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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)

Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /2007 23:55
Par tous les dieux de l'Olympe et par ma barbe ! Je suis affreusement en retard, car me voici rentré de Paris... depuis presque une semaine ! Arrivé dans la capitale le matin du dimanche 2 décembre par train de nuit, j'y suis resté jusqu'à lundi soir, 3 décembre. De retour à Toulouse depuis plusieurs jours, le temps m'a manqué jusqu'à maintenant, et j'écris donc, en catastrophe, ce premier court message pour vous faire part, chers lecteurs, comme lors de mon dernier voyage à Paris, en juin dernier, de ce que j'ai pu voir et entendre durant mon séjour...

Le dimanche de la semaine dernière (2 décembre), une fois arrivé à la gare d'Austerlitz, dans le XIIIe arrondissement, tôt le matin, je me suis rendu au Parc des Expositions de Villepinte, au nord de Paris, entre la capitale et l'aéroport international de Roissy-Charles-de-Gaulle. C'est dans une des grandes salles de ce Parc des Expositions que durant trois jours, vendredi 30 novembre, samedi 1er et dimanche 2 décembre 2007, ce sont déroulés des évènements très importants et symboliques pour tous les membres du Mouvement Démocrate.

Vendredi, à Villepinte, s'est d'abord tenu un congrès extraordinaire de l'UDF qui, presque trois décennies après sa fondation par Valéry Giscard d'Estaing, a voté, à la quasi-unanimité des membres participants, son absorption par le MoDem.

Bayrou tourne la page de l'UDF car "il faut changer pour vivre"

Après presque 30 ans d'existence l'UDF a officiellement décidé vendredi soir [30 novembre] de se fondre dans le Mouvement démocrate (MoDem), à l'appel de François Bayrou qui estime qu'"il faut changer pour vivre".

A la veille du congrès fondateur du MoDem, samedi et dimanche, les quelque 1.500 participants à un congrès extraordinaire de l'UDF, réunis à Villepinte, ont voté à main levée à la quasi-unanimité.

M. Bayrou a compté 36 votes contre et huit abstentions.

"Je n'ai rien oublié de ce que nous avons vécu ensemble. Mais il faut changer pour vivre", a déclaré le "troisième homme" de la présidentielle, qui espère toujours "briser le mur de verre" entre la droite à la gauche.

"J'ai aimé l'UDF. Mais je suis obligé de vous dire ceci: c'est une forme politique du passé", a-t-il poursuivi en évoquant "l'image usée" de l'UDF, associée à "la copie, le décalque, en plus modéré mais aussi en plus fade, du RPR devenu l'UMP".

La naissance du MoDem, qui revendique entre 50.000 et 60.000 adhérents, "n'est pas qu'un changement de forme, c'est un changement de fond", a promis M. Bayrou. "Nous portons un autre projet politique et un autre projet de société que celui que défendent l'UMP et le PS".

"Je suis persuadé que les hommes et les femmes qui croient à une société de justice, à la créativité économique, au citoyen responsable, à l'indépendance de notre pays et au besoin d'Europe, sont majoritaires en France", a poursuivi M. Bayrou. Ces "démocrates", il faut "qu'il puissent se rassembler".

Déserté par de nombreux élus centristes ayant préféré se rallier à la majorité présidentielle depuis six mois, le député des Pyrénées-Atlantiques a reconnu que la construction de son nouveau parti était compliquée.

"Comme toujours dans les naissances, ça se fait avec des contractions, des moments difficiles à vivre", a-t-il reconnu devant la presse.

L'un des quatre députés UDF-MoDem, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) a d'ailleurs confirmé qu'il ne rejoindrait pas le MoDem. "Nos chemins se séparent, au moins temporairement", a-t-il dit.

A partir de ce week-end, naissance officielle de la nouvelle formation qui comprend le parti écologiste Cap 21 de Corinne Lepage et d'ex-Verts comme le député européen Jean-Luc Bennahmias, le MoDem assumera toutes les responsabilités politiques.

Ses statuts doivent être adoptés samedi et M. Bayrou, seul candidat, être élu à la présidence.

Pendant une période transitoire de trois ans, l'UDF, "membre fondateur" du MoDem, conservera une existence juridique afin de préserver son nom et son patrimoine.

Si les participants étaient majoritairement acquis à M. Bayrou, certains laissaient percer leurs inquiétudes, comme Béatrice Alirol du Val-de-Marne, militante UDF depuis 1983, qui a confié à l'AFP craindre un changement "brutal", estimant que "les gens ne savent plus où ils habitent".

D'autres n'étaient carrément "pas d'accord" avec la création du MoDem. "Nous sommes venus voter contre avec mon mari, et nous rentrerons +Nouveau Centre+", a affirmé Claude Boca, adhérente depuis six ans, en allusion au parti des anciens UDF ralliés à la majorité présidentielle.

Interrogé dans la matinée, en marge de la présentation à Paris des archives de sa présidence, Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF en 1978, avait pour sa part refusé de commenter la naissance du MoDem, se contentant de dire: "l'UDF a été un grand parti de l'Europe jusqu'en 1985-86. Ca manque".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 novembre 2007, 21h08)

Le lendemain, samedi 1er décembre, toujours à Villepinte, s'est ensuite ouvert le Congrès constitutif du Mouvement Démocrate, étalé sur deux jours... Le 2 décembre, j'ai pû assister, une fois arrivé sur place - très en avance sur l'horaire -, à la dernière séance plénière du Congrès, lors de laquelle les adhérents présents ont poursuivi et achevé le processus démocratique d'adoption des textes fondateurs du Mouvement Démocrate. Mais ce qui surtout intéressé, semble-t-il, la plupart des jounalistes présents, c'est l'annonce, en fin de séance, des résultats de l'élection au poste de président du MoDem, élection dont l'issue ne faisait de doute pour personne, puisque le seul candidat à ce poste était, bien évidemment, François Bayrou.

François Bayrou élu président du MoDem avec 96,8 % des votants

François Bayrou a été élu président du Mouvement démocrate (MoDem) avec 96,8 % des votants, selon les résultats annoncés dimanche [2 décembre] au congrès fondateur du parti centriste [sic].

Sur 3.933 votants, les bulletins blancs et nuls ont été au nombre de 125, a annoncé le sénateur Philippe Arnaud. François Bayrou , seul candidat, a recueilli 3.808 voix, a-t-il ajouté. Les participants au Congrès avaient voté samedi après-midi à bulletins secrets.

M. Bayrou, 56 ans, qui dirigeait l'UDF depuis 1998, est élu à la tête du MoDem un an jour pour jour après sa déclaration de candidature à la présidentielle de 2007.

Il avait porté samedi [1er décembre] sur les fonts baptismaux le Mouvement démocrate (MoDem), dont il veut faire un "commando de transformation de la société française".

"Vous êtes la seule force de renouveau dans la vie politique française", a lancé François Bayrou aux milliers de personnes (5.600 inscrits selon le MoDem) réunis en congrès, parmi lesquelles Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, et le député européen Jean-Luc Benahmias (ex-Vert). Le "troisième homme" de la présidentielle (18,57% des voix) a salué "la suite de cette extraordinaire aventure, dont l'objet était de proposer aux Français une approche nouvelle du destin de leur pays".

"Un immense espoir s'est fait entendre à l'occasion de l'élection présidentielle, maintenant nous devons faire de cet espoir un projet", a lancé François Bayrou. "Entre le pouvoir actuel - dont beaucoup commencent à mesurer que les promesses qu'il avait faites sont très éloignées de la réalité - et un PS qui représente un puissant réseau d'élus mais qui n'a plus de message compréhensible pour les Français, il y a beaucoup d'interrogations, de lassitude et peut-être de désespérance", a-t-il ajouté. Il a présenté son nouveau parti, qui revendique "entre 50.000 et 60.000 adhérents, comme "un commando de transformation de la société française".

"Le chemin que nous avons choisi, c'est d'offrir au pays non pas un 'ni gauche ni droite', car je n'aime pas le 'ni ni', mais un dépassement de la gauche et de la droite dans un nouveau projet politique", a-t-il poursuivi. Il a caractérisé ce projet par les "trois R : rassemblement, renouvellement, refondation démocratique".

Le député des Pyrénées-Atlantiques s'est une nouvelle fois démarqué de Nicolas Sarkozy sur le plan des valeurs, fustigeant une société d'"inégalités croissantes" et l'apologie de la "réussite matérielle", sous les acclamations des participants.

Cette ferveur militante contrastait avec les nombreuses défections d'élus centristes intervenues depuis six mois, que M. Bayrou a imputé à de la "servilité" et aux "effluves de l'odeur des maroquins" ministériels.

Le MoDem ne compte plus que trois députés avec le départ de Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine), confirmé vendredi lors de l'ultime congrès de l'UDF qui a voté à la quasi-unanimité son absorption par le nouveau parti.

Du côté des sénateurs en revanche, "27 sur 30" se sont affiliés au MoDem, selon leur chef de file Michel Mercier, qui souhaite cependant garder le sigle UDF pour le groupe au Sénat. "Certains sénateurs se sont affiliés au MoDem par enthousiasme, d'autres parce qu'ils n'avaient nulle part où aller", a expliqué devant quelques journalistes le président du conseil général du Rhône, avant de partir dès la fin de matinée pour le pot de départ du commandant des pompiers de son village.

Souvent critiqué par des élus et militants pour son mode de gouvernance jugé "non démocratique", M. Bayrou a consacré plus de quatre heures au débat sur le projet de statuts du MoDem. Ils ont été adoptés dans l'après-midi par un vote à main levée, "à l'unanimité moins deux votes contre et deux abstentions".

[...]


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 décembre 2007, 18h54)

Le Mouvement Démocrate vient, désormais, d'être officiellement fondé, à l'occasion d'un grand Congrès constitutif. Le processus de fondation s'est fait dans un contexte des plus difficiles, marqué notamment, ces derniers mois, par des attaques diverses, venues de toutes parts, et par de nombreuses défections et trahisons d'élus, qui ont préféré se rallier à Sarkozy de Nagy-Bocsa, par carriérisme ou par lâcheté, plutôt que de rester fidèle à Bayrou et suivre le pari du MoDem. L'une des dernières trahisons en date, qui a profondément déçu beaucoup d'adhérents du MoDem, a été celle du député européen Jean-Marie Cavada, qui a officiellement annoncé, le 25 novembre dernier, qu'il était candidat aux prochaines élections municipales dans le XIIe arrondissement de Paris en y conduisant, dès le premier tour,  une "liste de candidats de rassemblement soutenue par l'UMP", avec la ministre de l'Economie Christine Lagarde en seconde position sur ladite liste. Cavada a, le lendemain, déclaré qu'il pourrait adhérer à "La Gauche Moderne", le petit parti pro-gouvernemental créé à la fin du mois dernier par l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel, actuel secrétaire d'Etat à la Coopération au sein du gouvernement Fillon. Puis, plus récemment, sur France 2, mardi dernier, dénonçant le fait que, selon lui, au MoDem, "les militants, les élus sont méprisés d'une façon presque poujado-frontiste", il a annoncé vouloir créer "une structure pour accueillir les militants du MoDem" en déshérence, une curieuse "structure", un "cercle" ou une "association", censée s'appeler "l'Alliance des citoyens pour la démocratie"... En réalité, derrière tout celà, il semble qu'une seule chose intéresse désormais Cavada : obtenir un secrétariat d'Etat à la Communication, promis, semble-t-il, par Sarkozy de Nagy-Bocsa, en échange de l'engagement du député européen comme tête de liste avec l'UMP aux municipales dans le XIIe arrondissement. Même s'il est vrai que Cavada n'a jamais pris sa carte, ni à l'UDF ni au MoDem, et que l'on n'aura donc même pas besoin de l'exclure, sa trahison, plus tardive que les autres, n'en est que plus décevante... . Néanmoins, malgré toutes ces défections, malgré un rapport de force électoral qui reste peu favorable face à l'UMP et au PS, le MoDem devra poursuivre sa route, semée d'embûches, avec tous ceux qui sont restés, car le long et laborieux renouvellement de la vie politique française est à ce prix...

Avec le MoDem, Bayrou fait un pari difficile

Avec le Mouvement démocrate (MoDem) officiellement fondé ce week-end, François Bayrou se lance dans un pari difficile, de l'avis de politologues.

M. Bayrou a salué dans la création du MoDem "la suite de l'extraordinaire aventure" de l'élection présidentielle, où il avait obtenu 18,57% des voix en se battant contre le clivage droite/gauche.

"C'est le pari de sa vie", estime Philippe Lapousterle, ancien journaliste qui l'a conseillé pendant la campagne. Selon lui, l'année qui s'ouvre sera déterminante pour sa réussite, "dans un contexte d'essouflement du PS et d'usure normale du pouvoir en place".

Des politologues interrogés par l'AFP soulignent que le leader centriste a gardé une bonne image six mois après la présidentielle, mais identifient plusieurs difficultés.

"François Bayrou a un projet essentiellement construit sur la dénonciation des insuffisances de la droite sarkozyste et de la gauche, mais il lui manque un projet" politique spécifique, estime François Miquet-Marty (LH2).

En outre, avec le départ des personnalités qui composaient l'UDF, "le MoDem apparaît surtout comme le parti d'un homme. Ca donne une image de fragilité", ajoute-t-il.

Cependant, "il a un espace dans l'opinion", estime cet analyste. Selon un sondage LH2/Libération à paraître mardi, "13% des Français se déclarent proches du MoDem, beaucoup plus que le ratio que recueillait l'UDF après 2002".

"De plus en plus de Français ont du mal à s'identifier de façon exclusive à la gauche ou la droite, et d'autres sont indifférents au jeu politique", souligne M. Miquet-Marty. "Il faut maintenant qu'il parvienne à fédérer avec un projet des gens venant d'horizons très différents, ce qui est très compliqué".

A l'image des 6,8 millions de Français qui ont voté pour M. Bayrou le 22 avril, le MoDem (qui revendique quelque 60.000 adhérents), est composé d'anciens UDF, Verts ou socialistes, et d'une majorité de novices en militantisme.

Emmanuel Rivière (TNS Sofres) souligne que, selon le dernier baromètre de cet institut, 48% des Français souhaitent voir M. Bayrou jouer un rôle important.

"Au moins un pari a été réussi, c'est la substitution MoDem/UDF", estime-t-il en soulignant que le Modem recueille 38% de bonnes opinions, "quasiment autant que le PS et l'UMP", tandis que l'UDF n'est qu'à 32. "La difficulté est de trouver le moyen de capitaliser ce socle".

"Les municipales vont être un élément important, car il y a un moment aussi où il faut réussir à rassembler des militants dans des dynamiques de succès".

"François Bayrou peut être un recours" pour des sympathisants de droite un peu déçus par Nicolas Sarkozy, et de gauche souhaitant une politique sociale-démocrate, estime M. Rivière. D'autant que "Dominique Strauss-Kahn est occupé à d'autres fonctions" avec la direction du FMI, et que "Ségolène Royal a vu son crédit reculer".

"Un problème pour François Bayrou est que 2012 est loin", souligne-t-il. "Si sa stratégie est présidentielle, il lui faut tenir" jusque-là.

"Les européennes de 2009 peuvent être pour lui une occasion de démontrer le poids politique du Modem, sur un créneau qui correspond au positionnement politique du parti", estime-t-il.

Dominique Reynié, de l'IEP Paris, qui croit à la persistance du clivage droite-gauche, considère également que "son atout c'est l'opinion. Il est plutôt populaire, considéré comme courageux, honnête, déterminé".

"Ce n'est pas suffisant", ajoute-t-il. "Il faut une machine pour être élu, avec une organisation efficace, des militants, des élus, des relais partout, un programme, des personnalités autour de lui". "Il n'est pas évident qu'il puisse monter tout cela en trois ans", s'il veut être prêt pour 2012.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 3 décembre 2007, 17h34)

Voilà, quoiqu'il en soit, les dés sont jetés. On verra bien de quoi l'avenir sera fait pour le MoDem... Pour ma part, je suivrai le pari politique qu'il représente, aussi longtemps qu'il le méritera. Et peu importe, au fond, les railleries et les attaques des uns et des autres : il faut garder le cap. Le processus démocratique au sein du Mouvement a plutôt bien fonctionné aussi bien avant que pendant le Congrès fondateur : les statuts du MoDem ont ainsi fait l'objet de nombreux débats et amendements, avec la participation de beaucoup d'adhérents, constitués, pour certains, en groupes de travail à cette occasion, de façon spontanée. Les membres du Mouvement ont pris en main, du mieux qu'ils ont pû, le destin de leur parti en s'efforçant de faire vivre la démocratie en son sein dès le début et en s'efforçant de contribuer à doter leur Mouvement de bases solides. De ce point de vue, le MoDem me parait exemplaire, et les autres partis politiques seraient bien inspirés de suivre cet exemple...

Ayant reçu ma carte d'adhérent au MoDem en septembre dernier, la veille de me rendre au Forum des Démocrates de Seignosse, je n'ai pas eu de problème pour entrer dans la grande salle du Congrès, même s'il m'a tout-de-même fallu débourser une certaine somme pour assister à cette dernière journée dudit Congrès... L'évènement auquel j'ai assisté ne manquait pas d'intérêt en lui-même mais j'ai surtout eu le plaisir de retrouver sur place des amis bloggeurs démocrates, certains déjà rencontrés auparavant, mais aussi d'autres que je n'avais pas eu l'occasion de voir "en vrai" personnellement... Qu'il me soit donc permis de saluer ici Hervé Torchet
, auteur du blog à lire et à écrire "Jour-pour-jour" désormais bien connu au sein de la blogosphère démocrate, et avec qui j'ai assisté à la séance plénière du 2 décembre - il a même été le premier sur place à penser à mon anniversaire ! ;-) -, ainsi que Leroy-Morin, auteur d'un blog satirique consacré aux turpitudes du "Nouveau Centre" - rallié à Sarkozy - des Leroy, Morin, Santini et consorts : c'était la première fois que je rencontrai ces collègues démocrates du monde des blogs. Mais, au Congrès, il y avait aussi des amis de la blogosphère parisienne que je connais depuis déjà plusieurs mois : Marie-Isabelle Pichon (Blog "MIP au MoDem"), Virginie Votier, et bien sûr, Quitterie Delmas (Blog "Les Jeunes libres"), que je félicite, au passage, pour sa nomination, annoncée lors du Congrès, comme déléguée nationale au sein de l'équipe dirigeante provisoire du MoDem. Et je n'oublie pas mon collègue bloggeur toulousain Alexandre Labarthe, dit Lex, que j'ai pû revoir également à l'occasion du Congrès, et que je reverrai probablement bientôt dans la Ville Rose - il faudra qu'il me rappelle les dates de la prochaine réunion, d'ailleurs ;-) ... Je n'ai pû revoir un autre collègue bloggeur toulousain, Jeune Modem 31, qui, depuis le mois dernier, se fait désormais appeler le Petit Grognard, et qui était présent à Villepinte... Mais il y aura d'autres occasions de se voir, dans notre Sud-Ouest... ;-)

Je remercie bien sincèrement Virginie Votier d'avoir bien voulu accepter que je lui donne une procuration afin qu'elle puisse participer en mon nom à tous les votes - élection du président, adoption des statuts et des chartes - pour lesquels je n'ai pas pû être présent. Et je félicites encore Quitterie pour sa nomination, tout en lui souhaitant, bien sûr, beaucoup de succès. Cette aventure, de toute façon, est collective, et je ne doute pas que notre nouvelle déléguée nationale continuera d'être soutenu, en toute confiance, par ses amis, quoiqu'il arrive... Même si certains ont pû regretter qu'il n'y ai pas eu assez de changement en ce qui concerne les personnalités nommés - avec approbation votée par le Congrès - au sein du Bureau exécutif national provisoire, il faut, me semble-t-il, voir la partie pleine du verre. Le fait que Quitterie Delmas ait été promue au poste de déléguée nationale du MoDem est un début. Il faut prendre ce qui se présente, pourvu que celà comporte quelque intérêt pour l'avenir. Le temps travaille pour nous, et le changement viendra, tôt ou tard. Il est même sans doute déjà là, à bien des égards...

A bientôt,

Amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

P.S. : Je profite de ce message pour transmettre ici un communiqué relatif à un évènement toulousain auquel je participerai, sauf contretemps majeur, et qui aura lieu en janvier prochain, à savoir la première République des blogs à Toulouse :

"Le 26 janvier 2008 se tiendra à Toulouse la première République des  blogs. Il s'agit tout comme à Paris , de réunir ensemble les  blogueurs politiques locaux et leurs lecteurs autour d'un sujet  commun méritant débat et discussions.

Pour cette édition, nous avons décidé d'aborder le thème des transports qui recouvre aussi bien le contournement routier de Toulouse que la future ligne à grande vitesse, le deuxième aéroport éventuel mais aussi et bien entendu ses implications en matière d'environnement et de développement urbain.

Nous appelons tous les élus, candidats et responsables des grands partis à participer à ce dialogue citoyen qui aura lieu deux mois à peine avant le scrutin municipal et nous sollicitons tout particulièrement votre présence.

Afin de préserver les qualités républicaines de nos échanges, l'accès de la presse et des médias sera strictement limité.

L'annonce de cette République des blogs de Toulouse vient d'être mise en ligne et en visitant le site [(http://republiquedesblogs.net/Toulouse)], vous pourrez constatez que la liste des participants ne cesse de s'allonger. Cela nous amène d'ores et déjà à vous demander si vous disposez d'une salle ou d'un lieu, plutôt au centre ville, dont nous pourrions disposer afin d'y accueillir tout le monde dans des conditions acceptables.

Impatients de recevoir confirmation de votre présence à ce rendez-vous, veuillez agréer nos sincères salutations.

Les Organisateurs."

(Illustrations : Illuminations parisiennes de fin d'année mises en place depuis le 26 novembre 2007 sur l'avenue des Champs-Elysées, photographie, novembre 2007, ©S.Ortola/20Minutes ; François Bayrou le 30 novembre 2007 à Villepinte, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP ; Montage de deux photos de François Bayrou le 30 novembre 2007 (en bas) et le 1er décembre 2007 (en haut) à Villepinte, photographies de l'Agence France Presse, ©AFP ; François Bayrou s'exprimant, le 1er décembre 2007 à Villepinte, photographie de l'Agence France Presse, ©Vincent Nguyen/AFP/archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /2007 23:51
Voilà. Il est enfin parti. Hier après-midi, samedi 15 décembre, au terme d'une visite d'une durée exceptionnelle - cinq jours -, le colonel Mouammar al-Kadhafi a quitté la France, où il avait été invité par Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il s'agissait de son premier voyage de ce genre dans notre pays depuis 1973. Bien qu'une actualité chasse l'autre en permanence, dans la France du sarkozysme omnipotent, je suppose qu'il faut tout-de-même que j'en dise quelques mots... Deux dépêches de l'Agence France Presse peuvent suffire à résumer, à grands traits, cette visite qui, c'est le moins que l'on puisse dire, a fait beaucoup de bruit...

Le colonel Kadhafi arrive à Paris pour une visite très controversée


Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi arrive ce lundi en France pour une visite officielle de cinq jours scellant la réconciliation entre Paris et Tripoli mais dénoncée par l'opposition, qui fustige l'accueil d'un "dictateur" et la "realpolitik" du président Nicolas Sarkozy.

La Libye a annoncé son intention d'acheter pour plus de 3 milliards d'avions Airbus, un réacteur nucléaire et de nombreux équipements militaires lors de cette visite, la première de M. Kadhafi en France depuis 34 ans.


Le "Guide" libyen arrivera en début d'après-midi à Paris, où il sera immédiatement reçu par M. Sarkozy au Palais présidentiel de l'Elysée. Un dîner sera donné en son honneur dans la soirée. Un second entretien est prévu mercredi. Au sommet UE/Afrique de Lisbonne ce week-end, M. Sarkozy a assuré au dirigeant libyen être "très heureux" de le recevoir.


La libération des infirmières bulgares détenues en Libye en juillet, dans laquelle M. Sarkozy a joué un rôle central, a ouvert la voie à une normalisation des relations entre Paris et Tripoli.


La France considère désormais que M. Kadhafi, longtemps placé au ban des nations occidentales, s'est engagé sur le chemin de la "respectabilité", après avoir notamment renoncé à soutenir le terrorisme et à développer des armes de destruction massive.


M. Sarkozy a espéré que cette visite permette de conclure une série d'accords économiques avec le 3e producteur de pétrole africain, important marché potentiel pour les industriels français. Paris négocie notamment la vente d'une dizaine d'avions de combat Rafale, que Dassault Aviation n'a encore jamais réussi à exporter.


Mais l'opposition tire à boulets rouges sur l'accueil réservé à M. Kadhafi, surtout après ses dernières déclarations à Lisbonne où il a justifié le recours au terrorisme par les "faibles". Le chef du Parti socialiste François Hollande a accusé M. Sarkozy de recevoir un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes".


Les critiques se sont étendues jusqu'au sein du gouvernement. Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, venu de la gauche, a pris ses distances et la jeune secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade a déclaré que Paris ne devait pas "recevoir le baiser de la mort" de Kadhafi.


Durant son séjour, M. Kadhafi résidera à l'hôtel Marigny, près de l'Elysée. Fidèle à son image, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de cette résidence officielle pour y recevoir ses hôtes.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 décembre 2007, 07h17)

Le colonel Kadhafi boucle en France une visite en forme de coup d'éclat


Le colonel libyen Mouammar Kadhafi a bouclé vendredi une visite en France en forme de coup d'éclat qui a soulevé une bronca rarement vue malgré la promesse de milliards d'euros de contrats civils et militaires.

Pour son dernier jour, le "guide" libyen s'est offert une visite au château de Versailles, où il a pu longuement poser devant le trône de Louis XIV, le "roi Soleil" qu'il dit admirer.


