte" suscité par son initiative, en général fraîchement accueillie dans les milieux enseignant, intellectuel, associatif (UEJF, Mrap, Licra) et politique.
"Il s'agit d'une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries," a-t-il argumenté.
La condamnation la plus symbolique est venue d'un de ses soutiens les plus fervents durant sa campagne présidentielle, Simone Veil, ancienne déportée et présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
"Inimaginable, dramatique, injuste", s'est-elle révoltée, estimant cette mémoire "bien trop lourde" à porter pour des enfants de cet âge.
François Bayrou, président du MoDem et ancien ministre de l'Education nationale s'est élevé contre "un mélange des genres entre émotion et Histoire qui pose de lourdes questions".
Le Parti Socialiste a fait entendre sa cacophonie. Son numéro un, François Hollande a approuvé le chef de l'Etat car "chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire". Son secrétaire national aux questions de société Malek Boutih a salué une initiative "opportune et utile".
"Il faut retirer" cette "idée tout à fait malvenue" a a contrario plaidé le député Pierre Moscovici, comme son collègue Patrick Bloche qui s'est interrogé sur le pourquoi de "cette surenchère". "Cette façon de faire traduit un manque de respect et une étonnante légèreté", a souligné Ségolène Royal.
Nombre de critiques voient dans l'annonce une tentative électoraliste envers la communauté juive, ou une volonté faire diversion, alors que le président est en chute libre dans les sondages et la majorité dans une passe difficile.
Arlette Laguiller (LO) a accusé Nicolas Sarkozy de chercher "un bénéfice électoral", qualifié de "répugnant", le PCF dénonçant la "dernière provocation" d'un "président en difficulté".
C'est "une fois de plus" un "coup médiatique," a pesté le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.
Quant à Jean-Marie Le Pen, président du Front national, il a jugé le projet "affreux" et "criminel".
L'UMP s'est sans surprise rangée derrière le président, ainsi que des ministres comme Hervé Morin (Défense, NC) ou Roger Karoutchi (UMP, Relations parlement).
Des voix discordantes se font entendre à droite. Ainsi, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin s'est étonné d'une "idée étrange", soulignant que l'on ne pouvait "imposer la mémoire, (...) la décréter".
Le député NC Maurice Leroy, très critique, a jugé qu'il faut "laisser les enseignants travailler".
Au-delà de cette seule nouvelle polémique, un front très large allant de M. de Villepin à Noël Mamère (Verts) en passant par Ségolène Royal (PS) ou François Bayrou (Modem) a appelé vendredi dans l'hebdomadaire Marianne à la "vigilance républicaine" face aux prises de position de Nicolas Sarkozy, sans toutefois le nommer, sur la religion, la laïcité ou l'immigration.
Le Premier ministre François Fillon a vivement répliqué, dénonçant "l'acharnerment que mettent certains responsables politiques qui n'ont pas été élus par les Français, pas été choisis par les Français, à tenter de déstabiliser" Nicolas Sarkozy. Et de les renvoyer à la présidentielle de 2012.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 15 février 2008, 18h35)

Assurément, sauf accident, chacun va devoir attendre 2012 pour avoir droit au grand règlement de comptes final... Pour autant, d'ici-là, il ne faudra pas trop compter sur l'arrêt du Sarko-show : quels que soient les circonstances et les cotes de popularité, Sarkozy va continuer de parler, de provoquer et de gesticuler... Il ne sait rien faire d'autre.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy lors d'une allocution télévisée sur l'Europe, le 10 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/France 2 ; Carte des pays ayant déjà ratifié le nouveau traité européen, 8 février 2008, © AFP/Infographie ; Evolution de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, 11 février 2008, © AFP/Infographie ; Nicolas Sarkozy et François Fillon, le 11 janvier 2008 à Lille, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy lors du diner annuel du Crif le 13 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Gonzalo Fuentes/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy le 5 février 2008 à La Rochelle, photographie de l'Agence France Presse, ©Jean-Pierre Müller/AFP/Archives ; L'ancienne ministre Simone Veil posant le 26 octobre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Franck Fife/AFP/Archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 7 février 2008 4 07 02 2008 23:53
Aurai-je un jour l'occasion d'évoquer ici les merveilles artistiques que j'ai pû voir en visitant, parfois hors des sentiers battus, le domaine du Château de Versailles et des Trianons ? L'avenir le dira. Pour l'heure, il me faut évoquer, dans le cadre des éternelles turpitudes de la vie politique française, le processus de ratification du traité européen "simplifié" - ou "traité modificatif", comme il vous plaira - de Lisbonne, processus qui a nécessité la tenue d'un Congrès à Versailles, il y a quelques jours...
Lundi dernier, 4 février, les députés et les sénateurs, censés représenter le peuple français, se sont, en effet, rendus au Château de Versailles, dans l'Aile du Midi, où se trouve la salle des séances du Congrès du Parlement.
C'est dans les jardins dudit Château de Versailles que la veille, dimanche 3 février, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa et sa nouvelle épouse Carla avaient été photographiés, à la terrasse d'un café, alors qu'ils venaient de passer tout deux leur nuit de noces au Pavillon de la Lanterne - la résidence dévolue aux Premiers ministres au fond du parc du Château de Versailles, accaparée par l'actuel chef de l'Etat depuis son élection -, après y avoir donné une réception samedi soir, suite à leur mariage célébrée à l'Elysée quelques heures plus tôt. Je ne sais pas pourquoi, mais l'image de notre pauvre Parlement venu ainsi se réunir en Congrès, tout près des lieux où le couple présidentiel venait, dans la nuit de samedi à dimanche, de sabrer le champagne et de consommer son mariage, avait quelque-chose de pathétique... Enfin, passons sur ces détails sans grande importance, et venons-en aux faits...

Les parlementaires se sont donc réunis dans la salle des séances du Congrès - vaste salle que j'ai d'ailleurs eu, personnellement, l'occasion de visiter en septembre 2001 -, devant une copie de 1893 d'un célèbre tableau réalisé par Louis Charles Auguste Couder en 1839 représentant la séance d’ouverture des Etats généraux dans la salle des Menus plaisirs à Versailles, le 5 mai 1789, peinture sans doute censée ne pas faire oublier aux députés et sénateurs d'aujourd'hui qu'ils sont les héritiers d'une longue histoire. Pourquoi avoir réuni un Congrès ? Tout simplement parce qu'il était nécessaire de modifier la Constitution française de 1958, en raison du fait que son titre XV faisait référence au "Traité établissant une Constitution pour l'Europe signé le 29 octobre 2004", traité devenu caduc puisqu'il a été rejeté par une majorité des Français - puis par une majorité des Néerlandais - par référendum en 2005. Les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles devaient donc voter la révision de la Constitution, préalable nécessaire au vote des deux chambres, les jours suivants, sur la ratification par la France du traité européen "simplifié" de Lisbonne.
L'affaire a été rondement menée...

Deux heures à Versailles pour réviser la Constitution


"Le Congrès a adopté le projet de loi constitutionnel modifiant l'article 15 de la Constitution". Près de 900 députés et sénateurs se sont réunis lundi au château de Versailles pour un Congrès moins solennel que rapide, conclu en deux heures à peine.

 Conviés pour la 15e fois dans l'aile du Midi du palais du Roi Soleil depuis le début de la Ve République, les élus sont arrivés au compte-goutte dans un couloir bordé de statues où les attendaient de nombreux journalistes.

L'occasion de commenter le récent mariage de Nicolas Sarkozy - "Plus heureux que lui, tu meurs !", a assuré le député des Hauts-de-Seine Patrick Balkany -, ou la chute du chef de l'Etat dans les sondages - "L'important c'est de mener les réformes", a dit le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé.

L'occasion, surtout, de parler d'Europe et de tenter de s'y retrouver entre les "oui" de droite ou de gauche et les "non" socialistes et communistes.

"Ce sera 'non'", a lancé, tonitruant, le député des Saône-et-Loire Arnaud Montebourg tandis que la communiste Marie-George Buffet déplorait un "déni de démocratie".

Dans l'avenue menant au château, plusieurs centaines de manifestants leur ont fait écho en brandissant des pancartes dénonçant le traité de Lisbonne et réclamant un référendum. Parmi eux, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot et l'altermondialiste José Bové.

"Je voterai 'oui', sans enthousiasme", a déclaré le centriste François Bayrou, très sollicité par les médias au point de rater le début des débats dans l'hémicycle, à l'instar de l'ancien ministre socialiste Jack Lang.

La cloche invitant les élus à rejoindre leur banc a interrompu le débat qui s'instaurait devant les micros entre le Nouveau centre François Sauvadet, partisan du "oui", et Jean-Luc Mélenchon, chef de file du "non" socialiste.

Rangés par ordre alphabétique dans l'hémicycle tendu de velours rouge construit en 1875 dans un bâtiment qui servait de réserve militaire sous Louis XVI et où l'on entreposait les blessés sous Napoléon, députés et sénateurs ont écouté François Fillon appeler à voter pour l'Histoire.

"C'est aussi un vote qui distingue les acteurs des spectateurs de l'Histoire", a dit le Premier ministre sous le portrait de Couderc représentant la première réunion des Etats généraux sous Louis XVI.


"HIC RHODUS HIC SALTA"

Jean-François Copé a invité pour sa part à "acter la réconciliation entre la France du 'oui' et la France du 'non'".

Peut-être touchés par la solennité du moment, deux orateurs ont osé des citations latines.

"Hic Rhodus, hic salta ! Voici Rhodes, c'est ici qu'il faut sauter. En substance, c'est le moment de montrer de quoi vous êtes capables", a lancé le communiste Alain Bocquet, porte-parole des députés communistes.

L'hémicycle, presque plein au moment d'écouter François Fillon, s'est dégarni au fil des interventions, au point d'amener le président Bernard Accoyer à demander aux élus de se mouvoir en silence.

Mais au moment du vote, seule une petite quinzaine d'élus manquaient à l'appel. Les deux députés victorieux dimanche lors de législatives partielles, la socialiste Françoise Vallet (Eure-et-Loir) et l'UMP Jean-Pierre Schosteck (Hauts-de-Seine) étaient au rendez-vous.

Vers 17h15, le président a suspendu la séance durant une demi-heure, le temps pour les élus d'aller voter dans huit bureaux installés dans des salons voisins de l'hémicycle. Le résultat du vote à peine annoncé, les présidents des deux assemblées sont allés apposer le sceau sur la Constitution lors d'une courte cérémonie en présence de la ministre de la Justice Rachida Dati.

En deux heures à peine, tout était terminé.

Il semblait loin le temps où les Congrès duraient une journée entière entrecoupée par un imposant buffet, une coûteuse tradition à laquelle a mis fin Jean-Louis Debré.

Une vieille coutume perdure toutefois : celle de l'installation, le temps de la réunion, d'un éphémère bureau de poste où l'on appose sur les lettres le cachet du Congrès. Nombre d'élus y ont fait un saut lundi pour envoyer du courrier à leurs relations, à cinq semaines des municipales.

Le député-maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Jean-Pierre Brard a écrit à ses "amis, philatélistes ou non". "Période électorale ou pas, je le fais à chaque fois", a-t-il assuré.
 
 
(Dépêche de l'Agence Reuters, par Elizabeth Pineau [et Emile Picy], 4 février 2008, 20h19)
 

Traité de Lisbonne : l'étape de la révision franchie sans encombre


Réunis lundi en Congrès à Versailles, députés et sénateurs ont adopté la révision de la Constitution, préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne, avec la quasi-unanimité de l'UMP, et des divisions profondes et persistantes au PS.

Moins de trois ans après l'échec du référendum sur la Constitution européenne de mai 2005, 560 parlementaires ont voté pour la révision et 181 contre, soit largement plus que la majorité requise des 3/5èmes des suffrages exprimés (445). Et 152 élus se sont abstenus, dont 143 socialistes.

A quelques exceptions souverainistes près, les parlementaires UMP ont dit "oui" comme un seul homme, comme ils vont autoriser sans états d'âme, jeudi à l'Assemblée puis au Sénat, le chef de l'Etat à ratifier Lisbonne.

Les socialistes ont comme prévu voté en ordre dispersé, malgré la consigne de la direction en faveur de l'abstention.

A l'arrivée, cette consigne n'a même pas rassemblé la majorité des parlementaires PS (143 ont choisi l'abstention, contre 121 qui ont voté non avec Laurent Fabius et 32 qui ont dit "oui", dont Jack Lang, Manuel Valls et Robert Badinter).

"Le Traité de Lisbonne redonne corps au rêve français d'une Europe agissante et efficace", a lancé le Premier ministre François Fillon en défendant le traité, présenté comme un succès de Nicolas Sarkozy.

Dans le prolongement de cette intervention, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a voulu faire le deuil du "non" au référendum de 2005.

"Trois ans après le douloureux référendum", Lisbonne est "l'occasion historique" d'acter la réconciliation entre "la France du oui" et "la France du non", a estimé M. Copé.

M. Copé a jeté du sel sur les plaies des divisions socialistes, tout comme son allié du Nouveau Centre (NC), François Sauvadet, qui a "regretté l'attitude" du PS.

L'ex-ministre des Affaires européennes Pierre Moscovici a tenté au contraire de défendre la "démarche constructive et cohérente" du PS.

"La majorité des socialistes souhaite affirmer, en s'abstenant sur le projet de loi constitutionnelle, son regret que le président de la République se soit dérobé à la voie référendaire", a souligné M. Moscovici.

Pour autant, le PS ne veut pas "faire obstacle" au traité européen qui représente "un progrès utile mais limité", a ajouté M. Moscovici. Sa majorité votera donc en faveur de la ratification à l'Assemblée puis au Sénat.

Européen convaincu, mais partisan d'un référendum, François Bayrou (MoDem) a expliqué à la presse qu'il allait voter "oui sans enthousiasme": "On aurait voulu que cela soit un grand pas pour l'Europe. C'est très loin de cette ambition. Mais on a tellement besoin d'Europe, que si on peut la débloquer, cela sera mieux que rien".

Dans les rues de Versailles, plusieurs centaines de personnes, de droite comme de gauche, ont manifesté pour réclamer un référendum sur le traité.

Dans l'enceinte du château, les élus partisans du non ont relayé leurs doléances.

"Les parlementaires ne sauraient désavouer le peuple. Le peuple a le droit de changer d'avis mais ce n'est pas au Parlement de changer l'avis du peuple", a lancé la sénatrice communiste Nicole Borvo.

Le souverainiste gaulliste et ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan n'a pas non plus mâché ses mots: "On n'a pas le droit de contredire les Français. Cela va rester comme un moment de déchéance démocratique".

La France sera normalement le cinquième des 27 pays de l'UE à ratifier Lisbonne, après la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie, qui l'a ratifié lundi.
 
 
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 5 février 2008, 7h42)

Une fois la révision de la Constitution effectué lors du Congrès, il ne restait plus, aujourd'hui, 7 février, que le vote des deux chambres pour permettre au pouvoir exécutif de signer officiellement le traité européen "simplifié". Une formalité. Sans vrai débat, ni grande publicité...

Le Parlement ratifie le traité européen et referme un chapitre douloureux


Les députés, avant les sénateurs dans la soirée, ont donné jeudi leur feu vert à la ratification par la France du traité européen de Lisbonne, clôturant un chapitre politique douloureux qui a divisé partis et électorat, à cinq mois de la présidence française de l'UE.

Un peu moins de trois ans après le "non" au référendum sur la Constitution européenne, qui avait donné un brutal coup d'arrêt au processus de rénovation institutionnelle de l'UE, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi autorisant la ratification de Lisbonne par 336 voix pour et 52 voix contre.

L'UMP a voté oui dans son immense majorité (206 pour, cinq voix contre, trois abstentions). Plus de 100 députés UMP n'ont cependant pas voté.

Divisé, le PS a retrouvé un semblant d'unité, avec une majorité de députés socialistes qui ont dit "oui" (125 pour, 25 contre dont Henri Emmanuelli, et 17 abstentions). Les députés fabiusiens avaient annoncé qu'ils ne prendraient pas part au vote.

"C'est un grand succès. Toute la diversité s'est exprimée. Et nous avons besoin de cette diversité pour la construction de l'Europe", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Le texte devait être soumis aussitôt à l'approbation du Sénat dont le vote devait intervenir dans la nuit de jeudi à vendredi ou au plus tard vendredi. Le calendrier était des plus serrés, avec révision préalable de la Constitution lundi, passage en Conseil des ministres mercredi, vote de l'Assemblée jeudi et enfin ultime feu vert au Sénat.

Le traité européen sera ensuite formellement ratifié par la France après la signature du texte par Nicolas Sarkozy ou François Fillon.

Quatre pays, sur 27, ont déjà ratifié le texte, la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie. La Slovaquie s'apprête à le faire.

La rapidité de sa ratification permettra à la France d'aborder plus facilement la présidence tournante européenne, qu'elle prendra en juillet.

Le président de la République avait promis pendant la campagne électorale qu'il oeuvrerait à un "traité simplifié" reprenant certains points du projet de Constitution rejeté en 2005 et choisirait la voie parlementaire pour son adoption.

Le nouveau traité n'est plus officiellement une Constitution, abandonne les symboles de l'Union (hymne, drapeau, devise) et la référence à l'objectif économique de "concurrence libre et non faussée" [laquelle reste toutefois garantie].

Il prévoit des avancées institutionnelles, comme un président du Conseil européen élu pour un mandat de deux ans et demi renouvelable.

L'opposition socialiste, très divisée comme en 2005, avait hâte de clore ce chapitre. Pour le porte-parole du groupe, André Vallini, partisan du oui, ce "sera la fin du chemin de croix". Et le député Philippe Martin, partisan du non, constate parmi ses collègues "l'envie de refermer un dossier qui nous a fait tant de mal".

Le PS a officiellement pris position pour le "oui" au Traité de Lisbonne. Les partisans de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius n'ont cependant pas pris part au vote. Ils avaient voté contre la révision de la Constitution, dans l'espoir d'obliger M. Sarkozy à organiser un référendum. Les parlementaires n'ont pas à "se substituer" au peuple, a argué M. Fabius.

Les souverainistes de droite, qui se comptent sur les doigts de la main, ont fait un dernier baroud d'honneur. Nicolas Dupont-Aignan (divers droite) a présenté une motion d'ajournement - rejetée - tandis que Jacques Myard (UMP) fustigeait "l'abandon de la souveraineté de la Nation". 
 

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 février 2008, 17h18)

Il n'y aura donc pas eu de référendum sur l'adoption du traité de Lisbonne. C'était tout-à-fait prévisible. Sarkozy de Nagy-Bocsa, pendant la campagne électorale présidentielle de l'année dernière, avait clairement déclaré vouloir faire adopter un nouveau traité européen par la voie parlementaire, et non par référendum comme s'y étaient engagés, pour leur part, Ségolène Royal et François Bayrou. Pas de surprise donc.

