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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)

Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /2007 20:41
A quelle sauce sarkozyste va donc être mangée la fonction publique dans les prochains mois et les prochaines années ? On aimerait bien être fixé, dans les détails, sur cette question, sachant que les temps à venir s'annoncent, de toute façon, plus difficiles que jamais pour ces fonctionnaires que tout sarkozyste se doit de considérer comme étant des "parasites". Mais à part la volonté affichée de Sarkozy de Nagy-Bocsa de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ainsi qu'il l'a lui-même rappelé l'autre jour à l'Université d'été du Medef, force est de constater que l'on ne sait pas grand-chose des projets précis du gouvernement. Ce dernier aurait-il peur d'avouer franchement ce qu'il compte faire concrètement de ses agents publics, de leurs salaires et de leurs postes ? Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, a évoqué, le 2 septembre dernier, un "plan de rigueur" dans la fonction publique, avant d'être démentie par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, puis par le Premier ministre François Fillon, qui ont préféré parler de "revalorisation" et "d'effort constant pour réduire les dépenses de l'Etat".
La menace est donc bien là, mais, finalement, on reste encore dans le vague... On notera cependant qu'André Santini - "Bigdédé", pour les intimes -, ancien député UDF des Hauts-de-Seine, bien connu comme raconteur de
blagues et de petites histoires, rallié à Sarkozy, et devenu aujourd'hui un obscur secrétaire d'État chargé de la Fonction publique auprès du ministre du Budget, a tout-de-même fait une petite apparition, la semaine dernière, à la télévision...

Salaires des fonctionnaires : "pas de grande marge de manoeuvre"

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini a reconnu jeudi [6 septembre] que le gouvernement n'avait pas de "grande marge de manoeuvre" pour faire progresser les salaires des fonctionnaires, en indiquant vouloir "aller plus loin vers le mérite".

"Le fameux point d'indice, auquel les syndicats sont très attachés, ne représente que 25% de l'augmentation du pouvoir d'achat", a fait valoir M. Santini sur la chaîne LCI. "Nous voulons aller plus loin vers le mérite, qu'il n'y ait pas que des événements automatiques", a-t-il indiqué.

Le secrétaire d'Etat a "contesté" la baisse de 6% du pouvoir d'achat des fonctionnaires depuis 2000 dénoncée par les syndicats de fonctionnaires. "Nous pensons même que l'an dernier, il a augmenté, pas beaucoup", a-t-il ajouté.

Assurant que "la rigueur", dont la ministre de l'Economie Christine Lagarde a récemment fait état pour la Fonction publique, n'était "pas d'actualité", il a qualifié l'endettement de la France de "considérable". Mais cela "ne va être comblé sur les dos des fonctionnaires", a-t-il assuré.

"Pour la première fois, nous avons un chef de l'Etat qui s'intéresse réellement à la Fonction publique", a lancé André Santini. "On ne pourra pas modifier la gouvernance de la France sans modifier la fonction publique", a-t-il dit.

"Depuis 1998, il n'y a pas eu d'accord salarial signé", a rappelé M. Santini, ajoutant "on parle de dialogue social ? Ce n'est pas vrai. Il faut remettre tout à plat", a-t-il ajouté.

"Ce qui important, c'est ce climat de respect et de confiance qui est en train de se mettre en place", a-t-il estimé le jour même où le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault doit être reçu par le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth.

Outre la question du pouvoir d'achat, les syndicats de fonctionnaires reprochent au gouvernement l'annonce, fin juillet, du non-remplacement de 22.700 fonctionnaires partant à la retraite en 2008, soit la plus forte suppression de postes depuis 2002, et pratiquement le double des suppressions de 2007 (12.000).

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 6 septembre 2007, 9h32)

Pas vraiment de quoi se réjouir, donc, le secrétaire général de la CGT Thibault étant, du reste, sorti déçu de sa rencontre, jeudi 6 septembre, avec le ministre Woerth, et son secrétaire d'Etat Santini, en déplorant notamment qu'aucun "rendez-vous particulier" de la part du gouvernement sur les salaires des fonctionnaires ne soit actuellement à l'ordre du jour...

Santini n'ayant pas été ni très précis, ni très convainquant, la lumière céleste ne pouvait venir que du guide suprême en personne... Or, il se trouve que Sarkozy de Nagy-Bocsa avait, semble-t-il, prévu de lever toutes les incertitudes concernant le sort de la fonction publique cette semaine. C'est à Nantes (Loire-Atlantique), ce mercredi 12 septembre, que le président de la République devait prononcer un discours "sur l'avenir de la fonction publique et les réformes à envisager et à conduire pour valoriser les métiers de la fonction publique et rendre nos administrations plus efficaces", selon l'expression employée par les services de l'Elysée. Ce discours était très attendu par les syndicats, sur de nombreux sujets, et notamment, bien entendu, sur le remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Seulement voilà : hier, 10 septembre, la Présidence de la République a pondu un communiqué dans lequel elle informe qu'"en raison de contraintes d'agenda, le déplacement du Président de la République en Loire-Atlantique, prévu le 12 septembre 2007, est reporté selon les mêmes modalités au jeudi 20 septembre 2007." Donc, le discours sur l'avenir de la fonction publique est lui-aussi reporté à plus tard... On se demande bien pourquoi...


En pleine grogne syndicale, Sarkozy reporte son voyage du [12] septembre à Nantes


Le report de la visite de Nicolas Sarkozy à Nantes, où il devait évoquer mercredi l'avenir de la Fonction publique, intervient en pleine grogne syndicale face à la réforme annoncée des régimes spéciaux et aux suppressions programmées de postes de fonctionnaires.

L'Elysée a annoncé lundi soir [10 septembre] que le déplacement de Nantes était reporté au 20 septembre, en invoquant des "contraintes d'agenda". Réinterrogé mardi matin sur la raison de ce report, la présidence n'a fait aucun autre commentaire.

Le chef de l'Etat devait y détailler les réformes qu'il entend mener dans la fonction publique, des mesures très attendues des syndicats, exaspérés par les suppressions d'emploi et l'absence de négociations salariales. Nicolas Sarkozy s'exprimera donc sur l'avenir de la Fonction publique deux jours après avoir dévoilé ses intentions sur les régimes spéciaux, qui ne concernent pas les fonctionnaires mais constituent une nouvelle pomme de discorde entre syndicats et gouvernement.

En effet, après l'annonce dimanche [9 septembre] par le Premier ministre François Fillon - et à la surprise générale - que la réforme des régimes spéciaux n'attendait que le "signal" du chef de l'Etat, M. Sarkozy a prévu de faire part de sa décision "le 18 septembre" devant les journalistes d'information sociale. L'avenir de la Fonction publique et les régimes spéciaux de retraite constituent pour le président son premier grand test social.

Au centre du premier dossier, figurent les effectifs et les salaires. Le non remplacement de 22.700 fonctionnaires partant à la retraite dans le budget 2008, annoncé fin juillet, a fortement irrité les organisations syndicales. La grogne des syndicats a été attisée par la malencontreuse formule de la ministre de l'Economie Christine Lagarde qui a évoqué le 2 septembre un "plan de rigueur" dans la Fonction publique.

Même si le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant puis François Fillon ont vivement démenti la ministre, les syndicats y ont vu un "aveu de franchise", selon le terme du secrétaire général de la CFDT François Chérèque. Depuis dimanche, le gouvernement a ouvert un autre front, celui des régimes spéciaux. Le soupçonnant de vouloir "passer en force" sur cette réforme qui avait paralysé le pays en 1995, les syndicats ont prévenu le gouvernement qu'un "conflit majeur" aurait lieu s'il agissait sans négocier.

Ils ont toutefois reconnu pour certains la nécessité d'une évolution. D'ailleurs, selon Le Parisien/Aujourd'hui en France de mardi, le "coup d'accélération" du Premier ministre a été jugé "hâtif" et "maladroit" par l'Elysée. Le quotidien cite, sans le nommer, un ministre qui affirme que "cela a un peu grincé".

Interrogé sur ce point, Matignon ne faisait mardi matin aucun commentaire. Auteur de la réforme de 2003 sur les retraites (gouvernement Raffarin), François Fillon considère que le pays est mûr pour revoir les régimes spéciaux.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 11 septembre 2007, 10h56)

Ah, les fameux régimes spéciaux... Aujourd'hui, lors d'un déplacement à Rennes (Ille-et-Vilaine), Sarkozy de Nagy-Bocsa n'a pas pû s'empêcher d'en rajouter sur cette question, en jugeant notamment la situation actuelle desdits régimes spéciaux "indigne", au risque de provoquer, pour le coup, une vraie rupture, celle des négociations avec les organisations syndicales, si tant est qu'il y ai eu jusqu'ici de véritables négocations... Dommage qu'en faisant ainsi de la surenchère sur ces régimes spéciaux, Sarkozy se soit senti obligé de se cacher derrière cette question, qui a son importance, pour éviter de parler de ce problème majeur qu'est celui de la réforme de la fonction publique... Mais, après tout, pour ce qui est de la sauce à laquelle les fonctionnaires vont continuer d'être mangés, peut-être n'aura-t-il pas grand-chose à dire de nouveau lors de cette visite à Nantes qui, à l'origine, était prévue pour demain. Volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et peu - voire pas - de marge de manoeuvre pour faire progresser les salaires des agents de la fonction publique : il est vrai que tout a déjà été dit, semble-t-il... Quant au nombre de postes d'enseignants octroyés à l'occasion des concours de recrutement de professeurs, pour ne prendre que cet exemple, les candidats sont priés d'attendre, encore et toujours, peut-être jusqu'au mois de décembre, pour savoir si celà vaut la peine de se lancer dans la course, alors que les préparations aux concours de l'enseignement commencent maintenant, en septembre (les épreuves écrites d'admissibilité ayant traditionnellement lieu aux mois de mars et avril), et que ce nombre de postes à pourvoir devrait être établi et connu dès les mois de juin ou de juillet, si le ministère de l'Education Nationale faisait son travail correctement... C'est n'importe quoi, bien évidemment, mais je suppose qu'au gouvernement, tout le monde trouve cela normal. Si tel est le cas, alors autant le dire clairement : le gouvernement actuel est un gouvernement d'incapables et d'imbéciles, dont les membres, tout en cherchant pathétiquement à donner l'impression qu'ils existent dans leur minable petit microcosme politique, et qu'ils ont un vrai rôle à jouer au service de la société, font tout ce qu'il peuvent pour rester à la surface des choses, en n'ayant finalement à proposer que des vieilles recettes éculées, telles que la sacro-sainte suppression massive de postes de fonctionnaires, solution miracle à tous les problèmes du pays selon Sarkozy, Fillon, Darcos, et toute la clique.
Oh, je
devine bien ce que l'on pourra me dire : que je ne connais pas le président de la République, les ministres et les sous-ministres personnellement, et que je suis sans doute mal placé pour juger de la situation, moi qui ne suis pas dans les ministères, moi qui ne suis pas un expert accrédité, moi qui ne suis rien... Mais que m'importe : face à tant de
bêtise gouvernementale - si vous saviez, chers lecteurs, comme que je les trouve bêtes, mais bêtes ! -, je préfère dire franchement ce que je pense... et tant pis si mes propos ne paraissent pas sérieux à certaines personnes, car dans ce cas, ces personnes sont sans doute aussi bêtes que des ministres sarkozystes !

La colère est mauvaise conseillère, dit-on. Soit. Je m'arrêterai là pour aujourd'hui. Du reste, évoquer en permanence l'actualité sarkozyenne commence à m'ennuyer... Dorénavant, j'y consacrerai moins d'articles, afin de m'aérer quelque-peu l'esprit, et m'efforcerai de me concentrer sur ce qui me paraitra être véritablement essentiel...

Pour finir sur une note un peu décalée, évoquons l'inénarrable Georges Frêche, actuel président de la région Languedoc-Roussillon et ancien maire socialiste de Montpellier. Frêche est bien connu aujourd'hui pour être un spécialiste des déclarations controversées, puisqu'il s'est laissé aller à déclarer, par exemple, le 30 juin 2000, en voyant une femme voilée, lors de l'inauguration du nouveau tramway de Montpellier, "Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n'a que les oreillons", ou encore, le même jour, "Ici, c'est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous ressortez à Ouarzazate", lorsque le tramway entra dans un tunnel, la ville marocaine de Ouarzazate étant censée évoquer le terminus dudit tramway, La Paillade, qui est le plus important quartier montpelliérain à forte population maghrébine... Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette figure haute en couleurs de la vie politique languedocienne a son franc-parler...
Or, il y a quelques jours, Frêche a dit ce qu'il pensait de Sarkozy de Nagy-Bocsa...


Pour Georges Frêche, Sarkozy est "un gagne-petit" qui "ne réforme pas assez"


Le président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche a estimé vendredi que le président de la République Nicolas Sarkozy était "un gagne-petit" qui "ne réforme pas assez".

M. Frêche, invité de [la radio] France Bleu Hérault, a fait le parallèle avec l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing "qui était un président de droite, qui innovait, qui faisait des coups. Mais Giscard faisait des grands coups : la majorité à 18 ans, l'IVG"...

"Tandis que Sarkozy, c'est un gagne-petit, il est très bien, il est sympathique. Il ne fait rien qui me gêne mais il ne réforme pas assez et il est en train de gâcher ses six premiers mois", a déclaré le président de la région, exclu du PS en janvier.

"Un président de la République qui est élu, a un état de grâce, il a six mois, a poursuivi M. Frêche. Mais quand vous voyez les lois qu'il prend, c'est tout petit, il veut pas avoir les gens contre, il veut garder le consensus. Il faudra qu'il se rende compte qu'on ne fait pas de grandes réformes sans avoir une minorité qui est contre".

Toutefois, selon lui, M. Sarkozy va dans la bonne direction sur certains points, par exemple l'université.

Pour autant, la loi sur l'autonomie des universités est "une loi timide. Il fallait aller beaucoup plus loin dans le domaine de l'université", a-t-il jugé, précisant que "nos universités sont dans les choux".

"En France, a-t-il ajouté, il y a place pour 10 universités à l'échelle mondiale c'est tout. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire 130 universités comme c'est le cas à l'heure actuelle, mais il faut qu'il y ait des universités de différents niveaux".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 septembre 2007, 9h31)

Si Sarkozy "ne fait rien qui [le] gêne", on notera que Frêche a tout-de-même été condamné aujourd'hui, 11 septembre, à une amende de 1.500 euros par la Cour d'appel de Montpellier, pour avoir laissé entendre que des policiers brûlaient des voitures lors des violences urbaines de l'automne 2005, le ministre de l'Intérieur de l'époque - Sarkozy de Nagy-Bocsa -, ayant alors porté plainte contre Frêche à la suite de ses propos et saisi le ministre de la Justice de l'époque afin qu'il déclenche des poursuites. Frêche s'était, en effet, demandé, au début du mois de novembre 2005, lors de l'inauguration d'une mosquée à Montpellier, si ce n'était "pas les flics qui, comme en mai 1968, [mettaient] le feu aux bagnoles"... Le fait est que c'était pas la première fois, loin de là, qu'il commettait ce genre de "dérapage" verbal, mais apparemment, cette fois-ci, Nicolas Sarkozy - que Georges Frêche a, par ailleurs, déjà qualifié par le passé de "grand Mamamouchi aux talons compensés" - n'a pas voulu laisser passer... Celà dit, de toute façon, dans cette affaire comme dans d'autres, je suppose que Frêche n'a pas dit son dernier mot, loin s'en faut...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy le 10 septembre 2007, lors du sommet informel franco-allemand de Meseberg, près de Berlin, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; André Santini à l'Elysée le 20 juin 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Mehdi Fedouach/AFP-Archives ; Nicolas Sarkozy et François Fillon le 7 septembre 2007 à Strasbourg, photographie de l'Agence France Presse, ©Olivier Morin/AFP ; Georges Frêche, photographie de l'Agence France Presse, sans date, ©AFP/P. Guyot)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /2007 22:33
Plus de deux mois après l'envoi aux membres du MoDem, par François Bayrou, d'une lettre dans laquelle il annonçait notamment l'organisation d'Assises de la Démocratie pour la mi-septembre (voir l'article "Traversée démocrate du désert : fin des incertitudes..."), le premier grand rendez-vous du nouveau Mouvement Démocrate, rendez-vous finalement rebaptisé Forum des Démocrates, est sur le point d'avoir lieu. Ce Forum, qui fait office d'Université d'été pour le nouveau parti, s'ouvrira demain, jeudi 13 septembre, commencera ses travaux vendredi 14, et se poursuivra jusqu'à dimanche, 16 septembre. Il a lieu à Seignosse, au bord de l'océan Atlantique, dans le département aquitain des Landes, près de Bayonne. L'océan nous changera du désert à traverser, même s'il y aura encore du sable... ;-) Seignosse n'est pas très loin de Toulouse. J'y serai donc, pour ma part, le samedi et le dimanche.

Depuis les dernières élections législatives, il n'aura échappé à personne que le MoDem est resté jusqu'ici particulièrement discret sur le plan médiatique... jusqu'à la semaine dernière. Tout vient à point à qui sait attendre.

Bayrou poursuit la construction du MoDem au "Forum des démocrates" les 14-16 septembre

François Bayrou poursuivra la construction de son Mouvement démocrate (MoDem) lors d'un "Forum des démocrates", du 14 au 16 septembre à Seignosse (Landes).

Selon Jean-Marie Cavada, organisateur de ces rencontres de militants et d'élus, interrogé vendredi [7 septembre] par l'AFP, le Forum des démocrates constitue "la première salve" d'une série de manifestations prévues d'ici la fin de l'année.

Il doit être suivi à l'automne d'un Congrès fondateur du nouveau parti, et "probablement d'assises qui rassembleraient les candidats de l'UDF-MoDem aux municipales et cantonales", a indiqué le député européen.

M. Bayrou a lancé la construction de ce nouveau parti du centre le 10 mai à Paris lors d'un conseil national de l'UDF, après la présidentielle où il avait obtenu 18,57% des voix.

L'UDF-MoDem a présenté des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives de juin, mais n'a obtenu que 7,61% des voix au premier tour et quatre députés élus, dont M. Bayrou.

Selon M. Cavada, le Forum démocrate a déjà "2.500 inscrits, le double de l'université d'été de l'an dernier, bien que son budget soit la moitié".

Les participants tiendront vendredi et samedi deux débats de politique générale, le premier sur les élections municipales et cantonales, et le deuxième sur la construction du MoDem. François Bayrou prononcera son discours de rentrée le dimanche 16 à la mi-journée.

Elus et militants doivent travailler à l'élaboration d'une "charte des valeurs" et d'"une charte éthique", et réfléchir aux statuts et projet du nouveau parti.

Des ateliers et forums sont organisés autour de thèmes comme le prochain Grenelle de l'environnement, l'Europe, les sujets économiques et sociaux, ou institutionnels.

Sont notamment annoncés Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21 et l'ex membre des Verts Jean-Luc Bennahmias, parties prenantes du MoDem.

Le MoDem compte "45.000 à 50.000 adhésions confirmées, venant d'horizons diversifiés: UDF, centre-gauche, Verts, Cap 21, gauche ...", selon M. Cavada.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 septembre 2007, 12h52)

À l'occasion de ce Forum des Démocrates, le bureau départemental des jeunes démocrates de la Haute-Garonne a souhaité qu'il soit remis par écrit une contribution à la charte des valeurs du MoDem. Le 30 août dernier, une réunion-débat a donc eu lieu à Toulouse sur le thème "MoDem : quelle nouvelle offre politique, quelle organisation et quelle charte des valeurs ?". J'ai eu l'occasion d'y retrouver Alexandre Labarthe, dit "Lex", ainsi que de faire connaissance "en vrai" avec d'autres compagnons de route, qui se reconnaitront... ;-) Après une bonne soirée de discussion - consacrée à l'humanisme, à l'écologie, à l'engagement européen, à l'éthique et à la solidarité -, et après l'indispensable apéritif qui a suivi - et qui va avec ;-) -, nous nous sommes séparés après nous être mis d'accord sur le contenu de notre contribution écrite à la charte, contribution à la rédaction de laquelle j'ai modestement participé, avant et après cette réunion. Espérons que le contenu de cette contribution de quelques pages attirera l'attention de ceux à qui le document sera communiqué à l'occasion du Forum...

Le Forum du MoDem est un des derniers rendez-vous politiques de l'été. Le Parti Socialiste, pour sa part, a tenu son Université d'été à La Rochelle (Charente-Maritime) du 31 août au 2 septembre derniers, et à l'occasion de cette manifestation, certains socialistes se sont décidés à se poser sérieusement la question de savoir quelle attitude il convenait d'avoir vis-à-vis du MoDem...

