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"Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance." (Jacques Chirac)


(Jacques Chirac, par Kiro)

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Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)

Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /2007 03:33
Étant à Paris, dans le XIIIe arrondissement, depuis samedi matin, 23 juin, et ayant mille et une choses à faire dans la capitale pendant mon séjour de quelques jours, il m'est difficile d'apporter de nouveaux articles sur mon blog... Néanmoins, je ne perds pas le contact, et je prends quelques minutes - à trois heures du matin... ;-) - pour apporter un peu d'eau au moulin anarcho-monarchiste... ;-)

Depuis plusieurs années maintenant, je monte à Paris au moins une fois par an, voire plus lorsque cela est possible, par nécessité universitaire ou autre, et aussi pour prendre un bain de culture parisien toujours bienvenu, avec des visites de musées, d'expositions, et aussi quelques séances de cinéma...
Avant-hier, dans l'après-midi, j'ai pu enfin visiter le Musée de l'Orangerie, situé dans le Jardin des Tuileries, qui a réouvert ses portes au public en mai 2006, après six ans de travaux. La magnifique série de toiles des Nymphéas du peintre impressionniste Claude Monet, que l'artiste a offert à la France, vaut à elle seule le détour. Dans deux vastes salles elliptiques, le visiteurs peuvent contempler des paysages au bord de l'eau, constitués de branches de saules, de reflets d'arbres et de nuages, et bien sûr de nénuphars, appelés nymphéas chez Monet, de façon plus poétique...  "Illusion d'un tout sans fin, d'une onde sans horizon et sans rivage" selon les termes mêmes de Monet, l'ensemble de ces immenses peintures est une manifestation monumentale de l'impressionnisme qui a nécéssité douze ans de travail, de 1914 à 1926, Monet ayant puisé son inspiration dans le "jardin d'eau" de sa propriété de Giverny, entouré d'arbres et orné de plantes aquatiques, "jardin d'eau" dont les aspects changeants selon les heures et les jours ont été pendant trente ans une source inépuisable de sujets de tableaux pour le peintre.
Hier après-midi, je suis allé faire une visite au Musée "Chirac" du Quai Branly - dans le VIIe arrondissement -, consacré aux arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques, inauguré l'année dernière, et que j'ai trouvé plutôt bien fait, tant sur la forme que sur le fond, les collections d'objets d'arts étant particulièrement riches et bien mises en valeur, même si je n'ignore pas que le musée ait suscité certaines controverses avant son ouverture...

Concernant la politique, mon séjour à Paris aura été l'occasion de faire connaissance de façon plus réelle et moins virtuelle avec six camarades démocrates bloggeurs parisiens, avec qui je correspond depuis plusieurs mois, et que je souhaitai rencontrer lors de ma venue dans la capitale. La rencontre s'est faite avant-hier, en début de soirée, dans une ambiance très conviviale, autour d'un apéritif pris dans un café-restaurant du 1er arrondissement - place du Marché-Saint-Honoré -, non loin de ce Jardin des Tuileries que j'arpente si souvent lorsque je suis dans la capitale. Cela a été l'occasion de mettre un visage sur des interlocuteurs cotoyés dans la blogosphère, et aussi d'un large échange de vues sur l'identité et l'avenir du Mouvement Démocrate.
Un constat s'est imposé très rapidement : les membres du MoDem viennent d'horizons suffisemment divers pour que l'on ne puisse pas faire longtemps l'économie d'un questionnement sur ce qu'est fondamentalement le Mouvement Démocrate et sur ce que sont ses idées et ses objectifs. Beaucoup de catégories de citoyens engagés sont présentes : il y a ceux qui ont milité pendant de très nombreuses années à l'UDF et qui vivent mal le fait que leur parti, jusque-là plutôt de centre-droit, puisse disparaître au profit d'un MoDem dont on ne sait pas grand-chose ; il y a ceux qui militent à l'UDF depuis des années, qui penchent plutôt vers le centre-gauche et qui après été longtemps minoritaires au sein du parti peuvent voir une ouverture poindre avec le MoDem ; il y a ceux qui ont été longtemps plutôt éloignés des clivages partisans et du jeu politique traditionnel, et qui voient dans le MoDem une alternative vers laquelle se tourner pour enfin s'engager concrètement ; il y a ceux qui - comme moi - viennent plutôt de la gauche et du centre-gauche, qui, ne voyant pas d'issue du côté des partis de la gauche de gouvernement - non rénovés et faibles du fait de leurs divisions internes - ont choisi de s'engager au sein d'un MoDem que François Bayrou a voulu ouvert aussi bien au centre droit qu'au centre gauche dans l'espoir de contribuer à faire de la politique autrement et à faire bouger les lignes ; et puis il y a aussi ceux qui se découvrent de droite après avoir affirmé être centristes pendant des années au sein de l'UDF, et qui choisissent d'entrainer le maximum de personnes avec eux vers le "Nouveau Centre" rallié pathétiquement à Sarkozy de Nagy-Bocsa...
Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici, un flou artistique complet règne en ce moment autour du MoDem, nouveau parti sans structures clairement établies, sans organisation, sans ligne directrice claire. François Bayrou étant l'initiateur du Mouvement Démocrate et, de fait, la seule personnalité à laquelle tous les adhérents peuvent clairement se référer, sa prise de position est très attendue : il faut que Bayrou parle, qu'il annonce ce que nous allons faire, et comment. Nous avons tous à coeur, a priori, les uns et les autres, de travailler ensemble au sein du MoDem, mais il est bien évident que sans un minimum de clarification, sans un solide corpus d'idées, sans stratégie claire tant sur le plan local que sur le plan national, sans statuts ni organisation cohérente intégrant aussi bien les anciens de l'UDF que les nouveaux adhérents au MoDem venus de la gauche et du centre-gauche, sans tout cela, nous n'y arriverons pas.
Les élections municipales de 2008 approchent, et les élections européennes de 2009 seront certainement capitales pour l'avenir du MoDem, qui devra être particulièrement combatif et novateur en ce qui concerne la question de l'Europe. Face aux incertitudes et aux doutes, nombreux, nous espérons donc tous une clarification sur ce qu'est le MoDem et où il va, et espérons que ladite clarification aura lieu d'ici le mois de septembre prochain. Parallèlement, les adhérents et militants pourront toujours prendre l'initiative, à Paris comme en province, de se rencontrer, échanger, discuter, réfléchir et agir librement ensemble, comme cela est déjà le cas depuis quelque temps, et car cela parait, plus que jamais, être un moyen essentiel de faire exister le mouvement et convaincre le plus possible de sa crédibilité... Voila donc, à peu près, ce qu'il est ressorti de cette rencontre d'avant-hier : si jamais je n'ai pas mentionné des éléments importants, ou commis des inexactitudes, mes lecteurs sont bien entendus invités à signaler les oublis et erreurs que j'ai pu faire sous forme de commentaires... :-)


Je remercie bien sincèrement GuillaumeD, Thibault ("Génération Démocrate"), Marie-Isabelle ("MIP au MoDem"), Nicolas Vinci, Michaël Silly ("Ouvert d'Esprit"), et Virginie Votier - bien connue des lecteurs du blog démocrate de Quitterie Delmas ("Les Jeunes libres"), et au delà... ;-) - d'avoir bien voulu me rencontrer. J'espère que que mes propos, parfois sans doute un peu gouailleurs et satiriques, n'auront gênés personne... Je suis fait ainsi, mais ne vous inquiétez pas : si un jour je devais être candidat à quelque élection - quelque-chose me dit que cela n'est pas pour demain ;-) -, je serai sans doute un peu obligé de mettre un petit peu plus d'eau dans mon whisky... ;-) ... sans me renier toutefois ! Cette rencontre a été, en tout cas, une première occasion de rompre mon relatif isolement, en attendant de faire plus ample connaissance avec les démocrates de Toulouse avec qui j'ai déjà pu entrer en contact au sein de la blogosphère.

Merci à tous, et à bientôt, :-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Détail du tableau en quatre panneaux Les Deux saules [ensemble des Nymphéas], huile sur toile [1920-1926] par Claude Monet , Paris, Musée de l'Orangerie ; Détail du tableau en trois panneaux Le Matin aux saules [ensemble des Nymphéas], huile sur toile [1920-1926] par Claude Monet, Paris, Musée de l'Orangerie)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 23:26
Hier après-midi, 25 juin, je suis allé faire un petit tour du côté du quartier huppé de l'Elysée, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Remontant la rue du Faubourg Saint-Honoré depuis la place Beauvau, vers 18 heures, je venai tout juste de passer devant le portail du palais présidentiel, situé sur le trottoir d'en-face, lorsque je vis sortir de la cour d'honneur, en fanfare, une voiture officielle avec un petit drapeau de l'ONU accroché à l'extrémité du capot : c'était la voiture du secrétaire général des Nations Unies, le sud-coréen Ban Ki-Moon, que l'on pouvait voir du reste, à l'arrière du véhicule, les vitres de ce dernier étant transparentes. A peine cette voiture était-elle partie que je vis arriver devant le portail, entourée de l'habituelle escorte de sécurité, une Cadillac 4x4 noire, massive, venue de l'avenue de Marigny et de la place Beauvau, qui s'avança et pénétra dans la cour d'honneur du palais. Revenant un peu sur mes pas, je ne pus qu'apercevoir en partie, depuis le trottoir d'en face, ce qui se passa ensuite. A travers les grilles du portail promptement refermées après le passage du véhicule, je pus voir la voiture traverser la cour et venir se garer parallèlement aux marches du perron du palais, bouchant ainsi une partie de la vue. Je vis un homme de grande taille, de dos, gravir, une fois sorti de la voiture, les marches du perron, accompagné par un représentant de la présidence venu l'accueillir. L'homme, se tournant légèrement et brièvement sur sa gauche, salua de la main une assistance invisible, vraisemblablement un groupe de journalistes parqués, comme à l'accoutumée, dans un coin de la cour d'honneur, au moment des visites officielles. Le geste de salutation fut bref, et l'homme s'agouffra bien vite dans le palais, sous bonne escorte...

Cet homme de grande taille, venu en Cadillac 4x4, était Arnold Schwarzenegger, l'ancien champion de culturisme et acteur de films d'action, américain d'origine autrichienne, élu gouverneur de Californie en 2003 et réélu à ce poste en 2006. Il était venu rendre visite au président Sarkozy récemment élu à la plus haute charge de l'Etat. Conan le républicain venu rencontrer "Gollum" : un grand moment pour les amateurs de fantasy... ;-) Pronostiquant un entretien entre les deux hommes d'environ une trentaine de minutes, je décidais, après avoir poursuivi mon chemin et acheté un journal rue Royale, de revenir sur mes pas, vers la place Beauvau, et d'attendre la fin de la visite officielle.
J'ai donc passé un moment à lire un exemplaire du journal Le Monde daté du mardi 26 juin, sur un banc public de l'avenue de Marigny, qui longe la partie occidentale de l'Elysée. J'ai lu divers articles, dont un évoquant les réactions peu enthousiastes du président du Conseil italien, Romano Prodi, du premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, et de Guy Verhofstadt, le premier ministre démissionnaire de Belgique, vis-à-vis des résultats du sommet européen de Bruxelles de la semaine dernière, qui a abouti in extremis à un accord sur un traité simplifié - ou "traité modificatif"- remplaçant la Constitution européenne rejetée par les Français et les Néerlandais en 2005. Précisons que le nouveau traité "réformateur", ou "traité modificatif" dans son appellation française, dont les grandes lignes ont été fixées samedi dernier, 23 juin, se contentera d'amender, plutôt que de les remplacer, les traités existants : celui sur l'Union européenne et celui de Rome, qui sera rebaptisé "Traité sur le fonctionnement de l'Union". Prodi, Verhofstadt et Juncker dénoncent un traité illisible et "le recul de l'esprit européen", et sur un certain nombre de points, il me parait assez difficile de leur donner tort, même s'il faut sans doute attendre le texte définitif pour se faire une idée plus précise de ce que l'on peut en penser et pour définir quelle sera l'attitude à adopter au moment de la ratification. Un autre article du Monde évoquait une perte de terrain de Ségolène Royal au sein du Parti Socialiste, à l'occasion du Conseil national du PS du 23 juin, où elle était absente. Ce Conseil national a voté samedi, à une écrasante majorité, le calendrier de "rénovation" du parti proposé par son premier secrétaire François Hollande, lequel n'a, sans surprise, pas voulu remettre en cause la position qu'il occupe à la tête du parti, et n'a pas voulu qu'un congrès du parti soit organisé avant les élections municipales de 2008. Hollande a eu beau saluer devant la presse "l'esprit de rénovation et de rassemblement qui a prévalu", le fait est qu'avec le maintien du status quo qui vient d'être décidé pour un an, on peut se demander quand le PS aura enfin droit à un véritable changement... Enfin, passons...
Après avoir lu quelques articles de mon journal, voyant l'heure supposée de la fin de l'entretien entre Sarkozy et Schwarzenegger approcher, je fis le tour de l'enceinte du palais, en passant par la rue de l'Elysée. De retour dans la rue du Faubourg  Saint-Honoré, sur le trottoir où je me trouvait précédemment, je n'eu pas longtemps à attendre, avant de voir sortir la Cadillac du gouverneur de Californie, sans fanfare, du palais présidentiel, Cadillac qui passa devant moi en remontant la voie en direction de la rue Royale, avant de disparaître dans la circulation... Il y avait assez peu de monde dans la rue, mais des gens ont tout-de-même tenté de prendre des photographies, sans grand succès, dans la mesure où les vitres de la Cadillac étaient fumées, teintées de noir... En fait, tout c'est passé si discrètement, qu'il n'y avait pas, en définitive, grand-chose à voir, le public devant dès lors se contenter des informations que pouvait lui donner les journalistes, après coup.

Chacun aura donc pu découvrir, par la suite, les photographies, prises sur le perron de l'Elysée, montrant Sarkozy de Nagy-Bocsa et Schwarzenegger souriant et se serrant la main, au terme de leur rencontre, le président de la République française ayant tenu à raccompagner personnellement le gouverneur de Californie jusqu'aux marches du perron. Ils avaient l'air très contents de s'être rencontrés. Pour le reste, l'essentiel est dans les dépêches des agences de presse :

Schwarzenegger apprécie l'ouverture et l'énergie de Sarkozy    

Pour son premier passage à Paris en tant que gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger s'est entretenu avec Nicolas Sarkozy, dont il a dit apprécier l'énergie et l'ouverture d'esprit.

L'ancien champion de body building et ancien acteur d'origine autrichienne a été reçu pendant une demi-heure à l'Elysée par le nouveau chef de l'Etat français.

"Le président Sarkozy est une force nouvelle. Il donne du sang neuf à la politique de par le monde", a déclaré la vedette de "Terminator" à la presse après son entretien.

"Il croit à l'ouverture. Pour lui, il faut inclure les gens et non pas voir ceux qui ne sont pas d'accord avec lui comme des ennemis potentiels", a ajouté Arnold Schwarzenegger, qui était accompagné de l'une de ses filles.

"C'est quelque chose que j'ai moi-même fait : j'ai fait entrer dans mon cabinet des personnes qui ne pensa ient pas comme moi", a ajouté "The Governator", qui a été réélu en novembre dernier.

"Je veux faire tout mon possible pour l'aider et nous devrions travailler ensemble", a-t-il ajouté à propos du président français, qui l'a raccompagné sur le perron.

Selon le récit du gouverneur américain, arrivé dans la cour d'honneur à bord d'un imposant 4x4 noir, la discussion avec Nicolas Sarkozy a notamment porté sur la lutte contre le réchauffement climatique, dont il a lui-même fait une priorité.

La Californie a été le premier Etat américain à s'engager sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, conformément au protocole de Kyoto que Washington refuse de ratifier. Arnold Schwarzenegger promeut également l'énergie solaire et les carburants propres.

Nicolas Sarkozy et son hôte ont également parlé de train à grande vitesse, de partenariat public-privé et envisagé la mise sur pied, l'an prochain, d'une mission commerciale visant à promouvoir les produits français en Californie ainsi que les produits californiens dans l'Hexagone.

Arnold Schwarzenegger, qui effectue une tournée européenne, a dit son plaisir de revenir en France, où il a dit être déjà venu une centaine de fois en vacances, pour des compétitions de culturisme ou pour promouvoir des films, notamment au festival de Cannes.

Il s'est aussi souvenu que, jeune homme, il avait gagné à Paris en 1971 le concours de culturisme Monsieur Olympia, qu'il a d'ailleurs remporté à sept reprises.

(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 25 juin 2007, 20:02)


Schwarzenegger salue "l'ouverture" et l'énergie de Sarkozy


Arnold Schwarzenegger a salué lundi à Paris "l'ouverture" politique pratiquée par Nicolas Sarkozy et la "nouvelle énergie" qu'il allait insuffler aux relations internationales.

Le gouverneur républicain de Californie, ancien champion de culturisme et star des films d'action, rendu célèbre dans le monde pour son rôle de "Terminator", s'est entretenu pendant environ une demi-heure avec le chef de l'Etat.

"Je suis déjà venu une centaine de fois en France mais c'est la première fois que je viens en tant que gouverneur de Californie", a expliqué M. Schwarzenegger, arrivé à l'Elysée à bord d'une imposante Cadillac 4X4 noire.

Il a été raccompagné sur le perron par M. Sarkozy dont il a longuement serré la main, devant une foule de journalistes, photographes et cameramen.

"Je pense qu'il apporte vraiment un sang neuf à la politique", a-t-il dit. "J'ai énormément d'admiration pour lui et je pense que tous les hommes politiques dans le monde l'admirent pour sa politique d'ouverture. Il va insuffler une énergie nouvelle dans les relations entre la France et les autres pays et avec notre Etat", a-t-il assuré.

"Je veux faire mon possible pour l'aider", a affirmé le gouverneur de Californie.

Ils ont ainsi parlé de la manière dont "la France et la Californie peuvent travailler ensemble pour lutter contre le réchauffement climatique et en faveur de l'environnement", a-t-il dit.

Arnold Schwarzenegger s'est fait aux Etats-Unis le champion, avec l'ancien vice-président Al Gore, de la lutte pour l'environnement. En 2006, la Californie a ainsi été le premier Etat américain à s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, conformément au protocole de Kyoto rejeté par l'administration de George W. Bush.

Ils ont aussi évoqué la possibilité d'ouvrir, l'année prochaine, une mission commerciale de Californie en France et ont parlé du TGV.

Après son étape parisienne, Arnold Schwarzenegger devait rencontrer mardi matin à Londres Tony Blair pour ce qui devait être le dernier entretien bilatéral du Premier ministre britannique avant de quitter le 10 Downing Street.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 juin 2007, 21:17)

Le fait de voir ces deux hommes politiques ensemble ne manque pas de piquant, quand on sait de quelle façon chacun d'eux est arrivé aux responsabilités qui sont aujourd'hui les leurs. Ils ont, du reste, un certain nombre de points communs : même importance des médias et de la communication dans leur action politique, même habileté pour se faire élire, mêmes soutiens républicains - au sens américain du terme - tout en ayant la même volonté affichée de pratiquer l'ouverture vis-à-vis des adversaires, etc.

