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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)

Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /2008 21:33
undefined Hier, 12 mars 2008, j'ai envoyé au siège du MoDem à Paris, un lettre informant que j'étais, à compter de ce jour, démissionnaire de la qualité d’adhérent du Mouvement Démocrate qui était la mienne depuis le 31 mai 2007 au sein de ce parti. J'ai renvoyé ma carte d'adhérent à cette occasion. Dans la foulée, j'ai également démissionné de ma qualité de membre de l'association des Jeunes Démocrates - le mouvement des jeunes adhérents du MoDem... âgés de moins de 32 ans... J'ai également pris la peine de démissionner aussi de ma qualité de membre du Conseil National des Jeunes Démocrates issu du mouvement fédéral départemental des Jeunes Démocrates de Haute-Garonne, qualité qui était la mienne depuis le 25 janvier 2008, et que le nouveau président des Jeunes Démocrates de Haute-Garonne, Alexandre Labarthe, dit "Lex", avait eu la gentillesse de me proposer à l'occasion de l'Assemblée générale des jeunes de la fédération haute-garonnaise qui, ce jour-là, à Toulouse, l'avait élu à son poste de président.
Cette décision de démisionner du MoDem, qui n'a pas forcément été très facile à prendre, a été motivé par plusieurs raisons, que je vais essayer de développer ici...

Le 25 avril 2007, dans une conférence de presse tenue entre les deux tours de l'élection présidentielle, François Bayrou avait annoncé la création d'un Parti Démocrate - il ne s'appelait pas encore Mouvement Démocrate alors - avant le mois de juin, et que ce nouveau parti, tout à fait indépendant de la droite UMP sarkozyste, serait libre, central, et ouvert notamment au centre-gauche. Le 8 mai, après l'élection de Sarkozy de Nagy-Bocsa à la plus haute charge de l'Etat, j'ai pré-adhéré à ce nouveau parti du centre, en espérant avoir affaire à un parti central, et non centriste, représentant, enfin, une possibilité d'ouverture politique pour la jeunesse de ce pays, et une véritable alternative politique, libérée des carcans idéologiques, opposée à la confiscation du pouvoir par Sarkozy de Nagy-Bocsa, et oeuvrant pour le changement des pratiques politiques en France. Le 31 mai, j'ai confirmé mon adhésion au Mouvement Démocrate. Ce n'était pas une adhésion à l'UDF, parti de centre-droit, fortement lié au souvenir de Valéry Giscard d'Estaing, et qui, pour moi, appartient à la droite. J'ai d'ailleurs bien précisé, à l'occasion de mon adhésion au MoDem, les motivations de mon engagement, à savoir que je n'abandonnerai pas le terrain de la politique tant que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa resterait au pouvoir, et je resterai toujours opposé à la droite qui le soutient et qu'il représente. C'était alors un engagement ferme de ma part, et cela l'est d'ailleurs toujours aujourd'hui. En septembre 2007 a eu lieu un Forum des Démocrates, sorte d'université d'été du nouveau parti - c'est à cette époque-là que j'ai reçu ma carte d'adhérent -, puis, au début du mois de décembre dernier, a eu lieu le Congrès de Villepinte, à l'occasion duquel le Mouvement Démocrate a été fondé, ses statuts adoptés et son président, François Bayrou, officiellement élu. J'ai assisté à ces évènements. Après la clôture du Congrès fondateur, j'avais écrit  : "on verra bien de quoi l'avenir sera fait pour le MoDem... Pour ma part, je suivrai le pari politique qu'il représente, aussi longtemps qu'il le méritera." Aujourd'hui, environ trois mois après, force est de constater que les conditions ne sont plus réunis pour que mon engagement politique soit lié au MoDem, si tant est qu'elles aient jamais été réunis...

Durant les mois qui ont suivis mon adhésion au MoDem, je n'ai cessé de ressentir un malaise de plus en plus important vis-à-vis de mes convictions politiques. Je n'ai jamais voté pour François Bayrou, et pourtant je ne voyais partout que des gens faisant référence à la "dynamique" né avec la candidature dudit Bayrou à l'élection présidentielle et à son score du premier tour, le 22 avril dernier. Lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, voulant soutenir la démarche d'indépendance du nouveau parti auquel je venais d'adhérer, je me suis résigné à voter, dans la première circonscription de l'Aveyron, pour une candidate qui, certes, savait fort bien réciter son catéchisme démocrate - en prétendant se situer au delà des clivages traditionnels -, mais que je savais néanmoins être de droite et viscéralement hostile aux "idées de la gauche" qui, selon elle, ne seraient, de toute façon, plus "dans l'air du temps". Bien vite, alors que cette candidate, éliminé dès le premier tour, espérait officieusement un report de ses voix vers la droite, j'ai tout naturellement voté socialiste au deuxième tour, sans hésiter une seule seconde. Déjà, à l'époque, je me rendais bien compte que l'entente entre les membres du MoDem risquait d'être difficile à long terme, face aux rendez-vous politiques décisifs que sont les élections, tant la stratégie politique choisie par Bayrou dès l'origine - celle d'un engagement aléatoire entre la gauche et la droite -, ne pouvait satisfaire tout le monde...

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Rappelons un fait essentiel, en ce qui me concerne : en tant que citoyen électeur - ce n'est pas un secret - je viens de la gauche. En dehors du cas particulier des référendums, et de ce premier tour des dernières législatives, j'ai toujours voté à gauche. C'est, d'ailleurs, toujours le cas aujourd'hui, à l'occasion des élections municipales et cantonales, sur lesquelles j'aurais l'occasion de consacrer un article après le second tour de dimanche prochain, 16 mars. Or, depuis mon adhésion au MoDem, j'ai toujours eu l'impression de ne représenter qu'une infime minorité venue de la gauche, au sein d'un parti qui semble être finalement resté un parti de centre-droit. Le fait est que ce parti est mené par un homme - François Bayrou - incapable de penser à autre chose qu'à la mission qui lui aurait été confié (par Dieu ?) de devenir un jour président de la République, et surtout, incapable de renoncer aux liens politiques qui ont toujours été les siens avec la droite. En fait, pour être tout-à-fait franc, il me semble que, en venant à la rencontre des démocrates, j'ai fait des efforts pour faire preuve d'ouverture d'esprit et pour aller au-delà des clivages idéologiques, mais que, finalement, j'ai toujours eu l'impression que la démarche se faisait à sens unique : j'ai été bien accueilli, certes, mais je n'ai trouvé finalement, au MoDem, que des personnes essentiellement orienté dans un seul sens, celui d'une négation - souvent hypocrite - du clivage gauche-droite, d'un attachement assez exclusif aux idées du seul centre-droit, et d'une activité politique se résumant à donner plus ou moins raison, de facto, à Bayrou et à son aventure personnelle. Au sein du Mouvement Démocrate, j'ai trouvé, bien entendu, de nombreux adhérents qui, de façon sincère et exemplaire, ont pris en main, du mieux qu'ils ont pû, le destin de leur parti en s'efforçant de faire vivre la démocratie en son sein dès le début et en s'efforçant de contribuer à doter leur Mouvement de bases solides. Mais cela n'a pas été suffisant, à mes yeux, pour compenser les défauts de ce parti, en particulier son positionnement et sa stratégie électorale, tout deux finalement très ambiguës, et surtout, de facto, beaucoup trop opportunistes à mon goût, voire, in fine, beaucoup trop orientés à droite...

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J'aurais l'occasion de revenir plus tard, de façon générale, sur les élections municipales et cantonales qui se termineront dimanche prochain, mais j'aimerai tout-de-même dire quelques mots ici au sujet de la position du MoDem, dont l'attitude lors de ces élections constitue la goûte d'eau qui a fait déborder le vase, et qui m'a définitivement poussé à la démission. Le MoDem, ces jours derniers, entre les deux tours des élections, a été, comme c'était prévisible, courtisé aussi bien par la droite que la gauche, se trouvant ainsi souvent au centre des négociations. Cela a été une occasion pour François Bayrou de réaffirmer sa stratégie désormais bien connue : pas d'alliance avec quiconque au niveau national, mais des accords au cas par cas au nom de l'"affirmation d'une indépendance". Dès lors, le MoDem n'a pu que proposer le spectacle tragi-comique d'un parti-girouette qui, sous prétexte d'avoir affaire à des scrutins aux enjeux purement locaux - ce qui n'est pas faux, mais qui n'est entièrement vrai non plus -, a conclu des alliances, selon les circonstances, tantôt à gauche, tantôt à droite, et trop souvent à droite à mon goût, que ce soit avec le maire UMP sortant Jean-Luc Moudenc à Toulouse - mis en ballotage au premier tour -, ou avec le maire UMP sortant Alain Juppé à Bordeaux - réélu dès le premier tour avec le soutien personnel de Bayrou -, pour ne prendre que des exemples dans le Sud de la France... A Toulouse, j'ai constaté que le ralliement du Mouvement Démocrate local à Moudenc a suscité, au sein du parti, une profonde division : une partie de la liste MoDem - menée par Jean-Luc Forget, tête de liste au premier tour - ayant choisi de rejoindre le maire UMP sortant, tandis que 17 colistiers (sur 68) de ladite liste MoDem ont choisi, eux, d'exprimer très clairement "leur total désaccord pour tout rapprochement avec la liste de Jean-Luc Moudenc", certains membres du MoDem ayant même appelé à voter pour le candidat de gauche Pierre Cohen - adversaire de Moudenc au second tour -, qui, pour sa part, a refusé toute alliance, que ce soit avec la liste du MoDem ou avec les autres listes de gauche, éliminées au premier tour. Ce déchirement du MoDem toulousain illustre, hélas, assez bien la mésentente désormais clairement affichée, au sein du parti, à laquelle je m'attendais depuis le mois de juin dernier...
Bien sûr, ailleurs, comme il y a eu des accords locaux avec la droite, il y a eu aussi des accords locaux entre le MoDem et la gauche de gouvernement, comme par exemple à Marseille, où le chef de file local des démocrates, Jean-Luc Bennahmias (ex-Verts), a accepté la fusion de ses listes avec celles du socialiste Jean-Noël Guérini pour tenter d'arracher la ville à l'UMP Jean-Claude Gaudin, mais apparemment, dans ce cas précis, François Bayrou s'est dit "fort mécontent" de cette alliance ainsi conclue entre les démocrates et les socialistes marseillais :

"Plutôt que Guérini, j'aurais préféré qu'on se rallie à Gaudin en souvenir d'une vieille tendresse [sic]."