54,68% des électeurs - dont j'ai fait partie - ont voté "Non" au référendum du 29 mai 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ce traité était confus, presque illisible, et contenait des ambiguïtés potentiellement dangereuses, notamment en matière de politique économique, de services publics, de laïcité, de politique de défense, et de diversité culturelle. Le texte du nouveau traité, celui de Lisbonne, est encore plus illisible, et contient à peu près les mêmes ambiguïtés que le précédent traité rejeté par référendum, dans les mêmes domaines. Il persiste dans la voie du déficit démocratique, dans l'obsession du libre-échange généralisé, du tout-économie, du tout-commerce, sans réelle vision politique, sans symboles, sans véritable droit social européen, sans ambitions autre que de favoriser le commerce international et de garantir la concurrence... bref, sans grande considération pour les peuples des pays pour lesquels ce traité est censé s'appliquer... Mais à part celà, c'est un succès. L'Europe, avec ce traité, a été remise en état de marche, parait-il...
A ceux qui disent que la ratification du traité européen "simplifié" de Lisbonne permet de sortir l'Europe de l'impasse, je ne peux m'empêcher de répliquer : vous voulez relancer l'Europe ? Mais pour aller où ? POUR FAIRE QUOI ? Pour gérer des flux économiques ou pour améliorer le sort des peuples ? Pour gérer l'Europe comme une misérable zone de libre-échange ou pour construire une Europe à visage humain ?
J'ai voté "NON", le 29 mai 2005, et je le referai certainement encore aujourd'hui, si je le pouvais, vis-à-vis du nouveau traité. Mais les choses étant ce qu'elles sont, il va falloir faire avec ce traité "simplifié", puisque ledit traité va être adopté par tous les pays de l'Union Européenne. Je n'ai pas de solution-miracle, et je ne me raccroche surtout pas aux hypothétiques initiatives miraculeuses qui pouraient venir des professionnels de la politique... Mais un jour, il faudra bien que l'on se décide à savoir dans quelle direction aller, et quelle Europe nous voulons. Mais serons-nous jamais capables de nous mettre d'accord sur quelque-chose en matière européenne ? Il serait bien imprudent de minimiser le rejet que suscite l'Europe aujourd'hui, et l'absence de tout sentiment d'appartenance à une identité européenne dans bien des pays de l'Union. Entre nationalismes et régionalismes d'un côté, et obsédés du commerce de l'autre, il est bien difficile aujourd'hui de penser et construire l'Europe, la vraie, la seule qui vaille, l'Europe politique, l'Europe des peuples...
Pour ma part, je ne me satisferais jamais d'un projet européen aussi médiocre que celui que l'on ne cesse ne nous imposer depuis des lustres, à coups de tractations de couloirs et de décisions élitistes à la Giscard... L'Union européenne existe, mais les citoyens européens ne se ressentent guère comme tels, et l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui apparait bien trop éloigné des simples citoyens pour que l'on ne puisse pas être sérieusement préoccupé de l'avenir, le nôtre, qui, pourtant, sera forcément européen...

Alors que faire, désormais ? Encore une fois, je n'ai pas de solution-miracle. Sans doute faudrait-il d'abord commencer par réfléchir, avant de foncer tête baissée on ne sait où. Il me semble que les Européens devraient peut-être commencer par modifier davantage leur regard sur le monde, et s'interroger sur leur véritable héritage en tant qu'Européens... On en revient toujours aux mêmes questions servant de titre au célèbre tableau de Paul Gauguin : "D'où venons nous ? Que sommes nous ? Où allons nous ?" Je ne pense pas, évidemment, que tout le monde en Europe puisse répondre la même chose à ces questions, mais c'est assurément à partir de ces trois interrogations fondamentales qu'une solution apparaitra, tôt ou tard.


La réalisation d'une Europe à visage humain telle qu'elle peut être rêvée encore maintenant n'est pas pour demain. Se focaliser, sous le joug de la tyrannie de l'urgence, sur ce qui ne nous plait pas dans la construction européenne telle qu'elle se présente aujourd'hui, et passer ainsi son temps à dénoncer ce dont on ne veut pas, ne me parait pas être forcément la meilleure des solutions : on voit bien que la victoire du "Non" au référendum du 29 mai 2005 n'a servi qu'à retarder ce qui, finalement, est en train de se faire aujourd'hui... On parle de résistance, d'alternative, mais qu'est-on en mesure de proposer concrètement ? Rien, ou si peu. Pourtant, à mon avis, une solution finira bien par être trouvé, même si celà risque de prendre beaucoup de temps. Ce qui est sûr, c'est que chacun serait sans doute bien inspiré de se souvenir de la meilleure façon de combattre efficacement une idée. C'est assez simple, en vérité. Comment peut-on combattre une idée ? Avec une autre idée.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.
 
 

(Illustrations : Séance d'ouverture de l'Assemblée des Etats Généraux, 5 mai 1789, huile sur toile [1839] par Louis Charles Auguste Couder, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Nicolas et Carla Sarkozy à la terrasse d'un café dans les jardins du Château de Versailles, le 3 février 2008, photographie de l'Agence de presse Reuters, © Reuters/Antoine Gyori ; Vue aérienne du Château de Versailles et de ses jardins, photographie de l'agence de presse Reuters, © Reuters/Archives/Charles Platiau ; Vue générale du Congrès français réuni à Versailles le 19 février 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP/Archives ; Le Congrès réuni à Versailles le 4 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Joel Saget/AFP ; L'Assemblée Nationale en juin 2007, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Thomas Coex ; Drapeaux de l'Union Européenne, photographie de l'Agence de presse Reuters, © Reuters ; D'où venons nous? Que sommes nous? Où allons nous?, huile sur toile [1897-1898] par Paul Gauguin, Boston, Museum of Fine Arts)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 2 février 2008 6 02 02 2008 23:58
Par tous les dieux de l'Olympe ! Que d'émotion ! Quelle joie ! Quelle allégresse ! Ce soir, je suis très ému. Aujourd'hui, samedi 2 février 2008, est un jour historique pour la France. Réjouissons-nous, citoyens ! Rendez-vous compte : notre belle patrie, la France, pays de l'élégance, du bon goût, du raffinement, de l'art de vivre, a enfin la Première Dame qu'elle mérite ! Désormais, notre glorieuse nation va enfin bénéfier du charme incomparable d'une femme d'exception, pour être dignement représenté à travers le monde entier au côté du chef de l'État ! Quelle merveilleuse chance pour nous ! Quel bonheur ! Que d'émotion ! Les mots me manquent... ;-)
Laissons donc parler l'Agence France Presse, qui a annoncé l'heureux évènement survenu ce matin...


Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se sont mariés dans la discrétion


Nicolas Sarkozy, 53 ans, et l'ex top-model italien Carla Bruni, 40 ans, se sont mariés samedi matin lors d'une cérémonie discrète à Paris, mettant ainsi fin aux spéculations et aux rumeurs cinq mois après le divorce du président français d'avec Cécilia.

Le mariage a eu lieu au Palais présidentiel de l'Elysée et a été célébré par le maire du VIIIè arrondissement de Paris, François Lebel, qui a divulgué l'information.

"J'ai marié deux électeurs du VIIIe qui habitent 55 rue du faubourg Saint Honoré", soit l'adresse du Palais présidentiel, a déclaré M. Lebel sur la radio Europe 1.

La cérémonie, qui a duré une vingtaine de minutes, s'est déroulée dans un salon du premier étage de l'Elysée en présence d'une vingtaine de personnes, "la famille proche et quelques amis", a encore raconté le maire.

"La mariée était en blanc, elle était ravissante, comme d'habitude" et le président était "en costume cravate comme il se doit dans n'importe quel mariage civil". "Je leur ai souhaité beaucoup de bonheur", a-t-il dit.

M. Lebel a trouvé les nouveaux mariés "émus et amoureux". "Il y a eu un échange d'alliances et la traditionnelle bise. Il n'y a rien d'exceptionnel, si ce n'est que ça s'est passé au premier étage de l'Elysée", a-t-il insisté.

M. Sarkozy avait divorcé en octobre dernier de Cécilia Ciganer-Albeniz, après onze ans de mariage.

Premier divorcé élu à l'Elysée (il avait déjà connu un divorce), Nicolas Sarkozy, qui se présente comme l'homme de la "rupture" en politique, est également le premier chef d'Etat français à avoir divorcé pendant son mandat.

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni affichent leur relation depuis mi-décembre. Ils l'avaient rendue publique en se laissant photographier à l'occasion d'une visite au parc EuroDisney, près de Paris, enclenchant aussitôt les rumeurs sur l'imminence d'un mariage.

Lors d'une conférence de presse le 8 janvier, le président français avait confirmé qu'un mariage était dans l'air en assurant qu'entre l'ex-mannequin et lui, c'était "du sérieux".

Interrogé sur la date de la cérémonie, il avait répondu aux journalistes: "Il y a de fortes chances que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait". Ce qui a été effectivement le cas.

Le président et sa compagne se sont déjà rendus ensemble en Egypte et en Jordanie lors de brèves vacances très médiatisées. Mais le statut de simple "compagne" de Carla Bruni posait de nombreux problèmes protocolaires pour les voyages officiels.


Carla Bruni n'avait ainsi pas accompagné M. Sarkozy lors d'une récente visite officielle en Inde. Malgré les nombreuses spéculations de la presse, il s'était finalement rendu sans elle le 26 janvier au célèbre mausolée Taj Mahal, le "monument de l'amour".

M. Sarkozy a enregistré une nette baisse de popularité dans les derniers sondages, qui indiquent qu'une majorité de Français sont déçus du manque de progrès sur le pouvoir d'achat et lui reprochent aussi de trop afficher sa vie privée.

Selon une dernière enquête, seuls 41% des Français lui font confiance, son taux le plus bas depuis son élection en mai 2007.

Nicolas Sarkozy est père de trois garçons, Pierre et Jean, nés de son premier mariage, et Louis, 10 ans, issu de son union avec Cécilia.

Carla Bruni a eu un fils, Aurélien, aujourd'hui âgé de 6 ans, avec le professeur de philosophie Raphaël Enthoven. Fille d'un riche industriel italien, elle s'est reconvertie avec succès dans la chanson après avoir mené une carrière internationale de mannequin pendant les années 1990.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 février 2008, 16h29)

Avant Sarkozy, seul Doumergue s'était marié en cours de mandat
 
Nicolas Sarkozy est, après Gaston Doumergue, le deuxième président français à se marier en cours de mandat, le deuxième aussi, après Raymond Poincaré, à épouser une Italienne.

Premier président à avoir divorcé peu après son arrivée à l'Elysée, M. Sarkozy est le premier à se marier en début de mandat, mais aussi à avoir été marié trois fois.

C'est le 1er juin 1931 que Gaston Doumergue, douze jours avant la fin de son septennat, seul président protestant de l'histoire, se maria dans un salon de l'Elysée avec la femme qu'il aimait depuis longtemps, Jeanne Gaussal, une divorcée.

C'est le maire du VIIIè arrondissement de Paris qui célébra les noces, voulues discrètes, mais en fait très médiatisées.

Un autre président, Raymond Poincaré s'est marié en cours de mandat, mais seulement religieusement, avec une femme de bonne famille italienne, Henriette Adeline Benucci. La "première dame" de France avait été mariée deux fois avant de rencontrer le futur président qu'elle avait épousé civilement le 17 août 1904. C'est à l'annonce des décès des deux premiers maris que Poincaré, pourtant libre-penseur et anticlérical, "consentit" à ce mariage célébré dans son appartement de la rue de Babylone par le recteur de l'Institut catholique, le futur cardinal Alfred Beaudrillart.

René Coty, second président de la IVe République, est devenu veuf au cours de son septennat, le 12 novembre 1955. Son épouse, Germaine Corblet, était surnommée "Madame Sans-gaine" par ses détracteurs.

A l'instar de Carla Bruni, des épouses de présidents se sont distinguées dans la mode ou la musique.

Ainsi, l'épouse d'Armand Fallières, Jeanne Bresson, très belle femme, plutôt corpulente, selon les canons de beauté de l'époque, posa dans plusieurs journaux magazines, notamment l'Illustration, en janvier 1906.

Quant à Jeanne Nivoit, l'épouse d'Albert Lebrun, président de 1932 à 1940, c'était une cantatrice soprano appréciée. Les concerts étaient d'ailleurs le principal divertissement du couple présidentiel.

 
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 février 2008, 16h02)

Ainsi, désormais, l'actuel chef de l'État va pouvoir emmener avec lui lors de ses voyages officiels à l'étranger une ambassadrice de charme en la personne de sa propre épouse, sans qu'aucune contrainte protocolaire ne puisse désormais être invoqué, puisque le couple présidentiel est bel et bien aujourd'hui officiellement uni par les liens du mariage, et que Carla Bruni Tedeschi s'appelle désormais Carla Sarkozy de Nagy-Bocsa. C'est formidable ! Franchement, que demander de plus ?
Ah, évidemment, il y a aura toujours des esprits mesquins pour préférer s'inquiéter de la prochaine ratification du traité européen "simplifié" de Lisbonne - appelé aussi "traité modificatif" - par le Parlement français,
de l'amélioration du pouvoir d'achat des Français qui n'a pas eu lieu alors que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa l'avait promis, des divers problèmes économiques et diplomatiques auquel la France ait confronté en ce début d'année... Il est vrai qu'en ce moment, les Français n'ont pas le moral. Ils sont inquiets, angoissés, face à l'incertitude de l'avenir... Mais, en vérité, je vous le dis : détendez-vous, citoyens ! Et sachez apprécier les bonnes choses lorsqu'elles se présentent !


Comment disent-ils déjà, chez Coca-Cola ? Ah oui, celà me revient à présent : "Enjoy"... ;op

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Carla Bruni, été 2007, photographie de Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin pour un numéro de l'édition française du magazine Vogue d'août 2007 ; Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, ©Khaled Desouki/AFP ; Le top-model et auteur-compositeur Carla Bruni, en décembre 2004, photographie de l'Agence France Presse, ©Francois Guillot/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy posant devant le Taj Mahal, en Inde, le 26 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/POOL/Philippe Wojazer ; Portrait de Gaston Doumergue, président de la République française de 1924 à 1931, photographie officielle ; Carla Bruni, été 2007, photographie de Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin publiée dans un numéro d'août 2007 de l'édition française du magazine Vogue)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 1 février 2008 5 01 02 2008 23:59
Hier, jeudi 31 janvier 2008, le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste a discrètement célébré son premier anniversaire. D'abord simplement intitulé "Blog de l'Anarcho-Monarchiste", il est né le 31 janvier 2007, dans le contexte du début de la campagne électorale présidentielle française de l'an passé. A l'occasion de mon premier message/article, j'avais alors écrit que "ce blog, créé à l'occasion des élections présidentielle et législatives d'avril-mai et juin 2007 en France, n'[avait] pas d'autre but que d'exprimer une opinion sur les choix que le peuple français [devait] faire pour l'avenir de ce pays, dans les tout prochains mois... Il n'[avait] pas d'autre but que d'essayer, fort modestement, de susciter un minimum de réflexion chez des citoyens empêtrés, depuis plus de trente ans, dans le même bourbier, et qui semblent persister, pour un grand nombre d'entre-eux, à vouloir croire encore aux beaux discours de nos chers politiciens."
J'avais ensuite précisé, dans le même message inaugural, que le présent blog "a été créé par quelqu'un qui a eu du mal à supporter d'être "enfermé" cinq ans dans un pays de droite, mais qui ne supporterait pas de devoir vivre cinq autres années dans un pays gouverné par un politicien parmi les plus détestables que je connaisse. On l'aura compris, la création de ce blog a, avant tout, été motivée par la détestation qui est la mienne à l'égard de l'actuel ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, candidat de la droite à l'élection présidentielle. [...] Pour qui est-ce que je vais voter en 2007 ? Contre Sarkozy, contre lui et tout ce qu'il représente. La perspective de le voir triompher, lui et ses sous-fifres, les Devedjian, les Fillon, les Copé, les Gaudin, les Estrosi, les Hortefeux, et autres Balkany, m'est absolument insupportable !"
Depuis, Sarkozy de Nagy-Bocsa a été élu à la plus haute charge de l'Etat, et, malgré celà, il a bien fallu faire avec... même si mon opinion à l'égard de l'actuel président de la République reste celle qu'elle était avant l'élection présidentielle. Après tout, Sarlozy a été élu, et nous n'en sommes pas morts. Or, comme chacun peut le constater, en arrivant devant le présent blog, l'une des devises dudit blog est empruntée à Nietzsche : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."
Du reste, en un an, il s'est passé bien des choses... Sarkozy a été élu, et il a bénéficié pendant des mois d'une forte popularité auprès d'une majorité de l'opinion publique, dans une atmosphère d'apesanteur politique par ailleurs assez sidérante tant elle était digne de Teletubbyland. Mais, ainsi que celà était prévisible, les sempiternelles gesticulations médiatiques, au service du vide, de l'actuel chef de l'Etat ont fini par ne plus faire recette, et même s'il a connu un "état de grâce", vis-à-vis de l'opinion, un peu plus long que ne l'avait été celui de Jacques Chirac en 1995, Sarkozy a fini par subir une baisse assez significative de popularité depuis quelques semaines... La chute dans le réel a donc bien lieu, et elle ne manquera pas, sauf imprévu, de se poursuivre après les prochaines élections municipales du mois de mars...

Sondages : la baisse de Sarkozy surtout liée au pouvoir d'achat

A cinq semaines des municipales, premier grand rendez-vous électoral de son mandat, Nicolas Sarkozy est confronté à une détérioration de son image dans les enquêtes d'opinion qui témoigne, selon les sondeurs, d'une "frustration" de l'électorat sur le pouvoir d'achat.

Mercredi, un sondage Sofres a confirmé la spirale descendante du chef de l'Etat: 55% des Français contre 48% un mois auparavant ne lui font pas confiance. 41% émettent un jugement inverse, en baisse de huits points en un mois.

Depuis la mi-janvier, la cote du président de la République s'inscrit en négatif avec une majorité de mécontents: 52% contre 37% selon CSA, 52% contre 47%, selon l'Ifop, 48% contre 45% selon BVA, 51% contre 48% selon Opinion Way. Pour Ipsos, les deux camps s'équilibrent à 49%.

En un mois, M. Sarkozy perd entre 5 et 7 points de satisfaits, les avis négatifs progressant d'autant. Sur deux mois, la chute atteint voire dépasse les 10 points.

Pour Brice Teinturier (Sofres), "le décrochage s'est produit dès la fin novembre, avec une baisse de sept points à 49% de popularité", principalement en raison du "mécontentement extrêmement puissant ressenti par les Français sur le pouvoir d'achat".

