Citation

"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

Liens

Recherche

Recommander

Lundi 29 septembre 2008 1 29 09 2008 21:34
Décidément, rien n'y fait : malgré tous mes efforts, il est bien compliqué de mettre en ligne de nouveaux articles sur le présent blog. Trop de problèmes de connection Internet, trop de contraintes techniques en tous genres, des déplacements fréquents, pas assez de temps pour faire les choses sérieusement... Bref, faire sortir, même temporairement, le présent blog de l'hibernation est difficile, et je crois que les circonstances ne peuvent que me pousser, à l'avenir, à maintenir ce blog en un relatif sommeil... Toutefois, ayant à nouveau séjourné récemment à Paris, du 18 au 24 septembre derniers, et ayant vu - ou revu - dans la capitale, et aux alentours, de forts nombreuses choses intéressantes dans des musées et des expositions, je vais essayer d'évoquer ici, dans une série d'articles, ce que j'ai pu voir, ainsi que mes impressions relatives à ces choses vues.
Tout d'abord, j'ai commencé mon séjour parisien par deux nouvelles visites, très classiques, dans deux musées fort bien connus : le Musée d'Orsay, le 18 septembre, et le Musée du Louvre, le lendemain, 19 septembre, en nocturne. Il y a bien longtemps maintenant que je fréquente ces deux prestigieux établissements culturels lorsque je suis à Paris : ma première visite au Musée du Louvre a eu lieu en octobre 1993, et ma première visite au Musée d'Orsay, elle, a eu lieu en août 1995. J'y suis retourné bien des fois depuis, et encore cette année, donc. Que voulez-vous, je ne m'en lasse pas : il y a tant de choses à y voir et à y revoir ! Du reste, en ce qui concerne le Louvre, il m'a fallu bien des visites, à plusieurs mois ou années d'intervalles, en ce début du XXIeme siècle, pour enfin atteindre l'objectif que je m'étais fixé : voir en détail toutes les oeuvres exposées... dans le seul Département des Peintures du Louvre ! Cette année encore, bien que l'objectif ait enfin été atteint lors d'une précédente visite, j'ai privilégié les peintures, même si j'ai tenu également à voir ou à revoir les oeuvres exposées dans les salles consacrées aux sculptures, aux antiquités (orientales et grecques, notamment), aux objets d'arts (notamment médiévaux), et à l'histoire du Louvre. J'ai un faible pour la peinture, tant au Louvre qu'au Musée d'Orsay, une attirance difficile à expliquer, et qui est peut-être dû à la capacité particulière des peintres à vous permettre de vous immerger dans leurs oeuvres, lorsqu'elles sont réussies... N'étant pas d'un naturel prosélyte - c'est le moins que l'on puisse dire -, je n'ai pas, en vérité, grand-chose à dire pour convaincre les gens d'aller visiter ces musées. Ma démarche de visiteur du Louvre et d'Orsay est très personnelle et mes motivations de visite ne sont pas forcément, me semble-t-il, de nature à être très convaincantes pour autrui.
Toutefois, je peux toujours suggérer à ceux qui persistent à considérer comme "barbantes" les visites dans les musées, si jamais ils consentent à mettre les pieds dans un de ces établissements culturels, d'effectuer des parcours un peu originaux... Dans ce contexte, pourquoi ne pas visiter les musées du Louvre et d'Orsay avec une thématique précise ? Et pourquoi pas celle de l'érotisme ? Le sexe est quelque-chose qui fait beaucoup vendre de nos jours : la télévision, la publicité, l'univers des médias de masses en général, sont remplis d'allusions sexuelles plus ou moins explicites. On en oublie, hélas, que l'érotisme est aussi, et surtout d'abord, une puissante source d'inspiration pour les artistes, depuis des siècles... et on aurait bien tort de sous-estimer ce fait, tant de nombreuses oeuvres d'art occidental du Louvre et d'Orsay (pour ne citer que ces deux prestigieux musées français) sont là pour prouver l'évidence du phénomène, forcément universel...
Essayons donc d'évoquer, très succintement, et sans suivre d'ordre chronologique particulier, le thème de l'érotisme à travers quelques-unes des très nombreuses oeuvres peintes que j'ai pu voir et revoir bien des fois, lors de mes
visites aux musées du Louvre et d'Orsay depuis maintenant plus d'une douzaine d'années... Que l'on veuille bien pardonner à l'auteur de ses lignes de ne parler ici que des oeuvres représentant le corps féminin : ma subjectivité hétérosexuelle, en la matière, est incontournable ;-) ...


Il y a tout d'abord, pour commencer, les tableaux "classiques" que d'aucun pourrait qualifier éventuellement d'"exhibitionistes", puisqu'ils représentent en général un ou plusieurs nus féminins, dans des positions diverses, et censés illustrer un sujet inspirée de la mythologie gréco-romaine, de la littérature ancienne, ou d'un Orient particulièrement fantasmé par les artistes occidentaux. On peut ainsi trouver, dans ce registre, des nus féminins, allongés, debouts ou assis, dans des attitudes assez explicites, comme par exemple dans le célèbre tableau La Naissance de Vénus d'Alexandre Cabanel (au Musée d'Orsay), acheté par Napoléon III dès sa présentation au Salon de peinture de Paris en 1863, et représentant la déesse de l'amour Vénus/Aphrodite portée par une vague écumeuse, dont on laisse deviner à quoi elle peut bien faire allusion par rapport au récit mythologique ayant inspiré le tableau... Il existe aussi des nus féminins tout aussi suggestifs, mais avec des particularités anatomiques parfois étonnantes, notamment dans les oeuvres du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres, auquel Le Louvre a consacré une magnifique exposition monographique en 2006 (exposition que j'ai eu la chance de voir à l'époque), et dont les oeuvres sont réparties entre le Louvre et Orsay. On parle souvent des fameuses "trois vertèbres de trop" dans le dos de la célèbre Grande Odalisque de Ingres (au musée du Louvre), mais on peut aussi évoquer la représentation que le peintre a fait du personnage d'Angélique, figurant à l'origine dans le poème épique Roland Furieux de l'Arioste (1516) : en préparant Roger délivrant Angélique, grand tableau peint en 1819 (au Louvre), Ingres a notamment réalisé une étude d'Angélique (également au Louvre) que l'on a surnommée la "femme aux trois seins", en raison de la forme particulière du cou de la jeune femme, représentée nue, dans une attitude d'abandon désespéré...


Puisque nous parlons d'Ingres, venons-en à un de ses tableaux le plus célèbres, et parmis les plus érotiques de la peinture du XIXe siècle : je veux bien sûr parler du tableau Le Bain turc, peint en 1862, et dont le thème du harem oriental, très fantasmé, est un prétexte à la réprésentation de nombreux corps féminins nus dans des attitudes fort décontractées, la disposition des divers éléments du tableau invitant littéralement le spectateur a "entrer" dans celui-ci, avec toute "l'émotion" que l'on peut supposer... Réalisé vers la fin de la vie de l'artiste, aboutissement des recherches de l'artiste sur le corps féminin et l'exotisme ottoman, le Bain turc de Ingres incarne sans doute, en quelque sorte, l'apogée, au XIXe siècle, de ce que l'art académique a pu faire de mieux en matière de représentation érotisée du corps de la femme, Ingres étant, par ailleurs, l'héritier d'une très ancienne tradition picturale représentée, depuis la Renaissance des XVe-XVIe siècles, par de très nombreux peintres européens...


Après avoir évoqué ces tableaux "classiques", on peut ensuite aborder des thèmes plus précis à l'intérieur du thème général de l'érotisme... Les allusions au rapport sexuel proprement dit sont, de ce point de vue, souvent présentes en peinture, la position générale des corps, celui de l'homme comme celui de la femme, permettant une lecture souvent assez aisé de l'aspect érotique de l'oeuvre. C'est, par exemple, notamment le cas lorsque l'on regarde le tableau Vénus demande à Vulcain des armes pour Énée, de François Boucher (au Musée du Louvre), où le célèbre peintre du XVIIIe siècle représente, de façon assez piquante, le couple divin censé être le plus mal assorti de l'Olympe, le belle Vénus/Aphrodite et le laid Vulcain/Héphaïstos, dans une attitude où la déesse de l'amour, de la beauté et du rire, semble prête à se laisser choir de son nuage et à s'empaler sur l'épée équivoque tenu par son époux, dieu maître du feu et des volcans, marié à la plus belle des déesses, mais par ailleurs souvent trompé par son épouse volage...


De façon plus explicite, un des thèmes érotiques les plus fréquents dans la peinture occidentale est sans doute la violence sexuelle, notamment le viol lui-même, et l'image de la femme soumise sexuellement à l'homme de façon générale. La peinture occidentale, sous couvers de représentations mythologiques, historiques et/ou orientalisantes, est pleine, à cet égard, de représentations de femmes plus ou moins nues soumises à toutes sortes d'aggressions sexuelles, qu'ils soient morales ou physiques. Ainsi en est-il, par exemple, des représentations du personnage biblique de la chaste Suzanne, observée par deux notables lubriques alors que la jeune femme prend son bain, sur fond d'une histoire sordide dans laquelle Suzanne est accusée d'adultère par lesdits notables parce qu'elle a refusé de céder à leurs avances... Plusieurs peintres ont représentés ainsi Suzanne se baignant sous le regard licencieux des deux notables, notamment Théodore Chassériau, dont le tableau Suzanne au bain voisine, au Musée du Louvre, avec la Prise de Constantinople par les Croisés (12 avril 1204), dite aussi Entrée des Croisés à Constantinople (1841) de Eugène Delacroix.


Pour ce qui est des représentations du viol proprement dit, elles sont aussi nombreuses... et parfois extrêmement explicites. Un des exemples les plus remarquables de ce point de vue est celui du tableau du peintre Edgar Degas intitulé Scène de guerre au Moyen Âge, et autrefois appelé Les Malheurs de la ville d'Orléans (au Musée d'Orsay), où l'on voit des guerriers médiévaux à cheval quitter une ville livrée aux flammes, en laissant derrière eux plusieurs femmes nues, en proie à la plus grande détresse, et qui viennent très certainement de se faire violer : le sujet représenté est d'une très grande violence, le peintre ayant, par ailleurs, érotisé la représentation des femmes nues violées, ce qui renforce l'impression ambiguë et dérangeante que peut avoir le spectateur devant ce tableau très violent mais aussi très érotique...


On retrouve un peu la même sensation pleine d'ambiguïté devant le célèbre tableau La Mort de Sardanapale de Eugène Delacroix (au Musée du Louvre), librement inspiré d'un poème de Byron, où les femmes du souverain assyrien légendaire Sardanapale sont représentées plus ou moins dénudées alors qu'elles sont en train de mourir dans des conditions particulièrement violentes...


Il y a dans ses représentations de corps féminins torturés quelque-chose d'évidemment sadique, mais d'autant plus troublant que l'aspect érotique de ces représentations est très prononcée, bien que les scènes des tableaux elles-mêmes soient particulièrement épouvantables...


Cela dit, il existe aussi, en peinture, des représentations, moins nombreuses il est vrai, de femmes dans une position de domination sexuelle par rapport aux hommes. C'est par exemple le cas dans les représentations du viril héros gréco-romain Hercule/Héraclès devenu un temps un personnage efféminé, amoureusement dominée par Omphale, reine de Lydie, qui s'est emparée de la massue du héros et de sa peau de lion, tandis que Hercule, quenouille et fuseau à la main, file la laine. Une de ses représentations est l'oeuvre de François Lemoyne (au Musée du Louvre) : dans son tableau Hercule et Omphale, où l'on perçoit l'influence de la peinture vénitienne, le peintre français du XVIIIe siècle a représenté, au côté d'Hercule, une Omphale à demi-nue, la peau du lion de Némée négligemment attachée autour de la taille, tenant la massue d'Hercule de façon suggestive, la forme de l'extrémité de ladite massue n'étant pas sans évoquer celle d'une autre extrémité qui, elle, n'est pas de bois...


Si j'oubliais de compléter ce panorama par l'Origine du monde de Gustave Courbet (au Musée d'Orsay), on ne manquerait pas, je pense, de me le reprocher. Il est vrai qu'il serait difficile de l'ignorer. J'ai aperçu pour la première fois ce tableau singulier lors de ma première visite au Musée d'Orsay, en 1995, alors que ledit tableau venait tout juste de sortir de l'ombre dans laquelle ses propriétaires successifs l'avaient trop longtemps enfermé pour être enfin exposé dans un musée public. J'ai revu l'Origine du monde plusieurs fois depuis, y compris, bien entendu, lors de la récente exposition monographique itinérante consacrée à l'oeuvre de Gustave Courbet dont j'ai déjà eu l'occasion de parler dans un précédent article.


Avec ce tableau, resté longtemps confidentiel, Courbet a franchi une étape importante dans l'histoire de la représentation du nu féminin dans la peinture occidentale : en consacrant un tableau à la seule représentation d'un sexe féminin, peint de façon réaliste, et avec toute la pilosité nécessaire, il a balayé le voile de convention avec lequel composait alors la plupart des artistes de son temps lorsqu'ils peignaient l'entrejambes de leurs nus féminins, à l'instar d'un Alexandre Cabanel ou même d'un Ingres (à qui il est toutefois arrivé de représenter un sexe féminin avec sa pilosité naturelle dans une de ces études de nu). Certaines personnes ont beau encore réclamer aujourd'hui la relégation de ce tableau dans l'obscurité des réserves du Musée d'Orsay, pour que l'oeuvre ne soit plus exposée en public, la présence de l'Origine du monde dans les salles d'exposition du musée se justifie complètement, car elle constitue un élément important de l'histoire de l'art moderne occidental. L'Origine du monde est un tableau qui fait voler en éclat, sur le plan pictural, à toute une hypocrisie entretenue par le monde bourgeois du temps, qui exigeait de dissimuler l'objet de ses fantasmes derrière ce voile de convention que je viens d'évoquer. A ce titre, l'oeuvre de Courbet illustre une évolution dans l'histoire de la peinture de nu : désormais, les prétextes mythologiques ou orientalisants ne sont plus obligatoires pour peindre des oeuvres fortement teintées d'érotisme, et, au delà de la seule Origine du monde, ce sont tous les nus féminins peints par Courbet (nus féminins qui, à l'époque, ont parfois fait scandale, Napoléon III ayant même cravaché son tableau Les Baigneuses au Salon de 1853) qui incarnent ce changement dans la représentation du corps en peinture...


On pourra peut-être me faire remarquer que Gustave Courbet n'a pas été le seul a révolutionner la représentation du nu féminin en peinture au XIXe siècle, et on aura sans doute raison. Si le réaliste Courbet a pu faire office de pionnier dans les années 1850, à sa suite, le futur impressionniste Edouard Manet, par exemple, avec son tableau Olympia (au Musée d'Orsay), représentant une prostituée moderne allongée nue sur un lit, tableau qui fit scandale au Salon de 1863 (celui-là même où la Naissance de Vénus de Cabanel a été si apprécié par Napoléon III en personne), a lui aussi participé, à sa manière, à cette évolution. Mais à bien y regarder, ne peut-on trouver trace dans les époques antérieures de représentations érotiques du corps féminin dépourvues de véritables prétextes mythologiques ou orientalisants ? En vérité, pour s'en convaincre, il suffit de regarder deux petits tableaux libertins du XVIIIe siècle, peints par Fragonard (au Musée du Louvre), dont l'un est le pendant de l'autre : l'un, intitulé La Chemise enlevée, représente une jeune femme déshabillée sur un lit par un amour (c'est-à-dire un angelot), et l'autre, intitulé Le Feu aux poudres, représente une jeune femme à demi-nue, endormie sur un lit, et dont les seins et les parties intimes sont dévoilées et éclairées par des amours... Assurément, Courbet ne pouvait méconnaître l'oeuvre de Fragonard...


On le voit bien, le thème de l'érotisme, au delà d'un évident plaisir des yeux (il faut tout de même être honnête !), constitue, finalement, un bon fil rouge, parmi beaucoup d'autres, pour explorer les collections des Musées du Louvre et d'Orsay. Le hasard a fait que j'ai essentiellement évoqué ici des oeuvres du XVIIIe et du XIXe siècles, et que ce sont toutes des oeuvres peintes par des artistes français, mais il est bien évident que je n'ai fait qu'évoquer une toute petite partie de ce qu'il y a à découvrir ou redécouvrir au Louvre et à Orsay : les peintres italiens, ceux des écoles du Nord (Flandres, Pays-Bas, etc.), et d'autres peintres français, du XVIe au XIXe siècles, ont réalisées quantité d'oeuvres peintes chargées d'érotisme, dans beaucoup se trouvent au Musée du Louvre (dont les collections couvrent plusieurs siècles d'histoire de la peinture, du Moyen Age jusqu'au milieu du XIXe siècle environ), et d'autres au Musée d'Orsay (ce dernier étant consacré aux oeuvres d'arts de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle). Et je ne parle même pas des sculptures exposées dans ces deux musées, dont bon nombre sont des oeuvres éminemment érotiques, qui pour certaines, au Louvre, remontent à l'Antiquité gréco-romaine...

Dans un prochain article, j'essaierai de vous parler de ce que j'ai vu à Paris à l'occasion des Journées du Patrimoine des 20 et 21 septembre derniers, à savoir deux lieux de pouvoir : le palais de l'Elysée et l'Assemblée Nationale.

Cordialement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Jupiter et Antiope, huile sur toile [1851] par Jean Auguste Dominique Ingres, Paris, Musée d'Orsay ; La Naissance de Vénus, huile sur toile [1863] par Alexandre Cabanel, Paris, Musée d'Orsay ; Angélique, huile sur toile [vers 1819] par Jean Auguste Dominique Ingres, Paris, Musée du Louvre ; Le Bain turc, huile sur toile [1862] par Jean Auguste Dominique Ingres, Paris, Musée du Louvre ; Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée, huile sur toile [1732] par François Boucher, Paris, Musée du Louvre ; Suzanne au bain, huile sur toile [1839] par Théodore Chassériau, Paris, Musée du Louvre ; Scène de guerre au Moyen Âge, huile sur toile [vers 1865] par Edgar Degas, Paris, Musée d'Orsay ; La Mort de Sardanapale, huile sur toile [1827] par Eugène Delacroix, Paris, Musée du Louvre ; Détails des tableaux Scène de guerre au Moyen Âge de Edgar Degas [Musée d'Orsay] et La Mort de Sardanapale de Eugène Delacroix [Musée du Louvre] ; Hercule et Omphale, huile sur toile [1724] par François Lemoyne, Paris, Musée du Louvre ; L'Origine du monde, huile sur toile [1866] par Gustave Courbet, Paris, Musée d'Orsay ; Olympia, huile sur toile [1863] par Edouard Manet, Paris, Musée d'Orsay ; La Chemise enlevée, huile sur toile [vers 1770] par Jean-Honoré Fragonard, Paris, Musée du Louvre ; Le Feu aux poudres, huile sur toile [avant 1778] par Jean-Honoré Fragonard, Paris, Musée du Louvre)
Par Hyarion - Publié dans : Musées et expositions - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 10 commentaires - Recommander
Samedi 13 septembre 2008 6 13 09 2008 21:58
[Suite de l'article commencé dans le message précédent]


Bien que n'ayant pas forcément l'impression de beaucoup rallonger mes articles ;-l, des contraintes d'espace m'obligent donc à poursuivre dans une deuxième partie le compte-rendu de cette cinquième République des Blogs (RdB) de Toulouse du 12 septembre 2008...
Après avoir parlé, avec Philippe David, de la loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi" et du revenu de solidarité active (RSA), nous en venons à évoquer ensuite la question de l'extrême-gauche.


Olivier Besancenot a lancé, ces derniers mois, un "Nouveau Parti Anticapitaliste" (NPA), destiné à remplacer la LCR, et talonne Bertrand Delanoë dans les sondages (qui valent ce qu'ils valent, bien entendu) comme meilleur opposant à Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. Le NPA de Besancenot, qui naîtra officiellement en janvier 2009, intéresse, selon la LCR, près de "10.000 personnes", et espère occuper tout l'espace à gauche du PS, en proclamant, comme toujours, son indépendance vis-à-vis des institutions et du PS, toute idée de gouvernance avec les "sociaux-libéraux" (appelés aussi "sociaux-traitres" par certains étudiants syndicalistes de Toulouse II - Le Mirail) étant bien évidemment exclue. Personnellement, je redis ce que j'avais déjà dit lors de la troisième République des Blogs à Toulouse, le 30 mai dernier, à savoir que Besancenot est, aujourd'hui, le meilleur allié de Sarkozy de Nagy-Bocsa. Philippe ajoute que Besancenot est désormais en train de jouer le même rôle, à gauche, que Jean-Marie Le Pen a joué à droite à l'époque de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ce que je pressentai déjà la dernière fois que nous en avions parlé. Nous pourrions en rester là, avec ce constat évident pour nous, d'autant plus que Nicolas Sarkozy lui-même a reconnu, il y a quelques semaines, devant François Hollande, qu'il envisageait bien de se servir de Besancenot contre le PS, comme la gauche de gouvernement s'est servi de Le Pen contre la droite de gouvernement sous Mitterrand...
Cependant, comme un militant de la LCR, le blogueur CSP
(http://comite-de-salut-public.blogspot.com/), figure parmi les participants, il nous parait fort intéressant de lui demander son avis. Il le donne bien volontiers, en répondant en trois points : "Nous, les trotskistes, on aime bien les réponses en trois points !", nous dit-il en plaisantant... ;-) Son avis est le suivant :
1 - "La politique n'est pas une histoire de plateaux et de balances", faites d'équilibres compliqués et d'instrumentalisations de forces politiques par d'autres : "ça ne marche pas comme ça". "Besancenot doit-il être le nouvel épouvantail à la place de Le Pen ? La politique ne fonctionne pas comme ça..." ;
2 - Les trotskistes n'aspirent pas eux-mêmes à jouer le rôle d'épouvantail du système, contrairement à ce que disent les "sociaux-libéraux" ;
3 - La LCR a beau être née à peu près à la même époque que le FN, "les trotskistes ne sont ni violents, ni antisémites" comme le sont Le Pen et les gens du FN. Les trotskistes ne veulent pas se contenter du rôle d'épouvantail comme Le Pen (qui, mine de rien, s'était retrouvé bien embarassé de devoir proposer un programme politique réel entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002). Les trotskistes, eux, veulent "gagner".
Philippe demande alors à CSP, si lui et ses camarades envisagent, en cas de victoire de leur nouveau parti - le NPA -, la suppression de la propriété privée. CSP répond "Oui". Lorsque Philippe lui rappelle que les deux seuls pays où la propriété privée n'existe plus, actuellement, sont la Corée du Nord crypto-stalinienne et la Cuba castriste, CSP répond qu'aucune personne saine d'esprit ne peut souhaiter l'instauration d'un régime de type nord-coréen en France (encore heureux ! ;-)...), et que le modèle vers lequel regardent les trotskistes est plutôt celui du Venezuela de Hugo Chávez, où cependant la propriété privée n'a pas été (encore) abolie. CSP, notons-le, n'est pas particulièrement attiré par la vénération dont Ernesto "Che" Guevara fait l'objet, depuis quelques années, dans les rangs de la LCR sous l'influence de Besancenot, ce dernier ayant avoué être plus guévariste que trotskiste... En fait, d'après ce que j'ai compris, CSP serait plutôt robespierriste : d'extrême-gauche, soit, mais avec une "French Touch" bien de chez nous ! ;-)

Enfin, nous évoquons les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, prononcées la veille, lors d'un déplacement en Charente-Maritime (département décidément très fréquenté, ces derniers temps, par les "gros poissons" de la politique), et évoquées dans la dépêche AFP qui suit :

Sarkozy: la crise économique mondiale, "pas une raison pour arrêter les réformes"



Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi [11 septembre] que ce n'est pas parce qu'il y a "une crise économique mondiale" qu'il faut "arrêter les réformes", mais qu'"au contraire", c'est "une raison pour aller plus loin".