En tant qu'acteur de cinéma, le meilleur rôle d'Arnold Schwarzenegger reste avant tout, pour moi, celui de Conan le Cimmérien, le célèbre personnage de fantasy créé par l'écrivain Robert E. Howard, et que l'actuel gouverneur de Californie a incarné notamment dans le magnifique film du génial John Milius Conan le Barbare (Conan the Barbarian, 1981), film dont la merveilleuse musique, composée par le non moins génial - et regretté - Basil Poledouris, reste aujourd'hui un modèle du genre.
De fait, bien qu'il soit républicain et qu'il considère Ronald Reagan comme un modèle, le souvenir qu'il laisse en tant qu'acteur dans quelques films particulièrement réussis - comme Conan the Barbarian de J. Milius, et Total Recall (1990) de Paul Verhoeven -, aurait plutôt tendance à me le rendre sympathique. Mais pour autant, la distinction entre l'ancien acteur et l'homme politique me parait indispensable, car je n'oublie pas qu'en 2003, Schwarzenegger avait transformé le scrutin qui l'a porté au pouvoir en Californie en spectacle entièrement basé sur son statut de star du cinéma hollywoodien. Argent, célébrité et marketing avaient dominé la campagne électorale, au détriment des idées politiques, le programme de Schwarzenegger étant, du reste, essentiellement basé sur la dénonciation, assez démagogique, des excès de dépenses et de taxes attribués au gouvernement démocrate sortant... Des méthodes qui en rappellent d'autres, et qui rend d'autant plus piquante la rencontre d'hier entre le grand Conan et le petit "Gollum" à l'Elysée... ;-) Aujourd'hui,  je constate que la politique de Schwarzenegger en matière environnementale, et notammet de lutte contre le réchauffement climatique, est plutôt positive, et même innovante dans un pays pollueur comme les Etats-Unis d'Amérique, mais je n'en reste pas moins prudent et attends de voir quel bilan définitif il pourra être fait de l'action politique du gouverneur de Californie lorsque son deuxième mandat prendra fin...
Avec Sarkozy, au moins, les choses sont plus simples : il n'a jamais été acteur de cinéma, et il est moins inclassable que peut l'être devenu Arnold Schwarzenegger avec sa volonté de consensus bipartisan rassemblant démocrates et républicains en Californie...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Nicolas Sarkozy et le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger à l'Elysée, le 25 juin 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse [AFP], ©AFP/Olivier Laban-Mattei ; Nicolas Sarkozy et Arnold Schwarzenegger à l'Elysée, le 25 juin 2007, photographie de L. Blevennec © Service photographique de la Présidence de la République ; Sarkozy et Arnold Schwarzenegger à l'Elysée, le 25 juin 2007, photographie de l'agence de presse Reuters, ©REUTERS/Benoît Tessier)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /2007 21:51
Mon séjour à Paris s'achève ce soir. C'est toujours un plaisir pour moi de venir dans la capitale, et j'aurai sans doute bien des occasions de revenir. Aujourd'hui, avant de partir, j'ai pris le temps d'aller revisiter deux musées que j'apprécie particulièrement. D'abord, je suis allé au Musée Gustave-Moreau, dans le IXe arrondissement, déjà visité l'année dernière, mais alors un peu trop rapidement. Voulu et créé par le grand peintre symboliste Gustave Moreau (1826-1898) de son vivant, ce musée abrite des pièces de l'appartement où l'artiste vécut avec ses parents, un grand atelier avec un escalier en spirale de 1895, et, bien sûr, une magnifique et très importante collection de peintures, d'aquarelles et de dessins de Moreau, l'esprit de la présentation d'origine étant scrupuleusement conservé. Parcourir l'oeuvre de Gustave Moreau, bien connu pour ses sujets allégoriques, mythologiques et historiques abordés avec un style imaginatif et très original, est toujours un enchantement. Je suis ensuite allé au musée Jacquemart-André, dans le VIIIe arrondissement, déjà visité en 2004, mais où je suis revenu avec plaisir. C'est un merveilleux musée, qui est en fait l'ancienne résidence des époux André, un hôtel particulier qui abrite aujourd'hui les oeuvres acquises par ce couple de grands collectionneurs du XIXe siècle, et notamment des peintures de Fragonard, Boucher, Chardin, Nattier, Rembrandt, Ruysdael, Botticelli, Uccello, etc. Tout simplement magnifique...

J'ai passé une excellente après-midi, à peine assombrie par le fait que j'ai été contraint de passer devant le siège de l'UMP, rue de La Boétie, en allant et en revenant du Musée Jacquemart-André, la station de métro la plus proche du musée - sur mon itinéraire - étant Miromesnil, tout près du siège du parti sarkozyste...
Du coup, je suis allé faire un dernier petit tour du côté de l'Elysée, où j'ai trouvé, vers 18h30, sous un ciel couvert de nuages gris, un peu plus de monde sur le trottoir en face du portail du palais présdentiel que lundi dernier, et un peu d'activité à l'entrée dudit palais, prélude sans doute à quelque évènement : renseignement pris sur le site Internet de la Présidence de la République, j'ai appris, après coup, qu'à 19h15, a eu lieu l'élévation, par Sarkozy, de la chanteuse Barbra Streisand (?!) au rang d'Officier de la Légion d'Honneur...

Bon, à présent, je dois y aller... ;-)

Pour finir, avant de prendre mon train de nuit habituel qui doit me ramener en Midi-Pyrénées, voici quelques nouvelles en provenance du Parti Socialiste :

La défaite de Ségolène Royal aiguise les clivages au PS

Départs du Bureau national de Fabius et Strauss-Kahn, échanges acides sur les responsabilités de la défaite aux élections présidentielle et législatives, cafouillages et interrogations sur le "cabinet fantôme": un mauvais climat règne au sommet du PS.

L'échec de Ségolène Royal le 6 mai, et plus encore sa campagne bien plus personnelle que collective, ont ravivé les plaies ouvertes à l'automne dernier par sa désignation comme candidate socialiste à l'Elysée.

"Atmosphère délétère parmi les dirigeants", selon Laurent Fabius, climat "surréaliste" avec "des tensions multiples", selon un strauss-kahnien, "ça ne va pas fort", selon un emmanuelliste: le "PS a besoin de bonnes vacances" afin de "calmer ses nerfs et se mettre au travail sur le fond", selon les mots du député du Doubs Pierre Moscovici.

François Hollande est plus que jamais un premier secrétaire en fin de contrat - échéance: après les municipales de mars 2008 -, Ségolène Royal rencontre des difficultés dans l'affirmation de son leadership, le président du groupe [socialiste] à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, voit son autorité contestée, son élection à peine acquise.

Au moment d'analyser les causes des revers électoraux, toute critique de Mme Royal est condamnée par ses partisans. Laurent Fabius avait dénoncé mercredi chez la candidate "un triple déficit" de "présidentialité, crédibilité, collégialité". Des carences à vrai dire relevées au long de la campagne par la totalité des sondages, avec ce bémol que l'opinion impute aux "éléphants" l'isolement de Mme Royal pendant la campagne.

Selon François Rebsamen, ex-directeur de campagne de Mme Royal, ce sont là des "règlements de compte aussi partiels que partiaux"; pour des députées ségolénistes, des "déclarations hâtives et brutales".

En quittant le Bureau national (BN), M. Fabius, qui se définit désormais comme "un sage actif", et M. Strauss-Kahn entendent sortir du champ des "histoires picrocholines", selon un fabiusien - ils y seront remplacés par un proche, respectivement Guillaume Bachelay et Christophe Borgel -, tandis que le maire de Paris Bertrand Delanoë multiplie les gammes sur la "rénovation" du PS. Comme si les "écuries présidentielles" n'étaient pas mortes.

Quant à Jean-Marc Ayrault, il a voulu prendre par les cornes le taureau du "renouvellement" en annonçant la constitution d'une équipe de 22 députés qui avait tout d'un contre-gouvernement, chacun des membres étant chargé de suivre l'action d'un ministre.

Outre que ce bataillon a fait la part belle aux amis de Mme Royal, dont M. Ayrault est proche, la manière dont il a été annoncé - François Hollande était l'un des rares à avoir été consulté - a suscité un vent de fronde, les commissaires PS aux finances allant même jusqu'à imposer un autre nom pour ce secteur.

Les critiques vont bon train chez les élus socialistes non ségolénistes. "Cette initiative aurait mérité d'être concertée", lâche Henri Emmanuelli. "C'est une idée de communication", pour le jospiniste Jean Glavany, "ça ne passera pas l'été", affirme un strauss-kahnien, "ce n'est pas avec des chevau-légers que ça va pouvoir réussir", juge Michel Charasse.

François Hollande, interrogé par l'AFP, approuve "une organisation du groupe plus efficace, plus resserrée, mieux identifiée" et non, souligne-t-il, un contre-gouvernement.

Dans les réunions des instances dirigeantes, on voit désormais les ségolénistes d'un côté, les autres socialistes de l'autre, et de rares échanges entre eux, témoignage de ce qu'un membre du BN appelle "la balkanisation" du parti. "Avant de travailler ensemble, il faut le vouloir", ajoute-t-il.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 28 juin 2007, 18h18)

Décidément, sur le chemin de la nécessaire rénovation, la route s'annonce longue et tortueuse pour le PS...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustration : Les Licornes, huile sur toile [vers 1885] par Gustave Moreau, Paris, Musée Gustave-Moreau)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /2007 18:37
Et voilà... A peine suis-je rentré en Midi-Pyrénées, que déjà l'actualité  politique me pousse à intervenir de nouveau sur ce blog... Voici donc un nouveau scandale verbal, dont les sarkozystes, depuis les propos karchérophiles de leur maître en 2005, sont décidément coutumiers...
 
Tollé après l'insulte machiste de Devedjian contre une élue centriste

Patrick Devedjian, un des principaux responsables de l'UMP, a provoqué un tollé après la diffusion de propos dans lesquels il traitait de "salope" Anne-Marie Comparini, ex-député UDF, une des rares centristes restés fidèles à François Bayrou.
Ces propos ont été révélés dans un reportage diffusé mercredi par la chaîne lyonnaise TLM. On y voit Renaud Muselier, député UMP des Bouches-du-Rhône, présenter à Patrick Devedjian, devant le palais Bourbon, Michel Havard (UMP) qui a battu Mme Comparini (MoDem) aux législatives.
Après avoir félicité l'élu, M. Devedjian ajoute: "Cette salope !"
Ce bref extrait, mis en ligne sur des sites internet d'échange de vidéos, a été téléchargé des dizaines de milliers de fois.
Les premières réactions ont fusé tard jeudi. M. Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, a publié un communiqué affirmant "regretter son interjection déplacée à l'égard de Mme Comparini". Il a téléphoné à l'élue pour s'excuser.
Excuses qu'il a dû réitérer vendredi, Mme Comparini ayant exigé une contrition publique. "Je ne suis pas machiste, je suis avec beaucoup de femmes autour de moi", a déclaré M. Devedjian lors d'une conférence de presse, avant de reconnaître que ses propos étaient "une faute".
Dernier en date d'une série de responsables piégés par internet, il a souligné qu'il "croyait que ces propos étaient privés".
L'insulte a provoqué une cascade de réactions, à commencer par Nicolas Sarkozy.
"Ce n'est pas une façon de parler aux femmes, ni à qui que ce soit d'autre", a déclaré le président en marge d'un déplacement à Lyon, terre d'élection de Mme Comparini. Interrogé sur d'éventuelles sanctions, M. Sarkozy a toutefois relevé que le responsable de son parti "s'est excusé".
"Il n'est pas tolérable qu'on puisse qualifier (ainsi) une femme, politique ou pas", a renchéri la ministre de la Justice, Rachida Dati.
Comme on lui demandait si M. Devedjian pouvait être passible de poursuites, elle a refusé de s'exprimer davantage.
L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, a téléphoné à Mme Comparini pour l'assurer de son soutien.
Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, a dénoncé sur RTL des "propos très choquants, révélateurs d'un comportement politique, d'un non respect".
Les groupes UDF, PS, Verts, PCF, PRG, non apparentés ainsi que quatre élues UMP du conseil régional Rhône-Alpes - dont Mme Comparini est membre - ont également "condamné avec la plus grande fermeté (des) propos inqualifiables", dans une motion. FN et UMP, à l'exception des quatre élues, n'ont pas pris part au vote.
Des vidéos "pirates" de M. Sarkozy comme de Mmes Royal et Dati ont circulé ces derniers mois sur internet.
Un extrait d'une conférence de presse au G8 de M. Sarkozy, commenté par un journaliste belge insinuant que le président avait bu, a été téléchargé plus d'un million de fois.
Mme Royal avait été embarrassée pendant les primaires socialistes par la diffusion de propos sur le temps de travail des enseignants. Quant à Mme Dati, elle était montrée en train de dire en riant qu'elle pourrait devenir ministre "de la rénovation urbaine à coup de Kärcher".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP],
29 juin 2007, 16h58)

Merveilleux spectacle qu'offre régulièrement la classe politique actuelle, toujours aussi misogyne, et aussi merveilleuse hypocrisie de ceux qui font semblant de s'indigner quand eux-mêmes ne se gênent pas pour insulter leurs adversaires, en public ou en privé, mais qui ont souvent la chance de ne pas voir leurs propres propos mis en avant dans les médias...

Mes lecteurs savent depuis longtemps ce que je pense de Patrick Devedjian, qui est l'un des plus détestables politiciens de droite que je connaisse, et personne ne s'étonnera donc que je sois plutôt satisfait de le voir ainsi surpris en flagrant délit de "saloperie"... Comme dirait Chateaubriand : "C'est bien fait !" Et que l'on ne vienne pas me dire après celà, que les sarkozystes sont forcément de nature à être particulièrement gentils avec les membres du MoDem...

Que l'on pardonne, toutefois, mon ton un peu grinçant, jusque dans le titre de cet article : il est uniquement dû aux circonstances du moment, et puis, après tout, on ne se refait pas, et je n'ai pas envie, pour ma part, de jouer les hypocrites...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Le secrétaire général délégué de l'UMP Patrick Devedjian le 26 juin 2007 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse [AFP], © AFP/Archives François Guillot ; Anne-Marie Comparini lors d'un meeting de Francois Bayrou le 24 mai 2007 au Zénith à Paris, photographie de l'Agence France Presse [AFP], © AFP/Archives Stéphane De Sakutin)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 14:57
La traversée du désert que l'on promet au MoDem sera-t-elle aussi longue et difficile que certains le croient ? Le flou artistique complet qui règnait jusqu'à maintenant pouvait le laisser supposer, tant l'incertitude était grande. Une chose est sûre pourtant : le mouvement est en marche et nul ne sait quelle sera la situation politique de celui-ci dans un an. pour l'heure, il s'agit pour les démocrates de construire ce mouvement, qui n'existe pas encore formellement, le doter de statuts, d'une organisation, et d'un solide corpus d'idées, afin d'en faire un parti combattif et novateur dans les mois et les années qui viennent. Hier soir, j'ai assisté à une premières réunion avec des jeunes démocrates à Toulouse, près de chez moi, et ce fut l'occasion de rencontrer physiquement deux camarades bloggeurs : Alexandre Labarthe, dit "Lex", et Jeune MoDem 31, qui, à la ville, porte le même prénom que moi... ;-) Les principes d'une organisation en réseaux, dans le cadre de la phase transitoire qui doit précéder la création officielle du MoDem, commencent à se mettre en place, et je m'efforcerai de prendre toute ma part, dans la mesure du possible, à l'aventure du Mouvement Démocrate, dont le congrès fondateur devrait avoir lieu à l'automne prochain...

Le temps - toujours long - des incertitudes semble enfin prendre fin... Ce matin, j'ai reçu de François Bayrou, comme tous les autres membres du MoDem, la lettre suivante :

Lettre de François Bayrou adressée aux membres du MoDem :

Chers amis,

La phase électorale s’est achevée avec le deuxième tour des élections législatives. Il m’a paru nécessaire d’adresser à chacun d’entre vous une réflexion sur le bilan et sur les perspectives ouvertes par ce grand tremblement de terre que constitue toujours une élection présidentielle suivie d’élections législatives.

Le résultat obtenu au premier tour de l’élection présidentielle a été remarquable (avec près de 19% des voix, c’est un des meilleurs résultats de tous les temps pour notre famille politique au sens le plus large).

Ce résultat, c’est l’apparition d’un espace politique nouveau dans notre vie démocratique. Cet espace que j’appelle démocrate sera la clé de toute l’évolution ultérieure non seulement de la politique, mais de la société française. Pour la première fois, toutes les couches sociales, toutes les régions, spécialement les grandes villes, autrefois très éloignées de l’UDF, ont participé à cet immense espoir. Ma conviction est que cet espoir ne sera pas oublié dans les années qui viennent dès lors que les Français rechercheront des alternatives. En tout cas, cet espoir n’a de sens que s’il répond à une vision positive et constructive, une vision renouvelée, de l’avenir de la France et de l’Europe.

Malgré l’extrême difficulté du scrutin législatif, nos candidats, pour beaucoup jeunes et sans notoriété ont obtenu plus de 8% des voix en moyenne dans les circonscriptions où ils se présentaient. Vous connaissez les résultats : l’injustice de la loi électorale n’a laissé à l’UDF - Mouvement démocrate qu’une poignée d’élus. Ce mode de scrutin est dévastateur. Le journal Le Monde a calculé que sur la base des voix obtenues le 10 juin, au premier tour des législatives, un mode de scrutin proportionnel, à l’allemande par exemple, nous aurait offert 61 sièges, et sur la base du premier tour de l’élection présidentielle, c’est plus de 130 sièges que nous aurions pu obtenir.

Bien sûr, nous connaissions les contraintes de ce mode de scrutin, et je n’en ignorais aucune des difficultés.

Pourquoi alors n’avoir pas choisi d’entrer dans la majorité de Nicolas Sarkozy ? Ou pourquoi, comme d’autres nous y poussaient n’avoir pas fait alliance avec le Parti socialiste ? Pourquoi être parti au combat sous nos propres couleurs, assumant tous les risques d’une telle élection ?

Ma réponse est celle-ci : nous ne sommes pas une sous-marque, ni une variante de l’UMP ou du PS. Nous sommes le courant politique démocrate, autonome, authentique, qui a sa vision, ses valeurs, et dont l’absence depuis des années coûte cher à la France. Et cette autonomie, c’était la seule manière de le montrer, une fois pour toutes, de manière éclatante qui nous étions et ce qu’était notre projet. Il fallait en passer par là pour que cette preuve soit apportée.

Si j’avais, à la suite de la plupart des députés, choisi explicitement ou implicitement d’entrer dans la majorité présidentielle, la cause était entendue : la bipolarisation l’aurait définitivement emporté et nous en serions revenus à la case départ.

Si nous n’avions pas affirmé cette autonomie, pour toujours, en tout cas pour des décennies, à chaque élection, les électeurs de bonne foi se seraient détournés de nous, nous considérant comme sympathiques sans doute, mais voués à la soumission dans un camp ou dans un autre.

Cela nous a coûté. Une vingtaine de nos députés a rejoint la majorité pour assurer leur élection, même si deux d’entre eux n’ont pas pu être réélus. Nous avons été quatre à choisir de nous battre sous nos couleurs ; deux ont perdu, injustement et de peu : Gilles Artigues et Anne-Marie Comparini. Je leur confierai des responsabilités dans notre famille politique et je ferai tout pour que soit corrigée l’injustice qui les a frappés.

Cette épreuve est difficile, sans doute. Mais elle était un passage obligé pour la naissance d’un courant politique nouveau.

Je considère que ce courant politique manque cruellement à la France et que c’est le moment de l’affirmer.

En effet, autour de nous l’offre politique est fixée. L’UMP est vouée à être l’exécutant de l’exécutif. Et le parti socialiste a choisi l’immobilisme, et ne peut d’ailleurs faire un autre choix avant longtemps, car ce choix suppose la fixation d’une ligne politique en même temps que la désignation (et l’acceptation) d’un leader. Visiblement, l’une et l’autre des deux décisions apparaissent aujourd’hui comme impossibles à prendre.

Cela nous donne la mesure de nos responsabilités.

Il nous revient d’être la force de renouvellement de la vie démocratique en France. C’est une immense ambition. Mais je ne la perdrai pas de vue dans les années qui viennent. Si nous accomplissons cette ambition, si nous travaillons dans cet esprit, alors les Français se tourneront vers nous lorsque sera venu le constat des désillusions d’un côté, des blocages insurmontables de l’autre.

Mais si nous sommes indépendants, nous ne jouerons pas la politique du pire.

Je veux vous dire quelle est ma vision et mon jugement sur le nouveau gouvernement et sur l’action de Nicolas Sarkozy comme président de la République.

Je pense que les premiers pas ont été habiles. La composition du gouvernement, reprenant le principe de l’ouverture que j’ai défendue pendant la campagne (y compris contre le candidat de l’UMP) a affiché un « générique » attrayant. La photo est bonne.

J’ai l’intention de faire crédit au gouvernement et de lui donner sa chance d’avancer ou de marquer des points.