A tous points de vue, cette visite aura été hors normes: par sa durée, cinq jours, le torrent de critiques suscitées, et surtout la personnalité encombrante de l'hôte du président Nicolas Sarkozy.


Pour son retour en France après 34 ans d'absence, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de sa résidence officielle. A la tête d'une imposante délégation, il a sillonné Paris dans une longue limousine blanche, escorté par ses célèbres "amazones" en treillis.


Il est surtout resté fidèle à son image de leader imprévisible quand il a démenti le président Sarkozy en affirmant ne pas avoir discuté avec lui du sujet ultra-sensible des droits de l'Homme. Puis, quand il a demandé à la France et aux Européens de mieux respecter leurs immigrés avant de lui donner des leçons.


Après la signature de contrats bouclée dès lundi soir, un double entretien avec Nicolas Sarkozy et une visite à l'Assemblée nationale, boycottée par l'opposition, M. Kadhafi a consacré son séjour au tourisme: promenade sur la Seine, visites du musée du Louvre puis du château de Versailles.


L'opposition socialiste a raillé le "circus Kadhafi" et accusé M. Sarkozy d'avoir donné une légitimité à un "dictateur". Même dans les rangs de l'UMP, beaucoup ont jugé que Paris en avait trop fait.


"Il faut parfois dîner avec le diable, oui, mais avec une longue cuillère et sans lui servir la soupe", a assuré le député PS Pierre Moscovici.


M. Sarkozy a rejeté les critiques, expliquant qu'il fallait "parler à tout le monde" et encourager la marche de la Libye vers la "respectabilité", cinq mois après la libération des soignants bulgares détenus en Libye.


Il a souligné que cette visite était profitable à la France, grâce à des retombées commerciales qu'il a chiffrées à plus de 10 milliards d'euros. Mais des interrogations entourent ce chiffre, une partie des contrats relevant de lettres d'intention ou étant des confirmations.


"Ce genre de gros contrats est négocié longtemps à l'avance. Et ce sont des investissement de très long terme", relativise l'analyste Nicolas Bouzou. Mais "si entre 5 et 10 milliards sont récupérés au final ce sera pas mal", ajoute-t-elle.


Dans la corbeille, la vente d'au moins un réacteur nucléaire civil, 21 Airbus, et de gros espoirs de ventes d'armes, notamment de 14 avions Rafale de Dassault.


Cette moisson n'a pas suffit à apaiser les réserves des Français qui, à 52%, ont désapprouvé la visite, selon un sondage paru vendredi.


Pour le politologue Naoufel Brahimi el-Mili, enseignant à Sciences Po Paris, "Kadhafi est le gagnant" de cette tournée qui l'a aussi conduit à Lisbonne, pour le sommet UE-AFrique, avant Madrid où il sera samedi.


"Il use du pétrole. Sa légitimité internationale est renforcée", explique-t-il.


Selon lui, il tire aussi "profit" de sa visite au plan intérieur: "La presse officielle expliquait que le 'guide' a dit aux Français leurs quatre vérités sur les droits de l'Homme."


Ce sujet aura été au coeur de la controverse. La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a dénoncé un "baiser de la mort", avant de rentrer dans le rang.


Quant à Mouammar Kadhafi, il a qualifié sa visite d'"historique", en se félicitant de l'accueil "chaleureux" du président Sarkozy.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 14 décembre 2007, 17h19)

Cette visite en grande pompe de Kadhafi a été jugée "indigne" par François Bayrou, qualifiée de "spectacle désolant" par François Hollande, et, pour sa part, le "philosophe" Bernard-Henri Lévy a déclaré que l'"on n’invite pas en visite d’Etat un grand terroriste et un preneur d’otages international comme Kadhafi". Comme celà était prévisible, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas manqué de réagir aux nombreuses critiques que l'évènement a suscité :

"S'ils ne comprennent rien à la "real-politik", tant pis pour eux. [...] De toute façon, plus ils gueulent et plus je leur ferai un bras d'honneur. Plus longtemps je serrerai la main de Kadhafi. [...] J'ai dit que j'irai chercher le point de croissance qui nous manque avec les dents. Eh bien ! c'est ce que je fais. Dix milliards de contrats pour les entreprises françaises, ce n'est pas rien. [...] Depuis 2003, il [Kadhafi] a renoncé au terrorisme. Il a toujours été contre les fondamentalistes. Depuis le début, il a demandé l'arrestation de Ben Laden. Et il peut jouer un rôle important dans le dénouement de la crise du Darfour. [...] Même si c'est un personnage complètement fantasque, ce n'est pas mal de contribuer à le réinsérer dans le concert des nations. [...] Il n'y a rien que je déteste plus que les donneurs de leçons en salon. [...]"

(Sarkozy, devant ses conseillers, à propos des critiques relatives à la réception en grande pompe du colonel Kadhafi à Paris, cité in Le Canard Enchaîné N°4546, 12 décembre 2007)

Quelle est mon opinion vis-à-vis de cette affaire ? Avant de répondre, je me permets de rappeler qui est l'actuel dirigeant libyen, afin que tout le monde sache bien de qui on parle.

Né à Syrte en 1942, officier dans l'armée libyenne, Mu'ammar al-Kadhafi ou Qadhdhâfî, a été, en 1969, le principal instigateur du coup d'Etat qui a renversé le roi de Libye Idris Ier, qui régnait depuis 1951. Président du Conseil de la révolution libyen de 1969 à 1977, puis du Secrétariat général du Congrès général du Peuple libyen en 1977, Kadhafi a abandonné ses fonctions officielles en 1979, et ne se reconnait aujourd'hui que le titre de "guide" de la révolution libyenne. En réalité, il est toujours resté le véritable chef de l'État, la Libye étant officiellement devenue, en 1977, la Grande Jamahiriya (Etat des masses ou populocratie) arabe libyenne populaire et socialiste, où la loi islamique - charia - est appliquée depuis 1994. Voulant unir les peuples arabes à travers une "révolution culturelle islamique", Kadhafi s'est essayé à une politique de rapprochement avec la Syrie, l'Egypte, et la Tunisie, sans succès, et à une politique d'expansion au Tchad, en vain. Soupçonné de soutenir de nombreuses rébellions dans le monde et d'être impliqué dans plusieurs actes terroristes, notamment contre les Etats-Unis d'Amérique (attentat de Lockerbie en Écosse contre un avion de ligne civil américain - un Boeing 747 de la PanAm - ayant explosé en plein vol en 1988) et contre la France (attentat de l'avion DC-10 de la compagnie française UTA ayant explosé au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, en 1989), Kadhafi a longtemps été mis au ban de le communauté internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant imposé à la Libye des sanctions en 1992, notamment un embargo aérien et une interdiction de vente d'armes, sanctions qui ont été levées en 1999, lorsque les agents des services secrets libyens suspectés de l'attentat de Lockerbie ont enfin été livrés à la justice. En 2003, la Libye a reconnu officiellement "la responsabilité de ses officiers" dans les attentats de Lockerbie et du DC-10 d'UTA, s'engageant à indemniser les familles des victimes, et a renoncé officiellement à son programme d’armes de destruction massive. De fait, Kadhafi s'est efforcé, ces dernières années, de retrouver une forme de respectabilité internationale, mais l'affaire des infirmières bulgares, dont le dénouement, avec l'intervention sur-médiatisée de Sarkozy de Nagy-Bocsa, est survenue cet été - voir notamment l'article intitulé
"Un Mois de Sarkozysme appliqué..." - a, jusqu'à récemment, continué d'attirer l'attention sur le fait que le "guide" libyen est à la tête d'un régime dictatorial, dans un pays où les opposants politiques sont emprisonnés, et où des otages étrangers - cinq infirmières bulgares et un médecin bulgare d'origine palestinienne - ont été maintenus en captivité et torturés pendant de longues années, avant d'être finalement libérés en juillet dernier, en échange d'une contre-partie financière faisant office de rançon, accompagnée de la signature de contrats divers avec la France...


Voilà pour les informations sur le personnage. Maintenant, venons-en à ce que je pense de tout celà, de cette visite en France, et tout le barouf médiatique qui l'a accompagné : ma position, en vérité, tient en assez peu de mots...
Fallait-il accueillir le colonel Mouammar al-Kadhafi à Paris comme l'a fait Sarkozy de Nagy-Bocsa, en lui déroulant le tapis rouge pendant cinq jours ? Assurément, non. Mais, indépendemment de celà, la France doit-elle, en fonction de ses intérêts, discuter et traiter avec le colonel Kadhafi sur un certain nombre de sujets, qu'ils soient économiques ou politiques ? La vérité est qu'elle serait bien peu avisée de ne pas le faire, dans le contexte géopolitique actuel, où l'Afrique redevient, après avoir été délaissée pendant des décennies, un centre d'intérêts pour les grandes puissances mondiales. Celà dit, et j'insiste là-dessus, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'était vraiment pas obligé d'en faire à ce point des tonnes avec le "guide" libyen, et il aurait fort bien pû épargner à la France une aussi tapageuse visite d'Etat de Kadhafi, pendant cinq longs jours. Mais que voulez-vous, Sarkozy aime les excès : comme d'habitude, il en a trop fait. Un jour, ces excès se retourneront contre lui, d'une manière ou d'une autre. Mais néanmoins, en dépit de celà, il me parait absurde de vouloir faire croire, comme certains ont tendance à le faire, que la diplomatie, et la politique en général, doivent se pratiquer avec des bons sentiments, en brandissant un "droits-de-l'hommisme" plein de naïveté . Voilà, en définitive, tout ce que j'ai à dire vis-à-vis de toute cette polémique suscitée par cette visite de Kadhafi en France. Après, tout est évidemment une question de point de vue. On peut, à titre individuel, être très attaché, comme je le suis, aux droits de l'homme, à l'humanisme, à la démocratie, mais pour autant, lorsque l'on se pique de politique, il me parait bien évident qu'il convient de bien se garder d'être naïf, car la naïveté, même si elle est parfois invoqué comme excuse, n'est pas autre chose qu'une faute, en matière de politique. Ainsi, les parangons du "droits-de-l'hommisme", tous les donneurs de leçons moralisateurs de tous ordres, tous ceux qui considèrent que la morale doit tenir lieu de politique, tous ceux-là feraient bien, une bonne fois pour toutes, d'accepter ce fait : la politique est une affaire d'intérêts, et non une affaire de morale.

Voilà. J'en ai terminé. Je le répète encore une fois : la politique est une affaire d'intérêts, non de morale. Un point, c'est tout.

Mais je m'en voudrais de laisser mes lecteurs sur ce simple constat. Pour finir, je me permets de reproduire ci-après, afin de nourrir la réflexion de chacun, de larges extraits d'une conférence que le philosophe social-démocrate athée André Comte-Sponville est venu prononcé en Midi-Pyrénées, en 1993-1994, à l'invitation de l'association culturelle GREP (Groupe de Recherche pour l'éducation et la prospective) de Midi Pyrénées, et dont le thème était "Ethique, Morale et Politique".

André Comte-Sponville - [...] [N]ous avons quatre ordres : l'ordre techno-scientifique,  l'ordre juridico-politique, l'ordre de la morale, enfin l'ordre éthique ou de l'amour. L'ordre techno-scientifique est structuré par le possible et l'impossible, mais incapable de se limiter lui-même, il est limité par l'ordre juridico-politique. Celui-ci est structuré par le légal et l'illégal, mais incapable de se limiter lui-même, il est limité par l'ordre de la morale, lequel est structuré par le devoir et l'interdit. Et cet ordre de la morale, à son tour, est complété et ouvert par un quatrième ordre, l'ordre éthique ou de l'amour.

A quoi bon cette distinction des ordres ? Comme toute distinction des ordres (et vous savez que j'emprunte l'expression à Pascal) ça sert à ne pas confondre des ordres différents. Quand on confond des ordres différents, explique Pascal, on est ridicule. Par exemple celui qui confond l'ordre de la raison et celui de l'amour. L'homme qui dirait à une femme (l'exemple est chez Pascal) : Madame je vais vous démontrer que vous devez m'aimer. La femme lui rirait au nez en lui disant : vous êtes ridicule, relisez Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Autre exemple, le roi qui dit (toujours chez Pascal) : je suis fort, donc on doit m'aimer. Il est ridicule, puisqu'il confond l'ordre de la force et l'ordre du cœur. Tu es fort, donc on doit te craindre. Tu es fort, donc on doit t'obéir. Mais pourquoi est-ce que tu veux en plus qu'on t'aime ? Tous les rois sont ridicules, toujours en ce sens. Il n'y a pas de roi, que ce soit dans une entreprise où on l'appelle président-directeur-général, ou dans une République où on l'appelle Président de la République, il n'y a pas de roi qui ne veuille être aimé. Il n'y a pas de roi qui ne soit pas ridicule. C'est pourquoi c'est au citoyen à se défendre du ridicule, comme on s'en défend toujours, par le rire et par la lucidité.

Ce ridicule a un autre nom quand il est au pouvoir chez Pascal : il s'appelle la tyrannie. Qu'est-ce que c'est que la tyrannie ? C'est, dit Pascal, le désir de domination universel et hors de son ordre. Le tyran ce n'est pas celui qui gouverne avec autorité, là où il a titre à le faire. Le tyran c'est celui qui veut gouverner là où il n'a pas titre à le faire. C'est le roi qui veut en outre être aimé, en outre être cru. Ou c'est la personne très belle qui veut être obéie ou crue. Ou c'est le savant qu'on peut bien croire dans sa compétence, mais qui voudrait être obéi ou aimé. Ils sont tous tyranniques. Et la tyrannie est légion.

Simplement, chaque époque a ses ridicules de prédilection, chaque époque a ses ridicules qui menacent davantage. Je voudrais, pour terminer, évoquer les deux tyrannies principales qui me semblent nous menacer. Je les appellerai la barbarie d'une part et l'angélisme d'autre part. Je vais les évoquer à propos de mes quatre ordres, bien sûr, et pas à propos des ordres de Pascal.

Qu'est-ce que j'entends par barbarie ? C'est un ridicule. Autrement dit une confusion des ordres. C'est une tyrannie. J'entends par barbarie le fait de soumettre un ordre donné à un ordre inférieur. C'est la tyrannie de l'inférieur.

Par exemple, soumettre la politique, l'ordre numéro 2, à l'ordre techno-scientifique, et spécialement à l'économie. Barbarie technocratique : tyrannie des experts. Ce sont les experts qui font la politique. Ou bien barbarie libérale : tyrannie du marché. C'est le marché qui fait la politique. Tyrannie des experts, c'est plutôt ce qui se passe à Bruxelles, tyrannie du marché, c'est plutôt ce qui se passe chez nous. Autrement dit ces deux tyrannies peuvent fonctionner fort bien de pair. Et sont ridicules, au sens pascalien du terme, et tyranniques l'une et l'autre. Le fait qu'elles fonctionnent ensemble redouble la tyrannie.

Autre exemple de barbarie : soumettre la morale, l'ordre numéro 3, à la politique, l'ordre numéro 2. C'est la barbarie du militant. Chez Lénine et Trotsky, qu'est-ce que la morale ? Lénine répond : j'entends par morale ce qui sert les intérêts révolutionnaires du prolétariat. Cela a le mérite de la simplicité, mais, évidemment, c'est passablement dangereux. Quant à Trotsky, il cherche un exemple et se demande : est-ce qu'on a le droit de fusiller des otages qui n'ont rien fait ? Réponse nuancée : en règle ordinaire, en situation de paix civile, non, parce que politiquement c'est néfaste et donc moralement c'est condamnable, mais en revanche, en situation révolutionnaire, ça peut être politiquement nécessaire et alors c'est moralement bon. Soumission de la morale à la politique : barbarie du militant.

Ça peut être aussi, plus près de nous, la barbarie démocratique, qui consistera à soumettre la morale à la majorité, au peuple, et à considérer que tout ce que la loi autorise est forcément bon et sans problème morale, et que tout ce que la loi interdit est forcément mauvais. L'euthanasie est donc alors toujours moralement condamnable puisqu'elle est légalement interdite, et l'avortement toujours innocent puisqu'il est légalement toléré.

Je suis parfaitement pour la loi Veil, mais la loi Veil nous dit justement que ce n'est pas le problème de l'Etat parce que c'est notre problème à nous, couples concernés. Et que forcément ça va dépendre des cas : il n'y a que des cas singuliers. Et tout aussi évidemment il y a des avortements qui ne posent aucun problème morale tandis que, vous le savez bien, il y a des avortements qui posent des problèmes moraux.

Toujours est-il que si l'on considère que la démocratie tient lieu de morale, on est dans la barbarie démocratique. On ne vote pas sur le Bien et le Mal. Cela ne relève pas du peuple, cela relève de la conscience individuelle de chacun.

Dernier exemple de barbarie : soumettre l'amour à la morale. Là il y aurait un risque, peut-être, d'ordre morale, au sens cette fois du mac-cartysme, de dérive moralisatrice.

Deuxième grande tentation, deuxième grande tyrannie, c'est la tyrannie inverse, c'est le ridicule inverse (mais le ridicule n'est guère soumis au principe de non-contradiction, et on peut donc être dans les deux à la fois) : c'est ce que j'appelle l'angélisme.

Qu'est-ce que c'est que l'angélisme ? C'est le fait de prétendre soumettre, annuler ou déstructurer un ordre donné au nom d'un ordre supérieur. L'angélisme c'est la tyrannie du supérieur.

Exemple : prétendre annuler les contraintes économiques, techniques ou scientifiques, ordre numéro 1, au nom de la politique, ordre numéro 2. Angélisme politique. Concrètement, ça ressemble à quoi ? Le plus souvent on appelle ça le volontarisme. Souvenez-vous de la gauche en 1981 (j'ai voté pour elle, et pas seulement en 81, mais peu importe) : "vaincre le chômage c'est une question de volonté politique". Résultat des courses : le nombre de chômeurs a doublé entre 1981 et 1993. Est-ce que c'est par manque de volonté ? Non. C'est aussi bête que ça : pour combattre le chômage, il ne suffit pas de vouloir. On aurait bien pu voter une loi supprimant le chômage, mais quand même ils n'ont pas été ridicules à ce point (rires). Parce que combattre le chômage c'est un problème technique, scientifique, économique. Il relève du premier ordre, évidemment.

J'ai vu récemment des manifestants défiler sous la banderole "Vaincre le sida c'est une question de volonté politique". Je comprends bien ce qu'ils veulent dire. Plus on votera de budget, plus on aura de chances de guérir le sida un jour. D'accord. Mais à la lettre le slogan est évidemment idiot. Vaincre le sida ce n'est pas une question de volonté politique. On peut voter une loi supprimant le sida, ça ne fera pas guérir un seul malade.

Autre exemple d'angélisme : annuler les exigences du combat politique, ses contraintes propres, au nom de la morale. Angélisme morale. Et voilà la fameuse génération morale que j'évoquais : contre la misère, les restaurants du cœur ; en politique étrangère, l'action humanitaire ; en matière d'immigration et d'intégration, l'anti-racisme. La morale qui tient lieu de politique.

Enfin dernier exemple d'angélisme : prétendre annuler la morale, ordre numéro 3, au nom de l'amour. "Moi, je n'ai pas de morale, je n'en ai pas besoin : l'amour me suffit". Idéologie baba-cool, Peace and Love des années 60. Il faut leur répondre : arrête de te prendre pour Jésus-Christ et commence par faire ton devoir et par t'inscrire sur les listes électorales.

Je voudrais conclure en disant un mot sur le problème de la hiérarchie entre ces quatre ordres que je vous ai proposés. Vous comprenez bien que je les ai énoncés selon l'ordre d'une hiérarchie croissante, du moins pour ce qui concerne leur valeur et pour les individus que nous sommes. J'entends par là que du point de vue du sujet, du point de vue de l'individu, et quant à la valeur, la politique a une plus grande dignité que les sciences et les techniques, la morale a une plus grande dignité que la politique, et l'amour a une plus grande dignité que la morale.

C'est ce que j'appellerais la primauté, entendant par primauté la plus grande valeur subjective dans une hiérarchie d'évaluation. Je dirais donc : primauté de la politique sur les techno-sciences, primauté de la morale sur la politique, primauté de l'amour sur la morale.

Et je distinguerai encore, me servant d'une distinction que la langue propose, la primauté du primat. Primauté, c'est la plus grande valeur subjective dans une hiérarchie d'évaluation. Primat c'est la plus grande importance objective dans un enchaînement de déterminations.

Et là, me semble-t-il, tout s'inverse. Que resterait-il de l'Etat sans les sciences, sans les techniques, sans l'économie ? La réponse est bien claire : sans l'ordre numéro 1, sans les sciences, sans les techniques, sans l'économie, sans la production des biens matériels comme dit Marx, il n'y a pas d'Etat du tout. Primat de l'ordre techno-scientifique, et spécialement primat de l'économie sur la politique.

Que resterait-il de la morale s'il n'y avait pas d'Etat ? Quelle morale à l'état de nature ? La réponse est bien claire : à l'état de nature, il n'y a pas de morale du tout, sans Etat, il n'y a pas de morale. Primat de la politique sur la morale.

Et que resterait-il de l'amour sans la morale ? Ma réponse est celle de Freud : sans la morale, c'est-à-dire sans l'interdit, il n'y a pas d'amour du tout, parce qu'il n'y a que le désir, la pulsion, le "ça", et que le désir ou la pulsion ne se subliment en amour que par la contrainte de l'interdit, de la loi morale. Sans morale pas d'amour.

Si bien que nous avons deux hiérarchies, ou une hiérarchie ascendante et un enchaînement descendant : primauté de la politique sur le techno-scientifique, primauté de la morale sur la politique, primauté de l'amour sur la morale ; mais primat de la morale sur l'amour, primat de la politique sur la morale, primat de l'ordre techno-scientifique, et spécialement de l'économie, sur la politique.

Nous avons affaire à deux hiérarchies inversées. Mon idée c'est que les groupes, toujours, vont privilégier l'enchaînement des primats. Pour le gros animal, comme dit Platon, pour le groupe que nous sommes tous, et d'autant plus que le groupe sera plus nombreux, l'amour tendra toujours à se dégrader en morale, la morale tendra toujours à se dégrader en politique, c'est-à-dire en rapports de force, et la politique tendra toujours à se dégrader en technique.

Il n'y a que les individus pour remonter quelque peu, parfois, cette pente que les groupes ne cessent de descendre, pour rappeler que la politique a une plus haute dignité que la technique, et c'est ce qu'on appelle "un homme d'Etat", pour rappeler que la morale a une plus haute dignité que la politique, et c'est ce qu'on appelle "un homme de bien", pour rappeler que l'amour a une plus haute dignité que la morale, et c'est ce qu'on appelle "un homme de cœur".

Vous vous souvenez peut-être que Simone Weil (non pas la femme politique mais la philosophe qui est morte à Londres, en 1943) a écrit un livre qu'on a publié sous le titre La Pesanteur et la Grâce. La pesanteur, pour Simone Weil, c'est tout ce qui descend ou qui fait descendre. La grâce c'est tout ce qui monte ou qui fait monter.

Et bien je dirais volontiers que de ce point de vue les groupes, toujours, sont soumis à la pesanteur, et qu'il n'y a que les individus, parfois, qui aient quelque chose qui ressemble à de la grâce. Faute de croire en Dieu, pourtant, ce n'est pas le mot que j'utiliserai, et je dirai donc que pour remonter cette pente que les groupes ne cessent de descendre, pour essayer de remonter parfois au moins un peu de la technique à la politique, de la politique à la morale et de la morale à l'amour, je ne connais que deux choses : l'amour et le courage.

Extraits du débat faisant suite à la conférence :

Un auditeur - Vous avez parlé de barbarie lorsque l'on assujettissait la morale au politique. Or il me semble que chez Machiavel, par exemple, l'ordre peut être assujeti à l'ordre politique et la morale tient alors lui de moyen. Et ce n'est pas de la barbarie puisque le souverain qui use ainsi de la morale, qui subordonne la morale au politique, fait acte, comme dit Machiavel, de virtu, il est virtuoso. [...]

André Comte-Sponville - [...] Machiavel est un des auteurs les plus mystérieux qui soit. Tout le monde se demande ce qu'il pensait au fond. Moi, ce qui me fascine chez lui, c'est qu'il n'a jamais prétendu soumettre la politique à la morale. Il ne s'est jamais raconté d'histoires. Il a bien vu que la politique ne s'occupait que de rapports de forces, ne s'occupait que du pouvoir, et pas de la morale. Mais ça, ça veut dire qu'il n'était pas ridicule.

Le contraire de Machiavel, si vous voulez, c'est Philippe de Villiers qui fait un "parti des valeurs". Le ridicule est du côté de Philippe de Villiers. Ou alors c'est Jack Lang, que j'ai entendu dire à la télévision dire : "Je suis du parti de l'amour". Le ridicule était pour Jack Lang. Machiavel n'a jamais mangé de ce pain-là, bien sûr.

Alors vous me demandez : est-ce que Machiavel ne soumet pas la morale à la politique ? Autrement dit, est-ce qu'il ne serait pas ridicule dans l'autre sens, non pas angélique comme Philippe de Villiers ou Jack Lang, mais barbare ? Il ne me le semble pas.

Il ne me semble pas parce qu'il disjoint tellement les deux ordres qu'il ne les soumet en rien l'un à l'autre. Il prend acte de leur séparation. Dans Le Prince, il conseille au prince de ne pas s'occuper du tout de la parole qu'il a donnée, de mentir si ça l'intéresse. Il ajoute : bien sûr si les gens étaient bons, mon commandement serait atroce, mais comme ils sont méchants et qu'ils ne tiendront pas leur parole non plus, si tu veux le pouvoir, c'est ça qu'il faut faire. Il ne dit pas du tout que le mensonge vaut mieux que la sincérité. Il constate simplement qu'en politique la morale est sans effet. Mais il ne dit pas que ce qui est politiquement juste est moralement bon. Il dit que ce qui est politiquement juste est politiquement nécessaire. Et que la morale, c'est autre chose. [...]