Selon lui, la difficulté du président à répondre à cette question "a directement atteint ce qui a structuré son image: l'action et les résultats". Les Français ont "le sentiment d'avoir été dupés" et M. Sarkozy, du fait de sa forte implication dans l'action de l'exécutif, "prend de plein fouet cette frustration".

Même analyse pour Frédéric Dabi (Ifop). "En affirmant, le 8 janvier, qu'il ne peut vider des caisses déjà vides, Sarkozy est en rupture avec ce qui faisait sa force: la cohérence entre ses promesses et son action".

"Il y a une dissonance forte entre cette impuissance - qui rejoint les phrases de Jospin "l'Etat ne peut pas tout" à propos de Michelin ou de Mitterrand "contre le chômage on a tout essayé" - et ses promesses de campagne, qui a produit le sentiment qu'il avait laissé tomber les Français".

La chute de Nicolas Sarkozy se produit dans les catégories les plus sensibles à la question du pouvoir d'achat : les classe populaires, ouvriers et employés, et les 50-64 ans, "qui ont eu une grosse déception sur le montant des pensions", selon M. Dabi.

Jean-Daniel Lévy (CSA), nuance quelque peu l'analyse. Pour lui, "c'est seulement à partir du moment où Nicolas Sarkozy donne le sentiment qu'il se détache de l'action au service des Français, ce pour quoi il a été élu, pour mettre en avant son bonheur personnel qu'il commence à être jugé négativement sur la question du pouvoir d'achat. Avant, il était jugé sur le dynamisme, après il l'est sur la réalité".

"Je ne crois pas à l'explication Carla ou aux vacances bling-bling, même si cette exposition trop forte apparaît en décalage avec ce que vivent les Français", lâche M. Dabi.

Pour Brice Teinturier, "les événements de décembre avec l'exposition de la vie privée mais aussi la visite de Khadafi n'ont été que des facteurs aggravants, en donnant le sentiment que le président était moins près des préoccupations des Français".

Une chose est sûre, selon lui, "il sera difficile au président de remonter à court terme s'il ne donne pas de signaux forts sur le pouvoir d'achat".

Quant à un vote sanction aux municipales, les sondeurs restent prudents, soulignant que ce scrutin est avant tout local. "Mais on commence à entrer dans une phase où l'impopularité de l'exécutif peut produire une nationalisation du vote", souligne le responsable de la Sofres.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 janvier 2008, 19h17)

On dit que Sarkozy n'a pas tenu toutes ses promesses de campagne, et que, de ce fait, beaucoup de Français sont déçus. C'est vrai. Mais, après tout, Sarkozy lui-même avait prévu, dès février 2007, que celà se passerait ainsi...

"C'est vrai que ça va être difficile, et même quasi impossible, de tout faire [...]. C'est toujours comme ça, une campagne : on promet pour être élu, et après on déçoit."

(Sarkozy, en déplacement dans l'île de la Réunion, le 16 février 2007, cité dans le Canard Enchaîné N°4504, 21 février 2007)

Celà dit, bien entendu, maintenant qu'il est au pouvoir, Sarkozy de Nagy-Bocsa fait tout ce qu'il peut pour se donner une contenance...

"Tous ces cons qui me font un procès en incompétence après huit mois, ça me laisse froid. J'ai cinq ans devant moi : ce que je veux, c'est transformer la France de fond en comble. C'est ce que j'ai déjà commencé à faire."

(Sarkozy devant ses fidèles réunis à l'Elysée, le 23 janvier 2008, cité dans le Canard Enchaîné N°4553, 30 janvier 2008)

Comme je l'ai déjà écrit, on verra bien à quoi ressemblera la France à la fin du quinquennat de l'actuel chef de l'Etat, et si l'action de ce dernier aura été une non-rupture avec Chirac, ou une entreprise de démolition, ou bien, finalement, les deux à la fois...

Revenons, pour l'heure, à ce premier anniversaire du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste. Je m'étais promis de communiquer à mes lecteurs les quelques données statistiques à ma disposition concernant la fréquentation du présent blog et je les présente donc ici aujourd'hui.
Au bout d'un année d'activité, le présent blog représente 60 717 pages vues au total et 23 696 visiteurs uniques depuis sa création. La fréquentation du site a connu une progression discontinue, mais sans subir toutefois des périodes de baisse très importantes...


Bien qu'un pic de fréquentation ait été atteint le mois dernier, avec 3711 visiteurs, la fréquentation du présent blog reste évidemment très modeste. Il est vrai que ce blog est très personnel et que je n'ai pas d'ambition démesurée concernant son audience. Politiquement, il ne s'agit pas d'un blog militant à proprement parler : j'exprime mes opinions, ne cache ni mes sympathies ni mes antipathies, mais ne fait campagne pour personne. Sur le plan culturel, là aussi, je fais la promotion de ce qui me plait, mais sans forcément chercher le consensus ou, à l'inverse, la provocation gratuite. J'accueille des lecteurs venus de tout bords, et ne censure les commentaires que très légèrement, uniquement lorsque j'ai affaire à de purs messages de propagande (un bonapartiste, un ségoléniste, et un illuminé adepte de la théorie du complot planétaire m'ont déjà fait le coup), ou à des messages orduriers et insultants, ce qui, heureusement, arrive rarement. En ce qui concerne la fréquentation quotidienne, les moyennes relevées suivent logiquement la progression du nombre de visiteurs mensuels, pour finalement arriver à un peu moins de 120 visiteurs en moyenne par jour durant le mois de janvier dernier...


Il y a donc un an que j'ai commencé à écrire sur ce blog, et à l'époque, j'aurai été bien incapable de dire ce à quoi celà allait aboutir, ni même combien de temps cette petite aventure allait durer. A la fin de la période des élections présidentielle et législatives, j'aurai pû m'arrêter, mais puisque ce blog avait des lecteurs et que j'avais noué des contacts divers avec d'autres acteurs de la blogosphère durant les mois précédents, je me suis dit que celà valait peut-être la peine de continuer... Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste - devenu, au mois de mai dernier, Le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste, suite à mon adhésion au Mouvement Démocrate - a été conçu, à l'origine, comme étant un blog politique et culturel. Après avoir, pendant plusieurs mois, alimenté ce blog en articles essentiellement politiques, du fait de l'omniprésence de l'actualité électorale durant les six premiers mois de l'année 2007, j'ai voulu, depuis le mois d'octobre dernier, faire de ce journal personnel en ligne, un blog où la culture aura désormais davantage de place, même si la politique restera présente, par ailleurs : voilà pourquoi, après avoir longuement suivi la campagne électorale présidentielle de 2007, réalisé une petite galerie des présidents de la Ve République, et tandis que je continue aujourd'hui d'observer les turpitudes de la vie politique, je parle également désormais de littérature, de musées et d'expositions, lorsque celà est possible. J'espère que cette année sera propice à la réalisation d'une série d'articles consacrés au cinéma, et plus précisément à l'ensemble des films ayant atterri dans ma vidéothèque, et que j'aimerai évoquer ici, même si je me doute bien que mes goûts personnels en matière cinématographique ne sont sans doute pas de nature à faire l'unanimité... Nous verrons bien, en tout cas, si le temps me permet de faire celà, car je suis fort occupé en ce moment...

Je remercie bien sincèrement les lecteurs qui ont pris la peine de parcourir ce site, de lire et de commenter les articles qu'il contient.
Je remercie également les collègues et amis blogueurs qui ont bien voulu me référencer sur leurs sites. J'espère pouvoir continuer l'aventure encore quelque temps - toujours en m'efforçant de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux -, et que les visiteurs apprécieront la suite de ladite aventure...

Cordialement, :-)


Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : "Platon et Aristote", détail de la fresque l'Ecole d'Athènes [1510-1511] par Raffaello Sanzio dit Raphaël, Rome, Palais du Vatican, Salle des Signatures ; Nicolas Sarkozy, le 28 janvier 2008 à l'université Paris-Sud 11, photographie de l'Agence France Presse, ©Jean Ayissi/AFP ; Tableau présentant le nombre de visiteurs uniques par mois durant un an [2007-2008] du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste ; Tableau présentant les moyennes mensuelles du nombre de visiteurs uniques par jour durant un an [2007-2008] du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 01 2008 04:56
Ainsi que l'annonce en a été faite le mois dernier, la première République des Blogs a eu lieu hier, samedi 26 janvier, à Toulouse. Conçu comme un rendez-vous où les blogueurs plus ou moins intéressés par la politique, ainsi que leurs lecteurs, se retrouvent pour discuter, échanger, se voir en vrai... Ainsi que celà est indiqué sur le site Internet RepubliquedesBlogs.net, "la République des blogs a été initiée à Paris, où la première édition a eu lieu en juin 2006. Elle réunit depuis régulièrement des blogueurs dans plusieurs lieux de France (et d'ailleurs), selon un même principe :
- l'événement est ouvert à tous
- il s'adresse avant tout aux blogueurs politiques, ceux qui se reconnaissent dans cette appellation
- il est non partisan
- le format est libre : on y discute, travaille, débat, boit, ou on regarde juste. Il n'y a pas d'agenda imposé."

La première République des Blogs de Toulouse a donc eu lieu hier, dans l'après-midi, au café le Buena Vista, place Occitane, dans le centre-ville. Le thème de ce premier rendez-vous étaient celui des transports. Dans le contexte des prochaines élections municipales, qui auront lieu au mois de mars, les candidats lancés dans la course à la mairie de la quatrième ville de France avaient été invités par les blogueurs à présenter leurs projets respectifs en matière de transports et à débattre avec les participants. Le contournement routier de Toulouse, le projet controversé d'un deuxième aéroport, la question du TGV à Toulouse, les transports en commun dans la Ville Rose et son agglomération - bus, métro, tramway -, le vélo et les pistes cyclables : les sujets ne manquaient pas dans le cadre de ce thème des transports, qui, par définition, concerne tous les citoyens, ce qui m'a décidé à venir à ce rendez-vous, même si je n'envisage pas, personnellement, de m'impliquer dans la campagne électorale des municipales.

Les candidats, ou leurs représentants, présents à ce rendez-vous étaient :

- Pierre Cohen, candidat du Parti Socialiste (PS), à la tête d'une liste d'union entre le PS, le PCF, les Verts, le PRG et le MRC ;
- Jean-Luc Forget, candidat du Mouvement Démocrate (MoDem) ;
- Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse, chargé des transports, venu représenter le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, candidat de l'UMP à sa propre succession ;
- François Simon, ancien membre du PS, candidat à la tête d'une liste de "gauche alternative", appelée "l'autre liste" - se voulant "altermondialiste, écologiste et citoyenne" -, accompagné d'une de ses co-listières écologiste.

Le rendez-vous a commencé en abordant la question des transports dits courts, concernant Toulouse et son agglomération. Chaque candidat a pris a la parole successivement, dans un ordre fixé après tirage au sort.

Jean-Luc Forget, le candidat du MoDem, a évoqué une menace d'asphyxie de la ville de Toulouse en matière de transports, et a expliqué que la méthode qui s'imposait sur cette question, comme pour les autres, était celle de la concertation avec la population, et du développement des partenariats avec les différents acteurs concernés par ladite question.
Il a ensuite abordé les différents axes de son programme. Pour lui, l'aménagement, souvent incohérent, du centre-ville de Toulouse doit être reconsidéré dans sa globalité. Forget, au passage, a évoqué l'aspect pour le moins "discutable" sur la forme, des récents aménagements avec blocs de béton colorés autour de la sortie "Capitole" de la ligne A du métro, dans la rue d'Alsace-Lorraine - une des principales voies du centre-ville -, aménagements décidés par la municipalité sortante et qui, il est vrai, ont tendance à être plus dignes du monde merveilleux et coloré des "Teletubbies" que de la capitale de la région Midi-Pyrénées, même si l'on peut apprécier, bien entendu, le fait que, par ailleurs, la rue Alsace-Lorraine soit devenu, dans le même temps, davantage réservée aux piétons ces derniers mois...


Forget a ensuite abordé, dans la foulée, la question des vélos. Approuvant la mise en place, ces derniers mois, d'un service toulousain de location de vélos semblable à celui existant à Paris, il souhaite que le vélo soit toutefois davantage favorisé, avec un réseau cyclable plus cohérent et plus sécurisé qu'il ne l'est actuellement... Puis, il a évoqué le problème de la future ligne de tramway Toulouse-Blagnac, en construction, allant des Arènes à Beauzelle, mais qui oublie de déservir l'aéroport de Blagnac alors qu'elle passe pourtant à côté... Il a souligné le fait que jusqu'à présent, sous l'actuelle municipalité, on a trop souvent tendance à mettre des équipements, mais que l'on se préoccupe qu'après-coup du problème des infrastructures de transports censées permettre aux usagers d'accéder aux équipements en question... Forget a terminé son intervention en souhaitant que soit mis en place des bus permettant de circuler de quartiers en quartiers sans forcément passer par le centre-ville de Toulouse - le réseau étant organisé essentiellement en étoile, vis-à-vis du centre-ville -, et en souhaitant également plus de cohérence en ce qui concerne les horaires des transports en commun par rapport aux besoins des usagers. Sur la forme, Jean-Luc Forget est un bon orateur, bien meilleur que beaucoup de personnalités du MoDem, pour autant que je puisse en juger. Sur le fond, s'il n'a pas voulu se lancer comme ses concurrents dans l'énumération d'un "catalogue" de promesses, il a pû peut-être donner l'impression de manquer de propositions précises. Mais il est vrai que le temps de parole imparti ne permettait pas forcément d'entrer dans les détails...

Jean-Michel Lattes, l'adjoint du maire UMP Jean-Luc Moudenc, en ensuite pris la parole. Il a énuméré les priorités qui seront celles de la majorité municipale sortante si elle est réélu cette année, en matière de transports : développer le réseau de tramway, prolonger les lignes, affiner l'offre de transports par rapport aux besoins des usagers - en mettant notamment en place une "multimodalité du ticket de transport", et s'inscrire dans la logique du développement durable. Employant une formule à la manière de Moudenc, il a appelé à une "paix des braves" sur la question des transports en commun, autrement dit à un consensus...
Sans surprise, le représentant de la majorité municipale sortante assume le bilan de celle-ci, et a pû le dire sans être interrompu outre mesure. S'il avait hésité à venir au rendez-vous, il a sans doute pû se rendre compte que la première République des Blogs de Toulouse n'avait rien d'un traquenard, même si l'assistance était surtout composé de personnes a priori peu favorable à Moudenc, dont l'absence a toutefois été regrettée... ;-)

Est venu ensuite le tour de François Simon et de sa jeune co-listière écologiste, prénommée Aurélia mais dont j'ai, hélas, oublié le nom. Simon a commencé par se réjouir que l'idée, qu'il avait déjà défendu par le passé, de mettre en place un tramway dans l'agglomération de Toulouse fasse aujourd'hui l'objet, finalement, d'un certain consensus, après avoir été longtemps négligée. Il place sa candidature et "l'autre liste" qu'il représente sous le signe de "l'exigence écologique et sociale", tout particulièrement en matière de transports, en affirmant notamment que dans vingt ou vingt-cinq ans, le déplacement individuel en voiture à Toulouse ne pourra plus être possible. Sa co-listière Aurélia a ensuite détaillé les propositions de "l'autre liste" : le développement des réseaux de bus inter-quartiers, et dans les banlieues, sans qu'il soit obligé de passer par le centre-ville de Toulouse ; l'aménagement d'horaires de transports nocturnes afin de répondre aux besoins des usagers allant dans ce sens, car il y a aujourd'hui un manque ; le dévelopement d'un projet de tramway circulaire ; le contournement ferrovière de Toulouse, afin de détourner notamment de la gare Matabiau les marchandises dangereuses - comme le chlore - qui y passent ; le développement du co-voiturage ; l'amélioration des pistes cyclables, en particulier leur sécurisation et leur prolongation. Elle affirme enfin que les représentants de "l'autre liste" sont d'accord avec le travail des associations concernant les transports et notamment avec le travail du Collectif PDU (www.collectifpdu.com), Collectif associatif sur le Plan de Déplacements Urbains de l'agglomération toulousaine, qui rassemble depuis 1997 des associations militant pour une politique des déplacements plus ambitieuse et durable dans l'agglomération qu'elle ne l'est actuellement. François Simon a ensuite repris la parole pour affirmer qu'il souhaite une mise en place de la gratuité des transports en commun, pour inciter à l'arrêt de la voiture. Il achève son intervention en disant que le centre-ville de Toulouse doit devenir piéton, pour qu'il n'y ait plus d'affrontements et d'accidents entre les cyclistes et les piétons, notamment dans la rue d'Alsace-Lorraine, comme l'a évoqué précédemment Jean-Luc Forget.
François Simon a été candidat du PS à l'élection municipale toulousaine de 2001, avant de quitter le parti et de se tourner vers la mouvance de la gauche dite alternative. C'est un vieux routier de la vie politique locale, qui connait son métier, et sans doute aussi le terrain. J'ai pû noter, comme d'autres, que son constat sur la situation des transports toulousains ainsi que plusieurs propositions de son programme paraissent relativement proches des positions de Jean-Luc Forget, ce qui prouve bien qu'un consensus peut être trouvé au delà des étiquettes partisanes en ce qui concerne une question comme celle des transports...


Enfin, Pierre Cohen, le candidat socialiste, a pris la parole. Il a d'abord évoqué le bilan de la majorité municipale sortante, qu'il juge paradoxal, puisque c'est au moment où l'on vient d'inaugurer la ligne B du métro - en juin dernier - que l'on s'aperçoit, derrière cette innovation longtemps attendue, que beaucoup de rendez-vous ont été manqués... Il évoque ainsi le manque de développement du transport en commun à Toulouse, et notamment l'absence de maillage - avec les autobus - pour le déplacement autour du métro, soulignant qu'un plan d'urgence est nécessaire pour régler ce problème, car il y a de fortes lacunes au niveau du réseau de bus... Evoquant la récente mise en place du service toulousain de location de vélos appelé VélôToulouse, peu de temps après les fameux Vélibs chers au maire de Paris - Bertrand Delanoë -, il a dénoncé un "plan com" de Moudenc. Cohen déclare vouloir créer un PDU (Plan de Déplacements Urbains) pour l'agglomération, compléter les deux lignes de métro par le tramway et faire une "circulaire intra-muros Garonne-Canal"... Evoquant le fait qu'on pourrait lui répondre qu'il n'y aurait pas de moyens pour financer un tel programme, il dénonce la volonté politicienne du maire UMP sortant de se couper de la possibilité d'un partenariat avec le Conseil Général de la Haute-Garonne, majoritairement à gauche. Pour se donner les moyens de s'occuper efficacement de la question des transports, Cohen appelle à un partenariat de la mairie avec le Conseil Général de la Haute-Garonne et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Il trouve le ticket de metro trop cher, et se déclare favorable à la gratuité allant de pair avec une augmentation de l'offre, mais avec une logique d'entrée dans la concurrence notamment vis-à-vis de la voiture : il propose ainsi d'inciter les usagers, avec des "tickets civiques" à ne plus utiliser systématiquement leur voiture. Il termine son intervention en évoquant la nécessité de mettre tous les acteurs de la ville autour de la table, vis-à-vis de cette question des transports, affirmant la nécessité d'une volonté politique pour faire avancer les choses...
Pierre Cohen se pose en principal adversaire de Jean-Luc Moudenc. Lui aussi est un vieux routier de la politique, qui, sans surprise, s'appuie sur le traditionnel clivage gauche/droite pour se positionner vis-à-vis du maire sortant...

