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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Mardi 15 avril 2008 2 15 04 2008 21:36
Cet article, chers lecteurs, risque fort, je l'avoue, de ne pas briller par sa qualité. Le Pognon a toujours été un problème dont j'ai horreur de parler, et les discours des économistes m'ont toujours plus ou moins ennuyé. Les gens qui s'excitent autour des cours de la Bourse, j'avoue que cela me dépasse complètement. Tout ce que je vois, c'est un dieu Argent adoré par tous ou presque, de façon plus ou moins insensé. Ceux qui n'ont pas d'argent crèvent d'envie d'en avoir. Ils sont prêts à bien des choses pour cela, même à participer à des jeux télévisés comme "Qui veut gagner des millions ?", présenté par Jean-Pierre Foucault sur TF1, et à mettre ainsi leur culture générale - toute relative pour certains - dans la balance pour pouvoir toucher le gros lot, même s'ils prennent ainsi le risque d'être humiliés en public s'ils ne réponsent pas correctement à une question apparemment simple... L'argent, l'argent, l'argent... Qu'est-ce que cela peut me gonfler, l'argent... "L'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase, l'argent qui tue, l'argent qui ruine, et l'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes" disait François Mitterrand, lui qui était lui-même fasciné par les hommes d'argent... L'argent... On aimerait pouvoir en sortir, mais dans ce monde pourri, cela n'est pas possible... Aujourd'hui moins que jamais, car les Français semblent s'être choisis, pour la majorité d'entre-eux, un président qui leur ressemble assez, finalement, car Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, lui-même, aime beaucoup l'argent : "faire du fric" est sans doute l'activité qu'il se plairait à pratiquer le plus, à l'instar de ses amis - les grands patrons français -, s'il n'était, pour l'heure, un politicien... qui affiche du reste, en ce moment - signe qui ne trompe pas -,  la volonté de pratiquer, depuis l'Elysée, une politique de "réforme de l'Etat" faite essentiellement d'économies de bouts de chandelles, faute peut-être de pouvoir délocaliser ou revendre "l'entreprise France" (pour reprendre l'expression de Ernest-Antoine Seillière), "entreprise" qui, rappelons-le, n'est pourtant pas tenu d'être "rentable" ou "compétitive" (du moins si l'on en croit sa Constitution), et pour cause, puisqu'un pays n'est pas une entreprise, contrairement à ce que semblent penser certains...


Je ne suis pas un spécialiste des questions de pognon, et n'est nul envie de le devenir. Rassurez-vous, donc : il ne sera pas question ici de cours de la Bourse, de NASDAQ, de Dow Jones ou de CAC 40. Ni de Sicav ou de FCP (fonds commun de placement). Ni de contrats d'assurance vie. Ni d'investissements dans l'immobilier. Ni de produits bancaires. Ce n'est pas le genre de la maison. Par contre, bien que les questions de pognon m'aient toujours ennuyé, bien qu'étant finalement incontournables à un moment ou à un autre, on peut toujours parler de fiscalité et d'économies publiques liées à la réforme de l'Etat, ou du moins à ce qui tient lieu de "réforme de l'Etat" actuellement. Car, après tout, s'il y a bien une question de pognon qui nous concerne tous, c'est bien celle de l'argent public ! Rassurez-vous toutefois : ici, il ne sera pas question de faire un procès idéologique à l'Etat comme l'a fait pendant tant d'années Jean-Pierre Pernaut avec sa rubrique "Argent public gaspillé" dans sa tristement célèbre (et démagogique) émission télévisée "Combien ça coûte ?" sur TF1 (remarquez, je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui, vu qu'il y a bien longtemps que je ne suis plus tombé, même par inadvertance, sur les émissions d'"information" de TF1)...

Tenez, pour commencer, je viens de relire le résultat d'une enquête du magazine Mieux Vivre Votre Argent (j'adore ce titre, simplement à cause de son sous-entendu : figurez-vous que l'on peut "mal vivre" son argent ! Etonnant, non ? Comme l'a dit un jour le grand couturier ésotérique Paco Rabanne, à la télévision, "combien de gens se sont suicidés parce qu'ils avaient trop de fric !"). Mieux Vivre Votre Argent et le site VotreArgent.fr avaient, l'année dernière, interrogé la totalité des candidats à l'élection présidentielle sur le thème des placements. Les journalistes de ce magazine et de son site Internet avaient envoyé un questionnaire que seuls quelques candidats - mais non les moindres - avaient alors renvoyé : François Bayrou, Olivier Besancenot, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. A titre d'exemples, voici les réponses de ces candidats à deux des questions posées : au hasard, celle sur l'ISF et celle sur le bouclier fiscal...


"Question : Quelle est votre position sur le bouclier fiscal ? Souhaitez-vous le conserver, le faire évoluer ou le supprimer  ?

François Bayrou : La loi de finances pour 2006 du 30 décembre 2005 a fixé le plafond du bouclier fiscal à 60 %. Le coût de cette mesure s'est élevé à 400 millions d’euros. Or, elle n'a profité qu'à 93 000 personnes dont 14 000 imposables à l’ISF qui bénéficieront des deux tiers de cette somme.
La proposition de création d'un bouclier fiscal à 50 % coûtera plus de 2 milliards d'euros supplémentaires.
Je suis fermement opposé à cette mesure pour trois raisons :
C'est une mesure injuste : elle revient à exonérer du paiement de l'ISF les plus riches alors que les contribuables moins fortunés continueront à y être soumis. Cette mesure bénéficie donc massivement aux plus riches des plus riches.
C'est une mesure hypocrite : elle est destinée à ne pas poser le problème de la réforme de l'ISF.
C'est une mesure coûteuse et non financée.

Olivier Besancenot : Ce sera sans surprise : je suis pour supprimer le bouclier fiscal qui est, de fait, synonyme de suppression de l'ISF et de liquidation des restes de progressivité de l'impôt sur le revenu.

Jean-Marie Le Pen : Dans un pays aussi imposé qu'est aujourd'hui le nôtre, un tel bouclier peut s'avérer nécessaire afin d'éviter la fuite des capitaux. Il ne le sera plus quand, rompant avec la politique de nos gouvernements qui, en 30 ans ont réussi à endetter la France pour plus de deux mille milliards d'euros tout en portant le niveau des prélèvements obligatoires à 44,4 % du PIB, nous aurons ramené ce niveau à celui de la moyenne européenne soit 39 %.

Ségolène Royal : Je souhaite une réforme fiscale qui rétablisse l'équité de notre système fiscal et revienne sur certaines largesses accordées au profit des contribuables les plus aisés. Il me semble nécessaire de supprimer le bouclier fiscal qui bénéficie pour l'essentiel à 16 000 foyers, pour une baisse moyenne d'impôt de 22 000 euros.

Nicolas Sarkozy : Un premier pas très important a été réalisé avec la mise en place du bouclier, qui était indispensable et que j'avais proposée, dès le discours de La Baule [en juillet 2004], en m'inspirant de l'exemple allemand. Je souhaite améliorer la protection qu'il offre, en empêchant que les impôts directs, la CSG et la CRDS ne confisquent plus de la moitié des revenus.

Question : Quelles modifications envisagez-vous pour l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ? Souhaitez-vous extraire, totalement ou partiellement, la résidence principale de l'assiette taxable ?

François Bayrou : Il faut avoir le courage d'engager une véritable réforme de cet impôt car nous ne pouvons accepter l'idée que la richesse française aille ainsi s’investir en Belgique ou en Suisse et donc, qu'au final, cet impôt ne touche que « les petits riches ».
C'est pourquoi je souhaite mettre en place une imposition sur le patrimoine à base large, à partir de 750 000 euros mais à taux léger (un prélèvement autour de 1 pour 1000).
Par ailleurs, j'ai décidé de maintenir l'exonération de l'outil de travail et des oeuvres d'art dans le calcul de cet impôt.

Olivier Besancenot : Concernant l'ISF dont le rapport est aujourd'hui ridiculement bas - en gros, l'équivalent de la redevance télé ! - le problème est moins le taux que l'assiette.
Je pense qu'il ne faut rien extraire de cette assiette (donc, pas la résidence principale) mais, surtout, je pense qu'il faut y réintégrer des éléments qui en ont été exclus, à commencer naturellement par "l'outil professionnel".
Ce type de réforme peut permettre un rendement nettement supérieur, même avec des taux d'imposition relativement bas, voire abaissés.

Jean-Marie Le Pen
: Pour éviter que la hausse des prix de l'immobilier amène certaines personnes ne payant pas l'impôt sur le revenu à devoir payer celui sur la fortune, je propose d'éxonérer la résidence principale du calcul de l'ISF.

Ségolène Royal
: L'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a été mis en place en 1988 pour financer, comme son nom l'indique, la réinsertion des catégories les plus fragiles de la population. Cette idée me semble toujours pertinente, bien que la réinsertion des personnes du RMI mérite d'être revue en profondeur, tant son échec est patent. Si personne ne conteste que la hausse de l'immobilier soit à l'origine d'une hausse du nombre de personnes assujetties à l'ISF, il n'en reste pas moins que payer cet impôt revient à appartenir au pourcent des Français les plus aisés.
Je n'envisage donc pas d’extraire la résidence principale de l’assiette taxable. Il reviendra au Parlement de se prononcer sur des pistes de réformes de l’ISF, car les récentes réformes adoptées l'UMP et l'UDF, qui ont favorisé les détenteurs des plus grands patrimoines, méritent d'être corrigées.

Nicolas Sarkozy : Je ne souhaite pas la suppression de l'ISF, mais je veux qu'il serve à financer des priorités d'intérêt général et non pas qu'il encourage l'Etat à maintenir son train de vie actuel. C'est la raison pour laquelle je mettrai en place une déduction pour les investissements dans les PME et dans les fondations, par exemple celles qui financent des activités de recherche, jusqu'à 50 000 euros."

(Extraits d'un questionnaire de Mieux Vivre Votre Argent/VotreArgent.fr et réponses de cinq candidats à l'élection présidentielle, avril 2007)

On aura peut-être remarqué que les prises de position de certains candidats sur cette délicate question de l'ISF ne sont pas de nature, sans doute par quelque coïncidence heureuse, à remettre en cause les avantages fiscaux dont jouissent personnellement lesdits candidats... Mais ne médisons pas. De toute façon, me direz-vous, il y a longtemps maintenant que les dés sont jetés, et depuis, le fameux "paquet fiscal" de Sarkozy de Nagy-Bocsa est passé par là...

Aujourd'hui, après le "paquet fiscal" adopté cet été - qui n'est qu'un cadeau aux "moins riches" des "plus riches", n'arrangeant en définitive que les possesseurs de patrimoines importants et une minorité de salariés ayant la possibilité de faire des heures de travail supplémentaires -, après les élections municipales et cantonales du mois de mars dernier, voici venu le temps du plan de rigueur gouvernemental qui ne dit pas son nom... Chacun pouvait s'y attendre, et Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a donc surpris personne, le 4 avril dernier, en annonçant ses mesures concernant la "réforme de l'Etat"...


166 mesures pour la réforme de l'Etat, 7 milliards d'économies d'ici 2011


Alors que les déficits publics dérapent, Nicolas Sarkozy a présenté vendredi [4 avril] 166 mesures qui doivent faire économiser 7 milliards d'euros à l'Etat d'ici 2011, dont "plus d'un milliard" doit être redistribué aux fonctionnaires en contrepartie de suppressions de postes.

"Le temps de la réforme de l'Etat est venu", a lancé le président de la République dans un discours au ministère du Budget, à l'issue du second Conseil sur la modernisation des politiques publiques (CMPP).

"Ce n'est pas les économies qui font la réforme mais la réforme qui permettra des économies. C'est la différence entre rigueur et réforme", a-t-il assuré, alors que la gauche l'accuse sans relâche de vouloir infliger au pays une cure de "rigueur".

Il s'est gardé de donner un chiffre global, mais le rapport présenté par Eric Woerth, rapporteur général de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), cite un total de 7 milliards d'euros d'économies d'ici 2011.

Selon le ministre du Budget, sur les 1.000 milliards d'euros de dépenses publiques, il s'agit de "gagner 10 milliards" par an dès 2009, "5 sur l'Etat et 5 sur l'ensemble de la sphère sociale".

Ces nouvelles mesures sont lancées alors que la France s'apprête à prendre en juin la présidence tournante de l'Union européenne, auprès de laquelle elle s'est engagée à revenir à un "déficit zéro" au plus tard en 2012. Pour 2007, le déficit a été estimé à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) soit 50,3 milliards d'euros.

Selon M. Sarkozy, "l'équilibre de nos finances en 2012 est à notre portée sans remettre en cause la qualité et l'efficacité de nos politiques publiques".

Une des principales décisions annoncées par le chef de l'Etat concerne le non-remplacement, à partir de 2009, d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, un de ses engagements de campagne. La moitié des gains ainsi réalisés sera redistribuée aux agents, soit "plus d'un milliard d'euros" en 2011.

Alors que les milliers de suppressions de postes dans l'Education font l'objet d'une contestation croissante, l'école est la grande absente du discours présidentiel, et est à peine évoquée dans le rapport Woerth.

En matière de logement social, est prévu l'abaissement de 10% du plafond d'accession. L'objectif est de ramener de 70% à 60% la proportion des ménages français éligibles à une HLM. Les surloyers payés par les personnes dépassant les plafonds de ressources seront augmentés.

L'Etat compte également mutualiser les services administratifs des armées de Terre, Air et Mer.

M. Sarkozy a par ailleurs annoncé la suppression du supplément de pension accordé aux fonctionnaires prenant leur retraite dans les territoires d'Outre-mer sans y avoir travaillé une durée minimale.

Il veut aussi "mieux adapter notre présence diplomatique aux enjeux du XXIè siècle". Selon le rapport, une trentaine d'ambassades seront ainsi transformées en postes de présence diplomatique simple.

Au chapitre emploi, sont prévues la suppression des dispositifs favorisant les retraites anticipées, une forte limitation des contrats aidés, la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, une meilleure organisation de l'hôpital, la réforme du permis de conduire, la mise en place d'une fiscalité favorable à l'environnement...

"Aucun ministère ne sera écarté de la nécessité de la réforme", a prévenu M. Sarkozy. Un troisième Conseil de modernisation des politiques publiques doit se tenir en mai.

"Père la rigueur" pour le PCF, Nicolas Sarkozy a voulu "dissimuler" des mesures "dangereuses", selon le PS. A l'instar de la CGT, les syndicats ont crié à l'"austérité", tandis que l'UMP, le Nouveau centre et la CGPME ont approuvé ces annonces.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 4 avril 2008, 20h21)

Réforme de l'Etat: des mesures bien minces aux yeux des économistes


Les mesures annoncées vendredi [4 avril] par Nicolas Sarkozy, qui doivent faire économiser 7 milliards d'euros à l'Etat d'ici 2011, semblent bien minces aux yeux des économistes et ne permettront nullement selon eux de revenir à un "déficit zéro" d'ici 2012, comme promis à ses partenaires européens.

"C'est la montagne qui accouche d'une souris", déplore Elie Cohen, économiste au CNRS.

"Une seule mesure explique l'essentiel des économies attendues : la non reconduction d'un fonctionnaire sur deux", juge M. Cohen. "Alors que des centaines d'audits ont été faits, le résultat final est décevant", ajoute-t-il.

Selon Bercy, les 166 mesures annoncées vendredi pour la réforme de l'Etat doivent permettre des économies de l'ordre de 7 milliards d'euros au total entre 2009 et 2011, dont une partie (environ 1,5 milliard) sera reversé aux fonctionnaires.

"Tout ça pour ça!", s'enflamme Marc Touati, économiste chez Global Equities. "Sept milliards d'euros d'économie, alors que le gaspillage des deniers publics a dépassé les 70 milliards d'euros au cours des six dernières années, c'est bien mince", ajoute-t-il.

"L'enveloppe des dépenses publiques représente environ 1.000 milliards d'euros chaque année et on espère économiser 0,5% de cette somme. Il n'y pas une entreprise qui mobilise une si grande force de frappe pour faire de si petits gains de productivité en quatre ans", calcule de son côté Elie Cohen.

Pour Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès, le constat est un peu moins sévère : "On a le sentiment que le président de la République veut agir et faire le maximum d'économies là où c'est possible".

"Mais on est loin d'une véritable réforme de la fonction publique comme ont pu le faire la Suède ou le Canada", ajoute-t-il.

A l'OFCE, Mathieu Plane se félicite, lui, qu'il n'y ait pas eu de "mesures drastiques" annoncées. "Ce serait une erreur de faire des réformes fortes alors qu'on est en période de ralentissement ; là, on fait en sorte de soutenir encore la croissance", avance-t-il.

Côté déficit, tous les économistes jugent irréaliste la promesse faite par la France à ses partenaires européens de revenir à un équilibre de ses finances publiques au plus tard en 2012.

Les économies permises par la réforme contribueront à réduire le rythme d'évolution des dépenses publiques, rappelle-t-on au ministère du Budget.

Dès 2009, le gouvernement entend limiter à 1% la progression annuelle de ces dépenses, contre 2% en moyenne ces dernières années, ce qui équivaut à un gain de l'ordre de 10 milliards par an dès 2009.

Mais "en 2008, le déficit va déjà atteindre 3% du PIB", plafond autorisé par le Traité de Maastricht, prévient Marc Touati. Et "il y a une forte probabilité qu'on dépasse 3% en 2009" aussi, renchérit Olivier Gasnier, de la Société Générale. "On est loin du compte, il n'y a aucune chance qu'on élimine le déficit à l'horizon 2012", estime-t-il.

Pour l'économiste, le gouvernement est "coincé" : la France, qui s'apprête à prendre la présidence de l'Union europénne, "ne peut pas donner le mauvais exemple, mais s'attaquer de front au problème du déficit ne ferait que précipiter le ralentissement économique".

Pour Christian Saint-Etienne, professeur à Dauphine et à l'Université de Tours, il y a surtout "urgence" à "ramener le déficit à moins de 30 milliards d'ici deux ans, sinon on n'arrêtera pas la dynamique de la dette" et de la charge de ses intérêts, qui ne cesse de s'alourdir.

En 2007, le déficit public (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) a atteint 50,3 milliards.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 4 avril 2008, 18h01)

Pour le PS, Sarkozy a confirmé "la rigueur présente et à venir"

Le Parti socialiste a estimé vendredi que Nicolas Sarkozy "a confirmé la rigueur présente et à venir" dans son discours sur la modernisation des politiques publiques et a accusé le chef de l'Etat d'avoir davantage "dissimulé" les prochaines mesures d'économies qu'il n'en a annoncé.

"La conférence de presse du président c'était une confirmation de la rigueur présente et de la rigueur à venir", a affirmé à la presse le secrétaire aux Elections, Bruno Le Roux, s'exprimant au nom du PS.

"Il s'agit d'une "confirmation d'une méthode dangereuse et inefficace pour la réforme de l'Etat", a-t-il ajouté.

"Il semble que la fonction publique devienne la principale variable d'ajustement des erreurs de gestion de l'Etat" à travers "une formule aberrante et bornée qui est le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux", a-t-il dénoncé.

Ainsi dans l'éducation nationale, "l'enjeu de la réussite scolaire est incompatible avec le remplacement d'un fonctionnaire sur deux", a souligné M. Le Roux.

Selon le député de Seine-Saint-Denis, le président de la République "n'a pas fait le choix d'un Etat plus efficace, mais d'un Etat moins présent, moins acteur des politiques".

"La rigueur est présente dans les quelques annonces faites", ainsi "aux déremboursements de médicaments et franchises médicales vont s'ajouter la baisse des aides au logement, la baisse du nombre de contrats aidés" et "les difficultés d'accès au logement", poursuit-il.

Par ailleurs, "derrière de grandes phrases, le président a agi par dissimulation et beaucoup de mesures qu'il n'a pas voulu expliquer, et qui sont laissées aux ministres pour explication et application, risquent d'être dangereuses pour les Français", dénonce-t-il.

"On ne va pas nous faire croire que les déficits publics vont être réduits par la mutualisation des services de l'armée ou par la suppression de la bonification aux fonctionnaires retraités d'outre-mer", a-t-il ironisé. "C'est vouloir prendre les citoyens pour des imbéciles que de laisser penser cela".

"Il y a eu ce matin plus de mesures cachées et dissimulées que de mesures annoncées", conclut le député PS.

Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, estime de son côté que: "les mesures annoncées par le président de la République se caractérisent par un contenu très flou", "s'ajoutant à l'absurdité du paquet fiscal dont le principe n'est d'ailleurs pas remis en cause, (leur) faiblesse accroît chez les Français le sentiment d'une gouvernance impuissante et incapable de s'adapter aux réalités actuelles".

Pour Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, "les annonces de Nicolas Sarkozy marquent un affaiblissement de l'Etat, inefficace et injuste. La réforme la plus efficace, la plus rapide, la plus juste, c'est l'abandon du paquet fiscal qui a renforcé les privilèges de quelques-uns et que tous les Français doivent payer aujourd'hui."


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 4 avril 2008, 20h40)

De toute façon, s'il fallait retenir une seule chose de tout cela, c'est le fait que les mesures annoncées par Sarkozy de Nagy-Bocsa sont censées générer 7 milliards d'euros d'économies pour l'Etat d'ici 2011... alors que le coût global du fameux "paquet fiscal" a été évalué à... 8,9 milliards d'euros. CQFD.

La réforme de l'Etat est évidemment nécessaire, mais ce n'est pas, encore une fois, avec des économies de bouts de chandelles, sans vision d'avenir à long terme pour la France, que l'on sortira le pays de la situation préoccupante dans laquelle il se trouve aujourd'hui...

Voila. Je n'ai pas grand-chose à dire d'autre sur le sujet. Mais peut-être que vous, chers lecteurs, avez des choses à dire à ce propos ?

Pour finir, jouons un peu, avec une question pour "Qui veut gagner du Pognon ?" :

Qu'est-ce qui gravite autour de la Terre ?

A - La Lune ?

B - Le Soleil ?

C - Mars ?

D - Venus ?

E - Jupiter ?

F - Pluton ?

G - Sirius ?

H - Hoth ?

I - Tatooine ?

J - Dagobah ?

K - L'Etoile Noire ?

L - Paco Rabanne ?

Vous avez droit, comme d'habitude, aux trois jockers du jeu qui sont à votre disposition : le 50/50, le coup de fil à un ami, ou l'avis du public (toujours très éclairé)... ;-)


Bonne chance. ;op

Amicalement, :-)

Hyarion.


(Illustrations : Capture vidéo de l'émission télévisée "Qui veut gagner des millions ?", sur TF1, présentée par Jean-Pierre Foucault, en juillet 2006, lequel proposait la question "Qu'est-ce qui gravite autour de la Terre ?", ©Dailymotion ; Caricature de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, par Lefred-Thouron, publiée dans Le président Fric-Frime, Les dossiers du Canard Enchaîné N°107, avril 2008 ; De haut en bas : portraits de François Bayrou, Olivier Besancenot, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, anciens candidats à l'élection présidentielle de 2007, photographies, ©DR ; Nicolas Sarkozy s'exprimant au ministère des Finances, le 4 avril 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Wojazer/AFP/POOL ; Nicolas Sarkozy et son gouvernement lors de l'annonce de mesures d'économies, le 4 avril 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©Jacques Brinon/AFP/pool ; Capture vidéo de l'émission télévisée "Qui veut gagner des millions ?", sur TF1 en juillet 2006, présentée par Jean-Pierre Foucault, ce dernier constatant l'avis du public sur la question "Qu'est-ce qui gravite autour de la Terre ?" [42 % pour la réponse A ; 56 % pour la réponse B (!!!); 2 % pour la réponse C ; 0 % pour la réponse D], ©Dailymotion)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009)
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Vendredi 4 avril 2008 5 04 04 2008 07:59
Il est temps de lever à nouveau le pied en matière d'actualité politique. Le départ annoncé de la blogosphère du collègue Petit Grognard, avec des photographies de paysages bucoliques illustrant d'ultimes articles cohabitant avec un sanglier grogneur uderzien qui disparaitra bientôt, lui aussi, avec le blog dont il a longtemps orné l'en-tête... le temps qui passe... un retour de mélancolie... : tout cela m'incite à parler d'autre chose...
Une petite exposition, qui ne paye pas de mine, mais que je trouve fort sympathique est proposée en ce moment à Toulouse, à la Médiathèque José-Cabanis. Organisée du 26 février au 13 avril 2008, cette exposition, intitulée "La parade des animaux", propose de découvrir, dans le cadre de l'univers du livre pour enfants, les oeuvres de neuf artistes s'inspirant du monde animal. "Avec décalage, dérision, réalisme, complicité, étrangeté, tendresse, angoisse, Wolf Erlbruch, Henri Galeron, Nicolaus Heidelbach, Claude Lévêque, François Roca, John A. Rowe, Michael Sowa, Katrin Stangl et Marko Turunen s'interrogent sur les différents rôles interprétés par les animaux dans le livre de jeunesse et sur l'étendue de leurs relations avec le monde des enfants" : c'est ainsi qu'est présentée l'exposition, sur le site et la brochure des manifestations du mois de la Médiathèque.