Une auditrice - Vous avez posé une hiérarchie entre quatre ordres avec, en dernier ordre,  l'éthique comme fondement de la morale. Se pose le problème du bon usage du Mal en politique. Machiavel dit que le Prince peut et doit mentir à ses sujets si c'est nécessaire. Cela voudrait dire que la fin justifie les moyens, qu'il est loisible d'utiliser n'importe quel moyen en vue d'une fin supérieure. S'il peut être bon de faire le Mal parfois, la morale doit-elle encore être au fondement du politique ?

André Comte-Sponville - Il faut distinguer le point de vue que l'on peut avoir sur la politique en tant qu'elle concerne des groupes, et le point de vue qu'on peut avoir sur elle en tant qu'elle me concerne personnellement, c'est-à-dire selon qu'on fait de la politologie et qu'on essaie de comprendre ce qui se passe vraiment dans la politique, ou selon qu'on agit pour son propre compte.

Si j'essaie de considérer la politique telle qu'elle est, où je vois que des groupes s'opposent, je constate qu'ils mentent tous. Tous. Je constate, davantage, qu'ils ne peuvent pas ne pas mentir. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs (rires). Prenons un exemple. L'apôtre du "parler vrai", Michel Rocard, reconnaissait un jour devant moi que, en matière de politique financière, on ne peut absolument pas dire la vérité. C'est le B - A - BA. Si on veut dévaluer, il est indispensable de dire la veille : "Nous ne dévaluerons en aucun cas". Ce n'est pas parce qu'ils sont tous méchant, c'est parce que sinon la dévaluation va rater. Vous imaginez Rocard il y a trois ans nous dire la vérité sur ce qu'il pensait de Mitterrand ? (rires) Ce n'était pas possible. Il est donc absurde de le lui demander.

Donc, il n'y a pas de "parler vrai" en politique. Il y a des gens qui mentent plus ou moins. Il y a ceux qui mentent tout le temps sur n'importe quoi, et ceux (et c'est ce que Rocard appelle le "parler vrai") qui ne mentent que quand c'est vraiment nécessaire.

Est-ce que la morale est le fondement de la politique ? Mais bien sûr que non ! Le fondement de la politique c'est l'intérêt, c'est Marx qui a raison. L'économie est déterminante en dernière instance. Maintenant plus personne n'est à gauche, mais dans ma jeunesse encore les ouvriers votaient à gauche et les patrons votaient à droite. Vous croyez que c'est parce qu'ils n'avaient pas la même morale ? Il est normal que ceux qui souffrent le plus dans une société votent pour des partis qui annoncent qu'ils vont la changer, et que ceux qui souffrent le moins votent plutôt pour des partis qui proposent de tout laisser en l'état. Ce n'est pas pour des raisons morales que les gens votent. C'est en fonction le plus souvent de leurs intérêts. La sociologie est bien plus éclairante en politique que la morale.. Et quand aux gens qui font carrière en politique, mieux vaut penser qu'ils font de la politique pour faire carrière que de penser qu'ils font de la politique pour des raisons morales. En vérité c'est un peu les deux le plus souvent. On sera moins souvent déçu et on comprendra davantage ce qui se passe quand on aura en tête qu'ils n'ont en tête que leur intérêt. Disons que tout se passe de telle sorte en tous cas qu'ils ne sacrifient jamais leurs intérêts à leur morale.

Ça, c'est le point de vue que j'ai (comme Machiavel, qui en serait d'accord) sur la politique quand je la regarde de l'extérieur. Des groupes s'y affrontent. Ce n'est pas du tout une question de morale. C'est une question de combat, de rapports de forces, d'intérêts. Très bien. Et j'ai dit, dans ma petite typologie en quatre ordres, que les groupes, toujours, tendaient à privilégier les ordres inférieurs. Donc la politique les intéresse davantage que la morale, et l'économie davantage que la politique. Les partis politiques n'ont pas de morale, a fortiori pas d'amour.

Oui, mais nous, nous ne sommes pas un parti politique. Moi je suis un individu. Vous êtes des individus. Et j'ai dit en terminant qu'autant les groupes tendaient à redescendre toujours cette quadri-partition vers les ordres inférieurs, autant, si on pouvait garder un certain sens de l'élévation humaine, c'était par la capacité qu'avaient les individus d'essayer de la remonter. Les partis politiques n'ont pas de morale, j'en suis parfaitement convaincu. Ça ne dispense pas ceux qui y militent d'en avoir une. Je dirais même que c'est parce que les partis politiques n'ont pas de morale que ceux qui y militent et ceux qui les dirigent doivent d'autant plus en avoir une. Il n'y a de morale que pour les individus et par eux.

Si bien que la morale n'est pas du tout le fondement de la politique, dans sa réalité, en tant que la politique oppose des groupes. En revanche elle peut être en quelque chose le fondement ou la justification de l'engagement de tel ou tel, qui fera de la politique, lui, pour des raisons morales. Simplement, ça ne regarde, à la limite, que lui. Un homme politique qui vient à la télé pour me dire : "Si je suis de droite, c'est pour des raisons morales", ou : Si je suis de gauche, c'est pour des raisons morales", quel intérêt cela a-t-il puisque même s'il pensait le contraire il ne nous le dirait pas ? Sa morale , c'est son problème. Nous, ce qui nous intéresse c'est son programme, c'est ce qu'il fait, ce qu'il réalise. On le juge sur ses actes. Ses problèmes de conscience on s'en moque.

Comme dit Alain : "La morale n'est jamais pour le voisin". La morale ne vaut que pour soi. Si on considère la politique telle qu'elle est par rapport aux groupes, c'est toujours les ordres inférieurs qui priment. L'économie est plus importante que la politique et on le sait bien. Regardez aujourd'hui à quel point la politique est soumise aux contraintes de l'économie. Et combien la politique peut peu de choses sur l'économie.  La politique a plus d'importance que la morale, et au fond on le sait bien. Ce qui compte, ce n'est pas quel est le plus vertueux, c'est qui gagne les élections. Et quelqu'un de très vertueux peut s'avérer un dirigeant catastrophique. Et un salaud peut être un homme d'Etat remarquable. Les deux se sont vus.

Alors qu'en revanche, s'agissant des individus, les échelons supérieurs reprennent toute leur importance. Et en effet je pense, moi, que la dignité d'un homme consiste à ne jamais sacrifier la morale à la politique, ou la politique aux sciences, aux techniques ou à l'économie.

Je suis donc obligé d'avoir deux réponses selon que je parle des groupes et de la politique telle qu'elle est, ou des individus et des valeurs qui guident leur action.


(Extraits d'une conférence d'André Comte-Sponville, prononcée en 1993-1994, à l'invitation du GREP de Midi Pyrénées, sur le thème "Ethique, Morale et Politique", suivis d'extraits du débat qui s'en est suivi)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Caricature de Sarkozy et Kadhafi, pendant la visite de ce dernier à Paris, par Kiro, parue dans Le Canard Enchaîné N°4546, 12 décembre 2007 ; Nicolas Sarkozy accueille Mouammar Khadafi le 10 décembre 2007 à l'Elysée à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Le colonel Kadhafi au palais de l'Elysée, le 12 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Stéphane de Sakutin/AFP ; Nicolas Sarkozy lors de la visite de Mouammar Kadhafi à Paris, le 10 décembre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Mouammar Kadhafi accueillli par le président Sarkozy à l'Elysée, le 12 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Stéphane de Sakutin/AFP ; Portrait du philosophe Blaise Pascal [1623-1672], par un peintre anonyme de l'école française du XVIIe siècle, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Détail d'une photographie anonyme du philosophe et théoricien Karl Marx [1818-1883] ; Michel Rocard et François Mitterrand, le 19 avril 1988, photographie de l'Agence France Presse, © Patrick Hertzog/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /2007 15:58
Alors que je m'apprête, ce soir même, vendredi 28 décembre, à quitter une nouvelle fois Midi-Pyrénées par train de nuit, pour aller passer le réveillon du Nouvel An au bord de la mer du Nord - dans la région d'Ostende, en Belgique -, c'est sans doute le moment ou jamais de faire un petit bilan de l'année qui s'achève. Sans vouloir entrer dans les détails - je n'en ai pas le temps -, je dirais simplement que l'année 2007 aura été une année... franchement pas terrible - si vous me permettez cette expression -, surtout sur le plan politique. A qui la faute, me direz-vous ? A Sarkozy de Nagy-Bocsa bien sûr, et à ceux qui ont voté pour lui au printemps dernier. Maintenant, les dés sont jetés, et on verra bien à quoi la France ressemblera dans cinq ans... Ce qui est certain, c'est que l'année 2008 ne pourra pas, a priori, être pire que ce qu'aura été, politiquement, l'année 2007... Pas de doute, donc : il y a encore de l'espoir, et pour ma part, je n'oublie pas l'une de mes devises, empruntée à Nietzsche : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts." Nous ne sommes pas morts : donc, l'histoire continue...

Je ne hais pas Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il y a longtemps maintenant que je ne le hais plus. Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, j'éprouve à l'égard de l'actuel président de la République française un subtil mélange de détestation, de pitié et de mépris. Je le déteste, lui et tout ce qu'il représente, et en même temps, j'ai pitié de cet homme, de la pauvre vie qu'il mène, de ses gesticulations sur-médiatisées, et j'éprouve également un certain mépris vis-à-vis de ses discours qu'il adresse aux citoyens et de ses tentatives, assez minables, pour essayer de détourner l'attention de l'opinion publique des vrais problèmes du pays...
Pas de haine, donc, mais des sentiments mêlés, et, en tout cas, une volonté citoyenne, toujours présente, de m'opposer résolument à Sarkozy. Ni plus, ni moins.

Alors que 2007 touche à sa fin, j'ai une pensée "émue" pour celui qui nous a quitté, politiquement, en mai dernier : une pensée pour Jacques Chirac... ;-)


Son portrait officiel, réalisé en 1995 par la photographe Bettina Rheims, n'orne plus les mairies, les ambassades de France, les commissariats de police, les ministères, les écoles, et autres établissements publics, ledit portrait ayant été remplacé par celui de la Honte, c'est-à-dire, bien entendu, par celui de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Il y a longtemps que, pour sa part, Bettina Rheims est retourné à son activité habituelle, celle de réaliser des photographies sensuelles des célébrités de notre époque, ainsi qu'elle l'a prouvé encore récemment en photographiant l'actrice Monica Bellucci pour un numéro du magazine Paris Match paru en octobre dernier...


Quant
à Jacques Chirac, après quelques mois d'éclipse médiatique, suite à son départ de l'Elysée, il est revenu quelque-peu sous les projecteurs de l'actualité en novembre dernier, deux jours avant son anniversaire...

Rendez vous compte, chers lecteurs : pendant des années,
j'en ai rêvé, et le mois dernier, une juge l'a fait... ;-)

Jacques Chirac inculpé de détournement de fonds

Six mois après son départ du pouvoir, l'ex-président de la République Jacques Chirac, 74 ans, a été inculpé mercredi [21 novembre] pour "détournement de fonds" dans une affaire remontant à l'époque où il était maire de Paris, une décision sans précédent en France.

C'est en effet la première fois qu'un ancien président de la République française est ainsi mis en cause par la justice.

M. Chirac a été mis en examen dans le dossier des chargés de missions de la mairie de Paris, une affaire d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris avant 1995, au bénéfice de proches du RPR (Rassemblement pour la République), le parti de Jacques Chirac devenu l'actuel UMP (Union pour un mouvement populaire) au pouvoir.

M. Chirac, entendu pendant trois heures au pôle financier du palais de justice de Paris, n'a pas été soumis à un contrôle judiciaire.

Les faits qui lui sont reprochés sont passibles de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Justifiant son action, l'ex-président a souligné qu'il ne s'était jamais personnellement enrichi, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde au moment ou tombait l'annonce de son inculpation.

Mais cette décision, qui signifie que la juge Xavière Simeoni considère avoir des "indices graves et concordants" contre M. Chirac, a fait l'effet d'un coup de tonnerre.

Après 12 années à la tête de l'Etat, M. Chirac a été remplacé le 16 mai par Nicolas Sarkozy. Il a perdu le 17 juin l'immunité liée à sa fonction présidentielle pour retrouver un statut de justiciable ordinaire.

Depuis, l'épée de Damoclès des "affaires" pesait sur l'ex-président, qui s'est montré discret depuis sa retraite et siège de droit parmi les "sages" du Conseil constitutionnel en tant qu'ex-président.


Son nom était apparu à plusieurs reprises dans des dossiers qui ont valu à plusieurs de ses proches, dont l'ex-Premier ministre Alain Juppé, d'être déjà condamnés.

L'avocat de M. Chirac, Me Veil, a tenté de minimiser la portée de l'inculpation, décrite comme un acte de procédure logique. "On ne peut pas interroger quelqu'un dans un dossier qui dure depuis autant d'années sans qu'il soit mis en examen", a-t-il fait valoir.


Vingt personnes sont soupçonnées d'avoir attribué des emplois de complaisance ou d'en avoir bénéficié dans les années 80-90, du temps des maires Jacques Chirac (1977-1995) et de son successeur Jean Tiberi (1995-2001).


Dans sa tribune au Monde, M. Chirac reconnaît avoir "souhaité ou autorisé" les recrutements de chargés de mission car ils étaient "légitimes autant que nécessaires".


Et, surtout, "jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis aux services d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et Parisiens. Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel", écrit M. Chirac.


Dans cette affaire, les policiers s'intéressent aussi à la fille de M. Chirac, Claude, conseillère à la mairie de Paris de 1989 à 1993.


M. Chirac avait déjà été entendu en juillet dans le cadre d'une autre affaire liée à la mairie, concernant des emplois fictifs (sans aucune prestation réelle pour les Parisiens) et non simplement de complaisance.


Les proches de M. Chirac ont salué sa "dignité" et rappelé qu'il bénéficiait de la présomption d'innocence, certains prônant une amnistie.


Le Parti socialiste a joué la discrétion, son chef François Hollande jugeant qu'il fallait éviter "une polémique inutile".


Le député Arnaud Montebourg a néanmoins estimé que cette décision arrivait "trop tard".


La ministre du Logement, Christine Boutin, a elle parlé d'une décision "tragique" pour "l'image de la France".


"Une fois encore, l'image de la France est salie par celui dont la fonction était de la valoriser", a réagi le leader d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen, vieil ennemi politique de M. Chirac.


M. Chirac, qui aurait traversé un moment de dépression après son départ du pouvoir, selon des médias, prépare le lancement d'une fondation sur l'environnement et le développement. Son épouse Bernadette l'a décrit comme "un retraité comme d'autres retraités" qui "veut se rendre utile".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 novembre 2007, 18h13)

Chirac veut se battre pour "la vérité" et pour son "honneur"


Jacques Chirac, ancien président de la République mis en examen dans l'affaire des chargés de mission de la mairie de Paris, a affirmé jeudi [22 novembre] sur TF1 qu'il se battrait "pour la vérité" et pour son "honneur".
Mis en examen mercredi pour "détournement de fonds publics" dans l'affaire des chargés de mission de la ville à l'époque où il en était le maire, M. Chirac a déclaré dans une courte interview enregistrée à son bureau: "mon état d'esprit, c'est d'abord la sérénité et ensuite la volonté de me battre".
"Je vais me battre, avec le respect que l'on doit naturellement à la justice", a-t-il poursuivi.
"Je n'accepte pas qu'on dise n'importe quoi sur cette affaire, que l'on foule aux pieds le principe de la présomption d'innocence et par conséquent, je vais me battre à la fois pour la vérité et pour mon honneur", a lancé l'ex-chef de l'Etat.
"Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel et d'ailleurs personne ne le prétend, que les choses soient claires", a-t-il réaffirmé. "Revenons sur terre", a-t-il dit.
"Dans cette affaire, il s'agit d'une vingtaine d'emplois répartis sur une période de 18 ans", a insisté M. Chirac.
"Naturellement, il n'y a aucun détournement de fonds publics, puisque ces emplois étaient nécessaires au bon fonctionnement de la ville de Paris, et qu'ils ont été autorisés par délibération votée par le conseil de Paris", a-t-il répété.
Interrogé sur la lettre de ses anciens directeurs de cabinet détaillant leur mission auprès de lui, M. Chirac a répondu: "j'ai eu connaissance bien sûr de la lettre de mes anciens directeurs de cabinet. Tout ce que je peux dire, c'est que je souscris totalement à ce qu'ils ont écrit".
Dans cette lettre que l'AFP a pu consulter, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled expliquent qu'à l'exception de quelques collaborateurs qu'ils recrutaient personnellement, ils ne pouvaient en aucun cas ordonner "de procéder à un recrutement de chargé de mission".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 novembre 2007, 20h48)

Sarkozy de Nagy-Bocsa, de son côté, semble moins soucieux qu'avant de "passer au Karcher" les dossiers judiciaires dans lesquels est impliqué son prédécesseur à la plus haute charge de l'Etat, et il semble désormais être davantage préoccupé par le fait que Jacques Chirac siège au Conseil constitutionnel alors qu'il fait l'objet, en même temps, de poursuites judiciaires...

Chirac vu de l'Elysée


Dans un style très peu présidentiel, Sarko a réglé en deux phrases le cas Chirac, mis en examen, comme on sait, pour détournement de fonds publics.
 "Il ne pourra pas continuer à siéger au Conseil constitutionnel, a-t-il dit le 21 novembre à ses collaborateurs. Le Conseil ne peut se permettre de laisser siéger des mecs poursuivis par la justice." Le "mec" en question appréciera.
 Sarkozy a profité de l'occasion pour souhaiter à nouveau, comme le préconise la commission Balladur, que les anciens présidents de la République ne soient plus membre de droit du Conseil constitutionnel.
 "Il faut au Conseil, a-t-il affirmé, des gens qui sont des experts en droit, pas des politiques qui ont des comptes à régler."
 Pour cela, rien ne vaut l'Elysée.

(Le Canard Enchaîné N°4544, 28 novembre 2007)

"Revenons sur terre" a donc dit Chirac, il y a quelques semaines... Revenir sur Terre, politiquement, oui, il serait grand temps, pour ceux qui n'auraient pas encore été réveillés par les divers mouvements de grève du mois dernier, dirigés - trop tard, et en vain, il est vrai - contre la gouvernance sarkozyenne... Et pour ce qui est de Chirac, bien que j'ai ardemment souhaité son inculpation pendant des années, il y a longtemps que j'ai anticipé ma chute dans le réel : de fait, je ne me fais pas de souci pour l'avenir judiciaire de l'ancien président de la République, car il est fort probable qu'il réussira, cette fois encore, à s'en sortir, comme d'habitude...
Retour sur Terre, "Back to the Earth" en anglais... celà ferait un bon titre de SF... ou de fantasy... ;-)


Bonne Année 2008 à tous ! :-)

Amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy posant devant le Bund de Shanghaï, en Chine, le 27 novembre 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters ; Détail du portrait officiel de Jacques Chirac, président de la République, photographie par Bettina Rheims, 1995 ; Photographie de l'actrice Monica Bellucci, par Bettina Rheims, 2007, publiée dans Paris Match N°3048, 18 octobre 2007 ; Jacques Chirac le 6 juillet 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Patrick Kovarik ; Valéry Giscard d'Etaing, Jean-Louis Debré et Jacques Chirac le 15 novembre 2007 au Conseil constitutionnel, photographie de l'Agence France Presse, ©Pierre Verdy/AFP ; Capture d'écran réalisée le 22 novembre 2007 de Jacques Chirac s'exprimant sur la chaîne de télévision TF1 ; Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le 21 mars 2007, lors d'une cérémonie pour honorer Lucie Aubrac, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /2008 23:55

"Je vis ma vie et je me fous des commentaires des uns et des autres. Ils ont eu l'habitude d'avoir à l'Elysée, depuis douze ans, Papi et Mamie. Moi, j'ai un nouveau style. Il va falloir que tout le monde s'adapte. Maintenant, les Français ont un vrai mec, à l'Elysée, qui en a et qui s'en sert."

(Sarkozy à un de ses amis par téléphone, cité in Le Canard Enchaîné N°4549, 2 janvier 2008)

Voilà le language qu'a tenu Sarkozy de Nagy-Bocsa à un de ses amis par téléphone, suite aux critiques qu'ont suscité son récent voyage en Egypte, durant les derniers jours du mois de décembre 2007, en compagnie de la chanteuse et ex-mannequin Carla Bruni, avec laquelle il entretient une relation amoureuse - grand bien leur fasse ! - depuis la fin du mois de novembre, relation qui a été rendue publique juste après la tapageuse visite de Kadhafi à Paris, comme pour essayer de faire oublier précisemment cette dernière... Il est vrai que l'actuel chef de l'Etat n'a, parait-il, pas apprécié que l'on puisse parler de "comportement ostentatoire" - l'expression a été employée par Ségolène Royal - à propos de son attitude lors de son séjour au pays des pharaons et des pyramides. Il n'y a pourtant que la vérité qui blesse, dans une situation comme celle-ci, serait-on tenté de dire...

Que pourrais-je, pour ma part, vous dire à propos de l'actuel président de la République et de sa relation avec Carla Bruni, qu'il a donc emmenée fin décembre en voyage dans la vallée du Nil et le week-end dernier en visite privée en Jordanie ?
Rien. Ou si peu. Carla Bruni est une très belle femme. Vraiment très belle. Un point, c'est tout. Que voulez-vous, je ne suis pas chroniqueur mondain. En ce qui concerne l'attitude de Sarkozy évoquée dans le Canard Enchaîné du 2 janvier, en vérité, les propos cités par ledit Canard reproduits plus haut résument très bien à eux seuls - surtout la dernière phrase - toute la vulgarité de Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout son égocentrisme, toute sa bêtise aussi, sans que j'ai besoin d'en rajouter... Je n'ai que faire de ce Sarko-show permanent, qui est, hélas, bien parti pour se prolonger durant l'année 2008, et auquel j'ai été à nouveau confronté dès mon retour de Belgique, la semaine dernière... Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à en avoir soupé de ce tourbillon médiatique permanent, et à ne pas vouloir désormais accorder d'importance excessive aux faits et gestes de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Du reste, je m'y engage : l'année 2008 ne verra point d'inondation médiatique sarkozyenne envahir intempestivement le présent blog !
Seulement voilà : en tant que citoyen électeur, il me faut bien me tenir un peu au courant de l'actualité politique, même si celle-ci a un peu tendance, depuis l'année dernière, à se confondre régulièrement avec ce que l'on appelle l'actualité "people" - je déteste ce mot, mais je me résigne à l'employer afin d'être compris de tous...
Ainsi, j'ai donc fait un gros effort hier, 8 janvier 2008 : j'ai pris connaissance de l'évènement politique du jour, à savoir la conférence de presse de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et des propos que l'actuel chef de l'Etat y a tenu pendant plus de deux heures... Sarkozy a notamment beaucoup parlé d'un nouveau concept qui lui tient à coeur, emprunté au sociologue Edgar Morin, la "politique de civilisation", qu'il avait déjà promis de mettre en oeuvre, parait-il, lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre - étant alors à l'étranger, j'ai râté cette première prestation télévisée de la St-Sylvestre du nouveau chef de l'Etat, mais j'avoue que celà ne m'a pas manqué... ;-). De cette "politique de civilation", je ne sais trop que penser, sinon que, sur la forme tout du moins, le concept me fait l'effet d'un nouveau hochet que Sarkozy s'applique à agiter frénétiquement devant les yeux du public, en espérant peut-être que la majorité des citoyens va encore vouloir, en buvant ses paroles, rester endormi dans le Teletubbyland qu'a été la France durant ces derniers mois (voir l'article intitulé "Teletubbyland et Réalité..." du mois d'octobre dernier)... Pour le reste, rien de nouveau sous les projecteurs du Sarko-show, si ce n'est un contexte de baisse de popularité - enfin ! - pour l'actuel président de la République... reproduits plus haut résument très bien à eux seuls - surtout la dernière phrase - toute la vulgarité de Sarkozy de Nagy-Bocsa, tout son égocentrisme, toute sa bêtise aussi, sans que j'ai besoin d'en rajouter... Je n'ai que faire de ce Sarko-show permanent, qui est, hélas, bien parti pour se prolonger durant l'année 2008, et auquel j'ai été à nouveau confronté dès mon retour de Belgique, la semaine dernière... Ce qui est rassurant, c'est que je ne suis pas le seul à en avoir soupé de ce tourbillon médiatique permanent, et à ne pas vouloir désormais accorder d'importance excessive aux faits et gestes de Sarkozy de Nagy-Bocsa... Du reste, je m'y engage : l'année 2008 ne verra point d'inondation médiatique sarkozyenne envahir intempestivement le présent blog !