La première République des Blogs de Toulouse s'est poursuivie ensuite par une séance de questions posées aux candidats par l'assistance. Quel coût pour les mesures proposées ? Quel mode de gestion des transports publics ? Quel place pour l'eau, et en particulier pour le fleuve, la Garonne, qui traverse Toulouse ?

François Simon répond que le développement du déplacement sur le canal du Midi pourrait être intéressant. Concernant le mode de gestion, il se prononce pour le retour à une régie directe des transports en commun. Concernant le coût, il déclare qu'il vaudrait mieux destiner le milliard d'euros consacré au projet de périphérique - le fameux grand contournement - au financement des transports en commun toulousains...

Jean-Michel Lattes, l'adjoint de Moudenc, se prononce contre la gratuité totale dans les transports en commun, affirmant que 40% des usagers bénéficient déjà de la gratuité, et que si celle-ci était étendue à toute la population, celà pèserait lourdement sur le dos du contribuable...

Pierre Cohen, sur la question du financement, rappelle simplement la nécessité de rétablir le partenariat de la mairie avec le Conseil Général de la Haute-Garonne, qui n'aurait pas dû être exclu du syndicat mixte Tisséo-SMTC qui organise les transports en commun...

Jean-Luc Forget, concernant le coût, souhaite une concertation plutôt que d'imposer un schéma pré-établi, et, en cas d'urgence, la possibilité d'un recours à la dette pour combler le retard accumulé depuis plusieurs années en matière d'aménagement des transports. Concernant la gratuité des transports en commun, Forget souhaite qu'elle existe pour les jeunes, les enfants, les sans-emplois, les personnes âgées, mais qu'elle ne soit pas générale, car celà aurait des effets pervers. Concernant la gestion, il se déclare que des délégations de service public sont possibles, mais à condition qu'elle soient bien préparées et encadrées... Enfin, concernant le canal du Midi, il ne considère pas que celà soit susceptible de constituer un axe majeur de circulation, mais précise que le devenir du canal est un sujet qui lui tient à coeur, et que ledit canal "mérite autre chose que d'être une poubelle".

Le rendez-vous s'est poursuivi en abordant le sujet des transports longs, au delà de la seule agglomération toulousaine. Je ne mentionne ici que l'intervention de Gérard Onesta, député européen Vert de la grande circonscription du Sud-Ouest, vice-président du Parlement européen et co-listier de Pierre Cohen, qui n'avait pas pris la parole jusque-là, et qui a tout simplement déclaré qu'"il faut sevrer Toulouse de la came de la bagnole", et donc qu'il ne faut pas de rocade supplémentaire, comme celà est envisagé... Concernant le projet du deuxième aéroport, il s'oppose également, car "Toulouse n'est pas déconnecté de la biosphère" et qu'un aéroport coûte très cher, en plus de poser des problèmes environnementaux : il vaudrait mieux un TGV pour Toulouse. Il conclut en insistant sur la nécessité d'aborder les problèmes dans une perspective globale.

Il y a eu d'autres questions, d'autres interventions, mais je ne pouvais pas tout noter... Voilà, mon compte-rendu touche donc à sa fin. Cette première République des Blogs de Toulouse m'a paru être un moment de débat politique intéressant, dépassant les clivages, et consacré à un sujet qui concerne tout le monde. Je craignais, au début, en entendant les conversations précédant le débat lui-même, que le MoDem soit un peu trop omniprésent lors de cette rencontre, mais finalement, l'affirmation, très claire, du caractère non partisan du rendez-vous par les organisateurs, a permis de ne pas se sentir comme étant dans une réunion de parti politique en campagne, les applaudissements ayant été, du reste, finalement très mesurés. Il y a eu quelques prises de becs avec un intervenant nourrissant peut-être quelque rancune personnelle avec certains intervenants invités, mais rien de bien grave... Ce rendez-vous m'a donc paru, dans l'ensemble, plutôt réussi. Félicitations aux organisateurs. Je regrette seulement de n'avoir guère eu l'occasion de discuter avec les autres blogeurs présents, à l'exception notable du
Petit Grognard. Un prochaine fois, peut-être ?
J'étais venu avec un de mes lecteurs, l'alias Dante, qui aura sans-doute des choses à dire en commentaire sur l'évènement. Je terminerai en disant que les interventions des candidats et les discussions de cette première République des Blogs toulousaine ont par moments été accompagnées, en fond sonore, par les sonneries débiles de téléphones portables reproduisant le générique musical du film La Soupe aux choux et celui de Magnum, p.i., la fameuse série américaine des années 1980 : celà a été l'occasion de franches rigolades... pour ceux qui savent rire du comique de situation, notamment lorsqu'il est involontaire... encore que, pour avoir des sonneries de portables pareilles, je me pose la question... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Pallas Tolosana, huile sur toile [1898] par Casimir Destrem, Salle des Illustres, Capitole, Toulouse ; La rue d'Alsace-Lorraine, à Toulouse, en janvier 2008, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; La rue d'Alsace-Lorraine, à Toulouse, en octobre 2007, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; Bannière électronique animée de la première République des Blogs de Toulouse du 26 janvier 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 01 2008 01:44
Les pressions, publiques et privées, de certains de mes lecteurs auront finalement été efficaces... pour cette fois. Au coeur de la nuit, alors qu'il est 1 heure du matin à ma montre, je trouve un peu de temps pour consacrer un court article à l'actualité culturelle française - francophone, même - de ce début d'année... Deux évènements majeurs la caractérisent : évoquons-les brièvement...

Le 9 janvier dernier a été célébré le centenaire de la naissance de la célèbre romancière, essayiste et icône du féminisme Simone de Beauvoir (1908-1986) : cette année est donc une occasion, comme une autre, de se pencher sur la vie et l'oeuvre de celle qui fut une des grandes femmes de lettres française du XXe siècle, que son compagnon, le philosophe Jean-Paul Sartre, appelait "Castor"...

Simone de Beauvoir, cent ans de féminisme

Simone de Beauvoir, icône féministe, écrivain engagée dans tous les combats intellectuels du XXè siècle, aurait eu 100 ans le 9 janvier et reste, plus de 20 ans après sa mort, un modèle de femme libérée.

Si son nom est définitivement lié à celui de Sartre, dont elle partagea la vie et les engagements pendant plus d'un demi-siècle, l'auteur du "Deuxième sexe" a surtout marqué des générations de femmes par son refus des conventions et son analyse de la condition féminine.

Née le 9 janvier 1908 à Paris dans une famille bourgeoise en proie à des difficultés financières, elle prend conscience dès l'adolescence de la médiocrité de son milieu. Elève brillante, elle s'inscrit en philosophie à la faculté de lettres de Paris, où elle rencontre Jean-Paul Sartre et toute une génération d'intellectuels.

La relation mythique qui se crée alors s'achèvera avec leur mort. Deux téléfilms diffusés en 2006 ont illustré la liaison tumultueuse de "Castor" - le surnom que Sartre lui a donné - et du philosophe.

A 21 ans, Simone de Beauvoir est surtout la plus jeune agrégée de son temps. Elle enseigne la philosophie et publie son premier roman, "L'invitée", en 1943. Le lien qui la lie à Sartre admettant les "amours contingentes", elle entretient des relations homosexuelles avec plusieurs de ses élèves, ce qui lui vaut d'être renvoyée de l'Education nationale.

En politique, Beauvoir est assez suiviste à l'égard de Sartre, après que leur attitude eut été pour le moins attentiste sous l'Occupation.

Le féminisme est en revanche son terrain d'action. La publication en 1949 du "Deuxième sexe", dont les chapitres sur la sexualité, l'homosexualité féminine, font scandale, suscite de furieux débats. Traduits en 40 langues, chacun des deux tomes de l'ouvrage s'est vendu depuis à plus d'un million d'exemplaires.

Mais Beauvoir, coiffure en chignon surmontée d'un éternel turban, voulait d'abord être un grand écrivain. Elle obtient le prix Goncourt en 1951 avec "Les mandarins" et devient alors l'un des auteurs français les plus lus. Sa veine autobiographique, avec "Mémoires d'une jeune fille rangée" (1958), dans lequel elle décrit les préjugés de son milieu bourgeois et ses efforts pour s'en sortir, fait d'elle une figure centrale de la vie intellectuelle.

Une aura qu'elle met à profit pour dénoncer les tortures infligées aux femmes en Algérie et défendre jusqu'aux années 1970 le droit à l'avortement.

Après son décès, le 14 avril 1986, plusieurs ouvrages ont éclairé certains aspects de son parcours, notamment sa relation avec l'écrivain américain Nelson Algren, qui fut probablement la passion amoureuse de sa vie. Et 21 ans plus tard, son oeuvre résiste plutôt mieux que celle de Sartre, déjà passablement délaissée.

Quelques livres lui sont consacrés à l'occasion du 100e anniversaire de sa naissance. Notamment, "Beauvoir dans tous ses états" d'Ingrid Galster (Tallandier), "Castor de guerre" de Danielle Sallenave (Gallimard), "Simone de Beauvoir" d'Huguette Bouchardeau (Flammarion), "Simone de Beauvoir, Une femme de son siècle" de Marianne Stjepanovic-Pauly (Jasmin) et "Simone de Beauvoir. Le goût d'une vie" de Jean-Luc Moreau (Ecritures). Plusieurs de ses écrits sont également réédités, notamment dans la collection Folio.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 9 janvier 2008, 08h04)

Le début de ce centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir aurait pû fort bien se passer, si une petite polémique, assez ridicule, n'avait éclaté dès le début de l'année, autour une couverture, un brin racoleuse il est vrai, du magazine Le Nouvel Observateur...


Les Chiennes de garde contre le Nouvel Observateur

L'association anti-sexiste les Chiennes de garde a protesté vendredi 11 janvier à Paris contre une couverture du Nouvel Observateur montrant Simone de Beauvoir nue, réclamant au directeur Jean Daniel soit de "s'excuser" soit de "montrer ses fesses", a constaté une journaliste de l'AFP.
Une dizaine de membres de l'association, portant des masques de chiens, se sont rassemblés devant le siège de l'hebdomadaire, rebaptisé dans un tract Le Nouveau Voyeur.
A l'occasion du centenaire de la naissance de la philosophe, Le Nouvel Observateur avait, le 3 janvier, publié, en Une, une photo de Simone de Beauvoir nue et de dos, sous le titre "La scandaleuse".
Sous l'oeil de quelques salariés, les Chiennes de garde ont brandi des pancartes réclamant que le même traitement soit appliqué à des philosophes masculins ou au directeur du Nouvel Observateur : "on veut voir les fesses de Sartre", "on veut voir les fesses d'Aron", "on veut voir les fesses de Levinas", "on veut voir les fesses de Jean Daniel"...
"Nous protestons contre l'utilisation du corps de Simone de Beauvoir pour célébrer sa pensée. Nous trouvons cela sexiste", a déclaré à l'AFP Florence Montreynaud, "cheffe de meute" des Chiennes de garde.
Une délégation du collectif a été reçue par les directeurs de la rédaction, Guillaume Malaurie et Michel Labro.
"Ils assument complètement leur choix et ne font pas d'excuses", a indiqué Florence Montreynaud, assurant que plusieurs salariés avaient "remercié" la délégation pour son action.
"On a trouvé tout de suite que cette photo avait un côté malicieux et moderne et qu'elle nous faisait mieux vivre Simone de Beauvoir que bien d'autres documents plus austères, plus classiques", a déclaré Michel Labro à l'AFP. Selon lui, la philosophe "a su brusquer la société de son temps, se bagarrer contre les conformismes".
"On n'est ni sexiste ni machiste et on n'a absolument pas voulu donner une image dégradée de la femme, ni de Simone de Beauvoir", a-t-il ajouté.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], reprise par le site du Nouvel Observateur, NouvelObs.com, 15 janvier 2008, 18h12) 9 janvier 2008, 08h04)

La seule chose que je reprocherais, pour ma part, au Nouvel Observateur, c'est d'avoir visiblement retouché la photographie originale de Simone de Beauvoir, prise par Art Shay à Chicago, en 1952, et de l'avoir ainsi mise en couverture, au lieu de simplement la reproduire telle quelle sur une des pages intérieures, au milieu d'autres photographies, plus conventionnelles, de la femme de lettres. Je n'ai pas acheté ce numéro de ce magazine, que je ne lis que rarement. Une telle image de Beauvoir dans le plus simple appareil peut, bien évidemment, inciter le public masculin à acheter un exemplaire dudit magazine, mais aurait-ce été un argument suffisant pour effectuer cet achat quand la fameuse couverture annonçait, en marge de la photographie controversée, la présence, dans ce numéro du Nouvel Observateur, des avis d'Arielle Dombasle, Michel Drucker ou Philippe Sollers sur Simone de Beauvoir ? Assurément pas, en ce qui me concerne...

Ce polémique, sans doute déjà presque oubliée - mais j'aime bien intervenir à contre-temps dans ce genre de "débat" -, aura au moins été l'occasion pour moi de recommender quelques lectures... Parmis les nombreux écrits de Simone de Beauvoir, je conseille donc la lecture de deux livres : d'une part, Tous les hommes sont mortels
(1946), roman très intéressant, consacrée au thème de l'immortalité - tout est dans le quatrième de couverture : ""Si l'on nous offrait l'immortalité sur la terre, qui est-ce qui accepterait ce triste présent ?" demande Jean-Jacques Rousseau dans l'Emile. Ce livre est l'histoire d'un homme qui a accepté." -, et d'autre part, Une mort très douce (1964), court récit autobiographique décrivant les derniers moments que Simone de Beauvoir vécut auprès de sa mère mourante, et qui, selon Sartre, est son meilleur livre. Ces deux livres sont publiés en format de poche chez Gallimard, dans la collection "Folio", que l'on ne présente plus...

Passons maintenant, sans plus tarder, à l'autre grande nouvelle de l'actualité culturelle francophone de ce début d'année : le décès du chanteur Carlos, survenu jeudi dernier, 17 janvier.

Mort du chanteur Carlos

Le chanteur Carlos, figure de la chanson d'humour française et fils de la pédopsychiatre Françoise Dolto, est mort jeudi matin à Paris à l'âge de 64 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris auprès de sa soeur Catherine Dolto-Tolitch.

"Carlos est décédé ce matin à 09h45 à l'hôpital Beaujon", à Clichy (Hauts-de-Seine), a-t-elle précisé à l'AFP.

"Il a été très courageux", a souligné sa soeur.

Mme Dolto-Tolitch a indiqué que les obsèques de Carlos auraient lieu "sans doute mardi", sans autre précision.

"Carlos n'était pas seulement un ami, c'était mon grand frère. C'était un ami merveilleux, toujours gai, joyeux", a dit Sylivie Vartan à l'AFP.

Johnny Hallyday a confié sur RTL qu'il perdait son "frère", son "confident" et son "meilleur ami". "C'était mon frère. C'est une catastrophe (...). La vie est trop con", a déclaré Johnny Hallyday d'une voix émue.

"Carlos, on se connaît depuis qu'on a l'âge de 14 ans, on a à peu près le même âge tous les deux (64 ans, ndlr). C'est vrai qu'il était malade, il avait ce cancer du foie depuis quelques années maintenant. Mais il se soignait, je pensais vraiment qu'il allait s'en sortir", a ajouté le chanteur.

Carlos était une figure de la chanson française, qu'il a égayée avec son style rigolo et son apparence débonnaire.

Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et rigolos dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, de Françoise Dolto, la célèbre pédiatre et psychanalyste, et d'un père russe, Boris Dolto, il anime à l'adolescence les soirées de l'Ambiance dans le quartier de Notre-Dame où il rencontre les frères Drucker, Michel et Jean, en 1957.

Deux ans plus tard, sa route croise au Caveau de la Montagne celle du couple Hallyday et Vartan qu'il accompagnera partout entre 1962 et 1972. Diplômé de l'école de kinésithérapie fondée par son père, il opte définitivement pour le show-biz en 1962, en remplaçant au pied levé Lucien Morisse à Europe 1.

Au début de la décennie 70, il troque les chemises et polos stricts des années "mods" pour des liquettes bariolées d'éternel campeur.

Infatigable chanteur, il multiplie les galas-camping - pour ses débuts, pas moins de 95 avec la caravane du tour de France en 1972 - et pendant 18 étés, de 1988 à 2005, 580 podiums pour la radio de ses débuts, Europe 1.

Il enchaîne aussi les disques d'or: "Y a des Indiens partout" en 1970, "La cantine" en 1972 et "Señor Météo" en 1975.

Après le succès du "Big Bisou" (composé par son ami Joe Dassin) en 1977, sa carrière de chanteur s'essouffle. Deux ans plus tard, longue parenthèse alimentaire - 11 ans - avec les tournages d'une série de spots publicitaires pour une boisson.

Il se marie en 1978 mais il n'aura pas d'enfant.

En 1988, la psychanalyse est en deuil : Carlos dit adieu à sa mère. Il parraine par ailleurs un parc d'attraction, Mirapolis, où il se produit pendant quatre mois.

Sous toutes les latitudes, il se met aussi à la pêche au gros et au documentaire. A la fin des années 80, il profite de l'explosion du paysage audiovisuel français pour y imposer sur les chaines câblées Odyssée et Voyage ses films tournés à Madagascar, Tahiti ou Saint-Martin.

"Plus de la moitié est consacrée à la pêche proprement dite, le reste à la fête et au plaisir, qu'il s'agisse de la bouffe, de la musique ou de la danse", expliquait-il à l'AFP en 1999.

Ce gros garçon jovial et bon vivant a publié une autobiographie, "Je m'appelle Carlos" (1996), et deux recueils d'histoires drôles (1997).