Alliance, accord ou ignorance du Modem : les socialistes s'interrogent

Alliance, accord électoral ou totale ignorance du MoDem, la question a été samedi [1er septembre] au centre d'un débat animé à l'université d'été du PS sous la houlette de Pierre Moscovici qui, un peu seul, s'est dit favorable à un "dialogue" du PS avec le parti de François Bayrou.

"C'est la première fois qu'à une université d'été, on discute des rapports avec le centre, la chose aurait été impensable il y a dix ans", relève le député du Doubs, devant une centaine de militants réunis dans un "atelier" sur le thème "y a-t-il un centre?".

La raison de cet intérêt est évidemment le score de François Bayrou (18,5%) au premier tour de la présidentielle et son positionnement comme candidat "protestataire", alors que "la gauche n'a jamais été aussi faible et éclatée", souligne-t-il.

Alain Richard, ancien ministre de la Défense, a fait les calculs: "la gauche a perdu 6,7 points entre 2002 et 2007, 2,5 millions d'électeurs de gauche ont voté Bayrou" au premier tour, "tandis que 40% d'électeurs Bayrou ont voté Royal au deuxième tour et 20% se sont abstenus".

Pour Alain Richard, l'avenir du MoDem - "formation nouvelle, non stabilisée, qui va tâtonnant" - reste incertain et son étiage électoral reste autour de 8%. Pour Kader Arif, patron des fédérations du parti, "le MoDem n'existe pas, il n'a pas d'appareil constitué". "Je n'ai pas d'angoisse", affirme-t-il.

Toutefois, prévient M. Richard, aux municipales de mars, "aucun candidat socialiste ne sera indifférent à la discussion avec le MoDem" pour le second tour, à partir du moment où la liste centriste aura fait plus de 5%.

Le premier secrétaire François Hollande a fixé "une règle simple": "que ceux qui acceptent le rassemblement de la gauche, le projet municipal, l'opposition à Sarkozy viennent nous rejoindre au second tour".

Mais Pierre Moscovici va au-delà: il propose de "bâtir un processus de dialogue structuré, sans tabou ni illusion", avec le centre, mené "avec prudence" mais "portant sur le fond". Il s'agit d'ouvrir les "assises progressistes" que le PS appelle de ses voeux à la gauche, mais aussi à "ceux des centristes qui le souhaitent".

Chez les militants, c'est surtout le réflexe identitaire qui l'emporte: "il faut faire attention de ne pas vendre notre âme", prévient l'un d'eux. "Le glissement du PS vers le centre me gêne", il faut "affirmer nos valeurs", renchérit Yannick, de la Fédération de la Gironde.

"Il faut insister sur le clivage gauche-droite et faire en sorte que le centre n'existe pas!", propose un militant du Nord.

Cécile, de Paris, se dit favorable aux accords locaux avec le MoDem, "mais très réservée" sur le plan national, estimant que François Bayrou veut réduire le PS "à la portion congrue". Son camarade de Seine-Maritime propose un raccourci: "récupérer l'électorat du centre, sans chercher une alliance électorale".

Le député des Hautes-Pyrénées Pierre Forgues rappelle un principe qui fait consensus: "parler avec Bayrou est une illusion, il faut d'abord bâtir un projet clair et crédible".

François Hollande avait mis en garde vendredi: "le débat sur le centre, c'est un débat où nous nous perdrons sans trouver le centre".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 1er septembre 2007, 18h04)

Les propos - parfois effrayants de bêtise, il faut bien le dire - de certains militants et élus socialistes suscitent chez moi, je l'avoue, un certain mépris... Continuez donc, les uns et les autres, à vous regarder le nombril, à vous demander ce que c'est qu'être "vraiment de gauche" au XXIe siècle, ou ce que c'est, au juste, que le centre centriste glissant, ou bien comment récupérer en claquant des doigts un électorat à la manière d'un Sarkozy... Continuez à vous agripper à vos vieux réflexes de partis prisonniers de schémas mentaux poussiéreux... Pour l'ouverture d'esprit, décidément, il faudra repasser...
Pour ma part, je ne suis ni un gauchiste obsédé par des vieilles lunes crypto-marxistes ou crypto-guévaristes, ni un centriste obsédé par une illusoire disparition du clivage gauche/droite : j'ai des idées de gauche sur beaucoup de sujets, mais je ne suis pas internationaliste - contrairement à encore beaucoup trop de socialistes - ; certaines de mes idées ne sont pas forcément très "de gauche", mais, pour autant, je ne serai jamais attiré par la droite, et le positionnement "extrême-centriste" niant - contre toute évidence - le clivage gauche/droite ne m'intéresse pas. Je n'ai jamais eu d'étiquette politique de nature à rentrer dans une case strictement définie - d'où mon positionnement anarcho-monarchiste -, et ce n'est pas maintenant que cela va changer. Sans doute peut-on me considérer comme étant de centre-gauche actuellement, pour faire simple, mais que les choses soient bien claires : mon positionnement personnel se veut CENTRAL, non centriste, et si je suis obligé, par les circonstances du moment, de choisir entre voter à droite et voter à gauche, je n'hésiterai pas une seconde à choisir la gauche, même si, trop souvent, elle ne mérite pas le soutien dont elle bénéficie... Le clivage gauche/droite structure le paysage politique français depuis 1789 : bien naïf serait celui qui prétendrait faire comme s'il n'existait pas... Toutefois, ayant adhéré au MoDem, j'espère pouvoir contribuer au nécessaire renouvellement des pratiques et de la vie politiques, car j'estime que ce nouveau parti - qui, pour moi, doit surtout être CENTRAL, avant d'être centriste - peut jouer un rôle très actif dans ce renouvellement, sans être, contrairement au PS, prisonnier d'un carcan idéologique, ou de stratégies électorales à courte vue.
Certains ne manquent pas de me faire savoir qu'ils ne croient pas à l'avenir du MoDem. Personne n'est toutefois en mesure de dire de quoi l'avenir sera fait. Pour ma part, je suis serein : ainsi que je l'ai toujours dis, je ne ferai pas de la politique toute ma vie, et si le MoDem, finalement, devait ne pas me satisfaire - notamment en se rapprochant de la droite sarkozyste -, je le quitterai sans état d'âme, car, en vérité, j'ai bien d'autres choses à faire que de la politique, et il n'y aurait donc, à ce moment-là, aucun regret de ma part, mon engagement ayant été sincère et loyal du début à la fin...

Pour l'heure, toujours soucieux de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux, je me réjouis d'aller à Seignosse, pour le Forum des Démocrates - qui est, en fait, chacun l'aura compris, une commémoration hippie des quarante ans du fameux Summer of Love ("Eté de l'Amour") de 1967 ;o) -, et d'y retrouver un certain nombre de camarades bloggeurs démocrates rencontrés à Paris et à Toulouse... A bientôt ! :-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustration : Plage de Seignosse [Landes], le 1er septembre 2007 à 9h02, détail d'une photographie panoramique, ©Viewsurf.com)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 23:59
J'ai donc passé les journées de samedi et de dimanche derniers (15 et 16 septembre) au Forum des Démocrates qui avait lieu à Seignosse-Le Penon, station balnéaire de la commune de Seignosse (Landes), au bord de l'océan Atlantique. Par où pourrais-je bien commencer ? Il y aurait tant à dire, ou plutôt à écrire... Je vais essayer d'être le moins confus possible, en racontant simplement ce que j'y ai vu et entendu... Puisque je ne suis pas un journaliste, mais un simple témoin participant, je me contenterais de rapporter ce que j'ai vu et entendu durant mon séjour, non sans donner toutefois mes impressions, bien entendu.

Samedi 15 septembre :

J'arrive sur place en fin de matinée, après un voyage en train de Toulouse jusqu'à Bayonne, puis en bus de Bayonne à Seignosse, ce qui m'a permis de revoir une région - celle de Bayonne et d'Anglet - où j'ai plusieurs fois eu l'occasion de venir en vacances dans mon enfance. A peine arrivé au village VVF où avait lieu le Forum, je retrouve, complètement par hasard,
"Lex" Labarthe, avec qui j'ai assisté, dès 12h30, à ce que l'on pourrait appeler une réunion autogérée à laquelle étaient conviés, dans un coin de salle, les membres, militants et élus du MoDem de la Haute-Garonne et, plus largement, de l'ensemble de la région Midi-Pyrénées, qui avaient pû faire le déplacement : cela a été une bonne occasion de déplorer le manque de communication des responsables locaux du parti avec les adhérents durant les derniers mois, manque essentiellement dû au fait que la liste des membres du nouveau parti a longtemps - trop longtemps - été retenu par le siège de Paris. Les choses devraient maintenenant rentrer dans l'ordre, et il a été par ailleurs convenu de l'utilité d'organiser des liens entre les différentes fédérations de la région afin de ne pas rester isolés chacun dans son département, les difficultés pour faire vivre le Mouvement étant parfois difficile selon l'endroit où l'on se trouve dans la région la plus grande de France, Midi-Pyrénées. Les débats me paraissent plutôt francs, suffisemment en tout cas pour laisser paraître des désaccords en ce qui concerne notamment la stratégie électorale à adopter pour les prochaines élections municipales de 2008. De fait, à l'issue de la discussion, de nombreuses inconnues subsistent, notamment en ce qui concernent l'éventualité de présenter des listes autonomes du MoDem sans alliance préalable avec l'UMP ou le PS... J'estime personnellement que la conduite de listes autonomes, là où celà est possible, et une des conditions essentielles à l'affirmation de l'indépendance du MoDem, mais qui pourrait pourrait bien les conduire, notamment à Toulouse ? La réunion se termine sans avoir apporté de réponse. Souhaitons qu'une solution soit rapidement trouvé. Je note qu'il n'a pas une seule fois été question du rôle des jeunes démocrates dans la vie locale du parti, mais il est vrai que l'on m'avait prévenu : on ne viendra pas forcément nous chercher, nous les 25-30 ans...

Le Forum, mis en place notamment par le député européen Jean-Marie Cavada, est organisé autour d'ateliers, ouverts à tous, traitant soit de sujets de fond, soit de la vie, de l'organisation et du rôle du MoDem, des ateliers de formation d'élus étant également prévus. J'aimerai toutefois d'abord voir les démocrates parisiens que je connais, car les occasions de ce genre sont peu fréquentes. Après avoir fait un petit tour au bord de l'océan, au delà des dunes de sable, sous un soleil ardent, je retrouve donc ensuite - non sans quelque difficulté, car le VVF est un vrai labyrinthe pour le néophyte, d'autant plus que le Forum a attiré beaucoup de monde - mes amis bloggeurs du "MoDem 4.0", groupe informel de jeunes démocrates parisiens dont j'ai rencontré plusieurs membres lors de mon dernier voyage à Paris, en juin dernier. Certains sont absents, et seront regrettés, mais il y a
GuillaumeD, Thibault (Blog "Génération Démocrate") - tout deux avec qui je loge dans un appartement au pied d'une dune -, Marie-Isabelle (Blog "MIP au MoDem"), Virginie Votier, que je connais déjà tous, ainsi que Benjamin Sauzay (Blog "Orange-rouge-vert") et bien sûr, Quitterie Delmas (Blog "Les Jeunes libres"), la "star de la télé" et "égérie de la blogosphère démocrate" que l'on ne présente plus... ;o) Je suis très content de les voir tous, car rien ne remplace les rencontres concrètes comme celle-ci.

En fait, des "stars de la télé", ce n'est pas ce qui manque au Forum : des journalistes, des politiques, faciles à reconnaître, et même à aborder pour certains, et qui auront eu, plus que les autres, leur moment de notoriété, toute relative du reste... La présence de tout ce beau monde tombe à point nommé, car il va justement être question de médias...
16h30 : soucieux d'apporter à Quitterie le soutien du courant démocrate anarcho-monarchiste - que je réussis sans peine à incarner à moi tout seul (fortiche, non ?) - je l'accompagne, avec Virginie, son soutien de toujours, à un débat hors-programme organisé dans une salle où la chaleur règne malgré les portes et fenêtres grandes ouvertes. Le sujet : l'indépendance des médias en question. Parmis les journalistes invités - Quitterie est la seule représentante liée au monde politique et au MoDem, et la seule femme, qui plus est -, il y a Philippe Lefait, présentateur de l'émission télévisée culturelle Les mots de minuit, diffusée sur France 2, tard dans la nuit. Il dit des choses justes sur ce qu'est devenu le journalisme aujourd'hui : à l'origine, le journaliste était un citoyen s'adressant au citoyen, alors qu'aujourd'hui le journaliste tend à devenir un vendeur qui s'adresse à un consommateur, la technologie moderne - notamment l'Internet - et le marché réduisant la capacité de médiation - au sens propre du terme - du journaliste. Son constat général est un constat de crise, marqué par des médias très puissants, mais aussi par des journalistes dont la position est désormais fragilisée. Un autre participant, John-Paul Lepers, ancien journaliste de Canal+ et créateur de la chaîne de télévision en ligne LaTéléLibre.fr, évoque l'existence aujourd'hui d'une nouvelle responsabilisation du journaliste, grâce au contrôle exercé par les citoyens - devenus "citoyens-journalistes" - via Internet. Quitterie Delmas souligne que les internautes peuvent effectivement désormais aider les journalistes à transmettre une réalité, étant ensuite précisé qu'il convient de distinguer le journaliste, qui transmet de l'information, du bloggeur internaute qui transmet de l'expression... Philippe Lefait apporte une nuance en attirant l'attention sur le fait que les nouveaux médias, par rapport aux anciens médias traditionels, ont une tendance à disperser l'information, ce qu'il est important de retenir - mais qu'est ce qui est important désormais à retenir ? ajoute-t-il... Le débat se poursuit, avec interventions du public, au début clairsemé, puis plus nombreux, et se termine sur le constat que chacun doit pouvoir changer sa façon de "consommer" l'information et faire preuve d'esprit critique par rapport à ce qu'il lit, voit et entend dans les médias, Lefait ayant toutefois recommandé à l'assistance, avant de partir, de ne pas être "consommateur" d'information, et de faire un choix, au lieu de "zapper"... C'était "une bonne table", pour reprendre l'expression de Virginie... ;-)

18h30-19h00 : c'est l'heure d'aller tous assister, dans une grande salle un peu à l'écart, à un grand débat de politique générale autour de François Bayrou et des élus du MoDem sur la construction du Mouvement Démocrate. Au début, l'enthousiasme et la bonne humeur domine. Un ancien membre du parti des Verts, qui a rejoint le MoDem avec Jean-Luc Bennhamias, présente la synthèse des ateliers sur l’organisation du MoDem : prononçant le nom de Bayrou "Bairou", il est plusieurs fois rappelé amicalement à l'ordre par le public amusé jusqu'à ce qu'il prononce correctement "Baïrou"... Mais, en fait, dès avant le début de la réunion publique, on envisage que ledit débat puisse devenir rapidement tendu, car il y a désaccord entre ceux qui, comme François Bayrou, veulent que le MoDem soit un parti complètement uni et sans courants en son sein, et plusieurs des élus UDF restés au MoDem, qui - tout comme, par ailleurs, Corinne Lepage et son mouvement écologiste Cap 21- souhaiteraient que les parties prenantes du MoDem gardent une existence distincte, au lieu de se fondre dans un nouveau parti. Ces élus UDF s'expriment par la voix du nouveau député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoit - dont la position, trop complaisante à l'égard de Sarkozy et du gouvernement actuel, n'est pas bien accueillie par le public, c'est le moins que l'on puisse dire... -, et de l'ancien ministre Didier Bariani, qui déclare notamment "Je ne crois pas au shaker que l'on secoue et qui est prêt à consommer immédiatement". Très soutenu par la majorité des militants réunis dans la salle, Bayrou ne ménage guère, pour sa part, ces élus partisans d'une vague période de transition durant laquelle le MoDem ressemblerait à une sorte de confédération, confirmant son hostilité - déjà affichée par le passé - à l'existence de courants au sein du MoDem. Animateur du débat, Jean-Marie Cavada donne patiemment la parole à des personnes du public, lesquelles, il faut bien le reconnaître, n'avaient pas souvent de questions précises à poser... Les choses s'éternisent, jusqu'à au moins 23 heures... Je ressort de la salle avec un sentiment mitigé : d'un côté, il y a l'enthousiasme sincère de l'ensemble des membres du nouveau parti qui a été très clairement affiché, mais d'un autre côté, j'ai la sensation que le climat post-électoral de confusion, d'ambiguïté, de cuisine politicienne, de conflits latents, de tensions liées au comportement d'une direction perçue par beaucoup comme oligarchique, n'a pas disparu depuis les mois de mai et juin derniers... Beaucoup de questions restent sans réponse pour l'instant, même si l'espoir demeure. Le clou du spectacle aura donc été l'affrontement à fleurets mouchetés entre Bayrou et certains des élus du MoDem, ces derniers étant dès lors sans doute appelés à quitter le nouveau parti à l'occasion des prochaines élections municipales... J'allais toutefois oublier un détail pittoresque : le sabordage en direct de Yves de Chaisemartin, président des jeunes UDF, qui a annoncé, assez joyeusement, sa démission en direct à la tribune, de façon quelque peu incongrue, mais sous les applaudissements nourris du public. Comprenne qui pourra...

Après avoir dîné dans un restaurant qui a charitablement retardé sa fermeture pour nous permettre de lester nos estomacs - il était aux alentours de minuit -, je me rends, avec Quitterie et les autres membres du "MoDem 4.0", a un autre débat, informel celui-là, dans la salle où a eu lieu la réunion midi-pyrénéenne de 12h30. Corinne Lepage, qui était présente au débat précédent, et Quitterie l'animent, et si, au début, chacun doit élever la voix pour s'exprimer, car la fête du samedi soir bat son plein dans la salle voisine, bientôt un microphone circule parmi le petit groupe qui s'est formé, et qui est constitué de personnes venues de toute la France et parfois de plus loin (même de Russie, si je me souviens bien !)... Chacun, malgré l'heure tardive, éprouve le besoin de s'exprimer, de poser des questions, d'apporter son expérience. A 1 heure du matin, nous sommes encore là, en train de dialoguer sur l'avenir du MoDem, et chacun convient désormais que ce qui est vraiment important, pour l'avenir du Mouvement, n'est pas ce qui nous distingue les uns des autres mais ce que nous voulons faire ensemble. Pour certains, il est bientôt temps d'aller dormir, mais pour nous, moi, mes amis du "MoDem 4.0" et plusieurs autres, il est grand temps d'aller faire un tour du côté de la longue terrasse qui borde la salle, ainsi que le bar et la piste de dance voisins. Bientôt le champagne coule à flot sous le ciel étoilé : c'est François Van Zon, bloggeur ("Citoyen dilletante") et démocrate du XIVe arrondissement de Paris qui en amené plusieurs bouteilles : c'est le même champagne que celui bu à l'Assemblée Nationale, mais, attention, il n'y a pas que les députés qui en boivent (la preuve, ce samedi soir là...), et la provenance des bouteilles est légale à 100 % - du moins il me semble bien que c'est là la précision que m'a donné François (en même temps, à ce moment-là, la soirée était déjà bien avancé, si vous voyez ce que je veux dire...)... Jean-Marie Cavada, de fort bonne humeur, est passé nous voir plusieurs fois, allant de table en table, discutant avec tout le monde : il est le seul responsable a être resté à la fête, pour bavarder un peu avec nous une partie de la nuit. Puis, finalement, vers 4 heures du matin, il a tout de même fallu aller se coucher...

Dimanche 16 septembre

Après quelques heures de sommeil, et avant d'aller prendre un dernier repas et de nous séparer, chacun se rend à la grande salle du débat de la veille, pour écouter, à partir de 11h00-11h30, le discours de rentrée politique du patron. François Bayrou cède parfois à la facilité, et commet notamment quelques redites par rapport à ces discours précédents, mais son discours du jour produit les effets attendus sur son public, qui l'ovationne à maintes reprises. La partie du discours que j'ai préféré ? Celle dirigée contre Sarkozy de Nagy-Bocsa et le sarkozysme bien sûr... ;-) Une dépêche de l'agence de presse Reuters a évoqué ainsi les attaques que Bayrou a réservé à Sarkozy et à ses soutiens :

Bayrou, Sarkozy, le Cac 40 et la "jubilation des hot dogs"

François Bayrou a dénoncé dimanche les choix de Nicolas Sarkozy, dont il a moqué la fascination pour l'argent et les dernières vacances américaines.