En baisse dans les sondages, Sarkozy s'explique face à la presse


En baisse dans les sondages, le président français Nicolas Sarkozy s'explique mardi [8 janvier] au cours d'une conférence de presse fleuve pendant laquelle il s'est engagé à répondre à toutes les questions, y compris celles sur sa relation avec l'ancien top-model Carla Bruni qu'il pourrait bientôt épouser.
En ce début d'année, si M. Sarkozy affiche son bonheur et son idylle avec Carla Bruni, sa popularité recule. Il perd 7 points en un mois, à 48% contre 45% de mauvaises opinions, selon l'institut CSA, alors qu'un autre sondage LH2 le donne en baisse de deux points, conservant toutefois une opinion positive auprès de 54% des Français.
Un troisième sondage confirme cette tendance: selon l'Ifop, le chef de l'Etat français perd 4 points par rapport à décembre, même s'il recueille toujours l'approbation de 53% des Français contre 46% qui le désapprouvent.
C'est dans ce contexte de "trou d'air" que M. Sarkozy devrait défendre son bilan, huit mois après sa conquête de l'Elysée.
Face à près de 500 journalistes d'une quarantaine de pays, il devrait, pendant deux heures, évoquer notamment la question du pouvoir d'achat, devenue la préoccupation essentielle des Français, les délicates négociations sociales à venir, un éventuel remaniement ministériel et les grandes questions internationales.
Mais une question pourrait éclipser en partie toutes les autres: celle sur sa vie privée et les rumeurs d'un mariage -la date du 9 février a été avancée par un journal- avec Carla Bruni.
Le chef de l'Etat, 52 ans, a d'ores et déjà averti qu'il évoquerait ses vacances en Egypte avec Carla Bruni, 39 ans, qui ont provoqué une polémique.
L'opposition s'interroge en effet sur la générosité de l'ami du président, l'homme d'affaires Vincent Bolloré, qui a prêté à M. Sarkozy son jet privé pour ce déplacement après avoir mis à sa disposition son luxueux yacht pour une croisière à Malte immédiatement après son élection en mai.
Selon l'enquête du quotidien Libération qui titre sur une "fin de la lune de miel dans les sondages", une grande majorité de Français désavoue désormais la manière dont leur président étale sa vie privée, deux mois après son divorce avec Cécilia. Ils sont 63% à juger qu'il "affiche trop sa vie privée".
"La médiatisation de la vie personnelle du président, touchant à l'image de la fonction présidentielle, heurte visiblement des secteurs traditionnels de soutien de la majorité", a analysé dans la presse le politologue Stéphane Rozès.
"Il a le droit d'être heureux comme tout le monde", a répliqué une de ses conseillères, Catherine Pégard. "Il a fait le choix d'assumer tout ça".
Au-delà de sa vie privée, le président qui a mené campagne avec le slogan "travailler plus pour gagner plus" déçoit ses compatriotes sur la question de l'amélioration de leur pouvoir d'achat. Ils sont désormais 62% à juger que ses mesures dans ce domaine "ne sont pas suffisantes".
Le moral des Français est d'ailleurs en berne. Pour le cinquième mois consécutif, il a poursuivi sa baisse en décembre, atteignant son plus faible niveau depuis mai 2006.
"Au moment où les Français font leurs comptes et redoutent les hausses des tarifs, la question du pouvoir d'achat est réactivée. Or, Nicolas Sarkozy est attendu sur ce terrain", estime encore M. Rozès.
Mais la marge de manoeuvre du chef de l'Etat est limitée en raison des incertitudes économiques et d'une croissance de moins de 2%. M. Sarkozy a lui même reconnu que les caisses étaient "vides", tout en affichant sa volonté de poursuivre tambour battant son programme de "rupture".
Pour le Parti socialiste, M. Sarkozy chute dans les sondages parce qu'il "n'obtient pas" de résultats. Le PS a estimé que le président pourrait être contraint à un plan de rigueur après les élections municipales de mars.
Le quotidien Le Monde, dans un éditorial titré "le roi est nu", estime que M. Sarkozy devrait "surtout cesser de faire cavalier seul" car la France ne "s'en sortira pas sans ses partenaires européens".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 8 janvier 2008, 7h22)

Sarkozy souhaite la fin des 35 heures et évoque son possible mariage

Nicolas Sarkozy a souhaité la fin des 35 heures en 2008 et laissé entendre qu'il pourrait épouser Carla Bruni, affichant une volonté de réforme et de rupture intacte, lors d'une conférence de presse-fleuve mardi [8 janvier] à l'Elysée.
"J'ai été élu en promettant un changement en profondeur, une véritable rupture", avait lancé le président de la République dans un propos liminaire d'une quarantaine de minutes, évoquant à nouveau "la politique de la civilisation" qui est pour lui "la politique de la vie".
S'avançant sur ce terrain éthique, il a promis de faire inscrire avec l'aide de Simone Veil, l'égalité entre hommes et femmes, le respect de la diversité, l'intégration et les questions de bioéthique dans le préambule de la Constitution.
Après cette entrée en matière au cours de laquelle il a notamment cité "l'amour, l'ouverture aux autres, l'humanisme, le respect", le chef de l'Etat a tenu à montrer, sur fond de sondages moroses, qu'il abordait 2008 avec une volonté de réforme intacte.
A un journaliste qui lui demandait s'il voulait "la fin au moins réelle des 35 heures", il a répondu: "Pour vous dire les choses comme je pense, oui".
Le président a été à peine moins clair sur sa relation avec l'ancien top-model Carla Bruni. Avec elle, a-t-il dit, "c'est du sérieux", mais en cas de mariage, "il y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait".
Comme promis, le président a abordé tous les sujets.
Il a ainsi réclamé qu'en matière d'immigration, la France aille "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas". Il a aussi souhaité la création d'une juridiction spécialisée dans le droit des étrangers.
Sur le plan économique et social, il a annoncé avoir chargé deux Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, de réfléchir à changer les instruments de mesure de la croissance. Il a souhaité que le niveau de la participation et de l'intéressement aux résultats des entreprises, pour les salariés, soit "fortement relevé". Un "doublement ou un triplement de la réserve de participation" ne le choquerait pas.
Affichant son volontarisme dans le domaine de l'industrie, il a souhaité faire de la Caisse des dépôts "un instrument de la politique de défense" des entreprises face à la montée des fonds spéculatifs. Nicolas Sarkozy a appelé à un "changement complet de gouvernance de l'hôpital, de fond en comble" en 2008 parce "que l'hôpital n'est plus gouverné".
Sur le terrain des médias, il a déclaré vouloir "réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" de télévision.
Dans le domaine de l'éducation, il a promis le lancement de dix "projets de rénovation universitaire" pour lutter contre le "délabrement" des universités françaises. Le président souhaite donner "la priorité à l'école primaire", mais "cette politique prendra du temps", pour "être mise en oeuvre" et "produire ses effets".
Il s'est encore dit prêt à "recourir à la clause de sauvegarde" sur les OGM, s'il y a des "doutes sérieux" sur ceux qui sont cultivés en France.
Il a aussi défendu l'idée d'un "Grand Paris", promettant de ne pas "laisser (le) projet s'enliser", car "la situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable".
En matière de diplomatie, il a répété que la France "se fera l'avocate" de l'Allemagne, du Japon, du Brésil, de l'Inde et d'un pays africain pour qu'ils deviennent membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le gouvernement au grand complet avait pris place avec 600 journalistes dans la salle des fêtes du palais présidentiel.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 8 janvier, 13h42)


Parler pour ne rien dire, ou presque... C'est ainsi qu'on pourrait résumer à grands traits la prestation sarkozyenne... Rien de nouveau sous le soleil, en effet... Sarkozy de Nagy-Bocsa veut la suppression des 35 heures de temps de travail par semaine ? Quelle surprise ! Il veut la "rupture" partout, dans tous les domaines ? Quelle révélation ! Et il affirme une volonté sans faille de réformer le pays pour un "changement en profondeur" : non, vraiment, il n'y a rien de nouveau depuis la campagne électorale présidentielle de l'année dernière... Sarkozy reste, en outre, très attaché à l'évocation des bons sentiments, de l'amour, de la vie, et de formules creuses sur lesquelles je ne m'étendrais pas... Bref, le chef de l'Etat a parlé, multiplié les déclarations d'intentions, et, comme d'habitude, son habileté de politicien, réelle, n'a pas pû dissimuler le néant derrière le flot de paroles...
Rien de neuf, donc. Le discours est toujours le même, et il est, du reste, toujours aussi énervant...
Disons-le donc très clairement : en pratiquant ces sempiternelles gesticulations devant les journalistes, les cameramen et les photographes, en passant son temps à occuper le terrain politique avec des formules creuses et sans avoir de vraies solutions aux vrais problèmes du pays, en mettant médiatiquement en scène sa vie privée comme sa vie publique, en usant et abusant de tout celà sous prétexte de "rupture", Sarkozy de Nagy-Bocsa prends les citoyens électeurs pour des imbéciles et, en plus, se croit très malin d'agir comme il le fait. Dès lors, bien que je pense avoir été suffisemment bien élevé pour ne pas être, d'ordinaire, publiquement grossier,  je suppose qu'aujourd'hui, il me faut le dire, en toute franchise, et avec honnêteté, une bonne fois pour toutes, pour ne plus avoir y revenir : Sarkozy est un con et sa logorrhée, je le crains, n'est pas autre chose que de la merde verbale. Voilà, c'est dit. Evidemment, si je prononçait ces mots devant lui, peut-être aurais-je quelques problèmes avec la justice, et connaissant le personnage public, sans doute l'actuel chef de l'Etat prendrait un malin plaisir, devant les caméras, à souligner - peut-être en me tutoyant - combien je suis grossier, bien que lui-même ne se prive pas d'insulter et d'humilier son prochain lorsque l'occasion se présente. Il me faut donc essayer d'emballer mes mots grossiers avec un peu de poésie... Voici donc quelques "vers", peut-être mal assortis sur la forme, mais tout-à-fait sincères sur le fond, et qui sont fort modestement et largement inspirés de la lettre d'adieu radiophonique à Plantier, lue par Jean Yanne interprétant le rôle d'un animateur de radio - Christian Gerber - confronté à son supérieur hiérarchique - Plantier - dont il dénonce la politique médiatique d'instrumentalisation de la religion et des bons sentiments à des fins mercantiles, dans le film satirique Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972) dudit Jean Yanne. Voici ce que celà donne, pour le meilleur et pour le pire :

Sarkozy, vous êtes un con. Vous me trouvez grossier ?
Et bien moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire.
Vous ne comprenez pas ? Je vais vous expliquer :
Dire "merde" ou "gros con", c'est simplement grossier.
Maintenant voyons donc tout ce qui est vulgaire.
Prendre une voix assurée et avec surenchère,
Vendre, avec des slogans, au bon con d'électeur,
Sa prétendue "rupture" ou ses histoires de coeur.
Connaissant leurs effets sur les foules apathiques,
Faire appel aux médias pour vanter sa boutique.
Employer les plus bas et les plus sûrs moyens,
Faire des beaux discours sur la vie, sur l'humain,
Sur l'amour. Enfin, jouer sur les bons sentiments,
Afin de mieux fourguer son programme affligeant,
Tout cela c'est vulgaire, ça pue, ça intoxique
Mais cela fait partie de votre jeu médiatique
Vendre la merde, oui, mais sans dire un gros mot.
Tout le monde est gentil, tout le monde il est beau.
Mais là, mon cher Sarkozy, vous ne pouvez comprendre,
Et dans un tel combat, je ne puis que me rendre,
Alors Sarkozy, salut, je préfère me taire,
Je crains, en continuant, de devenir vulgaire.

Voilà. Cette fois-ci, le sac est bien vidé. On l'aura compris, j'en ai soupé de ces gesticulations sarkozyennes qui ne sont que du vent, et j'espère bien ne plus avoir à y revenir de sitôt... même si, durant les prochaines années, il risque d'être, hélas, encore longtemps difficile d'essayer de discerner ce qui est important de ce qui ne l'est pas, dans les actions et les beaux discours de l'actuel chef de l'Etat, pour qui essaye de jouer son rôle de citoyen et de faire preuve d'esprit critique... Tyrannies de l'urgence et des apparences, encore et toujours... Peu à peu, cependant, le vent tourne, la chute dans le réel tant attendue se produit, et on commence enfin à prendre progressivement la mesure de ce que nous avons "gagné" avec le résultat de l'élection présidentielle de l'an passé... Ce n'est pas trop tôt. Et croyez-moi, ce quinquennat, on va le sentir passer, d'une manière ou d'une autre, car pour peu que l'on utilise un peu sa cervelle, la vacuité du discours sarkozyen, et l'investissement dans le seul court terme que représentent l'action politique de l'actuel président de la République, apparaîtront finalement, tôt ou tard, pour ce qu'elles sont : au mieux, la non-rupture avec Chirac, au pire, une entreprise de démolition.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Khaled Desouki/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008 au palais de l'Elysée, à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, © Khaled Desouki/AFP ; Conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008 au palais de l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée à Paris, le 7 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /2008 04:56
Ainsi que l'annonce en a été faite le mois dernier, la première République des Blogs a eu lieu hier, samedi 26 janvier, à Toulouse. Conçu comme un rendez-vous où les blogueurs plus ou moins intéressés par la politique, ainsi que leurs lecteurs, se retrouvent pour discuter, échanger, se voir en vrai... Ainsi que celà est indiqué sur le site Internet RepubliquedesBlogs.net, "la République des blogs a été initiée à Paris, où la première édition a eu lieu en juin 2006. Elle réunit depuis régulièrement des blogueurs dans plusieurs lieux de France (et d'ailleurs), selon un même principe :
- l'événement est ouvert à tous
- il s'adresse avant tout aux blogueurs politiques, ceux qui se reconnaissent dans cette appellation
- il est non partisan
- le format est libre : on y discute, travaille, débat, boit, ou on regarde juste. Il n'y a pas d'agenda imposé."

La première République des Blogs de Toulouse a donc eu lieu hier, dans l'après-midi, au café le Buena Vista, place Occitane, dans le centre-ville. Le thème de ce premier rendez-vous étaient celui des transports. Dans le contexte des prochaines élections municipales, qui auront lieu au mois de mars, les candidats lancés dans la course à la mairie de la quatrième ville de France avaient été invités par les blogueurs à présenter leurs projets respectifs en matière de transports et à débattre avec les participants. Le contournement routier de Toulouse, le projet controversé d'un deuxième aéroport, la question du TGV à Toulouse, les transports en commun dans la Ville Rose et son agglomération - bus, métro, tramway -, le vélo et les pistes cyclables : les sujets ne manquaient pas dans le cadre de ce thème des transports, qui, par définition, concerne tous les citoyens, ce qui m'a décidé à venir à ce rendez-vous, même si je n'envisage pas, personnellement, de m'impliquer dans la campagne électorale des municipales.

Les candidats, ou leurs représentants, présents à ce rendez-vous étaient :

- Pierre Cohen, candidat du Parti Socialiste (PS), à la tête d'une liste d'union entre le PS, le PCF, les Verts, le PRG et le MRC ;
- Jean-Luc Forget, candidat du Mouvement Démocrate (MoDem) ;
- Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse, chargé des transports, venu représenter le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, candidat de l'UMP à sa propre succession ;
- François Simon, ancien membre du PS, candidat à la tête d'une liste de "gauche alternative", appelée "l'autre liste" - se voulant "altermondialiste, écologiste et citoyenne" -, accompagné d'une de ses co-listières écologiste.

Le rendez-vous a commencé en abordant la question des transports dits courts, concernant Toulouse et son agglomération. Chaque candidat a pris a la parole successivement, dans un ordre fixé après tirage au sort.

Jean-Luc Forget, le candidat du MoDem, a évoqué une menace d'asphyxie de la ville de Toulouse en matière de transports, et a expliqué que la méthode qui s'imposait sur cette question, comme pour les autres, était celle de la concertation avec la population, et du développement des partenariats avec les différents acteurs concernés par ladite question.
Il a ensuite abordé les différents axes de son programme. Pour lui, l'aménagement, souvent incohérent, du centre-ville de Toulouse doit être reconsidéré dans sa globalité. Forget, au passage, a évoqué l'aspect pour le moins "discutable" sur la forme, des récents aménagements avec blocs de béton colorés autour de la sortie "Capitole" de la ligne A du métro, dans la rue d'Alsace-Lorraine - une des principales voies du centre-ville -, aménagements décidés par la municipalité sortante et qui, il est vrai, ont tendance à être plus dignes du monde merveilleux et coloré des "Teletubbies" que de la capitale de la région Midi-Pyrénées, même si l'on peut apprécier, bien entendu, le fait que, par ailleurs, la rue Alsace-Lorraine soit devenu, dans le même temps, davantage réservée aux piétons ces derniers mois...


Forget a ensuite abordé, dans la foulée, la question des vélos. Approuvant la mise en place, ces derniers mois, d'un service toulousain de location de vélos semblable à celui existant à Paris, il souhaite que le vélo soit toutefois davantage favorisé, avec un réseau cyclable plus cohérent et plus sécurisé qu'il ne l'est actuellement... Puis, il a évoqué le problème de la future ligne de tramway Toulouse-Blagnac, en construction, allant des Arènes à Beauzelle, mais qui oublie de déservir l'aéroport de Blagnac alors qu'elle passe pourtant à côté... Il a souligné le fait que jusqu'à présent, sous l'actuelle municipalité, on a trop souvent tendance à mettre des équipements, mais que l'on se préoccupe qu'après-coup du problème des infrastructures de transports censées permettre aux usagers d'accéder aux équipements en question... Forget a terminé son intervention en souhaitant que soit mis en place des bus permettant de circuler de quartiers en quartiers sans forcément passer par le centre-ville de Toulouse - le réseau étant organisé essentiellement en étoile, vis-à-vis du centre-ville -, et en souhaitant également plus de cohérence en ce qui concerne les horaires des transports en commun par rapport aux besoins des usagers. Sur la forme, Jean-Luc Forget est un bon orateur, bien meilleur que beaucoup de personnalités du MoDem, pour autant que je puisse en juger. Sur le fond, s'il n'a pas voulu se lancer comme ses concurrents dans l'énumération d'un "catalogue" de promesses, il a pû peut-être donner l'impression de manquer de propositions précises. Mais il est vrai que le temps de parole imparti ne permettait pas forcément d'entrer dans les détails...

Jean-Michel Lattes, l'adjoint du maire UMP Jean-Luc Moudenc, en ensuite pris la parole. Il a énuméré les priorités qui seront celles de la majorité municipale sortante si elle est réélu cette année, en matière de transports : développer le réseau de tramway, prolonger les lignes, affiner l'offre de transports par rapport aux besoins des usagers - en mettant notamment en place une "multimodalité du ticket de transport", et s'inscrire dans la logique du développement durable. Employant une formule à la manière de Moudenc, il a appelé à une "paix des braves" sur la question des transports en commun, autrement dit à un consensus...
Sans surprise, le représentant de la majorité municipale sortante assume le bilan de celle-ci, et a pû le dire sans être interrompu outre mesure. S'il avait hésité à venir au rendez-vous, il a sans doute pû se rendre compte que la première République des Blogs de Toulouse n'avait rien d'un traquenard, même si l'assistance était surtout composé de personnes a priori peu favorable à Moudenc, dont l'absence a toutefois été regrettée... ;-)

Est venu ensuite le tour de François Simon et de sa jeune co-listière écologiste, prénommée Aurélia mais dont j'ai, hélas, oublié le nom. Simon a commencé par se réjouir que l'idée, qu'il avait déjà défendu par le passé, de mettre en place un tramway dans l'agglomération de Toulouse fasse aujourd'hui l'objet, finalement, d'un certain consensus, après avoir été longtemps négligée. Il place sa candidature et "l'autre liste" qu'il représente sous le signe de "l'exigence écologique et sociale", tout particulièrement en matière de transports, en affirmant notamment que dans vingt ou vingt-cinq ans, le déplacement individuel en voiture à Toulouse ne pourra plus être possible. Sa co-listière Aurélia a ensuite détaillé les propositions de "l'autre liste" : le développement des réseaux de bus inter-quartiers, et dans les banlieues, sans qu'il soit obligé de passer par le centre-ville de Toulouse ; l'aménagement d'horaires de transports nocturnes afin de répondre aux besoins des usagers allant dans ce sens, car il y a aujourd'hui un manque ; le dévelopement d'un projet de tramway circulaire ; le contournement ferrovière de Toulouse, afin de détourner notamment de la gare Matabiau les marchandises dangereuses - comme le chlore - qui y passent ; le développement du co-voiturage ; l'amélioration des pistes cyclables, en particulier leur sécurisation et leur prolongation. Elle affirme enfin que les représentants de "l'autre liste" sont d'accord avec le travail des associations concernant les transports et notamment avec le travail du Collectif PDU (www.collectifpdu.com), Collectif associatif sur le Plan de Déplacements Urbains de l'agglomération toulousaine, qui rassemble depuis 1997 des associations militant pour une politique des déplacements plus ambitieuse et durable dans l'agglomération qu'elle ne l'est actuellement. François Simon a ensuite repris la parole pour affirmer qu'il souhaite une mise en place de la gratuité des transports en commun, pour inciter à l'arrêt de la voiture. Il achève son intervention en disant que le centre-ville de Toulouse doit devenir piéton, pour qu'il n'y ait plus d'affrontements et d'accidents entre les cyclistes et les piétons, notamment dans la rue d'Alsace-Lorraine, comme l'a évoqué précédemment Jean-Luc Forget.
François Simon a été candidat du PS à l'élection municipale toulousaine de 2001, avant de quitter le parti et de se tourner vers la mouvance de la gauche dite alternative. C'est un vieux routier de la vie politique locale, qui connait son métier, et sans doute aussi le terrain. J'ai pû noter, comme d'autres, que son constat sur la situation des transports toulousains ainsi que plusieurs propositions de son programme paraissent relativement proches des positions de Jean-Luc Forget, ce qui prouve bien qu'un consensus peut être trouvé au delà des étiquettes partisanes en ce qui concerne une question comme celle des transports...


Enfin, Pierre Cohen, le candidat socialiste, a pris la parole. Il a d'abord évoqué le bilan de la majorité municipale sortante, qu'il juge paradoxal, puisque c'est au moment où l'on vient d'inaugurer la ligne B du métro - en juin dernier - que l'on s'aperçoit, derrière cette innovation longtemps attendue, que beaucoup de rendez-vous ont été manqués... Il évoque ainsi le manque de développement du transport en commun à Toulouse, et notamment l'absence de maillage - avec les autobus - pour le déplacement autour du métro, soulignant qu'un plan d'urgence est nécessaire pour régler ce problème, car il y a de fortes lacunes au niveau du réseau de bus... Evoquant la récente mise en place du service toulousain de location de vélos appelé VélôToulouse, peu de temps après les fameux Vélibs chers au maire de Paris - Bertrand Delanoë -, il a dénoncé un "plan com" de Moudenc. Cohen déclare vouloir créer un PDU (Plan de Déplacements Urbains) pour l'agglomération, compléter les deux lignes de métro par le tramway et faire une "circulaire intra-muros Garonne-Canal"... Evoquant le fait qu'on pourrait lui répondre qu'il n'y aurait pas de moyens pour financer un tel programme, il dénonce la volonté politicienne du maire UMP sortant de se couper de la possibilité d'un partenariat avec le Conseil Général de la Haute-Garonne, majoritairement à gauche. Pour se donner les moyens de s'occuper efficacement de la question des transports, Cohen appelle à un partenariat de la mairie avec le Conseil Général de la Haute-Garonne et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Il trouve le ticket de metro trop cher, et se déclare favorable à la gratuité allant de pair avec une augmentation de l'offre, mais avec une logique d'entrée dans la concurrence notamment vis-à-vis de la voiture : il propose ainsi d'inciter les usagers, avec des "tickets civiques" à ne plus utiliser systématiquement leur voiture. Il termine son intervention en évoquant la nécessité de mettre tous les acteurs de la ville autour de la table, vis-à-vis de cette question des transports, affirmant la nécessité d'une volonté politique pour faire avancer les choses...
Pierre Cohen se pose en principal adversaire de Jean-Luc Moudenc. Lui aussi est un vieux routier de la politique, qui, sans surprise, s'appuie sur le traditionnel clivage gauche/droite pour se positionner vis-à-vis du maire sortant...

La première République des Blogs de Toulouse s'est poursuivie ensuite par une séance de questions posées aux candidats par l'assistance. Quel coût pour les mesures proposées ? Quel mode de gestion des transports publics ? Quel place pour l'eau, et en particulier pour le fleuve, la Garonne, qui traverse Toulouse ?

François Simon répond que le développement du déplacement sur le canal du Midi pourrait être intéressant. Concernant le mode de gestion, il se prononce pour le retour à une régie directe des transports en commun. Concernant le coût, il déclare qu'il vaudrait mieux destiner le milliard d'euros consacré au projet de périphérique - le fameux grand contournement - au financement des transports en commun toulousains...

Jean-Michel Lattes, l'adjoint de Moudenc, se prononce contre la gratuité totale dans les transports en commun, affirmant que 40% des usagers bénéficient déjà de la gratuité, et que si celle-ci était étendue à toute la population, celà pèserait lourdement sur le dos du contribuable...

Pierre Cohen, sur la question du financement, rappelle simplement la nécessité de rétablir le partenariat de la mairie avec le Conseil Général de la Haute-Garonne, qui n'aurait pas dû être exclu du syndicat mixte Tisséo-SMTC qui organise les transports en commun...

Jean-Luc Forget, concernant le coût, souhaite une concertation plutôt que d'imposer un schéma pré-établi, et, en cas d'urgence, la possibilité d'un recours à la dette pour combler le retard accumulé depuis plusieurs années en matière d'aménagement des transports. Concernant la gratuité des transports en commun, Forget souhaite qu'elle existe pour les jeunes, les enfants, les sans-emplois, les personnes âgées, mais qu'elle ne soit pas générale, car celà aurait des effets pervers. Concernant la gestion, il se déclare que des délégations de service public sont possibles, mais à condition qu'elle soient bien préparées et encadrées... Enfin, concernant le canal du Midi, il ne considère pas que celà soit susceptible de constituer un axe majeur de circulation, mais précise que le devenir du canal est un sujet qui lui tient à coeur, et que ledit canal "mérite autre chose que d'être une poubelle".

Le rendez-vous s'est poursuivi en abordant le sujet des transports longs, au delà de la seule agglomération toulousaine. Je ne mentionne ici que l'intervention de Gérard Onesta, député européen Vert de la grande circonscription du Sud-Ouest, vice-président du Parlement européen et co-listier de Pierre Cohen, qui n'avait pas pris la parole jusque-là, et qui a tout simplement déclaré qu'"il faut sevrer Toulouse de la came de la bagnole", et donc qu'il ne faut pas de rocade supplémentaire, comme celà est envisagé... Concernant le projet du deuxième aéroport, il s'oppose également, car "Toulouse n'est pas déconnecté de la biosphère" et qu'un aéroport coûte très cher, en plus de poser des problèmes environnementaux : il vaudrait mieux un TGV pour Toulouse. Il conclut en insistant sur la nécessité d'aborder les problèmes dans une perspective globale.