Deux points m’inquiètent : d’abord les finances publiques. Pour l’instant la communication du gouvernement est tout entière fondée sur des dépenses nouvelles. Soit des cadeaux fiscaux (droits de succession, heures supplémentaires, intérêts d’emprunts immobiliers) soit l’annonce d’augmentation massive des dépenses (hôpitaux, universités, recherche militaire, etc.). Ces dépenses doivent atteindre au moins 20 milliards d’euros, alors que le déficit si lourd du budget de l’État était déjà de 39 milliards. Si ces estimations sont exactes, l’aggravation du déficit serait de l’ordre de 50 % ! Peut-être ne nous a-t-on pas tout dit, puisque qu’il n’a pas été question d’économies pour cette année, mais en l’état actuel des choses, je considère que nous devons être inquiets de cette orientation.

De même, le choix du président de la République d’être lui-même en première ligne de toutes les décisions et de tous les contacts annoncés, de faire tout remonter jusqu’à lui, est un signe d’engagement et d’activité. Mais il n’y a aucun pays qui se gouverne utilement ainsi en concentrant au sommet toutes les décisions et toutes les actions. Cette présidentialisation forcenée est sans aucun doute une question pour l’avenir. La France est un grand pays, très divers, complexe : il a besoin de partenariats, de décentralisation des décisions. Et toute concentration supplémentaire, qui peut paraître sympathique en termes de communication, est en fait un facteur de faiblesse pour l’avenir, du moins je le crains. Toute la tradition libérale et démocratique, tous les descendants de Montesquieu et de Tocqueville, ont dénoncé depuis deux siècles une pareille dérive.

Ce sont mes deux craintes principales à l’heure où j’écris ces lignes.

Les autres actions du gouvernement, nous les jugerons sur pièce.

L’accord européen trouvé à Bruxelles permet certes de trouver une « issue » à la crise. Mais comme l’ont noté Jean-Claude Junker, Romano Prodi, et d’autres dirigeants pro-européens, c’est au prix de bien des renoncements. Le but à atteindre était un traité simplifié, lisible par tous, compréhensible par les citoyens pour aller vers la transparence démocratique des institutions européennes. On aura un traité illisible, collection d’amendements aux traités européens antérieurs. Toute référence aux symboles de l’Europe a été gommée et supprimée : plus de préambule, plus de rappel des valeurs communes, plus de référence au drapeau, à l’hymne, à la devise, amoindrissement de la charte des droits fondamentaux. La mise en œuvre des règles nouvelles de droits de vote a été repoussée à 2014 (et même, en fait, à 2017). En attendant, on continuera avec le traité de Nice, ce qui est une mauvaise nouvelle pour l’Europe. Plus mauvaise nouvelle encore, l’ambiance du sommet, où les eurosceptiques tenaient en fait le haut du pavé, et ont saisi toutes les occasions de faire reculer l’Europe.

Mais il est juste aussi de dire que des acquis importants ont été préservés (le président pour deux ans et demi, le haut-représentant pour la politique étrangère) ou ajoutés (l’affirmation de la solidarité européenne en matière énergétique).

Pour ceux d’entre nous qui ont promu l’idée d’une constitution pour l’Europe, c’est le constat d’une marche arrière. L’Europe de l’inspiration a reculé. Pour les pragmatiques, il conviendra de tirer de cette situation le meilleur du possible. En tout état de cause, nous devrons lire avec attention le texte définitif, tel qu’il sera établi à l’automne par la Conférence intergouvernementale (CIG), avant d’exprimer un jugement définitif sur l’issue de cette crise.

Le gouvernement a lancé une réforme de l’université, annonçant une « autonomie » des universités françaises. Le premier ministre, qui a exercé à d’autres époques les fonctions de ministre de l’enseignement supérieur et de ministre de l’éducation nationale, a même indiqué qu’il s’agissait de « la réforme la plus importante de la législature ».

S’il s’agit réellement d’une réforme importante, elle ne peut réussir que si la méthode suivie n’est pas celle du passage en force. Le passage en force, contrairement à ce qu’on dit souvent pendant les campagnes électorales, ne peut pas marcher pour des décisions importantes sur des sujets sensibles dans nos sociétés modernes.

Il y a beaucoup d’aspects de la vie des universités qui exigent une plus grande autonomie dans la gestion de tous les jours, dans l’administration, dans les décisions budgétaires, dans la recherche de financements. Mais la question du déclassement éventuel des petites universités est une grande question nationale : on ne peut pas la considérer comme secondaire. De même la question des moyens, qui est la question prioritaire de l’université française ne peut pas être négligée : elle est intimement liée à la situation actuelle de l’université. Enfin la question du recrutement des futurs universitaires est la question clé : une grande université, c’est une université où enseignent et recherchent les plus éminents.

Le simple énoncé de ces questions montre clairement qu’il s’agit d’une œuvre de longue haleine, qu’il serait dangereux et contre-productif de vouloir régler à la va-vite.

Le « paquet fiscal » qui additionne des cadeaux faits au contribuable sera soumis au parlement pendant cet été. Deux questions se posent, celle de l’efficacité et celle de la justice d’un tel dispositif. Pour la justice, on sait que ces libéralités s’adressent évidemment pour l’essentiel aux plus favorisés. Pour l’efficacité, je n’ai jamais cru qu’il suffisait de dépenser l’argent que l’on n’a pas pour « relancer » l’économie d’un pays, surtout en économie ouverte sur le monde… Si cela était vrai, d’autres que nous se seraient lancés dans une politique de cet ordre. Or personne au monde ne l’a fait sans dommage. Toujours les avantages fiscaux se sont accompagnés d’une politique de baisse des dépenses publiques et non pas d’augmentation de ces dépenses. Sur ce point, je vous promets la plus grande vigilance.

En tout état de cause, notre attitude sera ouverte, constructive, et rigoureuse.

Les premiers, nous avons deviné l’affaiblissement et l’effacement des repères habituels de la droite et de la gauche. La preuve : de nombreux socialistes siègent désormais au gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors que ses soutiens et lui-même affirmaient pendant la campagne qu’un tel mélange serait « antidémocratique ».

Ce choc culturel ne fait que commencer.

Notre volonté, c’est de construire au centre de la vie politique française un mouvement démocrate pour la France.

Et la condition de ce projet, c’est qui puissent enfin travailler ensemble des femmes et des hommes venus d’horizons différents. Ceux qui ont construit l’UDF et ceux qui viennent d’ailleurs : tous les démocrates ont leur place dans cette maison nouvelle, qu’ils se sentent au centre droit, au centre gauche, ou tout simplement en recherche d’un idéal politique nouveau. Le projet du Mouvement démocrate, c’est de leur apprendre à vivre et travailler ensemble parce que la France aura besoin du projet qu’ils porteront. Qui ne voit qu’il y a dans ce nouvel espace la clé de l’avenir de la politique française, pourvu que son indépendance et sa liberté d’esprit ne soient pas un mot vide de sens !

C’est difficile, bien sûr, de vivre et travailler ensemble. Au début, il arrive qu’on se soupçonne : les nouveaux craignent parfois chez les adhérents plus anciens une volonté de verrouillage ; les anciens perçoivent les nouveaux adhérents comme une menace, parce qu’ils les connaissent mal. Cela est tout à fait normal. Mais lorsque les rencontres se font, alors chacun découvre que l’autre, au fond, lui ressemble et que l’engagement est de bonne foi. En tout cas, il y a un point qui, pour moi, est essentiel : c’est du croisement de ces expériences, de ces parcours différents, que dépendra notre capacité à parler à notre peuple un langage nouveau ! Il faut donc que l’ouverture d’esprit, le partage des responsabilités, soient une réalité. Mais cela ne se fera pas au hasard : nous allons mettre en place des processus de décision, d’intégration, qui donneront des garanties à tout le monde, et que nous définirons ensemble.

Pour préparer tout cela, voilà quel est le calendrier que je propose, dans ses grandes lignes :

dès cette semaine, je commencerai une série de réunions avec les adhérents, de l’Udf et du MoDem, dans un certain nombre de grandes régions françaises. Vous trouverez ci-dessous le calendrier de ces rencontres qui auront lieu à huis clos, donc sans journalistes, mais dont le compte-rendu précis sera disponible sur notre site.

Le 12 juillet, avant le départ en vacances de la plupart d’entre vous, je réunirai un bureau politique de l’UDF.

À la sortie des vacances, vraisemblablement à la mi-septembre -13, 14, 15, 16 septembre- nous réunirons des Assises de la Démocratie, dont le but sera de réfléchir à ce que doit être un parti politique dans notre XXI° siècle (principes d’organisation, statuts, méthodes de travail).

Fin octobre ou début novembre, sera organisé notre congrès national.

Et tout cela s’accompagnera de la préparation partout en France des élections municipales, à propos desquelles je vous adresserai une note particulière dans les jours qui viennent.

Mais nous ne devons pas oublier que le plus important, c’est le projet. Le modèle de société français et européen, confronté à la mondialisation, est en panne de futur. Il est en panne de vision. Nous avons commencé à renouveler cette vision, mais cela ne suffit pas. Ma conviction la plus profonde est que seul le projet démocrate, parce que son but est non pas matérialiste mais civique, parce qu’il vise à la conscience et à la responsabilité de tous les citoyens, est à même de répondre aux questions de notre temps, qui touchent à la condition matérielle et morale des femmes et des hommes, des familles de notre temps. Ce projet, j’entends que nous le préparions de la manière la plus profonde et la plus ouverte, associant comme je l’ai promis milieux intellectuels et citoyens, à égalité de dignité et de responsabilité. Internet et réseaux citoyens joueront un grand rôle dans ce travail profond.

Je m’adresserai régulièrement à vous dans les semaines et les mois qui viennent.

Je vous assure de mon amitié.

François Bayrou


Calendrier des réunions avec les adhérents :

Mardi 3 Juillet à Paris (19h)
Mercredi 4 juillet à Lille (19h)
Jeudi 5 juillet à Orléans (20h30)
Samedi 7 juillet à Castanet-Tolosan (16h)
Lundi 9 juillet à Lyon
Mardi 10 juillet à Rennes
Mercredi 11 juillet à Marseille


(Lettre de François Bayrou aux adhérents du MoDem, 1er juillet 2007)

Nous attendions tous que François Bayrou s'exprime : c'est maintenant chose faite. La situation et le calendrier sont donc clarifiés, et nous savons ce qu'il nous reste à faire dans le cadre des réseaux déjà constitués en partie, et à développer, en attendant les grands rendez-vous des prochains mois...
Pour ma part, paiement du loyer oblige, je vais devoir dès demain rependre le chemin du travail saisonnier en entreprise, qui sera, du reste, une occasion de prendre un peu de recul avant une rentrée qui s'annonce chargée - probablement dès la dernière semaine du mois d'août. Et puis, entre nous, je crois que j'ai bien besoin d'une petite cure de désintoxication contre le sarkozysme triomphant... ;-)

Le temps me manque pour terminer aujourd'hui, comme je l'envisageais, ma galerie des présidents de la Ve République, mais j'espère pouvoir publier un dernier article à ce sujet la semaine prochaine...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustration : François Bayrou lors de son meeting du 18 avril 2007 au Palais Omnisports de Paris Bercy, photographie par Marie-Lan Nguyen, 18 avril 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /2007 21:16
Me voici de retour, après quelques semaines de cure de désintoxication sarkozyste, à l'occasion notamment d'un travail saisonnier en entreprise, cure dont le succès est tout relatif, car si le travail en question m'a permis, comme chaque année, de me changer les idées, j'ai tout de même dû supporter pendant ces dernières semaines, quasiment tous les jours, l'omniprésence médiatique de Sarkozy de Nagy-Bocsa, que ce soit à la radio le matin, à la télévision le soir, ou dans la presse à toute heure. De fait, il y a tant de choses à dire sur l'actualité politique du mois de juillet qu'un seul article n'y suffirait pas. Avant donc de revenir prochainement sur les divers faits et gestes de l'actuel président de la République et de ce qui lui sert de gouvernement, restons encore un peu dans la continuité de mon précédent article, consacré à Jacques Chirac, et qui a clôturé ma galerie des présidents de la Ve République - "Jacques Chirac : le dernier chapitre... pour l'instant..." -, en jettant encore un coup d'oeil sur les récentes tribulations judiciaires dudit Chirac et sur les ennuis, également judiciaires, de son dernier Premier ministre, le très chiraquien Dominique Galouzeau de Villepin...

Il y a quelques mois, reprenant plus ou moins une expression qui j'avais déjà employé en mai 2006, après le déballage de la lamentable affaire Clearstream, j'avais qualifié Galouzeau de Villepin d'"apprenti-Lamartine qui s'est pris pour Fouché" : force est de constater que l'ancien Premier ministre n'a fait, jusqu'à aujourd'hui, que confirmer l'impression que j'avais à l'époque. Diplomate auteur de poèmes, admirateur de l'épopée napoléonienne, secrétaire genéral de l'Elysée de 1995 à 2002, puis ministre des Affaires Etrangères de 2002 à 2004, ministre de l'Intérieur de 2004 à 2005, puis enfin Premier ministre de 2005 à mai 2007, Villepin est longtemps apparu, à droite, comme l'une des rares alternatives crédibles face à l'irrésistible montée en puissance de Sarkozy de Nagy-Bocsa. Pourtant, par ses maladresses - parfois surprenantes venant de sa part -, il s'est mis tout seul dans un pétrin qui l'a d'abord conduit à abandonner la lutte pour le pouvoir suprême au profit de son rival Sarkozy, puis, après la victoire de ce dernier, à s'enliser peu à peu dans le bourbier de l'affaire Clearstream, au point d'avoir été récemment perquisitionné, il y a quelques semaines, et d'être finalement mis en examen par les juges  Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans le cadre de cette affaire complexe de manipulation visant notamment, à l'origine, Sarkozy, mais dont ce dernier a finalement su tirer tout le parti nécessaire pour favoriser son entreprise de confiscation du pouvoir, y compris dans son propre camp politique... Dans cette histoire, Villepin pensait, semble-t-il, avoir la queue et les oreilles de Sarkozy, mais, apparemment, tel est pris qui croyait prendre...


Clearstream: mis en examen, Villepin fait appel de son contrôle judiciaire

Dominique de Villepin a été mis en examen vendredi [27 juillet], notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", par les juges de l'affaire Clearstream qui lui ont interdit de rencontrer les principaux protagonistes du dossier dont Jacques Chirac.

L'ancien Premier ministre a nié avoir participé à une "quelconque manoeuvre politique", annonçant qu'il faisait appel de son contrôle judiciaire qui lui impose notamment une caution de 200.000 euros, un montant élevé jugé, selon un avocat du dossier, "vexatoire" et révélateur d'un "bras de fer" avec les magistrats.

M. de Villepin, de retour de vacances en Polynésie française, est resté moins d'une heure au pôle financier, refusant de répondre aux questions de Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans l'attente de "prendre connaissance du dossier". Ceux-ci l'ont mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Ils l'ont placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de rencontrer Jacques Chirac, ainsi que les principales personnes mises en cause. M. de Villepin est toutefois autorisé à se déplacer librement.

A sa sortie, M. de Villepin a affirmé qu'"à aucun moment", il "n'avait demandé d'enquête sur des personnalités politiques" ni "participé à une quelconque manoeuvre", ayant agi "pour faire face à des menaces internationales" et de nature "économique". "C'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre", a-t-il dit, ajoutant: "Je ne vous cache pas que ces mises en cause sont douloureuses pour moi et pour ma famille mais je me battrai pour que (...) la vérité puisse enfin apparaître".

Il est soupçonné d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier. Le nom de M. Sarkozy, alors ministre de l'Economie, est mentionné dans des listings de l'organisme financier Clearstream. Un "corbeau" les avait envoyés au juge Renaud van Ruymbeke en 2004, accompagnés de lettres. De nombreuses personnalités y étaient accusées d'avoir perçu des pots-de-vin sur la vente de frégates à Taïwan en 1991. Le magistrat a démontré que ces documents avaient été trafiqués.

La publication en mai 2006 de premières notes du général Philippe Rondot, témoin capital qui a tout consigné dans des fiches personnelles, suggérait déjà une implication de Dominique de Villepin mais aussi de Jacques Chirac: "Si nous apparaissons, le PR (président) et moi, nous sautons", aurait dit M. de Villepin au militaire.

En visite à Libreville, le président Sarkozy n'a fait aucun commentaire, tout comme François Fillon, en déplacement à Madrid.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, également mise en cause [en tant qu'ancienne ministre de la Défense, informée à l'époque par le général Rondot], a souhaité "que la justice puisse le plus rapidement possible donner le fin mot" de l'affaire. Le député villepiniste Jean-Pierre Grand a estimé pour sa part qu'il y avait là "tous les ingrédients d'une nouvelle affaire Dreyfus".

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a jugé que M. de Villepin devait bénéficier de "la présomption d'innocence".

Dominique de Villepin avait déjà été entendu 17 heures en décembre 2006. Il avait alors écarté toute responsabilité. Mais la révélation fin juin de notes informatiques inédites du général Rondot, qui pensait les avoir effacées, a relancé l'affaire.

Jean-Louis Gergorin - ex-vice-président d'EADS et ami de M. de Villepin - qui avait reconnu en mai 2006 être l'expéditeur des courriers anonymes, a affirmé aux juges la semaine dernière que c'est bien à la demande de celui-ci qu'il avait décidé de "saisir" un juge, et ce sur "instruction" de Jacques Chirac. L'interdiction faite à M. de Villepin de le rencontrer, souligne son implication potentielle dans le dossier même si l'ancien chef de l'Etat a déjà fait savoir qu'il ne pourrait répondre à une convocation des juges, arguant de l'immunité liée à sa fonction présidentielle.

M. Gergorin a cependant certifié que M. de Villepin avait cru, comme lui-même, à l'authenticité des listings.

La position de M. de Villepin qui dit avoir agi en tant que ministre est d'importance car seule la Cour de justice de la République (CJR) peut juger les anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP],  28 juillet 2007, 10h19)

Quand on pense au discours mémorable que Dominique Galouzeau de Villepin, alors ministre des Affaires Etrangères, a prononcé devant le Conseil de sécurité de l'O.N.U., à New York, le 7 mars 2003, discours dans lequel il a défendu la position de la France, qui s'est alors opposée - fort justement - à une intervention militaire en Irak, on peut se demander comment Villepin a pu, en dehors de ce moment plutôt positif de sa carrière - moment qui fait exception rétrospectivement -, commettre autant de bévues politiques... Il a ainsi conseillé à Chirac la dissolution de l'Assemblée Nationale en 1997, dissolution qui s'est révélé désastreuse pour la droite, et il a plus tard, en tant que Premier ministre, mené son propre gouvernement droit dans le mur en voulant à tout prix imposer, de façon absurde, au printemps 2006, le Contrat Première Embauche (C.P.E.), en suscitant, au sein de la population, la vive opposition dont on se souvient, Villepin étant sorti considérablement affaibli à la suite de cette crise du C.P.E., avant de se voir contraint de laisser le champ libre à Sarkozy pour la course à l'Elysée... Et puis il y a cette lamentable affaire Clearstream : Villepin, du temps où il était ministre de l'Intérieur, a crû à un moment pouvoir piéger Sarkozy, en croyant aux prétendues révélations du corbeau Gergorin, mais c'est finalement Sarkozy qui, politiquement, aura raflé la mise...

Dernières nouvelles communiquées par le Canard de la semaine dernière : les juges Jean-Marie Pons et Henri d'Huy comptent réentendre Galouzeau de Villepin en septembre prochain, ainsi que convoquer l'ex-patron - chiraquien - des Renseignements Généraux Yves Bertrand, sa principale collaboratrice Brigitte Henri, et l'ancien responsable de la DGSE Gilbert Flam, dont le nom figure sur les faux listings, et qui a discrètement enquêté sur le fameux compte bancaire de Chirac au Japon, découvert en 1996 et crédité alors de 300 millions de francs... Chirac lui-même, du reste, pourrait être aussi convoqué. On verra bien comment les choses tourneront en définitive, mais l'affaire parait bien mal engagé pour Villepin, et dans la mesure où il semble que ledit Villepin ait été, de toute façon, fort mal intentionné vis-à-vis de Sarkozy, bien qu'il ne soit pas forcément le faussaire responsable des faux listings Clearstream, l'actuel président de la République ne peut certainement voir que d'un très bon oeil l'enlisement judiciaire de celui qui fut le dernier Premier ministre de Chirac.

"J'avais dit que Villepin paierait. L'heure est venue. Quand on joue avec le feu, on finit par se brûler. J'aurai préféré que ça lui pète à la gueule quand il était à Matignon. Mais ce n'est pas grave, il va déguster."