(François Bayrou, le 11 mars 2008, cité par Didier Hassoux et Jean-Michel Thénard, in Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)

Si c'est cela, "changer définitivement la politique française", comme l'avais annoncé Bayrou le 25 avril dernier, je crains de ne pas être d'accord du tout. Plus les choses paraissent changer, et plus elles restent les mêmes. Cette "stratégie à géométrie politique variable" du MoDem, pour reprendre l'expression qu'Alain Juppé a lui-même employé et qui a été reprise dans le journal Le Monde daté du 12 mars, je ne pouvais pas la cautionner, et dans la mesure où elle ne faisait que se rajouter au malaise que je ressentais de plus en plus fortement ces dernières semaines en restant adhérent de ce parti - en marge d'autres problèmes plus personnels -, je n'avais pas d'autre choix que de quitter le MoDem, et de donner ma démission, comme le prévoit l'article 4 des statuts du Mouvement démocrate (alinéas 5 à 7) : "L'appartenance au Mouvement Démocrate est exclusive de toute adhésion à une autre formation politique au sens de l'Article 4 de la Constitution et de l'article 1 des présents statuts. Tout manquement à la présente disposition entraîne la radiation automatique. / La qualité d’adhérent se perd par la démission, la radiation ou l'exclusion prononcées par le Comité de conciliation et de contrôle. / La radiation intervient pour tout adhérent n’ayant pas renouvelé sa cotisation pendant au moins deux années consécutives. Elle devient effective si dans un délai de six mois, après notification à l'intéressé, celui-ci n’a pas régularisé sa situation." J'aurais pu attendre de ne plus être à jour de cotisation, à partir du 31 mai prochain, mais attendre deux ans avant d'être radié ne me paraissait pas être très honnête, et j'ai donc préféré en finir le plus rapidement possible en démissionnant, afin que l'on ne puisse pas me reprocher de ne pas avoir agit dans les formes, et avec le plus de franchise possible.

Voila, c'est donc terminé. Pour moi, l'épisode MoDem aura duré moins de 10 mois, assez cependant pour que je constate que mes idées sont toujours, majoritairement et avant tout, des idées de gauche, et que ma place n'est donc pas dans un parti qui prône le centre pour le plaisir d'être au centre. Le clivage gauche-droite structure la vie politique française depuis 1789, et s'il peut sans doute être dépassé pendant une courte période, dans le cadre d'une Union Nationale pour effectuer les réformes dont le pays a besoin, il ne peut pas être nié systématiquement, même au nom du changement des pratiques politiques. Les valeurs de la droite sarkozyste ne sont pas les miennes. Elle ne peuvent pas l'être. Si cela ne pose aucun problème pour certains démocrates de venter les mérites d'Alain Juppé, de Jean-Luc Moudenc, ou de Jean-Claude Gaudin, c'est sans doute très bien pour eux, mais pour moi, cela pose un problème, un vrai, même dans le cadre d'élections locales. Malgré toute ma volonté d'ouverture, et mon rejet de tout sectarisme, je persiste à penser que gauche et droite ne sont pas la même chose. C'est ainsi.
Je remercie les camarades bloggeurs démocrates de m'avoir accueillis, sans préjugés, dans le même esprit avec lequel j'ai accepté d'aller à leur rencontre. Aujourd'hui, nos routes se séparent, mais je ne regrette pas d'avoir ainsi rencontré des jeunes gens fort sympathiques, et que j'aime bien, mais sans que cela soit toutefois suffisant, hélas, pour que je reste dans le même parti qu'eux. Je leur souhaite bonne chance, en particulier à Quitterie Delmas et à Virginie Votier, qui sont des jeunes femmes courageuses, sincères, animées d'une profonde volonté de changement, et qui auront fort à faire pour réduire l'influence, écrasante, d'une certaine conseillère sortante de Paris, éminence grise de Bayrou, au sein du MoDem parisien. Quitterie Delmas, je n'en doute pas, fera parler d'elle dans les mois et les années qui viennent, et elle ira loin, j'en suis convaincu. J'ai été enchanté de la connaitre, de même que tous les camarades démocrates bloggeurs que j'ai rencontrés, qui sont venus laisser des commentaires ici, et qui pourront, bien entendu continuer à le faire, s'ils le souhaitent... :-)

Pour ma part, je reprends ma route de barbu errant... Vais-je, à présent, succomber à la tentation du nihilisme cosmique, ou bien adhérer à un autre parti ? La réponse à cette question viendra dans un prochain article...

Cordialement, :-)

Hyarion.

(Illustrations : Caricature de François Bayrou, par Kiro, publiée dans Les Jeux de l'actu et de l'été, Les dossiers du Canard Enchaîné N°104, juillet 2007 ; Caricature de François Bayrou en Vache qui rit, par Kiro, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008 ; Caricature de François Bayrou en girouette et de François Fillon, par Cabu, publiée dans Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 23:44
Ces derniers mois, j'ai eu bien d'autres choses à faire que de m'intéresser aux élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars, mais, finalement, au moment du scrutin, il a bien fallu que je m'en préoccupe... C'est toujours comme cela, avec la politique : quoi que je fasse, elle finit toujours par me pousser à m'intéresser à elle...
Parlons donc un peu de ces élections, qui viennent de se terminer, et dont il faut bien essayer de tirer quelque enseignement...

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Tout d'abord, examinons les faits. Comme tout le monde s'y attendait, c'est la gauche qui a su le mieux tirer son épingle du jeu, dans un contexte politique pour le moins défavorable pour la droite sarkozyste. Dès le premier tour des municipales, le 9 mars dernier, le rapport de forces national s'est révélé être assez nettement en faveur de l'opposition en ce qui concerne les communes de plus de 3500 habitants, avec un peu plus de 47% des voix pour la gauche contre un peu plus de 44% pour la droite au pouvoir. Le MoDem, pour sa part, n'arrive que loin derrière, avec moins de 4% des voix au niveau national, ce qui, cela dit, doit sans doute être relativisé, compte tenu du fait qu'il n'y avait pas de listes du MoDem présentes dans toutes les communes, loin s'en faut : au total, sur près de 350 villes où se présentaient des listes autonomes au premier tour, le MoDem recueille en moyenne près de 16% des voix... Mais le clivage gauche/droite reste, en toute logique, l'élément structurel essentiel de la vie politique en France, et force est de constater que dès ce premier tour, le Mouvement Démocrate n'a pas réussi à véritablement s'imposer au sein d'un échiquier politique dominé, plus que jamais, par le PS et l'UMP, vis-à-vis desquels François Bayrou a refusé toute stratégie d'alliance globale, au premier tour comme au second... Sans autre alternative sérieuse que le vote pour des listes de gauche, les électeurs mécontents de la politique du gouvernement actuel n'ont, dès lors, en général, guère eu d'autre choix que de voter quasi-automatiquement pour la gauche, qui a ainsi trouvé le moyen de prendre sa revanche sur la défaite qu'avait été, pour elle, les précédentes élections municipales de 2001.
Toutefois, de façon générale, dès ce premier tour, on a pu constater que si les premiers résultats de ces élections locales pouvaient sonner comme une sanction adressée à Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, lesdits résultats ne constituaient pas néanmoins le raz-de-marée en faveur de la gauche auquel on pouvait s'attendre. Le fait est qu'il s'agissait d'élections locales, à l'occasion desquelles la droite avait sans doute quelques raisons d'espérer résister à l'offensive de l'opposition, grâce à la fameuse prime aux maires sortants, que les électeurs accordent volontiers lorsqu'ils sont satisfaits du bilan de la majorité municipale sortante, quelle que soit son bord politique.
Le fait est, néanmoins, que l'opposition a infligé une série de revers à la droite dès le premier tour de ces municipales, en faisant notamment ainsi basculer à gauche les villes de Dieppe, Rouen, Alençon, Laval, Chalons-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, et Rodez. Dans le même temps, la gauche a réussi à conforter ses positions à Paris - où les listes du maire socialiste sortant, Bertrand Delanoë, sont arrivées, sans surprise, en tête -, à Lyon - où le maire socialiste sortant Gérard Collomb a été réélu dès le premier tour face au candidat UMP Dominique Perben -, à Lille - où la maire socialiste Martine Aubry est arrivée largement en tête au premier tour -, à Tourcoing, à Nantes, et à Dijon.

La gauche poursuit sa conquête de l'Ouest, l'UMP résiste dans les petites villes

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La gauche a poursuivi sa conquête de l'Ouest au premier tour des municipales, où le PS s'est affirmé comme le parti des grandes villes alors que l'UMP a mieux résisté dans les communes moyennes où l'effet vote sanction a moins joué en raison de la prime au sortant.

La poussée de la gauche lui a permis de l'emporter dès le 9 mars dans 75 villes de plus de 30.000 habitants et chefs-lieux de département qu'elle détenait, et de faire basculer dans son camp neuf communes détenues par la droite: Alençon, Bourg-en-Bresse, Chalons-sur-Saône, Dieppe, Laval, le 3e arrondissement de Lyon, Rodez, Rouen et Saint-Benoît (La Réunion).

La droite a conservé sa domination dimanche dans 57 villes et, via deux ministres, en a conquis deux: le Puy-en-Velay et Chaumont.

En 2001, la situation était inverse: 70 maires de droite réélus d'emblée contre 48 de gauche, chaque camp ravissant six villes.

Plusieurs des conquêtes de la gauche sont à l'ouest d'une ligne Dunkerque-Perpignan, confirmant, comme à Rouen ou Laval, les bons scores de la gauche à la présidentielle et aux législatives de 2007.

Déjà dominant dans cette France de l'ouest où il tient des villes majeures (Nantes, Rennes, Brest, Le Mans, Tours, Limoges), le PS pourrait s'y renforcer en enlevant à la droite Caen, Blois ou Quimper.

Mais le PS a également obtenu de bons résultats dans des zones où il avait marqué le pas aux législatives de 2007, comme le Lyonnais. Pourtant Nicolas Sarkozy avait eu le dessus dans les huit départements de Rhône-Alpes.

Dans le sillage du triomphe de Gérard Collomb à Lyon, le PS et ses alliés communistes ont conservé toutes leurs villes de la grande périphérie que l'on disait parfois menacées, comme Villeurbanne.