Il y a eu d'autres questions, d'autres interventions, mais je ne pouvais pas tout noter... Voilà, mon compte-rendu touche donc à sa fin. Cette première République des Blogs de Toulouse m'a paru être un moment de débat politique intéressant, dépassant les clivages, et consacré à un sujet qui concerne tout le monde. Je craignais, au début, en entendant les conversations précédant le débat lui-même, que le MoDem soit un peu trop omniprésent lors de cette rencontre, mais finalement, l'affirmation, très claire, du caractère non partisan du rendez-vous par les organisateurs, a permis de ne pas se sentir comme étant dans une réunion de parti politique en campagne, les applaudissements ayant été, du reste, finalement très mesurés. Il y a eu quelques prises de becs avec un intervenant nourrissant peut-être quelque rancune personnelle avec certains intervenants invités, mais rien de bien grave... Ce rendez-vous m'a donc paru, dans l'ensemble, plutôt réussi. Félicitations aux organisateurs. Je regrette seulement de n'avoir guère eu l'occasion de discuter avec les autres blogeurs présents, à l'exception notable du
Petit Grognard. Un prochaine fois, peut-être ?
J'étais venu avec un de mes lecteurs, l'alias Dante, qui aura sans-doute des choses à dire en commentaire sur l'évènement. Je terminerai en disant que les interventions des candidats et les discussions de cette première République des Blogs toulousaine ont par moments été accompagnées, en fond sonore, par les sonneries débiles de téléphones portables reproduisant le générique musical du film La Soupe aux choux et celui de Magnum, p.i., la fameuse série américaine des années 1980 : celà a été l'occasion de franches rigolades... pour ceux qui savent rire du comique de situation, notamment lorsqu'il est involontaire... encore que, pour avoir des sonneries de portables pareilles, je me pose la question... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Pallas Tolosana, huile sur toile [1898] par Casimir Destrem, Salle des Illustres, Capitole, Toulouse ; La rue d'Alsace-Lorraine, à Toulouse, en janvier 2008, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; La rue d'Alsace-Lorraine, à Toulouse, en octobre 2007, photographie anonyme de La Dépêche du Midi, © DDM ; Bannière électronique animée de la première République des Blogs de Toulouse du 26 janvier 2008)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /2008 23:59
Hier, jeudi 31 janvier 2008, le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste a discrètement célébré son premier anniversaire. D'abord simplement intitulé "Blog de l'Anarcho-Monarchiste", il est né le 31 janvier 2007, dans le contexte du début de la campagne électorale présidentielle française de l'an passé. A l'occasion de mon premier message/article, j'avais alors écrit que "ce blog, créé à l'occasion des élections présidentielle et législatives d'avril-mai et juin 2007 en France, n'[avait] pas d'autre but que d'exprimer une opinion sur les choix que le peuple français [devait] faire pour l'avenir de ce pays, dans les tout prochains mois... Il n'[avait] pas d'autre but que d'essayer, fort modestement, de susciter un minimum de réflexion chez des citoyens empêtrés, depuis plus de trente ans, dans le même bourbier, et qui semblent persister, pour un grand nombre d'entre-eux, à vouloir croire encore aux beaux discours de nos chers politiciens."
J'avais ensuite précisé, dans le même message inaugural, que le présent blog "a été créé par quelqu'un qui a eu du mal à supporter d'être "enfermé" cinq ans dans un pays de droite, mais qui ne supporterait pas de devoir vivre cinq autres années dans un pays gouverné par un politicien parmi les plus détestables que je connaisse. On l'aura compris, la création de ce blog a, avant tout, été motivée par la détestation qui est la mienne à l'égard de l'actuel ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, candidat de la droite à l'élection présidentielle. [...] Pour qui est-ce que je vais voter en 2007 ? Contre Sarkozy, contre lui et tout ce qu'il représente. La perspective de le voir triompher, lui et ses sous-fifres, les Devedjian, les Fillon, les Copé, les Gaudin, les Estrosi, les Hortefeux, et autres Balkany, m'est absolument insupportable !"
Depuis, Sarkozy de Nagy-Bocsa a été élu à la plus haute charge de l'Etat, et, malgré celà, il a bien fallu faire avec... même si mon opinion à l'égard de l'actuel président de la République reste celle qu'elle était avant l'élection présidentielle. Après tout, Sarlozy a été élu, et nous n'en sommes pas morts. Or, comme chacun peut le constater, en arrivant devant le présent blog, l'une des devises dudit blog est empruntée à Nietzsche : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."
Du reste, en un an, il s'est passé bien des choses... Sarkozy a été élu, et il a bénéficié pendant des mois d'une forte popularité auprès d'une majorité de l'opinion publique, dans une atmosphère d'apesanteur politique par ailleurs assez sidérante tant elle était digne de Teletubbyland. Mais, ainsi que celà était prévisible, les sempiternelles gesticulations médiatiques, au service du vide, de l'actuel chef de l'Etat ont fini par ne plus faire recette, et même s'il a connu un "état de grâce", vis-à-vis de l'opinion, un peu plus long que ne l'avait été celui de Jacques Chirac en 1995, Sarkozy a fini par subir une baisse assez significative de popularité depuis quelques semaines... La chute dans le réel a donc bien lieu, et elle ne manquera pas, sauf imprévu, de se poursuivre après les prochaines élections municipales du mois de mars...

Sondages : la baisse de Sarkozy surtout liée au pouvoir d'achat

A cinq semaines des municipales, premier grand rendez-vous électoral de son mandat, Nicolas Sarkozy est confronté à une détérioration de son image dans les enquêtes d'opinion qui témoigne, selon les sondeurs, d'une "frustration" de l'électorat sur le pouvoir d'achat.

Mercredi, un sondage Sofres a confirmé la spirale descendante du chef de l'Etat: 55% des Français contre 48% un mois auparavant ne lui font pas confiance. 41% émettent un jugement inverse, en baisse de huits points en un mois.

Depuis la mi-janvier, la cote du président de la République s'inscrit en négatif avec une majorité de mécontents: 52% contre 37% selon CSA, 52% contre 47%, selon l'Ifop, 48% contre 45% selon BVA, 51% contre 48% selon Opinion Way. Pour Ipsos, les deux camps s'équilibrent à 49%.

En un mois, M. Sarkozy perd entre 5 et 7 points de satisfaits, les avis négatifs progressant d'autant. Sur deux mois, la chute atteint voire dépasse les 10 points.

Pour Brice Teinturier (Sofres), "le décrochage s'est produit dès la fin novembre, avec une baisse de sept points à 49% de popularité", principalement en raison du "mécontentement extrêmement puissant ressenti par les Français sur le pouvoir d'achat".

Selon lui, la difficulté du président à répondre à cette question "a directement atteint ce qui a structuré son image: l'action et les résultats". Les Français ont "le sentiment d'avoir été dupés" et M. Sarkozy, du fait de sa forte implication dans l'action de l'exécutif, "prend de plein fouet cette frustration".

Même analyse pour Frédéric Dabi (Ifop). "En affirmant, le 8 janvier, qu'il ne peut vider des caisses déjà vides, Sarkozy est en rupture avec ce qui faisait sa force: la cohérence entre ses promesses et son action".

"Il y a une dissonance forte entre cette impuissance - qui rejoint les phrases de Jospin "l'Etat ne peut pas tout" à propos de Michelin ou de Mitterrand "contre le chômage on a tout essayé" - et ses promesses de campagne, qui a produit le sentiment qu'il avait laissé tomber les Français".

La chute de Nicolas Sarkozy se produit dans les catégories les plus sensibles à la question du pouvoir d'achat : les classe populaires, ouvriers et employés, et les 50-64 ans, "qui ont eu une grosse déception sur le montant des pensions", selon M. Dabi.

Jean-Daniel Lévy (CSA), nuance quelque peu l'analyse. Pour lui, "c'est seulement à partir du moment où Nicolas Sarkozy donne le sentiment qu'il se détache de l'action au service des Français, ce pour quoi il a été élu, pour mettre en avant son bonheur personnel qu'il commence à être jugé négativement sur la question du pouvoir d'achat. Avant, il était jugé sur le dynamisme, après il l'est sur la réalité".

"Je ne crois pas à l'explication Carla ou aux vacances bling-bling, même si cette exposition trop forte apparaît en décalage avec ce que vivent les Français", lâche M. Dabi.

Pour Brice Teinturier, "les événements de décembre avec l'exposition de la vie privée mais aussi la visite de Khadafi n'ont été que des facteurs aggravants, en donnant le sentiment que le président était moins près des préoccupations des Français".

Une chose est sûre, selon lui, "il sera difficile au président de remonter à court terme s'il ne donne pas de signaux forts sur le pouvoir d'achat".

Quant à un vote sanction aux municipales, les sondeurs restent prudents, soulignant que ce scrutin est avant tout local. "Mais on commence à entrer dans une phase où l'impopularité de l'exécutif peut produire une nationalisation du vote", souligne le responsable de la Sofres.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 janvier 2008, 19h17)

On dit que Sarkozy n'a pas tenu toutes ses promesses de campagne, et que, de ce fait, beaucoup de Français sont déçus. C'est vrai. Mais, après tout, Sarkozy lui-même avait prévu, dès février 2007, que celà se passerait ainsi...

"C'est vrai que ça va être difficile, et même quasi impossible, de tout faire [...]. C'est toujours comme ça, une campagne : on promet pour être élu, et après on déçoit."

(Sarkozy, en déplacement dans l'île de la Réunion, le 16 février 2007, cité dans le Canard Enchaîné N°4504, 21 février 2007)

Celà dit, bien entendu, maintenant qu'il est au pouvoir, Sarkozy de Nagy-Bocsa fait tout ce qu'il peut pour se donner une contenance...

"Tous ces cons qui me font un procès en incompétence après huit mois, ça me laisse froid. J'ai cinq ans devant moi : ce que je veux, c'est transformer la France de fond en comble. C'est ce que j'ai déjà commencé à faire."

(Sarkozy devant ses fidèles réunis à l'Elysée, le 23 janvier 2008, cité dans le Canard Enchaîné N°4553, 30 janvier 2008)

Comme je l'ai déjà écrit, on verra bien à quoi ressemblera la France à la fin du quinquennat de l'actuel chef de l'Etat, et si l'action de ce dernier aura été une non-rupture avec Chirac, ou une entreprise de démolition, ou bien, finalement, les deux à la fois...

Revenons, pour l'heure, à ce premier anniversaire du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste. Je m'étais promis de communiquer à mes lecteurs les quelques données statistiques à ma disposition concernant la fréquentation du présent blog et je les présente donc ici aujourd'hui.
Au bout d'un année d'activité, le présent blog représente 60 717 pages vues au total et 23 696 visiteurs uniques depuis sa création. La fréquentation du site a connu une progression discontinue, mais sans subir toutefois des périodes de baisse très importantes...


Bien qu'un pic de fréquentation ait été atteint le mois dernier, avec 3711 visiteurs, la fréquentation du présent blog reste évidemment très modeste. Il est vrai que ce blog est très personnel et que je n'ai pas d'ambition démesurée concernant son audience. Politiquement, il ne s'agit pas d'un blog militant à proprement parler : j'exprime mes opinions, ne cache ni mes sympathies ni mes antipathies, mais ne fait campagne pour personne. Sur le plan culturel, là aussi, je fais la promotion de ce qui me plait, mais sans forcément chercher le consensus ou, à l'inverse, la provocation gratuite. J'accueille des lecteurs venus de tout bords, et ne censure les commentaires que très légèrement, uniquement lorsque j'ai affaire à de purs messages de propagande (un bonapartiste, un ségoléniste, et un illuminé adepte de la théorie du complot planétaire m'ont déjà fait le coup), ou à des messages orduriers et insultants, ce qui, heureusement, arrive rarement. En ce qui concerne la fréquentation quotidienne, les moyennes relevées suivent logiquement la progression du nombre de visiteurs mensuels, pour finalement arriver à un peu moins de 120 visiteurs en moyenne par jour durant le mois de janvier dernier...


Il y a donc un an que j'ai commencé à écrire sur ce blog, et à l'époque, j'aurai été bien incapable de dire ce à quoi celà allait aboutir, ni même combien de temps cette petite aventure allait durer. A la fin de la période des élections présidentielle et législatives, j'aurai pû m'arrêter, mais puisque ce blog avait des lecteurs et que j'avais noué des contacts divers avec d'autres acteurs de la blogosphère durant les mois précédents, je me suis dit que celà valait peut-être la peine de continuer... Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste - devenu, au mois de mai dernier, Le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste, suite à mon adhésion au Mouvement Démocrate - a été conçu, à l'origine, comme étant un blog politique et culturel. Après avoir, pendant plusieurs mois, alimenté ce blog en articles essentiellement politiques, du fait de l'omniprésence de l'actualité électorale durant les six premiers mois de l'année 2007, j'ai voulu, depuis le mois d'octobre dernier, faire de ce journal personnel en ligne, un blog où la culture aura désormais davantage de place, même si la politique restera présente, par ailleurs : voilà pourquoi, après avoir longuement suivi la campagne électorale présidentielle de 2007, réalisé une petite galerie des présidents de la Ve République, et tandis que je continue aujourd'hui d'observer les turpitudes de la vie politique, je parle également désormais de littérature, de musées et d'expositions, lorsque celà est possible. J'espère que cette année sera propice à la réalisation d'une série d'articles consacrés au cinéma, et plus précisément à l'ensemble des films ayant atterri dans ma vidéothèque, et que j'aimerai évoquer ici, même si je me doute bien que mes goûts personnels en matière cinématographique ne sont sans doute pas de nature à faire l'unanimité... Nous verrons bien, en tout cas, si le temps me permet de faire celà, car je suis fort occupé en ce moment...

Je remercie bien sincèrement les lecteurs qui ont pris la peine de parcourir ce site, de lire et de commenter les articles qu'il contient.
Je remercie également les collègues et amis blogueurs qui ont bien voulu me référencer sur leurs sites. J'espère pouvoir continuer l'aventure encore quelque temps - toujours en m'efforçant de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux -, et que les visiteurs apprécieront la suite de ladite aventure...

Cordialement, :-)


Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : "Platon et Aristote", détail de la fresque l'Ecole d'Athènes [1510-1511] par Raffaello Sanzio dit Raphaël, Rome, Palais du Vatican, Salle des Signatures ; Nicolas Sarkozy, le 28 janvier 2008 à l'université Paris-Sud 11, photographie de l'Agence France Presse, ©Jean Ayissi/AFP ; Tableau présentant le nombre de visiteurs uniques par mois durant un an [2007-2008] du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste ; Tableau présentant les moyennes mensuelles du nombre de visiteurs uniques par jour durant un an [2007-2008] du Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /2008 23:58
Par tous les dieux de l'Olympe ! Que d'émotion ! Quelle joie ! Quelle allégresse ! Ce soir, je suis très ému. Aujourd'hui, samedi 2 février 2008, est un jour historique pour la France. Réjouissons-nous, citoyens ! Rendez-vous compte : notre belle patrie, la France, pays de l'élégance, du bon goût, du raffinement, de l'art de vivre, a enfin la Première Dame qu'elle mérite ! Désormais, notre glorieuse nation va enfin bénéfier du charme incomparable d'une femme d'exception, pour être dignement représenté à travers le monde entier au côté du chef de l'État ! Quelle merveilleuse chance pour nous ! Quel bonheur ! Que d'émotion ! Les mots me manquent... ;-)
Laissons donc parler l'Agence France Presse, qui a annoncé l'heureux évènement survenu ce matin...


Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se sont mariés dans la discrétion


Nicolas Sarkozy, 53 ans, et l'ex top-model italien Carla Bruni, 40 ans, se sont mariés samedi matin lors d'une cérémonie discrète à Paris, mettant ainsi fin aux spéculations et aux rumeurs cinq mois après le divorce du président français d'avec Cécilia.

Le mariage a eu lieu au Palais présidentiel de l'Elysée et a été célébré par le maire du VIIIè arrondissement de Paris, François Lebel, qui a divulgué l'information.

"J'ai marié deux électeurs du VIIIe qui habitent 55 rue du faubourg Saint Honoré", soit l'adresse du Palais présidentiel, a déclaré M. Lebel sur la radio Europe 1.

La cérémonie, qui a duré une vingtaine de minutes, s'est déroulée dans un salon du premier étage de l'Elysée en présence d'une vingtaine de personnes, "la famille proche et quelques amis", a encore raconté le maire.

"La mariée était en blanc, elle était ravissante, comme d'habitude" et le président était "en costume cravate comme il se doit dans n'importe quel mariage civil". "Je leur ai souhaité beaucoup de bonheur", a-t-il dit.

M. Lebel a trouvé les nouveaux mariés "émus et amoureux". "Il y a eu un échange d'alliances et la traditionnelle bise. Il n'y a rien d'exceptionnel, si ce n'est que ça s'est passé au premier étage de l'Elysée", a-t-il insisté.

M. Sarkozy avait divorcé en octobre dernier de Cécilia Ciganer-Albeniz, après onze ans de mariage.

Premier divorcé élu à l'Elysée (il avait déjà connu un divorce), Nicolas Sarkozy, qui se présente comme l'homme de la "rupture" en politique, est également le premier chef d'Etat français à avoir divorcé pendant son mandat.

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni affichent leur relation depuis mi-décembre. Ils l'avaient rendue publique en se laissant photographier à l'occasion d'une visite au parc EuroDisney, près de Paris, enclenchant aussitôt les rumeurs sur l'imminence d'un mariage.

Lors d'une conférence de presse le 8 janvier, le président français avait confirmé qu'un mariage était dans l'air en assurant qu'entre l'ex-mannequin et lui, c'était "du sérieux".

Interrogé sur la date de la cérémonie, il avait répondu aux journalistes: "Il y a de fortes chances que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait". Ce qui a été effectivement le cas.

Le président et sa compagne se sont déjà rendus ensemble en Egypte et en Jordanie lors de brèves vacances très médiatisées. Mais le statut de simple "compagne" de Carla Bruni posait de nombreux problèmes protocolaires pour les voyages officiels.


Carla Bruni n'avait ainsi pas accompagné M. Sarkozy lors d'une récente visite officielle en Inde. Malgré les nombreuses spéculations de la presse, il s'était finalement rendu sans elle le 26 janvier au célèbre mausolée Taj Mahal, le "monument de l'amour".

M. Sarkozy a enregistré une nette baisse de popularité dans les derniers sondages, qui indiquent qu'une majorité de Français sont déçus du manque de progrès sur le pouvoir d'achat et lui reprochent aussi de trop afficher sa vie privée.

Selon une dernière enquête, seuls 41% des Français lui font confiance, son taux le plus bas depuis son élection en mai 2007.

Nicolas Sarkozy est père de trois garçons, Pierre et Jean, nés de son premier mariage, et Louis, 10 ans, issu de son union avec Cécilia.

Carla Bruni a eu un fils, Aurélien, aujourd'hui âgé de 6 ans, avec le professeur de philosophie Raphaël Enthoven. Fille d'un riche industriel italien, elle s'est reconvertie avec succès dans la chanson après avoir mené une carrière internationale de mannequin pendant les années 1990.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 février 2008, 16h29)

Avant Sarkozy, seul Doumergue s'était marié en cours de mandat
 
Nicolas Sarkozy est, après Gaston Doumergue, le deuxième président français à se marier en cours de mandat, le deuxième aussi, après Raymond Poincaré, à épouser une Italienne.

Premier président à avoir divorcé peu après son arrivée à l'Elysée, M. Sarkozy est le premier à se marier en début de mandat, mais aussi à avoir été marié trois fois.

C'est le 1er juin 1931 que Gaston Doumergue, douze jours avant la fin de son septennat, seul président protestant de l'histoire, se maria dans un salon de l'Elysée avec la femme qu'il aimait depuis longtemps, Jeanne Gaussal, une divorcée.

C'est le maire du VIIIè arrondissement de Paris qui célébra les noces, voulues discrètes, mais en fait très médiatisées.

Un autre président, Raymond Poincaré s'est marié en cours de mandat, mais seulement religieusement, avec une femme de bonne famille italienne, Henriette Adeline Benucci. La "première dame" de France avait été mariée deux fois avant de rencontrer le futur président qu'elle avait épousé civilement le 17 août 1904. C'est à l'annonce des décès des deux premiers maris que Poincaré, pourtant libre-penseur et anticlérical, "consentit" à ce mariage célébré dans son appartement de la rue de Babylone par le recteur de l'Institut catholique, le futur cardinal Alfred Beaudrillart.

René Coty, second président de la IVe République, est devenu veuf au cours de son septennat, le 12 novembre 1955. Son épouse, Germaine Corblet, était surnommée "Madame Sans-gaine" par ses détracteurs.

A l'instar de Carla Bruni, des épouses de présidents se sont distinguées dans la mode ou la musique.

Ainsi, l'épouse d'Armand Fallières, Jeanne Bresson, très belle femme, plutôt corpulente, selon les canons de beauté de l'époque, posa dans plusieurs journaux magazines, notamment l'Illustration, en janvier 1906.

Quant à Jeanne Nivoit, l'épouse d'Albert Lebrun, président de 1932 à 1940, c'était une cantatrice soprano appréciée. Les concerts étaient d'ailleurs le principal divertissement du couple présidentiel.

 
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 février 2008, 16h02)

Ainsi, désormais, l'actuel chef de l'État va pouvoir emmener avec lui lors de ses voyages officiels à l'étranger une ambassadrice de charme en la personne de sa propre épouse, sans qu'aucune contrainte protocolaire ne puisse désormais être invoqué, puisque le couple présidentiel est bel et bien aujourd'hui officiellement uni par les liens du mariage, et que Carla Bruni Tedeschi s'appelle désormais Carla Sarkozy de Nagy-Bocsa. C'est formidable ! Franchement, que demander de plus ?
Ah, évidemment, il y a aura toujours des esprits mesquins pour préférer s'inquiéter de la prochaine ratification du traité européen "simplifié" de Lisbonne - appelé aussi "traité modificatif" - par le Parlement français,
de l'amélioration du pouvoir d'achat des Français qui n'a pas eu lieu alors que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa l'avait promis, des divers problèmes économiques et diplomatiques auquel la France ait confronté en ce début d'année... Il est vrai qu'en ce moment, les Français n'ont pas le moral. Ils sont inquiets, angoissés, face à l'incertitude de l'avenir... Mais, en vérité, je vous le dis : détendez-vous, citoyens ! Et sachez apprécier les bonnes choses lorsqu'elles se présentent !


Comment disent-ils déjà, chez Coca-Cola ? Ah oui, celà me revient à présent : "Enjoy"... ;op

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Carla Bruni, été 2007, photographie de Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin pour un numéro de l'édition française du magazine Vogue d'août 2007 ; Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni visitant les pyramides de Gizeh en Egypte, le 30 décembre 2007, détail d'une photographie de l'Agence France Presse, ©Khaled Desouki/AFP ; Le top-model et auteur-compositeur Carla Bruni, en décembre 2004, photographie de l'Agence France Presse, ©Francois Guillot/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy posant devant le Taj Mahal, en Inde, le 26 janvier 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/POOL/Philippe Wojazer ; Portrait de Gaston Doumergue, président de la République française de 1924 à 1931, photographie officielle ; Carla Bruni, été 2007, photographie de Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin publiée dans un numéro d'août 2007 de l'édition française du magazine Vogue)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /2008 23:53
Aurai-je un jour l'occasion d'évoquer ici les merveilles artistiques que j'ai pû voir en visitant, parfois hors des sentiers battus, le domaine du Château de Versailles et des Trianons ? L'avenir le dira. Pour l'heure, il me faut évoquer, dans le cadre des éternelles turpitudes de la vie politique française, le processus de ratification du traité européen "simplifié" - ou "traité modificatif", comme il vous plaira - de Lisbonne, processus qui a nécessité la tenue d'un Congrès à Versailles, il y a quelques jours...
Lundi dernier, 4 février, les députés et les sénateurs, censés représenter le peuple français, se sont, en effet, rendus au Château de Versailles, dans l'Aile du Midi, où se trouve la salle des séances du Congrès du Parlement.
C'est dans les jardins dudit Château de Versailles que la veille, dimanche 3 février, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa et sa nouvelle épouse Carla avaient été photographiés, à la terrasse d'un café, alors qu'ils venaient de passer tout deux leur nuit de noces au Pavillon de la Lanterne - la résidence dévolue aux Premiers ministres au fond du parc du Château de Versailles, accaparée par l'actuel chef de l'Etat depuis son élection -, après y avoir donné une réception samedi soir, suite à leur mariage célébrée à l'Elysée quelques heures plus tôt. Je ne sais pas pourquoi, mais l'image de notre pauvre Parlement venu ainsi se réunir en Congrès, tout près des lieux où le couple présidentiel venait, dans la nuit de samedi à dimanche, de sabrer le champagne et de consommer son mariage, avait quelque-chose de pathétique... Enfin, passons sur ces détails sans grande importance, et venons-en aux faits...

Les parlementaires se sont donc réunis dans la salle des séances du Congrès - vaste salle que j'ai d'ailleurs eu, personnellement, l'occasion de visiter en septembre 2001 -, devant une copie de 1893 d'un célèbre tableau réalisé par Louis Charles Auguste Couder en 1839 représentant la séance d’ouverture des Etats généraux dans la salle des Menus plaisirs à Versailles, le 5 mai 1789, peinture sans doute censée ne pas faire oublier aux députés et sénateurs d'aujourd'hui qu'ils sont les héritiers d'une longue histoire. Pourquoi avoir réuni un Congrès ? Tout simplement parce qu'il était nécessaire de modifier la Constitution française de 1958, en raison du fait que son titre XV faisait référence au "Traité établissant une Constitution pour l'Europe signé le 29 octobre 2004", traité devenu caduc puisqu'il a été rejeté par une majorité des Français - puis par une majorité des Néerlandais - par référendum en 2005. Les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles devaient donc voter la révision de la Constitution, préalable nécessaire au vote des deux chambres, les jours suivants, sur la ratification par la France du traité européen "simplifié" de Lisbonne.
L'affaire a été rondement menée...