Carlos faisait partie des artistes qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 janvier 2008, 16h26)

Sans surprise, le jour même du décès du chanteur de "Big Bisou", de "Papayou" et du "Tirelipimpon", Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas manqué de se joindre aux nombreux hommages à la mémoire du disparu :

"C'est avec tristesse que je viens d'apprendre la nouvelle du décès de Carlos. Fils de Françoise Dolto, il avait choisi d'être un chanteur populaire et les Français l'aimaient beaucoup. Il était aussi devenu une vedette de la télévision grâce aux émissions « numéro un » de Maritie et Gilbert Carpentier, et à la radio grâce aux « Grosses têtes » de Philippe Bouvard. Ses nombreux succès connus de tous, son sens de l'humour, sa bonne humeur légendaire, sa grande gentillesse et sa silhouette inimitable resteront dans les mémoires. Je m'associe au chagrin de sa famille et particulièrement à celui de sa soeur Catherine Dolto-Tolich."

(Hommage de Sarkozy de Nagy-Bocsa, Président de la République, à Carlos, 17 janvier 2008, 15h02)

L'actuel chef de l'Etat a tout-de-même omis de rappeler, dans son message d'hommage, le soutien que Carlos lui avait apporté durant la dernière campagne électorale présidentielle, en étant notamment présent, le 29 avril 2007, à la grande réunion publique - pleine de célébrités - du candidat Sarkozy à Bercy, entre les deux tours de l'élection à la plus haute charge de l'Etat... Mais celà n'est finalement pas très grave, car, après tout, Carlos était un grand ami de Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, bien connu pour son chiraquisme et surtout maintenant pour son sarkozysme que l'on sait désintéressé : pourquoi Carlos ne se serait-il pas engagé en faveur d'un candidat ayant déjà le soutien inconditionnel de son meilleur ami, quand on sait à quel point ses relations avec la politique étaient plutôt superficielles, du moins officiellement ?

Il serait, du reste, bien réducteur de résumer ainsi la vie et l'oeuvre de Carlos à son engagement sarkozyste. Carlos, de son vrai nom Yvan-Chrysostome Dolto
, était le fils de la psychanalyste Françoise Dolto, dont je recommande L'Evangile au risque de la psychanalyse (1977), recueil d'entretiens avec son collègue psychanalyste Gérard Séverin, publié en deux tomes dans la collection de poche "Points" des éditions du Seuil, en 1980 et 1982. Mais Carlos n'était pas que le fils de Françoise Dolto. Carlos, c'est d'abord un physique, mais aussi de nombreuses chansons, des blagues encore plus nombreuses, des films, une longue carrière de saltimbanque... Carlos, c'est toute une époque, celle des années 1970 et 1980, celle des années 1990 même, bref, un pan entier de la culture populaire française... Avis aux incrédules : ceux qui n'appartiennent pas à la génération Giscard et à la génération Mitterrand, celles nées dans les années 1973-1983 - avant le fameux "tournant de la rigueur" du gouvernement Fabius -, ne peuvent pas comprendre non seulement ce qu'a pû être la douceur de vivre, mais surtout combien le chanteur Carlos a marqué l'inconscient collectif en son temps, notamment celui des plus jeunes... Oui, en vérité, je vous le dis, avec Carlos, c'est une part importante du patrimoine culturel populaire français qui disparait... Qu'on se le dise ! Après, bien évidemment, personne n'est obligé d'apprécier la totalité des interprétations et des écrits dudit Carlos... et c'est tant mieux !

Alors, cependant, à l'heure du bilan, que peut-on retenir de l'oeuvre de Carlos ? En fait, celà dépends des goûts de chacun...
Ses chansons ? Sans doute... qui ne les connait ?
Ses blagues ? Assurément, elles ont marquées toute une époque, au point d'avoir fait l'objet de deux recueils... Citons-en quelques-unes, pour mémoire :

- Dans une classe de 6eme, il y a un Noir et un Blanc. Lequel a le plus gros sexe ?
- Le Noir, parce qu'il a 36 ans...

- Quel est la différence entre une chauve-souris et un Arabe ?
- Aucune. Ils dorment le jour et volent la nuit...

- Qu'est-ce qui sépare l'homme de l'animal ?
- La Méditerannée...

Et enfin, ma blague de Carlos préférée, entendue aux "Grosses Têtes" quand j'étais gamin - du temps où cette émission radiophonique (diffusée encore aujourd'hui sur la radio RTL) était également télévisée (diffusée alors sur TF1, comme il se doit) -, et qui m'a profondément marqué - la blague, pas l'émission - :

- Comment appelle-t-on un boomerang qui ne revient pas ?
- Un cintre.

Cette dernière blague, sensiblement moins raciste que les autres, et vrai souvenir d'enfance, a beaucoup plu, en privé, à l'alias Dante, commentateur régulier du présent blog... Je suis heureux de lui avoir ainsi fait partager un part de cet univers si particulier qu'est celui des blagues de Carlos...


Mais, pour ma part, ce que je retiendrais surtout de l'oeuvre de Carlos, c'est autre chose. Car pour moi, les meilleures prestations de Carlos se trouvent dans les nombreux films publicitaires dans lesquels il a venté - pendant 11 ans - un produit inoubliable : Oasis, la fameuse boisson aux fruits mise sur le marché en 1966 par la Société des eaux de Volvic, créé en 1958 par le groupe Sellier Leblanc - passé sous le contrôle du groupe Perrier en 1984 -, qui est resté propriétaire de la marque Oasis jusqu'en 1990.
Les films publicitaires de l'agence Bélier à la gloire de cette boisson, dans lesquels a officié Carlos, témoignent des qualités d'interprétation de cet artiste hors-normes. Comment les oublier ? Carlos a su, dès 1978-1980, vendre les bouteilles d'Oasis comme personne, incarnant par exemple, vers 1978, un capitaine de marine réfugié sur un radeau qui découvre, ébahi, dans une île paradisiaque, une population indigène dont la joie et le bien-être sont entretenus grâce à ce précieux breuvage qu'est la boisson Oasis, puis en interprétant, entre autres exemples, en 1982, le personnage d'un aviateur égaré dans la jungle avec un gamin et une bouteille d'Oasis, et qui réussit à amadouer des indigènes hostiles grâce à la fameuse boisson aux fruits... Le tout avec des dialogues et slogans inoubliables : "Oasis, Oasis, Oh ! Oasis, Oasis, Ooooh ! Oasis, Oasis, Aaaah ! Oasis, Oasis, Ooooh !", "Qu'est-ce que tu bois Doudou dis donc ?", "Oasis, Oasis, c'est beau, c'est bon", "Oasis, Oasis, tout le monde en boit, Oasis, Oasis, tout le monde aime ça", etc.
 

Dans les dernières années d'activité de Carlos au service d'Oasis, vers 1988, le slogan principal des films publicitaires de la marque était devenu "Quand je dis Oasis, c'est Oasis ! Mmm ?" Bref, c'était toute une époque... bien révolue aujourd'hui, d'ailleurs... Assurément, tout celà ne nous rajeunit pas...

Dans un autre registre, on se souviendra aussi du déguisement de bébé que Carlos a porté en tant que témoin du fameux mariage bidon de Coluche et Thierry Le Luron, en septembre 1985, qui parodiait alors le très médiatisé mariage d'Yves Mourousi, présentateur vedette du journal télévisé de TF1 de l'époque. Carlos, chacun le reconnaitra, avait une grande capacité à ne pas se prendre au sérieux : qu'il en soit ici remercié, car c'est là une vraie qualité humaine...

Voilà, c'est tout. J'espère avoir satisfait, par le présent article, les demandes pressantes de certains de mes lecteurs... Libre à vous, maintenant, de faire la part de ce qui est sérieux et de ce qui ne l'est pas... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Simone de Beauvoir souriante, photographie anonyme, sans date, ©DR ; Simone de Beauvoir assise, photographie anonyme, sans date, ©DR ; Détail de la couverture du Nouvel Observateur N°2252, semaine du 3 janvier 2008 ; Simone de Beauvoir nue de dos, à Chicago, photographie d'Art Shay, 1952, ©DR ; Couverture du roman de Simone de Beauvoir Tous les hommes sont mortels, publié en format de poche chez "Folio" Gallimard ; Le chanteur Carlos, detail d'une photographie de l'agence de presse Reuters, sans date, ©Reuters/Archives/Philippe Wojazer ; Le chanteur Carlos en rappeur, photographie anonyme, sans date, ©DR ; Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée à Paris, le 7 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Deux images extraites de deux films publicitaires pour la boisson Oasis, avec, de gauche à droite, Carlos en officier de marine [1978] et en aviateur [1982] ; Quatre images extraites d'un film publicitaire pour la boisson Oasis, avec Carlos [1988] ; Photographie anonyme du faux mariage de Coluche et Le Luron, avec, de haut en bas, Thierry Le Luron, Michel Colucci dit Coluche, et Carlos déguisé en bébé, le 25 septembre 1985, ©DR)
Par Hyarion - Publié dans : Lectures et écritures
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 01 2008 23:55

"Je vis ma vie et je me fous des commentaires des uns et des autres. Ils ont eu l'habitude d'avoir à l'Elysée, depuis douze ans, Papi et Mamie. Moi, j'ai un nouveau style. Il va falloir que tout le monde s'adapte. Maintenant, les Français ont un vrai mec, à l'Elysée, qui en a et qui s'en sert."

(Sarkozy à un de ses amis par téléphone, cité in Le Canard Enchaîné N°4549, 2 janvier 2008)

Voilà le language qu'a tenu Sarkozy de Nagy-Bocsa à un de ses amis par téléphone, suite aux critiques qu'ont suscité son récent voyage en Egypte, durant les derniers jours du mois de décembre 2007, en compagnie de la chanteuse et ex-mannequin Carla Bruni, avec laquelle il entretient une relation amoureuse - grand bien leur fasse ! - depuis la fin du mois de novembre, relation qui a été rendue publique juste après la tapageuse visite de Kadhafi à Paris, comme pour essayer de faire oublier précisemment cette dernière... Il est vrai que l'actuel chef de l'Etat n'a, parait-il, pas apprécié que l'on puisse parler de "comportement ostentatoire" - l'expression a été employée par Ségolène Royal - à propos de son attitude lors de son séjour au pays des pharaons et des pyramides. Il n'y a pourtant que la vérité qui blesse, dans une situation comme celle-ci, serait-on tenté de dire...

Que pourrais-je, pour ma part, vous dire à propos de l'actuel président de la République et de sa relation avec Carla Bruni, qu'il a donc emmenée fin décembre en voyage dans la vallée du Nil et le week-end dernier en visite privée en Jordanie ?
Rien. Ou si peu. Carla Bruni est une très belle femme. Vraiment très belle. Un point, c'est tout. Que voulez-vous, je ne suis pas chroniqueur mondain. En ce qui concerne l'attitude de Sarkozy évoquée dans le Canard Enchaîné du 2 janvier, en vérité, les propos cités par ledit Canard reproduits plus haut résument très bien à eux seuls - surtout la dernière phrase - toute la vulgarité de Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout son égocentrisme, toute sa bêtise aussi, sans que j'ai besoin d'en rajouter... Je n'ai que faire de ce Sarko-show permanent, qui est, hélas, bien parti pour se prolonger durant l'année 2008, et auquel j'ai été à nouveau confronté dès mon retour de Belgique, la semaine dernière... Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à en avoir soupé de ce tourbillon médiatique permanent, et à ne pas vouloir désormais accorder d'importance excessive aux faits et gestes de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Du reste, je m'y engage : l'année 2008 ne verra point d'inondation médiatique sarkozyenne envahir intempestivement le présent blog !
Seulement voilà : en tant que citoyen électeur, il me faut bien me tenir un peu au courant de l'actualité politique, même si celle-ci a un peu tendance, depuis l'année dernière, à se confondre régulièrement avec ce que l'on appelle l'actualité "people" - je déteste ce mot, mais je me résigne à l'employer afin d'être compris de tous...
Ainsi, j'ai donc fait un gros effort hier, 8 janvier 2008 : j'ai pris connaissance de l'évènement politique du jour, à savoir la conférence de presse de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et des propos que l'actuel chef de l'Etat y a tenu pendant plus de deux heures... Sarkozy a notamment beaucoup parlé d'un nouveau concept qui lui tient à coeur, emprunté au sociologue Edgar Morin, la "politique de civilisation", qu'il avait déjà promis de mettre en oeuvre, parait-il, lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre - étant alors à l'étranger, j'ai râté cette première prestation télévisée de la St-Sylvestre du nouveau chef de l'Etat, mais j'avoue que celà ne m'a pas manqué... ;-). De cette "politique de civilation", je ne sais trop que penser, sinon que, sur la forme tout du moins, le concept me fait l'effet d'un nouveau hochet que Sarkozy s'applique à agiter frénétiquement devant les yeux du public, en espérant peut-être que la majorité des citoyens va encore vouloir, en buvant ses paroles, rester endormi dans le Teletubbyland qu'a été la France durant ces derniers mois (voir l'article intitulé "Teletubbyland et Réalité..." du mois d'octobre dernier)... Pour le reste, rien de nouveau sous les projecteurs du Sarko-show, si ce n'est un contexte de baisse de popularité - enfin ! - pour l'actuel président de la République... reproduits plus haut résument très bien à eux seuls - surtout la dernière phrase - toute la vulgarité de Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout son égocentrisme, toute sa bêtise aussi, sans que j'ai besoin d'en rajouter... Je n'ai que faire de ce Sarko-show permanent, qui est, hélas, bien parti pour se prolonger durant l'année 2008, et auquel j'ai été à nouveau confronté dès mon retour de Belgique, la semaine dernière... Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à en avoir soupé de ce tourbillon médiatique permanent, et à ne pas vouloir désormais accorder d'importance excessive aux faits et gestes de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Du reste, je m'y engage : l'année 2008 ne verra point d'inondation médiatique sarkozyenne envahir intempestivement le présent blog !


En baisse dans les sondages, Sarkozy s'explique face à la presse


En baisse dans les sondages, le président français Nicolas Sarkozy s'explique mardi [8 janvier] au cours d'une conférence de presse fleuve pendant laquelle il s'est engagé à répondre à toutes les questions, y compris celles sur sa relation avec l'ancien top-model Carla Bruni qu'il pourrait bientôt épouser.
En ce début d'année, si M. Sarkozy affiche son bonheur et son idylle avec Carla Bruni, sa popularité recule. Il perd 7 points en un mois, à 48% contre 45% de mauvaises opinions, selon l'institut CSA, alors qu'un autre sondage LH2 le donne en baisse de deux points, conservant toutefois une opinion positive auprès de 54% des Français.
Un troisième sondage confirme cette tendance: selon l'Ifop, le chef de l'Etat français perd 4 points par rapport à décembre, même s'il recueille toujours l'approbation de 53% des Français contre 46% qui le désapprouvent.
C'est dans ce contexte de "trou d'air" que M. Sarkozy devrait défendre son bilan, huit mois après sa conquête de l'Elysée.
Face à près de 500 journalistes d'une quarantaine de pays, il devrait, pendant deux heures, évoquer notamment la question du pouvoir d'achat, devenue la préoccupation essentielle des Français, les délicates négociations sociales à venir, un éventuel remaniement ministériel et les grandes questions internationales.
Mais une question pourrait éclipser en partie toutes les autres: celle sur sa vie privée et les rumeurs d'un mariage -la date du 9 février a été avancée par un journal- avec Carla Bruni.
Le chef de l'Etat, 52 ans, a d'ores et déjà averti qu'il évoquerait ses vacances en Egypte avec Carla Bruni, 39 ans, qui ont provoqué une polémique.
L'opposition s'interroge en effet sur la générosité de l'ami du président, l'homme d'affaires Vincent Bolloré, qui a prêté à M. Sarkozy son jet privé pour ce déplacement après avoir mis à sa disposition son luxueux yacht pour une croisière à Malte immédiatement après son élection en mai.
Selon l'enquête du quotidien Libération qui titre sur une "fin de la lune de miel dans les sondages", une grande majorité de Français désavoue désormais la manière dont leur président étale sa vie privée, deux mois après son divorce avec Cécilia. Ils sont 63% à juger qu'il "affiche trop sa vie privée".
"La médiatisation de la vie personnelle du président, touchant à l'image de la fonction présidentielle, heurte visiblement des secteurs traditionnels de soutien de la majorité", a analysé dans la presse le politologue Stéphane Rozès.
"Il a le droit d'être heureux comme tout le monde", a répliqué une de ses conseillères, Catherine Pégard. "Il a fait le choix d'assumer tout ça".
Au-delà de sa vie privée, le président qui a mené campagne avec le slogan "travailler plus pour gagner plus" déçoit ses compatriotes sur la question de l'amélioration de leur pouvoir d'achat. Ils sont désormais 62% à juger que ses mesures dans ce domaine "ne sont pas suffisantes".
Le moral des Français est d'ailleurs en berne. Pour le cinquième mois consécutif, il a poursuivi sa baisse en décembre, atteignant son plus faible niveau depuis mai 2006.
"Au moment où les Français font leurs comptes et redoutent les hausses des tarifs, la question du pouvoir d'achat est réactivée. Or, Nicolas Sarkozy est attendu sur ce terrain", estime encore M. Rozès.
Mais la marge de manoeuvre du chef de l'Etat est limitée en raison des incertitudes économiques et d'une croissance de moins de 2%. M. Sarkozy a lui même reconnu que les caisses étaient "vides", tout en affichant sa volonté de poursuivre tambour battant son programme de "rupture".
Pour le Parti socialiste, M. Sarkozy chute dans les sondages parce qu'il "n'obtient pas" de résultats. Le PS a estimé que le président pourrait être contraint à un plan de rigueur après les élections municipales de mars.
Le quotidien Le Monde, dans un éditorial titré "le roi est nu", estime que M. Sarkozy devrait "surtout cesser de faire cavalier seul" car la France ne "s'en sortira pas sans ses partenaires européens".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 8 janvier 2008, 7h22)