Ils ont également repris Bourg-en-Bresse, chef-lieu de l'Ain, perdu en 2001, et conquis Chalons-sur-Saône, ville bourguignonne voisine et vieux fief de droite.

Le PS a retrouvé des couleurs en Nord-Pas-de-Calais, réussissant à Lille un score qualifié "d'historique" par Martine Aubry, renvoyée pour quelques points à un second tour sans souci pour elle. Les socialistes ont conservé facilement des villes réputées en danger, comme Tourcoing.

Dans l'est, où la droite reste archi-dominante, le PS devrait gagner Strasbourg et est arrivé en tête dans son satellite Schiltigheim.

Autre caractéristique de ce 9 mars: les écarts énormes entre des listes de gauche victorieuses ou proches de l'être, et leurs concurrentes UMP: le parti présidentiel est dominé de 20 points à Rennes, 25 à Nantes, 32 au Mans, 63 à Boulogne-sur-Mer...

Lyon et Paris, où les UMP Dominique Perben et Françoise de Panafieu plafonnent à 27%, illustrent cette tendance. La conquête de ces deux métropoles par la gauche ne remonte pourtant qu'à 2001, après des années de domination centriste pour la première, chiraquienne pour la seconde.

Le PS a donc assis sa position de "parti des grandes villes".

L'UMP a en revanche bien résisté dans les communes moyenne: à Tarbes, Gérard Trémège a réussi un beau premier tour (47,42%), douchant les ambitions de l'ancien ministre socialiste Jean Glavany (38,32%). A Chartres, Jean-Pierre Gorges devance de 17 points la socialiste Françoise Vallet qui l'avait sévèrement défait dans une législative partielle le 3 février.

A Saint-Brieuc, Bruno Joncour, MoDem soutenu par l'UMP, à qui était promis un étrillage de premier tour, a viré en tête dimanche, même si le 16 mars s'annonce difficile pour lui. Egalement MoDem, Jean-Marie Vanlerenberghe l'emporte au premier tour à Arras.

Tous étaient il est vrai des maires sortants et ont bénéficié d'une autre caractéristique de ce cru municipal 2008: une prime accordée aux édiles sortants.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 mars 2008, 18h47)

En ce qui me concerne, la nouvelle la plus importante de ce premier tour a évidemment été la victoire de la gauche à Rodez, la ville où je vote. Pour la première fois depuis 1953, le chef-lieu du département de l'Aveyron n'avait plus connu de majorité de gauche au sein de son conseil municipal, la droite y étant resté dominante durant les mandats de Bertrand de Lapanouse (de 1953 à 1965), Roland Boscary-Monsservin (de 1965 à 1983) et Marc Censi (de 1983 à 2008). Ce changement, cette alternance, moi et beaucoup d'autres électeurs ruthénois, nous l'attendions depuis longtemps. Le maire sortant, Marc Censi, ancien UDF rallié à l'UMP, avait déjà senti le vent du boulet en 2001, lorsque son concurrent, le socialiste Christian Teyssèdre, n'avait échoué que de peu à le mettre en ballotage. Il y a 7 ans, Censi, avec sa liste UDF-RPR-DL, avait alors été réélu, dès le premier tour, avec 53,55% des suffrages, contre 46,45% pour la liste Gauche plurielle de Teyssèdre.  Cette année, c'est Teyssèdre qui a été élu, dès le premier tour, face à une droite locale usée et divisée.

Le PS fait basculer Rodez, détenue par la droite depuis 55 ans

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Le socialiste Christian Teyssèdre a remporté dimanche dès le premier tour la mairie de Rodez, détenue depuis 55 ans par la droite qui domine le conseil général de l'Aveyron.

Dans cette ville d'environ 30.000 habitants, qui a voté à 51,18% pour Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle, la liste PS-PRG-PCF-Verts-MRC de M. Teyssèdre a largement battu avec 52,49% des suffrages ses trois adversaires de droite. Jean-Louis Chauzy (DVD) a recueilli 19,27% des voix, Régine Taussat (UMP) 15,49% et Frédéric Soulié (DVD) 12,75%.


"C'est la victoire d'une équipe unie autour de cinq formations de gauche. C'est une victoire historique après 55 ans de gouvernance de droite, c'est la victoire de l'intérêt général face à l'opportunisme de ceux qui ont changé de camp", a déclaré M. Teyssèdre, 55 ans, chef de l'opposition municipale à Rodez et élu conseiller général de Rodez-Nord en 2001.


A Millau, deuxième ville de l'Aveyron, la gauche a fait également une percée dans ce département très ancré à droite. Le socialiste Guy Durand, conseiller d'opposition sortant, a devancé de 971 voix l'ancien ministre de la Coopération, le maire sortant Jacques Godfrain (UMP), qui brigue un troisième mandat.


Dans ce département, le seul en Midi-Pyrénées à être présidé par un élu de droite, la succession à la tête du conseil général est la grande inconnue des cantonales, où six conseillers de droite et deux de gauche ont été réélus sur un total de 24 sièges à renouveler.


Après plus de 30 ans passés à la tête de l'Aveyron, le président UMP sortant Jean Puech ne se représentait pas. Son dauphin, le maire de Rignac Jean-Marc Calvet, est en ballottage défavorable dans le canton du président Puech.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 mars 2008, 01h58)

Dimanche 9 mars, je suis donc monté à Rodez, et, comme en 2001, j'ai voté socialiste, avec l'assurance, cette fois, que cette élection serait la bonne. La victoire de la gauche à Rodez était attendue : les électeurs en avaient plus qu'assez d'avoir les mêmes personnes au pouvoir, avec les mêmes idées, les mêmes pratiques. Il fallait un changement. Il fallait que l'on respire ! Enfin ! Teyssèdre n'a, du reste, pas eu trop de mal à s'imposer comme le seul candidat sérieux de cette élection municipale, avec un vrai projet pour la ville : tous les concurrents du candidat socialiste, que ce soit Chauzy (ancien socialiste ayant retourné sa veste et classé désormais "Divers droite"), Taussat (adjointe du maire sortant, mais en perpétuelle rivalité avec lui en période électorale), ou Soulié (un parfait inconnu, auquel Censi a voulu donner du crédit face à Taussat, en se placant lui-même en dernière place sur sa liste), se sont lancés dans la campagne bien après Teyssèdre, et sans présenter le moindre commencement de début de projet crédible. Dès lors, il n'est pas étonnant que la candidature de Teyssèdre ait attiré autant de suffrages, au delà des électeurs de gauche comme moi... Quant à Censi, finalement, il a complètement râté sa sortie...
Bref, cette victoire de la gauche à Rodez est une très bonne nouvelle, et le seul regret que l'on pourrait avoir, c'est qu'elle n'ait pas été au rendez-vous dès 2001. Deux anciens camarades de lycée, figurant sur la liste de Christian Teyssèdre, ont été élus conseillers municipaux : j'ai eu l'occasion de les féliciter hier, à l'occasion du second tour des élections cantonales, qui avait lieu à Rodez pour renouveller les conseillers généraux de deux cantons, dont le mien, celui de Rodez-Ouest.

Venons-en à présent au deuxième tour de ces élections municipales. Hier, dimanche 16 mars, la gauche a confirmé sa progression, bien que la droite ait su faire preuvre de résistance, mine de rien. Dans le Sud de la France, des villes importantes étaient encore très disputées entre les deux tours : si à Bordeaux, le maire sortant UMP et ancien Premier ministre, Alain Juppé, avait été facilement réélu dès le premier tour face à une liste socialiste, il n'en était pas de même pour les villes de Marseille et de Toulouse, où les deux maires UMP sortants - Jean-Claude Gaudin à Marseille et Jean-Luc Moudenc à Toulouse - avaient été mis en ballotage par leur concurrent socialiste. François Bayrou, pour sa part, était confronté à une triangulaire risquée à Pau, où il était candidat, face à une concurrente socialiste et au maire sortant soutenu par l'UMP.
Pour Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, caché bien au chaud au palais de l'Elysée, le bilan était clair, au lendemain du premier tour :

"On s'est pris une petite taule, mais ce n'est pas la grosse branlée annoncée dans les sondages. C'est un petit recul, pas un vote-sanction, pas une débandade. Quatorze ministres élus au premier tour, Toulouse et Marseille qui résistent. Hollande n'arrivera pas à gagner son pari de reprendre trente villes. Il faut tout focaliser sur Marseille. Si l'on arrive à garder Marseille, le tour est joué. Et si, en plus, on ne perd pas Toulouse, on pourra même faire passer tout ça pour un succès relatif."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 10 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4559, 12 mars 2008)

Les résultats du second tour ont confirmé le succès de la gauche sur le plan national, et François Hollande a gagné son pari, mais Sarkozy aura au moins eu la satisfaction de voir Marseille rester finalement une ville gérée par un maire UMP.

Municipales : déferlante de la gauche, mais la droite sauve Marseille

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La gauche apparaissait dimanche [16 mars] comme le grand vainqueur des municipales et cantonales, avec une déferlante de victoires à Toulouse, Strasbourg, Caen, Reims, Metz, Amiens ou Blois, mais la droite a symboliquement réussi à sauver Marseille.

Le rapport de forces gauche-droite s'est établi à 48,88% au PS et ses alliés contre 47,66% à l'UMP et ses alliés.


Malgré l'appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique -et record depuis 1959- (34,5% selon les instituts de sondage) à celle du premier tour.


Le PS et ses alliés, qui misaient sur la reconquête de 30 des 40 villes de plus de 20.000 habitants perdues en 2001, ont repris Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer et Roanne. Rouen avait été repris dès dimanche dernier [9 mars].


Après près de 40 ans de pouvoir de la droite, Toulouse a également basculé à gauche. Gagnés également: Caen, Reims, Amiens, Dax, Mende, Valence, Thionville, Millau, Brive, Bar-le-Duc, Asnières-sur-Seine, Narbonne.


A Marseille, après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l'a finalement emporté sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, battu dans le secteur clef, le 3ème, par l'ancien ministre UMP Renaud Muselier.


Quatorze ministres avaient été élus au 1er tour. Dimanche, Xavier Darcos (Education) a perdu Périgueux. Battues aussi: Rama Yade (Droits de l'Homme) Christine Albanel (Culture) et Christine Lagarde (Economie).


En revanche, les urnes ont souri à Jean-Marie Bockel (Francophonie), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Christian Estrosi, ce dernier démissionnant de l'Outre-Mer au profit de la mairie de Nice.


Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. "Nous payons le prix des divisions" dans plusieurs villes, a d'ailleurs réagi le ministre du Travail Xavier Bertrand.


La gauche a par ailleurs conforté ses positions en l'emportant à Lille, à Brest, Belfort, Charleville, après Lyon, Nantes, Besançon, Dijon et Limoges dès dimanche dernier. En outre, elle garde Angers, un des rares espoirs de conquête de l'UMP.


La droite emporte Agen (NC), Calais (UMP), Châtellerault (NC), Gap (UMP) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP) et garde Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins, Beauvais, Perpignan et surtout Marseille.


A Paris, la victoire du maire sortant PS Bertrand Delanoë est nettement plus large qu'en 2001, mais ses listes ne gagnent pas de nouvel arrondissement.


A Pau, le président du MoDem François Bayrou perd son pari pour "moins de 1%" face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou. Le sort national du MoDem s'en trouve compliqué.


Après un bon premier tour, le PCF a perdu plusieurs de ses bastions (Calais, Montreuil face à la sénatrice Verts Dominique Voynet, Aubervilliers face au PS, et le département de Seine-Saint-Denis).


Parmi les réactions des personnalités politiques, le patron du PS, François Hollande, s'est félicité de victoires remportées "au-delà des objectifs" et a affirmé que Nicolas Sarkozy devrait "corriger la politique qu'il a conduite".


L'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal a appelé "à transformer le vote sanction en vote d'avenir", paraissant accélérer brusquement la course à la succession de M. Hollande.


Jack Lang lui a répliqué à distance que "nulle faction, nulle personnalité (...) au sein du Parti socialiste n'est en mesure de revendiquer" les succès de la gauche.


A droite, le Premier ministre François Fillon a jugé "malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales", avant d'estimer que la gauche avait "partiellement rétabli" sa défaite de 2001.


Tous les leaders de droite se sont relayés sur les plateaux de télévision pour minimiser la défaite de la majorité et évoquer un "rééquilibrage" entre la droite et la gauche.


M. Fillon a réaffirmé que les réformes se poursuivraient sans infléchissement. "La bataille pour l'emploi et le pouvoir d'achat doit s'accentuer", a-t-il dit.


Le président Nicolas Sarkozy, lui-même en retrait pendant la campagne après une forte chute dans les sondages, n'envisage selon son entourage que des "ajustements" de son gouvernement avec quelques secrétariats d'Etat nouveaux.


La gauche a aussi fortement progressé aux cantonales et paraissait assurée d'ajouter au moins 9 nouveaux conseils généraux aux 51 (sur 101) qu'elle détenait déjà: l'Allier, la Corrèze, le Lot-et-Garonne, l'Ain, la Somme, l'Indre-et-Loire, le Val d'Oise, les Deux-Sèvres et la Côte-d'Or, un élu MoDem devant faire pencher la majorité à gauche dans ce dernier département.


Cette forte poussée de la gauche devrait avoir des répercussions lors des sénatoriales de septembre. Depuis 2004, l'UMP n'a déjà plus la majorité absolue au Sénat.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 00h43)

A Paris, la victoire de la gauche, menée par le maire sortant, Bertrand Delanoë, est très nette. Il n'y a pas eu de surprise de ce côté-là, mais on notera cependant que la droite parisienne, malgré la vacuité de son programme, a réussi à conserver ses positions dans les arrondissements de la capitale où elle était déjà en place.

Paris : très large majorité pour la gauche, la droite sauve ses mairies

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La gauche, sans réussir à récupérer un des arrondissements détenus par l'UMP, a obtenu dimanche à Paris la majorité absolue, soit le meilleur score qu'elle ait jamais fait dans la capitale, où le maire sortant Bertrand Delanoë retrouvera très facilement son siège.

La gauche unie (PS, PCF, Verts, MRC, PRG), qui avait obtenu 49,6% des voix en 2001, a atteint cette fois-ci 57,7% des voix.


Dans tous les arrondissements qu'elle détenait déjà, elle a fait des scores dépassant 60%, sauf dans le XIVème où Pierre Castagnou a gagné par plus de 57% des voix une triangulaire qui l'opposait notamment à la tête de liste Modem à Paris Marielle de Sarnez (14,5%), qui sauve son siège au conseil de Paris.


Le meilleur score, 75%, a été obtenu dans le Xème, un bastion de la gauche. Dans le XVIIIème, l'arrondissement où se présentait aussi Bertrand Delanoë, la liste de son ami Daniel Vaillant a obtenu 72,4%.


Dans le très symbolique XIIème arrondissement, que devait gagner la droite pour espérer l'emporter à Paris, la maire sortante Michèle Blumenthal l'a emporté avec 64,8% des voix contre le candidat de l'UMP Jean-Marie Cavada, l'ex-président de Radio-France.


Consolation pour les Verts, qui n'avaient fait que 6,7% à Paris au premier tour contre plus de 12% en 2001, le maire sortant du IIème arrondissement Jacques Boutault, arrivé derrière la candidate socialiste au premier tour, a été réélu haut la main (68,3%) au second, bénéficiant du retrait en sa faveur de son adversaire socialiste.


"Le rassemblement des forces progressistes accroît très sensiblement sa légitimité dans les douze arrondissements qu'il dirigeait et amplifie nettement sa représentativité dans chacun des huit autres", s'est félicité M. Delanoë, parlant de "score inédit" pour la gauche à Paris.


La droite a cependant réussi à conserver la totalité des huit arrondissements qu'elle détenait, notamment le Vème, qui n'est revenu que d'extrême justesse - 225 voix - à la liste du maire sortant Jean Tiberi, en place depuis 25 ans. La liste de Philippe Meyer (Modem) a obtenu 10,9% des voix.


"Paris résiste, on est loin de la vague rose", a commenté la tête de liste de l'UMP Françoise de Panafieu.


Dans le XVème, la première adjointe du maire de Paris Anne Hidalgo, arrivée en tête au premier tour, n'a pas réussi à gagner un arrondissement certes solidement ancré à droite, remporté par le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon (52,7% contre 47,3%).


Dans le Ier arrondissement, Jean-François Legaret a été réélu après avoir été sérieusement mis en difficulté par une candidate peu connue, Seybah Dagoma.


A droite, la liste de Mme de Panafieu a été réélue sans gloire dans le XVIIème arrondissement, dont elle est le maire sortant. La liste de la ministre de la justice Rachida Dati l'a emporté dans le VIIème arrondissement avec 57,7% des voix, une liste Modem obtenant 15,1%.


Le duel fratricide dans le VIIIème arrondissement entre le candidat de l'UMP Pierre Lellouche et le maire sortant François Lebel (dissident suspendu de l'UMP) s'est soldé par la victoire de ce dernier, par 48,6% contre 31,8%, un camouflet pour le parti au pouvoir.


Bertrand Delanoë devrait retrouver face à lui un Conseil de Paris plus docile, les socialistes disposant d'une majorité importante et les alliés Verts, qui ont souvent joué les trublions, ayant des effectifs réduits de 23 à 9.


Selon des projections faites à la mairie, la gauche passe de 92 élus en 2001 à 97 sur 163 conseillers de Paris. La droite, qui avait 71 élus en 2001, n'en aurait plus que 63.


La participation a été de 56,25%, très légèrement inférieure à celle du premier tour.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 00h10)

Je me réjouis de la victoire de la gauche à Paris, mais je suis très déçu de la victoire, fut-elle d'une courte tête, de Jean Tiberi, maire UMP sortant du Ve arrondissement de la capitale : le PS et le MoDem porte une responsabilité collective dans la réélection de ce politicien clientéliste, poursuivi pour manoeuvres frauduleuses lors des élections municipales de 1995 et des législatives de 1997 - dans le cadre de la fameuse affaire des faux-électeurs du Ve -, et qui va encore pouvoir continuer ainsi à faire ce qu'il veut dans "sa" mairie pendant un mandat supplémentaire...

La nouvelle la plus importante de ce second tour, pour moi, est évidemment la victoire de la gauche à Toulouse, la ville où j'habite depuis plus de cinq ans et demi. 37 ans après avoir perdu la mairie, la gauche est de retour au Capitole.

Toulouse : la Ville rose bascule à gauche après 37 ans à droite

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La gauche, emmenée par le député PS Pierre Cohen, 57 ans, a reconquis dimanche la mairie de Toulouse, symbole d'une défaite nationale pour la droite qui détenait la Ville rose depuis 37 ans.

La liste de gauche PS-PCF-Verts-PRG-MRC l'a emporté au second tour des municipales par 50,42% des voix, selon les résultats définitifs.


La quatrième ville de France, qui faisait figure de fort assiégé, résistait depuis des décennies dans un département entièrement ancré à gauche avec huit députés PS sur huit.


Désormais, la gauche détient tous les sièges de parlementaires de Haute-Garonne, la présidence du conseil général et du conseil régional de Midi-Pyrénées, et ajoute à son palmarès le Capitole, l'hôtel de ville de Toulouse.


Pierre Cohen, pourtant peu connu sur la scène politique locale, est parvenu à réaliser l'union de la gauche afin de gagner les municipales de 2008.


Méticuleux, orateur plutôt discret, sérieux voire austère, cet ingénieur en informatique a patiemment bâti l'union de toutes les formations de gauche (PS, PCF, Verts, PRG, MRC) pour multiplier ses chances de s'asseoir dans le fauteuil de maire.


Pragmatique et concret, il a axé son programme sur la jeunesse dans la deuxième ville universitaire de France: transports gratuits pour les moins de 26 ans, plus de logements étudiants, assises de la culture et lutte contre les discriminations.


Il souhaite aussi développer les services d'aides à la personne, privilégier l'économie sociale et solidaire, et veut relancer les transports, la culture et les logements sociaux.


Le maire sortant Jean-Luc Moudenc (centriste, apparenté UMP), 47 ans, était dans une situation délicate au soir du premier tour (42,6%), talonné de près par la liste de gauche unie (39%). Entre les deux tours, il avait fusionné avec le MoDem de Jean-Luc Forget (5,9% au premier tour), mais cette alliance n'a pas suffi à convaincre les électeurs.


Revendiquant son étiquette centriste, il a joué son va-tout dans l'élection en tentant de se démarquer de l'UMP. Il prônait la continuité pour la capitale de Midi-Pyrénées, à la tête d'une liste d'ouverture baptisée "Toulouse pour tous", accueillant des personnalités et figures locales de tous bords (d'ex-PS et Verts notamment, ou le rugbyman Fabien Pelous).