"J'ai été frappé depuis longtemps (...) que tous ses choix montrent - même si parfois je soupçonne qu'il ne s'en rend pas compte ou qu'il en minimise la portée - qu'il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant [le modèle américain inégalitaire], mais à l'alignement sur ce modèle dominant", a déclaré le président du MoDem lors de son discours de clôture du forum de son mouvement politique dans les Landes.

François Bayrou a dénoncé "les signes multipliés au monde de l'argent, au Cac 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's, la peopolisation de la société, la vedettarisation de la politique".

Revenant sur la rencontre entre Nicolas Sarkozy et la famille Bush [le 11 août dernier] en marge de ses vacances d'été dans l'Est américain, le député béarnais a ironisé sur "la jubilation des hot dogs avec Bush père, Bush mère et Bush couple".

"Et que j'ai aimé ce jour là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !", a-t-il ajouté à propos de la femme du président français [qui s'était faite alors porter pâle], déclenchant les rires de la salle.

Evoquant l'atmosphère qui entoure selon lui le chef de l'Etat, François Bayrou a dénoncé "un concours de lèche permanente". "Le cirage de pompes et devenu un sport national dans notre pays".


(Dépêche de l'agence Reuters, 16 septembre 2007, 14h04)

Alors, évidemment, les esprits chagrins pourront peut-être crier à la bassesse, mais, en vérité je vous le dis, chers lecteurs : il n'y a pas de petit plaisir... ;-)

Pour le reste, François Bayrou a affirmé que "nous porterons un seul nom: le Mouvement démocrate" et a pris ses distances avec l'appelation "centriste" : "Dire centre, c'est se définir par rapport à la droite et la gauche, nous, nous sommes démocrates" a-t-il ainsi précisé. J'approuve cette évolution de sa part.
La ligne de Bayrou pour les élections municipales de mars 2008 est que le MoDem soit "présent dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au premier tour", sachant qu'il y aura "des cas où on devra, y compris avant le premier tour, envisager des majorités de rassemblement". Ainsi, comme celà était prévisible, il faudra examiner donc chaque situation locale au cas par cas... en tenant compte de l'avis des militants, celà va sans dire...

Le fait est que le projet du MoDem, parce qu'il se veut véritablement innovant, est très ambitieux. Je m'en félicites, mais je ne suis pas dupe des réalités propres à la politique, celles du pouvoir monopolisé et des ambitions qui vont avec... François Bayrou a proposé vendredi dernier un projet de charte des valeurs et un projet de charte éthique, qu'il nous propose de compléter et d'améliorer : c'est une bonne chose. Mais il faudra aller plus loin, et passer notamment des discours aux actes en ce qui concerne l'organisation du MoDem. Ainsi, à l'article II de la proposition de la charte éthique on peut lire : "Le Mouvement Démocrate respecte en son sein les principes démocratiques qu’il promeut à l’extérieur, notamment participation, information, liberté du débat, séparation des pouvoirs, transparence des décisions"... Chiche !

La date du Congrès fondateur du Mouvement Démocrate a été définitivement arrêtée : ce sera le 25 novembre prochain. Mais le chantier de construction du nouveau parti ne fait que commencer... et tout le monde doit pouvoir y prendre part...

Pour finir, j'aimerai exprimer ici combien j'ai été heureux, à l'occasion de ce Forum des Démocrates, de rencontrer Quitterie Delmas, Virginie Votier, Guillaume, Thibault, Marie-Isabelle, Benjamin, Alexandre... en somme, tous les bloggeurs démocrates que je connais par ailleurs sur la Toile. C'était vraiment bien, et rien que pour celà, je ne regrette pas le déplacement. J'espère, bien-sûr, que d'autres occasions se présenteront...

Bien amicalement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustration : François Bayrou, président du MoDem, le 16 septembre 2007, à Seignosse, photographie de l'Agence France Presse ; ©Pierre Andrieu/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /2007 13:25
Et voilà... Moins d'une semaine après le Forum de Seignosse, j'ai à nouveau le moral dans les chaussettes... Quelle fatigue de devoir suivre l'actualité sarkozyste ! C'est d'un déprimant... Mais enfin, il me faut bien évoquer le programme de l'actuel chef de l'Etat en ce qui concerne les fonctionnaires, puisque Sarkozy de Nagy-Bocsa s'est enfin décidé à le présenter, après avoir retardé l'échéance (voir l'article "Quid de la Fonction publique à la sauce sarkozyste ?"). Mercredi dernier, après avoir dévoilé la veille, mardi 18 septembre, son programme de réformes sociales, avec notamment l'alignement des régimes spéciaux de retraite, l'assouplissement des 35 heures, la fusion de l'ANPE avec l'Unédic, et la réforme du contrat de travail, Sarkozy a, en effet, prononcé, à Nantes, son discours relatif à la réforme de la fonction publique, discours annoncé initialement pour le 12 septembre.

Sarkozy propose aux 5 millions de fonctionnaires une "révolution culturelle"


A peine lancé le compte à rebours de son "nouveau contrat social", Nicolas Sarkozy a engagé mercredi [19 septembre] à Nantes un autre chantier délicat en proposant aux fonctionnaires une "révolution culturelle", seule capable selon lui d'introduire la fonction publique dans le XXIe siècle.


Attendu de pied ferme par les fédérations syndicales du secteur, le président a admis, devant les élèves de l'Institut régional d'administration (IRA), le "malaise" actuel d'un Etat "impécunieux et impuissant" et a sonné l'heure de sa "refondation".


"Nous devons refonder une fonction publique où les fonctionnaires n'auront pas le sentiment d'être réduits à l'impuissance, parce qu'ils ne savent pas toujours ce que l'on attend d'eux, parce qu'ils ont trop souvent le sentiment d'être mal aimés, mal considérés, parce qu'ils servent un Etat qui fonctionne mal", a-t-il déclaré.


Reprenant nombre de ses thèmes de campagne, Nicolas Sarkozy a détaillé le "nouveau pacte" qu'il souhaite proposer aux 5 millions de fonctionnaires, brossant le portrait d'un secteur public moins nombreux, plus ouvert et plus motivé, dont les agents seraient payés au mérite et le statut assoupli.


"Je me suis engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire qui part en retraite sur deux, et cet engagement je le tiendrai", a-t-il d'abord réaffirmé en précisant, notamment aux agents de l'Education nationale, que ce principe ne pourrait être "que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et d'organisation".


Fidèle à sa devise "travailler plus pour gagner plus", le chef de l'Etat a également souhaité que "tous les fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires, quel que soit leur statut".


Evoquant leur rémunération, Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé en faveur du principe "d'individualisation" afin de tenir compte "du mérite, de l'implication, de l'expérience, des résultats" des agents.


Il n'a toutefois fait aucune proposition concrète en matière de hausse de leur pouvoir d'achat, l'une des plus pressantes revendications des huit fédérations du secteur (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CGC, CFTC).


Dans un souci de "souplesse" et de "mobilité", il a enfin souhaité qu'une partie des agents de la fonction publique puisse choisir "entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré" et que ceux qui souhaitent la quitter bénéficient d'un "pécule". Il a remis en cause le concours d'entrée, accusé notamment de ne plus être garant de diversité ou de mixité sociale.


Conscient de s'attaquer à certains des principes sacro-saints de la fonction publique, Nicolas Sarkozy a pris soin de longuement rendre hommage à la "moralité" et au "professionnalisme" des fonctionnaires, puis de rassurer sur la méthode de sa "révolution".


"Toutes les propositions que je viens de formuler (...) sont autant de thèmes de négociation et de concertation avec les organisations syndicales", a-t-il insisté.


A l'inverse de son discours de la veille [au Sénat, sur les questions sociales], le président n'a pas non plus fixé de calendrier contraignant à son gouvernement. "Cela ne se fera pas en un jour", a-t-il concédé, "mais l'ensemble des engagements devront être tenus durant mon quinquennat".


Les syndicats n'ont pas tardé à monter au créneau pour dénoncer les "propositions" présidentielles. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, lui a ainsi reproché un "dynamitage de tous les principes fondateurs de la fonction publique". Les syndicats doivent se réunir vendredi pour tenter de définir une action commune.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 19 septembre 2007, 16h27)

Ainsi, Sarkozy veut effectuer une réforme complète, d'ici à la fin de son quinquennat, des statuts, de la rémunération, de la formation, de l'accès et de la sortie de la fonction publique. Tout celà est fort bien, sauf qu'en fait de réforme, il entend se contenter, d'une part, de réduire drastiquement les effectifs - notamment dans l'Education nationale, qui, comme d'habitude, est certainement la cible privilégiée du gouvernement -, et, d'autre part, sous prétexte de "souplesse" et de "mobilité", de réaliser un démantèlement progressif du statut des fonctionnaires, en remettant notamment en cause les principes de neutralité et d'indépendance de la fonction publique, principes qui protègent les citoyens et les usagers. Bref, dans ce domaine comme dans d'autres, le programme sarkozyste est un vrai programme de républicain... des Etats-Unis. Autant dire que c'est un peu court pour un pays comme la France, et surtout inquiétant pour l'avenir. Avec le pacte "Service public 2012" de l'actuel chef de l'Etat, on pourrait être tenté de parler de pacte avec le diable, mais comme je l'ai déjà écrit sur le présent blog, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa n'est ni César, ni Napoléon, ni un dieu, ni même le diable incarné : ce serait encore lui faire trop d'honneur. Sarkozy n'est que... Sarkozy, et c'est déjà largement assez, tant il est insupportable... et fatiguant.

Hier soir, 20 septembre, le chef de l'Etat est intervenu une nouvelle fois à la télévision, s'affichant notamment, comme d'habitude, en grand Libérateur du Travail, avec son credo de campagne "travailler plus pour gagner plus". Comme d'habitude, il a voulu montrer qu'il s'occupait de tout... et qu'il tenait ses promesses : "pendant la campagne, j'ai pas menti, moi"
s'est-il ainsi senti obligé de déclarer...
 
Nicolas Sarkozy s'explique et distribue bons et mauvais points


Nicolas Sarkozy a défendu jeudi soir à la télévision les réformes sociales à marche forcée qu'il a annoncées mardi et mercredi et distribué de nouveau bons et mauvais points tous azimuts.


"On ne m'a pas élu pour commenter les problèmes de la France. On m'a élu pour trouver des solutions à des problèmes qui sont pendants depuis des années", a déclaré le président de la République en préambule d'une longue interview recueillie au Palais de l'Elysée par TF1 et France 2.


Il a notamment réaffirmé qu'il fallait en passer par l'alignement des régimes spéciaux de retraites sur le régime général de la fonction publique d'ici la fin de l'année pour assurer le financement du système des retraites en France.


"Je ne transigerai pas sur l'affaire des 37,5 années de cotisation qui doivent passer à 40", a déclaré le chef de l'Etat, qui a cependant pris soin de cajoler les 1,5 millions de personnes concernées et les syndicats.


Aux premiers, il a assuré qu'ils conserveraient leur statut particulier, que la pénibilité de leur travail serait prise en compte, qu'il n'entendait pas les "stigmatiser", ne les jugeait pas "privilégiés" et faisait "confiance à leur honnêteté".


"Le gouvernement est prêt à discuter assez largement du temps qu'il faut pour arriver aux 40 années", a-t-il ajouté.


Aux seconds, qui jugent intenable le calendrier fixé par le chef de l'Etat, il s'est dit prêt à aller au-delà des deux semaines données au ministre du Travail Xavier Bertrand pour consulter les partenaires sociaux : "S'il s'agit de mettre quelques semaines de plus, bien sûr qu'on les mettra."


L'appel à la grève lancé par les syndicats de cheminots pour le 18 octobre ? "S'il y a des problèmes, eh bien on les affrontera", a dit Nicolas Sarkozy, qui a assuré que les nouvelles règles en matière de service minimum s'appliqueraient.


Il a également défendu ses projets d'assouplissement des 35 heures, de refonte de la fonction publique, de franchises pour les soins médicaux, de lutte systématique contre la fraude sociale et fiscale, etc. En matière de pouvoir d'achat, il a réaffirmé que les allègements de charges pour les entreprises seraient subordonnés à l'ouverture de négociations salariales et au relèvement des minima salariaux inférieurs au smic.


Face à la révision à la baisse des prévisions de croissance des économistes pour 2007 et 2008, Nicolas Sarkozy, qui disait encore récemment vouloir porter la croissance du PIB français à 3%, a en revanche tempéré quelque peu son volontarisme.


L'année "2007, j'y suis quand même pour rien, 2008 on va essayer de la doper et 2009 ça sera la mienne", a-t-il dit. "Il faut que nous ayons une croissance entre 2,5% et 3% pour arriver au plein emploi (...) Je veux aller chercher cette croissance."


Nicolas Sarkozy s'est efforcé de dissiper les rumeurs de tension avec son Premier ministre, qui s'est dit "un peu agacé" que le chef de l'Etat l'ait ramené au rang de "collaborateur".


SATISFECITS ET MAUVAIS POINTS



François Fillon fait son travail "de façon parfaitement remarquable", dit Nicolas Sarkozy, qui a dit travailler "main dans la main" avec le Premier ministre. "Si agacement il y avait eu, je l'aurais constaté certainement", a-t-il ajouté.


Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui a fait état dans des interviews d'un possible remaniement ministériel en janvier, a eu moins de chance : "Le remaniement ministériel n'est pas quelque chose qu'on annonce plusieurs mois à l'avance et ceux qui en ont parlé en on parlé imprudemment."


Le chef de l'Etat a reproché au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner d'avoir estimé dans une interview, à propos du différend sur le programme nucléaire iranien que les pays occidentaux devaient se préparer "à la guerre".


"Moi, je n'aurais pas employé le mot guerre", a dit Nicolas Sarkozy, qui a cependant affirmé que "ce qu'a fait Bernard Kouchner au Darfour et au Liban" était "remarquable".


Les ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur, Xavier Darcos et Valérie Pécresse, le secrétaire d'Etat aux "Solidarités actives" Martin Hirsch, Jean-Louis Borloo (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Fadela Amara ont eu droit à des satisfécits.


Nicolas Sarkozy a en revanche pris le contrepied de sa ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui avait parlé de "rigueur" à propos de la réduction du nombre de fonctionnaires, en affirmant qu'il ne croyait pas à une "politique d'austérité" mais à une politique "fondée sur l'effort".


C'est cependant une nouvelle fois le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet qui a fait le plus les frais des piques du président de la République.


"Quand la Banque centrale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit problème", a-t-il déclaré. "Je dis à M. Trichet (...) 'regardez ce que font les autres, l'enfer ce n'est pas toujours les autres'."


En revanche, il a rendu hommage à son ancienne adversaire socialiste Ségolène Royal - "une femme courageuse et très estimable" - et jugé que les attaques dont elle est la cible dans son propre camp "sont un peu déplacées".


(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 21 septembre 2007, 00h02)

A chaque fois que je vois Sarkozy de Nagy-Bocsa parler à la télévision depuis l'Elysée, j'ai toujours la même interrogation en tête : "Mais, nom d'une pipe, qu'est-ce que cet énergumène fait là ?", "Comment a-t-on pû en arriver à cette situation ?", "Pourquoi est-il là ?"... La réponse, en vérité, je ne la connais que trop : Sarkozy occupe la plus haute charge de l'Etat parce qu'il l'a ardemment voulu, et parce que la société française actuelle est suffisemment médiocre pour ne pas l'avoir empêché d'atteindre son objectif... Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois... Et maintenant, il est là. Pour le meilleur, et sans doute surtout pour le pire.

J'éprouve le besoin de prendre du recul vis-à-vis des gesticulations médiatiques sarkozyennes. Désormais, je m'efforcerai d'en parler moins, et de me concentrer sur l'essentiel. Mais je m'efforcerai aussi de rester vigilant. Puisque Sarkozy de Nagy-Bocsa veut être jugé sur ses actes, et qu'il fait tout ce qu'il peut pour recevoir des pruneaux, il sera servi... en temps voulu.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste... assez fatigué, ces jours-ci.


(Illustrations : Sarkozy, le 19 septembre 2007, pendant son discours aux jeunes fonctionnaires des trois fonctions publiques en formation de l'Institut Régional d'Administration [IRA] de Nantes, photographie de L. Blevennec, © Service photographique de la Présidence de la République ; Sarkozy devant les caméras des chaînes de télévision TF1 et France 2, le 20 septembre 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©Reuters/HO ; Capture d'écran réalisée le 20 septembre 2007 du président Sarkozy s'exprimant sur la chaîne de télévision France 2, ©AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /2007 01:49
Une bien fâcheuse nouvelle m'est parvenue il y a quelques jours : Sauron, le principal commentateur de ce blog - et le seul véritablement régulier depuis la création dudit blog -, se voit, depuis hier, vendredi 5 octobre, contraint au silence, pour cause de déménagement et donc de rupture de connection Internet. Faut-il voir là un signe des temps ? En tout cas, celà coïncide avec ce qui semble s'imposer aujourd'hui comme le franchissement d'une nouvelle étape pour ce blog. Un nouveau départ, dans la continuité, avait déjà eu lieu au lendemain de l'élection de Sarkozy de Nagy-Bocsa à la plus haute charge de l'Etat, puisque j'avais alors souhaité poursuivre l'aventure, au delà de la dernière campagne présidentielle. Aujourd'hui, il est temps de prendre acte de l'entrée du présent blog dans une nouvelle période, dans la mesure où - celà n'aura sans doute pas échappé à mes lecteurs ;-) - je n'ai pas pû publier d'article depuis deux semaines...

Des contraintes personnelles d'emploi du temps m'obligent à ralentir le rythme d'alimentation de mon blog en nouveaux articles. Ecrire et publier sur Internet prend beaucoup de temps, et du temps, je n'en dispose désormais plus autant que durant les mois précédents. C'est ainsi. Je ne suis toutefois pas inquiet sur l'avenir de mon blog, car ce ralentissement d'activité ne saurait être de nature à modifier radicalement ni la modeste audience dont bénéficie le Blog démocrate de l'Anarcho-Monarchiste, ni le nombre, plus modeste encore, des commentaires publiés au bas des articles. Du reste, je n'exclue pas de reprendre un jour un rythme de publication plus important, si l'occasion se présente un jour.

En vérité, je pourrais essayer de publier régulièrement des articles très courts, facilement rédigeables et pouvant être publiés plusieurs fois par semaine. Mais ce n'est pas là ma conception de l'écriture, fut-elle celle de nombreux bloggeurs. Je pourrais choisir également la voie de la facilité en intégrant, dans des articles qui seraient désormais réduits à quelques lignes, des vidéos, choisies parmi les milliers de vidéos qui sont proposées chaque jour en ligne. Mais je préfère consacrer l'espace d'expression fourni par ce blog à la seule écriture, que je tiens toutefois à continuer d'agrémenter avec des illustrations soigneusement choisies. Je n'ignore pas que certains me reprochent de publier des articles trop longs, mais que voulez-vous, on ne se refait pas, et pour ma part, je me refuse à céder à tout prix et en permanence aux tyrannies de l'urgence et des apparences convenues qui caractérisent, hélas, si bien notre temps. Si vous aimez lire, chers visiteurs, alors parcourir ce blog ne doit pas être si pénible que celà, et, du reste, si celà peut vous rassurer, je n'ai désormais plus le temps de me plonger dans la rédaction de très longs articles...

J'aspire, par ailleurs, à prendre un peu de recul - et cette fois, de façon véritablement significative - avec l'actualité politique, et notamment l'actualité sarkozyenne, qui, de toute façon, ne s'arrête jamais, et que l'on chercherait en vain à suivre sans y perdre, à la longue, le sens commun. Je continuerai, naturellement, à me préoccuper des évènements politiques qui me paraitront être significatifs, mais j'essaierai désormais d'éviter que les articles de mon blog se contentent de suivre le fil de l'actualité sans que soit toujours pris la distance nécessaire pour apprécier ladite actualité à sa juste valeur.

Il y a toujours des actualités à commenter. Je pourrais ainsi vous parler en détail du budget 2008, dévoilé par le gouvernement le 26 septembre dernier, premier budget du quinquennat sarkozyste, prétendument proche de la stabilité, parait-il, et qui ne se contente, en fait, que de stabiliser les déficits, sans les réduire. Le projet de loi de finances (PLF) 2008 incluant le non remplacement de 22.900 postes de fonctionnaires partant à la retraite, sur environ 69.000, soit un sur trois - et non pas un sur deux comme le gouvernement s'y était engagé à l'origine -, les économies, dans ce domaine, seraient de 458 millions d'euros pour 2008, mais on ne manquera pas de remarquer que ces fameuses économies liées à la suppression de postes de fonctionnaires ne devraient représenter que moins de 19,5% de la somme correspondant au coût global du fameux "paquet fiscal", voté cet été, coût global qui est évalué à 8,9 milliards d'euros... Le gouvernement n'en continue pas moins de considérer que LA solution-miracle pour résoudre les problèmes financiers de l'Etat réside, forcément, dans une réduction drastique des effectifs de la fonction publique, réalisée sans concertation, ni volonté d'envisager sérieusement les conséquences que cette réduction ne peut manquer d'avoir sur la qualité du service public.