Le président de la République s'exprimait lors d'une table ronde à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime), sur l'intéressement et la participation.

"Bien sûr, il y a une crise économique mondiale et européenne" mais "ce n'est pas une raison pour arrêter les réformes. C'est au contraire une raison pour aller plus loin", a-t-il déclaré.

Selon lui, "c'est justement parce que ça tangue dans l'économie mondiale qu'il faut muscler la France, qu'il faut qu'on soit inventif, qu'il faut qu'on donne le sentiment à chacun que les efforts demandés sont justes et équitables".

"Le monde bouge, la France doit prendre des initiatives. Il n'est pas question, sous prétexte qu'il y a des problèmes économiques mondiaux, qu'on reste comme tétanisé devant le danger sans bouger. Ca, c'est l'échec", a-t-il martelé.

"Au contraire", a-t-il ajouté, "quand il y a un peu de vent, un peu de houle et un peu de difficultés, on en profite pour entraîner tout le pays vers les réformes nécessaires pour que la France reste le pays à nul autre pareil" avec "des emplois compétitifs, des entreprises compétitives et des salariés heureux d'aller au travail parce qu'ils considèrent qu'on les respecte et qu'on les rémunère" de façon "juste".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 11 septembre 2008, 13h20)

Un "pays à nul autre pareil" avec "des emplois compétitifs, des entreprises compétitives et des salariés heureux d'aller au travail" : un vrai paradis pour sarkozystes... et, surtout, une vision présidentielle complètement "déconnectée de la réalité", selon Philippe David lui-même, voire carrément digne du "monde des Bisounours" pour CSP, voire même du monde merveilleux des Teletubbies, en ce qui me concerne... ;-)

Bien entendu, nous avons parlé de beaucoup d'autres choses : de la campagne présidentielle aux Etats-Unis d'Amérique, qui oppose le démocrate Barack Obama (avec Joseph Biden comme colistier) au républicain John McCain (avec Sarah Palin comme colistière) ; de Bernard Tapie, de Jean-Louis Borloo, de Jean-Michel Baylet et de leurs magouilles "radicales" avec la complicité de Sarkozy de Nagy-Bocsa en vue des élections européennes de 2009 ; des discours de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa et de Benoît XVI prononcés hier à l'Elysée, à l'occasion de la visite du pape en France pour célébrer les 150 ans des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes ; et de beaucoup d'autres choses... Nous avons aussi eu l'occasion de lire un exemplaire du premier numéro de Siné Hebdo, le nouveau journal satirique du caricaturiste Siné, exemplaire apporté par M., qui contient des dessins satiriques amusants - voire très amusants pour certains -, faits par divers dessinateurs, et brocardant notamment Christian Clavier, Jean Reno, Rachida Dati, Carla Bruni-Sarkozy, l'A.N.P.E., John McCain et Sarah Palin. Ce premier numéro m'a bien fait rire, je l'avoue, mais m'a paru toutefois être quelque-peu gâché par la présence, dans ses pages, d'un article "politique" idiot, écrit par un certain... Michel Onfray (comme par hasard).


Nous avons, en définitive, il me semble, tous passé une agréable soirée. Il est possible que j'ai, encore cette fois-ci, un peu trop monopolisé la parole par moments... mais par moments seulement ! ;-) Je m'en excuse en tout cas, si c'est l'impression que j'ai pu donner... La prochaine RdB, prévue pour le 3 octobre, il parait que l'on aura droit à la visite de "grandes gueules" de la blogosphère : ce sera peut-être l'occasion pour moi de parler moins... à condition que les sujets de discussion soient intéressants, comme ils l'ont, du reste, encore été cette fois-ci... :-)

Amicalement, :-)

Hyarion.

P.S. : J'aurai préféré pouvoir mettre en ligne mon compte-rendu en un seul message, désolé. Sauf erreur de ma part, il me semble que cela était possible avant, il n'y a pas si longtemps. Grrr... je déteste les contraintes techniques de ce genre ! Enfin, tant pis... La prochaine fois, j'essaierai de faire plus court...

(Illustrations de la seconde partie : Détail du tableau L'Amour, source de vie, Cythère, huile sur toile par Paul Gervais [1859-1936], Salle Paul Gervais, Capitole, Toulouse ; Olivier Besancenot, le 22 août 2008, à la dernière université d'été de la LCR, à Port-Leucate [Aude], photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Raymond Roig ; Nicolas Sarkozy montre la maquette d'un bateau le 11 septembre 2008 lors d'un déplacement à Aigrefeuille, en Charente-Maritime, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Le dessinateur Maurice Sinet, dit Siné, présente le 09 septembre 2008 à Noisy-Le-Sec, à la veille de sa parution, le nouvel hebdomadaire satirique, baptisé "Siné Hebdo", photographie de l'Agence France Presse, ©Martin Bureau/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 11 commentaires - Recommander
Samedi 13 septembre 2008 6 13 09 2008 21:57
La rentrée des blogueurs toulousains est une occasion de faire sortir un moment le présent blog de son état d'hibernation. Hier, vendredi 12 septembre, entre 18h30 et 22h00, a eu lieu la cinquième République des Blogs (RdB) de Toulouse, au bar Ferdillon, comme à l'accoutumée. Pour ce premier rendez-vous après les vacances d'été, nous n'étions pas très nombreux - moins d'une dizaine -, et les contraintes d'emploi du temps des uns et des autres ont fait que tout le monde n'a pas pu être présent en même temps sur le lieu de la rencontre. Il y avait "M.", toujours co-organisatrice de la RdB, et qui s'occupe toujours de son blog "Toulouse by blogs", même si elle a des difficultés à mettre ses nouveaux articles en ligne en ce moment, et qui n'a pu être présente qu'à partir de 21h00 environ. Il y avait aussi Monsieur Poireau, également toujours co-organisateur de la RdB, mais sur le point d'aller bientôt s'exiler en Belgique (destination décidément très à la mode depuis quelques années). Il y avait aussi Chouka (alias "lum", alias "RJ"), toujours responsable du blog "Jardins Politiques" et venu cette fois-ci avec un de ses cousins. Etaient aussi présents Philippe David, auteur du blog "Vu de droite", ainsi que Gabriel, qui s'occupe toujours du blog "Politikele", et aussi Christie, responsable du blog "Alluvions". Du côté des nouveaux venus, il y avait Nicopoi, auteur du blog "le petit Nicolas mais en Plus Grand", ainsi que CSP, militant à la LCR, auteur d'un blog justement intitulé "CSP" ("Comité de Salut Public"), et qui était déjà venu à la première RdB du mois de janvier (lors de laquelle nous n'avions pas eu l'occasion de vraiment se rencontrer entre blogueurs).
Parmi les nombreux absents, deux de mes lecteurs qui avaient pu venir à la précédente éditions : Dante, parti passer le week-end à Perpignan, ainsi que Sauron, désormais exilé dans le département du Loiret, et qui est devenu, depuis le mois de juillet dernier, l'auteur d'un nouveau blog fédéraliste et paneuropéen, créé en juillet dernier, et intitulé "Europeana", qui succède à son ancien blog fédéraliste "FashionEuropa". Cette cinquième RdB a été l'occasion pour moi de préciser à Chouka et à Philippe David que le commentateur Sauron, qui intervient sur le présent blog, et le nouveau blogueur appelé Lady Ada, qui signe les articles du blog "Europeana" ainsi que des commentaires sur leurs blogs respectifs, sont une seule et même personne... ;-)

Comme nous étions peu nombreux, des conversations diverses - sur la blogosphère, le boulot des uns et des autres, et, bien entendu, la politique - se sont vite engagées entre les participants. En tant qu'adhérent du PS (je rappelle que j'ai enfin reçu ma carte du parti, le 23 juin dernier), j'aurai pu avoir envie de parler des magouilles auquelles se livrent, depuis des semaines, les divers "ténors" socialistes pour prendre le contrôle dudit PS lors du prochain congrès du parti à Reims, mais finalement, la situation actuelle du PS me paraissant à la fois nauséeuse et illisible, j'avoue ne pas avoir eu envie de mettre moi-même le sujet sur la table, même si d'après Chouka, qui est un adhérent du PS plus impliqué que moi dans la vie du parti, les débats qui ont actuellement lieu dans les rangs du PS sont intéressants. Plus préoccupé par les faits et gestes de l'actuel chef de l'Etat, j'ai improvisé une sorte d'"interview" avec Philippe David, qui a été, cette fois-ci encore, le seul représentant de la droite lors de cette rencontre entre blogueurs et ceux qui les lisent. Responsable du blog "Vu de droite" (http://www.vudedroite.com/), assez objectif vis-à-vis de l'UMP, dont il n'est pas membre, Philippe participe souvent, depuis quelques temps, sur des chaînes de radio et de télévision, à des débats politiques. Comme je n'ai guère la possibilité de l'écouter dans les médias où il lui arrive d'intervenir, cette "interview" improvisé a été l'occasion de connaître son avis concernant un certains nombre de question relative à la droite actuellement au pouvoir et à son action.


Lors de cette "interview", nous commençons par évoquer, en préambule, le jugement commun qui est le nôtre en ce qui concerne le bilan navrant des universités d'été des deux principaux partis de gouvernement de ce pays, qui ont eu lieu ces dernières semaines dans le même département de la Charente-Maritime (du 29 au 31 août derniers à La Rochelle pour le PS, et du 5 au 7 septembre derniers à Royan pour l'UMP, les responsables de ladite UMP ayant, par ailleurs, stupidement rebaptisée "Campus" l'université d'été de leur mouvement). Sur son blog, le 8 septembre dernier, Philippe David a écrit : "De l'université d'été du PS ne resteront que les intrigues, les magouilles, les alliances "je t'aime moi non plus" et l'absence totale de projet. Du "Campus" de l'UMP ne resteront que les sourires forcés, les satisfecits à répétition et la capacité à cacher tout ce qui cloche et à couper toutes les têtes qui dépassent, l'absence de projet étant une réalité tant à Royan cette semaine qu'à La Rochelle la semaine dernière." Je ne peux qu'être d'accord avec Philippe, bien que je ne sois pas censé être du même bord que lui !

Nous avons ensuite évoqué le projet de loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi" qui a été adopté par le Parlement le 23 juillet dernier, ainsi que l'a relaté la dépêche AFP qui suit :

Adoption du texte sur les "droits et devoirs" des chômeurs par le Parlement


Le Parlement a définitivement adopté mercredi soir [23 juillet], par un ultime vote de l'Assemblée nationale, le projet de loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi", prévoyant la radiation d'un chômeur qui refuserait deux "offres raisonnables d'emploi".

"La philosophie était de mieux accompagner (les demandeurs d'emploi) avec du sur-mesure et, d'autre part, de mieux contrôler les abus", a résumé le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez pendant les débats.

Le député PS Michel Issindou avait quant à lui dénoncé un "texte humiliant pour les demandeurs d'emplois" et le PCF Maxime Gremetz avait parlé d'une "régression du code du travail".

Le texte modifie le code du travail en durcissant les obligations des chômeurs, par paliers, au fil des mois, sous peine de sanction. Il institue la notion de "projet personnel d'accès à l'emploi" (PPAE) et "d'offres raisonnables d'emploi".


Un chômeur sera radié des listes du service public de l'emploi et son allocation suspendue s'il refuse deux "offres raisonnables". La durée de cette radiation sera fixée ultérieurement par décret, l'exécutif ayant annoncé un délai de deux mois.

Dès le 4e mois de chômage, les demandeurs d'emploi devront accepter un emploi rémunéré à au moins 95% de leur salaire antérieur, 85% au bout de six mois, et du montant de l'allocation qu'ils perçoivent au bout d'un an.

De plus, après six mois de chômage, le demandeur d'emploi ne pourra pas refuser une offre d'emploi entraînant un temps de trajet, en transport en commun, égal ou inférieur à une heure ou située à moins de 30 km de son domicile.

En cas de formation, les délais sont prorogés "du temps de formation", prévoit le texte.

Cette disposition a été introduite lors de l'examen du texte à l'Assemblée nationale par Martine Billard (Vert) avec le soutien du Nouveau centre et de M. Wauquiez, dans un rare moment de consensus, pour "encourager et non pénaliser les demandeurs d'emploi qui suivent une formation".


M. Wauquiez, qui défendait son premier texte à l'Assemblée, avait dénoncé "l'obstruction idéologique de la gauche" avec plus de 1.500 amendements déposés pour seulement trois articles. "C'est notre droit !", lui avait répondu Jean Mallot (PS).

Par ailleurs, ce texte entérine la suppression progressive d'ici à 2012 de la dispense de recherche d'emploi (DRE) dont pouvaient bénéficier les chômeurs âgés de plus de 57,5 ans.

En outre, un "médiateur du service public de l'emploi" est créé à la demande du gouvernement. Il sera l'intermédiaire entre chômeurs et ANPE.

Enfin, le texte met en place le PPAE élaboré conjointement par le demandeur d'emploi et le nouvel opérateur qui sera issu de la fusion ANPE-Assedic, effective au 1er janvier 2009.

Ce PPAE, qui n'a pas un caractère contractuel et peut entraîner des sanctions pour le chômeur si ce dernier refuse de participer à son élaboration, sera actualisé périodiquement.

Les cinq confédérations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) avaient unanimement condamné le texte dont le retrait a été aussi demandé par un collectif regroupant syndicats, sociologues, économistes et personnalités politiques de gauche.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 23 juillet 2008, 21h38)


Personnellement, je trouve bien évidemment profondément injuste et scandaleux qu'à cause d'une minorité de tricheurs et de profiteurs (qu'il faut, bien entendu, sanctionner) l'ensemble des chômeurs soit ainsi placé sous le régime d'un insupportable flicage, avec chantage financier en option. Comme moi, Philippe, qui a lui aussi connu le chômage, convient que ce nouveau cadre législatif concernant les "droits et devoirs" des chômeurs est scandaleux pour ceux qui sont honnêtes, et qui constitue la majorité des demandeurs d'emploi, même si, par ailleurs, il faut sanctionner les fraudeurs qui profitent du système en percevant des allocations sans chercher à trouver (ou retrouver) un emploi...
De fil en aiguille, nous en venons à parler du revenu de solidarité active (RSA), adopté en Conseil des ministres le 3 septembre dernier, et vis-à-vis duquel Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a annoncé, le mois dernier, à la grande insatisfaction de beaucoup de gens de droite, qu'une taxation supplémentaire de 1,1% des revenus du capital serait mise en place pour financer le surcoût de la généralisation de ce RSA, qui doit remplacer le RMI et l'API à partir du 1er juin 2009...

Face aux critiques, Sarkozy défend sa taxe pour financer le RSA


Nicolas Sarkozy a défendu jeudi [28 août] sa décision de taxer les revenus du capital pour financer la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA), prévue à la mi-2009, jugeant "normale" une mesure qui fait grincer des dents à droite et embarrasse à gauche.

En officialisant lors d'un déplacement en Mayenne le dispositif conçu par le Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch pour remplacer le revenu minimum d'insertion (RMI) et l'allocation de parent isolé (API), le chef de l'Etat s'est appliqué à rassurer ceux de ses amis qui s'élèvent contre son choix de recourir à l'impôt pour couvrir le surcoût de la réforme, évalué à 1,5 milliard d'euro par an.

"Ce ne sont pas les déficits qui financeront la réforme (...) je financerai ce nouveau RSA en créant une surtaxe d'1,1 point à la contribution de sociale de 2% sur les revenus du patrimoine et de placements", a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé à Changé, dans la banlieue de Laval.

"S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l'argent pour le bas, pour soutenir le revenu de ceux qui font l'effort de se lever chaque matin. J'assume", a lancé Nicolas Sarkozy.


Si elle a provoqué la gêne d'une gauche contrainte de saluer, selon le député PS du Gers Philippe Martin, "une bonne chose", la nouvelle taxe défendue par celui qui avait fait campagne pour la réduction des prélèvements obligatoires a suscité des commentaires amers à droite.

Le député UMP Hervé Mariton l'a jugé jeudi "pas acceptable" et a reproché à l'exécutif d'avoir "confondu vitesse et précipitation", alors que son collègue Lionnel Luca s'est indigné d'une annonce "incongrue, sans aucune consultation de la majorité parlementaire".

Sur un mode plus mesuré, le villepiniste Georges Tron (UMP) a concédé sa "grande perplexité". "Par principe, tout nouvel impôt me contrarie", a reconnu l'hôte du chef de l'Etat, le sénateur et président du Conseil général de Mayenne Jean Arthuis, "mais c'est la moins mauvaise des solutions".

Nicolas Sarkozy a tenu à minimiser le trouble suscité dans sa majorité. "Il n'y a pas de grosses critiques, il y a un débat, ce qui est tout à fait normal", a-t-il estimé devant la presse.

"J'ai beaucoup fait pour le développement économique de la France. On a supprimé les droits de succession, on a permis la défiscalisation de l'ISF pour les entreprises, on a fait le bouclier fiscal. Il est normal que les revenus du capital puissent aider (...) à ce que les exclus retrouvent du travail", a plaidé le président.

A l'intention de ses amis politiques, il a insisté sur la "révolution complète" opérée par le RSA, qui va permettre à une personne qui reprend un travail de conserver une partie de son allocation ou aux travailleurs "pauvres" de percevoir un complément à leur salaire.

"Je ne mettrai pas un centime pour financer l'assistanat. J'ai été élu sur une promesse: récompenser le travail", a rappelé Nicolas Sarkozy.

"J'ajoute qu'à la différence du RMI, où il n'y a aucune obligation, avec le RSA on sera obligé de prendre du travail, et ceux qui refuseront deux offres d'emploi ou de formation seront pénalisés", a-t-il poursuivi, "c'est la logique des droits et des devoirs, ça ne doit surprendre personne, c'est toujours ce que j'ai dit, c'est toujours ce à quoi j'ai cru".

"C'est un sujet majeur pour moi. C'est un élément de la justice sociale, et la majorité doit se saisir de ce problème de l'insertion et de la justice, sinon elle se caricature", a-t-il conclu.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 28 août 2008, 14h08)

Le Conseil des ministres adopte le RSA, malgré les réserves dans la majorité


Le revenu de solidarité active (RSA) a entamé sa dernière ligne droite mercredi [3 septembre], avec son examen par le Conseil des ministres, mais Martin Hirsch doit encore gagner la bataille parlementaire fin septembre et convaincre à gauche, mais aussi à droite.

Plus de trois ans après l'avoir proposé dans un rapport sur la pauvreté en avril 2005, Martin Hirsch a fait adopter par le Conseil des ministres son projet de revenu de solidarité active (RSA), avec le soutien du président de la République qui en a fait une des réformes phare du quinquennat.

"Illustration du « travailler plus pour gagner plus », selon les termes de Nicolas Sarkozy rapporté par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, le RSA marque "une rupture avec la politique d'assistance" et une "étape majeure dans l'histoire du droit social" français, selon le Premier ministre François Fillon.

Le RSA, qui sera mis en place au 1er juin 2009, vise à simplifier les minima sociaux en remplaçant le RMI, qui aurait eu 20 ans à la fin de l'année, et l'API, allocation versée aux familles mono-parentales, tout en incitant à la reprise d'activité grâce au maintien partiel d'une allocation tant que le salaire n'atteint pas un certain niveau.

Après plusieurs mois d'arbitrages, le gouvernement s'est mis d'accord sur son financement, une taxe additionnelle de 1,1% sur les revenus du capital, au prix du mécontentement d'une forte partie de sa majorité, inquiète de ce changement de cap en matière de fiscalité.

Le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, affirme mercredi au journal Le Monde appartenir "à une majorité qui préfère qu'on baisse les impôts". Il reconnaît que la taxe "était la seule solution", mais ne renonce pas à "trouver d'autres sources de financement", "après évaluation de l'efficacité du RSA".

Martin Hirsch tente de rassurer, d'ici aux débats au Parlement à partir du 22 septembre, à coups de chiffrage. Au Conseil des ministres, il a donné comme estimation "15% de Français" qui paieront "plus de 20 euros par an", "50% de Français qui ne paieront rien et 35% de 10 à 20 euros".

Parmi ceux qui ne paieront rien, figurent cependant les très hauts revenus qui bénéficient du "bouclier fiscal", dénoncent le parti socialiste, les syndicats et associations de gauche.