(Sarkozy à ses troupes, à la suite des derniers rebondissements de l'affaire Clearstream, cité dans le Canard Enchaîné N°4524, 11 juillet 2007)

Loin de se limiter à un simple satisfecit oral et officieux à l'égard de la Justice de son pays, Sarkozy de Nagy-Bocsa - qui, par ailleurs, n'a pas manqué de surjouer publiquement son rôle de victime dans cette affaire Clearstream - suit attentivement le déroulements des évènements, ainsi que l'a raconté le Canard du 25 juillet :

Les gaietés de Clearstream

"Vous allez voir, dans l'affaire Clearstream, on n'est pas au bout des surprises", a dit Sarkozy, l'air gourmand, à des visiteurs, la semaine dernière.
 Et le chef de l'Etat d'insister : "On n'avait pas vu ce genre de manipulation politique depuis l'affaire Markovic, sous Pompidou."
 C'est l'audition, le 18 juillet, de Jean-Louis Gergorin devant les juges du pôle financier qui a mis en joie le chef de l'Etat. Ce jour-là, dans le cadre d'une audition qui a duré près de douze heures, Gergorin a confirmé les déclarations de Rondot : à savoir que Dominique de Villepin lui avait demandé, courant mai 2004, de saisir un juge à propos des listings de Clearstream en précisant : "C'est une instruction du président de la République."
 "Au fur et à mesure des révélations, a noté Sarko le 19 juillet, on se rend bien compte que Clearstream était un boulet destiné à m'abattre, que Jacques Chirac n'était pas complètement étranger à cette manipulation, que Villepin était complètement dans la dynamique et qu'Alliot-Marie était au moins au courant."
 Résultat : il ne fera pas de cadeaux à Chirac ni à Galouzeau. Quant à Michèle Alliot-Marie, Sarko considère que ce sera à elle "le moment venu" d'apprécier le fait de savoir si elle peut "rester ou pas au gouvernement" en fonction de l'évolution du dossier. D'ici là, a-t-il ajouté, "ça va la neutraliser et elle ne me fera plus chier".
 C'est encore à vérifier.

(Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

En ce qui concerne Jacques Chirac, il a donc d'ors et déjà annoncé la couleur dès le 23 juin dernier, en se cachant derrière l'article 67 alinéa 1er de la Constitution : "le Président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité". Il ne témoignera donc pas dans l'affaire Clearstream. Mais pour ce qui est des affaires des emplois fictifs du RPR, c'est une autre histoire, et le 19 juillet dernier, Chirac a enfin été entendu, à ce sujet, par le juge Alain Philibeaux, de Nanterre...


Jacques Chirac entendu pour la première fois par un juge

Deux mois après son départ de l'Elysée, Jacques Chirac a été entendu jeudi pour la première fois par un juge, dans une affaire d' emplois fictifs concernant l'époque où il était maire de Paris (1977-1995), une audition qu'il accompagne d'une lettre aux Français publiée dans Le Monde.

M. Chirac est le premier ancien président de la République à répondre aux questions d'un juge.

Selon l'entourage de l'ancien président, cette audition, concernant des salaires versés indûment par la Ville de Paris à des employés du RPR lorsque M. Chirac était maire, a débuté à 9h15 dans ses bureaux parisiens de la rue de Lille (7e arrondissement), devant lesquels des dizaines de journalistes se sont massés.

Selon une source judiciaire, le juge Alain Philibeaux de Nanterre (Hauts-de-Seine), en charge de l'instruction sur cette affaire dite des "emplois fictifs du RPR", s'est transporté sur les lieux pour l'entendre, à peine deux mois après la fin de ses 12 ans de mandat présidentiel, le 16 mai.

L'hebdomadaire Paris-Match, qui a révélé cette audition sur son site internet, a pour sa part rapporté que Jacques Chirac, 74 ans, était entendu en tant que "témoin assisté", statut intermédiaire entre celui de mis en examen et celui de simple témoin, ce que la source judiciaire n'a pu confirmer.

"Je ne vois rien que de très normal et de conforme à la conception qui a toujours été la mienne des principes républicains" à répondre aux "questions" du juge chargé de cette affaire, écrit M. Chirac dans une tribune publiée le jour-même par le journal Le Monde.

L'affaire des emplois fictifs du RPR remonte à octobre 1995, lorsque le juge d'instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine) Patrick Desmure, auquel a succédé M. Philibeaux, avait été saisi d'une affaire de paiements de salaires de permanents du RPR par la Ville de Paris, sous les mandats municipaux de Jacques Chirac.

Cette affaire débouchera en mai 2003 sur le renvoi de 26 personnes devant le tribunal correctionnel de Nanterre, parmi lesquelles l'ancien Premier ministre Alain Juppé, pour "prise illégale d'intérêt", pour avoir laissé la ville payer sept salariés du RPR.

Le 30 janvier 2004, Alain Juppé avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité. En appel, le 1er décembre 2004, cette peine avait été réduite à 14 mois avec sursis et un an d'inéligibilité.

Cinq autres cadres du RPR avaient été condamnés, voyant leurs condamnations également réduites en appel. Louise-Yvonne Casetta, ex-trésorière "occulte" du RPR a écopé, pour sa part, d'une peine de dix mois de prison avec sursis.

Développant sa ligne de défense, M. Chirac souligne dans sa tribune "aux Français" qu'il a fallu "sept ans de tâtonnements" entre la première loi sur le financement des partis de 1988 et la troisième de 1995, pour "parvenir au bon régime juridique" sur le financement de la vie politique.

"C'est à cette période antérieure à la loi de janvier 1995, marquée par l'explosion des besoins et l'inadaptation de règles parcellaires, que remontent ce que l'on a appelé les affaires de financement des partis politiques", indique-t-il.

"De tout cela, je suis prêt à témoigner et à répondre, témoigner devant l'opinion, répondre devant les juges. Dans les deux cas, je le ferai en conscience", souligne M. Chirac en conclusion de son texte.

Fin juin 2007, son avocat, Me Jean Veil avait annoncé que l'ancien président serait entendu "avant le 15 septembre" comme "témoin assisté" dans l'affaire des emplois fictifs.

Pour l'affaire dite des "chargés de mission de la Ville de Paris", dans laquelle M. Chirac pourrait également être entendu, Me Veil avait assuré que l'audition aurait lieu "après" celle liée aux emplois fictifs du RPR.

L'avocat a confirmé en revanche que M. Chirac ne témoignerait pas devant les juges chargés des affaires Clearstream et Borrel, concernant la période de son mandat à l'Elysée, pour lequel il estime être couvert par une "immunité définitive".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP],  19 juillet 2007, 12h10)

Après avoir été "intouchable" pendant des années en occupant la plus haute charge de l'Etat, les choses sérieuses commencent enfin pour Jacques Chirac, redevenu un justiciable presque comme les autres... Fera-t-il bientôt l'objet d'une amnistie déguisée comme celà avait été convenu, il y a quelques mois, entre lui et Sarkozy ? Ce dernier, pour l'instant, ne semble finalement pas être très pressé de tirer d'affaire son prédécesseur à l'Elysée, même s'il est certain que, là encore dans ce cas, il suit de très près le déroulement des évènements...

"Une défense qui fait pschitt ?

Jeudi 19 juillet, à 13 heures, le juge d'instruction de Nanterre, Alain Philibeaux, achève l'audition de Chirac sur l'affaire des emplois fictifs de feu le RPR. Au même moment, le procureur de Nanterre, Philippe Couroye, entre à l'Elysée par une porte dérobée de l'avenue Marigny.
 Le magistrat a un rendez-vous secret au Château. Pour rendre compte ? Pour recueillir de précieux conseils ? Ou pour parler de la pluie et du beau temps ? Le procureur Courroye a fait savoir au "Canard" qu'il ne ferait "aucun commentaire". [...] A part ça, Sarko n'intervient jamais dans la gestion des affaires judiciaires...
 Philippe Courroye s'est naguère rendu célèbre en enterrant quelques vieilles histoires mettant en cause Jacques et Bernadette (comme les fameux frais de bouche). Aujourd'hui, Chirac attend qu'il récidive et requiert un non-lieu en sa faveur. De toute façon, l'avis du proc' a de bonnes chances d'être suivi d'effet : le juge Philibeaux, à qui revient la décision finale, passe pour être de bonne composition et très respectueux de la hiérarchie judiciaire.
 "Je pense qu'un non-lieu serait logique, c'est d'ailleurs la voie que semble privilégier le juge d'instruction", croit déjà savoir un proche de Chirac. Cependant, ce coup d'éponge magique va nécessiter du doigté. Comment expliquer que l'ancien président, principal bénéficiaire des emplois fictifs, se retrouve blanchi alors que Juppé et quelques autres ont pris de la prison avec sursis, une peine d'inéligibilité et des amendes ?
 La suite du marathon judiciaire de Chirac s'annonce encore plus acrobatique. A Paris, la juge Xavière Simeoni, réputée plus coriace, l'attend avec un dossier de 45 chargés de mission fictifs de la Mairie de Paris. On trouve même dans  cette liste deux personnes qui étaient payées par la Ville pour tenir la permanence du député Chirac à Ussel (Corrèze). L'Assemblée verse pourtant aux élus une allocation spéciale pour payer légalement les assistants parlementaires...
 Cette fois, le système de défense préféré de Chirac ("Je ne suis jamais intervenu dans le fonctionnement..."), risque de tomber à plat. Ses conseillers l'ont averti qu'il fallait trouver autre chose.
 Le sujet est d'autant plus brûlant que quatre anciens directeurs de cabinet du maire Chirac ont déjà été mis en examen dans ce deuxième dossier. La Ville de Paris a annoncé, en effet, qu'elle réclamerait le remboursement des salaires fictifs, augmenté des intérêts légaux. Soit largement plus de 5 millions d'euros. Et personne n'a envie de régler la note à la place du "patron". Au propre comme au figuré."

(Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

Comment tout celà va-t-il finir ? Va-t-il y avoir une liquidation judiciaire pour Galouzeau de Villepin et Chirac, et, si oui, ce fera-t-elle au bénéfice ou au détriment des deux justiciables ? Villepin va-t-il être suspendu "à un croc de boucher" selon le voeu de Sarkozy ? Les dossiers judiciaires de Chirac non encore enterrés vont-ils tous être passés au karcher ? La suite du feuilleton politico-judiciaire est prévue pour la rentrée prochaine, lorsque les juges rentreront de vacances...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Caricature de Dominique Galouzeau de Villepin, par Kiro, parue dans Le Canard enchaîné N°4524, 11 juillet 2007 ; Caricature de Jacques Chirac, par Kiro, parue dans Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 11 août 2007 6 11 /08 /2007 22:10
Trois mois de sarkozysme triomphant, et je suis déjà fatigué comme si celà faisait dix ans que Sarkozy de Nagy-Bocsa était chef de l'Etat... L'actualité politique du mois qui vient de s'écouler a été chargée, c'est le moins que l'on puisse dire, et on pourrait ne pas s'en plaindre, s'il ne fallait remarquer à quel point la France aime passer d'un extrême à l'autre : après douze ans d'immobilisme chiraquien, nous voici partis pour cinq ans de sur-activisme sarkozyste. Dormez tranquilles, citoyens : le guide suprême Sarkozy est partout, il s'occupe de tout, et a un avis sur tout. C'est dans sa nature, puisqu'il adore être au centre de toutes les attentions, et qu'il n'aime rien tant que de gesticuler devant les caméras, et de déblatérer devant les micros son discours sur la prétendue "rupture" qu'il est censé incarner, pour mieux cacher la triste réalité de son action... Que voulez-vous, c'est ainsi : Sarkozy de Nagy-Bocsa aime être excessif, et ne sait pas vraiment s'arrêter, même quand on lui dit qu'il en fait trop... Pauvre France : elle n'a pas fini de devoir supporter cet énergumène, qui n'a rien d'un président de la République, si ce n'est le fait qu'il a été élu... Du reste, aujourd'hui, je ne le hais plus : mon sentiment à l'égard de cet homme est désormais un mélange de détestation cordiale, de pitié et de mépris. Ce qui ne m'empêche pas d'être attentif à ses faits et gestes, puisque sa politique ne devrait pas manquer, en principe d'avoir des conséquences sur l'avenir du pays et des citoyens qui y vivent...

Le 12 juillet dernier, Sarkozy de Nagy-Bocsa a dévoilée ses intentions quant à la nécessaire réforme des institutions de la Ve République, à l'occasion d'un discours prononcé à Epinal (Vosges) sur le thème de la "démocratie irréprochable".

A Epinal, Sarkozy ouvre un vaste chantier sur les institutions, et vante un "Etat fort"

Nicolas Sarkozy a vanté jeudi à Epinal un "Etat fort" et un président qui "gouverne", en ouvrant un vaste chantier pour réformer les institutions de la Vème République.

Soucieux de s'inscrire "dans la tradition gaulliste", le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer solennellement dans le chef-lieu des Vosges parce que c'est là que le général de Gaulle avait exposé, le 29 septembre 1946, sa vision d'une "République moderne".

"Je ne tournerai pas la page de la Vè République", a-t-il déclaré dans un discours ponctué de références historiques et où il a fait l'éloge de l'"Etat fort". "Il ne s'agit pas de revenir à la IVè République en prétendant faire la VIè", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il ne changerait "pas les grands équilibres de nos institutions".

Mais il a proposé de nombreuses pistes de réflexion, reprenant des orientations de sa campagne électorale: accroissement des responsabilités du président, renforcement des pouvoirs du Parlement, statut de l'opposition, encadrement des nominations pour les postes de haute responsabilité.

Il a fixé cette feuille de route à un "comité de douze à quinze membres", présidé par Edouard Balladur, qui devra lui "faire des propositions d'ici au 1er novembre" en faveur d'une "République irréprochable".

Fidèle à sa politique d'ouverture, M. Sarkozy a proposé à des personnalités de droite et de gauche de siéger dans cette commission où "on aura le droit de discuter de tout, sans tabou".

Les socialistes Jack Lang, qui vient de démissionner des instances dirigeantes du Parti socialiste (PS), et Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin, ont été sollicités. M. Lang a réservé sa réponse.

Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, classé à gauche, ainsi que le chiraquien Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, devraient également en faire partie.

"Je souhaite que le président gouverne", a-t-il dit également, citant Georges Pompidou. "Si le président de la République préside, c'est pour décider", a-t-il ajouté, répondant à ceux qui l'accusent de se comporter en "hyper-président".

"Je souhaite que soit étudiée la possibilité que le président puisse s'exprimer au moins une fois par an devant le Parlement pour expliquer son action et pour rendre compte de ses résultats", a-t-il lancé devant les présidents de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat, Christian Poncelet.

M. Sarkozy s'est également interrogé sur la limitation "à deux mandats successifs" pour un président avant de se dire "réservé" sur une suppression de l'article 49-3, qui permet au gouvernement de passer en force pour faire adopter un texte de loi.

Idem pour l'article 16, qui donne les pleins pouvoirs au président: "Je ne crois pas qu'il soit pertinent de le supprimer (...) tant l'Histoire a montré qu'aucun pays n'était jamais à l'abri de circonstances exceptionnelles". Mais "si on le garde, on peut discuter d'une nouvelle rédaction", a-t-il ajouté.

A propos du contrôle parlementaire, le chef de l'Etat s'est interrogé sur "les moyens et les droits" dont doit disposer l'opposition pour qu'elle soit en mesure, "non d'empêcher la majorité et le gouvernement de gouverner, mais pour les mettre davantage en face de leurs responsabilités".

Il a aussi annoncé qu'il demanderait à la Cour des comptes de "contrôler le budget de la présidence de la République", ce qui "n'a jamais été fait".

Enfin, sur l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale réclamée par le MoDem et le PS, il ne s'est pas interdit d'en discuter pour "permettre d'améliorer la représentativité du Parlement, sans remettre en cause le fait majoritaire".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 12 juillet 2007, 20h59)

Vous croyez que Sarkozy de Nagy-Bocsa veut être un grand réformateur des institutions ? Peut-être, mais il semble, en fait, que son ambition au sujet de ladite réforme soit beaucoup moins grande que ce que l'on est censé croire officiellement. Qu'on en juge en prenant connaissance de ce qu'il a dit autour de lui, le mois dernier, à ce sujet :

Tout ça pour ça

 De Sarkozy, à propos de "sa" réforme constitutionnelle :
 "Le seul truc auquel je tiens vraiment, a-t-il expliqué autour de lui, c'est de parler devant les parlementaires. Je sais que moi, je peux les convaincre."
 Mais pas question pour lui qu'il y ait un débat après son intervention.
 "Le Président n'est pas et n'a pas à être responsable devant le Parlement, sinon on changerait de République. C'est le Premier ministre qui est responsable devant le Parlement."
 Preuve que Fillon sert au moins à quelque-chose.


(Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

Est venu ensuite le moment du grand Sarko-show à l'occasion du 14-Juillet : pour ce que j'ai pu en voir à la télévision, ce fut pour moi aussi écoeurant que lors de la cérémonie de passation des pouvoirs à l'Elysée en mai dernier...

Première fête nationale de "rupture" pour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a présidé samedi à ses premières cérémonies du 14 juillet, placées sous le signe de l'Europe et de la "rupture" que veut personnifier le nouveau chef de l'Etat, deux mois après son entrée en fonctions.

Aux côtés des principaux responsables de l'UE, invités spécialement, le président a assisté à un défilé militaire marqué par la présence de contingents des 27 Etats de l'Union européenne.

Debout dans son command-car, le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, à ses côtés, le président avait lancé les festivités en descendant les Champs-Elysées, saluant de la main militaires et spectateurs.

Première entorse au protocole, il fait arrêter son véhicule et se lance en direction de la foule, maintenue derrière des barrières et minutieusement fouillée avant de pouvoir pénétrer dans le périmètre de sécurité.

"Il y a vraiment beaucoup de monde", lance-t-il en serrant des mains. Il embrasse une fillette dans les bras de son père. Des bras tendent des téléphones portables pour le prendre en photo. "Je ne peux pas rester longtemps", lance M. Sarkozy avant de se diriger vers le trottoir d'en face pour le même bref exercice.

Le 16 mai, jour de son entrée en fonctions, il avait déjà pris un mini-bain de foule similaire sur "la plus belle avenue du monde".

Quelques semaines après les attentats manqués de Londres, les festivités étaient placées sous haute surveillance. Plusieurs milliers de policiers et de gendarmes ont été déployés avec des "consignes d'extrême vigilance" dans le cadre du plan Vigipirate, au niveau rouge.

Une foule très nombreuse (la police ne disposait pas immédiatement de chiffres), souvent jeune, se presse. De nombreux touristes sont présents. Pour tenter d'apercevoir le défilé par dessus les zones de sécurité, des personnes se sont perchées sur des kiosques à journaux ou dans les arbres. D'autres ont apporté ou acheté sur place des périscopes en carton.

Après une Marseillaise, puis le Chant des partisans et la lecture d'un texte de Robert Schuman, un des pères fondateurs de l'Union, le défilé commence.

Les 27 contingents européens se mettent en marche par ordre alphabétique, drapeau bleu-blanc-rouge et bannière étoilée de l'Europe en tête. Les unités françaises défilent ensuite pendant une bonne heure, devant un Nicolas Sarkozy radieux, qui devise avec ses invités à la tribune.

"Surprise" européenne pour finir. Le président descend saluer les porte-drapeaux des armées des 27, en compagnie du président de la Commission José Manuel Barroso, du Premier ministre portugais José Socrates, qui préside l'Union, du président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering et du Haut représentant diplomatique de l'UE, Javier Solana.

"Je voulais que la France soit de retour en Europe et que l'Europe soit présente en France", lance M. Sarkozy. M. Barroso se réjouit "d'un symbole mais plus qu'un symbole (...) C'est seulement ensemble qu'on peut faire face".

Le président se rend ensuite au déjeuner officiel, où il arrive avec... Dominique Strauss-Kahn, l'ancien ministre socialiste, candidat de l'UE à la direction du FMI.

La garden-party élyséenne devait suivre, qui verra un changement d'importance. Le président a en effet renoncé à la très traditionnelle interview télévisée. Il devrait brièvement s'exprimer de façon plus informelle.