Je pourrais aussi vous parler en détail de l'amendement, aussi intempestif que douteux, au projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, de l'intégration et de l'asile, amendement qui rend possible la pratique de tests ADN pour les candidats immigrés au regroupement familial. Adopté dans la nuit du 4 au 5 octobre derniers par le Sénat, avec une version modifiée de l'amendement sur les tests ADN voté auparavant par une poignée de députés à l'Assemblée Nationale dans la nuit du 19 au 20 septembre, ce projet de loi du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Brice Hortefeux, doit désormais être examiné par une commission mixte paritaire, composée de 7 députés et 7 sénateurs, qui devrait rendre son avis dans le courant du mois. Opposé depuis le début, et comme beaucoup d'autres citoyens, à l'amendement sur les tests ADN, et ne pouvant qu'approuver l'avis rendu jeudi dernier, 4 octobre, par le Conseil consultatif national d'éthique, lequel a déclaré à cette occasion que "l'inscription dans la loi d'une identification biologique réservée aux seuls étrangers est en contradiction avec l'esprit de la loi française", j'ose encore espérer que cet amendement, même dans sa version modifiée, sera purement et simplement retiré d'ici la fin du mois.

Je pourrais vous parler en détail de ce que pense Sarkozy de Nagy-Bocsa des membres de son gouvernement : officiellement le président de la République est toujours fier de ses ministres, comme il l'était au début de l'été, mais officieusement, il ne se gène pas pour les traiter de "cons" et de "nuls", tant il est vrai que les membres de son équipe, de François Fillon à Christine Lagarde, en passant par Bernard Kouchner, Rama Yade, Jean-Louis Borloo et Laurent Wauquiez, n'ont, jusqu'ici, jamais râté une occasion, semaine après semaine, de commettre des gaffes diverses et variées. "J'ai beaucoup de nuls et de cons au gouvernement" déclare régulièrement Sarkozy a ses interlocuteurs, à en croire le Canard Enchaîné (N°4535, 26 septembre 2007), l'actuel chef de l'Etat allant jusqu'à envisager un vigoureux remaniement ministériel dès le mois de janvier prochain...

Je pourrais vous parler des tribulations de Dominique Galouzeau de Villepin dans l'affaire Clearstream, et des efforts que fait l'ancien Premier ministre pour se sortir du pétrin : auditionné par les juges d'Huy et Pons le 13 septembre dernier, il doit à nouveau l'être le 11 octobre prochain. Profitant, ses dernières semaines, de la promotion dans les médias de son dernier livre consacré à Napoléon Ier, Villepin, invité par les chênes de télévision et de radio, n'a pas manqué d'affirmer à nouveau son innocence dans l'affaire Clearstream, et de dénoncer l'instrumentalisation que fait Sarkozy de ce dossier, en se faisant passer pour la seule victime dans cette histoire - alors que c'est bien loin d'être la cas -, et en voulant réduire cette affaire à une affaire politique alors il s'agit en fait d'une affaire de manipulation industrielle, sur fond de succession à la tête du géant aéronautique européen EADS, Sarkozy n'étant alors concerné - de façon indirecte - qu'en tant qu'ancien ministre de l'Economie, et non en tant que politicien. De fait, la confusion que Sarkozy continue d'entretenir dans cette affaire - alors qu'il est à la fois partie civile et garant de l'indépendance de la Justice en tant que président - n'est pas de nature à laisser penser que Villepin soit réellement coupable de ce dont l'accuse, à savoir d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat. Il est dommage que le temps me manque pour évoquer cette affaire complexe en détail, mais je ne manquerai pas d'aborder à nouveau ce dossier lorsque celà me paraitra nécessaire, quoiqu'en pensent beaucoup de gens, qui considèrent que cette affaire est sans importance, ce qui est bien évidemment faux.

Je pourrais vous parler aussi de la nomination du socialiste Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fond Monétaire International, avec le soutien de Sarkozy de Nagy-Bocsa, le 28 septembre, pour cause de PS hors service (Le Canard a, une fois de plus, sû trouver la juste formule dans son N°4535 déjà cité : "(PS HS) + (DSK) = (FMI)"). Je pourrais vous parler aussi du scandale des ventes d'actions EADS, en 2006, par ses principaux actionnaires et dirigeants, soupçonnés aujourd'hui de délit d'initiés. Je pourrais même aussi vous parler des résultats des élections politiques en Russie, qui sont connus six mois à l'avance grâce au génie du président Vladimir Poutine. Je pourrais aussi vous parler de l'écrasement récent, en Birmanie (Myanmar), par la junte militaire au pouvoir, d'un grand mouvement de protestation populaire, écrasement vivement condamné dans le monde. Je pourrais aussi vous parler des Etats-Unis d'Amérique, de l'Irak, de l'Iran, du conflit israëlo-palestinien... et de beaucoup d'autres sujets qui font l'actualité. Mais le temps me manque, et par ailleurs, pour être franc, j'ai besoin de "lever le pied" un moment, comme on dit...

Il faudra donc que je me contente d'aller à l'essentiel, ou du moins à ce qui me parait essentiel... Dans la mesure où ce blog politique se veut aussi culturel, j'essaierai également d'élargir quelque peu l'horizon dudit blog, en prenant donc un peu de distance avec les exaspérantes gesticulations sarkozystes, avec la politique, afin de parler d'autre chose de temps en temps - pourquoi pas de cinéma, par exemple ? -... et de prendre vraiment du recul.

De toute façon, comme dirait un défunt ancien président de la République cher à Sauron, je crois aux forces de l'esprit, et je ne vous quitterai pas... ;-) Bien que désormais un peu en retrait du tourbillon permanent de l'actualité - notamment sarkozyenne -, je n'en reste pas moins présent, pour continuer l'aventure, et rester attentif aux évènements de notre temps... Du reste, à quoi bon vouloir se réfugier aujourd'hui dans quelque retraite loin des soucis du monde comme il va, quand le fait de simplement rentrer en soi-même permet de trouver le repos de l'âme ?

Pensée de l'Empereur Marc Aurèle (121-180 après J.-C.)


Ils se cherchent des retraites, maisons de campagne, plages ou montagne ; et toi aussi, tu prends l'habitude de désirer fortement des choses de ce genre. Voilà qui est absolument vulgaire, puisqu'il t'est loisible de faire retraite en toi-même à l'heure que tu voudras. Il n'est pas pour l'homme de retraite plus tranquille ni plus débarassée d'affaires que dans sa propre âme, et surtout quand on possède en soi-même tout ce qu'il faut pour arriver, à condition d'y porter son attention, à cette aisance facile, qui n'est qu'un autre nom de l'ordre. Accorde-toi donc continuellement cette retraite ; renouvelle-toi ; aie des formules brèves, élémentaires qui, dès qu'elles se présentent, suffiront à écarter tout chagrin et à te renvoyer sans irritation aux affaires quand tu y reviens. Contre quoi te fâcher ? Contre la méchanceté des hommes ? Reprends ce raisonnement : "Les vivants raisonnables sont nés les uns pour les autres ; la justice consiste, pour une part, à les supporter ; c'est malgré eux qu'ils pèchent ; combien de gens ennemis, soupçonneux, haineux, combatifs sont étendus à jamais ou réduits en cendre !" Cesse donc de t'irriter. - Contre la part qui t'est attribuée dans l'univers ? Répète-toi l'alternative : ou bien providence ou bien atomes ; et tout ce qui démontre que le monde est comme une cité. - Mais tu es encore en contact avec le corps ? Réfléchis : la pensée n'est plus mélangée à ce souffle vital dont les mouvements sont aisés ou violents, dès que tu te reprends et que tu connais la liberté qui t'est propre ; songe du reste à tout ce qu'on t'a appris sur la peine et le plaisir et à quoi tu as donné ton assentiment. - Mais tu te laisseras entraîner par le désir de la gloire ? Considère la rapidité avec laquelle tous sont oubliés, l'abîme du temps infini dans l'un et dans l'autre sens, la vanité des paroles retentissantes, l'humeur changeante et indécise de ceux qui semblent te louer, l'étroitesse du lieu où cette gloire se borne ; car la terre entière n'est qu'un point, et ce pays n'en est qu'une infime fraction ; et ici même combien y a-t-il d'hommes pour recevoir des éloges, et que sont-ils ? - Reste à songer à la retraite dans ce petit champ bien à toi ; avant tout, ne te tourmente pas, ne fais pas d'effort ; soit libre ; vois les choses virilement, en homme, en citoyen, en animal mortel. Aie toujours à ta disposition et sous ton regard ces deux principes : d'abord, les choses ne touchent pas l'âme, elles restent dehors immobiles, et les troubles ne viennent que de l'opinion intérieure. Ensuite, tous les êtres que tu vois, à peine changent-ils, ne seront bientôt plus ; pense aussi à tous ceux que tu as vu toi-même se transformer. "Le monde est changement ; la vie est opinion."

(Marc Aurèle, Pensées, Livre IV, [3])

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : L'Automne, huile sur toile [1573], par Giuseppe Arcimboldo, Paris, Musée du Louvre ; Caricature de Rama Yade [secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme], de Sarkozy, et de Jean-Louis Borloo [Ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables], par Pétillon, parue dans le Canard enchaîné N°4522, 27 juin 2007 ; Le Pont du Gard, huile sur toile [1787], par Hubert Robert, Paris, Musée du Louvre.)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 23:59
Je ne sais ce qu'il en est pour vous, mais, pour ma part, je commence être à nouveau quelque peu agacé par l'ambiance d'anarque générale qui règne, plus que jamais, un peu partout en ce moment, dans ce monde de Teletubbies qu'est devenu la France de Qui-vous-savez...
Vous souvenez-vous des Teletubbies, chers lecteurs ? Pour ceux qui l'ignorerait, ou l'aurait oublié, il s'agit des attendrissants personnages d'une célèbre série télévisée britannique en 365 épisodes de 25 minutes, destinée aux très jeunes enfants de 0 à 2 ans. Produite par Ragdoll Productions,
tournée dans le comté de Warwick ou Warwickshire, en Angleterre, et diffusée à l'origine entre mars 1997 et janvier 2001 par la BBC, cette série a connu un succès international et a été diffusée notamment en France sur Canal+, au Québec sur Télé-Québec et en Suisse sur la Télévision Suisse Romande. Encore aujourd'hui, dix ans après sa création, la série est toujours présente sur diverses chaînes de télévision dans 120 pays du monde - dont, en France, la chaîne thématique TiJi, depuis 2002. Les Teletubbies, conçus par leurs créateurs comme des "bébés technologiques", se présentent comme de sympathiques créatures ressemblant à de grosses peluches de couleurs vives, répondant aux doux noms de Tinky Winky (en violet), Dipsy (en vert), Lala (en jaune) et Po (en rouge), tous les quatre vivant en communauté à Teletubbyland, dans un dôme futuriste appelé "Tubbydome Supertronic" ou "Tubbytronic Superdome", et situé au milieu de collines verdoyantes où l'on trouve des lapins, des fleurs et des périscopes parlants. Dans le monde joyeux et apaisant de Teletubbyland, les gentils Teletubbies jouent, dancent, font des bêtises, et se nourrissent de TubbiToasts, biscuits ronds avec un sourire, ou de TubbyDélice, sorte de boisson rose qu'ils boivent dans un bol à paille intégrée. On se souvient qu'en 1999, les Teletubbies ont été pris pour cible par l'écrivain américain Bret Easton Ellis, qui, dans un texte, les considérait comme "maléfiques", la série télévisée présentant, selon lui, l'image lénifiante d'un monde aseptisé et planifié, déconnecté de la réalité, né de l'hypocrisie des adultes et conforté par elle.
Hasard du calendrier, les Teletubbies ont effectué, tout récemment, dans le cadre d'un "Teletubbies Tour" international pour célébrer leur 10e anniversaire, une visite à... Paris, où on a notamment pu les voir lundi dernier, 15 octobre, sur la place de la Concorde...
Que la série des Teletubbies soit censée être adaptée aux enfants encore à l'âge du berceau, passe encore... Mais que les beaux discours si éloignés du réel, et les gesticulations sur-médiatisées au service du vide, tels que ceux adressés aux Français par Sarkozy de Nagy-Bocsa, puissent avoir les mêmes effets décérébrants sur les citoyens que peuvent avoir les innocentes tribulations télévisées des Teletubbies sur les adultes, voila qui est aussi affligeant que désespérant. Quand ouvrira-t-on enfin les yeux sur la réalité de la présidence sarkozyste ? Quand prendra donc fin cette ambiance d'apesanteur politique qui dure depuis trop longtemps ? Le réveil viendra bien un jour, mais la chute dans le réel sera d'autant plus dure qu'elle n'aura que trop tardé...

« Les mots qui enflent

Quand on en sera revenu, de l'omniprésident, quand il sera possible à chacun de reprendre ses esprits, sans doute se demandera-t-on : comment nous sommes-nous laissé prendre ? Comment avons-nous pu le laisser pérorer ainsi, effectuer sa tournée sur tous les écrans, pareil à un catcheur s'autocongratulant bras levés sur le ring, immodeste et fier de l'être ? Surtout : comment a-t-on pu le laisser ainsi dire n'importe quoi sans réagir ? Sans doute est-ce qu'il ne nous en laisse pas le temps. Une énormité chasse l'autre. On en oublie de s'arrêter une minute. Arrêtons-nous une minute.
 C'est une déclaration pas si vieille que ça (elle n'a même pas dix jours), faite à Sofia [pendant la visite officielle de Sarkozy en Bulgarie, le 4 octobre dernier], lors de son grand raout humanitaire : "Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, a lâché Sarkozy, il devient automatiquement français." Bon. Il y a de quoi se taper le cul par terre, non ? Non, disent certains : il nous l'a déjà faite, celle-là, pendant sa campagne électorale. Certes. Bonjour les blasés. Mais il y a un détail : nous n'y sommes plus, en campagne électorale. Il est président, maintenant. Le temps des folles promesses et des discours ronflants destinés à entourlouper l'électeur est derrière nous.
 Du moins, il est censé être derrière nous. Et le Président est censé maintenir un certain contact avec le réel. Or le réel, c'est quoi ? C'est, depuis cet été, la traque des sans-papiers avec objectif chiffré. C'est, à Amiens, un enfant tchétchène qui en fuyant la police tombe du 4e étage [le 9 août dernier] et se retrouve dans le coma. C'est une Chinoise sans papiers paniquée qui se jette par la fenêtre et meurt [le 20 septembre]. C'est un sans-papiers égyptien qui tente de s'immoler par le feu à Paris [le 5 octobre] (ça faisait vingt-deux ans qu'il essayait de régulariser sa situation). C'est l'amendement Mariani sur l'ADN [ajouté au projet de loi du ministre Hortefeux relatif à la maîtrise de l'immigration] et l'indignation massive qu'il déclenche, au point que SOS-Racisme, "Libération" et "Charlie Hebdo" remplissent un Zénith là-dessus [le 14 octobre], avec en prime un député UMP (François Goulard). Ce sont les nombreux Africains, et pas qu'eux, qui n'ont toujours pas avalé le discours Banania de Sarkozy à Dakar [lors de la visite officielle du président français au Sénégal, le 26 juillet dernier]. Le réel, c'est aussi la main qu'il a tendue au dictateur Kadhafi, preneur d'otages et oppresseur de son peuple. C'est la main serrée à Poutine et l'acquiescement à la "spécificité" de sa conception des droits de l'homme [lors de la visite officielle de Sarkozy en Russie, les 9 et 10 octobre derniers]. C'est le soutien du bout des lèvres au peuple birman, dont on sait bien qu'il a beau être "humilié, persécuté, opprimé", on ne va pas lui sacrifier les intérêts de Total [bien que la société pétrolière et gazière française soit, depuis longtemps, accusée de collusion avec la junte militaire au pouvoir en Birmanie]...
 Bref, le réel, c'est la Real Politik à la Sarkozy. Mais ce n'est pas cette France mythifiée, toute d'amour et de chocolat, dégoulinante de "droits-de-l'hommisme" qu'il essaie de nous faire gober. Ce n'est pas cette atmosphère de campagne électorale permanente qu'il fabrique sciemment.
 La règle est inflexible : plus les mots du pouvoir sont gagnés par l'enflure, plus ses formules se font grandiloquentes, et plus c'est le réel qui morfle.
Nous y sommes.
»

(Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné N°4538, 17 octobre 2007)

Aujourd'hui, jeudi 18 octobre, a débuté la première grande épreuve sociale pour Sarkozy et son gouvernement, avec le déclenchement d'un mouvement de grève massif contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, mouvement de grève qui a été largement suivie, surtout dans les transports publics, la mobilisation à la SNCF ayant été particulièrement forte, avec plus de 73% de grévistes, soit 10 points de plus qu'en 1995, à l'époque des grèves anti-Juppé. La France est-elle enfin sur le point de sortir de sa torpeur ? Pas sûr, car la seule question qui intéresse vraiment les Français, à en croire les médias, c'est une information d'ordre anecdotique, sans intérêt véritable, mais sur laquelle, une fois n'est pas coutume, Sarkozy de Nagy-Bocsa n'avait pas cherché à communiquer jusqu'à aujourd'hui... Voilà, en effet, le chef de l'Etat dépassé par sa propre logique de sur-communication au service du vide, car la France est maintenant sous perfusion sarkozyste, dépendante du feuilleton pathétique que Sarkozy a créé pour elle, la créature ayant depuis échappé au maître... Du coup, il a bien fallu finir par lâcher du lest...

Nicolas et Cécilia Sarkozy "ont divorcé par consentement mutuel"

Nicolas et Cécilia Sarkozy "ont divorcé par consentement mutuel", a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué, environ deux heures après la diffusion d'un premier communiqué évoquant une "séparation par consentement mutuel".
Deux heures plus tôt, un communiqué de l'Elysée évoquaient une "séparation par consentement mutuel", une situation totalement inédite pour un président français, mettant ainsi fin à plusieurs mois de rumeurs et de spéculations.
Par ce communiqué lapidaire de 15 mots,le couple présidentiel a officialisé ce qui faisait presque quotidiennement la une des médias.
Encore jeudi matin, " l'affaire Cécilia " éclipsait dans plusieurs journaux dont Libération la grève nationale sur les régimes spéciaux de retraite.
"Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire", déclare le communiqué rendu public à 13H20 par l'Elysée.
Le mot de divorce n'apparaissait pas dans ce premier communiqué, alors que des constitutionnalistes avaient débattu tout au long de la semaine sur la possibilité pour le chef de l'Etat de divorcer, en raison de son statut qui le protège de tout acte en justice.
Juste après cette annonce, le président a quitté la France pour un sommet européen à Lisbonne.
Premier divorcé élu à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, 52 ans, est donc également le premier chef d'Etat français à se séparer officiellement de son épouse pendant son mandat.
Pressé depuis plusieurs semaines par les médias de clarifier sa situation de couple, M. Sarkozy a mis fin à une incertitude qui pesait sur ses activités présidentielles. Les journalistes le questionnaient sans relâche sur sa vie privée, et avaient lundi encore interrogé son porte-parole sur la présence ou non de Cécilia à une visite d'Etat au Maroc, la semaine prochaine.
Traditionnellement, la Première dame accompagne le chef de l'Etat dans ces visites.
Mariés depuis 1996 - leur anniversaire de mariage tombe le 23 octobre -, le couple a un fils, Louis, agé de 10 ans. Il offrait l'image d'une famille recomposée, avec les deux filles Judith et Jeanne-Marie nées d'une première union de Cécilia avec l'animateur Jacques Martin, et Pierre et Jean, issus du premier mariage de Nicolas Sarkozy.
Cécilia n'était plus apparue en public depuis le 20 septembre, jour des obsèques de Jacques Martin.
Elle est cette semaine à la une des principaux hebdomadaires, avec deux photos posées dans Paris Match, prises dans un grand hôtel parisien par l'auteur de la photo officielle du président.
Nicolas Sarkozy, et son épouse, 49 ans, s'étaient déjà séparés en 2005, avant de se retrouver un an plus tard.
Après avoir été très présente à ses côtés dans la vie politique - elle fut notamment sa chef de cabinet à l'UMP - Cécilia Sarkozy s'était mise en retrait, n'apparaissant quasiment pas en public pendant la campagne présidentielle. Mais on lui prêtait une influence importante dans l'ombre.
Le président, qui n'a jamais fait mystère de l'importance de son épouse à ses yeux et qui multipliait publiquement hommages et attentions, avait affirmé pendant la campagne et depuis son élection que son épouse "aurait un rôle", encore à définir, auprès de lui à la présidence.
Le couple ne s'était toutefois pas installé à l'Elysée et Mme Sarkozy n'avait fait que très peu d'apparitions officielles.
Elle était en revanche intervenue de façon aussi spectaculaire qu'inattendue dans le dossier des soignants bulgares détenus en Libye, faisant deux fois le voyage de Tripoli comme "émissaire personnel" de son époux et raccompagnant les infirmières à Sofia dans un avion officiel français.
Ses absences répétées alimentaient les rumeurs. Cet été, en vacances aux Etats-Unis, elle avait renoncé au dernier moment à un déjeuner chez le président George Bush, officiellement pour cause "d'angine blanche", avant d'être photographiée le lendemain faisant du shopping.
En 2005, avant leur première séparation, elle avait lancé dans le magazine Télé Star: "Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte".
Depuis la présidentielle, la rivale socialiste de M. Sarkozy, Ségolène Royal et son compagnon François Hollande, numéro 1 du PS, ont également annoncé leur séparation.
Un des premiers à réagir à l'annonce de l'Elysée, le député socialiste Arnaud Montebourg a lancé: "La France se moque comme d'une guigne des peines de coeur de ses dirigeants politiques."