"Un bouclier fiscal, c'est un bouclier. Si vous commencez à exonérer telle ou telle disposition, ce n'est plus un bouclier", a justifié M. Chatel à l'issue du conseil des ministres.

Le complément de ressources, fixé à un taux moindre que n'aurait souhaité le Haut commissaire et que ne l'expérimentent des départements, coûtera, en crédits nouveaux, 1,5 milliard en année pleine.

Martin Hirsch défend cependant l'argument que le RSA est "un investissement pour l'avenir", les effets sur l'emploi compensant à terme les dépenses sociales.

Il estime dans une interview à La Tribune que 100.000 allocataires supplémentaires du RMI" retrouveront un emploi "dans les dix-huit mois", ce qui signifie une réduction de moitié du coût net du RSA, selon le Haut commissariat.

Satisfaits de l'abandon d'un financement par la suppression de la Prime pour l'emploi (PPE), le Parti socialiste et les syndicats ciblent quant à eux leurs critiques sur les risques que le RSA ne soit une "trappe à précarité et à bas salaires".

Le temps partiel subi et la précarité sont un "problème" qui "préexistait au RSA", répond Martin Hirsch, qui dit "être maintenant assez armé pour discuter avec les entreprises".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 3 septembre 2008, 16h16)

Philippe me confie que, pour ce qu'il en sait, "à l'UMP, on est furieux" en ce qui concerne la taxation de 1,1 % pour financer le RSA. Pour sa part, il considère, à juste titre, que cette taxation concernera surtout les classes moyennes, et pas du tout les plus riches qui seront protégés par le fameux "bouclier fiscal". Sarkozy a certes dit qu'"il est normal que les revenus du capital puissent aider [...] à ce que les exclus retrouvent du travail"... mais à condition, ajoute Philippe, qu'il ne s'agisse pas uniquement des revenus du capital des classes moyennes, forcément bien moins important que celui des plus riches.
Pour Philippe, on en revient toujours au même point, à savoir qu'il existe une "vérité en trois points" pour toute société humaine :
"1 - Il faut des "baisés" (ou des "niqués", si vous préférez) ;
2 - C'est toujours les mêmes ;
3 - C'est pas grave, ils ont l'habitude..."
On remarquera que cette vérité en trois points, si elle correspond bien au sort habituel des classes moyennes en matière de fiscalité, elle correspond tout aussi bien au sort des chômeurs honnêtes en ce qui concerne la loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi" évoquée plus haut...

Ici, il me faut m'interrompre. Du moins pour ce qui est de cette première partie du compte-rendu... En effet, faute d'espace, il me faut poursuivre ledit compte-rendu dans une deuxième partie, à la suite du présent message... Grrr... Qu'est-ce que cela peut m'énerver !

[
Suite de l'article dans le message suivant]

(Illustrations de la première partie : Détail du tableau L'Amour, source de vie, Cythère, huile sur toile par Paul Gervais [1859-1936], Salle Paul Gervais, Capitole, Toulouse ; Jean-Pierre Raffarin, Patrick Devedjian et Nathalie Kosciusko-Morizet, à l'université d'été de l'UMP, le samedi 6 septembre 2008 à Royan, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Pierre Andrieu ;  Une chômeuse consultant les offres d'emploi, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Stéphane de Sakutin ; Principaux points du projet de loi du gouvernement définissant l'offre "raisonnable" d'emploi, ©AFP/Infographie ; Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, le 1er juillet 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Jacques Demarthon ; Chômeurs consultant des offres d'emplois dans une agence ANPE en mars 2005, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Stéphane de Sakutin ; Nicolas Sarkozy pendant son discours sur le RSA à Changé [Mayenne] le 28 août 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gerard Cerles ; Revenus et population concernés par la taxation de 1,1 % pour financer le RSA, ©AFP/Infographie/null ; Martin Hirsch à la sortie du Conseil des ministres le 3 septembre 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Bertrand Guay)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les commentaires - Recommander
Samedi 9 août 2008 6 09 08 2008 14:30

Oui, oui, je sais ce que vous allez me dire, chers lecteurs : à peine un peu plus d'un mois d'hibernation du présent blog, et voila que, déjà, je reviens... Rassurez-vous, ce retour n'est que provisoire, et ce n'est pas encore aujourd'hui que je vous imposerai à nouveau la lecture de quelques longs articles sur des sujets dont je suppose que beaucoup de gens se soucient autant que de leur première couche Pampers... Cela dit, pour être tout-à-fait franc, l'activité de blogueur suscite une certaine addiction lorsque elle est pratiquée pendant assez longtemps. Aussi, même après avoir mis en ligne mon dernier article au début du mois de juillet, j'ai continué à collecter des informations sur l'actualité politique et culturelle, comme si rien n'avais changé. Aujourd'hui, j'ai de quoi écrire plusieurs articles sur divers évènements survenus durant le seul mois de juillet dernier. Mais bon, il faut bien se rendre à l'évidence : même si la tentation est grande de rédiger et mettre en ligne d'autres articles, je ne peux pas, aujourd'hui, me lancer à nouveau pleinement dans l'aventure. Cela me prendrait trop de temps, et risquerai même de m'obliger à sacrifier d'autres projets que je souhaites mener à bien. Tant pis. Voyons toujours la moitié pleine du verre : la matière à articles accumulée depuis un mois me servira sans doute plus tard, d'ici la fin de l'année, de même que la matière que j'accumulerai sans doute durant les mois suivants... Nous verrons bien.

Pourquoi revenir aujourd'hui, fusse de façon fort brève ? Tout simplement pour réagir à un fait d'actualité, particulièrement bouleversant, qui concerne non pas Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa mais celui auquel on le compare assez souvent, parfois pour de bonnes raisons, mais parfois aussi à tort : Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien (poste équivalent à celui de Premier ministre, en Italie), écarté du pouvoir gouvernemental en 2006, à la suite d'une défaite électorale, mais revenu finalement aux affaires au printemps dernier, à la faveur d'élections législatives anticipées cette fois-ci remportées par son parti et ses alliés.


S'il n'est pas toujours pertinent de comparer Berlusconi et Sarkozy, par exemple en ce qui concerne leur relation respective avec le milieu des médias de masse (tout deux sont de grands utilisateurs desdits médias de masse, mais si Sarkozy a beaucoup d'amis dans ce milieu, qui peuvent lui rendre service, il ne joue pas, dans ce domaine, tout-à-fait dans la même catégorie que Berlusconi qui, lui, est carrément propriétaire de chaînes de télévision privées), il est vrai que les deux hommes partagent le même sentiment excessif d'impunité lorsqu'ils sont au pouvoir, la même attirance pour l'argent gagnée en grosses quantités, et le même goût pour un train de vie luxueux ostensiblement affiché.

On se souvient notamment que lorsqu'en mai 2007, juste après son élection à la plus haute charge de l'Etat français, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, toujours plein d'humilité et de discrétion comme chacun sait, s'est offert un peu de bon temps sur le yacht d'un de ses amis fortunés, au large de l'île de Malte, Silvio Berlusconi, alors encore écarté du pouvoir en Italie, se serait exclamé : "Il a copié mon modèle !" (Cf. Le président Fric-Frime, Les dossiers du Canard Enchaîné N°107, avril 2008)


Mais il y a apparemment un autre point commun entre Berlusconi et Sarkozy : leur hypocrisie en matière de pudeur, comme en témoigne cette petite affaire relatée il y a quelques jours par la presse italienne et relayée par l'AFP, puis par le journal Le Monde :

Cachez ce sein : Berlusconi sous les foudres des historiens de l'art


Le gouvernement italien de Silvio Berlusconi s'est attiré les foudres des historiens d'art pour avoir voilé le sein d'une peinture de Tiepolo qui sert de toile de fond à la salle de presse de la présidence du Conseil, rapporte mardi [5 août] La Repubblica.

"Qui pourrait se sentir offensé face à la Vérité nue de Tiepolo ? C'est une sottise absolue", a réagi Antonio Paolucci, directeur des musées du Vatican et ancien ministre de la Culture.

Le Corriere de la Sera a révélé ce week-end que le sein de la femme nue qui incarne la Vérité dans le célèbre tableau de Giambattista Tiepolo (1696-1770) "La Vérité dévoilée par le temps" avait été retouché pour en dissimuler le mamelon.


Une reproduction de ce tableau a été choisie par Silvio Berlusconi lors de son retour au pouvoir en mai dernier comme toile de fond de la salle de presse du Palais Chigi à Rome, siège du gouvernement.

"Que c'est triste (...). On ne peut pas cacher la Vérité, un sujet qui est représenté nu depuis des siècles. Ce Tiepolo aurait dû être laissé tel quel", a aussi critiqué Sandrina Bandera, conservateur de la pinacothèque de Brera, près de Milan.

"C'est du moralisme niais. L'entière histoire de l'art de la Renaissance puis de l'époque qui a suivie est pleine de nues (...) Ca ne vous fait pas rire quand on pense à ce qui est montré sur Canale 5", l'une des chaînes de télévision du groupe Mediaset de Silvio Berlusconi, a commenté Andrea Emiliani, un historien, ex-conservateur de la pinacothèque de Bologne (nord).

Ce sont les cameramen du gouvernement qui auraient pris l'initiative de dissimuler le sein de la Vérité pour qu'il n'apparaisse pas près du visage du chef du gouvernement afin d'épargner la sensibilité de certains téléspectateurs, selon des sources gouvernementales, citées par l'agence Ansa.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 05 août 2008, 11h58)


Quand Silvio Berlusconi cache la "Vérité"



"Non ! Pas ça, pas lui !", se sont d'abord dit beaucoup d'Italiens incrédules. Mais si : Silvio Berlusconi parvient toujours à surprendre. L'homme qui a fait sa fortune avec la télévision qui dévoile plus qu'elle ne cache vient de faire preuve d'une pudeur inattendue. Ses conseillers ont cru bien faire en recouvrant d'un voile pudique un sein de La Vérité dévoilée par le Temps, une reproduction du tableau de Giambattista Tiepolo, maître vénitien du XVIIIe siècle, qui décore la salle de presse de la présidence du conseil italien.

La nouvelle, révélée - ou plutôt dévoilée, devrait-on dire - par une agence de presse le 2 août, fait penser à un canular d'été. Mais non, le sein qui avait le malheur de se trouver exactement dans le champ des caméras de télévision est effectivement recouvert. La reproduction a été retouchée pour dissimuler le mamelon perturbateur. Le lendemain, le porte-parole du président du conseil, Paolo Bonaiuti, a dû expliquer, un brin embarrassé, dans un entretien accordé au Corriere della Sera, que ses conseillers "ont craint qu'à force d'être cadré ce sein ne finisse par blesser la susceptibilité de quelques téléspectateurs".

Mais, ce faisant, ce sont les milieux artistiques qui ont été blessés. Même à droite, ils considèrent ce geste comme une gaffe colossale. "Que faudrait-il faire de toutes ces statues de femmes que l'on peut admirer dans les dizaines de musées italiens, avec leurs seins à couper le souffle même à Pamela Anderson ?", se demande, stupéfait, Vittorio Sgarbi, ancien secrétaire d'état à la culture du "Cavaliere" [Berlusconi].

Antonio Paolucci, directeur des musées du Vatican et ancien ministre de la culture, n'en revient pas non plus : "Qui pourrait se sentir offensé face à La Vérité nue de Tiepolo ? C'est une sottise absolue. Je vous le dis, moi qui dirige les musées du Vatican. Il y a plus de nus ici que dans n'importe quel autre musée du monde."

Andrea Emiliani, ex-conservateur de la Pinacothèque de Bologne, va encore plus loin. "Le choix du tableau La Vérité nue était déjà une claire allusion, mais intervenir ensuite pour dissimuler cette Vérité est un symbole encore plus étonnant", ajoute l'historien.

Eugenio Riccomini, autre historien, détient peut-être une partie de la réponse. "De toute évidence, ceux qui sont intervenus pour voiler le sein ont dû penser que l'on ne pouvait l'exposer à côté de Berlusconi parce que cela ressemblait trop, sans doute, à ce qu'il donne à voir sur ses chaînes de télés chaque soir."

Pour choisir l'oeuvre appelée à remplacer celle qui s'y trouvait du temps de son prédécesseur Romano Prodi, "il Cavaliere" s'est fait aider par son architecte de confiance, Mario Catalano. Ironie de la situation, c'est ce dernier qui s'occupait de la scénographie d'un des programmes les plus racoleurs de la télévision du premier Berlusconi, à la fin des années 1980, "Colpo Grosso", au cours duquel des filles aux seins florissants faisaient voler leur soutien-gorge en poussant la chansonnette.


Le président du conseil aurait-il été pris d'un soudain accès de pudibonderie ? Au contraire. Avec l'âge, Silvio Berlusconi, 71 ans, multiplie les allusions au corps féminin et aux femmes, jouant au vieux monsieur qui peut tout se permettre. Quitte à recevoir une lettre publique de réprimande de son épouse, en 2007, lorsqu'il avait lancé à la députée, ancienne starlette télévisée, aujourd'hui ministre, Mara Carfagna, qu'il "l'aurait épousée sur-le-champ (s'il n')était pas déjà" marié. Ce qui lui vaudra ce commentaire perfide du président du groupe de l'opposition Italie des valeurs à la Chambre des députés, Massimo Donadi : "Clinton n'avait, lui, pas fait Monica Lewinski ministre."

Le machisme du gouvernement italien a parfois des répercussions internationales. Lors de son précédent passage au gouvernement, une crise diplomatique avec la Finlande avait été évitée de peu lorsque Silvio Berlusconi avait affirmé "avoir dû faire appel à tout son talent de play-boy" pour convaincre la présidente de ce pays de choisir Parme comme siège de l'autorité alimentaire européenne.

Lors du débat sur la confiance à son nouveau gouvernement, en mai, il a même été surpris par le zoom d'un photographe en train d'échanger des billets doux avec deux députées de sa majorité : "Vous avez sûrement mieux à faire", écrivait-il en les invitant à quitter l'hémicycle. Réponse, toujours cueillie par le photographe : "Mais seulement avec vous, monsieur le président !"

Et c'est encore le nom de l'une de ces deux députées, Nunzia Di Girolamo, une jolie brune de 32 ans, qui figure dans la page de son agenda montrée aux photographes le 1er août pour attester un emploi du temps chargé. "Je l'ai vu entre deux rendez-vous pour lui parler du film en préparation sur Padre Pio dans ma circonscription", a cru bon de préciser la parlementaire.

Tout cela pourrait n'être qu'anecdotique si Silvio Berlusconi ne venait pas de sortir d'une autre affaire sulfureuse. Il est en effet soupçonné d'avoir - du temps où il était encore dans l'opposition - poussé un dirigeant de la télévision publique à embaucher des actrices liées à des sénateurs de centre gauche afin de les éloigner du premier ministre Romano Prodi et de fragiliser encore plus ce dernier.

Au vu de toutes ces affaires, corriger un tableau est sans doute un acte mineur. Mais pas forcément le moins significatif.

(Salvatore Aloïse, article paru dans l'édition du journal Le Monde du 08 août 2008)


Même s'il ne s'agissait peut-être, à l'origine, que d'un excès de zèle des "cameramen du gouvernement", cette petite histoire est assez révélatrice de l'hypocrisie, à la fois insupportable et pathétique, de cette fameuse "droite décomplexée", dont, en Europe, Berlusconi et Sarkozy sont censés être les plus "illustres" représentants. Cette anecdote en rappelle d'ailleurs une autre, celle de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa refusant de se laisser photographier par des journalistes devant l'Origine du monde, de Gustave Courbet, lors de sa visite d'une exposition consacrée au célèbre peintre français du XIXe siècle, le 16 octobre dernier à Paris, anecdote évoquée, à l'époque, dans un précédent article sur le présent blog... Et cela me rappelle aussi, en ce qui concerne précisemment mon blog, le commentaire navrant d'un lecteur de passage, qui m'avait reproché, sur un ton moralisateur, d'illustrer un de mes articles du mois de mars dernier avec une représentation d'un nu féminin peint au XVIe siècle, visible par tous au musée du Louvre, ledit lecteur ayant, en fait, tout simplement réclamé que je retire l'illustration de l'article, ce que je n'ai évidemment pas fait.

Tout cela est tellement ridicule...

Face à ces évènements, qu'ils concernent Sarkozy avec l'Origine du monde ou Berlusconi avec La Vérité dévoilée par le Temps, j'ai décidé de réagir avec toute la fermeté nécessaire. Désormais, parce que le présent blog se veut engagé au service de la Vérité, tous mes nouveaux articles, à commencer par celui que vous êtes en train de lire, seront accompagnés d'au moins une illustration représentant un nu féminin. Les nus féminins proposées  seront bien évidemment non censurés, et soigneusement sélectionnés parmi les oeuvres que j'ai pu voir personnellement dans des musées ou des expositions. Voila, il fallait que ce soit dit. ;-)

Sans plus tarder, je remets le présent blog en hibernation. Profitez bien de vos vacances d'été, si vous en prenez, chers lecteurs : le propre des vacances, c'est de ne pas durer...



Et, bien entendu, ne l'oubliez pas : Je crois aux forces du dialogue des cultures, et je ne vous quitte pas... ;-)

A bientôt, peut-être...

Cordialement, :-)

Hyarion.


(Allégorie féminine de la Vérité, détail du tableau Dura lex, sed lex, huile sur toile [1905], par Paul Gervais, Salle des Illustres, Capitole, Toulouse ; Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi le 1er août 2008 à Naples, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Mario Laporta ; Nicolas Sarkozy vu par Silvio Berlusconi, caricature de Pétillon, publiée dans Le président Fric-Frime, Les dossiers du Canard Enchaîné N°107, avril 2008 ; Le sein voilé de la peinture de Giambattista Tiepolo au Palazzo Chigi, à Rome, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Détail du tableau original La Vérité dévoilée par le Temps de Giambattista Tiepolo, à gauche, et la version censurée derrière le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, au Palazzo Chigi, à droite, photographies publiées en août 2008 sur le site Internet du journal britannique The Independant©independant.co.uk ; Silvio Berlusconi, devant la reproduction de La Vérité dévoilée par le Temps, le 4 juillet 2008, au Palazzo Chigi, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Stringer Italy/Reuters ; Le sein voilé de la peinture de Giambattista Tiepolo au Palazzo Chigi, à Rome, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, ©AFP ; Une baigneuse sur la plage de Ramatuelle, à côté de Saint-Tropez, en août 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Estrade)

Par Hyarion
- Voir les 27 commentaires - Recommander
Jeudi 3 juillet 2008 4 03 07 2008 21:04

Le moment est venu de mettre le présent blog en hibernation. Quoi de mieux, en vérité, que la période estivale pour le faire ? ;-)
Je n'ai plus, depuis plusieurs semaines, la possibilité d'alimenter mon blog en nouveaux articles dans de bonnes conditions. Les contraintes de temps et, surtout, les contraintes techniques sont devenues trop importantes pour que je puisse continuer l'aventure au quotidien. Les choses étant ce qu'elles sont, il me faut donc arrêter là.



Bien entendu, j'aurai aimé pouvoir continuer à évoquer ici les sujets qui m'intéressent. Si cela avait été possible, j'aurai continué à vous parler des turpitudes de la vie politique. Je vous aurai ainsi sans doute parlé de la présidence tournante de l'Union Européenne, qu'assure, depuis avant-hier, 1er juillet, et jusqu'à la fin de cette année, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et dont je n'attends pas grand-chose. Je vous aurai parlé de l'issue, encore aujourd'hui bien incertaine, de la réforme des institutions. Je vous aurai sans doute aussi parlé du Parti Socialiste et de son prochain congrès (j'ai enfin reçu ma carte d'adhérent au PS, le 23 juin dernier)... et sans doute de bien d'autres choses...



J'aurai aussi aimé vous parler davantage de culture, notamment de cinéma, de musées et d'expositions. Le 8 mai dernier, par exemple, je suis allé visiter le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, qui a fait l'objet de travaux pendant de nombreuses années avant de réouvrir enfin ses portes au public au début de cette année. Le 15 juin dernier, j'ai visité une intéressante exposition (aujourd'hui terminée) aux Musée des Augustins, toujours à Toulouse, consacrée à l'art de la grisaille, dite aussi camaïeu ou monochrome, à travers des peintres tels que Rubens, Le Brun, Boucher, Greuze, Daumier, Carpeaux, Doré, Moreau, et Toulouse-Lautrec. J'aurai aimé vous parler de tout celà, mais cela aurait nécessité des articles conséquents, que je n'ai pas eu la possibilité d'écrire... Tant pis.

Point de tristesse à l'heure de conclure. Cette hibernation forcée du présent blog n'est pas, à vrai dire, une mauvaise chose. Elle me donne l'occasion de prendre un peu de distance, voire de passer à autre chose. J'ai des projets, notamment de lectures et d'écriture : c'est peut-être l'occasion de m'y consacrer, en étant désormais un peu moins plongé dans l'obsession de suivre le moindre fait d'actualité et d'en rendre compte le plus vite possible. Après bientôt un an et demi d'activité "bloguesque", il est sans doute temps, à nouveau, de prendre le temps...

Une question se pose, peut-être, cependant : mon retrait est-il définitif ? Le propre d'une hibernation, c'est de ne pas durer éternellement. J'espère donc, un jour, dans quelques mois peut-être, être en mesure de sortir mon blog de la torpeur dans laquelle il aura été plongé pendant un certain temps. Quand j'aurai à nouveau une connection Internet à domicile, quand j'aurai à nouveau un peu de temps à consacrer à la rédaction d'articles, quand j'aurai suffisemment avancé dans d'autres projets qui me tiennent à coeur, l'aventure pourra éventuellement reprendre. Nous verrons bien.