Sarkozy souhaite la fin des 35 heures et évoque son possible mariage

Nicolas Sarkozy a souhaité la fin des 35 heures en 2008 et laissé entendre qu'il pourrait épouser Carla Bruni, affichant une volonté de réforme et de rupture intacte, lors d'une conférence de presse-fleuve mardi [8 janvier] à l'Elysée.
"J'ai été élu en promettant un changement en profondeur, une véritable rupture", avait lancé le président de la République dans un propos liminaire d'une quarantaine de minutes, évoquant à nouveau "la politique de la civilisation" qui est pour lui "la politique de la vie".
S'avançant sur ce terrain éthique, il a promis de faire inscrire avec l'aide de Simone Veil, l'égalité entre hommes et femmes, le respect de la diversité, l'intégration et les questions de bioéthique dans le préambule de la Constitution.
Après cette entrée en matière au cours de laquelle il a notamment cité "l'amour, l'ouverture aux autres, l'humanisme, le respect", le chef de l'Etat a tenu à montrer, sur fond de sondages moroses, qu'il abordait 2008 avec une volonté de réforme intacte.
A un journaliste qui lui demandait s'il voulait "la fin au moins réelle des 35 heures", il a répondu: "Pour vous dire les choses comme je pense, oui".
Le président a été à peine moins clair sur sa relation avec l'ancien top-model Carla Bruni. Avec elle, a-t-il dit, "c'est du sérieux", mais en cas de mariage, "il y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait".
Comme promis, le président a abordé tous les sujets.
Il a ainsi réclamé qu'en matière d'immigration, la France aille "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas". Il a aussi souhaité la création d'une juridiction spécialisée dans le droit des étrangers.
Sur le plan économique et social, il a annoncé avoir chargé deux Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, de réfléchir à changer les instruments de mesure de la croissance. Il a souhaité que le niveau de la participation et de l'intéressement aux résultats des entreprises, pour les salariés, soit "fortement relevé". Un "doublement ou un triplement de la réserve de participation" ne le choquerait pas.
Affichant son volontarisme dans le domaine de l'industrie, il a souhaité faire de la Caisse des dépôts "un instrument de la politique de défense" des entreprises face à la montée des fonds spéculatifs. Nicolas Sarkozy a appelé à un "changement complet de gouvernance de l'hôpital, de fond en comble" en 2008 parce "que l'hôpital n'est plus gouverné".
Sur le terrain des médias, il a déclaré vouloir "réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" de télévision.
Dans le domaine de l'éducation, il a promis le lancement de dix "projets de rénovation universitaire" pour lutter contre le "délabrement" des universités françaises. Le président souhaite donner "la priorité à l'école primaire", mais "cette politique prendra du temps", pour "être mise en oeuvre" et "produire ses effets".
Il s'est encore dit prêt à "recourir à la clause de sauvegarde" sur les OGM, s'il y a des "doutes sérieux" sur ceux qui sont cultivés en France.
Il a aussi défendu l'idée d'un "Grand Paris", promettant de ne pas "laisser (le) projet s'enliser", car "la situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable".
En matière de diplomatie, il a répété que la France "se fera l'avocate" de l'Allemagne, du Japon, du Brésil, de l'Inde et d'un pays africain pour qu'ils deviennent membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le gouvernement au grand complet avait pris place avec 600 journalistes dans la salle des fêtes du palais présidentiel.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 8 janvier, 13h42)


Parler pour ne rien dire, ou presque... C'est ainsi qu'on pourrait résumer à grands traits la prestation sarkozyenne... Rien de nouveau sous le soleil, en effet... Sarkozy de Nagy-Bocsa veut la suppression des 35 heures de temps de travail par semaine ? Quelle surprise ! Il veut la "rupture" partout, dans tous les domaines ? Quelle révélation ! Et il affirme une volonté sans faille de réformer le pays pour un "changement en profondeur" : non, vraiment, il n'y a rien de nouveau depuis la campagne électorale présidentielle de l'année dernière... Sarkozy reste, en outre, très attaché à l'évocation des bons sentiments, de l'amour, de la vie, et de formules creuses sur lesquelles je ne m'étendrais pas... Bref, le chef de l'Etat a parlé, multiplié les déclarations d'intentions, et, comme d'habitude, son habileté de politicien, réelle, n'a pas pû dissimuler le néant derrière le flot de paroles...
Rien de neuf, donc. Le discours est toujours le même, et il est, du reste, toujours aussi énervant...
Disons-le donc très clairement : en pratiquant ces sempiternelles gesticulations devant les journalistes, les cameramen et les photographes, en passant son temps à occuper le terrain politique avec des formules creuses et sans avoir de vraies solutions aux vrais problèmes du pays, en mettant médiatiquement en scène sa vie privée comme sa vie publique, en usant et abusant de tout celà sous prétexte de "rupture", Sarkozy de Nagy-Bocsa prends les citoyens électeurs pour des imbéciles et, en plus, se croit très malin d'agir comme il le fait. Dès lors, bien que je pense avoir été suffisemment bien élevé pour ne pas être, d'ordinaire, publiquement grossier,  je suppose qu'aujourd'hui, il me faut le dire, en toute franchise, et avec honnêteté, une bonne fois pour toutes, pour ne plus avoir y revenir : Sarkozy est un con et sa logorrhée, je le crains, n'est pas autre chose que de la merde verbale. Voilà, c'est dit. Evidemment, si je prononçait ces mots devant lui, peut-être aurais-je quelques problèmes avec la justice, et connaissant le personnage public, sans doute l'actuel chef de l'Etat prendrait un malin plaisir, devant les caméras, à souligner - peut-être en me tutoyant - combien je suis grossier, bien que lui-même ne se prive pas d'insulter et d'humilier son prochain lorsque l'occasion se présente. Il me faut donc essayer d'emballer mes mots grossiers avec un peu de poésie... Voici donc quelques "vers", peut-être mal assortis sur la forme, mais tout-à-fait sincères sur le fond, et qui sont fort modestement et largement inspirés de la lettre d'adieu radiophonique à Plantier, lue par Jean Yanne interprétant le rôle d'un animateur de radio - Christian Gerber - confronté à son supérieur hiérarchique - Plantier - dont il dénonce la politique médiatique d'instrumentalisation de la religion et des bons sentiments à des fins mercantiles, dans le film satirique Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972) dudit Jean Yanne. Voici ce que celà donne, pour le meilleur et pour le pire :

Sarkozy, vous êtes un con. Vous me trouvez grossier ?
Et bien moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire.
Vous ne comprenez pas ? Je vais vous expliquer :
Dire "merde" ou "gros con", c'est simplement grossier.
Maintenant voyons donc tout ce qui est vulgaire.
Prendre une voix assurée et avec surenchère,
Vendre, avec des slogans, au bon con d'électeur,
Sa prétendue "rupture" ou ses histoires de coeur.
Connaissant leurs effets sur les foules apathiques,
Faire appel aux médias pour vanter sa boutique.
Employer les plus bas et les plus sûrs moyens,
Faire des beaux discours sur la vie, sur l'humain,
Sur l'amour. Enfin, jouer sur les bons sentiments,
Afin de mieux fourguer son programme affligeant,
Tout cela c'est vulgaire, ça pue, ça intoxique
Mais cela fait partie de votre jeu médiatique
Vendre la merde, oui, mais sans dire un gros mot.
Tout le monde est gentil, tout le monde il est beau.
Mais là, mon cher Sarkozy, vous ne pouvez comprendre,
Et dans un tel combat, je ne puis que me rendre,
Alors Sarkozy, salut, je préfère me taire,
Je crains, en continuant, de devenir vulgaire.

Voilà. Cette fois-ci, le sac est bien vidé. On l'aura compris, j'en ai soupé de ces gesticulations sarkozyennes qui ne sont que du vent, et j'espère bien ne plus avoir à y revenir de sitôt... même si, durant les prochaines années, il risque d'être, hélas, encore longtemps difficile d'essayer de discerner ce qui est important de ce qui ne l'est pas, dans les actions et les beaux discours de l'actuel chef de l'Etat, pour qui essaye de jouer son rôle de citoyen et de faire preuve d'esprit critique... Tyrannies de l'urgence et des apparences, encore et toujours... Peu à peu, cependant, le vent tourne, la chute dans le réel tant attendue se produit, et on commence enfin à prendre progressivement la mesure de ce que nous avons "gagné" avec le résultat de l'élection présidentielle de l'an passé... Ce n'est pas trop tôt. Et croyez-moi, ce quinquennat, on va le sentir passer, d'une manière ou d'une autre, car pour peu que l'on utilise un peu sa cervelle, la vacuité du discours sarkozyen, et l'investissement dans le seul court terme que représentent l'action politique de l'actuel président de la République, apparaîtront finalement, tôt ou tard, pour ce qu'elles sont : au mieux, la non-rupture avec Chirac, au pire, une entreprise de démolition.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Khaled Desouki/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008 au palais de l'Elysée, à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, © Khaled Desouki/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008 au palais de l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée à Paris, le 7 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 12 2007 15:58
Alors que je m'apprête, ce soir même, vendredi 28 décembre, à quitter une nouvelle fois Midi-Pyrénées par train de nuit, pour aller passer le réveillon du Nouvel An au bord de la mer du Nord - dans la région d'Ostende, en Belgique -, c'est sans doute le moment ou jamais de faire un petit bilan de l'année qui s'achève. Sans vouloir entrer dans les détails - je n'en ai pas le temps -, je dirais simplement que l'année 2007 aura été une année... franchement pas terrible - si vous me permettez cette expression -, surtout sur le plan politique. A qui la faute, me direz-vous ? A Sarkozy de Nagy-Bocsa bien sûr, et à ceux qui ont voté pour lui au printemps dernier. Maintenant, les dés sont jetés, et on verra bien à quoi la France ressemblera dans cinq ans... Ce qui est certain, c'est que l'année 2008 ne pourra pas, a priori, être pire que ce qu'aura été, politiquement, l'année 2007... Pas de doute, donc : il y a encore de l'espoir, et pour ma part, je n'oublie pas l'une de mes devises, empruntée à Nietzsche : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts." Nous ne sommes pas morts : donc, l'histoire continue...

Je ne hais pas Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il y a longtemps maintenant que je ne le hais plus. Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, j'éprouve à l'égard de l'actuel président de la République française un subtil mélange de détestation, de pitié et de mépris. Je le déteste, lui et tout ce qu'il représente, et en même temps, j'ai pitié de cet homme, de la pauvre vie qu'il mène, de ses gesticulations sur-médiatisées, et j'éprouve également un certain mépris vis-à-vis de ses discours qu'il adresse aux citoyens et de ses tentatives, assez minables, pour essayer de détourner l'attention de l'opinion publique des vrais problèmes du pays...
Pas de haine, donc, mais des sentiments mêlés, et, en tout cas, une volonté citoyenne, toujours présente, de m'opposer résolument à Sarkozy. Ni plus, ni moins.

Alors que 2007 touche à sa fin, j'ai une pensée "émue" pour celui qui nous a quitté, politiquement, en mai dernier : une pensée pour Jacques Chirac... ;-)


Son portrait officiel, réalisé en 1995 par la photographe Bettina Rheims, n'orne plus les mairies, les ambassades de France, les commissariats de police, les ministères, les écoles, et autres établissements publics, ledit portrait ayant été remplacé par celui de la Honte, c'est-à-dire, bien entendu, par celui de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Il y a longtemps que, pour sa part, Bettina Rheims est retourné à son activité habituelle, celle de réaliser des photographies sensuelles des célébrités de notre époque, ainsi qu'elle l'a prouvé encore récemment en photographiant l'actrice Monica Bellucci pour un numéro du magazine Paris Match paru en octobre dernier...


Quant
à Jacques Chirac, après quelques mois d'éclipse médiatique, suite à son départ de l'Elysée, il est revenu quelque-peu sous les projecteurs de l'actualité en novembre dernier, deux jours avant son anniversaire...

Rendez vous compte, chers lecteurs : pendant des années,
j'en ai rêvé, et le mois dernier, une juge l'a fait... ;-)

Jacques Chirac inculpé de détournement de fonds

Six mois après son départ du pouvoir, l'ex-président de la République Jacques Chirac, 74 ans, a été inculpé mercredi [21 novembre] pour "détournement de fonds" dans une affaire remontant à l'époque où il était maire de Paris, une décision sans précédent en France.

C'est en effet la première fois qu'un ancien président de la République française est ainsi mis en cause par la justice.

M. Chirac a été mis en examen dans le dossier des chargés de missions de la mairie de Paris, une affaire d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris avant 1995, au bénéfice de proches du RPR (Rassemblement pour la République), le parti de Jacques Chirac devenu l'actuel UMP (Union pour un mouvement populaire) au pouvoir.

M. Chirac, entendu pendant trois heures au pôle financier du palais de justice de Paris, n'a pas été soumis à un contrôle judiciaire.

Les faits qui lui sont reprochés sont passibles de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Justifiant son action, l'ex-président a souligné qu'il ne s'était jamais personnellement enrichi, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde au moment ou tombait l'annonce de son inculpation.

Mais cette décision, qui signifie que la juge Xavière Simeoni considère avoir des "indices graves et concordants" contre M. Chirac, a fait l'effet d'un coup de tonnerre.

Après 12 années à la tête de l'Etat, M. Chirac a été remplacé le 16 mai par Nicolas Sarkozy. Il a perdu le 17 juin l'immunité liée à sa fonction présidentielle pour retrouver un statut de justiciable ordinaire.

Depuis, l'épée de Damoclès des "affaires" pesait sur l'ex-président, qui s'est montré discret depuis sa retraite et siège de droit parmi les "sages" du Conseil constitutionnel en tant qu'ex-président.


Son nom était apparu à plusieurs reprises dans des dossiers qui ont valu à plusieurs de ses proches, dont l'ex-Premier ministre Alain Juppé, d'être déjà condamnés.

L'avocat de M. Chirac, Me Veil, a tenté de minimiser la portée de l'inculpation, décrite comme un acte de procédure logique. "On ne peut pas interroger quelqu'un dans un dossier qui dure depuis autant d'années sans qu'il soit mis en examen", a-t-il fait valoir.


Vingt personnes sont soupçonnées d'avoir attribué des emplois de complaisance ou d'en avoir bénéficié dans les années 80-90, du temps des maires Jacques Chirac (1977-1995) et de son successeur Jean Tiberi (1995-2001).


Dans sa tribune au Monde, M. Chirac reconnaît avoir "souhaité ou autorisé" les recrutements de chargés de mission car ils étaient "légitimes autant que nécessaires".


Et, surtout, "jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis aux services d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et Parisiens. Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel", écrit M. Chirac.


Dans cette affaire, les policiers s'intéressent aussi à la fille de M. Chirac, Claude, conseillère à la mairie de Paris de 1989 à 1993.


M. Chirac avait déjà été entendu en juillet dans le cadre d'une autre affaire liée à la mairie, concernant des emplois fictifs (sans aucune prestation réelle pour les Parisiens) et non simplement de complaisance.


Les proches de M. Chirac ont salué sa "dignité" et rappelé qu'il bénéficiait de la présomption d'innocence, certains prônant une amnistie.


Le Parti socialiste a joué la discrétion, son chef François Hollande jugeant qu'il fallait éviter "une polémique inutile".


Le député Arnaud Montebourg a néanmoins estimé que cette décision arrivait "trop tard".


La ministre du Logement, Christine Boutin, a elle parlé d'une décision "tragique" pour "l'image de la France".


"Une fois encore, l'image de la France est salie par celui dont la fonction était de la valoriser", a réagi le leader d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen, vieil ennemi politique de M. Chirac.


M. Chirac, qui aurait traversé un moment de dépression après son départ du pouvoir, selon des médias, prépare le lancement d'une fondation sur l'environnement et le développement. Son épouse Bernadette l'a décrit comme "un retraité comme d'autres retraités" qui "veut se rendre utile".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 novembre 2007, 18h13)

Chirac veut se battre pour "la vérité" et pour son "honneur"


Jacques Chirac, ancien président de la République mis en examen dans l'affaire des chargés de mission de la mairie de Paris, a affirmé jeudi [22 novembre] sur TF1 qu'il se battrait "pour la vérité" et pour son "honneur".
Mis en examen mercredi pour "détournement de fonds publics" dans l'affaire des chargés de mission de la ville à l'époque où il en était le maire, M. Chirac a déclaré dans une courte interview enregistrée à son bureau: "mon état d'esprit, c'est d'abord la sérénité et ensuite la volonté de me battre".
"Je vais me battre, avec le respect que l'on doit naturellement à la justice", a-t-il poursuivi.
"Je n'accepte pas qu'on dise n'importe quoi sur cette affaire, que l'on foule aux pieds le principe de la présomption d'innocence et par conséquent, je vais me battre à la fois pour la vérité et pour mon honneur", a lancé l'ex-chef de l'Etat.
"Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel et d'ailleurs personne ne le prétend, que les choses soient claires", a-t-il réaffirmé. "Revenons sur terre", a-t-il dit.
"Dans cette affaire, il s'agit d'une vingtaine d'emplois répartis sur une période de 18 ans", a insisté M. Chirac.
"Naturellement, il n'y a aucun détournement de fonds publics, puisque ces emplois étaient nécessaires au bon fonctionnement de la ville de Paris, et qu'ils ont été autorisés par délibération votée par le conseil de Paris", a-t-il répété.
Interrogé sur la lettre de ses anciens directeurs de cabinet détaillant leur mission auprès de lui, M. Chirac a répondu: "j'ai eu connaissance bien sûr de la lettre de mes anciens directeurs de cabinet. Tout ce que je peux dire, c'est que je souscris totalement à ce qu'ils ont écrit".
Dans cette lettre que l'AFP a pu consulter, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled expliquent qu'à l'exception de quelques collaborateurs qu'ils recrutaient personnellement, ils ne pouvaient en aucun cas ordonner "de procéder à un recrutement de chargé de mission".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 novembre 2007, 20h48)

Sarkozy de Nagy-Bocsa, de son côté, semble moins soucieux qu'avant de "passer au Karcher" les dossiers judiciaires dans lesquels est impliqué son prédécesseur à la plus haute charge de l'Etat, et il semble désormais être davantage préoccupé par le fait que Jacques Chirac siège au Conseil constitutionnel alors qu'il fait l'objet, en même temps, de poursuites judiciaires...

Chirac vu de l'Elysée


Dans un style très peu présidentiel, Sarko a réglé en deux phrases le cas Chirac, mis en examen, comme on sait, pour détournement de fonds publics.
 "Il ne pourra pas continuer à siéger au Conseil constitutionnel, a-t-il dit le 21 novembre à ses collaborateurs. Le Conseil ne peut se permettre de laisser siéger des mecs poursuivis par la justice." Le "mec" en question appréciera.
 Sarkozy a profité de l'occasion pour souhaiter à nouveau, comme le préconise la commission Balladur, que les anciens présidents de la République ne soient plus membre de droit du Conseil constitutionnel.
 "Il faut au Conseil, a-t-il affirmé, des gens qui sont des experts en droit, pas des politiques qui ont des comptes à régler."
 Pour cela, rien ne vaut l'Elysée.