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 18 octobre 2007, 14h56)

Décidément, quoi qu'en dise ce gros malin de Montebourg, entre apesanteur politique - avec évaporation cérébrale "télétubbistique" - et informations anecdotiques mais censées être "généralistes" et présentées comme telles, les Français semblent trouver leur compte, dans ce qui semble être, pour la plupart d'entre-eux, le meilleur des mondes possibles... Le réel, lui, reste en grande partie à la marge... mais que voulez-vous, la concierge qui est censée sommeiller en chacun de nous n'a pas besoin de grand-chose pour s'épanouir, juste de quoi alimenter ce fameux partage social des émotions dont nous sommes si dépendants, dans une société où la place des médias est si importante... comme celle des rumeurs et des commérages.

Quand on sait que Cécilia Sarkozy n'a même pas pris la peine d'aller voter au deuxième tour de la dernière élection présidentielle, en mai dernier, il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner de la rupture - véritable, celle-là - du couple Sarkozy. Je n'ai, pour ma part, rien d'autre à dire sur ce divorce présidentiel, si ce n'est qu'il tend à confirmer que Sarkozy de Nagy-Bocsa aura décidément tout sacrifié sur l'autel de l'ambition personnelle et du pouvoir. C'est triste pour sa famille, mais plus encore pour le pays, qui n'avait vraiment pas besoin d'avoir un tel homme à sa tête... Maintenant, pour nous, comme pour lui, le vin est tiré, et il faut bien le boire... même s'il a un goût de mauvais vinaigre...

Passons donc à autre chose, en attendant le réveil des Français, encore majoritairement endormis dans Teletubbyland...


Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Les Teletubbies [Lala en jaune, Tinky Winky en violet, Po en rouge et Dipsy en vert], photographies, entre 1997 et 2001, © BBC ; Caricature de Sarkozy, par Kiro, sans date [vers 2005] ; Nicolas et Cécilia Sarkozy à Paris le 14 juillet 2007, photographie de l'Agence France Presse, © Clemens Bilan AFP/archives ; Les Teletubbies à Paris, place de la Concorde, le 15 octobre 2007, photographie anonyme, diffusée sur le site "100 % Séries !" [http://www.public.fr/blog-series/], © DR)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /2007 06:43
Cela n'aura sans doute échappé à personne : depuis quelques années, l'environnement est devenu une cause du monde de l'image... Et cela ne pouvait manquer d'avoir des répercutions, dans notre monde obsédé par l'urgence et les apparences...
A une échelle internationale, alors qu'il a notamment contribué à vulgariser le thème du réchauffement climatique de la Terre avec le film documentaire Une vérité qui dérange (
An Inconvenient Truth, 2006
), Albert Arnold Gore Jr., dit Al Gore, ancien vice-président démocrate des Etats-Unis d'Amérique et candidat malheureux de la calamiteuse élection présidentielle américaine de 2000, a reçu cette année le Prix Nobel de la Paix. Aux Etats-Unis mêmes, c'est l'ancien acteur de cinéma d'action Arnold Schwarzenegger qui s'est fait remarquer pour sa politique de lutte contre le réchauffement climatique en tant que gouverneur républicain de Californie, et sa volonté de pousser le gouvernement fédéral américain a agir dans le même sens que lui dans ce domaine.
A une échelle plus modestement française, alors qu'il a interpellé, en début d'année, les candidats à l'élection présidentielle française de 2007, en leur demandant de signer son fameux Pacte écologique - ce que la plupart ont fait -, Nicolas Hulot, animateur de télévision bien connu, officiant sur TF1, et "lobbyiste" écologiste un temps proche de Jacques Chirac, passe aujourd'hui pour être celui qui a exercé une influence déterminante sur Sarkozy de Nagy-Bocsa en ce qui concerne l'intérêt du chef de l'Etat, intérêt jusque là fort peu visible, sinon inexistant, en ce qui concerne la protection de l'environnement. C'est lors d'une rencontre avec Hulot, en mars 2007, que Sarkozy aurait ainsi lancé un projet de "Grenelle de l'environnement", en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, spécialiste de l'écologie à l'UMP devenue, depuis le mois de mai, secrétaire d'Etat chargée de ce domaine, d'abord auprès d'Alain Juppé puis de Jean-Louis Borloo...


Tiens, parlons-en, justement, de Jean-Louis Borloo... Rappelons que cet opportuniste, bien connu pour ses gaffes, a accédé, en juin dernier, à la tête du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables suite aux élections législatives, après avoir été écarté du ministère de l'Economie en raison de ses maladresses... La présence à ses côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie - qui, elle, visiblement, connait ses dossiers -, est le seul élément de crédibilité dont il a bénéficié depuis sa nomination... Sarkozy, du reste, l'avait, jusqu'à récemment, dans le colimateur, déclarant à propos de Borloo, au début du mois dernier :

"Jusqu'à présent, c'était une catastrophe. Mais il a une chance de se rattraper avec le Grenelle de l'environnement."

(Sarkozy à propos de Jean-Louis Borloo, devant quelques intimes, dans la semaine du 3 au 9 septembre 2007, cité in Le Canard Enchaîné N°4533, 12 septembre 2007)

C'était, semble-t-il, avant que Jean-Louis Borloo ne parte faire une visite-éclair au Groenland, le 10 septembre dernier, pour constater par lui-même les effets du réchauffement climatique...

Borloo au Groenland: le réchauffement va "plus vite" que prévu

Le réchauffement climatique au Groenland va "plus vite" que le prévoyaient les modèles climatiques, a indiqué à l'AFP le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo, en visite éclair sur ce territoire avec plusieurs experts du climat.
"Quand on voit les images satellites, le carottages glaciaires, il n'est plus discutable que tous les modèles de prévisions climatiques étaient conservateurs: en réalité tout va plus vite", a souligné M. Borloo.
"L'idée est d'aller constater la réduction des glaces due à la fonte, l'accélération du vêlage (cassure de l'extrémité du glacier dans l'océan où il forme un iceberg), les traces de pollutions qui ne peuvent être d'origine locale ou régionale", a expliqué le ministre.
Interrogé sur l'impact en terme d'émissions de gaz à effet de serre de cette visite en Airbus, M. Borloo a répliqué: "Alors qu'est-ce qu'on fait? On ne bouge plus? Chaque fois que je sors de mon bureau, j'apprend quelque chose", a-t-il poursuivi.
Le trajet de 7.000 km du ministre doit conduire à l'émission de 65 tonnes de CO2, que le ministère a prévu de compenser à travers une contribution à un projet écologique dans le cadre du protocole de Kyoto.
La température moyenne en Arctique s'est réchauffée deux fois plus vite que sur le reste du globe ces 100 dernières années.
M. Borloo devait se rendre jusqu'au glacier Kangerlua, dans le fjord d'Ilulissat, à plus de deux cents kilomètres au nord du cercle polaire sur la côte ouest du Groenland.
Ce glacier, devenu le grand témoin du réchauffement, a reçu ces derniers mois les visites de la chancelière allemande Angela Merkel, du président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso ou de la présidente démocrate du Congrès américain, Nancy Pelosi.
Le fjord d'Ilulissat (plus de 40.000 ha) a été classé au patrimoine mondial de l'humanité en 2004. Etudié depuis plus de 250 ans, notamment par les expéditions de Paul-Emile Victor, le site a permis d'enrichir la compréhension du changement climatique et de la glaciologie de la calotte glaciaire.
C'est un des glaciers les plus rapides (19 m par jour) et les plus actifs au monde. Son vêlage annuel - 35 km3, soit 10% de toute la glace de vêlage (les icebergs) du Groenland - dépasse celui de tous les autres glaciers hors Antarctique.
Le ministre, qui a affrété l'Airbus présidentiel, est accompagné par une délégation de 40 personnes comprenant notamment les climatologues Hervé Le Treut et Jean Jouzel, le glaciologue Gérard Ancellet, ainsi que l'explorateur Jean-Louis Etienne et le photographe Yann Arthus-Bertrand.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 10 septembre 2007, 18h07)

Commentaire de Sarkozy au retour de Borloo de son escapade groenlandaise :

"C'est vraiment ridicule [...]. Qu'est-ce qu'il lui a pris d'aller là-bas avec mon avion, et en plus de dire que cela allait produire 65 tonnes de CO2 ?"

(Sarkozy à propos du voyage de Jean-Louis Borloo au Groenland le 10 septembre 2007, cité in Le Canard Enchaîné N°4534, 19 septembre 2007)

Décidément, encore une gaffe... Aussi, pour "se rattraper", Borloo n'a pas, semble-t-il, ménagé sa peine, notamment en terme de communication à l'occasion de ce "Grenelle" annoncé depuis des semaines, le ministre n'hésitant pas à parler de "changer radicalement la donne" en matière environnementale, et même de "révolution écologique"...
Venons-en donc à ce fameux "Grenelle de l'environnement", cette grande réunion ainsi nommée en référence aux accords sociaux signés à l'issue du mouvement de mai 1968. Cette table ronde, inédite en France, réunissant experts, représentants d'associations écologistes, du patronat, des syndicats, de l'Etat et des collectivités, a eu lieu avant-hier et hier, mercredi 24 et jeudi 25 octobre, à Paris, après quatre mois de discussions et de négociations sur de nombreuses questions concernant les contraintes économiques d'une part, et la protection de la planète et du climat d'autre part.
Au terme de la majeure partie des travaux de ce sommet environnemental, un certain nombre de mesures - concernant l'agriculture, la biodiversité, les transports, le bâtiment, l'énergie, la santé publique et les déchets - ont été proposées, sans qu'il y ait eu unanimité entre les participants pour un certain nombre d'entre-elles, et jeudi après-midi, Sarkozy de Nagy-Bocsa a donc annoncé, depuis l'Elysée, ses arbitrages, à l'occasion d'un grand discours sur l'environnement et le développement durable, prononcé notamment devant le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et deux prix Nobel de la Paix, l'Américain Al Gore et la Kenyane Wangari Maathaï, invités à Paris pour l'occasion.

Les trois dépêches de l'Agence France Presse (AFP) qui suivent résument à grands traits ce que l'on peut retenir de ce fameux Grenelle de l'environnement et des engagements pris par Sarkozy hier :


Les principales mesures du Grenelle de l'environnement


Voici les principales propositions retenues par les participants aux deux jours de table ronde finale du Grenelle de l'environnement, avant l'arbitrage du président de la République jeudi après-midi :


AGRICULTURE


- objectif de réduction de moitié des usages des pesticides (sans calendrier) "en accélérant la diffusion des méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point"

- gel des cultures d'OGM jusqu'au vote d'une loi "avant les prochains semis".


- une loi réglementant les OGM proposée au parlement en janvier reprendra la création d'une Haute autorité indépendante, le principe de responsabilité, de transparence (les communes et les départements seront ainsi informés des OGM sur leur territoire) et de précaution. Elle tranchera la question des essais en plein champ pour la recherche.


BIODIVERSITE


- création d'une "trame verte" reliant les espaces naturels pour favoriser la circulation des plantes et animaux.


TRANSPORTS


- éco-pastille avec une ristourne à l'achat pour les voitures neuves les plus sobres, financée par un malus annuel sur les voitures les plus polluantes


- la limitation de 10 km/h de la vitesse sur routes n'a pas été retenue


- écotaxe kilométrique sur les poids-lourds, hors autoroutes, avec une mise en place effective en 2010


- pas de nouvelles routes et autoroutes sauf "cas de sécurité et de congestion, ou d'intérêt local". La création d'aéroports "doit correspondre à un déplacement de trafic pour raison environnementales".


- développement du fret ferroviaire avec lancement de deux nouvelles lignes nord/sud-est et nord/sud-ouest.


- développement des lignes à grande vitesse avec un engagement de 2.000 km de lignes nouvelles avant 2020


- aérien: réduction de 50% de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par des programmes de recherche d'ici 2020. Réduction du bruit de 50% (moins de 10dB par mouvement)


- autoroutes maritimes atlantique (France-Espagne) et méditerrannéenne (France-Italie, France-Espagne).


BATIMENT


Neuf: programme de "rupture technologique" pour tous les bâtiments publics qui devront être construits dès 2010 en basse consommation (50 kwh/m2/an). Pour le privé à partir de 2012.


Ancien: rénovation thermique de tous les bâtiments publics associée à des travaux d'accès aux handicapés d'ici 2015. Bilan énergétique obligatoire dès 2008, l'Etat s'engageant à effectuer la rénovation de ses bâtiments dans les 5 ans.


Dans le privé, mise en place de "mécanismes incitatifs puissants (crédits d'impôt et prêts)


ENERGIE


- Faute d'accord du collège patronal, la décision sur l'instauration d'une contribution climat-energie (taxe carbone) est renvoyée à l'arbitrage du président Nicolas Sarkozy jeudi.

- développement des énergies renouvelables pour atteindre 20 millions de tonnes équivalent pétrole d'ici 2020


- bilan carbone pour toute entreprise de plus de 50 personnes


- interdiction des lampes à incandescence en 2010


- extension de l'"étiquette énergie" à tous les appareils électriques de grande consommation


SANTE ENVIRONNEMENT


- les produits phytosanitaires contenant des substances "extrêmement préoccupantes" seront interdits à la vente dès 2008 pour un usage domestique et dans des lieux publics


- qualité de l'air extérieur: un plan particules sera défini "dans les tout prochains mois" avec la fixation d'un seul maximal de 15 microgrammes/m3 de particules fines (PM2,5) -- valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015 -- soit -30% par rapport à aujourd'hui.


- débat public sur les nanomatériaux


- déterminer une valeur limite d'émission en matière de téléphonie


DECHETS


- le Grenelle se donne douze semaines supplémentaires pour arbitrer sur le traitement des déchets, alors que les écologistes réclament un moratoire sur l'incinération pour développer la valorisation des déchets.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 16h38)


Grenelle de l'environnement: Sarkozy s'engage à étudier la création d'une taxe carbone

Le président Nicolas Sarkozy s'est engagé jeudi à étudier "la création d'une taxe "climat-énergie" en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail", dans le cadre d'une remise à plat de la fiscalité en France.
Nicolas Sarkozy s'est engagé dans un discours à l'Elysée à "porter et à mettre en oeuvre" les propositions issues du Grenelle de l'environnement, qu'il a déclaré "faire siennes".
M. Sarkozy a affirmé qu'il allait engager "une révolution totale dans la méthode de gouvernance", pour mettre l'environnement au centre des enjeux politiques, revendiquant notamment une volonté de "rupture" en matière de transports pour donner la priorité au non routier.
Nicolas Sarkozy a annoncé la suspension de la culture commerciale des OGM "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.
"Dans le respect du principe de précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Ceci en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une instance qui sera créée avant la fin de l'année", a déclaré le chef de l'Etat.
"La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides, la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination, la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM", a-t-il ajouté.
Les surfaces cultivées en OGM en France (uniquement du maïs de type Mon810) représentent 0,75 % des surfaces totales de maïs.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo avait annoncé un gel des cultures de maïs génétiquement modifié jusqu'à l'examen d'une loi "dès janvier 2008".
Le principe d'une loi réglementant les OGM en janvier a été entériné, de même que la mise en place d'une Haute autorité indépendante, a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a "demandé" jeudi au ministre de l'Agriculture "Michel Barnier de proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent", dans un discours à l'Elysée après le Grenelle.
Sur ce sujet, le bras de fer entre écologistes et représentants des agriculteurs a finalement été tranché au détriment du camp "vert". Le texte final avalisé par le ministère de l'Ecologie évoque une réduction de 50% de l'usage des pesticides, mais sans date butoir, et conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives".
La "taxe écologique annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants" doit "permettre de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d'un véhicule propre", a également indiqué Nicolas Sarkozy.
Il a aussi annoncé un programme doté d'un milliard d'euros sur quatre ans "pour les énergies et les moteurs du futur".
Le Grenelle "restera comme un moment important dans la prise de conscience par notre société qu'elle ne peut plus vivre dans le gaspillage, qu'elle ne peut plus négliger les conséquences sur l'avenir de la planète de sa façon de vivre, de produire et de consommer", a-t-il lancé.
"C'est bien à une révolution que nous invite ce Grenelle de l'environnement", a-t-il assuré, en évoquant "une révolution dans nos façons de penser, dans nos façons de décider, une révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères".
Le Grenelle a terminé jeudi après-midi ses travaux, à l'exception d'une dernière table ronde sur la démocratie écologique reportée à vendredi matin. Cette dernière table ronde doit notamment accroître la place des associations d'environnement dans les institutions (Conseil économique et social) et entreprises.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 17h59)


Sarkozy annonce des mesures pour une "révolution verte" en France


Le président Nicolas Sarkozy s'est prononcé jeudi (25 octobre) pour la suspension des cultures d'OGM et une réduction des pesticides, sans aller jusqu'à la création immédiate d'une "taxe carbone", en concluant un sommet de deux jours destiné à lancer "une révolution verte" en France.