Je remercie ici les nombreux visiteurs, surtout ceux qui ont la patience de lire ce que j'écris, et qui prennent le temps d'y réagir en envoyant des commentaires. Ce blog est évidemment un espace de dialogue, de rencontres, même s'il parait qu'écrire un blog suppose, par définition, un certain narcissisme. Personnellement, contrairement à ce que pensent certains, je ne passe pas mon temps à relire sans cesse ce que j'écris, et lorsque je le fais, ce n'est pas forcément avec beaucoup de plaisir, car en vérité, lorsque je me relis, il m'arrive souvent de ne voir que des défauts dans mes textes et de regretter d'avoir écrit telle ou telle chose de telle ou telle façon. Or, je pars du principe qu'il ne faut rien regretter, en tout cas le moins possible. Donc, je me relis peu. Ce qui est écrit est écrit, point. Ecrire un article sur un blog n'est, du reste, pas la même chose qu'écrire un roman, une nouvelle, un essai, ou même un journal intime. Je n'accorde pas la même importance à tout ce que j'écris. La seule qui me tienne à coeur, dans tous les cas, c'est d'agir en conscience, et peu importe si ce que j'écris est bien ou mal : ce n'est pas à moi à le dire, et avoir ma conscience pour moi est tout ce qui m'importe... Merci beaucoup, en tout cas, à mes lecteurs : sans eux, ce blog n'aurait pas eu d'intérêt.

Je m'en voudrais de partir sans faire un dernier pied-de-nez à ceux de mes lecteurs qui me reprochent d'avoir trop parlé de certains sujets sur ce blog... ;-) Voici donc une brève évocation, par l'intermédiaire de l'Agence France Presse, de ce qui est, à mes yeux, le plus important évènement d'actualité survenu le mois dernier : la naissance de la Fondation Chirac pour le développement durable et le dialogue des cultures... ;-)

Chirac ne souhaite pas "rompre" le contact avec "la France et les Français"


L'ancien président Jacques Chirac indique qu'il ne souhaite pas "rompre" le contact avec "la France et les Français", et qu'il veut "réveiller les consciences" avec sa Fondation pour le développement durable, dans un entretien publié jeudi [5 juin] sur le site internet du Figaro.

Dans sa première interview accordée à un journal français depuis son départ de l'Elysée, M. Chirac, qui se refuse à commenter l'action de son successeur Nicolas Sarkozy, affirme que sa nouvelle vie s'organise "bien" et qu'il "assume pleinement (sa) mission d'ancien président de la République".

"J'ai servi la France et les Français avec passion. Ce contact, je ne souhaite pas le rompre", dit-il.

"Face aux grands défis du monde, j'ai toujours envie de me battre. Et cette Fondation en est l'instrument. Je veux aviver et réveiller les consciences", explique l'ex-chef de l'Etat.

Son "objectif" est que "cette Fondation prenne suffisamment d'importance matérielle et d'autorité morale pour pouvoir compter" dans les domaines de "l'accès à l'eau", de "l'accès aux médicaments", de "la lutte contre la déforestation et la désertification" et de "la sauvegarde des langues et des cultures menacées", précise-t-il.

"J'ai souhaité que cette Fondation ne soit financée que par des fonds privés. C'est pour moi une question de principe", souligne M. Chirac, citant Veolia environnement, Sanofi-Aventis, Liliane Bettencourt (L'Oréal) et François Pinault (Pinault-Printemps-La Redoute -PPR-).

Jacques Chirac lance lundi sa Fondation au musée du Quai Branly, à Paris, en présence des membres de son comité d'honneur, composé notamment de l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan et des anciens Prix Nobel de la paix Rajendra Pachauri et Rigoberta Menchu.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 5 juin 2008, 21h28)


Chirac lance sa fondation par un plaidoyer pour la diversité des cultures



Un peu plus d'un an après avoir quitté l'Elysée, Jacques Chirac a lancé lundi [9 juin] à Paris sa fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures, en prononçant, entouré d'une pléiade de personnalités internationales, un plaidoyer pour la diversité des cultures.

"Au moment où s'impose la nécessité de repenser la notion de progrès pour réconcilier l'homme et son environnement, il faut remettre la culture, la diversité des cultures, au coeur même du projet de l'humanité", a déclaré M. Chirac au musée du Quai Branly à Paris.

"Ma conviction est que chaque peuple a un message singulier à délivrer au monde. Chaque peuple peut enrichir l'humanité en apportant sa part de beauté de création, de vérité", a-t-il dit, devant quelques centaines de personnes massées dans le petit théâtre Levi-Strauss du musée.

L'ancien président a appelé à ne pas "réduire" le défi du développement durable à son "contenu technique". "Si nous voulons (...) permettre à l'humanité de poursuivre le cours de son histoire, il nous faut replacer l'homme sa liberté, son exigence de justice, à la racine de l'économie".

"Nous devons procéder à une révolution de nos modes de pensée et d'action, une révolution de nos modes de vie. Nous devons le faire maintenant. Demain il sera trop tard", a-t-il lancé.



Beaucoup de bonnes fées étaient penchées sur la nouvelle Fondation. Les personnalités internationales membres du comité d'honneur : Kofi Annan, ex-secrétaire général de l'Onu (prix Nobel de la Paix), Rigoberta Menchu (prix Nobel de la Paix), Rajendra Pachauri (président du Groupe intergouvernemental d'étude sur le climat, Prix Nobel de la Paix), l'ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien ou encore l'ancien ministre des Affaires étrangères polonais Bronislaw Geremek...

Et dans la salle, un parterre de personnalités politiques, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, ou la secrétaire d'Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et des fidèles comme Jean-Louis Debré.

Nicolas Sarkozy est même passé brièvement Quai Branly, pour porter un bref message d'encouragement à son prédécesseur à l'Elysée.

"On a travaillé ensemble pendant des années et je sais Jacques Chirac combattant convaincu pour la dignité de l'homme. J'étais prêt à continuer avec lui", a déclaré Kofi Annan devant des journalistes.

"C'est un homme qui dit ce qu'il pense et qui pense ce qu'il dit", a estimé l'ancien président sénégalais Abdou Diouf.

"Je suis sûr qu'avec Chirac entouré de toutes ces personnalités, nous aurons des résultats", a déclaré pour sa part le chanteur Youssou N'Dour, membre du comité d'honneur.

"C'est un rassembleur. Il est au fond sensible à l'identité de chacun, et capable d'unir pour agir", a estimé Jean-Pierre Raffarin.



Parmi les premiers projets de la Fondation Chirac, figure le soutien à un laboratoire de contrôle de qualité des médicaments à Cotonou, "parce que l'accès aux médicaments est à la fois un problème moral et un problème de sécurité", selon l'ancien président.

La Fondation apporte aussi son appui à un programme d'accès à l'eau au Sénégal et au Mali avec la Banque africaine de développement, et lance aussi un programme pour les langues menacées, baptisé "Sorosoro".

Ce mot est tiré de l'araki, langue du Vanuatu qui n'est plus parlée que par 8 personnes, et qui signifie "souffle, parole". "Sorosoro" ambitionne notamment de créer une encyclopédie numérique des langues, "base de données audiovisuelles sur les langues et les cultures menacées".

 

(Dépêche de l'Agence France Presse, 9 juin 2008, 13h48)

 

Dans un registre différent, je me permets également de me faire l'écho d'un tout autre évènement, très récent, survenu hier, 2 juillet, qui fait actuellement l'objet d'une grande médiatisation : la libération, par l'armée colombienne, dans le sud-est de la Colombie, de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, de trois Américains et de onze militaires colombiens, détenus depuis plusieurs années par la guérilla marxiste des Farc ("Forces armées révolutionnaires de Colombie"), lors d'une opération d'infiltration très risquée mais apparemment bien planifiée. L'ancienne sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt était maintenue prisonnière dans la jungle colombienne depuis le 23 février 2002, et son sort, on le sait, a mobilisé en France, pendant plus de six ans, les plus hautes autorités de l'Etat, ainsi que de nombreux artistes, associations et personnalités de tous bords. Je me souviens qu'il y a quelques mois, en février dernier, avait été évoqué, sur le blog de Quitterie Delmas, le sinistre sixième anniversaire du début de la captivité d'Ingrid Betancourt. J'avais alors évidemment souhaité, comme tant d'autres, que cette septième année de détention dans la jungle colombienne soit la dernière... Aujourd'hui, enfin, l'histoire se termine, avec une fin heureuse. Et c'est tant mieux.

Betancourt retrouve ses enfants dans "une orgie de baisers"



La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt a retrouvé ses enfants "dans une orgie de baisers" à leur arrivée jeudi [3 juillet] à Bogota, au lendemain de sa spectaculaire libération par l'armée colombienne après six ans passés dans la jungle aux mains de la guérilla marxiste des Farc.

Les enfants, Mélanie et Lorenzo, ont serré longtemps leur mère dans leurs bras, la couvrant de baisers. Ingrid Betancourt, qui était montée dans l'avion avec son mari Juan Carlos Lecompte, a lancé à la presse que les retrouvailles avaient été "une orgie de baisers".

Dans l'avion, quelques minutes avant l'atterrissage, Mélanie a laissé éclater son émotion et a fondu en larmes. Lorenzo a murmuré: "Cela fait six ans et demi que j'attends ce moment et je vais lui dire que je l'aime", a rapporté une journaliste de l'AFP qui se trouvait à bord de l'Airbus de la République française venu de Paris.

Lors de la descente de l'appareil sur Bogota, les enfants se sont tenu la main en cherchant leur mère du regard.

"J'ai hâte d'être en France, j'ai hâte d'être chez moi", a déclaré peu après Mme Betancourt, libérée après plus de six années de captivité aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

"Je voudrais embrasser le président (Jacques) Chirac et mon ami de toujours, (l'ancien Premier ministre) Dominique de Villepin, qui s'est battu pour les otages, pour nous tous", a-t-elle poursuivi.

"Je veux embrasser le président (Nicolas) Sarkozy pour lui dire que je l'admire et que je lui dois le fait d'être là aujourd'hui", a-t-elle dit.

"C'est une histoire incroyable avec une fin heureuse", et "je veux venir en France pour remercier tous les Français et partager ce moment de bonheur avec eux (...) je suis dans un état second, merveilleux, c'est un miracle", a encore déclaré Ingrid Betancourt.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, venu de Paris avec les enfants, a été accueilli par son homologue Fernando Araujo et a affirmé que "la formidable famille Betancourt allait aider à libérer tous les otages" encore aux mains des Farc.

Ingrid Betancourt devrait arriver à Paris vendredi après-midi [4 juillet] à bord de l'Airbus français, et sera accueillie à son arrivée par M. Sarkozy, a-t-on appris auprès de la présidence française.



Mme Betancourt a été libérée par l'armée colombienne avec quatorze autres otages, trois Américains et onze militaires et policiers colombiens, lors d'une opération héliportée soigneusement planifiée dans le sud-est du pays, dans la province du Guaviare.

Cette opération d'infiltration a été entièrement colombienne, a affirmé jeudi le ministre de la Défense Juan Manuel Santos, interrogé sur un rôle éventuel des Etats-Unis dans ce dénouement.

Les Etats-Unis "nous ont un peu aidés à calibrer certaines choses, mais très à la marge. La vérité, c'est que ce fut une opération à 100% colombienne, et que la totalité du travail de renseignement a également été colombien", a dit M. Santos.

La Maison Blanche a indiqué que les Etats-Unis étaient au courant que la Colombie préparait une opération mais que Bogota n'avait pas eu à leur demander leur feu vert.

Mercredi soir, l'ex-otage, âgée de 46 ans, avait retrouvé sur l'aéroport de Bogota sa mère, Yolanda Pulecio, et son époux, Juan-Carlos Lecompte.

Souriante et vêtue d'un treillis militaire, ses longs cheveux noués sur la nuque, elle était descendue la première de l'avion qui l'avait amenée à Bogota, avant de se jeter dans les bras de ses proches.

"Je remercie le président (Alvaro) Uribe d'avoir pris ce risque, je sais que cela a dû être un moment très difficile parce que l'opération était très risquée, mais elle s'est déroulée de manière impeccable", a affirmé Ingrid Betancourt quelques heures après sa libération.

Ancienne sénatrice et candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, elle avait été enlevée par les Farc le 23 février 2002.

"Jamais nous n'avons improvisé", avait déclaré mercredi dans un discours à la nation le président colombien, qui a salué "le travail magnifique des militaires", avant d'offrir dans la nuit un dîner aux otages libérés.

En Colombie, les radios et télévisions avaient interrompu leurs programmes pour diffuser des émissions spéciales, interrogeant des gens visiblement euphoriques, émus et surpris par la libération d'Ingrid Betancourt.

Le ministre colombien de la Défense, présent mercredi soir sur le tarmac de l'aéroport, a souligné que cette "opération était digne d'un film".

Le commandant des forces militaires Freddy Padilla a rendu hommage à l'armée, soulignant qu'au cours de cette opération "il n'y a pas eu un seul tir, pas un seul blessé".

L'ensemble des dirigeants étrangers a exprimé son soulagement, à commencer par le président américain George W. Bush qui a félicité Alvaro Uribe.

Les trois Américains libérés, Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, sont arrivés dans la nuit à San Antonio, au Texas (sud des Etats-Unis), avant d'être transportés vers un centre médical de l'armée.

Ils avaient été capturés en 2003 par les Farc lorsque leur avion s'était écrasé au cours d'une mission anti-drogue ordonnée par les Etats-Unis.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 3 juillet 2008, 16h07)


Pour Ingrid Betancourt, pour sa famille, pour ses proches, pour ceux qui l'ont soutenu pendant six ans, c'est donc la fin d'un cauchemar. Comme quoi, dans ce monde, il y a parfois des histoires qui finissent bien... :-)

Voila. Après l'évocation de cette bonne nouvelle, il est temps pour moi de vous dire, tout simplement, au revoir. Mais ne vous inquiétez pas (ou ne vous réjouissez pas trop vite) :



Je crois aux forces du dialogue des cultures, et je ne vous quitte pas...


 

... car, comme dirait le philosophe et homme d'Etat californien Arnold Schwarzenegger : I'll be back... (je reviendrai)


A bientôt donc... peut-être... ;-)


Cordialement, :-)


Hyarion.


(Illustrations : Les Trois Juges de l'Enfer, huile sur toile par Gustave Doré, La Rochelle, Musée des Beaux-Arts ; Nicolas Sarkozy, le 30 juin 2008 sur le plateau de France 3, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Gérard Bedeau ; Vue d'une galerie du Museum d'Histoire Naturelle de Toulouse en 2008, ©A. Duquesnel/20 Minutes ; L'ancien président Jacques Chirac, le 30 mai 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Bertrand Langlois/AFP/Archives ; Discours de Jacques Chirac lors du lancement de sa fondation, le 9 juin 2008 au musée du Quai Branly à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Bertrand Guay/AFP ; Jacques Chirac, le 9 juin 2008 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Bertrand Guay ; Caricature de Bernadette et Jacques Chirac au cocktail d'inauguration de la Fondation Chirac, par Lefred-Thouron, publiée dans le Canard Enchaîné N°4571, 4 juin 2008 ; Ingrid Betancourt entre ses deux enfants Melanie et Lorenzo, le 3 juillet 2008 à l'aéroport de Bogota, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Mauricio Duenas ; Des gens apposant un "Enfin libre!" sur une affiche montrant Ingrid Betancourt, le 3 juillet 2008 à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Patrick Bernard ; Jacques Chirac et François Mitterrand se serrant la main dans la cour de l'Elysée, après la passation des pouvoirs, le 17 mai 1995, photographie, ©T. Orban / Sygma, 1995 ; Nicolas Sarkozy et Arnold Schwarzenegger à l'Elysée, le 25 juin 2007, photographie de L. Blevennec, ©Service photographique de la Présidence de la République)
Par Hyarion
- Voir les 27 commentaires - Recommander
Dimanche 29 juin 2008 7 29 06 2008 15:57
Jeudi dernier, 26 juin, a eu lieu la quatrième République des Blogs (RdB) de Toulouse, la dernière avant les vacances d'été. Cette dernière édition de la saison avait lieu, comme à l'accoutumée, au bar Ferdillon, où l'on peut toujours boire et manger dans un cadre agréable tout en discutant. Cette fois-ci, nous étions un peu plus nombreux que lors des deux précédents rendez-vous. Il y avait bien sûr "M.", co-organisatrice de la RdB, anciennement connue dans la blogosphère toulousaine sous le pseudonyme de Fanette, et qui s'occupe désormais d'un nouveau blog, intitulé "Toulouse by blogs". Il y avait aussi, du côté des habitués, non seulement Monsieur Poireau, également co-organisateur de la RdB, mais aussi Philippe David, auteur du blog "Vu de droite", et Gabriel, qui s'occupe toujours du blog "Politikele". Parmi les nouveaux venus, deux de mes lecteurs : Dante, qui s'occupe d'une association toulousaine de théâtre amateur, la compagnie des Chercheurs d'étoiles, ainsi que Sauron, auteur du blog fédéraliste "FashionEuropa". Une nouvelle venue, invitée par "M.", avait également fait le déplacement : Profette, professeur d'art plastiques, de philosophie des arts et d'histoire de l'art, fondatrice de l'association "l'Art Mutin du temps qui passe" (http://artmutin.site.voila.fr/), et auteur du blog "l'Art Mutin" (http://lartmutin.blogspot.com/). Etaient également présents Pinocchio, auteur du blog "Toulousoscopie", Jacmé, auteur d'un blog écrit en occitan, et, last but not least, le Petit Grognard, ancien blogueur, redevenu simple lecteur de blogs.

Le thème du jour étant la Culture à Toulouse, Nicole Belloubet, adjointe du maire de Toulouse déléguée à la Culture, avait été invité à cette quatrième RdB. Ne pouvant s'y rendre elle-même, il avait été convenu qu'elle soit représenté par quelqu'un, mais malgré les efforts de "M." pour essayer de joindre le représentant municipal en question, censé venir à la place de Mme Belloubet, finalement, personne n'est venu. Dans ces conditions, il ne pouvait qu'être difficile de parler en détail, comme cela était initialement prévu, des Assises de la culture, organisées par la nouvelle majorité municipale de Toulouse au début du mois, dans la mesure où la plupart des participants de la RdB n'ayant pas pu y participer.


Profette, qui donne des cours d'art plastiques, de philosophie des arts et d'histoire de l'art aux adhérents de son association "l'Art Mutin du temps qui passe", et qui donne également quelques heures de cours à la prison de Seysses, a besoin de davantage de prestations et d'aides pour développer son activité. Quant à Dante, il a évoqué une mésaventure qui lui est arrivé, avant les élections municipales, en tant que responsable d'une compagnie de théâtre amateur : lorsque il a contacté le Centre culturel Henri Desbals pour proposer de venir y présenter une spectacle de théâtre inédit, on lui a répondu que les activités de ce Centre culturel étaient "essentiellement basées sur la musique" et que l'on y accueillait "que les professionnels". Si l'on ajoute Monsieur Poireau, aussi connu comme étant Monsieur Filaplomb éditeur (http://filaplomb.blog.20minutes.fr/), les acteurs culturels toulousains ne manquaient pas, à cette RdB : dommage qu'il n'ai donc pas été possible de discuter concrètement, avec un responsable de la municipalité toulousaine, de l'avenir de la culture à Toulouse. Comme "M." l'a fait avant moi sur son blog, je reproduit ici le témoignage que Dante, initialement envoyé hier sur le blog de la RdB toulousaine (http://republogtoulouse.blogspot.com/) :

"Je suis Dante, intervenant régulièrement sur le blog de Hyarion, notre anarcho-monarchiste national… :-))
Tout d’abord, j’ai été heureux de pouvoir rencontrer les différents blogueurs qui participent régulièrement à la république des blogs, malgré les divergences avec certains ou les affinités avec d’autres.
Pour en revenir au débat sur la culture, je maintiens les questions que j’ai posé précédemment, n’ayant pu obtenir de réponse de la part de la mairie. Je regrette d’ailleurs cette absence car elle aurait permis d’expliciter les axes des assises de la culture, son contenu et son suivi. Je formule en plus 2 propositions liées au thème culturel :

1/ Je pense qu’il serait intéressant de créer une journée artistique interdisciplinaire où toutes les formes artistiques se rencontrerait autour d’un thème et dans des créations qui articuleraient les différentes formes entre elles. Il serait possible d’imaginer une œuvre d’art plastique intégrant des comédiens ou des musiciens, de l’audiovisuel, etc.…Cette proposition, bien qu’encore imprécise dans la définition de ses modalités, présenterait l’avantage de promouvoir les échanges au sein du monde culturel et artistique, et rendrait leur diversité visible à travers une journée des arts accessible au public. De plus, la richesse des créations amateurs trouveraient l’occasion de pouvoir s’exprimer. Une réunion pourrait être réalisée afin de définir le thème et la date de cette « journée des arts », ainsi que de nouer les contacts, déjà existants ou en cours. La manifestation pourrait, en elle-même, se dérouler dans les différents espaces de la ville à travers la présentation de créations au public. Je pense que la mairie de Toulouse aurait toute sa place pour promouvoir et participer au projet.

2/ Existe-t-il au sein du service culturel de la mairie de Toulouse un interlocuteur auprès des associations amateurs. Je ne prône pas particulièrement la spécialisation ou l’émiettement, mais un intervenant auprès des amateurs (en association, en groupe ou en compagnie) serait apprécié afin de bénéficier d’aides ou de conseils pour l’accomplissement de certaines démarches (prêt de locaux, etc…). Les associations amateurs ont parfois du mal à trouver des locaux pour préparer leur création mais aussi pour les présenter, en dépit des structures déjà existantes. Les responsables des structures culturelles ne jouent pas toujours le jeu et cette problématique devrait, me semble-t-il, intégrer celles des axes des assises de la culture. Si l’interlocuteur en question existe, il faudrait peut-être qu’il soit plus visible ou que son rôle soit mieux défini."