Tout au long de sa campagne, M. Moudenc - qui avait succédé à la mairie à Philippe Douste-Blazy après la démission de celui-ci en 2004 - et Dominique Baudis, l'un de ses prédécesseurs au Capitole, avaient souligné leur volonté de maintenir Toulouse hors de portée de la gauche.


Sans leader charismatique ni d'envergure nationale depuis Dominique Baudis, les électeurs toulousains ont choisi avec leur nouveau maire d'opter pour le changement dans la Ville rose, où Ségolène Royal avait raflé près de 58% des voix à la présidentielle.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 01h15)

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Voila, c'est fait. Après être resté à droite pendant tant d'années, les villes de Rodez (où je vote) et de Toulouse (où j'habite) ont toutes les deux basculés à gauche, et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais !... :-)

A Toulouse, Moudenc n'aura sans doute pas réussi à mobiliser suffisemment son électorat. Cohen n'a pas voulu faire d'alliance avec quiconque entre les deux tours, et s'est ainsi assuré une victoire autour de sa seule liste. Le MoDem sort de ce scrutin fragilisé, Jean-Luc Forget ayant notamment provoqué une division en choisissant de se rallier à Moudenc. D'après ce que j'ai compris, au lendemain du premier tour, lundi 10 mars, les colistiers de la liste MoDem s'étaient réunis avec les militants démocrates, et avaient décidés collectivement d'aller négocier un accord avec Pierre Cohen, provoyant qu'en cas d'échec il devait y avoir liberté de vote pour chacun. Puis, un peu plus tard, Forget serait venu voir les militants démocrates, et passant outre la décision qui avait été prise, aurait proposé qu'ils lui accordent leur confiance pour aller négocier avec Moudenc. Pour vaincre les réticences d'une partie de l'assistance, il aurait affirmé que Bayrou lui avait téléphoné pour lui demander de soutenir Moudenc, en échange d’un soutien de l’UMP à sa liste sur Pau. Bien que l'information soit invérifiable, cela aurait apparemment suffi à convaincre certains militants, et la proposition de soutenir Moudenc a finalement été adopté. Ce qui n'a pas empêché 17 colistiers (sur 68) de la liste du MoDem d'exprimer officiellement "leur total désaccord pour tout rapprochement avec la liste de Jean-Luc Moudenc". Ce n'est que plus tard que les militants auraient appris que Bayrou ne demandait pas le soutien de l'UMP à Pau - où il a finalement été battu -, et que les négociations avec Moudenc avaient en fait commencées bien avant la réunion du lundi 10 mars... Toujours est-il que cette stratégie d'entente avec le maire sortant n'aura pas été payante, puisque l'alliance de Moudenc avec Forget n'aura finalement pas suffi à la droite pour conserver la mairie de Toulouse...
Je ne regrette pas d'avoir quitté le MoDem.

En ce qui concerne les élections cantonales, la gauche a également progressé nationalement : elle est désormais à la tête de 60 des 101 départements français, neuf d'entre eux ayant basculé à l'issue du second tour, hier, à savoir l'Ain, l'Allier, la Corrèze, la Côte d'Or, l'Indre-et-Loire, les Deux-Sèvres, le Lot-et-Garonne, la Somme et le Val d'Oise. En Aveyron, mon canton de Rodez-Ouest a basculé à gauche au second tour : le nouveau maire de Rodez, Christian Teyssèdre, y était candidat, et à failli être élu dès le premier tour, avec 49,85% des voix. Il a finalement été élu au second tour, avec 62,05% des voix, face à son adversaire de centre-droit, Jean-François Théron, encarté au "Nouveau Centre" rallié à Sarkozy.

Aveyron : la droite perd Millau après Rodez et recule aux cantonales

La droite, jusqu'à présent hégémonique en Aveyron, a subi d'importants revers aux élections municipales avec la perte de Millau au second tour, après celle de Rodez au premier tour, et sa majorité au conseil général a été sérieusement amputée lors des élections cantonales.


Le maire sortant UMP de Millau, Jacques Godfrain, ancien ministre de la Coopération, a été battu dimanche par le socialiste Guy Durand qui a remporté 54,03% des suffrages au deuxième tour dans la sous-préfecture de l'Aveyron.


M. Godfrain, qui briguait un troisième mandat, a obtenu 38,09% des voix tandis qu'une troisième liste conduite par Jérôme Alirol (DVD), recueillait 7,88% des suffrages.


Dès le premier tour, la mairie de Rodez, préfecture de l'Aveyron, ancrée à droite depuis 55 ans, avait basculé de l'UMP vers le PS. Christian Teyssèdre avait largement battu trois adversaires de droite avec 52,49% des suffrages.


Dans ce département, le seul en Midi-Pyrénées à être présidé par un élu de droite, le président UMP sortant Jean Puech ne se représentait pas, après 30 ans à la tête du département.


Son dauphin, le maire de Rignac, Jean-Marc Calvet, n'a pu conserver ce canton remporté dès le premier tour par l'ancienne sous-préfète Anne-Marie Escoffier (SE).


Au total, les cantonales se sont traduites par un gain de six sièges pour les socialistes et divers gauche, sur 24 en jeu, tandis que l'UMP en perdait six.


Dans le nouveau conseil, qui compte 46 membres, l'UMP et les DVD ne représentent plus désormais que 23 conseillers face à 19 conseillers de gauche, (14 PS, 1 PRG, 4 DVG) et il leur faudra attirer au moins l'élu MoDem réélu à Conques, ou l'un des trois sans étiquette (SE) du département, pour conserver la présidence.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 mars 2008, 01h19)

Au sein du Conseil Général de l'Aveyron, les rapports de force seront maintenant enfin plus équilibrés entre la gauche et la droite, après des années de domination exclusive de la droite.

Pour finir, quels enseignements peut-on tirer de ces élections municipales et cantonales quand on figure, comme moi, dans l'opposition à Sarkozy de Nagy-Bocsa ?

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Beaucoup de villes françaises ont basculés à gauche, c'est un fait, mais on doit d'abord constater que si la gauche a ainsi réussi à affirmer et à étendre encore son influence dans le cadre d'élections locales, elle reste incapable aujourd'hui de susciter un rassemblement autour d'elle sur le plan national, faute d'avoir pu convaincre lors des élections présidentielle et législatives de l'année dernière.
undefined Les partis de gauche en général, et le PS en particulier, restent aujourd'hui les bénéficiaires automatiques du vote-sanction contre la droite, mais cela ne peut suffire à faire d'eux des alternatives crédibles face à l'UMP et ses satellites, qui restent dominants au niveau national. Il faudra bien que le PS se décide à mettre fin à ses divisions, et à se rénover au plus vite, s'il veut un jour battre Sarkozy lors des prochains rendez-vous électoraux. Mais s'il y a un enseignement à retenir de ces scrutins, c'est le fort taux d'abstention qui leur restera attaché. Avec un taux de participation supérieur à 66% seulement, un premier record d'abstention avait été atteint au premier tour des municipales, au niveau national. Avec entre 65% et 65,5% de votants au second tour, selon les instituts de sondage, il semblerait qu'un nouveau record d'abstention est encore été battu, en France métropolitaine. Selon le ministère de l'Intérieur, aux élections cantonales, la participation a été inférieure à celle des municipales avec un taux de participation de 50,77% le soir du second tour à 17h00, contre 54,53% une semaine plus tôt, et 47,89% au second tour du précédent scrutin, en 2001. Dans ce contexte, les progrès électoraux de la gauche, sur le plan national, doivent être sans doute relativisés, d'autant plus que le fossé entre la gauche de gouvernement et les classes populaires reste très profond. Et que l'on ne s'y trompe pas : les électeurs des milieux populaires, ceux qui vivent dans les banlieues et dans les zones péri-urbaines ou rurales, ne sont pas davantage séduits par l'extrême-gauche, qu'il s'agisse du PC ou de la LCR ! En général, ils ne votent pas, tout simplement, et si l'extrême-droite lepéniste est aujourd'hui dans les choux, la porte reste aujourd'hui ouverte à tous les discours populistes, basés sur des thèmes identitaires, qui fonctionneront toujours auprès d'un électorat populaire se sentant plus ou moins exclu du débat public... Pour le meilleur et pour le pire. En attendant que se produisent des choses plus graves... sous le signe du désespoir...

Cordialement, :-)

Hyarion.
 
(Illustrations : Rapport de forces national au premier tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 10 mars 2008, ©AFP ; Cartes des villes de France ayant basculé à gauche ou à droite dès le premier tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 10 mars 2008, ©AFP ; Christian Teyssèdre devant la ville de Rodez, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; Rapport de forces national au second tour des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; Résultats du second tour des élections municipales de mars 2008 à Paris et nouveau Conseil de Paris, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; De gauche à droite, le maire sortant de Toulouse Jean-Luc Moudenc, et son rival socialiste Pierre Cohen, photographies de l'Agence France Presse, ©Pascal Pavani/AFP ; Pierre Cohen, vainqueur de l'élection municipale à Toulouse, posant devant le Capitole, le 17 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ; Cartes des villes de France, chefs-lieux ou arrondissements de plus de 30 000 habitants, ayant basculé à gauche lors des élections municipales de mars 2008, Infographie de l'Agence France Presse, 17 mars 2008, ©AFP ; Taux d'abstention en France métropolitaine au second tour des élections municipales de 2008, selon les instituts de sondages, avec comparaison avec les précédents seconds tours de scrutin depuis 1977, Infographie de l'Agence France Presse, 16 mars 2008, ©AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /2008 23:57

Ceux qui ont été tentés, à un moment ou à un autre, depuis l'année dernière, de comparer sérieusement la France de Sarkozy avec la Russie de Poutine étaient vraiment à côté de la plaque. La meilleure preuve en est le résultat des dernières élections. En France, nous avons de la chance : ici, contrairement à ce qui se passe en Russie, les résultats des scrutins ne sont pas connus six mois à l'avance, et, par ailleurs, je serais bien étonné de voir, en 2012, François Fillon devenir président de la République pour nommer, dans la foulée, le président sortant Sarkozy de Nagy-Bocsa au poste de Premier ministre, comme cela sera le cas avec le président russe Vladimir Poutine, qui deviendra officiellement le Premier ministre du nouveau président (fantoche) russe, Dmitri Medvedev, en mai prochain.
Les Français sont des gens assez capricieux, brûlant un jour ce qu'ils adoraient encore la veille, et Sarkozy, aujourd'hui, est en difficulté, à la suite d'une baisse spectaculaire de popularité depuis le début de l'année, si l'on en croit les sondages, et, surtout, après la dérouillée électorale que lui et ses amis de droite viennent de subir ce mois-ci, dérouillée à relativiser toutefois, il est vrai, compte-tenu du fort taux d'abstention. Face à toutes ces facheuses déconvenues, l'actuel chef de l'Etat a donc décidé de changer un peu la donne, et de modifier sensiblement, et sans tarder, son Sarko-show, sans pour autant l'interrompre, bien entendu...