M. Sarkozy a prononcé son discours devant le gouvernement en son entier, le Prix Nobel de la Paix 2007, Al Gore, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, affichant ainsi sa volonté de donner un caractère solennel à cette initiative.
Al Gore a salué ce sommet inédit en France, assurant qu'il constituait un "formidable coup d'accélérateur" à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
Depuis mercredi, les participants -- écologistes, représentants du patronat, des syndicats, de l'Etat et de collectivités -- ont participé à d'ultimes négociations pour arriver à présenter une série de mesures.
Ils ont toutefois échoué à se mettre d'accord sur une revendication clef des écologistes, celle de la création d'une "taxe carbone" sur les produits gros consommateurs d'énergie fossile. Considérée comme un test de l'échec ou du succès de ce sommet par les organisations écologistes, la création de cette taxe est rejetée par le patronat en l'absence d'une remise à plat globale de la fiscalité.
Sans trancher, M. Sarkozy s'est engagé à "ce que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe "climat-énergie" en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité".
Autre point, qui a donné lieu à un bras de fer entre écologistes et agriculteurs, celui des pesticides, qui pollue les eaux et les sols, et dont la France est le premier utilisateur en Europe.
Soutenant le "principe de précaution (...) qui doit être interprété comme un principe de responsabilité" notamment pour les auteurs de pollutions, M. Sarkozy a demandé au ministre de l'Agriculture Michel Barnier "de proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible, dans les dix ans qui viennent".
Il a confirmé la suspension de la culture commerciale de maïs génétiquement modifié annoncée dans la matinée "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.
Parmi les avancées, qui ont fait l'objet d'un consensus, figurent des mesures dans les secteurs, clef pour la lutte contre les gaz à effet de serre, du bâtiment et des transports.
La priorité doit être donnée au rail dans les années à venir et la création d'une "écopastille" a été décidée pour pénaliser les véhicules les plus polluants comme les grosses berlines et les 4X4 et récompenser les plus vertueux. Les modalités doivent toutefois être encore précisées.
Le sommet a entériné un fort développement du "bio" dans l'agriculture, dont la part (calculée en surfaces agricoles utiles), devra passer à 6% en 2012 et 20% en 2020, contre 2% actuellement.
Les participants à ce sommet se sont montrés plutôt satisfaits, disant toutefois attendre de voir les conditions d'application des mesures.
"Franchement, on est entrés dans l'ère de l'écologie. On est passés à l'action. On est confiants, heureux", a affirmé Nicolas Hulot, l'une des figures de l'écologie française. Greenpeace a vu de son côté dans ce sommet des "avancées" mais aussi du "flou".
Cette réunion a été baptisé "Grenelle de l'environnement" en référence à des accords sociaux historiques, signés en France en mai 1968.
L'ONU a averti jeudi, dans la plus grande étude qu'elle ait consacrée aux dangers du changement climatique, qu'une action immédiate et décisive était indispensable à tous les échelons pour garantir la survie des générations actuelles et futures.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 octobre 2007, 20h12)


Que retenir de tout celà ? Ce Grenelle aura au moins été une bonne occasion d'ouvrir enfin véritablement le dialogue entre associations écologistes, patronat, syndicats, Etat et collectivités, au sujet de la protection de l'environnement. Mais ce sommet aboutit à des engagements qui restent à confirmer, la question étant notamment de savoir comment seront financées les mesures annoncées, notamment en ce qui concerne les transports et le logement. Pour le reste, les groupes de pression non-écologistes ont, une fois de plus, bien fait leur travail de sape. La proposition qui avait été faite de réduire la vitesse des véhicules sur autoroute de 10km/h est ainsi passée à la trappe. En ce qui concerne la réduction de l'utilisation des pesticides, dont la France est le premier pays utilisateur en Europe, et le quatrième dans le monde, les engagements restent bien vagues. La question de la poursuite de l'utilisation de l'énergie nucléaire n'a pas fait l'objet d'un débat. Les conditions de la suspension annoncée de la culture des OGM - jusqu'à nouvelle expertise - sont floues, et il n'y a même pas une véritable garantie pour ce qui est des semis de l'année prochaine, qui pourraient fort bien échapper au moratoire, même si Sarkozy, comme à son habitude, à voulu donner le change en martelant, dans son style bien à lui : "La vérité est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides, la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination, la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM"... Encore une tentative pour noyer le poisson, mais avec Sarkozy, depuis le temps, on est habitué... Et pour ce qui est d'une véritable fiscalité "verte", il faudra repasser, alors que "payer l'énergie plus cher pour en consommer moins demain" est pourtant une "équation incontournable", ainsi que l'écrit Jean-Michel Thénard dans le Canard Enchaîné de cette semaine (N°4539, 24 octobre 2007). Pour le reste, on aura pû remarquer que les mesures annoncées, pour un certain nombre d'entre-elles, ne sont que des mises en conformité par rapport à diverses directives européennes, notamment en ce qui concerne les transports et le bâtiment...
Au delà du Sarko-show habituel, des beaux discours et de la satisfaction affichée devant les caméras et les micros, le Grenelle de l'Environnement est-il donc vraiment une réussite ? En tout cas, Jean-Louis Borloo, avec des gesticulations qui en rappellent d'autres, n'a pas caché hier son enthousiasme devant les médias... "On n'est pas dans une République de l'annonce, on est dans une République de l'action" s'est-il notamment senti obligé de déclarer, tout joyeux, dans un entretien au journal télévisé 19/20 de France 3 d'hier soir... Alors, beaucoup de bruit pour pas grand-chose ? Eh bien, ma foi, compte-tenu du long chemin qu'il reste encore à parcourir en matière de politique environnementale, je serai grand seigneur ;-), et je veux bien reconnaître que, pour ce qui est des mesures annoncées, c'est toujours mieux que rien. Reste à savoir comment lesdites mesures seront appliquées... et financées. Le gouvernement sera jugé sur ses actes, pas sur ses belles paroles.

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Image satellite de la Nasa montrant la concentration de glace dans l'Arctique en septembre 2005 par rapport à 1979 [en jaune], ©AFP/NASA/Archives ; Le ministre d'Etat,  ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables Jean-Louis Borloo [à gauche] et la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le 27 septembre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik AFP/Archives ; Icebergs au Groenland, photographie de Yann-Arthus-Bertrand ; Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo le 24 octobre 2007 à Paris, lors du Grenelle de l'Environnement, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Patrick Kovarik ; Alain Bougrain-Dubourg, Nicolas Hulot, Sebastien Genest et Nadir Saifi, représentants d'associations écologistes, lors du Grenelle de l'Environnement le 24 octobre 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Patrick Kovarik/AFP ; Epi de maïs génétiquement modifié près de Marmande, photographie de l'Agence France Presse, ©Derrick Ceyrac AFP/Archives ; Fumée s'échappant des cheminées d'une usine, photographie de l'Agence France Presse, ©Mychele Daniau/AFP ; Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy à l'Elysée le 25 octobre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP/Eric Feferberg ; José Manuel Barroso, Al Gore, Nicolas Hulot, Jean-Louis Borloo, Sarkozy et Wangari Maathaï, à l'Elysée, le 25 octobre 2007, lors du Grenelle de l'Environnement à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/ Olivier Laban-Mattei ; Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko Moriset à l'Elysée le 25 octobre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Feferberg/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /2007 12:20
Un mouvement de grève des étudiants a commencé ces derniers jours, en France. C'est une réaction, bien tardive, contre la loi sur l'autonomie des universités - loi que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer l'été dernier, dans l'indifférence alors quasi-générale (voir le message intitulé "Un Mois de Sarkozysme appliqué...") -, et qui ne doit pas faire illusion : l'actualité de ce début du mois de novembre reste, en général, bien ennuyeuse... Du reste, j'ai connu suffisemment de mouvements de grève étudiante, depuis le temps que je fréquente le milieu universitaire, pour être aujourd'hui tout-à-fait blasé en ce qui concerne l'agitation estudiantine actuelle, le feu étant, comme d'habitude, surtout attisé par des activistes d'extrême-gauche, dont les méthodes et la réthorique dogmatique restent immuables, et dont je n'ai que faire en définitive, même si je suis, bien entendu, contre toute forme de privatisation des universités françaises, lesquelles, cependant, devront bien, un jour, être réformées de façon sérieuse... Enfin, passons...


Quite à parler d'actualité, autant parler de politique étrangère... Je n'avais pas l'intention, à l'origine, d'évoquer l'évènement, mais compte-tenu du fait qu'une partie de ma famille vit aux Etats-Unis d'Amérique - dans les Etats du Nevada et de Californie, pour être plus précis -, j'aurai sans doute eu mauvaise conscience si je n'avais pas abordé le sujet... Evoquons donc la fameuse visite officielle que le président Sarkozy de Nagy-Bocsa vient d'effectuer chez son collègue George W. Bush, avant-hier - mardi 6 novembre - et hier - mercredi 7 novembre, en compagnie des ministres Rachida Dati, Christine Lagarde et Bernard Kouchner, et de la secrétaire d'Etat Rama Yade...
Cette visite a eu lieu un peu plus de quatre ans et demi après le juste refus du président Chirac de soutenir l'intervention militaire américaine en Irak, en 2003, et la vague aberrante de francophobie qui avait envahie les Etats-Unis dans la foulée... Avec Sarkozy, les temps ont changé, et ce n'est évidemment pas une surprise...
Après avoir eu droit, la veille au soir, à un dîner officiel en son honneur à la Maison Blanche, dîner au cours duquel il a pu déclarer, lors d'un toast, "Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique et reconquérir le coeur de l'Amérique de façon durable", Sarkozy a pu faire, hier mercredi, un beau discours, avec ses habituelles gesticulations, devant les deux chambres réunies du Congrès américain, à majorité démocrate depuis l'année dernière...

Sarkozy enterre la brouille franco-américaine aux Etats-Unis

Le président français Nicolas Sarkozy a solennellement tourné la page de la brouille franco-américaine mercredi devant le Congrès américain, et apporté des gages concrets à son homologue américain sur le Pakistan, le dossier nucléaire iranien et l'Afghanistan.


Clou de sa première visite officielle aux Etats-Unis qu'il a entièrement vouée à la réconciliation des deux pays, le chef de l'Etat s'est adressé sous le dôme prestigieux du Capitole à la Chambre des représentants et au Sénat réunis, qui l'ont accueilli par plusieurs minutes d'ovation debout.

"La France est l'amie de l'Amérique", a déclaré M. Sarkozy en ouvrant son discours devant un hémicycle comble.


"Depuis que les Etats-Unis sont apparus sur la scène du monde, la fidélité qui lie le peuple français et le peuple américain ne s'est jamais démentie", a-t-il ajouté, enterrant la brouille entre les deux pays pour cause de guerre en Irak.


"Avec ses amis, on peut avoir des divergences, on peut avoir des désaccords, on peut avoir des disputes. Mais dans la difficulté, dans l'épreuve, on est avec ses amis, on est à leurs côtés, on les soutient, on les aide", a insisté le président français, dont le discours a été interrompu plus d'une vingtaine de fois par les applaudissements nourris des parlementaires américains.


Nicolas Sarkozy a exalté devant des élus ravis le "rêve américain", qui a permis "de prouver à tous les hommes que la liberté, la justice, les droits de l'homme, la démocratie n'étaient pas une utopie mais au contraire la politique la plus réaliste qui soit et la plus susceptible d'améliorer le sort de chacun".


"Ici, le plus illustre des citoyens comme le plus humble sait que rien n'est dû et que tout se gagne (...) la grandeur de l'Amérique, c'est d'avoir réussi à transformer son rêve en une espérance pour tous les hommes", a dit M. Sarkozy.


Le président français a également salué le sacrifice des GI's venus libérer la France et l'Europe pendant les Première et Seconde Guerres mondiales. "La France n'oubliera jamais le sacrifice de vos enfants", a-t-il assuré.


En passant ensuite en revue les grands problèmes du moment, M. Sarkozy a insisté sur les combats communs menés par la France et les Etats-Unis, notamment sur le front de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan ou la menace nucléaire iranienne.


En Afghanistan, il a promis que la France resterait engagée militairement aux côtés des Etats-Unis "aussi longtemps qu'il le faudra". Sur le dossier nucléaire iranien, il a répété avec fermeté que la perspective de voir Téhéran doté de l'arme nucléaire était pour la France "inacceptable".


Il a à nouveau appelé à des sanctions économiques contre l'Iran au cours d'une conférence conjointe avec le président George W. Bush dans la demeure historique du premier président américain George Washington à Mount Vernon, au sud de la capitale fédérale, où les deux responsables ont passé en revue les actuels dossiers internationaux.


Revenant sur l'Afghanistan, M. Sarkozy a indiqué qu'il étudiait la possibilité d'un renforcement des effectifs militaires français qui y sont actuellement déployés. "Nous réfléchissons à la meilleure façon d'aider à l'émergence d'un Afghanistan démocratique", a-t-il expliqué.


Le président français a également jugé la situation au Pakistan "préoccupante", estimant qu'il fallait "des élections le plus rapidement possible". On "ne combat pas les extrémistes avec les méthodes des extrémistes", a-t-il dit, "c'est très important qu'un jour nous ne nous réveillions pas avec un gouvernement qui soit celui des extrémistes (...) Il faut des élections".


Il a en outre souhaité voir un "Irak uni". "Personne n'a intérêt au démantèlement de l'Irak", a-t-il déclaré en réponse à une question des journalistes.


Après sa visite à Mount Vernon, le président français devait regagner Paris dans la soirée.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 7 novembre 2007, 23h08)

Que la France s'efforce d'entretenir ses liens d'amitié traditionels avec les Etats-Unis d'Amérique, c'est là quelque-chose qui me parait, évidemment, tout-à-fait normal et bienvenue.
Mais s'il s'agit, pour Sarkozy, de remplacer l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair dans le rôle de l'éternel valet des Etats-Unis - rôle que Blair a magnifiquement interprété lors de la guerre d'Irak -, je crains que ce voyage ne comporte, dans ce cas-là, un aspect fort négatif.
Et s'il s'agit, avec ce genre de visite, de préparer les citoyens français et les pays de l'Union Européenne à un retour total de la France dans l'OTAN, alors on ne peut que réaffirmer à quel point un tel retour sous tutelle militaire américaine serait absolument inacceptable. La France est un membre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord depuis sa création, en 1949, mais elle a décidé, en 1966, sous la présidence de Charles de Gaulle, de quitter la structure militaire intégrée de l'OTAN, entraînant ainsi la fermeture des bases américaines installées sur son sol. Réintégrer complètement l'OTAN, en se mettant sous commandement américain, alors que la France, de toute façon, siège toujours dans les instances politiques de l'Alliance atlantique et fournit des crédits et des contingents, équivaudrait à faire une croix sur une véritable politique européenne de défense indépendante, laquelle doit rester envisageable, même si le fameux traité européen "simplifié", censé remplacer la Constitution européenne refusée, en 2005, par les citoyens français et néerlandais, fait d'ors et déjà de l'OTAN le cadre de la défense de l'Union européenne... Si les intentions de Sarkozy sont ainsi d'affaiblir la France et la construction européenne, alors nous ne sommes pas sortis de l'auberge...
Mais il est vrai que depuis l'élection de Sarkozy à la présidence de la République française, nous nous trouvons, plus que jamais, dans un monde de nains politiques - qui n'ont rien à voir avec les nains de fantasy -, quand la France, l'Europe et le monde auraient bien besoin d'hommes et de femmes - politiques - aux esprits autrement plus élevés et visionnaires que ceux de Messieurs Sarkozy de Nagy-Bocsa - le pire président de la Ve République française élu jusqu'ici -, et George "Dobeuliou" Bush - sans doute un des pires présidents des Etats-Unis que la Terre ait jamais porté...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy accueilli par George W. Bush le 6 novembre 2007, pour un dîner officiel à la Maison Blanche, à Washington, photographie de l'Agence France Presse, © Saul Loeb / AFP ; Nicolas Sarkozy devant le Congrès américain, le 7 novembre 2007 à Washington, photographie de l'Agence France Presse, ©AFP / Eric Feferberg)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /2007 21:24
Toujours bien peu de temps à consacrer à la rédaction d'articles pour le présent blog, tandis que le flot de l'actualité continue de couler sans cesse, mais que voulez-vous chers lecteurs : on fait ce que l'on peut... :-) J'espérais pourtant pouvoir intervenir de nouveau le 11 novembre dernier, jour anniversaire de l'armistice de Rethondes, qui, en 1918, mis fin à la Première Guerre Mondiale. Celà n'a pû se faire, mais c'eût été l'occasion de parler un peu des relations difficiles entre l'histoire et les mémoires, de ce fameux devoir de mémoire, qui n'est pas un devoir d'histoire, de ce devoir d'histoire auquel il ne faut pas renoncer puisqu'il est primordial, même si les mémoires doivent être respectées... Mais remarquez, on peut toujours en parler, même si c'est de façon succinte...

Aujourd'hui, face à un présent qui va trop vite et à un avenir toujours plus incertain, les hommes et les femmes de notre temps se raccrochent au passé, pour essayer de freiner le présent... d'où les vagues commémoratives que nous connaissont, qui rassurent, qui entretiennent le lien social... Si les commémorations de l'armistice du 11 novembre 1918 et de la capitulation nazie du 8 mai 1945, qui ont respectivement mis fin aux deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945, font plus ou moins l'unanimité, on procède toujours à une sélection, censée faire consensus, pour ce qui concerne d'autres évènements...
Il en a été ainsi à l'occasion du bicentaire de la bataille napoléonienne d'Austerlitz, le 2 décembre 2005. La commémoration de cet évènement, positif pour la France puisqu'il s'agit d'une victoire française remportée le 2 décembre 1805 contre des ennemis austro-russes aggresseurs et supérieurs en nombre, n'a été que fort chichement célébrée en France, alors que la ville d'Austerlitz, située en République tchèque, a organisé, le 2 décembre 2005, une reconstitution de cette bataille majeure de l'histoire européenne, avec plusieurs milliers de participants venus du monde entier, des Tchèques, des Slovaques, des Autrichiens, des Allemands, des Britanniques, des Français, des Belges, des Néerlandais, des Luxembourgois, des Polonais, des Russes, des Biélorusses, des Ukrainiens, des Lithuaniens, des Lettons, des Moldaves, des Espagnols, des Maltais, des Norvégiens, des Suédois, des Américains, des Canadiens et des Australiens. La France, elle, officiellement, n'a accordé à l'évènement qu'une petite cérémonie militaire nocturne, place Vendôme à Paris, en l'absence des plus hautes autorités de l'État, notamment du Premier ministre de l'époque, Dominique Galouzeau de Villepin, que l'on sait pourtant passionné par l'histoire napoléonienne. La France a, quelques semaines plus tôt, préféré envoyer le porte-avions Charles-de-Gaulle en Grande-Bretagne participer à l'International Fleet Review, à l'occasion du bicentenaire de la défaite navale française de Trafalgar face à la flotte anglaise, le 21 octobre 1805, la ministre de la Défense de l'époque, Michelle Alliot-Marie ayant, le 2 décembre 2005, été la seule représentante de l'Etat à avoir effectué un déplacement - fort discret - en République tchèque pour assister aux cérémonies commémoratives du bicentenaire d'Austerlitz sur les lieux historiques de la bataille.
Pourquoi autant de retenue de la part de l'Etat, et en particulier de la part du Premier ministre ? Pour des raisons minables, directement liées au contexte des derniers mois de l'année 2005 en France, à savoir celui des émeutes de banlieues survenues à l'automne, et surtout celui de la criminalisation du passé napoléonien, faite alors par un lobby noir voulant à tout prix réduire l'action politique de Napoléon Bonaparte à sa décision d'avoir rétabli, en 1802, l'esclavage dans les colonies françaises, certains représentants de ce lobby allant, de façon grotesque, jusqu'à accuser Napoléon d'avoir été un ogre génocidaire des noirs à Saint-Domingue, et d'avoir inspiré Adolf Hitler... Disons-le tout net : face à la polémique, face à la bêtise, face à une pression mémorielle intempestive, face à la manipulation politique de l'histoire, le gouvernement de l'époque a choisi de se coucher, faisant là preuve d'une singulière lâcheté...

J'ai commencé par parler des mémoires en général, mais, dans le fond, si je prends la peine d'évoquer cette affaire, j'avoue que c'est d'abord pour une raison toute personnelle : il se trouve que je suis né un 2 décembre. Outre celui de ma naissance et de la victoire de l'armée napoléonienne sur les armées impériales autrichiennes et russes à Austerlitz - célèbre bataille que Léon Tolstoï évoque dans son roman Guerre et Paix -, ce jour est également celui du sacre impérial de Napoléon Ier à la cathédrale Notre-Dame de Paris - en présence du pape Pie VII - le 2 décembre 1804, le jour du coup d'Etat du 2-Décembre réalisé par le président de la République, et neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851 - ce coup d'Etat tant dénoncé par le poète Victor Hugo -, et le jour de l'avènement impérial du même Louis-Napoléon sous le nom de Napoléon III, le 2 décembre 1852. Pour des raisons diverses, il semble que, pour la plupart des biens-pensants et des agitateurs de souvenirs mémoriels anti-bonapartistes, le jour de ma naissance soit historiquement un jour de honte... Personnellement, j'ai toujours fort peu apprécié ce genre de considération, et du reste, j'ai trouvé dans ce jour une bonne raison pour consacrer, durant quelques années, mes travaux de recherche universitaires à la vie politique française sous le Second Empire de Napoléon III - ledit Napoléon III n'ayant évidemment rien à voir avec Sarkozy de Nagy-Bocsa, contrairement à ce que veulent faire croire certains, comme le journaliste créateur du journal Marianne, Jean-François Kahn, dans son délire hugolâtre -, travaux de recherche qui ont été motivés, à l'origine, par la lecture - fort indigeste - des Châtiments de Victor Hugo, qui me fut imposée en terminale, il y a presque dix ans de celà (le recueil des Châtiments de Victor Hugo ayant fait partie dans les lycées du programme de première pour l'épreuve anticipée du baccalauréat de français en 1998-1999)...
Tous ces biens-pensants qui, en France, passent leur temps à glorifier le "dieu" Hugo et ses "saintes" écritures contre Napoléon III - les Châtiments, Napoléon le Petit, Histoire d'un crime, etc. -, tous ces thuriféraires de Victor Hugo, ces déterministes républicanistes ? persuadés que, de tout temps, la France était destinée à devenir une république ?, et autres dénonceurs de dictatures forcément jugées totalitaires, sans oublier les politiciens élus de la République toujours en quête de références à exploiter, toutes ces belles âmes qui, en 2002, ont eu l'opportunité, à l'occasion du bicentenaire de la naissance dudit Hugo, d'afficher leurs opinions sur le caractère fort exemplaire de l'engagement de l'écrivain et, dans le même temps, sur l' "odieux" régime impérial contre lequel il a lutté (après avoir - ces gens-là se plaisent à l'oublier - soutenu Louis-Napoléon Bonaparte lors de l'élection présidentielle de 1848 et ardemment désiré devenir ministre en récompense de son soutien) : voilà ce qui m'a profondément agacé - m'agace encore, du reste -, et motivé au début de mes recherches, ce qui ne m'a pas empêché, bien entendu, de travailler à partir des sources avec le plus d'honnêteté et de sérieux possible, loin des propagandes et des préjugés de tous ordres...