Le thème initialement prévu pour cette RdB n'ayant pas pû être abordé de front, les conversations se sont éparpillées sur divers sujets entre les participants. Après avoir discuté des bêtises commises par Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa vis-à-vis de l'audiovisuel public, et après s'être interrogés, notamment avec Philippe David, sur le possible rapport entre une singulière vente aux enchères sur le site eBay et la délicate question des réserves stratégiques des Etats-Unis sous la présidence de Bill Clinton ;-), un débat s'est engagé autour du thème des langues régionales, même si, à vrai dire, il n'y a pas eu de véritable débat... Jacmé se voulant un ardent "promoteur" de la langue occitane face aux "ignorants" que certains d'entre nous étaient à ses yeux, le ton est vite monté. Jacmé, comme cela était prévisible, n'a pas manqué de dénoncer, comme il le fait régulièrement sur son blog, le "national-impérialisme français" [sic], la "colonisation" de l'Occitanie par les Français, la "xénophobie" de la littérature française, l'identité, plus ou moins "proto-nazi" selon lui, de Simon de Montfort et de Napoléon Ier, etc., etc. Bref, dans ces conditions, comme dirait Jacques Chirac, il n'y avait "pas de débat possible", ce qui est d'ailleurs bien dommage, car les langues sont, par définition, un sujet de discussion particulièrement intéressant... à condition que ce sujet ne fasse pas l'objet de manipulations politiques qui, sous prétexte de défendre la diversité culturelle, ne servent, en fait, que des intérêts communautaristes... Du reste, quand je vois avec quel acharnement les régionalistes attaquent la langue française, tandis que les Français eux-mêmes semblent moins mobilisés que jamais face aux partisans de l'hégémonie mondiale de l'anglais, ou du "globish" qui en dérive, j'aura plutôt tendance à m'inquiéter, non pas de l'avenir des langues régionales, mais bien plutôt de celui de la francophonie, évoqué récemment dans une dépêche de l'Agence France Presse :

Francophonie : face à la domination de l'anglais, un rapport prône l'offensive


La France ne "défend pas sa langue" et la Francophonie est en crise: un rapport remis mercredi [4 juin] au gouvernement prône une offensive large et "décomplexée" du français contre la domination anglo-saxonne, en donnant notamment plus de poids aux pays du Sud.

"La Francophonie est très peu connue. Il y a un manque de visibilité car en France on ne croit pas à la Francophonie et le pays ne défend pas sa langue", a expliqué Hervé Bourges, auteur de ce rapport remis au secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet.

"En France même le concept de Francophonie apparaît daté, dépassé, sans écho dans les jeunes générations", écrit cet ancien haut responsable de l'audiovisuel, personnalité engagée à gauche et militant tiers-mondiste.

Selon lui, la France porte une responsabilité dans ce "malaise" au sein de la communauté francophone, qui revendique plus de 200 millions de locuteurs, d'Haïti au Vietnam.

La France, qui vit "trop repliée sur elle-même", notamment en raison du "poids du boulet de la colonisation", est "de plus en plus perçue comme hostile par les populations francophones du Sud", note-t-il.

Pour Hervé Bourges, il faut donc "décomplexer la Francophonie", rendre plus visible les actions de l'Organisation internationale de la Francophonie qui compte 68 Etats et gouvernements, et mener une "contre-offensive linguistique, en multipliant, comme l'ont fait les Etats-Unis, les dispositions linguistiques en marge des accords commerciaux ou diplomatiques" pour imposer le français.

"Il faut reprendre l'offensive pour développer le français de manière décomplexée, à l'anglaise, parce que la bataille linguistique n'est pas seulement culturelle ou esthétique: c'est la bataille dont les enjeux véritables sont l'influence politique et la croissance économique", écrit-il.

Il souligne que le British Council vient de lancer un programme visant à faire passer le nombre de locuteurs anglophones de 2 à 3 milliards avec un investissement de 150 millions d'euros, alors que les programmes de l'OIF pour l'enseignement et la promotion du français se montent à environ 6 millions.

Pour défendre le français, Hervé Bourges propose l'intégration du concept de Francophonie à l'école et au collège, la création d'une "Académie francophone" à l'image de l'Académie française où les écrivains français seraient minoritaires. Ou encore un "programme Erasmus" pour favoriser les échanges entre les universités du Nord et du Sud.

Il prône aussi la création d'un "visa francophone" sur le modèle du "visa Commonwealth" qui permettrait de faciliter la circulation dans le monde francophone et de "matérialiser" ainsi un espace politique qui "regroupe le tiers des pays représentés à l'ONU".

Défendant une meilleure représentation des pays du Sud, notamment de l'Afrique, majoritaires au sein de la communauté francophone, il estime qu'il faut réformer la chaîne de télévision multilatérale (France, Belgique, Suisse, Canada) TV5Monde "pour l'ouvrir aux pays du Sud".

Il faut demander à ces pays du Sud "une contribution financière et leur permettre d'être dans les instances dirigeantes de cette chaîne", explique-t-il.

Globalement, la Francophonie doit être moins dépendante financièrement de la France "qui apporte aujourd'hui 50% du budget des institutions de la Francophonie", dit-il.

Il propose la création d'une "Fondation de la Francophonie" qui dépendrait de l'OIF mais qui pourrait recueillir des fonds privés pour soutenir des programmes de langues.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 4 juin 2008, 14h40)

Le "débat" sur les langues ayant rapidement tourné court, la RdB s'est ensuite plus ou moins scindée en deux groupes de discussion : Jacmé, Pinocchio, Petit Grognard, Gabriel et Philippe d'un côté ; "M.", Profette, Monsieur Poireau, Dante, Sauron et moi-même de l'autre. Après coup, "M." a eu l'impression, avec quelque raison, que cette "scission" correspondait plus ou moins au bon vieux clivage gauche/droite, tandis que Pinocchio a, pour sa part, sur son blog, tenu à qualifier ma modeste personne, ainsi que Dante et Sauron, d'"intellos de gauche" "s'écoutant parler", Petit Grognard ayant même poussé le bouchon jusqu'à considérer lesdits Dante et Sauron, toujours sur le blog de Pinocchio, comme étant des "photocopies" de votre serviteur, ayant "même profil que lui, même origine, et même taf (ou même ambition). Bref, trois profs ou futurs profs de lycée (donc de gauche) qui vont apprendre à nos gosses que les colons étaient tous des pourris… [sic]" Tout cela me fait franchement bien rigoler, tant on est bien loin de la vérité, en ce qui me concerne comme en ce qui concerne mes deux lecteurs, vérité forcément bien plus complexe que n'importe quel jugement à l'emporte-pièces, fusse-t-il sans véritable méchanceté. Les préjugés de Pinocchio, ce cher stégosaure, sont, du reste, sans surprise, et quant à Petit Grognard, dont j'apprécie toujours le franc-parler par ailleurs, je ne peux pas lui en vouloir de ne pas vraiment me connaître... :-)
Bah... après tout, tout cela n'a pas beaucoup d'importance, et la soirée a tout-de-même été agréable.

D'après "M.", la prochaine RdB de Toulouse aura lieu en septembre prochain. Si je suis disponible, je viendrai. Et j'essaierai de parler moins, pour voir la différence... ;op

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : Vue de Toulouse, huile sur toile, par Edmond Yarz [1846-1921], Salle des Illustres, Capitole, Toulouse ; bannière électronique du blog de Profette "l'Art Mutin" ; Carte des membres de l'Organisation internationale de la Francophonie, Infographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Laurence Saubadu ; Bannière électronique de la quatrième République des Blogs de Toulouse du 26 juin 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 12 commentaires - Recommander
Samedi 28 juin 2008 6 28 06 2008 21:44
Après avoir évoqué, dans un précédent article, les films de cinéma figurant dans ma vidéothèque qui sont sortis en salles entre 1940 et 1980, voici venu le tour des films sortis entre 1981 et 2007. Bien évidemment, parce qu'il en est des DVD comme des livres - à savoir que l'on ne peut pas tout acquérir -, ma vidéothèque est loin de contenir tous les films que j'apprécie. Néanmoins, à l'heure où j'écris, il y a en tout de même quelques-uns...

Excalibur (Excalibur)
Réalisation : JOHN BOORMAN
1981. Etats-Unis d'Amérique, Royaume-Uni. 140 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : John Boorman, Rospo Pallenberg, d'après Le Morte d'Arthur de Thomas Malory. Photographie : Alex Thomson. Musique : Trevor Jones, Richard Wagner, Carl Orff. Production : John Boorman, Michael Dryhurst, Robert A. Eisenstein, Edgar F. Gross / Orion Pictures Corporation. Interprétation : Nigel Terry, Helen Mirren, Cherie Lunghi, Nicol Williamson, Gabriel Byrne.

Les Aventuriers de l'Arche Perdue (Raiders of the Lost Ark)
Réalisation : STEVEN SPIELBERG
1981. Etats-Unis d'Amérique. 116 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Philip Kaufman, Lawrence Kasdan, George Lucas. Photographie : Douglas Slocombe. Musique : John Williams. Production : Frank Marshall, Robert Watts, Howard G. Kazanjian, George Lucas / Lucasfilm Ltd., Paramount Pictures. Interprétation : Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman, John Rhys-Davies, Ronald Lacey.

La Guerre du Feu
Réalisation : JEAN-JACQUES ANNAUD
1981. France, Canada, Etats-Unis d'Amérique. 100 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Gérard Brach, d'après J.H. Rosny Ainé. Photographie : Claude Agostini. Musique : Philippe Sarde. Production : Jacques Dorfmann, Véra Belmont, Denis Héroux, John Kemeny, Claude Nedjar, Garth Thomas, Michael Gruskoff / Belstar Productions, Ciné Trail, Famous Players, International Cinemedia Centre Ltd., Royal Bank, Stéphan Films. Interprétation : Everett McGill, Rae Dawn Chong, Ron Perlman, Nameer El Kadi, Gary Schwartz.

Conan le Barbare (Conan the Barbarian)
Réalisation : JOHN MILIUS
1982.
Etats-Unis d'Amérique. 129 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Oliver Stone, John Milius, d'après Robert E. Howard. Photographie : Duke Callaghan. Musique : Basil Poledouris. Production : Edward R. Pressman, Raffaella De Laurentiis, Dino De Laurentiis / Universal Pictures, Dino De Laurentiis Productions. Interprétation : Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Sandahl Bergman, Max von Sydow, Gerry Lopez.

Blade Runner (Blade Runner)
Réalisation : RIDLEY SCOTT
1982 (Final Cut : 2007). Etats-Unis d'Amérique. 112 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : David Webb Peoples, Hampton Fancher, d'après Philip K. Dick. Photographie : Jordan Cronenweth. Musique : Vangelis. Production : Michael Deeley, Ridley Scott, Ivor Powell, Run Run Shaw, Hampton Fancher, Brian Kelly / Blade Runner Partnership, The Ladd Company, Shaw Brothers. Interprétation : Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young, Daryl Hannah, Edward James Olmos.

Indiana Jones et le Temple Maudit (Indiana Jones and the Temple of Doom)
Réalisation : STEVEN SPIELBERG
1984. Etats-Unis d'Amérique. 118 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Willard Huyck, Gloria Katz. Photographie : Douglas Slocombe. Musique : John Williams. Production : Robert Watts, Kathleen Kennedy, George Lucas, Frank Marshall / Lucasfilm Ltd., Paramount Pictures. Interprétation : Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan, Amrish Puri, Roshan Seth.

La Chair et le Sang (Flesh + Blood)
Réalisation : PAUL VERHOEVEN
1985. Etats-Unis d'Amérique, Espagne. 126 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Gerard Soeteman, Paul Verhoeven. Photographie : Jan de Bont. Musique : Basil Poledouris. Production : Gijs Versluys / Impala S.A., Riverside Productions. Interprétation : Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Tom Burlinson, Jack Thompson, Fernando Hilbeck.

Out of Africa - Souvenirs d'Afrique (Out of Africa)
Réalisation : SYDNEY POLLACK
1985. Etats-Unis d'Amérique. 150 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Kurt Luedtke, d'après Karen Blixen. Photographie : David Watkin. Musique : John Barry. Production : Sydney Pollack, Terence A. Clegg / Universal Pictures, Mirage Entertainment. Interprétation : Meryl Streep, Robert Redford, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen, Malick Bowens.

Le Nom de la Rose
Réalisation : JEAN-JACQUES ANNAUD
1986. France, Allemagne, Italie. 130 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Andrew Birkin, Gérard Brach, Howard Franklin, Alain Godard, d'après Umberto Eco. Photographie : Tonino Delli Colli. Musique : James Horner. Production : Bernd Eichinger, Franco Cristaldi, Alexandre Mnouchkine, Herman Weigel, Jake Eberts, Thomas Schühly / Cristaldifilm, France 3 Cinéma, Les Films Ariane, Neue Constantin Film, RAI-Radiotelevisione Italiana, Zweites Deutsches Fernsehen. Interprétation : Sean Connery, Christian Slater, F. Murray Abraham, Michael Lonsdale, Valentina Vargas.

Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade)
Réalisation : STEVEN SPIELBERG
1989. Etats-Unis d'Amérique. 127 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : George Lucas, Menno Meyjes, Jeffrey Boam, Philip Kaufman. Photographie : Douglas Slocombe. Musique : John Williams. Production : Robert Watts, George Lucas / Lucasfilm Ltd., Paramount Pictures. Interprétation : Harrison Ford, Sean Connery, Denholm Eliott, John Rhys-Davies, Alison Doody.

Cyrano de Bergerac
Réalisation : JEAN-PAUL RAPPENEAU
1990. France. 135 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Jean-Claude Carrière, Jean-Paul Rappeneau, d'après Edmond Rostand. Photographie : Pierre Lhomme. Musique : Jean-Claude Petit. Production : René Cleitman, Michel Seydoux / Caméra One, Centre National de la Cinématographie, DD Productions, FILMS A2, Hachette Première, Investors Club, La Sofica Sofinergie, UGC Images. Interprétation : Gérard Depardieu, Anne Brochet, Vincent Perez, Jacques Weber, Roland Bertin.

Total Recall (Total Recall)
Réalisation : PAUL VERHOEVEN
1990. Etats-Unis d'Amérique. 113 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Ronald Shusett, Dan O'Bannon, Jon Povill, d'après Philip K. Dick. Photographie : Jost Vacano. Musique : Jerry Goldsmith. Production : Buzz Feitshans, Ronald Shusett / Carolco Pictures, TriStar Pictures. Interprétation : Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Ronny Cox, Michael Ironside.

La Leçon de Piano (The Piano)
Réalisation : JANE CAMPION
1993. Nouvelle Zélande, Australie, France. 121 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Jane Campion. Photographie : Stuart Dryburgh. Musique : Michael Nyman. Production : Jan Chapman, Mark Turnbull, Alain Depardieu / Ciby 2000, Australian Film Commission, New South Wales Films & TV Office. Interprétation : Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill, Anna Paquin, Kerry Walker.

Last Action Hero (Last Action Hero)
Réalisation : JOHN McTIERNAN
1993. Etats-Unis d'Amérique. 130 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Zak Penn, Adam Leff, Shane Black, David Arnott. Photographie : Dean Semler. Musique : Michael Kamen. Production : John McTiernan, Stephen J. Roth / Columbia Pictures Corporation, Oak Productions. Interprétation : Arnold Schwarzenegger, F. Murray Abraham, Austin O'Brien, Art Carney, Anthony Quinn.

Le Hussard sur le toit
Réalisation : JEAN-PAUL RAPPENEAU
1995. France. 135 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Jean-Claude Carrière, Nina Companeez, Jean-Paul Rappeneau, d'après Jean Giono. Photographie : Thierry Arbogast. Musique : Jean-Claude Petit. Production : René Cleitman, Bernard Bouix / Centre Européen Cinématographique Rhône-Alpes, Compagnie Européenne Cinématographique (CEC), Entree Europees Cineatografique, Studio Canal, France 2 Cinéma, Hachette Première et Cie. Interprétation : Juliette Binoche, Olivier Martinez, François Cluzet, Jean Yanne, Paul Freeman.

Le 13ème Guerrier (The 13th Warrior)
Réalisation : JOHN McTIERNAN
1999. Etats-Unis d'Amérique. 102 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Warren Lewis, William Wisher, d'après Michael Crichton. Photographie : Peter Menzies Jr.. Musique : Jerry Goldsmith. Production : Ned Dowd, Michael Crichton, John McTiernan, Lou Arkoff / Touchstone Pictures. Interprétation : Antonio Banderas, Dennis Storhoi, Vladimir Kulich, Diane Venora, Daniel Southern.

Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête (Sleepy Hollow)
Réalisation : TIM BURTON
1999. Etats-Unis d'Amérique. 105 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Andrew Kevin Walker, d'après Washington Irving. Photographie : Emmanuel Lubezki. Musique : Danny Elfman. Production : Scott Rudin, Adam Schroeder, Kevin Yagher, Andrew Kevin Walker, Mark Roybal, Francis Ford Coppola, Larry J. Franco, Celia D. Costas / American Zoetrope, Mandalay Pictures, Paramount Pictures, Scott Rudin Productions. Interprétation : Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson, Michael Gambon, Christopher Walken.

Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau (The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring)
Réalisation : PETER JACKSON
2001. Etats-Unis d'Amérique, Nouvelle Zélande. 175 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Peter Jackson, Frances Walsh, Philippa Boyens, d'après J.R.R. Tolkien. Photographie : Andrew Lesnie. Musique : Howard Shore, Enya. Production : Frances Walsh, Peter Jackson, Barrie M. Osborne, Tim Sanders, Rick Porras, Jamie Selkirk, Ellen M. Somers, Mark Ordesky, Harvey Weinstein, Bob Weinstein, Robert Shaye, Michael Lynne / New Line Cinema, WingNut Films, The Saul Zaentz Company. Interprétation : Elijah Wood, Viggo Mortensen, Sean Bean, Cate Blanchett, Liv Tyler.

Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours (The Lord of the Rings : The Two Towers)
Réalisation : PETER JACKSON
2002. Etats-Unis d'Amérique, Nouvelle Zélande. 178 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Peter Jackson, Frances Walsh, Philippa Boyens, Stephen Sinclair, d'après J.R.R. Tolkien. Photographie : Andrew Lesnie. Musique : Howard Shore. Production : Frances Walsh, Peter Jackson, Barrie M. Osborne, Rick Porras, Jamie Selkirk, Ellen M. Somers, Mark Ordesky, Robert Shaye, Michael Lynne / New Line Cinema, WingNut Films, The Saul Zaentz Company. Interprétation : Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Christopher Lee, John Rhys-Davies.

Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (The Lord of the Rings : The Return of the King)
Réalisation : PETER JACKSON
2003. Etats-Unis d'Amérique, Nouvelle Zélande. 200 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Peter Jackson, Frances Walsh, Philippa Boyens, d'après J.R.R. Tolkien. Photographie : Andrew Lesnie. Musique : Howard Shore. Production : Frances Walsh, Peter Jackson, Barrie M. Osborne, Tim Sanders, Rick Porras, Jamie Selkirk, Mark Ordesky, Robert Shaye, Michael Lynne / New Line Cinema, WingNut Films. Interprétation : Elijah Wood, Viggo Mortensen, Sean Astin, Orlando Bloom, Andy Serkis.

Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Eternal Sunshine of the Spotless Mind)
Réalisation : MICHEL GONDRY
2004. Etats-Unis d'Amérique. 108 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Charlie Kaufman, Michel Gondry, Pierre Bismuth. Photographie : Ellen Kuras. Musique : Jon Brion. Production : Steve Golin, Anthony Bregman, Charlie Kaufman, David L. Bushell, Glenn Williamson, Georges Bermann / Focus Features, Universal Pictures. Interprétation : Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst, Mark Ruffalo, Elijah Wood.

Alexandre (Alexander)
Réalisation : OLIVER STONE
2004. Etats-Unis d'Amérique, France, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni. 170 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Oliver Stone, Christopher Kyle, Laeta Kalogridis. Photographie : Rodrigo Prieto. Musique : Vangelis. Production : Moritz Borman, Jon Kilik, Iain Smith, Thomas Schuly, Matthias Deyle, Fernando Sulichin / Pathé, Warner Bros., Intermedia Films, France 2 Cinéma, France 3 Cinéma, Egmond Film & Television, Pacifica Film, IMF Internationale Medien und Film GmbH & Co. Produktions KG. Interprétation : Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer, Anthony Hopkins, Jared Leto.

Kingdom of Heaven (Kingdom of Heaven)
Réalisation : RIDLEY SCOTT
2005. Etats-Unis d'Amérique, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni. 145 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : William Monahan. Photographie : John Mathieson. Musique : Harry Gregson-Williams. Production : Ridley Scott, Branko Lustig, Lisa Ellzey, Terry Needham / 20th Century Fox, Scott Free Productions, Kanzaman. Interprétation : Orlando Bloom, Eva Green, Jeremy Irons, David Thewlis, Ghassan Massoud.

Black Book (Zwartboek)
Réalisation : PAUL VERHOEVEN
2006. Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni. 145 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Gerard Soeteman, Paul Verhoeven. Photographie : Theo van de Sande. Musique : Anne Dudley. Production : Paul Verhoeven, Jos van der Linden, San Fu Maltha, Frans van Gestel, Jeroen Beker, Jens Meurer, Teun Hilte, Marc Noyons, Jindra Markus, Sonja B. Zimmer, Andreas Grosch, Andrea Schmid, Marcus Schofer, Henning Molfenter, Carl Woebcken, Jamie Carmichael, Graham Begg, Sara Giles / Fu Works Productions. Interprétation : Carice van Houten, Thom Hoffman, Halina Reijn, Sebastian Koch, Waldemar Kobus.

Sa Majesté Minor
Réalisation : JEAN-JACQUES ANNAUD
2007. France, Espagne. 100 min. Couleur. HDCam.
Scénario : Gérard Brach. Photographie : Jean-Marie Dreujou. Musique : Javier Navarrete. Production : Xavier Castano, Jaume Roures / Repérages, Studio Canal, Malvarrosa Media, MediaPro, Pathé Renn Productions, France 2 Cinéma, France 3 Cinéma, Canal +, CinéCinémas. Interprétation : Vincent Cassel, José Garcia, Claude Brasseur, Mélanie Bernier, Sergio Peris-Mencheta.