Le nombre d'invités a également été réduit à quelque 5.000 personnes, et le président a choisi d'honorer plusieurs centaines de "héros" et "victimes" anonymes.

Innovation enfin en soirée avec une "grande fête populaire" au Champ de Mars, à Paris, avec des chanteurs européens et, en tête d'affiche, Michel Polnareff. Le tout devait s'achever, sans rupture cette fois, par un très traditionnel feu d'artifice.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 14 juillet 2007, 12h32)

Commentaire de Sarkozy de Nagy-Bocsa, quelques jours plus tard :

"Le 14-Juillet a été réussi. Mais, encore, vous n'avez rien vu par rapport à celui de l'an prochain."

(Sarkozy, lors du Conseil des ministres du 18 juillet 2007, cité in Le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007)

Conclusion logique : on peut s'attendre à un écoeurement plus important encore pour les célébrations du 14-Juillet de 2008...

Le spectacle, du reste, continue trois jours plus tard : le 17 juillet, Sarkozy suit la neuvième étape du Tour de France 2007, entre Val d'Isère et Briançon, dans la voiture du directeur du Tour. Chacun le sait : l'actuel chef de l'Etat est amoureux du sport, dont la sur-exposition médiatique et l'engouement populaire à son endroit sont les seules drogues qui lui sont nécessaires pour gagner sans cesse de nouvelles étapes...

Pendant ce temps, le Parlement travaille, car, ainsi que l'avait promis Sarkozy, même en plein été, les députés et les sénateurs ont du pain sur la planche : le "paquet fiscal" en faveur des plus riches, l'autonomie des universités, le service minimum dans les transports publics, etc.

Adoption avec retard par l'Assemblée d'un "paquet fiscal" étoffé

Le texte appelé "paquet fiscal", qui regroupe les promesses emblématiques de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, a été voté dans la nuit de lundi à mardi par l'Assemblée, après avoir été étoffé par la majorité, mais avec du retard du fait de la mobilisation de la gauche.

Le projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) dit "paquet fiscal" doit maintenant rejoindre le Sénat où son examen est prévu à partir du 25 juillet.

Le projet de loi prévoit l'exonération des heures supplémentaires, la mise en place du RSA (revenu de solidarité active), l'encadrement des "parachutes dorés", la création d'un crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, l'abaissement du bouclier fiscal à 50% (60% actuellement) ou encore la suppression des droits de succession pour le conjoint survivant.

Le coût a été évalué par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, entre 10 et 11 mds d'euros pour 2008 et "13,6 mds d'euros (par an) en régime de croisière". Une addition élevée qui retarde d'autant le retour à l'équilibre des finances publiques, promis au mieux pour 2010 par le chef de l'Etat mais plus probablement pour 2012. Ce qui du coup fait grincer des dents à Bruxelles.

Malgré cela, le gouvernement a réussi à dégager des marges de manoeuvre pour donner du grain à moudre aux députés UMP. Après toute une législature à batailler en vain pour obtenir la sortie de la résidence principale du calcul de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune), ils ont obtenu une hausse de 20 à 30% de l'abattement d'ISF sur cette résidence.

Ils ont aussi réussi à porter de 20.000 à 30.000 euros la possibilité de donation en numéraire par une personne de moins de 65 ans et de 50.000 à 150.000 euros l'abattement pour les donations et les successions en faveur d'une personne handicapée si elle n'est pas l'héritière directe.

Après une vibrante ode au travail, lors de la présentation du texte, Mme Lagarde, très présente dans les débats, n'a eu de cesse de défendre des mesures qui, selon elle, devraient générer "près d'un demi-point de croissance en 2008".

"Cette loi que l'on surnomme paquet fiscal (...) n'est ni un paquet cadeau pour les riches, ni un paquet piégé qui nuirait à la croissance, ni un paquet surprise dont on ne contrôlerait pas les conséquences. C'est bien plutôt une boîte à outils dans laquelle ceux qui travaillent pourront trouver ce qu'ils cherchent", a-t-elle estimé.

Mais la gauche n'a pas été en reste et a fait preuve d'une grande combativité, sans toutefois verser dans l'obstruction, pour dénoncer un projet plein de "cadeaux fiscaux" qui sous couvert de mesures "innovantes", présente de "vieilles recettes éculées" ou encore "marque le retour d'une société de rentiers". Martine Billard (Verts) a même suggéré d'ajouter au titre du projet "assistanat aux grandes fortunes".

Le débat a particulièrement fait rage sur les heures supplémentaires et les droits de succession tant et si bien que les députés se sont retrouvés à travailler plus que prévu pour boucler lundi soir au lieu de vendredi après-midi le texte, avec le lancement du RSA (revenu de solidarité active) défendu par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités.

Alors que M. Hirsch avait vanté "une rupture qui permet" aux plus faibles de "repartir", l'opposition n'a eu de cesse de dénoncer le "cynisme" du gouvernement mettant en regard les milliards aux plus riches comparés aux 25 millions du RSA.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 17 juillet 2007, 7h33)

Le 18 juillet, Sarkozy de Nagy-Bocsa met officiellement en place, lors d'une cérémonie à l'Elysée, son comité d'experts, présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur, et dont l'ancien ministre socialiste Jack Lang a accepté d'être l'un des deux vice-présidents, comité chargé de faire des propositions de réformes en matière institutionnelles, car le président de la République veut une réforme dans ce domaine avant les élections municipales de 2008.

Et puis, le 24 juillet, vient le "miracle" que personne n'attendait : Sarkozy de Nagy-Bocsa devient le libérateur des infirmières bulgares emprisonnées depuis huit ans en Libye. Petit rappel des faits : à l'origine de l'affaire, des centaines d'enfants avaient été infectés par le virus du SIDA à l'hôpital libyen Al-Fatih de Benghazi, en raison de mauvaises conditions d'hygiène propres à l'établissement. Plusieurs dizaines de  ces enfants étant morts de la maladie, face à la fureur populaire, cinq infirmières coopérantes bulgares et un médecin palestinien servirent, bien qu'étant innocents, de boucs émissaires. Arrêtés par le pouvoir en place, celui du colonel-dictateur Mouammar Kadhafi, les six malheureux ressortissants étrangers furent torturés, puis condamnés à mort, avant que la mobilisation européenne ne pousse Kadhafi à préférer aux exécutions prévues un de ces marchandages dont il s'est fait une spécialité, en faisant des infirmières bulgares et du médecin palestiniens, des otages à échanger contre des concessions de la part de l'Occident. Pendant plusieurs années, l'Union Européenne a négocié avec la Libye, la grâce et la libération des condamnés, et on pouvait espérer que l'affaire puisse bientôt aboutir à une issue heureuse pour les otages. Et c'est là que Sarkozy de Nagy-Bocsa réussit un de ces coups de marketing politique dont il a le secret, en précipitant la conclusion des négociations, avec force liquidités versées à Kadhafi par l'émir du Qatar, en guise de rançon, et l'intervention diplomatique inédite, auprès du dictateur libyen, de Cécilia Sarkozy, épouse du chef de l'Etat français : le 24 juillet, les infirmières et le médecin sont libérés. On ne peut que sincèrement se féliciter de la fin du calvaire des six otages, mais cela n'enlève rien au caractère opportuniste de l'intervention très médiatisée de Sarkozy, qui, dès le lendemain, 25 juillet, s'est rendu en visite officielle à Tripoli, la capitale libyenne, et y a rencontré personnellement le colonel Kadhafi, "pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Un mémorandum d'entente sur le nucléaire civil a été signé sur place à cette occasion, ainsi que plusieurs accords de coopération, dont un dans le domaine militaire : c'est aussi celà, la politique. Le rôle que Cécilia Sarkozy aura joué dans toute cette affaire n'a pas manqué, en tout cas, de retenir l'attention des observateurs...

Cécilia Sarkozy au premier plan dans l'affaire des infirmières bulgares

L'heureux dénouement de l'affaire des infirmières bulgares a de nouveau placé au devant de la scène Cécilia Sarkozy, alors même que la "première dame" n'a en France aucun statut ou rôle officiel.

Au cours de deux visites surprises et spectaculaires en Libye, le 12 juillet puis de dimanche à mardi, Mme Sarkozy a endossé le rôle, inédit en France, d'émissaire personnel du président dans une négociation internationale de premier plan, suscitant des protestations à gauche.

C'est en compagnie de Mme Sarkozy, à bord d'un avion de la République française, que le médecin et les cinq infirmières sont revenues mardi dans leur patrie, après huit ans de détention en Libye.

Décontractée en polo blanc et pantalon noir, Cécilia Sarkozy est sortie de l'avion à Sofia peu après elles, mais s'est refusé à toute déclaration. Son retour à Paris s'est également fait dans la plus grande discrétion.

"On a résolu un problème, point. Il n'y a pas à théoriser sur une nouvelle organisation de la diplomatie française, le statut de l'épouse du chef de l'Etat ou je ne sais quel raisonnement", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'Elysée.

Selon le Premier ministre François Fillon, la présence de Cécilia Sarkozy a aidé à créer une relation personnelle avec le dirigeant libyen. "Le président (Mouammar) Kadhafi ne recevait pas les ministres, ne recevait pas les commissaires européens. Il fallait donc une relation directe entre le chef de l'Etat français et lui, et cette relation s'est instaurée d'abord par leurs conversations téléphoniques et ensuite par la présence symbolique de l'épouse du chef de l'Etat à Tripoli".

Pour son époux, Cécilia Sarkozy a agi avec "beaucoup de courage, beaucoup de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio, en comprenant tout de suite qu'une des clés" était de prendre en compte aussi la douleur "des cinquante familles qui avaient perdu un enfant".

Ancien mannequin et mère de trois enfants, réputée indépendante --le couple s'est un temps séparé-- et créditée d'une grande influence sur son mari, Cécilia Sarkozy avait avoué avant l'élection ne pas se voir en "First Lady": "cela me rase", avait-elle confié.

Elle était restée très discrète pendant la campagne électorale et depuis l'entrée en fonction de son mari, même si elle avait été une des "stars" de sa cérémonie d'investiture.

En l'absence de tout statut du conjoint du chef de l'Etat, chaque "première dame" a dû définir le rôle qu'elle entend incarner: alors que Bernadette Chirac s'est illustrée dans la collecte humanitaire des "pièces jaunes", Danielle Mitterrand avait parfois embarrassé la diplomatie française par ses initiatives, en faveur des Kurdes notamment, dans le cadre de sa fondation France-Libertés.

Tout en se félicitant du dénouement heureux, des voix à gauche se sont offusquées de ce rôle d'émissaire officieux que Cécilia Sarkozy a endossé. "Je me demande à quoi servent le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade qui sont dépossédés de leurs propres compétences constitutionnelles au profit de la femme du président de la République", a déclaré le député PS Arnaud Montebourg.

"Le problème est de savoir si Mme Sarkozy a été élue et a la légitimité du suffrage universel. La réponse est non. Elle est la femme du président, point barre. Elle n'a pas à être associée à des opérations de cette envergure qui peuvent avoir des conséquences très importantes du point de vue géostratégique", a renchéri Noël Mamère (Verts).


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 24 juillet 2007, 15h25)

Le 25 juillet, tandis que Sarkozy était accueilli sous la tente de Kadhafi, l'Assemblée Nationale a adopté un projet de loi sur l'autonomie des universités : mal négocié au départ, ce projet n'est pas allé aussi loin qu'on aurait pu le croire, par rapport à ce qui avait été annoncé, tout le monde s'étant accordé sur la nécéssité d'une profonde réforme des universités françaises...

L'Assemblée adopte le projet de loi sur l'autonomie des universités

L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir le projet de loi de Valérie Pécresse sur l'autonomie des universités avec les seules voix de la majorité UMP et Nouveau Centre, l'opposition de gauche ayant voté contre.
Les députés ont modifié à la marge le texte présenté en urgence (une lecture par assemblée) et déjà adopté par le Sénat le 12 juillet.

Ce projet prévoit la généralisation de l'autonomie budgétaire et de gestion des ressources humaines à toutes les universités d'ici 5 ans.
Les universités pourront également devenir propriétaires de leurs biens immobiliers ou les vendre ainsi que créer des fondations.
Pour améliorer la gouvernance des universités, les conseils d'administration sont ramenés de 60 à environ 30 membres et s'ouvrent à des personnalités extérieures (7 ou 8).
Le président sera élu par le conseil d'administration pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois. Son autorité sera renforcée et il disposera d'un droit de veto sur les affectations, pourra embaucher des contractuels, gérer les primes des personnels.
Le texte modifie la procédure de recrutement des personnels et enseignants-chercheurs.
Les députés ont supprimé la possibilité donnée par les sénateurs à des personnalités extérieures de participer à l'élection du président d'université, revenant au texte initial.
Ils ont également maintenu un droit de regard de l'Etat dans la création des UFR (Unité de formation et de recherche) désormais dévolue aux universités.

Un amendement de Claude Goasguen (UMP), réservant la fonction de président d'université aux seuls enseignants-chercheurs, a été adopté à l'unanimité, contre l'avis de la ministre, barrant ainsi la voie à l'élection de non universitaires.
Mme Pécresse a demandé une deuxième délibération et obtenu d'élargir cette fonction également aux "professeurs et maîtres de conférence, associés ou invités, ou tous autres personnels universitaires assimilés, français ou étrangers"

Les députés ont en revanche rejeté un amendement permettant l'intégration des cursus des professions paramédicales et sage-femmes dans le système LMD (Licence, master, doctorat). Mme Pécresse a toutefois annoncé que Roselyne Bachelot (Santé) ouvrira dès septembre une concertation sur cette question.

L'opposition SRC (Socialiste, radical et citoyen) et GDR (gauche démocrate et républicaine - PCF/Verts) a protesté contre "les pouvoirs exorbitants des présidents d'université" et demandé en vain des garde-fous sur le recrutement de contractuels "pour qu'ils ne se substituent pas aux enseignants chercheurs statutaires".
Alain Claeys (PS) a regretté que ce texte ne traite que de la gouvernance et "ne soit pas une vraie réforme de l'enseignement supérieur", déplorant "l'absence de moyens financiers". Noël Mamère (Verts) a jugé ce texte "dangereux" pour l'avenir des universités.

"Nous ne voulons pas remplacer l'emploi statutaire, nous voulons de la souplesse" mais "ce seront des emplois publics, que nous créons", a soutenu Mme Pécresse dont c'était le baptême du feu à l'Assemblée comme ministre.
Pour elle, ce texte, "véritable révolution culturelle", veut "ouvrir les fenêtres de l'Université".

Le texte sera soumis à l'examen d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 députés, 7 sénateurs) pour une adoption définitive le 1er août.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 juillet 2007, 19h59)

De fait, le 1er août, le texte a définitivement été adopté, dans une version proposée par la commission mixte paritaire, qui est globalement proche de la version qu'en avait retenue l'Assemblée nationale, notamment en ce qui concerne l'élection du président d'université.

La veille, le 31 juillet, le Premier ministre Fillon a enfin commencé à annoncer à quelle sauce allait être mangés les effectifs de la fonction publique, proie préférée de tous les bien-pensants de ce pays :

Fillon: le rétablissement des finances publiques, "clé de la rupture économique"

Le Premier ministre, François Fillon, a qualifié mardi le rétablissement des finances publiques de "clé de la rupture économique", à l'issue d'un séminaire gouvernemental sur le projet de budget 2008.
"Le rétablissement des finances publiques n'est pas à mes yeux une variable d'ajustement de la politique économique, c'est la clé de la rupture économique", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse.
Il a indiqué par ailleurs que les dépenses de l'Etat n'augmenteront pas en volume en 2008.

Ce budget, a-t-il souligné, est bâti sur "une hypothèse crédible" de 2,5% de croissance, annoncée fin juin par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et de 1,6% d'inflation.
François Fillon veut promouvoir par ce budget "une croissance forte" faisant de la France "un pays productif, un pays compétitif, un pays attractif". Mais il a répété que cette croissance devait aussi être "saine", c'est-à-dire "respectant les finances publiques".
"La réduction de notre déficit est donc l'une de nos priorités, nos engagements européens nous y invitent mais surtout et avant tout, l'intérêt national l'exige", a-t-il ajouté.

M. Fillon, qui s'exprimait au sortir d'un séminaire gouvernemental sur le projet de budget 2008, a confirmé l'estimation de Christine Lagarde, selon laquelle les déficits publics de la France s'établiront à 2,3% du PIB en 2008.

Il a aussi annoncé que les 22.700 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés en 2008, dont un sur trois dans l'Education nationale.
"Les ministères contribuent tous en moyenne à 1 (fonctionnaire retraité) sur 2" non remplacé, hormis dans l'Education nationale, la Justice et l'Enseignement supérieur, a-t-il expliqué à l'issue d'un séminaire gouvernemental sur les arbitrages budgétaires pour le projet de loi de finances 2008.
Environ un fonctionnaire de l'Education nationale sur trois ne sera pas remplacé.
M. Fillon s'est refusé à donner un chiffre précis avant la fin du mois d'août.
"Il y aura plus de 6.000 créations de postes correspondant à des besoins nouveaux" dans l'Education nationale, dont les études dirigées, a-t-il expliqué. "Il y aura aussi des suppressions, qui font l'objet de réglages fins".
Conformément aux engagements de campagne de Nicolas Sarkozy, M. Fillon a rappelé que la moitié des économies réalisées avec le non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite seront affectés à la revalorisation des carrières.
Les modalités de cette hausse des traitements, a-t-il expliqué, seront négociées dans les prochaines semaines avec les syndicats par le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini.

Par ailleurs, une somme de 1,8 milliard d'euros supplémentaires sera affectée en 2008 à l'Enseignement supérieur et la Recherche, beaucoup plus que le milliard d'euros par an pendant cinq ans promis par Nicolas Sarkozy pendant la campagne, a annoncé François Fillon.

Le Premier ministre a indiqué que le gouvernement affecterait au budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qualifiés de "priorité", "1,8 milliards supplémentaires".
Ceux-ci "seront reconduits en augmentation chaque année", a-t-il fait valoir.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 31 juillet 2007, 18h13)

Le 1er août a eu lieu l'adoption définitive par le Parlement (Assemblée et Sénat) du texte de loi issu d'une commission mixte paritaire sur le "paquet fiscal", ainsi que le dernier Conseil des ministres avant les vacances gouvernementales et parlementaires.

Sarkozy souhaite bonnes vacances aux ministres, prévoit une rentrée chargée

Nicolas Sarkozy a souhaité "bonnes vacances" aux membres du gouvernement mercredi lors du dernier conseil des ministres avant la pause estivale, leur annonçant que ça repartira "très fort" à la rentrée.
Le président de la République a dit "bonnes vacances, merci pour les trois mois, vous avez fait du bon travail avec des avancées importantes pour les Français, mais attendez-vous à ce que ça reparte très fort dès la rentrée", a rapporté le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, lors du compte-rendu à la presse.
"Les ministres avaient l'air interloqué devant cette annonce d'un rythme qui serait encore plus soutenu à la rentrée", a commenté M. Wauquiez. Il a précisé que le conseil des ministres de rentrée aurait lieu le 24 août.
D'ici là, "la permanence est assurée avec des exigences qui sont très claires", a-t-il dit. "Chaque ministre doit être joignable à tout moment, jour et nuit", une "permanence des membres du gouvernement" sera assurée, et dans chaque cabinet ministériel, un responsable sera "chargé d'assurer le suivi".
"Il y a une continuité gouvernementale qui sera assurée, et en même temps pas d'hypocrisie: nous prenons bien des vacances et nous en avons besoin", a-t-il lancé.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 1er août 2007, 12h43)

Soucieux de clôturer en beauté leur session extraordinaire estivale, les parlementaires ont tenu, avant de partir en congés, à s'occuper du fameux service minimum dans les transports publics. Il est de notoriété publique que les pannes techniques et le manque de personnel causent bien plus de perturbations que les grèves ? Qu'à celà ne tienne, il faut tout de même légiférer, ce sont les sarkozystes qui le disent...