Deux heures à Versailles pour réviser la Constitution


"Le Congrès a adopté le projet de loi constitutionnel modifiant l'article 15 de la Constitution". Près de 900 députés et sénateurs se sont réunis lundi au château de Versailles pour un Congrès moins solennel que rapide, conclu en deux heures à peine.

 Conviés pour la 15e fois dans l'aile du Midi du palais du Roi Soleil depuis le début de la Ve République, les élus sont arrivés au compte-goutte dans un couloir bordé de statues où les attendaient de nombreux journalistes.

L'occasion de commenter le récent mariage de Nicolas Sarkozy - "Plus heureux que lui, tu meurs !", a assuré le député des Hauts-de-Seine Patrick Balkany -, ou la chute du chef de l'Etat dans les sondages - "L'important c'est de mener les réformes", a dit le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé.

L'occasion, surtout, de parler d'Europe et de tenter de s'y retrouver entre les "oui" de droite ou de gauche et les "non" socialistes et communistes.

"Ce sera 'non'", a lancé, tonitruant, le député des Saône-et-Loire Arnaud Montebourg tandis que la communiste Marie-George Buffet déplorait un "déni de démocratie".

Dans l'avenue menant au château, plusieurs centaines de manifestants leur ont fait écho en brandissant des pancartes dénonçant le traité de Lisbonne et réclamant un référendum. Parmi eux, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot et l'altermondialiste José Bové.

"Je voterai 'oui', sans enthousiasme", a déclaré le centriste François Bayrou, très sollicité par les médias au point de rater le début des débats dans l'hémicycle, à l'instar de l'ancien ministre socialiste Jack Lang.

La cloche invitant les élus à rejoindre leur banc a interrompu le débat qui s'instaurait devant les micros entre le Nouveau centre François Sauvadet, partisan du "oui", et Jean-Luc Mélenchon, chef de file du "non" socialiste.

Rangés par ordre alphabétique dans l'hémicycle tendu de velours rouge construit en 1875 dans un bâtiment qui servait de réserve militaire sous Louis XVI et où l'on entreposait les blessés sous Napoléon, députés et sénateurs ont écouté François Fillon appeler à voter pour l'Histoire.

"C'est aussi un vote qui distingue les acteurs des spectateurs de l'Histoire", a dit le Premier ministre sous le portrait de Couderc représentant la première réunion des Etats généraux sous Louis XVI.


"HIC RHODUS HIC SALTA"

Jean-François Copé a invité pour sa part à "acter la réconciliation entre la France du 'oui' et la France du 'non'".

Peut-être touchés par la solennité du moment, deux orateurs ont osé des citations latines.

"Hic Rhodus, hic salta ! Voici Rhodes, c'est ici qu'il faut sauter. En substance, c'est le moment de montrer de quoi vous êtes capables", a lancé le communiste Alain Bocquet, porte-parole des députés communistes.

L'hémicycle, presque plein au moment d'écouter François Fillon, s'est dégarni au fil des interventions, au point d'amener le président Bernard Accoyer à demander aux élus de se mouvoir en silence.

Mais au moment du vote, seule une petite quinzaine d'élus manquaient à l'appel. Les deux députés victorieux dimanche lors de législatives partielles, la socialiste Françoise Vallet (Eure-et-Loir) et l'UMP Jean-Pierre Schosteck (Hauts-de-Seine) étaient au rendez-vous.

Vers 17h15, le président a suspendu la séance durant une demi-heure, le temps pour les élus d'aller voter dans huit bureaux installés dans des salons voisins de l'hémicycle. Le résultat du vote à peine annoncé, les présidents des deux assemblées sont allés apposer le sceau sur la Constitution lors d'une courte cérémonie en présence de la ministre de la Justice Rachida Dati.

En deux heures à peine, tout était terminé.

Il semblait loin le temps où les Congrès duraient une journée entière entrecoupée par un imposant buffet, une coûteuse tradition à laquelle a mis fin Jean-Louis Debré.

Une vieille coutume perdure toutefois : celle de l'installation, le temps de la réunion, d'un éphémère bureau de poste où l'on appose sur les lettres le cachet du Congrès. Nombre d'élus y ont fait un saut lundi pour envoyer du courrier à leurs relations, à cinq semaines des municipales.

Le député-maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Jean-Pierre Brard a écrit à ses "amis, philatélistes ou non". "Période électorale ou pas, je le fais à chaque fois", a-t-il assuré.
 
 
(Dépêche de l'Agence Reuters, par Elizabeth Pineau [et Emile Picy], 4 février 2008, 20h19)
 

Traité de Lisbonne : l'étape de la révision franchie sans encombre


Réunis lundi en Congrès à Versailles, députés et sénateurs ont adopté la révision de la Constitution, préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne, avec la quasi-unanimité de l'UMP, et des divisions profondes et persistantes au PS.

Moins de trois ans après l'échec du référendum sur la Constitution européenne de mai 2005, 560 parlementaires ont voté pour la révision et 181 contre, soit largement plus que la majorité requise des 3/5èmes des suffrages exprimés (445). Et 152 élus se sont abstenus, dont 143 socialistes.

A quelques exceptions souverainistes près, les parlementaires UMP ont dit "oui" comme un seul homme, comme ils vont autoriser sans états d'âme, jeudi à l'Assemblée puis au Sénat, le chef de l'Etat à ratifier Lisbonne.

Les socialistes ont comme prévu voté en ordre dispersé, malgré la consigne de la direction en faveur de l'abstention.

A l'arrivée, cette consigne n'a même pas rassemblé la majorité des parlementaires PS (143 ont choisi l'abstention, contre 121 qui ont voté non avec Laurent Fabius et 32 qui ont dit "oui", dont Jack Lang, Manuel Valls et Robert Badinter).

"Le Traité de Lisbonne redonne corps au rêve français d'une Europe agissante et efficace", a lancé le Premier ministre François Fillon en défendant le traité, présenté comme un succès de Nicolas Sarkozy.

Dans le prolongement de cette intervention, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a voulu faire le deuil du "non" au référendum de 2005.

"Trois ans après le douloureux référendum", Lisbonne est "l'occasion historique" d'acter la réconciliation entre "la France du oui" et "la France du non", a estimé M. Copé.

M. Copé a jeté du sel sur les plaies des divisions socialistes, tout comme son allié du Nouveau Centre (NC), François Sauvadet, qui a "regretté l'attitude" du PS.

L'ex-ministre des Affaires européennes Pierre Moscovici a tenté au contraire de défendre la "démarche constructive et cohérente" du PS.

"La majorité des socialistes souhaite affirmer, en s'abstenant sur le projet de loi constitutionnelle, son regret que le président de la République se soit dérobé à la voie référendaire", a souligné M. Moscovici.

Pour autant, le PS ne veut pas "faire obstacle" au traité européen qui représente "un progrès utile mais limité", a ajouté M. Moscovici. Sa majorité votera donc en faveur de la ratification à l'Assemblée puis au Sénat.

Européen convaincu, mais partisan d'un référendum, François Bayrou (MoDem) a expliqué à la presse qu'il allait voter "oui sans enthousiasme": "On aurait voulu que cela soit un grand pas pour l'Europe. C'est très loin de cette ambition. Mais on a tellement besoin d'Europe, que si on peut la débloquer, cela sera mieux que rien".

Dans les rues de Versailles, plusieurs centaines de personnes, de droite comme de gauche, ont manifesté pour réclamer un référendum sur le traité.

Dans l'enceinte du château, les élus partisans du non ont relayé leurs doléances.

"Les parlementaires ne sauraient désavouer le peuple. Le peuple a le droit de changer d'avis mais ce n'est pas au Parlement de changer l'avis du peuple", a lancé la sénatrice communiste Nicole Borvo.

Le souverainiste gaulliste et ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan n'a pas non plus mâché ses mots: "On n'a pas le droit de contredire les Français. Cela va rester comme un moment de déchéance démocratique".

La France sera normalement le cinquième des 27 pays de l'UE à ratifier Lisbonne, après la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie, qui l'a ratifié lundi.
 
 
(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 5 février 2008, 7h42)

Une fois la révision de la Constitution effectué lors du Congrès, il ne restait plus, aujourd'hui, 7 février, que le vote des deux chambres pour permettre au pouvoir exécutif de signer officiellement le traité européen "simplifié". Une formalité. Sans vrai débat, ni grande publicité...

Le Parlement ratifie le traité européen et referme un chapitre douloureux


Les députés, avant les sénateurs dans la soirée, ont donné jeudi leur feu vert à la ratification par la France du traité européen de Lisbonne, clôturant un chapitre politique douloureux qui a divisé partis et électorat, à cinq mois de la présidence française de l'UE.

Un peu moins de trois ans après le "non" au référendum sur la Constitution européenne, qui avait donné un brutal coup d'arrêt au processus de rénovation institutionnelle de l'UE, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi autorisant la ratification de Lisbonne par 336 voix pour et 52 voix contre.

L'UMP a voté oui dans son immense majorité (206 pour, cinq voix contre, trois abstentions). Plus de 100 députés UMP n'ont cependant pas voté.

Divisé, le PS a retrouvé un semblant d'unité, avec une majorité de députés socialistes qui ont dit "oui" (125 pour, 25 contre dont Henri Emmanuelli, et 17 abstentions). Les députés fabiusiens avaient annoncé qu'ils ne prendraient pas part au vote.

"C'est un grand succès. Toute la diversité s'est exprimée. Et nous avons besoin de cette diversité pour la construction de l'Europe", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Le texte devait être soumis aussitôt à l'approbation du Sénat dont le vote devait intervenir dans la nuit de jeudi à vendredi ou au plus tard vendredi. Le calendrier était des plus serrés, avec révision préalable de la Constitution lundi, passage en Conseil des ministres mercredi, vote de l'Assemblée jeudi et enfin ultime feu vert au Sénat.

Le traité européen sera ensuite formellement ratifié par la France après la signature du texte par Nicolas Sarkozy ou François Fillon.

Quatre pays, sur 27, ont déjà ratifié le texte, la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie. La Slovaquie s'apprête à le faire.

La rapidité de sa ratification permettra à la France d'aborder plus facilement la présidence tournante européenne, qu'elle prendra en juillet.

Le président de la République avait promis pendant la campagne électorale qu'il oeuvrerait à un "traité simplifié" reprenant certains points du projet de Constitution rejeté en 2005 et choisirait la voie parlementaire pour son adoption.

Le nouveau traité n'est plus officiellement une Constitution, abandonne les symboles de l'Union (hymne, drapeau, devise) et la référence à l'objectif économique de "concurrence libre et non faussée" [laquelle reste toutefois garantie].

Il prévoit des avancées institutionnelles, comme un président du Conseil européen élu pour un mandat de deux ans et demi renouvelable.

L'opposition socialiste, très divisée comme en 2005, avait hâte de clore ce chapitre. Pour le porte-parole du groupe, André Vallini, partisan du oui, ce "sera la fin du chemin de croix". Et le député Philippe Martin, partisan du non, constate parmi ses collègues "l'envie de refermer un dossier qui nous a fait tant de mal".

Le PS a officiellement pris position pour le "oui" au Traité de Lisbonne. Les partisans de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius n'ont cependant pas pris part au vote. Ils avaient voté contre la révision de la Constitution, dans l'espoir d'obliger M. Sarkozy à organiser un référendum. Les parlementaires n'ont pas à "se substituer" au peuple, a argué M. Fabius.

Les souverainistes de droite, qui se comptent sur les doigts de la main, ont fait un dernier baroud d'honneur. Nicolas Dupont-Aignan (divers droite) a présenté une motion d'ajournement - rejetée - tandis que Jacques Myard (UMP) fustigeait "l'abandon de la souveraineté de la Nation". 
 

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 février 2008, 17h18)

Il n'y aura donc pas eu de référendum sur l'adoption du traité de Lisbonne. C'était tout-à-fait prévisible. Sarkozy de Nagy-Bocsa, pendant la campagne électorale présidentielle de l'année dernière, avait clairement déclaré vouloir faire adopter un nouveau traité européen par la voie parlementaire, et non par référendum comme s'y étaient engagés, pour leur part, Ségolène Royal et François Bayrou. Pas de surprise donc.

54,68% des électeurs - dont j'ai fait partie - ont voté "Non" au référendum du 29 mai 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ce traité était confus, presque illisible, et contenait des ambiguïtés potentiellement dangereuses, notamment en matière de politique économique, de services publics, de laïcité, de politique de défense, et de diversité culturelle. Le texte du nouveau traité, celui de Lisbonne, est encore plus illisible, et contient à peu près les mêmes ambiguïtés que le précédent traité rejeté par référendum, dans les mêmes domaines. Il persiste dans la voie du déficit démocratique, dans l'obsession du libre-échange généralisé, du tout-économie, du tout-commerce, sans réelle vision politique, sans symboles, sans véritable droit social européen, sans ambitions autre que de favoriser le commerce international et de garantir la concurrence... bref, sans grande considération pour les peuples des pays pour lesquels ce traité est censé s'appliquer... Mais à part celà, c'est un succès. L'Europe, avec ce traité, a été remise en état de marche, parait-il...
A ceux qui disent que la ratification du traité européen "simplifié" de Lisbonne permet de sortir l'Europe de l'impasse, je ne peux m'empêcher de répliquer : vous voulez relancer l'Europe ? Mais pour aller où ? POUR FAIRE QUOI ? Pour gérer des flux économiques ou pour améliorer le sort des peuples ? Pour gérer l'Europe comme une misérable zone de libre-échange ou pour construire une Europe à visage humain ?
J'ai voté "NON", le 29 mai 2005, et je le referai certainement encore aujourd'hui, si je le pouvais, vis-à-vis du nouveau traité. Mais les choses étant ce qu'elles sont, il va falloir faire avec ce traité "simplifié", puisque ledit traité va être adopté par tous les pays de l'Union Européenne. Je n'ai pas de solution-miracle, et je ne me raccroche surtout pas aux hypothétiques initiatives miraculeuses qui pouraient venir des professionnels de la politique... Mais un jour, il faudra bien que l'on se décide à savoir dans quelle direction aller, et quelle Europe nous voulons. Mais serons-nous jamais capables de nous mettre d'accord sur quelque-chose en matière européenne ? Il serait bien imprudent de minimiser le rejet que suscite l'Europe aujourd'hui, et l'absence de tout sentiment d'appartenance à une identité européenne dans bien des pays de l'Union. Entre nationalismes et régionalismes d'un côté, et obsédés du commerce de l'autre, il est bien difficile aujourd'hui de penser et construire l'Europe, la vraie, la seule qui vaille, l'Europe politique, l'Europe des peuples...
Pour ma part, je ne me satisferais jamais d'un projet européen aussi médiocre que celui que l'on ne cesse ne nous imposer depuis des lustres, à coups de tractations de couloirs et de décisions élitistes à la Giscard... L'Union européenne existe, mais les citoyens européens ne se ressentent guère comme tels, et l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui apparait bien trop éloigné des simples citoyens pour que l'on ne puisse pas être sérieusement préoccupé de l'avenir, le nôtre, qui, pourtant, sera forcément européen...

Alors que faire, désormais ? Encore une fois, je n'ai pas de solution-miracle. Sans doute faudrait-il d'abord commencer par réfléchir, avant de foncer tête baissée on ne sait où. Il me semble que les Européens devraient peut-être commencer par modifier davantage leur regard sur le monde, et s'interroger sur leur véritable héritage en tant qu'Européens... On en revient toujours aux mêmes questions servant de titre au célèbre tableau de Paul Gauguin : "D'où venons nous ? Que sommes nous ? Où allons nous ?" Je ne pense pas, évidemment, que tout le monde en Europe puisse répondre la même chose à ces questions, mais c'est assurément à partir de ces trois interrogations fondamentales qu'une solution apparaitra, tôt ou tard.


La réalisation d'une Europe à visage humain telle qu'elle peut être rêvée encore maintenant n'est pas pour demain. Se focaliser, sous le joug de la tyrannie de l'urgence, sur ce qui ne nous plait pas dans la construction européenne telle qu'elle se présente aujourd'hui, et passer ainsi son temps à dénoncer ce dont on ne veut pas, ne me parait pas être forcément la meilleure des solutions : on voit bien que la victoire du "Non" au référendum du 29 mai 2005 n'a servi qu'à retarder ce qui, finalement, est en train de se faire aujourd'hui... On parle de résistance, d'alternative, mais qu'est-on en mesure de proposer concrètement ? Rien, ou si peu. Pourtant, à mon avis, une solution finira bien par être trouvé, même si celà risque de prendre beaucoup de temps. Ce qui est sûr, c'est que chacun serait sans doute bien inspiré de se souvenir de la meilleure façon de combattre efficacement une idée. C'est assez simple, en vérité. Comment peut-on combattre une idée ? Avec une autre idée.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.
 
 

(Illustrations : Séance d'ouverture de l'Assemblée des Etats Généraux, 5 mai 1789, huile sur toile [1839] par Louis Charles Auguste Couder, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Nicolas et Carla Sarkozy à la terrasse d'un café dans les jardins du Château de Versailles, le 3 février 2008, photographie de l'Agence de presse Reuters, © Reuters/Antoine Gyori ; Vue aérienne du Château de Versailles et de ses jardins, photographie de l'agence de presse Reuters, © Reuters/Archives/Charles Platiau ; Vue générale du Congrès français réuni à Versailles le 19 février 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Eric Feferberg/AFP/Archives ; Le Congrès réuni à Versailles le 4 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, © Joel Saget/AFP ; L'Assemblée Nationale en juin 2007, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Thomas Coex ; Drapeaux de l'Union Européenne, photographie de l'Agence de presse Reuters, © Reuters ; D'où venons nous? Que sommes nous? Où allons nous?, huile sur toile [1897-1898] par Paul Gauguin, Boston, Museum of Fine Arts)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /2008 22:47
Qui a dit que le Sarko-show allait s'arrêter après le mariage de l'actuel chef de l'Etat avec Carla Bruni (appelée aujourd'hui Carla Bruni-Sarkozy) ? Dimanche dernier, 10 février, Sarkozy de Nagy-Bocsa est apparu à la télévision, pour se féliciter, dans une allocution - dont je n'ai pris connaissance qu'un peu plus tard, en parcourant le site Internet de l'Elysée -, pour se féliciter de l'adoption, par la France, du traité européen "simplifié" de Lisbonne, lequel a officiellement été ratifié peu de temps après, avec la publication hier, jeudi 14 février, au Journal Officiel, de la ratification portant la signature de l'actuel Président de la République...

Sarkozy veut redorer son blason en se prévalant d'un "succès" du traité UE

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En chute libre dans les sondages, Nicolas Sarkozy a tenté dimanche soir [10 février] de redorer son blason présidentiel en se prévalant, lors d'une brève allocution télévisée, d'un "succès" du traité de Lisbonne grâce auquel "la France est de retour en Europe".

S'exprimant durant cinq minutes depuis l'Elysée, juste avant de s'envoler pour la Guyane, le président de la République s'est félicité que le Parlement ait autorisé l'exécutif, dans la nuit de jeudi [7 février] à vendredi [8 février], à ratifier le traité européen.

Selon l'Elysée, cette ratification sera effective une fois publiée, jeudi 14 février, au Journal officiel. La France sera le premier pays fondateur de l'Europe à donner son accord au traité, 21 mois après le non des Français qui avait scellé le sort du projet de Constitution européenne.

"Par ce succès, car c'est un succès, la France est de retour en Europe", a affirmé le chef de l'Etat. "Elle y a retrouvé son influence, sa capacité à faire valoir son point de vue, ses valeurs et le rôle moteur qui avait toujours été le sien par le passé".

Il a souhaité que la France "donne l'exemple" et "qu'elle soit de nouveau en Europe une force de proposition et d'entraînement".

Cette allocution, annoncée seulement dans l'après-midi par l'Elysée, est intervenue au terme d'un week-end mouvementé dans le fief sarkozyste de Neuilly-sur-Seine, et alors que plusieurs sondages ces dernières semaines ont marqué une forte baisse de la popularité du chef de l'Etat.

Alors que la gauche et les souverainistes de droite réclamaient un référendum, M. Sarkozy a justifié la ratification par voie parlementaire en affirmant notamment que "si cette condition n'avait pas été remplie, aucun accord n'aurait été possible".

"Pour convaincre tous nos partenaires d'accepter ce nouveau traité simplifié que nous leur proposions et qui n'était plus une Constitution, il fallait qu'en cas d'accord nous nous engagions à le faire approuver par voie parlementaire", a-t-il dit en rappelant aussi son engagement de candidat à passer par le Parlement.

Alors que la France présidera l'UE au second semestre 2008, le chef de l'Etat a souhaité que cette période soit "l'occasion d'avancer" dans la voie d'une Europe "grande puissance".

"C'est dans cet esprit que je proposerai à nos partenaires comme priorité de travailler sur une stratégie de développement durable, une politique commune de l'immigration, une défense européenne et une refondation de la politique agricole", a-t-il insisté.

Enfin, il a plaidé pour que l'Europe puisse "parler de tout", notamment de la monnaie qui n'est "pas un sujet tabou".

"Maintenant, l'enjeu est de remettre de la politique en Europe, de ne plus abandonner l'Europe au seul jeu de règles automatiques qui ne laissent aucune place à la décision et à la responsabilité politique", a déclaré le chef de l'Etat.

"Il faut pouvoir parler de tout comme dans n'importe quelle démocratie: de la monnaie qui n'est pas un sujet tabou, de la politique commerciale, de la politique industrielle, de la réciprocité en matière de concurrence ou des dérives du capitalisme financier", a-t-il ajouté.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 11 février 2008, 1h10)

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La France est le cinquième pays de l'Union européenne à dire oui au traité de Lisbonne, après la Hongrie, la Slovénie, Malte et la Roumanie, l'objectif étant que les 27 pays membres aient entériné ledit traité avant fin 2008 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2009. Ainsi soit-il. Peut-être qu'un jour, la crise existentielle que traverse actuellement l'Europe jouera un rôle cathartique suffisemment fort pour permettre enfin un véritable changement susceptible d'aboutir à l'apparition d'une véritable Europe politique... Nous verrons bien. Ayant déjà eu l'occasion d'évoquer la question européenne dans mon précédent article, je n'y reviendrai pas davantage ici. Il y aura sans doute d'autres occasions d'évoquer à nouveau ce thème plus tard. Revenons, pour l'heure, à l'actuel président de la République...

Le Sarko-show est une sorte d'histoire sans fin... dont on ne peut qu'espérer qu'elle ne durera finalement que cinq ans... A ceux qui considèrent que le troisième mariage de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa a sonné le glas du cirque médiatique présidentiel, je serais tenté de dire qu'il n'en est rien, et que le Sarko-show va continuer, même si la forte baisse de popularité de l'actuel chef de l'Etat, bien entendu, l'oblige à changer quelque peu la formule de son spectacle...

Deux sondages confirment le dévissage de Nicolas Sarkozy dans l'opinion

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Deux nouveaux sondages ont confirmé lundi [11 février] le dévissage de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy à quatre semaines des municipales, alors que le psychodrame de la campagne municipale à Neuilly a encore accentué le trouble à l'UMP.

Dans le baromètre Ipsos-Le Point à paraître jeudi [14 février], le chef de l'Etat poursuit sa chute, perdant 10 points de bonnes opinions en février avec seulement 39% de satisfaits, contre 49% en janvier.

C'est le plus mauvais sondage d'opinion, depuis son élection, pour le chef de l'Etat, qui recueille dans cette enquête 58% (+9) d'opinions défavorables (3% ne se prononcent pas).

Il a ainsi perdu 19 points de jugements favorables depuis le mois de novembre où il avait encore 58% de satisfaits dans ce même baromètre.

Même tendance dans le baromètre CSA pour i-Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France à paraître mardi. Nicolas Sarkozy accuse en février un recul de 6 points de sa cote de confiance, qui tombe à 42% contre 48% en janvier et 55% deux mois plus tôt.

Cette baisse de 13 points de la cote de confiance du président s'accompagne en parallèle d'une montée de 14 points des opinions négatives. Les Français sont aujourd'hui 52% à ne pas lui faire confiance contre 45% le mois dernier et 38% en décembre.

Ces deux sondages ont été publiés en pleine tempête des municipales à Neuilly. Ils ont toutefois été réalisés avant l'annonce du retrait du porte-parole de l'Elysée, David Martinon, débarqué par un trio mené par le propre fils du président, Jean Sarkozy.

Toutes les enquêtes d'opinion publiées depuis janvier montrent un décrochage brutal de la cote de popularité du président, ayant principalement pour origine, selon les sondeurs, la déception de l'opinion en matière de pouvoir d'achat et une surmédiatisation de la vie privée du chef de l'Etat.

Les plus mauvais chiffres jusqu'à présent remontaient à une enquête TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine du 30 janvier, avec une cote de confiance de 41% contre 55% ne lui faisant pas confiance, les mêmes chiffres se retrouvant le 3 février dans un sondage LH2-Libération.

La popularité du Premier ministre François Fillon suit une courbe inverse au décrochage présidentiel.

Selon le baromètre Ipsos-Le Point, il recueille 52% de bonnes opinions contre 45% en janvier et 40% de défavorables contre 46% en janvier.

Dans l'enquête CSA, la cote de confiance de M. Fillon remonte de 5 points à 47%. Elle était de 42% en janvier et 45% en décembre. 36% des personnes interrogées lui refusent leur confiance (-3).