On m'a accusé tant de fois - stupidement - d'être bonapartiste... bien que je n'ai pas choisi de naître un 2 décembre, et que le bonapartisme soit mort depuis longtemps, dès la fin du XIXe siècle. A ceux qui éprouvent une sorte d'adoration aveugle pour le "grand" Victor Hugo, et qui se sentent obligé de l'invoquer sans cesse et de le citer à toutes les sauces, sans se poser une seule fois la question de savoir qui était cet homme, quel fut son parcours, et quelle était VRAIMENT son époque, je me contenterai de rappeler qu'en matière de politique, c'est bien trop souvent le présent qui fait le passé, et non, hélas, le passé qui fait le présent... A Victor Hugo et son déterminisme opportuniste, je préfère Marc Aurèle et sa distanciation de stoïcien. Que l'on cesse donc un peu d'évoquer le passé à coup de préjugés tout faits, de prêt-à-penser, tout droit hérités de la propagande divulgués par les vainqueurs de l'histoire et véhiculés par une mémoire - ici républicaniste - fonctionnant toujours de façon exclusive sur des fidélités aveugles. Le passé de l'humanité est complexe, nul déterminisme ne le guide, notamment en ce qui concerne la politique, et à la fin, seul le devoir d'histoire reste, qui prime sur le devoir de mémoire... Celà devait être dit...

Toutefois, j'ai une autre raison d'évoquer le 2 décembre, date de mon anniversaire et date napoléonienne si chargée de symbole... Il se trouve qu'une nouvelle m'est parvenu il y a quelques semaines, le 18 octobre dernier : le Congrès fondateur du Mouvement Démocrate, le parti politique auquel j'ai adhéré en mai dernier, n'aura finalement pas lieu le 25 novembre, comme celà avait été initialement prévu, mais les 1er et 2 décembre prochains, le 2 décembre étant donc appelé à devenir le jour officiel de la fondation du MoDem... J'avoue avoir été quelque peu surpris par cette nouvelle, qui m'a été confirmée dans la nuit du 8 au 9 novembre dernier, lorsque j'ai reçu une lettre d'information de François Bayrou, adressée à tous les adhérents du MoDem, datée du 8, et dans laquelle on peut notamment lire : "Le congrès fondateur du Mouvement démocrate aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre à Paris Villepinte."
Faut-il que j'y vois un signe ? Je ne sais... Les adorateurs inconditionnels de Victor Hugo sont nombreux au MoDem, et souvent tentés de faire de douteux parallèles entre bonapartisme et sarkozysme... Au moins, ils auront la satisfaction de célébrer désormais, avec la naissance du MoDem, un évènement survenu un 2 décembre, qui, je l'espère, sera enfin suffisamment démocrate à leur goût... Pour ma part, je me contenterai de poursuivre ma route hors des sentiers battus, loin du républicanisme bien pensant, mais avec les citoyens humanistes les plus ouverts d'esprit, s'ils le souhaitent, au sein du Mouvement Démocrate et en dehors...

Je reproduit ici la lettre de François Bayrou aux adhérents du MoDem, datée du 8 novembre, et que j'ai reçu dans la nuit du 8 au 9 :

Lettre de François Bayrou

Paris, le 8 novembre 2007


Chers amis,

Nous avons dû, après les élections du printemps, reconstruire notre organisation. C'est maintenant chose faite : vous allez donc recevoir à nouveau journal, lettres et documents.

Ce mois de novembre est très important pour nous. Nous préparons à la fois le congrès fondateur du Mouvement démocrate, le congrès extraordinaire de l'UDF qui lui est joint, et les élections municipales et cantonales, pendant que l'actualité politique plonge beaucoup de Français dans l'interrogation et la perplexité.

Le congrès fondateur du Mouvement démocrate aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre à Paris Villepinte. Il faut auparavant une délibération statutaire pour régler les relations entre l'UDF et le Mouvement démocrate, comme d'ailleurs entre le Mouvement démocrate et Cap 21.

Le congrès extraordinaire de l'UDF adoptera un texte, sur proposition du bureau politique de cette formation, sur les relations statutaires entre l'UDF et le Mouvement démocrate. Le Mouvement démocrate est né, en effet, comme vous vous en souvenez, à l'appel du Conseil national de l'UDF, par l?adoption d?une motion, le 10 mai 2007.

Nous avons à gérer une situation rare, qui ne s'est pas produite souvent dans un courant politique français : des dizaines de milliers d'adhérents nouveaux nous ont rejoints, et il faut que chacun se trouve à l'aise, à sa place, dans la maison nouvelle que nous formons ensemble.

Je veux répondre à quelques questions simples, qui reviennent souvent :

> Quand on est adhérent UDF, faut-il prendre une adhésion nouvelle pour être adhérent au Mouvement démocrate ? Il est vrai qu'un certain nombre d'adhérents ont voulu accomplir cette démarche, et je les en remercie. Mais je proposerai au congrès que tout adhérent de l'UDF (comme tout adhérent de Cap 21) soit automatiquement considéré comme adhérent du Mouvement démocrate et en reçoive la carte. C'est le même courant politique qui se poursuit sous d'autres formes, nouvelles, mais sans rupture dans les idées et dans les convictions.

> Qu'en est-il des instances, notamment départementales ? Toutes les instances départementales vont être réélues dans les semaines qui suivent le congrès et nous sommes en train de mettre au point des règles de fonctionnement qui garantiront à tous, quelle que soit la date de leur adhésion, leur juste place.

> Comment seront adoptés les statuts du Mouvement démocrate ? Les adhérents auront-ils leur mot à dire ? Bien entendu et je m'y suis engagé. Nous adopterons au congrès trois documents fondateurs : une charte des valeurs ; une charte éthique ; des statuts. Des projets de documents sont mis en ligne depuis le 5 novembre. Ce ne sont que des projets : ils seront examinés notamment par les bureaux des formations fondatrices, et soumis à amendement lors du congrès.
Les amendements devront être adressés aux adresses suivantes :
statuts@lesdemocrates.fr, chartedesvaleurs@lesdemocrates.fr et
charteethique@lesdemocrates.fr ou
par courrier avant le 21 novembre pour que leur recevabilité puisse être examinée par une commission statutaire et soumis au vote.

> Comment se préparent les élections municipales ? Nous ne pouvions évidemment pas attendre le congrès pour commencer ce grand travail. J'ai donc mis en place une commission d?investiture (dont vous trouverez la composition [...] sur notre site www.lesdemocrates.fr). Cette commission examine la situation de toutes les villes de plus de 20 000 habitants et, conformément à nos statuts, prononce les investitures chaque fois qu'elle estime la situation décantée et suffisamment claire. Un certain nombre de villes connaissent une situation plus complexe (alliance éventuelle dès le premier tour avec d'autres formations démocratiques, absence de candidature annoncée ou, au contraire, multiplicité de candidatures). Dans tous ces cas, des réunions seront organisées, région par région, par la commission d'investiture, selon un calendrier publié sur notre site. Par ailleurs, je vous invite à faire acte de candidature auprès de la commission à l'adresse suivante : municipales2008@lesdemocrates.fr ou par courrier à notre adresse.


L'ensemble de ce travail de construction se déroule en un moment politique plein d'interrogations pour beaucoup de Français. La politique suivie est tournée vers la mise en lumière, le spectaculaire pour ne pas dire le spectacle, du président de la République, acteur qui monopolise tous les rôles du gouvernement. Nous avons toujours été persuadés que la centralisation et la concentration du pouvoir étaient une faiblesse de la France. Cette faiblesse est aujourd'hui accentuée jusqu'à la caricature.

La lutte contre le déficit et la dette est passée au deuxième plan. Beaucoup de nos partenaires européens s'en inquiètent. Dans le même temps, le « paquet fiscal » a conduit à des facilités en direction des Français déjà favorisés, ce qui ne facilitera pas l'acceptation des décisions rigoureuses le jour où elles deviendront inévitables.

Le projet de société est peu lisible. Ce qui émerge, c'est l'affirmation répétée qu'il faut « réconcilier les Français avec l'argent », parce que « l'argent, c'est la réussite ». Pour beaucoup d'entre nous, la confusion entre argent et réussite est une régression : que peuvent entendre dans une telle affirmation les éducateurs, les scientifiques, les classes moyennes, les retraités, les femmes et hommes de culture ?...

Bien des réformes sont éludées : on annonçait que la loi sur les universités serait le texte le plus important du quinquennat, qu'en reste-t-il ? On prévoyait un service minimum de plein exercice pour les services publics, on avoue aujourd'hui que ces dispositions ne changeront rien à la situation actuelle? Le déficit de la sécurité sociale n'a été en rien diminué par les lois des gouvernements précédents, et les franchises, socialement discutables, sont annoncées comme devant financer la recherche sur la maladie d'Alzheimer, le cancer, et autres soins palliatifs. Évidemment, cette affirmation est une présentation de façade, mais l'idée qu'on demanderait aux seuls malades de financer la recherche contre la maladie apparaît en soi comme un problème.

La seule réforme effectivement en cours est celle de la retraite des régimes spéciaux. C'est un passage obligé, non pas seulement en termes financiers (les régimes spéciaux représentent seulement 5 % des besoins de financement des caisses de retraite), mais en termes d'équité. Nous pensons que l'on peut trouver le chemin d'une réforme juste. Cela demande une capacité de négociation, beaucoup de fermeté, et un effort de compréhension en direction des salariés qui ne sont pas des privilégiés et vont nécessairement voir ainsi changer leur contrat de travail. En tout état de cause, si le chemin de cette réforme juste est trouvé, nous y apporterons notre soutien.

Il importe d'ajouter que le rendez-vous de la retraite se présentera après les élections municipales. Il ne s'agira pas là des 5 % de régimes spéciaux, mais de 100 % des besoins de financement. Je maintiens, même si le gouvernement n'est pas de cet avis, que la réflexion sur les retraites par points était une approche plus globale, plus juste, plus équilibrée que les éternels ajustements auxquels nous assistons. Mais il est vrai que c'est un travail de grande ampleur, et qui demande une démocratie sociale pleinement active et responsable.

Nous avons apporté notre soutien au Grenelle de l'environnement. Mais une fois passée la phase consensuelle, la question est maintenant celle des mesures concrètes : c'est le véritable rendez-vous. Et c'est à ce rendez-vous que nous serons attentifs, avec tous ceux, dans nos rangs, qui ont une profonde connaissance de ces sujets.

La réforme des institutions n'a pas pris le bon chemin. Il y a, bien sûr, dans le texte du comité Balladur [remis à Sarkozy le 29 octobre dernier] des pistes qui doivent être retenues, notamment pour la procédure parlementaire. Mais pour l'essentiel, l'autonomie du pouvoir législatif par rapport au pouvoir exécutif, on a choisi d'aller vers l'aggravation des dérives de la Ve République. Quelle autonomie, en effet, peut-on imaginer pour une Assemblée dont le premier tour de l'élection serait organisé le jour même... du deuxième tour de l'élection présidentielle ?... Quelle représentation honnête du pluralisme de notre démocratie quand on prétend que la proportionnelle (souhaitée par les deux tiers des Français) ne devrait représenter que 20 à 30 sièges sur 577 ?... Il est à craindre que, contrairement aux espoirs que nous avions mis dans cette instance, la direction prise n'aboutisse à une impasse, voire à une aggravation de la situation actuelle.

Tous ces sujets donnent la vraie dimension du défi qui est devant nous : il s'agit de construire un projet de société qui permettra à la société française et aux sociétés européennes de trouver un autre horizon que celui, purement matérialiste, d'une société d'inégalité croissante. Une société efficace, et de justice croissante, une société où la démocratie n'est pas un vain mot, où le citoyen n'est pas seulement la cible d'une communication de tous les instants, mais considéré comme conscient et responsable, une société où l'État n'est pas seul, mais entouré de partenaires actifs et légitimes (entreprises, associations, collectivités, familles, etc.) Une société où le système de valeurs privilégie l'éducation, la formation, la recherche, l'épanouissement de l'individu, le pluralisme. Si ce sujet du projet de société vous intéresse, permettez-moi de vous renvoyer à l'article que j'ai écrit durant l'été dans la revue Commentaire : Du centre au projet démocrate...

Cette recherche d'un projet de société alternatif, et d'un mode de gouvernement nouveau, nous sommes seuls, me semble-t-il, à pouvoir en être aujourd'hui les promoteurs. Le parti socialiste traverse en effet une crise lourde, parce qu'elle est à la fois une crise de leadership et une crise d'inspiration. Cette crise l'empêche de suivre le chemin qu'ont emprunté il y a des années les socio-démocrates européens, eux-mêmes désormais (on l'oublie trop souvent) en interrogation sur leur modèle d'état providence. C'est notre responsabilité d'entrer de plein pied dans ces questions, sur lesquelles les Français ne manqueront pas de rejoindre les pionniers que nous aurons osé être.

De ce devoir de construction, en tout cas, je veux vous assurer qu'avec vous, si nombreux, je ne me laisserai pas détourner.

Pour tout cela, je vous donne rendez-vous les 30 novembre (pour les adhérents de l'UDF) 1er et 2 décembre, pour tous les MoDem, à Paris-Villepinte.

Affectueusement à vous tous.

François Bayrou

Je m'en voudrais de terminer cet article, chers lecteurs, sans évoquer un autre évènement, plus particulier, lui aussi lié au 2 décembre... ;-)
Certains d'entre-vous connaissent sans doute la présipauté de Groland, cette micronation francophone fictive, qui fait l'objet d'un journal télévisé satirique hebdomadaire sur la chaîne Canal +. Eh bien, sachez que désormais, le MoDem a un parti frère au Groland ! Il s'appelle le Mouvement Démocrate Grolandais, ou GroDem, et depuis le 17 octobre dernier, il a son blog sur Internet, à l'adresse http://generationdemocrate-groland.hautetfort.com/.
Ce nouveau parti se définit lui-même ainsi : "le GroDem, Mouvement Démocrate Grolandais, est né de l'ambition de son président de créer un mouvement capable de rassembler un très large majorité de Grolandais. Issu des mutations de l'ancienne UDG (Union pour la démocratie Grolandaise) opérées depuis le congrès de Grobourg en 2006, il a su faire venir à lui plusieurs millions de Grolandais qui se sont rangés derrière des  slogans tels que « ni gourde , ni gourdin » ou encore « vivre libre ou mourir con ». Parmi eux, de nombreux déçus du PSG (Parti Socialiste Grolandais), mais aussi des écologistes de Gap 21 et d'anciens Grollistes sociaux. Son congrès fondateur se déroulera le 1er décembre 2007 aux alentours de 09h37mn environ et devrait définir les statuts du mouvement ainsi que sa charte éthique."
Les possibilités d'ascension politique au sein du parti étant beaucoup plus importantes au GroDem qu'au MoDem, j'ai pû non seulement m'imposer aisément comme le chef de file incontesté de la mouvance anarcho-monarchiste des barbus du Grodem, mais aussi obtenir rapidement une promotion au sein de l'appareil du parti, devenant ainsi, en raison de ma date de naissance, le responsable de la cellule dite "du 2 Décembre" et, à ce titre, chargé des coups d'Etat et des complots, comme en témoigne un message officiel du GroDem publié sur le blog du parti, le 8 novembre dernier.
Ainsi donc, pour finir, je n'ai plus qu'une chose à dire : vive l'anarcho-monarchisme LIBRE au sein du GroDem (et du MoDem) !

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

P.S.: Que l'on pardonne le caractère contrasté, et parfois un peu emporté - voire égocentrique ? -, du présent article ; j'ai écris comme celà m'est venu... :-)

(Illustrations : Détail du tableau Bataille d'Austerlitz, 2 décembre 1805, huile sur toile [1810] par le baron François Gérard, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon ; Détail du tableau le Sacre de l'empereur Napoléon Ier et le couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, huile sur toile [1805-1807] par Jacques-Louis David, Paris, Musée du Louvre ; "M.M. Victor Hugo & Emile de Girardin cherchent à élever le prince Louis[-Napoléon Bonaparte] sur un pavois, ça n'est pas très solide !", l'écrivain Victor Hugo [en bas, à gauche], et le journaliste fondateur du quotidien la Presse Emile de Girardin [en bas, à droite] soutenant le candidat Louis-Napoléon Bonaparte [en haut, sur le pavois] lors de l'élection présidentielle de décembre 1848, caricature de Honoré Daumier, publiée dans Le Charivari, 11 décembre 1848 ; Logotype du MoDem, 2007 ; François Bayrou, président du MoDem, le 16 septembre 2007, à Seignosse, photographie de l'Agence France Presse, © Pierre Andrieu AFP/Archives ; Copie d'une carte de membre du GroDem, novembre 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /2007 23:18
Quelle pagaillasse... C'est le mot qui me semble convenir à la situation actuelle des universités françaises, et tout particulièrement de la mienne, celle de Toulouse II le Mirail - "pagaillasse" est une sorte de néologisme méridional que j'emploie sans savoir s'il a déjà pû être employé avant moi, mais le sens du terme me parait néanmoins compréhensible par le plus grand nombre... :-)
Le fait est que l'actualité finit toujours par vous forcer la main, et que l'ennui et le désintérêt qui furent les miens durant les premiers jours de grève a désormais laissé la place à l'agacement et à une certaine préoccupation. Je m'étais promis de ne pas y revenir, mais le caractère absurde, dérisoire, de la situation me pousse à reparler du mouvement de grève des étudiants, que j'avais brièvement évoqué au début d'un précédent article ("Un Monde de nains politiques...").

Je suis étudiant à l'Université de Toulouse II le Mirail depuis que j'ai quitté le lycée, en 2000. Après deux ans passés à étudier à l'antenne que la fac du Mirail avait alors à Albi, je me suis éloigné un peu plus de mon Rouergue natal, pour poursuivre mes études d'histoire à l'Université elle-même, dans ce quartier toulousain du Mirail que l'on ne présente plus... A Toulouse II, j'ai beaucoup appris, obtenu ma Licence d'histoire en 2003, ma Maîtrise d'histoire en 2005 et mon Master de recherche en histoire (équivalent de l'ancien D.E.A) en 2006, avec mention. Mon cursus universitaire n'est sans doute pas un de ceux qui conduisent à coup sûr vers la réussite immédiate sur le marché du travail, mais je suis tout-de-même fier de mon parcours, qui n'aurait pas été possible sans l'aide de l'Etat, qui m'a, durant toutes ces années, fait bénéficier de bourses, attribuées sur critères sociaux, qui m'ont permis de financer convenablement des études supérieures que ma mère n'aurait pas pu me payer toute seule. J'espère pouvoir, un jour prochain, faire en sorte que mon bagage universitaire serve à quelque-chose, qu'il me permette d'apporter quelque-chose aux autres et de trouver une juste place dans cette société, bien que, jusqu'ici, je ne me sois jamais senti vraiment à ma place nulle part... Cette année, je suis encore inscrit à la fac du Mirail, pour suivre les cours de préparation aux épreuves des concours de l'enseignement du Capes d'histoire-géographie et de l'agrégation d'histoire. Je dois être bien fou, en vérité, de m'être à nouveau lancé, pour la deuxième fois consécutive, dans la course des concours de l'enseignement, quand on sait quel sort Sarkozy de Nagy-Bocsa et ses sous-fifres du gouvernement réservent au nombre de postes d'enseignants proposés aux concours cette année et dans les années qui viennent... Mais enfin, il faut bien essayer de tirer son épingle du jeu, dans cette société injuste, malgré les difficultés...
En dépit des apparences, je n'aime pas beaucoup parler de moi, mais si j'ai pris la peine d'évoquer mon parcours universitaire, c'est pour que chacun se rende bien compte d'où je viens, et comprenne au mieux le sens du propos qui va suivre...