Service minimum: les députés adoptent le projet de loi gouvernemental

Les députés ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi de loi sur le service minimum dans les transports publics terrestres, après trois jours de travaux marqués par une forte combativité de la gauche dans l'hémicycle et une mobilisation syndicale dans le pays.
Le texte a été approuvé par les députés UMP et NC (Nouveau Centre), les deux groupes de gauche SRC (socialiste, radical et citoyen) et GDR (gauche démocrate et républicaine) ont voté contre

Les travaux, qui traînaient en longueur depuis l'après-midi, se sont accélérés après le vote tard dans la soirée de deux articles phares. Le premier fait obligation au salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant de participer au conflit, "sous peine de sanction disciplinaire" (art. 5). Le second prévoit la possibilité de consulter le personnel par vote secret, y compris à l'initiative de l'employeur, sur la suite du mouvement au-delà de huit jours de grève (art. 6).
Ces deux mesures, perçues par la gauche comme une "atteinte frontale" au droit de grève, cristallisent la colère syndicale. Leur examen a donné lieu à de vifs échanges dans l'hémicycle.

Le projet de loi de Xavier Bertrand (Travail), promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, fera l'objet jeudi matin d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 députés, 7 sénateurs), en vue d'un vote définitif dans les deux assemblées en fin de journée.
Il sera le dernier des quatre projets de loi - avec ceux sur la récidive, le "paquet fiscal" et la réforme des universités - à être définitivement adopté par le Parlement durant la session extraordinaire, commencée le 3 juillet et devant s'achever jeudi 2 août.
L'entrée en vigueur de la future loi sur le service minimum est prévue au 1er janvier 2008.

Mercredi les groupes SRC et GDR ont continué à ferrailler contre le projet de loi, défendant un à un leurs amendements dont plusieurs ont été adoptés.
Les débats ont donné lieu à quelques échanges musclés entre la gauche et le ministre, notamment lors de l'examen de l'article 4 qui définit les "dessertes prioritaires", "le plan de transport adapté" et le "plan d'information des usagers" en cas de conflits.

A l'appel de sept fédérations de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD-Rail, Unsa et Fgaac) et de quatre fédérations de transport (CGT, CFDT, FO et CFTC), auxquelles se sont joints Solidaires, la FSU et le SNJ, plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblés mardi dans 80 villes de France pour dénoncer ce texte voté, selon eux, "à la sauvette" en pleine trêve estivale.
D'autres actions syndicales sont annoncées pour la rentrée, et la CGT n'a pas totalement écarté une possible perturbation des services durant la Coupe du Monde de rugby en septembre et octobre.
Le groupe SRC a déjà annoncé qu'il saisira le Conseil constitutionnel pour faire censurer le texte.

Face aux attaques répétées des élus de gauche contre ce texte, à leurs yeux, "inutile", "démagogique", "de provocation" et "inapplicable", les orateurs UMP et NC ont réitéré leur soutien à ce projet de loi "équilibré", qui "donne la légitimité au service public" et qui est plébiscité par les Français dans les sondages.
"Le service minimum, qui a très longtemps été dans notre pays un serpent de mer (...) va devenir réalité au 1er janvier 2008", s'est félicité pour sa part M. Bertrand, soulignant que Nicolas Sarkozy avait "joué cartes sur table pendant toute la campagne présidentielle" sur ce texte qui "n'est pas arrivé comme ça par hasard pendant l'été".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 2 août 2007, 15h42)

Et voilà Sarkozy de Nagy-Bocsa parti - enfin ! - en vacances, aux Etats-Unis d'Amérique, à Wolfeboro, petite station estivale très huppée en bordure du lac Winnipesaukee (New Hampshire), où il séjourne avec sa famille et des amis, dont la ministre Rachida Dati - amie du couple Sarkozy -, dans une luxueuse résidence de 1200 m2, à 21900 euros TTC la semaine, appartenant à un ancien dirigeant de Microsoft. Entre deux joggings, et deux partis de pêche en bâteau, le très médiatique et égocentrique Sarkozy a pris le temps, dimanche dernier, d'engueuler, en français, des photographes de presse américains, apparemment subitement devenus indésirables dès lors qu'il s'agit d'évoquer les modestes goûts de luxe du président joggeur en congés. Ce dernier a également pris le temps de faire un aller-retour en avion pour pouvoir assister à Paris, hier, 10 août, aux obsèques du cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris, décédé dimanche. Il s'est dépêché de revenir à dans le New Hampshire, car aujourd'hui, 11 août, une rencontre, informelle et privée, avec le président des Etats-Unis W. Bush, était prévue dans la résidence familiale des Bush de Kennebunkport (Maine), située à seulement 80 km de Wolfeboro.

Et voilà. Voilà à quoi ressemble un mois de sarkozysme appliqué. Et encore, je n'ai évoqué que dans les grandes lignes le mois politique qui vient de s'écouler. Et le cauchemar va continuer... Profitons donc encore un peu du fait que Sarkozy soit loin d'ici, même si la côte est des Etats-Unis n'est pas forcément une destination suffisemment lointaine... Le 8 mai dernier, sur le site du Nordenstar (journalistique et satirique), alors que le nouveau président élu avait temporairement disparu après sa victoire, et que l'on s'interrogeait sur l'endroit où il pouvait être, j'avais écrit que "j'aimerai assez que Sarkozy de Nagy-Bocsa soit sur la planète Altaïr 4, à coté de Proxima du Centaure... et qu'il y reste", et quelqu'un avait ensuite ajouté : "s'il pouvait même aller plus loin..." Effectivement, il pourrait fort bien aller plus loin... pourvu qu'il y reste... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Caricature de la "Rupture" de Sarkozy, par Cardon, parue dans le Canard enchaîné N°4518, 30 mai 2007 ; Caricature de Sarkozy devant le buste de son épouse Cécilia, par Kiro, parue dans le Canard enchaîné N°4525, 18 juillet 2007 ; Caricature de Kadhafi et de Cécilia Sarkozy, par Cabu, parue dans le Canard enchaîné N°4526, 25 juillet 2007 ; Caricature de Sarkozy [à droite] avant la pause estivale, par Lefred-Thouron, parue dans le Canard enchaîné N°4527, 1er août 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Mardi 28 août 2007 2 28 /08 /2007 19:36
Par tous les dieux de l'Olympe, qu'il est difficile de suivre le fil de l'actualité politique par les temps qui courent, lorsque l'on a accès à Internet que par intermittance ! Le flot médiatique sarkozyste est tel que je me vois contraint, pour l'instant, d'écrire des articles que mes lecteurs pourront considérer comme étant bien longs, mais que voulez-vous : on n'arrête pas la mer avec ses mains... Du reste, je crois utile de proposer directement à mon modeste lectorat les textes qui me servent de sources, afin que chacun puisse faire preuve d'esprit critique et se faire une opinion, sans méconnaître ma propre position, mais sans non plus juger uniquement au travers d'elle...

Le répit, comme celà était prévisible, aura été de courte durée : la semaine dernière, Sarkozy de Nagy-Bocsa est réapparu à l'Elysée... sans avoir été pour autant absent dans les médias, même pendant ses vacances aux Etats-Unis...

Vous souvenez-vous des propos tenus par Sarkozy de Nagy-Bocsa devant l'hédoniste professeur de philosophie Michel Onfray, sur le caractère inné, selon ledit Sarkozy, de la perversion pédophile, et des tendances suicidaires ? Il en a été question sur ce blog, durant la campagne électorale (voir notamment le message intitulé "Campagne présidentielle : Arnaque et Déraison Générales ?")... Sarkozy avait avancé ses idées sur la question avec, semble-t-il, le plus grand sérieux. Pourtant, on sait que l'identité et les comportements futurs d'une personne ne peuvent être inscrits dans ses gènes dès la conception, ni lisibles dès la naissance de l'individu, que ce soit en ce qui concerne la pédophilie ou en ce qui concerne la tendance au suicide, ou même en ce qui concerne les troubles du comportement de l'enfant, dont le président de la République, du temps où il était ministre de l'intérieur, s'appuyant sur une expertise controversée de l'Inserm, avait préconisé le dépistage, dès l'âge de trois ans, dans le cadre de son projet de prévention de la délinquance. Les propos de Sarkozy sur l'inné et l'acquis, aberrants sur le fond, avaient eu au moins le mérite d'en dire long sur la conception que l'actuel chef de l'Etat se fait de l'homme, et du peu d'importance qu'il semble finalement accorder à l'éducation et à la culture, puisque pour lui, tout est simplement une question de gènes...
Aujourd'hui, le temps du débat - même s'il n'y avait alors guère matière à débat, contrairement à ce qu'à prétendu Sarkozy à l'époque - semble en tout cas bien dépassé... Dans ce domaine, comme dans d'autres...
Comme dirait l'autre, Sarkozy a été élu pour agir, pas pour réfléchir. Le voilà donc bien obligé, à l'occasion d'une énième dramatique affaire de pédophilie, de réagir comme il l'a toujours fait, c'est à dire en étant esclave de la tyrannie de l'urgence, condamné qu'il est à toujours courir après le train de l'actualité, et à être l'objet d'une surmédiatisation, plus que jamais nécessaire pour détourner plus ou moins l'attention de l'opinion, et aussi pour satisfaire au passage son besoin d'être au centre de toutes les attentions...

De retour de vacances, Sarkozy annonce des mesures de suivi des pédophiles


Nicolas Sarkozy a fait lundi [20 août] une rentrée politique à bride abattue, tenant trois réunions ministérielles sur l'économie, l'immigration et la délinquance sexuelle, et annonçant notamment des hôpitaux fermés pour les pédophiles jugés dangereux à la fin de leur peine.

Rien n'a filtré sur la teneur des réunions concernant l'immigration et l'économie, les ministres concernés, Brice Hortefeux ou Christine Lagarde, tout comme le Premier ministre François Fillon, s'étant réfusés à toute déclaration à l'issue de leurs discussions.


Fidèle à son principe - un chef de l'Etat, "c'est un président qui gouverne et qui assume" - M. Sarkozy est venu lui-même rendre compte à la presse de la réunion sur les délinquants sexuels, organisée après le rapt et le viol d'Enis, cinq ans, la semaine dernière à Roubaix, par un pédophile récidiviste récemment sorti de prison.


Pour montrer toute l'importance qu'il accorde à ce sujet, le président de la République avait d'ailleurs reçu en milieu de journée le père et le grand-père de l'enfant.


M. Sarkozy, dont les propos sur une possible origine génétique à la pédophilie, lors de la campagne électorale, avaient sucité une polémique, a annoncé que le premier hôpital fermé pour pédophiles serait ouvert à Lyon en 2009.


Le sénateur-maire (PS) de Lyon Gérard Collomb s'est dit "surpris", mardi, de ce projet et estimé qu'il s'agissait à ses yeux "d'une annonce visiblement hâtive".


M. Sarkozy a également évoqué la "castration chimique" pour les pédophiles qui accepteraient de se faire soigner et a récusé pour eux toute remise de peine. Faisant allusion à Francis Evrard, le violeur du petit Enis, libéré avant terme, il a martelé: "quand on est condamné à 27 ans de prison, on fait 27 ans et pas 18".


Les deux autres réunions, dont M. Sarkozy n'a pas parlé, n'en sont pas moins importantes, à quelques semaines de l'examen par le Parlement réuni en session extraordinaire du projet de loi prévoyant un durcissement des conditions du regroupement familial, et sur fond de crise boursière internationale et d'inquiétudes sur la croissance française.


Le rejet par le Conseil constitutionnel de la rétroactivité des avantages fiscaux sur les intérêts d'emprunts immobiliers, promesse phare de la campagne du candidat Sarkozy, a également été discutée lors de la réunion sur l'économie.


M. Sarkozy avait consacré son premier rendez-vous de la journée à Dominique Strauss-Kahn, l'ancien ministre socialiste dont il appuie la candidature à la direction générale du Fonds monétaire international.


Avec cette rentrée sur les chapeaux de roue, M. Sarkozy, qualifié d'"omniprésident" par ses adversaires politiques, cherche à démontrer qu'il continue à tenir fermement les rênes de son gouvernement.


Il ne néglige pas non plus l'international, puisque son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se trouve actuellement à Bagdad [à l'occasion d'une visite de trois jours en Irak], nouveau signe de réchauffement des relations franco-américaines.


Pendant ses vacances aux Etats-Unis, il est resté très présent, s'efforçant notamment de désamorcer les polémiques sur le coût de ses vacances, dans une luxueuse villa de Nouvelle-Angleterre, et sur d'éventuelles contreparties à la libération des soignants bulgares détenus en Libye.


Alors que le Conseil des ministres de vendredi marquera ses 100 jours à l'Elysée, les Français semblent apprécier son style: 64% des Français se déclarent "plutôt satisfaits" de le voir "en première ligne sur la plupart des dossiers", selon un sondage Ifop.


Ses adversaires politiques, eux, dénoncent sa méthode: le numéro un socialiste François Hollande a ainsi mis en garde contre la "facture" de la politique Sarkozy qui va, selon lui, être présentée aux Français, tandis que le PCF veut à l'automne "un grand rassemblement populaire" pour contrer sa "politique réactionnaire".


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 21 août 2007, 10h16)

Jeudi dernier, 23 août, Sarkozy de Nagy-Bocsa a passé le cap des cent jours à la tête du pays, auréolé de la gloire des sondages d'opinion, toujours très favorables à son égard... pour l'instant du moins...

En 100 jours, Sarkozy a imposé son rythme, malgré quelques déconvenues


Réformes à foison, jolis "coups" comme la libération des soignants bulgares, hyper-réactivité qui lui assure une omniprésence dans les médias: en 100 jours de présidence, Nicolas Sarkozy a imposé son rythme, malgré quelques déconvenues, notamment économiques.

Le chef de l'Etat passera jeudi la barre symbolique des 100 jours à l'Elysée, après son entrée en fonction officielle le 16 mai.


Le ton de la nouvelle présidence, qu'il veut de "rupture", est illico donné : à peine est-il intronisé et son gouvernement formé que ses ministres sont priés de se mettre au travail.


M. Sarkozy est le chef d'orchestre de cette équipe qu'il dirige avec minutie (en témoignent les "lettres de mission" détaillées envoyées aux ministres), au risque de laisser peu de place au premier d'entre eux, François Fillon.


Mais ce dernier affirme s'épanouir en "co-pilote" du "patron".


Le socialiste Manuel Valls admet, début juillet: "nous sommes en train de sortir d'une forme d'hypocrisie où le président s'abritait derrière son Premier ministre".


Dans la colonne "actif" de son bilan, le chef de l'Etat peut inscrire le vote de plusieurs réformes promises pendant sa campagne électorale: récidive, service minimum, fiscalité, université.


A Bruxelles, il convainc (avec ses partenaires allemand et luxembourgeois) les responsables des pays de l'Union européenne de se mettre d'accord sur un "traité simplifié" pour remplacer la défunte Constitution.


Juillet marquera sans doute l'événement le plus retentissant pour lui, outre son aspect humain: la libération des infirmières et du médecin bulgares par la Libye, ramenés dans leur pays par son épouse Cécilia.


Autre coup: la pêche aux socialistes, dont plusieurs tombent dans son épuisette. Et d'abord Bernard Kouchner dont il a fait le patron de la diplomatie française. Sans compter les centristes, ce qui réduit comme peau de chagrin l'espace politique de François Bayrou.


Désemparé, le PS cherche ses marques, d'autant que le président veut approfondir "l'ouverture", notamment en vue des municipales de 2008. Quitte à faire grincer quelques dents dans sa propre majorité...


Même si sa promesse de parité gouvernementale est loin d'être respectée (onze femmes sur 32) il est le premier président à en nommer deux d'origine arabe, Rachida Dati - promue au prestigieux poste de garde des Sceaux - et Fadela Amara, et une d'origine Sénégalaise, Rama Yade.


Dans la colonne "passif": une majorité moins large que prévue après les législatives ou des réformes n'allant pas aussi loin qu'il l'aurait souhaité. Le Conseil constitutionnel a retoqué celle sur la fiscalité, le corps enseignant l'a contraint à plus de modestie sur celle des universités.


Surtout, certains indicateurs économiques sont en berne: croissance molle, commerce extérieur déficitaire... D'où la nécessité, selon certains économistes, de mener des réformes structurelles, avant de prendre des mesures pour améliorer le pouvoir d'achat, comme le fait M. Sarkozy.


"Avec la politique qui a été mise en place sur le plan économique et fiscal, une facture va être présentée aux Français, peut-être dès la rentrée", prévient le numéro un socialiste François Hollande qui dénonce "un défaut de transparence".


Nicolas Sarkozy, qui a marqué à nouveau la "rupture" en devenant le premier président français à passer des vacances aux Etats-Unis (payées par de riches amis, tempêtent des socialistes) où il a rencontré George Bush, entend garder le rythme: ça repartira "très fort dès la rentrée", avait-il prévenu dès juillet.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 23 août 2007, 16h10)

Vendredi 24 août a eu lieu le Conseil des ministres de rentrée, et le programme gouvernemental s'annonce plus chargé que jamais...

Rentrée du gouvernement: Sarkozy promet beaucoup de travail à ses ministres


De retour de vacances, le gouvernement au grand complet s'est retrouvé autour de Nicolas Sarkozy vendredi pour le premier conseil des ministres d'une rentrée "particulièrement chargée", qui a été consacré notamment aux emprunts immobiliers.

"J'espère que vous êtes tous contents d'avoir repris le travail, parce qu'il va y en avoir", a lancé le chef de l'Etat, selon les propos rapportés à la presse par Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement.


Ce premier conseil des ministres depuis le 1er août avait été avancé à 8h30, pour permettre à M. Sarkozy de partir ensuite en déplacement à Bayonne et Arcachon.


Il a porté notamment sur le nouveau dispositif concernant les emprunts immobiliers, après le rejet par le Conseil constitutionnel d'une partie des avantages fiscaux promis par le candidat Sarkozy durant sa campagne.


La ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé que le crédit d'impôt accordé aux nouveaux acquéreurs d'une résidence principale serait doublé la première année et porté à 40% des intérêts d'emprunts, puis serait de 20% pendant quatre ans.


Mais cela ne concerne que les personnes ayant acquis leur bien depuis le 6 mai 2007, et non celles ayant acheté depuis cinq ans comme initialement prévu.


Alors que le climat est assombri par la crise financière internationale et les inquiétudes sur la croissance française, le président a estimé que "la réponse aux problèmes de la France, c'est l'accélération du programme de réformes".


Les ministres, qui ont reçu un programme de travail "particulièrement chargé" de l'avis de M. Wauquiez, se voulaient résolus à leur sortie.


"On est motivés", a affirmé Rachida Dati (Justice). "Très gros programme et très dynamique", a commenté André Santini (Fonction publique), tandis que Xavier Darcos, qui vient d'annoncer 11.000 suppressions de postes en 2008 dans l'Education nationale, disait n'avoir "pas du tout" peur d'une rentrée sociale agitée.


Le Premier ministre François Fillon a présenté aux membres du gouvernement l'agenda des mois à venir: Grenelle de l'environnement, plan Alzheimer, conventions sur les salaires, l'égalité professionnelle homme-femme, chantier des retraites, refonte du format des armées...


Plusieurs projets de loi seront examinés en session extraordinaire du Parlement, à partir du 18 septembre.


D'autres sont en préparation, comme la loi pénitentiaire qui doit être débattue en novembre. Celle-ci inclura les mesures sur les criminels sexuels annoncées lundi par M. Sarkozy en réaction au rapt du petit Enis, quelques jours seulement après la promulgation, le 10 août, de la loi sur la récidive.


M. Fillon a demandé à chaque ministre de lui "transmettre chaque mois des indicateurs de résultats", sur lequel le gouvernement communiquera.


Annonçant la composition de la "commission sur les freins à la croissance", présidée par l'ancien sherpa de François Mitterrand, Jacques Attali, M. Sarkozy a par ailleurs affirmé sa volonté de poursuivre "sur ce même souffle" la politique d'ouverture.


En ce qui concerne la crise internationale, le chef de l'Etat, qui a maintes fois critiqué la politique de l'euro fort de la Banque centrale européenne (BCE), a salué la baisse de l'un des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine.


Dans un appel implicite à la BCE, il a demandé: "peux-t-on se priver de l'arme des taux" face à cette crise?