(Le Canard Enchaîné N°4544, 28 novembre 2007)

"Revenons sur terre" a donc dit Chirac, il y a quelques semaines... Revenir sur Terre, politiquement, oui, il serait grand temps, pour ceux qui n'auraient pas encore été réveillés par les divers mouvements de grève du mois dernier, dirigés - trop tard, et en vain, il est vrai - contre la gouvernance sarkozyenne... Et pour ce qui est de Chirac, bien que j'ai ardemment souhaité son inculpation pendant des années, il y a longtemps que j'ai anticipé ma chute dans le réel : de fait, je ne me fais pas de souci pour l'avenir judiciaire de l'ancien président de la République, car il est fort probable qu'il réussira, cette fois encore, à s'en sortir, comme d'habitude...
Retour sur Terre, "Back to the Earth" en anglais... celà ferait un bon titre de SF... ou de fantasy... ;-)


Bonne Année 2008 à tous ! :-)

Amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy posant devant le Bund de Shanghaï, en Chine, le 27 novembre 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Détail du portrait officiel de Jacques Chirac, président de la République, photographie par Bettina Rheims, 1995 ; Photographie de l'actrice Monica Bellucci, par Bettina Rheims, 2007, publiée dans Paris Match N°3048, 18 octobre 2007 ; Jacques Chirac le 6 juillet 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Patrick Kovarik ; Valéry Giscard d'Etaing, Jean-Louis Debré et Jacques Chirac le 15 novembre 2007 au Conseil constitutionnel, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP ; Capture d'écran réalisée le 22 novembre 2007 de Jacques Chirac s'exprimant sur la chaîne de télévision TF1 ; Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le 21 mars 2007, lors d'une cérémonie pour honorer Lucie Aubrac, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 22 décembre 2007 6 22 12 2007 23:57
La plate-forme qui héberge le présent blog est sur le point d'évoluer complètement vers une nouvelle version. Ce blog étant apparemment un des derniers à n'avoir pas fait l'objet de cette évolution, et la première version de la plate-forme étant destinée à disparaître prochainement, je me demande si je ne vais pas bientôt être confronté à un certain nombre de problèmes techniques et si je pourrais finalement encore disposer correctement de ce blog l'année prochaine... Au cas où, sans plus tarder, je publie donc cet article, prévu de longue date, en espérant toutefois que ce ne sera pas le dernier...

Il y a quelques semaines, au début du mois de novembre, a eu lieu la fameuse distribution des prix littéraires français, comme chaque année. La saison des prix littéraires intervient à l'issue de la rentrée littéraire d'août-septembre, événement culturel le plus attendu dans le monde des livres en France. Cette année, la production littéraire de la rentrée s'est accrue : le nombre de romans est en légère augmentation par rapport à 2006, avec 727 titres dont 493 français et 234 étrangers. Le cru 2007 compte 44 ouvrages de plus qu'en 2006, et un tiers de plus qu'il y a 10 ans, si l'on en croit le magazine Livres Hebdo.

727 romans en librairie pour une rentrée musclée


Comme chaque année, les éditeurs en font des tonnes: 727 romans français et étrangers - 43 de plus que l'an dernier - arrivent en librairie pour la rentrée littéraire, dont les auteurs phares se frottent cet automne à l'actualité et à la marche du monde.

En 2006, le succès foudroyant des "Bienveillantes" de Jonathan Littell avait monopolisé les ventes et l'attention des lecteurs. Plusieurs éditeurs avaient alors dénoncé la concentration massive des sorties en quelques semaines, mais tous répondent à nouveau présents.

Parmi les 493 romans français, le cru 2007 voit s'affirmer une génération d'auteurs exigeants, au côté des éternels "poids-lourds" de l'édition.

Au commencement, il y a Yasmina Reza. Dès vendredi, l'auteur vedette de pièces de théâtre traduites dans plus de 35 langues donne le coup d'envoi avec la sortie de "L'aube le soir ou la nuit" (Flammarion), un roman-reportage sur la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, qu'elle a suivi pendant près d'un an. Un texte annoncé comme "très littéraire" - c'est à dire, en course pour les prix de l'automne - tiré d'emblée à 100.000 exemplaires.

Egalement en première ligne, Olivier Adam publie à 33 ans son septième livre : "A l'abri de rien" (L'Olivier), une plongée dans la misère des réfugiés de Sangatte, auxquels Marie, jeune femme un peu perdue, décide de porter secours.

Dans "Fin de l'histoire" (Verticales), François Bégaudeau évoque la détention de Florence Aubenas. Benoît Duteurtre, observateur malicieux de la société, décrit un monde ultra-sécurisé dans "La cité heureuse" (Fayard). Eric Reinhardt s'attaque à la classe moyenne dans "Cendrillon" (Stock) et Marie Darrieussecq raconte dans "Tom est mort" (P.O.L) le deuil après la mort d'un enfant.

Déjà repérés par le public et les jurys littéraires, tous confirment leur place dans la galaxie du roman français, au côté de Philippe Claudel ("Le rapport de Brodeck", Stock) ou Clémence Boulouque ("Nuit ouverte", Flammarion).

D'autres, plus expérimentés, sont fidèles au rendez-vous de septembre. Pas de rentrée sans Amélie Nothomb : 16 romans en 15 ans. Dans "Ni d'Eve ni d'Adam" (Albin Michel), la Nothomb retourne au Japon, où elle avait déjà situé l'action de l'un de ses meilleurs livres, "Stupeur et tremblements" (Grand prix du roman de l'Académie française).

Pierre Assouline ("Le portrait", Gallimard), Dominique Schneidre ("Ce qu'en dit James", Seuil) ou Jean Hatzfeld ("La stratégie des antilopes", Seuil) comptent également parmi les pointures de la rentrée.

Patrick Besson livre avec "Belle-soeur" (Fayard) une élégant roman psychologique. Et les frères Poivre d'Arvor pointent, à nouveau, la tête à l'approche de la saison des prix ("J'ai tant rêvé de toi", Albin Michel).

Loin de la course aux prix littéraires, Patrick Modiano plongera ses lecteurs dans le Paris des années 1960 avec "Dans le café de la jeunesse perdue" (Gallimard), et Philippe Sollers a intitulé ses mémoires... "Un vrai roman" (Plon).

Cette forêt de livres ne décourage pas les débutants, âgés cette année de 15 à 93 ans: 102 premiers romans sont annoncés d'ici octobre et si les "grandes" maisons d'édition limitent les sorties, de nouvelles entrent chaque année dans la course.

La littérature étrangère arrive également en force. Avec pour têtes d'affiche, Norman Mailer, auteur d'une "biographie romancée d'Hitler" ("Un château en forêt" (Plon) ou Günter Grass, avec "Pelures d'oignon" (Seuil), ses souvenirs de jeunesse qui ont fait scandale en 2006 lors de leur sortie en Allemagne.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 août 2007, 15h47)

Le Goncourt à Gilles Leroy, la surprise Pennac pour le Renaudot

Le prix Goncourt 2007 a été attribué lundi à Gilles Leroy pour "Alabama song", mais la surprise est venue cette année du Renaudot décerné à Daniel Pennac, qui ne figurait sur aucune liste, pour son "Chagrin d'école" dans lequel il raconte son passé de cancre.

Quatorze tours de scrutin pour attribuer le Goncourt, dix pour le Renaudot, les débats ont été dans les deux cas longs et animés. Avec, confiait l'un des jurés, "une petite fronde des jurés des deux côtés" qui ont refusé de se laisser dicter leur choix.

Gilles Leroy l'a emporté par 4 voix contre 2 à Olivier Adam pour "A l'abri de rien", présenté comme l'un des favoris pour les prix de l'automne. Signe des difficultés à parvenir à un accord, au 14è tour de scrutin une voix est encore allée à Amélie Nothomb ("Ni d'Eve ni d'Adam"), pourtant absente de la dernière sélection.

Sorti discrètement en septembre, "Alabama song" (Mercure de France), dixième roman de Gilles Leroy, 48 ans, raconte le destin tragique de Zelda Sayre, "belle du sud" des Etats-Unis devenue l'épouse de l'écrivain Francis Scott Fitzgerald [auteur de Gatsby le Magnifique].

"Je suis fasciné par les gens précoces, comme Zelda et Scott, et qui ont une puissance de désir intense. Elle a intensément désiré, non seulement en tant que femme, mais aussi en tant que femme qui voulait devenir une artiste", expliquait l'auteur dans le hall du restaurant Drouant.

Zelda et Scott Fitzgerald symbolisent l'insouciance des années 1920, avant la dégringolade dans la folie et l'alcool. "J'ai épousé un artiste ambitieux, me voici douze ans plus tard flanquée d'un notable ivrogne et couvert de dettes, telle la dernière des rombières", constate la jeune femme dans "Alabama song". Un livre dont les jurés Goncourt soulignaient après le vote les qualités d'écriture. Pour Bernard Pivot, "Leroy a un style flamboyant".

"J'ai défendu son livre parce que je l'ai aimé. Il éclaire un milieu et une époque. La façon dont il a essayé de reconstituer l'atmosphère, les geste, le langage des Américains de Paris en 1924 est très réussie", soulignait pour sa part François Nourissier. "Quatorze tours, ça ne veut pas dire des bagarres, mais simplement des électeurs accrochés à leurs voix", a-t-il fait valoir.

Surprise totale en revanche chez les Renaudot. Daniel Pennac, 62 ans, dont le livre - "Chagrin d'école" (Gallimard) - n'était pas sélectionné, est sorti du chapeau au 10è tour, la voix du président Patrick Besson, comptant double et permettant de dégager une majorité.

C'est, selon plusieurs jurés, l'écrivain J.M.G. Le Clézio qui a lancé le nom de Pennac. Auteur de romans populaires et de plusieurs livres pour défendre la langue française, il raconte dans "Chagrin d'école" son passé de cancre, enfant malheureux à l'école devenu prof lui même... et écrivain à succès.

"Ce prix, c'est un joli clin d'oeil. Cela prouve que certains professeurs se sont trompés dans mon enfance et qu'ils n'ont pas vu assez loin mais on ne peut pas leur en vouloir", a-t-il dit à son arrivée chez Drouant.

Côté éditeurs, Gallimard qui avait raflé la mise en 2006 avec "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell (Goncourt et Grand prix du roman de l'Académie française) fait coup double : Pennac est un auteur maison et le Mercure de France, qui édite Leroy, est une filiale du groupe, dirigée par Isabelle Gallimard.

Le Renaudot de l'essai est revenu à Olivier Germain-Thomas pour "Le Bénarès-Kyoto" (Le Rocher).

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 5 novembre 2007, 16h12)

En ce qui me concerne, le fait qu’un auteur soit lauréat d'un des prix littéraires distribués à l'automne - Prix Goncourt, Prix Renaudot, Prix Femina, Prix Médicis, Prix Interallié, Prix de Flore, etc - n'est pas un argument pour acheter son livre. Pour être franc, je crois n'avoir dans ma bibliothèque - pourtant abondemment remplie, me semble-t-il - que deux livres, tout au plus, ayant été récompensés par un prix littéraire, en l'occurence le prix Goncourt : Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq (Prix Goncourt en 1951, refusé par l'auteur) et La Bataille de Patrick Rambaud (Prix Goncourt en 1997)... Mais il faut croire que pour beaucoup d'autres personnes, l'attribution d'un prix littéraire est quelque-chose de particulièrement important... Il faut dire que le prix Goncourt est une garantie de succès commercial pour un roman, d'autant plus qu'il est attribué - comme les autres - quelques semaines avant Noël...

Pourquoi la littérature d'aujourd'hui présentée dans les médias m'intéresse si peu ? J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer, en avril dernier, au sujet du conformisme dans lequel est actuellement plongée la production culturelle française en général - voir l'article intitulé "Quid de la Culture dans ce monde électoraliste ?" -, et je ne peux que citer à nouveau l'écrivaine turque Mine Kirikkanat qui, il y a presque un an maintenant, évoquait ainsi, de façon fort juste, la situation de la littérature française actuelle :

"Dans le paysage littéraire français d'aujourd'hui, on recense une grande variété d'auteurs, mais on chercherait en vain parmi eux un génie. Depuis l'époque de Sartre et de Malraux, il y a un demi-siècle, le niveau d'engagement des romanciers français n'a pas cessé de baisser. Tout se passe comme si ces écrivains refusaient désormais de prendre des risques ou de changer l'ordre des choses. Ce qu'ils veulent, c'est uniquement l'orgasme verbal. D'où l'insincérité de leur position. Qui peut sérieusement accorder du crédit à Houellebecq quand il dénonce les méfaits du néolibéralisme ? Le seul problème d'une telle démarche, c'est que l'auteur des Particules élémentaires fait lui-même partie de la "bulle" qu'il vitupère. Comme d'autres, il y patauge et il y jouit. On touche là aux limites du fonctionnement d'une génération d'écrivains qui, au fond, ne croient en rien. Todorov a raison de voir dans ce nombrilisme et ce nihilisme le résultat de décennies pendant lesquelles on n'a cessé de réduire la littérature à des structures narratives et à des jeux de language. Les romanciers américains, eux, n'ont quasiment pas été happés par ce mouvement. Ils ont su résister. Ce n'est pas un hasard si, aux États-Unis, on ne trouve pas un personnage comme Frédéric Beigbeder, qui est le pur produit d'un système "autoréférencé". La vocation de la littérature, c'est de donner de l'oxygène. Pour que cet oxygène soit libéré, pour qu'il s'impose contre l'air du temps, il faut des plumes assez puissantes, des auteurs suffisamment signifiants et profonds. La France manque actuellement de romanciers de cette trempe. [...] Heureusement, il lui reste des essayistes."

(Mine Kirikkanat, in Marianne N°509 [du 20 au 26 janvier 2007])

Le système "autoréférencé" : voilà bien, précisemment, ce qui ne m'incite pas à m'intéresser aux nouveautés littéraires exhibées régulièrement dans les médias... Pourtant, les écrivains d'aujourd'hui sont plus que jamais tributaires de ce système... Comment réussir à émerger de la masse des nombreux candidats à la publication sans se soumettre aux règles d'une oligarchie éditoriale et de jurys littéraires immuables, qui semblent plus ou moins tout contrôler ? Parfois, il suffit de pas grand-chose pour parvenir à se faire connaître et être publié - et donc être, dès lors, susceptible d'être lu -, mais on en revient toujours au même constat : pour quelques rares vrais découvertes, combien de phénomènes médiatiques creux et éphémères ?

Tout celà me fait penser à un souvenir de lecture d'un journal, il y a plus de cinq ans de celà, déjà... C'était à la fin du mois d'avril 2002, et plus précisemment entre les deux tours de la fameuse élection présidentielle qui a vu une majorité d'électeurs français être assez stupides pour imposer à tous, un certain dimanche 21 avril, un duel entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen au second tour du 5 mai de cette année-là. Le lundi 29 avril 2002, en parcourant les pages du journal Libération, je suis tombé sur "Nuits blanches", une chronique du monde de la nuit parisien, que faisait alors régulièrement Eric Dahan, journaliste, musicien, réalisateur et, surtout, "figure mythique de la nuit parisienne" selon Technikart, le magazine tenu parfois pour un révélateur des modes "branchées" ou "underground" de la capitale... Et voici ce que j'ai lu :

Le retour du politique

Après le black sunday, c'était la consternation à Paris. On sillonnait le Bois de Boulogne avec Marc Lamour au son de Bowie chantant I'm so Afraid. Puis on faisait un stop au Bowling Etoile Foch, où Titof nous avait invités au Grand Strike de Sasha, Rachid, Bryan, Lenny et Joanna. A l'intérieur, tout l'underground hip-hop. Un toaster hurle au micro: "Nique sa mère à Le Pen", pendant le mix de Cut Killer, et on se croirait revenu au temps des Soul Kitchen à New York.
Il y a des filles incroyables, comme Bénédicte, qui écrit des nouvelles érotiques du point de vue d'un garçon, en hommage à son modèle Anaïs Nin. Julie Boukobza confie que son père va reprendre en main les Bains-Douches à la rentrée, après lifting radical. Sébastien Barrio scotche sur la banquette: "Le porno et les snuff-movies, ça n'a rien à voir ; à la télé, ils essaient encore de nous faire passer pour des monstres." Greg Centauro ouvre sa chemise blanche: "Etre reconnu comme comédien traditionnel ne m'intéresse pas, je suis très content de faire du hard", et Titof embrasse fougueusement Emese avant d'entraîner tout le monde au Dépôt. Puis c'est l'heure du brunch de Jack Lang au ministère de l'Education. Et de nouveau la confrontation avec une réalité consternante. De Danielle Mitterrand à Kouchner, la famille fait front. Jack prend la parole, parle du sursaut admirable d'une jeunesse issue de l'Ecole de la République - "tant décriée, voire salie par des gens qui n'y ont pas mis les pieds depuis trente ans !" - et dit l'urgence de contrer la montée du Front national. Ariane Mnouchkine répond: "Je t'aime Jack, mais les politiques ont ignoré la réalité de l'insécurité." Jeanne Moreau acquiesce. Jean-Michel Jarre est déçu de l'attitude de Jospin... On retrouve Pascal Houzelot au Costes pour le dîner d'anniversaire du Serpent, ironisant: "Puisqu'on est reparti pour la IIIe République, je vais me laisser pousser la moustache et porter un haut-de-forme", avant de suggérer d'aller prendre un verre au Mathi's, où l'on tombe sur Claude Aurensan, dont la devise reste: "Pas de passéisme !" On profite de la proximité du Nirvana de Claude Challe, où Hubert Boukobza tente de raconter quelque chose au sujet de Nick Rhodes - peut-être vient-il de dîner avec lui ? - mais Claude Challe nous rassure: "Il faut un décodeur." Il revient de Dubaï et a été très impressionné par les sables climatisés et les courses de bananes off-shore. Le Nirvana est vraiment un endroit fabuleux, avec son décor mixant artisanat traditionnel et haute technologie, entre le dance-floor évoquant un Sept de l'espace et les miroirs cathodiques des toilettes, renvoyant des fragments de scènes, sur fond de musiques mutantes. Personne ici n'a pas plus envie de dormir à côté de camps d'internement que d'imaginer le désastre d'une Intifada sur Seine. Fabien Ouaki explique à Claude Challe: "Le camarade, c'est celui dont tu es capable de partager la chambre." C'est le retour du politique, une chance finalement. Derrida dirait "là où il y a du polémos, seulement est possible l'amitié". C'est aussi une histoire de paille, de poutre et d'oeil du voisin, celle d'un pays censé éclairer le monde de ses lumières et qui va devoir se réinventer.