 

"On ne va pas passer quinze jours à faire des analyses. Je ne suis pas très audible en ce moment. Il faut restaurer l'image présidentielle de façon classique. Plus de gravité, soit. Cela passera par l'international."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa devant ses conseillers, le 17 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008)


Priorité à la médiatisation autour de la politique internationale, donc : cela fait davantage "présidentiel", assurément. On peut, dès lors, comprendre tout l'intérêt qu'a pu représenter, dès la semaine dernière, pour l'actuel président de la République française, en plein milieu de la campagne des élections minicipales et cantonales, l'opportune visite d'Etat de Shimon Peres, président de l'Etat d'Israel, en l'honneur duquel Sarkozy a organisé, lundi 10 mars, un dîner d'Etat au palais de l'Elysée, dîner sur lequel nous aurons l'occasion de revenir brièvement, à la fin du présent article...
Mais jouer la carte de l'international ne suffit pas. Pour se doter d'une image désormais plus "présidentielle", Nicolas Sarkozy n'a rien trouvé de mieux que d'essayer d'imiter François Mitterrand, en faisant notamment du plateau des Glières - haut lieu de la Résistance -, situé près d'Annecy, sa Roche de Solutré... Il avait visité ce lieu l'année dernière, juste avant son élection à la plus haute charge de l'Etat, et entend désormais y faire un pèlerinage chaque année...

 

Malgré la "claque" des municipales, Nicolas Sarkozy persiste et signe
 

Deux jours à peine après la sévère défaite de son camp aux municipales, Nicolas Sarkozy a répété mardi [18 mars] à ceux qui lui intimaient d'en tirer les leçons qu'il ne dévierait pas de sa route et qu'il poursuivrait les réformes "nécessaires au pays".

Entre un hommage national aux poilus de la Grande Guerre lundi [17 mars] et une visite à la Marine nationale à Cherbourg vendredi [21 mars], le chef de l'Etat a tenu à garder mardi, lors d'une nouvelle visite au plateau des Glières, haut-lieu de la Résistance française, le ton "régalien" et la solennité qu'il a désormais adoptés.

Ce n'est donc que très allusivement qu'il a évoqué la situation politique née des scrutins des 9 et 16 mars. Mais en se gardant bien de faire le moindre commentaire sur leur résultat.

"Ce n'est pas le lieu de faire un discours politique", a jugé Nicolas Sarkozy lors d'une courte allocution au Petit Bornand devant des élus locaux. "Il y a tant d'agitation, il faut beaucoup de calme à la place qui est la mienne, il faut beaucoup de sang-froid", a-t-il ajouté.

"Ce qui est sûr, c'est que je serai amené à prendre un certain nombre d'initiatives pour continuer les changements qui sont nécessaires à notre pays", a poursuivi le président, alors qu'un léger remaniement du gouvernement était attendu avant le Conseil des ministres de mercredi.

"Ce n'est pas une question d'idéologie. Ce n'est pas une question de politique. Ce n'est même pas une question de gauche et de droite, c'est une question de bon sens", a-t-il lancé à ceux qui, à gauche comme dans son propre camp, lui conseillent depuis dimanche soir de changer de cap.

Evoquant "un contexte qui est difficile avec l'augmentation des prix des matières premières, avec la flambée de l'euro, avec le prix du baril de pétrole et avec la crise financière", Nicolas Sarkozy a estimé que "tous ces problèmes, ça devrait nous encourager à faire des changements au lieu de nous encourager à nous recroqueviller".

"J'ai été élu pour conduire cette politique et c'est celle que je mènerai", a martelé le chef de l'Etat.

Pour le reste, entre une cérémonie à la nécropole de la Morette, où sont enterrés 105 des 129 résistants français tombés lors des combats de mars 1944 contre la Wehrmacht, et un moment de recueillement devant le mémorial enneigé des Glières, Nicolas Sarkozy ne s'est pas écarté de sa posture présidentielle.

Exaltation du "devoir de mémoire" et hommage aux maquisards dans les pas de son dernier déplacement de la campagne présidentielle de 2007, dont il a répété son souhait de faire un pèlerinage annuel.

"C'est un lieu où j'avais dit que je reviendrais chaque année pour en faire un lieu symbolique de l'identité nationale de la France. Nous nous sommes construits grâce à ces événements", a-t-il déclaré.

"C'est un lieu très symbolique parce que ceux qui ont combattu ici venaient de tous les horizons (...) ils se sont rassemblés sans considération des opinions politiques", a relevé le chef de l'Etat.

Entre Marseillaise et sonneries aux morts, Nicolas Sarkozy s'est offert un long aparté avec la veuve du chef du maquis des Glières, son "héros de jeunesse" Tom Morel tué en 1944. A l'exception d'un accrochage avec une poignée d'enseignants en colère, il a également profité d'un accueil chaleureux, bien venu en ces temps de chute dans les sondages et de revers électoraux.

"Je voudrais dire à tous ceux qui ont bien voulu tout au long de cette journée me soutenir, me broyer la main (...) que c'est bien sympathique, que pour moi c'est important et qu'à chaque fois que je viens dans votre département, je rentre avec une énergie renouvelée", a-t-il lâché.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 mars 2008, 20h32)


Il a longtemps été question d'un remaniement ministériel, d'abord annoncé pour le mois de janvier dernier, puis repoussé au lendemain des élections municipales et cantonales. Sarkozy, lundi dernier, avait finalement pris sa décision :


"Fillon va mener la charge sur les réformes et des sujets bien clivants (sic). J'ai déjà réorganisé mon équipe [à l'Elysée]. C'est vrai, c'était le bordel. En revanche, remanier le gouvernement en profondeur n'est pas une réponse appropriée au verdict des urnes. Le remaniement est une cartouche qu'il ne faut pas gâcher. Tant pis s'il faut encore se trimbaler quelques bourrins."

(Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa devant ses conseillers, le 17 mars 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008)


Seuls quelques "ajustements" au sein du gouvernement avaient donc été prévu, mais ils ont été finalement un peu plus que des "ajustements"...

 

Sarkozy étoffe son équipe après la défaite des municipales

Deux jours après la défaite de la majorité aux municipales, l'Elysée a annoncé mardi [18 mars] un remaniement de gouvernement plus important que prévu, avec l'arrivée de six nouveaux secrétaires d'Etat et l'élargissement ou la modification des attributions de 12 ministres.

Annoncé peu avant 20H00, cet aménagement de l'équipe dirigée par François Fillon intervient deux jours après le second tour des municipales et cantonales aux résultats très sévères pour la droite.

Le président Nicolas Sarkozy avait par avance indiqué qu'il ne voulait pas chambouler totalement son équipe de ministres dans la foulée de ces scrutins dont il "tiendrait compte".

Avec ce remaniement sont récompensés deux des vainqueurs du premier tour des municipales, Luc Chatel, qui devient porte-parole à la place de Laurent Wauquiez, et ce dernier, promu à l'emploi.

Les deux porte-parole de l'UMP, Yves Jégo et Nadine Morano, entrent au gouvernement, le premier à l'Outre-mer, où il remplace Christian Estrosi, démissionnaire pour s'occuper de la mairie de Nice, où il vient d'être élu, et la seconde, à la famille.

MM. Jégo et Chatel, bien que simples secrétaires d'Etat pourront assister à tous les conseils des ministres.

Le sénateur-maire de Toulon, Hubert Falco, un des seuls candidats UMP à avoir remporté dès le premier tour une ville de plus de 100.000 habitants, est nommé secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire.

La "société civile" fait également son entrée au gouvernement avec Anne-Marie Idrac, ancienne présidente de la SNCF, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, et Christian Blanc, ancien PDG de la RATP et d'Air France, nommé mardi secrétaire d'Etat chargé du développement de la "Région Capitale".


Cette dernière nomination est une pierre dans le jardin du maire de Paris Bertrand Delanoë, qu'une polémique a opposé à M. Sarkozy sur le thème du "Grand Paris".

Alain Marleix, 62 ans, spécialiste des questions électorales à l'UMP, passe des Anciens combattants au secrétariat d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales, où il devrait notamment piloter le prochain redécoupage électoral législatif, attendu depuis des années.

Il est remplacé aux Anciens combattants par Jean-Marie Bockel, un des ministres "d'ouverture", ex-socialiste [lui-même remplacé à la Coopération et à la Francophonie par le député UMP Alain Joyandet].

Le portefeuille de l'"économie numérique", très attendu par la profession, est confié à un autre ministre d'ouverture, Eric Besson, qui conserve la "prospective et l'évaluation des politiques publiques".

Plusieurs ministres voient leurs attributions modifiées ou élargies.

Ainsi la ministre de l'Economie Christine Lagarde, jusque là chargée des finances et de l'emploi se retrouve avec l'industrie et l'emploi.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Boorlo, se voit adjoindre le secteur stratégique de l'énergie, "une façon de souligner l'importance et la cohérence de ces sujets", selon son entourage.

Xavier Bertrand, ministre du Travail, se voit adjoindre la famille, et Bernard Laporte (Sports) la vie associative.

Hervé Novelli perd le Commerce extérieur mais récupère l'Artisanat et le Tourisme.

Les ministres battus aux municipales conservent comme annoncé leurs postes, notamment Xavier Darcos (Education), battu à Périgueux.

"La réponse est bizarre, voire stupéfiante. C'est à la fois une sorte de tableau d'honneur et de récompense pour certains, et un lot de consolation pour d'autres", a déclaré à l'AFP le porte-parole du PS Julien Dray.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 mars 2008, 22h17)

 
Décidément, les choses ne s'arrangent pas : les deux nouveaux secrétaires d'Etat ultra-sarkozystes Yves Jégo et Nadine Morano sont aussi détestables que le non moins ultra-sarkozyste Christian Estrosi, qui, lui, heureusement, est parti. Le gouvernement Fillon II remanié s'est réuni hier, mercredi 19 mars, à l'occasion d'un premier Conseil des ministres post-électoral, au terme duquel le nouveau secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet, a commis, sous le coup de l'émotion, un lapsus assez amusant...