Le gouvernement s'est cependant voulu rassurant sur les conséquences de la situation internationale sur la croissance, Mme Lagarde soulignant la "solidité" des systèmes bancaire et de prêts immobiliers français.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 24 août 2007, 14h46)

Encore beaucoup de bonheur en perspective pour les Français, donc. Du travail, du travail, et encore du travail pour ce gouvernement Fillon, qui, décidement, n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs avec son cher président... Personnellement, j'adore le travail, et pourrais passer des heures... à le regarder. ;-)

En ce qui concerne les affaires extérieures, Sarkozy de Nagy-Bocsa, pour la première fois depuis qu'il a accédé à la plus haute charge de l'Etat, a prononcé hier, lundi 27 août, un grand discours sur la politique qu'il entend mener en matière de relations internationales...

Sarkozy plaide devant les ambassadeurs pour un rôle accru de la France sur la scène mondiale

Iran, Irak, terrorisme islamiste, Afrique, Turquie... : Nicolas Sarkozy a affirmé lundi sa volonté d'accroître le rôle de la France sur la scène internationale face aux grands défis du moment mais dans le cadre de l'Europe, qui reste pour lui "une priorité absolue".

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait devant la Conférence annuelle des ambassadeurs à l'Elysée, a aussi apporté un soutien appuyé à son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, au centre d'une polémique après avoir réclamé ce week-end la démission du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Citant le nom du patron, ex-socialiste, du Quai d'Orsay, pas moins d'une demi-douzaine de fois, M. Sarkozy s'est dit "en totale confiance" avec M. Kouchner, qui "a eu raison de se rendre à Bagdad" et qui "a conduit ce voyage de façon remarquable".

Usant d'un ton ferme pour exprimer ses ambitions en matière de politique étrangère, le président de la République, dont le prédécesseur, Jacques Chirac, avait également fait de la diplomatie l'un de ses points forts, a averti que son "volontarisme" au plan intérieur "sera le même sur la scène extérieure".

Pour le promoteur du "traité simplifié", censé sortir l'Union européenne de l'impasse dans laquelle l'avaient plongé les "non" français et néerlandais à la Constitution européenne en 2005, il n'est point de salut en dehors de l'Europe pour la diplomatie française.

"Sans l'Europe, la France ne pourra pas apporter de réponses efficaces aux défis de notre temps", a-t-il affirmé. "Il nous faut élaborer ensemble une nouvelle stratégie européenne de sécurité", a-t-il ajouté.

Plaidant pour "un renforcement de l'Europe de la défense", il a annoncé des "initiatives très fortes" de la France en la matière, ainsi que vers "la rénovation de l'Otan, car "il y a complémentarité entre l'Otan et l'Union".

M. Sarkozy s'est livré à un tour d'horizon des différentes "menaces" sur le monde: terrorisme, nucléaire iranien, guerre en Irak, Proche-orient, Afrique...

"Tous nos pays y compris ceux du monde musulman, sont aujourd'hui sous la menace d'attentats criminels". "Notre premier devoir est d'organiser une coopération totale entre services de sécurité de tous les pays concernés", a-t-il dit.

A ses yeux, la crise autour du nucléaire iranien "est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international". "Un Iran doté de l'arme est pour moi inacceptable", a-t-il dit, ajoutant que la France a une "entière détermination dans la démarche actuelle, alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations".

"Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique: la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran", a-t-il mis en garde.

Même avertissement sans détours concernant le conflit israélo-palestinien, l'Irak... ou la Russie qu'il a accusée de jouer "avec une brutalité de ses atouts, notamment pétroliers et gaziers".

Mettant en garde contre la création d'un "Hamastan" dans la bande de Gaza - terme utilisé par Israël - il a jugé "indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d'un Etat palestinien".

Pour l'Irak, il a demandé que soit "défini un horizon clair concernant le retrait des troupes étrangères". Au passage, il a rappelé que "l'amitié" entre la France et les Etats-Unis n'interdisait pas à la première de parler aux seconds "sans complaisance ni tabous".

Enfin, pour relever "les défis de la paix et de la sécurité en Afrique", il a annoncé une réunion, à sa demande, le 25 septembre du Conseil de sécurité de l'ONU.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 27 août 2007, 18h50)

Laissons à présent de côté la réapparition de Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui n'en a pas vraiment été une, compte tenu de son omniprésence médiatique, pour évoquer une disparition, vraie celle-là : l'ancien Premier ministre Raymond Barre est mort samedi dernier, 25 août... La nouvelle n'a pas été une surprise, car on savait l'intéressé malade, et la cascade d'hommages qui a suivi l'annonce de l'évènement était plus ou moins attendue...

Décès de l'ancien Premier ministre français Raymond Barre

 

L'ancien Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé à Monaco à la suite d'un malaise survenu dans sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes/sud), avant d'être transféré par hélicoptère le 11 avril vers l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce et admis au service de cardiologie.

Le président Nicolas Sarkozy a rappelé les "convictions européennes" de l'ancien Premier ministre qu'il a qualifié d'"esprit libre et indépendant" et de "personnage à part dans le personnel politique français".


L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a de son côté déclaré que "la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs", en apprenant le décès de son ancien Premier ministre.


"Raymond Barre était un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays", a ajouté l'ancien président.


Professeur émérite des universités, cet européen convaincu a été vice-président de la Commission européenne de Bruxelles, chargé des affaires économiques et financières de 1967 à 1973.


Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un manuel d'"Economie politique" (1955 et actualisé en 1988), utilisé par des générations d'étudiants.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 août, 11h17)

Barre, un esprit indépendant, brillant économiste, selon la classe politique

La classe politique, à droite comme à gauche, a salué samedi en l'ancien Premier ministre Raymond Barre, décédé à Paris, un esprit indépendant et courageux, et un brillant économiste au service de son pays.

Premier à réagir au décès à l'hôpital du Val-de-Grâce de son ancien Premier ministre, à 83 ans, Valéry Giscard d'Estaing a rendu hommage à la "démarche solitaire et désintéressée" d'un des "meilleurs serviteurs" de la France.

"Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays", a déclaré l'ancien président.

Le président Nicolas Sarkozy salue en Raymond Barre un "esprit libre et indépendant" et un "personnage à part dans le personnel politique français", du fait de "son expérience internationale et (de) sa hauteur de vues".

"Représentant éminent de l'école française de science économique, il eut la volonté de mettre son savoir au service de la cité, toujours fidèle dans son engagement, à ses convictions européennes, libérales et sociales", estime M. Sarkozy.

Le Premier ministre François Fillon salue lui aussi "son esprit indépendant, son courage et sa franchise mis au service de l'intérêt général".

Raymond Barre, de 1976 à 1981, "dut mener une courageuse politique d'austérité en réaction aux chocs pétroliers. Demeuré malgré cela l'un des hommes politiques français les plus respectés et les plus populaires, son parcours démontre qu'il n'y a pas d'autre chemin que de dire la vérité aux Français et de prendre résolument des mesures parfois difficiles", estime M. Fillon.

Pour l'ancien président Jacques Chirac "la France perd un grand économiste, un homme politique résolument engagé pour la modernisation du pays, et un grand européen".

Le président de l'UDF et fondateur du MoDem, François Bayrou, salue en Raymond Barre, qui était lui aussi de la famille centriste, un dirigeant qui "tenait le cap" et qui a été "soutenu, admiré, aimé, par beaucoup de Français, parce qu'il était un homme d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui mettait l'intérêt général de son pays au-dessus des intérêts particuliers des clans, des partis, ou des hommes. Y compris au-dessus de ses intérêts personnels".

La gauche se souvient aussi de l'homme d'Etat indépendant et de l'économiste qui fait autorité. Ainsi l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, qui loue son "goût de l'indépendance", sa "hauteur de vue" et son "sens aigu de l'Etat".

"Raymond Barre était un homme d'Etat, un vrai. Sa stature intellectuelle et morale forçait le respect", note pour sa part le député et ancien ministre socialiste Jack Lang.

"Pour ceux d'entre nous qui avions été éduqués à l'école de Pierre Mendes France, il apparaissait d'une certaine manière comme son équivalent à droite: rigueur, courage, passion de la vérité", ajoute-t-il.

"C'est un authentique homme d'Etat qui disparaît, un économiste réputé, un acteur politique original même si sa famille fut toujours celle du centre droit qu'il servit, de son point de vue le mieux qu'il pu et avec indépendance" note pour sa part le Premier secrétaire du PS, François Hollande.

Quant au sénateur-maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, il se déclare "bouleversé" après l'annonce du décès de son prédécesseur (1995-2001), avec qui il avait établi des "relations d'estime et d'affection".

Mais, ombre au tableau, plusieurs personnalités politiques condamnent les propos jugés antisémites tenus à plusieurs reprises par Raymond Barre [notamment lors d'un entretien diffusé le 1er mars 2007 sur la radio France Culture, à l'occasion duquel il a fustigé le "lobby juif"].

François Bayrou reconnaît ainsi: "cela a été pour nous tous un moment de grande tristesse".

"Cela prouve que les hommes, même quand ils sont grands, ont leurs faiblesses, leurs taches noires qu'il faut regarder en face", a-t-il déclaré à l'AFP.

Et François Hollande estime lui aussi que "sa liberté de parole le conduisait parfois à des prises de positions qui pouvaient légitimement choquer".

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 25 aôut 2007, 11h09)


Me mêler au concert de louanges post-mortem n'est pas vraiment ma tasse de thé. Celà dit, je reconnais bien volontiers que Raymond Barre était, sans aucun doute, un homme intelligent, avec un réel sens de l'Etat. Mais, fidèle à mon approche tout-à-fait personnelle du monde politique, ce que je retiendrai aussi de lui, ce sont ses fameuses micro-siestes à l'Assemblée Nationale, du temps où il était député d'une circonscription lyonnaise, de 1978 à 2002 : qui ne se souvient de cette astuce de Raymond Barre pour supporter jusqu'à son terme certaines séances parlementaires soporifiques, en s'appuyant éventuellement sur une épaule généreusement prêtée par André Santini, un de ces anciens collègues, devenu aujourd'hui sous-ministre de Sarkozy ? Ceux qui, comme moi, connaissent l'importance du sommeil réparateur, en politique comme ailleurs, ne peuvent que rendre hommage aujourd'hui à Raymond Barre, l'homme aux micro-siestes désormais légendaires... ;-)

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.


(Illustrations : Nicolas Sarkozy, Rachida Dati [à gauche] et Roselyne Bachelot, le 20 août 2007 à l'Elysée, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Thomas Coex ; Le président Nicolas Sarkozy sort du palais de l'Elysée, le 23 août 2007 à Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Thomas Coex ; Nicolas Sarkozy, Eric Besson et François Fillon à l'issue du Conseil des ministres à l'Elysée le 24 août 2007, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Pierre Verdy ; L'ancien Premier ministre Raymond Barre, le 26 avril 2004 à Cologne, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/Archives Henning Kaiser ; Raymond Barre, le 8 janvier 2002, à l'Assemblée Nationale, photographie de l'agence Reuters, © Reuters/Charles Platiau)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /2007 23:37
Les turpitudes de la vie politique peuvent être parfois si désespérantes ou ennuyeuses, qu'il convient parfois d'aborder la question sous un angle différent. Il sera donc en partie question ici, pour changer un peu, de paléontologie. Cette science m'intéressait beaucoup lorsque j'étais enfant, et c'est le cas encore aujourd'hui... Quel rapport avec la politique, me direz-vous ? Non, mon cher Sauron, il ne s'agit pas de parler ici d'éventuelles traces fossiles retrouvées d'un Parti Socialiste intelligent - encore que ce genre de découverte ne manquerait d'intérêt... ;-) -, mais seulement d'une histoire de crocodile du Mésozoïque, dont la correspondance avec la vie politique française actuelle doit tout au hasard...

Saviez-vous, chers lecteurs, que les premiers véritables crocodiles, dont les descendants existent toujours aujourd'hui, sont apparus au début du Jurassique ? Par exemple, Steneosaurus bollensis, que le célèbre peintre et illustrateur tchèque Zdenek Burian a représenté en tableau dans les années 1960, était alors un des crocodiles les plus communs, abondant dans les mers du Jurassique (période des temps géologiques située approximativement entre 200 et 135 millions d'années), dans les territoires qui correspondent aujourd'hui à l'Europe, à l'Afrique du Nord et à l'Amérique. Steneosaurus bollensis pouvait atteindre 4 à 6 mètres de long, taille comparable à celle des plus grands crocodiles du Nil africains et gavials du Gange asiatiques actuels - qui peuvent tous aussi atteindre une longueur de 6 mètres, voire plus pour certains gavials mâles -, mais lors de la période géologique suivante, celle du Crétacé (située approximativement entre 135 et 65 millions d'années), d'autres espèces de crocodiliens sont apparus, dont les tailles étaient sensiblement plus importantes, comme Deinosuchus, dont les restes fossiles ont été découverts en Amérique du Nord, et qui pouvait mesurer jusqu'à 15 mètres de long. Il se trouve qu'une autre espèce de crocodile géant, qui vécu elle-aussi au Crétacé, dans les lacs et les fleuves de l'ancien super-continent Gondwana (des fossiles ayant été trouvés aussi bien en Afrique qu'en Amérique du Sud, qui constituaient en partie alors le Gondwana, avec l'Australie, l'Inde et l'Antarctique), a fait curieusement l'objet d'une dépêche de l'Agence France Presse, publiée hier matin, 31 août :

Sarco, le plus grand crocodile de tous les temps


"Sarco", le plus grand crocodile du monde, vieux de 110 millions d'années - autrement dit, Sarcosuchus imperator -, revit à la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte (Drôme), sous la forme d'une reconstitution qu'on dirait presque en chair et en os.

Sarcosuchus imperator
(de sarco, "chair", dont le saurien se nourrissait sans doute, suchus, "crocodile", et imperator, "empereur", pour dire le plus grand) avait une longueur de quelque 12 mètres. C'est le plus gros crocodilien connu, sinon le plus gros de tous les temps, ayant existé sur Terre.

Le premier fossile, un crâne, qui a servi de base à l'identification scientifique de l'animal, a été découvert en 1964 au Niger par Philippe Taquet, du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Un squelette complet, sans compter des restes partiels, a été trouvé en 1973 et est aujourd'hui exposé à la galerie de paléontologie du Muséum.


"C'est impressionnant de voir aujourd'hui cet animal en chair et os, pardon... en résine", dit à l'AFP en souriant Philippe Taquet, venu assister mercredi [29 août] à l'inauguration de la reconstitution qu'il considère comme "très réussie". "Il semble encore plus grand que lorsque l'on voit son squelette", ajoute le paléontologue et ancien directeur du Muséum.


La reconstitution a été réalisée par la société Ophys, spécialisée dans la fabrication de pièces d'exposition à caractère naturaliste et de moulages d'animaux, et basée à Prayssac (Lot-et-Garonne). Elle a nécessité 1.800 heures de travail,


750 kg de résine polyester, quatre hommes et une femme.


Ces professionnels dirigés par Emmanuel Janssens Casteels ont travaillé sous le regard attentif de France de Lapparent de Broin, du Muséum, qui avait co-rédigé en 1966 le premier article scientifique sur l'espèce avec son collègue Philippe Taquet.


La scientifique a de qui tenir, puisqu'elle est la nièce de Félix de Lapparent, lui aussi paléontologue, et qui avait trouvé dès 1947 dans le Sahara nigérien des dents, vertèbres et plaques d'écailles de l'animal à l'identification duquel elle allait participer dix-neuf ans plus tard.


Leur gigantesque "bébé" trône désormais à la Ferme aux crocodiles au milieu de quelque 400 crocodiles, de tortues géantes bien en chair et en os, entourées de 600 variétés de plantes et fleurs tropicales.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 31 août 2007, 9h22)

Tout celà est très bien, mais quelque-chose me turlupine : pourquoi consacrer une dépêche d'agence de presse à ce sujet ? Je ne dis pas forcément que ledit sujet ne le justifie pas en tant que tel, mais tout de même, si c'était le cas, ce serait tout de même un peu étonnant... L'explication apparaît, évidemment, dans le titre de la dépêche : "Sarco, le plus grand crocodile de tous les temps". Le fait est, en effet, que le hasard a, curieusement, voulu que le début du nom scientifique de l'un des plus grands crocodiles que la Terre ait jamais porté ("Sarco...suchus") soit, à une lettre près, identiques au début du nom d'un des plus petits présidents de la République que la France ait connu ("Sarko...zy"). Dans la mesure où le crocodile géant est surnommé "SuperCroc" par les anglophones, et non "Sarco", on peut comprendre la notoriété particulière dont peut jouir l'animal en France, d'autant plus que ce sont des paléontologues français qui en ont découvert les premiers restes à l'origine. Reste une interrogation : l'auteur de la dépêche de l'AFP a-t-il eu connaissance d'un article du Canard enchaîné publié il y a environ deux ans, et déjà consacré à l'époque à Sarcosuchus ?

GARE AU SARKROCODILE !

Tous les spécialistes en conviennent : le robuste et terrifiant animal présenté ici est "le plus gros des gros crocodiles qui ont existé sur la Terre". La monstrueuse bestiole a des mensurations à l'avenant : 12 mètres de long, pour un poids de 8 à 10 tonnes. Le corps couvert d'une "carapace d'écussons osseux", l'animal est doté d'une mâchoire prodigieuse : une centaine de dents, dont certaines atteignaient les 20 centimètres. Comme le décrit ce dessin, cette imparable force de frappe et de mastication permettait à la bête d'entraîne vers le fond - avant de les dévorer - des proies de plusieurs mètres de long. Divers paléontologues assurent que ce sympathique bestiau est capable d'avaler un dinosaure.

 A cet animal hors du commun, il fallait naturellement un nom exceptionnel : c'est le cas. Ce drôle de croco - qui vivait voilà une centaine de millions d'années - s'appelle en effet le Sarcosuchus ou Sarcosuchus Imperator (des fossiles en ont été découverts au Brésil comme au Sahara, dans le désert du Ténéré).

 Deux précisions fournies par l'encyclopédie Wikipédia, disponible sur le Net, méritent à cet égard l'attention : "On peut raisonnablement penser que le Sarcosuchus n'avait pas grand-chose à redouter des autres grands carnivores de son époque", ce qui ouvre en effet et rétrospectivement des perspectives. La seconde remarque est en revanche beaucoup plus choquante : "Le roi des crocodiles n'était certainement pas exclusivement carnivore et devait se montrer assez opportuniste." Oh ! Mais il est vrai que dans la préhistoire comme aujourd'hui on n'a rien saurien...

(Le Canard enchaîné N°4419, 6 juillet 2005)

Chacun aura pu voir à l'Elysée, le 16 mai dernier, la cérémonie de passation de pouvoirs lors de laquelle un grand et vieux crocodile du Nil a cédé la place à un petit caïman d'Amérique particulièrement teigneux : Jacques Chirac, qui a dû finalement abandonner la partie face à Sarkozy de Nagy-Bocsa, n'avait-il pas dit, il y a plusieurs années, qu'il n'y avait "pas de place pour deux crocodiles mâles dans le même marigot" ?
On notera que la phrase concernant l'opportunisme supposé du crocodile préhistorique a été supprimée de l'article de Wikipédia le jour même de la parution du Canard. Il faut dire que la définition du régime alimentaire de Sarcosuchus divise, semble-t-il, les spécialistes. Pour certains, l'animal était piscivore, la morphologie de ses mâchoires étant proche de celle du gavial actuel, crocodilien des fleuves de l'Inde, dont le museau très étroit aux dents acérées est spécialisé dans la capture des poissons, sachant que les mâchoires d'autres crocodiliens spécialisées dans la capture de grandes proies, comme celles de l'actuel crocodile du Nil, ou du gigantesque Deinosuchus, aujourd'hui éteint, sont plus larges. Pour d'autres, compte-tenu de la taille impressionnante de Sarcosuchus, celui-ci pourrait bien avoir eu la capacité de chasser des animaux terrestres s'aventurant au bord de l'eau - notamment des dinosaures -, comme le suggère l'illustration de 2001 reproduite par le Canard et représentant le crocodile emportant dans l'eau un spécimen d'Ouranosaurus, dinosaure ornithopode herbivore de la famille des Iguanodontidés, mesurant sept mètres de long, et pouvant peser jusqu'à deux tonnes. En fait, la découverte de poissons fossiles de grande taille contemporains de Sarcosuchus suggèrent que le crocodile devait avoir un régime alimentaire essentiellement piscivore, apparaissant ainsi comme une sorte de gavial géant. Mais ses mâchoires, certes plus étroites que celles du crocodile du Nil mais aussi plus larges que celles du gavial moderne, pouvaient aussi lui permettre, au moins à l'âge adulte, de compléter son régime alimentaire piscivore avec des proies terrestres. En fait, l'hypothèse d'un opportunisme alimentaire n'est sans doute pas à exclure, car on sait, du reste, que la plupart des crocodiliens actuels sont des prédateurs opportunistes, saisissant toute proie passant à leur portée, y compris les charognes : un comportement qui, assurément, en rappelle un autre, ce qui n'a pas échappé au Canard enchaîné... - non, mon cher Sauron, je n'ai pas dis que l'actuel Parti Socialiste était forcément devenue une charogne... ;-)

Politiquement parlant, Sarkozy de Nagy-Bocsa est sans-doute, comme son modèle Chirac, un prédateur assez opportuniste, amateur de proies faciles, comme, par exemple, les fonctionnaires, les travailleurs précaires, les pauvres, les exclus, et tous les individus vivant plus ou moins en marge de cette partie de la société française qui se lève tôt, qui veut "travailler plus pour gagner plus", et qui a fait de ce petit caïman nain le roi de la jungle. L'animal aime également, à l'occasion, affronter des prédateurs concurrents éventuels, quelle que soit la famille dont ils sont issus. Mais il y a toutefois d'autres prédateurs auxquels Sarkozy ne fera jamais le moindre mal : ceux à qui il est allé rendre visite, jeudi dernier, 30 août, à Jouy-en-Josas (Yvelines) où se tenait l'Université d'été du... Medef. Entre congénères en symbiose, on se comprend... 