J'ai donc beaucoup appris à Toulouse II le Mirail. Celà dit, au delà des connaissances universitaires, j'ai aussi eu l'occasion de me familiariser longuement avec le climat politique qui règne depuis toujours à la fac du Mirail, à savoir celui entretenu par de très influents syndicalistes étudiants, idéologiquement très proches des partis d'extrême-gauche d'inspiration trotskiste et guévariste. Au Mirail, on aime la révolte, et on laisse rarement passer les occasions de se mettre en grève, de bloquer les accès de la fac, et de protester vigoureusement contre toutes les injustices de ce monde. Durant mon cursus, j'ai ainsi connu trois grands mouvements étudiants marqués par des blocages de la fac : d'abord le mouvement contre la réforme des diplômes universitaires - dite réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) - durant l'année universitaire 2002-2003, puis le mouvement anti-CPE contre le nouveau "contrat première embauche" (CPE) voulu par le Premier ministre Galouzeau de Villepin en 2006, et enfin, aujourd'hui, le mouvement contre la loi sur l'autonomie des universités, dite loi Pécresse.
En ce qui concerne ce dernier mouvement, tout a commencé il y a environ trois semaines, au début du mois de novembre, soit bien après que la loi sur l'autonomie des universités, aussi appelé LRU (loi de réforme des universités), ait été adoptée au Sénat et à l'Assemblée Nationale, le vote des parlementaires ayant eu lieu en juillet dernier (voir mon article de cet été
"Un Mois de Sarkozysme appliqué...")...

Loi Pécresse: blocages de facultés à Toulouse et Tours


Des étudiants de l'université Toulouse-Le Mirail ont bloqué mardi matin [6 novembre] l'entrée des bâtiments de la faculté pour protester notamment contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités.

A Tours, une centaine d'étudiants ont bloqué l'entrée des bâtiments de la Faculté de Lettres de Tours, les Tanneurs.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a jugé sur [la radio] France Info que le mouvement n'était "pas justifié", réclamant "un peu de patience" en attendant que la réforme "porte ses fruits".

La loi sur l'autonomie des universités prévoit que dans un délai de cinq ans toutes les universités accèdent à l'autonomie dans les domaines budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines, et puissent, à leur demande, devenir propriétaires de leurs biens immobiliers.

"C'est paradoxal qu'au moment où l'Etat se réengage, au moment où l'Etat décide d'accompagner les universités pour qu'elles soient plus puissantes, plus fortes, pour qu'elles assurent une meilleure insertion professionnelle des étudiants (...), qu'à ce moment-là, il y ait un mécontentement qui ne me paraît pas justifié", a affirmé Mme Pécresse.

A Rouen, les étudiants bloquent depuis le 30 octobre les facultés de lettres et de psycho-socio.

Lundi [5 novembre], entre 100 et 200 personnes ont occupé pendant quelques heures le site de Tolbiac de l'université Paris I avant de le quitter en fin de journée, alors que celui-ci est fermé administrativement.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 6 novembre 2007 10h32)

Depuis, le mouvement de grève a fait tâche d'huile, et vendredi dernier, 23 novembre, c'était désormais une quarantaine d'universités qui se trouvaient en grève à des degrés divers - sans compter certaines universités de la région parisienne désertées de fait, en raison de la grève des transports publics, interrompue depuis...


Au sein du mouvement national, les grévistes de l'Université de Toulouse Le Mirail sont, comme à l'accoutumée, particulièrement actifs... A la paralysie de la fac provoquée par le blocage des grévistes, s'est, du reste, ensuite ajoutée la fermeture administrative de l'université, sur décision de son président. Une sorte de "black-out" total de la fac, en somme...

Alors, pourquoi toute cette pagaillasse ? Officiellement, la révolte étudiante est due à la désormais fameuse loi Pécresse sur l'autonomie des universités. J'ai déjà eu l'occasion de dire, l'été dernier, que le projet de loi, à la base, avait été mal négocié au départ, et qu'il n'avait pas été aussi loin qu'on aurait pu le croire, par rapport à ce qui avait été annoncé, bien que tout le monde s'étant accordé sur la nécessité d'une profonde réforme des universités françaises...
J'aurai sans doute dû être plus direct, et dire que la réforme contenue dans la loi Pécresse n'est qu'une réformette, bien trop timorée pour être considérée comme une véritable réforme devant faire date dans l'histoire des universités de France. Il faut une réforme, une vraie : les universités et les étudiants en ont besoin. Or, à quoi assiste-t-on ? A un mouvement étudiant très influencé par l'extrême-gauche, qui paralyse les universités, notamment celle du Mirail, et qui, au lieu de réclamer une véritable réforme des universités, se contente d'exiger l'abrogation pure et simple de la loi Pécresse, qui n'est pourtant qu'une réformette "d'adaptation" ne répondant même pas aux problèmes de fond !


Au Mirail, les mouvements de grève étudiants se déroule toujours de la même façon. Des étudiants - qui sont, en général, militants syndicalistes, mais aussi de simples activistes - organisent des Assemblées générales  - ou AG - réunissant le plus d'étudiants possible, même si, de fait, la majorité du public présent dans l'amphithéâtre où a lieu l'AG est souvent a priori favorable à la grève, surtout au début. Des Assemblées générales, j'en ai vu un bon nombre durant mon cursus universitaire : elles tiennent plus du club de réfléxion et du défouloir idéologique qu'autre chose, mais elles sont tout-de-même censés être, en quelque sorte, l'organe décisionnel du mouvement. La grève, comme toutes les autres décisions, est votée à main levée par les étudiants présents en Assemblée Générale. Un "comité de lutte" est ensuite chargé d'appliquer les décisions prises lors des AG, notamment les manifestations, et surtout le blocage des passages et des entrées des bâtiments de l'université, avec quantité de tables et de chaises, réquisitionnées dans les salles de cours pour l'occasion. Je me souviens d'avoir assisté à une réunion du comité de lutte lors du mouvement contre la réforme du LMD, un soir d'automne de 2002, alors qu'il faisait déjà nuit : elle avait lieu dans la grande salle de réunion de la Présidence, alors occupée par les grévistes, et on j'avais l'impression d'assister, autour de la grande et longue table de la salle, à une réunion d'un "comité de salut public" assis dans les larges fauteuils de cuir d'une "monarchie" renversée... même si l'ambiance restait tout-de-même assez proche de celle d'une simple soirée étudiante...
Quand sort-on de la crise ? En général, à partir du moment où la Présidence de l'université choisit enfin de sortir de l'attentisme dont elle est coutumière, et tente une initiative pour débloquer - au propre comme au figuré - la situation. Cela peut passer par un vote, sur papier, et à bulletin secret, organisée par l'université, et ouvert à tous les étudiants inscrits à la fac, vote à l'occasion duquel est évidemment posée la question du déblocage. Un référendum de ce genre a eu lieu lors du mouvement contre la réforme LMD. Il n'a pas permis le déblocage immédiat, mais les grévistes, hostiles par principe à ce genre de consultation - "Seules les AG sont légitimes" disent-ils - ont été, cette fois-là, pris à leur propre jeu, puisque, lors d'une ultime AG, le déblocage de la fac a fini par être voté, à la nuit tombée, par une majorité d'étudiants - de nombreux anti-grévistes ayant alors fait le déplacement pour faire pencher la balance. Vous auriez vu tous ces étudiants alignés avec le bras tendu, et la main posée sur l'épaule du voisin de devant, pendant que des volontaires s'efforçaient de compter les pro-blocage et les anti-blocage : on serait crû à un congrès de parti unique... ;-)
Cette année, un autre référendum a été organisée par l'université du Mirail, et là encore, pour poser la question du déblocage. Il a eu lieu lundi dernier, 26 novembre. Enfin... il a commencé d'avoir lieu... Car, alors que le scrutin avait débuté le matin à 10h00, et que vers 11h00, selon un communiqué de la Présidence (rendu public à 17h00), près de 800 étudiants avaient déjà pu voter à bulletin secret, les étudiants grévistes ont décidés de faire capoter ledit scrutin, puisque pour eux, rappelons-le, "seules les AG sont légitimes". Selon la Présidence, "à 11h40, un groupe de manifestants de type commando a violemment cherché à interrompre la consultation. Les étudiants et les personnels ont subi insultes, menaces et coups. Devant les premiers incidents et afin d'éviter de plus graves dérapages, le président de l'université a décidé d'arrêter immédiatement la procédure de consultation démocratique" qui a donc été "suspendue". Compte-tenu des circonstances, et tandis que les grévistes faisaient voter une énième reconduite de la grève en AG, la Présidence de l'université a protesté contre les pressions pratiquées par les grévistes, les qualifiant de véritable "déni de la démocratie", et a pris, sans surprise, la décision de procéder à la fermeture de l'établissement sur le campus du Mirail, en fin d'après-midi, et ce jusqu'à jeudi matin, 29 novembre.

Comment peut-on en être arrivé là ? Je dois reconnaître que j'avais sous-estimé le caractère radical du mouvement étudiant actuel, caractère qui n'était pas aussi prononcé dans le passé... Que veulent donc les étudiants grévistes ? Une simple abrogation de la loi sur l'autonomie des universités ? Non. La vérité, c'est lorsque l'on y regarde de plus près, on se rend vite compte qu'ils se fichent de la loi Pécresse comme de leur première couche de bébé. Les prises de parole à la tribune des AG sont assez révélatrices de cet état de fait, puisque les discussions lors de ces Assemblées glissent volontiers de la thématique universitaire vers les méfaits de la politique du gouvernement actuel en général, sur la situation des sans-papiers, des mal-logés, de tous les laissés-pour-compte de ce monde
que les grévistes voudraient forcément meilleur, comme nous tous. Dès lors, il ne faut pas s'étonner de la nature d'un certain nombre de décisions votées à ces occasions... Voulant tout et tout de suite, les grévistes du Mirail sont allé jusqu'à voter, en AG, la "destitution de Sarkozy". Cette décision est bien évidemment ridicule, absurde. Pourtant, si celà ne tenait qu'à moi, Dieu sait si je serais satisfait de jeter moi-même Sarkozy de Nagy-Bocsa hors de l'Elysée, avec un bon coup de pied dans le derrière de cet énergumène, si je le pouvais ! Mais il a été élu ! C'est bien malheureux, mais c'est ainsi ! Moi aussi, je suis révolté par les injustices ! Moi aussi, je déteste Sarkozy, lui, et tout ce qu'il représente ! Mais ce n'est pas en bloquant une université, et donc en se tirant une balle dans le pied, que c'est le cas à chaque fois, que la situation changera ! Les grévistes aimeraient bien, en fait, être à l'origine d'une vague de contestation contre le pouvoir en place, semblable à celle de 1995 par exemple, qui avait eu raison du Premier ministre Juppé. Ils s'accrochent à un espoir, celui que "quelque-chose se passe" s'ils persistent dans leur mouvement. Pourtant, ce qu'il risque fort de se passer, c'est que, dans le meilleur des cas, ledit mouvement mourra comme une flamme dans un vent d'hiver, au plus tard à la faveur des vacances de fin d'année, ou dans le pire des cas, que ledit mouvement soit brisé par la force avec l'envoi de CRS - ce qui serait, bien évidemment, la pire des solutions...
De fait, sur le plan national, le vent est bel et bien en train de tourner...

Universités: "avancées importantes" de Pécresse selon l'Unef

Le président de l'Unef [(Union nationale des étudiants de France), principal syndicat étudiant, proche du PS], Bruno Julliard, a estimé mardi [27 novembre] que Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) avait fait "des avancées importantes" sur l'accompagnement de la loi sur l'autonomie des universités et a demandé que les assemblées générales d'étudiants les prennent "en compte".

A l'issue d'une rencontre avec la ministre, il a fait état "de garanties nouvelles et de gardes fous aux craintes des étudiants mobilisés", jugeant "rassurantes" les concessions de Mme Pécresse au mouvement étudiant qui agite une quarantaine d'universités (sur 85) depuis plus de trois semaines et des dizaines de lycées depuis une semaine.

Il a précisé que l'Unef consulterait en parallèle mercredi et jeudi ses "adhérents pour déterminer sa position sur la suite à donner à la mobilisation".

"Vous connaîtrez ma position dans deux jours", a-t-il dit à la presse, ajoutant qu'il "appartiendra aux AG (assemblées générales) de décider in fine s'il faut poursuivre ou pas la mobilisation".

Pour encadrer sa loi, il a expliqué que Valérie Pécresse s'était engagée à la "mise en place d'un cadrage national des diplômes", un texte qui garantit "l'égalité des diplômes et des étudiants sur l'ensemble du territoire", par le biais d'un "groupe de travail" qui étudiera l'harmonisation des intitulés et des modalités d'évaluation des étudiants.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 27 novembre 2007 16h55)

Les chefs de file du mouvement étudiant au Mirail sont traditionnellement bien plus radicaux que ceux qui choisissent la voie de la négociation, et il n'est pas certain que les péripéties de cette semaine les fassent renoncer à leur activisme borné, pourtant dépourvu de crédibilité... Mais de toute façon, il faudra bien en finir, car les cours à l'université ne peuvent être suspendus indéfiniment. Quant à Sarkozy de Nagy-Bocsa, il ne sera assurément pas renversé ni par la volonté des AG étudiantes, ni par les actions de blocage menées par des activistes marxistes qui ont un peu trop tendance à ériger la théorie systémique de la lutte des classes en dogme religieux...


L'un des intervenants réguliers sur le présent blog, l'alias Dante, qui, comme moi, fréquente l'université du Mirail en préparant les concours de l'enseignement, a écrit un texte fort pertinent, dans lequel il expose ses impressions sur la situation. Ce texte étant né à la suite de discussions sur le sujet entre l'auteur et moi-même, je le reproduis ici, afin que mes lecteurs puissent prendre connaissance d'un point de vue autre que le mien :

ARRETEZ LE MONDE, JE VEUX DESCENDRE !

 « Je préfère me débarrasser des faux enchantements pour pouvoir m'émerveiller des vrais miracles ». Ainsi répondait Pierre Bourdieu à une journaliste qui le questionnait sur ses engagements politiques. Cette lucidité assez rare et assez peu commune de nos jours contraste férocement avec ce que nous vivons actuellement. Car certains confondent la lucidité avec l'émotion. Il est vrai qu'avec un chef d'Etat qui érige l'émotion en principe législatif, réécrit l'histoire à sa sauce et réactive des formes d'anti-intellectualisme auxquelles même la droite républicaine semblait avoir renoncé (cf. au discours de Vesoul du 13 mars 2007), la tentation est grande. Mais gardons-nous des réflexes et des prêts à penser pour prendre du recul et tenter une critique.

 Car, à quoi assistons-nous en ce moment ? D'un côté, une réforme dont le décret est paru en août 2007 et qui contient des dispositions inquiétantes en occultant les questions de fond. L'université n'a pas besoin d'une énième mesurette « pour s'adapter ». Elle a besoin d'une réforme et d'une redéfinition en profondeur. Et lorsque nous parlons de réforme, il ne s'agit ni de tour de passe-passe, ni de régression maquillée. Il s'agit de proposer d'autres moyens de fonctionner et non de déconstruire en permanence des acquis. Ainsi, nous avons ce texte qui, loin de répondre aux enjeux actuels, amorce l'alignement sur un modèle quand l'université aurait des réalités différentes à intégrer et à partager. De l'autre, nous sommes en présence d'un mouvement, aux inquiétudes légitimes, qui se radicalise mais qui tombe toujours dans l'écueil qui le discrédite : recycler en permanence le capital de contestation qui lui est dévolu pour se donner le sentiment d'exister. Au-delà de ces deux mondes, le troisième est celui qui doute, qui partage, qui tente des hypothèses, qui formule des coups de gueule, qui propose, qui contourne, qui soutient et qui s'organise, tant bien que mal. Ce troisième monde est à lui seul un quatrième, un cinquième, voire une multiplicité de mondes tant sa structure est composite. Bref, de multiples intérêts entrent en conflit pour défendre leur existence sur des bases oscillant entre la satisfaction du confort personnel et la revendication mythique du bonheur collectif.

 Au-delà du constat sur ce mouvement perpétuel des sociétés, les problèmes demeurent. Et la fameuse « légitimité », brandit de part et d'autre, finit par révéler sa polysémie et sa complexité. Mais la tournure des éléments a classé l'affaire. Nous n'en sommes plus à réfléchir sur la légitimité des actes mais sur la conséquence des choix. En agissant dans le refus d'une autre forme de débat, à savoir une consultation basée sur des règles élémentaires de la démocratie, le comité de lutte et ses laquais ont donné la pleine mesure de ce qu'ils sont en évitant de donner du sens à ce qu'ils font. En privilégiant une apparence, ils ont construit une absence : la critique sans perspective d'examens et de mises à plat des alternatives. Sans doute n'ont-ils jamais lu cette phrase de Rosa Luxembourg : « la liberté, c'est toujours, au moins, la liberté de celui qui pense autrement ». Penser autrement, c'est proposer. Que proposent ceux qui brandissent des simulacres de démocratie et qui s'en réclament pour mieux s'en départir ? Et d'ailleurs, que peuvent-ils proposer en s'inscrivant dans une dénégation absolue de toute proposition extérieure ? A agir ainsi, on devient son propre système. Et cette autarcie intellectuelle, sociale et culturelle n'est certainement pas une liberté.

 Bref, tout cela donne envie de demander l'asile politique à Disneyland ? A moins que l'on y soit déjà ! Parmi les revendications « votées », celle de la destitution de Nicolas Sarkozy est à elle seule un monument de ridicule. Pourquoi ne pas demander la destitution du premier ministre japonais, quitte à être plus efficace ? J'aurais ainsi quelques propositions à formuler pour les prochaines revendications : réconcilier les oeufs brouillés, ramonage des volcans une fois par an et rendre comestible tous les hommes-sandwichs ! Qu'on le veuille ou non, Nicolas Sarkozy a été élu. La seule manière de créer un contre-pouvoir n'est pas de le destituer mais de l'écouter pour mieux le combattre, d'exercer en permanence notre esprit critique, de décrypter quotidiennement son discours et de mettre en évidence ses contradictions. Le réflexe doit laisser place à une culture de l'analyse, de la critique et de la proposition. C'est le meilleur moyen de résistance et le plus crédible. C'est aussi celui qui permet d'être actif à chaque instant et de ne pas rester dans la simple délégation des responsabilités. Camus écrit au début de L'Homme révolté : « Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement ». Sommes-nous des êtres campés sur l'orgueil de détenir chacun notre vérité ou sommes-nous des êtres de dialogue ? Tant que certains découpleront en permanence l'expression d'une contestation justifiée et la proposition d'alternatives crédibles et concrètes, il est à craindre que les impasses continuent de fleurir.

 Il y a quelques années, une pièce était présentée à Broadway sous l'intitulé suivant : « Arrêtez le monde, je veux descendre ». Bon titre.

Dante.

"Bref, tout cela donne envie de demander l'asile politique à Disneyland ? A moins que l'on y soit déjà !" : en effet, cher Dante, la déconnection de la réalité semble bel et bien rester d'actualité dans ce pays... Et pourtant, si nous sommes à Disneyland, c'est un Disneyland sinistre... Pendant que nous perdons notre temps avec une grève sans queue ni tête, des évènements graves viennent d'avoir lieu dans le département du Val d'Oise, au nord-ouest de Paris. Avant-hier, dimanche 25 novembre, après une collision survenue  entre une voiture de police et une mini-moto, qui a coûté la vie à deux jeunes, des violences urbaines ont éclaté à Villiers-le-Bel, avant de gagner, le lendemain, lundi, les villes voisines de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Cergy, Ermont et Goussainville. A la suite d'un énième drame humain, plus de deux ans après les propos karchérophiles de Sarkozy à Argenteuil (Val d'Oise), voilà l'actuel président de la République rattrapé par le problème non réglé des banlieues, avec le risque important d'un nouvel embrasement de celles-ci, qui, s'il se produit, pourrait bien être encore plus violent que l'embrasement de 2005
, s'il l'on y prend pas garde...
La chute dans le réel, la vraie, commence peut-être, enfin, à se faire sentir... lentement, mais sûrement...

Cordialement,

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Vue de l'Université de Toulouse II le Mirail, photographie anonyme, sans date, ©DR ; La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, le 13 juin 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, ©Thomas Coex/AFP/Archives ; Universités en grève le vendredi 23 novembre 2007, carte de France de l'Agence France Presse, ©Paz Pizarro/AFP ; Etudiants de l'université Toulouse II le Mirail réunis en Assemblée générale, le 06 novembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP ; Assemblée générale à l'université Toulouse II le Mirail, le 13 novembre 2007, photographie de l'Agence France Presse, ©Eric Cabanis/AFP)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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