La chute du chef de l'Etat dans les sondages, à quatre semaines des élections municipales, inquiète de plus en plus les élus UMP, d'autant qu'elle se double d'autres enquêtes d'opinion laissant augurer des résultats moins bons qu'espérés dans de nombreuses grandes villes, et de la multiplication de listes dissidentes émanant de l'UMP.

L'affaire de Neuilly est encore venue ajouter à la confusion.

"Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer dans ce climat", a averti mardi Dominique Paillé, secrétaire général adjoint de l'UMP.

"Il est plus que temps que les responsables nationaux de l'UMP sifflent la fin de la récréation et remettent en ordre de bataille la maison UMP", a pour sa part demandé le député UMP de Paris Pierre Lellouche, lui même confronté à une liste dissidente [dans le VIIIe arrondissement de Paris].

(Dépêche de l'Agence France Presse, 11 février 2008, 19h37)

Sarkozy à la peine face à l'accumulation de difficultés et une UMP inquiète

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Malgré un retour sur le terrain et la discrétion désormais observée sur sa vie privée, Nicolas Sarkozy peine à enrayer sa chute dans les sondages et doit désormais faire face à la grogne de l'UMP, qu'inquiètent les perspectives de mauvais résultats aux élections municipales.

Alors que les éditorialistes étaient nombreux mardi [12 février] à se demander si Nicolas Sarkozy n'était pas "en train de perdre la main", le chef de l'Etat, en visite en Guyane jusqu'à mardi soir, a évité de parler des sujets qui font mal: les deux nouveaux sondages confirmant le dévissage de sa cote de popularité et le pataquès de Neuilly-sur-Seine.

Tout juste a-t-il lancé aux journalistes qui lui demandaient s'il était inquiet: "moins que vous".

Pourtant, "le président est de mauvaise humeur !", assure un ministre en énumérant les raisons pour lesquelles, selon lui, "Nicolas Sarkozy se sent esseulé": une popularité en berne quand celle de son Premier ministre remonte, le "psychodrame" de Neuilly, les bisbilles entre ministres que la perspective d'un remaniement ministériel après les municipales rend "nerveux", des députés UMP qui crient haro sur ses conseillers...

Déjà inquiets de voir la popularité du président continuer à baisser à seulement un mois des municipales, certains responsables de droite n'ont guère apprécié la façon dont le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, vient d'être évincé par ses colistiers, dont Jean, le fils du président, après avoir été parachuté par le chef de l'Etat lui-même tête de liste à Neuilly-sur-Seine.

Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, a jugé mardi "regrettable" et "inutile" ce "mouvement d'humeur" des colistiers de M. Martinon. "Ce n'est pas comme ça que les choses doivent se faire", a commenté mardi Jean-François Copé, patron des députés UMP, promettant de "tirer toutes les leçons de tout cela après les municipales".

Selon un habitué des arcanes élyséennes, deux sondages sur la municipale de Neuilly avaient été commandés par l'Elysée. L'un d'entre eux, communiqué à la presse par une source anonyme, donnait M. Martinon perdant. L'autre, resté secret, le donnait gagnant.

Samedi soir, le président a pris la décision, selon un membre du gouvernement, de faire partir David Martinon. Et c'est son conseiller Claude Guéant, selon le même, qui l'en a informé. M. Martinon a d'abord tenté de résister - "je ne m'en irai que si le président me le demande" - avant de finalement céder, lundi matin.

Motif de grogne supplémentaire à l'UMP: dans l'ancien fief du président, c'est finalement un non-UMP (Jean-Christophe Fromantin, divers-droite) qui a obtenu mardi le soutien du parti majoritaire. Et l'affaire vient encore de se corser avec la décision du responsable local de l'UMP, Arnaud Teullé, ancien colistier de David Martinon, de poser sa propre candidature...

Autre souci pour le président, selon un ministre: "Nicolas Sarkozy pense qu'il n'a pas assez de relais au niveau du gouvernement et du Parlement", et se demande notamment si François Fillon "ne serait pas en train de gérer ses sondages". Une autre personnalité de droite affirme que Nicolas Sarkozy lui a dit: "Fillon complote contre moi sans arrêt".

Selon le ministre, le président a particulièrement regretté les critiques contre M. Guéant: "Ce n'est pas bien de s'attaquer aux collaborateurs du président. Moi, je m'en suis toujours pris directement à Jacques Chirac, pas à ses collaborateurs. J'ai attendu qu'ils deviennent Premier ministre pour m'en prendre à eux", a-t-il lâché mercredi dernier devant les responsables de la majorité, faisant allusion à Dominique de Villepin.

Pour "reprendre la main", M. Sarkozy "va faire beaucoup de terrain", assure l'un de ses proches. Il devrait se rendre en province au moins une fois par semaine.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 12 février 2008, 19h57)

Si l'on en croit le Canard Enchaîné de cette semaine, nous allons avoir bientôt à nouveau droit à une nouvelle prestation télévisée de l'actuel chef de l'Etat...

"Rejeté par sa base, Sarko va s'inviter chez les Français dans les prochaines semaines. "Une grande émission de télé est projetée", assure un de ses proches. Objectif : "Solder ses histoires de vie privée, rattraper sa mauvaise conférence de presse de la rentrée [le 8 janvier dernier], ressouder la majorité, repréciser le projet présidentiel, etc. Bref, montrer qu'il est dans l'étape d'après."
Une dissolution par exemple ?"

(Le Canard Enchaîné N°4555, 13 février 2008)

En attendant, il s'agit de reconquérir au plus vite le terrain perdu, et de repartir de plus belle à la chasse aux électeurs...

Sarkozy de Nagy-Bocsa a une conception particulière de la laïcité, laquelle pourtant caractérise la République qu'il est censé présider. Le 20 décembre dernier, alors qu'il se trouve à Rome pour recevoir du pape Benoît XVI le titre de chanoine de Saint-Jean-de-Latran - titre honorifique conféré à tous les chefs d'Etat français depuis Henri IV -, Sarkozy déclare que "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé", supposant ainsi que seule l'appartenance de quelqu'un à la religion chrétienne lui permet d'avoir une morale. Même si, depuis, il a reconnu lui-même avoir fait "une grosse connerie" en faisant cette déclaration à Rome (cf. Le Canard Enchaîné N°4552, 23 janvier 2008), Sarkozy de Nagy-Bocsa a néanmoins enfoncé le clou par la suite, le 14 janvier dernier, lors d'un voyage officiel en Arabie Saoudite, en prononçant un discours devant le "Conseil Consultatif" de Riyad, à l'occasion duquel on l'a entendu évoquer le "Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l'homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d'humilité et d'amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect." Quelles que soient ses croyances, quelles que soient celles des autres, l'actuel président de la République n'avait pas, en tant que chef d'un Etat laïc, à tenir ce genre de discours public... Mais il semblerait que Sarkozy se moque de tout cela, lui qui envisage depuis un moment une révision de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Son objectif semble en fait assez clair, ainsi qu'il l'a laissé entendre aux dirigeants de l'UMP qu'il a reçu à l'Elysée le 14 janvier dernier :

"Vous verrez que nos discours sur les religions vont attirer vers nous des gens nouveaux."

(Sarkozy aux dirigeants de l'UMP, à l'Elysée, le 14 janvier 2008, cité in Le Canard Enchaîné N°4552, 23 janvier 2008)

L'objectif étant donc bien évidemment électoraliste, Sarkozy de Nagy-Bocsa ne pouvait que continuer sur sa lancée, à l'occasion du traditionel annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), avant-hier, mercredi 13 février...

Dîner du Crif : Sarkozy défend sa conception de la laïcité devant la communauté juive

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Le président Nicolas Sarkozy a défendu sa conception de la laïcité mercredi au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), regrettant que ses discours de Latran et de Ryad aient donné lieu à des "approximations, amalgames et raccourcis".

M. Sarkozy était l'invité d'honneur du dîner du Crif aalors que, les autres années, ce rôle revient au Premier ministre.

Cette année, un millier de convives étaient rassemblés au pavillon d'Armenonville de Boulogne.

Outre François Fillon et une vingtaine de membres du gouvernement, étaient également présentes des personnalités de gauche (Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, et Ségolène Royal arrivée ostensiblement après les discours, Marie-George Buffet, Robert Hue), une quinzaine d'ambassadeurs, dont la déléguée générale de Palestine, Hind Khoury.

Revenant sur la polémique née de ses propos sur la "laïcité positive", M. Sarkozy a affirmé: "jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse (...) Je défends l'idée que les deux morales sont complémentaires".

"Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs. Mais ce dont ils témoignent n'est tout simplement pas la même chose. Le premier témoigne d'une morale laïque, faite d'honnêteté, de tolérance, de respect. Que ne dirait-on pas d'ailleurs si l'instituteur s'autorisait à témoigner d'une morale religieuse ? Le second témoigne d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie", a-t-il dit.

A la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre, M. Sarkozy avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur".

"Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence", a-t-il également souligné.

"Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable", a-t-il ajouté.

Convenant avec le président du Crif, Richard Prasquier, que l'antisémitisme se combat "dès l'école", M. Sarkozy, plusieurs fois applaudi, a affirmé avoir "demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah".

Il a également annoncé que le président israélien viendrait en France en mars et que lui-même se rendrait en Israël en mai pour le 60è anniversaire de la création de l'Etat.

Défendant le droit d'Israël à sa sécurité, M. Sarkozy a également rappelé que "les Palestiniens doivent avoir un Etat" et qu'"un accord d'ici la fin de l'année est parfaitement possible".

Alors que M. Prasquier venait de faire part d'inquiétudes sur une menace nucléaire iranienne, M. Sarkozy a dit qu'il appartenait "à l'Iran de démontrer ses objectifs pacifiques et de respecter les résolutions des Nations unies" en matière de nucléaire.

"Je ne rencontrerai pas, je ne serrerai pas la main de gens qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël", a indiqué M. Sarkozy.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 14 février 2008, 01h03)

Religion : les explications de Nicolas Sarkozy inquiètent toujours les tenants de la laïcité

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Les explications mercredi de Nicolas Sarkozy sur sa conception de la place des religions dans la société continuent d'inquiéter les tenants de la laïcité, qui craignent une remise en cause de la séparation des églises et de l'Etat, même s'il n'a rien dit du projet de toilettage de la loi de 1905.

Invité d'honneur du dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Nicolas Sarkozy s'est appliqué à contrer les "approximations, amalgames et raccourcis" des commentaires qui ont accueilli, selon lui, ses discours du Latran et de Ryad sur la "laïcité positive".

"Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse (...) Je défends l'idée que les deux morales sont complémentaires (...) Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs", a-t-il insisté, en soulignant qu'il n'enlèvait pas un mot de ses deux discours: "je persiste et signe".

Les tenants de la laïcité ont fait part jeudi de leur crainte d'une remise en cause de la séparation des églises et de l'Etat, rappelant que le projet de toilettage de la loi de 1905 était déjà dans les cartons de Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur.

Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France, a jugé sévèrement la conception présidentielle de la laïcité ,"qui réintégrerait la religion dans le débat public, avec une préférence marquée pour la religion, qui serait supérieure à la morale laïque, parce que porteuse d'espérance".

"Cette conception de la laïcité n'est pas la bonne", a-t-il dit, "il n'y a pas d'un côté la religion et de l'autre la laïcité. La laïcité permet à toutes les identités de vivre ensemble sans que l'une s'impose à l'autre".

"Encore un effort Monsieur le président, et dites-nous clairement que vous ne toucherez pas à la loi de 1905", a-t-il ajouté.

Le numéro un du PS François Hollande a contesté la comparaison entre l'instituteur et le curé -"à l'un la tolérance, à l'autre la transcendance", a-t-il résumé-, en la qualifiant de "choquante".

"Nicolas Sarkozy a le droit d'exprimer ses positions personnelles, mais il est le chef de l'Etat et à ce titre doit défendre une conception beaucoup plus large de la laïcité", a-t-il dit.

"La laïcité", a insisté M. Hollande, "ce n'est pas la négation de la liberté de conscience, c'est au contraire la reconnaissance de cette liberté".

Le président du Crif Richard Prasquier, qui se définit comme un "partisan résolu de la laïcité", convient que "le monde est très fortement marqué par la religion". Mais, a-t-il dit à l'AFP, "opposer le laïque au religieux, ça ne représente pas la réalité".

"Il y a beaucoup de gens très religieux qui sont des adeptes de la loi de 1905" et "la plus grande partie de la communauté juive y est très attachée", a-t-il souligné.

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), voit dans le discours présidentiel un élément "positif" qui est d'"affirmer que les religions ont le droit de s'exprimer". Pour lui, Sarkozy est "le premier président de la République à sortir de l'héritage anti-clérical qui a longtemps divisé la France".

"Il fait partie de la société post-moderne, qui exprime facilement ses convictions, ses préférences, sa liberté d'être", a-t-il estimé. "Cela manque peut-être un peu de retenue, mais c'est sa façon d'être", a ajouté le pasteur Baty, en doutant que les propos présidentiels soient "le signe avant-coureur de grandes réformes".

(Dépêche de l'Agence France Presse, 14 février 2008, 20h51)

Avec l'actuel chef de l'Etat, il faut s'attendre à tout. Au delà de la question de la laïcité, l'élément particulièrement préoccupant contenu dans le discours de Sarkozy de Nagy-Bocsa prononcé au dîner du Crif a incontestablement été son idée que chaque élève de CM2 perpétue, dès la rentrée 2008, la mémoire d'un des 11.000 enfants déportés de France et victimes du génocide des Juifs d'Europe perpétré par l'Allemagne nazie. Lorsque j'ai pris connaissance, hier soir, de la nouvelle idée de Sarkozy de Nagy-Bocsa, j'ai été, une fois de plus, profondément agacé, et même écoeuré... Il y a quelques années, l'actuel président de la République, du temps où il était ministre de l'Intérieur, avait préconisé le dépistage des troubles du comportement de l'enfant dès l'âge de trois ans, dans le cadre de son projet de prévention de la délinquance. Maintenant, Sarkozy souhaite remplir la tête des enfants de CM2 de la mémoire des enfants français juifs exterminés par les nazis. Une fois de plus, outre le fait qu'il contribue, comme il en a pris depuis longtemps l'habitude, à entretenir une détestable concurrence des mémoires, l'actuel chef de l'Etat ne propose rien de moins qu'un formatage des consciences et des comportements dès le plus jeune âge : c'est à la fois ridicule et inquiétant. J'ose à peine imaginer ce que j'aurai pensé de tout celà si, lorsque j'étais en CM2, à l'âge de 10 ans, on m'avait fait prendre la responsabilité d'entretenir la mémoire d'un enfant assassiné à Auschwitz-Birkenau, sous prétexte que le président de la République l'aurait décidé... L'extermination des Juifs d'Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale fait partie des programmes scolaires depuis longtemps. Tous les élèves de France sont sensibilisés à cet épisode tragique de l'histoire contemporaine, à un moment ou à un autre de leur scolarité, aussi bien au collège qu'au lycée. Au lieu de vouloir faire courir le risque de traumatiser de jeunes enfants sous prétexte de faire plaisir à telle ou telle communauté de la société française, que l'on laisse donc les enseignants travailler en paix ! Mais c'est sans doute trop demander à Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui, semble-t-il, ne peut pas s'empêcher de vouloir susciter à tout prix l'évènement afin de rester au centre de toutes les attentions...

Ecoliers et la Shoah : Sarkozy persiste, mais la polémique grandit

undefined Nicolas Sarkozy a défendu vendredi [15 février, lors d'un déplacement à Périgueux] son idée controversée de faire parrainer des enfants tués dans la Shoah par des élèves de CM2, annonce qui a créé une nouvelle polémique à trois semaines de municipales qui s'annoncent difficiles pour la majorité.
"On ne traumatise pas les enfants en leur faisant le cadeau de la mémoire d'un pays", a assuré vendredi le chef de l'Etat, ironisant sur le "tumulte" suscité par son initiative, en général fraîchement accueillie dans les milieux enseignant, intellectuel, associatif (UEJF, Mrap, Licra) et politique.
"Il s'agit d'une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries," a-t-il argumenté.
La condamnation la plus symbolique est venue d'un de ses soutiens les plus fervents durant sa campagne présidentielle, Simone Veil, ancienne déportée et présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
"Inimaginable, dramatique, injuste", s'est-elle révoltée, estimant cette mémoire "bien trop lourde" à porter pour des enfants de cet âge.
François Bayrou, président du MoDem et ancien ministre de l'Education nationale s'est élevé contre "un mélange des genres entre émotion et Histoire qui pose de lourdes questions".
Le Parti Socialiste a fait entendre sa cacophonie. Son numéro un, François Hollande a approuvé le chef de l'Etat car "chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire". Son secrétaire national aux questions de société Malek Boutih a salué une initiative "opportune et utile".
"Il faut retirer" cette "idée tout à fait malvenue" a a contrario plaidé le député Pierre Moscovici, comme son collègue Patrick Bloche qui s'est interrogé sur le pourquoi de "cette surenchère". "Cette façon de faire traduit un manque de respect et une étonnante légèreté", a souligné Ségolène Royal.
Nombre de critiques voient dans l'annonce une tentative électoraliste envers la communauté juive, ou une volonté faire diversion, alors que le président est en chute libre dans les sondages et la majorité dans une passe difficile.
Arlette Laguiller (LO) a accusé Nicolas Sarkozy de chercher "un bénéfice électoral", qualifié de "répugnant", le PCF dénonçant la "dernière provocation" d'un "président en difficulté".
C'est "une fois de plus" un "coup médiatique," a pesté le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.
Quant à Jean-Marie Le Pen, président du Front national, il a jugé le projet "affreux" et "criminel".
L'UMP s'est sans surprise rangée derrière le président, ainsi que des ministres comme Hervé Morin (Défense, NC) ou Roger Karoutchi (UMP, Relations parlement).
Des voix discordantes se font entendre à droite. Ainsi, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin s'est étonné d'une "idée étrange", soulignant que l'on ne pouvait "imposer la mémoire, (...) la décréter".
Le député NC Maurice Leroy, très critique, a jugé qu'il faut "laisser les enseignants travailler".
Au-delà de cette seule nouvelle polémique, un front très large allant de M. de Villepin à Noël Mamère (Verts) en passant par Ségolène Royal (PS) ou François Bayrou (Modem) a appelé vendredi dans l'hebdomadaire Marianne à la "vigilance républicaine" face aux prises de position de Nicolas Sarkozy, sans toutefois le nommer, sur la religion, la laïcité ou l'immigration.
Le Premier ministre François Fillon a vivement répliqué, dénonçant "l'acharnerment que mettent certains responsables politiques qui n'ont pas été élus par les Français, pas été choisis par les Français, à tenter de déstabiliser" Nicolas Sarkozy. Et de les renvoyer à la présidentielle de 2012.

(Dépêche de l'Agence France Presse, 15 février 2008, 18h35)

Assurément, sauf accident, chacun va devoir attendre 2012 pour avoir droit au grand règlement de comptes final... Pour autant, d'ici-là, il ne faudra pas trop compter sur l'arrêt du Sarko-show : quels que soient les circonstances et les cotes de popularité, Sarkozy va continuer de parler, de provoquer et de gesticuler... Il ne sait rien faire d'autre.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy lors d'une allocution télévisée sur l'Europe, le 10 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/France 2 ; Carte des pays ayant déjà ratifié le nouveau traité européen, 8 février 2008, © AFP/Infographie ; Evolution de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, 11 février 2008, © AFP/Infographie ; Nicolas Sarkozy et François Fillon, le 11 janvier 2008 à Lille, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP ; Nicolas Sarkozy lors du diner annuel du Crif le 13 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Gonzalo Fuentes/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy le 5 février 2008 à La Rochelle, photographie de l'Agence France Presse, ©Jean-Pierre Müller/AFP/Archives ; L'ancienne ministre Simone Veil posant le 26 octobre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Franck Fife/AFP/Archives)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /2008 23:55
undefined Décidément, ça n'arrête pas : depuis le début du mois, comme durant les mois précédents du reste, l'absurdité présidentielle n'en finit pas d'inonder le débat public... Le film d'action annoncé à vite viré au navet... Ce qui est censé être sérieux se mélange avec ce qu'il ne l'est pas, et finalement, toutes les informations étant traitées par les médias avec la même importance, plus rien ne finit par être important... C'est un peu comme si on jettait tout et n'importe quoi dans une poubelle initialement prévue pour le tri sélectif des ordures : il est difficile de s'y retrouver lorsque la poubelle commence à déborder... Du coup, on est tenté de tout balancer par dessus bord, sans faire le tri... Tentons donc l'expérience avec l'actualité présidentielle récente...

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Tout d'abord, cette histoire minable de SMS présidentiel... C'est bien connu : Sarkozy de Nagy-Bocsa est très friand du service de messagerie SMS (Short Message Service), qui permet de transmettre de courts messages textuels - appelés eux-mêmes "SMS", ou "texto" - d'un téléphone portable à un autre. On a souvent vu l'actuel président de la République utiliser ce service avec son propre portable en public, notamment lors de ses déplacements, en France comme à l'étranger. Or, le 7 février dernier, Sarkozy de Nagy-Bocsa a déposé une plainte à l'encontre du site Internet du magazine Le Nouvel Observateur, nouvelobs.com. Motif de cette plainte, pour "faux, usage de faux et recel" : le site en question, la veille, 6 février, avait publié un article en ligne, dans lequel il affirmait que l'actuel chef de l'Etat, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni, aurait envoyé à son ex-épouse Cécilia un SMS contenant cette unique phrase : "Si tu reviens, j'annule tout". Au delà de l'importance de l'information contenue dans ce désormais fameux SMS, et au delà de l'hypothèse selon laquelle les journalistes responsables de cette "révélation" auraient peut-être oublié leur cerveau dans leur lit en se levant le matin du 6 février, on aura remarqué que c'est la première fois qu'une plainte pénale contre un média est ainsi déposée par un président en exercice de la Ve République : ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac, par exemple, n'ont, en leur temps, engagé la moindre procédure judiciaire contre des médias, bien qu'ils aient eu maintes occasions de le faire... Si c'est par ce genre de "rupture" que Sarkozy veut entrer dans l'histoire, ce sera, décidément, par une bien petite porte... Toujours est-il que le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel - dont des féministes, le mois dernier, réclamaient de voir les fesses, dans le cadre d'une autre affaire -, a finalement tenu à faire, plus ou moins, acte de contrition, la semaine dernière...

SMS publié par le nouvelobs.com : "nous avons eu tort" écrit Jean Daniel

undefined Le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, estime dans l'édition à paraître jeudi [14 février] que l'hebdomadaire a "eu tort" de faire état sur son site internet d'un SMS que le chef de l'Etat aurait adressé à son ex-épouse Cécilia, à l'origine d'une plainte de Nicolas Sarkozy.

Dans son éditorial intitulé "Une erreur ? Oui", Jean Daniel souligne que le président de la République a "jeté lui-même sa vie privée en pâture".

"C'est là, disons-le, que nous avons eu tort", écrit-il. "Car c'est précisément parce qu'il faisait tout pour nous entraîner dans son univers qu'il ne fallait pas s'y laisser conduire", explique-t-il.

Nicolas Sarkozy a déposé jeudi [7 février] une plainte pour "faux, usage de faux et recel" à l'encontre du nouvelobs.com, après que le site eut affirmé que le chef de l'Etat aurait envoyé à son ex-épouse, huit jours avant son mariage samedi dernier avec Carla Bruni, un SMS indiquant : "Si tu reviens, j'annule tout".

"La porte qu'il a ouverte en étalant sa vie privée, nous n'avions pas à la franchir", reconnaît M. Daniel, ajoutant : "Si j'avais eu l'information dont Airy Routier (le journaliste à l'origine de l'article, ndlr) a disposé, je me serais empressé de m'en détourner".

Concernant la plainte au pénal déposée par M. Sarkozy, le journaliste juge que le chef de l'Etat a "décidé de s'engager dans une stratégie de sanction qui risque (...) d'apparaître comme un véritable combat contre la presse".

Dans un autre article, les directeurs de la rédaction du Nouvel Observateur, Guillaume Malaurie et Michel Labro, rejoignent la position de M. Daniel.

"Ce 'confidentiel' proposé par notre journaliste Airy Routier, enquêteur aguerri du magazine, a été transmis directement au responsable du site qui l'a mis en ligne", expliquent-ils.

"Si cet article avait été présenté -comme cela aurait dû l'être- à la direction de la rédaction, il est probable, sinon certain, qu'il n'aurait pas été publié. Du moins pas sous cette forme".

Les deux directeurs renouvellent toutefois leur "confiance" à M. Routier, affirmant qu'il n'a "ni inventé, ni trafiqué, ni manipulé quoi que ce soit".

Ils estiment que la procédure engagée par M. Sarkozy est "brutale, inédite et formidablement inéquitable", puisque le président, qui est partie civile "bénéficie de l'immunité pénale dans l'exercice de ses fonctions et d'un pouvoir d'influence sur les procureurs".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 13 février 2008, 20h50)

On a appris aujourd'hui, 22 février, que Cécilia Ciganer-Albeniz, ex-Sarkozy, devrait être prochainement entendue par les policiers chargés par le parquet de Paris de vérifier l'authenticité du fameux SMS que l'actuel président de la République lui aurait adressé. L'affaire fera-t-elle "pschitt", pour reprendre une expression chère à Jacques Chirac ? Cela vaudrait mieux, vu son "importance"... Sarkozy pour sa part, crie évidemment à l'injustice :
"Il n'y a pas de crise politique, pas de crise sociale. Les gens ne sont pas dans la rue, on n'a pas de grèves, pas de manifestations, pas de demandes de retrait de textes dans la rue genre CPE. Il n'y a pas de juges aux portes de l'Elysée. Et pourtant, il y a une campagne menée contre moi comme on n'en avait jamais vu depuis trente ans. Jusqu'à ce faux SMS. Vous vous rendez compte, personne n'a appelé l'Elysée pour vérifier !"