Je suis passé voir cette exposition, le 21 mars dernier, un peu par hasard, en allant emprunter des livres à la Médiathèque. J'y suis retourné le 28 mars dernier. Les oeuvres d'un artiste m'ont particulièrement intéressées : celles de Michael Sowa. Elles me rappelaient des souvenirs, mais pas forcément des souvenirs d'enfance, bien que les illustrations des livres de jeunesse m'aient énormément marquées dans mon enfance. Je n'ai pas tardé à me rappeler que les illustrations de cet artiste allemand figuraient en nombre dans l'appartement de l'héroïne principale du film français Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (2001). Je me suis souvenu d'avoir apprécié ces illustrations apparaissant dans ce film, vu au cinéma à l'époque. Certaines s'animaient, et d'autres, sans cela, restaient chargés de poésie, de rêve, d'étrangeté...


Michael Sowa est né à Berlin en 1945. Il travaille, depuis 1975, comme peintre et illustrateur pour la presse et l'édition. Il vit à Berlin. Son oeuvre, où l'animal est omniprésent, est ainsi décrite, dans le cadre de cette exposition :

"Michael Sowa

En Apparence

L'Etre humain semble absent du propos de Michael Sowa. L'atmosphère est lourde. Quelque-chose n'est pas à sa place. Dans des paysages calmes comme après une tempête, les animaux occupent le rôle des hommes. Ils vivent dans un monde où d'humain ne reste que la trace. Se dégage une sorte d'inquiétude, d'oppression. L'autre, l'animal a pris le pouvoir. L'homme est disqualifié."
 

Qu'il soit cochon, chat, chien, ours ou lièvre, l'animal est au centre de l'oeuvre de Sowa. Les paysages, les décors dans lesquels il les met en scène dégagent une impression de quiétude, à la fois étrange et apaisante. On pense aux peintres Caspar David Friedrich, Henri Rousseau dit le Douanier, et surtout, René Magritte : entre romantisme, naïveté et surréalisme, le tout avec une bonne dose d'humour et de poésie.


Cette exposition, conçue par le Centre de promotion du livre de jeunesse-93 (Seine-Saint-Denis), est coproduite par ledit Centre, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis et la Ville de Paris. Elle est présentée à Toulouse, à la Médiathèque José-Cabanis (1, allée Jacques Chaban-Delmas ; près de la gare de Toulouse-Matabiau), jusqu'au 13 avril prochain. Outre des oeuvres de Michael Sowa, on pourra y voir celles d'autres artistes, notamment celle d'Henri Galeron, qui a illustré plusieurs couvertures de mes livres de jeunesse, ainsi que des sculptures, et des masques et costumes prêtés par le Théâtre du Capitole de Toulouse... Des exemplaires des livres illustrés par les artistes exposés peuvent être consultés dans la salle d'exposition, notamment, en ce qui concerne Michael Sowa, Bestiaire (Seuil, 1999) et Esterhazy, un lièvre à Berlin (Editions de l'Inventaire, 1993). Encore une fois, l'exposition ne paye pas de mine, mais elle vaut le détour, si vous passez à la Médiathèque. Personnellement, ça m'a changé un peu les idées... au moins le temps de la visite.

Cordialement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Le Saut de l'ange, illustration par Michael Sowa, in Bestiaire (Seuil, 1999), ©Michael Sowa ; L'Ours, illustration par Michael Sowa, in Bestiaire, op.cit., ©Michael Sowa ; Their master's voice, illustration par Michael Sowa, in Bestiaire, op.cit., ©Michael Sowa ; Mélancholie d'une soirée d'été, illustration par Michael Sowa, in Bestiaire, op.cit., ©Michael Sowa ; Illustration tirée de Esterhazy : un lièvre à Berlin, illustration par Michael Sowa, in Bestiaire, op.cit., ©Michael Sowa)
Par Hyarion - Publié dans : Musées et expositions
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Lundi 31 mars 2008 1 31 03 2008 23:58
Après une première République des blogs de Toulouse (voir le compte-rendu dans un précédent article) essentiellement dominée par les discours politiques des candidats à la mairie de la quatrième ville de France, et finalement plus marquée par une ambiance de "meeting" politique que par celle d'une réunion de blogueurs, la deuxième République des blogs toulousaine, longtemps reportée pour cause de recherche d'un endroit où l'organiser, a finalement eu lieu samedi dernier, 29 mars, en fin d'après-midi et en début de soirée (de 17h30 à 21h30 environ), au Ferdillon, restaurant et bar lounge musical de la place du Fer-à-Cheval, non loin de la Prairie des Filtres et du pont Saint-Michel. Cette fois-ci, point de militantisme mal placé, point d'ambiance de "pool de presse", dénoncés par certains lors de la précédente édition. Nous étions en petit comité, entre blogueurs et lecteurs de blogs, soit au total moins d'une dizaine de personnes (mais on aurait pu être un peu plus). Les difficultés d'organisation ne pas finalement permis au débat initialement prévu, sur la création d'activité en Midi-Pyrénées, de se tenir. Nous avons donc parlé de choses plus générales, et en particulier de la vie politique française, après les dernières élections municipales et cantonales. J'ai pu revoir Le Petit Grognard (http://jeunemodem31.hautetfort.com/), et rencontrer enfin véritablement les autres blogueurs participants : Fanette (http://fanette316.blogspot.com/) et une de ses lectrices, Gabriel (blogueur actif durant les élections municipales sur le blog "Toulouse-Municipales2008" et à présent s'occupant du blog "Politikele"), Monsieur Poireau (http://monsieurpoireau.blogspot.com/ et http://filaplomb.blog.20minutes.fr/), Magali (http://magenvadrouille.skynetblogs.be/), un certain Cicéron, et j'en oublie sans doute... Il parait qu'il y avait aussi Pinocchio, ce cher stégosaure qui s'amuse à me "provoquer gratuitement" de temps en temps sur mon blog : il a dû partir avant que l'on fasse vraiment connaissance, car je n'ai pas su qu'il était là... Dommage. J'avais des choses à lui dire. :op

A vrai dire, je suis arrivé un peu en retard à cette deuxième République des blogs, et ne suis donc pas en mesure de parler de ce qui a été dit durant la première heure de la rencontre. De façon générale toutefois, je crois que ce rendez-vous a, du début à la fin, surtout consisté à faire connaissance entre blogueurs et à partager nos impressions sur la vie politique française actuelle.
A peine installé, j'ai commencé à discuter avec Le Petit Grognard au sujet de ma démission du Mouvement Démocrate et de mon adhésion au Parti Socialiste. Il parait que j'aurai perdu la raison en entrant au PS, mais que j'aurai retrouvé la raison en me détachant ainsi du "fan-club" modémiste de Quitterie Delmas. Hi ! Hi ! C'est dingue comment nos actes et nos paroles peuvent être interprétés... ;o) Par rapport à ce qui m'a été dit, je tiens donc à clarifier certaines choses, en particulier en ce qui concerne les relations amicales que j'ai entretenu avec Quitterie Delmas et ses amis démocrates parisiens, du temps où j'étais au MoDem. Contrairement à ce que pense Grognard, je n'ai pas adhéré à un "fan-club" de Quitterie, et je n'ai jamais joué les groupies en criant "Alleluia !" à tout ce que Quitterie a pu dire ou écrire sur son blog ("Les Jeunes libres"). Quitterie Delmas, égérie de la blogosphère démocrate, devenu délégué nationale du MoDem en décembre dernier, en créant une certaine effervescence autour de son blog, a contribué à attirer un certain nombre de personnes vers le MoDem, dont moi-même, mais cela dit, ce n'est pas Quitterie qui m'a convaincu toute seule, à l'époque, d'adhérer au MoDem, loin s'en faut ! J'ai d'ailleurs déjà expliqué, sur ce blog, ma démarche d'adhésion au MoDem , et les raisons pour lesquelles j'ai finalement décidé de partir, et je n'y reviendrais pas ici. Je me contenterai de préciser que je ne suis la groupie de personne. J'ai été heureux, durant la période où j'ai été adhérent du MoDem de pouvoir nouer des contacts amicaux avec d'autres blogueurs démocrates, en particulier avec Quitterie, avec Virginie Votier, et avec leurs amis du MoDem parisien. Je n'ai pas voulu, a priori, jouer les emmerdeurs à gros sabots avec eux. Pour autant, je n'ai, encore une fois, adhéré à aucun "fan-club", et si je n'ai pas forcément beaucoup apporté la contradiction dans les discussions ayant lieu sur le blog de Quitterie, il m'est arrivé d'exprimer tout-de-même des réserves par rapport aux opinions ou propositions qui ont pu être faites, tout en gardant un ton amical. Ainsi, par exemple, lorsque j'ai lu, en février dernier, sur le blog de Quitterie, que l'on souhaitait que Sarkozy de Nagy-Bocsa ait la bienveillance de dissoudre immédiatement l'Assemblée Nationale - un certain nombre de commentateurs approuvant ce souhait sans avoir visiblement beaucoup réfléchi - j'ai tout-de-même tenu à exprimer franchement mon étonnement de voir ainsi exprimé un souhait aussi naïf de la part de personnes ayant pourtant une expérience politique nettement plus importante que la mienne. En ce qui me concerne, en politique, je ne suis pas vraiment un rêveur. Les rêves, je les réserve à la lecture et à l'écriture de récits de fantasy... genre littéraire que j'aime beaucoup, par ailleurs.
Je regrette que tous ces contacts entre blogueurs démocrates n'aient pas été suffisemment approfondis, vu le peu de réactions, par exemple, qu'a pu susciter l'annonce, ici même, de ma récente adhésion au PS. C'est peut-être là, précisément, la preuvre que je n'étais pas inféodé à un quelconque "fan-club", et ce d'autant plus que je n'habite pas à Paris. Mes relations avec Quitterie Delmas et ses amis ont été, de mon point de vue, amicales et sincères. J'ai accepté de jouer le jeu de l'ambiance parfois un peu "Bisounours" qui règne sur le blog de Quitterie, en réservant mon cynisme et mon humour satirique aux articles de mon blog. Adresser des bises barbues à Quitterie et Virginie à la fin de mes commentaires sur le blog "Les jeunes libres" ne signifie pas, a priori, que je suis une groupie ébahie ! C'est une marque de sympathie, ni plus, ni moins. Parce que je les aime bien. Pas besoin d'en faire tout un plat. Je souhaite encore une fois bonne chance à Quitterie dans son combat, avec Virginie, pour accéder à la tête de la fédération parisienne du MoDem, face à Marielle de Sarnez, présidente sortante de ladite fédération et éminence grise de Bayrou. Je suis sûr que Quitterie ira loin. Mais mes encouragements, aujourd'hui plus encore qu'hier, sont simplement amicaux, et ils ne sauraient, de toute façon, être d'une autre nature, d'autant plus que je ne suis plus au MoDem. Chacun suit son chemin, et pour ma part, mon parcours est trop atypique pour que je fasse partie du moindre "fan-club"... Voila pour les précisions adressées à Petit Grognard. Et pour ce qui est de mon adhésion au PS, de toute façon, les dés sont jetés : j'ai reçu ce matin mon premier numéro (N°482, du 29 mars 2008) de l'Hebdo des Socialistes (le journal du parti) ! ;-) Ah, oui, j'allais oublier : ça m'est complètement égal de me planter en matière de parti politique, du moment que j'ai ma conscience pour moi, et que je fais les choses sérieusement... sans me prendre au sérieux...


Venons-en aux discussions plus générales qui ont suivis lors de cette deuxième République des blogs. L'un des faits importants à retenir de cette rencontre a été, assurément, la présence parmis nous d'un blogueur "de l'ombre" qui a déclaré ne pouvoir donner l'adresse de son blog pour l'instant en raison des sujets sensibles qui y sont abordés (?). Ce blogueur mystérieux, consultant en communication et intervenant à la faculté de droit de Toulouse, que l'on appellera Cicéron, puisque c'est le seul nom (ou plus exactement le seul pseudonyme) qu'on lui connait, a toutefois eu la franchise de s'avouer être "électeur de droite" et un authentique "libéral" (tendance Alain Madelin), ce qui, d'entrée de jeu, a permis au débat de s'ouvrir sur des perspectives pour le moins intéressantes, bien que la très grande majorité des participants soient des blogueurs politiques venant de la gauche ou du centre, ce qui rendait les conditions du débat un peu déséquilibrées... ;-) Très à l'aise cependant, compte tenu de l'ambiance non-sectaire de la réunion, Cicéron a spontanément présenté à l'assistance ses idées politiques, à savoir qu'il était partisan de la suppression de l'I.S.F, partisan de la plus totale liberté d'entreprendre et de la plus totale liberté pour les entreprises de générer des profits, très hostile à l'idée même de collectivisme (supposant une redistribution des richesses), et, bien sûr, partisan d'un Etat minimal et d'une forte réduction du nombre de fonctionnaires en France. Lorsque je me suis permis de lui citer la fameuse formule de Charles Pasqua, "moins d'Etat, mieux d'Etat", il a aussitôt appouvé cette phrase sur le fond, déclarant notamment, de façon générale, que "le moins peut le plus" : on aurait pu être tenté de lui demander alors ce que signifie la formule "travailler plus pour gagner plus", mais personne, si je me souviens bien, n'a toutefois osé sortir cette vacherie... ;-) Les blogueurs présents, qui étaient donc presque tous issus de la gauche ou du centre - en tout cas, pas de la droite ;-) -, ont laissé parler librement Cicéron, mais n'ont pas manqués de lui apporter la contradiction sur les sujets qu'il a évoqué, sans stigmatisation toutefois, car nous ne sommes pas sectaires, ni extrémistes, et que la République des blogs n'est pas faite pour servir d'exutoire aux obsédés de l'anti-libéralisme, ni a fortiori aux obsédés de l'anti-communisme. Il y a donc eu débat, sans animosité, dans une ambiance sereine et cordiale. A un moment, tandis que Cicéron affichait ses positions d'électeur de droite en faveur du libéralisme, M. Poireau (aussi connu comme étant Monsieur Filaplomb éditeur) a suggéré une théorie intéressante, selon laquelle le libéralisme serait de gauche, dans la mesure où il s'oppose en bien des points au conservatisme avec lequel il cohabite au sein de ce que l'on appelle la droite... Une théorie qui mériterait d'être développée... :-)
Nous avons demandé à Cicéron les raisons pour lesquelles l'électeur de droite qu'il est a été poussé à voter pour Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle : ce ne fut pas, à l'entendre, la possibilité d'une réforme des institutions, pourtant nécessaire (mais que Sarkozy ne proposait pas, il est vrai), mais essentiellement la volonté du candidat de l'UMP de marquer une "rupture" en matière de politique économique et de gestion budgétaire, et sa priorité donnée à la "valeur travail". Lorsqu'on en est venu à évoquer la façon dont s'était déroulé les premiers mois du mandat présidentiel de Sarkozy de Nagy-Bocsa, le constat a été unanime : Nicolas Sarkozy n'a pas la stature d'un homme d'Etat. Cela fait plus d'un an que je le dis et l'écris, et je ne peux qu'être satisfait de voir que mon avis sur la question est partagée par la plupart des personnes que je rencontre ! :-) Le fait est que Sarkozy aimerait bien rentrer dans le costume d'un homme d'Etat, qu'il aimerait bien habiter la fonction présidentielle, mais en définitive, il n'y arrive pas. Cicéron est même allé jusqu'à dire que l'actuel chef de l'Etat, aux yeux de l'électorat de droite, passe pour un "plouc" et certainement pas pour un véritable président de la République. Nous avons évoqués les excès de Sarkozy depuis son élection, sa façon totalement incorrecte d'exercer sa fonction, l'affichage permanent de sa vie privée, ses gaffes à répétition accumulées pendant des mois, et notamment son idée, présentée de façon désinvolte, et de facto scandaleuse - et même écoeurante, à mes yeux -, selon laquelle chaque élève de CM2 devrait perpétuer la mémoire d'un des enfants français juifs exterminés par les nazis (idée heureusement abandonnée aujourd'hui), etc. Le constat a été accablant pour l'actuel chef de l'Etat, et partagée par tous : ceux qui avaient pu être séduits par la candidature de Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat sont bien obligés de rejoindre l'avis de ceux qui, dès le début, n'y ont pas cru une seconde. Sarkozy n'est pas digne de la fonction présidentielle, et le mécontentement général est désormais également partagé par l'électorat traditionnel de la droite. On a pu noter, par ailleurs, que l'incompatibilité entre la candidature de Ségolène Royal, non soutenue, du reste, par l'ensemble du PS, et un "projet" socialiste, de toute façon peu crédible, a sans doute beaucoup joué dans le succès électoral de Sarkozy...
 
A un moment donné de la conversation, je ne sais plus pourquoi, quelqu'un a prononcé le nom de Victor Hugo, auteur des Châtiments. Sinistre musique à mes oreilles ! Je n'ai pas pu, dès lors, m'empêcher de pousser une énième "gueulante" - heureusement assez brève - contre l'utilisation opportuniste et bien-pensante des Châtiments de Victor Hugo pour prétendre comparer Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa à Napoléon III, comme le fait par exemple en ce moment le socialiste Pierre Moscovici dans un livre consacré à l'actuel chef de l'Etat : combien de fois faudra-t-il répéter que Sarkozy et Napoléon III ne sont pas comparables ? Je l'avais déjà écrit l'année dernière, il me faut encore l'écrire aujourd'hui.
Il est toujours de bon ton, pour beaucoup trop de personnes bien-pensantes, hélas presque toujours de gauche, de se présenter comme de gentils et vertueux républicains opposés à Sarkozy en se réclamant des pamphlets Napoléon le petit, Histoire d'un crime, du recueil de poèmes les Châtiments, de tous ces écrits haineux et outranciers que Victor Hugo a consacré à son ennemi Napoléon III , qu'il a pourtant d'abord soutenu. Il est vrai, rappelons-le encore, que Napoléon III a eu le malheur, lorsqu’il était président de la République, en 1849, de refuser à l’écrivain un portefeuille ministériel, ce qui n'explique pas entièrement le parcours politique dudit écrivain mais ne doit pas, pour autant, être passé sous silence. J'aimerai que l'on arrête - s'il vous plait ! - de faire de Victor Hugo une sorte de modèle politique absolu : c'était un écrivain, un très grand écrivain, mais rien qu'un écrivain, et non pas un homme politique, en encore moins un historien, contrairement à ce que certains bien-pensants persistent aujourd'hui à vouloir faire croire ! Ce déçu du bonapartisme que fut Hugo s'est, par la suite, dans son pamphlet Napoléon le Petit, autoproclamé représentant de "la conscience universelle de l’humanité" : ce n'est pas dans un volume intitulé "Histoire" de ses Oeuvres Complètes - publiées chez Robert Laffont, dans la collection Bouquins - qu'il faudrait classer le pamphlet en question, mais dans un volume intitulé "Orgueil". Quelles que puissent être, par ailleurs, les très grandes qualités littéraires de l'auteur de Notre-Dame de Paris et des Misérables, Hugo ne sera jamais, pour moi, une personnalité devant naturellement faire consensus ; ce serait trop facile... Ce qui m'agacera toujours, c'est ce culte irréfléchi pour les "grands hommes", comme on a pu l'observer en 2002 à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Hugo. Pour ma part, par exemple, si je reconnais et respecte beaucoup les qualités d'homme d'Etat du général de Gaulle, tout en étant pourtant de gauche, je ne divinise pas pour autant le Général ! Pourquoi cette hugolâtrie, tant cultivée par la propagande de la IIIe République, doit-elle toujours servir de refuge à tous les bien-pensants en mal de références morales en politique, comme si la politique était une affaire de morale ? Voltaire et Emile Zola sont aussi de grands écrivains reconnus, mais on ne les montent pas, pour autant, systématiquement au pinacle lorsqu'on les évoque ! Voltaire et Zola ne sont pas des dieux, et Hugo non plus ! Assez de vénération irréfléchie devant les "grands hommes", qui ne sont pourtant que des hommes, justement ! Assez de déification imbécile vis-à-vis des personnalités qui sont censées faire consensus ! Assez d'adoration devant les icônes ! Assez de prosternation stupide devant la statue que Victor Hugo a édifié lui-même à sa propre gloire ! Brisons les icônes que tout le monde est censé vénérer aveuglément ! Brisons ces idoles ! TOUTES ces idoles ! Vive l'iconoclasme !
Voila. C'était ma énième minute iconoclaste contre l'hugolâtrie. Cela ne manquera pas d'en exaspérer certains lecteurs, mais après tout, ce n'est pas de ma faute si certains bien-pensants se croient malins de citer les Châtiments depuis l'élection de Sarkozy ! Vous en avez marre, chers lecteurs, de me voir répéter toujours les mêmes choses sur ce sujet ? C'est simple, dans ce cas : ne me parlez pas de Victor Hugo comme d'une référence obligée devant laquelle tout le monde serait censé se prosterner. Et je le me sentirai plus obligé de faire valoir mon refus du consensus sur cette question. Pour moi aussi, croyez-moi, cela me fera des vacances... :-)

Revenons à la discussion de cette deuxième République des blogs. Evoquant le fait que la politique est l'art du mensonge, j'ai eu droit à une contestation, Cicéron me répliquant que je ne pouvais pas dire cela, car c'était excessif et caricatural. Certes, présentée comme cela, la formule peut être perçu comme caricaturale, mais en même temps elle reflète une certaine vérité. Je me suis efforcé d'expliquer que tout homme politique est appelé à mentir, à un moment ou à un autre, parce qu'il ne peut pas ne pas le faire. Il se trouve que le peuple lui-même, à un moment ou à un autre, éprouve le besoin de croire à ce qu'on lui dit, le besoin d'être séduit, le besoin d'entendre ce qu'il a envie d'entendre : d'où la tentation démagogique, et d'où, de façon plus générale, la nécessité du mensonge, pour éviter les obstacles... Je reproduit ici les propos du philosophe social-démocrate athée André Comte-Sponville, déjà cités dans un précédent article, en décembre dernier :

Si j'essaie de considérer la politique telle qu'elle est, où je vois que des groupes s'opposent, je constate qu'ils mentent tous. Tous. Je constate, davantage, qu'ils ne peuvent pas ne pas mentir. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs (rires). Prenons un exemple. L'apôtre du "parler vrai", Michel Rocard, reconnaissait un jour devant moi que, en matière de politique financière, on ne peut absolument pas dire la vérité. C'est le B - A - BA. Si on veut dévaluer, il est indispensable de dire la veille : "Nous ne dévaluerons en aucun cas". Ce n'est pas parce qu'ils sont tous méchant, c'est parce que sinon la dévaluation va rater. Vous imaginez Rocard il y a trois ans [lorsqu'il était Premier ministre] nous dire la vérité sur ce qu'il pensait de Mitterrand ? (rires) Ce n'était pas possible. Il est donc absurde de le lui demander.
Donc, il n'y a pas de "parler vrai" en politique. Il y a des gens qui mentent plus ou moins. Il y a ceux qui mentent tout le temps sur n'importe quoi, et ceux (et c'est ce que Rocard appelle le "parler vrai") qui ne mentent que quand c'est vraiment nécessaire.
Est-ce que la morale est le fondement de la politique ? Mais bien sûr que non ! Le fondement de la politique c'est l'intérêt, c'est Marx qui a raison.

(André Comte-Sponville, lors d'un débat ayant suivi une conférence prononcée par lui, en 1993-1994, à l'invitation du GREP de Midi Pyrénées, sur le thème "Ethique, Morale et Politique")

Nous avons également parlé de livres, de bibliophilie. Monsieur Poireau est aussi Monsieur Filaplomb, responsable des éditions Filaplomb, spécialisées dans la nouvelle et le texte court, créées l'année dernière et qui publient de petits-livres de 24 pages et de format réduit (10 x 15 cm) à commander en ligne pour une réception à domicile. Deux exemplaires de deux livres publiés aux éditions Filaplomb ont été offerts à Cicéron, bien que Monsieur Poireau et lui n'aient pas les mêmes idées politiques, loin s'en faut ! ;-)

Il est impossible d'évoquer tous les sujets dont nous avons parlé, et je n'ai fait qu'évoquer ici ceux qui me reviennent à l'esprit, car, cette fois-ci, je n'ai pas pris de notes. Nous nous sommes tous réjouis, en tout cas, de pouvoir être ainsi en mesure de discuter cordialement en dépit des divergences politiques, réelles, entre les uns et les autres. J'ai eu l'occasion d'expliquer mon positionnement d'anarcho-monarchiste, qui est un refus des grilles de lecture toutes faites et des étiquettes convenues... même si je me situe tout-de-même à gauche au sein du clivage politique actuel.

Evidemment, il serait malhonnête de ne pas reconnaître, encore une fois, que le débat était quelque peu déséquilibré, la droite étant très clairement en minorité par rapport aux autres tendances politiques réprésentées par la majorité des blogueurs. Cela dit, je ne sais pas pourquoi, mais l'ambiance générale ne m'en a paru que plus conviviale... ;op Toutefois, il faut bien le dire, les blogueurs venus du centre et de la droite ont surtout brillés par leur absence, et c'est un peu dommage, car la République des blogs est aussi faite pour eux, me semble-t-il... Nous échangeons, nous discutons, sans nous prendre la tête outre mesure, sans nous sentir obligés de marquer notre territoire comme le font les débatteurs invités dans les émissions politiques de télévision et de radio. En somme, ce genre de réunion entre blogueurs politiques sont une autre façon de faire de la politique, de participer au débat politique, en marge du système habituel, et c'est une bonne chose. Aucun des participants ne sort de ce genre de réunion en ayant changé de bord, bien entendu, mais le débat a pu permettre de l'aider à comprendre les positions de ces collègues blogueurs, même s'ils sont d'un bord parfois très éloigné du sien : l'exercice est toujours utile, et même agréable lorsque les échanges se font autour d'un bon apéritif ! Cela dit, les échanges ont été si prenants que j'en ai oublié de commander mon whisky ! J'y penserai la prochaine fois, surtout si la droite est davantage représentée parmis nous : un bon verre de scotch, ça peut aider à rester philosophe en toute circonstance ! ;o) Et cela m'aidera peut-être aussi à ne pas songer à contester systématiquement les éventuelles références aux Châtiments de Victor Hugo... ;op

En définitive, cette deuxième République des blogs s'est bien passée...
Comme dirait cet autre grand moraliste politique qu'est Arnold Schwarzenegger : "I'll be back" ("Je reviendrai"). ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion.