Sarkozy volontariste devant le Medef mais peu de mesures concrètes


Nicolas Sarkozy a affiché son volontarisme jeudi devant le Medef, se disant déterminé à accroître le pouvoir d'achat des Français, mais a fait peu de propositions concrètes, lors d'un discours annoncé comme l'amorce de la "deuxième phase des réformes économiques".

Avec le ton énergique de sa campagne électorale, visiblement très à l'aise face au patronat réuni comme chaque année à Jouy-en-Josas (Yvelines) pour son université d'été, le président a multiplié les "je le dis comme je le pense", "je n'ai pas peur", "je me moque des procès d'intention", "j'essaie d'être authentique".


"Je ne laisserai personne édulcorer la rupture" promise pendant la campagne. "Cette rupture, je la ferai", a martelé le chef de l'Etat.


Et de renchérir: "on va faire le maximum pour changer les choses" car "nous sommes à un tournant historique" et "les Français sont prêts pour le changement".


Parmi les quelques nouveautés annoncées: que Suez "fasse un choix stratégique en se spécialisant dans l'énergie" pour procéder à la fusion avec GDF. "Il appartient à ses actionnaires d'en décider", a dit M. Sarkozy.


Il est revenu sur l'ANPE et l'Unedic dont il a annoncé "la fusion des réseaux opérationnels" pour la fin de l'année, afin de créer le "nouveau service de l'emploi" promis pendant sa campagne.


Autres engagements: aller "beaucoup plus loin" dans l'assouplissement des 35 heures, afin de "redonner des marges de manoeuvres plus importantes à la politique salariale". "Aller plus loin encore" dans "la remise en cause des prélèvements obligatoires". Ou remplir l'objectif "de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite".


Réaffirmant sa volonté de faire trouver à la France "le point de croissance en plus qu'il lui manque", le président souhaite que toutes les dépenses de recherche soient "désormais prises en compte dans le calcul du crédit d'impôt recherche". Il veut en "tripler le taux" et lui appliquer "une majoration de 50% la première année".


Des mesures déjà annoncées par Christine Lagarde, sa ministre de l'Economie, le 24 août.


M. Sarkozy s'en est pris aux "spéculateurs" à qui les banques ne doivent "pas prêter davantage qu'aux entreprises ou au ménages".


Il a aussi annoncé qu'il interdirait la "pratique des dénonciations anonymes", notamment dans le domaine fiscal. "A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme?", a-t-il demandé.


Cà et là, il a égratigné l'UE: l'euro qui a fait renchérir le coût de la vie, la nécessaire PAC nouvelle et la BCE qui doit "accepter le débat".


Nicolas Sarkozy, qui prononcera un discours de politique sociale devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis) le 18 septembre au Sénat, n'a pas évoqué la question des retraites.


Mais concernant les salaires, il a pressé les patrons de respecter l'obligation annuelle de négocier et, surtout, de "faire un effort" dans ce domaine à "chaque fois que c'est possible".


Le discours du chef de l'Etat a été diversement apprécié: "très beau discours de campagne électorale et très mauvais discours de responsable politique", pour le socialiste Michel Sapin. "Flou" et "inertie" pour Ségolène Royal, "creux, pauvre en propositions" pour la CFDT. Mais "des points positifs" pour FO, et un moment "historique" pour la présidente du Medef Laurence Parisot.


(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 30 août 2007, 20h18)

Un beau discours sans annoncer de mesures nouvelles concrètes, donc : ici, on constatera que pour ce qui est de ses habituelles gesticulations pour ne rien dire, Sarkozy de Nagy-Bocsa est sans doute plus proche du primate - qu'il est véritablement de toute façon, comme vous, chers lecteurs, et comme moi, du reste - que du reptile : les comparaisons - surtout celles nées du hasard, comme justement celle d'un président de la République avec un crocodile géant - ont tout-de-même des limites... et c'est très bien ainsi, car, entre nous, je ne suis pas du tout sûr que même l'un des plus terrifiants des crocodiliens de l'ère secondaire mérite d'être longtemps associé à un énergumène comme l'actuel chef de l'Etat français...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Steneosaurus bollensis, peinture de Zdenek Burian [1962], reproduite dans l'Encyclopédie de la préhistoire de Zdenek V. Spinar, illustrée par Zdenek Burian, Prague, Editions Artia, 1972, Paris, Editions La Farandole, 1973 ; Philippe Taquet [à gauche] et France de Lapparent de Broin posant avec Sarcosuchus imperator le 29 août 2007 à Pierrelatte, photographie de l'Agence France Presse, © AFP/HO Samuel Martin ; Sarcosuchus capturant une proie, illustration reproduite dans le Canard enchaîné N°4419, 6 juillet 2005 ; Nicolas Sarkozy lors de l'université du Medef, le 30 août 2007 à Jouy-en-Josas, près de Paris, photographie de l'Agence France Presse, © AFP Stéphane de Sakutin)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /2007 21:51
Panem et circences ("Du pain et des jeux") : qui ne connait ces célèbres mots de mépris adressés, dans ses Satires, par le poète latin Juvénal (v. 60 - v. 130 ap. J.-C.) aux Romains incapables de s'intéresser à d'autres choses qu'aux distributions gratuites de blé et aux jeux du cirque ? 2000 ou 1900 ans après, même si le contexte historique a quelque peu changé, la formule semble être toujours d'actualité, comme a sans doute pû s'en réjouir Jacques Chirac en 1998, lorsque sa popularité est montée en flèche à l'occasion de la Coupe du monde de football qui avait lieu en France cette année-là. Aujourd'hui en tout cas, en dépit de l'augmentation récente du prix de la baguette de pain, Sarkozy de Nagy-Bocsa espère bien que la Coupe du monde de rugby, qui cette année a également lieu en France, et qui commence demain - vendredi 7 septembre -, va lui permettre de bénéficier - encore un peu - des faveurs de l'opinion publique, et donc de continuer sans problème son abrutissante logorrhée surmédiatisée... Il sera donc présent dans les stades, aussi souvent que possible, au milieu de la foule en liesse, et se montre d'ors et déjà très enthousiaste, bien qu'il ne se soit fait guère connaître par le passé, jusqu'à son élection, comme ayant un goût très prononcé pour le rugby...

"Plus on avancera dans la compétition, plus je serai dans les tribunes et pas seulement comme supporteur des Bleus. [...] La France atteindra au moins les demi-finales."

(Sarkozy, cité in Le Canard enchaîné N°4531, 29 août 2007)

"Chaque match gagné redonnera un peu plus d'euphorie au pays [...]. L'apothéose, ce serait d'arriver en finale et de gagner la Coupe."

(Sarkozy, la semaine dernière, au Conseil des ministres, cité in Le Canard enchaîné N°4532, 5 septembre 2007)

Nous verrons bien comment les choses évolueront à l'occasion de cette compétition sportive... En attendant, en se qui concerne la politique, l'actuel chef de l'Etat continue d'être partout et de s'occuper de tout. Cette semaine, rentrée des classes oblige, c'était au tour de l'Education Nationale de bénéficier d'une consultation du célèbre Docteur Sarkozy - ou Docteur Talonnette, comme il vous plaira -, qui reste, plus que jamais, au chevet de "la France qui ne veut pas mourir"... Ainsi, en matière d'éducation, qu'on se le dise, le président de la République veut "relever le défi de l'économie de la connaissance et de la révolution de l'information" et faire des enfants "des femmes et des hommes libres" en rénovant le "modèle de l'école républicaine", ainsi qu'il l'a déclaré à Blois (Loir-et-Cher), mardi dernier, 4 septembre.

Rentrée pour 12 millions d'élèves français, Sarkozy prône la "refondation" de l'école


Plus de 12 millions d'élèves ont repris mardi [4 septembre] le chemin de l'école, une rentrée marquée par un manifeste de Nicolas Sarkozy, adressé par courrier aux 800.000 enseignants, dans lequel il préconise notamment de réduire le volume d'heures de cours.

Au total, 12.068.200 élèves ont été accueillis par 878.947 enseignants, sans compter les 273.700 étudiants de BTS et de classes préparatoires, au sein de 67.077 écoles, collèges et lycées publics ou privés.

"Dans l'école que j'appelle de mes voeux où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, il y aura moins d'heures de cours", a déclaré le président, en lisant sa lettre depuis Blois, où il a visité deux collèges.

Outre "la remise à plat des rythmes et des programmes scolaires", le président a préconisé une "refondation" du projet éducatif passant par "l'interdisciplinarité", la "réforme du collège unique" et "le retour de la culture générale".

"Première" pour un président, cette lettre sera adressée à partir de mercredi à tous les enseignants de France (public, privé, enseignement agricole). Ce pour un coût "avoisinant les 500.000 EUR, a affirmé à l'AFP le ministère de l'Education, confirmant une information parue dans Le Monde de mercredi.

La démarche avait en revanche déjà été entreprise en 2005 par l'ancien ministre de l'Education Gilles de Robien. En 2003, Luc Ferry avait, lui, envoyé son livre "Lettre ouverte à ceux qui aiment l'école".

Pour les syndicats, cette rentrée 2007 s'annonçait "difficile", avec des créations de postes (500) qui ne suivent pas l'augmentation démographique dans le primaire (+ 25.000 élèves) et des "retraits d'emplois (2.458 dans le public selon l'Unsa-Education) très largement supérieurs aux diminutions d'effectifs (23.466 élèves)" dans les collèges et lycées.

Mardi matin, quelques occupations d'écoles par parents et élus ont été constatées, soit pour s'opposer à des suppressions de classes, soit pour réclamer l'ouverture d'une classe supplémentaire, au village d'Adé, près de Lourdes (Hautes-Pyrénées), à Villegly et Salsigne (Aude), à Saint-Dier-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), à Bordeaux, à Pau, à Assat et Etsaut (Pyrénées Atlantiques).

Environ 250 agents territoriaux spécialisés dans les écoles maternelles de la communauté urbaine de Strasbourg, sur 550, étaient en grève pour protester contre les "problèmes d'effectifs récurrents" et réclamer "des embauches de personnels".

La rentrée s'effectue aussi sous le signe des 11.200 postes qui seront supprimés au budget 2008, une "saignée" sans précédent selon les syndicats, qui veulent préparer une riposte.

Lundi, le ministre de l'Education Xavier Darcos a lancé la question de la suppression du samedi travaillé à l'école primaire. Il veut aussi que les épreuves du baccalauréat se déroulent ailleurs (gymnases, universités, ...) que dans les établissements, afin de respecter le calendrier scolaire jusqu'en juillet.

Voulues par M. Sarkozy, les études dirigées, activités sportives et culturelles après la classe, mises en place à partir de la Toussaint dans 1.119 collèges de l'éducation prioritaire sont la principale nouveauté de la rentrée.

Côté enseignants, le ministère va lancer la semaine prochaine une grande concertation sur la "revalorisation" du métier.

Autres nouveautés : les écoliers commenceront à apprendre une langue vivante dès le CE1, pratiqueront une heure de sport de plus par semaine et bénéficieront de programmes revus.

Les collégiens travailleront sur des programmes rénovés en langues vivantes et en sciences.

L'académie de Bordeaux a annoncé l'ouverture de 7 nouvelles sections rugby, ce qui porte à 37 le nombre de ces sections dans les établissements publics d'Aquitaine.

(Dépêche de l'Agence France Presse [AFP], 4 septembre 2007, 18h46)

Le discours de Sarkozy sur l'école "peu adapté à la réalité" ?


Des syndicats de l'Education, l'Unsa et le Snes-FSU, jugent le discours sur l'école prononcé mardi par le président Nicolas Sarkozy "peu adapté à la réalité" et rempli de "contradictions" et "omissions".

Le Parti socialiste estime de son côté que "la grandiloquence" du discours de Nicolas Sarkozy "contraste douloureusement avec la réalité de cette rentrée 2007 qui se déroule dans un climat morne, de méfiance et parfois de tension entre les différents acteurs de l'école."

L'école que le chef de l'Etat souhaite "rompt avec l'école républicaine, publique et laïque, et propose une conception libérale de l'éducation qui profitera aux plus favorisés et nie honteusement la réalité des inégalités", écrit-il dans un communiqué.

Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, a évoqué sur LCI un discours "important, qui va lancer des débats" mais "émaillé de contradictions fortes", "déséquilibré", et "peu adapté à la réalité".

"Nous souhaitons que le métier change, que les enseignants soient confortés, deviennent encore plus professionnels, qu'ils soient mieux payés, mais pas à n'importe quelle condition et surtout pas au prix d'un abaissement de la qualité de l'école et d'un recul du nombre de postes", a-t-il expliqué.

Patrick Gonthier s'est fait l'écho des "attentes inquiètes" des enseignants en matière de revalorisation de leur carrière, à l'heure où le gouvernement promet de meilleurs salaires tout en envisageant de supprimer 11.200 postes dans l'Education nationale.

L'intervention du chef de l'Etat à Blois "m'a semblé un peu déconnectée de leur réalité quotidienne", a-t-il estimé.

Pour le Syndicat national des enseignements de second degré, les "envolées lyriques" du chef de l'Etat masquent surtout des logiques budgétaires.

"Sous les dehors d'un texte qui se veut rassembleur, les contradictions nombreuses et les omissions conduisent à des annonces qui, loin de répondre aux défis actuels, sont essentiellement guidées par des logiques budgétaires : réduction des horaires-élèves, suppressions d'emplois, alourdissement de la charge de travail des personnels", écrit-il dans un communiqué.

Le Snes estime que ces propositions "sont largement rejetées par les enseignants et bien au-delà."

A ses yeux, le président de la République, dans son constat de la persistance de l'échec scolaire, oublie en outre "les progrès réalisés depuis 20 ans contre les sorties précoces et sans qualification de trop nombreux élèves."

"Plaçant l'école en dehors des phénomènes sociaux, il fait l'impasse sur l'impact des inégalités sociales et territoriales sur les difficultés scolaires", ajoute le syndicat.

(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 4 septembre 2007, 20h11)

Au delà des réactions prévisibles des syndicats d'enseignants, je serai curieux de savoir ce que pensent les enseignants de cette fameuse lettre que Sarkozy a bien voulu leur adresser, en particulier les jeunes enseignements-stagiaires, qui viennent d'avoir leur concours, et qui, pour beaucoup, une fois leur stage terminé, serviront de bouche-trous à une Education Nationale qui, hélas - quoique puissent dire Sarkozy ou Darcos -, ne semble pas prête de renoncer aux expédients qui sont les siens pour faire fonctionner le système éducatif français...

Le jour même de la visite de Sarkozy de Nagy-Bocsa à Blois, une célèbre ancienne juge d'instruction, Eva Joly, bien connue pour avoir mis en examen Bernard Tapie, en 1994, pour fraude fiscale et abus de biens sociaux, et surtout pour avoir été en charge de l'affaire Elf, a pris la parole. Elle a tenu à rappeler ce qui se cache derrière les gesticulations médiatiques de l'actuel chef de l'Etat, en dénonçant certains projets présidentiels, évoqués dans le discours prononcé par Sarkozy la semaine dernière, à l'Université d'été du Medef. En évoquant moi-même ce discours dans mon précédent article ("Crocodile géant et petit Président..."), j'avoue ne pas avoir accordé, pour ma part, beaucoup d'attention à ces projets sur le moment, preuve - s'il en était besoin - que le flot médiatique sarkozyste finit, à la longue, par endormir quelque peu la vigilance... C'est là une leçon à méditer...

L'ex-juge Eva Joly compare Nicolas Sarkozy à Silvio Berlusconi


L'ancienne juge d'instruction Eva Joly critique violemment les projets de Nicolas Sarkozy de "dépénaliser" la vie économique et d'interdire dans ce domaine l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes.

"Il me semble que les valeurs que dessine le président Sarkozy ne sont pas celles de la France que j'aime. Les méthodes qu'il suggère sont celles de M. Berlusconi. Pour moi, c'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a-t-elle dit dans un entretien diffusé mardi [4 septembre] sur [la radio] France Info.

La magistrate, qui a quitté Paris en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien, fait un parallèle entre le projet du chef de l'Etat concernant les entreprises et son idée de permettre des procès pour les criminels déclarés irresponsables [, Sarkozy ayant, la semaine précédente, demandé à la ministre de la Justice Rachida Dati de "réfléchir" à la possibilité de permettre ces procès].

"Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique", a-t-elle dit.

Dans un discours [...] devant l'université d'été du syndicat patronal Medef [, le jeudi 30 août], le président de la République a annoncé son intention de faire interdire l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes et son souhait de "dépénaliser" la vie économique.

Les chefs d'entreprise réclament depuis longtemps une réforme du délit "d'abus de biens sociaux" (le détournement de fonds au sein des sociétés).

"Dire que ce n'est pas grave de présenter des comptes inexacts ou de ne pas respecter la différence entre sa propre poche et la poche de l'entreprise, c'est grave. Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes", a dit l'ancienne magistrate.

Quant à l'interdiction pour les juges d'utiliser les lettres anonymes, elle la qualifie de "grave erreur", en rappelant que l'Onu et l'OCDE demandent à leurs membres de légiférer pour protéger les témoignages anonymes.

Eva Joly a notamment instruit l'affaire visant la société pétrolière Elf, utilisant parfois des lettres anonymes lorsqu'elles étaient confirmées par d'autres éléments. Le dossier s'est soldé par de lourdes peines de prison pour les dirigeants de cette société [- notamment pour le président-directeur général Loïk Le Floch-Prigent -], reconnus coupables de détournements de fonds évalués à plusieurs centaines de millions d'euros.

(Dépêche de l'agence de presse Reuters, 4 septembre 2007, 09h00)

Effectivement, vouloir responsabiliser les enfants et les fous tout en irresponsabilisant les élites, de manière à favoriser de facto la délinquance en col blanc, voila une attitude sarkozyenne qui ne manque pas de culot, même si, du reste, elle est tout-à-fait caractéristique du personnage...

Tâchons donc, autant que faire ce peut, de rester en éveil, et de ne jamais être dupe des gesticulations, discours et manoeuvres de l'actuel chef de l'Etat, car, de toute évidence, celui-ci ne recule devant rien pour faire accepter l'absurde ou l'inadmissible...

Cordialement, :-)

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

(Illustrations : Sarkozy prononçant un discours à la Halle aux grains de Blois, lors d'un déplacement sur le thème de l'éducation, le 4 septembre 2007, photographies de A. Roiné © Service photographique de la Présidence de la République ; Sarkozy voulant réformer le droit des affaires, caricature de Pétillon, parue dans Le Canard enchaîné N°4532, 5 septembre 2007)
Par Hyarion - Publié dans : Turpitudes de la vie politique 1 (2007-2008)
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