(Chronique "Nuits Blanches", par Eric Dahan, publiée in Libération N°6518, lundi 29 avril 2002)

Vous n'avez pas tout compris de ce que vous avez lu, chers lecteurs ? Rassurez-vous, c'est tout-à-fait normal... ;-) Moi non plus, je ne suis pas un "roi de la branchouille", et cette chronique, rappelons-le, date d'il y a plus de cinq ans. Sur l'ensemble des personnes évoquées dans le texte de Dahan, combien ne sont pas tombés dans l'oubli aujourd'hui, mis à part, bien entendu, les invités célèbres du "brunch" au ministère de l'Education, et peut-être quelques patrons de clubs nocturnes surtout connus des habitués de la nuit parisienne ? Même chose pour les lieux évoqués. Dans cinquante ans, on devra accompagner ce texte d'un lacis serré de notes en bas de page, pour y comprendre quelque-chose...
Pour l'heure, c'est essentiellement l'aspect politique dudit texte qui reste compréhensible, même si je me souviens que le rapport entre le titre "Le retour du politique" et la photographie de Dahan illustrant sa chronique, et représentant une certaine Bénédicte posant allongée dans le plus simple appareil, ne m'avait pas franchement sauté aux yeux à la première lecture... ;-)
Chacun, au passage, aura sans doute pû apprécier l'évocation par Eric Dahan de l'inimitable Jack Lang, alors ministre de l'Education Nationale d'un gouvernement Jospin sur le point de déposer le bilan : Jack, l'ami des jeunes ; Jack, l'ami des artistes ; Jack, l'éternel ministre de la Culture même des années après avoir abandonné cette fonction... Vraiment inimitable, ce Jack... et tellement sympathique ! Le monde des libraires indépendants lui doit beaucoup, grâce à la loi de 1981 sur le prix unique du livre, loi qui porte son nom. Comment ne pas aimer Jack, quand on aime la culture ? Je le dis sérieusement : Jack est vraiment quelqu'un de sympathique. Dommage, cependant, qu'il n'ai pas compris à quel point les manifestations étudiantes et lycéennes anti-Le Pen de l'entre-deux tours n'étaient politisées - au sens citoyen du terme - que de façon très superficielle... Pour ma part, je le sais, et pour cause : j'y étais... ;-)

Dahan, qui a affirmé avoir eu le "déclic" de l'écriture après avoir lu Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche - saine lecture, soit dit en passant -, a expliqué ainsi, dans un entretien avec un journaliste du magazine Technikart, en mars dernier, pourquoi il avait arrêté ses chroniques du monde de la nuit parisien, chroniques qu'il écrivait depuis 1994 : "L'évolution de la nuit ces dernières années, caractérisée par une inflation du discours et de la couverture médiatique inversement proportionnelle à la réalité économique et sociale de l'industrie de la nuit, mais également le fait que je ne supporte pas la médiocrité de la musique jouée dans les clubs, font que je songeais depuis plusieurs années à mettre un terme à cette chronique. Sans même parler du fait que tout ce qui l'avait constituée et qui était alors socialement transgressif ou au moins neuf, était devenu la norme. Quand l'idéal de distinction devient la norme et que la jouissance devient un impératif catégorique, j'ai tendance à me chercher d'autres espaces de liberté, ailleurs que dans le conformisme misérable d'une époque inculte et inepte." De fait, lorsque l'on lit cette ancienne chronique de 2002, on ne peut que remarquer que le constat fait aujourd'hui, par Dahan lui-même, sur le monde de la nuit est assez proche de celui que l'on pouvait faire déjà à l'époque, et sans doute même avant encore... La tyrannie de l'urgence et celle des apparences ne datent pas d'hier...

Mais revenons à nos moutons... Pourquoi parler de tout celà ? Quel rapport avec les livres et le monde de l'édition ? Eh bien, justement, j'y viens... Comme vous peut-être, chers lecteurs, j'ai été quelque-peu intrigué, au premier abord, par le présence d'une photographie déjà évoquée plus haut et représentant une certaine Bénédicte posant nue allongée, et présentée, dans la légende comme dans le texte, comme étant l'auteur de nouvelles érotiques rencontrée par le chroniqueur à une soirée "hip hop" au club du Bowling de l’Etoile... A l'époque, j'avais fini par oublier cette incongruité apparente, et même la lecture de la chronique, jusqu'à ce que quelque-chose me fasse m'en souvenir l'année suivante : en novembre 2003, on appris qu'une certaine Bénédicte Martin, née en 1978, avait écrit un recueil de nouvelles érotiques, lequel recueil venait d'être édité chez Flammarion, grâce à Frédéric Beigbeder - ancien publicitaire devenu écrivain et animateur de télévision, président du jury du Prix de Flore qu'il a fondé en 1994, et qui fut éditeur chez Flammarion de 2003 à 2006 -, avec une couverture plutôt racoleuse. La jeune femme étant venu faire la promotion de son livre à l'époque à la télévision, dans "Tout le monde en parle" sur France 2, la défunte émission "talk-show" produite et animée par Thierry Ardisson - ami de Beigbeder -, le lecteur d'un certain numéro de Libération d'avril 2002 a pû s'apercevoir, à cette occasion, que Bénédicte Martin et la "Bénédicte" photographiée dans une tenue très décontractée, l'année précédente, par Eric Dahan, étaient la même personne... J'ai appris, par la suite, que, selon le magazine Technikart, dans un de ses numéros parus à l'époque, que c'était précisemment Eric Dahan qui avait alors contribué à lancer la carrière de la jeune écrivaine, en la remarquant lors de cette soirée du Bowling de l’Etoile : la photographie de "Bénédicte" publiée dans sa chronique "Nuits Blanches" du numéro du 29 avril 2002 de Libération était, en fait, un cliché d'une séance de pose nue faite par la jeune femme à la demande de Dahan, le lendemain de la soirée, séance à l'occasion de laquelle l'écrivaine lui a présenté ses premiers écrits. La rencontre avec l'éditeur Beigbeder ne s'est, dès lors, guère faite attendre, le personnage étant connu pour être friand de ce genre de petite "provocation"...

Voyez-donc comme les choses peuvent être simples pour les écrivains débutants, pourvu que l'on ait quelques atouts à faire valoir auprès des bons intermédiaires... Cette petite histoire est anecdotique, bien entendu, mais tout-de-même assez révélatrice de la façon dont pouvait fonctionner le petit monde de l'édition il y a encore quelques années... Résultat : on publie - voire récompense - des choses qui ne méritent pas forcément de l'être, ou pour de mauvaises raisons, alors que l'on s'aperçoit que certains grands écrivains du passé ne trouveraient pas forcément d'éditeurs aujourd'hui...

Jane Austen ne trouverait pas aujourd'hui d'éditeur, démontre un écrivain

Jane Austen, célèbre auteur britannique du début du [XIX]e siècle, ne trouverait pas aujourd'hui d'éditeur, comme l'a vérifié un écrivain frustré en envoyant des manuscrits à une vingtaine d'éditeurs.

Selon la presse britannique, David Lassman, qui peine lui-même à se faire publier, a ainsi envoyé le premier chapitre suivi d'un synopsis de trois romans différents de Jane Austen, en se contentant de changer les titres et les noms de personnages.

Sur 18 éditeurs, 17 ont renvoyé des lettres de refus type ou n'ont pas répondu. Seul l'un d'entre eux a reconnu le style d'Austen ("Orgueil et préjugés", "Raison et sentiments"), recommandant à l'auteur du manuscrit d'éviter le pastiche.

Un éditeur, malgré son refus, a jugé la prose "très originale". Et l'agence littéraire qui représente J.K. Rowling (Harry Potter) s'est dite "peu assurée de pouvoir placer ce manuscrit auprès d'un éditeur", selon la presse.

"Arriver à faire publier un roman est très difficile aujourd'hui, sauf si vous avez un agent littéraire", a souligné M. Lassman à la presse, se disant sidéré du nombre de refus essuyés par la grande dame.

David Lassman, 43 ans, est le directeur du festival Jane Austen à Bath (sud-ouest de l'Angleterre).

Il a même eu l'audace d'envoyer le premier chapitre légèrement modifié d'"Orgueil et préjugés", l'oeuvre la plus célèbre d'Austen, en conservant sa première phrase, archi-connue en Angleterre: "C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier...".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 juillet 2007, 16h50)

Dante Alighieri, François Villon, Miguel de Cervantès, William Shakespeare, Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, Voltaire, Johann von Goethe, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Edgar Allan Poe, Charles Dickens, Gustave Flaubert, Henrik Ibsen, Léon Tolstoï, Anton Tchekhov, Marcel Proust, James Joyce, Ernest Hemingway, Albert Camus, etc. : tout le monde connait le nom de ses grands écrivains - encore que... dire que tout le monde les connait, même seulement de nom, c'est sans doute un peu exagéré -, mais qui les lit vraiment aujourd'hui, en dehors des établissements scolaires et universitaires ? Moins de monde encore, à mon avis, qu'on pourait le croire...

De fait, personnellement, je suis plus attiré par la littérature du passé que par celle d'aujourd'hui. Les oeuvres des siècles passés, que l'on appelle les classiques, m'intéressent davantage que les phénomènes médiatiques éphémères vendus régulièrement dans les médias... J'apprécie également la littérature de genre, notamment la fantasy, mais là encore, je préfère les classiques du genre - ceux de Robert E. Howard et J.R.R. Tolkien, notamment - aux nouveautés commerciales constituées en "sagas" interminables dont les éditeurs nous abreuvent depuis quelques années...

Que pourrais-je vous conseiller comme lectures ? Je n'aime pas la frénésie commerciale qui s'empare régulièrement de nos sociétés de consommation au moment des fêtes de fin d'année, mais si, par hasard, certains d'entre-vous, chers lecteurs, souhaitent des suggestions d'acquisitions, en voici quelques-unes, toutes en rapport avec le monde de la fantasy :


- La Formation de la Terre du Milieu (Histoire de la Terre du Milieu, IV), de J.R.R. Tolkien, textes présentés par Christopher Tolkien, traduits de l'anglais par Daniel Lauzon (Christian Bourgois Editeur, 2007).
Il s'agit du quatrème volume de l'Histoire de la Terre Milieu, vaste ensemble en douze volumes, regroupant une grande partie des différents textes, brouillons, versions et autres inédits de J.R.R. Tolkien (1892-1973), l'auteur de Bilbo le Hobbit (The Hobbit, 1937) et du Seigneur des Anneaux (The Lord of the Rongs, 1954-1955). Voici la présentation de l'éditeur : "La Formation de la Terre du Milieu se situe dans la continuité des Contes Perdus et des Lais du Beleriand, mais elle peut être lue pour elle-même afin de découvrir le " vrai " Silmarillion tel que J.R.R. Tolkien l'a conçu dans les années 1920-1930, bien avant d'écrire Le Seigneur des Anneaux. La Formation de la Terre du Milieu est un volume central, où l'on trouvera deux versions " authentiques " du Silmarillion - L'Esquisse de la Mythologie et la Quenta, qui racontent la création du monde, l'apparition des dieux et des Elfes, les premières batailles et l'histoire de grands héros comme Túrin -, mais aussi des cartes en couleurs (la première carte du Silmarillion) ou en noir et blanc absolument inédites en français, complétées par une étonnante description du monde de Tolkien (l'Ambarkanta), des chronologies et des textes historiques, les fameuses Annales du Valinor et du Beleriand."


- Conan le Cimmérien - Premier volume (1932-1933), de Robert E. Howard, textes traduits de l'anglais par Patrice Louinet et François Truchaud, introduction et notes de Patrice Louinet, illustrations de Mark Schultz (Bragelonne, 2007).
Avec ce premier ouvrage, les éditions Bragelonne ont commencé à publier une nouvelle édition, en trois volumes illustrés - à tirage limité, hélas -, des écrits originaux de Robert E. Howard (1906-1936) consacrés à son célèbre personnage de fantasy Conan le Cimmérien, sans coupures, ni ajouts, ni modifications (fait inédit en France), et dans l'ordre chronologique de rédaction et de publication. Les récits de Howard y sont restitués à partir des manuscrits originaux des années 1932-1936, dans des traductions entièrement renouvelées et accompagnés de nombreux inédits, de fragments et de notes de l'auteur sur l'univers de Conan. Le premier volume est paru en octobre dernier, et les deux autres paraitront dans le courant de l'année prochaine. Pour avoir acquis récemment le premier volume, je peux dire qu'il s'agit d'un bel objet, avec une belle reliure, et à l'intérieur duquel il ne manque rien, sauf les célèbres peintures de Frank Frazetta... mais les illustrations de Mark Schultz sont quand même sympatoches... :-)
Il est heureux que cette publication des écrits de Howard consacrés à Conan ait lieu à présent en France, alors que se poursuit, en parallèle, la publication, chez Christian Bourgois, des volumes de l'Histoire de la Terre du Milieu de Tolkien : ainsi, le public francophone aura-t-il bientôt la possibilité de mieux connaître, et d'apprécier à sa juste valeur, le travail littéraire des deux pères de la fantasy moderne...


- Stardust - Le Mystère de l'Etoile, de Neil Gaiman, illustré par Charles Vess, traduit de l'anglais par Nicole Duclos et Françoise Effosse-Roche (Marvel Panini France, 2007).
Paru initialement en 1997-1998, ce roman de fantasy de Neil Gaiman n'avait été publiée en France, jusqu'à tout récemment, que dans une version dépourvue des illustrations originales de Charles Vess. Cet oubli a été réparé, et l'oeuvre a été republiée cette année, dans sa version illustrée et avec une nouvelle traduction, à l'occasion de la sortie en salles de son adaptation cinématographique réalisée par Matthew Vaughn. Voici un extrait de la présentation de l'éditeur : "À l'aube de l'ère victorienne, dans la campagne anglaise alanguie, se dresse le village de Wall - un hameau isolé tirant son nom de l'imposant mur de pierre qui l'entoure. La vie paisible de la petite bourgade n'est perturbée qu'une fois tous les neuf ans, quand simples mortels et créatures magiques se retrouvent dans un pré voisin à l'occasion d'une foire à nulle autre pareille. À Wall, le jeune Tristran Thorn est éperdument amoureux de Victoria, la plus jolie fille du village, mais la belle est aussi distante et inaccessible que l'étoile filante qu'ensemble ils voient tomber par une froide nuit d'octobre. Pour conquérir le cœur de Victoria, Tristran lui promet de retrouver l'étoile et de la lui rapporter. Sa quête le conduira au-delà du mur, dans un monde dont la féerie dépasse l'imagination..."


- Beowulf, poème médiéval anonyme, (Librairie Générale Française ou LGF [Le Livre de poche], collection "Lettres gothiques", 2007).
A l'occasion de la sortie en salles de l'adaptation cinématographique du poème réalisée par Robert Zemeckis (à partir d'un scénario de Neil Gaiman et Roger Avary), une nouvelle édition française de Beowulf, a été publiée tout récemment, en novembre dernier, dans l'excellente collection "Lettres gothiques" du Livre de Poche. Je rappelle que, comme pour tous les autres ouvrages publiés dans cette collection, il s'agit d'une édition bilingue, avec une nouvelle traduction d'André Crépin. Celui-ci affirme lui-même que sa précédente traduction - devenue quasiment introuvable - était "moins nerveuse" et "moins exacte" que celle qui est proposée aujourd'hui. Un bon livre, donc, et à un prix très raisonnable, ce qui est toujours suffisemment rare pour être signalé. Voici la présentation de l'éditeur : "Poème en vieil anglais des environs de l'an mil, Beowulf est le plus ancien long poème héroïque qui nous soit parvenu intégralement dans une langue européenne autre que le latin. Il s'inscrit peut-être dans une tradition beaucoup plus ancienne encore, puisque Beowulf est présenté comme le neveu d'un chef scandinave dont la mort vers 520 est historiquement attestée. Prince modèle, fidèle à ses souverains et à ses engagements, il affronte des forces mauvaises, ogres et dragons. Il meurt, à la fois victime et vainqueur du dragon, en protecteur de son peuple. La société décrite, et vérifiée par l'archéologie, est païenne, mais le poème est chrétien. La célébration en anglais d'un héros scandinave, l'éloge d'un prince païen par un poète chrétien, le mélange de fabuleux et d'historique, l'entrelacement des épisodes, le style délibérément traditionnel expliquent la fascination exercée parce chef-d'œuvre. Depuis que sa valeur littéraire a été reconnue au XIXe siècle et sa leçon de courage réaffirmée en 1936 par Tolkien, l'auteur du Seigneur des anneaux, les médias, surtout anglo-saxons, ne cessent de l'exploiter. Ce volume, qui donne à la fois le texte original et une traduction nouvelle d'André Crépin, permet au public francophone de le découvrir."


- Errances en Faërie, recueil de contes murmurés à une chouette aveugle, recueil collectif de contes (Editions Skiophoros, 2006).
Je ne suis sans doute pas très objectif en recommandant ce dernier volume, vu que certains des auteurs de ce recueil de contes sont des amis, mais j'assume... ;-) Voici la présentation de l'éditeur : "Les sept textes qui composent ce recueil — initialement publiés sur le site JRRVF (www.jrrvf.com) dédié à Tolkien — sont autant d'invitations à la découverte des royaumes de Faërie. Tantôt serpentant sous de mélodieux scintillements d'étoiles, tantôt s'insinuant à l'ombre de quelques créatures chimériques, ils livrent au lecteur un horizon atypique des frontières toujours incertaines du merveilleux. Pour peu qu'il se prenne au jeu de ces errances, c'est alors aux confins de son propre univers imaginaire que le lecteur aura peut-être la surprise de se retrouver. Car si ils sont des voyages en pays fantasques et inconnus, les contes de Faërie sont avant tout des labyrinthes vertigineux aux miroirs asymétriques, par dessus lesquels on se penche comme on scrute l'abysse."

Voilà une partie de la littérature que j'aime. Maintenant, c'est à vous de voir... ou plutôt de lire, si le coeur vous en dit...

Bon Noël à tous.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Détail du tableau Un philosophe occupé de sa lecture, dit aussi Chimiste dans son laboratoire, ou Le souffleur, huile sur toile [1734] par Jean-Siméon Chardin, Paris, Musée du Louvre ; Quelques-uns des romans phares de la rentrée littéraire de 2007 dans une librairie de Caen, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Mychèle Daniau ; Couverture du roman de Gilles Leroy Alabama song, prix Goncourt 2007 ; Couverture du roman de Daniel Pennac Chagrin d'école, prix Renaudot 2007 ; Photographie légendée d'Eric Dahan, parue in Libération N°6518, 29 avril 2002 ; Couverture du roman de Jane Austen Raison et sentiments, publié en format de poche chez 10/18 ; Couverture du roman de Jane Austen Orgueil et préjugés, publié en format de poche chez 10/18 ; Couverture de La Formation de la Terre du Milieu [Histoire de la Terre du Milieu, IV], de J.R.R. Tolkien, ouvrage publié chez Christian Bourgois Editeur ; Couverture de Conan le Cimmérien - Premier volume [1932-1933], de Robert E. Howard, ouvrage publié chez Bragelonne ; Couverture du roman Stardust - Le Mystère de l'Etoile, de Neil Gaiman, illustré par Charles Vess, publié chez Marvel Panini France ; Couverture de la nouvelle édition du poème médiéval anonyme Beowulf, publiée par la LGF [Le Livre de poche], dans la collection "Lettres gothiques" ; Couverture de Errances en Faërie, recueil de contes murmurés à une chouette aveugle, ouvrage collectif publié aux Editions Skiophoros)
Par Hyarion - Publié dans : Lectures et écritures
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