Nicolas Sarkozy fixe la feuille de route de son gouvernement remanié
 

Nicolas Sarkozy a réuni mercredi son nouveau gouvernement étoffé pour lancer une nouvelle phase politique, dont il a juré qu'elle ne comporterait "ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", après la sévère défaite de son camp aux municipales et cantonales.

Au lendemain de leur nomination, les six petits nouveaux de l'équipe gouvernementale, qui compte désormais 38 membres, Premier ministre compris, ont à peine eu le temps de profiter de leur promotion.

A peine avaient-ils passé le mur de photographes et cameramen érigé pour l'occasion dans la cour de l'Elysée et trouvé leur siège dans le salon vert, que le chef de l'Etat les a plongés dans le vif du sujet en détaillant leurs objectifs pour les prochains mois.


Si les enjeux des scrutins des 9 et 16 mars "étaient d'abord locaux", a attaqué Nicolas Sarkozy, ils ont aussi "au plan national" exprimé "une attente, une impatience, une interrogation sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile".

"La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement", a immédiatement répondu le président. "Depuis 1958, aucun gouvernement n'a autant agi, autant réformé. Il faut continuer. C'est la seule façon de tenir nos engagements, c'est la seule façon de répondre aux difficultés du moment", a-t-il ajouté.

Comme mardi en Haute-Savoie, Nicolas Sarkozy a insisté sur le "contexte difficile du moment", marqué par la crise financière, la flambée de l'euro et du pétrole ou le renchérissement des matières premières.

Mais à tous ceux, à gauche comme à droite, qui lui ont suggéré d'en tirer la leçon en changeant de politique, Nicolas Sarkozy a répondu que "dans la tempête économique mondiale, il
faut fermement tenir le cap". "Il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", a-t-il assuré.

Peu après, la nouvelle voix du gouvernement, Luc Chatel, a renchéri en déclarant qu'un plan de rigueur serait "absurde".

"Au moment où, justement, on a besoin de libérer la croissance, on a besoin de libérer le travail, où on voit que les dispositions prises cet été permettent de positionner la France plutôt mieux par rapport à ses voisins (...), il serait absurde d'anesthésier l'économie française", a jugé le porte-parole, en rendant compte pour la première fois des travaux du Conseil.

Après ce plaidoyer pour la réforme, Nicolas Sarkozy a détaillé ses futures déclinaisons en fixant à son gouvernement quatre grands objectifs.

D'abord "remettre le travail au coeur de nos politiques publiques, au service de la croissance et du pouvoir d'achat", puis "renforcer la compétitivité de notre économie", avec le dépôt dès avril du projet de loi pour la modernisation de l'économie.


Il s'agira ensuite de "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays et moderniser l'Etat", puis de "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites", notamment par le biais du projet de loi attendu au printemps.

Au terme de deux heures de réunion, les nouveaux secrétaires d'Etat ont tous affiché leur détermination à appliquer la feuille de route présidentielle.

Chargée de la famille, Nadine Morano a confié "l'émotion mais surtout l'honneur de servir son pays". Son collègue à la Francophonie, Alain Joyandet, en a même perdu son latin: "c'était un communiste, un parti, excusez-moi je suis très, très ému, c'était un conseil des ministres très dense", a-t-il bredouillé.

"Ils ont vécu une matinée inoubliable", l'a excusé Luc Chatel.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars 2008, 16h34)


Ce gouvernement remanié a été diversement apprécié. Ce que je note pour ma part c'est que la promesse de Sarkozy de travailler avec un gouvernement resserré est à classer, comme d'autres, dans la catégorie des promesses non tenues. Je note également l'absence de l'innénarable Claude Allègre dans cette équipe gouvernementale élargie : celui-ci, ex-socialiste (il avait annoncé l'année dernière ne pas vouloir renouveller sa carte d'adhérent au PS) avait été, jusqu'à récemment, pressenti pour devenir un nouveau ministre du gouvernement Fillon, après l'avoir été dans le gouvernement Jospin, entre 1997 et 2000. Le fait qu'il est été ainsi écarté finalement est un peu dommage : je suis sûr que Sarkozy et Fillon et les autres ministres et sous-ministres l'auraient certainement beaucoup apprécié... C'est bien connu : Claude Allègre est tellement facile à vivre, tellement ouvert aux opinions des autres, et tellement fiable... ;o) Ségolène Royal en sait quelque-chose, elle qui fut une ministre déléguée sous sa tutelle au sein du gouvernement Jospin, et que Allègre a fortement "soutenu" pendant la dernière campagne présidentielle, au point d'aller "affronter" François Fillon jusque dans le siège de campagne parisien de Sarkozy, où des journalistes l'ont ainsi surpris en flagrant délit de "pré-ouverture", comme l'a relaté, à l'époque, le Canard Enchaîné dans un article que j'avais reproduit dans un précédent message, sur le présent blog, en mai 2007... ;-)

 

Entre efficacité et droitisation, un remaniement diversement analysé
 

Ajustement "technique" pour une meilleure efficacité selon la droite, "fin de l'ouverture", "repli sur le clan UMP" et "droitisation" pour la gauche: le remaniement de l'équipe gouvernementale, plus ample qu'attendu, est diversement analysé.

"C'est un remaniement plutôt technique, de bonne qualité", a estimé mercredi Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, "très heureux" que "l'architecture gouvernementale" n'ait pas été modifiée "en profondeur".

Au contraire, le numéro 2 du PS François Rebsamen estime que ce remaniement met "fin à l'ouverture" et signe un "repli sur le clan".


Il a parlé encore de "retour à une forme de sarkozysme historique", formule qu'un membre du gouvernement ne conteste pas: c'est effectivement un "retour à la +Sarkozie+ historique", mais qui s'explique par "le besoin" du président, en ces temps "difficiles" (baisse de popularité, défaite électorale), "d'avoir une phalange autour de lui pour le protéger".

Autre preuve du retour en grâce des sarkozystes, aux yeux de ce ministre: "on voit de plus en plus, lors des conseils des ministres, le président discuter avec son plus ancien ami, Brice Hortefeux" (Intégration et identité nationale).

"L'ouverture" à la gauche et au Nouveau centre pratiquée par M. Sarkozy avait été mal perçue par certains de ses amis, Patrick Devedjian ironisant même à l'époque sur une ouverture qu'il aurait aimé voir "aller jusqu'aux sarkozystes".

Le secrétaire général de l'UMP a été entendu: sur les six nouveaux secrétaires d'Etat, quatre sont des très proches du président: les deux porte-parole du parti majoritaire Nadine Morano (Famille) et Yves Jégo (Outre-mer), ainsi qu'Hubert Falco (Aménagement du territoire) et Alain Joyandet (Coopération et francophonie).


Plusieurs autres ministres ont eu une promotion, notamment Luc Chatel, nouveau porte-parole du gouvernement qui garde la consommation et reçoit l'industrie.

Pour lui, c'est presque un retour aux sources: pendant la campagne électorale de M. Sarkozy, à laquelle il avait activement participé, il était porte-parole de l'UMP.

Le chef de l'Etat était pourtant enclin, il y a encore deux ou trois semaines, à "poursuivre l'ouverture" vers la gauche, songeant notamment à l'ancien ministre socialiste Claude Allègre. Mécontent, Copé avait alors affirmé qu'Allègre, c'est "le nom en trop".

"On en a tellement fait sur l'ouverture que ça n'a plus grande utilité, de toute façon l'image de l'ouverture, elle est déjà gagnée", a renchéri mercredi un élu de la région parisienne, en allusion aux ministres ex-socialistes (Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel) ou proches: Fadela Am
ara et Martin Hirsch.

"J'ai dit au président que s'il continuait sur cette voie, cela allait énerver à l'UMP", a ajouté cet élu. Alors que le président est décidé à "accélérer" les réformes, "il était essentiel pour lui de donner un signal positif à ses amis", explique le même.

En remaniant le gouvernement, Nicolas Sarkozy a aussi voulu lancer "un message clair", assure un autre ministre. "Le pouvoir de nomination, c'est lui et personne d'autre".

"Quels que soient les sondages ou le résultats des élections, personne ne peut lui dicter quoi faire. La preuve: il a fait entrer Nadine Morano, largement battue aux municipales, et a rendu un hommage appuyé en conseil des ministres à Xavier Darcos, autre battu", ajoute ce ministre.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars 2008, 19h30)


Claude Allègre devra attendre le prochain train gouvernemental... Il semble que Sarkozy n'est pas prévu d'utiliser sa cartouche du grand remaniement ministériel avant le début de l'année 2009, soit après la présidence française de l'Union Européenne...

Le Sarko-show est donc apparemment entré dans une nouvelle phase, plus "sérieuse". Il était donc temps d'en finir avec les restes de l'ancienne formule. D'où le merveilleux dénouement, survenu hier, 19 mars, en ce concerne cette minable affaire de SMS, que j'avais déjà évoqué dans un précédent article, le mois dernier.


SMS : Sarkozy retire sa plainte mais le journaliste maintient sa version
 
Nicolas Sarkozy a retiré sa plainte contre le Nouvel Observateur dans l'affaire du SMS présumé, ouvrant la voie à un classement du dossier, mais le journaliste maintenait mercredi "l'authenticité" de son information.

Le chef de l'Etat avait déposé le 7 février une plainte pour "faux, usage de faux et recel" contre le site internet du Nouvel Observateur (nouvelobs.com), selon lequel il aurait envoyé à son ex-épouse Cécilia, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni le 2 février, le SMS suivant: "si tu reviens, j'annule tout".

Cette plainte, la première déposée contre un média par un président de la Ve République en exercice, a entraîné le lendemain l'ouverture d'une enquête préliminaire sous la houlette du parquet de Paris.

L'affaire avait suscité un vif débat sur le traitement par la presse de la vie privée des personnalités, en particulier s'agissant de Nicolas Sarkozy, dépeint par certains en "président people".

"Désormais, l'affaire du SMS est close, mon mari vient de retirer sa plainte contre le Nouvel Observateur après la lettre d'excuse qu'Airy Routier m'a adressée", annonce Carla Bruni-Sarkozy dans une tribune publiée dans Le Monde daté de jeudi, intitulée "Halte à la calomnie!".