Stardust, le mystère de l'étoile (Stardust)
Réalisation : MICHAEL VAUGHN
2007. Etats-Unis d'Amérique. 128 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Matthew Vaughn, Jane Goldman, d'après Neil Gaiman. Photographie : Ben Davis. Musique : Ilan Eshkeri. Production : Micheal Dreyer, Neil Gaiman, Lorenzo di Bonaventura, Matthew Vaughn, Tarquin Pack, Peter Morton, David Womark, Kris Thykier, Stephen Marks / Di Bonaventura Pictures, Ingenious Film Partners, Paramount Pictures. Interprétation : Michelle Pfeiffer, Robert De Niro, Claire Danes, Charlie Cox, Sarah Alexander.

La Légende de Beowulf (Beowulf)
Réalisation : ROBERT ZEMECKIS
2007. Etats-Unis d'Amérique. 113 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Roger Avary, Neil Gaiman. Photographie : Robert Presley. Musique : Alan Silvestri. Production : Robert Zemeckis, Steve Starkey, Jack Rapke, Steve Bing, Martin Shafer, Roger Avary, Neil Gaiman / Shangri-La Entertainment, Warner Bros., Imagemovers, Paramount Pictures. Interprétation : Ray Winstone, Brendan Gleeson, Anthony Hopkins, Robin Wright Penn, John Malkovich.

Voila. C'est tout... Du moins pour le moment. Concernant l'avenir du format DVD classique, il parait que le HD-DVD ou le Blue-Ray Disc vont bientôt tout écraser sur leur passage (dit-on !), mais, à vrai dire, il n'est pas impossible que je procède encore, d'ici la fin de cette année, à quelques acquisitions supplémentaires de films de cinéma sous forme de DVD... Nous verrons bien si des occasions se présentent. Du reste, le vieux lecteur de DVD que j'utilise fonctionne toujours, même après toutes ces années d'activité : pourquoi ne pas continuer à en profiter ?

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : ©DR)
Par Hyarion - Publié dans : Dans la vidéothèque
- Voir les 13 commentaires - Recommander
Mardi 24 juin 2008 2 24 06 2008 20:33
Certaines affirmations, sans être forcément très étonnantes, sont de nature à me laisser franchement perplexe. Ainsi, depuis la fondation de ce blog, on laisse parfois entendre, ici ou là, que je serais un "anti-sarkozyste primaire". C'est faux, bien entendu. C'est idiot, même. Une telle affirmation ne peut être que superficielle, surtout venant de personnes qui se considèrent comme étant des "réalistes". Sachez, chers lecteurs, que, de toute façon, je ne montre ici que ce que je veux bien montrer, et que seuls ceux qui me connaissent un peu - et ils sont, en vérité, très peu nombreux - peuvent avoir un jugement un petit peu équilibré en ce qui concerne mes opinions politiques. Etre farouchement anti-sarkozyste ne signifie pas être simpliste, ou manichéen, comme le sont tant d'extrémistes, à gauche comme à droite. J'estime simplement que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa est, en dépit de son mouvementisme surmédiatisé, une perte de temps pour la France. A ce titre, je souhaite qu'il soit évacué au plus vite de la vie politique française, tout comme son épouvantable fils Jean, qui affiche déjà, à 21 ans, des ambitions que certains pourraient s'amuser à considérer comme étant un héritage génétique (déjà repéré à l'âge de trois ans ?)... Après, chacun peut bien penser ce qu'il veut. Pour ma part, je m'efforce d'éviter de mettre les gens dans des cases toutes faites, et je ne peux que souhaiter que les autres en fassent autant, même si c'est difficile. Les choses sont toujours plus compliquées et ambiguës qu'on le pense au premier abord, et il est toujours sage, à mon sens, de se garder, autant que possible, d'émettre des jugements hatifs sur autrui...


Mais venons-en, sans plus tarder, au sujet de cet article : la réforme des institutions de la République française. C'est un sujet qui me tient à coeur, mais auquel je n'ai pas eu l'opportunité de consacrer le moindre article depuis le 13 avril... 2007. Il faut dire que cette réforme a beaucoup trainé en longueur durant ces derniers mois, et qu'il n'est pas toujours très facile, aujourd'hui encore, de suivre les épisodes du feuilleton politique consacré au sujet. Bien que le projet de réforme des institutions soit toujours en discussion au Parlement à l'heure où j'écris, je vais essayer de l'évoquer ici succintement...

Tout d'abord, je me permets de rappeler les quelques souhaits que j'avais formulé l'année dernière, pendant la campagne présidentielle, en matière de réforme des institutions :

Présidence de la République et pouvoir exécutif :

L'élection du président de la République au suffrage universel direct étant incontestable, et le quinquennat ayant été adopté en 2000 - bien que j'ai voté "non" au référendum sur son adoption à l'époque -, il me parait nécessaire d'aller au bout de la logique, en instaurant un régime présidentiel à la française, dans lequel le gouvernement procède du président de la République, et non du Parlement, car il doit y avoir un lieu de responsabilité dans l'Etat. Le président de la République doit être responsable de l'exécutif, et il n'y a pas lieu de s'en offusquer pour peu que le Parlement contrôle ledit exécutif, la loi de finances - et son exécution -, la loi de financement de la sécurité sociale, etc. 

Parlement :

Dans le cadre d'un régime présidentiel, la force et l'indépendance du Parlement par rapport à l'exécutif doit être évidemment affermi.
- Le Parlement français est peut-être celui où les commissions parlementaires sont les moins nombreuses. La limitation à six du nombre des commissions permanentes (article 43 de la Constitution) doit être modifié. Ces commissions ont des compétences trop variées et trop disparates, ce qui les empêchent d'exercer pleinement leurs fonctions, et en particulier leurs fonctions de contrôle. Il faudrait donc davantage de commissions, peut-être le double du nombre d'aujourd'hui, et dont la moitié serait désormais présidée par des parlementaires de l'opposition, sans que cela menace l'équilibre des institutions.
- Il faut en finir avec le cumul des mandats pour les parlementaires, qui doit être interdit. La suppression de la possibilité de voter par procuration pour les députés, et un salaire des parlementaires indexé sur leur présence à l'Assemblée, me paraissent également nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de l'institution parlementaire, et pour redorer quelque peu l'image du Parlement et de ses membres.
- Le système de la Ve République, conçu pour compenser l'absence du fait majoritaire, ne s'est pas adapté à la naissance de celui-ci. A l'époque où le président François Mitterrand et les socialistes au pouvoir avait mis en place la proportionnelle, de façon éphémère et circonstancié, en 1985-1986, on avait alors déjà souligné l'injustice et le risque de clientélisme liés au scrutin majoritaire. La représentation des citoyens au Parlement doit être la plus juste possible. Or, l'évolution vers un régime présidentiel rend désormais possible l'usage de la proportionnelle, en totalité ou en partie, pour l'élection des députés, puisque la stabilité gouvernementale ne peut pas être mise en cause. Dans ce contexte, l'introduction d'une part de proportionnelle (20 %, par exemple) pour l'élection des députés est tout à fait envisageable, et même souhaitable. 
- L'abolition de l'article 49.3 de la Constitution et du vote bloqué peut être envisagé en ce qui concerne les lois ordinaires. Rappelons que l'article 49.3, dit d' « engagement de responsabilité », permet au gouvernement de faire passer le texte qu'il présente, sans vote, sous couvert du rejet de la motion de censure que l'opposition se doit de déposer pour la forme, avec peu d'espoir de réussite, et que le vote bloqué ou vote unique, procédure inscrite à l'article 44.3 de la Constitution, permet au Gouvernement de demander à l'une ou l'autre assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par lui.
- L'Assemblée Nationale ne sert à rien pendant la campagne électorale. Il faut modifier son statut : soit l'Assemblée siège et vote des lois pendant la campagne, soit elle n'existe plus jusqu'à la prochaine législature.
- Enfin, on ne pourra pas faire l'économie d'une sérieuse réforme du Sénat, qui représente une sorte de "plan de fin de carrière" pour un certain nombre de politiciens, et qui est une institution toujours fermée aux changements politiques, contrairement à l’Assemblée. La durée du mandat de sénateur étant progressivement réduite de 9 à 6 ans, depuis 2004, on doit aller plus loin, en réformant le mode de scrutin des élections sénatoriales et en supprimant le veto du Sénat en matière constitutionnelle.
 
Conseil constitutionnel :

- Le Conseil Constitutionnel doit pouvoir s'auto-saisir lorsqu'une loi lui paraît non-conforme à la Constitution. En l'absence d'une saisine parlementaire, par absence de volonté politique, une loi contraire à la Constitution peut entrer en vigueur, avec les dérives que cela peut permettre. Une saisine du Conseil indépendante du pouvoir législatif et exécutif doit donc pouvoir être possible.

Élections :

- Tous les étrangers, d'où qu'ils viennent, résidant en France depuis plus de dix ans, voire cinq ans, qui sont intégrés, qui parlent français, doivent pouvoir voter aux élections locales. En fonction de ces critères, on doit, par ailleurs, pouvoir leur faciliter l'acquisition de la nationalité française.
- La prise en compte des votes blancs dans la détermination des suffrages exprimés, devrait pouvoir permettre de ne pas les assimiler à des votes nuls.

Voila pour les souhaits personnels. Maintenant, passons au feuilleton politique lié au projet de réforme des institutions lancé l'année dernière, après les élections.


Rappelons tout d'abord que le 12 juillet 2007, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa avait lancé, à l'occasion d'un discours prononcé à Epinal (Vosges) sur le thème de la "démocratie irréprochable", un chantier sur les institutions, et que quelques jours plus tard, le 18 juillet, avait été mise en place, à l'Elysée, un "comité de réflexion" sur les institutions - présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur, et comptant notamment parmi ses membres l'ancien ministre socialiste Jack Lang -, comité chargé par Sarkozy de lui "faire des propositions d'ici au 1er novembre" en faveur d'une "République irréprochable". Après plusieurs semaines de travail, le 29 octobre, le comité présidé par Balladur a remis à l'actuel chef de l'Etat un texte contenant de nombreuses propositions, mais sans que l'on soit bien sûr de la suite des évènements, compte tenu de la tendance qu'a habituellement Sarkozy de courir après plusieurs lièvres à la fois :


Réforme des institutions : le rapport Balladur remis à Sarkozy, calendrier incertain


Le rapport Balladur sur les institutions - 77 propositions de "modernisation" allant du mode de scrutin législatif aux pouvoirs du chef de l'Etat - a été remis lundi [29 octobre] à Nicolas Sarkozy alors que l'incertitude demeure sur son calendrier d'examen puis de vote par le Congrès.

La réforme des institutions faisait partie des engagements électoraux du chef de l'Etat qui va devoir maintenant décider quelles propositions il retient parmi celles présentées par le comité de réflexion sur les institutions, avant que soit élaboré un projet de révision constitutionnelle soumise aux deux assemblée, puis au vote du Congrès.
Initialement, celui-ci devait se tenir avant les élections municipales. Mais l'adoption [récente] à Lisbonne par les 27 du Traité européen simplifié a modifié la donne.
Voulant capitaliser sur ce succès personnel, le chef de l'Etat veut aller vite pour que le traité soit ratifié par le Parlement français avant les scrutins du printemps 2008. Ce qui passe, là aussi, par la réunion des deux assemblées en congrès.
Confronté au casse-tête de l'organisation de deux congrès en temps limité, l'exécutif a clairement fait savoir que sa priorité allait au Traité simplifié. Et que, du coup, l'adoption de la réforme institutionnelle n'aurait sans doute lieu qu'après les municipales.
Quelques déclarations contradictoires aidant dans les milieux proches du pouvoir, il n'en fallait pas plus que ce report soit interprété comme une volonté politique d'enterrer la réforme.
D'autant que jusque dans les rangs de l'UMP, certains de ses aspects - proportionnelle ou limitation stricte du cumul des mandats - sont loin de faire l'unanimité. Et qu'il ne sera pas facile au pouvoir d'obtenir la majorité de 3/5e au congrès pour la faire entériner.
Néanmoins, tous s'accordaient lundi à faire preuve d'optimisme, à commencer par le président du comité, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. "Je sais bien que depuis quelques jours, le thème c'est  « c'est reporté, c'est enterré ». Ne vous laissez pas abuser par pareille généralisation", a-t-il lancé à la presse.
Le président Sarkozy "est déterminé à réaliser cette réforme. Il n'est pas question du moindre recul, il s'agit au contraire d'avancer et, si possible, de faire adopter en première lecture le texte en janvier", a assuré le député PS Jack Lang, vice-président du comité.
Il a formulé "l'espoir qu'une première lecture puisse avoir lieu (devant l'Assemblée nationale) en janvier prochain".
Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a lui aussi souhaité que le "processus d'examen commence assez rapidement", tandis que la porte-parole du parti majoritaire Nadine Morano assurait que "l'engagement du président de la République sera tenu".
Par delà le calendrier, le débat devrait aussi porter sur la nature des modifications apportées à l'équilibre institutionnel.
Pour les 13 membres du comité, les 77 propositions, dont la mise en oeuvre aboutirait à modifier ou créer 41 articles dans la Constitution (sur 97) ont pour priorité de "démocratiser le fonctionnement de la Ve République" et favoriser "un exercice du pouvoir plus équilibré".
"L'essentiel du rapport, c'est le renforcement des droits du Parlement et des droits des citoyens (...) Ce n'est pas le renforcement des pouvoirs du président de la République", a affirmé M. Balladur à sa sortie de l'Elysée.
Avis qu'on est loin de partager au PS. François Hollande reconnait des "avancées" sur les droits du Parlement, mais il a fait part de son refus d'une "proportionnelle pas véritablement instillée" et d'un "pouvoir présidentiel renforcé".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 29 octobre 2007, 16h43)

Parce que je ne suis pas un "antisarkozyste primaire", cela ne me dérange pas de le reconnaître : à l'époque, certaines popositions du comité présidé par Balladur m'ont semblé aller plutôt dans le bon sens... En voici quelques-unes :

- Proposition 1 :
Rôle du président de la République :
Ajout à l'article 5 de la Constitution : "Le président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par ses arbitrages, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. Il définit la politique de la nation."

- Proposition 8 :
Nominations par le président de la République : introduire une procédure de contrôle parlementaire sur certaines nominations.

- Proposition 10 :
Etat d'urgence et état de siège :
Modification de l'article 36 : "L'état de siège et l'état d'urgence sont décrétés en conseil des ministres. Leur prorogation au-delà de douze jours ne peut être autorisée que par la loi. Une loi organique définit ces régimes et précise leurs conditions d'application."

- Proposition 11 :
Contrôle de l'exercice des pouvoirs exceptionnels par le président de la République :
Ajout à l'article 16 : "[...] Au terme d'un délai de trente jours, le Conseil constitutionnel peut être saisi par 60 députés ou 60 sénateurs aux fins d'apprécier si les conditions fixées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce par un avis qu'il rend dans les moindres délais. Il procède de lui-même à cet examen après soixante jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà."

- Proposition 13 :
Interventions du président de la République dans les médias audiovisuels : prendre en compte ces interventions dans le temps de parole de l'exécutif.

- Proposition 14 :
Budget de la présidence de la République :
Prévoir la prise en compte de la totalité des crédits nécessaires à son fonctionnement et instituer un contrôle par la Cour des comptes de leur utilisation comme pour les autres pouvoirs publics constitutionnels.

- Proposition 18 :
Cumul des mandats pour les ministres : interdire tout cumul entre une fonction ministérielle et un mandat électif.

- Proposition 19 :
Ordre du jour : donner à la conférence des présidents de chaque assemblée parlementaire le pouvoir de fixer son ordre du jour.

- Proposition 20 :
Limiter à la moitié du temps de séance - contre la totalité actuellement - la faculté pour le gouvernement d'imposer l'examen de textes ou débats préparés ou acceptés par lui.

- Proposition 23 :
Article 49-3 (permettant l'adoption d'un projet de loi sans vote) : limiter la portée de cet article aux seules lois de finances et de financement de la Sécurité sociale.

- Proposition 25 :
Préparation des projets de loi : imposer des études d'impact préalables au dépôt des projets de lois, avec une procédure spéciale de contrôle par le Conseil constitutionnel.

- Proposition 27 : Rendre publics les avis du Conseil d'Etat sur les projets de loi.

- Proposition 28 : Soumettre pour avis des propositions de loi au Conseil d'Etat.

- Proposition 31 :
Encadrement du pouvoir d'amendement du gouvernement :
Ajout à l'article 44. "[...] Le gouvernement ne peut introduire, par amendement à un projet de loi, de disposition nouvelle autre que celles qui sont en relation directe avec une des dispositions du texte en discussion ou dont l'adoption est soit justifiée par des exigences de caractère constitutionnel soit nécessitée par la coordination avec d'autres textes en cours d'examen au Parlement. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux projets de loi de finances ou de financement de la Sécurité sociale."

- Proposition 34 :
Nombre de commissions : permettre à chaque assemblée de constituer en son sein jusqu'à dix commissions permanentes, contre six aujourd'hui (cf. article 43 de la Constitution).

- Proposition 35 :
Présidences de commission : répartir les présidences de commission parlementaire à la proportionnelle des groupes.

- Proposition 37 :
Textes soumis au débat en séance publique : discuter en séance publique sur le texte issu des travaux de la commission, et non plus sur le projet du gouvernement.

- Proposition 38 :
Amélioration de la préparation des débats législatifs :
Ajout à l'article 42 : "[...] En première lecture, la discussion d'un texte en séance ne peut intervenir qu'à l'expiration d'un délai de deux mois après son dépôt puis, dans la seconde assemblée saisie, à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de sa transmission. Les dispositions de l'alinéa précédent ne s'appliquent pas si, à la demande du gouvernement, l'assemblée intéressée le décide."

- Proposition 45 :
Questions au gouvernement : extension des droits du Parlement.
Prévoir l'organisation de plein droit de séances de questions au gouvernement pendant les sessions extraordinaires.

- Proposition 49 :
Europe : organisation du Parlement pour suivre les affaires européennes.
Constituer au sein de chaque assemblée un comité des affaires européennes chargé notamment d'un contrôle du principe de subsidiarité.

- Proposition 53 :
Politique étrangère et de défense : informer sans délai le Parlement de toutes opérations militaires hors du territoire national et soumettre à autorisation législative la prolongation de ces interventions au-delà d'une durée de trois mois.

- Proposition 56 :
Disponibilité des parlementaires : interdire tout cumul entre un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale.

- Proposition 63 :
Concernant le Sénat, actualisation du collège pour l'élection des sénateurs : mieux tenir compte de la démographie dans la composition du collège électoral sénatorial.

- Proposition 64 :
Egalité du suffrage : instaurer une procédure impartiale de redécoupage périodique (tous les dix ans) des circonscriptions électorales pour tenir compte des évolutions démographiques.

- Proposition 69 :
Justice : présidence du Conseil supérieur de la magistrature.
Mettre fin à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature par le président de la République et lui substituer dans cette fonction une personnalité indépendante.

- Proposition 70 :
Justice : composition du Conseil supérieur de la magistrature.
Elargir la composition du Conseil supérieur de la magistrature, et ne plus faire du Garde des Sceaux un membre de droit.

- Proposition 74 :
Droits fondamentaux et contrôle de constitutionnalité par le Conseil constitutionnel :
Article 61 : "Le Conseil constitutionnel peut, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, être saisi par voie d'exception aux fins d'apprécier la conformité d'une loi aux libertés et droits fondamentaux reconnus par la Constitution. Le Conseil constitutionnel est, à la demande du justiciable, saisi dans les conditions fixées par une loi organique sur renvoi du Conseil d'Etat, de la Cour de cassation, des juridictions qui leur sont subordonnées ou de toute autre juridiction ne relevant ni de l'un ni de l'autre."

- Proposition 75 :
Composition du Conseil constitutionnel : appliquer à toutes les nominations au Conseil constitutionnel la procédure d'encadrement du pouvoir de nomination ; tirer les conséquences de la juridictionnalisation des missions du Conseil constitutionnel en prévoyant pour l'avenir que les futurs anciens présidents de la République n'en seront pas membres de droit.

D'autres propositions étaient plutôt mauvaises, voire franchement inadmissibles, mais je ne peux pas tout évoquer ici, car le temps me manque... Toujours est-il que quelques jours après avoir reçu le rapport du comité présidé par Balladur, Sarkozy de Nagy-Bocsa a rendu publics ses choix en matière de réforme des institutions. Tous ses choix n'étaient pas forcément bons... mais tous n'étaient pas forcément mauvais : et cela ne me gène pas de le reconnaître !

Les choix de l'Elysée en matière de réformes des institutions



Le président Nicolas Sarkozy a adressé au Premier ministre, François Fillon, une "lettre d'orientation" où il annonce ses choix en matière de réforme des institutions, dans le but de parvenir à un meilleur équilibre des pouvoirs.

La plupart ont été puisés dans les conclusions du comité sur la réforme des institutions mis en place par le chef de l'Etat et présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur.

Voici un résumé du contenu de cette lettre, adressée lundi [12 novembre] et dont l'Elysée a publié une copie :

"Un pouvoir exécutif mieux contrôlé":

- Limitation à deux des mandats successifs exercés par un même président.

- Intervention du chef de l'Etat devant le Parlement, suivie d'un débat.

- Renforcement du contrôle exercé sur les pouvoirs exceptionnels (état d'urgence, état de siège).

- Droit de regard du Parlement "sur les nominations les plus importantes".

- Droit de grâce du chef de l'Etat "réservé à des cas individuels" et précédé de l'avis d'une commission de sages.

- Contrôle par la Cour des comptes des budgets des pouvoirs publics.

- Interdiction du cumul d'une fonction ministérielle avec tout mandat électif. En contrepartie, les anciens ministres pourraient retrouver leur siège au Parlement.

- Pas de modification des articles répartissant les rôles entre le président de la République, le Premier ministre et le Parlement.

"Un Parlement renforcé":

- Renforcement de la proportionnelle au Sénat ou introduction partielle à l'Assemblée nationale.

- Encadrement de l'usage de l'article 49-3 de la Constitution (qui serait limité aux périodes durant lesquelles le gouvernement ne dispose pas d'une majorité absolue au Parlement).

- Encadrement du recours à la procédure d'urgence.