P.S. : La République des blogs de Toulouse a son propre blog, à l'adresse
http://republogtoulouse.blogspot.com/...



Appendice :

Certains blogueurs de notre réunion n'étaient apparemment pas au courant de la personnalisation effectuée par Sarkozy de Nagy-Bocsa du site Internet officiel de la présidence de la République (http://www.elysee.fr/), survenue en septembre dernier. Petite démonstration :

Pendant la campagne électorale présidentielle, l'année dernière, le site de campagne de Sarkozy ressemblait à ça :


Et en même temps, à la même époque, on pouvait voir, partout en France, ce genre d'affiche électorale comportant la fameuse devise sarkozyste "Ensemble, tout devient possible" :


Jusqu'au mois de septembre 2007, le site officiel de l'Elysée, hérité de l'époque Chirac, ressemblait à ceci :


Et voila que vers la fin du mois de septembre dernier, le site officiel de l'Elysée est devenu... ceci :


CQFD. L'évolution du site Internet officiel de la présidence de la République est une assez bonne illustration de l'idée que Sarkozy de Nagy-Bocsa se fait de la fonction qu'il occupe actuellement...
Encore une fois, l'actuel président de la République n'a pas la stature d'un homme d'Etat. Et, sauf circonstances exceptionnelles, je doute que la situation évolue significativement sur ce point d'ici 2012...



(Illustrations : Bannière électronique de la deuxième République des Blogs de Toulouse du 29 mars 2008 ; Nicolas Sarkozy, le 7 mars 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP/Archives ; Caricature [coloriée] de Victor Hugo, par Honoré Daumier, initialement publiée dans Le Charivari, 20 juillet 1849 ; Le Premier ministre Michel Rocard et le président de la République François Mitterrand en 1988, photo extraite d'une archive de l'INA ; Détail de la page d'accueil du site de campagne de Nicolas Sarkozy pour sa candidature à l'élection présidentielle en 2007 ; Affiche électorale de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, candidat à l'élection présidentielle, 2007 ; Détail de la page d'accueil de l'ancien site officiel de la présidence de la République, septembre 2007 ; Détail de la page d'accueil du nouveau site officiel de la présidence de la République [actif depuis septembre 2007], mars 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009)
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 03 2008 23:57

Les visites d'Etat des présidents de la République française en Grande-Bretagne présentent au moins un intérêt, pour l'amateur de curiosités vestimentaires. Dans la mesure où le traditionnel habit de cérémonie présidentiel (le fameux frac, à queue de pie, noir, avec un col dur à coins cassés et un noeud-papillon blancs, accompagnés de la grande écharpe rouge de Grand Maître de l'Ordre National de la Légion d'Honneur, portée en bandoulière sous le veston) a disparu des portraits officiels du président français depuis la mort de Georges Pompidou et l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974, ces visites d'Etat au Royaume-Uni sont l'occasion de voir le chef de l'Etat français en exercice revêtir, une fois n'est pas coutume, ledit habit de cérémonie lors des dîners officiels. Je me souviens que nous y avions eu droit en 1996, lors de la visite d'Etat de Jacques Chirac en Grande-Bretagne, qui avait alors duré quatre jours. Cette année, cela a été, hélas, le tour de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui a donc porté lui aussi l'habit, en compagnie de la reine Elisabeth II, à l'occasion d'une visite d'Etat de trente-six heures seulement, durant laquelle il a eu droit à tous les honneurs dus à son rang... pour notre plus grande Honte...
 
Le couple Sarkozy à Londres sous le signe de la "nouvelle fraternité franco-britannique"
 

Le Royaume-Uni a déroulé mercredi [26 mars] le tapis rouge pour Nicolas Sarkozy et son épouse Carla, au premier jour d'une visite d'Etat de trente-six heures au cours de laquelle le président français a proposé de lancer une "nouvelle fraternité franco-britannique".

Arrivé en fin de matinée à l'aéroport londonien de Heathrow, le couple présidentiel a été accueilli par le prince Charles et son épouse Camilla, avant de se rendre en limousine jusqu'aux abords de la ville de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Londres, où l'attendaient la reine et son époux le prince Philip.

Suivant à la lettre le très strict protocole britannique, le président français, critiqué pour son style qui lui a valu le sobriquet peu amène de "président bling bling", a serré la main que lui tendait la reine. Son épouse a elle salué la souveraine d'une petite révérence.



Pour cette première visite d'Etat d'un président français depuis celle de Jacques Chirac en 1996, Elizabeth II a déployé toute la pompe royale réservée aux invités de marque. Nicolas Sarkozy a ainsi rallié le château de Windsor à ses côtés dans un carrosse, tandis que Carla Bruni-Sarkozy partageait un autre carrosse avec le prince Philip.

Quelques milliers de curieux s'étaient massés derrière les barrières menant au château, les yeux surtout braqués sur la Première dame de France, habillée d'un ensemble gris avec petit béret assorti de chez Dior, d'une élégance évoquant l'ancienne première dame américaine Jackie Kennedy.

Bien loin de cette pompe, plusieurs médias britanniques ont profité de l'occasion pour publier une photographie en noir et blanc de l'ancien mannequin nue prise en 1993, devant être vendue aux enchères en avril par Christie's à New York.

Après un déjeuner "informel", le président français a ouvert la parenthèse politique de la journée en s'exprimant, très rare privilège, devant les Chambres des Communes et des Lords réunies dans la Galerie royale du Parlement de Westminster.

"Je suis venu proposer au peuple britannique qu'ensemble nous écrivions une nouvelle page de notre histoire commune, celle d'une fraternité franco-britannique (...) comme deux frères, ce que le peuple français et le peuple britannique peuvent accomplir ensemble est beaucoup plus grand que ce qu'ils peuvent réaliser séparément", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Au titre de la "fraternité d'armes" entre les deux pays, il a également annoncé qu'il proposerait la semaine prochaine d'accroître la présence militaire française en Afghanistan, sans toutefois chiffrer ces renforts très attendus par ses partenaires de l'Otan.

Le président français a également exhorté la Grande-Bretagne à participer pleinement à l'aventure européenne, en plein débat britannique sur la ratification du traité de Lisbonne.

"L'Europe a besoin du Royaume-Uni", a-t-il déclaré, affirmant au passage que "le moteur franco-allemand" n'était "plus suffisant" pour l'animer.

"L'Entente cordiale entre dans une nouvelle ère (...) mais cela implique que la Grande-Bretagne soit au centre de l'Europe et non pas isolée", a déclaré en écho le Premier ministre Gordon Brown.



Au terme de cette première journée très protocolaire, la reine Elizabeth a elle aussi célébré les bonnes relations entre les deux pays, lors d'un banquet de 146 couverts offert à Windsor à M. Sarkozy, en queue de pie, et son épouse en robe fourreau bleu marine.

"Dans un esprit croissant de compréhension mutuelle à tant de niveaux, nous sommes prêts à affronter les défis à venir, sachant que nous pouvons produire des résultats efficaces et durables lorsque nous travaillons ensemble", s'est réjoui la souveraine britannique.



Dès jeudi matin, le président français devait retrouver M. Brown pour aborder les travaux pratiques de la "nouvelle fraternité" lors de leur premier sommet bilatéral depuis leur accession au pouvoir.

Au menu copieux de ce rendez-vous organisé dans le stade de l'équipe de football d'Arsenal : l'Otan et l'Afghanistan encore, mais aussi la coopération nucléaire, la défense européenne et l'immigration.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 26 mars 2008, 22h05)



L'"entente amicale" franco-britannique déjà mise à mal sur le Tibet


Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont jeté jeudi à Londres les bases de la nouvelle "entente amicale" qu'ils veulent développer entre leurs deux pays, mais n'ont pu masquer une première divergence sur la question du Tibet.

Au deuxième et dernier jour de la visite d'Etat du couple présidentiel français, les deux dirigeants ont conclu les travaux de leur premier sommet bilatéral par un abondant communiqué énumérant leurs "analyses extrêmement voisines", selon le mot de Nicolas Sarkozy, sur la réforme des institutions internationales, la transparence des marchés financiers ou l'immigration.

Mais dès la conférence de presse qui a suivi, ils ont exprimé des points de vue singulièrement différents sur un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin pour dénoncer la [récente] répression [chinoise] dans la province du Tibet.

A la tête du pays qui organisera les JO de Londres en 2012, Gordon Brown a répété qu'il écartait totalement cette possibilité. "Nous ne boycotterons pas les jeux Olympiques. La Grande-Bretagne participera à la cérémonie d'ouverture", a-t-il affirmé.

Même s'il a défendu "l'analyse commune" des deux pays sur la nécessité de discussions entre la Chine et le dalaï lama, le Français a clairement laissé ouverte la possibilité de bouder le coup d'envoi des JO.

"Il faut que je consulte les autres sur leurs positions pour savoir si j'irai à la cérémonie d'ouverture ou pas", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui présidera l'Union européenne (UE) à partir de juillet. "En fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture", a-t-il ajouté.

Hormis ce "couac" tibétain, la France et la Grande-Bretagne ont fait assaut de convergences sur tous les sujets. "Sur l'Afrique et la paix au Darfour, nos positions sont les mêmes", "sur le climat, notre position est exactement la même", "sur la transparences des marchés financiers, nous sommes sur la même ligne", a résumé le président français.

A tous ceux qui y ont vu un changement de stratégie, Nicolas Sarkozy a tenu à préciser que la "nouvelle fraternité franco-britannique" ne se ferait pas au détriment du "partenariat avec les Allemands".

Signe que "l'entente formidable" louée par Gordon Brown en est encore à ses balbutiements, le sommet bilatéral organisé dans l'enceinte inhabituelle du stade de l'équipe de football d'Arsenal s'est rarement éloigné de la déclaration d'intentions. Sauf pour annoncer un programme pour la scolarisation d'ici 2010 de 16 millions d'enfants africains.

Aucun des éventuels accords évoqués avant le sommet en matière d'armement ou de nucléaire civil ne s'est ainsi concrétisé.

Devenue en moins de 24 heures la nouvelle coqueluche de la presse britannique, Carla Bruni-Sarkozy s'est acquittée, le temps de ce sommet, de son unique engagement officiel de la visite en déjeunant avec l'épouse de Gordon Brown, Sarah, et plusieurs invitées de marque dont l'actrice Judi Dench.

Le couple présidentiel français s'est très rapidement reformé pour une descente de la Tamise en bateau à Greenwich (est de Londres). A cette occasion, Nicolas Sarkozy a visité le célèbre Observatoire puis décoré la navigatrice britannique Ellen MacArthur de la Légion d'honneur.

Cette visite d'Etat expresse de trente-six heures, la première d'un chef d'Etat français depuis Jacques Chirac en 1996, s'est achevée en soirée après un banquet offert par le maire honorifique de la City de Londres. L'occasion d'une nouvelle charge de Nicolas Sarkozy contre le niveau "trop élevé" de l'euro et les dérives du "capitalisme de la frivolité".

Plus que le vibrant plaidoyer du président devant les députés et Lords réunis, la presse britannique a surtout mis à sa "une" de jeudi l'élégance de son épouse, que plusieurs journaux n'ont pas hésité à comparer à l'ex-Première dame américaine Jackie Kennedy ou à la princesse Diana.

Son mari de président lui-même s'est réjoui publiquement de cette notoriété. "Je pense qu'elle a fait honneur à notre pays", s'est-il félicité.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 28 mars 2008, 7h55)

Il faut bien le reconnaître : l'épouse de l'actuel chef de l'Etat français a fort bien exercé son rôle de Première Dame de France. Du reste, pour être tout-à-fait franc, seules la beauté et l'élégance de Carla Bruni-Sarkozy pourraient m'aider à "avaler la pilule", si j'ose dire, de cette prestigieuse visite d'Etat. Mais cependant, avec Sarkozy de Nagy-Bocsa comme président de la République, j'avoue que même le charme extraordinaire de la Première Dame de France, son épouse, ne suffit pas à effacer la Honte de voir la France représentée, devant le monde entier, par cet homme, devant lequel ses hôtes étrangers déroulent le tapis rouge, et qui pourtant, est bien loin d'avoir la carrure d'un véritable homme d'Etat, fusse-t-il fort bien accompagné dans ses voyages officiels... Enfin, passons...

La nouvelle la plus importante liée à ce voyage de l'actuel président de la République en Grande-Bretagne, a été la confirmation officielle, attendue depuis plusieurs mois et faite sur place par Sarkozy, de l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, où la France est engagée militairement depuis 2001, aux côtés des Etats-Unis d'Amérique et de leurs autres alliés, dont le Royaume-Uni.
 
Sarkozy annonce des renforts militaires français en Afghanistan


Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi à Londres qu'il proposerait la semaine prochaine, au sommet de l'Otan à Bucarest, un renforcement de la présence militaire de la France en Afghanistan.

"La France a proposé à ses alliés de l'Alliance atlantique une stratégie pour permettre au peuple afghan et à son gouvernement légitime de construire un avenir de paix", a déclaré M. Sarkozy dans un discours prononcé devant les deux chambres du Parlement britannique réunies au palais de Westminster.

"Si ces propositions sont acceptées, la France proposera, lors du sommet de Bucarest, de renforcer sa présence militaire", a-t-il ajouté, sans préciser l'importance de ces renforts.

"Nous ne pouvons pas accepter un retour des talibans et d'Al Qaïda à Kaboul. La défaite nous est interdite, même si la victoire est difficile", a-t-il expliqué dans ce discours, prononcé au premier jour d'une visite d'Etat de trente-six heures sur le sol britannique.

Paris et Londres "sont déterminés à rester engagés, côte à côte, avec tous nos alliés, en Afghanistan où, je n'ai pas peur de le dire, une partie essentielle est en train de se jouer", a insisté le président français.

Le quotidien britannique The Times avait révélé samedi que M. Sarkozy devait annoncer au Premier ministre britannique Gordon Brown, au cours de ce séjour, sa décision d'envoyer un millier de soldats français supplémentaires en territoire afghan, portant leurs effectifs à 2.500 hommes.

Des sources françaises avaient confirmé cette possibilité, évaluant elles aussi ces renforts à un bataillon d'un millier d'hommes, accompagné d'un "petit paquet" de 100 à 200 hommes des forces spéciales.

Dans un entretien accordé mercredi matin à la BBC radio, Nicolas Sarkozy a expliqué cette mesure, considérant qu'"en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme mondial, donc on doit gagner".

Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'était prononcé contre un renforcement de la présence française en Afghanistan, avant de s'y rallier. Dans un discours prononcé devant le Congrès américain en novembre, il avait promis que la France resterait engagée militairement aux côtés des Etats-Unis "aussi longtemps qu'il le faudra".

Pour l'heure, 2.200 soldats français sont engagés sur le théâtre d'opérations afghan, dont 1.500 en Afghanistan même. Depuis 2002, treize militaires y ont été tués dans des accidents, opérations ou attentats.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 26 mars 2008, 17h58)


On se souvient, en effet, que, au printemps de l'année dernière, entre les deux tours de l'élection présidentielle, Sarkozy s'était prononcé pour un retrait des soldats français d'Afghanistan. "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive", avait-t-il déclaré, le 26 avril dernier, dans le cadre de l'émission télévisée A vous de juger, sur France 2. Une fois qu'il a été élu à la plus haute charge de l'Etat, Sarkozy a, semble-t-il, assez vite changé d'avis sur la question. En décembre dernier, il est allé à Kaboul, la capitale afghane, où il a rencontré les troupes françaises présentes sur place. Environ trois mois après, c'est sans surprise qu'il a donc annoncé, cette semaine, l'envoi de soldats français supplémentaires en Afghanistan... Mais pour y faire quoi ? Et jusqu'à quand ? Six ans après la chute du régime obscurantiste des talibans, ces derniers sont de retour dans les territoires afghans d'où ils avaient été chassés, et aujourd'hui, l'OTAN épuise ses soldats dans des combats de guérilla sans fin, dans un pays qui, du reste, est loin d'avoir bénéficié de toute l'aide internationale promise en matière de reconstruction, et qui est aujourd'hui gangréné par la corruption, tandis que la culture du pavot, et donc de l'opium, continue d'y prospérer. On peut évidemment toujours tenir un beau discours selon lequel, même si les choses ont été mal organisées dès le départ, les Occidentaux n'ont pas le droit de laisser tomber l'Afghanistan. Mais cela ne change rien vis-à-vis de la seule question qui se pose dans la conjoncture actuelle, au vu de la décision annoncée cette semaine par Sarkozy : la France a-t-elle intérêt à s'impliquer davantage dans une guerre qui ressemble de plus en plus au bourbier irakien ? La réponse est non. Même si la cause de cette guerre est juste. Certes, parce qu'elle est approuvée par l'Organisation des Nations unies, cette guerre est différente de celle d’Irak, mais faut-il, pour autant, se lancer tête baissée dans une logique d'escalade militaire ? Dans quel but ? Pour atteindre quels objectifs ? Avec quelle stratégie ? Celle qui a été suivie jusqu'à maintenant, et dont les résultats, c'est le moins que l'on puisse dire, sont forts peu concluants ? Persister à vouloir se fourvoyer dans un tel guêpier en s'impliquant militairement encore davantage me parait être une grosse erreur. Malgré le danger que représentent les fanatiques d'Al Qaïda et leurs complices talibans, le jeu ne me parait assurément pas en valoir la chandelle. Mais ce n'est là que mon avis...


Après, évidemment, me direz-vous, on peut toujours discuter. Certes, mais en France, nous avons une spécialité, en matière d'engagement militaire à l'étranger : dans ce domaine, lorsque l'on dit que c'est la France qui décide, en fait, la décision appartient au seul chef de l'Etat. Quid du Parlement ? Dans le cadre du régime de la Ve République, celui-ci n'a aucun droit de regard constitutionnel sur l'engagement des forces françaises à l'étranger, même si la réforme institutionnelle annoncée doit partiellement changer, parait-il, cette situation. C'est ainsi. Mais mis à part cela, évidemment, on peut toujours discuter, débattre... D'ailleurs, l'annonce faite à Londres, par Sarkozy, d'envoyer davantage de troupes françaises en Afghanistan a été l'occasion pour le Parlement français de faire entendre sa voix, en protestant contre une telle annonce faite, qui plus est, devant des parlementaires étrangers. Les représentants de l'opposition ont ainsi affiché leur vif mécontentement à l'annonce de cette nouvelle, qui n'était pourtant pas une surprise. Le député PS Henri Emmanuelli a ainsi, mercredi dernier, 26 mars, interpellé le gouvernement pour s'indigner que la France soit "la seule démocratie occidentale où une situation de guerre peut perdurer sans que le Parlement ne l'autorise ou n'en soit informé". Le mécontentement a même, semble-t-il, gagné les rangs des parlementaires UMP, au point que le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a annoncé hier, jeudi 27 mars, avoir lui-même demandé au Premier ministre Fillon "que le Parlement soit saisi" pour un "débat indispensable". Et c'est ainsi que, pour calmer les esprits, le pouvoir exécutif a bien voulu concéder un débat sur la question. Un débat sans vote, bien entendu.

Renforts en Afghanistan : face à la fronde, débat organisé mardi au Parlement


Face au tollé provoqué par l'annonce de Nicolas Sarkozy devant les parlementaires britanniques d'un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, l'exécutif a accepté d'organiser mardi après-midi un débat, mais sans vote, à l'Assemblée nationale puis au Sénat.

"A la demande du président de la République et conformément à plusieurs demandes de groupes parlementaires, un débat sur l'Afghanistan sera organisé à l'Assemblée et au Sénat mardi 1er avril dans l'après-midi", a annoncé vendredi à l'AFP le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.

Ce débat doit durer environ une heure et demie dans chacune des deux assemblées. Sur proposition du président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, il débutera à 15H00 au Palais-Bourbon et remplacera donc la séance des questions au gouvernement. Il se tiendra à 17H30 au Sénat.

Les ministres Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Hervé Morin (Défense) devraient prendre la parole lors de ces débats. Côté parlementaires, une intervention de chaque groupe est prévue.

Alors qu'au départ, le gouvernement souhaitait s'en tenir à une simple audition des ministres en charge du dossier devant les commissions ad hoc, le chef de l'Etat a dû se résoudre jeudi à l'organisation d'un tel débat en séance plénière avant le sommet de l'Otan, qui débute mercredi à Bucarest.

Son annonce, pendant sa visite d'Etat à Londres, d'un renforcement de la présence militaire en Afghanistan avait en effet provoqué une polémique au Parlement jusque dans son propre camp, tant sur le fond que sur la forme.

"La décision de l'exécutif justifie que l'Assemblée soit solennellement informée et puisse débattre de cette question", avait aussitôt exigé M. Accoyer dans une lettre adressée à François Fillon.

Mais contrairement au souhait exprimé vendredi par l'ex-ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, ces débats ne seront suivis d'aucun vote.

Selon la Constitution, l'exécutif a le droit - contrairement aux règles dans la plupart des pays occidentaux - d'engager ses troupes dans des opérations militaires extérieures sans obtenir l'aval préalable du Parlement. Seule une "déclaration de guerre" doit être autorisée par députés et sénateurs.

Une situation appelée à changer si la réforme des institutions est votée. L'avant-projet de loi prévoit en effet que, lorsque la durée d'une intervention excède six mois, "sa prolongation est autorisée par le Parlement", sous la forme "d'une motion votée par les deux assemblées".

La France compte aujourd'hui quelque 1.600 soldats sur le sol afghan et 2.200 au total impliqués dans le "théâtre des opérations" afghan (pays voisins et océan Indien). Le volume des renforts français "n'est pas encore fixé par le président de la République", a indiqué vendredi M. Morin.

Le PS et le PCF, tout comme le FN et les souverainistes de droite, sont opposés à un tel renforcement.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 28 mars 2008, 16h11) 

Il y aura donc débat. Mais bien tard. Et surtout, sans que cela soit de nature à empêcher Sarkozy de faire ce qu'il veut, en l'occurence se rapprocher au plus vite d'un axe Washington-Londres pourtant embourbé en Irak. L'actuel chef de l'Etat est-il prêt pour cela à payer le prix d'une participation accrue à un enlisement militaire en Afghanistan ? On peut le craindre, d'autant plus qu'il ne peut pas ne pas être au courant des difficultés que rencontrent les troupes de la coalition internationale sur place. Jouer la politique du pire avec une logique d'escalade militaire ne servira pourtant pas les intérêts de la France. Ni, d'ailleurs, ceux de l'Afghanistan. Loin s'en faut.

Cordialement,

Hyarion.

(Illustrations : Caricature de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, la reine Elisabeth II et Carla Bruni-Sarkozy, par Plantu, 26 mars 2008, parue dans le journal Le Monde daté du 27 mars 2008 ; Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla accueillis par la reine Elizabeth et le prince Philip, le 26 mars 2008 au château de Windsor, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Carla Bruni-Sarkozy fait une révérence devant la reine Elizabeth II, à Windsor le 26 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/pool/Darren Staples ; Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla accueillis par la reine Elizabeth et le prince Philip, le 26 mars 2008 au château de Windsor, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Le couple présidentiel Sarkozy-Bruni, la reine Elizabeth et le prince Philip, à Windsor le 26 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Carl de Souza ; Nicolas Sarkozy et la reine Elizabeth II, le 26 mars 2008 au chateau de Windsor, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Carl de Souza ; Nicolas Sarkozy et son épouse Carla et le Premier ministre britannique Gordon Brown, le 27 mars 2008 au 10 Downing Street à Londres, photographie de l'Agence France Presse, ©Adrian Dennis/AFP ; Nicolas Sarkozy et Gordon Brown devant le 10 Downing Street à Londres, le 27 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Leon Neal ; Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, le 27 mars 2008 à Londres, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/pool/Stephen Hird ; Nicolas Sarkozy avec les troupes françaises à Kaboul le 22 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Eric Feferberg ; Carte de l'Afghanistan, Division Géographique de la Direction des Archives du Ministère des Affaires Etrangères, ©2004 ; Détail d'une carte du monde politique, montrant la France en rouge et l'Afghanistan en orange ; Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, le 30 janvier 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Jacques Demarthon/AFP/Archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009)
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Mardi 25 mars 2008 2 25 03 2008 23:59
Le présent article aurait dû être mis en ligne la semaine dernière, dans la foulée de la prise de décision, mais le temps m'a manqué et je n'en est achevé la rédaction qu'aujourd'hui...

Après avoir démissionné du MoDem, le 12 mars dernier, je me suis bien évidemment posé la question de savoir ce que j'allais faire après... Je souhaitais poursuivre mon engagement, si possible dans un parti politique où je me sentirais davantage à ma place. J'ai envisagé d'entrer dans un autre parti dès le lendemain ou le surlendemain de ma démission du MoDem, mais, la nuit portant conseil, j'ai préféré attendre la fin des élections municipales et cantonales pour faire un nouveau choix. Après quelques jours de réflexion, j'ai pris finalement ma décision.

Mercredi dernier, 19 mars, j'ai adhéré au Parti Socialiste, en réglant une première cotisation via le site du parti. Il parait qu'il faudra que je valide définitivement mon adhésion dans la section de la fédération départementale à laquelle je suis rattachée : j'ose espérer que ce ne sera qu'une formalité - vu que, de toute façon, je suis désormais à jour de cotisation -, et que je pourrais très bientôt récupérer ma carte d'adhérent auprès du secrétaire de section.


Ne sachant guère faire autre chose que lire, écrire, voire un peu réfléchir, je me suis demandé où je pourrais aller pour essayer de continuer à participer à un début de changement de la vie politique de ce pays, tout en confirmant mon opposition à l'actuel chef de l'Etat et à son gouvernement. Beaucoup de gens préfèrent s'engager - lorsqu'ils s'engagent - ailleurs que dans des partis politiques, mais ayant, pour ma part, tendance à ne pas vouloir faire comme tout le monde, j'ai préféré poursuivre mon engagement dans un autre parti, où, cette fois-ci, je me sentirai plus à l'aise...
Il parait que toute pensée moderne se conçoit en dehors des cadres normatifs que constituent les partis classiques. C'est certainement vrai, mais on cite beaucoup, en réaction, le nom du MoDem comme alternative en matière de pensée politique, voire comme alternative globale, en oubliant peut-être qu'en matière de pensée, d'idées, ce parti est aujourd'hui aussi démuni que peuvent l'être les autres... Si le MoDem doit devenir un jour une alternative crédible, encore faudrait-il qu'il réussisse à démontrer, un jour, que la gauche et la droite sont la même chose, à les rejeter dans le même élan, pour s'incrire dans un nouveau clivage, avec un nouveau corpus idéologique. On est très loin de cela aujourd'hui. Le clivage gauche/droite persiste. Il structure la vie politique française depuis 1789. C'est ainsi, qu'on le veuille ou non. Et il ne disparaitra pas. Sauf s'il est un jour remplacé par un autre clivage, une autre bipolarité. Pour l'heure, ce n'est pas le cas, loin s'en faut. Et de toute façon, bien entendu, contrairement à ce que pensent certains, le salut ne viendra pas du seul Mouvement Démocrate, et encore moins d'un MoDem niant tout clivage. Seule une véritable volonté de changement de TOUS les partis de gouvernement pourra permettre une évolution significative sans que la bipolarité disparaisse. La seule chose qui doit disparaitre, c'est le sectarisme, de quelque bord qu'il vienne.
De tout cela, il faut tirer les conséquences.
Personnellement, je ne suis rien. Rien qu'un barbu errant qui a toujours eu du mal à se plier aux contraintes, et qui ne se reconnait dans aucune des approches désespérément systémiques qu'ont pu proposer, depuis bien des décennies, les parangons doctrinaires du capitalisme ou du marxisme. Je n'ai jamais eu besoin d'adhérer à un parti politique pour penser par moi-même. Je continuerai à penser, lire, écrire, en dehors de tout cadre normatif, autant que cela m'est possible. Je veux être libre. Mais cette liberté, à laquelle je tiens, suppose aussi celle de choisir une position dans le contexte politique actuel. Je n'ai jamais voulu d'un président de la République comme Sarkozy de Nagy-Bocsa, et je n'en voudrais jamais, ni maintenant, ni après 2012, même si je respecte le verdict des urnes. Tout cela, je l'ai dit et l'ai écrit assez souvent pour que ce ne soit une surprise pour personne. Je me situe dans l'opposition à Sarkozy et à la droite qu'il représente, et je n'entends pas modifier cet état de fait, car les valeurs des sarkozystes ne sont pas les miennes. Je souhaite donc rester engagé en politique, au moins tant que Sarkozy sera au pouvoir. Précisons que si c'est cela, faire de la politique, alors, évidemment, je n'en ferai pas toute ma vie, car je ne suis, de toute façon, ni un carriériste, ni un obsédé du militantisme politique. Il serait, du reste, idiot de réduire un engagement à l'opposition pure et simple, à un seul homme, ou à une seule mouvance politique. Si je suis hostile à tous les sectarismes, tous les dogmatismes, tous les extrémismes, je ne m'interdit rien en dehors de cela, et ne veut laisser fermée aucune porte, car, bien au delà d'une simple opposition à Sarkozy, je veux un changement dans la vie politique de ce pays, de nouvelles pratiques, et, bien sûr, de nouvelles idées, susceptibles de susciter enfin un nouvel espoir chez les citoyens. Dans ce contexte, il me faut forcément tenir compte de la situation existante, dans laquelle s'inscrit mon positionnement. Dans le cadre du clivage gauche/droite actuel, je me situe à gauche, sans ambiguïté. Aussi, tout en gardant mon indépendance d'esprit, et sachant qu'il n'y a aucune alternative crédible au clivage actuel, mon engagement politique ne peut se faire que dans un parti politique de gauche. C'est une question de cohérence et d'honnêteté, même si, encore une fois, je reste ouvert à toute éventuelle innovation qui pourrait apporter un changement en dehors de la bipolarité telle qu'elle existe aujourd'hui.

Bien qu'ayant, avant tout, des idées de gauche, j'ai été adhérent au MoDem pendant quelques mois, mais durant cette période je n'ai voté qu'une seule fois pour ce parti, au premier tour des élections législatives de l'année dernière. Lors de l'élection présidentielle, j'ai voté pour Ségolène Royal dès le premier tour, le 22 avril 2007, et j'ai, bien entendu, également voté pour elle au second tour du 6 mai : la candidature de François Bayrou à cette élection ne m'avait alors pas convaincu, loin s'en faut, et elle ne me convaincrait pas davantage aujourd'hui, du reste. Lors de la plupart des élections auxquelles j'ai participé, mes votes ont été, le plus souvent, en faveur des candidats et candidates du Parti Socialiste. Par conséquent, encore une fois, il faut bien être cohérent et, autant que possible, honnête aussi bien vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis des autres. Mon engagement politique se poursuivra donc au Parti Socialiste.

J'avais été approché par de jeunes militants socialistes en 2002, dans la foulée de la défaite de la gauche à l'élection présidentielle. A l'époque, je n'avais pas donné suite. Aujourd'hui, je me suis décidé à adhérer. Pourquoi au PS et pas ailleurs ? Je ne sais pas forcément exactement comment me définir politiquement : me déclarer anarcho-monarchiste, on le sait, est une manière de refuser les étiquettes convenues, d'autant plus que je ne me sens véritablement à ma place nulle part. Cela dit, évidemment, comme je l'ai déjà écrit, dans le cadre du clivage gauche/droite actuel, je me situe à gauche. Considéré, dans le meilleur des cas, comme quelqu'un de centre-gauche par les gens se disant "100% à gauche", et considéré comme étant socialiste par les centristes, où pouvais-je aller, sinon au PS ? J'aurais pu aller au Parti Radical de Gauche (PRG) ou au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) chevènementiste, autres partis politiques de la gauche de gouvernement et de la gauche non-communiste, mais puisque je suis résolument dans l'opposition, j'ai préféré aller directement au PS, dans la mesure où il est actuellement le seul parti susceptible, un jour, d'affronter efficacement la droite sarkozyste dans le cadre d'une lutte électorale et de mettre fin à la politique de Sarkozy. Ai-je fait le bon choix, cette fois-ci ? Encore une fois, je n'en sais rien, et seul l'avenir le dira. Toujours est-il que, normalement, je devrais ne pas me sentir trop mal à l'aise dans ce parti, compte-tenu de mes idées et de mon positionnement politiques. Nous verrons si j'y ferais des rencontres intéressantes et si je peux éventuellement y être utile.


Je ne me fais, bien évidemment, aucune illusion sur la situation dans laquelle se trouve actuellement le parti auquel je viens d'adhérer... A peine les élections municipales et cantonales sont-elles passées, que l'on reparle déjà des ambitions, réelles ou supposées, de Ségolène Royal ou de Bertrand Delanoë pour prendre le pouvoir en interne, rue de Solferino, là où se trouve le siège parisien du Parti Socialiste. Jospinistes, fabiusiens, strauss-khaniens, ségolénistes, etc. : on est, une fois de plus, tenté de résumer les enjeux au seul conflit entre différentes factions. Et pourtant, ce n'est assurément pas cela qui compte en premier lieu, loin s'en faut. Le PS, depuis trop longtemps gangréné par les rivalités de personnes et l'absence de projet politique crédible, a un besoin urgent d'être refondé, politiquement et intellectuellement. Je pense que cette refondation a sans doute déjà commencée, même si c'est de façon encore discrète, et même si la route est encore longue... La situation du Parti Socialiste me parait en vérité être celle qu'a décrite, en janvier dernier, Gaëtan Gorce, député PS de la 2ème circonscription de la Nièvre (voisine de la circonscription qui fut celle de François Mitterrand en son temps), très critique à l'égard du premier secrétaire François Hollande, dont il avait demandé le départ après les élections présidentielles et législatives de l'année dernière, et qui a démissionné à la fin du mois de juin dernier du secrétariat national du parti, le "gouvernement" du PS, pour "ne pas contribuer à perpétuer le système des éléphants". Sur son blog (http://gorce2007.typepad.fr/blog/), Gaëtan Gorce a fait le constat suivant, auquel évidemment je souscris, tant il est exact :

La fin du PS ?
 
Que l'on ne s'y trompe pas : c’est bien à la fin du Parti socialiste que l'on est en train d'assister, sauf sursaut aujourd'hui imprévisible. Et la « défaillance morale » de ses chefs, c'est-à-dire la perte de conscience de leurs responsabilités, est en train de porter le coup de grâce.

Il serait injuste d'en faire porter tout le poids à François Hollande. Il aura simplement contribué, par son inertie et ses combinaisons, à accentuer un processus engagé depuis une vingtaine d'années, à en aggraver la tendance. Le PS ne s’est, en réalité, jamais tout à fait remis de son long passage au pouvoir et plus encore de la réélection de François Mitterrand en 1988.

Reconstruit autour de l’ambition présidentielle du député de la Nièvre, le Parti socialiste a été porté au pouvoir par son talent, sa stratégie et une dynamique économique et sociale qui devait encore beaucoup aux Trente Glorieuses. La réélection de François Mitterrand est intervenue au moment même où cette conjonction se retournait.

La lecture de l'ouvrage de Jean-François [S]irinelli sur « Les Vingt Décisives » est passionnante à cet égard. Elle nous montre comment la France a connu dans une période très courte deux bouleversements majeurs. Le premier, lié à la forte croissance des années 60 et au retournement de valeurs attachées à 1968, a fait d'une France encore rurale une France industrielle et de classes moyennes, aspirant au partage du pouvoir tout autant que de la richesse. Le second, à partir de la fin des années 80, a été celui de la mondialisation, c'est-à-dire de la perte de contrôle par le pays de son destin et l'instigation d'une crise de confiance dans les vecteurs jusqu’alors du progrès : les Institutions politiques de la République, mais aussi scolaires, etc. Ce retournement a été en quelque sorte symbolisé à l'international par la chute du Mur de Berlin. C'est le moment que les socialistes ont choisi pour se livrer à Rennes la plus féroce et la plus stupide des batailles égocentriques que le PS ait jamais connu depuis Tours.

La réélection de François Mitterrand avait laissé croire aux uns et au
x autres qu'une refondation politique et intellectuelle n'était pas au fond nécessaire alors que partout ailleurs dans le monde la Gauche se remettait en question. Le nuage de Tchernobyl de la mondialisation nous avait encore épargné …

Cet aveuglement, cet engourdissement, a perduré jusqu'à aujourd'hui. Le Parti socialiste a pourri par la tête : il a cessé de voir la société telle qu'elle est et il a cessé de se voir tel qu'il est lui-même devenu : un parti sans véritables leaders et sans projet, dont les chefs témoignent d'une seule appétence : à se combattre et à se vaincre, oubliant l'adversaire, oubliant surtout ceux qui les ont élus et attendent d'eux une parole et un projet.

Il y a peu d'exemple dans notre histoire politique d’un parti dont les leaders ont à ce point perdu le sens même de leurs propres intérêts. La bataille picrocholine qui s’engage à la veille des municipales sur le Traité de Lisbonne n’est malheureusement qu'une nouvelle étape de cette décomposition. Il est dommage que le ridicule ne tue plus, nous y aurions gagné du temps !

Fort heureusement, la force des idées reste intacte et c'est sur son mouvement qu’il faut compter. Le pessimisme sur les hommes doit laisser place à un activisme de la reconstruction. Plutôt la décomposition s'achèvera, plutôt la renaissance pourra s'accomplir. Il est évident que beaucoup travaille à la première, espérons que nous serons nombreux à agir pour la seconde.


(Gaëtan Gorce, le 14 janvier 2008, sur son blog [http://gorce2007.typepad.fr/blog/])

Le présent article, relatif à mon adhésion au Parti Socialiste, est l'occasion aussi, pour moi, d'évoquer l'actualité du parti en question, et en particulier la préparation du prochain Congrès du PS, finalement prévu pour le mois de novembre prochain, et, bien entendu, la reprise du combat des chefs...

PS : le Congrès se tiendra sans doute du 7 au 9 novembre
 

Le congrès du PS se tiendra selon toute probabilité du 7 au 9 novembre, dans une ville qui reste à choisir, respectant ainsi l'échéance normale de trois ans entre deux congrès, a-t-on appris mercredi auprès de la direction du parti.

Le premier secrétaire François Hollande a fait cette proposition lors de la deuxième réunion de la "commission de la rénovation", mardi soir, deux jours après la large victoire des socialistes aux municipales et cantonales.

"Elle a été acceptée par tout le monde", a précisé Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, interrogé par l'AFP. Membre du Bureau national et député européen, Harlem Désir, proche de Bertrand Delanoë, a confirmé cet accord général.

Le Conseil national devra approuver cette proposition, selon les statuts.

Des responsables proches de Ségolène Royal avaient souhaité un congrès anticipé. "Il faut qu'on aille vite, qu'on choisisse un leader et qu'on se mette en ordre de marche pour monter un projet alternatif" et "je souhaiterais que cela puisse avoir lieu avant l'été", avait déclaré mardi le député Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de Mme Royal pour la présidentielle.

D'autres proches de Mme Royal, comme l'eurodéputé Vincent Peillon, n'étaient pas partisans d'une accélération du calendrier.

Premier secrétaire de la fédération de Haute-Garonne et membre de la direction du PS, Kader Arif a proposé que le congrès ait lieu à Toulouse, la plus grande ville prise à la droite par le PS dimanche dernier, selon MM. Le Foll et Désir, pour qui "ce serait un très beau symbole". Comme d'habitude, un appel à candidatures de villes sera lancé.

Un Conseil national, le 28 juin, convoquera officiellement le congrès et lancera les débats préparatoires. Si ce calendrier est approuvé, les "contributions", selon la terminologie officielle, devront être déposées le 12 juillet au plus tard et Les "motions" (textes d'orientation politique et stratégique) à la date limite du 20 septembre. Le vote des militants sur ces motions aurait lieu fin octobre.

Ségolène Royal a déjà fait connaître son intenti
on de déposer un texte. François Rebsamen, numéro 2 du PS, s'est dit prêt mercredi à y travailler avec elle. L'élection du premier secrétaire, qui a toujours lieu dans les jours suivant le congrès, serait fixée au 13 novembre. Elle livrera le nom du successeur de François Hollande, qui n'est pas candidat à sa succession et aura occupé ce poste pendant onze ans.

D'ici l'ouverture des débats du congrès, les militants du PS (de 120.000 à 150.000, selon les sources) seront appelés à voter au mois de juin sur deux changements proposé par la direction pour rénover le PS: une nouvelle "Déclaration de principes", actualisant les valeurs des socialistes français, et "une réorganisation du fonctionnement" du parti, selon M. Le Foll.

Cette dernière tête de chapitre comprend des points comme la revalorisation du Conseil national (parlement du PS), la création d'un "Conseil des territoires" faisant une plus grande place aux élus dans la vie du parti, le respect des décisions du parti, ses liens avec la société. Selon M. Le Foll, ce travail de rénovation doit être "ambitieux, consensuel, collectif". Mais "il ne faut pas que le consen
sus limite l'ambition", a dit François Hollande, selon M. Le Foll.

Ce calendrier de printemps sera soumis le 25 mars au vote du Conseil national.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars, 13h39)

Les municipales gagnées, la bataille pour le leadership reprend au PS

Sitôt gagnées les municipales qui avaient mis le couvercle sur les ambitions personnelles, la bataille pour le leadership reprend au PS, attisée par les sondages, alors que le Conseil national devrait valider mardi un congrès en novembre, comme le veut François Hollande.
 

Après sa victoire aux municipales, le PS qui dirige sept grandes villes sur dix, plus de la moitié des départements, et 20 régions sur 22, doit se rénover et se chercher un nouveau patron, François Hollande ne briguant pas un troisième mandat.

Redoutant des luttes délétères, 45 premiers fédér
aux ont appelé jeudi à un débat "serein" garantissant "l'unité du parti". Objectif, selon un signataire: éviter un congrès anticipé avant l'été, réclamé par des proches de Ségolène Royal.

Mais la "commission de rénovation" est tombée d'accord pour un congrès du 7 au 9 novembre. Date que devrait valider le Conseil national (Parlement du parti) réuni mardi prochain [25 mars] dans un grand hôtel parisien.


Outre le bilan des élections, ce Conseil doit examiner le "processus de rénovation" et le calendrier du parti.

L'ex-candidate à la présidentielle, qui sera présente mardi, a jugé le calendrier envisagé "tardif", sans en faire un casus belli.

Mais l'initiative des fédérations a déclenché l'ire de Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal. Il soupçonne François Hollande de vouloir compter ses troupes et dénonce un "texte de fraction".

Les divergences se cristallisent sur le profil des prétendants: premier secrétaire de transition, chef d'équipe ou présidentiable pour 2012 ?

Les sondeurs s'en mêlent: selon CSA, pour 40% des Français, Bertrand Delanoë serait le meilleur premier secrétaire, devant Ségolène Royal (36%) qui domine chez les sympathisants socialistes (59%).

Martine Aubry, réélue triomphalement
à Lille, revient en force (29% des Français, 39% des sympathisants PS).

Ségolène Royal, qui a sillonné la France pendant la campagne des municipales, ne cache pas son ambition: être "majoritaire" au congrès autour d'un texte d'orientation.

Selon des estimations de caciques socialistes, elle ne représenterait cependant qu'entre 25 et 30% du parti.

Son lieutenant Peillon souhaite qu'elle puisse "conduire la rénovation du PS", sans que cela induise automatiquement une candidature.

Les maires de Paris et Lille sont restés discrets sur leurs ambitions.


Jusqu'au 21 avril, date du prochain conseil de Paris, M. Delanoë "parachève son exécutif", souligne un proche. "Après, il pourra commencer à ouvrir portes et fenêtres et regarder l'horizon."

D'autres candidats se sont fait connaître, les députés Julien Dray, Manuel Valls, Pierre Moscovici. Aucun n'est a priori présidentiable.

Figure tutélaire - faiseur de roi, ironisent certains - Lionel Jospin est sorti de sa réserve vendredi [21 mars] pour tracer le portrait du futur leader: une "personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables" qui "connaisse le PS et respecte ses militants".

Un portrait qui ressemblerait à Delanoë ou Aubry.

Pour prendre la tête du parti, il faut défendre une motion au Congrès. Les plumes s'aiguisent: Julien Dray prépare une contribution et espère obtenir l'aval de François Hollande.


De son côté, Jean-Christophe Cambadélis -
l'un des créateurs des "reconstructeurs" réunissant des proches de Strauss-Kahn, Fabius, Montebourg et Aubry - "tend la main" à Bertrand Delanoë pour contrer Mme Royal. A une condition, que le maire de Paris ne fasse pas de sa candidature pour 2012 "un préalable".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 mars, 08h32)

Finalement, le Conseil national du PS, réuni ce soir, mardi 25 mars, à Paris, a adopté, sans surprise, le calendrier du prochain Congrès qui se tiendra donc bien du 7 au 9 novembre, comme le souhaitait Hollande, et qui sera précédé d'une convention nationale le 14 juin pour adopter une nouvelle déclaration de principes et une modification des règles de fonctionnement du parti. Ce calendrier en deux temps a été adopté à une quasi-unanimité, avec seulement une voix contre - celle du député du Nord Marc Dolez - et onze abstentions, celles des amis du sénateur Jean-Luc Mélenchon, représentant l'aile gauche du parti.

Les prochains mois devraient être intéressants, au PS...
De quoi l'avenir sera-t-il fait ? Je n'en sais rien. Nous verrons bien...


Cordialement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Logotype du Parti Socialiste, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP/Archives ; Caricature sur les travaux de refondation du PS, par Kerleroux, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4520, 13 juin 2007 ; Caricature de Bertrand Delanoë, par Kiro, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008 ; Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, le 2 novembre 2005 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Mehdi Fedouach/AFP/Archives ; Le premier secrétaire du Parti Socialiste François Hollande s'exprimant lors d'un point presse, le 17 mars 2008 au siège du parti à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP ; Ségolène Royal, le 27 janvier 2008 à Florence, photographie de l'Agence France Presse, ©Andreas Solaro/AFP/Archives ; Pierre Cohen et Ségolène Royal, le 5 mars 2008 à Toulouse, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ; Le maire de Paris Bertrand Delanoë lors d'une réunion du Conseil de Paris, le 21 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009)
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 03 2008 23:57

Ceux qui ont été tentés, à un moment ou à un autre, depuis l'année dernière, de comparer sérieusement la France de Sarkozy avec la Russie de Poutine étaient vraiment à côté de la plaque. La meilleure preuve en est le résultat des dernières élections. En France, nous avons de la chance : ici, contrairement à ce qui se passe en Russie, les résultats des scrutins ne sont pas connus six mois à l'avance, et, par ailleurs, je serais bien étonné de voir, en 2012, François Fillon devenir président de la République pour nommer, dans la foulée, le président sortant Sarkozy de Nagy-Bocsa au poste de Premier ministre, comme cela sera le cas avec le président russe Vladimir Poutine, qui deviendra officiellement le Premier ministre du nouveau président (fantoche) russe, Dmitri Medvedev, en mai prochain.
Les Français sont des gens assez capricieux, brûlant un jour ce qu'ils adoraient encore la veille, et Sarkozy, aujourd'hui, est en difficulté, à la suite d'une baisse spectaculaire de popularité depuis le début de l'année, si l'on en croit les sondages, et, surtout, après la dérouillée électorale que lui et ses amis de droite viennent de subir ce mois-ci, dérouillée à relativiser toutefois, il est vrai, compte-tenu du fort taux d'abstention. Face à toutes ces facheuses déconvenues, l'actuel chef de l'Etat a donc décidé de changer un peu la donne, et de modifier sensiblement, et sans tarder, son Sarko-show, sans pour autant l'interrompre, bien entendu...

 

"On ne va pas passer quinze jours à faire des analyses. Je ne suis pas très audible en ce moment. Il faut restaurer l'image présidentielle de façon classique. Plus de gravité, soit. Cela passera par l'international."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa devant ses conseillers, le 17 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008)


Priorité à la médiatisation autour de la politique internationale, donc : cela fait davantage "présidentiel", assurément. On peut, dès lors, comprendre tout l'intérêt qu'a pu représenter, dès la semaine dernière, pour l'actuel président de la République française, en plein milieu de la campagne des élections minicipales et cantonales, l'opportune visite d'Etat de Shimon Peres, président de l'Etat d'Israel, en l'honneur duquel Sarkozy a organisé, lundi 10 mars, un dîner d'Etat au palais de l'Elysée, dîner sur lequel nous aurons l'occasion de revenir brièvement, à la fin du présent article...
Mais jouer la carte de l'international ne suffit pas. Pour se doter d'une image désormais plus "présidentielle", Nicolas Sarkozy n'a rien trouvé de mieux que d'essayer d'imiter François Mitterrand, en faisant notamment du plateau des Glières - haut lieu de la Résistance -, situé près d'Annecy, sa Roche de Solutré... Il avait visité ce lieu l'année dernière, juste avant son élection à la plus haute charge de l'Etat, et entend désormais y faire un pèlerinage chaque année...

 

Malgré la "claque" des municipales, Nicolas Sarkozy persiste et signe
 

Deux jours à peine après la sévère défaite de son camp aux municipales, Nicolas Sarkozy a répété mardi [18 mars] à ceux qui lui intimaient d'en tirer les leçons qu'il ne dévierait pas de sa route et qu'il poursuivrait les réformes "nécessaires au pays".

Entre un hommage national aux poilus de la Grande Guerre lundi [17 mars] et une visite à la Marine nationale à Cherbourg vendredi [21 mars], le chef de l'Etat a tenu à garder mardi, lors d'une nouvelle visite au plateau des Glières, haut-lieu de la Résistance française, le ton "régalien" et la solennité qu'il a désormais adoptés.

Ce n'est donc que très allusivement qu'il a évoqué la situation politique née des scrutins des 9 et 16 mars. Mais en se gardant bien de faire le moindre commentaire sur leur résultat.

"Ce n'est pas le lieu de faire un discours politique", a jugé Nicolas Sarkozy lors d'une courte allocution au Petit Bornand devant des élus locaux. "Il y a tant d'agitation, il faut beaucoup de calme à la place qui est la mienne, il faut beaucoup de sang-froid", a-t-il ajouté.

"Ce qui est sûr, c'est que je serai amené à prendre un certain nombre d'initiatives pour continuer les changements qui sont nécessaires à notre pays", a poursuivi le président, alors qu'un léger remaniement du gouvernement était attendu avant le Conseil des ministres de mercredi.

"Ce n'est pas une question d'idéologie. Ce n'est pas une question de politique. Ce n'est même pas une question de gauche et de droite, c'est une question de bon sens", a-t-il lancé à ceux qui, à gauche comme dans son propre camp, lui conseillent depuis dimanche soir de changer de cap.

Evoquant "un contexte qui est difficile avec l'augmentation des prix des matières premières, avec la flambée de l'euro, avec le prix du baril de pétrole et avec la crise financière", Nicolas Sarkozy a estimé que "tous ces problèmes, ça devrait nous encourager à faire des changements au lieu de nous encourager à nous recroqueviller".

"J'ai été élu pour conduire cette politique et c'est celle que je mènerai", a martelé le chef de l'Etat.

Pour le reste, entre une cérémonie à la nécropole de la Morette, où sont enterrés 105 des 129 résistants français tombés lors des combats de mars 1944 contre la Wehrmacht, et un moment de recueillement devant le mémorial enneigé des Glières, Nicolas Sarkozy ne s'est pas écarté de sa posture présidentielle.

Exaltation du "devoir de mémoire" et hommage aux maquisards dans les pas de son dernier déplacement de la campagne présidentielle de 2007, dont il a répété son souhait de faire un pèlerinage annuel.

"C'est un lieu où j'avais dit que je reviendrais chaque année pour en faire un lieu symbolique de l'identité nationale de la France. Nous nous sommes construits grâce à ces événements", a-t-il déclaré.

"C'est un lieu très symbolique parce que ceux qui ont combattu ici venaient de tous les horizons (...) ils se sont rassemblés sans considération des opinions politiques", a relevé le chef de l'Etat.

Entre Marseillaise et sonneries aux morts, Nicolas Sarkozy s'est offert un long aparté avec la veuve du chef du maquis des Glières, son "héros de jeunesse" Tom Morel tué en 1944. A l'exception d'un accrochage avec une poignée d'enseignants en colère, il a également profité d'un accueil chaleureux, bien venu en ces temps de chute dans les sondages et de revers électoraux.

"Je voudrais dire à tous ceux qui ont bien voulu tout au long de cette journée me soutenir, me broyer la main (...) que c'est bien sympathique, que pour moi c'est important et qu'à chaque fois que je viens dans votre département, je rentre avec une énergie renouvelée", a-t-il lâché.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 mars 2008, 20h32)


Il a longtemps été question d'un remaniement ministériel, d'abord annoncé pour le mois de janvier dernier, puis repoussé au lendemain des élections municipales et cantonales. Sarkozy, lundi dernier, avait finalement pris sa décision :


"Fillon va mener la charge sur les réformes et des sujets bien clivants (sic). J'ai déjà réorganisé mon équipe [à l'Elysée]. C'est vrai, c'était le bordel. En revanche, remanier le gouvernement en profondeur n'est pas une réponse appropriée au verdict des urnes. Le remaniement est une cartouche qu'il ne faut pas gâcher. Tant pis s'il faut encore se trimbaler quelques bourrins."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa devant ses conseillers, le 17 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008)


Seuls quelques "ajustements" au sein du gouvernement avaient donc été prévu, mais ils ont été finalement un peu plus que des "ajustements"...

 

Sarkozy étoffe son équipe après la défaite des municipales

Deux jours après la défaite de la majorité aux municipales, l'Elysée a annoncé mardi [18 mars] un remaniement de gouvernement plus important que prévu, avec l'arrivée de six nouveaux secrétaires d'Etat et l'élargissement ou la modification des attributions de 12 ministres.

Annoncé peu avant 20H00, cet aménagement de l'équipe dirigée par François Fillon intervient deux jours après le second tour des municipales et cantonales aux résultats très sévères pour la droite.

Le président Nicolas Sarkozy avait par avance indiqué qu'il ne voulait pas chambouler totalement son équipe de ministres dans la foulée de ces scrutins dont il "tiendrait compte".

Avec ce remaniement sont récompensés deux des vainqueurs du premier tour des municipales, Luc Chatel, qui devient porte-parole à la place de Laurent Wauquiez, et ce dernier, promu à l'emploi.

Les deux porte-parole de l'UMP, Yves Jégo et Nadine Morano, entrent au gouvernement, le premier à l'Outre-mer, où il remplace Christian Estrosi, démissionnaire pour s'occuper de la mairie de Nice, où il vient d'être élu, et la seconde, à la famille.

MM. Jégo et Chatel, bien que simples secrétaires d'Etat pourront assister à tous les conseils des ministres.

Le sénateur-maire de Toulon, Hubert Falco, un des seuls candidats UMP à avoir remporté dès le premier tour une ville de plus de 100.000 habitants, est nommé secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire.

La "société civile" fait également son entrée au gouvernement avec Anne-Marie Idrac, ancienne présidente de la SNCF, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, et Christian Blanc, ancien PDG de la RATP et d'Air France, nommé mardi secrétaire d'Etat chargé du développement de la "Région Capitale".


Cette dernière nomination est une pierre dans le jardin du maire de Paris Bertrand Delanoë, qu'une polémique a opposé à M. Sarkozy sur le thème du "Grand Paris".

Alain Marleix, 62 ans, spécialiste des questions électorales à l'UMP, passe des Anciens combattants au secrétariat d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales, où il devrait notamment piloter le prochain redécoupage électoral législatif, attendu depuis des années.

Il est remplacé aux Anciens combattants par Jean-Marie Bockel, un des ministres "d'ouverture", ex-socialiste [lui-même remplacé à la Coopération et à la Francophonie par le député UMP Alain Joyandet].

Le portefeuille de l'"économie numérique", très attendu par la profession, est confié à un autre ministre d'ouverture, Eric Besson, qui conserve la "prospective et l'évaluation des politiques publiques".

Plusieurs ministres voient leurs attributions modifiées ou élargies.

Ainsi la ministre de l'Economie Christine Lagarde, jusque là chargée des finances et de l'emploi se retrouve avec l'industrie et l'emploi.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Boorlo, se voit adjoindre le secteur stratégique de l'énergie, "une façon de souligner l'importance et la cohérence de ces sujets", selon son entourage.

Xavier Bertrand, ministre du Travail, se voit adjoindre la famille, et Bernard Laporte (Sports) la vie associative.

Hervé Novelli perd le Commerce extérieur mais récupère l'Artisanat et le Tourisme.

Les ministres battus aux municipales conservent comme annoncé leurs postes, notamment Xavier Darcos (Education), battu à Périgueux.

"La réponse est bizarre, voire stupéfiante. C'est à la fois une sorte de tableau d'honneur et de récompense pour certains, et un lot de consolation pour d'autres", a déclaré à l'AFP le porte-parole du PS Julien Dray.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 mars 2008, 22h17)

 
Décidément, les choses ne s'arrangent pas : les deux nouveaux secrétaires d'Etat ultra-sarkozystes Yves Jégo et Nadine Morano sont aussi détestables que le non moins ultra-sarkozyste Christian Estrosi, qui, lui, heureusement, est parti. Le gouvernement Fillon II remanié s'est réuni hier, mercredi 19 mars, à l'occasion d'un premier Conseil des ministres post-électoral, au terme duquel le nouveau secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet, a commis, sous le coup de l'émotion, un lapsus assez amusant...


Nicolas Sarkozy fixe la feuille de route de son gouvernement remanié
 

Nicolas Sarkozy a réuni mercredi son nouveau gouvernement étoffé pour lancer une nouvelle phase politique, dont il a juré qu'elle ne comporterait "ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", après la sévère défaite de son camp aux municipales et cantonales.

Au lendemain de leur nomination, les six petits nouveaux de l'équipe gouvernementale, qui compte désormais 38 membres, Premier ministre compris, ont à peine eu le temps de profiter de leur promotion.

A peine avaient-ils passé le mur de photographes et cameramen érigé pour l'occasion dans la cour de l'Elysée et trouvé leur siège dans le salon vert, que le chef de l'Etat les a plongés dans le vif du sujet en détaillant leurs objectifs pour les prochains mois.


Si les enjeux des scrutins des 9 et 16 mars "étaient d'abord locaux", a attaqué Nicolas Sarkozy, ils ont aussi "au plan national" exprimé "une attente, une impatience, une interrogation sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile".

"La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement", a immédiatement répondu le président. "Depuis 1958, aucun gouvernement n'a autant agi, autant réformé. Il faut continuer. C'est la seule façon de tenir nos engagements, c'est la seule façon de répondre aux difficultés du moment", a-t-il ajouté.

Comme mardi en Haute-Savoie, Nicolas Sarkozy a insisté sur le "contexte difficile du moment", marqué par la crise financière, la flambée de l'euro et du pétrole ou le renchérissement des matières premières.

Mais à tous ceux, à gauche comme à droite, qui lui ont suggéré d'en tirer la leçon en changeant de politique, Nicolas Sarkozy a répondu que "dans la tempête économique mondiale, il
faut fermement tenir le cap". "Il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", a-t-il assuré.

Peu après, la nouvelle voix du gouvernement, Luc Chatel, a renchéri en déclarant qu'un plan de rigueur serait "absurde".

"Au moment où, justement, on a besoin de libérer la croissance, on a besoin de libérer le travail, où on voit que les dispositions prises cet été permettent de positionner la France plutôt mieux par rapport à ses voisins (...), il serait absurde d'anesthésier l'économie française", a jugé le porte-parole, en rendant compte pour la première fois des travaux du Conseil.

Après ce plaidoyer pour la réforme, Nicolas Sarkozy a détaillé ses futures déclinaisons en fixant à son gouvernement quatre grands objectifs.

D'abord "remettre le travail au coeur de nos politiques publiques, au service de la croissance et du pouvoir d'achat", puis "renforcer la compétitivité de notre économie", avec le dépôt dès avril du projet de loi pour la modernisation de l'économie.


Il s'agira ensuite de "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays et moderniser l'Etat", puis de "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites", notamment par le biais du projet de loi attendu au printemps.

Au terme de deux heures de réunion, les nouveaux secrétaires d'Etat ont tous affiché leur détermination à appliquer la feuille de route présidentielle.

Chargée de la famille, Nadine Morano a confié "l'émotion mais surtout l'honneur de servir son pays". Son collègue à la Francophonie, Alain Joyandet, en a même perdu son latin: "c'était un communiste, un parti, excusez-moi je suis très, très ému, c'était un conseil des ministres très dense", a-t-il bredouillé.

"Ils ont vécu une matinée inoubliable", l'a excusé Luc Chatel.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars 2008, 16h34)


Ce gouvernement remanié a été diversement apprécié. Ce que je note pour ma part c'est que la promesse de Sarkozy de travailler avec un gouvernement resserré est à classer, comme d'autres, dans la catégorie des promesses non tenues. Je note également l'absence de l'innénarable Claude Allègre dans cette équipe gouvernementale élargie : celui-ci, ex-socialiste (il avait annoncé l'année dernière ne pas vouloir renouveller sa carte d'adhérent au PS) avait été, jusqu'à récemment, pressenti pour devenir un nouveau ministre du gouvernement Fillon, après l'avoir été dans le gouvernement Jospin, entre 1997 et 2000. Le fait qu'il est été ainsi écarté finalement est un peu dommage : je suis sûr que Sarkozy et Fillon et les autres ministres et sous-ministres l'auraient certainement beaucoup apprécié... C'est bien connu : Claude Allègre est tellement facile à vivre, tellement ouvert aux opinions des autres, et tellement fiable... ;o) Ségolène Royal en sait quelque-chose, elle qui fut une ministre déléguée sous sa tutelle au sein du gouvernement Jospin, et que Allègre a fortement "soutenu" pendant la dernière campagne présidentielle, au point d'aller "affronter" François Fillon jusque dans le siège de campagne parisien de Sarkozy, où des journalistes l'ont ainsi surpris en flagrant délit de "pré-ouverture", comme l'a relaté, à l'époque, le Canard Enchaîné dans un article que j'avais reproduit dans un précédent message, sur le présent blog, en mai 2007... ;-)

 

Entre efficacité et droitisation, un remaniement diversement analysé
 

Ajustement "technique" pour une meilleure efficacité selon la droite, "fin de l'ouverture", "repli sur le clan UMP" et "droitisation" pour la gauche: le remaniement de l'équipe gouvernementale, plus ample qu'attendu, est diversement analysé.

"C'est un remaniement plutôt technique, de bonne qualité", a estimé mercredi Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, "très heureux" que "l'architecture gouvernementale" n'ait pas été modifiée "en profondeur".

Au contraire, le numéro 2 du PS François Rebsamen estime que ce remaniement met "fin à l'ouverture" et signe un "repli sur le clan".


Il a parlé encore de "retour à une forme de sarkozysme historique", formule qu'un membre du gouvernement ne conteste pas: c'est effectivement un "retour à la +Sarkozie+ historique", mais qui s'explique par "le besoin" du président, en ces temps "difficiles" (baisse de popularité, défaite électorale), "d'avoir une phalange autour de lui pour le protéger".

Autre preuve du retour en grâce des sarkozystes, aux yeux de ce ministre: "on voit de plus en plus, lors des conseils des ministres, le président discuter avec son plus ancien ami, Brice Hortefeux" (Intégration et identité nationale).

"L'ouverture" à la gauche et au Nouveau centre pratiquée par M. Sarkozy avait été mal perçue par certains de ses amis, Patrick Devedjian ironisant même à l'époque sur une ouverture qu'il aurait aimé voir "aller jusqu'aux sarkozystes".

Le secrétaire général de l'UMP a été entendu: sur les six nouveaux secrétaires d'Etat, quatre sont des très proches du président: les deux porte-parole du parti majoritaire Nadine Morano (Famille) et Yves Jégo (Outre-mer), ainsi qu'Hubert Falco (Aménagement du territoire) et Alain Joyandet (Coopération et francophonie).


Plusieurs autres ministres ont eu une promotion, notamment Luc Chatel, nouveau porte-parole du gouvernement qui garde la consommation et reçoit l'industrie.

Pour lui, c'est presque un retour aux sources: pendant la campagne électorale de M. Sarkozy, à laquelle il avait activement participé, il était porte-parole de l'UMP.

Le chef de l'Etat était pourtant enclin, il y a encore deux ou trois semaines, à "poursuivre l'ouverture" vers la gauche, songeant notamment à l'ancien ministre socialiste Claude Allègre. Mécontent, Copé avait alors affirmé qu'Allègre, c'est "le nom en trop".

"On en a tellement fait sur l'ouverture que ça n'a plus grande utilité, de toute façon l'image de l'ouverture, elle est déjà gagnée", a renchéri mercredi un élu de la région parisienne, en allusion aux ministres ex-socialistes (Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel) ou proches: Fadela Am
ara et Martin Hirsch.

"J'ai dit au président que s'il continuait sur cette voie, cela allait énerver à l'UMP", a ajouté cet élu. Alors que le président est décidé à "accélérer" les réformes, "il était essentiel pour lui de donner un signal positif à ses amis", explique le même.

En remaniant le gouvernement, Nicolas Sarkozy a aussi voulu lancer "un message clair", assure un autre ministre. "Le pouvoir de nomination, c'est lui et personne d'autre".

"Quels que soient les sondages ou le résultats des élections, personne ne peut lui dicter quoi faire. La preuve: il a fait entrer Nadine Morano, largement battue aux municipales, et a rendu un hommage appuyé en conseil des ministres à Xavier Darcos, autre battu", ajoute ce ministre.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars 2008, 19h30)


Claude Allègre devra attendre le prochain train gouvernemental... Il semble que Sarkozy n'est pas prévu d'utiliser sa cartouche du grand remaniement ministériel avant le début de l'année 2009, soit après la présidence française de l'Union Européenne...

Le Sarko-show est donc apparemment entré dans une nouvelle phase, plus "sérieuse". Il était donc temps d'en finir avec les restes de l'ancienne formule. D'où le merveilleux dénouement, survenu hier, 19 mars, en ce concerne cette minable affaire de SMS, que j'avais déjà évoqué dans un précédent article, le mois dernier.


SMS : Sarkozy retire sa plainte mais le journaliste maintient sa version
 
Nicolas Sarkozy a retiré sa plainte contre le Nouvel Observateur dans l'affaire du SMS présumé, ouvrant la voie à un classement du dossier, mais le journaliste maintenait mercredi "l'authenticité" de son information.

Le chef de l'Etat avait déposé le 7 février une plainte pour "faux, usage de faux et recel" contre le site internet du Nouvel Observateur (nouvelobs.com), selon lequel il aurait envoyé à son ex-épouse Cécilia, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni le 2 février, le SMS suivant: "si tu reviens, j'annule tout".

Cette plainte, la première déposée contre un média par un président de la Ve République en exercice, a entraîné le lendemain l'ouverture d'une enquête préliminaire sous la houlette du parquet de Paris.

L'affaire avait suscité un vif débat sur le traitement par la presse de la vie privée des personnalités, en particulier s'agissant de Nicolas Sarkozy, dépeint par certains en "président people".

"Désormais, l'affaire du SMS est close, mon mari vient de retirer sa plainte contre le Nouvel Observateur après la lettre d'excuse qu'Airy Routier m'a adressée", annonce Carla Bruni-Sarkozy dans une tribune publiée dans Le Monde daté de jeudi, intitulée "Halte à la calomnie!".

Le parquet de Paris a confirmé avoir reçu mercredi un courrier de l'avocat du chef de l'Etat, dans lequel il indique que M. Sarkozy "n'entend plus maintenir sa plainte". Une démarche qui devrait entraîner "un classement sans suite", selon une source judiciaire.

Confirmant s'être excusé "à titre personnel" auprès de la nouvelle épouse du président, le journaliste du Nouvel Observateur a cependant de nouveau défendu "l'authenticité" de son information.

"Je n'ai jamais mis en cause l'authenticité du SMS. Je maintiens totalement ma position là-dessus", a expliqué Airy Routier à l'AFP, en assurant que la "plainte d'intimidation" du chef de l'Etat "ne tient pas debout devant la justice".

M. Routier, entendu par les policiers fin février comme témoin, avait indiqué avoir écrit son article sur la foi d'informations "verbales fiables", admettant ainsi qu'il n'avait pas eu entre les mains le SMS controversé.

Au cours de l'enquête, l'ex-"première dame" Cécilia Ciganer-Albeniz, restée silencieuse depuis le début de l'affaire, a affirmé de son côté, devant les policiers début mars, ne pas avoir reçu ce message de Nicolas Sarkozy.

Dans un court article publié mercredi sur son site internet, la direction du Nouvel Observateur "prend acte" du démenti de l'ex-épouse du président de la République et reconnaît une nouvelle fois que l'article concernant le SMS "n'aurait jamais dû être publié sur (son) site".

Mais la direction de l'hebdomadaire souligne qu'"à (ses) yeux", la "bonne foi de (son) journaliste reste entière".

Un point de vue vigoureusement réfuté par Carla Bruni-Sarkozy qui, dans Le Monde, attaque Airy Routier et le magazine.

"Ce qui est malhonnête et inquiétant dans cet épisode, c'est qu'à aucun moment l'"information" n'a été vérifiée, recoupée, validée", s'indigne la chanteuse, en épinglant les "ragots" et les "quelqu'un m'a dit" (titre d'un de ses morceaux).

"Est-ce l'avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l'air avant d'être rappelés à l'exigence élémentaire de probité?", assène-t-elle encore.

La nouvelle "première dame" défend à cette occasion l'attitude de son mari dans ce dossier. Il "ne s'en prend pas à la liberté de la presse" mais "protège" la "liberté de chacun", affirme-t-elle.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars 2008, 17h33)

 
Dans le même registre, je suppose que la plupart de mes lecteurs se souviennent de la fameuse visite de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa au Salon de l'agriculture de Paris, le 23 février dernier, au matin, et du fait qu'elle a été marquée par un échange d'insultes entre un visiteur pas très malin et l'actuel chef de l'Etat. Cet échange d'insultes avait fait l'objet d'une séquence filmée qui avait été diffusée, dans la soirée suivant "l'évènement", sur le site du journal Le Parisien (leparisien.fr), et qui montrait notamment Sarkozy de Nagy-Bocsa répondant au visiteur : "Casse-toi alors, pauvre con". Contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs dans la blogosphère, la nouvelle n'a pas fait l'objet de tout ou partie d'un article sur le présent blog : tout au plus a-t-il fait l'objet de quelques commentaires au bas d'un article, le mois dernier. Néanmoins, il faut croire que l'effervescence - le "buzz" - que "l'évènement" avait alors suscité sur Internet a eu une conséquence, dont beaucoup de blogueurs ont parlé, au point de faire l'objet d'une dépêche de l'Agence France Presse...


Le "Monsieur internet" de l'Elysée provoque des remous dans la blogosphère
 
 
La blogosphère est en ébullition depuis la nomination à l'Elysée d'un chargé de mission sur internet, qui fait l'objet d'un véritable "buzz", de nombreux internautes craignant une volonté de "surveiller" tout ce qui circule sur le web concernant Nicolas Sarkozy.

Nicolas Princen, jeune militant UMP de 24 ans, a été nommé lundi [17 mars] "chargé de mission au service internet", auprès de Franck Louvrier, conseiller pour la presse et la communication, indique-t-on à l'Elysée.

Il sera "en charge de la veille de ce qui circule sur la toile au sujet du président de la République: blogs, sites d'information, vidéos... Comme on peut faire pour une revue de presse des médias traditionnels", explique-t-on.

Diplômé d'HEC et de l'Ecole normale supérieure, Nicolas Princen avait travaillé pour le site internet de la campagne du candidat Sarkozy. Depuis son élection, il avait intégré le porte-parolat de l'Elysée.

Si la présidence de la République se défend de vouloir surveiller le web, l'arrivée de ce "Monsieur internet" a aussitôt crée un "buzz" sur la toile, où elle fait beaucoup parler, plutôt en négatif.

"Ironie du sort, Nicolas Princen est chargé de surveiller les 'buzz' autour de Sarkozy et il se retrouve lui-même au centre du buzz", relève Olivier Monnot, responsable éditorial de blogonautes.fr, qui traite de l'actualité de la blogosphère.

"L'oeil de Sarkozy sur le net", "KGB Web", "le petit flic de Sarkozy", "Big Brother": sur les blogs, le site de socialisation Facebook, dans des vidéos de parodie mises en ligne sur Dailymotion, les termes employés sont très virulents.

Pour M. Monnot, "ce ton un peu excessif est lié à l'image de premier flic de France que traîne Sarkozy".

"Le bruit médiatique est important mais reste concentré dans des sphères de spécialistes globalement en opposition à Sarkozy, qui se sentent subitement observées", analyse de son côté Nicolas Vanbremeersch, initiateur du réseau de blogeurs politiques "La République des blogs".

"Tu dois savoir qu'il existe plusieurs milliers de blogs sur lesquels tu trouveras des choses désagréables sur Nicolas Sarkozy", écrit ainsi Luc Mandret, blogueur régulièrement cité par la presse, en s'adressant au nouveau venu à qui il souhaite "bien du courage".

Selon M. Vanbremeersch, pas moins de 10.000 billets sur le chef de l'Etat sont en effet postés chaque jour sur les blogs francophones, "dont 80% sont critiques".

La nomination de M. Princen suscite d'autant plus de grincements qu'elle intervient après plusieurs polémiques liées à la mise en ligne d'informations (affaire du SMS) ou de vidéos (Sarkozy au Salon de l'agriculture, etc.).

"Après une campagne très active sur internet, l'Elysée avait un peu déserté cet espace... C'est comme s'ils avaient pris tardivement conscience que le web était devenu un poil à gratter dans la communication présidentielle", souligne M. Vanbremeersch.

Pour autant, le fait de créer une veille n'est "pas choquant en soi", nuance M. Monnot.

"S'il elle sert de base pour intimider les blogeurs et museler la liberté d'expression, c'est problématique. En revanche s'il s'agit faire comme de nombreuses entreprises ou partis politiques une revue du web, c'est intéressant car c'est une forme de reconnaissance", estime-t-il.

Pour le journaliste Pierre Haski, du site d'information Rue 89, "la nomination de ce surdiplômé marque d'abord la reconnaissance par l'Elysée que ce qui se dit sur internet importe plus qu'on ne l'avait cru". Et d'ajouter: "il appartiendra à l'intéressé de dissiper par sa pratique" les soupçons dont il fait l'objet.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 20 mars 2008, 19h06)


Le barbu errant que je suis n'accorde pas beaucoup d'importance au "buzz" de l'Internet, ce qui explique sans doute pourquoi je réagis souvent avec du retard à l'actualité qui enflamme la blogosphère... lorsque celle-ci m'intéresse, ce qui n'est pas très souvent la cas, il faut bien le reconnaitre... J'espère que le "Monsieur internet" de l'Elysée, qui est plus jeune que moi, appréciera le contenu du présent blog, si jamais il tombe dessus par hasard : pour ma part, je continue ma route...

Vous prendrez bien une petite anecdote pour finir, chers lecteurs ? J'avais promis de revenir brièvement sur le dîner d'Etat en l'honneur de Shimon Peres, président de l'Etat d'Israel, dîner offert par Sarkozy, lundi dernier, 10 mars, au palais de l'Elysée, et auquel assistait l'épouse de l'actuel président de la République, Carla Bruni-Sarkozy. Voici donc, pour terminer, une petite anecdocte liée à ce dîner, et rapportée par le Canard Enchaîné de cette semaine :


"Sexy Carla

Lundi 10 mars : dîner d'Etat offert en l'honneur de Shimon Pérès à l'Elysée. Le couple Sarkozy accueille en compagnie du président israélien les invités au dîner, dans un salon donnant sur la salle des fêtes de l'Elysée. Présentations puis photo officielle. Carla se penche vers Pérès et murmure : "Quand on me prend en photo, pour sourire, je ne dis pas "Cheese", mais "Sexe"."
 C'est quand même plus agréable que le language diplomatique."


(Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008)


En voila, une bonne idée ! Il faudra que j'essais d'employer ce mot magique, la prochaine fois que je me ferais photographier... ;o)

Aaah... Sarko-show, quand tu nous tiens... ;op

Cordialement, :-)

Hyarion.

 

(Illustrations : Caricature de Nicolas Sarkozy et François Fillon, par Kiro, publiée dans le Canard Enchaîné N°4558, 5 mars 2008 ; Nicolas Sarkozy lors d'une visite au plateau des Glières, le 18 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Eric Besson et Nadine Morano le 19 mars 2008 à la sortie du Conseil des ministres à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Hubert Falco, Jean-Louis Borloo, Dominique Bussereau et Christian Blanc à leur arrivée au Conseil des ministres le 19 mars 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Sortie du Conseil des ministres de Michèle Alliot-Marie, Yves Jego, Hervé Novelli et Christine Lagarde, Fadela Amara, Christine Albanel et Anne-Marie Idrac, le 19 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy et son épouse le 23 février 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP/Archives ; Captures vidéo de Nicolas Sarkozy et du visiteur avec lequel il a eu une altercation, le 23 février 2008 au Salon de l'Agriculture, à Paris, ©AFP/Le Parisien.fr ; Carla Bruni-Sarkozy, Shimon Peres et Nicolas Sarkozy, lors d'un dîner d'Etat en l'honneur du président de l'Etat d'Israel, le 10 mars 2008, photographie du service photo de la présidence de la République française, ©Service photo Elysée/M.Klein)

Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 17 mars 2008 1 17 03 2008 23:44
Ces derniers mois, j'ai eu bien d'autres choses à faire que de m'intéresser aux élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars, mais, finalement, au moment du scrutin, il a bien fallu que je m'en préoccupe... C'est toujours comme cela, avec la politique : quoi que je fasse, elle finit toujours par me pousser à m'intéresser à elle...
Parlons donc un peu de ces élections, qui viennent de se terminer, et dont il faut bien essayer de tirer quelque enseignement...

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Tout d'abord, examinons les faits. Comme tout le monde s'y attendait, c'est la gauche qui a su le mieux tirer son épingle du jeu, dans un contexte politique pour le moins défavorable pour la droite sarkozyste. Dès le premier tour des municipales, le 9 mars dernier, le rapport de forces national s'est révélé être assez nettement en faveur de l'opposition en ce qui concerne les communes de plus de 3500 habitants, avec un peu plus de 47% des voix pour la gauche contre un peu plus de 44% pour la droite au pouvoir. Le MoDem, pour sa part, n'arrive que loin derrière, avec moins de 4% des voix au niveau national, ce qui, cela dit, doit sans doute être relativisé, compte tenu du fait qu'il n'y avait pas de listes du MoDem présentes dans toutes les communes, loin s'en faut : au total, sur près de 350 villes où se présentaient des listes autonomes au premier tour, le MoDem recueille en moyenne près de 16% des voix... Mais le clivage gauche/droite reste, en toute logique, l'élément structurel essentiel de la vie politique en France, et force est de constater que dès ce premier tour, le Mouvement Démocrate n'a pas réussi à véritablement s'imposer au sein d'un échiquier politique dominé, plus que jamais, par le PS et l'UMP, vis-à-vis desquels François Bayrou a refusé toute stratégie d'alliance globale, au premier tour comme au second... Sans autre alternative sérieuse que le vote pour des listes de gauche, les électeurs mécontents de la politique du gouvernement actuel n'ont, dès lors, en général, guère eu d'autre choix que de voter quasi-automatiquement pour la gauche, qui a ainsi trouvé le moyen de prendre sa revanche sur la défaite qu'avait été, pour elle, les précédentes élections municipales de 2001.
Toutefois, de façon générale, dès ce premier tour, on a pu constater que si les premiers résultats de ces élections locales pouvaient sonner comme une sanction adressée à Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, lesdits résultats ne constituaient pas néanmoins le raz-de-marée en faveur de la gauche auquel on pouvait s'attendre. Le fait est qu'il s'agissait d'élections locales, à l'occasion desquelles la droite avait sans doute quelques raisons d'espérer résister à l'offensive de l'opposition, grâce à la fameuse prime aux maires sortants, que les électeurs accordent volontiers lorsqu'ils sont satisfaits du bilan de la majorité municipale sortante, quelle que soit son bord politique.
Le fait est, néanmoins, que l'opposition a infligé une série de revers à la droite dès le premier tour de ces municipales, en faisant notamment ainsi basculer à gauche les villes de Dieppe, Rouen, Alençon, Laval, Chalons-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, et Rodez. Dans le même temps, la gauche a réussi à conforter ses positions à Paris - où les listes du maire socialiste sortant, Bertrand Delanoë, sont arrivées, sans surprise, en tête -, à Lyon - où le maire socialiste sortant Gérard Collomb a été réélu dès le premier tour face au candidat UMP Dominique Perben -, à Lille - où la maire socialiste Martine Aubry est arrivée largement en tête au premier tour -, à Tourcoing, à Nantes, et à Dijon.

La gauche poursuit sa conquête de l'Ouest, l'UMP résiste dans les petites villes

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La gauche a poursuivi sa conquête de l'Ouest au premier tour des municipales, où le PS s'est affirmé comme le parti des grandes villes alors que l'UMP a mieux résisté dans les communes moyennes où l'effet vote sanction a moins joué en raison de la prime au sortant.

La poussée de la gauche lui a permis de l'emporter dès le 9 mars dans 75 villes de plus de 30.000 habitants et chefs-lieux de département qu'elle détenait, et de faire basculer dans son camp neuf communes détenues par la droite: Alençon, Bourg-en-Bresse, Chalons-sur-Saône, Dieppe, Laval, le 3e arrondissement de Lyon, Rodez, Rouen et Saint-Benoît (La Réunion).

La droite a conservé sa domination dimanche dans 57 villes et, via deux ministres, en a conquis deux: le Puy-en-Velay et Chaumont.

En 2001, la situation était inverse: 70 maires de droite réélus d'emblée contre 48 de gauche, chaque camp ravissant six villes.

Plusieurs des conquêtes de la gauche sont à l'ouest d'une ligne Dunkerque-Perpignan, confirmant, comme à Rouen ou Laval, les bons scores de la gauche à la présidentielle et aux législatives de 2007.

Déjà dominant dans cette France de l'ouest où il tient des villes majeures (Nantes, Rennes, Brest, Le Mans, Tours, Limoges), le PS pourrait s'y renforcer en enlevant à la droite Caen, Blois ou Quimper.

Mais le PS a également obtenu de bons résultats dans des zones où il avait marqué le pas aux législatives de 2007, comme le Lyonnais. Pourtant Nicolas Sarkozy avait eu le dessus dans les huit départements de Rhône-Alpes.

Dans le sillage du triomphe de Gérard Collomb à Lyon, le PS et ses alliés communistes ont conservé toutes leurs villes de la grande périphérie que l'on disait parfois menacées, comme Villeurbanne.

Ils ont également repris Bourg-en-Bresse, chef-lieu de l'Ain, perdu en 2001, et conquis Chalons-sur-Saône, ville bourguignonne voisine et vieux fief de droite.

Le PS a retrouvé des couleurs en Nord-Pas-de-Calais, réussissant à Lille un score qualifié "d'historique" par Martine Aubry, renvoyée pour quelques points à un second tour sans souci pour elle. Les socialistes ont conservé facilement des villes réputées en danger, comme Tourcoing.

Dans l'est, où la droite reste archi-dominante, le PS devrait gagner Strasbourg et est arrivé en tête dans son satellite Schiltigheim.

Autre caractéristique de ce 9 mars: les écarts énormes entre des listes de gauche victorieuses ou proches de l'être, et leurs concurrentes UMP: le parti présidentiel est dominé de 20 points à Rennes, 25 à Nantes, 32 au Mans, 63 à Boulogne-sur-Mer...

Lyon et Paris, où les UMP Dominique Perben et Françoise de Panafieu plafonnent à 27%, illustrent cette tendance. La conquête de ces deux métropoles par la gauche ne remonte pourtant qu'à 2001, après des années de domination centriste pour la première, chiraquienne pour la seconde.

Le PS a donc assis sa position de "parti des grandes villes".

L'UMP a en revanche bien résisté dans les communes moyenne: à Tarbes, Gérard Trémège a réussi un beau premier tour (47,42%), douchant les ambitions de l'ancien ministre socialiste Jean Glavany (38,32%). A Chartres, Jean-Pierre Gorges devance de 17 points la socialiste Françoise Vallet qui l'avait sévèrement défait dans une législative partielle le 3 février.

A Saint-Brieuc, Bruno Joncour, MoDem soutenu par l'UMP, à qui était promis un étrillage de premier tour, a viré en tête dimanche, même si le 16 mars s'annonce difficile pour lui. Egalement MoDem, Jean-Marie Vanlerenberghe l'emporte au premier tour à Arras.

Tous étaient il est vrai des maires sortants et ont bénéficié d'une autre caractéristique de ce cru municipal 2008: une prime accordée aux édiles sortants.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 mars 2008, 18h47)

En ce qui me concerne, la nouvelle la plus importante de ce premier tour a évidemment été la victoire de la gauche à Rodez, la ville où je vote. Pour la première fois depuis 1953, le chef-lieu du département de l'Aveyron n'avait plus connu de majorité de gauche au sein de son conseil municipal, la droite y étant resté dominante durant les mandats de Bertrand de Lapanouse (de 1953 à 1965), Roland Boscary-Monsservin (de 1965 à 1983) et Marc Censi (de 1983 à 2008). Ce changement, cette alternance, moi et beaucoup d'autres électeurs ruthénois, nous l'attendions depuis longtemps. Le maire sortant, Marc Censi, ancien UDF rallié à l'UMP, avait déjà senti le vent du boulet en 2001, lorsque son concurrent, le socialiste Christian Teyssèdre, n'avait échoué que de peu à le mettre en ballotage. Il y a 7 ans, Censi, avec sa liste UDF-RPR-DL, avait alors été réélu, dès le premier tour, avec 53,55% des suffrages, contre 46,45% pour la liste Gauche plurielle de Teyssèdre.  Cette année, c'est Teyssèdre qui a été élu, dès le premier tour, face à une droite locale usée et divisée.

Le PS fait basculer Rodez, détenue par la droite depuis 55 ans

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Le socialiste Christian Teyssèdre a remporté dimanche dès le premier tour la mairie de Rodez, détenue depuis 55 ans par la droite qui domine le conseil général de l'Aveyron.

Dans cette ville d'environ 30.000 habitants, qui a voté à 51,18% pour Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle, la liste PS-PRG-PCF-Verts-MRC de M. Teyssèdre a largement battu avec 52,49% des suffrages ses trois adversaires de droite. Jean-Louis Chauzy (DVD) a recueilli 19,27% des voix, Régine Taussat (UMP) 15,49% et Frédéric Soulié (DVD) 12,75%.


"C'est la victoire d'une équipe unie autour de cinq formations de gauche. C'est une victoire historique après 55 ans de gouvernance de droite, c'est la victoire de l'intérêt général face à l'opportunisme de ceux qui ont changé de camp", a déclaré M. Teyssèdre, 55 ans, chef de l'opposition municipale à Rodez et élu conseiller général de Rodez-Nord en 2001.


A Millau, deuxième ville de l'Aveyron, la gauche a fait également une percée dans ce département très ancré à droite. Le socialiste Guy Durand, conseiller d'opposition sortant, a devancé de 971 voix l'ancien ministre de la Coopération, le maire sortant Jacques Godfrain (UMP), qui brigue un troisième mandat.


Dans ce département, le seul en Midi-Pyrénées à être présidé par un élu de droite, la succession à la tête du conseil général est la grande inconnue des cantonales, où six conseillers de droite et deux de gauche ont été réélus sur un total de 24 sièges à renouveler.


Après plus de 30 ans passés à la tête de l'Aveyron, le président UMP sortant Jean Puech ne se représentait pas. Son dauphin, le maire de Rignac Jean-Marc Calvet, est en ballottage défavorable dans le canton du président Puech.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 mars 2008, 01h58)

Dimanche 9 mars, je suis donc monté à Rodez, et, comme en 2001, j'ai voté socialiste, avec l'assurance, cette fois, que cette élection serait la bonne. La victoire de la gauche à Rodez était attendue : les électeurs en avaient plus qu'assez d'avoir les mêmes personnes au pouvoir, avec les mêmes idées, les mêmes pratiques. Il fallait un changement. Il fallait que l'on respire ! Enfin ! Teyssèdre n'a, du reste, pas eu trop de mal à s'imposer comme le seul candidat sérieux de cette élection municipale, avec un vrai projet pour la ville : tous les concurrents du candidat socialiste, que ce soit Chauzy (ancien socialiste ayant retourné sa veste et classé désormais "Divers droite"), Taussat (adjointe du maire sortant, mais en perpétuelle rivalité avec lui en période électorale), ou Soulié (un parfait inconnu, auquel Censi a voulu donner du crédit face à Taussat, en se placant lui-même en dernière place sur sa liste), se sont lancés dans la campagne bien après Teyssèdre, et sans présenter le moindre commencement de début de projet crédible. Dès lors, il n'est pas étonnant que la candidature de Teyssèdre ait attiré autant de suffrages, au delà des électeurs de gauche comme moi... Quant à Censi, finalement, il a complètement râté sa sortie...
Bref, cette victoire de la gauche à Rodez est une très bonne nouvelle, et le seul regret que l'on pourrait avoir, c'est qu'elle n'ait pas été au rendez-vous dès 2001. Deux anciens camarades de lycée, figurant sur la liste de Christian Teyssèdre, ont été élus conseillers municipaux : j'ai eu l'occasion de les féliciter hier, à l'occasion du second tour des élections cantonales, qui avait lieu à Rodez pour renouveller les conseillers généraux de deux cantons, dont le mien, celui de Rodez-Ouest.

Venons-en à présent au deuxième tour de ces élections municipales. Hier, dimanche 16 mars, la gauche a confirmé sa progression, bien que la droite ait su faire preuvre de résistance, mine de rien. Dans le Sud de la France, des villes importantes étaient encore très disputées entre les deux tours : si à Bordeaux, le maire sortant UMP et ancien Premier ministre, Alain Juppé, avait été facilement réélu dès le premier tour face à une liste socialiste, il n'en était pas de même pour les villes de Marseille et de Toulouse, où les deux maires UMP sortants - Jean-Claude Gaudin à Marseille et Jean-Luc Moudenc à Toulouse - avaient été mis en ballotage par leur concurrent socialiste. François Bayrou, pour sa part, était confronté à une triangulaire risquée à Pau, où il était candidat, face à une concurrente socialiste et au maire sortant soutenu par l'UMP.
Pour Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, caché bien au chaud au palais de l'Elysée, le bilan était clair, au lendemain du premier tour :

"On s'est pris une petite taule, mais ce n'est pas la grosse branlée annoncée dans les sondages. C'est un petit recul, pas un vote-sanction, pas une débandade. Quatorze ministres élus au premier tour, Toulouse et Marseille qui résistent. Hollande n'arrivera pas à gagner son pari de reprendre trente villes. Il faut tout focaliser sur Marseille. Si l'on arrive à garder Marseille, le tour est joué. Et si, en plus, on ne perd pas Toulouse, on pourra même faire passer tout ça pour un succès relatif."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 10 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)

Les résultats du second tour ont confirmé le succès de la gauche sur le plan national, et François Hollande a gagné son pari, mais Sarkozy aura au moins eu la satisfaction de voir Marseille rester finalement une ville gérée par un maire UMP.

Municipales : déferlante de la gauche, mais la droite sauve Marseille

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La gauche apparaissait dimanche [16 mars] comme le grand vainqueur des municipales et cantonales, avec une déferlante de victoires à Toulouse, Strasbourg, Caen, Reims, Metz, Amiens ou Blois, mais la droite a symboliquement réussi à sauver Marseille.

Le rapport de forces gauche-droite s'est établi à 48,88% au PS et ses alliés contre 47,66% à l'UMP et ses alliés.


Malgré l'appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique -et record depuis 1959- (34,5% selon les instituts de sondage) à celle du premier tour.


Le PS et ses alliés, qui misaient sur la reconquête de 30 des 40 villes de plus de 20.000 habitants perdues en 2001, ont repris Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer et Roanne. Rouen avait été repris dès dimanche dernier [9 mars].


Après près de 40 ans de pouvoir de la droite, Toulouse a également basculé à gauche. Gagnés également: Caen, Reims, Amiens, Dax, Mende, Valence, Thionville, Millau, Brive, Bar-le-Duc, Asnières-sur-Seine, Narbonne.


A Marseille, après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l'a finalement emporté sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, battu dans le secteur clef, le 3ème, par l'ancien ministre UMP Renaud Muselier.


Quatorze ministres avaient été élus au 1er tour. Dimanche, Xavier Darcos (Education) a perdu Périgueux. Battues aussi: Rama Yade (Droits de l'Homme) Christine Albanel (Culture) et Christine Lagarde (Economie).


En revanche, les urnes ont souri à Jean-Marie Bockel (Francophonie), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Christian Estrosi, ce dernier démissionnant de l'Outre-Mer au profit de la mairie de Nice.


Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. "Nous payons le prix des divisions" dans plusieurs villes, a d'ailleurs réagi le ministre du Travail Xavier Bertrand.


La gauche a par ailleurs conforté ses positions en l'emportant à Lille, à Brest, Belfort, Charleville, après Lyon, Nantes, Besançon, Dijon et Limoges dès dimanche dernier. En outre, elle garde Angers, un des rares espoirs de conquête de l'UMP.


La droite emporte Agen (NC), Calais (UMP), Châtellerault (NC), Gap (UMP) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP) et garde Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins, Beauvais, Perpignan et surtout Marseille.


A Paris, la victoire du maire sortant PS Bertrand Delanoë est nettement plus large qu'en 2001, mais ses listes ne gagnent pas de nouvel arrondissement.


A Pau, le président du MoDem François Bayrou perd son pari pour "moins de 1%" face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou. Le sort national du MoDem s'en trouve compliqué.


Après un bon premier tour, le PCF a perdu plusieurs de ses bastions (Calais, Montreuil face à la sénatrice Verts Dominique Voynet, Aubervilliers face au PS, et le département de Seine-Saint-Denis).


Parmi les réactions des personnalités politiques, le patron du PS, François Hollande, s'est félicité de victoires remportées "au-delà des objectifs" et a affirmé que Nicolas Sarkozy devrait "corriger la politique qu'il a conduite".


L'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal a appelé "à transformer le vote sanction en vote d'avenir", paraissant accélérer brusquement la course à la succession de M. Hollande.


Jack Lang lui a répliqué à distance que "nulle faction, nulle personnalité (...) au sein du Parti socialiste n'est en mesure de revendiquer" les succès de la gauche.


A droite, le Premier ministre François Fillon a jugé "malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales", avant d'estimer que la gauche avait "partiellement rétabli" sa défaite de 2001.


Tous les leaders de droite se sont relayés sur les plateaux de télévision pour minimiser la défaite de la majorité et évoquer un "rééquilibrage" entre la droite et la gauche.


M. Fillon a réaffirmé que les réformes se poursuivraient sans infléchissement. "La bataille pour l'emploi et le pouvoir d'achat doit s'accentuer", a-t-il dit.


Le président Nicolas Sarkozy, lui-même en retrait pendant la campagne après une forte chute dans les sondages, n'envisage selon son entourage que des "ajustements" de son gouvernement avec quelques secrétariats d'Etat nouveaux.


La gauche a aussi fortement progressé aux cantonales et paraissait assurée d'ajouter au moins 9 nouveaux conseils généraux aux 51 (sur 101) qu'elle détenait déjà: l'Allier, la Corrèze, le Lot-et-Garonne, l'Ain, la Somme, l'Indre-et-Loire, le Val d'Oise, les Deux-Sèvres et la Côte-d'Or, un élu MoDem devant faire pencher la majorité à gauche dans ce dernier département.


Cette forte poussée de la gauche devrait avoir des répercussions lors des sénatoriales de septembre. Depuis 2004, l'UMP n'a déjà plus la majorité absolue au Sénat.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 00h43)

A Paris, la victoire de la gauche, menée par le maire sortant, Bertrand Delanoë, est très nette. Il n'y a pas eu de surprise de ce côté-là, mais on notera cependant que la droite parisienne, malgré la vacuité de son programme, a réussi à conserver ses positions dans les arrondissements de la capitale où elle était déjà en place.

Paris : très large majorité pour la gauche, la droite sauve ses mairies

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La gauche, sans réussir à récupérer un des arrondissements détenus par l'UMP, a obtenu dimanche à Paris la majorité absolue, soit le meilleur score qu'elle ait jamais fait dans la capitale, où le maire sortant Bertrand Delanoë retrouvera très facilement son siège.

La gauche unie (PS, PCF, Verts, MRC, PRG), qui avait obtenu 49,6% des voix en 2001, a atteint cette fois-ci 57,7% des voix.


Dans tous les arrondissements qu'elle détenait déjà, elle a fait des scores dépassant 60%, sauf dans le XIVème où Pierre Castagnou a gagné par plus de 57% des voix une triangulaire qui l'opposait notamment à la tête de liste Modem à Paris Marielle de Sarnez (14,5%), qui sauve son siège au conseil de Paris.


Le meilleur score, 75%, a été obtenu dans le Xème, un bastion de la gauche. Dans le XVIIIème, l'arrondissement où se présentait aussi Bertrand Delanoë, la liste de son ami Daniel Vaillant a obtenu 72,4%.


Dans le très symbolique XIIème arrondissement, que devait gagner la droite pour espérer l'emporter à Paris, la maire sortante Michèle Blumenthal l'a emporté avec 64,8% des voix contre le candidat de l'UMP Jean-Marie Cavada, l'ex-président de Radio-France.


Consolation pour les Verts, qui n'avaient fait que 6,7% à Paris au premier tour contre plus de 12% en 2001, le maire sortant du IIème arrondissement Jacques Boutault, arrivé derrière la candidate socialiste au premier tour, a été réélu haut la main (68,3%) au second, bénéficiant du retrait en sa faveur de son adversaire socialiste.


"Le rassemblement des forces progressistes accroît très sensiblement sa légitimité dans les douze arrondissements qu'il dirigeait et amplifie nettement sa représentativité dans chacun des huit autres", s'est félicité M. Delanoë, parlant de "score inédit" pour la gauche à Paris.


La droite a cependant réussi à conserver la totalité des huit arrondissements qu'elle détenait, notamment le Vème, qui n'est revenu que d'extrême justesse - 225 voix - à la liste du maire sortant Jean Tiberi, en place depuis 25 ans. La liste de Philippe Meyer (Modem) a obtenu 10,9% des voix.


"Paris résiste, on est loin de la vague rose", a commenté la tête de liste de l'UMP Françoise de Panafieu.


Dans le XVème, la première adjointe du maire de Paris Anne Hidalgo, arrivée en tête au premier tour, n'a pas réussi à gagner un arrondissement certes solidement ancré à droite, remporté par le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon (52,7% contre 47,3%).


Dans le Ier arrondissement, Jean-François Legaret a été réélu après avoir été sérieusement mis en difficulté par une candidate peu connue, Seybah Dagoma.


A droite, la liste de Mme de Panafieu a été réélue sans gloire dans le XVIIème arrondissement, dont elle est le maire sortant. La liste de la ministre de la justice Rachida Dati l'a emporté dans le VIIème arrondissement avec 57,7% des voix, une liste Modem obtenant 15,1%.


Le duel fratricide dans le VIIIème arrondissement entre le candidat de l'UMP Pierre Lellouche et le maire sortant François Lebel (dissident suspendu de l'UMP) s'est soldé par la victoire de ce dernier, par 48,6% contre 31,8%, un camouflet pour le parti au pouvoir.


Bertrand Delanoë devrait retrouver face à lui un Conseil de Paris plus docile, les socialistes disposant d'une majorité importante et les alliés Verts, qui ont souvent joué les trublions, ayant des effectifs réduits de 23 à 9.


Selon des projections faites à la mairie, la gauche passe de 92 élus en 2001 à 97 sur 163 conseillers de Paris. La droite, qui avait 71 élus en 2001, n'en aurait plus que 63.


La participation a été de 56,25%, très légèrement inférieure à celle du premier tour.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 00h10)

Je me réjouis de la victoire de la gauche à Paris, mais je suis très déçu de la victoire, fut-elle d'une courte tête, de Jean Tiberi, maire UMP sortant du Ve arrondissement de la capitale : le PS et le MoDem porte une responsabilité collective dans la réélection de ce politicien clientéliste, poursuivi pour manoeuvres frauduleuses lors des élections municipales de 1995 et des législatives de 1997 - dans le cadre de la fameuse affaire des faux-électeurs du Ve -, et qui va encore pouvoir continuer ainsi à faire ce qu'il veut dans "sa" mairie pendant un mandat supplémentaire...

La nouvelle la plus importante de ce second tour, pour moi, est évidemment la victoire de la gauche à Toulouse, la ville où j'habite depuis plus de cinq ans et demi. 37 ans après avoir perdu la mairie, la gauche est de retour au Capitole.

Toulouse : la Ville rose bascule à gauche après 37 ans à droite

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La gauche, emmenée par le député PS Pierre Cohen, 57 ans, a reconquis dimanche la mairie de Toulouse, symbole d'une défaite nationale pour la droite qui détenait la Ville rose depuis 37 ans.

La liste de gauche PS-PCF-Verts-PRG-MRC l'a emporté au second tour des municipales par 50,42% des voix, selon les résultats définitifs.


La quatrième ville de France, qui faisait figure de fort assiégé, résistait depuis des décennies dans un département entièrement ancré à gauche avec huit députés PS sur huit.


Désormais, la gauche détient tous les sièges de parlementaires de Haute-Garonne, la présidence du conseil général et du conseil régional de Midi-Pyrénées, et ajoute à son palmarès le Capitole, l'hôtel de ville de Toulouse.


Pierre Cohen, pourtant peu connu sur la scène politique locale, est parvenu à réaliser l'union de la gauche afin de gagner les municipales de 2008.


Méticuleux, orateur plutôt discret, sérieux voire austère, cet ingénieur en informatique a patiemment bâti l'union de toutes les formations de gauche (PS, PCF, Verts, PRG, MRC) pour multiplier ses chances de s'asseoir dans le fauteuil de maire.


Pragmatique et concret, il a axé son programme sur la jeunesse dans la deuxième ville universitaire de France: transports gratuits pour les moins de 26 ans, plus de logements étudiants, assises de la culture et lutte contre les discriminations.


Il souhaite aussi développer les services d'aides à la personne, privilégier l'économie sociale et solidaire, et veut relancer les transports, la culture et les logements sociaux.


Le maire sortant Jean-Luc Moudenc (centriste, apparenté UMP), 47 ans, était dans une situation délicate au soir du premier tour (42,6%), talonné de près par la liste de gauche unie (39%). Entre les deux tours, il avait fusionné avec le MoDem de Jean-Luc Forget (5,9% au premier tour), mais cette alliance n'a pas suffi à convaincre les électeurs.


Revendiquant son étiquette centriste, il a joué son va-tout dans l'élection en tentant de se démarquer de l'UMP. Il prônait la continuité pour la capitale de Midi-Pyrénées, à la tête d'une liste d'ouverture baptisée "Toulouse pour tous", accueillant des personnalités et figures locales de tous bords (d'ex-PS et Verts notamment, ou le rugbyman Fabien Pelous).


Tout au long de sa campagne, M. Moudenc - qui avait succédé à la mairie à Philippe Douste-Blazy après la démission de celui-ci en 2004 - et Dominique Baudis, l'un de ses prédécesseurs au Capitole, avaient souligné leur volonté de maintenir Toulouse hors de portée de la gauche.


Sans leader charismatique ni d'envergure nationale depuis Dominique Baudis, les électeurs toulousains ont choisi avec leur nouveau maire d'opter pour le changement dans la Ville rose, où Ségolène Royal avait raflé près de 58% des voix à la présidentielle.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 01h15)

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Voila, c'est fait. Après être resté à droite pendant tant d'années, les villes de Rodez (où je vote) et de Toulouse (où j'habite) ont toutes les deux basculés à gauche, et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais !... :-)

A Toulouse, Moudenc n'aura sans doute pas réussi à mobiliser suffisemment son électorat. Cohen n'a pas voulu faire d'alliance avec quiconque entre les deux tours, et s'est ainsi assuré une victoire autour de sa seule liste. Le MoDem sort de ce scrutin fragilisé, Jean-Luc Forget ayant notamment provoqué une division en choisissant de se rallier à Moudenc. D'après ce que j'ai compris, au lendemain du premier tour, lundi 10 mars, les colistiers de la liste MoDem s'étaient réunis avec les militants démocrates, et avaient décidés collectivement d'aller négocier un accord avec Pierre Cohen, provoyant qu'en cas d'échec il devait y avoir liberté de vote pour chacun. Puis, un peu plus tard, Forget serait venu voir les militants démocrates, et passant outre la décision qui avait été prise, aurait proposé qu'ils lui accordent leur confiance pour aller négocier avec Moudenc. Pour vaincre les réticences d'une partie de l'assistance, il aurait affirmé que Bayrou lui avait téléphoné pour lui demander de soutenir Moudenc, en échange d’un soutien de l’UMP à sa liste sur Pau. Bien que l'information soit invérifiable, cela aurait apparemment suffi à convaincre certains militants, et la proposition de soutenir Moudenc a finalement été adopté. Ce qui n'a pas empêché 17 colistiers (sur 68) de la liste du MoDem d'exprimer officiellement "leur total désaccord pour tout rapprochement avec la liste de Jean-Luc Moudenc". Ce n'est que plus tard que les militants auraient appris que Bayrou ne demandait pas le soutien de l'UMP à Pau - où il a finalement été battu -, et que les négociations avec Moudenc avaient en fait commencées bien avant la réunion du lundi 10 mars... Toujours est-il que cette stratégie d'entente avec le maire sortant n'aura pas été payante, puisque l'alliance de Moudenc avec Forget n'aura finalement pas suffi à la droite pour conserver la mairie de Toulouse...
Je ne regrette pas d'avoir quitté le MoDem.

En ce qui concerne les élections cantonales, la gauche a également progressé nationalement : elle est désormais à la tête de 60 des 101 départements français, neuf d'entre eux ayant basculé à l'issue du second tour, hier, à savoir l'Ain, l'Allier, la Corrèze, la Côte d'Or, l'Indre-et-Loire, les Deux-Sèvres, le Lot-et-Garonne, la Somme et le Val d'Oise. En Aveyron, mon canton de Rodez-Ouest a basculé à gauche au second tour : le nouveau maire de Rodez, Christian Teyssèdre, y était candidat, et à failli être élu dès le premier tour, avec 49,85% des voix. Il a finalement été élu au second tour, avec 62,05% des voix, face à son adversaire de centre-droit, Jean-François Théron, encarté au "Nouveau Centre" rallié à Sarkozy.

Aveyron : la droite perd Millau après Rodez et recule aux cantonales

La droite, jusqu'à présent hégémonique en Aveyron, a subi d'importants revers aux élections municipales avec la perte de Millau au second tour, après celle de Rodez au premier tour, et sa majorité au conseil général a été sérieusement amputée lors des élections cantonales.


Le maire sortant UMP de Millau, Jacques Godfrain, ancien ministre de la Coopération, a été battu dimanche par le socialiste Guy Durand qui a remporté 54,03% des suffrages au deuxième tour dans la sous-préfecture de l'Aveyron.


M. Godfrain, qui briguait un troisième mandat, a obtenu 38,09% des voix tandis qu'une troisième liste conduite par Jérôme Alirol (DVD), recueillait 7,88% des suffrages.


Dès le premier tour, la mairie de Rodez, préfecture de l'Aveyron, ancrée à droite depuis 55 ans, avait basculé de l'UMP vers le PS. Christian Teyssèdre avait largement battu trois adversaires de droite avec 52,49% des suffrages.


Dans ce département, le seul en Midi-Pyrénées à être présidé par un élu de droite, le président UMP sortant Jean Puech ne se représentait pas, après 30 ans à la tête du département.


Son dauphin, le maire de Rignac, Jean-Marc Calvet, n'a pu conserver ce canton remporté dès le premier tour par l'ancienne sous-préfète Anne-Marie Escoffier (SE).


Au total, les cantonales se sont traduites par un gain de six sièges pour les socialistes et divers gauche, sur 24 en jeu, tandis que l'UMP en perdait six.


Dans le nouveau conseil, qui compte 46 membres, l'UMP et les DVD ne représentent plus désormais que 23 conseillers face à 19 conseillers de gauche, (14 PS, 1 PRG, 4 DVG) et il leur faudra attirer au moins l'élu MoDem réélu à Conques, ou l'un des trois sans étiquette (SE) du département, pour conserver la présidence.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 01h19)

Au sein du Conseil Général de l'Aveyron, les rapports de force seront maintenant enfin plus équilibrés entre la gauche et la droite, après des années de domination exclusive de la droite.

Pour finir, quels enseignements peut-on tirer de ces élections municipales et cantonales quand on figure, comme moi, dans l'opposition à Sarkozy de Nagy-Bocsa ?

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Beaucoup de villes françaises ont basculés à gauche, c'est un fait, mais on doit d'abord constater que si la gauche a ainsi réussi à affirmer et à étendre encore son influence dans le cadre d'élections locales, elle reste incapable aujourd'hui de susciter un rassemblement autour d'elle sur le plan national, faute d'avoir pu convaincre lors des élections présidentielle et législatives de l'année dernière.
undefined Les partis de gauche en général, et le PS en particulier, restent aujourd'hui les bénéficiaires automatiques du vote-sanction contre la droite, mais cela ne peut suffire à faire d'eux des alternatives crédibles face à l'UMP et ses satellites, qui restent dominants au niveau national. Il faudra bien que le PS se décide à mettre fin à ses divisions, et à se rénover au plus vite, s'il veut un jour battre Sarkozy lors des prochains rendez-vous électoraux. Mais s'il y a un enseignement à retenir de ces scrutins, c'est le fort taux d'abstention qui leur restera attaché. Avec un taux de participation supérieur à 66% seulement, un premier record d'abstention avait été atteint au premier tour des municipales, au niveau national. Avec entre 65% et 65,5% de votants au second tour, selon les instituts de sondage, il semblerait qu'un nouveau record d'abstention est encore été battu, en France métropolitaine. Selon le ministère de l'Intérieur, aux élections cantonales, la participation a été inférieure à celle des municipales avec un taux de participation de 50,77% le soir du second tour à 17h00, contre 54,53% une semaine plus tôt, et 47,89% au second tour du précédent scrutin, en 2001. Dans ce contexte, les progrès électoraux de la gauche, sur le plan national, doivent être sans doute relativisés, d'autant plus que le fossé entre la gauche de gouvernement et les classes populaires reste très profond. Et que l'on ne s'y trompe pas : les électeurs des milieux populaires, ceux qui vivent dans les banlieues et dans les zones péri-urbaines ou rurales, ne sont pas davantage séduits par l'extrême-gauche, qu'il s'agisse du PC ou de la LCR ! En général, ils ne votent pas, tout simplement, et si l'extrême-droite lepéniste est aujourd'hui dans les choux, la porte reste aujourd'hui ouverte à tous les discours populistes, basés sur des thèmes identitaires, qui fonctionneront toujours auprès d'un électorat populaire se sentant plus ou moins exclu du débat public... Pour le meilleur et pour le pire. En attendant que se produisent des choses plus graves... sous le signe du désespoir...

Cordialement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Rapport de forces national au premier tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 10 mars 2008, ©AFP ; Cartes des villes de France ayant basculé à gauche ou à droite dès le premier tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 10 mars 2008, ©AFP ; Christian Teyssèdre devant la ville de Rodez, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; Rapport de forces national au second tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; Résultats du second tour des élections municipales de mars 2008 à Paris et nouveau Conseil de Paris, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; De gauche à droite, le maire sortant de Toulouse Jean-Luc Moudenc, et son rival socialiste Pierre Cohen, photographies de l'Agence France Presse, ©Pascal Pavani/AFP ; Pierre Cohen, vainqueur de l'élection municipale à Toulouse, posant devant le Capitole, le 17 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ; Cartes des villes de France, chefs-lieux ou arrondissements de plus de 30 000 habitants, ayant basculé à gauche lors des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; Taux d'abstention en France métropolitaine au second tour des élections municipales de 2008, selon les instituts de sondages, avec comparaison avec les précédents seconds tours de scrutin depuis 1977, Infographie de l'Agence France Presse, 16 mars 2008, ©AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 13 mars 2008 4 13 03 2008 21:33
undefined Hier, 12 mars 2008, j'ai envoyé au siège du MoDem à Paris, un lettre informant que j'étais, à compter de ce jour, démissionnaire de la qualité d’adhérent du Mouvement Démocrate qui était la mienne depuis le 31 mai 2007 au sein de ce parti. J'ai renvoyé ma carte d'adhérent à cette occasion. Dans la foulée, j'ai également démissionné de ma qualité de membre de l'association des Jeunes Démocrates - le mouvement des jeunes adhérents du MoDem... âgés de moins de 32 ans... J'ai également pris la peine de démissionner aussi de ma qualité de membre du Conseil National des Jeunes Démocrates issu du mouvement fédéral départemental des Jeunes Démocrates de Haute-Garonne, qualité qui était la mienne depuis le 25 janvier 2008, et que le nouveau président des Jeunes Démocrates de Haute-Garonne, Alexandre Labarthe, dit "Lex", avait eu la gentillesse de me proposer à l'occasion de l'Assemblée générale des jeunes de la fédération haute-garonnaise qui, ce jour-là, à Toulouse, l'avait élu à son poste de président.
Cette décision de démisionner du MoDem, qui n'a pas forcément été très facile à prendre, a été motivé par plusieurs raisons, que je vais essayer de développer ici...

Le 25 avril 2007, dans une conférence de presse tenue entre les deux tours de l'élection présidentielle, François Bayrou avait annoncé la création d'un Parti Démocrate - il ne s'appelait pas encore Mouvement Démocrate alors - avant le mois de juin, et que ce nouveau parti, tout à fait indépendant de la droite UMP sarkozyste, serait libre, central, et ouvert notamment au centre-gauche. Le 8 mai, après l'élection de Sarkozy de Nagy-Bocsa à la plus haute charge de l'Etat, j'ai pré-adhéré à ce nouveau parti du centre, en espérant avoir affaire à un parti central, et non centriste, représentant, enfin, une possibilité d'ouverture politique pour la jeunesse de ce pays, et une véritable alternative politique, libérée des carcans idéologiques, opposée à la confiscation du pouvoir par Sarkozy de Nagy-Bocsa, et oeuvrant pour le changement des pratiques politiques en France. Le 31 mai, j'ai confirmé mon adhésion au Mouvement Démocrate. Ce n'était pas une adhésion à l'UDF, parti de centre-droit, fortement lié au souvenir de Valéry Giscard d'Estaing, et qui, pour moi, appartient à la droite. J'ai d'ailleurs bien précisé, à l'occasion de mon adhésion au MoDem, les motivations de mon engagement, à savoir que je n'abandonnerai pas le terrain de la politique tant que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa resterait au pouvoir, et je resterai toujours opposé à la droite qui le soutient et qu'il représente. C'était alors un engagement ferme de ma part, et cela l'est d'ailleurs toujours aujourd'hui. En septembre 2007 a eu lieu un Forum des Démocrates, sorte d'université d'été du nouveau parti - c'est à cette époque-là que j'ai reçu ma carte d'adhérent -, puis, au début du mois de décembre dernier, a eu lieu le Congrès de Villepinte, à l'occasion duquel le Mouvement Démocrate a été fondé, ses statuts adoptés et son président, François Bayrou, officiellement élu. J'ai assisté à ces évènements. Après la clôture du Congrès fondateur, j'avais écrit  : "on verra bien de quoi l'avenir sera fait pour le MoDem... Pour ma part, je suivrai le pari politique qu'il représente, aussi longtemps qu'il le méritera." Aujourd'hui, environ trois mois après, force est de constater que les conditions ne sont plus réunis pour que mon engagement politique soit lié au MoDem, si tant est qu'elles aient jamais été réunis...

Durant les mois qui ont suivis mon adhésion au MoDem, je n'ai cessé de ressentir un malaise de plus en plus important vis-à-vis de mes convictions politiques. Je n'ai jamais voté pour François Bayrou, et pourtant je ne voyais partout que des gens faisant référence à la "dynamique" né avec la candidature dudit Bayrou à l'élection présidentielle et à son score du premier tour, le 22 avril dernier. Lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, voulant soutenir la démarche d'indépendance du nouveau parti auquel je venais d'adhérer, je me suis résigné à voter, dans la première circonscription de l'Aveyron, pour une candidate qui, certes, savait fort bien réciter son catéchisme démocrate - en prétendant se situer au delà des clivages traditionnels -, mais que je savais néanmoins être de droite et viscéralement hostile aux "idées de la gauche" qui, selon elle, ne seraient, de toute façon, plus "dans l'air du temps". Bien vite, alors que cette candidate, éliminé dès le premier tour, espérait officieusement un report de ses voix vers la droite, j'ai tout naturellement voté socialiste au deuxième tour, sans hésiter une seule seconde. Déjà, à l'époque, je me rendais bien compte que l'entente entre les membres du MoDem risquait d'être difficile à long terme, face aux rendez-vous politiques décisifs que sont les élections, tant la stratégie politique choisie par Bayrou dès l'origine - celle d'un engagement aléatoire entre la gauche et la droite -, ne pouvait satisfaire tout le monde...

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Rappelons un fait essentiel, en ce qui me concerne : en tant que citoyen électeur - ce n'est pas un secret - je viens de la gauche. En dehors du cas particulier des référendums, et de ce premier tour des dernières législatives, j'ai toujours voté à gauche. C'est, d'ailleurs, toujours le cas aujourd'hui, à l'occasion des élections municipales et cantonales, sur lesquelles j'aurais l'occasion de consacrer un article après le second tour de dimanche prochain, 16 mars. Or, depuis mon adhésion au MoDem, j'ai toujours eu l'impression de ne représenter qu'une infime minorité venue de la gauche, au sein d'un parti qui semble être finalement resté un parti de centre-droit. Le fait est que ce parti est mené par un homme - François Bayrou - incapable de penser à autre chose qu'à la mission qui lui aurait été confié (par Dieu ?) de devenir un jour président de la République, et surtout, incapable de renoncer aux liens politiques qui ont toujours été les siens avec la droite. En fait, pour être tout-à-fait franc, il me semble que, en venant à la rencontre des démocrates, j'ai fait des efforts pour faire preuve d'ouverture d'esprit et pour aller au-delà des clivages idéologiques, mais que, finalement, j'ai toujours eu l'impression que la démarche se faisait à sens unique : j'ai été bien accueilli, certes, mais je n'ai trouvé finalement, au MoDem, que des personnes essentiellement orienté dans un seul sens, celui d'une négation - souvent hypocrite - du clivage gauche-droite, d'un attachement assez exclusif aux idées du seul centre-droit, et d'une activité politique se résumant à donner plus ou moins raison, de facto, à Bayrou et à son aventure personnelle. Au sein du Mouvement Démocrate, j'ai trouvé, bien entendu, de nombreux adhérents qui, de façon sincère et exemplaire, ont pris en main, du mieux qu'ils ont pû, le destin de leur parti en s'efforçant de faire vivre la démocratie en son sein dès le début et en s'efforçant de contribuer à doter leur Mouvement de bases solides. Mais cela n'a pas été suffisant, à mes yeux, pour compenser les défauts de ce parti, en particulier son positionnement et sa stratégie électorale, tout deux finalement très ambiguës, et surtout, de facto, beaucoup trop opportunistes à mon goût, voire, in fine, beaucoup trop orientés à droite...

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J'aurais l'occasion de revenir plus tard, de façon générale, sur les élections municipales et cantonales qui se termineront dimanche prochain, mais j'aimerai tout-de-même dire quelques mots ici au sujet de la position du MoDem, dont l'attitude lors de ces élections constitue la goûte d'eau qui a fait déborder le vase, et qui m'a définitivement poussé à la démission. Le MoDem, ces jours derniers, entre les deux tours des élections, a été, comme c'était prévisible, courtisé aussi bien par la droite que la gauche, se trouvant ainsi souvent au centre des négociations. Cela a été une occasion pour François Bayrou de réaffirmer sa stratégie désormais bien connue : pas d'alliance avec quiconque au niveau national, mais des accords au cas par cas au nom de l'"affirmation d'une indépendance". Dès lors, le MoDem n'a pu que proposer le spectacle tragi-comique d'un parti-girouette qui, sous prétexte d'avoir affaire à des scrutins aux enjeux purement locaux - ce qui n'est pas faux, mais qui n'est entièrement vrai non plus -, a conclu des alliances, selon les circonstances, tantôt à gauche, tantôt à droite, et trop souvent à droite à mon goût, que ce soit avec le maire UMP sortant Jean-Luc Moudenc à Toulouse - mis en ballotage au premier tour -, ou avec le maire UMP sortant Alain Juppé à Bordeaux - réélu dès le premier tour avec le soutien personnel de Bayrou -, pour ne prendre que des exemples dans le Sud de la France... A Toulouse, j'ai constaté que le ralliement du Mouvement Démocrate local à Moudenc a suscité, au sein du parti, une profonde division : une partie de la liste MoDem - menée par Jean-Luc Forget, tête de liste au premier tour - ayant choisi de rejoindre le maire UMP sortant, tandis que 17 colistiers (sur 68) de ladite liste MoDem ont choisi, eux, d'exprimer très clairement "leur total désaccord pour tout rapprochement avec la liste de Jean-Luc Moudenc", certains membres du MoDem ayant même appelé à voter pour le candidat de gauche Pierre Cohen - adversaire de Moudenc au second tour -, qui, pour sa part, a refusé toute alliance, que ce soit avec la liste du MoDem ou avec les autres listes de gauche, éliminées au premier tour. Ce déchirement du MoDem toulousain illustre, hélas, assez bien la mésentente désormais clairement affichée, au sein du parti, à laquelle je m'attendais depuis le mois de juin dernier...
Bien sûr, ailleurs, comme il y a eu des accords locaux avec la droite, il y a eu aussi des accords locaux entre le MoDem et la gauche de gouvernement, comme par exemple à Marseille, où le chef de file local des démocrates, Jean-Luc Bennahmias (ex-Verts), a accepté la fusion de ses listes avec celles du socialiste Jean-Noël Guérini pour tenter d'arracher la ville à l'UMP Jean-Claude Gaudin, mais apparemment, dans ce cas précis, François Bayrou s'est dit "fort mécontent" de cette alliance ainsi conclue entre les démocrates et les socialistes marseillais :

"Plutôt que Guérini, j'aurais préféré qu'on se rallie à Gaudin en souvenir d'une vieille tendresse [sic]."

(François Bayrou, le 11 mars 2008, cité par Didier Hassoux et Jean-Michel Thénard, in Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)

Si c'est cela, "changer définitivement la politique française", comme l'avais annoncé Bayrou le 25 avril dernier, je crains de ne pas être d'accord du tout. Plus les choses paraissent changer, et plus elles restent les mêmes. Cette "stratégie à géométrie politique variable" du MoDem, pour reprendre l'expression qu'Alain Juppé a lui-même employé et qui a été reprise dans le journal Le Monde daté du 12 mars, je ne pouvais pas la cautionner, et dans la mesure où elle ne faisait que se rajouter au malaise que je ressentais de plus en plus fortement ces dernières semaines en restant adhérent de ce parti - en marge d'autres problèmes plus personnels -, je n'avais pas d'autre choix que de quitter le MoDem, et de donner ma démission, comme le prévoit l'article 4 des statuts du Mouvement démocrate (alinéas 5 à 7) : "L'appartenance au Mouvement Démocrate est exclusive de toute adhésion à une autre formation politique au sens de l'Article 4 de la Constitution et de l'article 1 des présents statuts. Tout manquement à la présente disposition entraîne la radiation automatique. / La qualité d’adhérent se perd par la démission, la radiation ou l'exclusion prononcées par le Comité de conciliation et de contrôle. / La radiation intervient pour tout adhérent n’ayant pas renouvelé sa cotisation pendant au moins deux années consécutives. Elle devient effective si dans un délai de six mois, après notification à l'intéressé, celui-ci n’a pas régularisé sa situation." J'aurais pu attendre de ne plus être à jour de cotisation, à partir du 31 mai prochain, mais attendre deux ans avant d'être radié ne me paraissait pas être très honnête, et j'ai donc préféré en finir le plus rapidement possible en démissionnant, afin que l'on ne puisse pas me reprocher de ne pas avoir agit dans les formes, et avec le plus de franchise possible.