Le parquet de Paris a confirmé avoir reçu mercredi un courrier de l'avocat du chef de l'Etat, dans lequel il indique que M. Sarkozy "n'entend plus maintenir sa plainte". Une démarche qui devrait entraîner "un classement sans suite", selon une source judiciaire.

Confirmant s'être excusé "à titre personnel" auprès de la nouvelle épouse du président, le journaliste du Nouvel Observateur a cependant de nouveau défendu "l'authenticité" de son information.

"Je n'ai jamais mis en cause l'authenticité du SMS. Je maintiens totalement ma position là-dessus", a expliqué Airy Routier à l'AFP, en assurant que la "plainte d'intimidation" du chef de l'Etat "ne tient pas debout devant la justice".

M. Routier, entendu par les policiers fin février comme témoin, avait indiqué avoir écrit son article sur la foi d'informations "verbales fiables", admettant ainsi qu'il n'avait pas eu entre les mains le SMS controversé.

Au cours de l'enquête, l'ex-"première dame" Cécilia Ciganer-Albeniz, restée silencieuse depuis le début de l'affaire, a affirmé de son côté, devant les policiers début mars, ne pas avoir reçu ce message de Nicolas Sarkozy.

Dans un court article publié mercredi sur son site internet, la direction du Nouvel Observateur "prend acte" du démenti de l'ex-épouse du président de la République et reconnaît une nouvelle fois que l'article concernant le SMS "n'aurait jamais dû être publié sur (son) site".

Mais la direction de l'hebdomadaire souligne qu'"à (ses) yeux", la "bonne foi de (son) journaliste reste entière".

Un point de vue vigoureusement réfuté par Carla Bruni-Sarkozy qui, dans Le Monde, attaque Airy Routier et le magazine.

"Ce qui est malhonnête et inquiétant dans cet épisode, c'est qu'à aucun moment l'"information" n'a été vérifiée, recoupée, validée", s'indigne la chanteuse, en épinglant les "ragots" et les "quelqu'un m'a dit" (titre d'un de ses morceaux).

"Est-ce l'avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l'air avant d'être rappelés à l'exigence élémentaire de probité?", assène-t-elle encore.

La nouvelle "première dame" défend à cette occasion l'attitude de son mari dans ce dossier. Il "ne s'en prend pas à la liberté de la presse" mais "protège" la "liberté de chacun", affirme-t-elle.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 mars 2008, 17h33)

 
Dans le même registre, je suppose que la plupart de mes lecteurs se souviennent de la fameuse visite de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa au Salon de l'agriculture de Paris, le 23 février dernier, au matin, et du fait qu'elle a été marquée par un échange d'insultes entre un visiteur pas très malin et l'actuel chef de l'Etat. Cet échange d'insultes avait fait l'objet d'une séquence filmée qui avait été diffusée, dans la soirée suivant "l'évènement", sur le site du journal Le Parisien (leparisien.fr), et qui montrait notamment Sarkozy de Nagy-Bocsa répondant au visiteur : "Casse-toi alors, pauvre con". Contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs dans la blogosphère, la nouvelle n'a pas fait l'objet de tout ou partie d'un article sur le présent blog : tout au plus a-t-il fait l'objet de quelques commentaires au bas d'un article, le mois dernier. Néanmoins, il faut croire que l'effervescence - le "buzz" - que "l'évènement" avait alors suscité sur Internet a eu une conséquence, dont beaucoup de blogueurs ont parlé, au point de faire l'objet d'une dépêche de l'Agence France Presse...


Le "Monsieur internet" de l'Elysée provoque des remous dans la blogosphère
 
 
La blogosphère est en ébullition depuis la nomination à l'Elysée d'un chargé de mission sur internet, qui fait l'objet d'un véritable "buzz", de nombreux internautes craignant une volonté de "surveiller" tout ce qui circule sur le web concernant Nicolas Sarkozy.

Nicolas Princen, jeune militant UMP de 24 ans, a été nommé lundi [17 mars] "chargé de mission au service internet", auprès de Franck Louvrier, conseiller pour la presse et la communication, indique-t-on à l'Elysée.

Il sera "en charge de la veille de ce qui circule sur la toile au sujet du président de la République: blogs, sites d'information, vidéos... Comme on peut faire pour une revue de presse des médias traditionnels", explique-t-on.

Diplômé d'HEC et de l'Ecole normale supérieure, Nicolas Princen avait travaillé pour le site internet de la campagne du candidat Sarkozy. Depuis son élection, il avait intégré le porte-parolat de l'Elysée.

Si la présidence de la République se défend de vouloir surveiller le web, l'arrivée de ce "Monsieur internet" a aussitôt crée un "buzz" sur la toile, où elle fait beaucoup parler, plutôt en négatif.

"Ironie du sort, Nicolas Princen est chargé de surveiller les 'buzz' autour de Sarkozy et il se retrouve lui-même au centre du buzz", relève Olivier Monnot, responsable éditorial de blogonautes.fr, qui traite de l'actualité de la blogosphère.

"L'oeil de Sarkozy sur le net", "KGB Web", "le petit flic de Sarkozy", "Big Brother": sur les blogs, le site de socialisation Facebook, dans des vidéos de parodie mises en ligne sur Dailymotion, les termes employés sont très virulents.

Pour M. Monnot, "ce ton un peu excessif est lié à l'image de premier flic de France que traîne Sarkozy".

"Le bruit médiatique est important mais reste concentré dans des sphères de spécialistes globalement en opposition à Sarkozy, qui se sentent subitement observées", analyse de son côté Nicolas Vanbremeersch, initiateur du réseau de blogeurs politiques "La République des blogs".

"Tu dois savoir qu'il existe plusieurs milliers de blogs sur lesquels tu trouveras des choses désagréables sur Nicolas Sarkozy", écrit ainsi Luc Mandret, blogueur régulièrement cité par la presse, en s'adressant au nouveau venu à qui il souhaite "bien du courage".

Selon M. Vanbremeersch, pas moins de 10.000 billets sur le chef de l'Etat sont en effet postés chaque jour sur les blogs francophones, "dont 80% sont critiques".

La nomination de M. Princen suscite d'autant plus de grincements qu'elle intervient après plusieurs polémiques liées à la mise en ligne d'informations (affaire du SMS) ou de vidéos (Sarkozy au Salon de l'agriculture, etc.).

"Après une campagne très active sur internet, l'Elysée avait un peu déserté cet espace... C'est comme s'ils avaient pris tardivement conscience que le web était devenu un poil à gratter dans la communication présidentielle", souligne M. Vanbremeersch.

Pour autant, le fait de créer une veille n'est "pas choquant en soi", nuance M. Monnot.

"S'il elle sert de base pour intimider les blogeurs et museler la liberté d'expression, c'est problématique. En revanche s'il s'agit faire comme de nombreuses entreprises ou partis politiques une revue du web, c'est intéressant car c'est une forme de reconnaissance", estime-t-il.

Pour le journaliste Pierre Haski, du site d'information Rue 89, "la nomination de ce surdiplômé marque d'abord la reconnaissance par l'Elysée que ce qui se dit sur internet importe plus qu'on ne l'avait cru". Et d'ajouter: "il appartiendra à l'intéressé de dissiper par sa pratique" les soupçons dont il fait l'objet.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 20 mars 2008, 19h06)


Le barbu errant que je suis n'accorde pas beaucoup d'importance au "buzz" de l'Internet, ce qui explique sans doute pourquoi je réagis souvent avec du retard à l'actualité qui enflamme la blogosphère... lorsque celle-ci m'intéresse, ce qui n'est pas très souvent la cas, il faut bien le reconnaitre... J'espère que le "Monsieur internet" de l'Elysée, qui est plus jeune que moi, appréciera le contenu du présent blog, si jamais il tombe dessus par hasard : pour ma part, je continue ma route...

Vous prendrez bien une petite anecdote pour finir, chers lecteurs ? J'avais promis de revenir brièvement sur le dîner d'Etat en l'honneur de Shimon Peres, président de l'Etat d'Israel, dîner offert par Sarkozy, lundi dernier, 10 mars, au palais de l'Elysée, et auquel assistait l'épouse de l'actuel président de la République, Carla Bruni-Sarkozy. Voici donc, pour terminer, une petite anecdocte liée à ce dîner, et rapportée par le Canard Enchaîné de cette semaine :


"Sexy Carla

Lundi 10 mars : dîner d'Etat offert en l'honneur de Shimon Pérès à l'Elysée. Le couple Sarkozy accueille en compagnie du président israélien les invités au dîner, dans un salon donnant sur la salle des fêtes de l'Elysée. Présentations puis photo officielle. Carla se penche vers Pérès et murmure : "Quand on me prend en photo, pour sourire, je ne dis pas "Cheese", mais "Sexe"."
 C'est quand même plus agréable que le language diplomatique."


(Le Canard Enchaîné N°4560, 19 mars 2008)


En voila, une bonne idée ! Il faudra que j'essais d'employer ce mot magique, la prochaine fois que je me ferais photographier... ;o)

Aaah... Sarko-show, quand tu nous tiens... ;op

Cordialement, :-)

Hyarion.

 

(Illustrations : Caricature de Nicolas Sarkozy et François Fillon, par Kiro, publiée dans le Canard Enchaîné N°4558, 5 mars 2008 ; Nicolas Sarkozy lors d'une visite au plateau des Glières, le 18 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Eric Besson et Nadine Morano le 19 mars 2008 à la sortie du Conseil des ministres à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Hubert Falco, Jean-Louis Borloo, Dominique Bussereau et Christian Blanc à leur arrivée au Conseil des ministres le 19 mars 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Sortie du Conseil des ministres de Michèle Alliot-Marie, Yves Jego, Hervé Novelli et Christine Lagarde, Fadela Amara, Christine Albanel et Anne-Marie Idrac, le 19 mars 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy et son épouse le 23 février 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP/Archives ; Captures vidéo de Nicolas Sarkozy et du visiteur avec lequel il a eu une altercation, le 23 février 2008 au Salon de l'Agriculture, à Paris, ©AFP/Le Parisien.fr ; Carla Bruni-Sarkozy, Shimon Peres et Nicolas Sarkozy, lors d'un dîner d'Etat en l'honneur du président de l'Etat d'Israel, le 10 mars 2008, photographie du service photo de la présidence de la République française, ©Service photo Elysée/M.Klein)

Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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