- Délai minimum d'un mois, plutôt que deux, entre le dépôt d'un texte au Parlement et son examen.

- Cumul des mandats. Nicolas Sarkozy demande à François Fillon de "soumettre à la concertation l'ensemble des solutions possibles".

- "Renforcement des sanctions contre l'absentéisme parlementaire".

- "Encadrement plus strict de la possibilité offerte aux parlementaires d'exercer certaines fonctions professionnelles".

"Des droits nouveaux pour les citoyens"

- "Les droits des citoyens doivent évoluer au même rythme que la société".

- Le Conseil supérieur de la magistrature "ne doit plus être composé à majorité de magistrats et le président de la République doit cesser de le présider".

- Possibilité pour les citoyens de saisir "le Conseil constitutionnel de la constitutionnalité des lois déjà promulguées au regard des droits fondamentaux".

- Création d'un défenseur des droits fondamentaux sur le modèle espagnol du "défenseur du peuple".

(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 13 novembre 2007, 13h29)

Par la suite, l'adoption du projet de réforme des institutions voulue par Sarkozy supposant l'assentiment des 3/5èmes du Parlement, l'avant-projet de réforme a été édulcorée pour favoriser un consensus entre majorité et opposition, l'exécutif ayant, par ailleurs, finalement renoncé, de façon assez lâche, à introduire dans le projet de réforme constitutionnelle une dose de scrutin proportionnel et, surtout, l'interdiction du cumul des mandats pour les ministres et les parlementaires. L'examen du projet de réforme par le Parlement, initialement prévu avant les élections municipales, a été reporté après les scrutins locaux du mois de mars. Ledit projet de réforme constitutionnelle, sur lequel Sarkozy s'était fortement engagé, a finalement été adopté le 23 avril en Conseil des ministres, sans certitude d'une majorité au Congrès pour le voter. Selon l'Elysée, la "quasi-totalité" des propositions du comité présidé par Balladur ont été reprises dans ce projet, auquel ont été ajoutées deux dispositions, sur la demande expresse de l'actuel chef de l'Etat : limitation à deux des mandats présidentiels consécutifs, fixation du nombre maximum de ministres et des autres membres du gouvernement par loi organique. Toutefois, on savait déjà à l'époque que la seule disposition à laquelle Sarkozy de Nagy-Bocsa tienne vraiment, depuis le début, est une disposition de convenance personnelle - qui, de facto, est inacceptable - autorisant le chef de l'Etat à s'adresser directement au Parlement, soit réuni en congrès, soit devant l'une ou l'autre chambre, sa déclaration pouvant donner lieu, hors de sa présence, à un débat, mais qui ne pourrait être suivi d'aucun vote. Pour ce qui est de la question du cumul des mandats, de celle de l'introduction de la proportionnelle, et de celle de la réforme du mode de scrutin pour les sénateurs, il faudra repasser... Enfin arrivé devant l'Assemblée Nationale pour une première lecture le 20 mai dernier, le texte du projet de réforme a fait l'objet de bien des débats, pendant de longs jours, pour finalement être voté le 3 juin dernier.

L'Assemblée adopte le projet de loi de réforme des institutions


L'Assemblée nationale a adopté mardi [3 juin] le projet de loi constitutionnelle, mettant fin au premier acte de la réforme des institutions, le PS et la majorité se donnant à nouveau rendez-vous pour chercher un compromis lors de l'examen du texte à partir du 17 juin au Sénat.

Le projet a été adopté par 315 voix (la majeure partie de l'UMP, Nouveau Centre) contre 231 (PS, PCF et Verts ainsi que quelques voix UMP) et 23 abstentions.

Après plusieurs semaines de tergiversations, chaque camp a finalement réussi à faire respecter la discipline de vote : seuls 13 députés ont voté contre à l'UMP, 5 autres s'abstenant.

Comme ils l'avaient annoncé, l'ensemble des députés PS ont voté contre, y compris les signataires d['un] appel en faveur de la réforme, Jack Lang, qui avait été vice-président de la commission Balladur ayant préparé le projet, préférant ne pas prendre part au vote.

"Il y a des « non » qui voudraient pouvoir dire oui, tel est aujourd'hui le sens du vote des députés PS, un non ouvert, un non en forme d'attente et peut-être même d'espoir", a indiqué leur chef de file, Jean-Marc Ayrault.

"Nous vous avons tendu la main. Vous ne l'avez pas saisie", a ajouté M. Ayrault selon lequel c'est "le président de la République qui a donné l'ordre à la majorité de ne rien concéder".

"Pour notre part tout est encore possible, notre vote n'est pas figé, ni définitif" a-t-il dit en lançant, sous forme d'invitation : "au Congrès nous espérons sincèrement pouvoir dire oui. Cela dépend de vous".

PCF et Verts ont voté contre et annoncé qu'ils en feraient autant lors des prochaines lectures. "Notre non ne sera ni un non d'attente ni un non d'espoir. C'est un non ferme et sans illusion", a lancé Noël Mamère en résumant la réforme à un "toilettage" et un "rafistolage".

Comme il y a deux semaines, au début du marathon législatif, c'est François Fillon qui est monté à la tribune pour défendre la réforme et appeler l'opposition à "l'esprit d'union".

Après "près d'une vingtaine" de modifications inspirées de l'opposition, "je (lui) dit que la cohérence voudrait que cet esprit d'union se manifeste jusqu'au bout".

Car "on ne peut pas, d'une main, enrichir le contenu d'un texte, et de l'autre main, voter contre sa mise en oeuvre", a-t-il plaidé en jugeant que ce n'était que le "début du chemin qui mène au Congrès".

Le porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé a estimé cette "première étape encourageante" et encouragé le PS à adopter, au congrès, une "attitude constructive".

Pour le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, ce "vote du premier tour permet d'espérer que la poursuite de travaux permettra (...) de dégager une majorité".

Mais les alliés NC de l'UMP se sont montrés plus divisés sur le vote : 17 ont voté pour mais 6 se sont abstenus.

"Sur ce texte, nous avons avons trouvé une ouverture bien plus large qu'à l'accoutumée", s'est réjoui Jean-Christophe Lagarde en considérant cependant qu'il "reste à convaincre sur certains points".

Mais le président du groupe, Jean-François Sauvadet, a fait état "d'insatisfactions réelles" et demandé à l'UMP de "respecter ses engagements" en prévenant que le « oui » de mardi ne "préjugeait pas du vote final".

Un avertissement au gouvernement car pour faire voter la réforme - à la majorité des 3/5èmes des suffrages exprimés - le gouvernement a besoin de toutes les voix de sa majorité, et celles des alliés NC.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 4 juin 2008, 7h43)

Réforme des institutions : les principaux points du texte adopté par les députés


Les députés ont adopté en première lecture par 315 voix contre 231, mardi 3 juin, le projet de révision constitutionnelle sur les institutions. Voici les principales modifications apportées au texte.

Pouvoirs de défense. Les députés ont supprimé l'article qui proposait de transférer la responsabilité de la politique de défense du premier ministre au président de la République.

Contrôle des nominations. Les commissions permanentes des deux assemblées disposeront d'un droit d'opposition à la majorité des trois cinquièmes sur les nominations proposées par le président de la République.

Intervention du chef de l'Etat. Il pourra s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès et non pas devant l'une ou l'autre des assemblées. Cette déclaration pourra être suivie, en dehors de sa présence, d'un débat sans vote.

Mission et composition du Parlement. Le Parlement se voit reconnu un rôle d'"évaluation des politiques publiques". Le nombre de députés est limité à 577. Les Français établis hors de France seront représentés à l'Assemblée.

Ordre du jour du Parlement. Le gouvernement disposera de la priorité sur la moitié du calendrier, ainsi que pour le projets de loi de finances (PLF), le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et les textes "en navette". Sous réserve de ces priorités gouvernementales, chaque assemblée consacrera une semaine de séance par mois aux activités de contrôle et à l'évaluation.

Intervention des forces armées à l'étranger. Le gouvernement informe le Parlement dans les trois jours. Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, sa prolongation doit être autorisée par le Parlement.

Contrôle de constitutionnalité. Un justiciable pourra saisir le Conseil constitutionnel, par l'intermédiaire du Conseil d'Etat ou de la Cour de cassation, s'il soutient qu'une disposition législative porte atteinte aux droits garantis par la Constitution.

Conseil supérieur de la magistrature (CSM). La formation plénière, présidée par le premier président de la Cour de cassation, comprendra 3 magistrats du siège, 3 magistrats du parquet et 8 non-magistrats : 5 personnalités qualifiées désignées par le président de la République, les présidents des deux assemblées, le président du Conseil économique et social et le Défenseur des droits des citoyens, 1 conseiller d'Etat, 1 avocat et 1 professeur des universités. Chaque formation compétente (siège et parquet) sera composée de 7 magistrats et des 8 personnalités extérieures.

Elargissement de l'Union européenne. La ratification des traités d'adhésion pour les Etats dont la population représente plus de 5 % de celle de l'UE devra être soumise à référendum.

De nouvelles dispositions ont également été adoptées.

Langues régionales. La Constitution reconnaît qu'elles "appartiennent au patrimoine de la nation".

Référendum. A l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits, une proposition, à condition qu'elle ne vise pas à abroger une disposition législative promulguée depuis moins d'un an, pourra être soumise à référendum.

Equilibre budgétaire. Les orientations pluriannuelles des finances publiques doivent s'inscrire dans un objectif d'équilibre.

Parité professionnelle. "La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales."

(Patrick Roger, Le Monde, 4 juin 2008)


Arrivé devant le Sénat depuis le 17 juin dernier, le texte adopté par les députés a été examiné par les sénateurs dans un contexte général de refus de la majorité d'accorder des concessions à la gauche ou à ses alliés centristes, ladite majorité ayant même souhaité revenir sur des initiatives prises par des députés UMP. Le 18 juin, la majorité sénatoriale a refusé d'accorder un droit de vote aux étrangers pour les élections locales. Ladite majorité a également refusé d'entériner le compromis obtenu à l'Assemblée Nationale sur la reconnaissance des langues régionales, que les députés UMP avaient pourtant arraché au gouvernement (j'avoue, au passage, être tout-de-même plutôt satisfait de ce rejet sénatorial de la reconnaissance constitutionnelle des langues régionales : la langue de la République française est le français, et il n'y a pas à y revenir). Le lendemain, 19 juin, la même majorité sénatoriale a rejeté un amendement du PS au projet de réforme destiné à inscrire dans la Constitution une nouvelle règle des trois-tiers sur le décompte du temps de parole entre majorité et opposition dans l'audiovisuel (un tiers du temps de parole pour le président de la République et les membres du gouvernement, un tiers pour la majorité parlementaire, un tiers pour l'oppostion parlementaire). Le même jour, le Sénat a entériné, de mauvaise grâce et en l'encadrant davantage encore qu'à l'Assemblée, le principe d'un référendum d'initiative populaire, en imposant un seuil minimum de participation des électeurs - fixé par une loi - pour que le texte soumis à référendum puisse être adopté. Le 20 juin, les sénateurs, contre toute attente, ont refusé de modifier le droit de grâce comme le souhaitait Sarkozy de Nagy-Bocsa - qui voulait mettre fin aux traditionnelles remises de peine collectives du 14 juillet et n'accorder au président de la République qu'un "droit de grâce à titre individuel" -, rétablissant ainsi tel quel le dispositif actuellement prévu par l'article 17 de la Constitution. En revanche, le même jour, 20 juin, la majorité sénatoriale a approuvé, conformément au voeu très personnel de l'égocentrique Sarkozy, la fameuse disposition autorisant le président de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès. Le 23 juin, les sénateurs ont supprimé un amendement introduit par les députés rendant obligatoire un référendum pour une adhésion éventuelle à l'Union Européenne d'Etats dont la population représente plus de 5 % de celle de l'UE, amendement visant en fait spécifiquement la Turquie. Enfin, aujourd'hui, 24 juin, les sénateurs ont supprimé, contre la volonté du gouvernement, le droit, pour les anciens présidents de la République, de siéger automatiquement au Conseil constitutionnel, la suppression de ce droit ne s'appliquant toutefois pas aux anciens présidents Giscard et Chirac, qui pourront continuer à siéger audit Conseil. Auparavant, ce même jour, les sénateurs ont également refusé, là encore contre l'avis du gouvernement, la limitation du recours à l'article 49-3 de la Constitution. Que l'on soit pour ou contre les différentes dispositions prévues dans le texte, on ne peut que constater que le "détricotage", par les sénateurs, du projet de réforme voté par les députés en première lecture, risque de rendre bien délicats les futurs arbitrages en vue d'un accord entre le Sénat et l'Assemblée Nationale. En tout cas, du cumul des mandats, de la proportionnelle, et, surtout, de la réforme du Sénat, il n'est bien évidemment pas question...

Le Sénat est censé, en principe, avoir achevé son examen du projet de réforme en première lecture ce soir. La deuxième lecture du projet de loi sur la réforme des institutions est programmée à l’Assemblée Nationale du 8 au 10 juillet prochains. Le Congrès devant réunir députés et sénateurs à Versailles, pour voter définitivement la réforme des institutions - laquelle, rappelons-le, doit être votée aux 3/5es des suffrages exprimés des parlementaires pour être adoptée devrait avoir lieu, au plus tôt, le 21 juillet prochain. Autant dire que l'on est pas prêt de connaître encore le contenu définitif de la réforme - l'Assemblée Nationale pouvant toujours revenir sur les votes des sénateurs en deuxième lecture -, ni de savoir si cette réforme sera bien adoptée en Congrès. Que penser, dès lors, de tout cela ? En fait, mon opinion sur la question ne peut, en l'état, qu'être à l'image de l'impression que donne généralement cette réforme des institutions, c'est-à-dire très mitigée. Je veux bien reconnaître qu'un certain nombre de dispositions prévues dans la réforme vont dans le bon sens, et même que certains de mes souhaits évoqués plus haut sont exaucés - au moins en partie -, mais pour autant, il y a d'autres dispositions qui, pour le coup, ne me conviennent pas, et, surtout, je pense que, pour reprendre l'expression employée par certains socialistes, le compte n'y est pas. On peut toujours se satisfaire de certaines avancées, mais on est très loin de la grande réforme de fond dont les institutions de la Ve République ont besoin. Voila pourquoi je considère, sur ce dossier comme sur d'autres, que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa est une perte de temps pour la France. Et aucune observation, fusse-t-elle "réaliste", ne peut être de nature à me faire changer d'avis sur ce point...

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : voir la réponse au premier commentaire)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 21 juin 2008 6 21 06 2008 22:58
Je n'ai actuellement plus le temps, ni surtout les moyens, de poursuivre la rédaction d'articles consacrés au cinéma. Soucieux néanmoins de tenir au mieux mes promesses, qui n'ont pas été faites en l'air, contrairement à celles de certains (suivez mon regard), je commence à dresser ici, succintement, la liste (à peu près exhaustive) des films de cinéma (de fiction) qui figurent dans ma vidéothèque. Ces films représentent le cinéma que j'aime. Libre à vous, après cela, chers lecteurs, de penser ce que vous voudrez en ce qui concerne mes goûts de cinéphile : ils sont ce qu'ils sont. Du reste, que je sois un homme de bon goût - comme on me l'a parfois dit -, ou que j'ai des "goûts de chiottes" - comme on me l'a parfois fait sentir -, ce n'est pas à moi à le dire. Il s'agit de mes goûts en matière de cinéma, un point c'est tout.
Qu'ils me fassent réfléchir, ou qu'ils me divertissent, les films évoqués dans le présent article, comme ceux qui seront évoqués dans un autre article à venir, sont d'excellents compagnons pour le barbu fuyant toujours l'ennui que je suis... Si vous ne connaissez pas ces longs métrages, je ne peux que vous inviter à les découvrir, et vivement vous conseiller, de façon générale, de vous méfier des critiques : elles sont toujours subjectives, particulièrement en matière de cinéma...

Suivant l'ordre chronologique de la production des films, voici les longs métrages figurant dans ma vidéothèque qui sont sortis en salles entre 1940 et 1980.

Le Dictateur (The Great Dictator)
Réalisation : CHARLES CHAPLIN
1940. Etats-Unis d'Amérique. 126 min. Noir & blanc. 35 mm (format de tournage).
Scénario : Charles Chaplin. Photographie : Rolland Totheroh, Karl Struss. Musique : Charles Chaplin, Richard Wagner, Johannes Brahms. Production : Charles Chaplin Productions / United Artists. Interprétation : Charles Chaplin, Jack Oakie, Henry Daniell, Paulette Goddard, Billy Gilbert.

Casablanca (Casablanca)
Réalisation : MICHAEL CURTIZ
1942. Etats-Unis d'Amérique. 102 min. Noir & blanc. 35 mm.
Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch. Photographie : Arthur Edeson. Musique : Max Steiner. Production : Hal Wallis, Jack L. Warner / Warner Bros. Interprétation : Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt.

Fenêtre sur cour (Rear Window)
Réalisation : ALFRED HITCHCOCK
1954. Etats-Unis d'Amérique. 110 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : John Michael Hayes, d'après Cornell Woolrich. Photographie : Robert Burks. Musique : Franz Waxman. Production : Alfred Hitchcock / Paramount Pictures. Interprétation : James Stewart, Grace Kelly, Wendell Corey, Thelma Ritter, Raymond Burr.

Le Septième Sceau (Det Sjunde Inseglet)
Réalisation : INGMAR BERGMAN
1957. Suède. 92 min. Noir & blanc. 35 mm.
Scénario : Ingmar Bergman. Photographie : Gunnar Fischer. Musique : Erik Nordgren. Production : Allan Ekelund / Svensk Filmindustri (SF). Interprétation : Gunnar Björnstrand, Bengt Ekerot, Nils Poppe, Max von Sydow, Bibi Andersson.

Ben-Hur (Ben-Hur)
Réalisation : WILLIAM WYLER
1959. Etats-Unis d'Amérique. 212 min. Couleur. 65 mm.
Scénario : Karl Tunberg, Maxwell Anderson, Christopher Fry, Gore Vidal, d'après Lewis Wallace. Photographie : Robert Surtees. Musique : Miklós Rózsa. Production : Sam Zimbalist / Metro Goldwyn Mayer (MGM). Interprétation : Charlton Heston, Jack Hawkins, Haya Harareet, Stephen Boyd, Hugh Griffith.

Le Cid (El Cid)
Réalisation : ANTHONY MANN
1961. Etats-Unis d'Amérique, Italie, Espagne. 182 min. Couleur. 70 mm.
Scénario : Philip Yordan, Fredric M. Frank, Ben Barzman. Photographie : Robert Krasker. Musique : Miklós Rózsa. Production : Samuel Bronston, Jaime Prades, Michael Waszynski / Dear Film Produzione, Samuel Bronston Productions, The Rank Organisation Film Productions Ltd. Interprétation : Charlton Heston, Sophia Loren, Geneviève Page, Raf Vallone, John Fraser.

Lawrence d'Arabie (Lawrence of Arabia)
Réalisation : DAVID LEAN
1962. Royaume-Uni. 216 min. Couleur. 65 mm.
Scénario : Robert Bolt, Michael Wilson, d'après T.E. Lawrence. Photographie : Freddie Young. Musique : Maurice Jarre. Production : Robert A. Harris, Sam Spiegel / Horizon Pictures. Interprétation : Peter O'Toole, Alec Guinness, Anthony Quinn, Jack Hawkins, Omar Sharif.

Goldfinger (Goldfinger)
Réalisation : GUY HAMILTON
1964. Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique. 112 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Richard Maibaum, Paul Dehn, d'après Ian Fleming. Photographie : Ted Moore. Musique : John Barry, Monty Norman. Production : Albert R. Broccoli, Harry Saltzman / Danjaq Productions, Eon Productions Ltd. Interprétation : Sean Connery, Honor Blackman, Gert Fröbe, Shirley Eaton, Tania Mallet.

La Chute de l'Empire Romain (The Fall of the Roman Empire)
Réalisation : ANTHONY MANN
1964. Etats-Unis d'Amérique, Royaume-Uni, Espagne. 188 min. Couleur. 65 mm.
Scénario : Ben Barzman, Basilio Franchina, Philip Yordan. Photographie : Robert Krasker. Musique : Dimitri Tiomkin. Production : Samuel Bronston, Jaime Prades, Michael Waszynski / Samuel Bronston Productions, The Rank Organisation Film Productions Ltd. Interprétation : Sophia Loren, Stephen Boyd, Alec Guinness, James Mason, Anthony Quayle.

Le Bon, la Brute et le Truand (The Good, the Bad and the Ugly)
Réalisation : SERGIO LEONE
1966. Italie, Espagne. 178 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Luciano Vincenzoni, Furio Scarpelli, Sergio Leone, Agenore Incrocci, Sergio Donati. Photographie : Tonino Delli Colli. Musique : Ennio Morricone. Production : Alberto Grimaldi / Arturo González Producciones Cinematográficas, Constantin Film Produktion GmbH, Produzioni Europee Associati. Interprétation : Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach, Rada Rassimov, Luigi Pistilli.

La Party (The Party)
Réalisation : BLAKE EDWARDS
1968. Etats-Unis d'Amérique. 99 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Blake Edwards, Frank Waldman, Tom Waldman. Photographie : Lucien Ballard. Musique : Henry Mancini. Production : Blake Edwards, Ken Wales / Mirish Company, United Artists. Interprétation : Peter Sellers, Claudine Longet, Natalia Borisova, Steve Franken, Jean Carson.

Promenade avec l'Amour et la Mort (A Walk with Love and Death)
Réalisation : JOHN HUSTON
1969. Etats-Unis d'Amérique. 90 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Dale Wasserman, d'après Hans Koningsberger. Photographie : Edward Scaife. Musique : Georges Delerue. Production : Carter DeHaven / 20th Century Fox. Interprétation : Anjelica Huston, Assaf Dayan, Anthony Corlan, John Hallam, Robert Lang.