(Sarkozy, en privé, la semaine dernière [semaine du 11 au 17 février 2008], cité dans Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008)

Pauvre Sarkozy... C'est injuste, bien sûr,... mais la vie est injuste. Pourtant, l'actuel chef de l'Etat s'occupe si bien de tous les Français... quel que soit leur âge... au moins dès l'école primaire...

Nicolas Sarkozy prône un retour aux "fondamentaux" à l'école primaire

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Le président Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi [15 février] à Périgueux un retour aux "fondamentaux" pour diminuer l'échec à la sortie de l'école primaire et annoncé l'introduction d'une "instruction civique et morale" où serait notamment abordée la question de la mémoire de la Shoah.

Le président de la République a estimé, au côté du ministre de l'Education Xavier Darcos qui est aussi maire de Périgueux, que "notre école primaire ne se port(ait) pas bien" et énoncé son objectif: "Diviser par trois, d'ici la fin de la mandature, le taux d'échec scolaire à la sortie du CM2".

Il a souhaité que les nouveaux programmes scolaires intègrent une "instruction civique et morale" qui "prévoit notamment l'apprentissage des règles de politesse et de bonne tenue, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française: le drapeau tricolore (...), Marianne, l'hymne national, à l'écoute duquel nos enfants devront se lever".

"C'est dans ce cadre" que s'inscrirait l'initiation des élèves au drame de la Shoah, selon M. Sarkozy, qui a défendu son idée controversée de "confier la mémoire" d'un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2.

"On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays", a-t-il estimé.

Le président avait débuté sa journée en visitant deux classes de primaire avant de poser avec les élèves dans la cour. Il a été applaudi par des habitants dans les rues mais a aussi été hué par quelques dizaines de personnes rassemblées devant le théâtre.

"C'est à l'école primaire que tout se joue", a-t-il indiqué par ailleurs, soulignant que "le collège n'était souvent que le révélateur de difficultés plus anciennes". "15% des élèves" sortent de l'école "en grande difficulté" et "25% avec des acquis fragiles", a-t-il précisé.

Sur les "moyens" mis au service de son "projet éducatif", le président a indiqué que la semaine d'enseignement serait "ramenée à 24 heures au lieu de 26" pour proposer, "dès septembre, dans toutes les classes de l'école primaire, (...) deux heures de plus en petits groupes aux élèves en difficulté".

L'évaluation des professeurs des écoles "aura lieu tous les deux ans, au lieu de quatre actuellement en moyenne" et "s'attachera d'abord aux progrès des élèves, et non au choix de telle ou telle méthode pédagogique, que je veux laisser à la libre appréciation de l'enseignant", a-t-il ajouté.

En parallèle, "chaque famille recevra systématiquement, non seulement les résultats de son enfant, mais également ceux de son école", a-t-il expliqué.

Concernant les programmes scolaires, le président de la République entend revenir "à l'essentiel, aux 'fondamentaux' de l'école".

"Les nouveaux programmes de l'école primaire présenteront en quelques pages, dans un langage évitant tout jargon, l'ensemble d'un cursus disciplinaire désormais recentré sur le français et les mathématiques", a-t-il souligné.

Le président a assuré que vocabulaire, orthographe et grammaire seraient des disciplines "remises à l'honneur". En mathématiques, les programmes doivent privilégier "la résolution de problèmes liés à la vie courante".

Ces programmes scolaires sont, selon M. Sarkozy, "un sujet de débat politique, au sens des affaires de la Nation" et non "technocratique".

Il appartient ainsi aux "élus du peuple" de "déterminer ce qui, dans le champ immense du savoir, mérite d'être étudié par les élèves de France", a-t-il estimé.


(Agence France Presse [AFP], 15 février 2008, 16h37)

Comme d'habitude avec Sarkozy de Nagy-Bocsa, il n'y a pas de déplacement officiel - ici à Périgueux - sans le petit coup médiatique qui va avec. Cette fois-ci encore, le chef de l'Etat a parlé, et le ministre n'a plus qu'à exécuter dans les jours qui suivent... sans discussion, bien entendu...

Après le coup du parrainage des enfants tués à Auschwitz par des élèves de CM2, évoqué ici en passant et dont il a déjà été question dans mon précédent article, et après l'annonce d'un recentrage de l'école sur les "fondamentaux", on pouvait s'attendre à un autre coup médiatique sciemment organisé par Sarkozy, mais finalement, le coup suivant a été, semble-t-il, involontaire... puisqu'il n'est pas, cette fois, venu directement du chef de l'Etat, mais d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Sarkozy. Celle-ci a déclenché, mercredi dernier, 20 février, une nouvelle polémique, en affirmant, dans un entretien publié par le magazine VSD, qu'"en France, les sectes sont un non-problème", et en estimant également que l'"on peut s'interroger" sur la menace représentée par l'Eglise de Scientologie, considérée comme une secte dans les rapports parlementaires français mais qui bénéficie du statut de religion aux Etats-Unis d'Amérique. Sarkozy suscitait déjà la méfiance en matière de respect de la laïcité, et personne n'a oublié la visite très médiatisée, en 2004, de l'acteur américain Tom Cruise, adepte bien connu de la Scientologie, à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Raffarin. Voila de quoi mettre l'actuel président de la République un peu plus en difficulté, d'autant plus que c'est Emmanuelle Mignon qui a également eu, par ailleurs, l'idée de faire porter la mémoire d'enfants assassinés à Auschwitz par des élèves de CM2...

En pleine polémique, Sarkozy tente de calmer le jeu sur les sectes

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Déjà critiqué pour ses récentes sorties sur les religions et la laïcité, Nicolas Sarkozy s'est efforcé jeudi [21 février] d'éteindre l'incendie allumé par les déclarations fracassantes de l'une de ses plus proches collaboratrices sur la lutte contre les sectes.

En déplacement dans le Pas-de-Calais, le chef de l'Etat a tenu à afficher une position sans ambiguïté: "Ma position a toujours été claire. Les activités sectaires sont inacceptables, inadmissibles, il faut faire preuve de la plus grande fermeté".

Même si elle en a partiellement démenti le contenu, sa directrice de cabinet Emmanuelle Mignon a mis le feu aux poudres en accordant mercredi [20 février] un entretien à VSD
dans lequel elle dit que les sectes constituent un "non-problème" en France, selon les propos qui lui sont prêtés par l'hebdomadaire.

Dans cet entretien, Mme Mignon juge aussi "scandaleuse" la liste des mouvements sectaires dressée en 1995 par une commission d'enquête parlementaire et ne cache pas "s'interroger" sur la présence, sur cette liste, de la scientologie.

"Ce n'est pas à moi de dire si la scientologie est une secte, il y a une commission pour cela", a tenu à préciser jeudi Nicolas Sarkozy qui, alors ministre des Finances, avait reçu en 2004 devant les caméras l'un de ses plus célèbres adeptes, l'acteur américain Tom Cruise.

"Je n'ai jamais eu la moindre faiblesse avec eux quand j'étais ministre de l'Intérieur", a-t-il insisté, "chacun sait ce que j'ai fait en la matière".

Dans la foulée du président, le Premier ministre François Fillon a assuré qu'il "continuerait" la politique actuelle sur les sectes. Il a aussi souhaité "renforcer" les moyens de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Jeudi sur France 2, M. Fillon a estimé que c'était au "Président de la République de gérer ses conseillers". "Je n'ai pas de conseils à donner aux conseillers du Président de la République. C'est au Président de la République de gérer ses conseillers. Moi je gère la communication du gouvernement", a affirmé le chef du gouvernement, se refusant à tout autre "commentaire".

"Le gouvernement n'a aucun projet tendant à relâcher (la) vigilance" contre les sectes, a renchéri le porte-parole de l'Elysée David Martinon. "Au contraire, il souhaite renforcer nos moyens d'actions afin que la justice puisse intervenir avec toute la sévérité requise contre les organisations ou mouvements qui troublent l'ordre public ou qui exploitent la détresse psychologique".

Déplorant "une incompréhension" entre la directrice de cabinet du président et VSD, il a toutefois concédé une "interrogation" sur la coordination entre la Miviludes et la police et "des réflexions (...) au ministère de l'Intérieur pour progresser sur ce point".

Si ce contre-feu a satisfait le président de la Miviludes Jean-Michel Roulet, qui a jugé "très important qu'il y ait unanimité de la classe politique" sur les sectes, il n'a pas rassuré l'opposition, qui a vu dans la sortie de sa conseillère une nouvelle attaque du président contre la laïcité.

"Le respect de la laïcité et de la pratique religieuse ne s'accommode d'aucun laxisme avec la dérive sectaire", a relevé le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), alors que Ségolène Royal fustigeait "des dérapages sur tous les sujets".

Quant à Corinne Lepage (MoDem), elle a dénoncé "une philosophie générale" qui "est une "déconstruction de la laïcité à la française".

Dans deux discours prononcés à Rome en décembre puis à Ryad en janvier, Nicolas Sarkozy a suscité la controverse en exaltant les "racines chrétiennes de la France" et l'héritage "civilisateur" des religions.

A trois semaines du 1er tour des municipales, cette polémique sur les sectes a aussi agacé dans les rangs de l'UMP. Le député Claude Goasguen l'a jugée "incontestablement gênante", alors que pour l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "on s'en passerait surtout en période électorale".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 février 2008, 22h18)

Si cet épisode "sectaire" a pû constituer un contretemps, cela n'a pas empêché Sarkozy de Nagy-Bocsa de continuer son Sarko-show, à l'occasion d'un déplacement dans le Pas-de-Calais...

Sarkozy pourfend le capitalisme "sans foi ni loi" dans le Pas-de-Calais

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Nicolas Sarkozy a défendu jeudi [21 février] un capitalisme "intelligent", par opposition à un capitalisme "sans foi ni loi" ou "spéculateur", sur l'ancien site de Metaleurop, devenu un symbole de la reconversion économique.

Accompagné par ses ministres Christine Lagarde (Economie) et Jean-Louis Borloo (Ecologie), le chef de l'Etat a passé plus de deux heures sur le site, autrefois le plus pollué de France, pour visiter la nouvelle usine de valorisation des déchets et discuter avec employés et élus.

"Mon ambition est de faire de ce drame une réussite", a déclaré le président, rappelant la fermeture de Metaleurop en 2003 avec ses 830 salariés.

Ce site doit être "l'exemple d'une réindustrialisation réussie", a-t-il affirmé, assurant qu'il "y aurait plus d'emplois dans trois ans qu'il n'y en avait avec Metaleurop".

Quelque 500 emplois ont déjà été créés sur place, selon lui, et "plus de 1.800 devraient l'être dans les trois ans", a-t-il affirmé, sans préciser dans quelles conditions.

Selon le repreneur, Sita France, 420 personnes étaient employées fin décembre sur le site.

"Ce qui s'est passé ici était inacceptable. L'entreprise avait pollué puis elle était partie, les gens étaient désespérés", a-t-il souligné. "Si on vous avait dit que cinq ans après (la fermeture), tout serait dépollué" et qu'autant d'emplois "seraient recréés...", s'est-il félicité.

Le président a profité de sa visite pour proposer la création d'un "fonds national pour la réindustrialisation" des zones en reconversion. "On va en débattre, c'est une proposition que je lance. Je me demande si on n'a pas intérêt à demander aux entreprises d'investir dans un fonds national" pour ces sites, a-t-il déclaré.

Ce fonds serait "éventuellement abondé par l'Etat qui pourrait être un investisseur efficace", aux côtés des collectivités et des entreprises, a-t-il précisé lors d'une table-ronde.

Il a annoncé qu'il accueillerait prochainement à l'Elysée les élus des communes alentour pour évoquer la pollution sur l'ensemble de la zone et évoqué un "fonds de solidarité pour prendre en charge les dizaines d'employés de Metaleurop qui ne pourront pas être recasés".

M. Sarkozy a également promis de revenir sur place "dans les deux ans qui viennent".

"Du capitalisme sans foi ni loi, il faut faire un capitalisme intelligent", a-t-il martelé, défendant plus tard un "capitalisme d'entrepreneurs, pas de spéculateurs".

Pendant sa campagne, il évoquait déjà régulièrement la nécessaire "moralisation" du capitalisme.

Confronté à une baisse très sensible de sa cote de popularité depuis un mois, M. Sarkozy est ainsi revenu, avec cette visite d'un site industriel, sur un terrain familier et qui s'était montré porteur lors de sa campagne, pour évoquer l'emploi et l'avenir des industries environnementales.

"Ce n'est quand même pas rien. Voilà le site qui était le plus pollué de France et on réindustrialise sur quoi ? Sur des industries de l'environnement !", s'est-il exclamé. "C'est exactement le pari qu'on fait: On peut avoir des objectifs de croissance et respecter la nature", a-t-il déclaré.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 février 2008, 16h23)

Aujourd'hui, 22 février, près le numéro, très crédible, de Sarkozy en dénonciateur des excès du capitalisme, est venu le numéro, tout aussi crédible, de Sarkozy en gaulliste convaincu...

Plaidoyer de Sarkozy pour de Gaulle et des combattants de la France libre

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Nicolas Sarkozy a prononcé vendredi [22 février] un plaidoyer en faveur du général de Gaulle et des combattants de la France libre, qui ont "donné aux jeunes de notre époque la fierté d'être français", en inaugurant l'Historial Charles de Gaulle, aux Invalides à Paris.

Le chef de l'Etat était venu accompagné de son prédécesseur à l'Elysée, Jacques Chirac, qui avait décidé en 2002 de créer ce monument en hommage à l'ancien chef de la France libre et fondateur de la Ve République.

Les travaux avaient été lancés fin 2005, en vue d'une ouverture début 2007, mais le chantier ayant pris du retard, c'est à Nicolas Sarkozy qu'il est revenu de l'inaugurer, avant son ouverture au public samedi.

"Déjà, pour les 28 millions de Français nés après 1970, le gaullisme n'appartient qu'à l'Histoire (...) Puissions-nous ensemble apprendre à nos enfants pourquoi le gaullisme n'est pas une leçon d'histoire parmi d'autres, pourquoi cette histoire nous concerne encore, pourquoi elle a pour nous une signification profonde qui n'est pas seulement historique mais qui est aussi morale, pourquoi elle ne nous parle pas seulement du passé mais aussi de l'avenir", a déclaré le président.

"Saurions-nous capables de faire, le moment venu, ce que de Gaulle et ses compagnons ont su faire", a lancé sur un ton où perçait l'émotion, celui qui, entré tout jeune en politique, à 20 ans, affirmait qu'"être gaulliste, c'est être révolutionnaire".

Parmi la foule massée sur l'esplanade des Invalides pour écouter le discours de M. Sarkozy figuraient de nombreux collégiens et lycéens.

"Ils nous ont laissé un pays libre et fort, mais ce n'est pas inscrit dans le marbre, ça se mérite", a poursuivi le président en évoquant les Résistants.

"Si le gaullisme est une histoire qui a encore pour nous une signification, c'est parce qu'il nous parle d'une idée de l'Homme et de la politique qui a encore une valeur, et peut-être une valeur plus grande encore qu'elle n'en a jamais eu, tant la crise identitaire et morale que traverse aujourd'hui notre pays est profonde", a-t-il également affirmé.

Avant son discours, le chef de l'Etat a dévoilé une plaque commémorative à l'entrée du monument, qu'il a ensuite visité, suivi de nombreuses personnalités.

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Outre Jacques Chirac, très applaudi par la foule, il y avait les ministres de la Défense Hervé Morin, de la Justice Rachida Dati, de la Santé Roselyne Bachelot, de la Culture Christine Albanel, la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara, ainsi que Georges-Marc Benamou, conseiller de M. Sarkozy. D'anciens résistants comme Charles Pasqua et Yves Guéna étaient aussi présents.

Pendant que M. Sarkozy visitait rapidement l'Historial, M. Chirac, plusieurs mètres derrière lui, devisait avec Anne Lauvergeon ou donnait le bras à une vieille dame pour l'aider à avancer. "C'est très réussi", s'exclamait l'ancien président.

Imaginé par les architectes Alain Moatti et Henri Rivière, l'Historial Charles de Gaulle propose une plongée au coeur de l'épopée gaullienne grâce à une muséographie révolutionnaire, qui s'appuie uniquement sur l'image et le son.

Ca a été "une très grande fierté pour moi que d'inaugurer ce mémorial. Le général de Gaulle reste un exemple pour chaque Français", a confié M. Sarkozy à la presse.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 22 février 2008, 18h24)

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer le "gaullisme" de Sarkozy dans un précédent article, publié l'année dernière et consacré à Charles de Gaulle : il n'est donc pas nécessaire d'y revenir...

Vous êtes au bord de l'indigestion, chers lecteurs ? Le film ne vous plait pas ? Petites natures ! Qu'à cela ne tienne, voila qu'arrive une grosse cerise sur le gâteau, histoire de vider complètement la poubelle : il y a deux jours, une autre nouvelle, aussi bouleversante que les autres, sinon davantage, nous est parvenu...

Cantonales : Jean Sarkozy annonce sa candidature à Neuilly-sud

Le fils cadet du président Nicolas Sarkozy, Jean, a annoncé mercredi [20 février] à l'AFP qu'il serait "le candidat de la majorité présidentielle" aux élections cantonales des 9 et 16 mars à Neuilly-sud (Hauts-de-Seine).

Jean Sarkozy, 21 ans, a précisé que cette décision avait été prise "en plein accord" avec Arnaud Teullé, qui était jusqu'à présent candidat sur ce canton et qui conduit également, sans le soutien de l'UMP, une liste aux municipales à Neuilly, ville dirigée entre 1983 et 2002 par Nicolas Sarkozy.

"En plein accord avec Arnaud Teullé, qui souhaite se consacrer exclusivement à la campagne des élections municipales, j'ai décidé de me présenter aux suffrages des Neuilléens pour les élections cantonales de Neuilly-sud", a déclaré le fils du chef de l'Etat.

"Je suis le candidat de la majorité présindentielle. Ma suppléante est Christiane Basset, adjointe au maire de Neuilly", a-t-il précisé.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 20 février 2008, 17h31)

"Mon père m'a dit de rester moi même", explique le candidat Jean Sarkozy

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Le fils cadet du président français Nicolas Sarkozy, Jean, qui brigue un mandat local, a expliqué jeudi [21 février] mener une "démarche humble", en ajoutant que son père lui avait donné un conseil: rester lui-même.

Jean Sarkozy, 21 ans, balaie les critiques évoquant la naissance d'une "monarchie élective" dans la ville huppée de Neuilly, à l'ouest de Paris, dont son père a été maire pendant près de 20 ans, et explique ne pas avoir d'ambition nationale, dans un entretien au quotidien de droite Le Figaro.

Jean Sarkozy a confirmé mercredi qu'il allait briguer en mars un siège au conseil général du département des Hauts-de-Seine comme son père l'avait fait.

Il a précisé qu'il serait le candidat de la majorité présidentielle pour les élections cantonales à Neuilly-sud.

"Le président: il ne m'a donné aucun conseil. Mon père? il m'a dit de rester moi-même et de prendre mes responsabilités", a expliqué Jean Sarkozy.

"Je suis candidat parce que j'ai le sentiment que, pour moi, le moment est venu de m'engager pour une ville que je connais par coeur et que j'aime", a expliqué Jean Sarkozy.

"Ma démarche est une démarche humble et tout à fait locale", poursuit-il. "Je n'ai pas l'intention de m'arroger le droit d'investir le champ de la politique nationale".

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi que son fils Jean, qui vient d'annoncer sa candidature aux élections cantonales des 9 et 16 mars à Neuilly-sud (Hauts-de-Seine), "a l'habitude de se débrouiller tout seul, comme son père à l'époque".

Le chef de l'Etat s'exprimait en marge d'une visite sur l'ancien site de Metaleurop à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais).

"Je trouve que c'est un jeune homme courageux. Ce qu'il a fait, il l'a fait parce qu'il croyait devoir le faire. Je suis assez fier de la façon dont il se débrouille, il a l'habitude de se débrouiller tout seul, comme son père à l'époque", a affirmé M. Sarkozy.

"Je suis un père qui aime son fils, donc je n'ai pas à lui demander de faire ou je n'ai pas à lui interdire de faire. Chaque parent doit soutenir ses enfants mais les laisser décider de ce qu'ils doivent faire", a-t-il ajouté.

Etudiant en droit maniant la même éloquence que son père, Jean Sarkozy était engagé jusqu'à présent dans la campagne pour les municipales à Neuilly-sur-Seine. Il a contribué au retrait du candidat officiel, David Martinon, porte-parole de l'Elysée, qui avait été "parachuté" par son père au grand dam de la droite locale.

Ce psychodrame municipal avait été notamment qualifié de "farce" par l'opposition socialiste.

Jean Sarkozy s'était destiné initialement au théâtre et était pressenti pour jouer dans une comédie à Paris.

Mais il a finalement décidé à l'automne de se consacrer à ses études et à la politique, en lançant sa carrière là où son père a débuté la sienne quand il n'avait lui aussi qu'une vingtaine d'années.

Interrogée sur sa candidature, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a répondu jeudi: "Le feuilleton familial commence à fatiguer les Français et je ne voudrais pas en rajouter, Neuilly n'est pas le centre de la France".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 20 février 2008, 19h33)

Voila, la poubelle est vide, ou presque... Il me reste cet aveu de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, fait le 16 février dernier, en petit comité :

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"En ce moment, je foire tout ce que je fais. [...] Je fonctionne par phases. Tout ce que j'ai fait entre 1993 et 1995, ça marchait bien. Entre 95 et 98, ça n'a plus marché. Puis de 2002 à 2007, ça a été fabuleux. Là, je suis à nouveau dans une mauvaise phase. Il faut laisser passer l'orage. Quoi qu'il en soit, j'accélère. L'important, c'est que les bonnes phases arrivent au moment des élections."

(Sarkozy, en petit comité, le 16 février 2008, cité dans Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008)

Sarkozy aime prendre des risques, mais s'il n'est pas dans une bonne phase aux moment des prochaines élections municipales, en faisant tout ce qu'il peut pour recevoir des pruneaux, il va être servi, même si ce sont surtout les candidats de l'UMP ou assimilés qui risquent de s'en prendre plein la figure...

On l'aura compris : si nous étions dans un film d'action, et que Sarkozy de Nagy-Bocsa en était le héros, le film, à l'évidence, serait complètement nul, faute de scénario crédible et de mise en scène subtile... Sarkozy n'a rien d'un héros : c'est un vrai zéro...
Sarkozy adepte de la médiatisation superficielle et Sarkozy prônant le retour aux "fondamentaux" à l'école, Sarkozy dénonçant le manque de culture historique des enfants et Sarkozy encourageant le formatage mémoriel dès le plus jeune âge, Sarkozy ami d'une laïcité assouplie et Sarkozy ennemi des sectes, Sarkozy répétant sans cesse le slogan "travailler plus pour gagner plus" et Sarkozy soudain apôtre d'un capitalisme "moralisé", Sarkozy l'atlantiste et Sarkozy le "gaulliste"... Il y a de quoi en perdre son latin... Et si vous ajoutez à cela de stupides histoires de SMS et une horrible candidature du fils de Sarkozy - qui une sorte de clone de son père, en plus jeune et plus blond - aux élections cantonales, il y a de quoi avoir envie de sortir bien vite de la salle de projection... Espérons que Nicolas Sarkozy sera le dernier des zéros dans son genre, et que son fils n'aura pas les moyens de marcher trop loin dans les pas de son père... Un Sarkozy à la plus haute charge de l'Etat, c'est déjà beaucoup trop...

Vous reprendrez bien encore un peu de bêtise sarkozyste pour la route, chers lecteurs ? Voici donc, pour terminer, une dernière énormité, mentionnée par le Canard dans sa fameuse rubrique "Le mur du çon":

Le mur du çon

"Franchi tous neurones dehors par le philosophe sarkozyste André Glucksmann, qui, interrogé par "Le Point" (7/2) sur Sarkozy, a lâché cette puissante analyse :

"Il est peut-être le premier Président situationniste."

    Les situationnistes, rappelons-le, ont été les premiers à dénoncer l'entreprise de la "société du spectacle", le modelage des consciences par le matraquage médiatique et marchand. Et le slogan préféré de Debord était "Ne travaillez jamais".
Glucksmann est vraiment l'homme de la situation !"

(Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008)

Allez... vous en avez assez ? Cela tombe bien : moi aussi ! ;-) Il est grand temps, pour ma part, de tenir mes promesses et de passer vraiment à autre chose : au vrai cinéma, par exemple...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Caricature de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, par Kiro, parue dans Le Canard Enchaîné N°4556, 20 février 2008 ; Nicolas Sarkozy consultant son téléphone portable, le 8 décembre 2007 à Lisbonne, photographie de l'Agence France Presse, ©Francisco Leong/AFP/archives ; Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, le 2 décembre 2004 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Pierre Verdy ; Nicolas Sarkozy et le ministre de l'Education Xavier Darcos en visite dans une école primaire à Périgueux, le 15 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©Régis Duvignau/AFP/POOL ; Nicolas Sarkozy, le 21 février 2008 à Noyelles-Godault, photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Huguen/AFP ; Nicolas Sarkozy sur le site de l'ex-usine Metaleurop Nord le 21 février 2008 à Noyelles-Godault, photographie de l'Agence France Presse, ©Philippe Huguen/AFP ; Nicolas Sarkozy prononçant un discours pour l'inauguration de l'Historial Charles de Gaulle à Paris, le 22 février 2008, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; Nicolas Sarkozy, lors de l'inauguration du mémorial audiovisuel en hommage au général Charles de Gaulle, à Paris, le 22 février 2008, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters/Philippe Wojazer/Pool ; Jean Sarkozy, en compagnie d'Arnaud Teullé [à droite], le 11 février 2008 à Neuilly-sur-Seine, photographie de l'Agence France Presse, ©Stephane de Sakutin/AFP/Archives ; Nicolas Sarkozy, le 21 février 2008 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Archives/Eric Feferberg)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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