Voila, c'est donc terminé. Pour moi, l'épisode MoDem aura duré moins de 10 mois, assez cependant pour que je constate que mes idées sont toujours, majoritairement et avant tout, des idées de gauche, et que ma place n'est donc pas dans un parti qui prône le centre pour le plaisir d'être au centre. Le clivage gauche-droite structure la vie politique française depuis 1789, et s'il peut sans doute être dépassé pendant une courte période, dans le cadre d'une Union Nationale pour effectuer les réformes dont le pays a besoin, il ne peut pas être nié systématiquement, même au nom du changement des pratiques politiques. Les valeurs de la droite sarkozyste ne sont pas les miennes. Elle ne peuvent pas l'être. Si cela ne pose aucun problème pour certains démocrates de venter les mérites d'Alain Juppé, de Jean-Luc Moudenc, ou de Jean-Claude Gaudin, c'est sans doute très bien pour eux, mais pour moi, cela pose un problème, un vrai, même dans le cadre d'élections locales. Malgré toute ma volonté d'ouverture, et mon rejet de tout sectarisme, je persiste à penser que gauche et droite ne sont pas la même chose. C'est ainsi.
Je remercie les camarades bloggeurs démocrates de m'avoir accueillis, sans préjugés, dans le même esprit avec lequel j'ai accepté d'aller à leur rencontre. Aujourd'hui, nos routes se séparent, mais je ne regrette pas d'avoir ainsi rencontré des jeunes gens fort sympathiques, et que j'aime bien, mais sans que cela soit toutefois suffisant, hélas, pour que je reste dans le même parti qu'eux. Je leur souhaite bonne chance, en particulier à Quitterie Delmas et à Virginie Votier, qui sont des jeunes femmes courageuses, sincères, animées d'une profonde volonté de changement, et qui auront fort à faire pour réduire l'influence, écrasante, d'une certaine conseillère sortante de Paris, éminence grise de Bayrou, au sein du MoDem parisien. Quitterie Delmas, je n'en doute pas, fera parler d'elle dans les mois et les années qui viennent, et elle ira loin, j'en suis convaincu. J'ai été enchanté de la connaitre, de même que tous les camarades démocrates bloggeurs que j'ai rencontrés, qui sont venus laisser des commentaires ici, et qui pourront, bien entendu continuer à le faire, s'ils le souhaitent... :-)

Pour ma part, je reprends ma route de barbu errant... Vais-je, à présent, succomber à la tentation du nihilisme cosmique, ou bien adhérer à un autre parti ? La réponse à cette question viendra dans un prochain article...

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : Caricature de François Bayrou, par Kiro, publiée dans Les Jeux de l'actu et de l'été, Les dossiers du Canard Enchaîné N°104, juillet 2007 ; Caricature de François Bayrou en Vache qui rit, par Kiro, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008 ; Caricature de François Bayrou en girouette et de François Fillon, par Cabu, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 3 mars 2008 1 03 03 2008 19:04
undefined Ce matin, comme cela m'arrive régulièrement depuis quelques années, j'ai eu envie de me flinguer. Oui, vous avez bien lu : j'ai eu envie de me flinguer. Comme ça.
Parce que je n'ai pas trouvé de place dans cette société pourrie.
Parce que les gens sont bêtes et conformistes (même ceux passant pour anti-conformistes).
Parce que les histoires de pognon, de compétition, de travail pour le travail, ça ne m'intéresse pas.
Parce que je suis, semble-t-il, totalement invisible, notamment pour les femmes de mon âge (j'ai 26 ans).
Parce que mes longues études ne m'ont mené à rien, dans ce monde désespéremment carriériste, fait de compétition, de concours stupides, de "challenges" idiots, de rentabilité imbécile, de cooptation malhonnête.
Parce que je ne sais pas (ou plus) quoi faire de ma vie.
Parce que la politique, dans le fond, ça pue, et qu'applaudir bêtement des politiciens et distribuer des tracts pour leur compte, ça ne m'intéresse pas... d'autant plus que la politique n'est jamais qu'une prolongation de la guerre par d'autres moyens (pied de nez à Carl von Clausewitz)
Parce que j'en ai marre des préjugés imbéciles, marre des gens qui écrasent la personne humaine avec leur pognon, leurs idéologies, leurs dogmes, marre de tous ces abrutis qui ne jurent que par la loi du marché ou la lutte des classes.
Parce que j'en ai marre d'entendre des gens bien comme il faut me dire que je n'ai pas le droit de me plaindre, vu qu'il y a forcément plus malheureux que moi, dans les hôpitaux, dans la rue, dans les bidonvilles, dans les prisons, dans les bâteaux de clandestins, dans la jungle, dans le désert, etc.
Parce que j'en ai marre des relations superficielles que propose cette société sans but.
Parce que la vie n'a pas de sens.
Parce que je ne vois qu'un grand trou noir.
Parce que personne ne peut accepter que je puisse dire ça publiquement sans se sentir obligé de penser stupidement que j'ai besoin d'un psy ou d'une camisole.
Parce que, dans le meilleur des cas, je suis une personne probablement trop entière pour être accepté partout tel que je suis. Etc... etc... etc.

De tout cela, je ne parle jamais, en principe. Jamais. En tout cas, pas ici. Vous vous rendez compte ! Oser balancer tout cela, de façon totalement irresponsable, moi qui fait partie de la blogosphère, ce privilège des pays riches, et des gens qui peuvent se payer des ordinateurs portables, même à crédit ! Quelle impudeur ! Quelle indignité ! Quel égoïsme ! Quel comportement méprisable cela serait !
De tout cela, je n'aurais sans doute jamais parlé. Ce midi, toutefois, en consultant mon blog, j'ai lu un commentaire m'invitant - bien amicalement, je n'en doute pas, mon cher Olivier :-) - à participer à un jeu : le jeu de la tag. La tag virtuelle de blog est un jeu à la mode sur la blogosphère, une sorte de jeu de "chat perché" virtuel, en quelque sorte. Lorsqu'un blogueur est "taggé" par un autre - qui le signale sur son blog -, il doit confesser cinq ou six choses inédites sur lui et "tagger" ensuite cinq ou six autres personnes, qui devront faire de même...

Je n'aime pas beaucoup parler de moi, sans doute parce qu'il n'y a pas grand-chose à dire... Néanmoins, bien que le coeur n'y soit pas vraiment, je vais jouer le jeu, à ma façon, maintenant que la boîte de Pandore est ouverte...

1 - Je déteste "la France qui se lève tôt". Pour moi, le matin, ça n'est pas forcément fait pour travailler. Nicolas Sarkozy me fait bien rigoler lorsqu'il dit à des gosses de banlieue de "se lever tôt le matin" : pour quoi faire ? Nous ne sommes pourtant plus à l'époque où il fallait obligatoirement se lever avec le soleil, et se coucher avec lui. Aujourd'hui, rappelons-le, nous avons l'électricité, pour travailler la nuit. Ce qui n'empêche pas les gens "normaux", les gens biens comme il faut, de se féliciter d'être supposés "travailleurs" parce qu'ils sont mâtinaux... Personnellement, il m'arrive de travailler jusqu'à 3 heures du matin, voire plus : c'est assez mâtinal, pour vous ? Il faut dire que je suis un peu insomniaque. Sans doute, me direz-vous, mon horloge biologique est-elle mal réglée, non conforme à la norme. Et pourtant, c'est ainsi. Si j'avais des heures de bureau strictes, avec un salaire à la clé, peut-être serais-je davantage motivé pour travailler le matin, mais, pour moi, ce serait tout-de-même une contrainte...

2 - Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. Je ne bois pas (sauf un whisky, ou un peu de vin ou de champagne, pour les grandes occasions). Néanmoins, j'avoue que je souffre d'une pathologie physique occasionnelle, qui se traduit, lorsque je ferme le poing, par une irresistible raideur au niveau du majeur de la main droite (ou des deux mains en même temps), lorsque j'aperçois la tête de certaines personnes sur l'écran de ma télé, notamment les têtes de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, Patrick Devedjian, Jean-François Copé, Christian Estrosi, Pierre Lellouche, Brice Hortefeux, Yves Jego, Jean-Pierre Raffarin, Patrick Balkany, Charles Pasqua, Jean Tibéri, Jean-Marie le Pen, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Lionel Jospin, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius, Noël Mamère, etc... j'arrête là, car je n'ai pas envie de recevoir une leçon de morale du genre "c'est pas bien de dire que les hommes politiques sont tous pourris"... ce que je n'ai jamais dit, de toute façon.

3 - Je n'aime pas me raser le visage. Le fait de se raser est une sorte de négation de l'identité physique de l'homme, qui est un être naturellement velu, même s'il l'est moins que le singe. L'homme rasé de près veut sans doute ainsi  montrer qu'il est civilisé, mais pour ce qui est de sa cervelle, cela n'est pas forcément toujours le cas. Pour ma part, je porte une barbe, que je taille régulièrement. Elle a tendance a me vieillir, extérieurement, voire, qui sait, à m'enlaidir : lorsque la barbe est un peu longue, il parait que je fais dix ans de plus... C'est sans doute vrai. Il parait que les filles préfèrent les hommes bien rasés, comme à la télé ou dans les magazines, même si certaines s'en défendent. C'est peut-être parce que je ne correspond donc pas aux canons de beauté de la mode masculine (bien que je sois très mince), que je suis aussi invisible à leurs yeux. C'est sans doute un peu pathétique de dire ça, mais bon, puisque l'on me demande de l'inédit...

4 - Lorsque je vais voir une exposition de peinture dans un musée ou une galerie d'art, je prends la peine de noter sur un carnet toutes les oeuvres que je vois et qui m'intéressent, et je confirme mes observations en parcourant ensuite le catalogue de l'exposition. Il me parait un peu vain d'aller dans les musées si c'est pour oublier ensuite la majorité de ce que l'on a vu. Si vous ne notez rien, si vous vous fiez à vos vagues souvenirs, ce n'est pas la peine de faire le déplacement, même pour passer le temps : à ce moment-là, plutôt que d'aller au Louvre, au Musée d'Orsay, au Grand Palais, au Musée Gustave-Moreau, à la Galerie nationale du Jeu de Paume, au Château de Versailles, ou au Musée des Augustins (à Toulouse), allez plutôt à Euro-Disney, en discothèque, ou au Fouquet's à Paris, là où il n'est pas utile de prendre des notes, ou même de réfléchir...

5 - Je ne supporte pas les gens (souvent obsédés par l'informatique) qui me disent que le cinéma, ce ne sont que "des images qui bougent". Je trouve ce genre de réflexion complètement idiot. J'aime le cinéma. Il fut un temps, entre 1997 et 2001 environ, où j'allais au cinéma toutes les semaines, et où je voyais parfois presque tous les films à l'affiche... Aujourd'hui, je n'ai plus le temps, ni forcément les moyens, de fréquenter les salles obscures aussi souvent qu'avant. J'aimerai pouvoir y aller plus souvent. Et pas forcément tout seul comme un con.

6 - Il se passe rarement une semaine sans que je m'interroge sur le sens de la vie, sur le sens de ma misérable existence. La seule chose que je saches faire dans la vie, c'est lire et écrire. Le problème, c'est que quelqu'un qui sait lire et écrire, ça n'est ni utile, ni rentable, dans notre société obsédée par la haute qualification et la sélection à outrance. Je déteste la compétition. Dans la nature, nous avons déjà le "struggle for life" défini par Darwin, mais à part ça, les hommes éprouvent quand même le besoin d'en rajouter en pratiquant une compétition supplémentaire au sein des sociétés. Tout celà me gonfle. Et en plus de la compétition, je déteste l'hypocrisie. Du coup, je ne me sens à ma place nulle part. Nulle part.

L'usage voudrait que je "tagge" six autres personnes. Je crois qu'après ce que je viens d'écrire, ce serait peut-être un peu indécent. J'aurais bien désigné des politiciens blogueurs, histoire de rire un peu, mais ils ne sont plus maintenant aussi nombreux que lors des années passées... et personne ne réagirait de toute façon, même pas Valéry Giscard d'Estaing ou Jean-Pierre Raffarin... Je ne désignerais donc personne.
Rassurez-vous, chers lecteurs, c'est la dernière fois que je tiens le genre de propos que j'ai tenu aujourd'hui dans le présent article. Pas de leçon de morale, par pitié : je ne suis pas un nombriliste, et il me semble que, jusqu'ici, j'ai toujours fait preuve d'une certaine retenue. Cette invitation au jeu de la tag aura peut-être été simplement l'occasion pour moi de crever un abcès... jusqu'à la prochaine fois... Pas de conseils de lecture non plus, s'il vous plait : Albert Camus ne m'a rien appris sur le suicide. Cet article me coûtera sans doute quelques relations, mais si c'est le cas, alors c'est que ces relations n'étaient pas des plus fiables, de toute façon...

Voila. Désolé pour le dérangement. Et surtout Olivier (KaG), ne le prend pas mal... :-)

A plus tard... peut-être...

Cordialement,

Hyarion.

(Illustration : Eva Prima Pandora, huile sur bois [vers 1550] par Jean Cousin le Père, Paris, Musée du Louvre)
Par Hyarion
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Dimanche 2 mars 2008 7 02 03 2008 10:00
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Le Dictateur (The Great Dictator)
CHARLES CHAPLIN
1940. Etats-Unis d'Amérique. 126 min. Noir & blanc. 35 mm.
Scénario : Charles Chaplin. Photographie : Rolland Totheroh, Karl Struss. Musique : Charles Chaplin, Richard Wagner, Johannes Brahms. Production : United Artists. Interprétation : Charles Chaplin, Jack Oakie, Henry Daniell, Paulette Goddard, Billy Gilbert.

undefined Pendant la Première Guerre mondiale, un soldat maladroit sauve la vie du valeureux pilote Schultz. Après quelques années passées à l'hôpital, ce soldat devenu amnésique reprend son métier de barbier et rencontre une jeune femme, Hannah. Entre-temps, Adenoid Hynkel, qui ressemble physiquement beaucoup au barbier, est devenu le dictateur de la Tomanie (Tomania), avec la complicité de ses ministres Garbitsch et Herring, et a institué une discrimination contre les juifs. Or le barbier est lui-même juif. Lors d'une rafle, tandis que l'armée de Tomanie envahit l'Österlich, Hynkel et le barbier sont confondus, ce qui contraint finalement ce dernier à improviser un discours inattendu et mémorable à la radio...

En 1939, Charles Chaplin, dit Charlie Chaplin, acteur, réalisateur, producteur et scénariste comique burlesque britannique, installé aux Etats-Unis d'Amérique, est une immense célébrité du monde du cinéma. Né dans un quartier pauvre du sud de Londres, en avril 1889, il a connu, grâce à son personnage de Charlot, créé en 1914, une ascension spectaculaire à l'époque du cinéma muet, avec des films - réalisés par lui - tels que Le Kid (The Kid ; 1921), La Ruée vers l'or (The Gold Rush ; 1925), Les Lumières de la ville (City Lights ; 1931) ou Les Temps modernes (Modern Times ; 1936).
Confronté à la nécessité de ne plus ignorer le cinéma parlant, apparu en 1927, Chaplin a eu le projet de tourner un film sur Napoléon Ier, sur lequel il a travaillé durant toute l’année 1937. Finalement, l'année suivante, il a décidé de lancer un nouveau projet de film, autour du personnage d'Adolf Hitler, élu chancelier d'Allemagne en 1933 et devenu rapidement dictateur du IIIe Reich allemand. Chaplin est né la même année que Hitler et seulement quelques jours avant lui, et les deux hommes ont tout deux choisi de porter la même moustache - celle de Chaplin étant toutefois fictive, puisque portée uniquement pour incarner le personnage de Charlot. La motivation première du cinéaste vis-à-vis de ce nouveau projet de film est venue, semble-t-il, de l'envoi qui lui a été fait, par son ami Ivor Montagu, d'un livre publié sous le régime nazi, Les Juifs vous observent, dans lequel Chaplin était décrit comme étant un "écoeurant acrobate juif"... Farouchement opposé à toute forme de dictature et de nationalisme, convaincu de se lancer dans un sujet sur Hitler par Dan James, jeune marxiste rencontré chez le cinéaste King Vidor, Chaplin décide de s'attaquer à ce qu'il appelle les "mauvaises manières" dominant le monde d'alors, avec une arme qui lui est propre : le comique burlesque.
N'ayant jamais, jusqu'alors, écrit et réalisé de film parlant, Chaplin doit changer complètement sa façon de travailler, avec une équipe technique désormais plus nombreuse qu'auparavant et un scénario particulièrement élaboré. Dès 1938, le principe de base du film est la ressemblance physique du personnage du barbier juif, évoquant Charlot, avec le personnage du dictateur Adenoid Hynkel, caricature d'Adolf Hitler, et sur la confusion qui sera faite entre les deux. Sont également prévus des personnages fictifs caricaturant d'autres personnages réels cotoyant Hitler, notamment le dictateur italien fasciste Benito Mussolini (caricaturé en Benzino Napaloni, dictateur de Bactérie). Pour réussir ses caricatures, Chaplin étudie les actualités filmées de l'époque, ce qui lui permets notamment de connaitre suffisemment le style oratoire de Hitler pour pouvoir le parodier au mieux.
undefined Le tournage du film, commencé quelques jours après le début de la Seconde Guerre Mondiale, a lieu entre septembre 1939 et le début de l'automne 1940, avec une interruption au printemps 1940. La fin du film - celle du discours final prononçé par le barbier juif confondu avec le dictateur - a posé problème au cinéaste, qui n'en était pas satisfait après en avoir tourné une première version. Le discours humaniste final, en faveur de la paix et de la raison, fut ainsi remanié, peaufiné, sous l'influence des évènements de l'époque, notamment l'invasion de la France par l'Allemagne nazie en juin 1940. Finalement, la première projection mondiale du film The Great Dictator a lieu à New York en octobre 1940. Charles Chaplin a pris des risques en choisissant un tel sujet, car, à l'époque, les Etats-Unis d'Amérique sont encore neutres vis-à-vis de la deuxième guerre mondiale, et Hollywood rechigne à produire des films ouvertement anti-nazis par crainte de perdre ainsi le marché allemand. Mais le film sera finalement un immense succès, sans doute le plus important de la carrière de Chaplin... même s'il est évidemment interdit dans toute l'Europe occupée par les nazis, jusqu'à la Libération. On sait toutefois qu'Adolf Hitler lui-même a eu l'opportunité de voir le film, dont il avait réclamé une copie, après sa sortie. La France, pour sa part, pourra projeter le film pour la première fois dans les salles de cinéma seulement en mars 1945, quelques semaines avant que Hitler ne se suicide dans son bunker berlinois encerclé par l'armée soviétique, et que la guerre ne prenne fin en Europe...

Aujourd'hui, The Great Dictator est et reste un chef d'oeuvre de l'histoire du cinéma, réalisé par un des plus grands génies du 7eme art. Le message humaniste qu'il contient n'a pas vieilli, quoi que l'on en dise, et les nombreux gags du film continuent de faire rire de nos jours. L'imitation satirique d'Adolf Hitler par Chaplin, en particulier, est particulièrement réussie : le grand discours de Hynkel devant les fils et filles de la "double croix" (remplaçant la croix gammée nazie) et les micros, la colère du dictateur lorsqu'il n'arrive pas à retirer sa plume du porte-plume, afin de signer une lettre sur son bureau, continuent de faire rire de bon coeur (en tout cas, pour ma part, je ris encore en revoyant ces scènes). Ce film reste très drôle, malgré les années qui passent, ce qui en souligne l'universalité.
undefined C'est un film qui reste aussi émouvant, par exemple lorsque l'on voit le barbier juif, de dos, avec Hannah à ses côtés, en train de regarder brûler sa boutique incendiée par les nazis, et aussi lors du discours final prononcé par Charles Chaplin lui-même, devant lequel tout personnage de fiction finit par s'effacer... On ne peut manquer également d'être aujourd'hui, comme hier, marqué par la formidable puissance d'évocation de la célèbre scène dans laquelle Hynkel joue, seul dans son vaste bureau, avec un ballon gonflable représentant le globe terrestre, le faisant tourner sur ses doigts, et bondir sur sa tête ou son derrière, avant de l'étreindre, jusqu'à ce qu'il explose. Cette scène est accompagnée, en fond sonore, par le magnifique Prélude du premier acte de l'opéra Lohengrin, de Richard Wagner (1813-1883), une des plus émouvantes pages musicales de ce compositeur allemand - dont la musique a été outrancièrement récupérée par les nazis, avec la complicité des descendants du musicien -, merveilleux Prélude de Lohengrin que l'on retrouve à la fin de The Great Dictator, fin qui, après le discours du barbier, est inscrite sur le visage de Paulette Goddard, compagne de Chaplin incarnant Hannah, et dont la musique souligne le sentiment d'espérance s'en dégageant...

Dans son autobiographie, Histoire de ma vie, parue en 1964, Charles Chaplin a écrit :
"Si j'avais connu les réelles horreurs des camps de concentration allemands, je n'aurais pas pu réaliser Le Dictateur ; je n'aurais pas pu tourner en dérision la folie homicide des nazis."

(Charles Chaplin, Histoire de ma vie, 1964, cité in ROBINSON [David], Charlot, entre rire et larmes, traduit de l'anglais par Frédéric Maurin, Paris, collection "Découvertes Gallimard", Gallimard, 1995, chapitre IV, p.84)
Comment appréhender The Great Dictator à la lumière des évènements historiques que nous connaissons ? A l'époque où le film fut tourné, ainsi que je l'avais lu dans un texte de présentation du film lorsqu'il avait été programmé à la Cinémathèque de Toulouse en 2004, "on n'avait pas encore idée de la barbarie nazie. C'est ce qui fait du Dictateur un film de combat contre la barbarie (toutes les barbaries) et non un film à la mémoire des victimes de la barbarie."

Et pour ceux qui considèrent que le discours final du barbier est simplement naïf, comme ce fut le cas pour certains contemporains de Chaplin à l'époque, on laissera le cinéaste français François Truffaut leur répondre...
"Lorsqu'à la fin du film, dans la plus pure tradition du spectacle, le petit barbier juif est amené à remplacer The Great Dictator dont il était le sosie - sans qu'une seule allusion à l'intérieur de l'oeuvre ait été faite à ce sujet, ellipse géniale - il pleut, au moment du fameux discours, des vérités premières dont je serai le dernier à me plaindre, les préférant aux vérités secondes ; les évènements qui ont déchiré notre continent peu après la sortie de ce film prouvent assez que si Chaplin y enfonçait des portes ouvertes, elles ne l'étaient pas pour tout le monde."

(François Truffaut, en 1957, in TRUFFAUT [François], Les Films de ma vie, Flammarion, 1975, rééd. collection "Champs-Contre-Champs", Flammarion, 1987, I., p.78)

Cordialement, :-)

Hyarion.

P.S. : Cet article est le premier d'une série consacré au cinéma, laquelle sera l'occasion de passer en revue les films contenus dans ma vidéothèque, dans l'ordre chronologique de sortie desdits films. Cette série reflètera mes goûts personnels en matière de cinéma, et ne plaira sans doute pas à tout le monde... et ce sera très bien ainsi.


Annexe :
The Great Dictator's Final Speech

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I'm sorry, but I don't want to be an emperor. That's not my business. I don't want to rule or conquer anyone. I should like to help everyone – if possible – Jew, Gentile – black man – white. We all want to help one another. Human beings are like that. We want to live by each other's happiness – not by each other's misery. We don’t want to hate and despise one another. In this world there is room for everyone. And the good earth is rich and can provide for everyone. The way of life can be free and beautiful, but we have lost the way.

Greed has poisoned men's souls, has barricaded the world with hate, has goose-stepped us into misery and bloodshed. We have developed speed, but we have shut ourselves in. Machinery that gives abundance has left us in want.


Our knowledge has made us cynical. Our cleverness, hard and unkind. We think too much and feel too little. More than machinery we need humanity. More than cleverness we need kindness and gentleness. Without these qualities, life will be violent and all will be lost….


The aeroplane and the radio have brought us closer together. The very nature of these inventions cries out for the goodness in men – cries out for universal brotherhood – for the unity of us all. Even now my voice is reaching millions throughout the world – millions of despairing men, women, and little children – victims of a system that makes men torture and imprison innocent people.


To those who can hear me, I say – do not despair. The misery that is now upon us is but the passing of greed – the bitterness of men who fear the way of human progress. The hate of men will pass, and dictators die, and the power they took from the people will return to the people. And so long as men die, liberty will never perish. ...


Soldiers ! don't give yourselves to brutes – men who despise you – enslave you – who regiment your lives – tell you what to do – what to think and what to feel ! Who drill you – diet you – treat you like cattle, use you as cannon fodder. Don't give yourselves to these unnatural men – machine men with machine minds and machine hearts ! You are not machines ! You are not cattle ! You are men ! You have the love of humanity in your hearts ! You don't hate !


Only the unloved hate – the unloved and the unnatural ! Soldiers ! Don't fight for slavery ! Fight for liberty !


In the 17th Chapter of St Luke it is written: "the Kingdom of God is within man" – not one man nor a group of men, but in all men ! In you ! You, the people have the power – the power to create machines. The power to create happiness ! You, the people, have the power to make this life free and beautiful, to make this life a wonderful adventure.


Then – in the name of democracy – let us use that power – let us all unite. Let us fight for a new world – a decent world that will give men a chance to work – that will give youth a future and old age a security. By the promise of these things, brutes have risen to power. But they lie ! They do not fulfil that promise. They never will !


Dictators free themselves but they enslave the people ! Now let us fight to fulfil that promise ! Let us fight to free the world – to do away with national barriers – to do away with greed, with hate and intolerance. Let us fight for a world of reason, a world where science and progress will lead to all men's happiness. Soldiers ! in the name of democracy, let us all unite !
(Illustrations : ©Roy Export Company Establishement)
Par Hyarion - Publié dans : Dans la vidéothèque
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