La Nuit américaine
Réalisation : FRANÇOIS TRUFFAUT
1973. France. 115 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Jean-Louis Richard, Suzanne Schiffman, François Truffaut. Photographie : Pierre-William Glenn. Musique : Georges Delerue. Production : Marcel Berbert / Les Films du Carrosse. Interprétation : François Truffaut, Nathalie Baye, Jacqueline Bisset, Valentina Cortese, Dani.

Monty Python : Sacré Graal ! (Monty Python and the Holy Grail)
Réalisation : TERRY GILLIAM et TERRY JONES
1975. Royaume-Uni. 90 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Terry Gilliam, Terry Jones, Michael Palin. Photographie : Terry Bedford. Musique : De Wolfe, Neil Innes. Production : Mark Forstater, Michael White / Python (Monty) Pictures Limited. Interprétation : Graham Chapman, Terry Gilliam, John Cleese, Eric Idle, Terry Jones.

Barry Lyndon (Barry Lyndon)
Réalisation : STANLEY KUBRICK
1975. Royaume-Uni. 184 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Stanley Kubrick, d'après William Makepeace Thackeray. Photographie : John Alcott. Musique : Georg Friedrich Haendel, Jean-Sébastien Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Seán Ó Riada, Leonard Rosenman. Production : Stanley Kubrick, Bernard Williams, Jan Harlan /     
Hawk Films Ltd., Polaris Productions, Peregrine. Interprétation : Ryan O'Neal, Marisa Berenson, Patrick Magee, Hardy Krüger, Steven Berhoff.

Taxi Driver (Taxi Driver)
Réalisation : MARTIN SCORSESE
1976. Etats-Unis d'Amérique. 113 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Paul Schrader. Photographie : Michael Chapman. Musique : Bernard Herrmann. Production : Julia Phillips, Michael Phillips, Phillip M. Goldfarb / Bill/Phillips, Italo/Judeo Productions, Columbia Pictures. Interprétation : Robert De Niro, Jodie Foster, Cybill Shepherd, Peter Boyle, Harvey Keitel.

Les Duellistes (The Duellists)
Réalisation : RIDLEY SCOTT
1977. Royaume-Uni. 100 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Gerald Vaughan-Hugues, d'après Joseph Conrad. Photographie : Frank Tidy. Musique : Howard Blake. Production : David Puttnam, Ivor Powell / Scott Free Productions, Enigma Film, National Film Finance Corporation. Interprétation : Keith Carradine, Harvey Keitel, Albert Finney, Edward Fox, Cristina Raines.

Soldier of Orange / Le Choix du destin (Soldaat van Oranje)
Réalisation : PAUL VERHOEVEN
1977. Pays-Bas. 121 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Paul Verhoeven, d'après Erik Hazelhoff Roelfzema. Photographie : Jost Vacano. Musique : Rogier van Otterloo. Production : Rob Houwer / Excelsior Films. Interprétation : Rutger Hauer, Jeroen Krabbe, Susan Penhaligon, Edward Fox, Lex van Delden.

Apocalypse Now (Apocalypse Now)
Réalisation : FRANCIS FORD COPPOLA
1979 (Version longue, intitulée Apocalypse Now Redux : 2000). Etats-Unis d'Amérique. 153 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Francis Ford Coppola, John Milius, d'après Joseph Conrad. Photographie : Vittorio Storaro. Musique : Carmine Coppola, Francis Ford Coppola, Mickey Hart. Production : Kim Aubry, Francis Ford Coppola, Shannon Lail, Fred Roos, Gray Frederickson, Tom Sternberg, Mona Skager, John Ashley, Eddie Romero / Zoetrope Studios, Pricel, Studio Canal. Interprétation : Marlon Brando, Martin Sheen, Robert Duvall, Frederic Forrest, Dennis Hopper.

Le Dernier métro
Réalisation : FRANÇOIS TRUFFAUT
1980. France. 131 min. Couleur. 35 mm.
Scénario : Jean-Claude Grumberg, Suzanne Schiffman, François Truffaut. Photographie : Néstor Almendros. Musique : Georges Delerue. Production : François Truffaut / Les Films du Carrosse, Sédif Productions, Société Française de Production (SFP), TF1 Films Productions. Interprétation : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Jean Poiret, Andréa Ferréol, Paulette Dubost.

Voila pour la première partie, qui se termine juste avant l'année 1981, année vis-à-vis de laquelle, en ce qui me concerne, il y a un "avant" et un "après". Les films de cinéma sortis en salles de 1981 à nos jours et figurant, eux aussi, dans ma vidéothèque, feront l'objet d'un prochain article.

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : ©DR)
Par Hyarion - Publié dans : Dans la vidéothèque
- Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 13 juin 2008 5 13 06 2008 22:54
Forcément, s'il y a bien une chose qui m'agace en ce moment, c'est de voir l'actualité politique me forcer la main, d'autant plus que je n'ai plus le temps, ni les moyens, de réagir à la moindre péripétie survenant dans ce mode dominé par la tyrannie de l'urgence. Néanmoins, puisque je sais que le sujet intéresse beaucoup certains de mes lecteurs, il m'a paru nécessaire de rédiger rapidement un petit article sur l'évènement européen qui vient de se produire en Irlande...

Les Irlandais disent "non" au traité de Lisbonne, l'Europe en crise


Les Irlandais ont dit "non" à une large majorité au traité européen de Lisbonne, plongeant vendredi l'Europe dans une nouvelle crise, trois ans après le rejet de la Constitution par les Français et Néerlandais en 2005.

Selon les résultats officiels définitifs, le non l'a emporté avec 53,4% des voix, contre 46,6% de "oui".

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait auparavant déjà pris acte de ce camouflet pour l'Union européenne (UE).

"Tout indique que l'Irlande a voté non au traité de Lisbonne", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Bruxelles avant même la publication des résultats définitifs, en soulignant que la Commission "respectait" le choix des électeurs irlandais.

"La Commission européenne pense que les ratifications qui restent à faire devraient continuer à suivre leur cours", a-t-il ajouté, en faisant valoir que "18 Etats membres ont déjà validé le traité".

La France, qui prendra la présidence de l'Union européenne le 1er juillet, et l'Allemagne ont elles aussi émis l'espoir "que les autres Etats membres poursuivront le processus de ratification", dans une déclaration commune diffusée par l'Elysée.

"Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l'Europe plus démocratique et plus efficace et qu'elles lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés ses citoyens", ont estimé Paris et Berlin.

Selon M. Barroso, le Premier ministre irlandais Brian Cowen estime que malgré le "non" au référendum en Irlande, le traité de Lisbonne "n'est pas mort" et que les dirigeants européens devront décider au sommet européen des 19-20 juin "comment continuer".

"Je viens tout juste de parler au Premier ministre Cowen, et il a souligné clairement que ce vote ne devait pas être perçu comme un vote contre l'UE", a ajouté le président de la Commission.

De son côté, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a estimé que le traité de Lisbonne ne pourrait pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009 comme initialement prévu.

A Dublin, les partisans du "non" n'ont pas non plus attendu l'annonce officielle pour triompher.

"Lisbonne est mort", a déclaré le chef de file du parti Travailliste, Eamon Gilmore, formation d'opposition qui avait défendu le "oui".

Dans le camp adverse, le président du parti nationaliste Sinn Fein, Gerry Adams, a tenu exactement le même discours: "C'est la fin du traité de Lisbonne", a-t-il déclaré. Il a ajouté que la victoire du "non" était "une base pour une renégociation" du traité, appelant le Premier ministre irlandais à se rendre à Bruxelles pour "obtenir un meilleur accord".

Pour l'homme d'affaires Declan Ganley, figure des "nonistes", "c'est une grande et belle journée pour tout Irlandais et tout Européen. C'est un grand jour pour la démocratie", a-t-il ajouté.

"Ce serait la troisième fois que le même message est envoyé par plusieurs millions de citoyens européens à une élite à Bruxelles non élue et qui n'a pas de comptes à rendre", a-t-il poursuivi.

Un peu plus de trois millions d'électeurs étaient appelés jeudi à voter lors du seul référendum organisé sur le traité de Lisbonne en Europe. Les 26 autres Etats-membres de l'UE ont opté pour une ratification par la voie parlementaire, ce que 18 capitales ont déjà fait.

Le rejet du traité par une île comptant 4,2 millions d'habitants, soit moins de 1% des 495 millions d'Européens, n'est pas sans rappeler le "non" opposé à la Constitution européenne en 2005 par la France et les Pays-Bas, ainsi [que que le "non" opposé] par les Irlandais en 2001 au traité de Nice.

Il avait alors fallu organiser un deuxième vote en Irlande pour faire adopter le texte. Mais il n'y aura pas de second référendum cette fois-ci, avait assuré le gouvernement avant le scrutin. Dublin avait justifié en 2001 un deuxième vote par la faible participation connu alors (moins de 35%). En revanche environ 50% des électeurs irlandais se sont rendus jeudi aux urnes..

Le traité doit être ratifié dans l'ensemble des 27 pays de l'UE pour entrer en vigueur.

(Dépêche de l'Agence France Presse,
13 juin 2008, 16h43)

Irlande : les partisans du "non" en France se réjouissent du rejet irlandais


Les tenants du "non" en France, à droite comme à gauche, se sont réjouis vendredi du rejet annoncé en Irlande au traité européen de Lisbonne, soulignant le fossé entre les dirigeants et les citoyens européens.

Les Français avaient rejeté la Constitution européenne en 2005 mais la ratification à Paris du traité de Lisbonne en février 2008 par la voie parlementaire avait soulevé la colère des "nonistes" qui réclamaient un referendum.

"Les Irlandais aujourd'hui, comme les Français et les Néerlandais en 2005, ne sont pas hostiles à l'Europe" mais rejettent une "Union supranationale, bureaucratique et inefficace", a déclaré le député de la droite souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Pour lui, les "peuples d'Europe veulent tout simplement (...) une Europe qui les respecte et qui les protège, une Europe démocratique, indépendante, au service du progrès social".

"Les élections européennes de 2009 seront l'occasion historique (...) de transformer ce magnifique essai irlandais en envoyant au Parlement européen des députés défendant une autre vision de l'Europe", a-t-il dit.

"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et antisociale", a affirmé à l'AFP le souverainiste Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de plusieurs gouvernements socialistes.

Le non est "une une bonne nouvelle pour tous les peuples européens et pour l'Union européenne". "Le choix du peuple irlandais est un choix de courage et de lucidité", a affirmé le parti communiste.

Pour le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (extrême gauche), Olivier Besancenot, le texte "est définitivement mort et enterré".

Le texte devient "caduc" et "la bataille est désormais de faire respecter" ce vote.

"La grande leçon c'est qu'il y un décalage démentiel entre d'un côté la Jet-set politique - les responsables et les élites politiques - et de l'autre ce que pensent les peuples", puisque "85% de classe politique irlandaise était pour le oui", rappelle-t-il.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 13 juin 2008, 17h28)

Le non irlandais frappe de plein fouet la présidence européenne de Sarkozy


La crise provoquée par le rejet du traité européen de Lisbonne en Irlande frappe de plein fouet la présidence française de l'Union européenne, remisant au second plan les ambitieux projets que le président Nicolas Sarkozy entendait lancer à partir du 1er juillet.

Pour Hugo Brady, du "Centre for european reform" basé à Londres, la présidence française est d'ores et déjà "plongée dans la confusion la plus totale". "Le sommet européen du 19 juin, encore sous présidence slovène, va s'ouvrir dans une atmosphère de crise", prévient-il.

Avant le non irlandais, M. Sarkozy avait promis de consacrer sa présidence à plusieurs chantiers phares: défense, énergie et réchauffement climatique, Union pour la Méditerranée ou un pacte pour l'immigration.

"Les quatre priorités définies par Nicolas Sarkozy pour la présidence française portent sur le fond et peuvent être atteintes dans le cadre du traité de Nice, malgré la victoire du non irlandais", assurait-on à l'Elysée.

"Ces vrais objectifs concrets doivent montrer que l'UE est capable de répondre aux préoccupations concrètes des Européens, ce qui est précisément tout le message du non irlandais", faisait-on valoir.

Mais M. Sarkozy devait aussi préparer les premières réformes institutionnelles du traité de Lisbonne, comme les nominations du "président de l'UE" et du nouveau Haut représentant des Affaires étrangères, qui ne sont plus à l'ordre du jour.

Ironie de l'Histoire, c'est à Paris qu'il revient d'éviter une paralysie européenne identique à celle qui avait suivi le non français en 2005. Et, comme à l'époque, aucun "plan B" n'est prêt dans les tiroirs européens.

"Les Français vont tenter de sortir de cette pagaille, mais ils n'ont pas beaucoup de temps: si on tient compte des vacances d'août, c'est une présidence de cinq mois", relève Hugo Brady.

Il rappelle qu'après les non français et néerlandais, "aucune réponse immédiate n'a été trouvée: il a été décidé une période de réflexion et rien n'a été fait pendant un bon moment".

Pour Jean-Dominique Giuliani, de la Fondation Robert Schuman, ce précédent va au contraire pousser la présidence française "à accélérer".

"Nicolas Sarkozy va prendre le taureau par les cornes et précipiter les initiatives. Il dira: avance qui veut, mais on ne nous empêchera pas d'avancer", prévoit-il, ajoutant: "la chancelière allemande Angela Merkel a déjà exclu de renégocier".

"On dira aux Irlandais :
« quelles sont les garanties que vous voulez », comme on l'a fait à propos du traité de Nice", qu'ils avaient rejeté dans un premier temps, explique M. Giuliani. Selon lui, "une réaction très vive mettra les Irlandais en situation de dire ce qu'ils veulent".

Mais pour Thomas Klau, du "European Council on Foreign Relations", un tel scénario n'est envisageable que si la crise oppose l'Irlande à ses 26 autres partenaires. Or "si la Grande-Bretagne et la République tchèque cessent à leur tour leur processus de ratification, tout le débat institutionnel sera rouvert sans solution en vue".

Face à Londres et à Prague, la présidence française et ses partenaires pourront faire preuve de persuasion mais n'ont "pas de moyens contraignants", souligne-t-il.

La situation devrait amener la présidence française à tirer les leçons du non irlandais, estime Sylvie Goulard, présidente du Mouvement européen France, selon laquelle toute consultation future de ce type devrait se faire "avec une sanction à la clé en cas de non".

Pour elle, "la présidence française a intérêt à garder son agenda" même s'"il est évident que ce ne sera pas
« business as usual »".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 13 juin 2008, 17h41)

Pour Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout semblait pourtant réglé : on se souvient de la satisfaction personnelle qu'il avait affiché après la ratification du Parlement français du traité européen "simplifié" de Lisbonne, n'hésitant pas à parler de "succès" dans une intervention télévisée consacrée à ce sujet, le 10 février dernier, intervention télévisée que j'avais évoqué à l'époque, dans un article intitulé "Sarko-show : l'histoire sans fin...". Las, c'était sans compter sur le résultat négatif du seul référendum organisé en Europe, par l'Irlande, sur ce traité européen de Lisbonne, traité censé être "simplifié" mais qui, en réalité, était aussi incompréhensible et douteux que le précédent, à savoir le fameux Traité Constitutionnel Européen, rejeté par les électeurs français et néerlandais en 2005, mais dont le texte avait été repris à peu près tel quel par les rédacteurs du nouveau traité prétenduement "simplifié"...
Si l'on en croit le Canard Enchaîné de cette semaine, ce n'est que tout récemment que Sarkozy s'est inquiété de l'issue du référendum irlandais :

    "Frimas d'Irlande

    L'Elysée a subitement découvert qu'il y avait un référendum, le 12 juin, en Irlande, sur le traité de Lisbonne, et qu'un
« non » éventuel pourrait salement handicaper la présidence française de l'Union européenne, le 1er juillet.
    « Ce serait un mauvais coup », a reconnu Sarko devant quelques conseillers. Parce que
« si l'Irlande dit non, Gordon Brown ne voudra plus ratifier le traité et on serra dans un foutoir sans nom ».
    Bah ! Sarko pourra toujours proposer un mini
-« minitraité simplifié » aux Européens et s'asseoir (à nouveau) sur le vote populaire...

(Le Canard Enchaîné N°4572, 11 juin 2008)

Toujours est-il qu'en matière européenne, nous y sommes bel et bien, dans le "foutoir", et depuis longtemps, à vrai dire... Et que l'on aille pas faire croire, à nouveau, que c'est la faute des peuples, sous prétexte qu'ils ne comprennent rien ! Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, j'ai voté "NON", le 29 mai 2005, et je l'aurai refait certainement encore cette année, si cela avait été possible, vis-à-vis du nouveau traité. Les Irlandais, eux, ont eu la possibilité de s'exprimer, et ils ont tranché. C'est NON. Eh oui ! Il y en a marre d'être pris pour des idiots !
A cause de ses dirigeants, et uniquement à cause d'eux, l'Union Européenne est désormais, plus que jamais, dans une impasse. Et pourtant, déjà, divers scénarios sont déjà proposés pour la suite du feuilleton...

Les scénarios après un "non" en Irlande


Nouveau scrutin dans quelques mois, semi-retrait de l'Irlande de l'UE, retour au traité de Nice ou grand débat sur l'Europe ? Après la victoire attendue du "non" au référendum irlandais, et en attendant le sommet européen de jeudi et vendredi prochains, voici les options envisagées par les responsables et analystes européens.

- L'IRLANDE REVOTE RAPIDEMENT:

C'est l'option préconisée par la France, qui prendra la présidence de l'UE au 1er juillet.

Comme pour le traité de Nice, que les Irlandais avaient d'abord rejeté par référendum en 2001 avant de voter "oui" en 2002, nombre de responsables européens estiment que les Irlandais pourraient dans les prochains mois, peut-être début 2009, revoter sur un texte légèrement "aménagé" pour rallier les Irlandais.

La question est de savoir quelle modification pourrait être apportée, tant les arguments du camp du "non" ont été divers (peur d'une légalisation de l'avortement, d'une modification du système fiscal, de suppression des subventions agricoles, etc...). Certains en Irlande font cependant valoir que la participation ayant été supérieure à celle de 2001, l'idée d'un second vote pourrait être plus difficile à faire passer.

Si le texte était effectivement revoté positivement dans un délai rapide, le traité de Lisbonne pourrait entrer en vigueur presque dans les temps - sinon au 1er janvier comme prévu, du moins après les élections européennes de juin 2009.

- CONTINUER AVEC LE TRAITE DE NICE

C'est l'option du statu quo, malgré toutes les imperfections de ce traité: avec Nice, la plupart des décisions doivent être prises à l'unanimité, ce qui est beaucoup plus difficile à 27 pays qu'à 15.

Le traité de Nice rend surtout particulièrement compliquée l'entrée de nouveaux pays dans l'UE, puisqu'il oblige à recalculer le poids de vote de chaque pays à chaque fois (la Croatie doit entrer vers 2010), ou augmenter le nombre de députés européens (déjà 785 aujourd'hui).

- RENEGOCIER LE TRAITE DE LISBONNE

Les responsables européens l'excluent, d'autant que le traité de Lisbonne est déjà le fruit d'une difficile renégociation, a minima, de la Constitution européenne rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005. Mais ils excluaient aussi de renégocier la Constitution...

- L'IRLANDE SE RETIRE EN PARTIE DE L'UE

Cette option consisterait à négocier avec l'Irlande son retrait des politiques européennes autres que le marché commun et l'Union économique et monétaire (l'euro).

C'est un peu ce que le Danemark a fait après son "non" au traité de Maastricht en 1992, puisqu'il a obtenu des dérogations dans le domaine de la Défense, la monnaie unique etc...Personne n'envisage un retrait pur et simple de l'Irlande de l'UE.

- UN "NOYAU" DE PAYS VONT DE L'AVANT

Certains estiment que l'idée d'un "noyau" de pays membres décidés à aller de l'avant pourrait se concrétiser, qui créeraient leur propre Union d'avant-garde à côté de la "vieille" Union européenne et approfondiraient leur coopération...Mais quels pays constitueraient ce "noyau"? Quels seraient les relations entre cette nouvelle entité et l'ancienne? Les questions sont infiniment plus nombreuses que les réponses.

- ROUVRIR LE GRAND DEBAT EUROPEEN

Beaucoup de responsables reconnaissent que le "non" irlandais témoigne d'un fossé entre les citoyens et l'élite européenne. Certains veulent donc remettre tout à plat, quitte à convoquer une nouvelle Convention pour s'assurer du soutien de la population à la poursuite de la construction européenne...
 
(Dépêche de l'Agence France Presse, 13 juin 2008, 16h48)
Quelle que soit la solution choisie pour sortir de cette crise, il faudra bien, cette fois-ci, tenir compte de l'énorme fossé qui s'est creusé entre l'Union Européenne et les peuples qui sont censés y appartenir. Va-t-on enfin se décider à savoir dans quelle direction aller, et quelle Europe nous voulons ? Va-t-on enfin se décider à véritablement penser et construire l'Europe, la vraie, la seule qui vaille, l'Europe politique, l'Europe des peuples ? Il serait grand temps !

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : Après le "non" irlandais, carte des Etats membres de l'Union européenne ayant déjà ratifié ou non le traité de Lisbonne, Infographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Laurence Saubadu ; Les décompte des voix du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, dans un bureau de vote à Dublin, le 13 juin 2008, AFP/Peter Muhly ; Les drapeaux irlandais et européens, le 13 juin 2008 devant la commission européenne à Bruxelles, © AFP/ Dominique Faget ; Nicolas Sarkozy, le 14 mars 2008 à Bruxelles, AFP/archives - Eric Feferberg ; Des drapeaux européens devant l'entrée de la Commission européenne à Bruxelles, photographie de l'Agence France Presse, ©Gérard Cerles AFP/Archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 2 (2008-2009) - Communauté : Communauté de l'opposition
- Voir les 6 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste
  • anarcho-monarchiste
  • : Politique
  • : Blog politique et culturel, par un citoyen français. Ni capitaliste, ni marxiste, je suis juste arnarcho-monarchiste, et résolument anti-sarkozyste. Au menu : réflexions, lectures, écriture, discussions, le tout avec un zeste d'humour satirique.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Devises

* "Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux."

* "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts." (F. Nietzsche)

* "Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi." (J. Cocteau)

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés